Idées et Réflexions (1022)

L’adresse à la nation du président de la République Macky Sall à l’occasion du nouvel an a fait couler beaucoup d’encre. Des personnes de mauvaise foi préfèrent se focaliser sur l’accessoire et s’emploient à pervertir les propos du chef de l’Etat. Le but de cette manœuvre peut être résumé en une dualité :
1-    Détourner les sénégalais de l’essentiel, qui réside dans le bilan d’étape positif du Plan Sénégal émergent.
2- Saper la volonté affichée par le président de la République de renforcer la démocratie et l’Etat de droit.

Lorsque le Sénégal passe de la 27ème à la 25ème place au classement des pays les plus pauvres, ils ruent dans les brancards, qualifient le régime en place d’incompétent et de faussaire.
Lorsque le Sénégal gagne 10 places au classement du « Doing Business », ils sèment le doute sur la fiabilité des sources.
Lorsque le taux de croissance prévisionnel est établi à 6.4%, ils convoquent la méthode Coué, surpris que le régime en place ait pu faire mieux que les 2.1% en 2011 sous Abdoulaye Wade. Ils nient ainsi que le travail de fond visant une transformation structurelle de notre économie (axe 1 du Pse) est en train de porter ses fruits. Mieux, cette croissance permettra de garder le cap de l’axe 2 du Pse (capital humain durable), en luttant efficacement contre la pauvreté (Cmu, soins de santé gratuits, bourses familiales,  réduction ou maintien des prix des denrées de première nécessité, entre autres).

Non. Ils veulent la réduction du mandat !!!
Lorsque le Sénégal limite les importations de riz à 500.000 tonnes, au lieu des 800.000 annuelles, pour faciliter l’écoulement du riz local, cela relève de l’accessoire pour eux. Ils ignorent certainement que les importations de riz coûtent au pays plus de 165 milliards chaque année. Cette baisse est la conséquence directe du succès du Programme National d’Autosuffisance en Riz (Pnar), qui vise la production de 1.600.000 tonnes de riz paddy (besoin estimé du Sénégal en riz). Le président nous informe que l’on est passé de 559.000 à 917.371 tonnes, soit une hausse de 64%... mais pour eux, ce n’est pas important.
Que les récoltes céréalières connaissent une hausse de 82% leur importe peu.
Que la production arachidière connaisse une hausse de 68% n’est, pour eux, qu’un détail.
Que le Sénégal atteigne 1.133.430 tonnes en production horticole ne relève pas de l’essentiel pour eux.
Ils s’assureront que l’on ne parle pas du maintien du prix du kilogramme d’arachide à 200 Francs minimum.

Non. Ils veulent la réduction du mandat et des élections en 2017 !!!
Ils ne s’intéressent pas, en réalité, aux habitants de Séfa, Itato, Keur Samba Kane et Keur Momar Sarr, dont les 177 groupements de producteurs ont mis en valeur 2.555 hectares et créé plus de 7.000 emplois dans le cadre du Prodac.  
Ils ignorent la réalisation des axes routiers Tambacounda-Dialacoto, Mako-Kédougou, Kafountine-Diouloulou et Koukané-Kolda-Tanaff.
Ils n’entendent pas quand G&H Garment, un géant de l’industrie textile, signe un contrat pour occuper un hangar de 7.000 m² dans le parc industriel de Diamniadio, prévoyant d’employer près de 7000 personnes.
Ils sont maintenant habitués à la continuité de la fourniture d’électricité, ils n’ont plus besoin de démarrer leurs groupes électrogènes car ne subissant plus de délestage. Ils n’avoueront jamais que ce progrès est le fruit de la mise en œuvre du projet phare numéro 25 du PSE (Plan de relance intégré de l’électricité), avec une mise à niveau du réseau de transport et de distribution. Ils passeront sous silence le Projet d’Appui au Secteur de l’Electricité (Pase), qui a financé le passage de 6,6 kV à 30 kV de 194 postes et 100 km de câble dans tout le pays.
Ils refuseront d’évoquer les 63 forages, les 69 châteaux d’eau et les 847 km de pistes rurales réalisées dans le cadre de la mise en œuvre du Pudc dans sa première phase.
Lorsque le président annonce que 600 mutuelles de santé ont été constituées, que les prix de 270 médicaments ont été réduits, que 1.000 agents, dont 500 sages-femmes ont été recrutés pour le compte du Ministère de la santé, ses détracteurs deviennent sourds et muets face à cette série de réformes visant à améliorer les conditions de vie de nos concitoyens.
Non ! Ils veulent la réduction du mandat à 5 ans et son application immédiate, quel que soit l’avis du conseil constitutionnel.
Parlons-en d’ailleurs, de la réduction de la durée du mandat!
Même dans la mise en œuvre de cette réforme, l’essentiel leur passe sous le nez, tellement ils sont focalisés sur l’accessoire. « … Il faut qu’il parte ! … »
Ils ne prêtent pas une oreille attentive quand le président leur parle de «moderniser, stabiliser et consolider notre démocratie, renforcer l’Etat de droit et améliorer la gouvernance des affaires publiques».  Ils auraient pu, le cas échéant, y voir la continuité du PSE à travers son axe 3 (bonne gouvernance, paix, institutions et sécurité).
Que le président souhaite la participation des candidats indépendants à toutes les élections, ils ne s’en préoccupent pas. Il en est de même du renforcement des droits de l’opposition et de son chef, la représentation des Sénégalais de l’extérieur par 2 députés, la soumission au Conseil constitutionnel des lois organiques pour contrôle de constitutionnalité avant leur promulgation, l’intangibilité des dispositions relatives à la forme républicaine, laïque, démocratique et décentralisée de l’Etat.
Eux sont obnubilés par la réduction du mandat et de son application immédiate dans l’ignorance totale des dispositions de  l’article 51 de notre constitution. Aux termes dudit article: « Le Président de la République peut, après avoir recueilli l’avis du Président de l’Assemblée nationale, du Président du Sénat et du Conseil constitutionnel, soumettre tout projet de loi constitutionnelle au référendum.»
Le président s’inscrit dans cette optique et conformément à l’esprit du texte fondamental en question.
Eux, voudront faire croire le contraire à l’opinion, ramenant ainsi le spectre du « wax waxett ».
Ils réclament ici et maintenant une réduction du mandat sous prétexte que le président l’avait promis.
Faudrait-il alors, et conformément à un état de droit, que le président utilise les prismes légaux. Pourrait-il le faire contre l’avis de la haute juridiction constitutionnelle de notre pays ? D’ailleurs est-ce là le problème essentiel?
Et si la réduction n’était pas applicable au mandat en cours? Comme nous y a édifiés le précédent Wade en 2008 (quand la durée du mandat fut portée à 7 ans par voie législative).
Quand les députés Rwandais votent une loi permettant au président Paul Kagamé de briguer un 3ème mandat, quand les peuples Burundais et Congolais payent de leur sang une opposition au tripatouillage de leur constitution, quand le peuple Sénégalais s’est dressé comme un seul homme pour dire non à une candidature illégale de Abdoulaye Wade en 2012, le président Macky Sall décide lui de réduire la durée du mandat, d’en limiter le nombre, et de rendre cette disposition substantielle et intangible. La grandeur de cet acte marquera l’histoire de notre nation, de notre continent et même au-delà.
Face à la mauvaise foi des détracteurs, qui peinent à masquer leur désarroi devant le succès en vue du Pse et la grandeur du renoncement du chef de l’Etat, une seule attitude incombe désormais aux militants et dirigeants de l’APR : le travail dans l’indifférence…  C’est là l’essentiel, tout le reste n’est qu’accessoire !!!

Par Idy Demba Thiam *

* Chargé de la communication de la section Apr Grenoble
Secrétaire adjoint à la communication de la Convergence des Cadres Républicains (Ccr) France
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                                                                                                        En Afrique subsaharienne, la croissance s’est légèrement accélérée en 2014 pour atteindre 4,5% contre 4,2% en 2013. Selon les prévisions, la croissance devrait rester quasiment inchangée en 2015 et s’établir à 4,6%, puis atteindre 5,1% en 2017 portée par les investissements dans les infrastructures, l’accroissement de la production agricole et l’expansion du secteur des services (Ticad-V, Japon, 2013).
L’investissement public dans les infrastructures, la création d’entreprises et de micro entreprises créatrices d’emplois durables, la hausse de la production agricole et l’essor soutenu du secteur informel et des services devraient, à nouveau, tirer la croissance de la sous région, malgré le recul des cours des produits de base et des entrées nettes d’investissement direct étranger (Ide) qui s’explique par l’affaiblissement de la demande mondiale. Dans l’ensemble, les prévisions indiquent que l’Afrique subsaharienne restera l’une des régions les plus dynamiques du monde.
Dans ce nouveau contexte de croissance, le développement des ressources humaines devient un grand défi avec un besoin de main d’œuvre qualifiée et diversifiée à tous les niveaux.
La problématique de l’emploi des jeunes, dans cette partie de l’Afrique, est un enjeu majeur et ancien qui, notamment sous la pression des actualités démographique, sociale et politique des pays, est de plus en plus fortement pris en considération par les gouvernements, leurs partenaires techniques et financiers, les acteurs locaux impliqués et les organisations de solidarité internationale.
Ces différents acteurs testent des appuis pour accompagner les jeunes à gagner en autonomie sociale et financière dans des environnements où peu d’entre eux parviennent à accéder à l’emploi ou à y évoluer dans des conditions qui les satisfassent. Pour la majeure partie d’entre eux, ils se lancent à des activités informelles peu ou non structurées.
Dans les contextes de crise que de nombreux pays vivent actuellement, des réponses opérationnelles sont recherchées dans un climat de relative urgence. Il semble nécessaire de revenir sur les fondamentaux et de tirer des enseignements des initiatives existantes ou passées, en Afrique comme en Europe où les approches sont plus anciennes et développées, afin de partager et mutualiser la réflexion (Gret, 2013).

Plan Sénégal émergent
Le Sénégal a décidé d’adopter un nouveau modèle de développement pour accélérer sa marche vers l’émergence. Cette stratégie, dénommée Plan Sénégal Émergent (Pse), constitue le référentiel de la politique économique et sociale sur le moyen et long terme.
Le Gouvernement décide d’engager des ruptures qui permettront d’inscrire le Sénégal sur une nouvelle trajectoire de développement. Ces ruptures se traduiront par des actions hardies pour relever durablement le potentiel de croissance, stimuler la créativité et l’initiative privée afin de satisfaire la forte aspiration des populations à un mieux-être.
Cette aspiration à un mieux-être se décline en une vision qui est celle d’«Un Sénégal émergent en 2035 avec une société solidaire dans un État de droit». Les orientations stratégiques qui guideront les initiatives à prendre pour traduire cette vision en actions résultats tangibles pour le bénéfice des populations, s’appuient sur trois axes visant (PSE, 2014).
• une transformation structurelle de l’économie à travers la consolidation des moteurs actuels de la croissance et le développement de nouveaux secteurs  créateurs  de richesses, d’emplois, d’inclusion sociale  et  à  forte  capacité  d’exportation  et d’attraction d’investissements. Cet axe s’inscrit dans une option de développement plus équilibré, de promotion de terroirs et des pôles économiques viables afin de stimuler le potentiel de développement sur l’ensemble du territoire ;
• une amélioration significative des conditions de vie des populations, une lutte plus soutenue contre les inégalités sociales tout en préservant la base de ressources et en favorisant l’émergence de territoires viables ;
• et le renforcement de la sécurité, de la stabilité et de la gouvernance, de la protection des droits et libertés et de la consolidation de l’État de droit afin de créer les meilleures conditions d’une paix sociale et de favoriser le plein épanouissement des potentialités.

Disposer d’un capital humain de qualité sera un des meilleurs atouts pour relever les nombreux défis dans la mise en œuvre du PSE. Il s’agira de renforcer le capital-santé des populations et de leur permettre d’acquérir les aptitudes et compétences nécessaires pour entreprendre, innover et s’insérer de manière harmonieuse dans le marché de l’emploi. Par rapport à la formation professionnelle, le Pse prévoit :
• d’intégrer l‘apprentissage dans le système de la formation professionnelle et technique, grâce à la formation par l’apprentissage dans les Daaras, au  renforcement  de  la formation professionnelle des femmes et à la formation des maîtres d‘apprentissage et des apprentis;
• de promouvoir la formation professionnelle orientée vers le marché de l‘emploi, à travers le développement et la décentralisation des opportunités de formation professionnelle et continue, la validation des acquis de l’expérience, la diversification des filières de formation, la construction, la réhabilitation et l’équipement de lycées et de centres de formation professionnelle et technique, la régulation des flux de la demande et l’adaptation de l’offre de formation professionnelle;

Le secteur de l’artisanat
Au Sénégal l’emploi demeure la première préoccupation des ménages (26,8%) devant l’approvisionnement en eau potable (18,7%) et la promotion des activités productivités (12,6%) ; il est au centre des priorités de la politique de l’État. L’emploi des jeunes est considéré comme la principale priorité de la communauté à Dakar (41,9%) et dans les autres villes (36,1%) (Pse, Ansd, 2011).
Le marché du travail se caractérise par un déséquilibre entre le secteur  formel et le secteur informel, avec un exode rural qui draine de nombreux  Sénégalais  vers la presqu’île du Cap-Vert actuellement fortement engorgée (0.28% du territoire national). La majeure partie des emplois est fournie par l’administration publique mais surtout, par le secteur informel qui se caractérise par  un niveau de rémunération souvent inférieur aux normes internationales, et une classification en artisanat de production, d’art et de service. Aujourd’hui il est globalement accepté qu’un des leviers du développement du pays repose sur une bonne croissance des organisations professionnelles existantes et sur l’amélioration de leurs modes de gestion et de management, ce qui nécessite, une satisfaction des besoins en ressources humaines de qualité. Sous ce rapport, Il est important de souligner que pour rendre les produits artisanaux compétitifs sur le marché international et renforcer les stratégies de gestion les acteurs auront besoin d’un niveau élevé de compétences.
A Dakar, les collectivités locales de la Médina, de Fass-Gueule Tapée-Colobane et de Dakar Plateau regroupent de grandes populations d’artisans qui développent des activités économiques à fortes rentrées financières. Les ministères en charge de l’éducation et de la formation manifestent une réelle volonté de faire reposer la nouvelle politique d’emploi au profit des jeunes sur des secteurs stratégiques et porteurs de croissance comme l’artisanat. Cependant les enquêtes menées dans le secteur de l’artisanat et précisément dans ces trois zones ont révélé une double faiblesse :
-    faibles capacités techniques des chefs d’ateliers, des maitres artisans et artisans ;
- faible taux d’alphabétisme (In, rapport diagnostic artisans Dakar Plateau,  Enea/Cnre).

En dépit des efforts importants en matière d’accès, une frange importante de la population sénégalaise est encore analphabète (54%) et plus de (67%) chez les artisans en milieu urbain (Ansd, 2013).

Alphabétisation, artisanat et émergence
L’alphabétisation contribue à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, au renforcement des capacités personnelles et à l’amélioration de la productivité. A ce titre, afin de donner toutes ses chances à notre pays d’atteindre son émergence à l’horizon 2035, l’alphabétisation, articulée à la formation professionnelle et les TIC devient le levier indispensable pour assurer la qualification, l’employabilité et l’insertion économique des jeunes et des adultes.
En outre, pour assurer une alphabétisation durable permettant de s’inscrire dans une perspective d’apprentissage tout au long de la vie, il faudrait que le système éducatif (Education/ Formation) intègre la validation des acquis en alphabétisation par une certification des compétences instrumentales primaires (savoir lire, écrire et calculer) et/ou fonctionnelles (en rapport à l’apprentissage d’un métier ou au renforcement de capacité).
Pour l’atteinte des objectifs de développement de l’Etat du Sénégal dans le cadre du PSE et de l’Acte III de la décentralisation, l’alphabétisation et la formation doivent occuper une place transversale voir primordiale dans les plans /programmes de développement des collectivités locales.

Programme de Renforcement des Capacités des Jeunes (Prc-J) Cnre/Us Embassy
A travers ses missions de soutien au sous-secteur de l’alphabétisation et à l’apprentissage, dans la perspective de formation, de structuration et d’accompagnement des jeunes et du secteur informel, le Cnre a fini de dérouler en collaboration avec l’ambassade des Etats – Unis, une première phase d’appui aux jeunes et adolescents des écoles communautaires de base (Ecb) en 2013. Malgré tout les difficultés d’insertion professionnelle pour les exclus du système restent encore importantes et elles sont principalement liées à la raréfaction des ressources financières et le déficit de compétences techniques et managériales – compétences génériques -.
En 2014, le Cnre a déroulé la seconde phase du projet pour un financement global de 54 000 000 de francs assuré à 75% par l’ambassade des USA et à 25% par les ressources additionnelles du Cnre.
Ce second projet dénommé Programme de Renforcement des Capacités des Jeunes (Prc-J) intervient dans un contexte de mise en œuvre du PSE et de l’Acte III de la décentralisation. En effet, il contribue à la valorisation du capital humain, mais également, il s’adapte aux réalités socio-économiques des localités ciblées suivant le principe de la territorialisation des politiques de développement du Sénégal.
Prc-J concerne 236 jeunes de 18 à 35 ans avec une forte discrimination en faveur des filles avec comme objectif général de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des jeunes exclus des zones cibles par le biais de centres d’alphabétisation articulés à des activités d’insertion économique.
Dans le processus de mise en œuvre, le projet a adopté une démarche innovante et cohérente qui a consisté à développer une offre d’alphabétisation adaptée aux besoins des bénéficiaires dans le but de les rendre le plus autonomes possible, à renforcer leurs compétences techniques et entrepreneuriales en fonction des besoins de développement local et à les équiper en matériel technique.
Le Sénégal est dans la voie de mener des réformes en profondeur dans la lutte contre l’analphabétisme et pour la promotion des langues nationales. L’éducation et la formation en général et l’alphabétisation en particulier, représentent un facteur essentiel et transversal dans nos efforts de développement.

