Au Royaume-Uni, comme à travers toute l’Europe, l’exclusion des migrants du marché du travail qualifié est un échec à la fois sociétal et économique. Bien que souvent très éduqués et qualifiés, les réfugiés, et notamment les femmes, ont plus de chances de devoir affronter la pauvreté et les privations que des Britanniques exerçant le même métier. Isolées socialement et perdant confiance face à la discrimination habituelle envers leurs compétences et leur expérience à l’étranger, ces femmes se retrouvent écartées du marché du travail.

En réponse à ce problème, une entreprise sociale de l’Est londonien a pris l’initiative d’aider les migrantes les plus vulnérables à intégrer le monde du travail en les formant au métier de fleuriste.

Fondé en 2016, Bread & Roses est l’œuvre d’Olivia Head et Sneh Jani. A quelques pas des cafés pour hipsters et des boutiques vintage du quartier de Shoreditch, Bread & Roses utilise l’art floral pour accompagner le développement professionnel de nombreuses femmes. Elles y disposent d’un espace protégé où améliorer leur anglais et reprendre confiance en elles.

Lorsqu’on lui demande ce qui a inspiré la création de son entreprise, Olivia Head cite une maxime de la féministe Rose Schneiderman : « Une travailleuse doit avoir du pain, mais des roses aussi ». « Cela nous parle. Nous voulons aider les femmes migrantes à trouver un travail qui fasse sens pour elles, et dans lequel elles puissent s’épanouir », explique-t-elle.

Les participantes viennent de partout dans le monde : leurs fiches d'inscriptions forment un catalogue de pays dans des situations instables. Malgré leur profil qualifié dans leur pays d’origine, elles n’arrivent pas à trouver d’emploi au Royaume-Uni. Leurs parcours professionnels sont pourtant variés : la dernière promotion comptait une enseignante de Syrie et une ingénieure de la République démocratique du Congo.

Salomy, une exilée ougandaise de 44 ans, fait partie des nouvelles recrues de Bread & Roses. Depuis son arrivée à Londres comme demandeuse d’asile, il ne lui est pas possible de trouver du travail tant que son cas n’est pas traité – un processus habituellement long et difficile. En attendant, elle se prépare activement à entrer sur le monde du travail. « Le métier de fleuriste est facile à apprendre. Les compétences que j’acquière me permettront d’obtenir un revenu à l’avenir », dit-elle. Ses compositions florales et celles des autres femmes inscrites au programme sont en vente sur le site de Bread & Roses.

L’environnement d’apprentissage de Bread & Roses offre à Salomy un espace où elle peut échapper à ses soucis. « Les cours donnent beaucoup d’énergie. Ils me font oublier mes problèmes pendant les moments passés à être créative, et j’y prends plaisir », témoigne-t-elle.

Non contente de terminer le premier cours, Salomy s’est d’elle-même inscrite au suivant, en janvier. L’entreprise pourrait d’ailleurs avoir besoin d’elle, car elle projette d’étendre sa surface en 2018.

L’organisation a jusqu’à présent contribué à former une cinquantaine de femmes. Au programme, trois mois de formation au métier de fleuriste, des cours d’anglais et un accompagnement professionnel avant un stage dans le domaine de leur choix. Certaines décident de perfectionner leur travail avec les fleurs. D’autres profitent de leur meilleur anglais pour trouver un stage en relation avec leurs qualifications initiales, par exemple dans le commerce, les fonctions administratives ou l’hôtellerie.

Olivia Head aime à provoquer en déclarant que tout un chacun doit contribuer à la formation des demandeurs d’asile et de ceux qui arrivent dans le pays sans rien, ou presque. « Je crois que tout le monde a un rôle à jouer pour créer un environnement où les demandeurs d’asile puissent s’épanouir dans leur nouveau lieu de résidence. C’est facile de regarder ce que fait le gouvernement et de lui reprocher de ne pas faire assez. Cela l’est moins de se regarder soi-même et de se demander si l’on fait suffisamment ».

