8 mars 2018 : A l’origine des revendications légitimes

08 Mar 2018
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L’histoire des femmes a été étudiée en marge de celle-là générale. Leurs actions ont pourtant aiguillé la trajectoire de l’humanité. La Journée internationale des femmes n’est que l’expression d’une affirmation de leurs personnalités. Elle se confond avec l’histoire tumultueuse du monde et les luttes d’influence. Elle puise ses racines dans diverses manifestations de femmes qui désiraient accéder à certains droits légitimes.

L’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution proclamant le 08 mars « Journée des Nations unies pour les droits de la femme et la paix internationale » en décembre 1977. Cette décision est prise dans le prolongement de la proclamation, par l’Assemblée, de l’Année internationale de la femme (1975) et de la Décennie des Nations unies pour la femme (1976-1985). Au-delà du faste, l’idée est de porter un regard lucide sur la situation des femmes dans le monde pour envisager le futur de manière plus sereine. Car leurs trajectoires individuelles et leurs actions collectives ont montré leur capacité de résilience et de prise en charge de leur destinée, de leurs préoccupations. L’origine de cette journée que célèbre « l’humanité » en est une illustration achevée.

La Journée internationale des femmes est intervenue dans le contexte des mouvements sociaux au cours du XXe siècle en Amérique du Nord et en Europe. La première Journée nationale des femmes a été célébrée en 1909 sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis d’Amérique le 28 février conformément à une déclaration du Parti socialiste américain. Cette célébration s’est poursuivie jusqu’en 1913.

Toutefois, c’est en août 1910, à la deuxième conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, à l’initiative de la militante allemande Clara Zetkin, que le principe d’une célébration au plan international a été admis. On ne parle pas encore du 8 mars. Cependant, il paraissait urgent de mobiliser les femmes « en accord avec les organisations politiques et syndicales du prolétariat dotées de la conscience de classe ».

La Journée des femmes est moins l’initiative du mouvement féministe pourtant très actif à l’époque que de celui-là socialiste. Clara Zetkin s’employait ainsi à contrecarrer l’influence de ce qu’on a appelé à l’époque « les féministes de la bourgeoisie » sur les les femmes du peuple. La proposition est approuvée à l’unanimité par la conférence parce qu’elle épousait les idées qui concouraient à la promotion des droits des femmes, à l’obtention du suffrage universel. Elle a été fêtée pour la première fois le 19 mars en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse.

Outre le droit de voter et d’exercer une fonction publique, elles exigeaient le droit au travail, à la formation professionnelle, ainsi que l’arrêt des discriminations sur le lieu de travail. Mais, c’est en Russie que la Journée des femmes connaît son regain. En 1913 et en 1914, la Journée internationale des ouvrières y est célébrée. Ensuite, le 8 mars 1917, ont lieu, à Petrograd (aujourd’hui Saint-Pétersbourg), des manifestations d’ouvrières que les bolcheviques désignent comme le premier jour de la révolution russe. Une nouvelle tradition est instaurée : le 8 mars est, dès lors, l’occasion pour les partis communistes de mobiliser les femmes. Après 1945, la Journée des femmes est officiellement célébrée dans tous les pays socialistes.

L’histoire de la manifestation des couturières new-yorkaises censées être à l’origine de cette célébration relèverait d’un mythe. Elle aurait eu pour objectif de détacher le 8 mars de son origine soviétique à cause des luttes d’influence de l’époque. Comme avec la Saint-Valentin et autres joyeusetés « tropicalisées », les Sénégalais célèbrent cette journée avec grand faste.

Alassane Aliou MBAYE

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