Par Sidy SAME *

* Directeur Centre National de Ressources Educationnelles Cnre, Sénégal


Le discours à la nation de son Excellence Monsieur le président Macky, à l'occasion du nouvel an, a suscité une vague de contestations provenant d'une partie de la société civile et surtout de cette pseudo-opposition désemparée et désorientée qui cherche, à tout prix, à rebondir pour tenter de soigner une image à jamais salie par le discours politicien qui ne peut plus prospérer auprès de nos chers compatriotes doués d'une capacité de discernement à nulle autre pareille.
Désarmés par le bilan de l'année 2015, année durant laquelle le Sénégal, malgré la conjoncture internationale, a réalisé de bonnes performances économiques traduites par un taux de croissance à 6,4 %, nos opposants ne veulent pas entendre parler de chiffres tellement ces derniers sont révélateurs des efforts louables faits dans la mise en œuvre des projets et réformes du Pse.
Peut-on faire un bilan sans faire référence aux chiffres ? La réponse à une telle question est on ne peut plus claire car ce sont les chiffres qui font le bilan.
Le Sénégal, pour la première fois de son histoire, va voir son budget national dépasser le cap des 3000 milliards essentiellement financés sur ressources propres avec un taux important destiné aux investissements réservés aux infrastructures, clé de voûte de tout développement.
Ce bilan les laisse sans argument et pour sauver la face, ils jettent leur dévolu sur les projets de réforme constitutionnelle du chef de l'Etat dont la seule finalité est de consolider, de moderniser notre démocratie et notre Etat de droit et d'améliorer la gouvernance des affaires publiques.
Le chef de l'Etat, en homme respectueux de la parole donnée, loin de se dédire, a réaffirmé, dans son discours, sa volonté inébranlable de réduire le septennat en quinquennat.
N'y déclare-t-il pas, dans le point 6, des innovations importantes qui seront apportées à la Charte fondamentale : « Restauration du quinquennat pour le mandat présidentiel, y compris la question de l'applicabilité immédiate de la réduction à cinq ans du mandat de sept ans en cours » ?
Il reste ainsi constant dans sa démarche et dans le « temps de l'action » pour traduire en actes concrets cette promesse faite aux Sénégalais en sa qualité de candidat à l'élection présidentielle de 2012. Promesse qui sera tenue et qui va entrer dans les annales de l'histoire politique du monde parce que jamais de mémoire d'homme, un président élu n'a eu à proposer la réduction de son propre mandat. Pour le mode opératoire, quoi de plus normal de soumettre le projet à l'avis préalable de l'Assemblée nationale et du Conseil constitutionnel ?
Ceci est même une disposition de la Constitution, en son article 51.
Décision ne pouvait donc être plus sage de consulter l'Assemblée nationale et les Cinq sages pour des réformes si importantes qui engagent le devenir de la nation.
Ceci participe également de sa volonté de respecter la séparation des pouvoirs, condition essentielle de la démocratie et de l'Etat de droit.
Le désir est ainsi réaffirmé et la balle est désormais dans le camp de ces deux institutions qui donneront un avis motivé sur la constitutionnalité de ce projet de réforme.
Rien dans tout cela ne laisse présager un « wax-waxeet » sur la durée du mandat présidentiel qui, en soi, n'est pas importante. L'important, et le président Macky Sall ne s'y trompe guère, c'est la prise en charge réelle des préoccupations de nos chers compatriotes qui, in fine, seront les seuls juges pour apprécier le bilan du président et lui renouveler leur confiance si le bilan est positif.
Dans cette lancée, nous avons confiance au président dont les actes sont résolument tournés vers l'action, l'écoute et le service exclusif des populations.
Ces actions pèseront certainement plus lourds sur la balance que les discours politiciens qui n'intéressent plus nos concitoyens.
Le travail ne fait que commencer.
Les élections présidentielles seront pour bientôt, mais il n'y aura pas de quoi fouetter un chat !

Par Ibrahima SALL  *

* Honorable député Maire de Bakel

Le samedi 12 décembre, un accord international a été conclu sur le climat. Un texte qui, certes, n’est pas tout à fait à la hauteur des  menaces et périls multiformes causés par la péjoration du climat sur les pays du Sud notamment,  mais un texte qui  jette les bases d’un socle sur lequel bâtir, avec tous les acteurs et parties prenantes à cette COP21, un monde moins débridé, et plus consciencieux du devenir des générations futures.
En ce sens, on peut dire, sans exagération aucune, que Paris 2015 inaugure une nouvelle ère dans la géopolitique mondiale, puisque, désormais, les gouvernements de 145 états, le monde de la finance, les associations et les citoyens s’engagent à plus de responsabilité environnementale dans la conduite des affaires monde. Le texte de Paris, compte tenu des forces en présence, est sans doute le meilleur possible. C’est un  texte «scientifiquement insuffisant mais politiquement historique ̎, tel que le définit un spécialiste du droit de l’environnement.

L’accord en six  points clés.    
Le texte de 39 pages  conserve des éléments âprement négociés, tels que le maintien de la hausse moyenne de la température «nettement en dessous de 2°C» par rapport aux niveaux préindustriels, assorti de la référence à 1,5°C, un article dédié aux pertes et dommages et la révision quinquennale des contributions des Etats. Six points clés se détachent du texte et serviront de bases aux initiatives à venir :
 Ambition des Parties: Le texte prévoit de «contenir« la hausse moyenne de la température du Globe «nettement en dessous de 2°C« par rapport aux niveaux préindustriels et  ajoute qu’il faut «poursuivre l’action menée» pour limiter la hausse à 1,5°C, «étant entendu que cela réduirait sensiblement les risques et les effets des changements climatiques«. Cet objectif doit être atteint «conformément à l’équité et au principe des responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives, eu égard aux contextes nationaux différents».   
Sur l’atténuation : Le pic mondial des émissions de GES doit être atteint «dans les meilleurs délais» et elles devront ensuite décliner «de façon à parvenir à un équilibre entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre au cours de la deuxième moitié du siècle«.  
Engagements : Le texte prévoit que les Etats remettent des  sur une base quinquennale. Ces engagements devront «consacrer une progression« et « doivent correspondent à leur niveau d’ambition le plus élevé possible«, tout en respectant les principes des responsabilités communes mais différenciées et les capacités respectives des Etats.  
Sur le Financement : L’accord différencie les obligations des pays riches de l’aide volontaire apportée par les pays en développement. Il stipule que les pays développés doivent apporter des ressources financières (publiques et/ou privées) pour
-    soutenir les mesures d’atténuation et d’adaptation des pays en développement.
-    Fournir des «informations à caractère indicatif« sur la quantité et la nature des fonds disponibles pour assurer la prédictibilité, la transparence et la cohérence« sur le volet public du financement.  
La convention prévoit de définir un nouvel objectif applicable à partir de 2025. Ce nouveau montant doit être supérieur au «plancher de 100 milliards de dollars«, et  « devrait viser à parvenir à un équilibre entre l’adaptation et l’atténuation, en tenant compte des stratégies impulsées par les pays et des priorités et besoins des pays en développement, notamment de ceux qui sont particulièrement vulnérables«. Enfin, le Mécanisme financier de la convention-cadre devra permettre «l’accès effectif aux ressources financières par le biais de procédures d’approbation simplifiées«.
Sur l’Adaptation. Alors que l’adaptation était jusqu’à maintenant considérée comme un enjeu local, le texte valide un «« de renforcement des capacités d’adaptation et de la résilience et de réduction de la vulnérabilité. Les impacts subis par les pays en développement sont au cœur du dispositif et dépendent «de l’appui et de la coopération internationale«.                                                                                                                   
Concernant les Pertes et dommages : L’accord reconnait ces pertes, mais celles-ci «ne peuvent donner lieu ni servir de fondement à aucune responsabilité ni indemnisation«. Le Mécanisme international de Varsovie (MIV) sur le transfert de technologie,   est chargé de mettre en œuvre ces dispositions.
C’est sur ce succès politique que doit désormais se bâtir un monde plus résilient aux effets du changement climatique, et plus solidaire. Il reste à se demander ce que feront les forces en présence à Paris,   les acteurs économiques, financiers, les intellectuels et homme de culture, pour amorcer les transformations qu’appelle cet accord ; en particuliers les pays africains, les plus impactés par les conséquences du changement climatiques.

Les énergies renouvelables en vedette
Les négociations de Paris 2015 sur le climat ont mis l’énergie, les énergies renouvelables (EnRs) en particulier au centre des discussions, parce que ces dernières sont sensé réaliser une pas décisif dans la voie de la révolution Copernicienne qu’impose désormais l’agenda climatique post 2020 : concilier une croissance soutenue de l’économie mondiale avec les exigences d’une trajectoire de développement bas carbone pour la planète. Croissance et trajectoire de développement sobre en carbone constituent un enjeu de taille pour  l’Afrique, enjeu bien perçue par le Président de la République Macky Sall qui,  a l’occasion du sommet a délivré un message de haute portée politique :
 « Le Sénégal convient que tous les pays, grands ou petits émetteurs de gaz à effet de serre,  doivent, chacun, contribuer à restreindre les modes de production non viables, notamment les sources d’énergies plus polluantes, mais moins coûteuses.  Mais pour nous, pays en développement, renoncer à ces sources, signifie des pertes de compétitivité qui amplifient notre retard sur le processus d’industrialisation et de développement. ….. C’est le sens même des mesures d’accompagnement au titre du transfert des technologies écologiquement rationnelles et du Fonds  vert. Ces mesures, faut-il le rappeler, ne relèvent pas de l’aide, mais d’une juste compensation. L’accès à l’énergie à des coûts compétitifs, est pour nous une question vitale…..».
Cette interpellation faite par le Président de la République aux chefs d’états et de gouvernements présents au sommet de Paris revêt à nos yeux tout son sens, quand on sait que les énergies renouvelables continuent leurs révolutions, malheureusement à l’exclusion de l’Afrique qui pourtant, reste par excellence le continent de la pauvreté énergétique, voir de la pauvreté tout court. Les besoins en énergie de l’Afrique sont effet très importants, l’Agence Internationale de l’Energie estimant que des investissements de plus de 60 milliards d’USD/an seraient nécessaires jusqu’en 2040, pour combler les déficits en infrastructure énergétique et suivre le rythme de la demande qui augmente rapidement.  Les défaillances du secteur de l’énergie impacte déjà très lourdement nos efforts de développement.  
En milieu rural, le taux d’accès à l’électricité se situe à 8 % seulement pour l’Afrique subsaharienne, contre une moyenne mondiale de 44 % ;   la consommation d’énergie électrique per capita y reste très faible ; elle est de l’ordre de 500 kWh/an, contre une moyenne mondiale de 2.500 kWh ; l’écart de consommation d’énergie électrique entre un américain du Nord et un habitant du sahel est dans un rapport de 1 à 30.  Paradoxalement, le continent africain est généralement considéré comme riche en ressources énergétiques diversifiés, particulièrement en ressources énergétiques renouvelables.  

Le signal-Prix des marchés
Le solaire photovoltaïque est aujourd’hui la technologie de production d’électricité qui connaît le plus fort développement dans le monde, avec une capacité de production mondiale du solaire PV qui a atteint l’étape clé des 100 GW en 2012 (1 GW= 1000 MW).
Pour la seule année 2013, plus de 38,4 GW de puissance additionnelle photovoltaïque ont été installés dans le monde, contre 30 GW en 2012, alors que la puissance totale cumulée a atteint 138,9 GWc à la fin 2013, avec une production d’environ 160 TWh d’électricité par an, équivalant à la production de 32 grandes centrales au charbon. Cette puissance cumulée est passée à 177  GWc en 2014 selon le rapport PVPS « A Snapshot of Global PV (1992-2014) » publié au premier trimestre 2015.  
L’exemple de la France, pourtant loin des champions que sont l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne en la matière, illustre les formidables bonds réalisés par cette technologie : En fin septembre 2013, la puissance totale des centrales solaires raccordées au réseau en France a atteint 4478 MWc, avec une production totale de 4446 GWh, et 17 980 emplois créés dans la filière.  
L’Allemagne se positionne comme  premier producteur d’électricité solaire au  monde.  En 2012, la production a  augmenté de 44,8% et est passée de 8,7 TWh à 28 TWh, notamment grâce à la diminution des prix et à la réduction des tarifs d’achats. L’Allemagne produit aujourd’hui 46 TWh d’énergie éolienne, avec  4,75 GW d’éoliennes au sol   installés en 2014. Cette croissance phénoménale découle notamment du  German Energy Concept, adopté en 2010 pour promouvoir les EnRs et une volonté allemande de sortir du nucléaire en 2022. Pour rappel, la   production nette de Senelec a été de 2166,75 GWh en 2012, pour atteindre 2587,24 GWh en 2013 (Cf. rapport CRSE 2011-2013) ;
 Le Sénégal ne dispose certes pas des moyens technologiques et financiers de la France, encore moins de l’Allemagne, mais il est remarquable de noter que le parc solaire hexagonal a produit le double de notre production nationale, pour un ensoleillement trois fois moindre !!!!!
 Un autre signal des marchés concerne le coût de production de l’électricité photovoltaïque qui poursuit une courbe d’apprentissage particulièrement rapide : il est aujourd’hui sans commune mesure avec ce qu’il était il y a encore quelques années, au point de se situer désormais à un niveau proche du prix de l’électricité distribuée. Ainsi, lors de ces 30 dernières années, le prix des modules a diminué d’environ 20 % à chaque doublement de la production cumulée de celles-ci.  Aujourd’hui, pour les grandes centrales sur un site à  rendement élevé, le LCOE (coûts moyens actualisés) s’affiche 0,1€/KWh d’électricité produit, ramenant les coûts de production en moyenne à 66FCFA/KWh pour les projets les plus performantes en cours. Les experts de l’EPIA  estime que la compétitivité du solaire photovoltaïque (parité réseau) sera atteinte entre 2013 et 2020, selon les segments de marché. Mais dores et déjà 20 pays dans le monde ont dépassé  la fatidique puissance 1GWc  installé, alors  qu’au  total, 19  autres sont aujourd’hui en mesure de couvrir 1% de leur demande par de l’électricité d’origine solaire (Cf. Snapshot of Global PV Markets, Report IEA PVPS  2015).   
Ces exemples attestent de l’avènement de l’âge industriel des énergies renouvelables à grande échelle, mettant à nu tous ces arguments relatifs à l’intermittence, ou coûts prohibitifs d’accès de celles-ci. En réalité, les barrières à l’exploitation et à la rentabilisation des énergies renouvelables dans nos pays tiennent à des facteurs certes financiers (de moins en moins justifiés) mais surtout techniques, notamment le  pilotage de la production d’origine renouvelable dans le mix énergétique et  la maîtrise des réseaux électriques.

 C’est Maintenant, Il nous faut prendre le virage !!!!!
Ces signaux verts des marché ainsi que les contraintes relatives au nouvel agenda climatique    ont été consacrés lors de la COP de Paris par des initiatives mettant l’Afrique au cœur des préoccupations, particulièrement lors de la journée du 07 Décembre 2015,  consacrée à l’énergie dans le cadre du Programme d’Actions Paris-Lima (LPAA), mené en parallèle des négociations climatiques.                                                                                                                                                   
Lancée au Sommet pour le climat à New York en 2014 avec la participation de 13 grandes entreprises,   l’initiative  visant 50 % d’actifs dédiés aux énergies renouvelables regroupe désormais 53 entreprises. Parmi les dernières à s’être engagées, Google, qui détient 12,5% de la centrale éolienne du lac Turkana au Kenya, mais aussi le groupe BMW, et Coca-Cola Entreprises.                                                                                                                                         
Autre initiative menée avec le secteur privé : Quelque 775 entreprises se sont engagées à renforcer l’investissement et les mesures en faveur de l’efficacité énergétique.   Par ailleurs, dans le cadre de SE4ALL (sustainable Energy for All), plus de 70 pays ont accepté de renoncer aux ampoules à incandescence et de promouvoir l’utilisation de technologies d’éclairage plus efficientes telles que les LED.          
De même, 60 pays ont adhéré à l’Initiative mondiale pour les économies de carburant (GFEI), dont l’objectif est de réduire de moitié la consommation moyenne d’ici 2050, alors que Dix huit (18) pays se sont engagés à adopter des politiques ambitieuses en matière d’efficacité des appareils électriques (climatisation, réfrigérateurs, etc.).   
 Du côté des financements, plusieurs engagements ont également été annoncés lors de cette journée.
-    Plus de 100 banques et un groupe de 39 investisseurs, gérant près de 4 000 milliards de dollars d’actifs, se sont engagés à augmenter fortement la proportion des prêts destinés à l’efficacité énergétique dans leurs portefeuilles. L’initiative est menée par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE),
-    Une «Place de Marché» des énergies renouvelables a également été inaugurée par l’Irena, l’Agence internationale des énergies renouvelables, pour mettre en relation les projets avec les investisseurs en s’attaquant d’abord à l’Afrique et à l’Amérique latine. La plateforme devrait accueillir 100 projets d’ici début 2016 et mobiliser 10 milliards de dollars de financements sur les trois prochaines années
-     Enfin, un nouveau fonds coopératif public/privé baptisé «ElectriFI» a été lancé avec un financement initial de 75 millions d’euros par la Commission européenne.
Pour la première fois, les enjeux liés au changement climatique sont pris au sérieux par l’ensemble des États, y compris les plus importants émetteurs de gaz à effet de serre, comme la Chine ou les États-Unis. La mobilisation volontariste du secteur privé,  les engagements et  initiatives pris par les pays industrialisés en attestent suffisamment :
-    l’Initiative de la France  pour l’électrification en Afrique,
-    Africa Renewable Energy Initiative (AREI), lancé par l’union Européenne, le G7 et la Suisse, avec un fond 10 milliards de dollars
-    l’initiative «Energy Africa», avec la  Grande Bretagne,
-    L’initiative « Power Africa » de Barack Obama,
-    « Sustainable Energy for All », une initiative Onusienne, dont le leadership est assuré par Kofi Anan
-    « Akon ligthing Africa » de l’artiste Akon,
-    La plateforme  de « crowdfunding » (fonds participatifs) lancée par le groupe Total et Babyloan                                                                                                                             
Autant d’initiatives qui traduisent de bonnes intentions qui devraient à terme, aboutir à réduire drastiquement voir éliminer le gap énergétique qui plombe le développement du continent. A condition que l’Afrique, le secteur privé particulièrement s’adapte à ce nouveau contexte plus que jamais favorable.   Ce  «Scaling-up », ou mise à niveau  implique :
-    L’anticipation, au plan juridique et réglementaire des implications contraignantes de l’accord, avant 2020.
-    La définition et la mise en œuvre de politiques de transition énergétique, avec identification des barrières techniques, financières et institutionnelles ;
-    Une transformation du paysage financier et bancaire dans nos états, avec la création de nouveaux actifs pour accompagner cette transition.
-    L’implication des Banques centrales et des organismes monétaires et économique  sous régionaux dans ce processus (directives).
-    La mise à niveau du monde l’entreprise, notamment à travers la RSE et la HSE pour des productions et des consommations écologiquement soutenables.
-    Le toilettage et l’adaptation des cadres législatifs et réglementaires relatifs aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique.  
-    La mise à niveau des réseaux électriques, condition nécessaire à une production massive d’énergie d’origine renouvelable et à son intégration dans le Mix.
-    La mise en œuvre effective de l’autoproduction d’énergie par les ménages et les entreprises, afin de doper le marché
-    La montée  en puissance des pouvoirs locaux dans la gouvernance énergétique, y compris au plan financier
Si l’Accord de Paris s’adresse prioritairement aux États, ce dernier deviendra  à partir de 2020  juridiquement contraignant pour l’ensemble des organisations privées comme publiques, dès sa ratification par la majorité des pays.  Dés lors, nos parlementaires,  Conseillers  Economiques,   et Environnementaux, les élus locaux doivent dès à présent, engager le travail d’adaptation de l’ensemble des textes législatifs et réglementaires aux exigences de l’accord. Le monde académique, comme celui des arts ont un rôle fondamental à jouer dans cette transformation sociétale annoncée.

