Grands Dossiers (309)

À côté de la construction de trois maisons des éleveurs, de dix aires d’abattage et de 25 parcs de vaccination, le Pdesoc a gratuitement mis à la disposition des éleveurs 1.200 tonnes d’aliments de bétail, 200 tonnes de graines de coton et 8.000 pierres à lécher. L’objectif, selon le Directeur du Pdesoc, Dr Alioune Touré, c’est de contribuer au renforcement de la sécurité alimentaire du bétail. Le Dr Paly Cissé a indiqué que la vente de ces aliments par les éleveurs à des prix subventionnés a permis de constituer des fonds locaux gérés par les éleveurs pour le renouvellement des stocks. « Près de 100 millions de francs CFA sont dans les comptes des comités de gestion d’aliment », révèle-t-il. À cela s’ajoutent 24 motofaucheuses équipées de râteaux faneurs mises à la disposition des agropasteurs.

Pour l’amélioration génétique, le Pdesoc a offert aux éleveurs 12 taureaux Guzérat importés du Brésil, 30 béliers Ladoum, 44 béliers Toulabir et 30 boucs Guera, 1.650 coqs raceurs pour un montant de 74.770.000 de francs CFA. Trente (30) techniciens du public et du privé ont été formés en insémination artificielle bovine et équipés de 30 trousses. Deux centres secondaires d’amélioration génétique (Csag) ont été mis en place à Tambacounda et Kolda pour un montant de 74.216.877 de francs CFA pour assurer, en continu des inséminations artificielles. Pour améliorer les conditions d’alimentation du bétail, le Pdesoc a fait emblaver par les agropasteurs, de 2001 à 2014, 465 hectares de niébé fourrager pour une production de 4, 7 tonnes de semences et 40 tonnes de fourrage.

Concernant la protection zoo sanitaire, 5.481.240 doses de vaccins ont été données en appui aux services vétérinaires des trois régions, de même que 969 vaccinatrices et vaccinateurs villageois de volailles formés, 120 auxiliaires d’élevage recyclés. Pour le système de pérennisation, des stocks de vaccins ont été mis en place avec plus de 10 millions de francs CFA de recettes gérées par les éleveurs. À côté de ces actions, le Pdesoc a construit trois maisons des éleveurs à Tambacounda, à Kolda et à Kédougou de même que le siège du projet à Tambacounda.

Par Mamadou GUEYE et Souleymane Diam SY

L’eau est source de vie. Fort de ce constat, le Pdesoc a ciblé des localités situées dans des zones excentrées pour réaliser des forages, des mini-forages et des puits pastoraux. La recherche de l’eau qui était jadis une corvée pour les populations de ces zones est, aujourd’hui, un vieux souvenir.

La Médina Touat, village situé à 15 km de de la cité religieuse de Médina Gounass (Kolda), les populations, composées en majorité d’éleveurs, courent après un forage depuis plus d’un demi-siècle. Depuis sa création, il y a 60 ans, Médina Touat s’approvisionne de l’eau du puits. Le Pdesoc vient de satisfaire une vieille doléance des populations de ce village en réalisant un château d’eau de 100 m3 et de 15 m de hauteur. Avec un débit de 30 m3/heure, l’ouvrage hydraulique peut alimenter d’autres villages ceinturant Médina Touat. Ce dimanche 4 septembre 2016, coïncidant avec l’arrivée de la délégation du Pdesoc, les notables du village se sont donné rendez-vous au forage, construit à la sortie de la localité sur la route de Médina Gounass.

Abdoulaye Bâ, représentant du chef du village, l’air jovial, souligne que l’infrastructure hydraulique constitue une aubaine pour les populations et le bétail. « Notre village, précise-t-il, dispose plus de 5.400 bovins. Le Pdesoc vient ainsi d’étancher notre soif ». Au-delà du bétail, le village revit grâce à cet ouvrage. « Les populations pourront également s’adonner au maraîchage », dit-il. Pour Mamadou Ciradji Ba, notable du village, c’est une vieille doléance des habitants de Médina Touat et environs qui vient d’être satisfaite par le Pdesoc.

Le Président de la Maison des éleveurs de Kolda, Issaga Mballo, s’est félicité de l’avènement de cet ouvrage hydraulique qui contribuera à l’amélioration des conditions d’existence des éleveurs. L’Imam du village, Mamadou Aly Niang, s’est inscrit dans le même sillage. Pour lui, ce forage est d’une importance capitale. « C’est un ouvrage pour nous et pour les générations futures. Nous ne pouvons que rendre hommage au bienfaiteur pour ce geste salutaire », insiste l’Imam. Il a plaidé pour l’augmentation des abreuvoirs autour du forage et des bornes fontaines. À ce sujet, Dr Touré, Directeur du Pdesoc, soutient que d’autres projets importants de l’État à l’image du Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), le PEPAM ou des ONG pourraient assurer la relève pour exécuter les travaux complémentaires notamment étendre le réseau d’adduction d’eau.

7 nouveaux forages réalisés
Le Pdesoc a été mis en place par le Gouvernement du Sénégal avec l’appui de la Banque islamique de développement (Bid) et de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea) pour un montant global de 9, 176 milliards de francs CFA. Le Pdesoc qui comprend plusieurs volets est intervenu dans les dix départements des régions de Tambacounda, Kédougou et Kolda pour une population bénéficiaire estimée à 409.449 agropasteurs. En six ans, le projet a sensiblement contribué à réduire les difficultés des agropasteurs et à améliorer leur sécurité alimentaire.

Le Pdesoc a réalisé sept nouveaux forages équipés avec des adductions d’eau dont quatre dans la région de Tambacounda (Allégué, Toubéré Diaobé, Koumaré et Touba Khitmatoulaye) et trois à Kolda (Médina Touat, Piaye Bouré et Médina Gounass 1).

Neuf anciens forages ont été réhabilités avec château d’eau, abreuvoirs et bornes fontaines dont quatre dans la région de Kolda (Saré Colé Salé, Saré Yoroyèle, Saré Mary et Saré Bidji), quatre dans la région de Tambacounda (Payar, Gallé, Darou Manna, Sinthiou Demba Dème) et un dans la région de Kédougou (Bandafassi). S’y ajoutent 17 mini-forages équipés de pompe manuelle ainsi que 13 puits pastoraux à grand diamètre. Tous sont fonctionnels, excepté le forage neuf de Médina Touat. Dr Touré, Directeur du Pdesoc, assure qu’après l’hivernage, il sera procédé à la mise en service de l’ouvrage avec la Division régionale de l’hydraulique rurale de Kolda qui vient de former le conducteur du forage. De l’avis de Moustapha Thiam, Chef de Division régionale de l’hydraulique de Kolda, ces ouvrages ont fortement contribué à améliorer le taux d’accès à l’eau potable dans la région de Kolda qui a le taux d’accès le plus faible du pays. Toutes ces réalisations seront reversées dans le patrimoine de l’hydraulique.

Par Mamadou GUEYE et Souleymane Diam SY

La ligne de crédit islamique est une des composantes du Pdesoc, financée par la Banque Islamique de Développement (BID) pour environ 775 millions de francs CFA, avec un fonds de garantie de 50 millions du Gouvernement sénégalais. Au 31 mars 2015, date de clôture du financement de la Bid et de transfert du suivi au Fonds d’appui à la stabulation (Fonstab), la ligne de crédit a permis de financer plusieurs micro-projets dans les trois régions de Kolda, Tambacounda et Kédougou, pour un montant total de 336.

045.980 francs CFA. Kolda a reçu 115.587.523 francs CFA pour un taux de remboursement de 90 %, alors que Tambacounda a encaissé 117.344.700 de francs CFA avec un taux de remboursement de 94 %. Sur 77. 113. 757 de francs CFA, Kédougou a eu un taux de remboursement de 74 %. Selon le Directeur du Pdesoc, ces financements ont permis aux agropasteurs de développer des activités économiques et d’améliorer leurs revenus.

Les activités vont se poursuivre sur une période de dix ans avec la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (Cncas) qui a été appuyée par le Pdesoc en ressources humaines (3 agents chargés de clientèle en finance islamique) et en moyens logistiques (3 véhicules neufs tout terrain double cabine, matériel informatique et mobilier de bureau, etc.)

Par Mamadou GUEYE et Souleymane Diam SY

Les femmes de la commune de Bandafassi ont retrouvé le sourire. Depuis que leur ancien forage est tombé en panne en 2006, elles étaient obligées à retourner aux pompes manuelles. Leur calvaire est terminé avec la construction d’un château d’eau et la mise en place d’un réseau d’adduction d’eau par le Projet de développement de l’élevage au Sénégal oriental et en haute Casamance (Pdesoc).

À Bandafassi, situé à 15 km de Kédougou sur la route de Salémata, cela fait 10 ans que l’ancien forage est tombé en panne. Les populations étaient obligées de se rabattre sur les pompes manuelles de la commune qui tombaient souvent en panne. Elles ont retrouvé le sourire grâce au Pdesoc qui a réhabilité le par la construction d’un château de 100 m3 sur 15 m, des abreuvoirs, des borne-fontaines et des prises d’eau pour charettes.Les femmes de la commune éprouvaient d’énormes difficultés à se procurer de l’eau potable. Ce lundi 5 septembre 2016, elles ont toutes convergé vers le forage. Leurs visages rayonnants renseignent sur leur sentiment de soulagement. Leur forage vient d’être mis en service par le Directeur du Pdesoc, en attendant l’arrivée très prochaine des plus hautes autorités pour son inauguration. Elles ont vécu le calvaire avec la panne de leur ancien forage. « Nous étions fatiguées à cause de la recherche de l’eau. Car l’eau est source de vie », soutient Oumou Diallo, au nom des vaillantes dames de la commune. Elle n’a pas manqué de rendre hommage au Pdesoc, leur bienfaiteur. Outre le forage d’un débit de 100 m3, quatre bornes fontaines ont été installées dans la commune dont une au lycée et une autre au quartier Bedik, situé à près d’un kilomètre du centre-ville.

Le Maire de la Commune de Bandafassi, Mamadou Yéro Ba parle d’un « ouf de soulagement ». « Les populations éprouvaient des difficultés pour s’approvisionner en eau », insiste-t-il. Avec la mise en service de leur nouveau forage, il a pris l’engagement de mettre sur pied un comité de gestion de l’ouvrage. Le Chef de village Moussa Diallo a magnifié ce geste de l’État à travers le Pdesoc. Pour l’Adjoint au Sous-préfet de Bandafassi, Daouda Sène, les populations ont vécu l’enfer à cause du manque d’eau. « Quand un partenaire vient pour réparer et réhabiliter le forage, nous ne pouvons que le remercier au nom du Chef de l’État », déclare-t-il.

