Le président Macky Sall, qui remettait hier le drapeau national aux Lions du football, qui disputeront la Coupe du monde en Russie (14 juin-15 juillet), a exhorté Aliou Cissé et ses joueurs à représenter dignement les couleurs nationales et à aller jusqu’au bout de leurs rêves.

La traditionnelle cérémonie de remise du drapeau à l’équipe nationale s’est déroulée hier, dans une belle ambiance au Palais de la République. C’était en présence de plusieurs ministres du gouvernement et du monde du football. Après une présentation de l’équipe par les autorités fédérales, le chef de l’Etat a tenu un discours fortifiant à l’endroit des Lions qui retrouvent cette compétition planétaire après 16 ans d’efforts, de persévérance. Et le message de Macky Sall a été très fort : « Je vous remets le drapeau, symbole de notre souveraineté, emblème de l’histoire glorieuse de notre République. Sous les couleurs vivantes sous lesquelles sont morts au combat de vaillants soldats, vous prendrez part à cette compétition pour représenter avec éclat, honneur et combativité notre pays qui a toujours su respecter ce rendez-vous avec l’histoire ». Macky Sall a ainsi félicité et encouragé l’équipe pour sa brillante qualification à cette prestigieuse compétition qui, a-t-il dit, est le fruit d’un travail opiniâtre, méthodique et persévérant qui traduit l’expression du dynamisme et de la vitalité de la jeunesse sénégalaise. Pour le chef de l’Etat, « le peuple sénégalais, rassemblé dans une chaleureuse communion et de prières ferventes, est en droit d’attendre une belle et honorable participation de son équipe nationale ». Macky Sall a invité les joueurs à avoir à l’esprit la devise de l’armée nationale : « On nous tue, on ne nous déshonore pas ».

Mais aussi à prendre chaque match comme une finale. « Donnez-vous sans compter, triomphez sur les entraves, repoussez les limites du possible, ayez faim de victoires, de gloire et de mérite en allant jusqu’au bout de votre rêve », a lancé Macky Sall aux Lions. Il les a également invités à aller le plus loin possible dans la compétition. Macky Sall leur a souhaité bonne chance avec un seul mot d’ordre : « Dem ba diekh »

Hisser plus haut le nom du Sénégal
Drapeau Lions MondialLe président Macky Sall demeure convaincu que les Lions marqueront leur passage en équipe nationale d’un sceau indélébile. Les protégés d’Aliou Cissé sont donc attendus pour porter très haut l’étendard du pays. « En votre qualité de dignes représentants du peuple, vous avez l’impérieux devoir, à la suite de la génération 2002, de hisser encore plus haut le nom et l’image du Sénégal à travers le monde. Vous en êtes capables. Vous en avez le potentiel et les moyens », a dit le Président Sall. Le chef de l’Etat est convaincu qu’à ce stade, toutes les sélections nationales se valent dans la mesure où les joueurs qui composent ces différentes équipes évoluent dans les mêmes championnats que nos Lions. Il a cité l’exemple de Sadio Mané qui dispute, ce samedi, la finale de la Ligue des champions avec Liverpool. Macky Sall a, en outre, exhorté les Lions à être forts et lucides, de ne nourrir le moindre complexe ou crainte. Car, a-t-il assuré, le peuple sénégalais, solidaire et exalté, accompagnera vigoureusement son équipe dans ses efforts en terre russe.

« Faites preuve de générosité, de don de soi, de sacrifice, en ayant en toutes circonstances un comportement responsable qui honorera l’image du pays que vous représentez », a lancé le chef de l’Etat qui a également demandé aux Lions de faire autant et mieux que la génération de 2002 des El Hadji Diouf, Fadiga mais aussi de Aliou Cissé. Macky Sall a loué les qualités du sélectionneur national Aliou Cissé « qui rentre dans le cercle restreint des rares footballeurs qui ont eu le privilège de disputer une phase finale de Coupe du monde en tant que joueur et d’y conduire une équipe nationale comme entraîneur ». Il a salué l’engagement du sélectionneur national, son sens du patriotisme, sa discrétion, son efficacité, sa qualité d’entraîneur émérite et de sportif accompli

Par Samba Oumar FALL, Diégane SARR, Moussa DIOP (textes)

LE CHEF DE L’ETAT EN RUSSIE POUR SOUTENIR L’ÉQUIPE
En Russie, les Lions pourront compter sur le « 12e Gaïndé » et « Allez Casa ». Ils auront également un soutien de taille en la personne du président de la République, premier supporter de l’équipe nationale. Macky Sall a remercié le président de la Fifa, Gianni Infantino, pour lui avoir envoyé une invitation d’honneur pour la Coupe du monde qui s’ouvre le 14 juin. « Cette invitation me permettra d’être à vos côtés pour quelques rencontres de votre poule », a lancé le président aux Lions qui a promis de « prendre un congé de douze jours pour aller en Russie et soutenir l’équipe ».

De même, il s’est également engagé à prendre les dispositions pour permettre à certains supporters de faire le déplacement sur la Russie.Par ailleurs, Macky Sall a demandé à tout le peuple sénégalais à faire bloc derrière l’équipe à l’image du « 12e Gaïndé » et « Allez Casa » qui supportent l’équipe avec ardeur, patience, enthousiasme dans les moments de victoire et de défaite.

« Il nous faut une union sacrée autour de l’équipe pour lui permettre de relever les défis », a-t-il dit en se félicitant également de la présence du trio arbitral sénégalais (Malang Diédhiou, El Hadji Malick Samba et Djibril Camara) à la Coupe du monde. Le Président Sall a également assuré que le gouvernement continuera à prendre toutes les dispositions pratiques pour accompagner l’équipe nationale afin qu’elle soit dans les meilleures conditions de concentration et de sérénité, gage de réussite dans toute compétition. Il a félicité Me Augustin Senghor et tous les membres de la Fédération sénégalaise de football (Fsf) et l’a invité à persévérer pour faire de la participation sénégalaise une réussite totale. Macky Sall a aussi renouvelé ses félicitations et ses encouragements au ministre des Sports, Matar Bâ, et ses collaborateurs.

Macky Sall a ensuite remis le drapeau au capitaine de l’équipe, Cheikhou Kouyaté. Après cette étape, l’équipe tiendra sa dernière séance d’entraînement cet après-midi, au stade Léopold Sédar Senghor, pour dire au revoir à son public.

Les Lions quitteront Dakar le samedi, direction Vittel, en France, où ils entameront la seconde phase de leur préparation.

Par Samba Oumar FALL, Diégane SARR, Moussa DIOP (textes)

ME AUGUSTIN SALUE LES EFFORTS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Augustin DrapeauMe Augustin Senghor a réitéré hier, au nom de toutes les composantes du football sénégalais, sa reconnaissance au chef de l’Etat, Macky Sall, pour tous les efforts consentis afin de mettre l’équipe nationale dans d’excellentes conditions. « Au nom des Lions, du staff, de la Fédération sénégalaise de football, du monde sportif, je voudrais dire ici, le plaisir que nous éprouvons, et l’importance que nous attachons à cette remise de drapeau qui intervient dans un contexte où le football sénégalais est en train de progresser et est en train de franchir de nouveaux paliers. Je voudrais dire un grand merci à vous », a poursuivi, avec satisfaction, le président de la Fsf. Selon lui, beaucoup d’efforts ont été faits ces cinq dernières années par l’Etat pour l’amélioration de l’environnement de l’équipe nationale. « Nos voyages sont devenus plus faciles. Les conditions de séjour dans les pays qui nous reçoivent pour les matches le sont également », a souligné Me Senghor. Il a assuré que toutes les dispositions ont été prises « pour que nos joueurs, à l’instar des autres footballeurs qui vont participer à la Coupe du monde, soient dans les meilleures conditions possible en vue de nous valoir d’autres satisfactions ».

Le patron du football sénégalais a ajouté que tout a été fait à bonne date pour que l’équipe puisse entrer en regroupement dans de bonnes conditions et surtout qu’elle puisse voyager à Vittel pour sa préparation. Me Augustin Senghor a également salué la sollicitude de « l’ensemble des membres du gouvernement sénégalais qui sont à nos côtés chaque fois que nous faisons appel à eux ».