Par Dr. Boubacar Mbodji *

* Expert Energie
-Environnement
Conseiller Spécial,
Présidence de la république



Je n’ai pas su taire mon indignation quand je vois certains politiciens à la petite semelle théâtraliser les affaires de l’Etat par leurs sorties médiatiques fielleuses et insipides. Depuis l'élection du président Macky Sall, tous ceux de sa génération affichent leur désir d’être à la tête du Pays. C’est leur droit le plus absolu, le plus légitime mais ont-ils tous le profil requis pour gérer ne serait-ce qu'une petite localité ? Ensuite un leadership local permet-il de prétendre immédiatement à la magistrature suprême ?  L’arène politique renvoie un peu à l’arène de lutte où pour affronter celui qui trône au sommet il faut d’abord passer par les petites catégories, faire ses preuves et asseoir une réputation. Autrement dit pour se retrouver au faîte d’un arbre, il faut d’abord passer par le tronc. Les échecs répétés des candidats indépendants à l’élection présidentielle le prouvent. Au-delà même des considérations éthiques, juridiques, intellectuelles liées aux exigences de la fonction présidentielle, derrière l’abondante glose politicienne qui s’essouffle dans de laborieux justificatifs, ces messieurs présomptueux et pressés sont-ils assez étoffés pour prétendre à la magistrature suprême ? En tant que croyants, nous savons que la destinée des hommes est fixée d’avance sans ambiguïté par l’horloge infaillible du bon Dieu qui est le seul décideur. Des esprits cartésiens chagrins pourraient cependant en ricaner. Mais faut-il rappeler à ces esprits forts que « l’essentiel est invisible aux yeux » comme le disait Antoine de Saint-Exupéry.
Au Sénégal, des « professionnels de la politique » usent et abusent à outrance de toutes les opportunités qu’offre notre système démocratique pour avec témérité afficher au mépris de certaines conventions sociales, et de l'évidence même, des ambitions démesurées.
Or, la fonction présidentielle exige des qualités morales, un niveau de formation  avérée, une ouverture d’esprit, une culture, un parcours. En somme un homme qui a occupé plusieurs postes à des niveaux très élevés de responsabilité et capable de convaincre et d’édifier son monde sur la politique économique et sociale qu’il devra mettre en œuvre. En plus Macky Sall possède cet avantage indéfinissable qu'on appelle le charisme.
Il ne suffit pas donc de vouloir le pouvoir pour se le voir confier par notre peuple politiquement mûr et qui sait séparer le bon grain de l'ivraie. Mais il faut avoir un véritable programme décliné en phases applicables dans le temps, une vision prospective de l'avenir de notre pays et une ambition inaltérable pour le hisser au niveau des nations modernes. Et c'est parce que Macky Sall incarnait tout cela que le peuple sénégalais lui a confié son destin pour un mandat en 2012 en attendant de lui renouveler sa confiance pour un autre bail à la tête de l'Etat car nous ne doutons pas que son bilan le lui permettra. Le Président Macky Sall n'est pas resté dans son salon en misant seulement sur la sympathie qu'il suscitait auprès des Sénégalais à cause des multiples injustices qu'il subissait du régime à l'époque où il était opposant. Après avoir été maire de Fatick,  Dg de Petrosen, Ministre de l’Energie, Ministre de l’Intérieur, Premier Ministre, Président de l’Assemblée Nationale, le tout enrichi par sa position de Directeur de campagne du candidat Wade qu’il a fait élire aux présidentielles de 2007, il a parcouru le pays en usant ses semelles sur les pistes sinueuses. Il a sillonné les rues, les ruelles ensablées et parfois sous un soleil implacable pour porter la bonne parole dont l’écho distille les mots et leur portée dans les faubourgs jusqu’aux hameaux paysans les plus reculés du Sénégal.  Et c'est à partir de cette expérience et de cette réalité du terrain recueillie au contact des populations qu'il a confectionné le Yonu Yokute intelligemment fondu dans ce programme réaliste que ses opposants d'aujourd'hui essaient vainement de démonter faute d'idées et d'arguments convaincants.
Le Plan Sénégal émergent (Pse),  qui constitue sa feuille de route d'ici 2035 pour faire émerger notre pays est véritablement le premier plan de développement qui essaie de faire une projection sur une génération. En  cela il comble une lacune qui est courante en Afrique: le manque de prospective. Nos partenaires au développement que l'on ne peut suspecter d'indulgence ont reconnu cette qualité au Pse et se sont engagés à accompagner le président Sall pour sa réalisation. C'est à ce combat économique que ce dernier appelle tous les patriotes sénégalais car c'est ce que le peuple attend de nous et non les querelles d'ivrogne auxquelles certains responsables politiques s'adonnent à longueur de journée espérant  enfumer le peuple. Comme l'a si  bien illustré lors du dernier Gamou, Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine avec l'allégorie de "l'homme qui grimpe", le président Macky Sall ne se laissera jamais divertir par le grésillement assourdissant et ennuyeux de ces grillons car le travail qu’il accomplit lui interdit d’écouter le grenouillage inutile et parfois puéril de certains opposants. Tous ceux qui sont de bonne foi ont vu que le pays est couvert de chantiers dont certains sont d'ailleurs achevés (routes, ponts, électrification, postes de santé...). Pour accélérer la remise à niveau de l'intérieur du pays en équipements afin de réduire les inégalités, le Programme d’urgence de développement communautaire ( Pudc) doté d’une enveloppe de 113 milliards de FCfa  été lancé en juillet 2015 par le président Macky Sall et a déjà à son actif plusieurs centaines de kilomètres de routes bitumées, de pistes rurales et une soixantaine de forages…
Au point de vue diplomatique, l’année 2015 a confirmé la vitalité de la diplomatie sénégalaise incarnée par le chef de l’Etat, le Président Macky Sall. Méthodique, rigoureux dans la défense des intérêts et respectueux de ses pairs, a fait rayonner davantage la position et l’image de notre pays à travers le monde.
C’est ainsi que le Sénégal a été porté à la tête de grandes institutions internationales : Francophonie, Uemoa, Cedeao, Nepad et récemment membre non permanent du Conseil de Sécurité de l’Onu.
Dans le même élan notre démocratie a été modernisée, stabilisée et consolidée en la mettant à l’abri des errements d’un passé récent marqué sinistrement par quinze (15) révisions constitutionnelles non consensuelles en sept (07) ans à des fins de dévolution monarchique. Aujourd’hui le cadre institutionnel a été renforcé par une amélioration de la gouvernance des affaires publiques avec :
-    Le code de transparence dans la gestion des finances publiques
-    La mise en place de l’office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac)
-    La territorialisation des politiques publiques à travers l’acte III de la décentralisation
-    La déclaration de patrimoine
-    La réforme de l’organisation judiciaire visant à rapprocher la Justice du justiciable
Bref, le Sénégal est en train de subir en profondeur des changements positifs et le taux de croissance de 6,4% atteint en 2015 nous permet d’être optimistes. Et les fruits porteront la promesse de fleurs de manière éclatante pendant le second mandat que demande le président Macky Sall au peuple sénégalais. N’est-ce pas ? A suivre…

* Membre du Secrétariat Exécutif National APR

Par Diène Farba SARR *


A chaque campagne électorale, les choix politiques sont brouillés par l’utilisation massive de moyens financiers et matériels. La tyrannie de l’argent fait la décision au détriment du débat d’idées ou de l’affirmation des convictions profondes. Ainsi, les méthodes clientélistes pour se faire élire encouragent un processus de marchandisation de l’électeur.  
On ne saurait plus voir plus triste signe d’un système démocratique devenu trop mercantiliste, immoral et faussé d’avance dans ses modalités par l’absence d’égalité entre les candidats. Cela n’est pas sain car loin de protéger la démocratie, il tend à l’affaiblir.
Face à l’impact des moyens financiers prenant des dimensions démesurées, il est urgent de moraliser la vie politique. Pour la transparence dans le financement des partis politiques, l’origine des fonds et les modalités des dépenses, l’opinion sénégalaise manifeste un niveau d’exigence. Elle ne peut concevoir que des fonds acquis par des pratiques illégales ou par des moyens de la corruption puissent servir au financement de campagnes électorales.
Sous réserve de ce que démontrera l’instruction judiciaire, l’affaire DIACK nous interpelle furieusement.
Il convient d’envisager d’une part le financement des partis politiques et d’autre part le contrôle des dépenses de campagne électorale.
Il est à rappeler que la question du financement des partis politiques est récurrente. En effet, le professeur El hadji M. BODJI avait déjà commis un Rapport au président de la République en 1999 et à l’initiative de quelques députés, le Forum civil a préconisé, par la suite, des pistes de réflexion.  Toutes ces études contribuent à la progression dans la moralisation de la vie politique.
Le Sénégal, avec ses 14 régions, ses 3 patronats et ses 200 partis politiques, demeure un pays de paradoxe.
Aujourd’hui, il faut rationaliser le nombre de partis sans porter atteinte à leur liberté de se former et d’exercer leurs activités. Les organes de contrôle et les tribunaux ne sauraient, toutefois, être limités par ce dispositif constitutionnel. Ils ont la faculté de vérifier à tout moment si tous ces partis répondent stricto sensu aux dispositions constitutionnelles et légales en vigueur : la tenue de statuts à jour, le dépôt régulier de leur compte financier voire le non recours à toute référence à caractère religieux.
De nouvelles conditions tenant à leur existence restent à définir ou du moins à réaffirmer, avec force : tout parti doit avoir un siège social, un assistant ou une assistante, disposer d’un dépôt de garantie bancaire, tenir régulièrement son congrès et se présenter aux élections.
En tout état de cause, il apparaît inutile de lutter contre la prolifération des formations politiques si l’exercice de courants de pensée n’est nullement toléré au sein de chaque parti.
Cela n’a pourtant  rien d’un psychodrame dans la mesure où une démocratie se nourrit de contradiction.
Concernant les candidatures indépendantes, nous devons les reconnaître de façon définitive. Le plus souvent, elles ont le mérite d’occuper le terrain laissé en jachère par les politiques pour des raisons relevant d’un traditionalisme électoraliste.
Les coalitions de partis dans leur organisation et fonctionnement posent de nombreuses interrogations. Elles ne possèdent jusqu’à ce jour de statuts ni de personnalité juridique. Elles sont donc privées de la capacité d’ester en justice.   
Les finances des groupes politiques constitués au sein de l’assemblée nationale et les indemnités de frais de mandat des députés ne doivent pas rester en dehors des radars
En plus de l’aide publique, les partis peuvent recevoir des dons de personnes physiques (dans la limite de 7.500 E en France), des cotisations et des legs. Les personnes morales (les entreprises) ne doivent pas être autorisées à verser le moindre don ou avantage en nature aux partis politiques. La question de la transhumance ne peut être occultée. Est-il acceptable que des gens, sans conviction républicaine, enclins aux reniements créent des partis pour bénéficier éventuellement de l’argent public ? Cela pose un problème moral et éthique. Depuis longtemps, nous savons que, par leurs postures et leurs artifices, les transhumants ouvrent la voie au populisme, contribuent à l’absence de civisme, à l’abstention électorale et favorisent la fin de la bipolarisation politique.
L’interdiction de financements étrangers aux partis doit être maintenue et renforcée. Il s’agit, avant tout, de préserver le fondement vertueux de la République et le caractère sérieux de sa démocratie.
Par ailleurs, il serait souhaitable de mieux définir ce que sont les dépenses électorales susceptibles d’être remboursées par l’Etat. Est-ce que les dépenses personnelles d’un candidat ou les objets promotionnels participent au débat politique et peuvent figurer dans les dépenses prises en charge par les derniers publics ?
Que dire des dépenses de communication facturées par de grands cabinets de communicants  majoritairement de droit étranger ?  
 Autre sujet, les dépenses engagées en cas de primaires. Entrent-elles dans le compte des campagnes ?
Il faut aussi traiter les dépenses d’un président de la République en exercice avant sa déclaration officielle de candidature à un nouveau mandat dès lors qu’elles présentent un caractère  électoral ?
Par ailleurs, on ne peut manquer de souligner cette exception sénégalaise visant l’article 38 de la Constitution permettant au président de la République d’être en même temps chef de parti tout en incarnant l’unité nationale. Ce système en encourageant inéluctablement l’instauration d’un Etat-parti (ou parti-Etat) alors qu’il s’agit de restituer l’Etat à la République risque de compliquer la question des comptes de campagne.   
Nous suggérons de raccourcir le temps légal d’une campagne et d’avancer la date limite d’enregistrement des candidatures, ce qui permettrait de réduire la période d’incertitude et renverrait à la période préélectorale.
Pour que les comptes des partis ne restent plus obscurs, le contrôle pourrait être soumis à la Cour des comptes. Ou bien créer une Commission nationale des financements politiques et de contrôle des comptes de campagne.
La mission de la Commission serait de contrôler le financement des partis politiques et leurs dépenses de campagne électorale. Elle aura comme prérogatives de s’assurer que ce contrôle a été bien effectué et qu’elle a bien reçu, à temps, l’exercice des comptes certifiés pour arrêter le montant du remboursement des partis.
Ainsi les budgets de campagne doivent-ils être publiés de manière détaillée et la limitation des dépenses électorales pour un montant global des crédits inscrite dans une loi de finances.
Il est indispensable, pour que le contrôle soit plus efficace, que la Commission ait accès en même temps aux comptes de campagne du candidat et à la comptabilité du parti qui le soutient afin  de pouvoir les comparer et vérifier les dépenses refacturées au candidat.
Inévitablement, la Commission doit renforcer les dispositifs internes aux partis notamment la surveillance des comptes.  
En cas de manquement, le parti perd l’accès à l’aide publique et la Commission peut transmettre au procureur de la République compétent tout dossier pour lequel des irrégularités auraient été relevées
Le Sénégal doit progresser dans la moralisation de la vie politique. Il appartient alors à l’Etat d’intervenir dans le financement des partis et des campagnes électorales et que, de ce fait l’égalité de tous les Sénégalais dans ce domaine est mieux assuré et les financements illicites, avec les risques pénaux qui en découlent, certainement limités
Ce pays qui a réalisé le multipartisme intégral sans effusion de sang ni conférence nationale, banalisé les alternances politiques et aujourd’hui, engagé dans la voie de la bonne gouvernance est capable de réussir ce combat des démocraties modernes.
Il lui reste une fois encore à démontrer à la face du monde qu’il fait école et exception en Afrique.  

* Avocat au Barreau de Paris
Docteur en droit
Responsable des Cadres Afp-France

Par Mamadou DIALLO *


En Afrique  comme sous tous les cieux du suffrage universel, certains discours faits pour charmer l’électorat sont considérés comme du «autant en emporte le vent». L’on dit même qu’une campagne sans démagogie, c’est comme du pain sans levain. A travers le monde, aux niveaux local et national de la compétition électorale, des candidats ont eu à faire des promesses qu’ils n’ont jamais honorées après leur accès au pouvoir. C’est plutôt par des chimères, des illusions et des éléphants blancs que des politiciens abusent des populations. Pour eux, la politique sert à agiter le peuple avant de l’exploiter. Ainsi, selon Georges Clémenceau; «on ne ment  jamais  tant qu’avant  les élections, pendant la guerre et après la chasse». L’on dirait même que partout, les palinodies des hommes politiques sont acceptées comme partie intégrante de leur statut. L’exemple de Winston Churchill est là, édifiant : Conservateur accusé de vouloir changer de camp, il répond : «je suis tory et tory je resterai». Moins de 40 jours plus tard, précisément en octobre 1903, il déclare : «je suis un libéral ; je déteste le parti  tory,  ses  hommes,  son  discours, ses  méthodes…».  Ostracisé  par  ses anciens camarades, il leur lance : «certains changent de convictions pour l’amour de leur parti, moi je change de parti pour l’amour  de mes convictions».
Sur un autre registre, rappelons que le citoyen de l’Ohio, Thomas Edisson avait annoncé qu’il rendrait l’électricité «si bon marché que seuls les riches  pourraient se payer le luxe d’utiliser des bougies».  Cela était un vœu non réalisé d’un inventeur. Le Coran nous interdit de se proposer une chose sans la lier à la volonté de Dieu, par la formule In Chaa Allah, formule sans laquelle, un vœu risque de ne pas se réaliser.
Revenons à la politique pour noter que chez nous, en 2012, le candidat Macky Sall avait dit qu’il réduirait le mandat présidentiel de 7 ans constitutionnels à 5 ans. Le leader le l’Apr étant élu au 2e tour avec une large majorité de 65% ; des voix n’ont pas tardé à s’élever pour demander au président Sall de mutiler sa magistrature de 24 mois. Face à ceux-là, d’autres citoyens soutiennent qu’une parole liée à la pêche de bulletins de vote d’un candidat ne saurait avoir force d’abrogation d’une disposition de la Loi fondamentale de la République. Cette Loi à la fidélité de laquelle, le chef de l’Etat a solennellement prêté serment devant Dieu et devant le peuple sénégalais. Cette opinion anti-réduction, souligne que si le candidat Sall avait dit «qu’il porterait le mandat à 10 ans, personne, après son élection ne lui aurait demandé de promouvoir la durée décennale. Par conséquent, le slogan Touche pas à ma Constitution devrait concerner deux sens : «Ne point augmenter  / Ne point réduire».
Nous voilà donc devant une thèse et son antithèse avec obligation de leur trouver une synthèse.
La thèse :
Une promesse est une dette
L’antithèse :
La promesse  de la chenille  
n’engage pas le papillon.
Potaches, à vos plumes, politiques à vos pensées. En tous cas, la solution ne se trouve ni dans la violence verbale, ni dans le dogmatisme. La seule Vérité étant celle de Dieu, les dogmes portent la marque de l’infirmité des hommes.
Mao Zédong a jugé «la bouse de vache plus utile que les dogmes, car on peut en faire de l’engrais».
Ceux qui sont pour le quinquennat invoquent la morale pour conférer un caractère sacré à la parole donnée. Quant à nos compatriotes qui plaident pour le septennat, outre l’argumentaire Constitutionnel, ils font remarquer que le quinquennat ne convient pas aux pays africains largement tributaires de l’assistance bilatérale ou multilatérale pour réaliser leurs grands projets de développement. Or, à leurs yeux, de l’idée d’un grand projet à l’ouverture de son chantier, en passant par les études, les paramètres de faisabilité et son financement, il faut au moins 5 ans. L’on avance d’autres raisons en faveur de la fonction septennale, notamment le coût onéreux d’un scrutin référendaire auquel s’ajouterait celui de deux élections législative et présidentielle. S’agissant de la voie parlementaire, elle serait un viol de la Constitution, d’après les propos du professeur et célèbre constitutionnaliste Babacar Guèye, propos rapportés par le quotidien l’Enquête n°1343 du jeudi 10 décembre 2015, P.3.
En tous cas, la révision de la Constitution par l’Assemblée nationale semble exclue pour une grande frange de la classe politique qui la juge moins démocratique que la consultation directe du peuple. L’on pourrait soupçonner, dans cette position, la crainte de voir la majorité du Parlement rejeter la révision. En effet, l’Apr qui constitue l’ossature de la dite majorité, ne cache pas son opposition à la réduction du mandat présidentiel.
Le Professeur Madior Diouf, Secrétaire général du Rassemblement national démocratique (Rnd) soutient que «les 7 ans s’imposent». Il appelle le président Macky Sall «à respecter la Constitution en faisant 7 ans avant de faire réduire le mandat à 5 ans». (voir le quotidien Le Populaire n°4810 du mercredi 09 décembre 2015, page 3).
Le débat d’idées vivifie la démocratie, tandis que la polémique, par définition stérile, lui est corrosive.
Réduction ou pas. Quelle solution ? Un responsable Apr contacté, nous a livré la déclaration suivante :
« Ceux qui cherchent à faire pression sur le président de la République, se trompent d’adresse. Le candidat Macky était sincère dans son propos de campagne, mais faut- il que son vœu soit conforme aux dispositions de la Loi.
Dans son adresse à la Nation à l’occasion du nouvel an, le chef de l’Etat s’est prononcé sur la question. Selon plusieurs observateurs, le président Sall «attaché au devoir de vertus, est tiraillé entre l’esthétique de l’éthique et la force souveraine de la Loi qui personnifie la volonté populaire. Or, dura lex, sed lex, la loi est dure mais c’est la loi».
Outre les vrais constitutionnalistes dont les vues sur le sujet sont contradictoires, des « experts » de tout poil squattant les studios de l’audiovisuel et les rédactions des tabloïds, y vont péremptoirement de leur « spécialité ». Il est temps que ses gens presque analphabètes, cessent leurs nuisances médiatiques. A chacun son métier et les vaches seront bien gardées.
Le vrai débat public doit se poursuivre en toute sérénité et en toute objectivité. Malheureusement, certains n’hésitent pas à prendre des libertés avec cet impératif démocratique. C’est ainsi que «leaders» de machins qui n’existent que de nom et «experts» autoproclamés se mettent à distribuer des «mises en garde» ou à exiger que leurs vues prévalent sans frais sur celles des autres. Au demeurant, qui sont ces «shérifs?» De qui tiennent-ils leur légitimité ? Avouons que l’abus de la liberté d’expression porte des germes liberticides du droit d’opinion. La démocratie n’est ni un jeu d’apparences trompeuses, ni une foire de déclamations mythomanes ou une partie d’attaques ad hominem. Si toute opinion peut être respectable, ce ne sont pas tous les discours qui sont acceptables. En tout cas, dans un échange de jets, les protagonistes ont intérêt à choisir des cailloux de petite taille.

