Ces derniers jours, les erreurs d’arbitrage de la Coupe du monde ont été mises en épingle pour déplorer leurs conséquences néfastes sur les équipes lésées. Mais il existe un autre domaine où certains joueurs sont passés maîtres au point, parfois, d’abuser les arbitres et d’influer sur le cours d’un match : c’est la triche. Tout le monde s’accorde à dire que le sport vise à produire un esprit sain dans un corps sain et qu’il valorise certaines qualités comme la loyauté, le goût de l’effort...
Mais, à voir ce qui se passe dans les terrains de football, et la Coupe du monde n’y échappe pas, certaines victoires peuvent être remportées de manière déloyale à cause des tricheries et simagrées de toutes sortes de certains joueurs après un contact avec un adversaire. De tous les sports collectifs, le football est peut-être celui qui est le plus touché par ce phénomène. Souvent, on n’a même pas besoin d’avoir l’œil exercé pour savoir que tel footballeur en rajoute en faisant semblant de se tordre de douleur alors qu’il n’en est rien ou alors si peu.
Si l’on peut comprendre que le règlement se soucie de la protection des joueurs au point de sanctionner même l’intention de blesser, par contre il est inadmissible de voir que chaque contact entraîne un arrêt du jeu pour faute signalée. Finalement, cela donne l’impression d’un jeu décousu, pas toujours beau à regarder. Il serait assez dissuasif que les arbitres donnent des avertissements de manière plus fréquente à ceux qui s’ingénient à jouer ce genre de comédie de mauvais goût.
A ce niveau de la compétition, chaque équipe doit compter sur sa qualité de jeu, son organisation tactique et son efficacité pour battre l’adversaire plutôt que la tricherie pour espérer s’en sortir. Combien d’équipes ont encaissé un but à la suite d’un plongeon spectaculaire et amplifié d’un attaquant adverse dans leur surface de réparation.
Avec les quarts de finale qui débutent demain et l’enjeu qui va crescendo, on aimerait voir du beau football, les vraies fautes sanctionnées, mais pas ces simulations qui laissent à penser que dans le football actuel il faut savoir faire des plongeons étudiés au bon endroit et au bon moment pour gagner. Cela revient en définitive à éviter les erreurs d’arbitrage que j’évoquais à l’entame de mon propos et les hommes au sifflet (ou au drapeau) doivent être particulièrement vigilants pour ne pas se laisser influencer.
Car ici, une fois un geste non fautif sanctionné comme acte d’anti jeu, l’arbitre ne peut plus réparer son erreur, même si certains soutiennent que c’est cela aussi le charme du football.
Par Ibrahima MBODJ |