Planification familiale en Afrique de l’Ouest : Recommandation pour le passage à l’échelle des expériences réussies

15 Déc 2017
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Les rideaux sont tombés sur la 6ème Réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou (Conakry, 12-14 décembre 2017). Présidant la clôture de cette rencontre axée sur « L’autonomisation de la femme et la révolution contraceptive », le ministre de la Santé de la Guinée a plaidé pour passer à l’échelle les expériences réussies dans les pays francophones de l’Afrique de l’Ouest.

(Conakry) - Même si les pays de l’Afrique de l’Ouest francophone ont atteint les objectifs qu’ils se sont fixés pour l’année 2017 en matière de recrutement de nouvelles utilisatrices de la planification familiale, seuls trois d’eux les ont dépassés. En l’occurrence le Burkina Faso, le Bénin et la Côte d’Ivoire. Pour cette raison, ils ont reçu les félicitations du ministre de la Santé de la Guinée, Dr Abdourahmane Diallo, lors de la clôture de la 6ème Réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou (Conakry, 12-14 décembre 2017). « Les autres pays (Mali, Niger, Sénégal, Guinée, Togo et Mauritanie : Ndlr) devraient s’en inspirer pour atteindre les objectifs de l’année prochaine », a-t-il estimé tout en magnifiant, d’une manière générale, les résultats encourageants obtenus en Afrique de l’Ouest francophone dans le cadre de la mise en œuvre du Partenariat de Ouagadougou. Un mouvement né en 2011 pour faire de la planification familiale une priorité dans ces Etats encore confrontés, entre autres, à de forts taux de mortalité maternels et infantiles, des Besoins non satisfaits en contraception élevés et des Indices synthétiques de fécondité élevés.

Poursuivant, M. Diallo a déclaré : « Ces résultats sont les nôtres. Nous sommes persuadés que nous pouvons atteindre 100 % en 2020 ». Cela, à condition que la mobilisation des ressources nationales se poursuive et que les partenaires continuent aussi d’apporter leur accompagnement aux pays. Le ministre de la Santé de la Guinée a, en outre, plaidé pour passer à l’échelle les expériences réussies comme la délégation des tâches consistant à former des prestataires sanitaires (sages-femmes, infirmiers) à exercer des activités jusque-là uniquement dévolus aux médecins. Il en est de même de l’auto injection avec le Sayana press afin de rendre les femmes autonomes en matière de contraception.

Sur la gratuité des contraceptifs sur laquelle s’est déjà engagé le Burkina Faso, Dr Abdourahmane Diallo a soutenu qu’ils sont déterminés à y aller. « Mais, cela a un coût », a-t-il précisé, invitant l’ensemble des parties prenantes du Partenariat de Ouagadougou à s’impliquer dans la prise en charge de cette demande cruciale.

Dans ce cadre, l’Organisation ouest africaine de la santé (Ooas), par la voix de son directeur adjoint, Dr Laurent Assogba, s’est engagée à intensifier le plaidoyer en direction des plus hautes autorités, pour que les recommandations issues de cette rencontre portant sur « L’autonomisation de la femme et la révolution contraceptive » ne soient pas rangées dans les tiroirs. « L’Ooas tient à accompagner les pays du Partenariat de Ouagadougou pour faire baisser les taux de mortalité maternelle et infantile, encore élevés dans nos pays, avec de meilleurs interventions sur le terrain », a ajouté Dr Assogba. Il en a aussi appelé à une volonté politique des dirigeants des Etats francophones de l’Afrique de l’Ouest pour hisser la promotion de la santé maternelle et infantile parmi les priorités nationales.

Une raison suffisante pour que la parlementaire Marie Rose Nguini Effa, qui s’est exprimée au nom de ses collègues, exhorte tous les gouvernements des pays membres du Partenariat de Ouagadougou à augmenter le budget dédié à l’achat des produits contraceptifs. « Nous allons aussi jouer notre rôle de contrôle pour que les engagements pris par les pays soient respectés », a-t-elle dit. De même, la députée a estimé qu’il est crucial de préserver l’élan impulsé par le Partenariat de Ouagadougou pour atteindre les objectifs en 2020.

De notre envoyée spéciale en Guinée, Maïmouna GUEYE

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