Idées et Réflexions (1022)

Monsieur le Délégué général
de la Der/FJ,

Nous vous encourageons et prions pour votre succès dans l’exercice qualitatif et quantitatif de vos nouvelles fonctions. La jeunesse sénégalaise, toute confondue, porte un grand espoir sur votre structure : la Der/FJ.
Le président de la République, Son Excellence Monsieur Macky Sall, à l’orée du scrutin du 24 février 2019, (A) vous a certes choisi sur des bases solides et opportunes, partant de vos qualités, expertises et compétences parmi un grand nombre de jeunes hauts Diplômés  du Sénégal, un parterre de jeunes managers avec une expérience pertinente, aussi aptes et capables que vous en  gestion d’institution financière à l’instar de la Der/FJ. Ces ressources humaines, pétries de connaissance ; en plus de leur engagement politique, demeurent ancrés auprès du président  Macky Sall, guide d’un Sénégal émergent. Ils  possèdent les mêmes  atouts et seraient disposés, avec brio, de s’évertuer au management  de la noble tâche et de conduire avec éthique et équité  à de bonnes fins la Der/FJ.

Monsieur le Délégué général
de la Der/FJ,

Vous avez le défi de marquer d’un sceau indélébile la bonne gouvernance vertueuse et sobre auprès d’une population vulnérable. L’Etat en est conscient. Le peuple dans l’expectative. L’opposition critique et rit sous cape. C’est sans doute, ce qui justifie le choix porté en votre singulière personne de Manager hors pair. Votre terrain d’exercice qu’est la Der/FJ est un terrain d’application du financement à visage humain. Cette formule financière est aux antipodes de la finance classique. Parce que différente quant à la nature et l’origine des fonds à allouer à une cible bien orthonormée.
Son Excellence Monsieur le président  de la République  Macky Sall, a fort bien innové en faisant de la  Der/FJ, un instrument financier d’excellence voire une mesure financière d’ajustement social  à visage humain. Ce filet social et financier de type innovant est  à conduire dans l’orthodoxie, la rectitude et  discipline financière qui sied. Par essence et éthique, la Der/FJ, doit s’écarter des procédures d’antan qui ont marqué de leur inefficacité dans leur application. Il n’est plus question de reconduire les erreurs du passé. L’attente des fruits escomptés de la Der-/FJ et leur utilisation est déterminante pour l’essor du pays.

Monsieur le Délégué général
de la Der/FJ,  

Son Excellence le président  de la République Macky Sall, est en quête justifiée de renouvellement de  mandat présidentiel, dont les acquis du bilan  glorieux, est pour bien d’actifs visibles et significatifs. En ligne de mire, inclure la jeunesse dans le processus de marche du Sénégal émergent. La  Der/FJ est une portée financière sociale captivante. C’est un creuset socio-politique  motivant pour les jeunes bénéficiaires. Ces derniers sont prêts à se prendre en charge et dans une position de pleine responsabilité entrepreneuriale. Le succès de cette niche multidimensionnelle qu’est la Der/FJ, dépend de beaucoup de facettes non exclusives.  
L’appropriation sans détour de Der/FJ, par lesdits acteurs en quête d’insertion et de réinsertion sociale par l’auto-emploi est un pas vers la bonne direction. L’entrepreneuriat en milieu défavorisée est la nouvelle donne dans le contexte numérique.

Monsieur le Délégué général
de la Der/FJ,  

Nous avons tenu une Table Ronde élargie à de nombreuses associations de femmes et de jeunes, bénéficiaires potentiels et légitimes de la Der/FJ. Le dénominateur commun de cette longue liste de jeunes entrepreneurs présents, en la circonstance, est leur immense désir d’occuper un emploi, d’exercer une activité productive de revenu ;  partant, revaloriser  leur génie entrepreneurial.
L’espoir porté à cette nouvelle structure (la  Der/FJ) dédiée à cette jeunesse aux bras forts et engagés à construire et participer à l’émergence du Sénégal, dans le vison éclairée du fondateur, le président de  République Macky Sall,  est, sans commune mesure, productive et porteuse de valeur ajustée : Le Sénégal de Tous et pour Tous a vu le jour avec la naissance de la Der/FJ. « C’est de l’avis des femmes et des jeunes, participants à ladite table ronde».

Monsieur le Délégué général
de la Der/FJ,

Les  interventions respectives, et à tour de rôle, portent le signe commun de faire de la Der/FJ leur propre entité, fédératrice d’énergie respective. Ils sont acquis à la cause, si bien fondée, de la sauvegarder dans la durée et dans la discipline financière. «  La Der/FJ aura à fructifier à des fins d’entreprises gagnantes, porteuses de grappes d’émergence, les ressources mises à sa disposition».
La principale recommandation acceptée unanimement, retenue avec ferveur, après vote populaire, transparent et  majoritaire des jeunes interpelés, réunis autour de ladite table,  est de poser un comité  pour la mise en place d’un projet managérial d’appui à la Der/FJ. A l’instar d’une mesure d’accompagnement réfléchi et cautionné dans des termes de références précis sous l’intitulé combien porteur :
    Collectif  d’appui à la délégation à l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (Cap_ Der/FJ).

Monsieur le Délégué général
de la Der/FJ,  

Les discussions d’échange, d’analyse, de partage et de restitution de la teneur et de la portée du contenu de vos  propos et engagements officiels sont captivants et motivants. Lesquelles paroles importantes, justifient amplement la nécessité d’une mesure d’accompagnement complémentaire fort managériale. Le partenariat éthique, l’outsourcing, deux sciences du management parmi tant d’autres, sont  d’un grand recours.
    Der/FJ est un investissement à visage humain pour le parcours du leadership entrepreneurial des jeunes du Sénégal émergent. Ladite délégation  est donc une  forme de persuasion pour  la revalorisation et la  réutilisation des ressources humaines saines et jeunes.
    Der/FJ est  un investissement institutionnel de bonne gouvernance sobre et vertueuse inscrit dans une dynamique prospective porteuse de lendemains meilleurs. Les Tics y occupent une place de choix.
    Cap/ Der/FJ est un terrain fertile et fédérateur de synergie d’accompagnement, de styles nouveaux.
    Les éléments d’appréciation auxquels s’adresse la lettre de motivation dudit Cap, est pour justement que soit avec efficacité et efficience  la dextérité managériale conduisant la locomotive de la Der/FJ. Sitôt sur les rails de l’émergence et au profit inclusif de l’avenir du Sénégal,  les jeunes conducteurs,  acteurs et bénéficiaires  du Plan Sénégal émergent seront  à l’aise et dans une  totale sécurité, loin des frustrations nées du chômage. La Der/FJ aidant.

Association des jeunes
commerçants et dirigeants
d’entreprise au Sénégal (Ajcdes)
Le dispositif de management/
comité d’initiative du Cap/Der/FJ.  
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En attendant que les enquêtes en cours nous édifient davantage sur les vrais mobiles qui sont à la base des douloureux événements survenus ces dernières semaines et dont les enfants ont été les principales victimes, il semble exister une corrélation entre les tentatives d’enlèvement, les enlèvements et les meurtres.

On n’enlève pas pour demander une rançon, pour soustraire la garde de l’enfant à l’un des parents ou pour les besoins d’une quelconque exploitation. On enlève pour tuer. A quelles fins ?
Jusqu’à présent, il n’est pas encore établi que ces meurtres ont un lien avec le trafic d’organes, qu’ils ont été perpétrés pour se venger d’un affront ou d’une humiliation ou qu’il s’agit d’actes isolés commis par des déséquilibrés.

Tout porte à croire qu’il s’agit d’actes délibérés, commis en toute connaissance de cause et avec des objectifs assez précis.
En attendant d’en savoir davantage, les populations semblent percevoir derrière ce phénomène, la survivance de pratiques mystiques liées à la recherche du pouvoir, de la richesse et de la puissance avec les enfants comme victimes principales.

Ces actes semblent relever de la catégorie des pratiques sociales et culturelles néfastes qui affectent négativement les enfants comme les indexent les instruments relatifs aux droits et à la protection des enfants.

A ce titre et nous référant à l’étude du Bureau régional de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre sur les « Enfants accusés de sorcellerie, Étude anthropologique des pratiques contemporaines relatives aux enfants en Afrique », on note que le Sénégal (tout comme la Côte d’Ivoire) est cité parmi les pays exerçant une forte discrimination et des violences envers les personnes atteintes d’albinisme. On peut toutefois noter que les enfants qui ont été tués ces dernières semaines ne sont pas atteints d’albinisme.

Ces meurtres ne peuvent aussi être rangés dans la catégorie des « crimes d’honneur » décrits par Plan international dans son rapport : « Protéger les enfants contre les pratiques néfastes dans les systèmes juridiques pluriels », comme un acte « commis contre des femmes ou des filles par un ou des parents qui croient que la victime a apporté la honte sur la famille. », car pour le moment, les enfants victimes de ces agissements ne sont pas encore en âge « d’apporter la honte sur une famille ».

Si pour le moment aucun lien ne semble encore être établi entre ces meurtres et les raisons précitées, que reste-t-il comme mobile sinon la recherche du pouvoir, de la richesse ou de la puissance.
Il existe toute une documentation qui atteste en ce qui concerne l’Afrique de liens étroits entre les sacrifices humains et les questions de pouvoir, de richesse et de puissance. Et il arrive que ces sacrifices soient commis en dehors du continent.

L’histoire non encore élucidée du jeune garçon originaire de l’Afrique de l’Ouest et dont le corps a été retrouvé flottant sur la Tamise à Londres le 21 septembre 2001, décapité, mutilé et vidé de son sang constitue un des exemples les plus probants en matière de crime rituel.

Dans un dossier consacré à « La sorcellerie au cœur du pouvoir : petits secrets de palais » en date du 10 juillet 2012, le journal Jeune Afrique nous relate pour ce qui concerne le Sénégal, (i) « le cas de Maodo Malick Pouye, un garçon de 6 ans retrouvé sur la corniche ouest, égorgé, le corps lacéré, le visage défiguré », (ii) « la découverte d’un corps amputé de ses membres inférieurs et de sa main gauche et laissé à l’abandon sur une plage de Guédiawaye ».

Il semble donc établi que les cas survenus ces derniers temps ne sont pas une nouveauté, mais que le rôle de relais joué par la presse a permis aux populations d’en savoir davantage, de crier leur indignation et leur désarroi et demander ainsi une meilleure protection des enfants.                               

De telles pratiques sont absolument plus que néfastes et vont même au-delà d’affecter négativement ou d’être préjudiciables aux enfants.
Les instruments relatifs aux droits de l’enfant, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant, les ont bien répertoriées et les ont rangées dans la rubrique de la protection spéciale compte tenu de leurs spécificités.
Dès lors, il importe à chaque état partie de prendre les mesures nécessaires à l’éradication de telles pratiques incompatibles avec les droits humains.
Il s’agit là d’un des plus grands défis que rencontrent les pays africains dans la mise en œuvre des instruments relatifs aux droits et à la protection des enfants compte tenu de l’ancrage de telles pratiques dans les croyances et le Sénégal n’est pas en reste.

Il faut dire que dans le processus d’élaboration et d’adoption de la Convention sur les droits de l’enfant, la question des réalités socio-culturelles a pendant longtemps polarisé les discussions entre les pays européens et africains. Ces derniers reprochant aux premiers de vouloir « imposer » un document qui allait remettre en cause leurs us et coutumes en ce qui concerne leur perception de l’enfant.

En portant le projet de résolution qui allait déboucher sur l’adoption du dernier alinéa du préambule de la Convention sur les droits de l’enfant : « Tenant dûment compte de l’importance des traditions et valeurs culturelles de chaque peuple dans la protection et le développement harmonieux de l’enfant », le Sénégal ne faisait que demander le respect des us et coutumes des pays dans le sillage du principe humanitaire qui recommande le respect des coutumes quand elles ne violent pas les droits humains.

Ainsi, le respect des traditions et valeurs culturelles de chaque peuple, ne saurait encourager l’exercice de pratiques préjudiciables aux enfants

Compte tenu de la situation qui semble inédite, il est normal qu’un dispositif spécial soit mis en place pour connaitre et comprendre davantage les contours de ces événements. Mais ceci ne doit en aucune façon nous faire oublier que les droits et la protection sont un processus qui requiert une interaction dynamique dans un cadre multidisciplinaire.

Ainsi, ensemble avec les communautés qui vont élever la voix pour une efficiente prise en compte de leurs préoccupations légitimes, ensemble avec les forces de sécurité qui vont surement densifier le maillage sécuritaire du territoire, les acteurs de la protection de l’enfance doivent veiller davantage à ce que les instruments ratifiés ne souffrent d’aucune insuffisance quant à leur mise en œuvre.
Les marches, les protestations, les déclarations, n’auront d’impact que lorsqu’elles iront dans le sens d’amener l’état à s’engager davantage dans la voie d’une meilleure mise en œuvre des instruments déjà ratifiés.
Et déjà un certain nombre de questions nous vient à l’esprit

Quelles sont les mesures prises pour mettre en œuvre les observations finales adoptées par le Comité des Nations Unies pour les droits de l’enfant lors de sa 2104ème séance tenue le 29 janvier 2016 suite à l’examen des 3ème, 4èmes et 5èmes rapports périodiques du Sénégal sur l’état de mise en œuvre de la Convention sur les droits de l’enfant.

Qu’est ce qui explique que les recommandations du Comité pour les droits de l’enfant faites en 2006, lors de l’examen du 2ème rapport périodique n’ont pas été mises en œuvre à telle enseigne que ledit Comité en fasse une nouvelle recommandation en 2016 : « Le Comité recommande à l’État partie de prendre toutes les mesures nécessaires pour donner suite à celles de ses recommandations formulées en 2006 dans ses précédentes observations finales qui n’ont pas encore été mises en œuvre ou qui ne l’ont pas été dans toute la mesure voulue, en particulier celles concernant la sensibilisation, la formation et la diffusion »

Pour quelles raisons, l’état a procédé en 2015 à une diminution sensible des ressources allouées au département ministériel en charge des droits et de la protection des enfants telle que relevé dans les observations finales du Comité pour les droits de l’enfant : « Le Comité est toutefois préoccupé par la diminution sensible de l’enveloppe budgétaire attribuée au Ministère de la femme, de la famille et de l’enfance par la loi de finances de 2015. »
La question des ressources à allouer aux questions de l’enfance est primordiale et revêt une importance assez particulière en ce qui concerne la mise en œuvre des instruments de protection de l’enfant. C’est cette importance qui a amené le Comité des Nations Unies pour les droits de l’enfant à consacrer sa journée de discussion générale du 21 septembre 2007 au débat sur : « Ressources pour les droits de l’enfant- Responsabilités des états »
Il est important donc pour l’état qui a la responsabilité de respecter ses engagements de veiller à ce que des ressources suffisantes soient consacrées aux questions relatives à l’enfance et combiner tout ceci avec une volonté politique réelle de mise en œuvre des instruments ratifiés.

A ce niveau, les dernières observations finales du Comité des Nations Unies pour les droits de l’enfant semblent assez pertinentes comme cadre de référence pour un état qui veut protéger davantage ses enfants pour un futur meilleur.
Et surtout, ne soyons ni frileux et ni réticents quant aux futures conclusions de la prochaine journée de débat général du Comité des Nations Unies pour les droits de l’enfant prévue le 28 septembre 2018, et qui va porter sur : « Protéger et autonomiser les enfants en tant que défenseurs des droits de l’homme »

Par
Ibrahima Diouf

Consultant, Droits
et Protection des Enfants
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Dans moins de douze (12) mois, Macky SALL ira, pour une seconde fois, à la rencontre du peuple sénégalais. Pour signer un nouveau bail, lancer de nouveaux chantiers et ouvrir de nouvelles perspectives.

Arrivé au pouvoir en mars 2012, via une majorité de 65% des électeurs, le président MackySall qui a balisé en cinq (5) ans les chemins de l’émergence va s’adresser à son peuple avec sérénité, engagement et espoir.

En effet, le rendez-vous de 2019 offre une belle opportunité au candidat SALL de dire aux électeurs sénégalais : « Macky AGAIN ». Encore plus de social, plus de chantiers, générateurs d’emplois et de croissance, plus de santé et de mieux être…

Face au président sortant, pas moins d’une dizaine de candidats déclarés dont le seul projet de société réside dans le plaisir obsessionnel et aventurier de s’emparer du pouvoir. Heureusement que les démocraties favorisent l’élément confiance exprimé dans les urnes. Celle de l’électeur qui confère la légitimité et l’impérium présidentiel.

Afin que nul n’en ignore, voici dix neuf (19) plus une (01) bonne raisons de réélire le président Macky Sall pour un nouveau bail de 5 ans à la tête du Sénégal.

1. Aujourd’hui, 40 milliards de Bourses de sécurité familiale sont destinés à 400 mille ménages les plus vulnérables, soit 5 millions de sénégalais environ. Dans ce cadre, peuvent être cités notamment la Couverture maladie universelle, la Carte d’égalité des chances et le Financement rapide des femmes et des jeunes. Pour un mieux-être des populations.

2. Aujourd’hui, grâce au Mix énergétique, les sénégalais ont oublié les coupures d’électricité. 11 parcs solaires en construction et 3 disponibles font du Sénégal un pays exportateur d’énergie, notamment vers le Mali.
Qui aurait pu imaginer un tel tableau en mars 2012 au moment où Macky SALL accédait au pouvoir ?Et pourtant, il l’a réalisé !

3. Aujourd’hui, le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) a fini de transformer le monde rural. En 5 ans, depuis les indépendances, le Sénégal n’a jamais eu autant de forages et châteaux d’eau, de pistes rurales, de lampadaires et d’équipements pour alléger les travaux des femmes.

4. Aujourd’hui, la révolution urbaine et territoriale de Diamniadio articulée autour de projets d’envergure économique et à fort impact social va tirer la croissance économique. Un pôle industriel, une cité ministérielle, un marché d’intérêt national, un centre des expositions, une université, une cité des savoirs, etc. feront de Diamniadio une ville modèle en Afrique. Les villes secondaires ne sont pas en reste à travers le projet Promovilles.Pour une enveloppe de90 milliards F CFA et 50.000 emplois générés, 100 kilomètres de voirie urbaine seront aménagés, avec un réseau d’assainissement intégré, un éclairage public et un aménagement paysager.

5. Une économie dynamique avec un taux de croissance de 7,1% propulsant le Sénégal parmi les trois (03) premiers en Afrique au Sud du Sahara aux côtés de la Côte-d’Ivoire et du Rwanda. Un essor soutenu par un environnement économique attractif consacré par un ranking parmi les meilleurs pays réformateurs du continent

6. Une réforme fiscale audacieuse à travers le nouveau Code Général des Impôts et domaine (Cgid) avec un record de recettes de près de 2000 milliards en 2016 en dépit de la baisse du prix du pétrole et une diminution nette de la pression fiscale

7. Une renaissance agricole consacrée par la réussite du Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture Sénégalaise (Pracas) soutenue par des productions arachidières de 1411 000 tonnes et horticoles dont les exportations ont atteint 87 milliards en 2017. Un programme d’autosuffisance en riz avec des résultats probants sur les deux premières années de mise en œuvre

8. Une éducation et une formation de qualité soutenues par des efforts budgétaires équivalent à 40% du budget de l’État matérialisé via le programme zéro abri provisoire décrété par le président de la république ainsi que la multiplication par 5 des établissement d’enseignement supérieur depuis 2012. L’ouverture prochaine de l’Université du Sine Saloum El Hadj Ibrahima Niass (Ussein) prévue en octobre 2018 en est une parfaite illustration

9. Une généralisation de l’accès aux soins de santé à travers l’institutionnalisation de la Couverture maladie universelle (Cmu) qui en moins de 3 ans d’effectivité a permis l’enrôlement de plus de 500000 de nos compatriotes à travers tout le pays

10. Une politique de gratuité des soins pour des pathologies de santé publique au profit des femmes et enfants de 05 ans pour les cas de paludisme, césarienne, dialyse, etc.A cela s’ajoute le renforcement du plan sésame pour les personnes du 3ème âge

11. La mise en œuvre de la loi d’orientation sociale ouvrant de nouvelles perspectives aux personnes handicapées, vulnérables et démunies avec à la clé des bourses familiales, la carte d’égalité des chances

12. La création d’un département ministériel consacré à la microfinance pour promouvoir notamment l’entrepreneuriat féminin et des jeunes et décliner un programme innovant d’appui à la formation de 25000 jeunes à travers le Sénégal

13. Des réalisations inédites en matière d’infrastructures routières et de désenclavement avec l’extension de l’autoroute à péage de Diamiadio à Sindia, la construction de l’autoroute ILA Touba, le projet d’autoroute Mbour –Fatick-Kaolack. Le chantier du pont de Foundiougne, le plus long d’Afrique avec 1250 m

14. La finalisation des travaux (suite à des efforts considérables) de l’aéroport international Blaise Diagne (Aibd) avec une capacité d’accueil de plus de 3 millions de passagers /an et le lancement de la nouvelle compagnie aérienne nationale (Air Sénégal) qui fait de l’Aibd le plus grand hub aéroportuaire de la sous-région

15. La mise en œuvre du projet Train express régional (Ter) pour une enveloppe de plus de 500 milliards assurant une desserte sûre et efficace entre la métropole dakaroise et les banlieues de la région éponyme. En matière de transport ferroviaire,le Sénégal s’inscrit désormais sur les rails de la modernité

16. Le développement du transport maritime avec la création des pôles portuaires de Saint-Louis, de Casamance et du Sine Saloum ainsi que l’ouverture de dessertes maritimes entre Rufisque et Dakar et Foundiougne et Ziguinchor

18. Le développement du potentiel touristique de notre pays via l’extension des activités de la SAPCO au niveau de la petite côte, dans le delta du Saloum grâce à de nouvelles offres dans l’éco-tourisme et le tourisme religieux

19. Le renforcement des infrastructures sportives porté par les projets phares de Dakar Arena, de l’Arène nationale, sans compter la réhabilitation des 14 stades régionaux grâce à la coopération de la République Populaire de Chine

+ 1. La perspective inédite de réélire un candidat sérieux et surtout déterminé, dont le seul et unique objectif demeure l’achèvement des multiples chantiers entamés depuis 2012. Macky SALL a fini d’inscrire le Sénégal sur les chemins de l’émergence.

Par Ahmed Youssouph BENGELLOUNE
Président de Kaolack Nouvelle Vision

Dans les consultations avec la société civile et les organisations non gouvernementales, la 62 ème session de la «Commission de la condition de la femme» a lieu au siège des Nations-Unies - à New York du12 au 23 mars 2018. Mme le ministre de la Femme, de la Famille et du Genre, Salimata Diop Dieng, participe aux travaux de cette 62 e édition. Elle est à la tête de la délégation sénégalaise composée de représentants des institutions de la République, des déléguées des organisations de femmes rurales et des jeunes femmes entrepreneures dans les domaines des technologies de l’information et de la communication.

Madame le ministre a fait une communication pertinente sur la contribution du Sénégal sur le thème suivant «Problèmes à régler et possibilités à exploiter pour parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes et des filles en milieu rural». C’était en présence de l’ambassadeur, S.E.Fodé Seck, représentant permanent du Sénégal auprès de l’Onu. Lors de cette rencontre internationale, Madame le Ministre a accordé par la suite une entrevue à Madame Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, Sous- secrétaire général des Nations Unies et Directrice exécutive de Onu Femmes qui était accompagnée de la Directrice Régionale de l’agence Onu Femmes pour l’Afrique Centrale et de l’Ouest, Madame Diana Louise Ofwona.