Par Mamadou GUEYE et Souleymane Diam SY

Dans la concession des Diallo à Hamdalaye Ndiapaldé (Tambacounda), les femmes ne pouvaient pas imaginer que le Pdesoc allait mettre en service ce mardi 6 septembre 2016 leur puits pastoral. Ce jour, comme d’habitude, elles se sont rendues tôt le matin au puits villageois, situé à un kilomètre de leur concession pour se procurer le liquide précieux. Au retour, elles ont trouvé que le Pdesoc a déjà mis en service leur puits pastoral. Leur joie était immense et se lisait sur leurs visages. Elles viennent d’être soulagées d’une corvée quotidienne. Elles cachaient mal leur sentiment de satisfaction et n’hésitaient pas à manifester quelques signes en guise de remerciements à l’endroit de leur bienfaiteur, le Pdesoc. Un don du ciel attendu depuis longtemps par les 3.000 âmes du village. Fodé Diallo, habitant de la localité soutient que les populations composées en majorité d’éleveurs, étaient très fatiguées à cause de la recherche de l’eau. Aujourd’hui, c’est un mauvais souvenir. Avec ce puits, ils peuvent rester sur place en toute saison d’autant que le tapis herbacé de la région résiste durant des mois sans se détériorer. Ce puits fait partie d’un lot de 13 puits réalisés par le projet dans les Régions de Tambacounda et de Kolda.

Par Mamadou GUEYE et Souleymane Diam SY

L’élevage a de beaux jours dans la Commune de Gabou (Département de Bakel). Le Pdesoc vient de réhabiliter le bassin de rétention de la commune d’une profondeur de 2,5 m. Depuis 1969, la mare était devenue inutilisable. Un geste hautement salué par les bénéficiaires.

Soucieux des conditions d’existence des éleveurs du Département de Bakel et particulièrement en saison sèche, le Pdesoc a réalisé un bassin multi usage à l’entrée de la commune de Gabou, située à une trentaine de kilomètres sur la route de Kidira-Bakel. L’Adjointe au Gouverneur chargée du développement de la région de Tambacounda, Awa Ndiaye Diop, le directeur du Pdesoc, Dr Alioune Touré et leur délégation ont fait le déplacement pour constater les réalisations. Les populations de Gabou et environs sont sorties massivement pour manifester leur satisfaction à l’endroit de l’État du Sénégal à travers le Pdesoc.

Ce projet a réhabilité le bassin de 2,5 m de profondeur. Le Maire de Gabou, Bocar Hamady Sy, un gendarme à la retraite, a indiqué que le bassin de rétention ne fonctionnait plus depuis 1969, faute de maintenance et d’entretien. « Les populations attendaient sa réfection », affirme-t-il. Pour lui, on ne peut pas parler de développement sans l’élevage et l’agriculture qui sont des moteurs de la croissance économique. M. Sy souligne que cet ouvrage hydraulique contribuera à alléger le travail des éleveurs et à développer l’élevage dans la zone. « Avec ce bassin de rétention, l’élevage, l’agriculture et même l’horticulture notamment le maraîchage, dit-il, ont de beaux jours devant eux dans la zone et particulièrement à Gabou. » Il a remercié les responsables du Pdesoc et a insisté sur l’importance des ouvrages dans le département de Bakel où ce projet a fait beaucoup de réalisations structurantes.

L’Inspecteur départemental de l’Élevage de Bakel, Mame Birame Bodian a rappelé que la baignade et le linge sont interdits dans cette mare pour ne pas altérer la qualité de l’eau. Au cours de la visite, un groupe de femmes était de l’autre côté du bassin et lavait leurs vaisselles. Au même moment, les troupeaux étaient déjà sur place et s’abreuvaient. Selon l’Adjointe au Gouverneur de Tambacounda chargée du développement, Awa Ndiaye Diop, le Maire peut prendre un Arrêté pour interdire la baignade, tout en invitant les bénéficiaires à prendre soin de l’ouvrage. Outre ce bassin de rétention, le Pdesoc a réalisé notamment dans le département de Bakel, un magasin d’aliments de bétail dans la commune de Gabou, un marché à bétail à Bondji, un poste vétérinaire à Diawara, trois aires d’abattage à Diawara, Kidira et Bakel, une mini-laiterie à Kidira, quatre parcs à vaccination à Garage Diamwéli, Marsa, Ouro Thierno et Yérimalé Deux taureaux Guzerat, deux motofaucheuses et de l’aliment bétail ont été mis à la disposition des éleveurs à Diawara et Gabou.

Ibrahima Ba, pôle régional des marchés publics de Tamba (Dcmp) : « Toutes les autorités contractantes doivent suivre les pas du Pdesoc »
« Nous sommes satisfaits des réalisations du Pdesoc qui sont nombreuses et de qualité. Nous n’avons jamais vu une autorité contractante qui a osé réunir l’administration en l’occurrence les Gouverneurs, les ministères concernés et les partenaires pour visiter des réalisations. Nous apprécions cette belle initiative. Nous invitons toutes les autorités contractantes à suivre les pas du Pdesoc ».

Mamadou Niang, direction de l’élevage : « D’autres projets qui vont consolider les acquis du Pdesoc »
« Il y avait des difficultés dans le démarrage du projet. Mais pour toutes les composantes, le projet a fait des pas importants. Tout n’est pas parfait. Il y aura d’autres projets qui vont consolider les acquis. Le projet a fait un travail qu’il faudra consolider dans le cadre d’une nouvelle phase ou d’une prise en charge par d’autres programmes. Au Ministère de l’Élevage, nous sommes en train de voir s’il n’y a pas une deuxième phase, une continuité dans la prise en charge des activités du Pdesoc. Un autre projet prendra en charge un certain nombre d’initiatives. Ces infrastructures communautaires auront un impact positif pour le secteur de l’Élevage. Au-delà du pastoralisme, les forages réalisés vont améliorer le vécu quotidien des populations. »

Awa Ndiaye Diop, adjointe au gouverneur de Tamba chargée de développement : « Il reste maintenant la capitalisation et la pérennisation des réalisations »
« Le projet avait une composante microfinance et appui aux organisations d’agropasteurs et l’appui aux services déconcentrés de l’Élevage. Nous avons touché du doigt ces réalisations. Je suis satisfaite de ce que j’ai vu sur le terrain en termes de réalisations de forages, de mini-laiteries, de marché à bétail, de bassins de rétention, etc. Nous avons noté la satisfaction des populations. Elles étaient très émues. Tout ce qui reste c’est la capitalisation et la pérennisation. À ce niveau, nous avons noté l’engagement des Maires. Je salue le courage du Directeur du Pdesoc qui est allé dans des zones excentrées pour y faire des réalisations au grand bénéfice des populations locales ».

Par Mamadou GUEYE et Souleymane Diam SY

Après six années de mises en œuvre, le Projet de développement de l’Élevage au Sénégal oriental et en haute Casamance (Pdesoc) a pris fin en septembre 2016. Le Directeur, Alioune Touré tire un bilan satisfaisant des activités exécutées par le projet. 

Le Pdesoc prend fin. Quel bilan pouvez-vous en tirer ?
Le bilan est largement positif. Nous sommes satisfaits des réalisations. Au début du projet, nous nous sommes fixés quatre objectifs. Le premier, c’est à la fin que l’autorité qui nous a fait confiance soit satisfaite. Le deuxième, c’est que les bénéficiaires le soient également ainsi que les bailleurs de fonds et nous-mêmes. Cela s’est passé ainsi. Nous rendons grâce à Dieu qui nous a permis d’avoir ces résultats et cela malgré les contraintes. Du début à la fin, le travail n’a pas été facile notamment dans l’exécution de toutes les composantes. Qu’il s’agisse de l’hydraulique, de la construction des bâtiments administratifs (postes vétérinaires, magasins d’aliments de bétails, maisons des éleveurs, etc.), tout s’est bien passé.

Quel est l’impact de ces réalisations sur le vécu des populations ?
Les zones dans lesquels nous avons implanté les forages l’attendaient depuis longtemps. Les populations s’approvisionnaient à partir de l’eau des puits. Dans certains villages, des femmes faisaient de fausses couches à cause des difficultés liées à la recherche de l’eau. Avec ces ouvrages hydrauliques, outre la disponibilité de l’eau potable, elles peuvent maintenant s’adonner au maraîchage, à l’embouche bovine, à la création de bergeries, etc. Notre pays vise l’autosuffisance en moutons et pour cela, il faudra avoir des bergeries. Et sans eau, on ne peut pas les développer. Les postes vétérinaires, les véhicules et le matériel mis à la disposition des agents techniques de l’élevage leur permettront de s’acquitter convenablement du travail attendu d’eux. S’agissant des magasins d’aliments de bétail, le projet a donné les premières dotations. Les dix magasins ont reçu une dotation d’une valeur de 100 millions de francs CFA. Ces subventions, à côté de celles mises en place dans le cadre de l’Opération Sauvegarde du Bétail, leur permettront à long terme d’être autonomes.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous étiez confrontés ?
Il s’agit principalement de la distance entre les zones d’intervention parce que le Projet couvrait trois régions (Tamba, Kolda et Kédougou) éloignées les unes des autres. L’étendue géographique de nos zones d’intervention était une véritable contrainte. L’autre difficulté était liée au montage du projet car il a été financé par deux bailleurs (BID et BADEA) qui n’avaient pas les mêmes procédures de décaissement. Dans l’exécution, nous étions aussi confrontés à des retards des entreprises contractantes. Bon nombre d’entre elles ont accusé un retard dans l’exécution des travaux. Et cela a joué à notre défaveur.

Les populations ont exprimé leur souhait de voir le Pdesoc consolidé à travers une seconde phase. Quelles sont les perspectives ?
L’autorité a pensé à la pérennisation et à la consolidation du projet. Madame le Ministre de l’Élevage et des productions animales est en train de voir comment prolonger les activités du Pdesoc en vue de les consolider. L’objectif, c’est de pérenniser les acquis. Il faudrait consolider les infrastructures, quelle que soit la formule retenue pour permettre aux agropasteurs d’en tirer le maximum de profit. L’autorité y a bien réfléchi et les activités vont se poursuivre certainement.

La gestion des ouvrages constitue un défi. Quel message lancez-vous aux bénéficiaires ?
Ce sont des investissements importants que le Gouvernement a mis à la disposition des populations. À elles maintenant de bien les gérer. Les autorités administratives, notamment les Gouverneurs ont appelé les bénéficiaires à une bonne gestion.