Par Ahmed Bachir Kounta *

* Journaliste


Le débat stérile que suscite l’affaire Lamine DIACK, à côté de celui de la réduction du mandat du président, m’amène à m’interroger sur l’agenda d’une certaine opposition, qui visiblement, n’a absolument rien à voir avec celui du président de la République et de son gouvernement. Pendant que les reliques d’une opposition moribonde, constitué d’usurpateurs de formation politique (suivez mon regard), d’un président imaginaire qui risque, s’il n’y prend garde, de ne jamais avoir l’honneur de s’adresser solennellement aux sénégalais un soir du 03 avril ou du 31 décembre, mais également des restes du parti « dolécratique » sénégalais - il s’agit bien de restes, après les défections justifiées et courageusesbde Madame Aminata TALL, de Messieurs Serigne Diop, Pape Diop, Moustapha DIAKHATE, Abdoulaye BALDE, Thierno LO, Serigne Mbacké NDIAYE, Souleymane Ndéné NDIAYE, la mise à l’écart de l’actuel président de la République au profit du fils et l’exclusion récente de Modou DIAGNE Fada (le téméraire) à cause du même fils, pendant que les reliques de cette opposition moribonde dis-je, font dans l’agitation médiatique et dans l’invective, le président Macky SALL déroule tranquillement, avec la lucidité et l’humilité qu’on lui connaît, son agenda pour satisfaire la forte demande sociale héritée essentiellement de son prédécesseur.
Je me garderai de m’engager dans une énumération, forcément incomplète, des belles et nombreuses réalisations du président Macky SALL ou dans une analyse de la dimension de l’homme. Des livres entiers, avec une éloquence rare, ont été produits à cet effet. Merci à Messieurs Alioune FALL et Abdoulatif COULIBALY pour l’exercice. J’en laisse plutôt le soin aux populations de Thiaroye, Mbao, Keur Massar, Rufisque, Bargny et les voyageurs interurbains qui empruntent tous les jours les tronçons Poste Thiaroye-Croisement Keur Massar.
J’en laisse le soin aux fidèles, bénéficiaires de l’ambitieux programme de modernisation des Cités religieuses, aux populations qui longent le chantier pharaonique de l’autoroute ILA Touba, le plus important que le Sénégal ait jamais engagé, en attendant celui du chemin de fer Dakar-Kidira et du Train Express Dakar –Aéroport International Blaise Diagne.
J’en laisse le soin aux populations de Tivaouane et fidèles Tidianes qui, par la voix du Guide Serigne Abdoul AizizSy, ont dit Jerejeuf, Jerejeuf, Jerejeuf (trois fois de suite) au président, aux disciples du Mahdi Seydina Limamou Laye à Cambèrene, aux disciples de Baye Niasse à Kaolack, à la Communauté catholique de Fatick, aux habitants de Medina Gounass, aux disciples des familles TALL et BARRO de Mbour, etc.
J’en laisse le soin aux nombreux ouvriers du chantier du Pôle urbain de Diamniadio et les très proches futurs bénéficiaires des logements en construction. J’en laisse le soin aux populations de la Casamance naturelle qui ont reçu le président Macky SALL trois fois en trois ans de pouvoir et réceptionné à l’occasion deux navires supplémentaires (Aguène et Diambogne), un complexe frigorifique de 2000 tonnes, un stade flambant neuf, l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, la centrale électrique de Boutoute, le pont de Kolda. J’en laisse le soin aux populations du bassin de l’Anambé irrigué par le barrage de Niandouba, aux bénéficiaires des aménagements de domaines agricoles communautaires (DAC) de Séfa dans la région de Sédhiou, de Itato dans la région de Kédougou.
J’en laisse le soin aux nombreux paysans bénéficiaires du Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture (Pracas) avec la distribution d’équipements agricoles et de tracteurs pour la modernisation de l’agriculture.
Je laisse cet exercice au monde rural bénéficiaire d’équipements (moulins, batteuses, décortiqueuses, etc.) et d’infrastructures routières (programme des pistes rurales), hydrauliques et électriques grâce au Pudc et aux actions du ministère en charge de la Famille et de la Femme.
J’en laisse le soin aux agriculteurs de la vallée qui commencent à savourer les retombées de l’audacieuse politique d’autosuffisance en riz du Président de la République, aux populations de Richard Toll et Ndioum bénéficiaires des travaux routiers et hydro agricoles du Millénium Challenge Account, à celles des régions de Saint-Louis, Matam et du département de Bakel (région de Tambacounda) ayant bénéficié des 116.000 ha aménagés dans la vallée grâce à la Saed et aux partenaires techniques et financiers.
Mieux, les jeunes travaillant dans l’agropole de Fass Ngom, les producteurs d’oignons qui ne peinent plus à écouler leur récolte sont mieux placés que moi pour faire cet exercice.
J’en laisse le soin à la communauté universitaire, aux élèves, futurs bacheliers, à leurs parents qui apprécient à sa juste mesure, l’élargissement de la carte universitaire avec les Universités Cheikhal Islam Ibrahima Niass et de Dakar Diamniadio et les Instituts supérieurs d’enseignement professionnels (Isep) de Thiès, de Matam, etc.
J’en laisse le soin aux populations du département de Foundiougne et de la région de Fatick de façon générale, qui apprécient fièrement la construction du Port de Foundiougne-Ndakhonga, l’achèvement de la construction de l’hôpital régional de Fatick, le butimage de la route Passy- Foundiougne, la piste rurale dénommée la « Boucle du Lôg », celui en cours de la route Passy Sokone qui lui témoigneront leur reconnaissance le moment venu.
J’en laisse le soin aux usagers de la route Fatick - Kaolack qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive.
J’en laisse le soin aux populations de la grande banlieue de Dakar, longtemps éprouvées par les inondations et qui commencent à voir le bout du tunnel, grâce au programme décennal de lutte contre les inondations.
J’en laisse le soin aux heureux bénéficiaires des bourses de sécurité familiale ou ceux qui se soignent désormais plus facilement grâce à la couverture maladie universelle et la prolifération des mutuelles de santé.
J’en laisse le soin aux éleveurs de la zone sylvo-pastorale, ceux du Ranch de Doli notamment, ou aux usagers du marché à bétail de Koungheul.
J’en laisse le soin aux acteurs de la pêche, aux pêcheurs dont la sécurité en mer est renforcée par la baisse considérable du prix du gilet de sauvetage, aux mareyeurs et usagers des quais de pêche de Ngaparou, de Yoff, en attendant la réalisation du quai de Soumbedioune avec la coopération marocaine. Merci au ministre Oumar Guèye, grâce à qui, la pêche est sur le point de retrouver ses lettres de noblesse
J’en laisse le soin aux professionnels du tourisme qui apprécient les mesures prises par le président de la République pour booster le secteur, notamment en Casamance, sans oublier le vaste chantier touristique de Pointe Sarène ou encore le projet touristique de Ndolète dans la Commune de Mbam.
Last but not least, je laisse l’exercice aux fonctionnaires de l’Etat ayant bénéficié de la baisse importante de l’impôt sur le revenu, ce qui a contribué à relever leur pouvoir d’achat. Chers lecteurs, au risque d’abuser de votre temps à faire témoigner le nombre impressionnant de citoyens ayant bénéficié des retombées de la politique distributive du président, je suis tenté de m’arrêter non sans inviter certains compatriotes de l’opposition, aveuglés par une haine viscérale, que rien d’objectif ne justifie à l’égard du président, si ce n’est de la jalousie, à revenir à la raison. Je suis fondé à dire que vous n’émettez sur la même longueur d’onde avec le président, dont l’agenda surchargé ne saurait s’accommoder à vos instincts de survie politique.
L’agenda du président, c’est la mise en œuvre diligente du Plan Sénégal émergent avec notamment la réalisation du Programme triennal d’investissements publics (Ptip) 2015-2017, d’un coût global de 3 343,668 milliards de francs CFA, principal jalon de concrétisation du Pap du Pse.
L’agenda du président, c’est la mise en œuvre et surtout le parachèvement du processus de la révolution silencieuse qu’est l’Acte III de la décentralisation destiné à« bâtir des territoires viables, compétitifs porteurs de développement durable ».
L’agenda du président, c’est le repositionnement de la Diplomatie sénégalaise, fortement écornée par les prises de position de celui qui n’a pas hésité à humilier publiquement une Grande dame (quelle élégance !), de surcroît plénipotentiaire d’un Grand pays ami du Sénégal. Merci à M. Mankeur Ndiaye pour les résultats déjà obtenus, notamment le statut pour le Sénégal de membre non permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies et la présidence des Etats partis de la Cour Pénale internationale, assurée par notre pays.
L’agenda du président, c’est la satisfaction des besoins en Education de qualité pour tous. Merci à M. Serigne Mbaye THIAM pour l’excellent travail d’assainissement du secteur éducatif qu’il a entrepris.
L’agenda du président, c’est l’accès démocratique aux soins de santé pour tous, la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes. Merci à Mme Awa Marie Col Seck, MmeAnta Sarr DIACKO et Mame Mbaye NIANG.
L’agenda du président, c’est le désenclavement des localités jusqu’ici oubliées, l’accès à l’eau des populations rurales. Merci à toute l’équipe du Pudc.
L’agenda du président, c’est de rendre à nos chefs religieux, toutes confessions confondues, leur dignité de guide et régulateur social et de promouvoir le dialogue islamo-chrétien ;
L’agenda du président, c’est la lutte contre le terrorisme et la préservation de la paix au Sénégal et dans le monde. Merci au président pour ses prises de position courageuse et ses initiatives sur cette question.
L’agenda du président, c’est la salubrité de notre capitale qui doit retrouver son lustre d’antan. Merci à M. Abdoulaye Diouf SARR pour l’excellent travail qu’il a entamé dans la capitale et dans les cités religieuses.
L’agenda du président, c’est la réalisation au Sénégal et en Afrique des Objectifs de développement durable, la lutte contre le changement climatique. Merci à M. Abdoulaye Baldé et aux ONG comme Enda Energie pour l’excellent travail abattu à la COP 21.
L’agenda du président, c’est l’installation de la culture de la transparence, de la bonne gouvernance et l’assainissement du climat des affaires pour attirer davantage d’investisseurs. Merci à l’Ige, à la Crei, à l’Armp, à l’Ofnac, à l’Igf et aux inspections internes des départements ministériels.
L’agenda du président, c’est l’instauration d’une justice internationale équitable avec des africains, jugés par des africains, dans des tribunaux africains. Chapeau bas au garde des sceaux ministre de la Justice, Maître Sidiki KABA.
L’agenda du président, c’est la promotion d’une culture scientifique au Sénégal et la promotion de l’employabilité des jeunes. Merci au Professeur Marie Teuw NIANE et à M. Mamadou TALLA.
L’agenda du président, c’est la promotion de la culture et la protection des acteurs culturels. Jokanjal Mbagnick NDIAYE pour l’appui à la mise en place de la mutuelle nationale de santé des acteurs culturels.
L’agenda du président, c’est la fourniture suffisante d’électricité aux populations. Jerejeuf à Messieurs Aly NGouille NDIAYE et Mouhamadou Moctar CISSE.
L’Agenda du président, c’est faire triompher le Sénégal dans les compétitions sportives africaines et mondiales. A ce titre, Bravo à M. Matar BA pour les trophées continentaux en Basket, en Football (une première au Sénégal!) et le comportement plus qu’honorable de nos jeunes footballeurs au dernier Mondial.
L’agenda du président, c’est l’amélioration de la mobilité urbaine, à Dakar notamment. Les riverains de la voie de dégagement nord qui longe les Niayes depuis Cambérène en passant par Guédiawaye en savent quelque chose.
L’agenda du président, c’est l’achèvement des projets initiés par le défunt régime avec un montage financier rocambolesque. Merci au président d’avoir pesé de tout votre poids pour dénouer la situation de l’AIBD.
L’agenda du président, c’est la restauration du culte de l’effort, du travail et du mérite en lieu et place de la facilité et des passe-droits.
L’agenda du président, c’est la réalisation du pont de Foundiougne Ndakhonga pour parachever le désenclavement du centre sud du pays.
Mais tout cela ne peut se réaliser sans la paix et la sécurité. Alors, l’agenda du président c’est d’assurer la sécurité à chaque sénégalais, à chaque sénégalaise et à leurs biens. Merci à M. Augustin TINE et à toutes les forces de défense et de sécurité. Nous dormons tranquille grâce à vous.
En somme, l’agenda du président de la République, c’est ni plus, ni moins, de restaurer un Etat laissé en lambeaux, d’améliorer le présent des sénégalais et de garantir un avenir meilleur aux générations futures.
Mesdames, messieurs, avec un agenda si chargé, dont l’exécution est coordonnée de façon intelligente par le 1er ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne, pensez-vous que le président a le temps de répondre à vos agissements puérils et stériles, relayés par la presse, que vous devez d’ailleurs remercier pour la publicité gratuite qu’elle offre. Non, le président est au-dessus de toute cette mêlée. Son Directeur de Cabinet, Maître El Hadji Omar YOUM a raison de dire que le temps du président n’est pas celui de l’opposition. Oui, le président est occupé par des choses beaucoup plus sérieuses. C’est pourquoi, ni les agissements d’une certaine presse étrangère, longtemps déifiée sous nos cieux, ni les invectives d’une opposition agonisante, ni les attaques personnalisées d’un imaginaire 4ème président, encore moins les positions incompréhensibles d’une certaine société civile, ne le divertiront pour le détourner de l’essentiel. Par contre, ses camarades de parti que nous sommes, ses alliés de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar, de même que les populations sénégalaises qui souhaitent le parachèvement des projets qu’il a entamés, seront là, tel un bouclier, décidés plus que jamais à protéger notre précieux trésor, contre toute menace, contre toute velléité de fragilisation, d’où qu’elle puisse venir.
L’affaire Lamine DIACK, ce pétard mouillé devrai-je dire, maladroitement téléguidé par des malintentionnés, ne peut détourner le président de la République de l’accomplissement de la mission sacerdotale que le peuple lui a confiée. En tout cas, les sentinelles de la République seront là pour vous mettre hors d’état de nuire afin de lui permettre de dérouler en toute tranquillité son agenda, surbooké comme vous le constatez, agenda pour lequel les Sénégalais lui ont accordé massivement leurs suffrages. A bon entendeur  …

Par Lamine SARR *

* 2ème Secrétaire Elu du Conseil départemental de Foundiougne
APR, Commune de Mbam
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Le 31 décembre 2015, respectant la tradition républicaine, le chef de l’Etat a adressé à la Nation sénégalaise un discours dont la quintessence se résume dans cette phrase : « Ce soir, mes chers compatriotes, j’ai surtout à cœur de vous entretenir de notre idéal d’émergence et de prospérité partagée, dans le cadre d’un Etat de droit rénové et d’une démocratie renforcée ».  
Cette « politique d’émergence et de prospérité partagée » se décline à travers les réalisations économiques et sociales listées par le président de la République et les programmes et projets en cours de réalisation ou simplement inscrits dans l’agenda du gouvernement. S’agissant de l’Etat de droit et de la démocratie, Macky Sall a réaffirmé  sa volonté de soumettre au peuple un projet de révision constitutionnelle qui comportera 15 mesures innovantes. Ces annonces ont été suivies d’une controverse portant notamment sur « la restauration du quinquennat pour le mandat présidentiel, y compris la question de l’applicabilité immédiate de la réduction à cinq ans du mandat de sept ans en cours ». Et les regards sont tournés, depuis lors, vers le Conseil constitutionnel, la juridiction qui va donner son avis sur la question de l’applicabilité immédiate ou non de la réduction du mandat de 7 à 5 ans, en attendant le référendum.
Cette controverse doit aller au-delà du problème classique d’interprétation des textes juridiques. Si les juges du Conseil constitutionnel doivent dire le droit, ils devront aussi sonder le cœur du chef de l’Etat, auteur des réformes annoncées. Ils donneront ainsi une nouvelle illustration à la vitalité de notre démocratie et de ses acteurs. Loin des conservatismes et des querelles juridiques, il s’agit de s’inscrire dans une mouvance progressiste qui rappellera encore une fois le génie de notre peuple et les grandes leçons démocratiques qu’il peut servir à l’humanité.
En Afrique, le Sénégal est considéré, depuis longtemps, comme une vitrine de la démocratie pour avoir été l’un des précurseurs  du multipartisme au moment où la dictature et les coups d’état étaient la règle sur le continent. L’inauguration du multipartisme par Senghor, son départ volontaire du pouvoir en 1980, les alternances en 2000 et 2012 sont autant d’éléments qui ont conforté la « success story sénégalaise » déjà évoquée par D C Obrian. Mieux, au moment où la question de l’ancrage de la démocratie sur le continent se pose avec acuité à cause des tripatouillages des constitutions dans une volonté de perdurer au pouvoir, il s’agit, pour le Sénégal, de revisiter cette « success story » et de montrer qu’il existe, une fois de plus, en toute modestie, « une exceptionnalité sénégalaise ». Il s’agira ainsi de donner le « feu vert » au chef de l’Etat afin de poursuivre cette œuvre démocratique qui est le résultat d’un processus difficile d’essais et d’erreurs, d’une série de choix entre efficacité et équité, stabilité et changement, le résultat des efforts de générations d’hommes et de femmes mus par la seule volonté d’offrir au citoyen sénégalais ce qu’il y a de meilleur au fil de l’histoire. Alors, l’idéal d’émergence et de prospérité partagée dans le cadre d’un Etat de droit rénové et d’une démocratie renforcée » prendra tout son sens.