Au cours de cette audience, Madame le Ministre a apprécié à sa juste valeur la collaboration avec ONU-FEMME qui vient de s’illustrer à nouveau, en accompagnant l’élaboration de la stratégie nationale pour l’autonomisation économique de la femme au Sénégal.

Une visite est programmée en fin juillet 2018 de la Secrétaire Exécutive de Onu FEMME à Dakar en vue de renforcer les relations déjà très solide entre l’organisation onusienne et l’État du Sénégal.

Le thème prioritaire de la 62 ème session tourne autour des défis et des priorités à exploiter pour parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes et des filles en milieu rural.

Les divers ateliers traitaient des thèmes suivants : la question de la violence domestique, conjugale, sexuelle et numérique, les mutilations génitales féminines, les mariages précoces et d’enfants, l’éducation des filles en milieu rural et leur égalité des chances pour parvenir à l’autonomisation. La participation et l’accès des femmes aux médias et aux technologies de l’information et des communications.

Tous les participants sont d’avis que ces mariages d’enfants ou précoces freinent l’émancipation des jeunes filles qui abandonnent leur vie scolaire pour une vie matrimoniale Elles ont donc peu de chance de se bâtir un avenir, sûr à l’abri des aléas de la vie. Or comme le disait Nelson Mandela «L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde» Des représentants des États membres, des entités des Nations Unies et des organisations non gouvernementales accrédités par le Conseil économique et social (Ecosoc) de toutes les régions du monde prennent part aux travaux de la 62ème session.

Dans le renforcement des capacités, le gouvernement allemand a invité une dizaine de membres actifs de la société civile, dont l’auteur de ces lignes, première femme Africaine à avoir été élue Conseillère Municipale en Allemagne en 2005 et Présidente de la Fédération des Associations Féminines d’Allemagne (DaMigra. Dachverband der Migrantinnenorganisationen.).

Parmi les délégations africaines, le discours du ministre de la Femme, de la Famille et du Genre du Sénégal, Mme Salimata Diop Dieng a suscité un vif intérêt.

Le Sénégal s’est engagé dans la voie du développement et de l’autonomisation des filles et des femmes, particulièrement en zone rurale, car la population sénégalaise est majoritairement féminine en zone urbaine avec un taux de 50% et rurale à 54,8%. Pour cela, le Sénégal a décidé d’adopter un nouveau modèle de développement pour accélérer sa marche vers l’émergence. Cette stratégie, dénommée «Plan Sénégal Émergent » (Pse), constitue le référentiel de la politique économique et sociale sur le moyen et le long terme.

Le Sénégal a instauré la parité dans les instances électives et semi-électives. La représentation des femmes à l’Assemblée nationale tourne autour de 42% au niveau des collectivités locales, elle atteint même un taux de 47,2%. Dans l’ensemble, la baisse de l’incidence de la pauvreté s’est avérée particulièrement faible en milieu rural. Cette situation contraste avec les objectifs affichés dans le «Plan Sénégal émargeant ». Il a fallu donc développer des initiatives qui favorisent les conditions de vie des populations en zone rurale.

Grâce au programme de développement comme le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), il a été possible d’améliorer le cadre de vie des femmes par l’accès à l’eau potable, aux services sociaux de base, aux infrastructures, à l’électrification, par des équipements pour l’allègement des travaux champêtres. A cela s’ajoutent les soins de santé. C’est ainsi que les femmes en couches qui doivent subir une césarienne sont entièrement prises en charge par l’Etat ainsi que les enfants jusqu’à l’âge de cinq ans. Cette couverture sanitaire a eu des effets bénéfiques et a réduit ainsi la mortalité maternelle et infantile.

Parallèlement au Pudc, le Sénégal a institué un programme d’Urgence et de Modernisation des Axes et Territoires Frontaliers (Puma) qui s’applique aux femmes vivant dans les zones frontalières afin de faciliter leur mobilité.

Madame le ministre, Mme Salimata Diop Dieng, a émis l’espoir que l’économie digitale va ouvrir de nouvelles opportunités pour les Femmes. C’est dans cette optique que, le Sénégal a lancé depuis 2016, le projet «Sénégal numérique 2025» dans une perspective genre afin de faciliter l’accès des femmes aux médias et aux technologies de l’information et de la communication.

En conclusion madame le Ministre a achevé son discours en déclarant qu’il convient le d’œuvrer à l’autonomisation et «d’exploiter en encourageant la création de Start up porté par les jeunes filles diplômées et les femmes menant des activités dans l’agrobusiness»

Afin de parvenir à réaliser les objectifs du Millénaire et à un développement durable pour les populations qui se traduisent par l’élimination de la pauvreté.

Par Dr. Pierrette Herzberger-Fofana

Depuis la fin de la Guerre froide, les budgets de guerre s’étiolaient. La guerre contre le terrorisme islamiste mondial oblige les pays membres de l’Otan à devoir emprunter, chaque jour, auprès des banques, 4 milliards de dollars. Ce qui a fait passer leur budget annuel à 1500 milliards de dollars. À la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, et à la fin de la menace militaire aux frontières de l’Europe, une présence militaire lourde aux portes de l’Europe n’était plus nécessaire. Le démontage des installations et le repli des troupes signifiaient la fin des budgets de guerre. La lutte contre le terrorisme sert, avant tout, d’alibi à un redéploiement massif de l’armée américaine sur les nouvelles zones de turbulences telles que la Corée du Nord, la Syrie et dans le monde arabo-musulman.

Le choix stratégique a donc été fait de déplacer les forces militaires américaines de l’ancienne zone de turbulence communiste vers une nouvelle : le Proche–Orient et le monde arabo-musulman. Pour éviter toute réaction d’hostilité du monde libre et du Congrès américain face à ces manœuvres militaires de grande envergure, il fallait un motif d’une gravité indiscutable. Les attentats du 11 septembre 2001 ont été ce motif.

Cnn a été présent sur les lieux du drame quatre minutes après le choc du premier avion. Cela lui a permis de diffuser les images du deuxième avion percutant en direct la deuxième tour. Cette diffusion en boucle sur toutes les chaînes de télévision du monde, de ce qui ne pouvait pas être une erreur de pilotage, permet ainsi aux agressés d’accuser, sans l’ombre d’un doute, leurs agresseurs d’être des barbares. Cette accusation magistrale constitue une arme symbolique majeure. Elle autorise l’Amérique à mener la guerre non pas au titre d’agresseur, mais au titre d’agressé.

La mise à mort d’êtres humains, perceptible au moment où les avions s’écrasent sur les tours du World Trade center, est si terrible que l’opinion publique tend naturellement à adhérer à la thèse du complot islamiste !

Ceux qui ont commandité et réalisé ces attentats ne peuvent être que des barbares. Le réseau Ben Laden avait suffisamment de motifs pour commettre ces attentats. Il endosse alors parfaitement le costume du coupable. Or, si les mercenaires du réseau Ben Laden ne sont pas les instigateurs en totalité de ces attentats, mais de simples exécutants, au service volontaire ou involontaire d’autres commanditaires, il y a une complicité a posteriori de la part de tous ceux qui refusent de s’interroger. Or, pourquoi les autorités fédérales américaines ne veulent pas rendre public les rapports d’enquêtes et de police réalisés sur ces attentats et notamment le fameux « PENTTBOM Major Case 182 » ?

Rapport consacré au réseau de complicités qui était en relation avec les pirates de l’air.

Longtemps le pétrole a été acheté aux pays producteurs arabes nettement en dessous de sa valeur réelle. Ce moyen a largement contribué à ce que le monde arabe, depuis des années trente, rate le virage du développement industriel.

Pourtant, de nombreux mouvements démocratiques et socialistes chercheront à prendre le pouvoir dans les pays producteurs afin de nationaliser les matières premières pour en tirer meilleur profit. A chaque fois, les forces militaires occidentales, bras armés du capitalisme, sont intervenues pour interdire l’accès au pouvoir de tous les gouvernements hostiles aux intérêts des trusts pétroliers et gaziers occidentaux. L ‘exemple de la salle guerre des pays en conflits en Syrie en dit long de leur stratégie d’anéantir, sur le plan économique et politique, le monde arabo-musulman.

L’ensemble des économies occidentales se sont donc développées depuis plus de 150 ans autour du pétrole. C’est ce qui explique que l’épuisement des réserves peut entraîner, dans les années à venir, une gigantesque récession mondiale.

D’expansionniste, le capitalisme peut entrer dans une phase de contraction et de récession.

Aujourd’hui, le pétrole constitue, pour les trente à quarante ans qui viennent, une terrible arme économique. Depuis le XXe siècle, l’or noir a été l’une des principales causes de distorsions et de guerre entre les États. Ces guerres ont souvent eu pour motivation le contrôle sur la production, le raffinage et la distribution. Un rappel d’histoire : à partir de 1933, les dirigeants Saoudiens désireux de renforcer leur rang dans le monde par un grand développement économique de leur royaume fondent l’Arabian Oil company qui donne un droit d’exclusivité aux puissances anglo-saxonnes pour exploiter le pétrole. Le capitalisme anglo-saxon dispose ainsi en Arabie Saoudite d’une manne pétrolière.

Il faut alors tout pour éviter d’être évincé. Mais des tensions très importantes dans les milieux arabo-musulmans ont toujours existé visant à chasser les infidèles : ceux qui pompent le pétrole. Des guerres de clans ont toujours existé tant au sein des grandes familles arabes qu’au sein des grandes familles anglo-saxonnes.

Les guerres contre l’Afghanistan et l’Irak sont les prolongements d’une guerre nécessaire du capitalisme, pour éviter d’être dépendants des pays producteurs arabes et musulmans ou même d’être chassés de la région.

Depuis février 2011, les syriens demandent le départ de leur dirigeant, Bachar El-Assad. Le régime ne cesse de réprimer les manifestations avec une extrême violence. La défaite de l’État islamique a encore aggravé la situation en Syrie, où les pays impliqués dans le conflit se retrouvent désormais face à face. Avec une attaque aérienne d’envergure contre des cibles syriennes et iraniennes avant que Israël entre, à son tour, dans la bataille.

La présence de l’État islamique (Ei) en Syrie brouillait les cartes. Elle donnait l’impression d’un semblant d’unité entre les différentes forces luttant contre les djihadistes.

La prise de Raqqa, en octobre 2017, a eu pour conséquence de dissiper les illusions et de mettre fin aux zones tampons que l’implantation de Daesh sur le territoire syrien avait créées de facto.

Depuis le 18 février 2018, au moins 1162 civils ont été tués dont 241 enfants et quelque 2000 autres blessés par bombardements des forces gouvernementales syriennes dans la Ghouta orientale. Au Yémen, par exemple, la guerre civile a fait plus de 10.000 morts en 3 ans de conflit.

Le Risque fasciste !
C’est toujours la classe au pouvoir, lorsqu’elle craint son effondrement en tant que classe dirigeante, qui porte en elle le fascisme et la guerre !

Ce n’est pas tant la nation qui porte en elle le fascisme et la guerre, que la classe dominante !

Avec la crise mondiale, pour éviter de sombrer avec le capitalisme, toute une classe aux affaires peut avoir besoin de la guerre.

La guerre ou une montée en puissance de la lutte contre le terrorisme permettant aux pouvoirs de s’octroyer la totalité des outils pour réprimer, face à la crise sociale montante, les révoltes.

On serait dans le même scénario que dans les années 1930 en Allemagne.

Le pouvoir politique et la grande aristocratie capitaliste auraient recours à la répression de masse pour éviter son effondrement. Le fascisme est une guerre sociale portée par tout ou partie de la classe dirigeante, non pas pour éradiquer un capitalisme devenu parasitaire, mais pour en prendre le contrôle par un État totalitaire. Le glissement vers une gouvernance mondiale du capitalisme va tendre inévitablement vers un fascisme de système !

Par Yahya SIDIBE
Responsable Politique de campagnes et Communication
Bureau Exécutif Amnesty International SENEGAL
Formateur aux Droits humains
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La disparition de Lilyan Kesteloot, le 28 février 2018, à Paris, a fait suer d’émotion et de douleur. Source d’une souffrance lar-gement partagée, elle est contée dans les marques de compassion et les témoignages de ceux-là qui, partout dans le monde, portent l’épreuve de son deuil. Cela ne saurait surprendre : Lilyan était un esprit singulièrement attachant, une individualité scientifique remarquable et d’une empathie rare. C’est donc logique, malgré son âge, que sa mort soit ressentie, par ceux qui l’ont connue ou approchée, comme un drame, une « chose qui n’aurait pas dû arriver ». Elle s’est donnée sans réserve et la perte est énorme.

Comme dit le chanteur-poète seereer, c’est lorsque la mort frappe l’homme de mérite que l’on comprend combien engendrer est aussi source de douleur et de tristesse. Comme figée dans une affliction collective, voici donc que sa famille se lamente. « La mort, écrit Henry Maldiney, ne nous dérobe que ce qui nous est cher : cet être-ci. Or le dérobement de l’étant est la révélation la plus aiguë de son être. C’est dans le retirement et la perte, dans l’éminente imminence du disparaître que l’individu singulier se montre soudain et à jamais irremplaçable ». Ainsi, si la lamentation est l’honneur qui appartient aux morts, comme il est dit ailleurs, pour les vivants, elle reste la parole bien fondée qui enchante la douleur, permet de sortir de l’abîme de la mort et réconcilie avec la réalité.

Dans le panthéon commun à la plupart des sociétés ouest-africaines figure Faro, divinité tutélaire, dont les initiatives heureuses au profit de l’humain continuent de remplir notre présent et d’inspirer nos manières de jouer la culture. Locataire de l’« Œuf du monde », à l’aube du monde bambara-mandinka, Faro « est ordre, perfection, beauté, eau, lumière. » C’est elle qui réorganise l’univers à la suite du désordre initial et établit l’harmonie et la connivence à la base de l’habitation. Puis, après avoir semé les graines indispensables à l’existence et créé les poissons en guise de nourriture, elle remonte au ciel.

En ce moment où la folle douleur de notre cœur nous donne quelque répit pour pleurer celle qui fut pour nous une mère dévouée, nous ne pouvons nous empêcher de rapprocher son action de l’œuvre de cette « divine volonté ». Qu’on nous pardonne la comparaison si elle est sacrilège. Mais pour nous qui avons cheminé sur le terrain de la recherche avec Lilyan, pendant plus de 40 ans, un tel rapprochement n’est ni excessif ni inapproprié, car Lilyan n’avait pas une culture de « vie minuscule ». Habitée très tôt par une passion, une ivresse de savoir inépuisable, elle brillait de qualités rares, voire exceptionnelles.

Elle se révèle au monde et à la culture en 1961 avec sa première thèse sur les écrivains noirs de langue française, le déclic qui lui permit de côtoyer la communauté intellectuelle noire à Paris, de participer aux événements majeurs de l’époque et de se placer dans son siècle pour y assumer le rôle privilégié de témoin et de mémoire.

Ainsi débute sa geste, l’expérimentation d’une vie nourrie de grands sentiments ; un parcours individuel en Afrique, à l’issue duquel elle s’invente un destin. Après le Cameroun, le Mali et la Côte-d’Ivoire, Senghor, l’initié seereer, flairant sans doute en elle la femme porteuse d’un destin prodigieux, l’accueille au Sénégal et l’adoube en lui proposant la création du Laboratoire de Littératures et Civilisations africaines à l’Ifan. Séduite par le challenge, Lilyan décide d’habiter. Dès lors, elle fait de l’Afrique sa demeure et de l’Ifan son lieu intime, un cadre d’expérience de la littérature orale qu’elle destine, par la recherche et l’enseignement, à une autre piste de vie. Au moment où la plupart de ses collègues africains et européens entretenaient le doute sur le potentiel littéraire des traditions orales, avec pugnacité elle s’évertue à convaincre que cette matière relevait d’un savoir dynamique.

Quel labeur ! Quelle moisson de thèses et de mémoires soutenus ! Du doctorat de 3e cycle de Amadou Ly, première thèse soutenue sous sa direction à l’université de Dakar en 1978, à notre thèse d’État, le dernier travail qu’elle a encadré en 2012, Lilyan n’a jamais cessé de semer des graines du savoir et d’enfanter des destins universitaires. Son engagement a donné au Sénégal et à l’Afrique une génération de chercheurs et de formateurs de talent. De la publication de sa thèse, Les écrivains noirs de langue française : naissance d’une littérature (1963), à La littérature orale : patrimoine immatériel de l’Afrique, manuscrit qu’elle nous a laissé entre les mains au moment de nous quitter, elle ne s’est jamais égarée. Dans le champ des études africaines, Lilyan fait figure d’éducatrice émérite ; elle est un véritable cas de figure. Son cœur, particulièrement ouvert, ignorait la rancune, arme et bouclier du faible contre qui les poètes vagants mettaient en garde. Ni le rayonnement de son nom ni la reconnaissance de son œuvre n’ont jamais pu entamer son humilité et son sens inné du partage du savoir. Soucieuse de faire de la littérature orale une discipline de référence, elle s’est ingéniée à lui ouvrir des brèches, des horizons enclencheurs d’expériences pluridisciplinaires qui, ensuite, permirent aux chercheurs africains et européens de se rencontrer et d’échanger. Le Réseau euro-africain de Recherches sur les Épopées (Reare) est le fruit de sa quête d’excellence. Pour avoir accompli la tâche assignée à son existence, elle peut partir tranquille.

Il reste, toutefois, à veiller à la sauvegarde de son héritage, notamment à numériser l’inestimable patrimoine qu’elle a légué à l’Ifan Ch. A. Diop, une importante réserve de cassettes audio et de manuscrits, et à souhaiter que le laboratoire qu’elle a fondé, soit, comme acte de fidélité à sa mémoire, rebaptisé « Laboratoire de Littératures et Civilisations africaines Lilyan Kesteloot ». Sa vie parmi nous a été un bonheur.

Si la mort, comme on dit, est le lot des hommes, elle a trouvé Lilyan prête. Sans conteste son œuvre a l’index d’une « validité exemplaire ».

Que la lumière, comme disent les Seereer, dessine sa route (Yaasam o njeek o ndan a adwanin) !

Par Amade Faye
Chef du Laboratoire de Littératures et Civilisations africaines
de l’IFAN Ch. A. Diop

Élément à la fois indispensable à l’Homme et à l’industrie, la gestion de l’eau est souvent perçue comme secondaire en Afrique, au regard des impératifs de développement. 22 mars, journée mondiale de l’eau, une opportunité pour repenser la réflexion sur les problématiques d’accès à l’eau sur le continent africain

Le continent africain dispose de grands fleuves, d’une centaine de lacs une centaine de grands lacs auxquels s’ajoutent plus de 600 000 kilomètres cubes de réserves d’eau. Et pourtant, après l’Océanie, l’Afrique est le second continent le plus sec au monde. Comptant 16 % de la population mondiale, il ne possède que 9 % des ressources renouvelables en eau. L’eau y est inégalement répartie, les six pays les plus riches en eau, situés en Afrique centrale et occidentale, détenant 54 % des ressources intérieures totales du continent et les vingt pays les plus pauvres en détenant seulement 7 %. Certains pays consomment déjà la totalité de leurs ressources en eau renouvelable, alors que d’autres en utilisent moins d’un pour cent.

Un tiers de la population africaine, soit 330 millions, n’a pas accès à l’eau potable et presque la moitié des Africains souffre de problèmes de santé dus au manque d’eau potable. L’Afrique est en effet le continent où l’accès à une eau de qualité est le plus limité au monde, à peine 60% de l’Afrique sub-saharienne est alimentée en eau potable. En rapport Due à la diminution progressive de ces ressources et de l’augmentation de la consommation, la proportion de la population africaine risquant d’être soumise à une carence en eau augmentera de 38 % en 2013 à 74 % en 2040, affectant 28 pays.

Parmi les multiples problèmes liés à l’accès à l’eau potable et à sa gestion, figure celui du manque de fonds alloués pour initier des projets délicats et coûteux, et d’équipements permettant de distribuer et de traiter le précieux liquide. Cette situation de pénurie devient d’autant plus difficile et compliquée que les populations urbaines augmentent rapidement. L’eau devient donc l’objet de nombreuses convoitises et tensions entre les États mais aussi entre milieux urbains et ruraux. La situation pourrait s’aggraver compte tenu de la dégradation des écosystèmes due à l’intensification des activités agricoles, la pression foncière croissante et le développement des activités industrielles (ces dernières se révèlent gourmandes en eau et participent souvent à une pollution massive des écosystèmes). Cependant, le principal défi est démographique : la population africaine devrait ainsi augmenter de moitié entre 2010 et 2040, avec un pourcentage de citadins qui passerait de 44 % à 57 %.

Le développement économique que connait le continent africain depuis 10 ans nécessite des mesures urgentes des acteurs du secteur de l’eau à trouver des solutions. Le niveau de développement des infrastructures en eau est en effet un facteur économique important et représente un enjeu crucial pour le développement humain, la santé publique, la sécurité alimentaire et la production industrielle.

Dans la plupart des pays africains, la politique de l’eau s’apparente à une coproduction de solutions à la fois par les autorités publiques mais également par les acteurs privés et les organisations communautaires. L’amélioration de l’accès à l’eau, tout en préservant l’environnement, nécessitera de prendre en compte l’intérêt des différents acteurs. Or ces acteurs ont des stratégies différentes, souvent antagonistes. Il s’agira notamment de concilier l’objectif de préservation des ressources en eau avec celui de soutien aux activités économiques.

Par ailleurs, l’amélioration de l’accès à l’eau potable nécessite de développer une approche totalement intégrée. Comment par exemple améliorer la qualité de l’eau sans la mise en place d’un traitement des rejets industriels qui contaminent les rivières et à terme les nappes phréatiques ? La disponibilité de l’eau, sa qualité et son accès sont étroitement liés à d’autres politiques publiques tels que l’assainissement, la gestion des déchets et le développement industriel et agricole.

L’exploitation et la maîtrise de l’eau, tant en milieu rural qu’urbain, sont devenues des questions stratégiques au regard de l’accroissement démographique, de la diversification des activités économiques et de la dégradation actuelle de l’environnement. La ressource hydrique fait l’objet de nombreuses convoitises, qui en l’absence de traitement adéquat sont autant de vecteurs de tensions, entre États mais également au sein des villes et des campagnes.
L’enjeu réside dans la capacité à mettre en place des mécanismes qui parviennent à concilier un objectif d’égal accès de tous, en tenant compte des différences de potentialités financières des individus. L’arrivée des firmes privées à travers des partenariats public-privé, si elle s’est parfois faite dans la douleur, a permis d’améliorer la gestion et les services de l’eau sur le continent. La capacité à faire des bénéfices tout en minimisant les risques est le principal moteur d’attraction du secteur privé. Ces Ppp sont principalement des contrats de gestion. L’apport financier initial du secteur public reste vital. L’idéal d’un rattrapage infrastructurel, fondé sur un investissement massif du privé dans les infrastructures puis son remboursement par un recouvrement total des coûts et rémunérations, serait intenable pour les populations.
Le Sénégal l’expérimente avec ‘sa révolution’ de l’hydraulique rurale et la réforme de l’hydraulique urbaine. La priorité est mise sur un modèle de gestion déléguée à travers des opérateurs privés avec appel d’offre et contractualisation et une implication des représentants des usagers dans un organe de régulation pour défendre les intérêts des usagers.

