Célébration de la journée du tirailleur : Augustin Tine magnifie les faits d’armes des Anciens combattants

19 Déc 2016
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La journée du Tirailleur a été célébrée au cimetière des tirailleurs sis à Thiaroye. Commémorée chaque année, elle vise à réhabiliter la mémoire de nos héros. Les Tirailleurs Sénégalais de Verdun sont choisis comme parrains de cette édition 2016.

Au-delà de la réhabilitation mémorielle, la célébration va perpétuer davantage au sein de nos forces armées, les valeurs et vertus qui ont sous-tendu leurs faits d’armes et dont les origines remontent à la nuit des temps. En présence de toute la hiérarchie militaire, des anciens combattants et des autorités administratives et locales de Pikine, le ministre des Forces armées, Augustin Tine a rappelé que la Première guerre mondiale a vu la mobilisation de quelque 185.000 Tirailleurs Sénégalais dont 134.000 envoyés sur les fronts d’Europe. Et que près de 30.000 ne sont pas revenus. 36.000 furent blessés dont certains mutilés. « Il faut noter que l’esprit de recul ne les animait point. Ils ont fait preuve de courage, de pugnacité et de loyauté. Ils ont été de toutes les grandes batailles  de cette guerre », a affirmé le ministre. « Dès 1914, on les retrouve sur le front belge, dans les Batailles de l’Yser, de Dixmude et d’Ypres, puis sur le front d’Orient en 1915, Verdun en 1916, le Chemin des Dames en 1917 et Reims en 1918, en plus des théâtres d’opérations en Afrique.

Toutes ces batailles ont été témoins de faits d’armes épiques de la part des tirailleurs sénégalais considérés par le commandement comme des troupes de choc et celle de Verdun a été la plus longue, la plus dure et la plus meurtrière », a-t-il ajouté. Augustin Tine a précisé que quatre Bataillons de tirailleurs sénégalais (Bts) y ont pris part. Il s’agit des 65e, 51e, 43e et 36e Bts. Pendant près d’un an, du 21 février au 19 décembre 1916, ce fut l’enfer. « En effet, le 21 février 1916, l’offensive allemande est déclenchée. Ce jour-là, 2 millions d'obus sont tirés en 12 heures d’horloge. Le 23 février, le fort de Douaumont est évacué. La perte de ce symbole fort entraina la consternation chez les alliés », poursuit le ministre.

53 millions d’obus tirés
A l’en croire, les renforts sont ensuite arrivés avec la 308e brigade d’infanterie comprenant, entre autres unités, les 65e et 51e bataillons de tirailleurs sénégalais, dont les compagnies furent réparties  dans les bataillons européens devenus mixtes pour la circonstance. Le ministre a souligné qu’au moment de la relève, les bataillons sénégalais, dont les faits d’armes sont indissociables de ceux des régiments coloniaux dans lesquels ils ont été fondus, avaient perdu 6 officiers et 610 hommes pour le premier et 5 officiers et 254 hommes pour le second. « A partir du 15 octobre 1916, les français reprennent l’initiative. Le 24 octobre, le fort de Douaumont fut repris au prix d’énormes sacrifices. Dans le dispositif de combat, les 36e et 43e Bts au sein du régiment d’infanterie coloniale marocain », a expliqué le ministre.

Il renseigne qu’au total, à la fin de cette bataille, en décembre 1916, 53 millions d’obus ont été tirés dans le secteur. 500.000 tonnes de ferraille furent ramassées, après la guerre, sur le champ de bataille, soit 30 tonnes à l’hectare. Le ministre nous apprend qu’outre cette avalanche de feu et de fer, accompagnée de gaz asphyxiants, il fallait, pour nos tirailleurs, braver le froid. « C’est dans cette atmosphère apocalyptique, où la terre, le sang, la chair et la boue formaient un mélange sans nom, que se battaient, aux côtés de leurs camarades français, indochinois, magrébins, somalis, les tirailleurs sénégalais issus de toutes les colonies françaises au sud du Sahara. C’est aussi dans cet enfer de feu, de fer et de sang, que se distinguèrent les 36e et 43e bataillons de tirailleurs sénégalais cités à l’ordre de l’armée », a commenté le ministre.

Solidarité agissante des combattants français
Augustine Tine pense qu’il convient de souligner que les 36e et 43e Bts ont eu droit au port de la Fourragère que l’on acquiert après deux citations. « Le 43e Bts a eu 4 citations. Héritières de ces hauts faits d’armes,  nos forces armées arborent fièrement cette Fourragère aujourd’hui. Cette mémoire est également entretenue, en partie, grâce à la diligence et à la solidarité agissante de leurs camarades français, africains et autres coalisés au sein des alliés », s’enorgueillit-il.

Le ministre considère qu’aujourd’hui, l’histoire doit rapprocher les peuples dans un monde de plus en plus mondialisé où les populations, dans leurs migrations, transcendent les frontières nationales. « Nous ne devons pas nous y complaire et entretenir une glorification béate, mais plutôt en tirer les enseignements utiles pour gérer autrement, ensemble, notre village planétaire », a-t-il mentionné.

Pour lui, cela permettra de relever les défis de la paix, de la sécurité, de la concorde et du développement, c’est-à-dire des problèmes dont l’urgence est autrement plus importante. « C’est là tout le sens de cette commémoration.

Alors, les lourds sacrifices consentis par nos héros pour l’avènement du monde libre, désormais consignés dans la mémoire collective de l’humanité, ne seront pas vains », conclut-il. Il a émis le souhait de voir cette commémoration exorciser davantage les conflits armés, et contribuer largement aux leçons de vie tirées de ces évènements douloureux pour promouvoir la concorde entre les peuples, tous les peuples, dans un monde de plus en plus difficile.

 

Abdou DIOP

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