Règles de « bonne conduite olympique »

18 Aoû 2016
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Je vous disais non que des larmes, on en verrait couler des torrents lors de ces JO Rio 2016 ? Eh bien, ça n’a pas manqué. Et, je puis vous garantir que l’on en recueillera encore des hectolitres, lors de ces derniers jours si l’on pouvait présenter des récipients sur tous les lieux de compétitions. Cependant, même sur le podium, ces larmes avaient des goûts différents.

Juste deux exemples : celles de l’heptathlonienne belge d’origine sénégalaise Nafissatou Thiam (qui ne réclame cependant pas ne serait-ce qu’une once de sénégalité) et celles du perchiste français Renaud Lavillenie. La première, couronnée championne olympique, a pleuré de joie et d’émotion. Le second, dépossédé de son titre, a pleuré de dépit sur la deuxième marche du podium, parce que hué pendant son concours et son ultime affrontement à plus de 6 mètres d’altitude avec Thiago da Silva, l’enfant du pays, et jusqu’au moment de la remise des médailles.

Et depuis ce dernier épisode, des questions fusent de partout : le public brésilien est-il trop chauvin ou irrespectueux ? Ne connaît-il pas ou simplement se fout-il totalement des règles de « bonne conduite olympique »? En tout cas, moi, Ngagne Demba, « JO-logue » à l’expérience avérée et à l’expertise éprouvée au fil des olympiades, je ne me souviens pas avoir jamais vu des spectateurs à l’enthousiasme aussi débordant. Mais, peut-on objectivement le leur reprocher aujourd’hui que les bons vieux principes édictés à l’origine par les pères des JO sont devenus caducs depuis longtemps ? L’essentiel, en effet, n’est plus de participer ; mais de gagner. Et alors que le Sport de manière générale est devenu le nouveau champ de bataille des Nations, vibrer (même à l’extrême) pour ses « sportifs -combattants » doit-il être considéré comme un délit ? Le débat se pose d’autant que tout est mis en œuvre pour exacerber le patriotisme de tous les participants : défilé d’ouverture derrière le drapeau national, des équipements aux couleurs de son pays, remise des médailles avec hymne national du vainqueur et décompte au jour le jour et surtout en fin de compétitions des breloques ! Tout cela pour déterminer le meilleur parmi les meilleurs.

Or le Brésil, après avoir investi des milliards de dollars dans l’organisation de ces JO, tarde encore à en récolter les dividendes sportifs. Seulement 3 médailles d’or (judo, saut à la perche et boxe) après 10 jours de compétitions, ce n’est absolument pas folichon. Deux ans après avoir perdu « son » Mondial de foot avec à la clé une humiliante défaite (1–7) en demi-finale face à l’Allemagne future vainqueur, le Brésil croyait se rattraper avec ces Jeux de prestige, les premiers en Amérique du Sud. Mais, c’est mal parti. Alors, moi d’habitude si sévère dans mes jugements, je suis tenté de trouver des circonstances atténuantes à ces Brésiliens en réalité désemparés. D’autant que leur quotidien n’est pas très rose avec une crise politico-judiciaire qui n’en finit pas et une situation économique pas très florissante.

La chronique de Ngagne Demba

Last modified on jeudi, 18 août 2016 13:00
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