Par
Lansana Gagny
SAKHO

Directeur général
de l’Office national
de l’assainissement
du Sénégal

 

“Nous savons que nous ne pouvons pas toujours être présents physiquement pour protéger nos enfants de tout […]. Mais nous pouvons les responsabiliser et leur donner confiance en eux en leur enseignant comment agir dans ce genre de situation ».  D‘une maman dont l’enfant a réussi à  s’échapper de peu à un kidnapping grâce aux conseils qu’elle lui avait donnés, comprend que mieux tous l’importance de cette conscientisation de nos tout petits.
Devenus pratiques courantes à l’approche d’échéances politiques importantes, les enlèvements suivis de sacrifices perpétrés depuis quelques temps sur les enfants commencent vraiment à poser un énorme casse - tête pour nos autorités et leurs administrés que nous sommes, à tel point que l’occulter serait complice et l’ignorer suicidaire ; d’où cet intérêt vital de voir comment aider nos enfants à s’en échapper.    

En effet, bien que l’on puisse penser et réclamer urbi et orbi, à juste titre d’ailleurs que, l’un des rôles régaliens de l’État est d’assurer la sécurité des personnes et des biens en prenant en compte tous les phénomènes, risques et menaces susceptibles de porter atteinte à la vie de la Nation, cela ne dédouane aucunement la responsabilité qui incombe chaque  société et ses composantes de parents de protéger leurs enfants des dangers jusqu’à leur majorité. Inutile donc de faire porter le chapeau à qui que ce soit puisque le faire serait presque utopique surtout qu’il est réellement démontré que la majorité des cas d’enlèvements et d’agressions des enfants est souvent  orchestrée avec la participation directe ou indirecte  d’une personne que l’enfant connaît bien ou a appris à connaître dans un environnement donné et en qui il a fini par avoir confiance et non pas par un « étranger » comme nous l’appréhendons. De plus, ce n’est plus l’œuvre de dangereux malades mentaux comme on avait l’habitude de le voir à l’époque. Aujourd’hui, on est arrivé à un niveau où pour assouvir ses penchants pouvoiresques, l’être humain est capable du pire. Qu’importe l’ampleur du crime odieux et macabre qui sera commis, l’essentiel est d’y parvenir à tout-va par le primat de la fin sur les moyens.

Ainsi, à l’instar de beaucoup de pays africains qui sont en veille de joutes électorales d’envergure comme la Côte d’Ivoire avec son cas Aboubakar Sidick Traoré dit “Bouba” parmi les huit cas de disparitions d’enfants répertoriés à la date du 7 mars courant, le Sénégal, avec son “Serigne Fallou Diop” est sur le point de boucler la dizaine, si l’on prend en compte les 6 enfants retrouvés le 26 février dernier, séquestrer à Touba dans une maison auprès du Garage-Darou pendant 72 heures. Et pour cause, d’aucuns de nos “no limit” aspirants et/ou gouvernants sont prêts à tout pour arpenter les marches du pouvoir et goûter à ses délices et/ou à les conserver à vie ; quitte à avoir recours à des pratiques occultes et immorales.
Face à de telles monstruosités, qu’il soit l’enfant ou le parent, chacun se retrouve dans le désarroi total. Les parents sont si angoissés que le simple fait d’aller et de venir de leurs enfants, sans déconvenue à raconter en retour constitue un véritable exploit ! Quant aux enfants, à force d’entendre constamment parler dans les médias télévisés, écrits ou parlés, ou par leurs amis à l’école et autres, de la recrudescence des cas d’enlèvements, sont, à leur tour, rendus  anxieux et paranoïaques au point que, sortir et revenir indemne devient un challenge chez eux.

Vu que les principaux acteurs et suspects sont parmi nous en chair et en os et peuvent être des proches, des voisins, des connaissances ou même des inconnus ; disons nous à présent qu’aucun d’entre nos enfants n’est à l’abri de ces ignobles actes. Alors, le seul comportement qui vaille est de  faire de telle sorte qu’ils parviennent à minimiser les risques y afférents.

Certes le monde évolue dans des directions de plus en plus dangereuses, mais en bons parents, nous avons également pour rôle de les conscientiser sur les risques auxquels ils seront amenés à être quotidiennement  confrontés et/ou souvent exposés ; comme nous leur avons appris à regarder des deux côtés de la route avant de la traverser. Qu’ils soient d’enlèvements, accidents ou autres, nous devons toujours, en tant que parents, veiller à ce qu’ils soient bien imprégnés avant ce jour fatidique. En ce qui concerne les risques d’enlèvements qui polluent l’actualité, il nous faut, dans un premier temps, leur apprendre à amoindrir les risques qu’ils se fassent enlever. Surtout que les enfants sont vulnérables car en parfaite incarnation de l’ignorance,  ils ne sauraient reconnaître immédiatement le danger venir et ne voient pas le mal : leur vision du monde et des gens est toujours confiante. La méfiance n’est pas automatique chez eux. Raison pour laquelle, ils peuvent, en toute inconscience  suivre un étranger pour des bonbons, monter dans une voiture inconnue pour servir de guide à un soit disant “chauffard” perdu, ou  s’éloigner pour tenter d’aider une personne dans le besoin. Toujours est-il que  protéger son enfant des enlèvements repose sur vous mais aussi en grande partie sur lui. Il faut donc AGIR pour PRÉVENIR l’enlèvement en sensibilisant au maximum. A travers cette modeste contribution basée sur des analyses de grands psychologues, nous essayons de fournir aux parents ainsi qu’aux enfants des renseignements factuels adaptés à leur niveau de connaissance pour compenser l’anxiété causée par ces effrayantes histoires.
Selon certains spécialistes en la matière, les trois étapes suivantes  sont cruciales pour une prévention porteuse de fruits :

- Etape 1 : Apprendre à connaître
les faits ;
Annoncés à grande échelle dans les médias, ces événements choquants nourrissent la peur de l’enlèvement par souvent des “étrangers” dans l’esprit de tous les parents. Â cela s’ajoute la hantise perpétuelle de voir leurs enfants figurer parmi ceux déjà enlevés et maltraités. Ainsi, les parents se sentent naturellement responsables de tout ce qui pourrait arriver de mal. Pour se faciliter la tâche, certains parents se limitent à les intimider ou à tout simplement leur prodiguer des conseils du genre « ne parlez pas aux étrangers » en omettant le plus important à savoir essayer de “trouver l’équilibre entre communiquer assez de renseignements et de stratégies aux enfants pour les garder en sécurité et ne pas donner trop de renseignements qui les effrayeront et qui augmenteront leur niveau d’anxiété” sans les protéger contre les dangers réels ;

- Étape 2 : Apprendre à connaître
les dangers que votre enfant
ignore ;
A l’ère des nouvelles technologies où nous sommes, nous n’avons plus besoin de SUPPOSER que nos enfants sauraient reconnaître le danger car nous avons maintenant la possibilité de LE VÉRIFIER grâce aux jeux de simulation disponibles gratuitement sur internet (Ex: les aventures de Sima, le chien). Pour une meilleure appropriation de l’enseignement dispensé, l’enfant doit se sentir investi d’une mission qu’est de vous rendre fier pour pouvoir appliquer convenablement les règles édictées. Protéger son enfant des enlèvements et du reste, d’une manière générale, repose essentiellement sur la psychologie et la confiance que vous construisez mutuellement. Alors, il est du ressort du parent de trouver les mots justes susceptibles de toucher la sensibilité et l’intéressement de l’enfant ;

- Étape 3 : Enseigner
Après avoir découvert les différentes situations auxquelles votre enfant ne saurait  reconnaître le danger ou ne réagirait pas face à ce dernier, reste maintenant à lui enseigner ce qu’il doit savoir et comment il doit se comporter. Pour ce faire, jouer au méchant et à l’enfant ciblé est l’un des meilleurs moyens de lui faire appréhender la situation au moment de la pratique car cela lui permettrait de s’en rappeler le jour où il en serait confronté. Bien évidemment que pour la réussite d’un tel exercice, l’âge de l’enfant sera forcément un facteur déterminant pour la bonne application. N’hésitez pas à  apprendre à son enfant à ne pas se laisser faire en cas de tentative d’enlèvement. Travailler “aux réflexes de survie” est souvent recommandé pour faire prendre conscience à l’enfant de sa force physique et de sa capacité à résister à un adulte. La confrontation est toujours payante dans de telle situation car même s’il est évident qu’un gamin de 6 ans par exemple ne pourrait pas résister longtemps à un adulte, il va de soi que les gesticulations et empoignades parsemées de cris peuvent bel et bien empêcher un éventuel agresseur de  l’attraper plus facilement et par ricochet ralentir et faire gagner de précieuses secondes à des tiers d’intervenir pour éviter le pire. Pour finir, il ne faut jamais perdre de vue que l’enfant a toujours besoin d’être rassuré et est un bon interprète des sentiments.  Si votre enfant sait que vous êtes prêt à tout pour le protéger, il aura plus de facilité à crier et à se débattre que s’il s’interroge sur la réaction que vous auriez.
N’oublions donc pas de leur faire sentir, en tant que parents, que nous serons toujours là pour les protéger. Tel est notre premier rôle.
Vivement que les nouvelles  mesures prises par les autorités pour éradiquer ce fléau soient pérennes et que tels actes ne se reproduisent plus jamais.

Qu’Allah SWT veille sur NOTRE CHER Sénégal … Amen

Par
Elhadji Daniel SO
 
Président d’En Mouvement ! Défar Sénégal
Ensemble, Construisons
le Sénégal ! Email :
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Dans le livre « Manuel de Recouvrement des Biens Mal Acquis : Un Guide pour les Praticiens », les auteurs Jean-Pierre Brun, Larissa Gray, Clive Scott et Kevin M. Stephenson reconnaissaient bien que le processus de recouvrement peut se révéler « épuisant, y compris pour les praticiens les plus expérimentés ». Nous devons reconnaître la complexité des processus de recouvrement intégral à l’international des biens mal acquis en général du fait souvent de manque de collaboration due à la pluralité des juridictions.

Au Sénégal, pour rappel, la Crei avait, le 23 mars 2015, relaxé Pierre Goudjo Agboba et Mbaye Ndiaye tout en condamnant les huit autres que sont Abdoukhalil dit Bibo Bourgi, Mamadou Pouye, Alioune Samba Diassé dit Pape, Karim Meissa Wade et les quatre fugitifs que sont Evelyne Riout Delatre DAF de AHS, Mamadou Aidara dit Vieux, Mballo Thiam et Abdoukhalil Frère de Bibo. Il n’y avait pas que Karim Meissa Wade. Il y avait toute une bande dont quatre en fuite aux premières heures de l’enquête.

Aujourd’hui, ce ne sont pas les difficultés du recouvrement à Paris qui vont remettre en cause le verdict de la Crei basé sur un argumentaire assez documenté. Mieux, sur le plan national, il y a eu recouvrement, y compris déjà ce qui l’était à titre conservatoire durant le procès.

L’opinion publique doit retenir que Karim Meissa Wade n’a pas été innocenté le 14 mars 2018 par le tribunal de Paris qui n’en avait d’ailleurs pas la compétence. Le Sénégal, dans le recouvrement pour exécution de la décision de la Crei, avait demandé une procédure d’entraide judiciaire à la Justice Française. Il ne s’est nullement agi, pour la cour d’appel de Paris, de « rejuger » en France ce que la Crei avait fini de trancher en 2015.  C’est pourquoi, il n’y a pas eu, dans la décision de la cour d’appel de Paris, une seule phrase à équivoque sur la non culpabilité de Karim Meissa Wade, condamné en bonne et due forme par les juridictions sénégalaises souveraines. Gracié par décret n° 2016-880 du 24 juin 2016 au même titre que Ibrahima Abou Khalil dit Bibo Bourgi et Alioune Samba Diassé, l’actuel locataire de Doha a juste bénéficié, en 2016, d’une mesure humanitaire ne dispensant que de la peine d’emprisonnement. Les délits lui étant toujours opposables et le recouvrement en cours d’application. Sauf amnistie, Karim Meissa devra payer 138 milliards de FCFA au Sénégal qui s’est donné les moyens de procéder au recouvrement.

En vérité, il y a eu recouvrement même si l’intégralité n’est pas encore dans l’escarcelle. Des sociétés dans lesquelles étaient actionnaires tout ou partie des huit condamnés ont été saisies et des administrateurs nommés par l’État du Sénégal. Des comptes et des biens reconnus leur appartenir comme ces appartements de l’Immeuble Eden Roc au Sénégal sont passés sous patrimoine de l’État qui à titre d’exemple a fixé le prix-plancher à la cession d’un appartement d’Eden Roc à 655 millions de FCFA.

Contrairement à ce qu’une certaine opinion veut faire croire des sociétés comme AHS SA, AHS Sénégal, ABS, AN MEDIA, HARDSTAND, BLACK PEARL FINANCE ont été confisquées.
N’oublions pas qu’il y avait d’autres sociétés en cause comme ISTAR, ISTAR IMMOBILIER, ISTAR CAPITAL, DAHLIA SA, DAHLIA CORPORATE, TERRA VISION, ATLANTIC HOLDING, SÉNÉGAL DISTRIBUTION, MENZIES MIDLE ESAT AFRICA dont la Crei dit dans son verdict qu’elle a été « créé dans des paradis fiscaux pour, sans avoir fourni aucune prestation aux différents AHS, se faire virer de l’argent par celles-ci dans des comptes domiciliés à Monaco ». En définitive, la décision de la Cour d’Appel de Paris n’est qu’un simple épisode dans le film du processus de recouvrement rendu souvent difficile par l’opacité ingénieuse de méthodes de dissimulation utilisées par ceux-là même qui s’essaient aujourd’hui au newlook lunettes et crane dégarni. Le processus a déjà donné des fruits et il continue. C’est le plus important.

Surfer sur un refus d’exécution du recouvrement par la Cour d’Appel de Paris pour embrayer sur une déclaration de candidature factice ne va dorloter que ceux que la Crei a déjà jugés et condamnés.
Concernant l’élection présidentielle de 2019, il n’est interdit à aucun sénégalais de déposer sa candidature. Déposer suffit-il ?  Nous savons tous qu’il faudra se conformer à la loi électorale en vigueur. Cette loi même qui, entre autres, exige à l’article L116 du code électoral que la déclaration de candidature puisse comporter des documents comme le « bulletin n° 3 du casier judiciaire et « une quittance du cautionnement » en plus de la déclaration sur l’honneur par laquelle le candidat atteste être en règle avec la législation fiscale du Sénégal. Parmi les préalables pour figurer sur les listes électorales au Sénégal, il y a l’obligation aux articles L31 et L32 du code électoral de non condamnation pour crime ou pour l’un des délits passibles d’une peine supérieure à cinq (05) ans d’emprisonnement.

Plutôt que de spéculer sur la météo des candidatures possibles, nous devons laisser le Pds, parti assez majeur, traiter seul cette question avec son candidat condamné à six ans. Tout le reste n’est que vaine victimisation avec une sorte de combat de boxe dans le vide. A quelques mois de l’élection présidentielle, c’est le Pds qui a un dilemme de candidature et ce parti a assez de juristes pour lire dans l’esprit et la lettre le code électoral qui est assez limpide comme l’eau de roche.

En définitive, derrière le coup de com du « nouveau porteur de lunettes » de Doha, il y a une tentative désespérée de redorer un blason terni entre Panama, les iles Caïman et les iles vierges britanniques. C’est pourquoi la seule réponse qui sied à cet homme est un rappel de cette phrase du poète latin Publius Syrus qui disait que celui qui a perdu l’honneur n’a plus rien à perdre.
Ne plus avoir quelque chose à perdre ne fera pas gagner grand-chose face à un peuple intelligent qui est tout sauf amnésique.
La com newlook n’effacera pas le verdict de la Crei. Il s’agit d’une com qui reste hélas encore dans le registre de la désinformation. Un simple refus parisien de donner une suite favorable à la coopération sur le recouvrement ne saurait redonner une innocence.

Par
Mamadou NDIONE

Économiste Écrivain
Conseiller départemental
à Mbour
Responsable politique
APR DIASS

 

S’il fallait se limiter aux apparences, Senghor serait l’homme des paradoxes. Paradoxal, il semble l’être lorsqu’il brandit le concept de « négritude » à l’époque où il lutte pour l’indépendance de son pays, tout en sacralisant la langue française. Paradoxe également entre exaltation de la beauté de la peau noire et l’apologie du métissage. Contradiction apparente encore lorsqu’il adhère à l’idéologie socialiste tout en dénonçant les erreurs de Marx ; de même ; lorsqu’il se réclame des « non alignés » mais refuse le partage tiers-mondiste des pays de l’Est, enfin – la liste pourrait être longue – lorsqu’il se singularise par une défense acharnée de la langue française quand, dans le même temps, il défend et vulgarise les langues nationales et vernaculaires.

En réalité, ces positions situées aux antipodes les unes des  autres ne s’opposent guère et son idée de symbiose, qu’il a toujours défendue avec force, en est le signe. Tout chez Senghor est d’une grande cohérence. Son itinéraire privilégié n’est pas étranger au talent de cet agrégé en grammaire fécond et rigoureux. Né d’un père catholique et d’une mère musulmane, originaire d’une ethnie sérère et minoritaire dans un État à dominance ouolof, homme de confession chrétienne dans un pays à 90% de musulmans avec une influence reconnue des chefs religieux sur la population, le Sénégal, dirons-nous, gagnait à avoir à sa tête un personnage de cette envergure, habitué à de tels tiraillements. Aussi n’éprouva-t-il aucune difficulté, sinon mineure, à réussir ce que d’aucuns n’ont pas hésité à qualifier de « miracle senghorien », mais qui n’était en réalité rien de plus que la rencontre  entre l’itinéraire d’un homme et la valeur intrinsèque d’une société : la tolérance et le sens de la mesure.

Le Deputé des paysans
Ces deux qualités, on les retrouve chez Senghor comme dans la société sénégalaise où la coexistence pacifique entre plusieurs communautés et différentes confréries religieuses en constituent la caractéristique principale, alors qu’ailleurs en Afrique, elles génèrent conflits et guerres. A l’heure où la religion est honteusement instrumentalisée par les fondamentalistes, il est important de rappeler ce que ce chef d’Etat et son peuple ont fait et réussi jusqu’à présent pour enraciner la paix sociale et la construction d’une nation.

Poète, il révèle une sensualité doublée d’une préoccupation identitaire et esthétique, lorsqu’il chante la beauté de la « femme, noire, femme africaine… » ou, lorsqu’avec une subtile ironie, il clame : « Oui Seigneur, pardonne à la France qui dit bien la voie droite et chemine par les sentiers obliques… ». Mais Senghor est aussi écrivain. Car comme beaucoup de ses contemporains venus des pays africains francophones, il était passionné par les idées et l’écriture. Senghor incarnait ainsi ce mouvement littéraire qui cherchait à asseoir des valeurs culturelles, africaines, et à forger une croyance, voire une identité pour s’affirmer devant l’homme blanc. Chez Senghor, c’est le culturel qui prend le pas sur le politique. L’on ne doit guère s’étonner de le voir inventer, dans les années 30, avec son ami martiniquais Aimé Césaire et le Guyanais Léon-Gontran Damas, le concept de « négritude ». Cette expression littéraire et philosophique du Panafricanisme, devait, avec force, rappeler à ses camarades africains, mais aussi au colonisateur, quelle était la véritable nature de l’homme noir, en tant qu’être dorénavant défini et replacé dans une sphère philosophique, historique, traditionnelle et identitaire, radicalement différente de cet autre et unique statut dégradant de colonisé qui lui collait à la peau. L’originalité du concept, la profondeur de son contenu et la portée de cette nouvelle forme de pensée suscitèrent des réactions de rejet, allant de l’expression ironique de « Tigritude » employée par le Prix Nobel et dramaturge nigérian Wole Soyinka, à des accusations de racisme à peine voilé de la part de ces jeunes penseurs et écrivains africains. C’était bien mal connaitre la détermination de Senghor qui ne retira pas un mot de sa thèse et qui fonda à Paris, avec un autre de ses compatriotes sénégalais Alioune Diop, Présence Africaine. Cette revue assura une large diffusion à ces valeurs, en même temps que l’auteur lui-même en approfondissait les axes essentiels tout au long de sa vie. A juste titre d’ailleurs, car la contestation, fut-elle virulente et soutenue, n’a guère été à la hauteur de l’argument.

Léopold Sédar Senghor semble avoir été promu – et sa seconde destinée – à la vie politique, lui qui aurait choisi la poésie et la littérature comme ses seules préoccupations et passions. Ce deuxième volet de son existence, parfois moins réjouissant, n’en fut pas moins exceptionnel et riche. L’un des inventeurs de la négritude a rencontré par hasard la politique, comme il aimait lui-même à le rappeler et comme l’avait déjà dit Jean-Paul Sartre qu’il a côtoyé à Paris - par prémonition, dans l’Orphée noir et en guise de préface à l’Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de Léoplod Sédar Senghor – en insistant fortement sur les préoccupations politiques des inventeurs de la négritude.
Élu lors des élections pour l’Assemblée constituante de 1946 en France par la population rurale, d’où son surnom de « député des paysans » ou encore « député de la brousse », il débuta une longue carrière qui l’amena tout d’abord au sein de la Section Française de l’Internationale Socialiste (SFIO), pour finir à l’Indépendance, premier président de la République du Sénégal.

Chef d’État en 1960, il fut reconduit dans ses fonctions en 1963, 1968 et 1973, tout en ayant échappé à ce que certains ont qualifié de coup d’État par son président du Conseil Mamadou Dia, et à une tentative d’assassinat. En 1976, quelque peu bousculé, il procéda, par lucidité et sagesse, de manière inédite en Afrique, à une réforme introduisant dans la Constitution un multipartisme limité à quatre courants idéologiques, excluant du coup du jeu politique Cheikh Anta Diop, l’autre grand intellectuel sénégalais, qui eût pu être un adversaire politique redoutable. Ses rapports avec ces deux personnages politiques tout aussi importants, lui ont valu les critiques les plus acerbes. En 1980, il décida de quitter volontairement le pouvoir qu’il laissa à son Premier ministre de l’époque, Abdou Diouf. Un fait inédit qui fût salué par la classe politique et qui revêt aujourd’hui un relief tout particulier, face aux récurrentes tentatives de révisons constitutionnelles initiées de nos jours par nombre de chefs d’Etat africains dans le but rester encore au pouvoir où ils sont pourtant installés depuis de longues années.
 
L’HERITAGE
Senghor restera l’homme dont l’action a été nourrie de poésie et qui fit de la culture la dynamique de sa politique. Ne fut-il pas le premier à revendiquer, tout en dénonçant la détérioration des termes de l’échange, un nouvel ordre culturel – et le dialogue euro-arabo-africain – au moment où la communauté internationale mettait essentiellement l’accent sur les aspects économiques des relations Nord-Sud ? Aussi, a-t-il réussi à combiner harmonieusement culture et politique. « Enracinement, mais également ouverture » aimait-il à dire à ses concitoyens, car pour lui, l’homme ne peut conserver son identité sans l’enrichir de ses traditions, ni valoriser sa propre culture ; mais il disait également, que sans ouverture sur le monde pour en recevoir les richesses, l’épanouissement de l’homme est sinon compromis, du moins incomplet. « De la négritude à la civilisation de l’universel » est le titre évocateur d’un de ses derniers essais. Il traduit toute la pensée et l’itinéraire de cet homme de Joal, imprégné de valeurs ancestrales, mais aussi amoureux de cultures et langues étrangères.

Plus blanc que noir ? Certains le disent sans aucune forme de retenue, ni une prise en compte du contexte des premières années d’indépendance des États africains. Son admission à l’Académie française – et bien d’autres faits qui ont marqué sa vie - n’est pas étrangère à cette étiquette. N’est-ce pas là également succomber aux apparences et ne point s’attacher à la profondeur des idées de celui qui est considéré comme « un humaniste, un visionnaire, un homme de culture et de dialogue » ? Le poète de Joal, docteur honoris causa dans plusieurs universités du monde, laisse derrière lui un héritage littéraire, culturel et politique qu’il appartient désormais de recueillir, d’enrichir et de transmettre. Encore faut-il que les héritiers soient dignes de cet homme exceptionnel qui aura marqué tout un peuple et dont André Malraux – séduit par l’initiative de son homologue africain de culture d’organiser à Dakar en 1966, le 1er Festival des Arts Nègres- disait qu’il était « l’homme qui tient entre ses mains périssables le destin de tout un continent ».