Votre dernier mot
Je voudrais remercier très sincèrement Madame le Ministre de l’Elevage et des Productions Animales qui m’a fait confiance et m’a soutenu tout au long de l’exécution du projet. Je remercie aussi, au nom de Madame le Ministre, la BID et la BADEA, pour leur soutien financier et technique, les Autorités administratives (Gouverneurs, Préfets, Sous-Préfets), les différents ministères impliqués et les Services régionaux (Eaux et Forêts, Hydraulique, Urbanisme) et l’ensemble des populations des Régions de Tambacounda, Kolda et Kédougou.

Par Mamadou GUEYE et Souleymane Diam SY

Le gouvernement, dans le Plan Sénégal émergent, a un ambitieux programme de développement autoroutier. Il compte, à l’horizon 2030, réaliser 800 km d’autoroutes soit, près de 50 Km par an. Un programme dont la réalisation a déjà commencé avec l’autoroute Aibd-Sindia dont l’ouverture, avec celle de Diamniadio-Aibd, est prévue ce lundi. Sans compter l’axe Dakar-Diamniadio, ouvert il y a quelques années.

Réaliser 800 Km d’autoroutes à l’horizon 2030. C’est l’ambitieux programme que s’est fixé le gouvernement dans le Plan Sénégal émergent. Ce vaste programme à court et moyen termes permettra de relier les grandes villes du centre et du nord du pays. Selon le ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement (Mittd), l’objectif du gouvernement est d’étendre le programme autoroutier jusqu’aux frontières avec les 5 pays voisins, avec une valeur cible d’au moins 50 km d’autoroute construite par an. Les projets à court terme concernent les autoroutes Aibd-Thiès (16 km) et Aibd-Mbour (39 km) d’une part, et Ila Touba (115 km), d’autre part. Selon un document du Mittd, le réseau autoroutier sénégalais aura une longueur de 520 km dans les 10 prochaines années (d’ici l’horizon 2025), si l’on tient compte de l’autoroute urbaine Malick Sy-Patte d’Oie et de la première autoroute concédée entre Dakar et Aibd. «L’objectif du gouvernement est de réaliser 800 km d’autoroute d’ici à 2030 pour permettre la réalisation d’un Sénégal émergent. Les infrastructures routières restent le plus grand soutien à la création de richesse et à la compétitivité du pays », lit-on dans le document.

Les infrastructures, explique-t-on, vont ainsi stimuler les investissements privés et aider au développement des secteurs importants comme l’agriculture, le tourisme, les mines, etc. Elles vont permettre de valoriser de vastes zones d’habitation en milieu urbain et au rééquilibrage en termes d’aménagement du territoire par le désengorgement de Dakar (moins de 3% de la superficie du pays, 25% de la population et plus de 70% de la richesse produite). Dans le développement de son ambitieux programme autoroutier, le Sénégal a reçu le soutien de la Chine à travers Eximbank. Elle a dégagé un montant important pour la réalisation des travaux des trois autoroutes (Aibd-Mbour, Aibd-Thiès et Ila Touba). Suite aux instructions du président de la République, toutes les autoroutes sur financement Eximbank sont réalisées avec des standard internationaux égaux ou supérieurs à ce qui se faisait jusqu’à présent.

Autoroute Diamniadio-AIDB-Sindia : Populations et élus satisfaits
Abdou Seck et Moussa FayeLes populations dont les villages sont traversés par le tracé de l’autoroute Aibd-Mbour apprécient positivement la réalisation de cette infrastructure.

Que ce soit à Sindia, Kignabour, Tchiky, localités traversées par l’autoroute Aibd-Mbour, les qualificatifs ne manquent pas pour saluer la vision du chef de l’Etat de réaliser une autoroute reliant Dakar à la petite côte. Elus locaux, populations, transporteurs, tous se félicitent de la réalisation de cette infrastructure en un temps relativement court. Trouvé chez lui à Kignabour en cette matinée de vendredi, le vieux Abibou Seck soutient qu’un changement radical est en train de s’opérer dans le département de Mbour.

« L’autoroute est bien faite. Elle permet un gain de temps énorme entre Dakar et Mbour. Elle va contribuer à réduire les accidents fréquents sur la RN1 », a-t-il dit. « Nous sommes contents et remercions le président de la République», a ajouté M. Seck, non sans demander la finition des travaux de l’axe Sindia-Ponpenguine. «Cette autoroute est très importante pour les populations du département de Mbour. Elle va contribuer à faciliter le trafic. La Rn1 était devenue dangereuse », renchérit Oumy Seck, originaire de Kignabour.

Selon Babacar Seck, chef du garage de Sindia, la réalisation de cette autoroute présente beaucoup d’avantages. « Maintenant, le trafic entre Mbour et Dakar sera très rapide, fluide et sûr. L’autoroute présente beaucoup de sécurité comparée à la RN1 », s’est félicité M. Seck. « La RN1, c’est l’encombrement. Il fallait beaucoup d’heures entre Sindia et Diamniadio. Avec l’ouverture de l’autoroute, ce sera plus rapide », a déclaré Moussa Faye, un jeune chauffeur trouvé au garage de Sindia.

Pape Diallo, premier adjoint au maire de Sindia : « Le président Sall a réalisé une œuvre grandiose »
Pape Diallo adjoint maire«L’autoroute Aibd-Mbour est d’une importance considérable pour le pays et surtout pour Sindia qui commence à devenir un pôle de développement important. Maintenant, en 30 minutes, nous pouvons aller à Dakar », a confié Pape Diallo, premier adjoint au maire de la commune de Sindia. Selon lui, auparavant, sur une distance de près de 60 km, le voyage se faisait presque en 2 heures d’horloge.
Il salue la vision du chef de l’Etat qui a permis la réalisation de cette infrastructure. « Nous sentons l’émergence à Sindia. Notre localité commence à obtenir une renommée. Le président de la République a réalisé une œuvre grandiose que nous saluons beaucoup», s’est réjoui M. Diallo. Il souhaite tout de même que les autorités appuient la commune concernant l’approvisionnement en eau. Selon Pape Diallo, la localité, compte tenu du poids démographique, est confrontée à un problème d’eau. Le forage, construit dans les années 90, ne peut plus satisfaire les 14.000 habitants de Sindia.

Autoroute Diamniadio-AIDB-Sindia : Indemnisation, création d’emplois, équipements sociaux de base
La réalisation des projets d’autoroute Aibd-Mbour-Thiès et Ila Touba au delà de la facilitation de la mobilité, du développement des localités traversées permettent à beaucoup de jeunes de trouver un emploi. Selon le ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement (Mittd) plus de 3.000 emplois destinés principalement aux jeunes ont déjà été créés par les projets Ila Touba et Aibd-Mbour-Thiès. Sur le plan des équipements, 30 forages ont été réalisés sur l’axe Thiès-Touba, bénéficiant ainsi aux populations. « Pour l’axe Aibd-Mbour, se sont 750 emplois directs qui ont été réalisés. En phase d’exploitation, on espère 150 emplois », a confié Mouhamadou Moustapha Dème, responsable du projet Aibd-Mbour à l’Ageroute.

A partir de 2017, plusieurs équipements sociaux de base (écoles, postes de santé, etc.), ainsi que des pistes de désenclavement seront réalisés dans la zone d’impact du projet. Toutes les personnes touchées par le tracé de ces infrastructures ont été indemnisées. «Avec l’appui des commissions départementales de recensement et la forte implication des autorités territoriales (gouverneurs et préfets) et des services de l’Etat (domaines, cadastre, urbanisme, etc.), toutes les personnes impactées ont reçu une juste indemnisation conforme aux lois et règlements en vigueur. Compte tenu du nombre élevé de personnes concernées (environ 4.000 bénéficiaires), ces opérations vont encore se poursuivre jusqu’en 2017», lit-on dans le document du Mittd.

Tronçon Diamniadio-Aibd : L’infrastructure déjà prête
L’autoroute à péage Diamniadio-Aibd longue de près de 17 km et réalisée par Eiffage est prête depuis des mois. A la gare de péage de Toglou (du nom de ce village du département de Mbour), tout est en place pour assurer une bonne mise en service de l’infrastructure. L’ouverture de ce tronçon avait été prévue pour le mois d’août dernier. Mais elle a été reportée sur instruction de l’Agence nationale pour la promotion de l’investissement et des grands travaux (Apix). Finalement, c’est ce lundi qu’elle sera ouverte à la circulation tout comme le tronçon Aibd-Sindia réalisé par l’Ageroute.
 
Autoroute Ila Touba : Un investissement colossal de près de 418 milliards de FCfa
Macky avec KhalifeL’autre projet qui va révolutionner le transport autoroutier au Sénégal, c’est le l’autoroute Ila Touba. Selon l’Ageroute, le chantier Thiès-Touba (Ila Touba) lancé par le président de la République avec la bénédiction du Khalife général des Mourides début 2015, bat actuellement son plein. Il est de loin le plus grand chantier autoroutier d’infrastructures jamais réalisé au Sénégal. L’objectif est d’effectuer la jonction entre l’autoroute Aibd-Thiès et la Route nationale 3 menant à Touba en 2017 pour assurer un contournement de Thiès. Avec l’achèvement complet des travaux en 2019, Touba sera à moins de 2 heures de Dakar. D’une longueur de 113 km voire 120, les travaux sont prévus pour une durée de 4 ans.
 
L’autoroute Thiès-Touba est considérée comme le plus grand projet jamais réalisé depuis l’indépendance de notre pays, si l’on se réfère au coût global du financement estimé à 418 milliards de FCfa (près de 50 milliards de FCfa dégagés par l’Etat et le reste par les bailleurs). « En reliant Dakar-Thiès et Touba aux autres régions du Sénégal, cette infrastructure  longue de 115 km  remplira une vocation multidimensionnelle.  Elle sera un instrument d’intégration nationale, un outil de  développement économique et social et un facteur de réduction du temps de trafic et de sécurisation du transport.
 
Ila Touba participera ainsi à la densification du réseau routier national, déjà enrichi de la route Linguère- Matam et de l’axe Touba-Dahra-Linguère. En facilitant la connexion avec d’autres axes routiers, ce projet suscitera l’émergence de nouvelles zones de production et d’activités économiques diverses. Voilà pourquoi il a nécessité des études minutieuses sur presque deux ans, pour en mesurer les enjeux, définir les contours, évaluer les retombées et  maîtriser les impacts sur l’environnement et le vécu quotidien des populations », déclarait le président Macky Sall lors du lancement des travaux. 
 
