Coopération sanitaire Sénégal - Japon : Le couple mère-enfant au cœur de la politique de santé du Japon au Sénégal

11 Déc 2017
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L’amélioration de la qualité des soins et le renforcement de l’accès aux services sont au centre des interventions du gouvernement japonais dans le domaine de la santé au Sénégal. Le pays du « Soleil levant » œuvre ainsi pour que le Sénégal ait des ressources humaines, des infrastructures et des équipements aux normes. Aussi, le Japon qui fait du couple mère-enfant l’une de ses priorités veut promouvoir une bonne politique de référence-contre référence. L’objectif étant de renforcer la capacité du Sénégal en tant que Centre d’excellence pour les pays de l’Afrique de l’Ouest francophone.

La coopération sanitaire entre le Sénégal et le Japon est multiforme. Elle se matérialise en termes de construction et d’équipement de structures sanitaires, de renforcement des capacités des prestataires à travers des sessions de formation, d’allocation de ressources pour appuyer certains programmes visant directement les populations, etc. Parmi ces derniers, il y a la Couverture maladie universelle (Cmu), une initiative du président Macky Sall, lancée, en 2013, pour faciliter aux populations l’accès à des soins de santé de qualité. C’est justement pour appuyer le Sénégal dans la réduction des inégalités sociales, afin que les 80 % de la population qui n’ont pas d’assurance maladie puissent aussi accéder aux soins sans grandes difficultés, que le Japon a octroyé à notre pays, en 2016, en marge de la 6ème Ticad (Addis-Abeba, Nairobi, 27-28 août 2016), 41 milliards de FCfa. « Nous avons beaucoup de défis à relever pour réussir la Cmu. C’est pourquoi nous avons tendu la main aux partenaires. Le Japon a accepté de nous aider pour 2016-2017 avec la somme de 41 milliards de FCfa. Cet appui nous permettra de régler les questions d’inaccessibilité géographique et financière aux structures sanitaires », s’était réjouie le Pr Awa Marie Coll Seck, à l’époque ministre de la Santé et de l’Action sociale.

Soucieux de faciliter aux populations sénégalaises l’accès aux soins surtout les couches vulnérables, le Japon va aussi doter le Sénégal d’un Centre d’application pour la santé de la mère et de l’enfant. Le protocole d’accord de financement non remboursable dudit centre qui sera implanté à l’Ecole nationale de développement sanitaire et social (Endss) a été paraphé en 2014. Le coût de réalisation de cette infrastructure visant également à renforcer la formation des prestataires, en l’occurrence les sages-femmes et les infirmiers, est estimé à 3,52 milliards de FCfa. Une préoccupation d’autant plus légitime que le Sénégal fait face à une mortalité maternelle (392 décès pour 100.000 naissances vivantes, Eds 2015) et infantile (39 pour 1000, Eds 2015) encore élevée. Cela, malgré les nombreuses initiatives déroulées pour limiter les décès des femmes et des enfants.

C’est d’ailleurs dans la croisade contre les décès maternels et infantiles au Sénégal que s’inscrit le Projet de renforcement de soins de santé maternelle et néonatale (Pressmn). Déroulé par le ministère de la Santé et de l’Action sociale, ce programme est également soutenu par la coopération japonaise. Il vise à promouvoir l’accouchement humanisé ; ce dernier étant « un ensemble de conditions qui permettent à la femme d’être à l’aise et de vivre l’accouchement comme un évènement heureux. L’accouchement à style libre fait partie intégrante de l’accouchement humanisé », souligne-t-on, précisant que « l’objectif est d’assurer le bien-être de toute parturiente et de tout nouveau-né afin de répondre aux normes et protocoles de santé de la reproduction au Sénégal ». L’accouchement à style libre permet aux femmes d’adopter la position de leurs choix : debout, assis, accroupi ou couché.

Après une première phase concluante (2009-2011) dans les régions de Tambacounda et Kédougou, la deuxième phase, lancée en 2014, s’est déroulée dans la région de Dakar, précisément au Centre de santé Gaspard Kamara (district sanitaire centre). Et l’objectif ultime est de passer à l’échelle ce modèle de soins de santé maternelle et néonatale, en rendant ces derniers plus humanisés, conformément aux bonnes pratiques recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Et, aujourd’hui, nombreuses sont les structures sanitaires du Sénégal qui souhaitent être dotées des équipements nécessaires à la mise en place de l’accouchement humanisé. Ce, pour une meilleure prise en charge du couple mère-enfant.

Maïmouna GUEYE

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