Il a, sous un autre rapport, salué à l’endroit du chef de l’Etat, « la valeur » de cette équipe. Et selon le président de la Fsf, cette valeur n’est pas que talent ; « elle est aussi valeur morale, valeur patriotique ». Autant de qualités qui, à son avis, expliquent tous ces paliers que l’équipe a franchis. Me Senghor a, par ailleurs, magnifié une fois de plus le travail qui est en train d’être fait par le staff technique. « Jour et nuit, les membres du staff se donnent à fond, font des sacrifices. Dans ce staff, il y a un chef et c’est Aliou Cissé, qui abat un important travail. En tout cas, au niveau de la fédération, nous avons toujours pensé qu’il était capable de relever ces défis qu’il est en train de relever et qu’il est capable de faire mieux si on le met dans des conditions optimales de performance », a-t-il encore laissé entendre. Me Senghor a demandé au président de la République de « continuer à nous accompagner, à accompagner notre staff technique, particulièrement Aliou Cissé pour qu’il puisse mener à bien sa mission ». Le président de la Fsf, qui refuse de se fixer des limites, rêve de revenir à la salle des banquets quelques semaines plus tard, après le 15 juillet, pour « fêter quelque chose de grand ». « Nous avons un passé, nous voulons nous créer un avenir et cela passe par les pieds, les mains des joueurs qui sont là et qui sont déterminés », a martelé, le président de la Fsf. Il n’a pas manqué de saluer le travail de ses collègues de la fédération. « L’équipe nationale est l’émanation de notre football.

Aujourd’hui, il y a une certaine vitalité de notre football et on la doit à cette équipe qui travaille d’arrache-pied, à ce comité exécutif, aux présidents de ligue qui font qu’on joue partout », a-t-il fait remarquer.

Par Samba Oumar FALL, Diégane SARR, Moussa DIOP (textes)

RÉACTIONS… RÉACTIONS… RÉACTIONS
MATAR BA, MINISTRE DES SPORTS : « LE PEUPLE SÉNÉGALAIS A CONFIANCE EN CETTE ÉQUIPE »
Pr Coach Aliou« Le peuple sénégalais a confiance en cette équipe, il faut que tout le monde se batte.

Je suis optimiste tant qu’il n’y a pas un obstacle insurmontable. Et je pense que l’équipe qu’on a peut rivaliser avec les autres qui seront présentes en Russie. Le reste, c’est une question de mental et on poussera les joueurs à se battre jusqu’au bout ».

MBAGNICK NDIAYE, MINISTRE DE L’INTEGRATION AFRICAINE : « NOUS POUVONS ALLER TRÈS LOIN »
« Cette cérémonie me rappelle 2002. D’abord, la Can du Mali où nous avons fait un parcours extraordinaire, ensuite la Coupe du monde qui a vu l’équipe aller jusqu’en quarts de finale.
Je souhaite à cette équipe ce bonheur que nous avons connu en 2002, lors de la Coupe du monde.

Chaque matin, quand on jouait, tout le Sénégal était véritablement attentif aux résultats de l’équipe. Je souhaite que l’équipe ait la baraka que nous avions cette année-là, afin qu’elle puisse aller au-delà des quarts de finale, et peut-être ramener la coupe. Le président Macky le mérite, le ministre Matar Bâ le mérite, de même que la fédération.

En tout cas, je suis très optimiste par ce que nous avons des éléments qui jouent dans les meilleurs championnats européens. Si nous y croyons, nous pouvons aller très loin. Il faut que les jeunes se battent, qu’ils mouillent le maillot, qu’ils sachent que c’est tout le Sénégal qui est derrière eux y compris les anciens de la génération 2002 comme El Hadj Ousseynou Diouf, Khalilou Fadiga, Salif Diao, Tony Sylva etc. »

EL HADJ OUSSEYNOU DIOUF, ANCIEN INTERNATIONAL : « MAINTENANT, AUX JOUEURS DE DONNER LE MEILLEUR D’EUX-MÊMES »
« J’espère que le message sera entendu. C’est aux joueurs de comprendre ce que le président, le peuple sénégalais attendent d’eux à savoir une participation digne. Aujourd’hui, tout a été fait et c’est maintenant aux joueurs de donner le meilleur d’eux-mêmes et surtout de représenter dignement le Sénégal ; car les Sénégalais ont envie de vibrer et de danser.

Les joueurs doivent montrer à nos compatriotes et aux autres pays que le Sénégal est toujours là où il était ; ce en atteignant au minimum les quarts de finale. Ils devront aussi faire preuve de caractère.

Dans les grandes compétitions, c’est le caractère qui définit les joueurs et les équipes. L’équipe du Sénégal a des joueurs dans chaque poste ; maintenant il faut du caractère pour aller de l’avant. »

IBRAHIMA WADE, CNOSS : « UN MOMENT EXTRÊMEMENT IMPORTANT »
« Pour nous du mouvement olympique, c’est un moment extrêmement important. Ce n’est pas tous les jours que le Sénégal part à la Coupe du monde. Donc si nous avons cette occasion, nous devons tous le magnifier. Ce qui est constant, c’est que vous avez vu cette communion. Derrière le président Macky Sall qui remet le drapeau aux joueurs, c’est toute la Nation qui encourage l’équipe. Au nom du Comité olympique, je voudrais dire merci aux Lions, merci à la fédération, au ministère des Sports, merci au chef de l’Etat pour tout ce qu’il est en train de faire pour le sport sénégalais. Cette consécration récompense le président de la République dans les efforts qu’il est en train de faire pour développer le sport, et l’accompagner. »

ISSA LAYE DIOP, PRESIDENT DU 12EME GAINDE : « NOUS AVONS TOUTES LES RAISONS D’ÊTRE CONFIANTS »
« Un sentiment de satisfaction mais surtout de confiance. C’est une cérémonie historique dans un lieu symbolique avec des héros. Les Lions sont des héros. Cette cérémonie marque la reconnaissance de la République et le soutien sans faille de tout le peuple sénégalais derrière les Lions. Le 12ème Gaïndé est l’illustration de cette forme de cohésion nationale, cet engagement, ce patriotisme. Nous espérons une participation honorable de la part des Lions. Et nous avons toutes les raisons d’être confiants. Aliou vient de dévoiler les 23 Lions qui seront de la partie mais nous serons 15 millions à les accompagner. A notre niveau, tout est fin-prêt. »

Propos recueillis par Samba Oumar FALL, Diégane SARR
et Moussa DIOP

MALANG DIEDHIOU - MALICK SAMBA - DJIBRIL CAMARA : UN TRIO ARBITRAL SÉNÉGALAIS POUR L’HISTOIRE
Pr Discours LionsTirés à quatre épingles à l’occasion de la cérémonie de remise du drapeau aux Lions, Malang Diédhiou, El Hadji Malick Samba et Djibril Camara vont tronquer le costume aux tenues sportives pour devenir le premier trio arbitral africain provenant d’un même pays à la Coupe du monde.

Touchant de complicité, le trio sénégalais plaisante, sourit puis retrouve son sérieux en serrant les mains d’officiels sénégalais sous le faste de l’énorme salle des Banquets du Palais présidentiel de l’avenue Senghor de Dakar. « Pour la première fois de l’histoire, trois arbitres d’un même pays sont sélectionnés à la Coupe du monde pour représenter l’Afrique. Ils sont Sénégalais et s’appellent Malang Diédhiou, Djibril Camara et El Hadji Malick Samba. Je vous salue. » Le Président Macky Sall a tenu à rendre hommage au trio arbitral sénégalais qui sera présent à la 21ème édition Russie 2018. Malang Diédhiou est arbitre Fifa depuis 2008. Ce colonel des Douanes dans le civil, âgé de 45 ans, va donc finir sa carrière internationale avec le Mondial russe car atteint par la limite d’âge. Tenant à être présent lors de la remise du drapeau à l’équipe nationale de football, ce natif de Casamance éprouve un « sentiment de satisfaction, de fierté et de joie » dans la mission de représenter l’arbitrage sénégalais et africain à la Coupe du monde, « le plus grand événement sportif mondial » car « c’est la première fois qu’un trio homogène, donc d’un même pays est sélectionné en Afrique dans cette compétition ». Une satisfaction que Malang Diedhiou partage avec ses deux assistants.

Complicité
Quand Djibril Camara parle de la Coupe du monde comme d’un « rêve » et du « summum des compétitions internationales », El Hadji Malick Samba, professeur d’anglais dans le privé, évoque une « consécration » car c’est « le fruit de quatre ans de travail ». Le trio sénégalais déclare en concert son amour du football. Avant d’embrasser une carrière d’arbitre, Malang Diédhiou confie avoir déjà joué libéro tout comme avant-centre. « J’étais polyvalent sur le terrain », dit-il. Ce qui fait pouffer de rires ses deux jeunes acolytes, El Hadji Malick Samba (39 ans) et Djibril Camara (35 ans). Ce dernier sort une pique digne d’un « standupeur » : « Quand on joue à tous les postes, c’est qu’on n’est bon nulle part ». Le trio éclate de rires et semble être en osmose sur tout.