Financement : La Chine, un partenaire efficace
La Chine constitue un partenaire de taille pour accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre de son programme autoroutier. Selon le ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement (Mittd), le gouvernement chinois, à travers Eximbank, apporte un appui au Sénégal dans la réalisation de son programme autoroutier, un des premiers en Afrique de l’Ouest francophone. «Les prêts chinois sont majoritairement donnés à des taux concessionnels et sur une longue période, donc supportables pour le pays. En outre, le gouvernement a fait le choix de mettre toutes les autoroutes à péage. Le produit tiré de la commercialisation de la route (péage) permettra de rembourser les prêts de sorte que les financements Eximbank auront très peu d’impact sur le budget de l’Etat du Sénégal », précise le Mittd dans un document. Suite à l’initiative de la Chine de consacrer 60 milliards de dollars à l’Afrique au Sommet de Johannesburg de décembre 2015, le Sénégal compte encore bénéficier des prêts chinois pour financer les autoroutes grâce au respect de ses engagements financiers internationaux, à la bonne gouvernance et à la bonne tenue de ses finances publiques qui font référence en la matière.

Aliou KANDE et Ndiol Maka SECK (Textes)
Assane SOW (Photos)
 
 

Le président Macky Sall inaugure, ce lundi, le tronçon de l’autoroute Diamniadio-Sindia. Une partie de cet ouvrage (Aibd-Sindia) est réalisée par l’Agence des travaux et de la gestion des routes (Ageroute) sur financement d’Eximbank Chine et de l’Etat du Sénégal. Cette infrastructure moderne est construite selon les normes internationales. Elle présente toutes les garanties sécuritaires et le confort d’une autoroute de dernière génération. 

Au carrefour de Sindia, des ouvriers s’attèlent aux derniers réglages sous au soleil de plomb. Ils improvisent, à l’aide d’une pelle mécanique, un parking de fortune. De loin, Mouhamadou Moustapha Dème, l’ingénieur chef du projet du tronçon Aibd-Mbour, observe. Le sentiment du devoir accompli se lit sur son visage. « Ils sont en train d’aménager un espace pour contenir les véhicules de ceux qui viennent à l’inauguration parce que c’est à cet endroit que nous allons faire la présentation du projet au chef de l’Etat. Mais tous les travaux sont finis sur ce tronçon. L’autoroute est prête à accueillir les premiers automobilistes», explique fièrement M. Dème.

Chaussée très robuste
Le président de la République, Macky Sall, procède ce lundi à l’ouverture du tronçon Diamniadio-Sindia. Dans le cadre de sa politique de renforcement et de sauvegarde de son réseau routier principal, le Sénégal développe un important programme autoroutier décliné dans le Plan Sénégal émergent (Pse) qui fixe les ambitions du gouvernement en termes de politique économique et sociale.

Les projets, à court terme, concernent les autoroutes Aibd-Thiès (16 km) et Aibd-Mbour (39 km), d’une part et Ila Touba (115 km), d’autre part. Le tronçon Aibd-Sindia qui sera mis en service est une autoroute de dernière génération longue de 18 km. Elle est réalisée par l’Ageroute sur financement de China Exim Bank (85%) et l’Etat du Sénégal (15%). Elle entre dans un projet global de réalisation d’autoroutes sur 55 km (Aibd-Mbour et Aibd-Thiès). « L’ouvrage est réalisé avec toutes les normes internationales requises. Il est en très bon état. C’est une autoroute à 2x2 voies extensibles à 2x3 voies pour se projeter dans l’avenir», soutient le chef du projet.

Sur le plan technique, explique M. Dème, la chaussée de cette autoroute est robuste. Elle est faite avec un revêtement en béton bitumineux de 7 cm, une couche de base en grave bitume de classe 4 (GB4 en deux couches) de 22 cm, une couche de fondation en latérite ciment (3%) de 25 cm, une couche de forme en latérite crue sélectionnée (plateforme) de 25 cm, une partie supérieure des terrassements en latérite naturelle de 70 cm. Le tout donne à la chaussée une épaisseur 149 cm. « L’éclairage est assuré au niveau de tous les ouvrages d’art qui jalonnent l’autoroute comme les échangeurs et autres. Aussi, des caméras de surveillance seront placées le long des 55 km d’autoroute que couvre ce projet. C’est comme une autoroute européenne », s’est félicité Mouhamadou Moustapha Dème. « La structure de la chaussée est très robuste. Sauf grande surprise, cette autoroute peut survivre pendant 30 ans », rassure M. Dème. Confort, sécurité, sûreté sont garanties tout au long de cette autoroute.

Selon M. Dème, la réalisation de l’infrastructure qui a été confiée à l’entreprise China international water electric corporation (Cwe) a duré trois ans à cause des difficultés notées dans la libération des emprises et le financement. «Initialement, il était prévu de réaliser ce tronçon en 18 mois», a-t-il précisé. Maintenant, poursuit-il, tous les travaux de ce tronçon sont finis. Même la clôture est faite. Il ne reste que l’axe Sindia-Somone dont les travaux sont également avancés.

Respect des normes sécuritaires
Infrastructure moderne, elle renferme des passages inférieurs pour les populations et le bétail. Mais M. Dème regrette tout de même l’irresponsabilité de certains éleveurs qui préfèrent couper le grillage de clôture que de faire quelques mètres pour prendre les passages inférieurs. «Une emprise de 100 m de l’infrastructure est libérée sauf à hauteur des échangeurs où on a plus. C’est pourquoi certaines populations ont été déplacées et indemnisées. Par ailleurs, 750 emplois temporaires et directs sont créés en phase des travaux et 150 emplois pérennes seront créés en phase d’exploitation », a fait savoir le jeune ingénieur. Cependant, ce tronçon est un peu impacté par les travaux actuels sur le tronçon Aibd-Thiès-Touba.

Mais, selon Ndèye Awa Sarr, chef de la cellule de communication de l’Ageroute, les essais de conformité ont été réalisés grâce à une équipe de contrôle comportant au moins une dizaine d’agents de l’Ageroute et une mission de contrôle forte de 30 personnes. « Tous les défauts décelés lors de ces contrôles seront repris », a-t-elle rassuré. D’après Mouhamadou Moustapha Dème, il sera aussi réalisé, dans le cadre de ce projet, 7 km de voiries, 4 échangeurs de différents types (Thiambokh, Sindia, Somone et Mbour), 18 ponts sous forme de passages inférieurs et supérieurs, un poste de péage pleine-voies et trois postes de péage sur les bretelles d’insertion et de sortie de l’autoroute.

Grand échangeur à Thiambokh
110 ouvrages d’assainissement transversal (dalot) dont certains serviront en même temps de couloir de passage du bétail et 40 km de caniveaux et fossés bétonnés verront également le jour dans le cadre de ce projet.

Parmi tous ces ouvrages, un sort complètement du lot. A en croire Mouhamadou Moustapha Dème, l’échangeur de Thiambokh (du nom du village traversé par l’autoroute Aibd-Mbour-Thiès) sera l’un des plus grands sinon le plus grand échangeur d’Afrique. Élément important du dispositif de l’autoroute Aibd-Mbour-Thiès, le nœud autoroutier de Thiambokh constitue un point d’échanges central. Il permet d’assurer une jonction des autoroutes Aibd-Thiès et Aibd-Mbour.

D’après le chef de projet, toutes les dispositions sécuritaires ont été respectées dans la réalisation de cette autoroute qui permet de gagner du temps avec moins de 10 mn pour le trajet entre Aibd et Thiès et moins de 25 mn entre Aibd et la sortie de Mbour dans un grand confort. Dans le cadre de ce projet, l’Ageroute a aussi réhabilité et agrandi 2 kilomètres du tronçon de la route Sindia-Popenguine. Le reste, soit 8 km, est en cours de réalisation. Le tronçon qui relie le village de Kirène à la route nationale n’a pas été en reste.

Aliou KANDE et Ndiol Maka SECK (Textes)
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La Chine constitue un partenaire de taille pour accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre de son programme autoroutier. Selon le ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement (Mittd), le gouvernement chinois, à travers Eximbank, apporte un appui au Sénégal dans la réalisation de son programme autoroutier, un des premiers en Afrique de l’Ouest francophone. «Les prêts chinois sont majoritairement donnés à des taux concessionnels et sur une longue période, donc supportables pour le pays. En outre, le gouvernement a fait le choix de mettre toutes les autoroutes à péage. Le produit tiré de la commercialisation de la route (péage) permettra de rembourser les prêts de sorte que les financements Eximbank auront très peu d’impact sur le budget de l’Etat du Sénégal », précise le Mittd dans un document. Suite à l’initiative de la Chine de consacrer 60 milliards de dollars à l’Afrique au Sommet de Johannesburg de décembre 2015, le Sénégal compte encore bénéficier des prêts chinois pour financer les autoroutes grâce au respect de ses engagements financiers internationaux, à la bonne gouvernance et à la bonne tenue de ses finances publiques qui font référence en la matière.

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L’autre projet qui va révolutionner le transport autoroutier au Sénégal, c’est le l’autoroute Ila Touba. Selon l’Ageroute, le chantier Thiès-Touba (Ila Touba) lancé par le président de la République avec la bénédiction du Khalife général des Mourides début 2015, bat actuellement son plein. Il est de loin le plus grand chantier autoroutier d’infrastructures jamais réalisé au Sénégal. L’objectif est d’effectuer la jonction entre l’autoroute Aibd-Thiès et la Route nationale 3 menant à Touba en 2017 pour assurer un contournement de Thiès. Avec l’achèvement complet des travaux en 2019, Touba sera à moins de 2 heures de Dakar. D’une longueur de 113 km voire 120, les travaux sont prévus pour une durée de 4 ans. 

L’autoroute Thiès-Touba est considérée comme le plus grand projet jamais réalisé depuis l’indépendance de notre pays, si l’on se réfère au coût global du financement estimé à 418 milliards de FCfa (près de 50 milliards de FCfa dégagés par l’Etat et le reste par les bailleurs). « En reliant Dakar-Thiès et Touba aux autres régions du Sénégal, cette infrastructure  longue de 115 km  remplira une vocation multidimensionnelle.  Elle sera un instrument d’intégration nationale, un outil de  développement économique et social et un facteur de réduction du temps de trafic et de sécurisation du transport.

Ila Touba participera ainsi à la densification du réseau routier national, déjà enrichi de la route Linguère- Matam et de l’axe Touba-Dahra-Linguère. En facilitant la connexion avec d’autres axes routiers, ce projet suscitera l’émergence de nouvelles zones de production et d’activités économiques diverses. Voilà pourquoi il a nécessité des études minutieuses sur presque deux ans, pour en mesurer les enjeux, définir les contours, évaluer les retombées et  maîtriser les impacts sur l’environnement et le vécu quotidien des populations », déclarait le président Macky Sall lors du lancement des travaux.


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L’autoroute à péage Diamniadio-Aibd longue de près de 17 km et réalisée par Eiffage est prête depuis des mois. A la gare de péage de Toglou (du nom de ce village du département de Mbour), tout est en place pour assurer une bonne mise en service de l’infrastructure. L’ouverture de ce tronçon avait été prévue pour le mois d’août dernier. Mais elle a été reportée sur instruction de l’Agence nationale pour la promotion de l’investissement et des grands travaux (Apix). Finalement, c’est ce lundi qu’elle sera ouverte à la circulation tout comme le tronçon Aibd-Sindia réalisé par l’Ageroute.

