Abdoulaye Diallo (1918-1998) : « Diallo pitch » l’homme devenu milliardaire par le commerce d’oiseaux

18 Sep 2017
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S’enrichir grâce aux oiseaux, une chose possible. L’exemple de «Diallo pitch» peut inspirer les jeunes qui s’attèlent à cette activité. Le parcours de cet homme est singulier. Grace aux oiseaux, il prit son envol, au point que son nom soit associé à jamais à ces derniers.

Un homme qui a le sens des affaires, si l’on considère son ascension sociale. C’est ainsi que l’on peut qualifier Abdoulaye Diallo, alias « Diallo pitch ». Venu du Fouta, il a conquis le monde. Sa volonté de réussir a transcendé la pauvreté dans laquelle il est né. Jusqu’au bout, il y a cru, en gravissant les échelons. Milliardaire, il l’était à un moment où il y en avait pas beaucoup. L’histoire commence lorsque travaillant chez des Français comme contremaître, il tombe amoureux des oiseaux à force de les côtoyer. Cet amour le conduit à en élever de manière originale.

L’ingéniosité avec laquelle il construisait les cages attirait les visiteurs à la maison. Voyant que les espèces qu’il élevait et l’art avec lequel il décorait les cages intéressent beaucoup les Européens qui fréquentaient la maison, « Diallo Pitch » leur en offre, pour ensuite en récolter les fruits par la publicité qu’ils lui offraient en Occident. « Ces derniers n’hésitaient pas à s’en procurer et de fil en aiguille son petit commerce devient grand en peu de temps », renseigne son fils Malal Diallo, la trentaine, teint noir.

Mais c’est d’abord au marché Kermel de Dakar qu’il commence à écouler sa marchandise. La seconde étape fut le marché international. Entre les deux guerres mondiales, il embarque, avec ses oiseaux, dans le bateau qui faisait la navette Dakar/Marseille. Arrivés sur le quai, ses oiseaux se vendent comme de petits pains, au point qu’il eut l’idée de faire d’autres pays. Un périple difficile qui le conduit à voyager dans la soute de l’avion avec ses oiseaux. « Quand il a demandé au chef d’agence de la compagnie Air France de faire voyager les oiseaux en avion vers Paris, ce dernier avait d’abord refusé, avant de donner son accord. Mais mon père a tenu à les accompagner dans la soute, malgré les conditions dangereuses de voyage, malgré quelques pertes, il a pu s’en sortir », narre Malal Diallo. Une expérience positive qui lui donne confiance à persévérer sur sa lancée, l’Italie, les Etats-Unis, le Japon bref le monde seront ses prochaines conquêtes.

Tally Diallo, toute une histoire…
La route qui mène à Yeumbeul en passant par Thiaroye a été baptisé Tally Diallo, en hommage à « Diallo Pitch ». En effet, le président Léopold Sédar Senghor a donné le nom de cette rue à l’homme d’affaire. Cela se justifie par le fait que quand son activité prit de l’ampleur, Senghor a voulu venir visiter les oiseaux dont on lui a vanté la beauté. Après que ce fut fait, le chef de l’Etat d’alors fut émerveillé. Il multiplia ainsi les visites. « C'est durant l'une de ses visites que sa voiture s’est enlisée dans le sable et pour ne plus vivre pareille situation, il décide de construire une route qui mène à l'oisellerie », raconte Malal Diallo. Le fait marquant de cette histoire est, selon ce dernier, que Senghor envisageait seulement de construire le chemin qui mène à notre demeure, mais Diallo lui a demandé de tout construire ou de laisser cela comme tel.

C’est le 5 mai 1998 à Dakar qu’Abdoulaye Diallo, plus connu sous le sobriquet de Diallo Pitch, rendit l’âme, Il a été inhumé à Thiaroye Gare à l’intérieur d’une mosquée qu’il a lui-même construite. A chacun de ses enfants, il a laissé au moins une maison. A cela s’ajoute le culte du travail qu’il leur a inculqué. Un legs qu’ils essaient de perpétuer dans la maison familiale à Thiaroye, malgré l’affaiblissement du marché des oiseaux causé par la grippe aviaire.

Sokhna Anta NDIAYE (stagiaire)

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