« Chacun a son propre véhicule mais quand on va en compétition à l’étranger, on prend le véhicule de l’un d’entre nous pour aller à l’aéroport. Même pour venir à cette cérémonie de remise de drapeau, on s’est réuni pour prendre le même véhicule », glisse El Hadji Malick Samba, avec un sourire plein de timidité. « C’est l’imam du groupe ». Malang Diedhiou présente ainsi El Hadji Malick Samba, qui parle de Djibril Camara comme du « cadet de la bande qui fait le thé lors des déplacements à l’étranger », quand ce dernier décrit l’aîné des trois « comme une personne humble et généreuse, un vrai grand frère qui (le) conseille sur tous les aspects de la vie ».

Tests physiques
Réunis dans la même compétition, ils ont aussi des objectifs tout aussi unis qu’un oxymore. Pour que le trio aille loin dans la compétition, une précoce élimination de l’équipe nationale du Sénégal de football fait partie des conditions et de la notation de la Fifa. Malang Diédhiou évoque la future entrée (à la Coupe du monde 2022) de la vidéo comme d’un « outil salutaire qui va aider les arbitres » à éviter d’éliminer une équipe à cause d’une erreur arbitrale. L’ayant déjà expérimenté, le trio sénégalais voit d’un bon œil l’arrivée de la vidéo dans un futur proche. Pour le moment, ils s’entraînent dur en vue de la compétition qui débute dans une vingtaine de jours. « On est sélectionné mais on ne sait pas encore si on va officier un match, dit prudemment Malang Diédhiou. Il faut réussir le séminaire qui précède les débuts de la Coupe du monde en Russie et satisfaire aux tests physiques qui sont éliminatoires ».

La Fifa leur a fourni un préparateur physique attitré et les trois Sénégalais ont un programme spécifique à faire tous les jours. « Après les entraînements, à travers des montres Polars, la Fifa contrôle le nombre de kilomètres parcouru, les calories dépensées, entre autres », poursuit M. Diédhiou. Si toutes les conditions physiques sont remplies, il y a la désignation qui intervient 72 heures avant un match. « La première Coupe du monde que j’ai suivie à la télévision est celle de 1990 en Italie car en 1986, on n’avait pas la télévision dans ma Casamance natale. J’avais un transistor collé à l’oreille », renseigne l’arbitre central sénégalais. Pour Russie 2018, c’est tout un continent qui compte sur l’œil et l’oreille du trio sénégalais pour marcher sur les pas du Marocain Said Belqola, le seul Africain à officier en finale de Coupe du monde (France 98).

Par Samba Oumar FALL, Diégane SARR, Moussa DIOP (textes)

Donald Trump a annulé, hier, le sommet historique, prévu dans moins de trois semaines, à Singapour, avec le leader nord-coréen Kim Jong-un, dénonçant "l'hostilité" du régime de Pyongyang, tout en ne fermant pas la porte à une rencontre ultérieure.

C'est par un bref courrier d'une vingtaine de lignes adressé au dirigeant trentenaire que le 45e président des Etats-Unis a fait part de sa décision de renoncer au face-à-face du 12 juin dont il avait lui-même accepté le principe à la stupéfaction générale.

"J'estime qu'il n'est pas opportun, à ce stade, de maintenir cette rencontre", indique le locataire de la Maison Blanche dans ce texte rendu public par l'exécutif américain le jour même où Pyongyang annonçait le démantèlement de son site d'essais nucléaires de Punggye-ri, dans le nord-est du pays. Washington exige une dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible" de la Corée du Nord. Mettant en garde la Corée du Nord contre tout acte "irresponsable", M. Trump a assuré que l'armée américaine était "prête" à toute éventualité et que les Etats-Unis restaient déterminés à poursuivre la campagne de "pression maximale". Le président sud-coréen Moon Jae-in, qui était à la Maison Blanche mardi, a immédiatement exprimé ses "profonds regrets" et convoqué une réunion d'urgence, avec notamment son chef des services secrets et son ministre de la Réunification. Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, s'est dit "profondément préoccupé" par cette annulation. Après plusieurs semaines de déclarations très optimistes sur ce tête-à-tête - le premier entre un président américain en exercice et un représentant de la dynastie des Kim qui règne sur la Corée du Nord depuis plus d'un demi-siècle - M. Trump avait changé de ton ces derniers jours.

"J'étais impatient de vous retrouver là-bas", explique-t-il dans sa missive qui oscille entre un certain formalisme et un ton, par moments, beaucoup plus direct.

"Malheureusement, au regard de l'énorme colère et de l'hostilité affichée dans votre dernière déclaration en date, j'estime qu'il n'est pas opportun, à ce stade, de maintenir cette rencontre prévue depuis longtemps", ajoute-t-il.

"Si vous changez d'avis en ce qui concerne ce très important sommet, s'il vous plaît, n'hésitez pas à m'appeler ou à m'écrire", ajoute le président américain qui avait beaucoup investi, d'un point de vue politique, dans ce sommet, allant jusqu'à évoquer, à plusieurs reprises, l'hypothèse d'un Prix Nobel de la paix mise en avant par certains élus républicains.

Après des mois de rapprochement et de détente diplomatique, la Corée du Nord a opéré, la semaine dernière, un spectaculaire retour à sa rhétorique traditionnelle, annulant une rencontre intercoréenne et évoquant la possibilité de remettre en cause le sommet.

AFP

Le secrétaire permanent de la force militaire G5-Sahel, Maman Sidikou, a réclamé au Conseil de sécurité des Nations unies "un mandat renforcé" pour cette unité antijihadiste naissante qui peine à assurer une pleine capacité d’intervention.

"Nous sommes encore loin d’avoir atteint une bonne vitesse de croisière dans la mise en œuvre concrète de notre réponse sécuritaire à la crise qui menace de déstabiliser totalement le Sahel et ses environs", a-t-il résumé.

"Même si plus de 80% de nos effectifs sont déjà déployés à notre quartier-général de Sévaré et au niveau des trois zones opérationnelles, il n’en demeure pas moins que nos troupes sont encore généralement mal équipées, les bases militaires et, plus globalement, la logistique nécessaire à une intervention efficace font défaut", a-t-il précisé. A terme, la force G5-Sahel, formée de troupes du Niger, de Mauritanie, du Tchad, du Mali et du Burkina Faso, doit comprendre 5000 militaires.

Pour Maman Sidikou, l'Onu doit fournir un "apport à un niveau plus approprié" à la force G5-Sahel que l'actuel soutien logistique fourni par sa force de Casques bleus déployés au Mali qui reste trop limité. Ceci passe "par des contributions obligatoires" des membres de l'Onu, a-t-il estimé. En raison d'une opposition de longue date des Etats-Unis à voir l'Onu s'impliquer dans la force G5-Sahel, le financement et les moyens de cette dernière ne viennent que de contributions financières volontaires (pays fournissant les troupes ainsi que la France, l'Union européenne, l'Arabie saoudite...).

Il est nécessaire "de doter la Force conjointe (G5-Sahel) d’un mandat renforcé" et "des ressources nécessaires pour achever son opérationnalisation et assurer sa pleine capacité d’intervention", a insisté M. Sidikou qui a dirigé, au cours de sa carrière, plusieurs opérations de maintien de la paix de l'Onu.

"Il reste encore beaucoup à faire", a indiqué la secrétaire générale adjointe aux opérations de maintien de la paix des Nations unies, Bintou Keïta, en évoquant les "retards" pris dans la mise en œuvre de la force. Elle a aussi réclamé "des contributions obligatoires" des membres de l'Onu pour assurer une aide pérenne au G5-Sahel.

Fatima Kyari Mohammed, observateur permanent de l'Union africaine auprès des Nations unies, a aussi réclamé un soutien plus fort de l'Onu à l'unité militaire naissante, avec "un mandat robuste sous chapitre 7" de la Charte qui autorise le recours à la force.

AFP

Le Cap-Vert a ouvert une enquête sur la traversée de l'Atlantique effectuée par 25 migrants ouest-africains depuis l'archipel jusqu'au Brésil, où ils ont été secourus, samedi, par des pêcheurs, ont indiqué les autorités.