Les Sénégalais et les Africains garderont en mémoire que les plus hautes autorités françaises n’ont pas rendu l’hommage attendu par certains d’entre eux, à celui qui a toujours été aux confluents des civilisations noires et occidentales, si ce n’est l’envoi d’une simple représentation diplomatique. En revanche, l’Académie française a tenu à rendre cet hommage à l’homme littéraire et poétique, comme pour signifier à ceux qui ont cru voir dans l’admission du président sénégalais au sein de cette institution, une récompense de l’État français au président sénégalais pour « services rendus ». Cette cérémonie en hommage à Senghor est tout simplement une reconnaissance de sa place dans la littérature française. Elle marque bien la différence entre la notoriété de l’homme de lettres qu’il fût et le personnage politique qui l’a rattrapé.

Disparu depuis le 20 décembre 2001, sa pensée demeure d’une actualité criante si l’on veut bien se rappeler les propos qu’il avait tenus dans Message de la Poésie de l’Action (Paris 1962) : « Nous sommes tous continents, races, nations et civilisations embarqués dans le même destin ». Fort de cela, il est difficile de ne pas être sensible aujourd’hui au sort des migrants, ou de ne pas se sentir solidaire avec les victimes de toutes les crises et guerres en cours dans ce monde. On ne peut également s’empêcher de penser aux discours xénophobes et racistes de partis d’extrême droite qui naissent ici et là en Europe depuis quelques années. Enfin, les récents propos du Président américain sur les pays africains, contrastent terriblement avec la profondeur et la pertinence de cette pensée du premier Président sénégalais. Cela traduit la grande hauteur à la fois philosophique, intellectuelle et humaine de Senghor. Aux jeunes générations actuelles et futures de faire de cette philosophie une de leurs armes pour que l’Afrique reçoive le respect qu’elle mérite.


Comme d’autres, nous avons pu avoir quelque réserve, par moments, à propos de telle pensée ou de tel acte, en matière politique notamment, de Léopod Sédar Senghor. Il nous a toutefois paru juste et important de rendre hommage à ce grand homme d’Afrique à qui nous vouons un profond respect.

Par Alioune Badara FALL

Professeur des Universités – Agrégé de Droit public
Université de Bordeaux,
Membre du LAM,
Ancien directeur du Centre d’Etudes et de recherches sur les droits africains et sur le développement institutionnel des pays en développement (CERDRADI).
Rédacteur en chef de la revue électronique « Afrilex »

Comme l’énergie, l’industrie connait un développement fulgurant depuis l’avènement du président Macky Sall à la tête du Sénégal, en 2012. Dans ce secteur, nous pouvons constater, à plus d’un titre, la présence de la vision telle que définie dans le Plan Sénégal émergent (Pse). Ce secteur secondaire, en plein essor, participe à positionner le Sénégal sur la rampe de l’émergence, avec des productions record dans toute la chaine.
Ainsi, les réformes entreprises par Son Excellence Monsieur le président de la République ont beaucoup impulsé la dynamique de développement de l’industrie locale et un nouveau type de partenariat avec les investisseurs privés, notamment via le nouveau code minier adopté en 2016.  Cette industrie, en plein développement, peut nettement se mesurer à travers la plateforme industrielle de Diamniadio, qui se positionne comme la Sillicon Valley du Sénégal, grâce à ses parcs industriels déjà terminés pour la plupart.

Bâtie sur une superficie de 13 hectares, la plateforme de Diamniadio figure parmi les projets prioritaires du Pse. La première phase de construction de la plateforme industrielle intégrée de Diamniadio (P2ID) a été effectuée depuis mai 2015, avec comme Maître d’Ouvrage, l’Agence de la promotion des sites industriels (Aprosi) qui a réalisé 4 hangars industriels de 3658 m2 et 3 autres de 4910 m2, ainsi que différentes voiries et réseaux divers.
La deuxième phase des travaux portant sur une superficie de 60 ha sera bientôt lancée dans le cadre d’un Partenariat public privé (Ppp), après la signature d’un accord conjoint entre le Fonsis, l’Aprosi, et le Mauritius Africa Fund (Maf) avec un coût de 60 milliards de F CFA (110 entreprises ont déjà fait une manifestation d’intérêt, 16 sont en production, 11 en chantier, 2000 emplois permanents et plus de 100 demandes d’attente d’affectation de terrains pour un total de 116 ha).

A cette nouvelle plateforme de Diamniadio, s’ajoute la réhabilitation des sites industriels existants, mais aussi et surtout la création de parcs régionaux et d’agropoles sur le territoire national. Pour cela, nous avons le Domaine industriel de Kaolack en gestation avec les PME/PMI comme cibles, le Domaine industriel de Sédhiou, inspiré à la suite du Conseil des ministres décentralisé de la région de Sédhiou avec un hangar fonctionnel de 500 m2 pour les micros entreprises.
L’autre innovation majeure demeure le Domaine industriel de Sandiara, une des retombées de l’Acte 3 de la décentralisation qui vise à organiser le Sénégal en territoires viables, dont les travaux de terrassement ont démarré le 22 novembre 2016 (50 ha attribués par la commune- convention signée avec l’Aprosi- 60 milliards d’investissement- 4 entreprises déjà installées, 3 en cours d’installation et 9 réservataires pour un total de 30 entreprises- 10 000 emplois attendus).

Toujours dans le cadre de l’Acte 3 de la Décentralisation, le ministère de l’Industrie a lancé un programme pilotage d’Hôtels industriels à Fatick, Gossas, Linguère et Touba pour une enveloppe globale de 400 millions.
A travers un mécanisme de financement innovant, grâce au partenariat Mim/Fongip/Fonsis/Bnde, une politique de transformation des produits agricoles est mise en place via la création de 500 unités de transformation agroalimentaires, réparties sur le territoire national. La Bnde et le Fongip viennent en appoint avec un fonds de 2,5 milliards, un fonds garanti à hauteur de 70%, un taux d’intérêt de 6,5% pour une durée de 5 ans. Le ministère de l’industrie a participé à hauteur de 500 millions de F CFA. A ce jour, 7 projets ont été agréés pour un volume de financement de 350 millions.

Enfin, parmi les réalisations du président Sall dans le secteur de l’industrie, nous pouvons aussi citer l’usine de traitement des produits halieutiques de Goxxu Mbathie dont le but est la réduction de la pénibilité du travail des femmes de la localité. Le coût de l’investissement est de 349 millions FCFA, avec une capacité de production de 97 000 tonnes/an, un chiffre d’affaires de 11 milliards et 600 emplois permanents.
Des perspectives meilleures s’annoncent dans le cadre du programme de partenariat Pays Sénégal- Onudi (Pcp –Sen), lancé en avril 2015. Le Sénégal a été choisi comme pays pilote avec l’Éthiopie pour mettre en œuvre le volet industrie du Pse via des plateformes, parcs industriels et agropoles dans le sous-secteur de l’agroalimentaire, du textile, des matériaux de construction, et de la transformation des produits halieutiques.
Tous ces succès démontrent à suffisance que des lendemains meilleurs se profilent à l’horizon, notamment avec plus de création d’emplois pour les jeunes et les femmes dans le secteur.

Par
Augustin Hamad NGOM

Manager spécialiste en Passation des marchés
Enseignant/ Consultant
en Marchés publics
et Marketing
Membre du Comité
scientifique des cadres
de l’Apr (Ccr)
Conseiller municipal à Ndiaganiao et Conseiller départemental à Mbour
E-mail:
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Depuis le vendredi (9 mars), les commentaires sur les propos du philosophe se multiplient et le font tomber en disgrâce.
Professeur, en voulant faire de la rhétorique, son jeu favori, qu’on lui connait, est tombé sous le panneau. Il y a deux choses que professeur a oublié au moment de faire son jeu de rhétorique. i) Les mots ne sont pas des enveloppes vides, ils ont un pouvoir de destruction massive (Pdm), dès lors qu’ils sont utilisés ou compris hors de leur contexte ou dans un contexte défavorable. ii) Il ne faut point généraliser sur les faits sociaux. Ils se traites au cas par cas. Viol d’un bébé, viol d’une fille, l’inceste, viol d’une dame nue dans la rue sont autant de cas différents. Pour chaque cas, il y a une ou des explications, leurs raisons sont multiples. Je présume que c’est du dernier cas dont professeur parlait.
Si ce n’est pas le cas, j’arrête d’écrire car, il mériterait la guillotine.  Si tel est le cas, continuez la lecture. Personnellement, j’ai du mal à parler de ce sujet, car il aiguise notre sensibilité morale, voire culturelle et crée, pour certaines personnes, un malaise, des souvenirs traumatisants, de l’amertume, du regret, de la frustration… Mais la proportion que prend cette affaire ne me permet plus de me taire et m’amène à dire ce que j’en pense.

Les viols ne se justifient pas, ils s’expliquent.  En effet, une libido débordante due à une cervelle atrophiée par l’éducation, les circonstances de la vie et/ou par un dérèglement mental, peut expliquer la réponse violente à une indécence démesurée. On est là en face de deux extrêmes. Et la nature des extrêmes est de se toucher violemment par leur extrémité de manière à nous choquer, nous autres personnes sensées. C’est cela que j’appelle le choc des extrêmes. Autant certaines tenues ne peuvent se justifier, car on ne peut savoir ce que la personne cherche à montrer ou prouver en se mettant presque nue au milieu de la rue, si ce n’est que pour être vue insensée, incorrecte, indécente. De la même manière, on ne peut savoir de quelle nature est celui qui ne sait point se retenir devant un être insensé, incorrect, s’il n’est lui-même pareil. Je pense qu’il faut entrer dans les profondeurs pour le comprendre. Mais évitons les profondeurs et restons à la surface pour se donner la chance d’être compris par la majorité. De manière simple, dans les deux cas, la mesure est dépassée. Et lorsque la mesure est dépassée, il n’y a plus de limites. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en chacun de nous, sommeille une bête, en chacun de nous, il est également installé une censure à l’image d’un antivirus qui repousse les tendances malsaines exprimées par notre bête intérieure et réprimées par la société.  Ainsi, il y a des personnes anormales (pris au sens terre à terre), leurs antivirus est périmé par conséquent leur disque dur est endommagé. De ce fait, tous les logiciels espions (cheval de Troie et autres)  corrompent leur capacité de perception de la réalité. Elles voient celle-ci de travers. Ainsi, d’une part, les signaux dégagés par les femmes nues, «sémi-nues» ou maniérées sont lus et interprétés comme provocation, et, d’autre part, du fait que leur « disque dur » est endommagé leur censure ne peut plus contenir les assauts répétés et violents de leur bête intérieur.  En réalité, si l’Islam demande aux femmes de se couvrir, aux hommes de ne point serrer la main aux femmes et que l’on doit séparer les dortoirs des garçons et des filles à un certain âge. Je me demande pourquoi, si ce n’est en guise de prévention de l’excédent libidinal des déviants et écervelés qui sont parmi nous et que l’on ne saurait identifier au premier regard, car de façade, ils sont normaux mais dans le fond, c’est le vide, le néant, le gouffre.

Par ailleurs, nous savons que le vol, l’agression ne sont pas justifiés mais faisons le maximum pour ne pas être pris de court. Même dans notre propre maison, nous fermons à clé nos coffres, même si nous présumons que nos proches ne sont pas voleurs. Et nous évitons certains endroits la nuit pour des raisons de sécurité. Ces raisons nous dictent la prudence. Autant qu’il y a des agresseurs et des voleurs autant il y a des violeurs par nature qui sont parmi nous. Ce sont là ceux qu’il faut éviter par principe de prudence. Quand quelqu’un t’invite pour la première fois à l’hôtel ou chez lui, soigne ta mise et adapte-la au principe de prudence.  Quand tu es nue dans la rue, tu ne sais pas qui est en face de toi. Sans le savoir peut-être, tu exerces une violence psychologique à laquelle, selon sa nature (disque dur endommagé), il ne saurait résister. Tu crées en lui une charge libidinale dont une autre risque ou pourrait être l’objet de décharge, donc la victime.

Pour vous les femmes/filles même dans votre maison, couvrez-vous, ne serait-ce qu’au minimum, c’est une recommandation et dans la rue, ce minimum est un impératif.
Pour le professeur Songué, il y a eu, dans tous les cas, une maladresse langagière et contextuelle. Notre ami philosophe/poète s’est perdu dans ses rimes. En vrai philosophe voulant trop rimer pour rivaliser les poètes et les rappeurs, il  a créé un contresens, une bourde, et avec évidence, a ramé à contre-courant de sa pensée. Ayant l’habitude de l’écouter, je sais qu’il est de bonne foi.
 Le Soldat Songué est un bon Soldat. Il nous a habitués à de bonnes analyses. Seulement cette fois-ci, son coup est mal tombé, maladroit et il s’en est blessé et en a blessé d’autres. Mais il reste un bon Soldat. Les bons soldats, même blessés gravement, on ne les laisses jamais sur le terrain de combat.
Oui, il faut sauver le soldat Songué!

Par
Moussa KA

Psychologue Conseiller

 

Le 09 mars 2018, au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes, alors que plusieurs d’entre nous poursuivaient les réflexions sur les combats à mener et le chemin restant à parcourir, voici ce que Monsieur Songué, professeur de philosophie au lycée, affirmait à l’endroit des femmes sur le plateau de l’émission Jaakarlo: « Nous devrions porter plainte parce que vous faites tout pour que nous vous violions, et quand nous vous violons , nous allons en prison et vous qui avez tout fait pour qu’on vous viole, vous continuez à être libres. J’assume pleinement et entièrement ce que je dis, je coupe la poire en deux, le pauvre qui est tombé dans le panneau prendra 10 ans et  celle qui a tout fait pour être violée continue à être libre. Même au sein de la maison, celle qu’on a violée, c’est celle qui a des formes généreuses ».

Inversion des rôles : les agresseurs deviennent les victimes. Les femmes et filles coupables des agressions qu’elles ont subies. Rires dans le public. Cette émission qui se voulait, à l’occasion du 08 mars,  une “célébration” des femmes, est devenue le théâtre d’une apologie du viol. Ce discours d’une violence inouïe, proféré sur la place publique, est révélateur de la violence systémique et systématique que subissent les femmes au quotidien. Cette violence devenue ordinaire est présente partout et à toute heure de la journée.  Elle se traduit par de nombreuses agressions des plus ténues au plus violentes, incluant le harcèlement dans la rue et au travail, la violence (tant physique que psychologique) qui s’exerce aux niveaux conjugal et familial, ou encore les agressions sexuelles, viols et incestes.

Nous souhaitons alerter et susciter le débat sur l’ampleur de ces violences à l’encontre des femmes et des filles mais aussi sur l’indifférence qu’elles suscitent hélas encore trop souvent dans notre pays.

Qu’ont ces violences en commun et qu’est-ce que cela nous révèle? Ces violences ne sont pas des actes isolés. Elles surviennent dans un climat d’impunité généralisée où des hommes tout puissants peuvent disposer du corps des femmes sans avoir à répondre de leurs actes. Une loi contre le viol existe bel et bien au Sénégal mais nous savons que son application est plus que  limitée. Aussi, est-il important de préciser que la capacité de mobiliser l’appareil judiciaire dépend de ressources que de nombreuses victimes n’ont pas. Il faut connaître l’existence de la loi, comprendre le processus judiciaire, et surtout être prête à faire face à un système dans lequel les femmes restent considérées comme les seules responsables de leur sécurité. Au Sénégal comme ailleurs, les victimes d’abus sexuels et d’autres formes de violences ne dénoncent que très peu leurs agresseurs. Elles sont habitées par un sentiment de honte créé et renforcé par le blâme imputé à la victime. On leur reproche leur apparence, leur habillement, leur démarche, leurs heures de sortie, leur fréquentation de certains lieux. De tels messages sont reçus et enregistrés par toutes celles qui, un jour, feront le choix douloureux de se taire, parce que se sentant profondément honteuses et se disant, non sans raison, qu’on ne les croira pas.

La honte “doit changer de camp”. Les femmes devraient pouvoir dénoncer la violence, quelle que soit sa forme, et se sentir accueillies dans leur démarche. Nous devons collectivement dénoncer ces violences et les inégalités structurelles qui leur permettent d’exister et d’être légitimées. Si des individus comme Songué Diouf peuvent se permettre de proférer de telles obscénités à la télévision sénégalaise, à un moment où les femmes du monde entier se soulèvent pour dénoncer d’une seule voix les agressions sexuelles et leur banalisation, c’est bien parce qu’ils mesurent la force de l’impunité qui est le propre même de la culture du viol. #metoo, #balance ton porc, #moi aussi et #domasiif (depuis le 12 mars 2018) ne sont pas des hashtag vides de sens. Ils traduisent une volonté de libérer et de décomplexer enfin la parole féminine. Dans le cas du Sénégal, ce message n’est pas, jusqu’à ce jour, entendu. Le silence des autorités, notamment celui de la ministre de la Famille et du Genre, pendant que les femmes et leurs alliés se mobilisent, en est la preuve. Sa voix aurait dû être la première à condamner publiquement et fermement ce type de discours et à rappeler aux victimes qu’elles ne sont pas seules, que l’État a le devoir de les protéger.

En tant que collectif de femmes du Sénégal et de la diaspora, nous dénonçons vigoureusement toutes les formes de violence à l’égard des femmes et appelons à une réaction des pouvoirs publics. Dans un Sénégal qui a ratifié les conventions internationales et régionales en matière d’égalité entre les sexes, il est impératif d’assurer l’application du droit et de promouvoir de manière effective une éducation à la sexualité et au respect de l’intégrité physique et psychologique de tous les individus, en particulier des femmes et des enfants. À ce sujet, nous pensons que la création d’une commission d’enquête nationale sur les violences faites aux femmes est une étape non négligeable.

En 2008, l’Association des juristes sénégalaises soumettait un rapport expliquant, de façon détaillée, comment l’on pourrait s’inspirer du Rwanda pour l’éradication des violences basées sur le genre (Vbg). L’association recommandait notamment de “faire des Vbg une priorité en santé publique”, désigner  un “procureur spécial chargé des violences basées sur le genre” et renforcer le “dispositif législatif et réglementaire sur l’équité, l’égalité du genre et sur la prévention et l’élimination des Vbg”. Ces recommandations font état de la nécessité d’une intervention systémique ne pouvant  s’opérationnaliser sans la présence, dans nos institutions, de personnes préoccupées par l’égalité entre les femmes et les hommes. L’application de ces recommandations serait un pas dans la bonne direction impliquant la mise en place d’un réseau de soutien des victimes au-delà du judiciaire. Cela se traduirait notamment par :
• La création d’espaces sécuritaires de parole organisés par et pour les femmes sénégalaises
• L’implication de groupes de santé psychosociaux pour développer des ressources d’accueil et d’hébergement, des ressources thérapeutiques appropriées et accessibles pour les victimes de viol et d’abus sexuels qui intègre une approche féministe,  intersectionnelle et décoloniale.


• La prise d’initiatives concertées pour développer l’estime de soi des femmes qui ont été victimes de violences sexuelles afin qu’elles reprennent pas à pas le pouvoir sur leur vie et leur avenir.

Ce sont là un ensemble de pistes qui nous permettront d’offrir un meilleur soutien aux victimes qui vivent avec les traumatismes des viols et abus sexuels dans un contexte où le support psychologique ou affectif dans la communauté et dans le milieu de la santé est quasi inexistant.


Signataires

Mame-Penda Bâ, enseignante - chercheur UGB

Marie-Eveline Belinga, chercheure féministe
indépendante

Renée-Chantal Belinga, conseillère municipale

Oumou Cathy Bèye, sociologue

Fatou Kiné Camara, juriste

Oulimata Coulibaly, grand-mère au foyer

Gagnesiry Coundoul, badiénou gokh

Fatou Bintou Dial, sociologue IFAN

Bintou Diallo, politologue

Coumba Diallo, Fonctionnaire

Mame Seynabou Diop, étudiante

Rosalie Aduayi Diop, chercheure IPDSR/IFAN

Sokhna Diop, manager des entreprises
en business administration

Aïda Diouf, présidente badiénou gokh

Maimouna Faty, étudiante stagiaire
en communication

Mame khady Gning, Conseillère en ventes
et Marketing

Nafissatou Penda Gning, entrepreneure

Sadio Bâ Gning, enseignante - chercheure
UGB

Yaye Ramatoulaye Gning, étudiante
Nafy Guèye, Arboricultrice

Ndack Kane, économiste et éditrice

Coumba Lacouture, préposée aux
renseignements Retraite Québec

Oumou Nayelle Ly, sociologue

Oumy Mbengue, retraitée et grand-mère
au foyer

Marième N’Diaye, sociologue chargée
de recherche au CNRS/ISP

Ndèye Aly Khoudia Ndiaye, mère au foyer

Ndèye Laïty Ndiaye, sociologue et chargée
de cours

Yaye Mbayang Ndiaye, étudiante

Adama Ndoye, badiénou gokh et conseillère
municipale

Alice Niang, entrepreneure sociale

Fatima Sall, juriste

Salimata Sall, travailleuse sociale

Touty Samb, assistante administrative
et financière

Régina Sambou, journaliste

Fatou Sow, sociologue au CNRS

Cécile Thiakane  CMO, actrice du
développement social

Khaira Thiam, psychologue clinicienne

Pour avoir suivi attentivement l’émission de la 2Stv du dimanche 25 février 2018 « Cartes sur table », puis avoir réécouter à plusieurs reprises la déclaration de Aly Ngouille Ndiaye, j’ai été très surpris par les réactions de l’opposition qui a voué aux gémonies le locataire de la place Washington  en exigeant sa  démission, en le traitant  de tous les noms d’oiseaux. Les attaques dont ce dernier fait l’objet, sont injustes et injustifiées. Au juste, qu’est-ce que Aly Ngouille Ndiaye a dit et qui mérite qu’il soit cloué au pilori ?: « Moi, en tant que responsable politique de l’Apr, je vais faire inscrire, c’est-à-dire demander à mes militants et sympathisants d’aller s’inscrire sur les listes électorales à temps, puis retirer leur carte d’électeur, pour voter le jour du scrutin ». Une telle déclaration qui a duré à peine 40 secondes, pour une émission de plus d’une heure et demie d’horloge, mérite-t-elle tant d’agitation fébrile et politicienne? Assurément non !

Au contraire,  Aly Ngouille Ndiaye devait être chaleureusement félicité pour son honnêteté intellectuelle. Quel est l’homme politique, ministre ou pas, qui n’incite pas ses militants et sympathisants à aller s’inscrire sur les listes électorales, lorsque la période de révision des listes est ouverte ; qui ne les encourage pas à aller retirer leur carte d’électeur pour pouvoir voter le jour du scrutin ? Quel est l’homme politique, ministre ou pas, qui n’est pas devant sa calculette ou son ordinateur, en compagnie de son État-major électoral, pour faire le décompte des voix, pour n’importe quel scrutin, à plus forte raison pour une élection présidentielle dont les enjeux n’échappent à personne ?