Les personnes qui ont besoin d’aide sont nombreuses. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, plus de 120 000 migrants vivent au Royaume-Uni, soit moins de 0,2 % de la population, et 8 000 des 23 000 demandes d’asile ont été déposées par des femmes en 2016. Lent et saturé, le système prend des mois, des années, voire une décennie, pour traiter les demandes d’immigration, laissant des familles entières dans l’incertitude.

Salomy sait qu’elle doit s’attendre à un délai potentiellement long avant de recevoir une réponse à sa demande d’asile. Elle aspire à travailler chez un fleuriste dans son pays d’adoption. « Je suis une styliste de naissance ! Je suis une artiste, créer m’est naturel. J’espère qu’un jour je pourrai exprimer cela dans mon travail ».

Par David Lewis pour Sparknews

3 questions à une créatrice Emilie Hawlena a créé le réseau Genuine Women, qui vise à créer des synergies entre femmes qui lancent leur entreprise.

Emilie Hawlena – 33 ans – veut créer des synergies entre femmes motivées pour les aider à se lancer dans l’arène complexe, passionnante et parfois hostile de la création d’entreprise.

Pourquoi créer un nouveau réseau de femmes?
Après avoir quitté ma Belgique natale, il y a dix ans, et rejoint Genève afin de travailler dans le secteur bancaire, qui ne me correspond plus, j’aspire à développer ma fibre entrepreunariale. Cela passe par la mise en valeur de femmes entrepreneurs dynamiques, créatives et authentiques (ndlr: genuine en anglais). Je ressens un vrai élan de la part de quantité de femmes de qualité à se réaliser. J’espère donc pouvoir mettre en place quelque chose qui accueille cet élan et qui puisse porter les projets de ces passionnées plus loin. C’est bien parti puisque, un peu plus de neuf mois après le lancement de Genuine Women, le réseau compte 254 adhérentes dans toute la Suisse romande. De la prof de yoga en passant par la vigneronne ou l’organisatrice d’événements… Et nous comptons bien ne pas nous arrêter en si bon chemin puisque nous avons ouvert le réseau à Lausanne en mai 2017. L’ouverture dans d’autres cantons est prévue en 2018: en février à Neuchâtel, Fribourg en mai et le Valais pour la rentrée. L'objectif est d'unifier un maximum la Suisse romande. Le message premier du réseau est "ensemble, nous sommes plus fort et nous allons plus loin". Une ambassadrice représentera le réseau dans chaque canton, aidera à son développement et à sa mise en place (partenaires, événements, workshops, etc). Des évènements communs seront bien sûr organisés afin de mélanger les différentes zones géographiques.

Vos atouts pour parvenir à vos objectifs?
D’abord réunir, en constituant une communauté de femmes entrepreneurs solidaires qui permette d’échanger, de créer des collaborations et des synergies. Je suis persuadée qu’ensemble on est plus fortes et qu’on va plus loin ! Offrir ensuite de la visibilité aux membres de Genuine Women à travers un site qui se décline comme une vitrine. Chaque femme a sa propre page qui met en lumière son projet et lui permet d’être contactée en direct. Soutenir enfin ces entrepreneurs ou celles qui aspirent à le devenir dans le développement de leur activité. J’espère ainsi bientôt bénéficier d’une chronique radio qui permettra de présenter chaque semaine l’initiative d’une femme entrepreneur. Autre rêve auquel je travaille: réaliser un magazine trimestriel en distribution libre qui valoriserait des portraits de Genuines, des reportages sur des collaborations et des informations sur ce qui se passe dans le réseau.

Que d’ambitions…
Nous sommes de plus en plus nombreuses à nous lancer sur le chemin de l’entrepreneuriat. Or, ce chemin, bien que palpitant, n’est pas toujours évident et on s’y sent parfois très seule. Pour y remédier, je propose des workshops avec intervenants, des conférences et certains avantages pour aider et faciliter la vie de ces femmes motivées. On se voit aussi régulièrement entre adhérentes autour de petits-déjeuners, lunchs ou apéros, en fonction de nos agendas. Parmi ces rendez-vous, la Rescue drink mensuelle offre aux Genuines la possibilité de réseauter comme à la maison autour d’un verre, détendues et relax. Sans oublier les «Fuckup Ladies Night» où chacune vient raconter comment, au-delà de ses loupés, elle a su rebondir. Enfin, des soirées grand public sont ouvertes aux hommes.

