Célébration de la fête de l’Indépendance demain : Chapeau bas, Grande muette !

03 Avr 2018
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Dans une totale discrétion, comme à son habitude, l’Armée est en train d’abattre un travail essentiel. Peu adeptes de la parole, les militaires sont plus orientés à l’action. Au-delà de leur mission régalienne de défense des territoires, les hommes en tenue s’illustrent également sur bien d’autres fronts dans la société. L’Armée fait aussi dans le social, l’assistance et l’entraide. La jeunesse, vivier de l’Armée, participe également à la fête nationale célébrée demain, contribuant au sentiment de communion du peuple avec ses Diambars.

HOMMAGE À NOS DIAMBARS
Pr defile 17L’Armée est, depuis longtemps, surnommée «la Grande muette». La pratique du silence attachée à l’institution militaire s’enracine dans un lointain passé. La grande muette se plait dans son silence. Elle ne le rompt jamais. Le devoir de réserve prime chez ces valeureux patriotes. Dans la discrétion et une efficacité incomparables, elle avance dignement. Au péril de leur vie, ces vaillants patriotes appelés militaires, en compagnie des autres forces de sécurité, défendent la République. Toujours rompus à la tâche, toujours prêts à servir.

En ce jour anniversaire de l’Indépendance, l’armée va parader, accompagnée de toutes les composantes de la sécurité publique et des civils. Une occasion de nous montrer, dans la discrétion et l’efficacité, ce qu’elle a de plus digne. Ici, devant les feux des projecteurs, il nous est, à tous, permis de voir de plus près, l’important travail abattu par ces hommes de l’ombre. Et pourtant, loin des projecteurs, d’autres militaires, dans les camps, aux frontières voire à l’extérieur, défendent la République. A l’extérieur, ils sont les dignes ambassadeurs du pays. Loin de leur progéniture, de ceux qui leur sont chers, ils se distinguent par leur attachement patriotique, leur sens poussé de la République, leur courage et leur grandeur d’âme.

Ils incarnent les vertus attendues d’eux : courage, honneur et sens du sacrifice. Toujours prêts à aller au front. Aux nombreuses privations causées par l’absence, s’ajoutent les souffrances affectives profondes. La mobilisation des hommes entraînent des situations de séparation, d’isolement. La solitude et la souffrance de l’absence de l’autre, du mari, du fils, sont une caractéristique récurrente dans l’armée. «On nous tue, mais on ne nous déshonore pas !». Que ces hommes de valeur reçoivent la reconnaissance du peuple.

Par O. BA et O. FEDIOR

DEVELOPPEMENT DU PAYS : QUAND L’ARMÉE MET LA MAIN À LA PÂTE
Au-delà de l’instruction purement militaire, les démembrements de l’Armée comportent d’autres volets non moins importants, mais jusque-là méconnus du grand public. Parmi eux, il y a le concept «Armée-Nation», c’est-à-dire la participation au développement du pays.

«Il s’agit de préparer la jeune recrue à occuper une fonction opérationnelle et de développer chez lui un sentiment citoyen par la pratique de vertus civiques », explique le colonel Abdou Ndiaye, Directeur de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa). Et les premières réalisations sont plus que satisfaisantes. Selon le Dirpa, 60 forages ont été réalisés par la direction du génie, en collaboration avec le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc). «La direction du génie et de l’infrastructure des armées compte, à son actif, des dizaines de travaux d’infrastructures et d’ouvrages à travers le territoire national. Aujourd’hui, elle est engagée dans une vaste opération de reconstruction de la Casamance par la dépollution des espaces et la réhabilitation des villages pour permettre un retour, en toute quiétude, à une vie socioéconomique.

Son apport, dans le Pudc, est aussi salutaire. Le génie militaire a réalisé une soixantaine de forages, matérialisant ainsi la satisfaction d’un des besoins sociaux de base des populations de contrées lointaines. Ce projet, au-delà de permettre à ces populations d’accéder à l’eau potable, permet d’améliorer la productivité agricole», explique-t-il. Parallèlement, la direction du génie est en train d’aménager une surface globale de 432 hectares à Tambacounda et 2.850 Kolda au profit de la direction de l’horticulture du ministère de l’agriculture. «Ainsi, vu sous l’angle militaire, le lien Armée-Nation n’est ni de la rhétorique, ni une vue de l’esprit, mais une réalité tangible de l’esprit», salue le Colonel Ndiaye.

O. BA et O. FEDIOR

PENSIONS ET PRISE EN CHARGE : LE SOCIAL AU CŒUR DE L’ARMÉE
Armee SanteMême s’ils sont réputés grands muets, force est de reconnaître que le traitement des militaires n’était pas à la hauteur de leurs actions. Malgré l’existence de la coopérative militaire de construction (Comico), la mutuelle des armées, la valorisation de la condition militaire constitue une priorité du commandement et des pas importants ont été franchis.