"Il n'y avait pas de Cap-Verdiens à bord. Mais, vu que le navire a commencé sa traversée au Cap-Vert, nous allons enquêter, pour que d'autres cas ne se produisent pas", a déclaré, mercredi soir, à la télévision, le ministre des Affaires étrangères, Luis Filipe Tavares.

Le bateau, un catamaran battant pavillon haïtien, avait à son bord 25 migrants et deux ressortissants brésiliens, selon un communiqué de la marine brésilienne. Les passagers, tous des hommes, étaient originaires de Guinée, du Sénégal et du Nigeria, a indiqué le département des droits de l'Homme de l'Etat du Maranhao (nord-est du Brésil).

Selon les médias brésiliens O Imparcial et G1, qui soupçonnent les deux Brésiliens d'avoir été des passeurs, la traversée a duré 35 jours, mais le détail de son itinéraire n'était pas connu dans l'immédiat. Des pêcheurs ont repéré, samedi, le bateau dérivant au large de la ville portuaire de Sao Jose de Ribamar, au sud de l'embouchure de l'Amazone, selon la marine brésilienne.

Une tentative des autorités de localiser l'embarcation par voie aérienne ayant échoué, elle a été remorquée par les pêcheurs. Au moment de l'arrivée au port, "il n'y avait plus d'eau ou de nourriture à leur donner, parce que nous étions à court de provisions", a expliqué le capitaine du chalutier, cité par la marine.

A terre, les migrants ont "reçu des soins et de la nourriture", avant d'être confiés à la police fédérale brésilienne pour enquête, selon le département des droits de l'Homme du Maranhao.

AFP

Deux groupes d'autodéfense ont été récemment créés dans le centre du Mali pour défendre respectivement les populations peule et dogon, frappées par les violences intercommunautaires, a appris, hier, l'Afp auprès de leurs responsables.

"Je suis le président de la Coordination du bureau national du groupe d'autodéfense +Dana Amassagou+, qui veut dire +les chasseurs qui se confient à Dieu+", a déclaré à l'Afp David Tembiné, chef de ce groupe de chasseurs dogons. "Nous sommes le nombre qu'il faut pour défendre nos parents contre les milices, notamment peules, qui les attaquent", dans des zones où l'Etat est absent, a assuré M. Tembiné.

De son côté, l'Alliance pour le salut du Sahel entend défendre "les civils peuls du Mali et du Burkina Faso contre les exactions", a expliqué à l'Afp un de ses responsables, Yessouf Diallo.
"La région de Mopti a une frontière avec le Burkina Faso où des Peuls vivent aussi. Nous allons les protéger également", a ajouté M. Diallo, un ancien fonctionnaire malien.

Les violences se multiplient, depuis plus de trois ans, dans le centre du Mali, entre Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l'agriculture. Dans cette région, "les conditions de protection (des civils, Ndlr) se sont encore détériorées", déplore, dans son dernier rapport trimestriel sur le Mali, le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres. Les groupes jihadistes y ont "exacerbé les tensions et les violences intercommunautaires, surtout entre les Peuls et les Dogons, et fait un nombre de victimes civiles sans précédent" dans leurs opérations visant les forces maliennes et étrangères, selon le rapport. La communauté peule accuse régulièrement les autorités de tolérer, voire d'encourager, les exactions de groupes de chasseurs traditionnels à son encontre, au nom de la lutte contre les jihadistes ; ce que dément catégoriquement le gouvernement.

A la suite de violences contre des Peuls et des Touareg près de la frontière avec le Niger (nord-est), le Comité international de la Croix-Rouge (Cicr) avait relevé que de tels actes "ne sont pas rares dans cette région à cette période, "en raison des aléas climatiques qui rendent difficile l'accès à l'eau et aux pâturages".

AFP

L'Iran continue de respecter l'accord de 2015 sur son programme nucléaire, a indiqué, hier, l'Agence internationale de l'énergie atomique (Aiea) dans un rapport auquel l'Afp a eu accès.

Le rapport indique que l'Iran respecte les restrictions prévues par l'accord sur ses installations nucléaires. Ces informations de l'Aiea interviennent alors que le président américain Donald Trump a décidé, le 8 mai, de sortir de l'accord international sur le nucléaire iranien.

L'Aiea considère toutefois qu'une "coopération proactive et rapide de la part de l'Iran pour fournir un accès (aux inspecteurs de l'Aiea, Ndlr) faciliterait la mise en œuvre et améliorerait la confiance". Un haut diplomate de l'Aiea a précisé que cette mention n'était pas motivée par un manque de coopération de la part de Téhéran ou un changement de comportement de sa part. L'Aiea "encourage l'Iran à aller au-delà des exigences" posées par l'accord du 14 juillet 2015 afin d'améliorer la confiance. L'Iran pourrait ainsi inviter les inspecteurs de l'agence sur des sites auxquels ils n'ont pas demandé l'accès, a-t-il suggéré. Comme lors de ses précédents rapports, l'organe onusien confirme que le nombre de centrifugeuses dans l'usine d'enrichissement de Natanz restait inférieur aux 5600 déterminées dans l'accord et que le stock d'uranium faiblement enrichi "n'a pas dépassé 300 kg". L'uranium hautement enrichi (au-delà de 90 %) est utilisé pour les armes nucléaires. Faiblement enrichi (à moins de 20 %), il a des applications civiles, notamment pour la production d'énergie.

AFP

Une attaque à main armée a été perpétrée à Samick, un village de la commune de Boutoupa-camaracounda (Ziguinchor), par des individus non identifiés, dans la nuit de mercredi à jeudi. Un garçon âgé de 6 ans a été tué et une dame a été blessée par balle à la jambe.

Selon les témoignages, l’attaque aurait lieu entre 23 heures et minuit. Les assaillants seraient venus du côté Est du village où se trouvent les magasins de stockage de noix de cajou appartenant à des maures. Ces derniers auraient été dépouillés de tout leur argent et autres biens. Les hommes armés auraient fait irruption dans la concession de la famille Mané dont ils auraient défoncé la fenêtre d’une chambre et tiré à l’intérieur, tuant un garçon âgé de 6 ans qui a été atteint à la tête, et blessant une dame à la jambe. Après, le groupe d’hommes lourdement armé se serait attaqué au reste des habitants du village, s’emparant de tous leurs biens (argent, bijoux, téléphones portables, radios). A la suite de leur forfait, les assaillants se seraient repliés vers la forêt située à quelques encablures de Samick.

Alertée, l’armée s’est déployée dans la zone pour sécuriser le village et ses environs et retrouver les auteurs de l’attaque. La dame blessée à la jambe par balle aurait été évacuée par l’armée, vers 4 heures, à Ziguinchor. Quant au corps sans vie du garçon âgé de 6 ans, il aurait été acheminé à Ziguinchor par les sapeurs-pompiers, après le constat de la gendarmerie. Il faut savoir que le village de Samick s’était vidé de ses habitants pendant plus de 30 ans, à cause de l’insécurité liée au conflit armé, qui sévissait en Casamance.

Les populations locales s’étaient alors réfugiées à Ziguinchor, en Guinée-Bissau, en Gambie et un peu partout ailleurs. Elles ont commencé à rentrer à la faveur de l’accalmie que l’on observe depuis 2012. Mais, cette agression a plongé plus d’un dans la consternation, à Ziguinchor. Toutefois, de nombreuses personnes ont estimé que cette attaque à main armée ne peut nuire en rien le processus de paix, qui se consolide en Casamance.

El Hadj Moussa SADIO

Au Sénégal, les taux de prévalence du Vih les plus élevés sont enregistrés dans les régions Sud. Pourtant notre pays veut mettre fin à cette épidémie d’ici à 2030. Pour réussir ce pari, des stratégies sont mises en œuvre à Kolda, Sédhiou et Ziguinchor avec un accent particulier sur le dépistage qui permettrait de mettre sous traitement les personnes testées positives et de réduire les risques de transmission du virus.

Malgré la baisse de la prévalence du Vih (0,5% au niveau national), les régions situées au sud du Sénégal (Kolda, Sédhiou, Ziguinchor) restent les points noirs de la lutte contre le Sida. Elles ont des prévalences dépassant largement la moyenne nationale. Selon le rapport 2016 de l’Onusida, Kolda a un taux de prévalence du Vih de 2,4%, Sédhiou 1,7% et Ziguinchor 1%. Pour réduire ces taux, des stratégies, centrées principalement sur le dépistage, sont mises en œuvre dans ces trois régions.