Tous les acteurs politiques devraient se réjouir de la substance de la déclaration de Aly Ngouille Ndiaye qui est éminemment républicaine et riche en informations. Après avoir annoncé les différentes phases du processus électoral, le MINT a donné des assurances que toutes les cartes d’électeurs seront éditées à temps, qu’elles seront disponibles dans les différentes commissions administratives, au niveau national comme dans la diaspora. En conséquence il a invité les sénégalais à ne pas attendre le dernier moment pour aller retirer leur carte, ce qui crée des encombrements dans les centres de distribution. Au contraire, il a convié ses compatriotes à aller retirer leur carte le plus tôt possible, afin que le scrutin puisse se dérouler dans le calme et la transparence.

Honnêteté intellectuelle
 Aly Ngouille Ndiaye a fait preuve de très grande hauteur de vue sur les questions électorales dans sa déclaration.  Pour quelqu’un qui vient juste d’arriver dans un département ministériel comme celui de l’Intérieur, la parfaite maîtrise des dossiers dont il a fait preuve durant cette émission interactive, mérite d’être saluée et encouragée. L’opposition est dans son droit de le récuser. Lui-même l’a réaffirmé au cours de l’émission. Mieux, lorsque la Majorité a eu à suspendre un moment sa participation à la concertation parce qu’elle n’était pas d’accord sur le fait que le ministre de l’Intérieur soit récusé, c’est lui-même qui a appelé le plénipotentiaire Benoît Sambou, en demandant à la Majorité de revenir à la table de concertation, en lui faisant observer que l’Opposition et les Non- Alignés avaient parfaitement le droit de le récuser. Il faut simplement consigner dans le Procès- verbal les positions des uns et des autres sur cette question et avancer.

Le boycott de la concertation sur le processus électoral par l’opposition regroupée  dans l’Initiative pour des élections démocratiques (Ied)  est absolument indéfendable parce qu’elle est antirépublicaine. Tous les acteurs politiques qui avaient pris part aux élections législatives du 30 juillet 2017, devaient se retrouver autour de la table de concertation pour procéder à une évaluation collective du scrutin, pour corriger et rectifier tout ce qui pouvait et devait l’être avant la présidentielle 2019. C’est pourquoi, le premier acte qui a été posé dans le cadre du Ccpe (Cadre de concertation sur le processus électoral) tenu du 12 décembre 2017 au 02 février 2018, c’était de  demander aux différents pôles (Majorité, Opposition et Non- Alignés) de con signer dans un document écrit,  tous les manquements, irrégularités et griefs qui ont émaillé le processus, à toute les étapes de  la chaîne des opérations électorales. C’est la synthèse remarquable de toutes les évaluations qui ont été faites, qui a été condensée dans les Tdr (Termes de références) en 08 grands points : thème 1 : évaluation du processus de refonte partielle des listes électorales ; thème 2 : audit du fichier électoral ; thème 3 : conditions de participation à l’élection présidentielle (caution, bulletin unique et parrainage); thème 4 : proposition de précision sur certaines dispositions légales ou constitutionnelles (le mandat présidentiel, certains articles du code électoral, par exemple) ; thème 5 : personnalité / autorité ou organe  consensuel devant conduire le processus électoral ; thème 6 : place de la Cena et du Cnra dans le processus électoral ; thème 7 : organisation des élections locales, notamment les modes d’élections thème 8 : rationalisation des partis politiques et des candidatures / financement des partis politiques, et statut de l’opposition ainsi que du chef de l’opposition.

A la table de discussions
Comme on peut le constater, tous les griefs de l’Ied contre les législatives du 30 juillet 2017 sont contenus dans ces Tdr. Son cheval de bataille que constitue la personnalité ou l’organe chargé d’organiser les élections est bel et bien posé dans le 5ème  thème.  C’est dire que l’opposition n’a absolument rien à dire, car elle est très mal placée pour donner des leçons de démocratie au pouvoir en place.  Au lieu de tourner le dos aux concertations, elle aurait gagné à venir à la table de discussions pour échanger avec ses homologues des autres partis, pour trouver des solutions consensuelles aux problèmes qui interpellent tous les acteurs du jeu électoral, qui ont la même dignité politique. L’Ied est certes composée de partis majeurs de la scène politique, mais cela ne lui donne pas le droit de déserter le dialogue avec les autres acteurs politiques, en surestimant  ses forces, en se bombant le torse et en engageant un bras de fer contre le régime en place, en foulant aux pieds les lois et règlements qui régissent le fonctionnement des institutions de la république. C’est s’illusionner que de penser qu’on peut prendre au collet le pouvoir, lui tordre la main et lui imposer un ministre de l’intérieur dit «neutre » ou « apolitique ». L’opposition doit absolument se convaincre du fait que l’acte de nomination aux fonctions ministérielles est du ressort exclusif du chef de l’Etat, à qui la Charte fondamentale de notre pays donne cette prérogative. La riche expérience électorale de notre  pays le prouve amplement. De 1960 qui a vu le premier ministre de l’Intérieur en la personne de Me Valdiodio Ndiaye à aujourd’hui avec Aly Ngouille Ndiaye en 2018, soit 58 ans, notre pays a connu 27 ministres de l’intérieur dont 03 Généraux d’armée : Général Lamine Cissé (1997-2000, sous le magistère du Président Abdou Diouf) ;  Général Mamadou Niang (2000-2002, sous le magistère du Président Abdoulaye Wade)  et Général Pathé Seck (2012- 2013, sous le magistère du président Macky Sall) . Monsieur Cheikh Guèye, Inspecteur d’État, ancien directeur Général des élections (Dge)  a assumé les fonctions de ministre en charge des élections de 2011 à 2012, (sous le magistère du Président Wade), mais c’est Me Ousmane Ngom qui assurait la fonction de ministre de l’Intérieur.

Il convient de féliciter l’ensemble des acteurs politiques qui ont pris part au Ccpe, pour leur engagement patriotique au service de la Nation, pour permettre à notre démocratie d’aller de l’avant. Dans l’ensemble, les travaux se sont bien déroulés, dans un formidable élan de dépassement et de recherche sincère de solutions aux problèmes qui interpellent les acteurs politiques. Il ressort du RAPPORT GÉNÉRAL DES TRAVAUX DU CCPE (Décembre 2017- Février 2018), que sur les points et sous points discutés, le bilan se présente ainsi : 03 (trois) points d’accord ; 05 (cinq) points de convergence ; 02 (deux) points de divergence ; O5 (cinq) points de désaccord et 07(sept) recommandations.

La cheville ouvrière
En plus des acteurs politiques, il y a lieu de féliciter les acteurs institutionnels, le MINT en général, en commençant par le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye et l’ensemble de ses collaborateurs. La Dge en particulier, et son directeur M. Thiendella Fall et toute son équipe, ont déployé des efforts considérables et ont fait preuve d’une grande disponibilité qui ont permis au Ccpe de travailler dans de bonnes conditions. C’est ici le lieu de déplorer les accusations injustes et non fondées, proférées par certains leaders de l’opposition regroupée dans Ied, à l’encontre du directeur de la Dge, Monsieur FALL. Ce dernier, comme du reste les autres techniciens du MINT doivent être tenus à l’écart du débat entre les hommes politiques. Ce sont des fonctionnaires qui ont un sens élevé de l’esprit républicain et dont l’expertise avérée est sollicitée dans de nombreux pays d’Afrique. Ils ont été la cheville ouvrière dans l’organisation des deux scrutins qui ont conduit à deux alternances politiques, pacifiques et démocratiques (2000 et 2012).

Une mention spéciale doit être décernée à son excellence l’ambassadeur Seydou Nourou  Bâ, Président du Ccpe,  pour la grande compétence et l’efficacité dont il a fait preuve tout le long des travaux. Malgré les passions qui ont émaillé parfois les discussions, il a toujours trouvé les mots justes pour faire baisser la tension, grâce à son talent de fin diplomate rompu à la négociation.
  S’agissant de l’audit du fichier électoral, le bilan est très positif, comme le révèle le RAPPORT DE LA MISSION D’AUDIT DU FICHIER ÉLECTORAL SÉNÉGAL 2018. (Dakar, 26 février 2018). Il ressort de ce rapport que notre fichier électoral est fiable à 98%, et ne comporte  qu’un taux d’erreur compris entre 1,241% et 1,989%. En conséquence dit le rapport : « Nous pouvons déclarer que le fichier, quoique perfectible, est cohérent, de bonne qualité et constitue une base solide pour l’organisation de prochaines élections. » (P. 84)

En définitive, on peut affirmer sans risque de se tromper  que les travaux du Ccpe tout comme l’audit du fichier par les experts internationaux ont été couronnés de succès. Par-delà les aspects statistiques, le plus important c’était que les acteurs politiques puissent dialoguer, se parler, échanger leurs expériences dans la convivialité et le respect mutuel. Il ne fait l’ombre d’aucun doute, que cet objectif a été largement atteint, et c’est à l’honneur de tous les  participants au Ccpe et du peuple sénégalais qui avait placé beaucoup d’espoir dans ce dialogue entre les acteurs du jeu politique.

En tout état de cause, des pas très importants viennent d’être franchis avec la publication de ces deux rapports qui attestent que notre processus électoral est absolument fiable, malgré les gesticulations d’une certaine opposition qui refuse de voir la réalité en face et qui fait une fuite en avant en se cachant derrière son petit doigt. C’est parce qu’elle est persuadée qu’elle a perdu d’avance la prochaine élection présidentielle 2019 et qu’elle sera battue à plate couture par la coalition Bby, grâce au bilan positif du président Macky Sall dans tous les domaines de la vie économique, politique, sociale et culturelle , que cette opposition qui rumine encore sa défaite à la dernière présidentielle 2012 et qui rêve de revenir rapidement au pouvoir, fait feu de tout bois et cherche coûte que coûte à créer une situation insurrectionnelle dans notre pays avant la présidentielle 2019. C’est peine perdue puisque le peuple sénégalais lui a définitivement tourné le dos.
* Les intertitres sont de la rédaction

Par
Ousmane Badiane

Chargé des Elections
de la LD
Plénipotentiaire
de la Majorité au CCPE
Email :
ousmanebadiane1@
gmail.com

« J’ai dû quitter l’école en 5ème pour me marier avec mon cousin, sur ordre de mon père. J’avais 15 ans et lui 30 ans. Mon père m’a dit que la place d’une femme était au foyer, se marier et faire des enfants, pas à l’école. Je n’ai pas pu refuser. Aujourd’hui, c’est mon plus grand regret dans la vie. J’étais bonne élève et j’aimais beaucoup l’école. J’avais la capacité d’aller jusqu’au Bac et devenir enseignante par exemple ».

« Quand j’ai eu mon brevet, je n’ai pas pu poursuivre mes études pour aller au lycée car je n’avais pas de famille pour m’héberger en ville et je ne pouvais pas faire le trajet de 10 km tous les jours matin et soir pour aller au lycée ».

« Je n’ai pas pu finir mon cycle primaire car mes parents étaient trop pauvres et j’ai dû arrêter pour vendre des beignets avec ma maman au marché, je n’ai pas eu d’autres choix ».

« Ainée de ma famille, je n’ai pas pu poursuivre mes études après le primaire, et pourtant, mes frères si. Mon père m’a dit qu’il ne pouvait pas supporter tous les frais liés à nos études. Je n’ai pas eu d’autres choix, aujourd’hui, je me dit qu’il faut que cette injustice cesse, on ne peut pas continuer à favoriser les garçons ».

Combien de filles ont connu une déscolarisation pour des raisons socioéconomiques ? Combien sont-elles encore dans cette situation ?

En cette journée internationale des droits des femmes, moment fort dans l’année pour se pencher davantage sur les inégalités face aux hommes, ces cas de décrochages scolaires nous interpellent. En effet, dans certaines contrées du Sénégal, des jeunes filles continuent à connaître une déscolarisation inquiétante et ce malgré la ratification par l’état du Sénégal des conventions internationales et aussi la mise en œuvre de nouvelles politiques pour l’éducation et la formation. Ces mesures adoptées depuis quelques années n’ont cependant pas encore produit tout à fait les effets escomptés.

Même si le taux brut de scolarisation primaire est passé de 67,2% à 93% de 2000 à 2013, le taux d’alphabétisation de la population ne dépasse pas les 56% et ce sont surtout des filles (sources ministère éducation nationale du Sénégal). Parmi le contingent d’élèves qui abandonnent l’école, à la fin du cycle primaire, la grande majorité est constituée de filles.

Scolariser les filles et les maintenir à l’école jusqu’au bac, reste un défi majeur pour la formation d’un capital humain de qualité qui sera vecteur d’émergence pour nos États.

Dans beaucoup de pays d’Afrique subsaharienne, bon nombre de parents, qui n’ont pas eu la chance ou l’opportunité d’être allés à l’école, ne mesurent pas l’importance de l’école et son apport dans la vie ! Ils continuent encore à retirer leurs filles de l’école. D’autres éléments à caractère socioéconomique sont aussi déterminants dans ce fléau.

L’impécuniosité extrême, dans certaines familles, les parents, devant faire face de façon quasi quotidienne à des urgences de survie, n’ont pas les moyens d’assurer les frais liés à la scolarisation (inscription, matériels scolaires, transports...). Ils vont marier leurs filles précocement pour récupérer la dote et se défaire d’une bouche à nourrir.

La santé de la reproduction n’est pas maîtrisée et reste un tabou dans certaines communautés. Une jeune fille tombant enceinte avant le mariage étant une des pires hontes dans certaines communautés au Sénégal, lieu de dispenser une éducation sexuelle aux filles, certains parents optent malencontreusement pour leur mariage précoce. Opérer un changement des mentalités et croyances au sein de ces populations est l’un des challenges des organisations spécialisées en planning familial. Il va de soi que les grossesses précoces et non désirées sont aussi des freins à la poursuite de l’éducation des filles.

Certaines pratiques culturelles ou religieuses méritent d’être questionnées. Quand on considère que certaines filles, âgées d’à peine de 13 ans et entrant tout juste dans l’âge de la puberté, peuvent être candidates aux mariages, sans que cela ne soit assimilé à de la pédophilie ! Les mamans ayant connu le même sort ne peuvent pas servir de bouclier et deviennent complices de ces pratiques. Ces pratiques perdurent car en partie fortement « encouragées » par des chefs religieux, par des chefs coutumiers ou par des marabouts. Leur fort pouvoir de prescription dans leurs communautés, laisse entrevoir le lourd travail de déconstruction des mentalités.

Le phénomène de mariages précoces et forcés, est digne d’une autre époque. On vole à ces filles leur droit à l’enfance, à l’éducation à tout jamais. Issues de milieux modestes, une fois mariées, elles devront faire face à de nouvelles obligations et préoccupations et ne pourront plus jamais poursuivre leur scolarité. Elles sont souvent mal préparées pour faire face à ce saut dans le monde adulte. Leurs perspectives d’avenir sérieusement hypothéquées, elles se retrouvent assez souvent maintenues dans une situation de dépendance, de pauvreté avec le risque que cette histoire se répète de génération en génération. Eradiquer les mariages précoces ouvrirait à des milliers de jeunes filles une formidable perspective de poursuite de leur scolarité.

La prostitution est aussi une des conséquences du décrochage scolaire. Certains parents, quelle que soit leur confession, pour des raisons de survie, « tolèrent » ou encouragent la prostitution.

C’est un fait social. Une éminence me répliquait, il y a peu, que la prostitution ne représentait qu’un faible taux de la population, donc il n’y avait pas raison de s’alarmer. C’est le jugement d’un homme, un jugement qui ne tient nullement compte des ravages personnels et psychologiques que cela peut entraîner.

L’impact de la scolarisation des filles sur les conditions tant sociales qu’économiques des femmes n’est plus à démontrer. La scolarisation des filles jusqu’à la fin du cycle secondaire, a une incidence sur leur taux de fécondité car ces filles se marieront plus tard et auront plus recours à des méthodes contraceptives pour l’espacement des naissances et leur baisse. En atteignant le bac, ces filles pourront prétendre à un emploi décent et bien rémunéré. Elles pourront améliorer leurs conditions de vie, et être des leviers de productivité, de création de valeur et de croissance. Plus instruites, mieux informées, ces femmes seront à même de prendre des décisions plus adéquates en termes de nutrition, hygiène et plus globalement santé. Cela a une incidence directe sur la baisse de la mortalité infantile.

Des mesures incitatives initiées par des associations de proximité, des collectivités locales, mais aussi l’État via ses agences compétentes sont à fertiliser.

A Nguékhokh, l’association Kërr Seddéle GwadAfrik présidée et initiée par le guadeloupéen, Pierre Alain Lollia, met en œuvre une idée généreuse et un engagement sociétal pour accueillir, dans un centre ad hoc et gratuit, des lycéens résidanats loin de leur unique lycée. En leur offrant des conditions optimales, ces jeunes peuvent continuer leur scolarité sans plus avoir à subir de longs trajets qui peuvent être des freins à leur assiduité et à leur performance à l’école. Cette initiative, même si elle ne vise pas exclusivement des filles, leur donnent l’opportunité de rester dans le système éducatif jusqu’au bac.

École du Sénégal fondée par l’entrepreneur social Chérif Ndiaye, contribue à l’amélioration du système éducatif sénégalais en mettant gratuitement à disposition des usagers une plateforme didactique web et mobile, leur permettant d’apprendre et de réviser en utilisant les Tic. Cette offre illustre parfaitement l’intérêt de mobiliser le numérique et de l’intégrer pleinement dans les activités d’alphabétisation et de scolarisation pour plus de qualité et de performance.

Au Pays Bassari, au Sénégal oriental, la commune de Salémata, abrite un lycée qui accueille les jeunes des villages satellites. Les élèves, filles et garçons, évoluent dans des conditions difficiles, à la limite de la survie. C’est le cas des ressortissants du village de Etiolo, dont le maire, pour leur éviter de parcourir les sept kilomètres matin et soir, a pu opter pour la construction d’un dortoir sur place. Ce n’est qu’une petite avancée, mais importante. Ils n’ont pas de cantines et on sait que ces jeunes ne se nourrissent qu’en fonction de la qualité de la récolte du jardin de leurs parents.

Pour que la scolarisation des filles ne soit plus un vain rêve, les États, les collectivités locales, les travailleurs sociaux, les associations et les Ong devront œuvrer en symbiose et de manière holistique pour faire muter les mentalités, fertiliser des mesures incitatives comme celles citées ci-dessus. Bien entendu, les efforts de scolarisation doivent aller davantage de pair avec l’amélioration de l’environnement scolaire pour éviter de faire de la quantité dénuée de qualité. Les états devront allouer une part plus conséquente de leurs ressources pour soutenir de gros investissements dans la formation initiale, professionnelle et/ou continue. Cela permettra d’avoir une meilleure organisation scolaire, aménager le transport scolaire et mettre sur pied un système de cantines. Les gouvernements devront prendre leurs responsabilités pour mettre en place des politiques d’éducation efficientes. Il est évident que la solution sera endogène, et nécessitera un déploiement d’un système horizontal tenant compte de nos spécificités pour fournir une éducation de qualité, pour chaque enfant en toute équité entre garçons et filles.

Mieux préparés, ces jeunes pourront s’insérer dans l’économie de demain et favoriser les progrès socioéconomiques, conjuguant essor des nations concomitante au bien-être des populations pour une Afrique installée durablement dans la voie de l’émergence.

Il serait opportun de choisir, en amont, les filières où nous devrions nous spécialiser pour être compétitifs dans ce contexte de mondialisation. Former du capital humain pour réussir notre transformation numérique et nous arrimer sur ce train, aborder, avec succès, notre transition énergétique et faire fructifier une agriculture durable afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire tout en préservant l’environnement.

Toujours dans cette démarche de la formation d’un capital humain de qualité, nous avons également besoin d’adresser le problème lié au déficit d’innovations ou de structures dédiées à la soutenance de l’innovation portée par des jeunes notamment des jeunes filles, pour éviter durablement que les projets innovants portés par ces jeunes ne se perdent dans les tiroirs de leurs seuls rêves…

A quand un changement de paradigme pour faire tomber les barrière coutumières, sociales, culturelles afin que les filles d’aujourd’hui soient traitées avec égards et justice de sorte qu’elles deviennent, demain, des femmes, d’ici et du monde ?

Par Cécile Thiakane
Actrice du Développement Social
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Lilyan Kesteloot, pour reprendre la belle expression de Nelson Mandela, est « rentrée à la maison » le 28 février 2018, à l’âge de 87 ans. Cette Belge, née en 1931 à Bruxelles, a beaucoup apporté à la recherche africaniste qui a été la grande affaire de sa vie. C’est en 1961 qu’elle soutient une thèse de doctorat consacrée aux écrivains noirs d’expression française. Publié en 1963, cet ouvrage s’impose rapidement comme une œuvre pionnière, suivie de plusieurs publications de premier plan consacrées à la littérature nègre d’expression française, parmi les lesquelles on peut citer : une étude sur Aimé Césaire (Aimé Césaire : choix de textes, bibliographie, portraits, fac-similés, Paris, 1962), une anthologie de poètes camerounais (Neuf poètes camerounais, Yaoundé, 1965), Négritude et situation coloniale (Yaoundé, 1968). En 1975, elle soutient une monumentale thèse de doctorat d’État ès lettres et sciences humaine, sur travaux, comportant onze volumes, à Paris 3, sous le titre générique : Études sur la littérature africaine francophone et traditionnelle.

Au long des années, elle multiplie les travaux et explore tous les aspects de la « littérature traditionnelle » : mythes, épopées, légendes, contes et récits divers. Dans tous ces domaines, seule ou en collaboration avec des sommités de la tradition et/ou de l’université africaines, elle conduit des recherches de premier plan permettant, aujourd’hui, d’avoir une très bonne connaissance de la littérature traditionnelle africaine. L’épopée bambara de Ségou (avec la collaboration de J.-B. Traoré, 1972), Césaire et Senghor : un pont sur l’Atlantique (2006), Les grandes figures de la négritude (avec A. Gounongbe, 2007), Dieux d’eau du Sahel (2007), Les épopées d’Afrique noire (avec B. Dieng, 2009), Introduction aux religions d’Afrique (2010), Contes et mythes wolof (avec Bassirou Dieng, 2015) sont quelques-uns des ouvrages marquants de la bibliographie de Lilyan Kesteloot, qui est considérable.

Lilyan Kesteloot, historienne éminente de la littérature africaine traditionnelle comme moderne, était aussi une chercheuse de terrain infatigable, qui sillonnait les coins et recoins les plus improbables de l’Afrique noire, rencontrant griots et fabulistes, conteurs et traditionnistes pour recueillir épopées, contes, légendes, mythes, récits historiques et chants de toutes sortes, qui forment la puissante trame littéraire de l’Afrique noire et le levain de sa culture millénaire. C’est ainsi qu’elle a constitué une banque de données incomparable tant par sa richesse que par sa diversité, formant une véritable « Africathèque », néologisme répondant parfaitement à la somme gigantesque de faits culturels africains qu’elle a rassemblés et étudiés en grande partie. Elle a toujours scrupuleusement veillé à mettre les trésors qu’elle exhumait à la disposition des institutions publiques africaines de recherche. C’est ainsi qu’elle a considérablement contribué à enrichir le patrimoine de l’IFAN Ch. A. Diop de milliers d’enregistrements précieux.

Autant que dans le domaine de la recherche, la contribution de Mme Kesteloot dans l’enseignement supérieur mérite d’être soulignée. Elle a joué un rôle essentiel dans la formation des enseignants de français, dont beaucoup ont pu devenir professeurs titulaires grâce à son encadrement.

