Point de mire : La reconstitution du puzzle libyen (Par Alassane Diawara)

30 Mai 2018
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Les principaux responsables libyens ont conclu, hier, un accord de sortie de crise de la Libye, pour des élections de la base au sommet, vers la fin de l’année. Le Premier ministre Fayez al-Sarraj, le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est du pays, le président de la Chambre des représentants Aguila Salah Issa, et celui du Conseil d'Etat Khaled al-Mishri ont scellé leur entente en présence de représentants de 19 pays impliqués dans le dossier parmi lesquels les cinq membres du conseil de sécurité de l'Onu, de l'Italie, des voisins que sont l’Egypte, la Tunisie et le Tchad.

Denis Sassou-Nguesso, qui préside le comité de haut niveau de l'Union Africaine sur la Libye, était aussi de la partie, de même que le chef de la mission de l'Onu pour la Libye, Ghassan Salamé, chargé de superviser le processus.

Une forte assemblée de dirigeants, à hauteur de l’ampleur de la crise libyenne et de ses ramifications, notamment en Afrique, et l’appel d’air qu’elle constitue pour des centaines de jihadistes chassés du front syrien depuis quelques mois.

Cette rencontre au sommet est le moins que puissent faire les puissances occidentales qui ont abusivement interprété une résolution des Nations Unies pour mettre fin au régime de Mouammar Kadhafi en 2011 sans se soucier des conséquences sur l’équilibre intérieur et sous régional. Un chaos qui a fait du pays un no man’s land de plus d’un million et demi de kilomètres carrés de désert sans fin à la merci des jihadistes, trafiquants d'armes, de drogue et d'êtres humains, depuis sept ans.

S’en est suivie une déstabilisation de toute la bande soudano saharienne, du bassin du Lac Tchad et de l’Afrique centrale, poussant la France, dans un effort sans précédent, à se jeter en première ligne avec la force Barkane au Sahel.

Lorsque la crise migratoire vient s’y greffer avec son lot de morts au quotidien et la forte mobilisation de l’opinion publique occidentale, le Président Macron a toutes les raisons d’en faire l'une des priorités de sa politique internationale pour gagner le suffrage des électeurs français. Il avait fait un pas important en organisant, en juillet 2017, une rencontre entre les deux protagonistes Sarraj et Haftar, à Paris, dans le sillage des efforts diplomatiques menés par l'Onu et les pays d'Afrique du Nord.

Cet accord est un grand pas dans le sens des aspirations des populations civiles libyennes, pressées d’en finir avec l’insécurité et le chaos économique. En témoigne l'enregistrement de plus de 2,5 millions d’électeurs dont 43% de femmes, sur une population de six millions d'habitants.

L’incertitude demeure, cependant, avec les milices et autres jihadistes à qui profite la situation sur le terrain.

Par Alassane DIAWARA

Last modified on mercredi, 30 mai 2018 06:15
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