Le ministre d’Etat en charge de l’Environnement, Djibo Leyti Kâ, le ministre de l’Assainissement Adama Sall, le directeur de Cabinet du ministre d’Etat, ministre de l’industrie, Mar Lô et le représentant du ministère en charge de l’Economie maritime ont signé, hier à Dakar, avec les représentants du secteur privé, un protocole d’accord. Il porte sur la mise en œuvre du projet de dépollution de la Baie de Hann. Le montant est de 32,8 milliards de FCfa.
Le projet ambitieux permettre la création d’un réseau d’assainissement le long de la Baie de Hann. Il a vu le jour grâce au soutien financier de l’Agence française de développement (Afd) et la Banque européenne d’investissement (Bei). L’Etat du Sénégal a obtenu de la part de ces partenaires financiers les prêts de 25 ans à 1 %, soit un montant de 20 millions d’euros (13,1 milliards de nos francs) pour la (Bei) et 30 millions d’euros (19,7 milliards de nos francs) pour l’Afd, soit un total de 32,8 milliards de FCfa.
Au cours de la cérémonie de signature du protocole, toutes les parties prenantes ont pris l’engagement de respecter les closes de l’accord pour sauvegarder l’environnement de la Baie de Hann. Que ce soit Bruno Paret du Syndicat professionnel de l’industrie et des mines du Sénégal (Spids), Riad Boukaroum de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes), J.-C. Pecresse de l’Afd, Mar Lô, représentant le ministre d’Etat, Ousmane Ngom et du ministre en charge de l’Assainissement et de l’Hygiène publique, Adama Sall, le discours n’a pas varié. La mise en place du principe « pollueur-payeur » a été accepté, non sans rappeler la mise en place d’un bureau de mise en œuvre pour accompagner le secteur industriel.
Restauration durable
Le ministre Djibo Leyti Kâ a, pour sa part, retenu cet engagement des différents acteurs au protocole comme une « réelle intégration des questions de pollution dans leurs fonctionnements respectifs ». Il en a appelé à la responsabilité des uns et des autres pour la réussite du projet. Il a aussi saisi l’opportunité pour demander à tous les services impliqués, en rapport avec les collectivités locales, de redynamiser le comité de suivi du projet.
Ce projet dont la maîtrise d’œuvre a été déléguée à l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) aura pour finalité, la restauration durable de la qualité des eaux de la Baie de Hann, par une collecte et un traitement approprié des rejets industriels et domestiques qui y aboutissent. Cela dans le but d’améliorer la situation sanitaire des populations riveraines et de protéger le milieu marin. Première opération de dépollution industrielle au Sénégal, il marque un pas en avant dans l’utilisation du principe « pollueur-payeur » dans toutes ses dimensions. D’une part, une redevance d’assainissement spécifique à l’industrie, dont le principe est inscrit dans le Code de l’assainissement récemment promulgué par le chef de l’Etat, sera mise en place. D’autre part, renseigne-t-on, l’application de la taxe à la pollution sera maintenue, afin d’inciter les entreprises à prendre en compte les bonnes pratiques environnementales dans leurs activités.
Des mesures centrées sur la mise à niveau environnementale permettront de faciliter l’accès des entreprises à ces bonnes pratiques.
Babacar Bachir SANE |