Par Laurence Bézaguet pour Tribune de Genève 

(Thiès-Sénégal) Le micro-jardinage génère des revenus et enrichit l’alimentation des ménages. Les femmes qui ont fait confiance à la terre récoltent les fruits de leur travail qui profitent à toute leur famille.

En entrant dans le bâtiment, il faut serpenter entre les tables couvertes de plantes. Des pots de menthe sont alignés, d’autres espèces fleurissent dans des bouteilles découpées et certaines plantes vertes pendent de leurs supports accrochés aux murs. Nous sommes dans la cour du Centre d’écoute et d’encadrement pour le développement durable (Ceedd). Fondé en 2005 dans la ville de Thiès à 70 kilomètres à l’est de la capitale Dakar, cette association à but non lucratif propose du micro-crédit et de la formation en micro-jardinage aux femmes de milieux urbains pauvres.

La vie au Sénégal n’est pas toujours facile pour les femmes. Que ce soit en raison des traditions bien ancrées ou du manque d’accès aux ressources financières, seules 57% des jeunes filles intègrent l’école secondaire, entraînant de fort taux d’analphabétisation parmi les femmes adultes. Ce faible niveau d’éducation couplé aux obligations familiales expliquent que, selon les Nations Unies, 80% environ des femmes faisant partie de la population active travaillent dans le secteur informel.

« Le micro-jardinage, c’est la vitrine du Centre », se plaît à rappeler la présidente du Ceedd, Oumy Seck Ndiaye. Cette pratique qui se développe en milieu urbain est définie par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) comme « la culture intensive d’une grande variété de légumes, tubercules, racines ou herbes dans de petits espaces. » Ici, plus de 360 femmes font pousser des salades, des choux, des gombos, des aubergines et du basilic. Chacune d’entre elles cultive une espèce particulière, puis elles troquent les récoltes. Cette activité en plus de générer des revenus, permet aux femmes d’avoir des légumes pour améliorer leur alimentation et lutter contre la malnutrition.

Une douzaine de personnes, des employés et des bénévoles sénégalais et européens, forment les femmes aux techniques de micro-jardinage. L’une d’elles, utilisée par le centre, est un système inspiré de l’hydroponie, à l’aide de flottines, composée de plaques de polystyrènes et de mousses, dans lesquelles on insère les plantes à développer. 

Le Centre peut commencer à apprécier le fruit du travail accompli, remportant des prix au niveau national et international. Il diversifie désormais ses activités et élargit son champ d’intervention en proposant des formations en artisanat, de la microfinance, des activités socio-éducatives et des services de santé tels que des tests du VIH, des visites à domicile, de la contraception ou de la vaccination. L’équipe de Ceedd qui cherche à rendre les femmes autonomes sur le plan économique, travaille sur les autres maillons de la chaîne à savoir la transformation et la commercialisation. « Nous formons des femmes sur les techniques de conservation des produits frais ou de leur transformation. Nous avons des confiture d’aubergine, des sirops à base de miel et de citron, des jus avec des pains de singe, du bissap », renseigne la présidente. Les collectivités locales de la ville de Thiès et des villes étrangères, en France notamment, soutiennent le Centre en achetant une partie des produits finis, sécurisant une nouvelle source de revenus pour les femmes.

Les bénéficiaires n’ont pas mis tous leurs œufs dans un même panier. Si la production n’est pas au rendez-vous ou si elles n’écoulent pas leurs légumes, elles peuvent compter sur le crédit revolving. « Les femmes sont obligées de verser une cotisation mensuelle de 1500 francs Cfa (2,5 euros). Donc chaque mois une parmi elle reçoit 60.000 francs CFA (92 euros), qu’elle rembourse au bout de 6 mois. Toutes ces initiatives contribuent à l’autonomisation financière de la femme », nous fait savoir la présidente. Cette pratique informelle de prêts est utilisée dans de nombreux pays d’Afrique et dans les caraïbes.