Par Ousmane Ibrahima DIA  *

* Journaliste à l’APS



On trépigne ! Le discours de Monsieur le président de la République au soir du 31 décembre 2015 laisse pantois certains sénégalais. Pour d’autres, notamment ceux de la mouvance présidentielle, c’est l’un des meilleurs discours d’adresse à la nation depuis qu’il a été élu à la magistrature suprême. Aujourd’hui, la communication demeure le levier principal pour convaincre le peuple qui, dans sa majorité, ne milite dans aucun parti politique.
Au total, nous pensons que le seul point qui intéressait la classe politique était de savoir si oui ou non l’élection présidentielle aurait lieu  en 2017. Les juristes adeptes du bon sens s’en donnent à cœur joie à qui mieux mieux sur la faisabilité ou non de la réduction du mandat présidentiel. La subtilité des sciences juridiques pourrait nous mener vers un imbroglio qui, à coup sûr, porterait encore une fois  un coup dur à la justice sénégalaise éclaboussée par pas mal de décisions contestées.
Dans l’attente d’une saisine du conseil constitutionnel et de l’assemblée nationale, nous ne sommes pas habilités à disserter sur tel ou tel article étant attendu que les professionnels du droit y vont de leur interprétation, de leur aveu et désaveu. Deux observations majeures se dégagent : élection présidentielle en 2017 ou élection présidentielle en 2019.
L’élection présidentielle en 2017 verra le mandat de Monsieur le président de la République réduit à cinq ans conformément à sa volonté exprimée au Sénégal durant la campagne électorale de 2012 entre les deux  tours et ailleurs après son élection devant le perron de l’Elysée et à la Maison Blanche. Les citoyens ont une conscience  collective : le bien-être  social, la santé, la liberté, l’éducation, la justice et la paix. Le président de la République en a une parfaite conscience avec une préoccupation majeure à travers le Plan Sénégal émergent (PSE) et le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc). Il traduit sa vision sur l’épanouissement économique du Sénégal   de façon cohérente pour en faire un pays émergent.
Qui plus est, 2017 offre plus de possibilités au président de la République d’être réélu.
 Le référendum lui permettra, à coup sûr, d’avoir une visibilité sur l’électorat en termes de croissance démographique  par rapport à 2012, sur la  participation populaire mais aussi sur ses forces et faiblesses pour mieux asseoir sa politique communicationnelle. A coup sûr, ceux qui croient que le président n’a  pas de bilan ont tort. Point n’est besoin de les lister.
Si nous nous interrogeons aujourd’hui, non pas sur l’incertitude d’organiser des élections présidentielles en 2017, c’est que l'incertitude est le cadre normal de la prise de décision. C’est encore plus vrai dans la crise. Il faut donc s'en convaincre et apprendre à décider dans la crise donc toujours dans l'incertitude.
 L’élection présidentielle en 2019 compromettrait durement ses chances de rempiler à cause de la sacralisation de la parole sous nos cieux. Le wakhe wakhéte entres autres considérations a enfoncé le président  WADE qui, somme toute, avait bien un bilan à défendre. Il serait donc pernicieux pour le président SALL de renoncer à la parole donnée quand bien même le conseil constitutionnel peut lui concéder un prolongement. A coup sûr, Monsieur le président SALL est un homme d’honneur et il respectera sa parole.
 Dewenaty  

 Par Khalifa FAYE  *
 
* Sones
B.P. 15616 Dakar Fann



J’ai véritablement été très triste durant mon récent séjour de fin d’année 2015 à Saint-Louis ! J’ai été habité par un profond chagrin auquel s’est ajouté un sentiment de honte intense, quand j’ai fait le tour de cette belle ville que le Créateur a offert, avec tant de générosité, à notre pays, le Sénégal. Cette ville unique au monde ! Cette ville de charme et de paix, finement taillée dans le sable fin, délicatement ciselée dans la verdure et harmonieusement insérée entre l’océan sans fin et le royaume fluvial de Mame Coumba Bang.
J’ai eu honte en cette fin d’année, de voir la « vieille ville française » envahie par la saleté, le désordre et l’encombrement anarchique ! J’ai eu honte de voir ma ville natale plongée dans les ténèbres dès que le soleil se couche.
Là-bas derrière la Langue de Barbarie !
Je ne pouvais imaginer que ma déception allait se transformer en colère, quand contre toute attente, on m’annonça qu’en cette fin de l’année 2015, le fanal n’aurait pas lieu sur la Place Faidherbe! Quelle perte énorme! Quel gâchis ! J’avais réellement du mal à croire que les gestionnaires de la ville de Saint-Louis, ces gens qui nous ont souvent pompé l’air par des discours électoralistes, ces gens qui se sont entredéchirés pour s’arracher le Conseil municipal, allaient nous faire l’affront de laisser tomber le cortège de costumes, de chants et de danse du fanal. J’étais loin de penser que ces gens-là avaient le courage suicidaire de faire taire les chants d’ombre et d’éteindre les lumières vespérales du fanal de nos ancêtres, cet évènement historique qui constitue incontestablement, un patrimoine culturel inestimable pour les Saint-Louisiens.  
Il convient de rappeler que la tradition du fanal est née à Saint Louis du Sénégal dans le quartier Sud, à l’initiative des signares qui se rendaient, la nuit de Noël, à la messe de minuit, en compagnie d’un ou de plusieurs porteurs de lampions multicolores. Un mois avant Noël, se déroulaient dans les quartiers, les séances de répétitions des fent (chants improvisés et dédiés à un parrain ou une marraine de fanal). À cette époque-là, chaque quartier avait sont fanal et la concurrence était très forte, mais elle était toujours cordiale. Le cortège des fanaux était une belle occasion pour les femmes de chanter l’itinéraire historique des autorités administratives ou politiques. Ces chants nocturnes, qui étaient de vraies leçons d’histoire, rappelaient également les hauts faits des membres de certaines familles qui se sont distinguées dans le culte de l’honneur, de la dignité et de la générosité.
Je me souviens encore de la belle description du Fanal par Fatou Niang Siga qui, de sa belle et féconde plume, nous rappelle le fanal dans toute sa splendeur : « Le grand fanal était accompagné de garçons porteurs de pantins en bois et carton gigotant au bout d’une perche dès qu’ils tiraient les ficelles qui les mettaient en action. La danse au son du tam-tam distrayait les spectateurs, le salut faisait sourire le blanc, la culbute polarisait l’attention des enfants… Éléments de leur identité culturelle, les Saint-Louisiens présentent à nouveau, depuis une dizaine d’années, le fanal à leurs visiteurs pour rehausser les fêtes de fin d’année.    
C’est pour les raisons historiques que voilà, que je considère qu’aucune tentative d’explications, de la part des gestionnaires de la ville, ne pourra justifier ce grave manquement que j’assimile à une trahison des espoirs ! Bien entendu, je ne voudrais pas manquer de saluer les efforts remarquables de notre sœur Marie Madeleine Valfroy qui à tout fait pour sauver le fanal. Malheureusement, cette année, faute de mécène, de parrain et de soutien, elle n’a rien pu faire pour organiser la marche féérique du cortège de chants des signares et des lumières resplendissantes des fanaux, sur la Place Faidherbe.
Marie Madeleine est certes une brave dame, toujours au front pour le progrès et la promotion de sa ville natale. Tout le monde le sait. Mais le Fanal de Saint-Louis ne devrait pas être l’affaire de quelques mécènes et autres bonnes volontés. La vérité est que le fanal est une identité culturelle Saint-Louisienne, que les doomu ndar de naissance, d’origine et d’adoption aiment passionnément et présentent toujours aux visiteurs avec une grande fierté. Le Fanal de Saint Saint-Louis est une attraction touristique incontestable et très productive. À ce titre, les autorités municipales et autres notables de la ville ne devraient pas le laisser s’effondrer et mourir.
Au cas où les autorités municipales seraient incapables de pérenniser ce trésor culturel, je voudrais inviter le Ministère de la Culture à s’approprier cet évènement, à l’inscrire dans l’agenda culturel national, à prévoir un budget annuel à ce titre et à confier l’organisation du Fanal de Saint-Louis à des hommes et des femmes compétents et dévoués, capables de tenir haut et fort le flambeau !
Je voudrais terminer en rappelant que le Fanal de Saint-Louis n’est ni stérile, ni perverse comme on en voit souvent dans les rassemblements festifs à travers notre pays. Le Fanal de Saint Louis a toujours été et restera toujours une soirée féérique, instructive, productive, attractive et culturelle à tout point de vue. Il sera toujours un festival de sons, de lumières et de beauté historique !

Par Moumar GUEYE *

* Ecrivain
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« Un dirigent est celui qui est capable de traduire, dans les faits, la volonté générale».

 Le président de la République, son Excellence M. Macky Sall, vient de tenir son traditionnel discours de fin d’année. Le Chef de l’Etat sénégalais est largement revenu sur tout un catalogue de  réalisations d’envergure entreprises depuis le début de son accession à la tête de la magistrature suprême. Il a su aussi tracer les grandes orientations pour l’avenir du Sénégal, pays qu’il considère comme à la prunelle de ses yeux. L’adresse du président Sall nous donne de solides raisons d’espérer un mieux-être et un bien-être pour le peuple sénégalais qui, l’a plébiscité avec score historique adoubé par la communauté internationale (plus de 65% !). Dans une réaction d’après-discours, nous avons souligné, ceci : «C’est un discours dispensateur d’espoir qui prouve à suffisance que le président Macky n’est pas adepte du « Wax Waxett…». A la lumière de son exposé, nous pouvons affirmer, sans aucun risque de trahir la réalité, que le président de la République a la dignité et le pedigree de l’autorité. Tant il  posé des actes de haute portée collective qui méritent, sans fioritures, de passer à la postérité. N’en déplaisent à ceux qui font de la médisance, de la délation et de la calomnie leur passe-temps favori !
Le président de la République, SEM Macky Sall vient de dissiper le doute sur la durée du mandat présidentiel en montrant qu’il n’est pas un assoiffé, un avide du pouvoir… personnel. Ainsi, un cinglant revers a été renvoyé à cette opposition mal pensante qui n’a de cesse d’éructer des inepties, de raconter des histoires à dormir debout.
Dans un continent africain fortement secoué par des pouvoirs-bataille, où l’on continue de se battre dans des pugilats épiques pour l’exercice ou la sauvegarde du pouvoir politique, où beaucoup se résigne encore  à l’aventure démocratique, le président  Macky a pris l’option de gérer le Sénégal selon les règles de la démocratie et de la bonne gouvernance. Aujourd’hui, son seul mot d’ordre est : travailler à propulser notre  très cher Sénégal vers les firmaments de l’émergence.

De l’éducation à la santé, en passant par l’artisanat, la pêche, l’agriculture pour n’énumérer que ces secteurs porteurs, bien d’efforts  ont été consentis au grand bénéfice des populations.
L’action a, ainsi,  remplacé les simples effets d’annonce, les slogans creux et autres discours de bonne intention. Sur le plan de la gestion des affaires publiques, le gouvernement issu de la deuxième alternance politique, sous l’impulsion du président Macky Sall, a codifié tout un monument de conduites aux fins de  dissuader les  dévaliseurs éhontés de deniers publics et d’assainir nos finances. Pour dire, le régime Sall a accepté de se mettre dans le giron de la transparence et,  à tout point de vue. En véritables démocrates et soucieux de la stabilité du pays, nous sommes ouverts au dialogue mais également  à la critique mais, à la critique raisonnable ! D’où nos «amis d’en face» doivent cesser de se livrer à  des fantaisies les plus extravagantes car, comme l’a dit une vieille sagesse populaire : «Se mettre en travers du soleil ne l’empêche pas d’aller se coucher.»

Par Alioune Badara LY  *

* Ingénieur-Cartographe
Membre de la Convergence des Cadres Républicains
Responsable politique APR à Koungheul



Locke
Lors de son discours à la Nation le 31 décembre 2015, le président Macky SALL a indiqué que dans le projet de réforme qu’il a initié, figure la réduction du mandat présidentiel de sept (7) à cinq (5) ans avec applicabilité au mandat en cours.
Au lieu de dissiper la suspicion et le doute que d’aucuns entretenaient, cette déclaration a installé une vive controverse dans laquelle les uns soutiennent que nonobstant un avis contraire du Conseil Constitutionnel, rien ne peut empêcher la réduction du mandat en cours de sept (7) à cinq (5) ans ; tandis que d’autres estiment que l’avis du Conseil Constitutionnel doit prévaloir.
Cette controverse qui va crescendo, et qui est en réalité sans objet, pourrait être constitutive de prodromes de troubles si, les uns et les autres ne se ravisaient pas, pour se rappeler que lorsque les yeux sont béatement fixés sur un désir donné, ils ont tendance à se fermer sur la réalité.
A ce propos, l’on eût dit que depuis que la question de la réduction du mandat en cours s’est posée, beaucoup d’intervenants se sont contentés de rester à la surface de l’eau pour parler de procédure au sens général du terme. Or, en l’espèce comme ailleurs, le juge se doit d’aller au fond pour déterminer les caractéristiques du mandat dès lors qu’il s’agit de modification.
Mais pour cela, il faut commencer par poser les termes du problème de manière claire ; car la question n’est pas de savoir si le peuple souverain peut modifier telle ou telle disposition de la Constitution, parce que la réponse à une telle question relève de l’évidence.
Pour l’affaire qui nous préoccupe, la question qui se pose en droit, est de savoir si le président élu, peut prendre la décision d’INITIER un projet de loi constitutionnelle pour réduire le mandat en cours ? En d’autres termes, le président élu peut-il disposer du mandat présidentiel pour initier, à sa guise, des projets de modification allant dans un sens ou dans l’autre ?
A cet égard, nous savons que le mandat en droit civil est caractérisé par le fait d’être consensuel (c’est-à-dire qu’il est établi d’accord parties à la suite de négociations), et essentiellement révocable (chacune des parties peut en faire cesser les effets).

Alors, qu’en est-il du mandat présidentiel ?
Pour répondre à cette interrogation, il faut remonter vers la fin du 19éme siècle. En effet, voyant que les négociations avec le Comte de Chambord pour son rétablissement sur le trône de France achoppaient sur la question du maintien ou non du drapeau tricolore, l’Assemblée nationale à majorité monarchiste décida que le  Maréchal Mac-Mahon dont la durée du mandat n’était pas précisée « Garderait la place » en attendant que les négociations aient avancé. Au cours de celles-ci, les propositions des candidats variaient entre dix (10) ans (par Albert Duc de Broglie, Chef de l’opposition monarchique) ou cinq (5) ans proposés par la Commission de l’Assemblée nationale.
A titre transitoire, une loi constitutionnelle fut votée le 20 novembre 1873 ayant pour objet de confier un mandat de sept (7) ans à titre PERSONNEL, au Maréchal Mac-Mahon Duc de Magenta.
Avant l’expiration de ce mandat, et pour faire barrage à toute possibilité de retour à quelque forme monarchique et asseoir définitivement la forme républicaine de l’Etat (art 103), le peuple de France avait adopté par référendum le 25 février 1875, une loi constitutionnelle qui consacrait en son article 2 le caractère IMPERSONNEL du mandat présidentiel (Manuel de Droit constitutionnel Olivier GOHIN, p.775).
A partir de cette date, et contrairement au mandat de droit civil, le mandat présidentiel était devenu impersonnel et sa durée était préfixée souverainement par le peuple.
Le mandat présidentiel est par excellence le moyen par lequel le Peuple exerce sa souveraineté, c’est pourquoi, il se définit comme la limite de temps pendant lequel, le peuple, à l’issue d’une opération d’assentiment (le suffrage) marque sa confiance à une personnalité en lui déléguant sa souveraineté pour une durée de temps unilatéralement préfixée. Aussi, la personnalité qui est bénéficiaire de ce mandat ne peut prendre l’initiative d’en modifier la durée sans aller à l’encontre de l’article 3 alinéa 2 de la Constitution. Il a été vérifié qu’à l’instar des Etats républicains et démocratiques, la Constitution de notre pays n’a pas inclus les cas de réduction ou d’augmentation de la durée du mandat présidentiel en cours.
Or, selon un principe fondamental de droit Constitutionnel, c’est uniquement lorsque les modifications sont opérées dans le cadre et selon les modalités que la Constitution définit, que le Peuple conserve sa souveraineté dans une démocratie équilibrée. Parce qu’il est impersonnel et que sa durée est préfixée souverainement par le peuple, le mandat présidentiel constitue un des principaux verrous de protection de notre système politique.
Il n’est pas douteux que s’il était donné au candidat élu la possibilité de déroger à la volonté populaire, pour modifier le mandat en cours, un candidat peu imbu des valeurs républicaines, pourrait une fois élu, être tenté de profiter de la période dite de grâce durant laquelle il bénéficie d’une large majorité sociologique, pour organiser un référendum et modifier, à sa guise, le mandat qui lui est confié. En tout état de cause, ceci montre à suffisance qu’il serait mal à propos de déplacer la question de la réduction du mandat, du domaine du droit pour l’entrainer vers le champ émotionnel de l’éthique.
De plus, le calendrier républicain ne peut pas relever de l’hypothèse et de l’incertitude (exemple : dans sa livraison du mercredi 30 décembre 2015, le quotidien « Rewmi » sur la date de l’élection présidentielle prochaine écrivait : « Septennat ou quinquennat ? Personne ne sait » ; le même jour, le journal « Libération » parlait de « flou total »).
Sous le bénéfice de ce qui précède, il est permis de rappeler que dans la pratique de la démocratie, il est utile de ne jamais se départir de jugement rationnel ; parce que la démocratie peut provoquer la désunion en créant un univers social et politique où la concurrence de tous devient une règle d’existence pour tous.