Selon le Dr Abdoulaye Sagna, responsable de la prise en charge du Vih dans le district sanitaire de Sédhiou, le dépistage permet de stopper la transmission. Il a justifié cela par le fait que la personne dépistée très tôt, si elle est positive, est aussitôt mise sous traitement. « En prenant correctement les Arv, une PvVih (Personne vivant avec le Vih) peut avoir une vie normale et des rapports sexuels sans transmettre le virus à son partenaire. D’où l’intérêt de dépister très tôt », a expliqué le Dr Sagna.

Pour inciter les gens au dépistage, le médecin a préconisé des campagnes de sensibilisation pour démontrer aux populations que le Sida est une maladie comme toutes les autres. « On peut vivre avec le virus pendant des dizaines d’années si l’on respecte la prise des médicaments », a soutenu le spécialiste des questions de Vih.

Ibrahima Ismaïla Ndiaye, adjoint au gouverneur de la région de Ziguinchor, chargé des affaires administratives, va plus loin en proposant un dépistage obligatoire. Selon lui, le dépistage est un élément important, car menant vers l’élimination du Sida en 2030.

Les acteurs de la lutte contre le Sida des trois régions peaufinent aussi les stratégies des « trois 90 ». Il s’agit de dépister 90 % des PvVih, de mettre sous traitement 90 % des personnes infectées dépistées et d’arriver à une charge virale indétectable chez 90 % des personnes suivant un traitement. Par rapport à ces objectifs, la région de Ziguinchor est sur la bonne voie.

D’après Jacques François Sambou, assistant social au district sanitaire de Ziguinchor, le premier est même dépassé. Car sur l’objectif assigné par le Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls) de dépister 75 personnes par trimestre, « nous, l’avons atteint en 1 mois », s’est-il réjoui, indiquant que la stratégie consistant à dépiter, traiter et retenir les PvVih (Tatarsen) est mise en œuvre dans toutes les structures de santé de Ziguinchor.

Dépister le maximum de personnes
Depistage VihLa région de Kolda s’est aussi inscrite dans cette dynamique en mettant sous traitement antirétroviral 1727 PvVih sur 1807 suivies sur l’étendue de la région.

A Sédhiou, Ndèye Khady Diouf Kane, point focal du programme de Prévention de la transmission du Vih de la mère à l’enfant (Ptme), a reconnu que le taux de séropositivité est encore élevé. « Nous sommes en train de travailler à éliminer le Vih d’ici à 2030 », a-t-elle signifié. Dans ce cadre, des stratégies sont mises en place, parce que les acteurs veulent que le maximum de personnes connaissent leur statut sérologique afin de les mettre sous traitement si elles sont positives. « Nous avons réussi cela pour ce qui concerne la Ptme », s’est félicitée Mme Kane. Elle a révélé qu’à Sédhiou, la Prévention de la transmission du Vih de la mère à l’enfant est passée de 4 à 2 % grâce à la mobilisation des autorités administratives, des collectivités locales et des PvVih. Dans cette région, tout comme dans toutes les localités du pays, toutes les femmes enceintes qui viennent dans les structures de santé sont dépistées.

La décentralisation de la prise en charge au niveau des postes de santé fait aussi ses effets. L’infirmier chef de poste du village d’Adéane, dans l’arrondissement de Niaguis, (département de Ziguinchor), a confirmé cela. Selon lui, beaucoup d’infirmiers de la région de Ziguinchor sont capables de suivre une PvVih. « Cette décentralisation est faite au niveau des postes de santé, par chaque district, en fonction de la cohorte », a précisé Maïmouna Guèye Tall, conseillère technique Vih dans la région médicale de Ziguinchor. Elle a indiqué que la décentralisation de la prise en charge du Vih relève du patient. « S’il y a beaucoup de patients dans une zone, nous formons l’infirmier chef de la localité, pour qu’il les suive dans le but de leur éviter certains déplacements », a expliqué Mme Tall.

Justement, dans ces trois régions, beaucoup de patients déclarés perdus de vue ne viennent pas au rendez-vous, faute de moyens financiers. Dans ce cadre, le Dr Abdoulaye Sagna a souligné que la pauvreté chez les PvVih des régions du Sud reste un point noir dans la lutte contre le Sida.

Par Eugène KALY

PRISE EN CHARGE : LA RUPTURE DES RÉACTIFS, UN OBSTACLE À L’ATTEINTE DES « TROIS 90 »
Antiretroviraux VihLes acteurs et les prestataires de santé des régions de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou sont souvent confrontés à des ruptures de réactifs. Un manquement auquel les autorités sanitaires doivent trouver des solutions si elles veulent stopper la transmission de cette maladie d’ici à 2030.

La rupture des réactifs dans les régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor freine les efforts des acteurs engagés dans la riposte au Vih. Elle est, en effet, à l’origine de nombreux échecs thérapeutiques, a indiqué le Dr Abdoulaye Sagna, chargé de la prise en charge du Vih au district sanitaire de Sédhiou.

A Ziguinchor, le manque de réactifs a des conséquences sur la publication des données du Vih. « Nous avons commencé à prélever des charges virales depuis 2015. Mais, il se pose un problème de rendu des résultats parce que nous avons perdu tous les prélèvements effectués durant cette période », a regretté Jacques François Sambou, assistant social et gestionnaire des données au pavillon de traitement ambulatoire de Ziguinchor. « Il fallait tout reprendre à cause de ces difficultés techniques », s’est-il désolé, ajoutant qu’ils avaient « même des problèmes pour conserver des prélèvements à moins de 80 degrés ».

Cette période était difficile, car le personnel traitant a perdu la confiance des patients. « Certaines PvVih ont mis en cause la crédibilité de nos travaux puisque ne pouvant pas rester six mois sans avoir aucune idée sur l’évolution de la maladie, notamment la charge virale. Aujourd’hui, il y a des PvVih qui refusent de faire des prélèvements pour déterminer la charge virale. Elles nous disent qu’elles ont fait l’examen en 2016, alors que jusque-là, elles n’ont pas reçu les résultats. Ce n’est pas la peine de le refaire nous lancent-elles », a raconté Jacques Sambou. Ce dernier a constaté que la rupture des réactifs a fini de créer une incompréhension entre les prestataires et les patients.

Cependant, il y a de l’espoir, vu que la structure hospitalière essaie actuellement de se rattraper. Ainsi, sur les 300 prélèvements effectués en 2017, 42 résultats ont été mis à la disposition des responsables du Pavillon de traitement ambulatoire de Ziguinchor.

Les régions de Kolda et Sédhiou ont aussi connu ces moments difficiles. Mais, c’est un vieux souvenir, à en croire Saloum Fall, de la Pharmacie régionale de Kolda. Selon lui, les deux régions n’ont plus connu de ruptures de réactifs et d’Arv (antirétroviraux). A Kolda, les 1727 PvVih mises sous traitement sur les 1807 cas de Vih suivent correctement les prescriptions. Donc, pour le médecin-chef de la région médicale, Yaya Baldé, 90 % des séropositifs sont suivis dans les districts sanitaires de Kolda, Médina Yoro Foula et Vélingara.

Eugène KALY

KOLDA, ZIGUINCHOR ET SEDHIOU : PLUS DE 70% DES HOMMES QUI ONT DES RELATIONS SEXUELLES AVEC LES HOMMES SONT BISEXUELS
Vih TestLe phénomène des hommes bisexuels touche les régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda. Ce qui rend difficile la lutte contre le Sida dans cette partie du pays où le taux de prévalence dépasse la moyenne nationale.

Les populations clés, à savoir les professionnelles de sexe, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les usagers de drogues injectables ou encore les détenus, constituent un vrai obstacle à la lutte contre le Sida au Sénégal. Si le taux de prévalence du Vih dans la population générale est très faible (0,5%) selon le rapport 2016 de l’Onusida, il reste élevé au niveau des populations clés. Il est de 17,8% chez les homosexuels ou hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (Msm en anglais), 6,6% chez les travailleuses du sexe et 9,2% chez les utilisateurs de drogues injectables. Et la situation est plus préoccupante dans les trois régions du sud du pays. « Ces populations clés rendent la lutte contre le Sida beaucoup plus difficile », a déclaré Nourou Diallo, coordonnateur de l’Alliance nationale des communautés pour la santé (Ancs)-Usaid Néma de Kolda.

