Le Sénégal possède un énorme potentiel de développement de la filière algues marines, notamment l’espèce Gracilaria Sp qui suscite un intérêt économique particulier. Le micro projet test de culture de cette espèce à Pointe Sarène, dans le département de Mbour, a permis de relever les potentialités de l’espèce et de mettre en place une ferme d’algoculture.
C’est en fin connaisseur que l’algologue, Abdourahmane Tamba, secrétaire exécutif de l’Ong Sos environnement, chercheur également, parle des énormes potentialités des algues marines auxquelles il a consacré pendant près de 20 ans, l’essentiel de ses travaux. Et cela lui a valu de se voir confier le micro projet test d’aquaculture du gracillaire (algue rouge) sur la petite côte, précisément à Pointe Sarène. Une expérience menée avec le soutien de la coopération japonaise (Jica) et l’ONG/SOS-Environnement. Démarré il y a environ 10 mois, de juillet 2009 à février 2010, ce micro projet vise à maîtriser et à vulgariser les techniques de culture d’algues d’intérêt économique, comme la Gracilaria sp, et plus spécifiquement à réaliser des infrastructures et à fournir des équipements de la ferme d’algoculture, et aussi à élaborer les méthodes et techniques de culture de cette espèce d’algue rouge. La Gracilaria sp ne pousse pas à foison, le travail consiste donc à aller chercher une algue qui pousse de façon très éparse dans le fond marin. « Je suis partie de cette distribution naturelle dispersée pour concentrer cette algue et constituer des touffes », révèle le chercheur. Cette algue, indique ce dernier, certes on ne la mange pas, mais elle peut se vendre, si l’on augmente sa biomasse, et elle peut ainsi constituer une bonne source de revenus pour les populations. « Du point de vue technique et technologique, je suis parti de choses très simples pour aboutir à un résultat qui est important, qui, bien relayé, pourrait avoir un poids économique indéniable », avise t-il. Les résultats du micro projet sont très significatifs parce qu’ils ont permis la mise en place d’une ferme d’algoculture et une bonne maitrise des techniques culturales de gracilaria. La période de croissance de l’espèce est connue, et un taux de croissance de 500 % a été observé entre octobre 2009 et février 2010. Le projet constitue aussi un bon exemple de transfert de technologie puisqu’il a été réalisé avec et par les populations locales. Son exécution est un bon prétexte pour promouvoir le développement et la vulgarisation au niveau des populations locales de la filière algues marines, notamment comme fertilisant biologique ou additif alimentaire, biocarburant, etc.
Additifs alimentaires, biocarburants et composts
L’algoculture pourrait bien constituer une source de revenus pour les populations. C’est pourquoi d’ailleurs, en présidant les travaux de restitution, le conseiller technique du ministre de l’Economie maritime, de la Pêche et des Transports maritimes, Ousmane Ndiaye, a mis l’accent sur l’importance de la sensibilisation des communautés côtières sur les opportunités qu’offre la valorisation de cette ressource, dans l’atteinte des objectifs de croissance économique et d’éradication de la pauvreté. Un intérêt particulier doit, selon lui, être accordé à la gestion et à l’exploitation durable en mettant en place un système fiable de collecte de donnée et de suivi. En ce sens que l’exploitation et la valorisation offrent de nouvelles perspectives notamment pour l’exportation, la fabrication d’aliments nutritifs et de compost.
Adama MBODJ |