Malgré un développement important, le centre Ceedd n’est pas à l’abri des difficultés. Comme dans la plupart des pays africains, le Sénégal doit faire face au changement climatique et à l’urbanisation rampante. Les mauvaises récoltes et le chômage ont conduit 40% de la population du pays à s’implanter en zones urbaines, comme à Thiès. Dans ce contexte, la spéculation sur les terres est de plus en plus dure, ce qui constitue une potentielle menace pour les micro-jardins du centre.

Pour le moment, il est clair que le programme Ceedd a permis d’améliorer le quotidien des femmes de Thiès. Désormais en mesure de subvenir financièrement aux besoins de leurs enfants, ces mamans à la main verte abordent le futur avec optimisme.

Par Idrissa SANE pour Le Soleil

http://www.ceedd.org/

 

Cette année, le thème de la Journée internationale des femmes était « Les femmes dans un monde du travail en évolution : pour un monde 50-50 en 2030 ». Partout dans le monde, les femmes et les hommes sont invités à s’engager à déployer tous leurs efforts pour atteindre l’égalité des sexes dans le monde du travail d’ici à 2030. Hélas, dans de nombreux pays, dont le Nigéria, cela demeure une lointaine ambition. Regardez dans n’importe quelle salle de conseil de Lagos ou d’Abuja, et vous verrez une écrasante majorité d’hommes. Mais qu’est-ce au juste qui empêche les Nigérianes de briser le plafond de verre ?

Les mouvements féministes des années 1960 et 1970 ont abouti, dans de nombreux pays, à ce que les femmes s’emparent du monde du travail depuis une quarantaine d’années. La triste réalité est que le Nigéria est à la traîne. Une enquête rapide sur les 20 entreprises cotées au Nigeria Stock Exchange (NSE) montre que sept d’entre elles ne comptent aucune femme dans leur conseil d’administration, et que cinq y ont nommé une seule femme. Erelu Angela Adebayo, ancienne première dame de l’Etat d’Ekiti et toute première présidente de WEMABOD Estates Limited, l’une des plus grandes entreprises immobilières du pays, déclare : « J’ai été présidente de WEMABOD, présidente d’Afriland Properties, membre du conseil d’administration de la Fondation Dangote et de bien d’autres organisations. Et, partout, je me suis retrouvée la seule femme, ce qui m’a fait penser que je servais d’alibi ».

L’économie du Nigéria s’est envolée et son industrie a été propulsée dans le 21e siècle, mais les préjugés envers les rôles attribués à chaque sexe sont profondément enracinés dans les traditions et conditionnent la manière d’élever les filles. L’enseignement universitaire compte énormément pour les Nigérians. Dans les cercles de l’élite nigériane, un master d’une université étrangère fera de vous une épouse de choix, mais vous ne serez pas nécessairement considérée capable de tenir bon dans un conseil d’administration. Les mentalités au Nigéria ont du mal à faire une place aux jeunes femmes fraîchement diplômées désireuses de se lancer dans de flamboyantes carrières. Comme l’auteure nigériane, et véhémente féministe, Chimamanda Ngozi Adichie l’a dit à propos des préjugés sociétaux sur les jeunes femmes : « Vous pouvez avoir de l’ambition, mais pas trop, sinon l’homme se sent menacé ». La dure réalité est que les Nigérians élèvent leurs filles dans la croyance qu’elles ne sont pas capables d’atteindre les mêmes sommets que les hommes.

