Au-delà des activités qu’elles mènent sur le terrain dans le cadre de la recherche de la paix en Casamance, les femmes de l’association « Kabonkétor » réunies autour de leur présidente nationale Mme Marguerite Coly Kény, veulent gagner désormais le combat de la lutte contre la circulation des armes légères dans cette région méridionale. En effet, depuis le 18 février dernier, grâce à un appui de la coopération technique allemande (la GTZ), elles ont entamé une campagne tout azimut en milieu rural dans les trois départements de la région de Ziguinchor afin de sensibiliser et d’informer les populations sur les méfaits de ces engins de la mort. Il s’agit selon l’animatrice de ce programme, Mme Ndèye Marie Sagna de contribuer à la consolidation du processus de paix enclenché depuis la signature des accords généraux du 30 décembre 2004. En effet, de Sindian à Diouloulou, en passant par Djibidione et Kabrousse, les femmes de « Kabonkétor » (se pardonner mutuellement en langue diola) ont ainsi développé de façon participative avec les populations plusieurs concepts liés au désastre que les armes légères et de petits calibres peuvent engendrer dans nos sociétés notamment dans cette région encore meurtrie par plus de deux décennies de conflit armé. L’étape de Diouloulou qui, a vu la participation massive des élèves, des femmes, des chefs coutumiers et autres autorités administratives et militaires, aura été l’une des plus émouvantes dans cette campagne développée à la base depuis le 18 février dernier par Mme Kény et ses sœurs de « Kabonkétor ». En effet, dans cet arrondissement qui a enregistré la perte de son sous-préfet, M. Gorgui Mbengue, tué par des éléments armés en janvier dernier, les populations se sont mobilisées ensemble avec les administrateurs pour dire « non aux armes en Casamance ». Elles ont ainsi décidé de barrer la route aux trafics illicites de ces engins de la mort afin que leur arrondissement puisse retrouver sa sérénité d’antan. Dans le Diouloulou, les enfants et les femmes ont pris l’engagement de porter désormais la réflexion sur la problématique des armes légères un peu partout dans leurs villages respectifs. La question de la perméabilité des frontières de la région naturelle de la Casamance a été également un sujet évoqué durant cette campagne.
Les femmes estiment que le combat contre la circulation des armes légères passe nécessairement par le renforcement du contrôle et de la coopération transfrontalière le long de nos frontières avec la Gambie et les deux Guinée. A cet effet, elles souhaiteraient que les expériences qu’elles sont en train de développer en ce moment sur le terrain soient intégrées et diffusées dans le processus national de contrôle des armes légères.
SEYDOU PROSPER SADIO |