Ababacar Samb Makharam, cinéaste : Le psy de son peuple

23 Sep 2017
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Il n’est pas le cinéaste le plus célébré au Sénégal. Il est presque méconnu par la nouvelle génération. Mais, l’œuvre cinématographique d’Ababacar Samb Makharam, immense de par la lumière qu’elle répand et de par la vision déclinée, mérite tous les hommages. Cette année marque le trentième anniversaire de la disparition de ce réalisateur sénégalais.

Ababacar Samb Makharam est un réalisateur et scénariste sénégalais né le 21 octobre 1934 à Dakar. Sa filmographie n’est pas des plus fournies mais dessine plusieurs univers de sens. Elle confiait les préoccupations de celui qui était également producteur. Entré au conservatoire d’art dramatique de Paris en 1955, il crée ensuite une troupe de théâtre, « Les Griots », pour tracer les allées de sa quête perpétuelle. En tant qu’acteur, il interprète quelques petits rôles comme « Tamango » de John Berry et « Les tripes au soleil » de Claude Bernard Aubert. Avant de retourner dans son pays natal, le Sénégal, en 1964, il se rend, en 1958, en Italie, au Centre expérimental de cinématographie, la grande école romaine du cinéma. La connaissance acquise lors de ses « pérégrinations » et rencontres l’engagement pour les causes qui lui paraissaient justes et le flair des génies artistiques ont rendu son œuvre utile à l’art et à l’humanité d’hier et d’aujourd’hui. Et sans doute celle des temps à venir.

Au Sénégal, le fondateur de la société de production « Baobab Films » travaille dans l’audiovisuel notamment pour une émission d’information à la télévision publique sans délaisser sa carrière de réalisateur et sans non plus relâcher son effort dans la promotion et la défense des cinémas africains ; ce qui fera de lui, de 1972 à 1976, le secrétaire général de la Fédération panafricaine des cinéastes (Fepaci). En 1966, il réalise le court métrage « Et la neige n’était plus ». « Kodou » (en 1971) et « Jom (ou l’histoire d’un peuple, 1982) » complètent sa filmographie.

Le cinéaste Joseph Gaï Ramaka qui a décidé de lui rendre hommage à travers le festival Gorée Cinéma à l’occasion du trentième anniversaire de sa disparition, dit ceci d’Ababacar Samb Makharam : « Il est un cinéaste toujours à la quête de l’homme. De la problématique du retour – non pas d’un simple retour physique, mais du retour spirituel – posée dans « Et la neige n’était plus », à celle de la dignité qui n’appartient qu’à ceux capables de se tenir debout qui transparaît dans « Kodou » et dans « Jom », Samb part à la découverte de lui-même. Et dans cette quête, par le prisme et le drame de sa caméra, il met à nu la psychologie de tout son peuple. Pas son esprit ou sa mémoire collective, mais les affects et agencements qui les constituent individuellement. L’œuvre de Samb, c’est un cinéma au singulier. Ababacar Samb Makhaham n’était pas un cinéaste qui faisait des films en dehors de son propre mouvement, de son propre devenir. A chaque étape de sa vie, de manière parfaitement sincère, il a traité une question qui l’interpellait de façon existentielle. L’auteur se confond dans son œuvre avec ses préoccupations les plus intimes ». Cette figure emblématique du cinéma sénégalais et africain est décédée le 7 octobre 1987.

Par Alassane Aliou MBAYE

Last modified on samedi, 23 septembre 2017 18:39
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