Ce qui est encourageant est que, en dépit de ces circonstances et de ces attitudes, des organisations fleurissent dans le pays pour favoriser le leadership des femmes et les aider à gravir les échelons de leur carrière. L’une de ces initiatives s’appelle Women in Successful Careers (WISCAR). Créé en 2008 par la célèbre entrepreneure nigériane Amina Oyagbola et basé à Lagos, WISCAR guide les jeunes femmes et les accompagne pour qu’elles gèrent mieux leurs parcours professionnels. En 25 ans de carrière, Amina Oyagbola a remarqué que, sans conseils pour comprendre les rouages du monde de l’entreprise, les jeunes salariées deviennent déboussolées, isolées et perdent confiance en leur capacité à surmonter ces défis. Pour éviter une telle spirale, WISCAR leur fournit une année de mentorat par des professionnels confirmés, et promeut les politiques d’entreprise plus respectueuses de l’égalité des genres.

Les femmes qui font leur chemin jusqu’en haut de la hiérarchie contribuent à amorcer un changement positif à la fois au sein de l’entreprise et dans la société toute entière. Les femmes managers et PDG sont perçues comme plus fiables et collaboratives que leurs homologues masculins. L’économiste nigériane Nike Akande observe que les femmes « possèdent des idées fortes sur la conduite des affaires et cherchent à les partager avec d’autres qui pourraient bénéficier de ce qu’elles ont appris ». Les femmes seraient également meilleures dans la résolution de problèmes et d’excellentes mentors pour leurs jeunes collègues, pour le plus grand bien de l’entreprise sur le long terme.

Une promesse de changement se profile, notamment dans le traditionnellement très masculin secteur bancaire du Nigéria. Sanusi Lamido Sanusi, émir de Kano et ancien gouverneur de la Banque centrale du Nigéria (CBN), a mis en place une règle selon laquelle 40 % des cadres supérieurs de la banque et 30 % des membres de son comité de direction devaient être des femmes au cours de son mandat à la CBN, de 2009 à 2014. « Je crois fermement en la diversité, qu’elle soit de genre, ethnique ou religieuse. Je crois aussi qu’elle ne peut jamais être atteinte en sacrifiant le mérite et les compétences », précise-t-il.

Ce qui, pour le moment, paraît clair est que les femmes nigérianes sont éminemment capables professionnellement. Elles poussent au changement dans l’univers patriarcal de l’entreprise, qui s’ébranle tout doucement. Comment accélérer le processus qui conduira à une plus grande parité dans le monde du travail ? A cette délicate question, une réponse possible est de s’inspirer du modèle esquissé par le secteur bancaire du Nigéria.

Par Yetunde Oladeinde pour The Nation 

Le Programme d’appui au développement économique de la Casamance (Padec) est un projet de l’Etat qui vise à lutter contre la pauvreté. Sur ce plan, d’importants résultats ont été enregistrés à travers des activités de valorisation de l’anacarde, du miel, de la mangue, de la banane et des fruits forestiers.

Le but du Programme d’appui au développement économique de la Casamance est de contribuer à l’atteinte de l’objectif du gouvernement de réduire de moitié l’incidence de la pauvreté des ménages. La finalité est de concourir au développement et à la mise en œuvre du potentiel agricole et agro-alimentaire de la région méridionale du Sénégal par les petits producteurs. Cela, grâce à un appui à des filières porteuses comme l’anacarde, le miel, la mangue, la banane et les fruits forestiers. Hier, lors d’un atelier de capitalisation du Padec, à Ziguinchor, le colonel Daouda Diallo, coordonnateur du Programme, a affirmé que beaucoup de résultats ont été atteints.  

Bilan encourageant
En termes de bilan, le colonel Diallo a cité, entre autres, le financement de 258 sous-projets productifs par le Padec au profit des petits producteurs. Il a indiqué que ces projets sont en train de contribuer à l’amélioration significative des revenus et conditions de vie des bénéficiaires. De même, ils ont favorisé la création de plus de 2500 emplois permanents et temporaires dans les régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda. Il y a eu également 12 % d’accroissement des revenus annuels des opérateurs ciblés dans les secteurs de la transformation du miel, de l’anacarde et des fruits. Au total, 9142 bénéficiaires directs ont été touchés par les sous-projets productifs, dont 60 % de femmes, à travers le financement d’activités de renforcement des capacités et des sous-projets productifs.

