Idées et Réflexions (1022)

La récente sortie médiatique de Youssou Ndour, leader du mouvement «Fékké ma thi bolllé», critiquant les règles de fonctionnement au sein de «Benno Bokk Yakaar», n’a pas fini d’installer la polémique au-delà même de la coalition gouvernementale. Certainement, il ne manquera pas de Cassandres à croire que la sortie du roi du mbalakh est dirigée contre le président Macky Sall, président de l’Alliance pour la République. Une erreur d’interprétation dont devrait se passer tout esprit lucide et conséquent. En réalité, le roi du mbalakh n’a fait que profiter de son statut de plénipotentiaire de «Benno» pour inviter les états-majors politiques de la coalition à s’engager dans la voie du dialogue sincère pour trouver une sortie honorable à l’impasse actuelle qu’elle traverse. Faut-il le rappeler avant que la mémoire ne se fossilise, les conditions d’émergence de «Benno Bokk Yakaar» trouvent leurs sources dans la conscience des leaders de l’opposition d’alors, à savoir l’union était la condition minimale pouvant permettre une alternative à l’alternance «wadienne». Ce principe reste encore de rigueur. Les pratiques d’ostracisme et d’exclusion dénoncées par Youssou Ndour au sein de «Benno», fondamentalement au sein de l’Apr, sont d’autant plus vraies et inconcevables qu’il s’agit d’une coalition et d’un parti dont le patron, en l’occurrence Macky Sall, est réputé jouir d’un esprit d’ouverture sans pareil sur la scène politique. Le président Sall a tout donné à ses alliés en appliquant au pied de la lettre le principe du « gagner ensemble, gouverner ensemble ». Sous ce rapport, traiter Youssou Ndour de maître chanteur ou tenter de le diaboliser sera la pire maladresse. C’est un homme avec qui nous devons établir des rapports basés sur les principes du respect et de la considération. Il a le droit de s’indigner. On a l’impression que, depuis 6 ans, il y a des responsables de «Benno» qui, au lieu de songer à accompagner intelligemment l’action du président Macky Sall, préfèrent se livrer à des joutes stériles dans l’espoir de parfaire leur propre destin politique. Voilà ce qui explique, en partie, l’asthénie et la déception qui animent certains militants. Nous avons la faiblesse de croire que Youssou Ndour a d’autant plus raison que la source de tous les problèmes de «Benno», c’est cette morbide tendance à ne sublimer que ce qui est complaisant à son égard et à rejeter systématiquement toute note dissonante. Ce serait vraiment une méprise que de penser de la sorte. Il faut savoir que les organisations politiques ont pour fondement et pour levier la liberté : pour maintenir «Benno» dans une unité organique, il faut accepter de payer le tribut de la liberté. Payer le prix de la liberté, c’est à la fois accepter de faire des concessions au profit de ses alliés et disposer son parti à se défaire de certains principes et valeurs qui ne cadrent pas avec la dynamique unitaire dont le président Macky nous invite à en faire un viatique. En effet, s’il est clair que la diversité des partis de la coalition, notamment dans leurs itinéraires historiques, rend difficile la construction d’une unité partagée par tous, toujours est-il que, dans le contexte actuel, seules les stratégies d’élargissement sont gagnantes. Nous sommes à quelques mois de l’élection présidentielle et l’heure doit être à l’unité de toutes les forces de «Benno» autour du président Macky Sall. A ce titre, la phrase d’Amadou Mahtar Mbow qui figure en épitaphe garde toute sa pertinence et est au cœur de la consolidation de notre coalition : « L’unité ne peut avoir comme socles que la vérité et la sincérité ».

Par Pape KHOUMA
Responsable politique Apr/Parcelles Assainies
Conseiller spécial/Primature

La vie s’en va et l’amour reste. Nous savons tous que la vie mène à la mort, mais nous ne guérissons pas de l’innommable douleur. De nouveau souffrir, de nouveau saluer la mémoire d’êtres chers et aimés. Plus douloureux encore quand il s’agit d’évoquer de grands et féconds esprits, des hommes comme, hier, Hamidou Dia, le professeur Ibrahima Sow dont le dernier livre de poésie vient de paraître et repose sur mon bureau et, aujourd’hui, une femme, une femme qui a tout donné à la noblesse de l’esprit, une femme ivre de découvertes, ivre de rencontres et de métissages, ivre de liberté, ivre de travail, ivre d’idéal, ivre d’aller au fond des terriers d’or et d’en extraire pour nous les secrets de l’alchimie de la création littéraire négro-africaine et de la fine démarche de la pensée nègre des ciseleurs de concepts.