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La réalisation des projets d’autoroute Aibd-Mbour-Thiès et Ila Touba au delà de la facilitation de la mobilité, du développement des localités traversées permettent à beaucoup de jeunes de trouver un emploi. Selon le ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement (Mittd) plus de 3.000 emplois destinés principalement aux jeunes ont déjà été créés par les projets Ila Touba et Aibd-Mbour-Thiès. Sur le plan des équipements, 30 forages ont été réalisés sur l’axe Thiès-Touba, bénéficiant ainsi aux populations. « Pour l’axe Aibd-Mbour, se sont 750 emplois directs qui ont été réalisés. En phase d’exploitation, on espère 150 emplois », a confié Mouhamadou Moustapha Dème, responsable du projet Aibd-Mbour à l’Ageroute.

A partir de 2017, plusieurs équipements sociaux de base (écoles, postes de santé, etc.), ainsi que des pistes de désenclavement seront réalisés dans la zone d’impact du projet. Toutes les personnes touchées par le tracé de ces infrastructures ont été indemnisées. «Avec l’appui des commissions départementales de recensement et la forte implication des autorités territoriales (gouverneurs et préfets) et des services de l’Etat (domaines, cadastre, urbanisme, etc.), toutes les personnes impactées ont reçu une juste indemnisation conforme aux lois et règlements en vigueur. Compte tenu du nombre élevé de personnes concernées (environ 4.000 bénéficiaires), ces opérations vont encore se poursuivre jusqu’en 2017», lit-on dans le document du Mittd.


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«L’autoroute Aibd-Mbour est d’une importance considérable pour le pays et surtout pour Sindia qui commence à devenir un pôle de développement important. Maintenant, en 30 minutes, nous pouvons aller à Dakar », a confié Pape Diallo, premier adjoint au maire de la commune de Sindia. Selon lui, auparavant, sur une distance de près de 60 km, le voyage se faisait presque en 2 heures d’horloge. 

Il salue la vision du chef de l’Etat qui a permis la réalisation de cette infrastructure. « Nous sentons l’émergence à Sindia. Notre localité commence à obtenir une renommée. Le président de la République a réalisé une œuvre grandiose que nous saluons beaucoup», s’est réjoui M. Diallo. Il souhaite tout de même que les autorités appuient la commune concernant l’approvisionnement en eau. Selon Pape Diallo, la localité, compte tenu du poids démographique, est confrontée à un problème d’eau. Le forage, construit dans les années 90, ne peut plus satisfaire les 14.000 habitants de Sindia.


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Les populations dont les villages sont traversés par le tracé de l’autoroute Aibd-Mbour apprécient positivement la réalisation de cette infrastructure.

Que ce soit à Sindia, Kignabour, Tchiky, localités traversées par l’autoroute Aibd-Mbour, les qualificatifs ne manquent pas pour saluer la vision du chef de l’Etat de réaliser une autoroute reliant Dakar à la petite côte. Elus locaux, populations, transporteurs, tous se félicitent de la réalisation de cette infrastructure en un temps relativement court. Trouvé chez lui à Kignabour en cette matinée de vendredi, le vieux Abibou Seck soutient qu’un changement radical est en train de s’opérer dans le département de Mbour.

« L’autoroute est bien faite. Elle permet un gain de temps énorme entre Dakar et Mbour. Elle va contribuer à réduire les accidents fréquents sur la RN1 », a-t-il dit. « Nous sommes contents et remercions le président de la République», a ajouté M. Seck, non sans demander la finition des travaux de l’axe Sindia-Ponpenguine. «Cette autoroute est très importante pour les populations du département de Mbour. Elle va contribuer à faciliter le trafic. La Rn1 était devenue dangereuse », renchérit Oumy Seck, originaire de Kignabour.

Selon Babacar Seck, chef du garage de Sindia, la réalisation de cette autoroute présente beaucoup d’avantages. « Maintenant, le trafic entre Mbour et Dakar sera très rapide, fluide et sûr. L’autoroute présente beaucoup de sécurité comparée à la RN1 », s’est félicité M. Seck. « La RN1, c’est l’encombrement. Il fallait beaucoup d’heures entre Sindia et Diamniadio. Avec l’ouverture de l’autoroute, ce sera plus rapide », a déclaré Moussa Faye, un jeune chauffeur trouvé au garage de Sindia.

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Après les attentats du 11 septembre 2001, tout était ruines. Quinze ans plus tard, le quartier de Lower Manhattan a bien changé. Sur les décombres des Twin Towers, ont émergé le One World Trade Center et d’autres bâtiments qui font de cet endroit, un lieu de recueillement et une attraction touristique. La métamorphose a pris du temps mais le résultat vaut la peine d’être vu.

C’était donc ici l’emplacement des deux tours jumelles du World Trade Center. Ces deux grands bassins où l’eau coule en permanence comme pour maintenir, dans les esprits, le souvenir vivace du drame du 11 septembre 2001. Ce jour-là, deux avions pilotés par des terroristes ont percuté, de plein fouet, les Twin Towers et les ont fait s’effondrer, plongeant l’Amérique et le monde dans la consternation. Sur les rebords des deux bassins d’eau entourés de plus de 400 chênes, les noms des 2983 victimes sont gravés sur des parapets en bronze. Des brins de fleur ornent les noms de certaines victimes. On est jeudi 8 septembre, au cœur de « Ground Zero ». Dans trois jours, il sera commémoré le quinzième anniversaire de ces attaques terroristes. L’endroit fourmille de monde plus que d’habitude sous la surveillance discrète des forces de l’ordre. Ici, la vie a repris son cours mais le 11 septembre continue de hanter les esprits.

Ces deux bassins font partie du grand complexe de « Ground Zero » dont la pièce-maîtresse reste la tour One World Trade Center appelé aussi « Freedom Towers ». Du haut de ses 541 mètres et de ses 104 étages, il est considéré, aujourd’hui, comme le plus haut gratte-ciel de New York devant le célèbre Empire State Building. Lancés en 2006, les travaux ne seront achevés qu’en 2011.

Le monument est inauguré le 3 septembre 2014. Il est surmonté d’une flèche d’une centaine d’une centaine de mètres qui évoque la torche portée par la statue de la Liberté. Un observatoire en verre culmine à la même hauteur que les deux précédentes Twin Towers (415 et 417 mètres). Quatre autres tours de moindre envergure cohabitent avec le One World Trade Center. Elles mesurent, respectivement, 411 mètres, 357 mètres, 298 mètres et 226 mètres. Aux pieds de ces gigantesques bâtisses essentiellement en verre qui tire sur le bleu, un parc (Liberty Park) a été créé.

Au milieu du parc, se trouve le 9/11 Museum construit au sous-sol. Il rassemble de nombreux effets personnels des victimes retrouvés dans les décombres mais aussi des témoignages sonores et photographiques des attentats. Les visiteurs peuvent voir également des morceaux des piliers originaux des tours jumelles et d’autres objets remarquables, comme une ambulance brûlée, des cabines téléphoniques détruites et des casques laissés par des pompiers et des sauveteurs. Pour se rendre au sous-sol à 21 mètres de profondeur, on peut emprunter les Survivors Stairs (l’escalier des survivants). Cet escalier en ciment a été utilisé par des centaines de personnes essayant d’échapper aux tours brûlantes. L’endroit est devenu, par la force des choses, un lieu de recueillement pour les familles qui ont perdu des proches dans ces attentats et constitue un passage obligé pour tout touriste en visite à New York.

La gare la plus chère au monde
Sur le même site, on ne peut pas manquer de remarquer l’architecture aux allures futuristes de la nouvelle gare de New-York « The Oculus ». Construite pour remplacer l’ancienne gare de la ville, « Authority Trans-Hudson » détruite lors des attentats du 11 septembre, celle-ci gare a coûté 3,85 milliards de dollars. Ce qui en fait la gare la plus chère au monde. De l’extérieure, l’infrastructure renvoie la forme d’un oiseau blanc déployant d’énormes ailes. L’intérieur, situé en dessous du niveau de la rue, fait penser à une grosse ossature arquée. L’espace est vaste, le sol gris, les parois de marbre d’un blanc immaculé pavoisé d’écrans géant qui inondent les lieux d’une lumière dansante. On estime que 250 000 personnes vont y transiter tous les jours. Elle reliera onze lignes de métro et les principales destinations en train pour parcourir les Etats-Unis. La gare abrite une zone commerciale haut de gamme appelée « Westfield World Trade Center » qui a été inauguré au mois d’août dernier malgré que des travaux d’embellissement étaient en cours lors de notre passage sur les lieux.

De notre envoyé spécial aux Etats unis, Elhadj Ibrahima THIAM

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Le rêve américain n’est pas une réalité pour tout le monde aux Etats-Unis. Certaines personnes vivent, éveillées, un cauchemar permanent. Les milliers de Sdf de San Diego en sont un exemple.

Samedi 3 septembre. Les premières lueurs du jour tentent de percer l’épais brouillard qui enveloppe San Diégo. Il y a à peine une heure que les derniers halos de lumière se sont éteints sur le quartier Gaslamp. Ce centre historique de la ville, jalonné sur toute sa longueur par une enfilade de magasins, de restaurants, de bars, de cafés, se réveille timidement après une longue nuit de farniente. La veille au soir, l’endroit fut, comme à son habitude, le lieu de convergence de tout ce que San Diégo compte comme noctambules. On y croise de jeunes gens le corps bodybuildé fièrement exposé, de jeunes femmes presque nues à la plastique affriolante, de jeunes et de vieux couples venus passer un petit moment d’intimité autour d’un plat et aussi et surtout des Sans domiciles fixes quémandant une pitance.

A quelques kilomètres de là, au quartier Ocean Beach, une cinquantaine d’autres Sdf de tous âges, de tous sexes et de toutes couleurs se sont regroupés, comme tous les samedis, aux abords de l’église Holy Trinity Espiscopal Church. Mal fagotés, crasseux, la mine déconfite, certains venant même en famille, ils attendent, patiemment, la distribution des repas offerts par l’Association Second Chances-Bread of life. Notre délégation est invitée à venir donner un coup de main à l’Association pour la préparation des mets. On découvre alors l’envers du décor de l’Amérique qu’on nous montre à la télé. Au pays de l’Oncle Sam, tout n’est pas rose. Des laissés-pour-compte, abandonnés sur le quai du train du développement et du bien-être, vivent à l’ombre des lumières, des strass et des paillettes. La pauvreté a bien un visage dans la première puissance économique mondiale.