La région de Kolda qui peine déjà dans la prise en charge des professionnelles du sexe et des Msm a une nouvelle catégorie de personnes vulnérables : les utilisateurs de drogues injectables. Ce groupe vient s’ajouter à 120 Msm, sans compter le nombre non maîtrisé des travailleuses de sexe. « Nous avons de sérieux problèmes pour ce qui concerne ces populations clés parce que plus de 70 % Msm sont bisexuels. Ils ont des épouses. Pis, ils font des rapports sexuels avec de jeunes élèves, en particulier des lycéens. Les parents doivent redoubler de vigilance dans ce domaine », a averti M. Diallo.

A Sédhiou, le coordonnateur de l’Ancs, Nfally Badji, a dénombré environ 400 Msm. Dans ce groupe vulnérable, l’on trouve beaucoup de jeunes. Aucun chiffre s’agissant de la prostitution, alors que le phénomène existe dans la région. Seulement, elle se fait dans la clandestinité. Ziguinchor compte aussi le même nombre de Msm. « Environ 350 personnes ont des relations bisexuelles », a informé un anonyme.

Par Eugène KALY

VIH PEDIATRIQUE : UNE DIZAINE D’ENFANTS SOUS TRAITEMENT À ZIGUINCHOR
Vih PediatriqueLe service pédiatrique de l’hôpital de la paix de Ziguinchor participe à la prise en charge du Vih. Des Arv sont proposés aux enfants infectés dont 10 sur 16 atteints sont il est sous traitement.
Le Dr Assane Dramé, médecin-pédiatre en formation et spécialiste en santé publique de l’hôpital de la Paix de Ziguinchor s’occupe d’une cohorte de 10 enfants souffrants du Vih sur 16. Il a assuré que la prise en charge de cette couche se passe bien dans la région de Ziguinchor. Au service pédiatrique de l’hôpital de la Paix, ladite prise en charge a démarré en 2015.

« Nous sommes à 16 cas dépistés positifs, dont 10 sous traitement, parce que malheureusement, il y a un cas de décès et 5 perdus de vue », a fait savoir le Dr Assane Dramé. Le pédiatre a signalé qu’il n’y a aucune difficulté dans la prise en charge. « Les Arv sont disponibles et accessibles aux enfants. Il n’y a pas de rupture de molécules pédiatriques. Nous suivons les enfants dès l’âge de nourrisson, c’est-à-dire après le dépistage, jusqu’à 14 ans révolus », a-t-il renseigné.

Le service de pédiatrie prend en charge toutes ces tranches d’âge. « Cependant, la séparation est souvent difficile lorsque l’enfant atteint 14 ans. Il refuse souvent de partir dans un autre site où sont pris en charge les personnes adultes », a souligné le Dr Dramé. Les pédiatres veillent aussi sur trois éléments concernant la prise en charge des enfants atteints. Il s’agit du suivi du traitement de cette couche vulnérable, de leur nutrition et de leur état psychologique. « L’une des questions ne peut aller sans l’autre. Quand on prend l’exemple des Arv, nous constatons que ces molécules ont besoin des protéines pour pouvoir atteindre leur cible et faire un effet positif dans l’organisme de l’enfant. Si un enfant malnutri continue de prendre des Arv et ne s’alimente pas bien, cela peut avoir un effet négatif sur sa santé. Nous sommes obligés de veiller sur ces paramètres pour aider l’enfant à avoir une vie saine et surtout à poursuivre ses études sans se préoccuper de sa santé », a soutenu le spécialiste. Il a cependant averti les parents : « Quand un enfant présente une malnutrition aigüe sévère, il doit se faire dépister du Vih. Cette forme de malnutrition est un facteur de risque de Vih ». Dès lors, le Dr Assane Dramé a préconisé de privilégier le « dépistage familial ». Selon lui, ce dernier consiste à dépister les enfants des PvVih. « Il faut allez chez elles en leur proposant de dépister leurs enfants. Si le résultat est positif, l’enfant est pris en charge ; ce qui lui donne des chances de grandir en bonne santé », a-t-il conseillé.

E. KALY

ZIGUINCHOR : LA DÉCENTRALISATION DE LA PRISE EN CHARGE DU VIH, UNE RÉALITÉ
Hopital Regional ZiguinchorL’effectivité de la décentralisation de la prise en charge du Vih dans la région de Ziguinchor est l’un des points positifs dans la croisade contre le Sida. Des infirmiers chef de poste et des sages-femmes sont chargés de suivre des séropositifs sur place afin de leur éviter des va-et-vient entre la commune et leurs localités.

La décentralisation de la prise en charge du Vih dans les postes de santé est une réalité dans la région médicale de Ziguinchor. En accueillant des membres de l’Association des journalistes en santé, population et développement, Jacques François Sambou, assistant social et gestionnaire des données du Vih au pavillon de traitement ambulatoire de Ziguinchor, a révélé que la prise en charge du Vih se fait dans les postes de santé les plus reculés de la région. Des infirmiers chef de poste et des sages-femmes ont ainsi été capacités pour prendre en charge des PvVih. Ces dernières « viennent au pavillon de traitement ambulatoire de Ziguinchor juste pour faire le bilan. Elles sont référées aussitôt dans les postes de santé pour leur suivi », a-t-il fait savoir. M. Sambou a indiqué que sur le plan national, les acteurs de la lutte contre le Sida ont beaucoup insisté sur la formation des prestataires. « Ce que nous avons réussi à faire, parce qu’ici, il n’est pas rare de voir un infirmier s’occuper de la prise en charge dans cette zone, quel que soit son enclavement. Cela mérite les encouragements des acteurs locaux, car la région médicale a longuement travaillé dans ce sens. C’est un point positif », s’est-il réjoui. Sur ce, l’assistant social a rendu hommage aux autorités religieuses, administratives et coutumières qui ont participé activement à ce projet de décentralisation de la prise en charge du Vih.

Maïmouna Guèye Tall, conseillère technique du Vih de la région médicale de Ziguinchor, a confirmé l’effectivité de la décentralisation de la prise en charge dans les postes de santé. « Dans toutes les localités de la région où il y a beaucoup de patients, nous décentralisons la prise en charge pour éviter à ces derniers le déplacement », a-t-elle confirmé, soulignant qu’avec le concours de l’Usaid, plus de 36 sages-femmes et infirmiers chefs de poste ont bénéficié de la formation. Seulement, a regretté Mme Tall, ces agents bénéficiaires d’un renforcement de capacités peuvent être affectés au courant de l’année ; ce qui constitue un frein à ce projet de prise en charge.

Mais, elle se dit optimiste parce que si tous les paramètres de prise en charge sont respectés, le Sénégal pourrait, à son avis, stopper la transmission du Vih d’ici à 2030.

A Ziguinchor comme à Kolda, en passant par Sédhiou, les acteurs ne veulent plus voir des PvVih transmettre le virus à leurs partenaires. « Il faut sensibiliser les populations en leur faisant comprendre qu’une personne séropositive peut avoir des rapports sexuels non protégés avec son époux sans risque de contamination, si le protocole de la prise en charge est respectée », a signifié Maïmouna Guèye Tall. Selon elle, il est essentiel de faire comprendre à tous qu’en matière de lutte contre le Sida, il y a un véritable changement. « Le Sida n’est plus synonyme de mort.

Il y a un traitement efficace et on peut vivre pendant des années avec la maladie. Il faut que le rideau soit levé et que tout le monde accepte de se faire dépister. Nous ne devons pas avoir peur de cette maladie », a-t-elle rassuré.

Par Eugène KALY

LE VIH/SIDA A TUÉ 11 PERSONNES À KOLDA EN 2017
Même si le taux de mortalité lié au Vih est faible, le Sida continue de faire des ravages au Sénégal. A Kolda, 11 personnes sont décédées au cours du 3ème semestre 2017 à cause de cette maladie, a informé Mouhamadou Souané, assistant social du district sanitaire de Kolda chargé des données du Vih. Ces décès sont dus à un dépistage tardif. « Les victimes ne savaient pas qu’elles avaient la maladie pour se faire traiter à temps », a justifié notre interlocuteur. Il a ajouté que, dans la région, beaucoup de gens ont perdu la vie à cause du Sida sans le savoir. D’où l’importance de sensibiliser les populations sur la nécessité de se faire dépister très tôt et de se prendre en charge.

