Mame Less Camara : Du micro à la plume

20 Sep 2016
10409 times

Petit par la taille, mais énorme par la connaissance et le savoir-faire. Son regard profond et pensif renferme une grande capacité d’analyse des faits. C’est l’homme de la télévision, de la Radio et de la presse écrite. Sorti avec un diplôme de Spécialisation en télévision au Centre d’Etude des sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (Cesti), il fait ses premiers pas de journaliste à l’Office de Radio Télévision sénégalaise devenue l’actuelle Radio Télévision sénégalaise (RTS). Cet enseignant au Centre d’études des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (Cesti) est également l’auteur des chroniques politiques signées sous le pseudonyme d’Abdou Sow à Walfadjri.

Un amoureux du risque
Son amour du risque le poussa à créer « Face à Face » qui était une émission politique diffusée en direct. Mame Less Camara de son vrai nom est le premier journaliste qui, en direct, a interviewé Abbé Diamacoune Senghor du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) avec tous les « risques de dérapage que cela comportait ». « La seule manière d’assurer la crédibilité de cette émission, c’était de la réaliser en direct », avoue-t-il. Une façon pour lui de contourner la censure qui existait à l’époque. Grâce aux changements notés dans le paysage médiatique, notamment le pluralisme, le contexte était favorable à sa réalisation. « Sud Fm était sur le point d’être créée. Et c’était sûr qu’elle allait diffuser des émissions de la sorte. Pour la RTS, il fallait les devancer de justesse », justifie le concepteur.

C’est lui également l’auteur de cette audacieuse citation en réponse à la plainte du Président Wade contre lui en tant que Directeur de publication du Matin pour avoir publié des articles envoyés par son correspondant à Ziguinchor : « On a un président à peu près expert en tout. Et si on ne le retient pas, on le retrouverait dans les garages en train d’apprendre aux mécaniciens comment serrer des boulons ». Ce qui lui avait valu un autre chef d’accusation, outrage au chef de l’Etat après ceux de publication de fausses nouvelles et d’atteinte à la morale des armées et des populations de Ziguinchor.

Subir moins et se battre plus
En passant du micro à la plume, il ne s’est pas limité à ce que la presse écrite était capable de supporter. Du fait de ses études en Philosophie, le commerce des idées prenait le dessus sur la nécessité d’être « court, clair et concis ».

Très posé voire même austère, cet homme parle aisément avec beaucoup d’élégance. Mais, hors micro, il faut se rapprocher de lui pour l’entendre. Les mains, soient dans les poches, soient derrière le dos, il marche d’habitude la tête baissée comme s’il cherche quelque chose dans le sol. Ce maîtrisard en philosophie est d’une humilité légendaire. Raison pour laquelle il entretien d’excellents rapports avec ses pairs. Mais son humilité et sa sérénité n’enlèvent en rien son courage d’opinion. « Quand je vois se proliférer une situation d’hostilité, je me prépare. J’adore me bagarrer. Quand on a la sensation de la certitude, capitulation ne saurait être pire que de laisser triompher ce qui n’est pas juste », soutient-il. Pour lui, le vrai est l’adéquation de ce qui est juste.

Techniquement bien, mais instable professionnellement. Animé par l’envie d’aller voir ailleurs, il quitte la RTS pour Walfadjri, puis pour le Témoin. Il a aussi été le Directeur des radios Envi Fm et Océan Fm. « Il m’arrivait d’être un peu vif. De partir alors qu’il y avait une possibilité de négocier », confie ce journaliste qui a roulé la bosse un peu partout. C’était une manière pour lui de vivre une autre expérience de subir moyen et de se battre plus.

Entretenir avec lui c’est également profiter d’une biographie vaste et variée. Il est rare ou presque inexistant de prononcer une œuvre dont cet amoureux de la lecture ignore le contenu. Son père, militant à l’époque du Parti pour l’indépendance (PAI), avait à sa possession plusieurs livres. Une chose qui a déteint sur sa formation et son exercice de la profession de journalisme. Sa mère qui n’a pas longuement vécu l’a initié aussi aux Contes et mythes.

Par Marame Coumba SECK

Last modified on mardi, 20 septembre 2016 17:10
Rate this item
(0 votes)


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.