Par Souleymane NDIAYE *

* Docteur en droit et en Sciences Criminelles
Diplômé de l’Institut d’études politiques de Montpellier



C’est vrai que le point de vue le mieux partagé est que le tintamarre causé par l’affaire Lamine Diack au Sénégal était inutile. Il est certain qu’on a voulu domicilier un problème international au Sénégal. Mais cela n’aurait dû étonner personne puisque la récupération est la chasse gardée de certains hommes politiques. Cette fois cependant ; comme beaucoup d’autres d’ailleurs, il n’y avait pas de quoi fouetter un chat.
Si nous tenons, par contre, à y revenir, c’est que dans un autre contexte, en dépit des évidences ci-contre évoquées, les chasseurs de polémiques n’auraient jamais lâché prise de sitôt. L’impression est que certains entretiennent inutilement des débats au Sénégal rien que pour exister. La preuve c’est qu’au début, l’ardeur avait été plus accentuée, et certains avaient commencé à affuter leurs armes. Le désenchantement est venu sûrement lorsqu’on a précisé que le concerné n’avait parlé que de l’opposition (d’alors) et de la société civile en général. Autrement dit, du moins à notre sens, on a touché sur ce point précis à des « intouchables ». A tout le moins, on pourrait poser l’hypothèse selon laquelle ces franges font partie des donneurs de leçons habituels. Nous nous intéresserons à ces deux catégories de « moralistes » de manière séparée.
La responsabilité du PS dans cette affaire n’a jamais été commentée ou elle ne l’a été que très brièvement. Pourtant, c’est ce parti qui est plus enclin à faire dans le jansénisme. Ce que j’attendais de lui en l’occurrence, c’est d’éclairer la lanterne des sénégalais sur leur part de responsabilité dans ce scandale, étant entendu que Monsieur Diack est un militant socialiste. Ils ont préféré donner leur langue au chat, alors que dans d’autres circonstances, il serait les premiers à sortir au vitriol. L’autre remarque qu’il est important de faire, c’est que Khalifa Sall qui a été le plus précisément cité dans cette affaire n’a pas daigné piper mot. Alors que très récemment, il s’est offert en victime avec l’affaire de l’emprunt obligataire de la Ville de Dakar. Finalement, ce que nous voulons dire, c’est qu’il faut que les hommes politiques aient le courage d’assumer leur position. Et quand on défend des valeurs, la meilleure manière de s’y prendre c’est de les vivre. Or, en cette circonstance précise, le PS est sorti de sa peau de grand défenseur des principes de la morale politique.
Toutefois, le plus grave est que les thuriféraires de la démocratie sénégalaise ont montré, cette fois, les limites de leur engagement. Je pense que la société civile a reçu la correction de sa copie. Connue pour être très draconienne envers les différents pouvoirs sur place, elle s’est complétement terrée pour ne pas avoir à aborder ce débat. Ou alors, les quelques réactions arrachées de leur mutisme ont essayé d’esquiver le débat pour trouver des faux-fuyants. S’il est intéressant d’aborder cette question, c’est que la société civile se fait le censeur des pratiques des hommes politiques, alors qu’ici les deux se trouvent nez à nez dans une affaire de sous. Ce qui est sûr, c’est que si elle n’avait pas été impliquée, elle aurait créé une sorte de surenchère pour maintenir la polémique. Les hommes politiques ont vraiment bon dos, cette histoire montre que c’est en amont et en aval qu’il faut régler les questions éthiques au Sénégal.
En définitive, à la suite de cette affaire, la question du financement des partis politiques est revenue. Il est important que les prochaines réformes institutionnelles se penchent sur cet épineux problème. Cependant, il ne faudra pas s’arrêter là ; il est important aussi que le financement de la société civile connaisse un regard plus inquisiteur. C’est de cette manière seulement qu’on aura tiré les vraies leçons de cette affaire Lamine Diack.

Par Maurice Diomaye TINE *

* Etudiant en DEA droit public/UGB


 

Au-delà de l’appel du président de la République en direction de la classe politique, de la centralité du travail et de sa valeur dans les sociétés dites en transition comme les nôtres, l’université d’été de l’Apr a été une grande occasion pour le professeur Macky Sall de faire un véritable cours de science politique à sa jeunesse. A l’occasion, le président de l’Alliance pour la République a fixé de nouveaux repères à sa jeunesse en l’invitant à être plus studieuse. Le chef de l’Etat rêve d’une jeunesse « républicaine », intellectuelle, utile à son pays et à son parti, dans la double acception du terme, qui produit des analyses sur les choix et les stratégies de leur formation politique. Il ne veut pas d’une jeunesse experte dans l’art de la politique politicienne sans formation aucune. « Si vous êtes à l’école, ayez d’abord vos diplômes, si vous êtes en apprentissage, ayez votre qualification », leur a-t-il lancé. Il veut donc l’émergence d’un modèle de réussite sociale (la jeunesse), professionnelle et intellectuelle qui s’engage en politique pour relever les défis et jamais pour se servir.  Sous ce rapport, le président Sall a pris à sa juste valeur le postulat  selon lequel c’est dans la nature des choses que la jeunesse est le moteur du progrès d’un pays, car c’est elle qui a la force et la passion nécessaires à réaliser les grandes œuvres et que le fil d’Ariane du labyrinthe qu’est la mondialisation ne sera jamais dans la main des pays africains tant que la jeunesse ne sera à la fois la cible et le support de toutes les politiques de développement. Les Japonais ont réussi un sursaut national pour reconstruire leur pays au lendemain du chaos engendré par la Deuxième guerre mondiale ; aujourd’hui, ils ont hissé leur pays au rang de puissance économique mondiale. Ce sursaut si fécond n’aurait été possible sans une sorte de conversion morale et psychologique d’une jeunesse qui a très tôt eu l’amour de l’excellence, la passion d’être performant, sans fléchir sur le plan moral… Anatole France a dit que la jeunesse a ceci de beau qu’elle peut admirer sans comprendre ; nous devons, au contraire, travailler à ce qu’elle comprenne d’abord, avant d’admirer. La beauté et la performance de la jeunesse doivent désormais résider dans sa capacité à comprendre très tôt les grands enjeux de la modernité. Il faut savoir se montrer indispensable ou au moins utile en politique : c’est la meilleure façon de se faire respecter. Or il n’y a que deux façons d’être indispensable en politique : on l’est soit par une emprise politique qui procure une force que nul ne peut ignorer sans ses risques et périls, soit par une prestance intellectuelle dont le charme et la fonctionnalité politiques sont désirés de tous. L’invite du président Sall envers sa jeunesse reste, à bien des égards, celle d’une véritable éthique de la persévérance et de l’excellence. Car aussi bien dans sa démarche de tous les jours que dans sa gouvernance, il dit et répète que « la jeunesse ne constitue pas un problème, elle est, tout au contraire, à la base de toutes les solutions aux difficultés de notre pays ». On ne fait pas de la politique uniquement avec sa tête. Max Weber a raison d’insister là-dessus ; il faut du cœur dans l’engagement politique, mais ce serait une grave illusion de croire qu’on peut faire de la politique uniquement avec le cœur, c’est-à-dire sans une tête bien faite. L’Apr n’est pas orpheline de cadres capables de prendre en charge la formation de sa jeunesse. Il y a suffisamment d’experts et de technocrates à l’Apr pour constituer le fer de lance du parti en matière d’idées politiques et de choix économiques. Mais il urge de bien l’organiser et de le canaliser. Le parcours politique du chef de l’Etat est lui-même un vaste sujet de réflexion que l’on peut explorer sans tomber dans la déification et le piège de l’égotisme. L’appel du président Sall à sa jeunesse intervient dans un contexte marqué par le brouillage des repères dans le champ politique avec des comportements peu recommandables. Il suffit d’écouter ceux qu’on prétend offrir à la nation et à la démocratie sénégalaise comme la relève pour désespérer de l’avenir politique de ce pays. Or la scène politique sénégalaise commence dangereusement à devenir le paradis de la violence verbale. On n’a généralement pas des théories divergentes, on n’a que des intérêts qui divergent, et c’est ce qui donne à la scène politique sénégalaise cette allure d’être un lieu d’affrontement et jamais un lieu de débat civilisé. C’est cela un totalitarisme sournois qui non seulement travestit la démocratie, mais porte atteinte au droit de ses concitoyens à la quiétude. A moins de donner raison à Alfred de Vigny, qui pense qu’ « il n’y a point de bienfaits en politique ; il y a des intérêts », on doit s’employer à assainir la vie politique de toutes les sources de violence et, par conséquent, d’égoïsme. On ne peut pas prétendre bâtir un pays avec des comportements inciviques donnés chaque jour en exemple. On a besoin d’anoblir la politique pour la réconcilier avec les citoyens qui l’ont désertée à juste raison. Face à une telle déréliction, le devoir historique d’un parti dirigé par un homme de la trempe du président Macky Sall réside dans le fait de s’employer à investir des voies de rupture, et il l’a fait. Non en faisant de sa jeunesse un exutoire pour la détourner des véritables enjeux, mais bien de la mettre au cœur du processus de développement économique et social. D’abord, en lui assurant une formation de qualité, ensuite en lui transmettant les valeurs qui feront de notre pays une entité respectée et prospère. Il faut absolument à la jeunesse « apériste » changer de posture pour gagner le respect et la considération qu’elle est en droit d’attendre de ses ainés de parti. Le Pape Jean Paul II disait avec beaucoup de lucidité intellectuelle qu’une « démocratie sans valeurs se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois comme le montre l’histoire ».

Par Pape KHOUMA *
           
* Conseiller technique/présidence de la République



Je suis parfois sidéré par la réclamation à outrance des droits du citoyen par le peuple à travers les leaders d’opinion qui s’érigent en sentinelle de la quête légitime de la liberté d’expression et des droits garantis par les principes de la Constitution et de la charte des droits de l’Homme et du citoyen.
Dans un pays qui aspire à la l’émergence comme le Sénégal, le respect des droits de l’Homme et du citoyen est un principe inaliénable garanti par la Constitution : loi fondamentale qui exige respect et obéissance de la part du peuple. C’est pour cette raison que le pouvoir politique a l’obligation, conformément à ses prérogatives, de respecter et de faire respecter ces principes dont la sacralité est un gage de stabilité politique et sociale dans une démocratie. Cette obligation inhérente à la nature du pouvoir démocratique instauré interpelle également tous les citoyens qui sont couverts et protégés sans aucune discrimination par la loi. Tel est, dans des termes relativement philosophiques, ce que nous pouvons appréhender comme « le devoir être des choses » conformément à l’idéal républicain enseigné par Montesquieu et Jean Jacques Rousseau qui inscrivent le pouvoir politique dans une dynamique de conciliation entre la souveraineté absolue de l’Etat et la liberté individuelle.
Cependant, tous les jours et dans une banalisation qui déchante, nous assistons à une triste réalité à travers des faits qui contrastent avec les principes et des revendications en à pas finir de nos droits quand nous refusons arbitrairement de répondre à l’interpellation de nos devoirs.
Alors que ces derniers nous assaillent à longueur de journée dans le travail, dans notre conscience, dans les rues, dans les rapports sociaux et dans nos attitudes et comportements de tous les jours, la revendication et la communication sur nos droits nous occupent et nous obnubilent jusqu’à sacrifier les intérêts de la nation : pillages, saccages d’édifices publics et dilapidation des acquis du contribuable. En dépit de la réglementation qui organise et canalise l’expression des libertés, le Sénégal est devenu un pays où tout le monde est « autorisé à parler » sans aucun respect de la décence et de l’éthique dans la communication. Cela est d’autant plus grave dès lors que c’est la première institution du pays qui est visée par cette violence verbale et de multiples offenses qui portent atteinte à son honorabilité, et ce, au nom de la liberté d’expression. Récemment, un rappeur s’est illustré par des insultes contre les parents d’autorités comme la Première dame et un ministre de la République sans une condamnation aucune de la part des donneurs de leçons.
Face donc à la recrudescence de ces pratiques qui laissent vraiment à désirer et entachent l’image de la presse et de la pratique politique, ces prétendus défenseurs des droits de l’Homme observent un silence déconcertant en attendant la première convocation d’un journaliste ou d’un leader politique pour crier leur ras-le-bol sur une éventuelle violation des droits d’un mis en cause. En atteste l’affaire Lamine Diack qui a défrayé la chronique au Sénégal depuis plusieurs semaines.
Et pourtant, il suffisait d’un travail professionnel de recoupement dans la responsabilité et la vigilance pour donner une information équilibrée à partir de deux versions contradictoires : celle du journal « Le Monde » et l’éclairage apporté par Monsieur Lamine Diack lui-même. Aussi, la bonne foi devrait recommander à tout  leader sérieux de prendre une position responsable qui ne culpabilise pas forcement le chef de l’Etat, conformément à la nature des deux versions, en attendant que la procédure judiciaire arrive à son terme. Sinon il est incompréhensible, au regard des deux versions, d’affirmer arbitrairement, sur la base d’une information non encore élucidée, que l’actuel président de la République a obtenu son mandat à partir de l’argent sale  issu du dopage. Même s’il était avéré que ce financement a eu lieu, tous les citoyens, en bons patriotes et dans un sursaut d’orgueil populaire, devraient faire preuve de dépassement pour s’unir autour de l’essentiel : la sauvegarde de l’image de notre pays unis dans la diversité pour faire face aux agressions de l’extérieur.
 Mais, c’était sans compter avec la légèreté d’une certaine opposition politiquement inculte et une presse d’aujourd’hui avide de sensationnel et engluée dans le tourbillon d’une mercantilisation qui l’éloigne dangereusement de la responsabilité et de la déontologie professionnelle.
En décidant expressément de diffuser de fausses informations sur la première institution de la République, Omar Sarr pour ne pas le nommer de même que certains journalistes ont failli à leur devoir dans l’exercice de leur droit d’expression dont ils ont abusé en portant atteinte à la dignité du président de la République du Sénégal. Nous devons donc sans exception combattre une telle forfaiture hideusement perpétrée contre nos institutions de plus en plus désacralisées par l’arbitraire et l’impunité.

Par Assane SENE *
*Responsable Apr Ngoundiane



Le titre de cette contribution est un livre que je compte sortir début 2016 pour reprendre les arguments qui militent pour la réélection du président Macky Sall, quatrième chef de l’État du Sénégal, qui a la particularité d’être le premier d’entre eux à être né après les indépendances.
De Léopold Sédar Senghor, il a sans doute pris l’humanisme qui pousse à s’intéresser un peu plus aux démunis. Le président Macky le fait avec sa touche personnelle par une planification assez claire articulée autour d’un projet de rupture de la transmission intergénérationnelle de la pauvreté à travers ce vaste programme de bourses de sécurité familiale et tous les autres filets sociaux associés.
Du président Abdou Diouf, il a tiré certainement le sens de la mesure et du respect de l’autre, sans que cela n’entache le leadership naturel de l’homme d’État.  C’est pourquoi le président Macky n’est pas dans l’excès et le verbiage inutile. Son sens de la mesure est un gage de stabilité nationale.
Du président Wade, enfin, le président Macky a indubitablement gardé l’audace qui explore les chantiers, avec en prime  plus d’humilité et de  pragmatisme. Il a la chance d’avoir mis la main à la pâte et de comprendre énormément de choses pouvant aider à prendre les bonnes décisions. C’est pourquoi les grands chantiers sont passés à vitesse grand V avec un président Macky qui, après les 30 km d’autoroute Patte d’oie-Diamniadio de Wade, a lancé les 42 km de l’axe Diamniadio-Aibd et Aibd-Mbour, sans compter les 113 km d’Ila Touba et tout le reste. Le président Macky est, en somme, un homme de synthèse qui a puisé chez ses prédécesseurs en y ajoutant ses qualités intrinsèques pour jouer son rôle et en corrigeant la trajectoire économique et sociale, donnant plus de souveraineté au Sénégal.
Ce chantier de correction de la trajectoire du pays est vital quand on sait que la moitié de la population a moins de 18 ans et que la région de Dakar (avec 1/357ème de la superficie nationale) regroupe encore 5739 personnes au km2 dans un pays à la densité moyenne de  69 habitants au km2. Pour comprendre l’ampleur du boulot structurel à faire dans notre pays, il faut noter que Kédougou, qui fait plus de 30 fois la région de Dakar, n’a que 9 habitants au km2 !
Le changement de trajectoire ne saurait être reporté par un homme d’État qui a le choix entre la gestion des affaires courantes et la prise du taureau par les cornes, les bonnes cornes. Alors, comment concilier les impatiences des générations actuelles et les intérêts de celles futures ?
Avec intelligence et pragmatisme, le président Macky est dans ce chantier pour jouer sa partition à fond. Tout n’est pas rose. Tout ne le sera sans doute pas. L’essentiel est d’être sans démagogie dans la bonne trajectoire, le bon horizon. C’est cet horizon planifié qui nous fait entrevoir pour bientôt l’autosuffisance en riz et des bonds énormes dans la couverture énergétique, hydraulique, et infrastructurelle sur toute l’étendue du territoire. C’est cet horizon balisé avec le Plan Sénégal émergent qui est une réponse d’homme d’État à ce qu’il est convenu d’appeler « le problème ». C’est cet horizon vital qui est en train de bâtir, avec cohérence, de nouveaux pôles urbains comme Diamniadio. C’est cet horizon qui est en train de construire le citoyen de demain à travers une nouvelle articulation des enseignements vers plus de professionnalisation et moins de théorie. C’est cet horizon qui fait que nous devons accompagner le président Macky pour constituer un bloc garantissant les consensus, socle d’un développement bien compris en termes stratégiques et de sacrifices à faire par tous.
C’est pourquoi, en faisant un deuxième mandat, le président Macky consolidera, avec l’aide de Dieu et des Sénégalais, les bases de cet horizon.
C’est parce que le Sénégal est sur la bonne voie que je sens comme un devoir impérieux de soutenir le chef de l’État dans son  travail de « révolution par les réformes et réalisations » dans ce pays difficile. Le président Macky a l’avantage d’être très opérationnel. Les autres prétendants à la magistrature suprême le sont-ils ? Quel est leur cursus pluriel ? Leur leadership ? Leur envergure ? Leur sens du bien commun ? Leur passé ? Leur actif ? Leur passif ?
Je crois qu’entre Macky et les autres prétendants, le choix est facile pour tout patriote. Les 7 critères de choix que j’avais énoncés en 2011 donneront toujours 7/7 au président Macky. Je ne crois pas qu’il en soit de même pour les autres.
Nous écrivions en 2011, dans un texte tiré et distribué en 20.000 exemplaires, que Macky avait l’expérience de la gestion de l’État pour avoir été ministre, Premier ministre et président de l’Assemblée nationale. L’exercice du pouvoir de chef d’Etat depuis 2012 a renforcé ses avantages comparatifs qu’il a devant tous les autres futurs candidats.
Nous écrivions aussi en 2011 qu’il est d’une intégrité morale certaine ; ce qui lui a valu une impossibilité pour ses anciens compagnons de lui faire des reproches avérés dans ce domaine. A l’exercice du pouvoir, il a doté le Sénégal d’instruments de prévention de la corruption et de l’enrichissement illicite, à l’image de l’Ofnac et la loi qui rend obligatoire la déclaration de patrimoine.
Nous écrivions en 2011 que la  courtoisie du président Macky et sa fermeté sur les principes sont des valeurs sur lesquelles il fonde sa démarche de tous les jours. Face aux défis du monde et aux piques insensées de ses adversaires, il est resté à l’exercice du pouvoir présidentiel, fidèle à ses principes, sans fléchir.
Autre critère de choix d’un leader que nous évoquions en 2011 : le sens de la mesure. Sous ce rapport, le président Macky a fait montre d’un respect d’égale valeur pour  toutes les obédiences et groupes organisés. Je passe sous silence les deux évidences que sont sa parfaite intégration dans la société sénégalaise, sa stature internationale et son leadership en Afrique et dans le monde. Je peux reprendre le critère d’âge du président qui n’a pas encore atteint la période de la retraite pour un cadre au Sénégal. Ce critère est d’autant plus significatif quand on sait que dans notre pays, 92 % de la population a moins de 55 ans.
En somme, les mêmes critères de 2011 peuvent être appliqués à tous les candidats potentiels affichés ou cachés pour s’apercevoir qu’un sortira du lot (le président Macky) si tant est que le Sénégal en route vers l’émergence ne veut pas aller entre des mains inexpertes. En soumettant tous les candidats déclarés à cette grille de 7 critères que sont l’expérience de la gestion de l’Etat, l’intégrité morale, la courtoisie et la fermeté sur les principes, le sens de la mesure, l’âge idéal, l’intégration réelle dans la société sénégalaise et la stature internationale, il est évident  qu’il y a un qui émerge du lot : Macky Sall. La réélection du président Macky est un gage de redressement dans le bon sens de la trajectoire du pays vers plus de souveraineté économique et social. C’est dans cet esprit qu’il faut voir cette modeste contribution qui est œuvre citoyenne qui transcende nos préoccupations individuelles. Le livre, à paraitre en janvier 2016, reviendra largement sur les idées que j’ai défendues durant ces trois dernières années.