9.000 Sdf sur une population de 2 millions d’habitants
En attendant que le repas soit servi, certains Sdf font un tour au dispensaire de l’église pour bénéficier de quelques soins médicaux tandis que d’autres forment une indienne et attendent tranquillement leur tour chez la coiffeuse. En effet, l’Association Second-Chances-Bread of life n’offre pas seulement de la nourriture à ces indigents, elle leur offre aussi l’opportunité de se soigner, de se doucher, d’améliorer leur apparence physique et leur vient en aide quand l’un d’eux a des démêlés avec la justice. « Le comté de San Diego est l’un des endroits qui comptent le plus de Sdf aux Etats-Unis. On en compte plus de 9.000 sur une population de 2 millions d’habitants. Les 3.000 vivent autour du quartier de Ocean Beach », explique Glynn Francks, ancien avocat et président de l’association. D’ailleurs, ajoute ce grand gaillard à la chevelure abondante et à la barbe fournie, c’est à San Diego que le premier tribunal spécial pour Sdf jamais crée aux Etats-Unis a été lancé. Pour dire que le phénomène y est une réalité.

A la place d’un emprisonnement ferme en cas de délits, les Sdf reçoivent, très souvent, des peines de service à rendre à la communauté. Ainsi, il existe un parfait partenariat entre cette église et l’Etat de Californie dont dépend San Diego pour la gestion de la question des Sdf. « Ces gens-là n’ont plus de famille. D’habitude, ils sont d’anciens pensionnaires de maisons d’accueil. Une fois qu’ils ont atteint la limite d’âge pour être dans ces maisons d’accueils, ils se retrouvent dans la rue », dit-il. Pour pouvoir assurer ce repas hebdomadaire à ces pauvres hères, l’association bénéficie de dons de bienfaiteurs et de magasins de produits alimentaires. « Nous ne demandons jamais des dons, c’est toujours les autres qui nous proposent spontanément leur aide. Et nous ne mobilisons personne pour venir nous aider à faire le repas, c’est toujours les gens qui viennent nous proposer leurs services », souligne Francks. Il est d’avis que si chaque quartier de San Diego faisait Ocean Beach, il y aurait moins de Sdf qui fouilleraient dans les poubelles pour trouver à manger.

De notre envoyé spécial aux Etats unis, Elhadj Ibrahima THIAM

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Malgré le mur métallique qui sépare les Etats-Unis et le Mexique, des Mexicains installés à San Diego trouvent toujours le moyen de communiquer avec leurs proches établis dans la ville jumelle de Tijuana.

Friendship Park (le Parc de l’Amitié), à San Diego, sur la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Partie la plus sud-ouest des Etats-Unis. Le vent frisquet venant de l’immensité océane adoucit la chaleur qui enveloppe la ville. L’endroit, situé sur une dépression dunaire, abrite, sous des auvents, des tables de pique-nique d’où l’on peut avoir une vue plongeante et imprenable sur l’océan pacifique. Fermé aux visiteurs du lundi au vendredi, le parc n’est accessible que le samedi et le dimanche de 10 heures à 14 heures. Ce samedi 3 septembre donc, c’est jour de visite. Les lieux sont plus animés que d’habitude. Par ici, une famille entière discute à l’ombre des auvents, par là un jeune couple se pavane amoureusement sur la plage, tandis qu’une équipe d’une télévision locale tourne un reportage.

Mais ce qui rend Friendship Park attractif, ce n’est pas son emplacement bucolique et son paysage sauvage. Ce qui fait la spécificité de cet endroit, c’est qu’il est traversé par une partie de la grille de cylindres d’acier haute de cinq mètres qui délimite, sur une partie de sa longueur (930 km selon certaines sources), la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique longue d’environ 3200 km, allant de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. La barrière qui s’enfonce jusqu’à une cinquantaine de mètres dans l’océan, est faite de section de grillage, comme à Friendship Park, et de mur en béton surmontés de projecteurs et de caméras de surveillances détectant le moindre mouvement. Elle possède 1 800 tours de surveillance, avec près de 18 000 hommes de la Border Patrol pour en assurer la surveillance. Ce mur métallique met en exergue, de manière saisissante, le contraste de la différence du niveau de développement entre les deux pays. Côté mexicain, une enfilade de maisons posées sur les flancs des montagnes, côté américain, des maisons cossues et des gratte-ciel qui, au loin, tutoient le ciel.

Des familles séparées par les lois sur l’immigration
La clôture est composée de deux barrières parallèles entre lesquelles passe une route de patrouille. Devant chaque barrière, est creusé un fossé destiné à empêcher l'approche de véhicules et devant chaque fossé, a été érigée une ceinture de barbelés de plus de deux mètres de hauteur. La largeur totale de l'installation est d'environ 40 mètres. Ses mesures de sécurité ont été renforcées à partir de 2009, explique le Père Rodgers Dermott de l’Association les « Anges de la frontière » qui combat la pauvreté et réclame plus de justice à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. «Jusqu’en 2009, une seule clôture grillagée marquait la frontière dans le parc. Ainsi, les gens, de part et d’autre, pouvaient se toucher et passer des objets à travers la barrière. Depuis, une clôture supplémentaire a été construite sur la frontière internationale. Ainsi, entre les deux barrières métalliques, il y a, au moins, une quarantaine de mètres de distance, ce qui a restreint l’accès au parc et réduit la communication entre les gens des deux côtés à la frontière », explique l’homme d’église.

Depuis la construction de cette deuxième barrière, des familles séparées par les lois sur l’immigration qui venaient passer du temps le long de la grille et qui pouvaient se toucher et se parler entre les larges barreaux ont été davantage isolées. Miguel et sa petite famille font partie du lot des ‘’victimes’’ de cette restriction. Ce samedi, il a donné rendez-vous à un membre de sa famille installé de l’autre côté de la barrière dans la ville mexicaine de Tijuana. Son fils de cinq ans sur les bras, sa jeune épouse poussant derrière lui un chariot-bébé au fond duquel dort, à poing fermé, leur dernier rejeton, le jeune mexicain doit crier presque à tue-tête pour se faire entendre de son interlocuteur. Après un échange d’une quinzaine de minutes, les deux hommes se disent au revoir de la main et se donnent rendez-vous pour un autre weekend. Présent illégalement sur le sol américain, ce parc est le seul endroit où Miguel peut voir et parler de vive voix avec ces proches restés à Tijuana.

Tijuana s’est développée en proportion au rythme effréné des expulsions de clandestins mexicains du territoire des Etats-Unis. Elle est devenue une zone de transit avec des infrastructures hôtelières, sportives, touristiques, avant l’eldorado américain ; le dernier point de passage où les gens vivent et nourrissent le doux rêve de franchir cette double barrière. « Les expulsés gardent toujours l’espoir de revenir sur le sol américain, ainsi, ils ne s’éloignent jamais de la frontière et élisent domicile à Tijuana où ils attendent tranquillement l’occasion de franchir le mur métallique », souligne le Père Dermott.

Cette ville n’accueille pas seulement des refoulés, des Mexicains légalement admis aux Etats-Unis ou disposant de la double nationalité y élisent domicile. Tous les jours, ils traversent la frontière par le point de passage de San Ysidro pour aller travailler dans la ville de San Diego où le loyer coûte très cher. Le long de la frontière, on compte jusqu’à 23 points de passage. San Ysidro en est le plus important. Chaque jour, des dizaines de milliers de véhicules y passent dans les deux sens. Tout autour de ce point de passage marqué par un incessant mouvement de va-et-vient, de grandes chaînes de magasins américains se sont installées pour capter la clientèle mexicaine. Aujourd’hui, la communauté hispanique représente 35 % de la population de San Diego, selon le Père Dermott. Signe de leur poids dans la population de la ville, presque tous les panneaux routiers et les enseignes des magasins sont soient en anglais et en espagnol soient en espagnol tout bonnement.

Entre 25.000 et 30.000 dollars pour traverser la frontière
Le Parc Chicano, situé à une quinzaine de minutes de la frontière, est également une illustration parfaite de la présence remarquée des Latinos dans la ville. Ici, les énormes piliers qui soutiennent le dense réseau autoroutier sont tapissés de fresques rappelant la culture aztèque ou les problèmes au quotidien de la communauté latino. Cet endroit est le quartier général de l’association « Les Anges de la frontière ». Elle aide les clandestins à régulariser leur situation et leur offre de la nourriture, des habits et un logement. « Tous les jours, dans le désert, il y a, au moins, un clandestin qui perd la vie. A ce jour, plus de 650 personnes non identifiées ont été enterrées dans un cimetière tout près de la frontière », dit le Père Rodgers Dermott tout en exhibant trois pièces d’identité ramassées à la frontière et appartenant à des clandestins mexicains.

Il n’y a pas que les ressortissants du Mexique qui tentent la périlleuse aventure. La liste des pays de provenance des clandestins s’est allongée ces dernières années. On y retrouve des Chinois, des Haïtiens, des Indiens et des Africains qui sont prêts à payer jusqu’à 25.000 à 30.000 dollars aux passeurs appelés « Coyotes » pour fouler le sol américain à travers des tunnels, confie l’homme d’église.

C’est en 2006 que le président américain de l’époque, George W. Bush, a signé le Secure Fence Act qui promulguait la construction de la barrière entre les Etats-Unis et le Mexique. Si cette barrière métallique a permis, selon les estimations, de réduire de 25 % le flux de clandestins mexicains, il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, on compterait, sur le sol américain, entre 11 et 17 millions de personnes en situation irrégulière.

De notre envoyé spécial aux Etats unis, Elhadj Ibrahima THIAM

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La croisade contre la mortalité maternelle et néonatale est loin d’être gagnée dans les zones reculées des régions de Louga, Saint-Louis et Matam. Les femmes enceintes continuent de perdre la vie lors des évacuations ou durant l’accouchement. Certaines localités trainent un déficit en ressources humaines et en logistique roulante. Pourtant, le tableau n’est pas noir comparé à la moyenne nationale. Le taux d’accouchement assisté par un personnel qualifié est de 59,6 % dans ces 3 régions contre 53 % au niveau national.

Les accouchements à domicile sont en net recul dans au moins 300 villages sans case de santé.

Dossier réalisé par Idrissa SANE

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L’engagement communautaire a fait tomber les barrières socioculturelles et économiques dans 300 villages sans poste de santé dans les régions de Louga, Matam et Saint-Louis. Les accouchements à domicile reculent. Par conséquent, la mortalité maternelle et infantile baisse.

