La Bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar abrite une exposition sur la vie et l’œuvre de Léopold Sédar Senghor. L’exposition lève le voile sur la dimension politique et littéraire de l’homme.
Un éventail d’informations sur la vie et la pensée politique et littéraire du poète Léopold Sédar Senghor. L’entrée de la bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop est réservée, ces jours-ci, à l’académicien. Ici, on trouve des renseignements sur la biographie de Léopold Sédar Senghor. On découvre aussi ses ouvrages moins connus comme « Ce que je crois », « ou encore « Négritude arabité et Francité ». On peut lire sur les extraits d’un de ses livres ses prises de positions sur certaines questions. Homme de culture, le poète est connu pour l’importance qu’il accorde à la culture. Les exposants n’ont pas passé sous silence cette dimension de l’homme. Senghor disait que la culture est au début et à la fin de toute chose, mais les organisateurs de l’exposition ont préféré révéler d’autres paroles de Senghor qui magnifient la culture. « Je l’ai dit, la culture est action. J’ajoute qu’elle est action révolutionnaire. C’est en effet le propre de l’homme que de pouvoir exercer consciemment, librement une réalité créatrice », lit-on sur une des affichettes.
Senghor c’est aussi un intellectuel qui sait défendre ses idées dans les cénacles littéraires. Il prend le contre-pied de ceux-là qui veulent ôter une dimension utilitaire à la littérature en général et à la poésie en particulier. « Le but de la poésie c’est de créer, de traverser les apparences pour arriver à la réalité du monde et de transformer le monde en se transformant soi-même », dit l’enfant de Joal admis à l’Académie Française en 1983.
L’exposition lève le voile sur les relations qu’entretiennent le président poète avec les chefs des confréries religieuses. Sur une photographie, Senghor est avec Abdou Ahad Mbacké, sur une autre il se trouve avec le Khalif général des Tidiane Dabakh ou encore avec Sérigne Mansour sy. Les relations diplomatiques entre la France et le Sénégal ne sont pas omises. Une photo montre Senghor et Georges Pompidou, lors de la visite de ce dernier au Sénégal le 7 février 1971. Sur une autre image, le poète se trouve avec le président De Gaulle sur le perron de l’Elysée ; c’était le 23 juillet 1965. Mais l’exposition ne peut pas faire fi d’une idée chère à Senghor : la promotion de la diversité culturelle. L’idée d’ouverture à l’autre et d’attachement à ses valeurs est mise en lumière à travers une panoplie de photographies. « Accéder à la modernité sans piétiner notre authenticité », lit-on sur une des nombreuses affiches. En plus des extraits de ses ouvrages ou de ses photographies, l’exposition est aussi composée des interviews que le poète a accordées aux grandes revues littéraires comme « Diagonales ». Ce sont les témoignages posthumes qui occupent une bonne partie des tableaux.
Les hommes politiques, et les hommes de lettres, les scientifiques ont rendu un hommage à l’aune de sa contribution pour le rayonnement de la littérature africaine ou française tout court ou encore le service rendu à la nation. Et certaines belles et mémorables phrases des hommes politiques, lors des funérailles du poète, résument l’universalisme de l’immortel.
IDRISSA SANE |