Ces sous-projets productifs ont porté sur 103 ruchers, 37 unités de transformation et de conditionnement, 113 plantations (anacarde, mangue et banane) d’une superficie de 654 ha et 5 magasins de stockage de noix brutes d’anacarde d’une capacité 220 tonnes. Selon les statistiques, 2682 bénéficiaires touchés, dont 1252 femmes (47%), ont connu des changements majeurs comme l’amélioration de leurs conditions de vie socio-économique. Notamment, sur les plans de la santé, de l’éducation, de l’habitat, de l’alimentation des jeunes enfants, de l’accès à l’eau potable et au téléphone. Par ailleurs, le Padec a financé beaucoup d’outils de gestion au profit des acteurs institutionnels, services de l’Etat, collectivités locales et de la recherche-développement pour les filières anacarde et mangue, les plans d’aménagement forestier, etc.   

El Hadj Moussa SADIO

Avec un taux d’analphabétisme le plus élevé au monde (près des deux tiers des 781 millions d’analphabètes du monde), l’Afrique souffre d’un véritable problème d’accès aux savoirs manuscrits, en l’occurrence les livres. Certains pays comme le Cameroun souffrent d’une insuffisance de maisons d’édition. Ce qui, par la même occasion, crée une équation par rapport à l’accès aux ouvrages.

Pour l’enseignant à l’Université de Yaoundé, Amos Kamsu Souoptetcha, qui a abordé la thématique : « Régler la question de l’accessibilité aux livres par la jeunesse camerounaise pour enjeux linguistico-socio-économique », l’accès aux livres impacte la jeunesse de son pays de telle sorte que certains sortent de l’université avec des diplômes sans pour autant être en contact avec des ouvrages scientifiques pertinents. D’ailleurs, une étude de la Banque mondiale, datant de 1997, situait à 30% le nombre de jeunes ayant accès au manuel scolaire au Cameroun. 

Face à cette situation, il a plaidé pour la mise en place d’une politique nationale du livre pour encourager l’accessibilité et la distribution. A l’en croire, c’est la seule façon pour pouvoir travailler à la disponibilité des ouvrages. « Cette politique ne sera pas sans l’indispensable rôle de l’Etat. Il devra, à travers ses différentes institutions, être un maillon fort pour la mise en place de cette politique », a-t-il indiqué. Cette politique résoudra, aux yeux d’Amos Kamsu Souoptetcha, l’ampleur du retard observé dans la culture écrite en Afrique. Pour faciliter l’effectivité de cette politique, il pense que l’Etat devra d’abord créé un environnement fiscal et juridique favorable. Mais aussi d’assurer la formation au métier du livre, créer des facilités d’accès au capital et harmoniser des programmes d’enseignement. 

Ibrahima BA 

Les séances plénières pour l’examen du projet de loi de finances 2018 débutent demain. Pendant deux semaines, les ministres défendront les fonds qui leur sont accordés devant les députés. Les parlementaires saisiront l’occasion pour exposer les doléances de leurs mandants.

Le ballet des ministres sera ouvert par Amadou Bâ, du département de l’Economie et des Finances. La dette publique, les budgets alloués à la présidence de la République, à l’Assemblée nationale, au Conseil économique, social et environnemental, au Haut conseil des collectivités territoriales, à la Primature, à la Cour suprême, à la Cour des comptes et au Conseil constitutionnel seront débattus.

Après Amadou Bâ, Me Sidiki Kaba défendra le budget du ministère des Affaires étrangères. Il sera suivi par Mme Angélique Manga, ministre de l’Economie solidaire et de la Microfinance.

Dimanche, les ministères de l’Agriculture et de l’Equipement rural ; du Commerce, de la Consommation, du Secteur informel et des Pme ; et des Forces armées passeront devant les élus du peuple. Mansour Faye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, passera à la plénière lundi. Il sera suivi par Khoudia Mbaye, ministre de la Promotion des Investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’Etat, et Abdoulaye Diop, ministre de l’Emploi, de l’Insertion professionnelle et de l’Intensification de main-d’œuvre. Mary Teuw Niane, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, sera l’hôte des députés mardi.