Selon le lieutenant-colonel Cheikh Ahmadou Bamba Diène, chef du service des intendances régionales à compétence générale (Ircg) de la direction de l’intendance des armées, sur le volet social, depuis 2012, «sous l’impulsion du commandement, des mesures phares ont été prises par le président de la République, chef suprême des armées. Parmi elles, le rengagement de 2.269 militaires qui avaient une position qu’on appelait des «maintenus» ensuite, il y a eu un décret sur les inaptes au service armé, par suite d’opérations de guerre ou assimilées, avec l’octroi d’un montant forfaitaire de dix millions de FCfa. Il y a aussi le relèvement du taux de l’indemnité journalière d’opérations (Ijo) des militaires engagés en zone militaires n°5 et 6. Il y a le pécule mensuel des élèves officiers et enfants de troupe aussi qui a été relevé. La solde spécial servi aux aspirants, aux sous-officiers et aux militaires du rang aussi a été relevé. L’indemnité de responsabilité ou de commandement a été créée et les charges militaires ont été généralisées à 50% de la solde de base pour tous les militaires à la solde mensuelle et à la solde spéciale progressive, détaille-t-il.

L’autre mesure qui a soulagé bon nombre de militaires, c’est sans doute celle modifiant la loi n° 81-52 du 10 juillet 1981, portant code des pensions civiles et militaires de retraite, remplacée par la loi n°2017-25 du 13 juillet 2017. «Avec cette loi, les militaires invalides qui n’ont pas suffisamment d’années de service effectif leur permettant de bénéficier d’une pension de retraite et qui sont rayés des cadres pour infirmité d’un taux supérieur ou égal à 85%, suite à une opération de guerre ou assimilée, ont les mêmes avantages que les agents civils en retraite. Il y a aussi la loi portant code des pensions militaires d’invalidité qui a été modifiée et le nombre de points aussi bien des veuves d’invalidée et des invalides simples, des grands invalides que des grands mutilés a été augmenté respectivement de 100, 300 et 600 points», explique le colonel Diène.

O. BA et O. FEDIOR

SAMB, UN BLESSÉ DE GUERRE « RECONNAISSANT »
Lorsqu’il évoque ses «plus rudes batailles», le vétéran que nous appellerons Samb se remémore de plusieurs champs de combat. Cet ex-soldat d’infanterie, blessé de guerre, a plusieurs fois été mobilisé, dans différents théâtres d’affrontement. Après avoir dignement rendu service à sa Nation, cette dernière s’est voulue reconnaissante. Le traitement de sa jambe amputée, en plein théâtre d’opération, a été entièrement pris en charge par l’Armée. Aujourd’hui, il bénéficie d’une prime de motivation, en plus de son salaire mensuel, resté intact. Le soldat blessé ne regrette nullement son engagement. Au contraire, c’est une source de fierté. D’ailleurs, il encourage fortement ses fils, à intégrer l’armée, une fois leurs études achevées.

Toutefois, reconnaît-il, certains de ses compères, anciens combattants blessés de guerre, souffrent d’anxiété et de traumatisme. «Pour certains d’entre nous, ce qu’ils ont inconsciemment refoulé pendant leur déploiement ne les quitte plus, même à leur retour», souligne-t-il. «Ce syndrome est très rare mais sévit pour certains et les touche fortement», résume, amer, ce quarantenaire qui a envisagé de reprendre ses études pour s’insérer dans un autre secteur de l’armée. Son exutoire, il l’a trouvé dans les photos. Il aime à regarder les quelques rares clichés qu’il a gardés de la forêt, alors en plein de champ de combat. «Le fossé se creuse parfois entre la société et d’anciens soldats blessés, incompris et se sentant stigmatisés». Droit dans ses bottes, «Samb» dit ne rien regretter et encourage une meilleure reconnaissance des anciens soldats.

O. B. et O. F.

HAUSSE DES PENSIONS, UN DOSSIER EN COURS DE FINALISATION
Annoncé par le Chef de l’État, adopté en Conseil des ministres et à l’Assemblée nationale, la mesure portant revalorisation des pensions militaires de retraite et d’invalidité, n’est toujours pas appliquée. Selon Mme Koyli Mbodj, vice-présidente de l’association des veuves des Diambars, «une telle mesure permettrait aux familles de souffler. Nous n’avons pas de toit. La pension que nous percevons actuellement ne nous permet pas de couvrir les charges. Certains de nos époux sont partis jeunes et n’ont pas pu réaliser leurs projets, mais encore faudrait-il qu’elle soit effective », alerte-t-elle. Mais selon colonel Lamine Keïta, directeur de l’action sociale des armées (Dasa), le dossier est en cours et «ne devrait pas tarder à être finalisé».

