8 mars 2018 : Respect pour les femmes

08 Mar 2018
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Aujourd’hui, est célébrée la journée mondiale de la femme. Un grand hommage à nos mères, nos épouses, nos sœurs qui constituent plus de la moitié de la population mondiale. Cette journée ne tire pas son sens de leur statut de femme, mais bien du respect de leurs droits : droit au travail et salaire décents, droit à la terre, droit à la santé et surtout droit à l’éducation, etc. Qui ignore les avantages de l’éducation de la femme ? «Eduquer une femme, c’est éduquer une société, une Nation», soutient l’Unesco. Gardienne de la cellule familiale, elle dorlote, chouchoute et éduque. En somme, elle fait de nous ce que nous sommes. Autant dire que l’Onu ne s’est point trompée en lui consacrant une journée. Mais que diantre, elle fait face à de multiples difficultés ! Victime, elle l’est dans toutes les situations : politique, économique, culturelle et sociale. Au point qu’elle n’hésite plus, de nos jours, à emprunter la voie de l’émigration en quête d’un mieux-être. Heureusement, certaines d’entre elles refusent la fatalité, n’acceptent point de baisser les bras jusqu’à devenir des modèles pour les jeunes, et cela, dans tous les domaines.

Certes, au Sénégal en particulier, des efforts louables sont accomplis en faveur de la femme : ouverture de l’Armée à la femme, timide accès à la terre, parité dans les instances électives et semi-électives presque réalisée. Par exemple, on dénombre 64 femmes (42,66%) sur les 120 députés qui ont constitué la dernière législature et 69 (41,5) sur les 165 députés de la 13ème législature.

Par ailleurs, le Sénégal a signé et ratifié l’ensemble des instruments et mécanismes internationaux relatifs aux droits humains et particulièrement aux droits de la femme et de la fille.

Mais le chemin est en encore long. En effet, si le nombre, en politique, de femmes députés a augmenté, le taux a, toutefois, baissé et peu d’entre elles occupent des postes de décision. Egalement, au Sénégal, peu de femmes sont alphabétisées ou accèdent à la terre. D’après une étude menée par l’Initiative prospective agricole rurale (Ipar), «bien que représentant 70 % de la population agricole du Sénégal, les femmes ne sont que 13 % à accéder aux terres agricoles». Pire, la violence contre la femme prend de plus en plus d’ampleur malgré les multiples lois pour la protéger.

Entre autres, viol, subordination, mariage précoce et forcé, violences physique et verbale, Mutilations génitales féminines (Mgf), exclusion sociale particulièrement lorsqu’elle souffre d’une «maladie de la honte» comme la fistule.

Or, aucun pays ne peut se développer en rabaissant la femme. Il est temps qu’elle retrouve la place qui a toujours été la sienne dans nos sociétés africaines comme l’a démontré l’histoire. Héroïnes de la geste africaine, elles l’ont été. On peut citer, parmi elles, Yennega l’amazone des Mossis du Burkina, Ndatté Yalla (la reine du Walo), Aline Sitöé Diatta (la reine de Cabrousse), la Grande Royale du Fouta au Sénégal, Taïtou, l’ombre influente du souverain du Choa, devenu Roi des rois, Ménélik II d’Ethiopie, Abla Pokou, la fondatrice du royaume baoulé de Côte d’Ivoire, Yaa Asantiwa, reine mère et âme de la résistance ashantie face au pouvoir britannique au Ghana… (Cf. « Femmes de l’ombre et Grandes royales » de Jacqueline Sorel et Simonne Pierron Gomis, Présence africaine.

C’est dire qu’en se référant à notre histoire, à nos religions (l’Islam n’a-t-il pas libéré la fille de la barbarie des hommes ?), à l’évolution actuelle du monde, surtout en comprenant que chaque fois qu’on brime une femme, on brime sa maman, son épouse, sa fille, le monde ne peut que s’en porter mieux. Alors respect pour les femmes !

Par Daouda MANE

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