Fraude Taj Mahalesque

24 Aoû 2016
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En 1982-1983, les procès pour enrichissement illicite battent leur plein. L’affaire du service semencier – démembrement du ministère de l’Agriculture –, celle de la BHS ou encore le scandale des imputations budgétaires alimentent la chronique. La douane voit deux de ses agents impliqués dans la vente de la cargaison d’un cargo grec, « le Swift seagul ». Dans une ambiance de traque des gestionnaires indélicats – surtout ceux de l’administration –, les soldats de l’économie frappent un grand coup. Le mardi 17 mai 1983, « Le Soleil » annonce à sa « une » que suite à un coup de filet magistral de la douane, « un demi milliard d’or et de diamants ont été saisis sur des contrebandiers ». Le fait-divers sort de l’ordinaire en raison de l’identité des fraudeurs…

Véritable conte des mille et une nuits que cette affaire du « Taj Mahal », célèbre bijouterie dakaroise. Elle était située au 174 de l’avenue Lamine Guèye angle rue Jules Ferry, à côté de l’ancien cinéma ABC. Ibrahima Mansour Mboup rapporte que revenant de Gambie à bord de sa voiture conduite par son chauffeur sénégalais, la famille Roopchandani, exploitant la bijouterie et composée du père, du fils et de la belle-fille, a été arrêtée par les douaniers de Dakar-Yoff à hauteur du marché Kermel. Les gabelous découvrent dans les garnitures des portières de la voiture des bijoux d’une valeur à 500 millions de FCFA. Une somme impressionnante à l’époque. Il s ‘agit de bagues, de pendentifs, de colliers, tous en or, de saphir, de diamants, de stylos et de montres…

Au cours de leur transfert vers la brigade des douanes, les Roopchandani proposent 10 millions de FCFA aux gabelous qui disent niet. Les hindous – de nationalité britannique – persistent et proposent 50 millions. Re (niet). Ils ont été déférés au parquet et poursuivis pour contrebande et tentative de corruption avant d’être placés sous mandat de dépôt. Quant au chauffeur sénégalais, il est lui aussi considéré comme contrebandier du moment qu’il se trouvait dans la même voiture que ses patrons. Le journal ne peut s’empêcher de tirer son chapeau aux douaniers dont deux de leurs collègues étaient sur la sellette quelques semaines auparavant, comme on l’a dit plus haut.

Le journal souligne que l’instruction de l’affaire suit son cours mais tient à saluer le professionnalisme et le patriotisme des douaniers qui viennent « avec loyauté de faire le travail qui leur incombe : sauver l’économie nationale terriblement menacée par les contrebandiers et les fraudeurs ». Après des semaines de détention préventive, la famille Roopchandani transige avec la douane.

Par Samboudian KAMARA

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