O. B. et O. F.

IBRAHIMA MAKALOU CISSE : CRI DU CŒUR D’UN RESCAPÉ DU CRASH DE 1991
Makalou Cisse RescapeA première vue, rien d’Ibrahima Makalou Cissé, un des trois rescapés du crash qui a coûté la vie à 93 Diambars, le 21 mars 1991 ne laisse présager qu’il s’agit d’un homme qui a frôlé la mort, tellement il déborde d’énergie et de sourire. Pourtant, derrière ce blouson et cette casquette bien vissée, se cachent un cœur meurtri et une peau entièrement calcinée et qui a subi plusieurs greffes. «C’étaient des blessures indescriptibles, j’avais la poitrine presque coupée en deux. La partie droite de mon corps était calcinée. Il fallait enlever toute cette chair et faire des greffes chaque semaine. Je pensais ne plus marcher», explique-t-il. Mais si Ibrahima garde encore de l’espoir de lendemains meilleurs, «c’est parce que, dit-il, les autorités sont conscientes de la situation. Le ministre de tutelle s’est montré très disposé à nous aider. Il nous a reçus. Mais nous attendons encore des actes. Nous ne demandons pas l’impossible », souligne-t-il.

O. B. et O. F.

COLONEL LAMINE KEITA DASA, DIRECTEUR DE L’ACTION SOCIALE DES ARMEES : « 80 MILLIONS DE FCFA SONT ACCORDÉS À LA FÉDÉRATION DES VEUVES ET ÉPOUSES »
Directeur de l’action sociale des armées, le colonel Lamine Keïta estime qu’à travers les actes posés, au quotidien, par le commandement, le social est devenu une réalité. Selon lui, même si la demande sociale, dans les armées, est de plus en plus croissante, le commandement multiplie les efforts pour une meilleure prise en charge des militaires et de leurs familles. «Dans le pôle social, il y a des acteurs clés qui travaillent en synergie, comme la Fondation des invalides et mutilés militaires (Fimm). Récemment, un militaire avait un souci au genou et il y avait deux options : soit lui amputer la jambe et il devient un mutilé ou l’amener à l’hôpital de Malte et essayer de traiter le genou. Quand j’ai interpellé les différents acteurs du pôle social, chacun a dit ce qu’il pouvait faire et nous avons pu réunir les moyens nécessaires pour l’opérer», se réjouit-il.

L’intendance des armées fait les dossiers des pensions des veuves et des malades pour les aider à accéder à leurs droits. Aux veuves musulmanes, chaque année, nous leur donnons un mouton et pour les chrétiens des denrées à l’occasion des fêtes de Pâques et de Noël. Il y a aussi la Fédération des veuves et épouses qui sont des porteurs de projets financés par le commandement. Le dernier financement est allé jusqu’à 80 millions de FCfa, révèle le colonel Keïta.

O. BA et O. FEDIOR

SCEAUX, DRAPEAU, DEVISE, HYMNE NATIONAL : « LES SYMBOLES DE LA RÉPUBLIQUE QUI RENFORCENT LE PATRIOTISME »
Pr SymbolesA l’occasion d’une visite effectuée à Thiès, le capitaine Mouhamadou Moustapha Sylla, directeur de stage et appui des volontaires aux communes est revenu sur l’importance des armoiries du Sénégal.

Elles sont composées de deux parties. «Dans la partie gauche, sur un fond rouge, figure un lion et, à droite, sur un fond jaune, un baobab. Au centre de la partie supérieure, une étoile à cinq branches. Le lion est un symbole du pouvoir », explique-t-il. Quant au drapeau, il constitue, selon le capitaine Sylla, un «symbole fort d’identité nationale ». Il incarne «les nobles valeurs de solidarité, de cohésion, d’esprit de sacrifice, mais également de dignité et de fierté». Et surtout, « il permet à tout citoyen sénégalais de se retrouver pleinement dans la quintessence de son emblème national», rappelle le directeur de stage et appui des volontaires aux communes. La devise du Sénégal : «Un Peuple, Un But, Une Foi», exprime la « force morale et l’engagement de tous les citoyens, dans l’unité et la solidarité », souligne le capitaine Sylla. «Un Peuple» qui traduit notre volonté de vivre ensemble, en harmonie, dans l’unité et la solidarité. «Un But» qui exprime l’engagement dans la dynamique de la construction nationale. «Une Foi» qui traduit la conviction et l’espoir qui sous-tendent un idéal de réussite et de développement.

