Endettement du Sénégal : Seydou Guèye rectifie la perception « négativiste » de Me Wade

10 Nov 2017
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La sortie de Me Abdoulaye Wade lors de son séjour, à Touba, décriant la gestion du pouvoir actuel et les sérieuses difficultés financières que traverserait le pays dues notamment au niveau élevé de l’endettement, n’a pas laissé indifférent le ministre Porte-parole du gouvernement. Seydou Guèye s’est inscrit en faux contre la perception fausse et infondée de l’analyse de la situation économique actuelle du pays émanant d’un « homme du passé et du passif ».

Selon le ministre Seydou Guèye, n’eût été son statut d’ancien président de la République et sa qualité d’un des doyens de notre société, on aurait pu du dire que cette sortie du président Abdoulaye Wade « est d’une repoussante absurdité et n’est pas du tout conforme à la réalité où la méchanceté le dispute à l’ineptie ». Pour la bonne et simple raison que Me Wade « compare certainement l’état réel et actuel de notre économie à l’état du pays tel qu’il nous l’avait laissé en 2012 », dira-t-il. Aussi, tout ce dont il parle « est caractéristique de la situation de crises multiformes dans laquelle il avait laissé le pays ».

Il ne se rend pas compte que « nous sommes sortis de cet état car ce temps est derrière nous ». Pour le Porte-parole du gouvernement, Me Wade, en « homme du passé et du passif », peine à comprendre ou feint d’ignorer que quand on parle de la dette d’un pays, « on part de nos capacités à payer les salaires, à réaliser des investissements, à impulser un développement ; tout cela sous le regard très attentif de nos partenaires au développement ». Cela dit, poursuit-il, il n’y a pas à s’alarmer outre mesure en ce sens que « la dette du Sénégal est soutenable et c’est une très bonne dette », a-t-il fait savoir. Pour dire en termes simples que « si la dette a augmenté en volume, on la paie moins cher ». En effet, la tendance haussière de la dette s’explique à la fois par « les effets de l’Eurobond de 2011 plus les crédits que nous avons contractés dans la même période avec des échéances de paiement qui tombent à cette période mais aussi par la dette qu’on a prise pour faire des investissements », a-t-il expliqué. Et même s’il est refusé de parler du niveau et des ratios de la dette, M. Guèye n’en soulignera pas moins qu’avec un ratio attendu en décembre 2017 à 61 %, le Sénégal est en deçà des critères de convergence de l’espace sous-régional de l’Uemoa qui stipulent qu’un pays peut emprunter jusqu’à 70 % de son Produit intérieur brut (Pib) sans déréguler son équilibre macroéconomique », a-t-il poursuivi.

Et « de ce point de vue, Me Wade n’a pas raison », ajoute-t-il sèchement. En outre, puisque c’est lui qui invoque des situations pour les comparer, « Me Wade s’endettait pour du prestige, des projets qui n’ont rien rapporté au Sénégal si ce ne sont des festivals à l’image du Fesman qui nous a valu 105 milliards de FCfa ». Tout à l’opposé du président Macky Sall « qui a pensé désenclaver la zone économique hautement stratégique de l’île à Morphil où il a investi 90 milliards de FCfa pour réaliser un programme de 145 kilomètres de routes », a-t-il soutenu.

Une embellie des indicateurs économiques quantitatifs
Pour lui, « il faut être de mauvaise foi ou nihiliste pour ne pas reconnaître que notre économie, sous le magistère du président Macky Sall, est dotée d’un excellent cadre macroéconomique caractérisé par l’embellie des indicateurs quantitatifs dont la consolidation de la croissance économique, la maîtrise de l’inflation, la réduction continue du déficit public et surtout une dette soutenable, c’est-à-dire que nous sommes capables de rembourser ». Ces clignotants au vert ont été rendus possibles par le Plan Sénégal émergent (Pse), « vision stratégique du chef de l’État et référentiel des politiques publiques, qui a radicalement et structurellement transformé l’économie sénégalaise ».

Aussi, « quoiqu’étant dans la catégorie des économies spéculatives, les sept places gagnées dans le classement général de la 15e édition de Doing business faisant passer le Sénégal de la 147e à la 140e place sur 190 pays et la confirmation de la notation Ba3 décernée à notre pays par l’agence Moody’s renseignent des bonnes perspectives de notre économie ». A en croire M. Guèye, le Sénégal est un « pays à risque de surendettement faible avec un service de la dette qui tourne aujourd’hui autour de 860 milliards de FCfa » et de fait, « toutes les politiques mises en œuvre concourent à garder le statut de notre dette ». Sur ce, le président Macky Sall a instruit le gouvernement de l’impératif « d’accélérer la cadence pour l’atteinte des objectifs assignés à la loi de finances initiale 2018 », quatrième budget de mise en œuvre pleine du Pse, « en veillant notamment à la maîtrise du niveau d’endettement, à l’efficacité et à la rationalisation des dépenses publiques », a-t-il indiqué.

Et la prochaine session du Conseil présidentiel sur l’investissement, qui se tiendra le 20 novembre prochain, sera le cadre idéal pour étaler les différents succès économiques du Sénégal, fruit des réformes majeures et autres ruptures apportées dans la gouvernance des ressources publiques pour améliorer l’environnement des affaires, consolider la place du privé national et des investissements directs étrangers et les perspectives en vue de consolider davantage la croissance économique et la création d’emplois décents, les années à venir.

Mamadou Lamine DIEYE

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