Lilyan a visité tant de livres, dormi avec tant de bibliothèques immatérielles, cousu tant d’habits et forgé tant de jeunes esprits africains au respect de la connaissance, au goût de l’audace, à la patience de la célérité de la recherche !

On sait tous que cette femme aux longs cheveux et à la tête bien pleine était l’une des plus distinguées spécialistes des littératures négro-africaines francophones. Elle a consacré sa vie à l’enseignement et à la recherche à l’Ifan Cheikh Anta Diop. On apprend qu’elle « a constitué une sonothèque sur le patrimoine oral du Mali ».

Un fait marquant et qui en dit long sur son amour pour l’Afrique et ses écrivains et poètes : sa thèse de doctorat, soutenue en 1961, portait le titre : « Les écrivains noirs de langue française : naissance d’une littérature ». Elle a fait œuvre de pionnière! Nous savons de ceux qui ont retracé sa vie et son parcours que Lilyan a enseigné comme professeur à l’École normale supérieure de Yaoundé, ensuite au Mali, puis en Côte-d’Ivoire avant de venir s’installer à Dakar, au Sénégal. Elle était une amie très proche d’Amadou Hampâté Bâ. « Elle a exploré les contes, les mythes et autres sapiences de l’oralité pour mettre en évidence le dialogue constant et fertile entre les gisements traditionnels et les productions récentes francophones ».

Lilyan Kesteloot qui vient de nous quitter était d’abord une Africaine. Toute sa vie durant, elle a fait de l’Afrique, de ses écrivains, de ses poètes, de ses critiques dont elle faisait partie intégrante, le lieu même de son bonheur de chercheuse. Très tôt, elle s’est lancée à l’assaut de Senghor, Césaire, Damas. Elle a beaucoup contribué à découvrir, dans le texte, ses grands poètes. Elle aura beaucoup rendu visible Sédar et Césaire. Elle a tenu debout la Négritude !

Aujourd’hui qu’elle n’est plus là, mes pensées vont particulièrement à deux immenses professeurs émérites qui étaient ses compagnons et ses amis : feu Bassirou Dieng, brillant et exigeant. Amadou Ly, généreux, érudit, fidèle. Si je parle ici de la générosité d’Amadou Ly, c’est que non seulement il consacrera un travail universitaire important et inédit à la jeune génération des poètes venus après Senghor et Cheikh Aliou Ndao, dont Amadou lamine Sall, mais il mit au programme de ses cours certains jeunes poètes, dont je faisais partie. Qu’il reçoive ici l’hommage affectueux d’un poète qu’il nomme avec beaucoup d’imprudence et d’attachement : « Maître ». Puissè-je mériter une telle cime !

Nous avons eu la chance de faire partie de ses étudiants qui, dans les années 70, avaient comme professeurs de lettres Mohamadou Kane, pédagogue joyeux et inspiré, Madior Diouf, sérieux, raide, méthodique, Lilyan Kesteloot, jolie, cultivée, vraie, stimulante, engagée. De purs joyaux ! Très tôt, Lilyan m’avait pris sous sa protection. Elle avait découvert combien j’aimais boire dans l’encrier. Elle m’y encourageait. Depuis, et bien longtemps après, je ne l’ai jamais quittée, de Dakar à Paris où je passais toujours l’embrasser. Nous parlions beaucoup de Senghor, bien sûr, et de ce destin qui m’avait conduit jeune dans ses bras pour faire de moi ce que je suis devenu, en restant moi-même. Il était difficile d’échapper à la magie de Sédar et je ne voulais pas devenir un poète en devenant un éphémère « Senghor bis ». A quoi cela aurait-il servi de singer dans son style le poète sérère, sinon à rien ! Lilyan y a veillé. Elle m’a demandé de beaucoup travailler, de beaucoup lire pour être sauvé, de beaucoup s’appliquer à être moi-même et de laisser faire ce qui ne peut s’acheter et qui dort en chaque vrai créateur. Le reste, à la grâce de Dieu !

Alors, j’ai beaucoup écouté sans jamais obéir. L’expérience m’a appris qu’en création, obéir aux maîtres cesse d’être la voie de la réussite ! L’impasse est vite en face de vous. L’aurore est dans le refus de singer ! Je m’en étais rendu compte dans mes séances de travail et de lecture avec Senghor. Il me ramenait toujours dans le couloir aérien de ses propres et si prodigieuses métaphores et figures de style dont lui seul avait le génie.

