Wade obtient la loi sur la Parité

05 Sep 2016
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Jour historique que ce vendredi 14 mai 2010 ! Les députés viennent de voter, à une large majorité, un projet de loi instituant la parité absolue entre hommes et femmes dans toutes les fonctions électives. L’hémicycle fait le plein pour l’occasion. Au banc du gouvernement, il y a le ministre d'Etat, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me El Hadj Ahmadou Sall, et Mme Ndèye Khady Diop, ministre de la Famille, de la Femme, de l'Entrepreneuriat féminin et de la Micro-finance, que les députés ont largement voté la loi sur la parité. C’est une grande victoire pour le président Wade. Naturellement, la gente féminine tombe littéralement sous les pieds du « Pape » du Sopi. Normal, la loi est proprement révolutionnaire dans un pays encore conservateur dans certains aspects. Il est peuplé de musulmans, à une très forte majorité ; ses structures sociales traditionnelles, son Code de la Famille, tout son environnement sociologique, sont centrés autour de « l’homme, chef de la Famille ». Mais le bouillonnement intellectuel propre au Sénégal, la conquête de nouveaux espaces de liberté par une élite intellectuelle féminine progressiste et la rencontre entre ce plaidoyer pour le Genre et la volonté politique du président Wade ont permis au Sénégal de franchir le pas.

Sobrement, « Le Soleil » titre à sa « Une » : « la loi sur la parité adoptée » et le Pr Iba Der Thiam (alors 1er vice-président de l’Assemblée nationale), interrogé par les reporters, assure que « le Sénégal n’a jamais connu de moments d’émotions aussi fortes ». Si pour la plupart des députés de la majorité parlementaire, issus du parti alors au pouvoir, le Parti démocratique sénégalais (Pds), la loi est la bienvenue, elle ne l'est pas pour d'autres de l'opposition. Selon le député Elhadj Diouf, « cette loi est purement démagogique et constitue une erreur historique du président de la République, Abdoulaye Wade, car, soutient-il, la récompense doit être faite par le mérite, non pas par le sexe ». Pour sa part, le député Mme Ndèye Fatou Touré, après avoir salué le vote de cette loi par ses pairs, a invité le gouvernement à apporter des mesures additionnelles au projet de loi car, à l'en croire, le nouveau texte doit permettre de « renforcer les capacités des femmes mais aussi elle doit être en adéquation avec le Code électoral afin qu'on ait des élections libres et transparentes ». 

Aujourd’hui, seulement 6 ans et demi plus tard, l’application de la loi sur la parité est devenue un corset. Majoritaires dans la population générale, les femmes n’en sont pas moins minoritaires dans les « Who’s who » des appareils politiques. Dans beaucoup de circonscriptions électorales, la faiblesse de l’engagement politique des femmes, leur sous-représentativité qui en découle et la persistance de pesanteurs sociologiques empêchent son application. Mais le Sénégal se distingue dans le concert des Nations pour avoir expérimenté ce qui est, sans doute, avec les Cases des tout-petits, la plus généreuse des idées du président Wade.

Samboudian KAMARA

Last modified on lundi, 05 septembre 2016 10:59
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