Par Mamadou NDIONE *

* Economiste, écrivain
Conseiller départemental à Mbour
Cadre responsable politique Apr Diass



Le radicalisme islamiste ravage des continents et décime des populations innocentes. De Peshawar (Pakistan) à Mossoul (Irak) en passant par Paris (France), New York (Usa), N’Djamena (Tchad), Bamako (Mali) et le nord du Nigeria, les attentats se multiplient et tuent des milliers de personnes. Les armées républicaines se révèlent impuissantes face à ce fléau du XXIème siècle. Quelles sont ses sources ? D’où ont-elles jailli ? Dans quels replis théologiques, dans quels ressacs des passions politiques, au hasard de quels accouplements monstrueux l’islamisme  a-t-il été engendré ? L’analyse que nous vous proposons cherche à remonter aux origines de cette saga meurtrière. Des berges du Tigre aux bords du Nil, des montagnes afghanes aux campagnes algériennes, l’espace et le temps se contractent quand la haine viscérale ensanglante certaines capitales. Récit…
Dès le IXe siècle, à Bagdad, se forge une nouvelle théologie obscurantiste qui servira de socle à la régression du XIIIe siècle, de béquilles idéologiques aux islamistes du XXIe siècle. C’est l’un des paradoxes les plus saisissants de l’histoire de l’Islam. Le théologien Ibn Hanbal, né à Bagdad, en 780, fondateur de l’école juridique qui porte son nom, est ce que nous appelons, aujourd’hui, un ultra réactionnaire qui a vécu à l’époque la plus féconde de la pensée critique, pourtant moins de deux siècles après la disparition du Prophète Mouhammed (Psl). Il va s’attacher à un juridisme exacerbé, prêcher le respect tatillon de tous les hadiths. L’esprit d’innovation (Bida) constitue dans le hanbalisme une absolue hérésie. Son héritage va servir de matière première à la charia la plus dure et structurer pour les siècles un sunnisme obscurantiste dont se réclament, aujourd’hui, les islamistes.
Un retour sur l’histoire musulmane si complexe dans cet Orient si compliqué, selon le mot du général De Gaulle, s’impose. Il s’agit, ici, de comprendre comment la violence s’est installée dès le second califat dans l’islam politique. Depuis l’assassinat, en 644, d’Omar Ibn al- Khatab, le deuxième calife et l’un des compagnons les plus proches du Prophète, les successions ne se résoudront que dans le sang. Les deux califes suivants subiront le même sort : Ousmane Ibn Affân est assassiné en 656 et Ali Ibn Abi Tâlib, cinq ans plus tard. Du vivant du Prophète, la violence ayant émané initialement de faits sociaux dans la péninsule arabique du VIIe siècle, allait se muer en logique normative. Dès l’assassinat des deux derniers califes, les querelles tribales sont devenues des guerres civiles. Ces faits vont installer une culture de la violence durant les premiers siècles.

 Des omeyyades à Daech
Les Omeyyades et leur dynastie vont jeter, dès 661, les jalons de la pensée régissant un islam politique. Depuis cette période, la force a été érigée comme mode quasi exclusif d’accès au pouvoir. Muâwiya est le fondateur de cette dynastie. Califes ou émirs d’hier, autocrates ou dictateurs d’aujourd’hui, ils prônent tous la violence. Pour comprendre cette stratégie meurtrière, il faut saisir les contours complexes de cette histoire musulmane. Lors d’une bataille opposant Ali à Muâwiya, ce dernier demandera à ses soldats d’accrocher des exemplaires du Coran au bout de leurs lances alors qu’il allait perdre. Cette ruse incitera Ali à cesser l’affrontement par respect pour le texte sacré. Ce détail, apparemment anecdotique, revêt incontestablement une indication profonde quant à l’instrumentalisation de la religion et de ses symboles à des fins politico-militaires. Si les musulmans pouvaient observer, de manière dépassionnée, les premiers siècles de leur histoire, ils s’apercevraient aisément que certaines coutumes politiques et certaines idéologies, répandues aujourd’hui, sont nées à une époque où les discordes, les conflits, l’instabilité et l’instrumentalisation de l’Islam à des fins politiques étaient légion. En juin 750, les descendants du Prophète, les Abbassides, mettent fin au règne des Omeyyades et créent une nouvelle dynastie dont le siège est établi à Bagdad. Damas n’est plus la capitale de l’Islam. Ils régneront pendant cinq siècles sur le monde musulman et devront, à leur tour, faire face à une forte opposition politique dont la violence n’est pas sans rappeler le terrorisme tel que nous le vivons aujourd’hui. Le rigorisme qui allait plus tard inspirer le mouvement islamiste allait donc naître à cette époque et notamment avec l’école hanbalite.
C’est en pleine crise de la civilisation islamique que surgit, à Damas, le sévère  Ibn Taymiyya. La chute de Bagdad, ensanglantée par la victoire des Mongols en 1238, précipite alors l’Orient musulman dans une douloureuse réflexion sur sa décadence. Un monde se meurt avec des milliers de manuscrits jetés par les barbares dans le Tigre, au milieu des cadavres. Né à Harran, en Turquie, en 1263, dans une famille de tradition hanbalite, Ibn Taymiyya s’installe à Damas et veut purifier de ses perversions cette capitale de l’épicurisme. Son œuvre considérable est reprise par les fondateurs du wahhabisme au XVIIIe siècle, puis par tous les islamistes djihadistes modernes
Le wahhabisme reste la norme saoudienne devenue la norme dans tout le monde sunnite. Cette doctrine rigoriste, s’appuyant sur les textes d’Ibn Taymiyya, est prêchée, au XVIIIe siècle, près de l’Oasis Wadi Hanifa, au nord-ouest de Riyad, par le Cheikh Ibn Abd al- Wahhab. Cet homme était anti tout : anti femmes, anti bijoux, anti saints, anti chansons, anti chiites, anti mausolées, antieuropéens. Il se disait uniquement pro-Mouhammed (Psl) et professait que la majorité des musulmans trahissait le Prophète. En conséquence, ils devaient se convertir à ses prêches ou être passés par le fil de l’épée. Tout le monde le prenait pour un farfelu. De plus, il n’avait pas d’épée. Malheureusement pour le destin de l’Islam, il croisa, en 1745, la piste de  Mouhammed al- Saoud, petit chef de guerre assoiffé de rapines. Le pirate des sables flaira l’aubaine. Leur tandem accoucha du royaume que l’on présente comme le parrain de ces nouveaux barbares.

Par El Hadji Momar WADE *

* Journaliste
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Les historiens qui se chargeront, demain, d’évoquer et de magnifier l'œuvre des illustres figures féminines de l'Islam au Sénégal, mettront sûrement en exergue le rôle prépondérant que la Vénérée Sokhna Maïmouna Mbacké, fille cadette du Saint de Touba, Cheikh Ahmadou Bamba a joué pour le vivifier, le défendre et contribuer à son rayonnement. En témoigne l'éclat particulier que sa vie durant, elle donnait aux manifestations marquant la « nuit du Décret »
Communément appelée «Leylatoul Khadre» dont Allah le Très Haut dit qu’elle est meilleure que mille mois Grâce aux bienfaits qu'elle renferme. Aujourd’hui, le nom de Sokhna Maïmouna Mbacké est intiment lié à cette nuit bénie que plusieurs sourates du Saint Coran évoquent pour marquer sa valeur profonde incommensurable. «Ha Mim par le livre clair !nous l'avons fait descendre (LE CORAN) durant une nuit bénie nous sommes en vérité, celui qui avertit tout ordre sage et décrété en cette nuit comme un ordre émanant de nous» Oui, c'est nous qui envoyons les messages et comme une miséricorde de la part de ton Seigneur (Sourate de la fumée) :« Nous l'avons certes fait descendre (LE CORAN) pendant la nuit d'ALQADR. Et qui te dira ce qu'est la nuit d'AL QADR ? La nuit d'AL QADR est meilleure que mille nuits, durant celle-ci descendent les Anges ainsi que l'Esprit. Par permission de leur Seigneur pour tout ordre. Elle est paix et salut jusqu’a l'apparition de l'aube» (sourate97). «Le Coran a été révélé durant le mois de Ramadan. C'est une direction pour les hommes. Une manifestation claire de la direction et de la gloire» (verset 185).
Et d'après Abu Horeira, le Prophète Mohamad (PSL a dit à propos de «Leylatoul Qadr». Pour illustrer sa valeur, ceci : celui qui fera des prières pendant la nuit d'AL QADR avec foi et espérance, obtiendra le pardon de ses péchés passés» (Hadith rapporté par  ALBOKHARI). Notre Seydina Mohamad (PSL préparait l'arrivée de cette nuit de bénédiction avec une ferveur particulière. C'est ainsi que durant les dix derniers jours du mois de Ramadan, il se consacrait entièrement en compagnie des siens, aux actes de dévotion, multipliant les prières surérogatoires…
La valeur de «Leylatoul Khadry» est surtout liée au fait que c'est la nuit de la révélation du Coran, de l'institution de la Charia et  de l'évaluation annuelle par Allah, des actes des hommes : «nous l'avons (Le Coran) révélé pendant la nuit bénie, durant laquelle nous avertissons et évoluons chaque acte sage» (sourate : la fumée). C'est grâce à cette grande valeur  qu'elle renferme que «Leylatoul Khadry» occupe une très large place dans l'œuvre du Saint Ahmadou Bamba qui a consacré plusieurs odes pour la magnifier, et chanter ses louanges et solliciter ses bienfaits : «O mois du Généreux Seigneur, mois qui, nous a gratifiés de «Leylatoul Qadr» qui est une nuit de bienfaits et d'opulence» «Louange à Allah qui répond aux sollicitations, le maître du destin qui nous a gratifiés du bienfait de «Leylatoul Qadr» qui l'a élevée pour toujours jusqu’a ce qu'elle soit meilleure que mille mois» «O Seigneur, par la grâce de «Leylatoul Qadr» cache mes défauts et écoute ma prière. O Seigneur, par la grâce de ce jour, fait que mes préoccupations et celles de ma nation soient agrées. O Seigneur, par sa grâce «Leylatoul Qadr» éloigne de moi tout ce qui me nuit et maintiens-moi dans la bonne direction. Ô Seigneur, par sa grâce, offre-moi le Paradis et purifie-moi le cœur, offre à mon peuple les deux lumières dans les deux demeures. Et fais nous emprunter le chemin du succès et de l'opulence. Attire nos cœurs vers l'accès et vers l’œuvre pieux. Accorde-nous le bonheur éternel et le bienfait. O celui dont le royaume demeure éternel». «Pour la Gloire de l'Islam».
A l'image de son modèle, Seydina Mohamad (PSL), le Vénérable Saint de Touba, Cheikh Ahmadou Bamba accueillait «Leylatoul Qadr» avec ferveur et solennité en se consacrant à de multiples actes de dévotion et de bienfaisance. Ses nombreux disciples étaient soumis aux mêmes actes de dévotion par le Vénérable Cheikh qui les exhortait à l'imiter et à prendre sur lui durant cette  nuit bénie.
C’est à cette prescription que s'est conformée sa Vénérée fille cadette, Sokhna Maïmouna Mbacké (qu'Allah lui accorde son agrément toute sa vie riche en actions de grâce au Tout Puissant et en actes d'hommage à la mémoire de son Vénérable père, Cheikh Ahmadou Bamba (RTA). C'est ainsi qu'elle se chargeait d'organiser chaque année, à l'occasion de«Leylatoul Qadr», une majestueuse cérémonie commémorative au cours de laquelle sont organisées de nombreuses séances de lecture du Saint Coran et de Zikr ainsi que des cercles de psalmodie des odes composés par son Vénérable père (RTA) en hommage à son modèle, le Sceau des Prophètes, Seydina Mohamad(PSL) et à la gloire de l'Islam.
Pour rester fidèle à la mémoire de Cheikh Ahmadou Bamba et à ses prescriptions, elle ne ménageait aucun effort pour combler de bonheur les milliers de fidèles venus de tous les horizons, partager avec elle les bienfaits de«Leylatoul Qadr» et se ressourcer pour mieux servir l'Islam dans les règles du Coran et de la Sunna.
La célébration de «Leylatoul Qadr» servait à Feue Sokhna Maïmouna Mbacké l'occasion pour rappeler aux fidèles leurs devoirs et leurs obligations de musulmans mourides et pour les exhorter au respect scrupuleux des enseignements du Coran et de la Sunna, conformément aux recommandations de son Vénérable père. C'est pourquoi elle chargeait son fils et diawrigne, votre serviteur : Serigne Mahfouz Mbacké, d’animer à chaque célébration de «Leylatoul Qadr» une série de  causeries se rapportent à la vie exemplaire du Saint Cheikh Ahmadou Bamba, à ses recommandations, à son attachement au Coran et à sa fidélité à la «Sunna» de notre Seydina Mohamed (PSL), son modèle et la source de ses inspirations. Ce faisant, elle se proposait comme objectif d’aider les fidèles à s'inspirer de la vie du fondateur du mouridisme pour se parfaire, se ressourcer et renforcer leur foi.
Khalife de Sokhna Maïmouna Mbacké Darou Wahab