Pour se rendre à Wandé, en venant de Dahra, c’est à partir de la commune de Déaly qu’il faut emprunter une piste sableuse et sinueuse sur une dizaine de kilomètres de la route nationale. Les véhicules roulent à vive allure. Elles bondissent au niveau des dénivellations. La plaine est austère. Une chaleur d’étuve l’enveloppe. La localité n’est pas facile d’accès. Au bout d’une trentaine de minutes, voici Wandé. Le village n’a pas de case de santé. « La distance moyenne qui sépare les villages dans cette zone est d’au moins 40 km. Il faut entre 2 et 3 heures pour évacuer un malade. Si ce sont des cas graves comme des femmes enceintes, c’est compliqué », s’alarme le médecin-chef de Dahra, Mamadou Thioro Mbaye.

Isolé dans une vaste plaine, Wandé n’est pas ouvert à l’évolution de la prise médicale, notamment la gestion des grossesses. L’accouchement à domicile a une charge sociale positive dans ce milieu où les Sérères et les Peulhs cohabitent harmonieusement.

« L’accouchement à domicile était perçu comme une réussite de la gestion d’une grossesse au sein d’une famille. Lorsqu’une femme s’apprête à accoucher, les hommes étaient obligés de quitter la concession », rapporte la porte-parole des femmes. Cette pratique n’a pas résisté aux causeries, aux séances de sensibilisation des relais et des comités de femmes. Le temps et la sensibilisation ont fait tomber les barrières socioculturelles. Elles ne donnent plus naissance à domicile. « Aucune femme n’a accouché à domicile en 2015. Les relais et les comités de femmes ont contribué à amener les femmes enceintes à faire des consultations prénatales, à se rendre au poste de santé en cas de saignements ou d’autres complications liées à la grossesse. Dans cette zone, les accouchements à domicile sont passés de 10,5 % à 8,9 % », se réjouit Ibra Pouye, l’infirmier chef de poste de Déaly.

La barrière financière surmontée
La barrière financière à l’accès aux soins s’est écroulée. Une caisse de solidarité a été créée. Elle est alimentée par les cotisations de la communauté. C’est une sorte de couverture maladie à l’échelle communautaire. « Actuellement, les femmes ne diffèrent plus les visites prénatales. En cas d’urgence, elles font des prêts pour leur évacuation ou leur accouchement. Il en est de même des hommes qui sont malades. Après, ces personnes remboursent. Nous avons actuellement 107.500 FCfa en caisse », confie le gestionnaire de la caisse de solidarité, Demba Faye.

Le non-respect de l’échéance de remboursement est négocié. Un moratoire est accordé au requérant. Tout le monde y trouve son compte. Toutes les couches de la population sont couvertes par cette mutuelle villageoise. Les visites prénatales et post-natales ne sont plus un luxe pour les femmes de Wandé. « Auparavant, lorsque vous dites que vous allez faire des consultations prénatales ou une échographie, d’autres femmes vous disent que vous avez de l’argent. Nous ne le faisions pas. Nous n’y pensions pas. Aujourd’hui, nous faisons des analyses et des échographies grâce à la sensibilisation et aussi à notre caisse », compare Ndèye Diaw, la présidente du Comité des mamans.

L’effet d’entrainement est systémique. Les accouchements assistés et le respect du calendrier des vaccinations sont observés dans le poste de Santé de Déaly. « Les populations des 13 villages où se déroule le projet fréquentent de plus en plus le poste de santé. Nous n’avions pas dénombré un seul cas d’accouchement à domicile dans ces 13 villages. La commune compte 70 villages. Donc, le travail reste à faire », évoque l’infirmier chef de poste de Déaly.

Wandé n’est qu’un village parmi les 300 répartis entre les régions de Louga, Matam et Saint-Louis où l’initiative communautaire a été au cœur du recul des accouchements à domicile. Le taux d’accouchement assisté par un personnel qualifié est de 59,6 % ; ce qui est supérieur à la moyenne nationale (53 %). Les retombées pèsent sur la survie des nourrissons et l’amélioration de la santé de la mère. Dans ces villages, les relais effectuent des visites à domicile, ils jettent un regard sur le calendrier de vaccination et rappellent au besoin les rendez-vous. Ils montrent comment tenir un nouveau-né qui tète. « Nous avons constaté une baisse des accouchements à domicile dans 300 villages où intervient le projet grâce à la coopération luxembourgeoise. Actuellement, les femmes vaccinent leurs enfants. Elles rejettent de moins en moins la planification familiale », se félicite M. Sow de Wepsha. Les acteurs réfléchissent sur les stratégies de capitalisation de cette initiative communautaire dans d’autres villages sans case de santé.

Idrissa SANE

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La région médicale de Louga est sur le pied de guerre contre la mortalité maternelle et la malnutrition. Le colonel Mame Demba Sy, médecin-chef de la région médicale de Louga, a indiqué que des actions concertées sont en cours de préparation. Il a donné les assurances à la mission conjointe de suivi de trois agences du Système des Nations unies (Unfpa/Oms/Unicef) qui a sillonné les régions de Louga, Saint-Louis et Matam au mois de mai dernier.

La maîtresse sage-femme, enveloppée dans une blouse rose, apparaît très détendue. Avec une certaine aise, elle se livre aux jeux de questions-réponses des membres de la mission conjointe de trois agences du Système des Nations unies (Unfpa/Oms/Unicef).

Combien coûte un accouchement ? demande un membre de la délégation. « 5.000 FCfa, mais nous allons passer à 7.500 FCfa », répond la maîtresse sage-femme. Les membres de la mission se regardent dans les yeux. La sage-femme est impassible, précisant que « les femmes ne sont pas confrontées aux problèmes de paiement pour s’acquitter de ce montant, parce qu’elles sont membres des mutuelles de santé ».

Le colonel Mame Demba Sy, médecin-chef de la région médicale de Louga, prend la parole pour nuancer et rassurer les hôtes.

L’orientation, précise-t-il, c’est d’aller vers une baisse des tarifs. L’équipement des centres a fait chuter la mortalité maternelle et néonatale. Cette baisse ne reflète pas le tableau de la lutte contre la mortalité maternelle et infanto-juvénile dans la région. Dans d’autres structures sanitaires, en dépit de la baisse, des spécialistes estiment qu’elle est encore très élevée. « La mortalité maternelle et infantile est encore supérieure à la moyenne nationale », décline M. Sadio, chef de service des soins infirmiers de Louga, qui faisait une présentation. Le taux d’accouchement assisté y est de 59 %. Le mot d’ordre des agents, c’est d’inverser la tendance. Dans les couloirs des centres de santé et des hôpitaux, la planification des actions est à un stade avancé. Le refus de la fatalité est un sentiment partagé. « Il ne sert à rien de faire les audits des décès maternels et néonataux et de s’en limiter là. Il faut aller au-delà. Je pense que des actions ciblées et spécifiques sont nécessaires pour chaque décès », préconise le responsable de la région médicale, le colonel Mame Demba Sy.

La mortalité n’est pas le seul sujet de préoccupation. L’enquête smart avait révélé que la malnutrition affectait beaucoup d’enfants dans la zone de Linguère en dépit des bonnes récoltes. Le taux de malnutrition aiguë global était de 9,9 %, alors que la proportion de la malnutrition aiguë sévère grave était de 1,4 %. « Le taux de malnutrition a atteint un seuil critique selon la dernière enquête », rapporte Gustave Manel de la Direction de la santé de la reproduction et de la Survie de l’enfant (Dsr/Se). C’est un peu paradoxal. Les intervenants ne se bornent pas de mettre la pauvreté au banc des accusés. Le gouverneur de Louga indexe l’abandon des solutions qui sont à la portée de toutes les bourses. « Nous ne pouvons pas expliquer cette malnutrition par la pauvreté des populations. Nous sommes dans une zone de production de niébé et d’arachide par excellence. Nous abandonnons de plus en plus nos habitudes alimentaires et nos recettes culinaires », tente de comprendre le gouverneur de la région de Louga.

omme pour la mortalité maternelle et néonatale, la région médicale planifie des interventions. Des partenaires s’engagent dans la croisade. Ce n’était qu’une question de temps pour lancer une offensive contre la malnutrition. « Il y a une riposte qui se prépare contre la malnutrition. Nous avons organisé un atelier inter-région pour peaufiner la riposte. Il y a des acteurs qui ont pris des engagements, à l’image d’Action contre la faim. Nous avons déroulé des interventions spécifiques à Linguère. Il y a également le ministère de la Santé, à travers la Division de l’alimentation et de la nutrition et celle de la santé de la reproduction et du suivi de l’enfant, qui va renforcer son intervention », dévoile le colonel Sy.

Aussi, il a été recommandé de réaliser des enquêtes par département pour identifier, de manière profonde, les causes et affiner les stratégies. La région médicale de Louga se trouve, à nouveau, sur le pied de guerre contre la mortalité maternelle et infantile et la malnutrition.

Idrissa SANE

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La chargée des questions de santé à l’Unicef, Dr Marième Sylla Diène, insiste sur le recours des pratiques simples pour récupérer des nouveau-nés. Pour cette spécialiste en santé, la pratique de la réanimation peut contribuer à sauver la vie de nombreux nouveau-nés juste après l’accouchement. Le sous-équipement n’est pas un frein à l’usage des gestes simples qui sauvent des vies. « Il y a des techniques simples pour réanimer les nouveau-nés. Dans 99 % des cas, il suffit de sécher l’enfant pour maintenir la température en l’essuyant et en le maintenant dans un linge sec et propre, le stimuler et au besoin aspirer les sécrétions dans la bouche et dans le nez pour libérer les voies ariennes. Ces gestes arrivent à ressusciter la plupart des bébés qui naissent et qui n’ont pas crié », conseille le Dr Diène.

Au cas où le nouveau-né n’a pas crié après la stimulation, le praticien passe à l’étape suivante, c’est-à-dire la ventilation. Cet acte, affirme la spécialiste, a non seulement l’avantage de récupérer plus de bébés, mais aussi d’offrir les conditions d’un éventuel transfert vers un centre plus équipé. « Après la ventilation, il y a une faible marge qui a besoin de soins spécifiques nécessitant un transfert vers un centre beaucoup plus équipé », renseigne-t-elle.

Idrissa SANE

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Le district sanitaire de Dahra a son avocat. C’est le Dr Mamadou Thioro Mbaye. Ce praticien est un serviteur dévoué du système sanitaire, ont témoigné les autorités administratives et les élus locaux. Il ne rate jamais l’occasion de poser sur la table le relèvement du plateau technique et l’augmentation des ressources humaines pour Dahra. Son district a obtenu de bons résultats en matière de lutte contre la mortalité maternelle et infantile.