Alors que l’hymne du Sénégal incarne, à travers les couplets et refrains, « les idées et valeurs cardinales propres au peuple sénégalais. Il promeut l’unité nationale dans la diversité, du patriotisme, de la fraternité, de l’enracinement de l’ouverture, de la défense nationale et du travail », explique le capitaine Sylla.

O. B. et O. F.

JEUNESSE ET 4 AVRIL : UN PATRIOTISME « SOFT »
Entre les jeunes d’une vingtaine d’années, familiers des réseaux sociaux et les cadres d’un âge plus avancé, la fracture quant à l’intérêt porté à la célébration du 04 avril est de plus en plus grande. La perception de l’importance de cette journée varie selon la génération.

09h. Fass Mbao est mue dans le silence. A cette heure de cours, les alentours de l’école Educazur offre un calme plat. Quelques va et vient sont notés. De petits groupes se forment par affinité. Aïda, Astou et Mbene sont des élèves en classe de troisième. Les jeunes demoiselles âgées de 16 ans doivent passer le Bfem cette année. L’obtention de ce diplôme leur ouvrirait les portes du lycée. Leur complicité est perceptible. Les éclats de rire, les sourires et la cohésion des échanges attestent, à plus d’un titre, de la franchise de leur compagnonnage. A la question de savoir ce que représente, à leurs yeux, la date du 04 avril ? Elles servent une réponse similaire. «Il s’agit du jour de la célébration de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale», répondent-elles. «Nous sommes toutes tenues de le savoir», ajoute Mbene, car «c’est inscrit dans le programme scolaire», poursuit-elle.

Majorettes 17La même réponse est servie par l’ensemble du groupe. La date est donc unanimement retenue. Que faites-vous, le jour du 04 avril ? Rien de spécial, répond Astou, sur un fond de sourire. C’est un jour comme les autres, ajoute-t-elle. Cette thèse sera appuyée par ses deux congénères. Le symbolique, le défilé, la mobilisation des forces de la République? Le décor semble laisser indifférente la bande de jeunes filles. Quelques minutes supplémentaires de conversation suffisent pourtant à nous en convaincre : malgré leur indifférence pour le jour de la célébration de l’Indépendance, les filles se réclament patriotes, jusqu’au bout des ongles. Elles se situent plutôt aux avant-postes d’une tendance émergente que l’on pourrait qualifier de «patriotisme cool». De quoi s’agit-il ? Une manière d’être Sénégalais qui, loin du discours républicain, est axé sur des référents communs tels que le sport, l’entraide, la solidarité.

Un peu plus loin, un autre décor se dégage. Une route goudronnée, de hauts murs couverts de graffitis, des jeunes à peine âgés de 18 ans sont attablés, en face de la route nationale. Ils sirotent calmement leur «café Touba». Les discussions tournent autour du sport. Au menu : les matches de League des champions, les chances de l’équipe nationale du Sénégal à la Coupe du monde et l’évolution de la lutte sénégalaise. Ici, la célébration de la journée du 04 avril n’est point inscrite au débat. Certains avouent volontiers ne pas en connaître le contenu, encore moins la signification.

C’est le cas de Massamba Dieng, un jeune homme, apprenti menuisier, âgé de 19 ans. «Très franchement, je ne connais pas la signification de cette journée. Je vois certes à la télévision des militaires en train de défiler. Mais, je n’en sais pas davantage», informe- t-il. Le rire moqueur de son voisin laisse présager qu’il en sait peut-être davantage que son ami. Pathé est élève en classe de Terminale. Le jeune garçon envisage d’intégrer les rangs de l’armée. Pathé, âgé de 18 ans, assure suivre, avec beaucoup d’enthousiasme, ce jour empli de solennité. Sous peu, il rêve, lui aussi, de se retrouver à la place de ces vaillants soldats, digne incarnation «des défenseurs de la République», souligne-t-il.

Modou Sall, un nostalgique du défilé
Les trompettes et clairons qui sonnent à l’arrivée du président de la République, les tambours qui retentissent donnant le frisson lorsque les élites de l’armée sénégalaise défilent au pas devant un parterre de personnalités, demeurent encore des moments importants aux yeux de Modou Sall, 50 ans. Cet ancien cadre de l’administration sénégalaise trouvé à Derklé aime à se remémorer de sa tendre enfance, à travers ces images. «Le défilé du 04 avril est le point fort des cérémonies de la fête nationale. Il met, chaque année, en avant, des régiments de militaires qui paradent», souligne-t-il, sur un ton nostalgique. Aussi loin que se souvient ce père de famille, le 04 avril a bercé son enfance. «Papa amenait, tôt le matin, toute la famille assister au défilé militaire», relève-t-il. «C’était une manière de nous transmettre cette flamme de fierté d’appartenir au Sénégal», ajoute le cinquantenaire. «Cette cérémonie exprime une reconnaissance envers les soldats qui risquent leur vie, chaque jour, pour garantir la sécurité de toute la population sénégalaise», rappelle Modou Sall.