Par Elhadji Mohamed Mahfouz Mbacké

Les Etats Unis (EU) ont récemment frôlé le défaut de paiement. Un mythe a failli s’effondrer. Dans le monde de la finance, les Bons du Trésor américain étaient perçus, jusqu’à récemment, comme un investissement à probabilité de défaut pratiquement nulle, reflétant la puissante position de l’économie américaine. Cependant, avec les évènements du mois passé, beaucoup se sont rendus à l’évidence : c’est un géant aux pieds d’argile.  Cette crise de la dette publique aux EU et dans des pays de la zone Euro, donne plus de crédit aux arguments d’économistes qui ont attaqué le système financier dominant qui est biaisé en faveur des instruments financiers qui encouragent l’endettement. Un célèbre disciple de Keynes, Hyman Minsky a, ainsi, développé la thèse de l'instabilité inhérente au système capitaliste basé sur l'intérêt, dans sa théorie de l'instabilité financière (Financial Instability Hypothesis). Sa pensée a été intensément revisitée au plus fort de la récente crise financière mondiale. Cette crise, faut-il le rappeler, a été l’occasion pour plusieurs académiciens et autres acteurs du monde financier de suggérer des solutions aux failles avérées du système financier international. Dans cet ordre d’idée,  le Professeur Willem Buiter, de London School of Economics, avait simplement suggéré l’adoption des principes de la finance islamique, notamment celui relatif au partage des profits et des pertes, pour l’établissement d’un système plus stable. La nouvelle forme de la finance islamique, après moins d’un demi-siècle d’existence, a fini d’établir sa crédibilité comme alternative ou, au moins, comme complément au système traditionnel. En effet, il était remarquable durant la dernière crise financière mondiale, que les institutions financières islamiques étaient plus stables que les institutions conventionnelles. Cette observation a été vérifiée par une étude produite par des chercheurs du Fonds Monétaire International (FMI), montrant que les banques islamiques avaient fait preuve d’une capacité de résistance plus grande que celles conventionnelles durant la crise. Les auteurs ont trouvé que cette bonne performance des banques islamiques était due à leur modèle de business, inspiré par la Chariah. Ce fait a suscité l’intérêt de beaucoup de chercheurs qui essaient de mieux comprendre les principes fondateurs de cette finance alternative.
La liquidité est aussi un autre argument qui explique l’intérêt de plus en plus croissant à la finance islamique, de la part même de pays dont la population est à majorité non musulmane. Les actifs gérés par les institutions financières islamiques sont, aujourd'hui, estimés à plus de 1 trillion de dollars, représentant seulement le quart de leur potentialité selon les estimations les plus conservatrices. Malgré ces raisons, purement économiques, les pays de la sous région Ouest africaine, habités en majorité par des musulmans, tardent à profiter pleinement des opportunités que pourrait offrir une introduction effective de la finance islamique dans la sous région.   L’argument est qu’une introduction effective de ladite finance dans la sous région rendrait le système financier plus inclusif, plus liquide, plus stable et donc plus efficient. A cette fin, un certain nombre de défis devront être relevés.
Comme mentionné plus haut, les habitants de l’Afrique de l’Ouest sont à majorité musulmane. Le Coran, qui est le premier livre de référence de l’Islam interdit de manière explicite et catégorique le Riba ;  le paiement et la réception de l’intérêt représentent une forme de Riba. A cause de cette interdiction, nombre de musulmans sont exclus du système financier formel. Cela signifie que ceux parmi eux qui ont un surplus de fonds ne vont pas placer leurs épargnes dans ces banques traditionnelles qui fonctionnent sur la base de l’intérêt ; de même ceux parmi eux qui auraient des projets économiquement viables ne s’approcheront pas, non plus, de ces banques pour trouver un financement. Les conséquences négatives de telles attitudes sur l’épargne nationale et le développement des activités productives sont claires.  La présence d’institutions qui offrent des produits alternatifs conformes aux règles de la Chariah aiderait à régler ce problème.
Une des marques de la récente crise financière est la contraction du marché du crédit. En d’autres termes, une crise de confiance régnait dans les places financières, ce qui expliquait la réticence des institutions financières à accorder du crédit à leurs clients. Il est clair que la réforme réglementaire en France qui a permis l’introduction de produits financiers conformes à la Chariah, n’était point motivée par l’amour que celle-ci a pour l’Islam mais plutôt par l’opportunité que représente la finance islamique comme source alternative de financement.
En finance, la diversification est un principe élémentaire de gestion des risques.   Nos pays aux économies fragiles avec une demande énorme en financement d’infrastructures ont ainsi plus de raisons pour diversifier leurs sources de financement et saisir l’opportunité que représente l’excès de liquidités, notamment dans les pays du Golfe. Malgré le développement fulgurant du marché des Sukuk (emprunts obligataires islamiques), les pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) tardent à taper aux portes de ce marché qui offre des opportunités intéressantes pour financer les grands projets.
On a donc pu identifier au moins deux sources de liquidités pour le système financier en cas d’introduction effective de la finance islamique : une source interne avec l’augmentation de l’épargne nationale et une source externe avec une potentielle arrivée d’investissements directs étrangers. Une fois encore, des sources de financement diversifiées stabilisent le système. Une autre source de stabilité réside dans les dispositions de la Chariah qui rendent les activités spéculatives difficiles à mener. En effet, les produits de la finance islamique se caractérisent par le lien qu’ils établissent entre le secteur financier et le secteur réel de l’économie. Ainsi, il est quasiment impossible d’imaginer avec de tels produits une bulle comme on en a vue lors de la crise des subprimes aux EU. C’est une forme d’efficacité. 
Brièvement présentés, voilà quelques bienfaits que pourrait apporter la finance islamique aux économies de la sous région. Cependant, pour y parvenir, un certain nombre de défis devra être relevé.
Les produits de la finance islamiques sont différents de ceux de la finance traditionnelle. Pour permettre une compétition entre les deux types de produits, en toute égalité, une réforme du cadre réglementaire est nécessaire afin de prendre en considération les spécificités de ces produits alternatifs. Par exemple, pour financer certains besoins réels des clients, la banque islamique doit d’abord posséder l’actif en question avant de le transférer au client. Ces transactions pourraient entraîner une double taxation qui serait de nature à rendre le produit proposé par la banque islamique plus cher que celui de la banque conventionnelle.
D’autre part, il y a une chaîne d’individus qui pourraient être impliqués dans une transaction financière. On peut citer, entre autres,  les clients, les employés, les superviseurs et contrôleurs, les juges, etc. Tout ce beau monde doit connaître, selon leur niveau d’implication, les règles qui sous-tendent ces transactions. Même si en général la responsabilité d’assurer la conformité des transactions avec les règles de la Chariah est rejetée sur le dos des Chariah Boards, il demeure que chacune des  parties impliquées se doit d’en assumer une partie. D’où l’importance de la formation adéquate de ressources humaines capables d’exécuter normalement les opérations.
Enfin, et à un niveau plus important, le climat politique d’un pays ainsi que la crédibilité de ses institutions juridiques, en particulier, sont des facteurs cruciaux pour attirer des investisseurs étrangers. Les pays émergents d’Asie comme d’Amérique du Sud semblent avoir bien compris cette idée, comme l’attestent leurs efforts pour une application effective des règles de bonne gouvernance.

Par Dr Abdoul Karim DIAW

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Sur la route de Djifère, là-bas sur la mythique Pointe de Sangomar, ce n’est pas seulement que la nature qui se meurt du fait de l’océan qui bouscule les hommes. Les cultures et les valeurs s’en vont aussi pour de bon et cela se voit dans le décor quasi kafkaïen qu’affiche l’isthme au détour de Diakhanor, le dernier hameau de la longue guirlande de villages sérères, tous appelés Palmarin  et… condamnés presque, tous aussi, à la détérioration et à l’itinérance forcée par l’avancée de la mer !
L’érosion dans cette partie du Sénégal a eu plusieurs conséquences fâcheuses, notamment la perte d’infrastructures économiques (usine, campement), la destruction de la mangrove, la délocalisation de villages comme Diakhanor, l’ensablement des chenaux d’accès aux îles comme Dionewar et Niodior. 
Actuellement, selon certains experts, le phénomène d’érosion ayant beaucoup ralenti, la ligne de rivage recule encore de quelques dizaines de mètres par an. La flèche ne s’est pas stabilisée et elle continuera vraisemblablement de s’éroder jusqu’à sa racine, c’est-à-dire approximativement à la hauteur de Palmarin Diakhanor. A Djifère, le drame n’est pas autrement vécu ou les populations cachent difficilement leur désarroi face au risque, de plus en plus probant, d’un engloutissement de cette bande de terre sur la flèche du Sangomar sur laquelle est bâti leur village.
L’hypothèque que la gourmandise des vagues fait peser sur ce village et comme dans beaucoup d’autres dans cette presqu’île, depuis les plages  du  Cap-Vert jusqu’à la Pointe de Sangomar, c’est d’abord et surtout l’histoire d’un drame culturel profond. Les sexagénaires de Palmarin-Ngounoumane, de Ngallou, mais aussi de Nguedji et de Diakhanor en parlent… Très peu certes, mais avec la passion de ceux qui l’ont vécu dans leur chair et dans leur âme. Cette itinérance forcée constitue l’envers d’une érosion qui est aussi celle des valeurs et des pratiques ancestrales. M. Youssou Ndène, notable à Ngounoumane et ancien président de la communauté rurale de Palmarin, racontait, il y a quelques années : «  La mer que vous voyez là à nos portes était à plusieurs lieux d’ici. Ce lieu où se situe le village de Ngounoumane, nous nous y sommes installés, il y a maintenant 65 ans. C’est la troisième implantation de Palmarin-Ngounoumane. Quand nous y arrivions, il y avait une forêt dense entre le village et la mer qui était encore très éloignée ». Cela donne une idée des risques encourus. Et dont on peut jauger de l’ampleur en remontant le souvenir de ces drames vécus, il y a quelques années de cela, quand la furie des vagues avait fini de déferler sur ces sites paradisiaques du royaume de l’enfance si cher au poète-président Senghor.
« Regardez là-bas ! C’est dans ce campement touristique, aujourd’hui englouti par les vagues, que je travaillais. Il y a encore sept ans, ce réceptif ne  désemplissait pas. Mais c’est triste, la mer a tout détruit, y compris les locaux des services des eaux et forets qui se trouvaient derrière l’hôtel ».
L’homme qui s’exprimait ainsi s’appelle Samba Bâ. Ancien cuisinier de campement, parti à la retraite après ce déluge qu’il n’est pas prêt d’oublier. Ce Peul était venu, comme la plupart des habitants de Djifère, de très loin, avec l’espoir de faire fortune ici. Pour lui, l’heure n’est plus aux illusions. D’un ample tour de bras, il nous indique avec force détails les ravages causés par la morsure des vagues. Le regard qui suit à la trace cette gestuelle ne peut pas se figer sur le très surréaliste et effarant spectacle de tant d’efforts et de sacrifices annihilés. Aujourd’hui ruinés par l’océan, les murs défoncés d’anciennes maisons de plaisance, les immenses souches d’arbre (probablement les restes d’un ancien peuplement de filaos ayant servi à contenir les eaux) subissent encore l’inséparable furie des flots.
Avec l’amoncellement de déchets solides rejetés sur le rivage comme ces pneus usagés et cette ferraille faite d’objets hétéroclites, ces endroits, jadis habités par les hommes, sont devenus aujourd’hui le refuge d’une faune très peu inquiétée par le caractère sinistre des lieux : quelques rares oiseaux aquatiques, des lézards que n’indisposait pas outre mesure le sable surchauffé de la plage, des chèvres se ruant sur tout ce qui pouvait encore ressembler à de la végétation… C’était tout ou presque. Mis à part tous « ces gens de la plage », pêcheurs et matelots (les « laga-laga ») qui, à l’ombre de leurs huttes, profitaient de la brise marine pour remailler leurs filets…
« Si on ne fait rien, dans dix ans, Djifère ne sera plus qu’un vieux souvenir. La mer continue encore de creuser. Une fois, après que des journalistes comme vous sont passés, le Génie militaire est venu avec des géomètres. Ils sont repartis sans que rien ne soit fait. Nous attendons toujours », nous confiait le vieux Seydou Cissé, un des dignitaires de la mosquée, rencontré près du marché. Pour lui, comme pour ses amis, la peur s’est installée.  Car tout ce qu’ils redoutent encore, c’est aller à l’inévitable. L’inévitable est, depuis cette date, en train de se produire.
Aujourd’hui, non seulement les implantations humaines ne cessent de subir des assauts répétés des flots au point de pousser, après les violents raz-de-marée, les habitants à changer de village à plusieurs reprises durant ces décennies... Mais, encore, les vagues ont poussé leurs fougues ravageuses jusqu’au-delà des espaces socialisés. Engloutissant dans ces houles les concessions et les champs, les lieux de culte et les sols en jachère, les cimetières ancestraux et les bois sacrés...
A soixante seize ans révolus, Simon Sarr, le doyen d’âge de ces vieux Palmarin, avec qui nous avons discuté de ce problème, se remémore, non sans amertume, ces périodes où, adolescents, ils accompagnaient son père sur le site actuel de Nguedji. Où, dit-il, on se retrouvait autour des points sacrés pour célébrer le traditionnel culte des ancêtres. D’autres endroits ayant eu, dans le passé, à abriter les mêmes fonctions religieuses sont sous les eaux marines, à plusieurs centaines de mètres du rivage.
« Quand la mer se retire, ce qui arrive parfois, nous retrouvons ces sites avec nostalgie. Ce sont, pour nous les anciens, des moments privilégiés de recueillement, « explique le patriarche. Répondant à une question sur ce qui reste après que tout cela a été perdu, son jeune frère, Mody Sarr prend à témoin ses aînés : « On conserve ce que l’on peut conserver ». Nos traditions restent encore vivaces, malgré l’évolution qui n’épargne ni la nature, ni les hommes, dira-t-il. Avant de laisser Amath Sarr, un autre de ses frères, illustrer son propos, en termes éclairants.
Malgré l’érosion des valeurs et de la nature, explique ce dernier, les « tuur » et autres « pangool » (esprits et doubles spirituels des familles) sont là dans ce qui reste des anciens emplacements de culte… Comme dans cet endroit dénommé « les Sept baobabs ».
Reliques millénaires d’une forêt sacrée, aujourd’hui littéralement esseulée sur de vastes étendues dévastées par la salinité des sols, ces arbres géants bravent encore les rigueurs des « tanns » et se dressent majestueusement encore sur ce décor austère.
Avant d’arriver à Diakhanor (l’ancien) avec ses bâtiments abandonnés aux tenaces herbacés qui résistent encore au sel du sol, chacun des Palmarin (Ngallou, Ngounoumane et Sam-Sam, traversés par la piste impossible sur l’axe Samba Dia à Djifère) porte les stigmates de cette dégradation.
Devant l’épave du bateau dénommé « Tiran », ayant échoué on ne sait plus quand, ni trop comment, un clocher d’une ancienne église, un cimetière et la bouse de vache annonce une première implantation de Ngallou qu’une marée salée enserre dans la demi-insalubrité.
Les cocotiers surplombant les maisons, les quelques baobabs à l’extérieur des concessions, restent pour les générations actuelles tout un symbole. Celui d’une alliance entre le sérère et l’arbre dans cette sorte de « complicité paradoxale », à propos de laquelle Paul Pélissier disait qu’elle est l’expression « d’une enseigne ethnique » et l’empreinte séculaire d’une organisation sociale.

 Par Moustapha SENE

Les habitants du Sud Soudan se sont exprimés en grand nombre et c’est presque d'une voix unanime qu'ils ont voté le 9 Janvier 2011 pour se séparer du Nord.
Pour comprendre la nécessité de la sécession il faut tenir compte de l'histoire de ces peuples. Les deux régions du Soudan, le Nord et le Sud, avait été forcées en une seule entité par la Grande-Bretagne en 1956, malgré des différences évidentes. Le mariage mal assorti imposé par la puissance coloniale à deux entités contradictoires différenciées par la culture, la langue, l’ethnie, l'histoire et plus particulièrement la religion, a été le fléau du plus grand pays d'Afrique depuis l'indépendance, causant l’une des plus longues guerres civiles en Afrique. Plus de 2 millions de personnes ont été tuées et plusieurs millions se sont retrouvés sans abri pendant des décennies de kidnappings, de raids transfrontaliers et de combats conventionnels en tous genres, avant qu'un accord de paix global fût signé en 2005. Ceci a mené au 9 janvier dernier, date du référendum, quand le peuple du Sud a exprimé à la quasi-unanimité un OUI à la création d’un nouvel État du Sud Soudan et a enfin abouti à la cérémonie officielle du 9 juillet avec la scission historique.
Les histoires qui précèdent le jour historique du 9 juillet 2011 ne seraient pas correctes ou du moins pas complètes si elles ne mentionnaient pas le Dr. John Garang. Il a été le président et le commandant en chef du Mouvement/Armée de libération du peuple du Soudan (Sudan People's Liberation Movement/Army - SPLM/A) et a mené les négociations avec Ustas Ali Osman Taha, alors premier vice-président du Soudan lors des négociations de Naivasha au Kenya. L’accord de paix global qui a résulté de ces années de négociations est la graine qui a fait germer une nouvelle nation souveraine et autonome, presque 20 ans après la dernière indépendance.
John Garang est devenu le premier vice-président du gouvernement d'unité nationale résultant de l'accord de paix. Cela l’a obligé à quitter sa base dans le Sud pour le palais présidentiel à Khartoum.
Tout le monde a perçu cela comme un signe positif pour son idée de «Nouveau Soudan », considérant qu'il pourrait faire bouger les choses de l'intérieur. Mais l'homme est mort. Il était un homme remarquable comme de nombreux observateurs l’ont souligné et le fait qu'il soit mort quelques semaines seulement après être devenu vice-président a suscité beaucoup d’étonnement. Sa mort n’aura pas été en vain si le 9 juillet 2011 permet, au-delà de la souveraineté nationale pour le Sud-Soudan, la prospérité de son peuple.
Nous avons l’espoir à présent que les nombreuses forces qui se sont abstenues en vue de la victoire ne vont pas resurgir dans une quête de partage du pouvoir et de contrôle des ressources. Des tensions demeurent entre les deux Soudan, en particulier la question non résolue de la frontière d'Abyei. La Commission pour la frontière d'Abyei (Abyei Border Commission - ABC) qui avait pour but de résoudre la question, s’est vue rejeter son rapport puisque les deux parties ont préféré plutôt se tourner vers la Cour Internationale d'Arbitrage. Mais ceci est une question d’un autre jour et sera débattue entre deux pays indépendants au lieu d'un seul pays et une région sécessionniste.
Tout cela sera relégué à l'arrière-plan alors qu’une nouvelle nation se lève sur les rives du Nil. Il est maintenant temps de poser correctement les bases d’un nouveau départ. Le nouveau gouvernement doit rechercher des moyens de remettre l'économie sur la bonne voie, cela signifiant que les moyens de production ne soient pas à la charge du gouvernement, mais plutôt des particuliers. Le gouvernement devrait se concentrer sur la création de lois et d’un environnement propices à engendrer le développement et la croissance rapide du pays.
Contrairement aux États africains qui ont obtenu leur statuts d’indépendance il y a 50 ans sans avoir des prototypes de ce que la gouvernance devrait être en Afrique, le Sud Soudan, lui, possède une surabondance d'échantillons et des leçons à apprendre des succès et des échecs d’autres pays africains.
Cette fois-ci, l’heure n’est pas aux discours émouvants d’indépendance, mais plutôt à se mettre à produire des résultats qui vont inciter même les sudistes les moins patriotes à se draper des couleurs nationales dans une décennie, tant ils seront fiers que l’aube d’aujourd’hui amène peu à peu la croissance, le développement et la prospérité. Ceci n’arrivera pourtant pas grâce au hasard : une planification économique stratégique est aussi nécessaire pour permettre à la population plutôt qu’à l’État d'être le moteur de l'économie. Ceci doit être intentionnel dès le début. Ce gouvernement du Sud Soudan n'a pas besoin de s’essayer à ce que produit le protectionnisme – cela a été testé bien des fois et a entraîné plus de pauvreté et de sous-développement dans la plupart des États africains.
Les Sud Soudanais, en tant que peuple, ont la possibilité de regarder le monde et de décider le genre de vie qu'ils souhaitent imiter. S’ils observaient assidument, ils finiraient par déterminer deux groupes : les nations économiquement libres et les nations économiquement moins libres. La plupart des nations libres sont prospères alors que la plupart des autres sont pauvres.
Le samedi 9 Juillet, avec la levée du drapeau le plus récent du monde, le Sud Soudan commence à zéro son chemin, soit vers une pauvreté accrue, soit, de préférence, vers une prospérité exemplaire. Nous ne pouvons que prier pour que ce pays africain fasse le bon choix et se lance dans la voie de la prospérité.
*Japhet Omojuwa est Assistant de Recherche et adjoint à la rédaction d'IMANI et AfricanLiberty.org. Franklin Cudjoe est le président de IMANI et rédacteur en chef de AfricanLiberty.org.

Par Franklin Cudjoe et Japheth Omojuwa Publié en collaboration avec UnMondeLibre.org


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