J’ai très bien connu Mme Kesteloot à la faculté des lettres et sciences humaines, où nous avons été collègues et amis pendant de longues années, avant de nous retrouver à l’IFAN Ch. A. Diop durant une décennie environ. J’ai pu l’apprécier en tant que collègue, puis en qualité de responsable de la plus ancienne institution de recherche en Afrique noire. Je suis donc particulièrement bien placé pour mesurer l’immense apport de cette grande dame à la recherche africaniste de ces cinquante dernières années, et pour dire combien grand fut son dévouement constant à celle-ci.

Elle ne s’est jamais réellement comportée comme une retraitée tournant le dos au monde de la recherche. Pour le chercheur, en effet, la seule vraie retraite est la mort. Tant que le chercheur garde un souffle de vie, il le consacre à la grande cause de l’approfondissement et du progrès des connaissances au service de l’humaine condition. C’est ainsi que Mme Kesteloot comprenait les choses. Elle restait attentive à toutes les activités académiques. En avril 2017, après avoir assisté à ma conférence consacrée à l’œuvre d’Alassane Ndaw, sur la philosophie africaine, elle avait été à l’initiative de la mise sur pied d’un groupe pour approfondir notre connaissance de la pensée africaine.

Plus récemment encore, après que j’eus présenté le livre fondamental d’Abdoulaye Élimane Kane sur Les systèmes de numération parlée en Afrique de l’Ouest, alors qu’elle était alitée en France, elle avait souhaité prendre connaissance de mon texte de présentation. Ainsi était Mme Kesteloot, l’increvable chercheuse, que rien de ce qui touchait la vie, la culture et l’histoire de l’Afrique noire ne lui était indifférent.

Les autorités académiques veilleront certainement à rendre l’hommage qui lui est dû à Lilyan Kesteloot, qui était non seulement de nationalité belge, mais aussi, semble-t-il, sénégalaise. Quoi qu’il en soit, elle a consacré l’essentiel de sa vie et de sa carrière aux institutions publiques d’enseignement et de recherche du Sénégal.

L’État aussi, pour sa part, a un devoir de reconnaissance à l’endroit de Lilyan Kesteloot, chercheuse, savante, professeur et africaniste qui restera vivante dans nos mémoires. Son œuvre scientifique, j’en suis convaincu, saura résister au temps qui passe et la fera ainsi survivre indéfiniment.

Par Djibril Samb
Médaille d’Argent de l’Académie française

Après le décès de Lilyan Kesteloot, un groupe d’universitaires à travers le monde lui rend chacun à sa manière hommage

Nous venons de perdre une personnalité d’une envergure exceptionnelle par l’importance de son œuvre, la richesse et la diversité de l’apport scientifique et la profondeur de l’influence exercée.
Elle était une présence, une permanence, et restera à jamais une figure, une référence, une voix et un cœur pour tous ceux, nombreux à travers le monde, dont la rencontre avec elle a marqué à jamais le cours de leur existence.

Nous sommes douloureusement en deuil de cette figure singulière qui, au moment où l’Europe vit dans le sentiment glorieux de son empire colonial et de sa mission civilisatrice, fait le choix exactement inverse, en prenant résolument le parti de l’Afrique. Tel un astre isolé, elle épouse d’emblée le combat de l’éminente dignité de ce continent, de son histoire, de sa culture, de sa littérature écrite naissante et de ses êtres. C’est cette Belge née au Congo qui a préparé et soutenu, en 1963, la première thèse de Littérature africaine axée sur « Les écrivains noirs de langue française : naissance d’une littérature ». Une pierre d’angle et un pôle de référence des études littéraires africaines. Sa vie se confond, dès lors, avec l’histoire et l’évolution des littératures africaines écrites et orales.

Plus tard, elle tourna ses recherches vers la littérature orale africaine (récits historiques et épopées, légendes cosmogoniques, contes, toutes ces formes littéraires coulées dans les langues africaines et étroitement associées à la vie profonde des sociétés). Elle a été l’amie intime et l’exégète de Senghor, de Césaire, de Hampathé Bâ, de Cheikh Anta Diop, de Franz Fanon et de bien d’autres écrivains et penseurs négro-africains ou négro-descendants, et bien des aspects de ses œuvres, souvent très complexes, seraient restés incompris sans ses précieux et lumineux éclaircissements.

Elle n’a pas été seulement historienne de la négritude, mais partie prenante de cette aventure multiforme de jeunes intellectuels noirs en vue de la reconquête de l’initiative historique par les Africains. Elle a donné à son fils le nom de Franz Fanon par amitié stellaire à l’auteur des «Damnés de la terre».

Il n’est pas utile d’établir ici la liste sans fin de ses travaux, écrits, cours et conférences. Mais, il suffit juste de rappeler l’aura exceptionnelle dont jouissent son nom et son œuvre dans le monde entier. Ses travaux sont, depuis le début, des classiques des études africaines de toutes les universités.

Un débat a été posé en France sur la Francophonie. Elle a tenu à rappeler que pour nous, Africains (ce sont ses mots), car elle s’incluait toujours parmi nous, la langue française n’est et ne sera qu’un outil ; mais que notre propre, ce qui nous appartient vraiment, ce sont nos langues maternelles et nos cultures traditionnelles. Le français, pour elle, joue encore, pour le moment, le rôle de trait d’union entre peuples aux langues diverses et permet une ouverture internationale.

Je l’ai très bien connue ces dernières années ; elle m’a gratifié d’une immense affection. Ce qui frappe au premier abord chez elle, c’est son exceptionnel dépouillement. Cette immense intellectuelle n’avait ni voiture, ni ordinateur, ni téléphone portable, ni bien immobilier. Le choix personnel d’un mode de vie austère, quasi ascétique, tout entier consacré à la vie de l’esprit. Les dix dernières années où je l’ai connu de près, je n’ai jamais vu chez elle une autre préoccupation que celle intellectuelle. Rien n’existait en dehors de ces travaux.

Lilyan, notre Lilyan a tenu à vivre en Africaine, parmi nous, partageant nos repas, nos peines, nos souffrances, assistant à nos cérémonies. Les qualités qui la définissaient le plus, à mon sens, sont l’obstination, l’énergie et la disponibilité. Obstination à prendre systématiquement le parti des déshérités, de ceux qui sont en lutte mais aussi le parti de tous ceux qui créent, innovent, inventent, une extrême ouverture, une disponibilité à toute épreuve et une accessibilité permanente. Jamais dérangée, toujours prête à accueillir, écouter, soutenir, à s’engager dans de nouvelles démarches et à intégrer sans cesse les savoirs successifs de la plupart des sciences humaines, avec infiniment de tolérance et d’exigence. De là, l’intensité de la relation affective qu’elle avait nouée avec tous, collègues, artistes, écrivains, journalistes. Lilyan, que tous appelaient par son prénom, était une personne humble, modeste, réservée, qui n’aimait pas se mettre sous les feux des projecteurs. Elle a décliné quantité de projets de célébration qui lui étaient proposés un peu partout dans le monde. Après sa retraite administrative, elle a décidé de rester ici, au Sénégal, avec nous, collaboratrice bénévole de l’Ifan, de la Faculté des Lettres et du journal « La Gazette », activement présente à toutes les manifestations intellectuelles. Et si elle a vécu ici, dans notre pays, son pays depuis 1971 (en provenance de la Côte d’Ivoire d’où elle venait d’être exclue avec d’autres collègues africanistes pour « menées subversives » ), c’est qu’elle devait s’y épanouir par la qualité de la vie scientifique, intellectuelle et artistique nationale, et par la puissance des relations humaines ici tissées. Par la place qu’elle a tenue dans nos vies, par la dette contractée par chacun d’entre nous à son égard, nous, nos autorités académiques et étatiques sauront trouver les formes les plus appropriées pour honorer et perpétuer sa mémoire.

Nous sommes nombreux, aujourd’hui, à éprouver un sentiment de gratitude, d’admiration et de respectueuse affection à l’endroit de celle qui nous a si généreusement guidés et inspirés, qui a suscité tant de vocations et orienté tant de recherches. Nous continuerons d’arpenter les voies qu’a lumineusement ouvertes pour nous la voix souveraine de Lilyan.

La mémoire et l’œuvre de Lilyan demeurent parmi nous, et par leur intermédiaire, elle n’a pas fini de favoriser les relations et de faire circuler le sens. Lilyan sera désormais pour tous ses héritiers le cœur absent de leurs travaux, c’est-à-dire cette absente qui bat comme un cœur.

PETIT FLORILEGE DU MONDE ENTIER
Lilyan Kesteloot transmettait si passionnément et, comme depuis toujours, ses éclairages sur les cultures et les littératures dites «noires, nègres, d’expression française, pré ou post-coloniales, africaines, antillaises, francophones…», et avec tant de flammes qu’on pouvait la croire immortelle : une Eurydice remontée bien vive des enfers coloniaux et des paradis ratés, protégée par tous ses bienveillants Orfée noirs accueillants à ses analyses sans monnayages de pour ou contre. Fille-tigresse, couleur négritude s’érigeant en compagne d’origine de leur renaissance, se posant en héritière sourcilleuse de leur postérité, qu’elle a inlassablement accompagné, de sa prime jeunesse jusqu’à ses tous derniers instants.

Que son départ soit pour nous tous l’occasion de réchauffer ses braises, en fidélité vive aux morts qui ne sont pas morts, comme tous ses poètes aimés, ces étoiles mortes ou vives, dont les lumières éclairent l’avenir au-delà de leur seule vie, dans la précieuse vitalité de leurs œuvres dont elle a, avec tant d’amour, contribué à la pérennité du rayonnement.

Daniel MAXIMIN

Avec le décès de Madame Kesteloot, c’est le pilier central de la «Maison études africaines» qui s’effondre.

Papa Samba DIOP
Université Paris Créteil

Quelle triste nouvelle !
Je suis l’un des plus vieux disciples d’Extrême-Orient de la défunte puisque j’ai découvert, au milieu des années 60, à Paris, son livre monumental : «Les écrivains noirs de langue française : naissance d’une littérature. Et je garde les précieux souvenirs d’elle à l’occasion du Colloque sur Aimé Césaire en Normandie en 2013. Toutes mes condoléances à son fils et aux proches de Lilyan.

Kunio TSUNEKAWA
Professeur émérite à l’Université Hitotsubashi (Japon)

Nous perdons une grande dame, une amie. Chérissons son souvenir et rappelons-nous son énergie sauvage en même temps que sa générosité.

Pr Anne DOUAIRE-BANNY
Doyenne de la Faculté des Lettres,
Université Catholique de Paris

Une grande dame s’en va, à qui nous devons tous beaucoup, à qui l’Afrique, les Antilles doivent beaucoup. Avec un petit groupe de femmes, nous avons chanté ensemble de vieilles chansons de notre jeunesse à Cerisy (Césaire 2013). De beaux souvenirs. Elle reste en nous, vivante par ses œuvres.

Bernadette CAILLER,
Université de Floride.

Si Lilyan est la pionnière qui a joué un rôle primordial dans la découverte et la diffusion de la littérature d’expression française hors de l’Hexagone, la grande spécialiste des épopées africaines universellement connue a été, pour une bonne majorité de notre génération, l’un de nos grands maîtres avec Amadou Kane et Thomas Melone.

Puisse cette triste occasion de nous écrire devenir, malgré tout, une opportunité de nous rapprocher et de nous informer sur l’état de nos travaux de recherche et de publication. Nous pourrions ainsi honorer, à plus d’un titre, la mémoire de celle dont l’essentiel de la vie se déroulait en grande partie, pour ne pas dire en totalité, dans la recherche et les publications.

Professor Clement MBOM Sr
Brooklyn College & Graduate Center (Cuny)
2900 Bedford Ave
Brooklyn, Ny 11210

Dans toutes les régions du vaste monde, la littérature est un art, mais c’est aussi une grande famille. Pour exister pleinement, elle a besoin de trois groupes interdépendants : les créateurs, les passeurs et les lecteurs. L’entreprise de fondation de la littérature négro-africaine, celle des pionniers de la négritude, n’aurait pas connu l’éclat qui est le sien sans le concours permanent, viscéral et fraternel de Lilyan Kesteloot qui nous a quittés mercredi 28 février. Elle avait 87 ans.

Abdourahman A. WABERI
George-Washington University

Lors de nos récentes contributions concernant notre politique monétaire, nous disions que cette dernière a consisté, ces dernières années, à financer le déficit budgétaire de nos Etats par le biais du refinancement de titres d’Etat à la Bceao achetés par les banques en partie avec leurs liquidités excédentaires. Cette politique dans le contexte d’un FCfa arrimé à l’euro et surévalué a financé des déficits commerciaux qui nous ont fait perdre beaucoup de réserves de change que la Bceao est en train de reconstituer. Cette reconstitution l’oblige à réduire le volume de refinancement des titres détenus par les banques qui, en retour, ne peuvent pas renouveler certains titres d’Etats arrivés à échéance afin de reconstituer leur trésorerie propre. Il résulte de cette cascade de non renouvellement un marché des capitaux tendu où les Etats n’arrivent pas à lever les fonds nécessaires pour non seulement refinancer des dettes arrivées à échéance mais aussi pour financer leurs déficits budgétaires courants. Ces déficits sont, par ailleurs, en ajustement, car ils ont financé des politiques de croissance soutenue par les investissements publics qui ont accéléré notre endettement et retardé la convergence macroéconomique qui pourrait nous permettre une politique monétaire commune sans arrimage sur l’euro. Il en découle, encore une fois, une nécessité de s’endetter à l’extérieur de l’Union et malheureusement en devises ; les investisseurs préférant nous prêter en devises au vu de notre régime de change fixe qui peut changer à tout moment par surprise.

C’est dans ce contexte qu’il faut situer les sorties sur le marché international en dollars et en euros du couple sénégalo-ivoirien, leaders de l’Uemoa, pour des montants exceptionnels et bien au-delà des exigences de financement de leurs déficits budgétaires. Ils l’ont fait pour, d’une part, venir en soutien aux réserves de la Bceao et, d’autre part, au marché régional incapable de refinancer, aux niveaux souhaités, les titres qui arriveront à échéance. Dans la mesure où nous ne sommes pas arrimés au dollar et que nos Etats ont maintes fois réaffirmé leur ancrage à l’euro via le Trésor français, la levée de fonds directement en euros pour se substituer à un marché de FCfa qui, de fait, sont des euros est à saluer. Il réduit le risque de change de notre portefeuille de dette si notre arrimage reste en l’état et diversifie la base de nos investisseurs.

De ce point de vue, les autorités sénégalaises et ivoiriennes sont à féliciter, mais leur prochain challenge devra être d’attirer ces investisseurs dans le marché régional et en monnaie locale pour financer leurs économies. Cette monnaie locale ne peut pas être le FCfa en l’état, car les investisseurs n’auraient pas intérêt à prendre le risque sur un FCfa figé qui peut être dévalué par surprise. Après avoir corrigé les erreurs de la Bceao qui, pour reconstituer ses réserves de change, est dans une hibernation salutaire parce qu’étant à la remorque du rythme des ajustements budgétaires et des positions de liquidité des banques dans sa politique de refinancement, il faudra lui donner une autonomie d’objectif sur un FCfa réformé. Cela lui permettra de reprendre du service avec une politique monétaire active et permettre à la base d’investisseurs non-résidents récemment découverts de venir directement dans le marché local. Ceci ne devrait pas se faire sans une réforme de la gouvernance de la Bceao avec un collège de gouverneurs nationaux. A défaut, le Sénégal, futur pays pétrolier et gazier et une démocratie stable, n’aura de choix que la souveraineté totale s’il devait avoir le courage de se développer, car ayant déjà les cartes en main.

Cette souveraineté totale est préférable à l’endettement extérieur et en euros, car notre capacité d’endettement est devenue plus grande avec les ressources pétrolières en perspective et les investisseurs seront prompts à nous prêter en euros sur le long terme (30 ans) pour davantage nous ferrer à coup de milliards d’euros par émission. Les souscriptions de 10 milliards d’euros lors de notre récente sortie le prouvent. Ces ressources sortiront du pays pour l’Europe si nous ne décrochons pas de l’euro. Elles sortiront soit par le biais d’entreprises installées dans notre marché ou par les importations. Il ne faut donc pas s’étonner que tout le monde frappe à la porte. Notre salut est dans une réforme monétaire pour avoir la flexibilité d’accompagner notre développement sinon le peuple sera, encore une fois, laissé en rade.

Par Dr Abdourahmane SARR
Président Cefdel/Mrld

Le Sénégal est frappé par une épidémie nommée bavardage. C’est un fait évident. Il ne se passe pas un jour où l’on ne crée une polémique inutile ou une désinformation insipide. Comble de malheur, des gens qui ne jurent que par les faits divers s’adonnent, à longueur de journée, à des commentaires qui vont dans tous les sens au point que le bavardage prenne le pas sur l’action. Le récent passage du ministre de l’Intérieur, M. Aly Ngouille Ndiaye, dans l’émission « Cartes sur table » a été saisi par notre opposition politique, en pénurie d’os à ronger, pour procéder à une vive calomnie qui, heureusement, fera long feu. Je reste persuadé que M. Ndiaye est un homme d’Etat qui sait faire la distinction entre la fonction de ministre de la République et le statut de militant.

Partout où il est passé, il a tiré son épingle du jeu aussi bien en tant que responsable politique que commis de l’Etat. Cet homme pétri de talent, très humble, très respectueux et respecté, mesure la dimension de sa stature et sait faire la distinction entre l’homme politique et le membre du gouvernement. Ce ne sont ni ses collaborateurs de toutes les stations qu’il a occupées, ni ses concitoyens de Linguère, encore moins les différentes familles religieuses de ce pays qui ignorent les qualités humaines, morales et professionnelles de ce grand serviteur du peuple.

De quel droit notre opposition jouit-elle pour récuser le ministre de l’Intérieur ou pour lui interdire d’avoir une appartenance politique. Où sommes-nous ? Que ces gens qui ne sont mus que par des desseins dangereux pour notre République se calment. Les élections ont toujours été organisées grâce à l’administration territoriale qui est sous la tutelle du… ministère de l’Intérieur ; et il en sera de même en février 2019. N’en déplaise aux pourfendeurs de M. Aly Ngouille Ndiaye. Ce qui dérange, ce n’est pas seulement la compétence de ce grand homme d’Etat, mais aussi les avancées que le Sénégal enregistre sur tous les plans grâce à la vision éclairée du Président Macky Sall. Au moment où nos opposants « bodio bodio » – ceux qui marchent à découvert tout comme les nombreux encagoulés – rivalisent d’ardeur dans les combines, les jérémiades, les invectives et les calomnies, le Président Macky Sall et son gouvernement, eux, privilégient l’action constructive. Ce n’est pas le verbe («wax») acerbe qui construit, c’est plutôt l’action («jëf») pragmatique qui fait bouger les choses. Le Sénégal ne se développera pas avec des élucubrations délirantes de troubadours errants. Il connaîtra son essor seulement par des actes concrets. Si le Sénégal avait des dizaines de Aly Ngouille Ndiaye, il ne s’en porterait que très bien.
A bon entendeur, salut.

Par Mamadou Moustapha FALL
Coordonnateur de la Cric,
Citoyen sénégalais

Dans un hommage collectif rendu à Lilyane KESTELOOT, publié sous la direction d’Abdoulaye KEITA aux éditions KARTHALA en 2013, j’ai eu la chance de faire figurer une courte contribution intitulée : « Ils sont au cinéma : a dit KESTELOOT ». Il s’agit là du fragment d’un passage de son Introduction à Da Monzon de Ségou, épopée bambara : « Il faut avoir observé les gens captivés par un griot en forme : ils réagissent à la moindre de ses saillies, ils retiennent leur souffle dans les instants de suspens, ils éclatent de rire à ses bons mots, ils approuvent et répondent à ses questions, bref, ils sont au cinéma ! »

J’avais cru voir consigné, dans cette expression, l’essentiel de ce que j’ai développé dans ma Thèse d’Etat d’un peu plus de neuf cent pages, soutenue en 2003 et publiée en 2005 chez KARTHALA (Paris, 2005) sous le titre Critique de la raison orale.

Mon parcours, dans cette thèse part du constat (partagé par quelques auteurs) selon lequel les civilisations africaines sont fondamentalement des « civilisations de l’oralité ». Tout ce qu’on peut regrouper sous la dénomination d’« orature » (ou d’« oraliture ») se donne sous le mode du récit-spectacle modulé selon la diversité des genres qui la composent. La conséquence la plus remarquable que j’en tire est celle-ci : il y a une « logique de l’oralité », distincte de celle qui fonctionne dans les civilisations scripturaires et qui a été mise en évidence par Jack GOODY .

Cette logique s’organise autour de ce que j’ai appelé « le procédé de dramatisation ». La mise en scène » n’est pas un fait contingent, mais a un statut matriciel du fait de la fragilité découlant de l’absence de support indépendant du locuteur vivant, soumis au vieillissement, à la dégénérescence et à la mort. Beaucoup ont souligné ce fait dramatique : il suffit de se rappeler l’affirmation d’Amadou Hampâté Bâ selon laquelle « en Afrique, lorsqu’un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » . L’usage de procédés originaux (que je regroupe autour de « ruses de la raison orale ») « demeure un impératif absolu pour contrer la menace constante de l’oubli qui n’est qu’une autre façon de désigner la mort ».

Celle que j’appelais toujours par ce titre (qu’elle trouvait toujours « pompeux et immérité ») « La grande Dame de la littérature Africaine d’hier et d’aujourd’hui », n’a pas fait moins que de consacrer toute sa vie à participer à ce combat, quasi-existentiel, pour la survie de nos civilisations. Membre de mon Jury de thèse, elle n’a pas été la moins enthousiaste pour que mon travail soit publié au plus vite. Elle est allée bien au-delà, au point que je me demande encore aujourd’hui si je dois aux mérites propres de ce travail ou à sa grande générosité, ce qu’elle consigne dans la postface de l’ouvrage : « C’est la première fois que, scrutant ce corpus multilingue et multiculturel [les différents genres de l’orature], un chercheur fouille aussi profond et dégage les principes intellectuels qui s’en trouvent à la base. Du coup, il innove dans la recherche africaniste et ouvre une voie nouvelle, tout comme Roland Barthes renouvela en son temps la critique littéraire ». En engageant ainsi son nom et sa crédibilité, elle a, pour ainsi dire, fait plus que me rendre la monnaie de ma pièce dans la surenchère.

Liliane KESTELOOT qui, sur toutes les photos que j’ai vues d’elle, a toujours ce regard d’enfant étonnée ou émerveillée, manque déjà cruellement à tout ceux qui l’ont approchée par son extrême générosité. Et donc, le premier choc qu’on ressent en apprenant la terrible nouvelle vient de la pensée que ces yeux se sont refermés pour toujours, et qu’on a du mal à parler d’elle au passé. Quand elle intervenait dans les rencontres en tous genres autour de sa grande passion (la littérature africaine bien sûr, et pas seulement !), c’est avec modestie qui s’apparentait à la timidité. Et pourtant, beaucoup de ceux qui participaient à ces rencontres sont ses anciens étudiants qu’elle a non seulement formés, mais littéralement « portés sur son dos » jusqu’à la célébrité, en les poussant et encourageant de toutes les façons possibles, sans rien en attendre en retour. Ça pouvait aller de l’assistance en matière bibliographique à la recommandation insistante auprès des meilleurs éditeurs, n’hésitant pas à payer de sa personne pour chercher et trouver d’éventuelles sources de financement en cas de nécessité.