A son tour, il a érigé en règle les mêmes valeurs que lui avait inculquées son défunt père. Il fait partie de ces Sénégalais qui assistent, chaque année, au défilé militaire. « Je me lève tôt le matin, accompagné de ma fille âgée de 12 ans et de son petit frère de 7 ans pour aller assister au défilé militaire». Un devoir de «legs» qu’il tient à pleinement assumer.

O. B. et O. F.

BATAILLON DES COMMANDOS DE THIES : DANS « L’ANTRE SACRÉ » DE CES BAROUDEURS TRÈS SPÉCIAUX
Commando 1Sur terre, dans l’eau, dans les airs, sous-bois, au corps-à-corps, au fusil, à l’arme blanche, les commandos sénégalais excellent partout. Ils synthétisent à eux seuls tout le savoir-faire militaire.

Dans presque tous les théâtres chauds, les codos sont en première ligne. Immersion au camp feu lieutenant Mamadou Konté, bastion de cette force d’élite.

Le plus fort du groupe a fini d’installer la tyrolienne pour permettre aux autres de franchir l’obstacle en hauteur. Le premier élément accroche sa ceinture appelée « assurance » sur le câble et se lance dans le vide. Au bout de quelques secondes, il atteint l’autre côté, descend tout doucement à l’aide d’une corde avant de se détacher. Le second élément le suit. Mais au cours de sa progression sur le câble de franchissement, il fait un réchappe mais est accroché par « l’assurance ». Avec force et technique, il manœuvre pour se rétablir sur la corde et poursuivre sa progression. Le troisième élément s’y met. A mi-parcours, il pique un malaise et devient inconscient. Heureusement, il est tenu par « l’assurance », mais reste suspendu dans les airs. Un autre élément vient à son chevet avec tout son matériel. Il a 7 minutes pour le secourir parce que le baudrier qui le tient empêche la circulation sanguine. Arrivé à sa hauteur, il fait un nœud d’arrêt sur un moucheton du câble puis libère son sac. Il fait ensuite une pédale pour aller le chercher. Il le soulève, le dégrafe et le fait descendre à partir du haut. Les éléments qui ont déjà franchi l’obstacle viennent le prendre. Les commandos ne laissent jamais un élément sur le terrain.

Nous ne sommes pas dans un film d’action où les acteurs, avec l’aide du réalisateur, traversent de façon spectaculaire les montagnes escarpées et autres douves. Nous sommes bien dans la réalité à Thiès, au camp Mamadou Konté, bastion des commandos de l’armée sénégalaise. Ici, ces forces d’élite souvent appelées à opérer dans des théâtres difficiles, sont entrainées à toutes les techniques, tactiques et procédures commandos. Pour eux, les obstacles ne doivent pas empêcher l’accomplissement d’une mission qui est sacrée à leurs yeux. C’est la raison pour laquelle ils se préparent à toutes les situations possibles sur un théâtre d’opération. « La guerre se prépare en temps de paix. Vous voyez que le commando, il est autonome. Il a tout son matériel avec lui. D’où la nécessité d’être très fort pour être dans ce corps. Nous sommes appelés parfois à œuvrer seul face à des obstacles. Donc on doit s’entrainer à toutes les situations parce qu’une fois en mission c’est le terrain qui commande », souligne le lieutenant Erick B. Hassine, chef de section à la troisième compagnie et instructeur.

Commando un jour, commando pour toujours !
Un commando est un militaire d’élite. S’il descend sur le théâtre d’opération c’est parce que la situation n’est plus sous contrôle. Au bat ’codos, les éléments se préparent à toutes sortes d’interventions. Ils sont hyper-entrainés et effectuent des exercices de maintien au quotidien. « Un commando se sent plus fort que tout le monde de par sa formation. Parce qu’on lui demande ce qu’on ne demande pas aux autres. La mission commando n’est pas la même que celle d’une autre compagnie territoriale », explique le capitaine Ibra Gningue, officier social du bataillon des commandos de Thiès. Ce codo comme on les appelle communément a blanchi sous le harnais. D’habitude c’est après la formation commando que les gens commencent vraiment à aimer ce bataillon et épouser l’esprit du corps. Mais lui, il avait déjà acheté son béret commando qu’il arbore fièrement depuis 1982 avant même de sortir de l’école. Il a roulé sa bosse partout. En 1993, il a même sauté sur une mine en Casamance. « Quand on est commando on ne peut plus évoluer ailleurs que dans ce genre de milieu. Même si tu vas ailleurs, tu as toujours cet esprit codo », soutient cet officier qui assure en même temps la base arrière du bataillon engagé en Gambie.

