C’est admis par tous les acteurs du secteur que l’écosystème marin, les activités de pêche et toutes les filières économiques qui en dépendent se dégradent considérablement, accentuant du coup la précarité de millions de pêcheurs. Une réunion régionale sur la pêche et les changements climatiques en Afrique de l’Ouest se tient, hier et aujourd’hui, à Dakar pour se pencher sur les études réalisées et la possible action stratégique à mener au niveau régional.
Les écosystèmes, selon le conseiller technique du ministère de l’Economie maritime, de la pêche et des transports maritimes, Ousmane Ndiaye, sont menacés par des pratiques nocives et la surexploitation des ressources dans tous les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest. Et, cette tendance est exacerbée par les impacts négatifs des changements climatiques sur le milieu marin et sur toute l’économie maritime. Pour M. Ndiaye, les effets directs sur la pêche sont déjà perceptibles au niveau des captures, tant sur la quantité que sur la qualité et ce sont des communautés entières qui sont interpellées dans leur survie économique, sociale et culturelle.
Les changements climatiques qui sont devenus une préoccupation pour l’humanité vont peser fortement sur les moyens d’existence des communautés de pêche déjà fragilisées par la crise économique mondiale, a indiqué M. Ndiaye, estimant nécessaire la réflexion et l’action pour des stratégies d’adoption hardies et cohérentes pour l’ensemble des pays de la sous-région.
Depuis quelques années, affirme M. Ousmane Ndiaye, sur instruction du président de la République, Me Wade, le Sénégal a entrepris plusieurs initiatives visant à protéger les côtes sénégalaises et à restaurer les équilibres écologiques, notamment par la construction du mur de l’Atlantique et la fixation des dunes du littoral, la réalisation de la grande muraille verte, etc.
Pour Pape Gora Ndiaye, coordonnateur du Repao, il est nécessaire de catalyser une meilleure compréhension des enjeux et des problèmes par les acteurs de la pêche et les autres intervenants du milieu ainsi qu’une évolution des pratiques et des comportements pour permettre une adaptation aux changements climatiques.
En effet, affirme-t-il, la compréhension de tous ces enjeux devrait permettre aux acteurs étatiques œuvrant dans la sous-région, de promouvoir des mesures d’adaptation appropriées. Néanmoins, préconise-t-il, celles-ci ne seraient efficaces que si elles sont basées sur une bonne connaissance des politiques, des pratiques et des institutions de pêche, accompagnées d’une bonne prise en compte à la fois des connaissances scientifiques et des savoirs endogènes dans le processus de prise de décisions.
Pape Sanor DRAME |