B. DIONE

L’Union européenne espère mobiliser 44 milliards d’euros pour un plan d’investissement destiné au continent africain. Ce sera lors du sommet Eu-Afrique qui aura lieu les 29 et 30 novembre 2017 à Abidjan.

En attendant le cinquième Sommet Ue-Afrique, qui se tiendra les 29 et 30 novembre 2017, à Abidjan, un briefing par vidéoconférence, tenu avec la presse, a eu lieu lundi dernier au siège de la délégation de l’Union européenne à Dakar. Les hauts responsables de l’Ue ont rappelé que l’Union est le premier fournisseur d’aide public au développement en Afrique. « Pour le plan d’investissement, nous espérons mobiliser 44 milliards d’euros. Et ce sera un sommet de la mobilisation. Nous avons identifié un certain nombre de sujets importants pour l’Europe et l’Afrique », ont-ils déclaré.

Au-delà de la paix et de la sécurité, de la gouvernance, notamment la démocratie, les droits de l'Homme, les migrations et la mobilité, de  l'investissement et le commerce, du développement des compétences, de la création d'emplois, d’autres sujets seront examinés au cours de cette rencontre. Pour les conférenciers, le Sommet Ue-Ua marquera une date et une occasion de  renforcer les liens politiques et économiques entre les deux continents. Et il sera question surtout de la recherche d’une croissance  durable, inclusive et créatrice d’emplois pour les jeunes. « Des défis majeurs nous interpellent aussi : l’industrialisation et la création d’une économie verte. Le potentiel du continent africain en termes d’énergies renouvelables est énorme », ont-ils défendu. La jeunesse sera aussi au cœur des débats. C’est pourquoi 36 jeunes des deux continents, en raison de 18 par continent, travaillent déjà sur l’élaboration des propositions et des recommandations qu’ils présenteront lors du sommet. Les conférenciers ont souligné que la rencontre a pour objectif de stimuler les investissements qui favorisent le développement en Afrique et les débats porteront tout particulièrement sur les jeunes entrepreneurs et les femmes entrepreneurs. Les dirigeants africains et européens comptent s’appuyer sur ces jeunes pour promouvoir un avenir durable. Ils se pencheront aussi sur l'avenir des relations entre l'Ue et l'Afrique, sur les besoins d’un réel partenariat à travers l’emploi, l’éducation et la nécessité de travailler ensemble, ainsi que sur les défis d’une croissance  économique durable,  inclusive et créatrice d’emplois pour les jeunes ; les questions  de paix et de sécurité, de la gouvernance, de la migration, des changements climatiques… « Ce sera un sommet où la jeunesse participera pleinement et non un sommet où nous parlerons d’elle. Nous parlerons aussi de paix et de sécurité, car la stabilité est un élément très important pour le développement. Nous discuterons des moyens d’approfondir notre coopération pour qu’elle soit beaucoup plus politique, c'est-à-dire agir ensemble au niveau politique », ont précisé les conférenciers. Aussi, « c’est tout d’abord un sommet de prise de conscience de l’interdépendance, d’un partenariat de qualité qui existe déjà », ont-ils affirmé. 80 chefs d’Etat et de gouvernement, issus de 55 pays d’Afrique et de 28 pays d’Europe, sont attendus au Sommet Union européenne-Afrique.

Amadou DIOP

 

Le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne a indiqué, hier, que le président Macky Sall travaille à créer un Sénégal pour tous.