Au-delà de la mission classique de tout bataillon d’assurer la libre circulation des personnes et des biens, la mission des commandos est d’intervenir partout sur le territoire national pour s’occuper d’un ennemi qui aurait violé l’intégrité du sol sénégalais. Soit pour le détruire, soit le repousser au-delà de la frontière en lui infligeant le maximum de pertes. « Nous avons aussi des missions particulières comme par exemple la conquête d’une tête de pont ou l’attaque d’un objectif d’intérêt stratégique au sein du dispositif ennemi, y mener des raids mais aussi de participer à la formation des écoles et unités aux techniques et entrainements commandos », souligne le capitaine Gningue. Même, au-delà de nos frontières, là où c’est difficile, on fait souvent appel à eux. C’est le cas en 1998 lors de la sanglante opération Gabou, du nom de l’intervention des armées sénégalaises au Guinée Bissau pour combattre les mutins du général Ansoumana Mané. Les commandos étaient aussi en première ligne lors des opérations Fodé Kaba 1 et 2 en Gambie. C’est d’ailleurs lors de l’opération Fodé Kaba 2 que le lieutenant Mamadou Konté, dont le bataillon porte aujourd’hui le nom, et ses hommes ont péri lors du clash de l’hélicoptère des commandos en pleine mer.

Cette crème militaire a aussi fait une importante contribution lors de la récente mission de la Cedeao pour le rétablissement de la légalité constitution en Gambie. C’est d’ailleurs l’une grande satisfaction du lieutenant Henry Sarr, commandant de la 3e compagnie des commandos. « La plus grande fierté que j’ai eue en tant que commando est ma participation au rétablissement de la légalité constitutionnelle en Gambie en janvier 2017. C’était original. Avec des chefs et des soldats professionnels, nous étions applaudis partout où nous sommes passés de Madina Ba au State house en passant par Birkama, Youdoum etc. Tout le monde s’était préparé à une guerre, mais nous n’avons pas tiré un coup de feu », se félicite l’officier commando.

Un corps qui s’adapte aux réalités du moment
Parmi les innovations apportées au corps des commandos, le capitaine Gningue relève une certaine spécificité des unités au sein du bataillon. « Nous avons une première compagnie de commandos qui est spécialisée dans les opérations aéroportées. Cette unité peut être larguée en sein du dispositif ennemi pour y mener un combat. Les commandos sautent d’un hélicoptère à une certaine hauteur sans utiliser de parachutes. La deuxième compagnie est spécialisée dans les opérations nautiques. Les éléments peuvent combattre dans des zones marécageuses et des zones où il y a beaucoup de coupures, s’y infiltrer pour y mener des raids. La troisième compagnie est une unité qui est entrainée en vue de mener des combats en zone forestière, urbaine ou mener des opérations anti-terroristes », mentionne-t-il.

Les commandos sont aussi entrainés aux Techniques d’intervention opérationnelles rapprochées. Quand un codo est ceinturé au cours d’un corps-à-corps, il peut se dégager et envoyer l’ennemi à terre. Quand il est pris par derrière, il peut se retourner pour neutraliser son adversaire. Quand il est attaqué avec une arme, il est en mesure de désarmer son vis-à-vis et de lui chiper l’arme. « Nous sommes à tout moment prêts. La route de l’inconnue est bien connue ici. Amènes quelque chose et tu trouveras la réponse », avertit le Lieutenant Sarr qui se vante en ironisant d’être à la tête de la meilleure compagnie commando.

REPORTAGE DE NDIOL MAKA SECK

LE COMMANDO, UN BATAILLON TRÈS DYNAMIQUE
Commando 3Le bataillon des commandos est héritier de l’armée coloniale française. Il a été créé le 1er février 1963 et installé au camp Xavier Lelong à Rufisque. Il était alors constitué d’un peloton de commandement et de deux compagnies de combat. Dès l’année suivante le groupement entame une progression du point de vue de sa localisation et de ses effectifs. C’est ainsi que le 15 février 1964, il fut déplacé au camp Marchand dans la même ville puis au camp Archinard à Dakar, communément appelé « Les Mamelles ». Le 15 mai 1975, le groupement fut installé au camp Leclerc appelé aussi camp Front de Terre. La première grande évolution sur le plan organisationnel intervient le 02 janvier 1981 avec la création de la compagnie de Commandement d’appui et des Services en remplacement du Peloton de commandement. En avril 1981, le bataillon des commandos quitte la région de Dakar pour s’installer à l’ex-base aérienne de Thiès. Une fois encore il connut de nouvelles restructurations par la création, en 1984, d’une Cellule d’éclairage et des Renseignements qui est devenue aujourd’hui une Cellule de renseignement et de Reconnaissance. Quatre ans plus tard, le bataillon s’enrichit de nouveau avec une troisième compagnie de combat créée en 1988. « Cette création répondait aux besoins d’une unité spécialisée en combat sous-bois, anti-terroriste et en zone urbaine », précise le capitaine Ibra Gningue.

