Capitaine Serigne Modou Mamoune Fall : Un passionné de l’environnement et de la conservation

22 Sep 2017
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Conservateur de la Réserve de faune du Ferlo Nord, le capitaine Serigne Modou Mamoune Fall est dans son élément. Ce fils du monde rural a toujours rêvé de travailler dans l’environnement et d’aider les populations à un développement périphérique durable. Son rêve s’est réalisé et aujourd’hui, il apporte sa modeste contribution à la préservation environnementale de la faune et de la flore aux aires protégées du Sénégal.

La nature, c’est sa passion. En 2005, après un passage à l’Institut supérieur de formation agricole et rurale (Isfar), ex Encr, Serigne Modou Mamoune Fall réussit le concours d’entrée à la Direction des parcs nationaux. Il réalise alors son rêve, lui qui voulait venir dans l’environnement pour, disait-il, voir le juste milieu, arriver à une harmonisation de l’utilisation du sol avec la préservation de l’environnement et à une gestion rationnelle de nos ressources tout en nous souciant des générations futures. À ses débuts, le capitaine Fall a travaillé dans le développement périphérique. « Je voulais travailler dans le monde de la préservation de l’environnement et je voulais, en tant que fils du monde rural, être proche des populations, les aider, aider à un développement périphérique durable, mais qui prend en compte les limites de l’environnement, apporter ma modeste contribution à la préservation environnementale, de la faune, de la flore aux aires protégées du Sénégal », explique-t-il.

Ce travail nécessite un véritable amour de la nature. Après avoir été chef de zone au Parc national Niokolo Koba, chargé de la surveillance, il a été affecté au Ferlo comme chargé du développement périphérique. Puis, il est allé poursuivre ses études au Canada. L’ambition de Serigne Modou Mamoune Fall a toujours été d’aller poursuivre ses études à l’étranger. Mais les moyens lui faisaient défaut. Un jour, alors qu’il s’y attendait le moins, une bourse lui est tombée du ciel. « Grâce à cette bourse, je suis allé au Canada. Il y avait beaucoup d’opportunités pour moi dans ce pays. D’ailleurs, quand je suis rentré au Sénégal à la fin de mes études, une structure m’a écrit pour me dire qu’elle acceptait toutes mes conditions pour que je revienne travailler pour elle », renseigne-t-il. Mais le sens du patriotisme n’avait pas lâché le capitaine Fall qui n’était animé que d’une envie : servir son pays. « Je lui ai dit que j’étais venu pour étudier et que je devais rentrer chez moi servir mon pays et rester auprès de ma famille », indique-t-il.

Patriotisme
De retour au pays, cet ingénieur des travaux a gagné en expérience. Promu conservateur de la Réserve de faune du Ferlo nord en 2017, il effectue un retour en terrain connu puisque de 2007 à 2010, il était dans ce lieu où il a travaillé sur l’exécution de projets de suivi télémétriques de la tortue sulcata, sur le projet de suivi de l’alimentation de la gazelle dama mhorr et des oryx en fonction des saisons en collaboration avec la coopération espagnole, mais aussi sur la délimitation, le pancartage et la sensibilisation de la population périphérique pour le projet de création de la réserve de biosphère du Ferlo.

Pour ce passionné de la nature, la protection de l’environnement est une préoccupation de tous les jours. Aujourd’hui, l’évolution du monde de la préservation l’a beaucoup marqué. « Au début, c’était de la conservation pure et dure. Les populations n’étaient pas associées. Actuellement, il y a une évolution. On tend de plus en plus vers la participation, la cogestion, l’implication des populations dans la gestion de nos ressources nationales, de notre biodiversité », se félicite le capitaine Fall. En poste à Ranérou depuis quelques mois, ce sérère s’est bien intégré chez ses cousins Peuls qui l’ont même adopté. « Partout où j’ai eu à servir, j’ai trouvé des parents, mais aussi mes esclaves parce que les Sérères sont des rois. C’est ce qui a facilité mon intégration », ironise Serigne Modou Mamoune Fall qui a galéré avant d’en arriver là.

Enfant, il était élève au Centre national de recherche agronomique (Cnra) de Bambey. À Sindiane, son village, il n’y avait pas d’école. Il fréquentait cet établissement. « Je me bagarrais tout le temps parce que les jeunes de la ville ne pouvaient pas concevoir un villageois fréquenter l’école comme eux », se rappelle-t-il. Coriace et persévérant, il a poursuivi ses études et a réussi à être le premier bachelier de son village. Mais, il a dû arrêter ses études après trois mois seulement passés à l’université. Son père étant planton à l’Isra, les ressources faisaient défaut. « Je ne pouvais plus continuer mes études parce que je n’avais pas les moyens. Il m’est arrivé de marcher de l’université à Guédiawaye parce que je n’avais pas de quoi me payer un ticket de bus », se rappelle-t-il. Mais cette situation, loin d’être une fatalité pour le jeune Serigne Modou Mamoune Fall, n’a pas réussi à freiner son ardeur ni à arrêter sa soif de réussite. Il est allé jusqu’au bout de ses rêves.

Aujourd’hui, le capitaine Serigne Modou Mamoune Fall, en véritable talibé mouride, vit bien sa passion. « Je suis vraiment un mouride engagé. J’ai eu la chance d’avoir des parents pratiquants qui m’ont élevé dès le bas âge à la culture islamique, aussi à travers la solidarité de la communauté mouride », affirme ce « talibé » dont le quotidien est fait de lecture de khassaïdes et du saint coran. Sa foi s’est renforcée au contact de gens qui lui ont beaucoup apporté. « Mon voyage au Canada m’a beaucoup renforcé. La solitude aide beaucoup et facilite les choses. J’ai tout laissé pour me tourner vers le Bon Dieu. Je n’ai pas fait l’école arabe et je n’ai pas appris le coran, mais j’ai réussi à rattraper mon retard. Aujourd’hui, je maîtrise le coran », renseigne-t-il.

L’écriture fait aussi partie de ses penchants. « La Direction des parcs nationaux, l’environnement, m’ont beaucoup aidé », explique-t-il. La belle nature et la verdure l’inspirent et l’incitent à écrire davantage. « J’ai des manuscrits, des pièces théâtrales engagées, d’actualité, pour le développement du pays, mais à part des articles parus dans la Revue des parcs nationaux, je n’ai pas encore publié le moindre ouvrage », dit le capitaine Fall qui demeure une véritable machine à écrire. Il ne désespère pas de publier un jour une œuvre qui parlerait certainement de l’environnement, sa passion de tous les jours.

S. O. F.

Last modified on lundi, 25 septembre 2017 12:00
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