Accentuer davantage la modernisation de la Caisse de sécurité sociale est la volonté affichée par ses dirigeants. Une préoccupation du président du conseil d’administration qui a effectué une série de visites dans les agences. Faisant face à la presse, il n’a pas éludé la question sociale avec le dépôt d’une plateforme revendicative des travailleurs.
« Les visites de terrain constituent une nouvelle démarche, une nouvelle manière de voir. Je pense qu’après 50 ans d’existence, il fallait adopter une nouvelle démarche dans le cadre de la décentralisation pour ainsi voir comment vivent les agents de la Caisse, mais aussi écouter les rentiers. Ainsi, nous pourrons mettre en place un programme pour l’érection de nouvelles agences et la modernisation d’autres. Les visites ont une valeur d’enseignement et le conseil d’administration est soucieux de la pérennité de la Caisse ». Ainsi s’est exprimé hier le président du Conseil d’administration de la Caisse de sécurité sociale (CSS), Mamadou Racine Sy, qui a fait face à la presse pour livrer les enseignements de sa tournée dans les différentes agences de la structure. La modernisation semble être la grande urgence à l’issue de ces visites, selon le directeur général Amadou Yéri Diop. Celui-ci a appris que la CSS est inscrite dans « un processus de renouvellement des bâtiments en vue de les mettre aux normes ». L’introduction du programme qualité en vue d’une certification est aussi au nombre des perspectives.
Les échanges ont également permis aux responsables de la CSS d’appréhender la difficulté qu’ont les veuves de rentiers de se procurer un certificat de non-remariage. Les différentes remarques et observations fondent le directeur général à une meilleure relecture du « Code de sécurité sociale de 1973 en vue de l’adapter au contexte actuel ».
Bien que liquide, la CSS, avec une autonomie de gestion depuis 1973 et constituée par le patronat, les organisations de travailleur et l’Etat, veut jouer dans la prudence pour une éventuelles revalorisation de ses prestations. Se voulant garante de la paix sociale, la CSS a pu constituer, en une décennie, des réserves estimées à 50 milliards de francs CFA, selon Mamadou Racine Sy. Ces performances, qui se traduisent par le niveau de prestations passé de 3 à 9 milliards 800 millions de FCFA, ont été rendues possibles par une politique « d’équilibre des frais et charges techniques », selon le PCA. Et le directeur général d’avancer le qualitatif bond de 650 millions à 3 milliards 200, pour le paiement des congés de maternité, mais aussi une augmentation de 40 % des rentes pour les accidentés du travail. Avec comme souci de « couvrir l’inflation par la revalorisation » et comme leitmotiv qu’une « bonne gestion doit servir aux destinataires ».
Accords d’établissement
Se voulant comme un « instrument de lutte contre la pauvreté », il attire l’attention sur la « pérennité vu que ce sont des charges fixes » quant à toute revalorisation. Il convoque d’ailleurs les dispositions légales du Code du travail qui précisent les revalorisations. Seulement, M. Diop a évoqué la possible « revalorisation pour les accidenté du travail », mais aussi de préciser que les réserves engrangées « permettent de trouver d’autres ressources pour ne pas augmenter les cotisations ». Il a aussi révélé que les entreprises affiliées sont passées de 8800 à 16 000 et l’enveloppe financière des cotisations de 9 à 16 milliards de francs CFA. Il a expliqué ces « succès » par la « politique de recouvrement très agressive sur le terrain et par une planification par secteur conformément à un contrôle et un dépistage des entreprises ».
Les visites de terrain ont semblé opportunes pour le PCA qui voulait aussi s’entretenir des conditions de travail des employés. Des conditions décriées par ces derniers qui fustigent, par la voix du Dr Ahmadou Barry, secrétaire général des travailleurs, « l’absence d’une politique sociale dans l’entreprise, les récurrentes promesses de réfection de bâtiments, des sursalaires et indemnités misérables, entre autres ». « C’est bien de faire de bons résultats, mais la vocation de la Caisse n’est pas de faire des bénéfices », a encore soutenu M. Barry. C’est d’ailleurs ce qui a conduit les travailleurs, réunis autour d’une Intersyndicale, à déposer une plateforme revendicative.
« Il est vrai que le Conseil d’administration a été saisi d’une plateforme revendicative. Mais il faut savoir qu’une plateforme se discute, se négocie. Nous avons consenti il y a deux ans à une augmentation des salaires du personnel dans l’ordre de 23 %, soit plus que les 15 % qui avaient été prévus », a assuré Mamadou Racine Sy. Même son de cloche chez le directeur général qui ne nourrit pas de « difficultés particulières sur les négociations » eu égard à la « volonté d’accompagner les travailleurs. La CSS va ainsi, selon M. Diop, vers une « troisième négociation des accords d’établissements après une généralisation de l’indemnité de logement en 2001, une augmentation des salaires en 2002, l’octroi de primes de motivation et d’avancements échelonnés ».
Ibrahima Khaliloullah NDIAYE |