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Vih/Sida - Prise en charge : La rupture des réactifs, un obstacle à l’atteinte des « trois 90 »

25 Mai 2018
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Les acteurs et les prestataires de santé des régions de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou sont souvent confrontés à des ruptures de réactifs. Un manquement auquel les autorités sanitaires doivent trouver des solutions si elles veulent stopper la transmission de cette maladie d’ici à 2030.

La rupture des réactifs dans les régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor freine les efforts des acteurs engagés dans la riposte au Vih. Elle est, en effet, à l’origine de nombreux échecs thérapeutiques, a indiqué le Dr Abdoulaye Sagna, chargé de la prise en charge du Vih au district sanitaire de Sédhiou.

A Ziguinchor, le manque de réactifs a des conséquences sur la publication des données du Vih. « Nous avons commencé à prélever des charges virales depuis 2015. Mais, il se pose un problème de rendu des résultats parce que nous avons perdu tous les prélèvements effectués durant cette période », a regretté Jacques François Sambou, assistant social et gestionnaire des données au pavillon de traitement ambulatoire de Ziguinchor. « Il fallait tout reprendre à cause de ces difficultés techniques », s’est-il désolé, ajoutant qu’ils avaient « même des problèmes pour conserver des prélèvements à moins de 80 degrés ».

Cette période était difficile, car le personnel traitant a perdu la confiance des patients. « Certaines PvVih ont mis en cause la crédibilité de nos travaux puisque ne pouvant pas rester six mois sans avoir aucune idée sur l’évolution de la maladie, notamment la charge virale. Aujourd’hui, il y a des PvVih qui refusent de faire des prélèvements pour déterminer la charge virale. Elles nous disent qu’elles ont fait l’examen en 2016, alors que jusque-là, elles n’ont pas reçu les résultats. Ce n’est pas la peine de le refaire nous lancent-elles », a raconté Jacques Sambou. Ce dernier a constaté que la rupture des réactifs a fini de créer une incompréhension entre les prestataires et les patients.

Cependant, il y a de l’espoir, vu que la structure hospitalière essaie actuellement de se rattraper. Ainsi, sur les 300 prélèvements effectués en 2017, 42 résultats ont été mis à la disposition des responsables du Pavillon de traitement ambulatoire de Ziguinchor.

Les régions de Kolda et Sédhiou ont aussi connu ces moments difficiles. Mais, c’est un vieux souvenir, à en croire Saloum Fall, de la Pharmacie régionale de Kolda. Selon lui, les deux régions n’ont plus connu de ruptures de réactifs et d’Arv (antirétroviraux). A Kolda, les 1727 PvVih mises sous traitement sur les 1807 cas de Vih suivent correctement les prescriptions. Donc, pour le médecin-chef de la région médicale, Yaya Baldé, 90 % des séropositifs sont suivis dans les districts sanitaires de Kolda, Médina Yoro Foula et Vélingara.

Eugène KALY

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