E. KALY

KOLDA : 60% DES PROSTITUÉES SONT DANS LA CLANDESTINITÉ
Prostitution« Il y a plus de prostituées clandestines dans la région que déclarées », a lâché Saloum Fall, de la pharmacie régionale de Kolda. Selon lui, les prostituées clandestines rendent difficiles la lutte contre le Sida. Cette difficulté est confirmée par le coordonnateur de l’Alliance nationale des communautés pour la santé (Ancs)-Usaid Néma de Kolda qui a indiqué que la prostitution se fait maintenant en ligne pour éviter la traque des policiers. « Avec les nouvelles technologies de la communication, les professionnelles du sexe ont changé de méthode de travail. Elles trainaient dans les bars et boites de nuit. Maintenant tout se passe au téléphone ou sur les réseaux sociaux », a-t-il expliqué.

Nourou Diallo a rappelé que la prostitution n’est pas autorisée. Elle est seulement tolérée. C’est pour cette raison que, dans les localités comme Sédhiou et Médina Yoro Foula, ancrées dans la culture et la religion, aucune femme n’ose déclarer publiquement qu’elle est travailleuse du sexe. Ainsi, beaucoup d’entre elles s’adonnent à cette activité sans précaution, au risque de s’exposer au Vih/Sida. La preuve : à Kolda, sur 820 travailleuses de sexe clandestines dépistées l’année dernière, 22 ont été déclarées positives. « Heureusement, nous avons proposé le dépistage à certaines travailleuses du sexe clandestines. Les séropositives sont mises sous traitement antirétroviral. Et dire qu’elles pouvaient continuer à contaminer des gens sans le savoir ! D’où l’intérêt d’insister sur l’importance du dépistage », a soutenu notre interlocuteur.

Eugène KALY

BINTOU TRAORE, SEROPOSITIVE : LA CRAINTE DE DÉVOILER SON STATUT SÉROLOGIQUE
Atteinte du Vih en 2010, Bintou Traoré (nom d’emprunt) vit positivement sa maladie. Même si elle se dévoile auprès de ses pairs, elle cache son secret à sa famille et à son entourage, ne voulant pas que ses enfants et son mari soient stigmatisés.

Au Sénégal, des Personnes vivant avec le Vih (PvVih) se dévoilent de plus en plus au public. Fini donc le temps où les séropositifs se cachaient. Le Sida étant considéré par beaucoup d’experts comme une maladie chronique, il faut vivre positivement avec en respectant les rendez-vous et la prise des Arv. C’est ce qu’ont compris beaucoup de PvVih à l’image de Bintou Traoré.

Vih Ruban MainsOriginaire de la Guinée et habitant à Sédhiou, la jeune dame a découvert son statut en 2010, lors d’une séance de dépistage. « A l’annonce de la nouvelle, on dirait que le ciel m’était tombé dessus. En quelques minutes, tout était sombre. Mais, il fallait que je me relève, parce que je ne peux pas abandonner à cause de mes enfants. En tant que croyante, j’ai accepté ma maladie », a-t-elle confié.

Mariée et mère de 5 enfants, la jeune femme a répondu aux questions des journalistes, parfois en les taquinant. Ce qui démontre qu’elle mène ses activités sans se soucier de son statut sérologique. Si ses pairs sont informés de sa séropositivité, son entourage ne l’est pas. « C’est à cause de la stigmatisation que je n’ai pas dévoilé mon statut à mon entourage. J’ai gardé le secret pour protéger ma famille. Je ne veux pas que mes enfants soient stigmatisés dans les rues et à l’école », a expliqué, avec le sourire, Bintou. Aujourd’hui, elle mène un plaidoyer auprès des responsables du Conseil national de lutte contre le Sida et des autres partenaires pour qu’ils viennent en aide aux PvVih. « Ces dernières souffrent, parce qu’en dehors de la prise en charge, elles doivent faire face aux charges liées aux examens et bilan concernant leur santé », a-t-elle soutenu.

Eugène KALY

SEDHIOU : BAISSE DU TAUX DE TRANSMISSION DU VIH DE LA MÈRE À L’ENFANT
Sédhiou, l’une des régions les plus touchées par la pandémie du Vih/Sida, veut stopper la transmission mère-enfant. Des acteurs, avec l’aide du Conseil national de lutte contre le Sida et des partenaires, ont mis en place plusieurs stratégies pour éviter aux femmes enceintes de mettre au monde des enfants atteints du Vih. D’après la responsable de la Prévention de la transmission du Vih de la mère à l’enfant, Ndèye Khady Diouf Kane, parmi ces stratégies, il y a le dépistage de toutes les femmes enceintes qui se présentent dans une structure de santé, la sensibilisation sur l’importance de la femme séropositive d’être sous traitement, mais surtout le respect des rendez-vous par cette dernière.

Mme Kane a affirmé que beaucoup de femmes en état de grossesse acceptent, aujourd’hui, de se faire dépister sans aviser même le mari. « Cela explique la baisse du taux de transmission du Vih de la mère à l’enfant qui est passé de 4 à 2 % ces dernières années », a-t-elle justifié. La responsable de la Prévention a ainsi tenu à rendre hommage aux acteurs de la lutte contre le Sida, aux collectivités locales et aux femmes enceintes qui se sont mobilisés pour qu’aucun enfant ne naisse avec le Vih. Cependant, des obstacles sont encore notés dans la politique de prévention de la transmission mère-enfant. Des femmes qui habitent des villages éloignés, faute de ressources financières, ne respectent pas souvent leur rendez-vous après le dépistage. « Ce qui aggrave les risques de transmission mère-enfant dans certaines localités de la région », a regretté Mme Kane. A cela s’ajoutent des difficultés liées au réseau de transport qui fait défaut à Sédhiou et environs.

Par Eugène KALY

Des centaines d’étudiants ont marché, hier, à Dakar, de la place de la Nation (ex-Obélisque) au rond-point de la Rts, pour réclamer justice pour Fallou Sène, tué le 15 mai dernier à l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis. La Coordination des étudiants du Sénégal a demandé aussi l’union de leurs camarades pour faire passer leurs revendications.

Près de 10 jours après la mort de Fallou Sène, lors des affrontements entre les forces de l’ordre et les apprenants de l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis, la Coordination des étudiants du Sénégal a tenu une marche nationale à Dakar. A cet effet, des centaines d’étudiants se sont retrouvés à la place de la Nation (ex-Obélisque) pour marcher jusqu’au rond-point de la Rts. La majorité d’entre eux étaient vêtus de Tee-shirts noirs ou rouges sur lesquels il est mentionné en majuscule : « Justice pour Fallou Sène ». Cette marche, encadrée par les forces de l’ordre qui étaient appuyées par les responsables des étudiants, a vu la participation de beaucoup de représentants des coordinations des autres universités du pays. Du début jusqu’au point de dispersement, les nombreux marcheurs entonnaient des chansons à « l’honneur des combattants tombés pour la défense de la cause estudiantine ». Arrivés au rond-point de la Rts, les responsables de la Coordination des étudiants du Sénégal ont réitéré le mot d’ordre de grève illimitée jusqu’à la satisfaction de toutes leurs revendications. Alexandre Samb, président de la Coordination de Saint-Louis, habillé également d’un Tee-shirt noir, avec la mention « Justice pour Fallou Sène », a demandé aux étudiants du Sénégal de s’organiser pour faire face. Même après une rencontre avec le chef de l’Etat, il a affirmé que les revendications restent inchangées.

« Nous voulons que justice soit faite pour Mouhamadou Fallou Sène. De même que la démission du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Mary Teuw Niane, du ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, et du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ », a-t-il lancé devant ses camarades. Régissant aux critiques après leur rencontre avec le chef de l’Etat, il a tempéré et appelé tous les étudiants à l’unité. Car, a-t-il déclaré, l’heure n’est pas à la division. « Je suis de l’Ucad, de l’Ugb, d’Assane Seck, des universités privées qui ont participé à la marche. Toutes les universités sont là, et je rappelle que les étudiants ne sont pas corruptibles. Je ne suis pas corruptible, je suis imperturbable dans mes convictions et je reste ferme sur mes positions », a souligné M. Samb.

Même avis chez les autres responsables. Diène Ngom, président de la Coordination des amicales des écoles et instituts de l’Ucad, a renchéri que cette marche a été organisée par toutes les universités du Sénégal qui partagent la même douleur suite à la mort de Fallou Sène. « Aucune division ne sera possible. Nous demandons que tous ceux qui sont impliqués dans cette mort soient punis. Il faut aussi que tous les problèmes des étudiants sénégalais soient réglés une bonne fois », a-t-il argué, estimant que la question de la bourse doit trouver une solution pérenne.

