Le dictionnaire est un outil très précieux et très... précis. J’ai eu le réflexe d’en ouvrir un lorsque j’ai lu la sortie de Youssou Touré, le détonnant syndicaliste - politicien, à Gorée ? « Les Sénégalais », pensent-ils, « sont aussi sinistrés que les Haïtiens ». Mon sommeil a du être très profond, je serais sinon au courant du débordement maritime qui a frappé mon pays, à moins que ce soit une coulée de boue qui a ravagé une partie de la patrie de mes aïeux, ou un assez grand nombre de bombes tombées dans quelque localité de ce Sénégal si cher à Youssou Touré. Nous ne sommes pas victimes d’une catastrophe naturelle ou de dommages de guerre. Le Sénégal, ce n’est pas Haïti avec ses plus de 200.000 morts, ce n’est pas Gaza ou le sud Liban. Dieu nous en préserve !
Alors, quand le politicien Youssou nous compare à Haïti, le syndicaliste Touré pense sûrement au sinistre éducatif qui est réel. A Haïti, la nature démolit les écoles, au Sénégal les enseignants abattent les fondements de notre système éducatif par un refus constant de tenir les classes. L’école sénégalaise est devenue un lieu sinistre où les élèves doivent se contenter de l’ombre de leurs maîtres. Ces derniers, comme le secrétaire général de l’Ois, veulent être payés pour faire de la politique.
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