Nd. M. SECK

BEAUCOUP D’ÉTAPES À FRANCHIR POUR ÊTRE COMMANDO
Pour être commando, il y a beaucoup d’étapes à franchir et beaucoup d’exercices à subir Quand le soldat est recruté, il subit une instruction au 12e bataillon communément appelé Dakar-Bango. A l’issue des quatre mois de formation, le bataillon des commandos envoie des moniteurs pour faire des tests et choisir parmi ces soldats. On leur fait faire des mouvements physiques : flexions, abdos, cordes et un semi-marathon de 21 km. Ensuite pour ce qui est de la qualification codo, il faut quatre mois de formation et de qualification d’armes commandos. Les deux premiers mois c’est l’instruction comme ça se fait dans tout bataillon. Ensuite, il y un mois pour faire le certificat pratique(Cp), un mois d’initiation aux tactiques, techniques et procédures commandos. Il y a par la suite ce qu’on appelle l’aguerrissement niveau compagnie, l’aguerrissement niveau 2, la formation des aides-moniteurs qui est l’aguerrissement niveau 3 pour les gradés, et enfin, le niveau 4 pour les sous-officiers et les officiers moniteurs et instructeurs des techniques commandos. Mais à en croire le capitaine Gningue, le jeu en vaut la chandelle parce que le corps des commandos est attractif à tous points de vue. « Il suffit simplement de mettre le béret, la tenue et de dégager pour le savoir », ironise-t-il.

Nd. M. SECK

MUSIQUE PRINCIPALE DES FORCES ARMEES : REHAUSSER L'ÉCLAT DES CÉRÉMONIES
Musique ArmeeLes programmes musicaux de l’armée offrent des compositions aussi diverses que variées. Ils mettent en avant la cohésion sociale.

L’armée essaye, autant que possible, de varier les sonorités. Quand il est déployé sous la présidence d’autorités civiles et en présence du public, le cérémonial n’est plus seulement militaire, mais participe d’une forme de liturgie collective qui engage tous les compatriotes. Ces cérémonies sont autant d’occasions d’exprimer publiquement une communauté de destin. Elles marquent, par leur solennité, leur symbolique conférant un climat de haute portée d’expression.

Le capitaine Amadou Koundoul est le chef de la musique principale des forces armées, donc le commandeur en chef de la musique de l’armée et des différentes fanfares qui se trouvent dans les zones militaires. Il évoque l’utilité des fanfares, soulignant qu’ils servent à animer toute prestation militaire et cérémonie qui se déroulent dans différentes zones. « Ils rendent les honneurs aux plus hautes autorités. Ils s’illustrent dans les cérémonies de levée de couleurs, les passations de commandement entre commandant de zones», informe-t-il.

Dans le recrutement, l’idéal serait d’avoir un militaire qui dispose de petites connaissances musicales. C’est un profil qui se fait toutefois rare. «Souvent, c’est nous qui dispensons une formation musicale aux éléments qui nous parviennent de Bango après leur formation militaire», affirme le capitaine Koundoul. Il y a une formation théorique dispensée en quatre mois. Puis, une formation pratique. C’est par la suite que le militaire est évalué pour savoir quel genre d’instrument il doit pratiquer avant de passer à l’initiation. Ces militaires qui dépassent la centaine participent fortement à la célébration du 04 avril. Ils rendent honneur aux plus hautes autorités de la Nation. Aux jeunes qui aspirent à intégrer ce corps, le capitaine Koundoul ouvre largement ses portes. Ils pourront non seulement servir leur pays, mais également disposer d’un métier, affirme-t-il.

O. BA ET O. FEDIOR

L’ARMÉE, C’EST ÉGALEMENT LES FEMMES
femmes ArmeeL’intégration des femmes est un enjeu affiché dans les rangs des Forces armées. Bien qu’elles soient minoritaires dans les filières combattantes, elles manifestent un intérêt abouti, quant à leur incorporation.

L’ouverture des Forces armées aux femmes a démarré au Sénégal en 2007 avec la formation d’un contingent de 50 filles dans la Gendarmerie. En 2008, l’Etat du Sénégal aspirait à recruter 300 femmes comme «militaires du rang» au centre d’instruction Dakar-Bango de Saint-Louis. Me Abdoulaye Wade, alors Président de la République, à l’origine de cette initiative, expliquait la féminisation des Forces armées par le souci de «respecter le principe d’égalité entre homme et femme inscrit dans la Constitution». «Le devoir de défense nationale incombe à tous les genres», disait t-il, avant d’ajouter que «les femmes ont leur place dans tous les secteurs d’activité de la nation».