De telle sorte que s’il faut faire le bilan (tout à fait approximatif) de ce que beaucoup d’entre nous lui doivent, la question doit être formulée la façon suivant : combien d’entre nous, ici ou ailleurs, peuvent, la main posée sur la conscience, dire : « je ne lui doit rien » ? Très peu, sans doute, et cela donne une idée du nombre d’orphelins qu’elle laisse derrière elle. Ce que la romancière ivoirienne Véronique Tadjo dit, peut être largement partagé : « Paradoxalement, c’est cette Européenne » ayant connu une enfance coloniale dans le Congo Belge qui m’a fait comprendre ce qu’était réellement la littérature africaine ». Car sur son contrat de mariage (jusqu’à ce que la mort y mette fin) figure ce paraphe : « Je suis tombée amoureuse de l’Afrique » qu’elle se plaisait à répéter, comme si elle voulait conjurer pour toujours la tentation de trahir son engagement. Née de la lointaine Belgique, elle a tout donné à ce continent africain ou elle a enterré son époux (un camerounais du nom de FONGAN) et le fils issu de leur union. Comme un grand auteur définissait la patrie par « la Terre et les Morts », elle est une authentique fille de l’Afrique, qui ne nous aura privé que de sa mort qui, par-là, devient un fait contingent. Et je suis intimement persuadé que, si elle avait vu venir la Grande Faucheuse, elle se serait précipité dans le premier avion pour « rentrer à la maison » le plus vite. Devenue aussi africaine que la plupart des Africains, et ayant fait pour notre patrie commune plus que la majorité d’entre nous, elle mérite largement ce jugement de Tirthankar Chanda: « tous les amoureux des Senghor, Césaire et leurs prospérités fécondes ont une dette à l’égard de Liliane KESTELOOT », rapporté dans journal Le Quotidien du 02 Mars 2018 par Malick GAYE, qui ajoute : « En réalité c’est l’Afrique toute entière qui a plus qu’une dette envers elle ».

Le dernier projet sur lequel nous travaillons avec un petit groupe dont FELWIN SARR, Amadou LY, Ibrahima SOW (arraché à notre affection très peu de temps avant elle), s’articulait autour de thème : « le COGITO AFRICAIN ». Nous partagions, avec elle, la conviction, quand nous nous retrouvions chaque semaine chez elle (y a-t-il endroit plus indiqué ?) que, dans le contexte de la mondialisation, ce vaste continent qu’est l’Afrique, avec un milliard d’hommes sur son sol, avec un tiers des réserves mondiales toutes richesses confondues, n’occupe même pas un siège permanent au conseil de sécurité. Cet énorme paradoxe, qui est le défi du XXIe siècle, mise à l’index depuis certains des pères de l’indépendance, il nous appartient – a nous et à personne d’autre – de le dénouer. Ce qui passe résolument par la formulation sans ambigüité d’un « COGITO NEGRE », dont il s’agit d’épeler tous les contours (économiques, politiques et autres, mais aussi culturelles). C’est l’occasion de relire SENGHOR (selon qui « la Culture est au début et à la fin du développement »), et surtout Cheikh Anta Diop, Nkrumah ou Boubacar Barry, pour qui le corps et l’âme du Continent rappellent à bien des égards celui d’Osiris démembré. Si l’aliénation caractérise une conscience qui ne s’est pas encore trouvée ou s’est déjà reperdue, selon les mots de Marx, KESTELOT mérite de figurer au nombre de ceux que nous venons d’évoquer, en contribuant, à sa manière, à dessiner la trajectoire qui amène le Sujet à se réconcilier avec lui-même et avec sa propre histoire. Ce que Jack Goody nomme, dans un récent livre publié en 2017, « Le vol de l’Histoire », qu’il décrit comme « le mécanisme par lequel l’Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde », et que Mudimbe subodorait déjà dans Invention of Africa est ainsi démystifié par la possibilité de réécrire notre propre « roman national ». C’est précisément le point sur lequel nous nous étions arrêtés, et que KESTELOOT et Ibrahima SOW laissent en pointillés, que nous avons la tâche de saturer.

Mais nous serions réconfortés de la savoir encore parmi nous. Car je nourris le sentiment intime qu’elle aurait aimé mourir là où elle a vécu. Et si j’avais un rêve à formuler, ce serait que ceux qui en ont la possibilité envisagent de la rapatrier auprès de son mari, de son enfant et de nous qui leur survivons. Au cas ou ce rêve ne s’accomplit pas, il ne nous resterait qu’à imaginer qu’elle n’est jamais partie, ou que son fantôme est rentré nuitamment à notre insu, « sortant des rivages humides de l’Océan telle Minerve aux yeux pers », pour emprunter les mots de Senghor lors de l’ouverture solennelle de l’université de Dakar. Mais cette fois ci, elle aura refermé définitivement derrière elle la porte de sa modeste demeure près de la Cité Claudel sur sa fragile silhouette, détaché le papier jauni portant cette adresse « Lilyan Fongan », posé près de l’entrée la canne qui l’aidait à se déplacer ces dernières années.

Jack GOODY, La raison graphique : la domestication de la raison sauvage. Traduit de l’anglais par Jean Bazin et Alban Bensa, Paris, Paris, Ed. de Minuit, 1978 ; La logique de l’écriture. Aux origines des sociétés humaines, Paris, Armand Colin, 1996.

Alioune Diop, le fondateur de Présence Africaine, faisait un constat identique en mars 1976 : « Nos monuments à nous, ce sont les traditions orales qui meurent avec les vieillards qui meurent […] Nous sommes dans le monde un peuple fragile ». C’est pourquoi il m’a paru pertinent de lui rendre hommage à l’occasion de l’anniversaire du centenaire de sa naissance en intitulant mon propos : « Et les Nègres eurent la parole » (sous-entendant, par-là, que ce qu’il a fait équivalait à mettre en échec la Mort.

Par Pr Mamoussé Diagne

La célébration de la Journée internationale de la femme est une occasion solennelle pour poser les problèmes liés à la condition féminine. Depuis son institutionnalisation par l’ONU, cette journée constitue un prétexte pour mettre en orbite le statut des femmes à travers le monde. Au Sénégal, la célébration de cette journée se fait de différentes manières. Elle s’est souvent faite sous le sceau du folklore, d’activités festives et de grands rassemblements. Mais on doit se féliciter des tournures que la célébration de la Journée internationale de la femme a prise ces dernières années. En effet, le 08 mars se transforme progressivement en un moment de solidarité, de communion et d’interpellation sur la condition réelle des femmes dans leurs diversités.

C’est donc une dynamique à encourager puisqu’elle redonne à cette commémoration toute sa symbolique, en permettant aux femmes de poser des actions à haut impact social et économique.

Le thème retenu cette année par la communauté internationale,« L’heure est venue : les activistes rurales et urbaines transforment la vie des femmes », trouve toute sa pertinence dans le contexte sénégalais actuel. Notre réflexion intitulée « Femme sénégalaise pour que ta vie change » se veut donc une contribution au débat sur le statut de la femme sénégalaise. C’est pour nous une forme de « domestication » du thème international pour ne pas dire une réorientation du sujet pour rendre compte de la réalité du vécu de femme dans notre pays.

En réfléchissant sur le statut de la femme sénégalaise, je reste convaincue qu’il faut changer et transformer certaines réalités ou situations que vivent les femmes. En effet, les femmes, qu’elles soient rurales ou citadines, ont besoin d’une amélioration considérable de leur condition au mieux de toute la société. Qu’est-ce qui doit changer dans la situation des femmes ? Qu’est-ce qu’il faut faire pour apporter les changements ? Quelle est la contribution attendue des hommes et des femmes ? Voilà une série de questions auxquelles nous n’avons pas forcément les réponses, mais qui méritent réflexions.

Qu’est-ce qui doit changer dans la situation des femmes ?
S’agissant de la première interrogation, on s’intéressera à trois aspects qui nous semblent prioritaires pour les femmes. Il s’agit de l’éducation et la formation des filles et des femmes, la santé maternelle et la participation des femmes à la gouvernance. Répondre à la question qu’est-ce qui doit changer dans la situation des filles et des femmes dans l’éducation et la formation, c’est justement mettre en évidence certains défis à relever dont la non scolarisation, la déscolarisation, la faible présence des filles dans les filières scientifiques, l’analphabétisme, la manque de qualification professionnelle. La liste est encore longue. Il convient de souligner que l’éducation et la formation sont les moteurs de tout changement. Des efforts importants sont notés en matière d’éducation des filles, avec notamment une amélioration considérable du taux de scolarisation. Le grand défi maintenant est celui du maintien et de la transition aux niveaux moyen et secondaire et dans le supérieur. A cela s’ajoute la formation en alphabétisation si l’on sait que le taux d’analphabétisme dans le pays est encore élevé surtout chez les femmes. Les plus jeunes femmes sans formation ou qualification ont besoin d’être formées et encadrées. Celles qui ne sont pas scolarisées ont plus que jamais besoin de l’appui du gouvernement et des bonnes volontés pour qu’elles ne soient pas des figurantes dans un monde qui bascule vers le numérique.

La santé maternelle
Les images des femmes enceintes sur des charrettes ou sur des motos dans des villages reculés, les images de la femme enceinte portant une bassine d’eau ou un fagot de bois, les images d’une femme enceinte pale et fébrile,la femme en travail qui recherche une structure pouvant l’accueillir pour accoucher et encore… peuplent le décor et font partie des plus grands défis à relever. Cette condition morose de la femme doit disparaître dans une société qui veut promouvoir la justice sociale. Sans être spécialiste des questions de santé, il me semble qu’on peut réduire de façon significative les cas de mortalité maternelle si on redéfinit sensiblement les priorités dans les politiques publiques de santé. C’est avec tristesse et désolation que nous apprenons par voie de presse des cas de mortalité maternelle liés à l’absence d’infrastructures, d’une part, et à la défaillance du plateau technique ou encore à une mauvaise prise en charge, d’autre part.Certaines autorités font l’éloge de gratuité de la césarienne, à travers une analyse simpliste qui faire croire quel a prise en charge d’une grossesse se limiterait à la délivrance. Il est aberrant de vouloir éradiquer le phénomène de la mortalité maternelle en passant sous les radars les questions fondamentales des visites prénatales au consultations post-natales.

Il faut aussi se demander où est-ce qu’on en est avec l’accessibilité géographique et la qualité des soins qui soulèvent d’autres questions comme celle de la disponibilité des structures de santé, du personnel qualifié et de l’offre de service adéquat. La prise en charge de ces éléments combinés pourrait changer la réalité des choses et permettre à la femme, quels que soient sa situation, son niveau de vie et son lieu de résidence, de recourir à des soins de santé de qualité. Force est de reconnaître qu’il faut encore élargir la carte sanitaire, faire une révolution dans l’offre de service, surtout dans le public et à travers l’implication de toute la communauté.

La participation des femmes à la gouvernance
Les nominations masculines, la promotion partisane ainsi que les manœuvres « politiciennes » sont des choses à changer. Le Sénégal s’est doté d’une loi sur la parité absolue homme-femme dans les instances électives et semi-électives. Cette loi est certes une avancée majeure, mais elle ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. On comprend aisément que la responsabilisation est avant tout une affaire de compétences et de savoir-faire dans un État de droit. Mais on se rend compte encore du faible taux de responsabilisation des femmes. Le fossé est encore significatif concernant la présence des femmes dans le gouvernement, dans les postes de directions ou encore à la tête des grandes entreprises. Les nominations des femmes sont encore faibles dans le secteur public. Pourtant, la constitution consacre, avec vigueur, dans l’article 5, alinéa 7 :« l’égal accès aux mandats et fonctions ». En respect à cette disposition, il me semble que les pouvoirs publics doivent agir autrement en mettant en avant la compétence et le mérite respectant ainsi l’équité et l’égalité des chances. Elles ne doivent plus s’inscrire dans des schémas électoraux facilitant la promotion des militants des partis politiques et des proches du pouvoir, c’est-à-dire la clientèle politique. Vu sous cet angle, la responsabilité des gouvernants et des décideurs est engagée. Les femmes ayant un niveau académique et les compétences leur permettant d’occuper des fonctions de direction doivent être promues aux postes de responsabilités.

Que faut-il faire pour apporter les changements ?
Le changement de la situation peu reluisante des femmes est possible. Le plus difficile n’est pas la question des moyens. Elle est certes un élément non négligeable mais pas le plus déterminant. Il faut d’abord des politiques publiques robustes clairement déclinées au niveau local et effectivement exécutées par les services et les moyens de l’État avant même l’intervention des partenaires techniques et financiers. Malheureusement, nous observons une dynamique inverse. Tous les programmes et politiques en faveur des femmes et des filles sont généralement impulsés et soutenus, non pas par l’État, mais par des partenaires.

C’est pourquoi il faut changer le mode opératoire avec les programmes relatifs aux droits des femmes et des filles. Il faut s’inscrire dans des programmes durables et continus, mener des efforts constants et disposer d’un agenda stratégique qui transcende les régimes. Ceci n’est possible qu’avec une ferme volonté politique des autorités au plus haut niveau. En effet, il faut une volonté politique manifeste et non politicienne calquée sur un calendrier électoral.

On s’offusque de la façon dont les programmes en faveur des femmes sont fragmentés et soumis à des agendas autres que ceux de leur promotion. L’indignation est encore plus grande avec cette tendance à la glorification sinon à l’auto glorification sur des réalisations minimales par rapport à l’étendue des défis auxquelles les femmes font face. Des programmes sont annoncés, non pas en termes d’impacts sur la vie des femmes, mais plutôt en termes de milliards injectés dans ces programmes dont la portée et les incidences sur le niveau de vie des femmes bénéficiaires est difficilement perceptible.

Ce qu’il faut changer, c’est le mode d’intervention fragmentée des organisations de défense et de promotion des droits des femmes à qui la synergie d’actions s’impose. Il y a eu certes des efforts dans le sens d’actions communes et conjointes, mais il faut «repositionner» l’agenda des droits des femmes et s’attaquer aux questions prioritaires.

Quelle est la contribution attendue des hommes et des femmes ?
L’amélioration des conditions de vie des femmes est une affaire de toutes et de tous : une affaire de la société dans sa globalité. La femme constitue le socle social dans les communautés sénégalaises. C’est pourquoi les rapports homme/femme doivent être analysés sous l’angle de la complicité, de la complémentarité et de la solidarité et de l’entraide. Les hommes doivent soutenir les femmes et vice-versa. Pour changer les situations décrites plus haut, les femmes, dans leur diversité, doivent prendre leur destin en main à travers différentes formes de solidarité. Il me semble aussi que les hommes doivent être considérés comme des partenaires et pas de détracteurs ou des rivaux.

Pour imprimer un nouveau cachet à la célébration du 08 mars, les gouvernants doivent prendre des mesures concrètes visant à améliorer la situation et la condition de la femme. Sans suivi et mesures d’accompagnement, l’on ne peut que rester perplexe quant à l’intérêt de la célébration de cette journée et l’élan transformatrice de la condition de la femme qu’elle doit susciter et inspirer.

Bravo à toutes les femmes et aux hommes épris de justice qui les soutiennent tous les jours sans jamais se lasser.

Bonne célébration.

Par Dr Zeinab Kane
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Le 8 mars 2018 marque le 62ème anniversaire de la Journée internationale de la femme instituée en 1977 par les Nations unies.

L’idée du 08 mars est née au début du 20ème siècle en Occident. L’Objectif, à l’époque, était de faire reconnaître le droit des femmes à l’égalité et d’obtenir pour elles le suffrage universel.

Cette idée s’est propagée de 1913 à 1917 à travers différents actes concrets de revendication des droits de la femme. Mais, c’est seulement en décembre 1977 que l’Assemblée générale de l’Onu a adopté une résolution proclamant la « Journée des Nations unies pour les droits de la femme et de la paix internationale ».

Cette importante journée nous donne l’occasion de revisiter les progrès accomplis dans la promotion des droits des femmes et d’évaluer les difficultés auxquelles elles sont encore confrontées.

lle nous permet aussi d’explorer les mesures à prendre pour que les femmes et les filles, dans leur diversité, atteignent la pleine promotion de leurs droits et de leur statut.

Cette année, le thème prioritaire du 8 mars porte sur : « Problèmes à régler et possibilités à exploiter pour parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes et des filles en milieu rural ».

L’EGALITE SOUS l’ANGLE SOCIOLOGIQUE
L’égalité des sexes a alimenté beaucoup de débats depuis fort longtemps. Le terme « égalité des sexes » s’entend très souvent avec des controverses. Il entraine une considération de similarité des sexes, comme en mathématiques quand on dit A = B. De ce fait, la différence devient le revers de l’égalité et, par la même occasion, une connotation complètement négative.

Cette connotation entraîne très souvent la confusion entre égalité de droit, qui est un processus juridique et constitutionnel, et égalité des sexes englobant, entre autres, l’égalité de traitement entre homme et femme, l’égalité de chances ou encore l’égalité de salaire pour un travail égal.

L’égalité des sexes, appelé aussi L’égalité de genre, fait référence à l’absence de discrimination sur la base du sexe, dans la distribution des rôles, des pouvoirs et dans l’accès et le contrôle des opportunités ou dans l’allocation des ressources.

Autrement dit, elle s’oppose tout simplement à l’inégalité de genre, c’est-à-dire aux disparités des conditions de vie des femmes et des hommes.

L’EGALITE SOUS L’ANGLE RELIGIEUX
Au Sénégal, qui est à 90% musulman, au point de vue religieux, nous pouvons nous référer à l’Islam, la dernière des trois religions révélées. Cette religion a libéré la femme de l’oppression et la domination des hommes. Une des 114 sourates du Coran porte le nom de la femme et montre, si besoin en était, la place essentielle qu’elle occupe dans l’Islam.

Il est dit, en substance, dans l’Islam, que la femme et l’homme sont des jumeaux ou comme les deux faces d’une pièce de monnaie, ils sont inséparables, chacun complète l’autre. Dieu, l’Exalté, dit dans le Coran : « Elles sont pour vous des vêtements et vous aussi de même pour eux », c’est-à-dire la femme comble les manquements de l’homme et vice-versa. L’homme qui jouit de ses facultés mentales ne se hasarde jamais à se débarrasser de ses vêtements qui cachent ses parties intimes (***).

En Islam, l’homme et la femme ont les mêmes origines. Et l’Exalté dit : (dans la sourate Annissa (Les femmes)) « Hommes, craignez Dieu qui vous a créé à partir d’un seul être et de cet être tira son conjoint ». A partir de ce verset, nous voyons que la femme est la sœur de l’homme, son compagnon dans la vie et son conjoint. Entre eux, point de supériorité. Ils sont tous les deux égaux et responsables devant Allah.

En droit islamique, la charia renseigne que l’homme et la femme sont égaux et ont les mêmes droits humains. Ils bénéficient tous de la dignité humaine sans tenir compte de leur sexe ni de leur appartenance ethnique ou religieuse. Un tel constat nous fait penser au prophète Mouhamed (Psl) qui disait : « Vous tous, vous êtes issus d’Adam et Adam est issu de la terre ; vous êtes au même pied d’égalité ».

DANS LA REALITE
L’usage récurrent de ce thème sur la femme rurale dénote, s’il en est encore besoin, de la forte prégnance d’une certaine inégalité, de manière générale, entre homme et femme, phénomène d’une grande acuité dont l’universalité et les effets dévastateurs sont identiques dans toutes les sociétés.

Particulièrement, le devenir de la femme et de la petite fille en milieu rural a toujours été une préoccupation majeure de la communauté internationale.

En février (26 et 27) 1992, s’est tenu, à Genève, sous la présidence de la Reine Fabiola de Belgique, le premier sommet sur la promotion économique de la femme rurale sous l’égide des six épouses des Chefs d’Etat de Turquie, d’Egypte, du Niger, de la Colombie, de la Malawi et du Sénégal.

Au cours de ce sommet, soixante-quatre épouses de Chefs d’Etat et de Gouvernement ont adopté une déclaration en faveur de la promotion économique de la femme rurale et se sont engagées à concrétiser les résolutions suivantes pour l’amélioration de la situation des femmes rurales : (I) leur implication à l’identification, la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des programmes du secteur primaire ; (II) l’accès aux services de santé, aux programmes de sécurité sociale, à l’éducation et à la formation, aux crédits agricoles, aux technologies appropriées, aux facteurs de production et de commercialisation ; (III) le traitement égal homme/femme dans les réformes foncières et agraires mais aussi dans les projets d’aménagement et de développement rural ; (IV) l’amélioration de leurs conditions de vie décentes (logement, transport, communication), leur participation effective au développement rural.

C’est suite aux recommandations de cette rencontre que la communauté internationale a décrété la Journée internationale de la femme rurale « le 15 octobre » de chaque année en prélude à la Journée mondiale de l’alimentation.

Le Sénégal a tenu sa première édition en 1997 sous l’égide du ministère de la Femme, en partenariat avec les Organisations de la société civile, les partenaires au développement, les Ong...

Au Sénégal, comme dans la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne, les femmes rurales constituent près de 60 % de la force de production agricole. Elles produisent environ 80 % des denrées alimentaires et jouent aussi un rôle majeur dans le développement économique et social, la paix et la stabilité des zones rurales. Ce, sans que leurs contributions ne soient suffisamment prises en considération.

Le Sénégal compte spécifiquement environ 13 millions d’habitants, dont les 52 % sont des femmes. L’économie du pays est essentiellement basée sur l’agriculture. Les femmes rurales représentent 70% de la force de travail en milieu rural où elles participent presque à 80 % dans la chaîne de valeur (de la production à la commercialisation des produits agricoles).

Au Sénégal, conformément aux engagements internationaux et à la volonté politique des Chefs d’Etat, beaucoup d’opportunités ont été offertes aux femmes et aux jeunes en milieu rural.

Des stratégies ont été dégagées par l’Etat, en collaboration avec les Organisations de la société civile, pour renforcer l’autonomisation des femmes et leur participation dans le développement national.

Le problème de l’accès des femmes à la propriété foncière, sujet de préoccupation mis en avant par les organisations féminines, a été pris en charge théoriquement par l’article 15 de la Constitution en son alinéa 2 : (l’homme et la femme ont également le droit d’accéder à la possession et à la propriété de la terre dans des conditions fixées par la loi).

Mais, la révolution majeure est intervenue avec la loi n°2010 -11 du 28 mai 2010 sur la parité absolue homme-femme dans les instances totalement et partiellement électives qui permet, entre autres, aux femmes d’être présentes en nombre dans les commissions domaniales d’attribution des terres. Cependant, elles rencontrent de nombreuses difficultés préjudiciables à leur promotion économique, à leur autonomisation de manière spécifique et générale pour toutes les femmes.

Ces contraintes ont pour noms : surcharge de travail ; faible niveau d’éducation et de qualification technique ; insuffisance de l’information et de l’organisation des femmes ; faible niveau des revenus ; faible accès à l’emploi ; difficultés d’accès aux facteurs et moyens de production ; faible rendement des productions agricoles ; pesanteurs socioculturelles ; déficit parfois en eau potable ou éloignement des points d’eau ; faible représentation dans les cultures de rente et les cultures maraîchères ; difficultés d’accès au crédit et à la terre ; commercialisation des produits du fait de l’enclavement, du manque d’infrastructures de conservation, de transformation et d’écoulement.

En effet, les difficultés d’accès aux ressources financières et productives (crédit, terre, intrants…) constituent une véritable entrave aux entreprises des femmes en générales et des femmes rurales en particulier.

Par ailleurs, force est de constater, aujourd’hui, la régression des droits des femmes dans le monde, notamment en Afrique marquée par un contexte de pauvreté extrême, de mal être, de conflits armés récurrents, de changements climatiques avec leurs effets dévastateurs sur l’environnement de vie ou de travail, de migrations volontaires ou irrégulières.

Les femmes sont les premières victimes surtout en termes de violences, de survie sociale et sanitaire de la famille, d’usage du viol comme arme de guerre…

La pauvreté se féminise de jour en jour. Les femmes continuent de mourir en donnant la vie. Les statistiques sur les violences conjugales, les viols et les grossesses augmentent. La migration se féminise de plus en plus. Parmi les terroristes, on trouve de plus en plus de femmes kamikazes, etc.

