En 2009, ce sont 211.863 personnes qui ont été dépistées au Vih/Sida dont 166.830 femmes enceintes sur 464.000 grossesses attendues. Mais, ces chiffres, comparés à ceux d’autres pays de l’Afrique, doivent être améliorés. D’où la nécessité de mettre en place de nouvelles stratégies centrées sur la promotion du dépistage volontaire chez les couples.
Au Sénégal, le taux de dépistage volontaire anonyme du Vih/Sida estimé à 1,1% (Eds 2005) est passé, en 2009, à 7%. Ce qui a fait dire au colonel Seyni Ndoye, chargé de suivi-évaluation du Conseil national de lutte le Sida (Cnls), que des efforts considérables ont été notés dans ce domaine, avec l’introduction du dépistage dans toutes les structures sanitaires du Sénégal.
Le colonel Ndoye, qui a pris part, mardi, à Dakar, à une matinée de plaidoyer sur la promotion du Conseil et du dépistage volontaire (Cdv) du couple, a révélé que l’année dernière, 211.863 personnes ont été dépistées dans plusieurs structures. Parmi celles-ci, 166.830 femmes enceintes sur les 464.000 grossesses attendues en 2009. Ce qui équivaut à un taux de 37% de femmes enceintes dépistées, selon les données collectées par le Cnls.
Un taux acceptable, même si l’on juge que, dans les autres pays d’Afrique, les meilleurs taux de dépistage tournent autour de 45%.
Pour améliorer ce taux chez les femmes, surtout celles qui sont en état de grossesse, la Swaa (Society for women against Aids in Africa) ou Société des femmes africaines face au Sida et l’Alliance nationale contre le Sida (Ancs) ont lancé une nouvelle stratégie dite de promotion du dépistage au niveau du couple. Il s’agit de sensibiliser les hommes mariés sur l’importance du dépistage qui constitue la porte d’entrée de la prise en charge des Personnes vivant avec le Vih, a rappelé Paul Sagna de l’Ong Sida Service.
Cette stratégie permettra, aussi, de convaincre les hommes qui refusent de donner l’autorisation à leurs épouses pour se faire dépister, a soutenu Maguette Mbodj, directrice exécutive de l’Ancs.
« Au Sénégal, les femmes enceintes acceptent le principe de se faire dépister, mais ne peuvent pas le faire, sans l’aval de leurs maris. Elles retournent, souvent, chez elles pour demander l’avis de ces derniers. Mais, en général les maris n’acceptent pas », a expliqué Mme Mbodj. Et d’ajouter : « nous nous sommes rendus compte que le mari devient un élément incontournable dans la promotion du dépistage. Nous allons centrer nos efforts au niveau des couples, en sensibilisant davantage les hommes ».
Elle a aussi proposé que les femmes enceintes se fassent maintenant accompagner par leurs époux lors des visites prénatales pour que les professionnels de la Santé les sensibilisent sur l’importance de se faire dépister.
La secrétaire exécutive de la Swaa Sénégal, Rokhaya Nguer, a annoncé des campagnes de sensibilisation dans les structures sanitaires, ainsi que des visites à domicile dans les différentes régions du Sénégal.
Eugène KALY |