Oumar KANDE

…LES BAVURES POLICIÈRES DÉNONCÉES À THIÈS…
Ils étaient nombreux dans la rue, hier, pour dénoncer les bavures policières notées dans les universités sénégalaises et réclamer justice pour leur camarade Fallou Sène. Par cette marche pacifique, encadrée par la police, les étudiants de Thiès ont exprimé leur solidarité à leurs camarades de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.

« Justice pour Fallou », « Plus jamais ça ! » « Indemnisation immédiate des victimes ! » « Evacuez Ousmane ! » « Police, hors la loi », « Mary Teuw, démission », etc. Les messages sur les pancartes et T-shirts sont nombreux et quelquefois hostiles aux forces de l’ordre et aux autorités en charge de l’Enseignement supérieur.

A l’image de leurs autres camarades du Sénégal, des centaines d’élèves et étudiants de Thiès ont marché, hier, de la station Edk à la préfecture, en passant par la Promenade des Thiéssois et devant la mairie, pour exprimer leur solidarité aux étudiants de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis dont un des leurs a été tué d’une balle lors d’une manifestation estudiantine le 15 mai dernier.
« A travers cette marche, nous voulons que justice se fasse et que toute la lumière soit faite sur la mort de Fallou Sène, notre camarade tué par les forces de l’ordre, alors qu’il essayait de défendre la cause des étudiants », a déploré Samba Gningue, président de la Coordination des étudiants thièssois.

« Nous disons non à ce qui se passe à l’université qui n’est pas un champ de bataille ou de tuerie. Nous disons à l’Etat du Sénégal de payer à chaque fois les bourses, qui ne permettent même pas de régler les problèmes des étudiants, à date échue. Il ne faut pas attendre qu’il y ait mort d’homme pour essayer de se rattraper », a renchéri Collin Ernest Coréa, étudiant en Master 1 en Banque-Finance- Assurance à l’Université de Thiès. Selon le président de l’Amicale de l’Ufr Sciences économiques et sociales (Ses) de l’Université de Thiès, Daniel sylvain Diémé, cette marche pacifique est initiée pour dénoncer les bavures policières notées également à Thiès et celles qui ont occasionné la mort de Fallou Sène à l’Ugb.

« Nous dénonçons l’injustice dont les étudiants sont victimes à chaque fois qu’ils sont dans la rue pour réclamer le payement de leurs bourses. L’argent qui a été remis à la famille de Fallou Sène ne nous intéresse pas. Tant que justice ne sera pas rendue à notre camarade, nous allons poursuivre la lutte en élaborant d’autres plans d’actions », a-t-il assuré.
À l'issue de la manifestation, un mémorandum a été remis au préfet.

Ndiol Maka SECK

…SAINT-LOUIS DEMANDE UNE PUNITION SÉVÈRE DE L’AUTEUR DU CRIME…
Marche Etudiants Saint Louis 18Les étudiants de l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis se sont encore retrouvés dans la rue pour manifester leur colère. Hier, ils ont organisé une marche pacifique et bien encadrée par les forces de l’ordre pour inviter le gouvernement à mobiliser toutes les énergies en vue de traquer, de neutraliser et de punir sévèrement l’auteur de ce crime commis sur la personne de Mouhamadou Fallou Sène. Cet étudiant originaire de Patar (département de Diourbel) et inscrit en 2ème année de Lettres modernes était âgé de 26 ans. Il était marié et père d’un enfant. Après avoir sillonné les rues, ruelles et artères du faubourg de Sor, dans la commune de Saint-Louis, les marcheurs se sont adressés à la presse pour déplorer, par la voix de leur porte-parole, Babacar Cissé, « la violence faite aux étudiants », «le non respect des franchises universitaires», « la maltraitance faite aux étudiants sénégalais », etc. Ils ont longuement insisté sur l’urgence et la nécessité de prendre en charge la famille du défunt Fallou Sène sur tous les plans et à tous les niveaux. Les jeunes pensionnaires du campus social de l’Ugb ont tenu vaille que vaille à faire comprendre à l’ensemble de leurs concitoyens qu’ils n’ont pas reçu de l’argent de la présidence de la République et qu’ils demeurent incorruptibles. D’autres étudiants sénégalais, des ressortissants de la cité religieuse de Mame Rawane Ngom, ont également organisé une marche à Mpal (à une trentaine de kilomètres de Saint-Louis) pour développer les mêmes arguments et exprimer les mêmes doléances.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

…ZIGUINCHOR EXIGE QUE TOUTE LA LUMIÈRE SOIT FAITE
La marche nationale des étudiants du Sénégal a suscité, hier, un engouement populaire dans les universités publiques de Ziguinchor.

Dans cette partie de la région méridionale du pays, plusieurs centaines d’étudiants de l’Université Assane Seck et de l’Université virtuelle (Uvs) ont battu le macadam pour manifester leur colère avec des brassards rouges et des pancartes, réclamant ainsi « Justice pour Fallou » et « Halte à la violence dans les campus ».

Le porte-parole des manifestants, Gora Thioune, par ailleurs président de l’Inter-amicale des étudiants de l’Université Assane Seck, a profité de l’occasion pour fustiger « l’acte commis » sur leur défunt « frère », Mouhamadou Fallou Sène.

Marche Etudiants Zig 18« Nous demandons que justice soit faite », a-t-il martelé. M. Thioune a aussi déploré les exactions « dont les étudiants font souvent l’objet de la part des forces de l’ordre lors des grèves ».

En outre, les étudiants ont exigé que toute la lumière soit faite sur la mort de leur défunt camarade de l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis. Au-delà de l’affaire Mouhamadou Fallou Sène, ils ont réclamé des réformes pour de meilleures conditions d’études dans toutes les universités du Sénégal.

Les étudiants ont aussi demandé que toutes les autorités impliquées dans la mort de Fallou Sène et dans les retards de paiement des bourses soient sévèrement punies.

Sur ce, ils ont réclamé les démissions des ministres de l’Enseignement supérieur, Mary Teuw Niane, de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Aly Ngouille Ndiaye.

A l’issue de leur marche, les étudiants des universités publiques de Ziguinchor ont été reçus par le gouverneur qui les a exhortés à œuvrer pour la pacification de l’espace universitaire, en attendant que les responsabilités soient situées.

El Hadj Moussa SADIO

…À KOLDA, DES SANCTIONS EXEMPLAIRES RÉCLAMÉES
Les élèves du lycée Alpha Molo Baldé de Kolda demandent que justice soit faite après la mort de l’étudiant Fallou Sène lors des manifestations estudiantines survenues le 15 mai dernier à l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis. Avec le renfort des étudiants de l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs) et de ceux de l’Ugb originaires de la région de Kolda, ils ont organisé, hier, une marche pacifique pour réclamer des sanctions exemplaires contre les auteurs de ce drame. Aucun incident n’a été signalé durant cette manifestation qui, faut-il le rappeler, a été autorisée par le préfet de Kolda. Scandant des slogans comme  « Je suis Fallou Sène » ou « Que justice soit faite sur la mort de Mouhamadou Fallou Sène », les marcheurs ont pris départ devant le lycée Alpha Molo Baldé pour se rendre à la gouvernance où ils ont fait une déclaration à la presse. « (…) Nous tenons à réitérer que l’université n’est pas un champ de bataille, mais un temple du savoir. Nous ne voulons pas aller à l’université pour être assassinés », a déclaré Souleymane Baldé, président de l’Association des étudiants ressortissants de la région de Kolda à l’Ugb et coordinateur du mouvement estudiantin local. Il a demandé aux plus hautes autorités de ce pays de tout mettre en œuvre pour retrouver les coupables, afin que de pareils évènements ne se reproduisent plus dans les universités sénégalaises, non sans rappeler le cas de l’étudiant Bassirou Faye qui avait également trouvé la mort, en 2014, dans des circonstances similaires.

Mamadou Aliou DIALLO

Le président de la République a reçu, avant-hier, les responsables du centre Talibou Dabo et du village Sos. Ces derniers étaient venus remercier le chef de l’Etat qui leur avait offert 50 millions de FCfa, une enveloppe qui avait accompagné le prix leadership et gouvernance que la fédération pour la paix universelle avait décerné au président Macky Sall lors d’un sommet tenu à Dakar en janvier dernier.

Le village Sos et le centre Talibou Dabo sont repartis de cette audience avec deux véhicules de liaison offert par le chef de l’Etat.

Pr Sos et Talibou 2


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