Face aux députés du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar, le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne a indiqué qu’au-delà des projets réalisés sur le budget propre du pays, à l’image du Pudc, le président de la République a demandé au gouvernement de créer des mécanismes par des concessions de service public pour que le secteur privé puisse développer des projets. « Et pour cela, il y a le projet de l’autoroute Mbour-Kaolack parce que l’Etat a, aujourd’hui, montré que la réalisation d’autoroutes est un business florissant. Ces types de projets ont montré qu’ils sont rentables. Le secteur privé peut, demain, prendre en charge la réalisation de l’autoroute Mbour-Kaolack, sur ressources propres, et que l’Etat subventionne un peu le ticket modérateur pour éviter qu’il soit cher », a-t-il dit. Le Premier ministre a souligné que la démarche du président Sall est inclusive et participative. Il a fait savoir que le chef de l’Etat a indiqué que les coûts de tous les grands projets qui nécessitaient de gros budgets vont diminuer. « Nous allons créer des conditions pour que l’investissement privé prenne le relais. Donc, je pourrai faire davantage de social », a-t-il rapporté. « C’est cette inclinaison que le président veut ressortir. Davantage d’inclinaisons vers l’inclusion sociale », a insisté M. Dionne. Poursuivant, il a précisé : « Ce sont ces types de projets que nous avons décidé de promouvoir. Ce sera le troisième axe : le Sénégal pour tous. Un Sénégal dans lequel tout le monde se retrouve ».                   

Le travail des parlementaires salué
Le président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar, Aymérou Gning, a salué, hier, le travail abattu par les députés de la mouvance présidentielle lors des travaux des commissions techniques pour la loi de finances 2018. « Un travail important a été abattu. Les députés ont participé en nombre et interpellé les membres du gouvernement sur les préoccupations des populations. Il y a eu plus de 1000 interventions au sein du groupe Benno Bokk Yakaar », a-t-il déclaré. M. Gning s’adressait à ses collègues députés lors d’une réunion d’évaluation des travaux des commissions techniques organisée par le groupe Bby. « Penser que le travail du Parlement se limite à la session plénière est une grosse erreur. Les députés travaillent jour et nuit pour répondre aux attentes des mandants. Mais, ce sont les travaux en plénière qui sont souvent visibles », a-t-il ajouté. Le maire de Mérina Ndakhar a ainsi adressé ses félicitations à ses collègues. « Les députés ont eu une attitude de loyauté, de combat et de responsabilité vis-à-vis du mandat du peuple », a-t-il estimé. Dans la même lancée, il a appelé ses collègues à soutenir le gouvernement lors des sessions plénières qui débutent samedi. « Le budget 2018 s’élève à 3709 milliards. 1309 milliards sont consacrés à l’investissement. Les 52 % du budget sont financés par des ressources internes. 1100 milliards sont destinés à l’entreprenariat et à l’appui des couches les plus vulnérables. Notre soutien au gouvernement doit donc être entier », a dit Aymérou Gning. Selon lui, « si la tendance actuelle continue, le Sénégal accédera à l’émergence avant 2025 », a-t-il affirmé.      

Amadou DIOP et B. DIONE

 

Les députés de l’opposition continuent de fustiger le travail de la commission ad hoc chargée de la levée de l’immunité parlementaire de Khalifa Ababacar Sall. « Cette commission est incompétente dans la forme et dans le fonds », a souligné Modou Diagne Fada, hier, lors d’une conférence de presse animée, à Dakar, avec ses collègues non-inscrits et ceux du groupe « Libéral-Démocrate ». Vêtus tous de leur écharpe vert, jaune et rouge, ces parlementaires ont dénoncé « une cabale politico-judiciaire » dont est victime Khalifa Ababacar Sall avec la complicité de la majorité parlementaire.

Pour Me Madické Niang, président du groupe parlementaire des Libéraux-Démocrates, le président de la commission ad hoc devait écrire au ministre de la Justice et non directement à Khalifa Sall pour l’entendre. Pour lui, c’est la procédure normale.  Aussi, les députés de l’opposition n’ont guère apprécié l’attitude du président de l’Assemblée nationale qui n’a pas donné une suite favorable à la requête soulevée par leur collègue Issa Sall du Pur demandant la création d’une commission ad hoc pour la suspension des poursuites contre Khalifa Sall.

M. NDONG

 

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