Le médecin-chef du district sanitaire de Dahra, Mamadou Thioro Mbaye, n’est pas un partisan du service minimum. Ce n’est pas non plus le sous-équipement qui freinera son élan. Il ne se contente pas seulement de consulter et de soigner des malades. Ce praticien regorge d’énergie pour être à la fois dans des salles de consultation et sur le terrain de la sensibilisation. La bataille contre les pathologies se gagne sur ces deux fronts. La réduction de la mortalité et de la morbidité liées aux différentes maladies empêchent ce natif de Dahra de dormir. « C’est un médecin qui abat un excellent travail. Il est disponible et joignable à n’importe quel moment », témoigne le sous-préfet de Sagatta, Moussa Yatt, lors de l’échange avec les populations de Wandé.

Le maire de Déaly confirme les propos du sous-préfet. Le médecin-chef est plus qu’un serviteur du système de santé. L’obligation de résultats sous-tend son dévouement. « Il faut sortir, sinon les indicateurs seront au rouge », conseille le Dr Mamadou Thioro Mbaye. Lui et ses collaborateurs sont dans une course sans fin pour la préservation des acquis. Il reconnaît les contributions de chacun à l’obtention des bons résultats. « Nous avons une réduction des accouchements à domicile dans la zone de Déaly. Cela s’explique, en partie, par le dévouement de l’infirmier chef de poste », reconnait le médecin-chef qui enfile, par moment, la robe d’avocat pour défendre son district.

Parfois aussi, il se fait le porte-parole de sa communauté. L’amélioration des conditions de travail des agents le pousse à faire des plaidoyers pour le renforcement de la logistique roulante. Le département de Dahra est une collectivité particulière. « Nous avons des problèmes de maillage du district. Vous pouvez faire 200 km tout en restant dans le district. Vous pouvez passer 2 à 3 heures pour évacuer un malade, une femme enceinte. Avec l’état des pistes, celle-ci a le temps de mourir. Nous avons besoin de la logistique roulante », plaide le Dr Mbaye.

Au bloc opératoire de la maternité et à la salle de réveil, son équipe fait bloc autour de lui. Les autres spécialistes échangent de façon cordiale. Il a laissé le soin au chef du service de fournir les informations lors du passage des membres de la mission des agences onusiennes. Dr Mbaye est courtois, il écoute ses interlocuteurs. Mais c’est aussi une personne qui sait défendre ses arguments. Il ne cède pas s’il sait qu’il a une part de vérité. La méthode de calcul sur les données avait soulevé une discussion entre Dr Mbaye et l’une des dames de la Direction des statistiques du ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Sous sa direction, les indicateurs de la lutte contre la mortalité maternelle ont évolué. En 2015, seuls 8 cas de décès sont enregistrés à Dahra qui fait plus de 3 fois la région de Dakar. C’est une performance. Le praticien ne perd pas de vue que les défis sont énormes. « Beaucoup d’efforts sont réalisés en matière de lutte contre la malnutrition. Il reste beaucoup à faire en matière de lutte contre la malnutrition des enfants », admet le Dr Mamadou Thioro Mbaye. Tous les jours, lui et son équipe s’attèlent à réduire au minimum les évacuations des femmes enceintes. C’est une question de crédibilité pour l’établissement. On comprend alors pourquoi il ne cesse de réclamer la modernisation du plateau technique dans un district très vaste. Les évacuations des femmes enceintes peuvent ne pas se terminer dans les meilleures conditions. « Toutes les complications obstétricales enregistrées sont prises en charge à moins que le médecin anesthésiste ne soit absent. Le temps perdu ne joue pas en faveur du malade », rappelle-t-il.

Idrissa SANE

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L’ancien centre de santé de Ourossogui a été construit dans une zone reculée et peu dotée en structures sanitaires. Au-delà de ses missions classiques, l’établissement est le réceptacle des malades des postes et cases de santé. Elle assure leurs évacuations en cas de besoin. Mais le système n’est pas encore huilé.

L’entrée du Centre hospitalier de Ourossogui n’est pas noire de monde en ce 25 mai 2016. Quelques patients sont au hall du nouveau bâtiment aéré et éclairé. Ce n’est pas le seul constat. L’ancien bâtiment se distingue par l’épaisseur de ses murs. Les fenêtres et les portes sont surmontées par des demi-cercles. Les lignes architecturales dessinent une sorte de voûte nubienne. Construit depuis 1976, le centre de santé, devenu hôpital de niveau 1, avait la vocation de recevoir les malades des rares postes et cases de santé à l’époque. Les années passent. La vocation ne change pas.

Par sa position géographique, l’hôpital de Ourossogui de niveau 1 est le plus équipé pour recevoir les cas compliqués et assurer leurs évacuations sanitaires vers Saint-Louis ou Louga qui sont à plusieurs centaines de kilomètres. Lors du passage de la mission des agences du Système des Nations unies (Unicef, Oms et Unfpa), cette vocation saute à l’œil. Les couloirs des compartiments d’hospitalisation et de la maternité bruissent de malades. « C’est une structure de référence. Nous recevons des malades des autres districts et des pays limitrophes comme la Mauritanie et la Guinée. Elle a aussi une mission d’évacuation des malades vers Saint-Louis ou Louga », explique le chef du service des soins infirmiers, Lamine Sall. En 2015, beaucoup de cas d’urgence d’enfants de 0 à 5 ans ont été pris en charge. Sauf que pour les observateurs avertis, ces cas ne sont pas suffisamment renseignés pour apprécier la qualité des références. « Il y a un challenge pour les références et les contre-références. Les cas de référence de 0 à 5 ans ne sont pas présents. J’attendais l’analyse de la qualité des références. C’est un chantier », objecte Dr Bocar Lô de la Fondation LuxDev.

Il n’est pas le seul à émettre cette réserve. Dr Lodi Evariste, assistant technique principal de la composante santé du 3ème programme de la coopération sénégalo-luxembourgeoise, abonde dans le même sens. « Il y a un problème de référence et de contre-référence dans la région. Je propose la création d’un centre d’accueil de référence », suggère-t-il. Pourtant, l’équipement de la maternité, dans le cadre du projet, a eu des incidences positives dans la réduction de la mortalité maternelle et néonatale dans la région. Les membres de la mission des Nations unies (Oms, Unfpa et Unicef) qui ont visité l’hôpital dans le cadre du Pic II (Sn/027) ont demandé aux responsables de l’établissement de travailler en étroite collaboration avec l’hôpital de Matam.

Idrissa SANE

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La bataille contre la mortalité maternelle et néonatale ne peut pas être gagnée en laissant les zones reculées trainer un déficit structurel de ressources humaines qualifiées. C’est la conviction de Dr Cheikh Tidiane Bâ, coordonnateur national du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa).

Nous venons de boucler une visite dans les régions de Louga, Matam et Saint-Louis. Est-ce que vous êtes satisfait des mesures qui sont mises en œuvre ?
C’est une mission conjointe du Système des Nations unies. Ce n’est pas toujours évident que les agences du Système des Nations unies (Unfpa, Oms et Unicef) l’organisent. Cette mission est organisée avec la coopération luxembourgeoise. Il faut aussi noter que c’est la deuxième fois que nous faisions une pareille mission. La première fois, c’était avec l’Usaid. A l’issue de la présente mission, qui nous a conduits à Matam, Louga et Saint-Louis, nous avons noté qu’il y a des avancées par rapport à la santé maternelle, à la planification familiale, au Programme élargi de vaccination (Pev) et aux accouchements assistés. Néanmoins, il reste des défis à relever.

Quels sont les défis à relever ?
Il y a une absence de spécialités dans les trois régions. Si nous prenons Matam, elle n’a pas de pédiatre pour le volet de la santé néonatale et infanto-juvénile. C’est préoccupant. Nous avons constaté que des centres de santé et des blocs (Sonu : Soins obstétricaux et néonataux d’urgence) construits, mais qui sont non fonctionnels. Cela ne date pas d’aujourd’hui. En conséquence, il y a un effort à faire en termes de plaidoyer auprès du ministère de la Santé et de l’Action sociale.

En outre, nous avons aussi constaté l’importance des initiatives communautaires. Mais la couverture n’est pas importante. Beaucoup de villages ne sont pas encore touchés. Aussi est-il apparu que les cadres de concertation fonctionnent plus ou moins dans des zones où interviennent l’Unicef et l’Unfpa. Les indicateurs de la bonne gouvernance sont bons dans ces zones. C’est le cas au poste de santé de Fanaye. Il y a un besoin que ces initiatives communautaires soient élargies à d’autres villes. Nous ne devons pas aussi perdre de vue que nous sommes dans une zone sylvo-pastorale. Il faut des stratégies avancées et novatrices pour toucher les populations. Maintenant il est nécessaire de passer à l’échelle. Il y a une nécessité de couvrir d’autres villages.

Globalement, nous sortons satisfaits de cette mission. Nous sortons de cette mission avec beaucoup de thématiques et de plaidoyer. Il n’y a aucune région où les cadres de concertation fonctionnent correctement. Nous allons porter le plaidoyer. Nous allons essayer, dans la limite de nos possibilités, d’appuyer ces cadres. En somme, il y a trois choses à faire. Il s’agit de poursuivre le plaidoyer, afin que des zones éloignées puissent être dotées de spécialités et de ressources humaines de qualité. La deuxième chose, c’est de faire la cartographie des initiatives communautaires pour couvrir d’autres villages avec des financements additionnels. Le troisième défi à relever, c’est la logistique roulante. Nous avons fait le district de Dahra qui est trois fois plus important que la région de Dakar en termes de superficie. Le médecin-chef l’a dit. Vous pouvez faire 200 km en restant dans le district. Il va falloir plus d’ambulances et de voitures. Nous allons voir ce qu’il faut faire.

Des blocs ne fonctionnent pas faute de spécialistes. Qu’est-ce qu’il faut faire ?
Nous devons faire en sorte que les blocs fonctionnent. L’année dernière, il n’y avait pas un gynécologue à Matam. Aujourd’hui, nous avons deux gynécologues dans cette région. Nous allons continuer le plaidoyer auprès de l’Etat, des communautés et des partenaires.

Est-ce que les initiatives communautaires sont une réponse au déficit en ressources humaines ?
L’initiative communautaire ne peut pas être une réponse au déficit en termes de ressources humaines. Ces initiatives ne sont pas déroulées dans des communes dotées de cases et de postes de santé. Elles sont développées dans les villages où il n’y a pas de case de santé. C’est surtout le volet prévention. Ces initiatives ont contribué à réduire les retards de consultation. Les accouchements à domicile diminuent à Déaly. Si dans tous les villages ces initiatives sont étendues, nous aurons réglé beaucoup de problèmes. Les accouchements à domicile diminuent dans les zones où il y a des initiatives communautaires. L’Information, l’éducation, et la communication (Iec) et les caisses de solidarité ont aidé à la prise en charge sanitaire des populations. Ces initiatives communautaires créent la demande. Elles sont une réponse au déficit en ressources humaines, surtout dans les zones reculées.

Idrissa SANE

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