Le système Licence-Master-Doctorat (LMD) s’étend de plus en plus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. La Faculté de lettres et sciences humaines compte basculer dans la nouvelle réforme dès la rentrée prochaine. Les étudiants, qui disent tout ignorer du LMD sont cependant prêts à suivre le mouvement.
9h 12 minutes à l’Université Cheikh Anta Diop. En cette matinée peu ensoleillée, l’ambiance est calme au « couloir de la mort », le raccourci pour atteindre la Faculté des lettres. Ce chemin connu pour ses encombrements divers et les échoppes qui le rendaient souvent étroit à la circulation n’était plus à l’heure des déferlements humains. Les rares étudiants rencontrés étaient plutôt préoccupés par les examens en cours actuellement dans les différentes facultés. Cette atmosphère marquée par un calme plat contraste pourtant d’avec l’ambiance qui prévaut au niveau de la Faculté des lettres et sciences humaines. Dans tous les départements, l’heure est à la réflexion sur le système Licence-Master-Doctorat communément appelé (LMD).
L’Assemblée de la faculté en a décidé ainsi. Il sera introduit dans tous les 14 départements dès la prochaine rentrée universitaire. La Faculté des lettres et sciences s’inscrit ainsi dans la mouvance actuelle des réformes universitaire après celles des Unités de valeurs (Uv) appliquées aux départements d’Histoire, de Géographie, de Philosophie dans les années 1990 avant de s’étendre à d’autres départements ayant peu d’effectifs.
Pourtant, des étudiants de la faculté semblent tout ignorer de cette réforme. C’est le cas de Assane Sène, étudiant en 2è année de Lettres modernes. Il exprime, sans complexe, sa méconnaissance de cette réforme pourtant introduite depuis quelques années dans certaines facultés de l’université. C’est aussi le cas de ses condisciples Khadim Dieng et El Hadji Babacar Badiane visiblement habités par la hantise des résultats des épreuves d’admissibilité au département d’Anglais. Ils ignorent tout de la réforme et de ses systèmes de crédits. Cependant, comme eux, nombre d’étudiants soutiennent être prêts à accueillir la réforme, même s’ils sont unanimes à reconnaître le mystère qui entoure jusque-là ses contours pédagogiques. Quant aux enseignants et autorités universitaires, « ils ont déjà réfléchi sur le contenu des maquettes », souligne M. Bassène du département de Linguistique. Et de poursuivre que les maquettes ont été conçues pour l’ensemble des départements et soumises à l’approbation des autorités universitaires. Avec l’introduction du système LMD, la Faculté des lettres sciences humaines connaîtra quelques innovations à propos du curriculum. Au niveau du département de Linguistique, il sera introduit des enseignements en 1ère et 2ème années, contrairement à l’ancien système. Autre particularité de taille, c’est le prolongement du premier cycle en trois années d’études.
Des sessions rapprochées seront organisées à la fin de chaque semestre en remplacement de la session d’octobre. Avec l’introduction de ce nouveau système, la Faculté des lettres et sciences humaines s’inscrit ainsi dans la dynamique actuelle des réformes pédagogiques et de curricula.
Seydou Prosper SADIO |