Paris - Le principal opposant togolais Jean-Pierre Fabre a dénoncé hier "la complaisance" de la communauté internationale vis-à-vis du pouvoir, alors que la présidentielle officiellement remportée par le sortant Faure Gnassingbé a été, selon lui, marquée par des fraudes massives.
"La communauté internationale est trop complaisante vis-à-vis du pouvoir togolais. Elle se contente seulement de financer des réformes (...), se donne bonne conscience en engloutissant de l’argent pour rien" car il n’y a "pas de volonté d’instaurer un état de droit au Togo", affirme M. Fabre dans un entretien au « Journal du Dimanche » en ligne.Une semaine après le scrutin remporté à près de 61% par Faure Gnassingbé selon les premiers résultats officiels, le chef de l’Union des Forces de changement (Ufc), crédité de 33% des suffrages, continue de réclamer l’annulation de l’élection et évoque une "situation tendue" du fait de violations répétées des droits de l’Homme."Les policiers font preuve d’une brutalité inouïe. Plusieurs personnes ont été arrêtées et envoyées dans une prison située à plus de 500 kilomètres de Lomé. Le comble de l’action a été atteint mardi dernier quand des responsables de l’Ufc ont été arrêtés", explique-t-il.Mardi, 11 personnes ont été interpellées et des procès-verbaux des résultats du vote ont été saisis dans un bureau de l’Ufc à Lomé, où l’opposition avait centralisé les PV et entrepris de recompter les voix en vue d’une contestation en justice des résultats officiels. Elles ont été relâchées hier, a appris l’Afp auprès d’une source judiciaire à Lomé."Aujourd’hui, nous n’avons plus aucun document attestant de notre victoire", a expliqué Jean-Pierre Fabre.
Déplorant que l’Union africaine n’ait pas attendu la promulgation des résultats définitifs pour entériner la victoire de Faure Gnassingbé, il a estimé que seule la France jouait pour le moment "finement"."Elle ne peut pas se prononcer avant la validation des résultats par la Cour constitutionnelle. Elle se tait et elle a raison", a-t-il dit, ajoutant qu’il attendait de la communauté internationale qu’elle se prononce au moins "pour l’invalidation du scrutin".
AFP |