Les politiques sont en deçà de l’attente des femmes, les lois ne sont pas appliquées ou sont en régression. N’est-il pas temps de changer de paradigmes ?

N’est-il pas temps de s’accorder définitivement sur le sens sociologique de l’égalité des sexes, de l’homme, de la femme, des concepts de genre, du statut de la femme dans l’Islam ?

N’est-il pas temps de s’accorder surtout sur les stratégies économiques et techniques efficientes pour parvenir à l’autonomisation des femmes ?

N’est-il pas temps pour toute action en faveur de la femme de partir systématiquement du niveau local et en fonction de ses besoins ?

En ce début de XXIème siècle, avec l’évolution considérable des Technologies de l’information et de la communication, il est temps que :

• les gouvernants et les gouvernés, de manière consensuelle et participative, portent la femme à sa « juste place », c’est- à-dire à côté de l’homme, ni derrière ni devant ; tout simplement côte à côte, pour le développement effectif de nos pays ;

• la femme soit sensibilisée sur ses droits, ses devoirs mais surtout sur ses opportunités à contribuer efficacement au devenir de son pays.

• de miser sur l’éducation à travers toutes les langues nationales, mais autant en français qui est notre langue officielle et de travail dans l’espace francophone qui s’agrandit.

• qu’on arrive systématiquement à un « learning by doing », mais en partant du terroir.

• de dépasser la théorie ou une certaine timidité dans l’intégration de la dimension genre dans les budgets ministériels. Elle doit être systématique et effective.

• de faire face à cette situation de crise des valeurs, d’insécurité, de xénophobie, d’agir en tissant des réseaux de solidarité pour une action commune en vue de mettre fin à ce lot de contraintes et de souffrances sapant les chances de participation des femmes au développement de nos pays respectifs.

• Au Sénégal, il est temps, conformément au Pse, de rendre effective ce concept si cher à Monsieur le Président de la République : « la territorialisation ».

EN CONCLUSION
Il est incontestable que la volonté politique pour la promotion des droits de la femme existe au Sénégal. Toutefois, notre conviction est que l’effectivité passera par une éducation pour tous et l’intégration systématique de la dimension genre dans les budgets des institutions et aussi par un dispositif systématique de collecte et de traitement des données à l’instar du procédé utilisé pour l’élaboration de l’Indice de développement et des inégalités entre les sexes (Idisa) afin de fournir un outil d’aide à la décision idoine aux décideurs du Sénégal.
Mes Chères sœurs y compris du monde rural !

Soyons conscientes que l’avenir de ce pays dépend aussi de nous en tant que participantes actives au développement économique et social. Le défi est lancé à tous pour nous assurer aide et assistance aux moyens d’une autonomisation réussie.
Bonne fête à toutes.

(***) : Malick Sow de l’Institut islamique de Dakar

Par Mme Aminata Diouf NDIAYE
Expert en genre
Titulaire d’un Dess Politiques sociales et genre
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Dans l’exécution de ses obligations contractuelles, la Senelec a été défaillante lorsqu’il s’est agi de fournir correctement et régulièrement l’électricité aux clients.

Cela avait impacté négativement sur ses relations avec la clientèle.

Qui ne se souvient pas des « émeutes de l’électricité ? »

A l’époque, la situation de l’entreprise était caractérisée par :

- Une faible rentabilité.

- Des difficultés financières.

- Une qualité de service défaillante.

- Une mauvaise image de marque.

A cela s’ajoutaient la démotivation et le découragement des agents de la Senelec qui ont souffert de différentes gestions de la direction générale. Ne jetant l’anathème sur personne, il convient malgré tout de préciser que les agents ne se sont jamais épanouis et ont souffert de la mauvaise gestion de ses fortes ressources humaines.

Lorsque le Président Macky Sall accéda à la magistrature suprême du pays, en 2012, il a décliné son Plan pour un Sénégal émergent (Pse). Et depuis, nous sommes sur le chemin de l’émergence.

C’est un Sénégal émergent en marche avec la présidence de M. Macky Sall.

Une des conditions pour l’atteinte des objectifs du Pse passe inéluctablement par une bonne maitrise de l’énergie et d’une Senelec performante.

Une clairvoyance de M. le Président de la République qui décida de confier la direction générale de la Senelec à son ancien directeur de cabinet, Monsieur Mouhamadou Makhtar Cissé.

Appréhendant la vision et les ambitions du Président Sall pour le Sénégal et les Sénégalais, il se mit aussitôt à la tâche : amélioration du taux de production, plan d’action prioritaire 2016-2018, promotion du Woyofal, notation financière et certification, ainsi que processus de mise aux normes de la société.

Très vite, les agents de la Senelec retrouvèrent la fierté de travailler. Ils se sont mobilisés autour et derrière leur directeur général avec sa task force (Comdir) et ont adhéré à son plan «Yessal» où il projette, dès 2020, de faire de la Senelec une entreprise performante, attractive, toujours au service de la satisfaction de ses clients et du développement économique et social du Sénégal.

D’ores et déjà, la Senelec s’est réconciliée avec sa clientèle : fourniture satisfaisante de l’électricité, service de qualité et à moindre cout accordé au client, transformation des délestages en épiphénomène…

L’homme qu’il faut à la place qu’il faut ! dit-on.

A la Senelec, les agents sont fiers de leur directeur général qu’ils aiment présenter en modèle.

Chaque agent s’identifie à lui et se bat chaque jour davantage pour relever tous les défis de l’électricité.

La dimension de l’homme qui nous dirige vaut de notre part (agents) tous les sacrifices et notre engagement à satisfaire le client.

Cette dimension est ontologique, fabuleuse, avec son corollaire d’un destin exceptionnel pour qui connait le parcours de l’homme. Ma cha Allah !

Nous, agents de la Senelec, exprimons notre gratitude et notre reconnaissance au Chef de L’Etat pour l’avoir choisi et porté à la tête de l’entreprise.

Il est rarissime qu’un homme de sa dimension allie, avec harmonie et cohérence, des tendances qui, chez beaucoup, ont suscité malaise et distorsion au niveau de leur personnalité et les ont conduit à développer un manque notoire d’intégrité et d’humilité.

Monsieur Makhtar Cissé sait concilier, avec une aisance déconcertante, des prédispositions cartésiennes qui lui ont valu d’être un grand homme partout où il est passé et où il a exercé (Douanes, Inspection générale d’Etat, Gouvernement, Cabinet du Président) avec un niveau de piété et de foi qui ont fini de le consacrer icône de la probité impartiale, «imparcellaire», «impartielle»… Qualités qu’il fait valoir dans un monde où le basculement dans la mauvaise foi est le risque le plus imminent.

J’ai écouté l’homme à la cérémonie de présentation des vœux 2018 du personnel à son Dg, cour siège Vincens : il met le bon Dieu au-devant de tous ses intérêts, pourtant bien facilement accessibles.

Puisse le bon Dieu le rétribuer en bienfaits à l’infini et le combler de la récompense de le laisser vivre trop longtemps, afin qu’il continue de servir son pays et de propager autour de lui son exemple du choix de l’humilité spirituelle sur toute autre considération…

Vive MMC (Mouhamadou Makhtar Cissé) pour un Sénégal debout et qui, tel un soldat, est au service exclusif du Président de la République dont, j’aime le rappeler, sa présidence est le tremplin pour l’émergence du Sénégal.

Par Abdou Salam TOURE
Service contrôle des revenus de Senelec
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Au bout d’une matinée chargée et pleine d’espoir le jeudi 1er mars dernier, je m’arrête, vers 14 h 15, à la mosquée omarienne pour la prière bénie de l’heure. A la fin, je pris la direction de la Présidence de la République afin d’y déposer un dossier au Bureau des opérations du suivi du Pse (Bos), sans savoir ce qui m’attendait en ce lieu symbolique de la Nation.
Arrivé au poste d’entrée de la Présidence, je demande au gendarme de garde le bureau de cette structure. Apparemment, avec son collègue assis à ces côtés, cette institution leur était inconnue dans l’enceinte de la Présidence.

En me retournant pour repartir, je rencontre un des conseillers spéciaux du Président de la République, Monsieur Ibrahima Ndoye. Je saisis l’occasion en lui demandant, après mes respectueuses salutations d’usage, l’adresse du Bos que je recherchais. Il appela aussitôt sur son portable une connaissance pour lui demander l’adresse de l’Institution visée, puis me l’indiqua. Je le remerciai vivement de son avenant acte et de sa courtoise exquise, compte tenu de son temps précieux. Il poussa même sa disponibilité en ajoutant à mon endroit quelque chose que je garde en réserve. Je le quitte pour aller au Bos.

C’est là que l’inattendu se produisit. En passant près d’un des arbres mythiques qui bordent la devanture de la Présidence, mon pied droit s’accrocha à un roc de l’asphalte soulevé par les racines cet arbre (le plus géant de l’alignement). Je me suis subitement retrouvé dans les airs et je retombai lourdement, en une fraction de seconde, sur le goudron. En cherchant à me relever difficilement, ma jambe droite refusa d’obéir et je compris, vu mon pied retourné contre sa direction naturelle, que je venais d’avoir une fracture, double, me signifiera-t-on plus tard. Je me rassis tant bien que mal, en cogitant rapidement sur la suite des événements, momentanément seul devant la Présidence de la République.

Le gendarme de garde qui était à une vingtaine de mètres de moi mit quelques secondes à m’apercevoir et tout de suite après, courut très rapidement vers moi, sans comprendre du premier coup ce que je faisais par terre. « Monsieur, qu’est-ce que vous avez ? » dit-il en état d’alerte. J’allais comprendre dans les secondes d’après, son état d’esprit face à cette situation. Je lui répondis que je venais de trébucher devant cet arbre et lui montra mon pied retourné. Il courut vite avertir son supérieur et plusieurs gendarmes surgirent du poste de garde de la Présidence.

Au même moment, des sirènes se firent entendre et un cortège impressionnant de véhicules surgirent du côté de l’hôpital Principal. Au fait de l’actualité, j’en déduisis que ce cortège était lié à la venue du Président turc Erdogan et je compris un peu l’état de ce gendarme et de ses collègues qui m’entourèrent. Au vu de ma cheville, ils comprirent que c’était un accident sérieux, en plus de mon porte-document et cartable à terre, mon bonnet bien vissé sur ma tête, malgré ma chute, ma barbe blanche naissante (j’ai décidé définitivement de la conserver à cet instant au grand dam de certains de mes proches qui me supplient de l’enlever), autant d’éléments qui les rassurèrent. Je ne faisais pas partie des cas d’immolation qu’ils ont dû voir, il y a quelques années, devant la Palais, ou d’un individu suspect présent à l’instant ou deux Présidents se rencontrent. Mais, je n’étais pas là aussi au bon moment, protocole parfait oblige.

Ma carte d’identité fut demandée. La photocopie fut vite faite et l’on me la remit, plus mon numéro de téléphone et personne utile à contacter. C’est là que débute toutes les attitudes qui m’ont fortement marquées depuis la première relative à celle du conseiller Ibrahima Ndoye. Un membre gradé de la sécurité me demanda de ne pas bouger et qu’on allait s’occuper de moi.

Très rapidement, la sécurité réorganisa la circulation pour permettre l’ambulance « présidentielle » d’accéder à mon niveau. Ils me mirent autour du pied leur botte magique en plastique gonflable qui soulagea aussitôt ma lancinante douleur au pied. Puis, on m’introduisit dans l’ambulance à l’intérieur tout neuf et propre, s’en suivit une perfusion, ensuite direction l’hôpital Principal.

Les ambulanciers aux tenues impeccables, cravates bien nouées, protocole du jour oblige, me déposèrent au Service d’accueil urgence avec calme tout en sachant qu’ils doivent rejoindre en nécessité absolue le cortège présidentiel. Je leur demandais leurs noms et si possible pour les tenir informés et les remercier plus tard. Ils me dirent qu’ils faisaient leur « job » et c’était normal. J’ai insisté en sachant l’énorme carence de la normalité dans notre pays. Il s’agit des pompiers Formin Coly et Ousmane Kandji. Je les ai appelés pour leur renouveler mes remerciements et ma profonde gratitude.

Les médecins prirent le relais en regrettant vivement de ne pas pouvoir me prendre tout de suite, vu les nombreux cas reçus ce jour. J’ai patienté sous l’humour de la jeune infirmière Corinne (si j’ai bonne mémoire) qui ne cessait de me dire de me préparer, car ce « sera chaud » en salle. En bloc, Pascal, l’assistant médical, en compagnie de l’infirmier Ibrahima Sow, sous la supervision du docteur Guissé, me demandèrent de ne pas hurler comme les autres qu’ils avaient l’habitude de voir. Je leur promis que j’essayerai de crier comme Neymar. Ils éclatèrent de rire et finirent par la suite, avec succès, leur opération de plâtre.

Tout juste après l’opération, le conseiller du Président, Ibrahima Ndoye, m’appela pour avoir des nouvelles. Je l’ai rassuré et vivement remercié de son avenant et fraternel suivi. « Normal, normal.. », répondit-il. Oui, bonus exceptionnel de normal. Immense merci encore, Monsieur le conseiller.

Last but not least, vers 20h, alors que l’on me ramenait à la maison, l’adjudant Diamé de la Présidence (mes excuses, cher Monsieur, si je me suis trompé sur le grade, Ya Rafi vous élève vers des stations supérieures) m’appelle sur mon portable lui aussi pour me demander l’état de ma santé. Infinis remerciements renouvelés, Monsieur Diamé.

Cette inspiration de rendre cet hommage à ces hommes bons m’est venue quand je suis repassé devant la Présidence, le lendemain de mon accident, lorsque je suis reparti faire le contrôle exigé par le médecin traitant. J’ai revu cet arbre témoin de beaucoup de choses et qui a causé mon incapacité physique. Je ne lui en veux pas, car il demeure un être que je respecte énormément. Seul l’Omniscient, Ya Alim, Sait le pourquoi de notre rencontre accidentelle.

Mais, Dieu m’a Facilité tout ce jour-là, à travers le récit ci-évoqué et m’a permis de rencontrer des gens biens qui ont respecté « leur job » en aidant un citoyen anonyme et seul, en grande difficulté ce Jeudi 1er mars 2018.

Il y a quelques jours, un fonctionnaire de la sécurité publique a humilié et violenté en public un citoyen ordinaire. Le choc fut populaire et fut mien aussi.

Cette fois-ci, des fonctionnaires de sécurité républicains et d’autres personnes ont assisté et montré du respect à un autre citoyen simple. C’est la loi de la dialectique des choses sur terre.

Dieu Bénisse tous ces généreux hommes cités ici, dans la plus grande sincérité et profonde gratitude exprimées du fond de mon cœur.

Par Citoyen Cheikh Mamoudou NIANG
Juriste Conseil d’Entreprises et
en Chargé de missions à la société Polykrome

Dans l’œil de la tempête, il n’est pas facile d’être capitaine de navire. C’est aussi vérifiable au Sénégal où, même après un éclatant triomphe électoral, on doit toujours essuyer l’insatisfaction de quelques citoyens et des critiques acerbes, souvent mal fondées et venues d’adversaires politiques, qui renvoient à des rapports de haine entretenus, que suscite la proximité de destins, dans les rivalités mimétiques pour la capture du pouvoir. Un bilan palpable, sans commune mesure avec ce que l’on voyait jusqu’alors, leur sera opposé.

Vous avez fait bouger les lignes, M. le président, vous avez réduit les distances qui nous séparent de l’émergence par une vision inspirée, un programme (Pse) outil qui nous mène, pas à pas, vers l’objectif de développement inclusif de notre pays. Ceci, par une gouvernance assumée (redditions des comptes, traque des biens mal acquis, brillante politique d’infrastructures, Pudc, Puma, Cmu, performances dans l’agriculture ...) tout au long de ce premier mandat. Ce succès est dû, en grande partie, à votre grande capacité conceptuelle et de lecture de notre avenir ; ce qui augure des lendemains qui chantent pour les Sénégalais. Pour y arriver, beaucoup d’argent a été mobilisé, des milliers de milliards de FCfa dont une partie à rembourser. D’où cette dette pour la bonne cause.

Un unique mandat présidentiel est insuffisant pour l’atteinte significative de tous ces résultats installant, de manière irréversible, le Pse. C’est tout l’enjeu de l’élection présidentielle de 2019 qui déjà exacerbe les passions et donne prétexte à des règlements de compte de tout genre. Il nous faudra donc confiner ces quelques aventuriers sans vision ni programme qui cherchent à accaparer notre plus grande institution (la Présidence) avec comme seule arme une bouche au goût de cendre et de sang. Au combat des idées, s’est substitué un combat au ras des pâquerettes pour accrocher un mandat présidentiel. Cependant, le funeste destin de la grenouille de Jean de la Fontaine qui voulait se faire plus grosse que le bœuf nous rassure et nous réconforte.

Tous ceux qui se portent candidat face à Macky Sall ont été des pourfendeurs impitoyables du Pse. S’il arrivait que l’un d’eux, par extraordinaire, accède au pouvoir, le Pse ne serait plus qu’un vieux souvenir. On aura alors jeté beaucoup de milliards à la fenêtre, compte non tenu du montant de la dette à rembourser. Et si, par opportunisme, il s’attachait à vouloir continuer la mise en œuvre du Pse, catastrophe ! Il ne pourrait jamais mieux faire que ceux qui ont élaboré et entamé la mise en œuvre de cet outil formidable qui va échouer dans des mains inexpertes.

Rappelons que c’est sous ce premier magistère, avec la grâce de Dieu, que les découvertes du pétrole et du gaz ont été faites. Leur exploitation permettra de réduire les délais vers l’émergence. En vérité, le Sénégalais rationnel de tous bords votera pour le président Sall non seulement parce qu’il a un bilan, mais surtout pour sa propre utilité. L’aventurier candidat n’aurait apporté que perte de temps et d’argent, synonyme de gaspillage et d’immobilisme. Les partis politiques, les syndicats et la société civile devraient dessiner le portrait-robot du président qu’ils souhaitent avoir, au regard de l’environnement économique et social et de sa capacité managériale à relever les défis futurs, au seul bénéfice de la nation. Ils devront impérativement exiger un programme aux candidats. Ainsi, le Sénégal fera l’économie de situations inacceptables pouvant engendrer des coûts sociaux très élevés. N’avez-vous pas constaté l’ébullition sociale du pays à la veille de chaque élection ? Les Sénégalais et même les non Sénégalais, les investisseurs, tous ceux qui travaillent chez nous sont inquiets et l’économie du pays s’en ressentira indubitablement.
Par ailleurs, l’Etat doit reconnaître humblement qu’il n’a pas réponse à tout. Le gouvernement doit continuer les négociations en cours en faisant comprendre aux Sénégalais, aux enseignants en particulier, que même si les revendications sont légitimes et de droit, un Etat pris à la gorge ne peut rien faire. Même les candidats à la présidentielle qui les accompagnent dans leurs revendications, une fois au pouvoir, ne pourraient rien y faire ! Il devient impératif de s’asseoir, de discuter et de trouver des solutions, dans le moyen ou long terme, pour que la paix et la sérénité reviennent au plus vite. Il faut tendre vers un contexte de respect, de partage et d’appropriation. L’équilibre économique du Sénégal et l’amour de notre patrie doivent pouvoir nous faire vibrer le cœur et la raison. Je répète, il y va de notre survie. Devant l’extrême complexité des problèmes à résoudre, il est urgent de restaurer l’éthique collective, qui n’est rien d’autre que de s’appuyer sur la culture que secrète notre nation.

Les citoyens doivent pouvoir « mutualiser » le risque pour résoudre les problèmes communs. Sous ce rapport, je félicite les leaders de Bby qui, au-delà de leur ambition légitime à vouloir accéder au sommet de l’Etat, ont œuvré à maintenir cette coalition. Laquelle, du reste, a remporté toutes les élections depuis sa création. À la tête de ces partis, il y a des hommes et des femmes de valeur qui se sacrifient pour leur pays. Je citerai juste deux parmi eux, le président Moustapha Niasse, pas l’ombre d’un désaccord avec le chef de l’Etat, il s’est placé délibérément aux côtés du président Macky Sall et il a un seul défi : servir le Sénégal. Le président Ousmane Tanor Dieng, un républicain hors pair reconnu de tous. Il a donné à son parti plus de députés que sous la législature passée, plus de positions de pouvoir présentement par rapport à l’année 2000 (ministres, Dg, hauts conseillers etc.). Il dirige avec responsabilité les destinés du Ps (il a su éteindre à temps les feux de broussaille qui commençaient à prendre sur son chemin), il a la confiance du président de la République.

Cependant, il me semble qu’il faille élargir les bases de la coalition qui doit porter la candidature du président Sall.

Le Pds du président Wade a toute sa place. Non seulement par suite d’une analyse de la situation actuelle du pays, mais aussi pour voir la prophétie du président Wade se réaliser (50 ans au pouvoir pour les libéraux). Les vicissitudes de la politique nous ont, malgré nous, séparé de notre mentor. Pour nous, Wade était un surhomme, presque un ange, et on ne pouvait lui tolérer les faits ou manquements des hommes. On s’est rendu compte, hélas, qu’il était comme vous et moi, un être humain dans toute sa globalité. On s’est rendu compte que le leadership est un processus profondément humain ponctué d’essais et d’erreurs, de victoires et de défaites, de calculs et de hasard, d’intuition et de perspicacité. Nous prenons acte qu’il ait regretté ses erreurs et demandé pardon. Nous lui pardonnons et lui présentons nos excuses si on lui a fait mal un tant soit peu. Il faut qu’il colle à sa prophétie, il faut que le Sénégal continue à bénéficier de ses lumières. Le Sénégal en a besoin, le président Macky Sall plus que tout le monde. Il est le président sortant, il a un bilan, mais le président Wade à ses côtés, la victoire ne serait que plus belle.

Président Wade, vous êtes le seul leader que je connaisse qui maîtrise les « dialogiques », ces contradictions motrices qui aident à la prise de décision. Vous avez digéré la théorie de la décision pour avoir écrit, depuis 1959, la décision dans le certain comme dans l’incertain et vous avez fait la synthèse des deux. Je sais que vous êtes « bayesien « (risque calculé -Bayes) et que vous pouvez appréhender et avaler mon assertion sans vous tromper. Macky Sall porte vos idées et votre projet libéral. Venez à ses côtés ! M. le président, pour votre propre renom, il faut tout de suite rentrer dans la légende et nourrir la mythologie nationale, et même internationale, à la Mandela en soutenant, malgré tout et malgré vos «faucons «, votre fils Macky Sall pour une recomposition de notre grande famille. Vous en avez la capacité et le Sénégal en paix le commande. L’amour se nourrit d’échanges et ne peut vivre qu’en réciprocité, n’est-ce pas ? Facilitez lui la tâche au nom de la stabilité du pays. Les Sénégalais vont être contents et rassurés de vous voir à côté du président Macky Sall, du président Diouf, du président Moustapha Niasse, du président Ousmane Tanor Dieng, du président Pape Diop, de la présidente Aminata Tall, des Pm Idrissa Seck, Aminata Touré, Mahammed Dionne, du président Jean Paul Dias, de mes frères Fada Diagne, Abdoulaye Baldé. J’en oublie certainement.

Le changement qualificatif de notre nation se fera alors par la mobilisation de ce que l’on a de plus précieux : votre intelligence, votre créativité et votre dynamisme.

Une utopie ? Non, une nécessité.

Par Baïla WANE
Cercle des amis de Macky Sall (Cams)


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