Pour renforcer cette présence et la faire accepter par tous, le ministre des Forces armées, Augustin Tine, qui présidait, le jeudi 29 mars dernier une rencontre sur l’institutionnalisation du Genre dans l’Armée, a informé que le gouvernement du Sénégal a déjà pris «des mesures pour instaurer un environnement socioculturel, juridique et institutionnel favorable à l’équité et à l’égalité des genres dans les Forces armées». Parmi celles-ci, il y a «la modification des dispositions législatives et réglementaires relatives à l’accès pour permettre le recrutement des femmes dans les Forces armées». A cela s’ajoute «la révision des textes relatifs au mariage, à l’indemnité représentative de logement et au règlement de la discipline générale». Outre les mesures correctives prises aux plans juridique et institutionnel, Augustin Tine a fait état de l’élaboration d’un manuel du formateur en genre pour les spécialistes et d’un code de conduite pour régir les relations de travail hommes-femmes.

Toutefois, les femmes ont commencé à incorporer les Forces armées depuis 1984, avec les premières femmes officiers de l’Ecole militaire de santé. Outre l’exigence de discipline, la disponibilité et l’abnégation qui font la spécificité du métier des armes, chaque soldat est potentiellement amené à combattre. Il est donc impératif de maintenir un niveau physique minimum, quel que soit le sexe. Ainsi, l'évaluation sportive impose des épreuves et barèmes adaptés au personnel féminin. Ces dernières, touchées par un élan patriotique aspirent généralement à n’être ni mieux ni moins bien considérées que leurs camarades masculins.

O. B. et O. F.

RECRUTEMENT : 1 179 RENGAGEMENTS EN 2015 CONTRE 150 EN 2007 : L’ARMÉE ATTIRE TOUJOURS LES JEUNES
Service CiviqueTrès prisée par les jeunes, l’armée, pour diverses raisons, ne pouvaient pas retenir toutes ces recrues. Selon le colonel Abdou Ndiaye de la Dirpa, vers les années 2007, sur les 2.400 recrues, seules 150 étaient rengagées. «15% seulement avaient donc la chance de faire carrière dans l’armée. Aujourd’hui, les mesures prises pour améliorer le taux de rengagement permettent aux armées d’atteindre leurs objectifs en vue de réaliser le format d’armée à l’horizon 2025. La moyenne des rengagements est d’environ 25%, ces trois dernières années, avec un pic en 2015. Sur les 3.726 recrues, 1.179 ont été rengagées», révèle-t-il.

O. B. et O. F.

SERVICE CIVIQUE NATIONAL : UN TREMPLIN VERS L’EMPLOI
Ils sont plus d’une centaine à être formés, chaque année, par le service civique national. En plus d’être «un véritable creuset d’ex-militaires», comme le décrit le Colonel Ndiaye de la Dirpa, ce service est un tremplin vers l’insertion socioéconomique des jeunes.

«Son rôle est de participer à des actions d’utilité publique, d’assister les forces de défense et de sécurité en cas de forte mobilisation», explique le capitaine Mouhamadou Moustapha Sylla, directeur du stage des volontaires d’appui aux communes. Selon lui, chaque année, il y a une cohorte de 100 volontaires qui sont formés et pris en charge par le service civique national dans des domaines comme l’agriculture, la pêche… «Cette année, le service civique a recruté une centaine de jeunes qui vont défiler pour le compte du ministère de la Jeunesse et de la Construction citoyenne. Ils sont communément appelés des volontaires d’appui aux communes. On travaille avec la collaboration de l’Union des maires du Sénégal (Ums) et le Programme national de développement local (Pndl). Ces jeunes seront spécialisés sur les compétences transférées, l’état civil, la fiscalité, la planification des activités pour les besoins des collectivités», détaille-t-il.

Dédiée à l’agriculture, la session de l’année dernière a vu ses membres déployés à travers le pays. «Ils sont actuellement à la disposition des directeurs régionaux de développement rural. Le service dure deux ans, après, nous les mettrons à la disposition des domaines agricoles communautaires pour voler de leurs propres ailes. Actuellement, il y en a qui sont au bataillon du train.

De là-bas, ils auront leur permis de conduire, ce qui va aussi leur ouvrir d’autres opportunités», poursuit-il. Mieux, il peut arriver que des volontaires soient entièrement recrutés. «C’est le cas des volontaires de la Pêche que nous avons formés. Ils ont tous été recrutés dans la Fonction publique », révèle le directeur du stage qui précise que chaque volontaire doit retourner à sa localité après sa formation.

O. B. et O. F.

Last modified on mardi, 03 avril 2018 08:34
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