A la vérité, et Lilyan Kesteloot l’a écrit dans une de ses anthologies, je la cite de mémoire : « le jeune Amadou Lamine Sall s’était révélé comme un bon nouvelliste et non comme un bon poète. Ce fut l’étonnement quand il publia son premier recueil de poésie : « Mante des aurores ». Elle conclut : « En un seul recueil, il avait rejoint les plus grands poètes ». Pour ma part, je ne sais, mais il me fallait trouver ma propre voie. Laissons faire le temps. Les livres d’histoire diront la vérité, donneront le verdict, loin dans le temps, quand nous ne serons plus là ! Cependant, on ne nait jamais seul, ni en littérature ni en politique !

C’est cette femme, cette enseignante-chercheuse, cette découvreuse de talents, cette couveuse de créateurs, mais ferme et inflexible quand il s’agit de médiocrité glaciale et des calamiteux faux serviteurs de la littérature, dont je voudrais ici m’incliner devant la mémoire. Une belle femme, belle dans l’âme et belle dans la tête, nous a laissés, mais pas seuls. Ses livres, ses recherches, son amitié, son affection, son attachement à l’Afrique ne nous quitteront jamais.

Morte à Paris, elle avait souhaité dormir à Bel-Air, me confie Amadou Ly. Je souhaite qu’elle ait plus de chance que Senghor qui attend toujours de rejoindre Joal et qu’elle repose en terre sénégalaise, en terre d’Afrique, elle qui a tant aimé notre pays, notre continent que son « cœur se rompît » pour parler comme Senghor, dans son émouvant poème : « Quand je serai mort ».

Autre souhait : que cette femme venue d’Europe, mais devenue africaine, mariée à un Africain, formant des Africains dans des universités africaines et qui nous a apportés un excédent de valeur et de foi en nos propres cultures et littératures, puisse un jour voir, de là où elle dormira désormais pour l’éternité, son nom inscrit dans la pierre au sein de l’Ucad, là où la lumière dit : éclaire et couve l’esprit !

Par Amadou Lamine SALL
Poète
Lauréat des Grands prix de l’Académie française

A l’ère de la diffusion de l’information du XXIème siècle, de l’infobésité qui nous entoure, des réseaux sociaux qui relaient de fausses actualités, parasitant ainsi les discours et la pensée, la radio est certainement le seul média qui peut relayer une parole démocratique exigeante et renforcer les liens humains.

Si l’antenne de radio respecte la déontologie liée à la diffusion des informations et des idées, l’espace radiophonique peut être un allié communicationnel qui favorise l’expression, la parole et l’écoute, les échanges, les débats philosophiques, culturels et scientifiques. Pour cela, elle se doit de respecter l’éthique et les sources qui l’alimentent. Grâce à la technologie, nous savons que la rediffusion et le classement sont possibles. Ainsi, la radio devient un outil de mémoire, un circuit essentiel de l’archivage de notre patrimoine historique et culturel. La radio numérique du XXIème siècle n’exige ni un matériel lourd ni un équipement coûteux, il s’agit juste d’y déployer des valeurs morales, une pensée, un esprit critique, scientifique et analytique. Comme dans tout outil numérique ou technologique, c’est la pensée de l’homme qui définit son utilité et son excellence.

La radio peut être partout, jusqu’au bout des terres des hommes et des femmes qui n’ont pas accès, comme dans les zones urbaines, à l’information, à la culture, aux études, à la parole démocratique. Cela peut également être un média de l’intime à l’écoute de nos préoccupations sociales et citoyennes.

La radio peut être une présence salvatrice au quotidien pour ceux et celles qui cherchent à réfléchir, à renforcer leurs connaissances, à comprendre la société et à entendre le monde.

La radio peut être le média à l’écoute des hommes, des femmes, de la jeunesse, des citoyens d’un terroir, à l’écoute de la société, de ses enjeux, de ses attentes et de ses besoins. C’est pourquoi, en créant des antennes radiophoniques qui respectent les règles de l’information et des idées, nous pouvons placer la parole, les savoirs et le débat citoyen au cœur de notre pays.

Par Dr Yacine Diagne KANE
Enseignante/chercheur,
Chef du Département Radio au CESTI/UCAD

Le Sénégal a abrité, du 21 au 25 février 2018, la 5ème édition du Festival international soninké (Fiso). C’est l’occasion de rappeler les fondements historiques et culturels soninkés de l’ouest africain, notamment du Sénégal. Si la culture européenne trouve ses racines dans la pensée gréco-latine et que le Pr Cheikh Anta Diop ait démontré l’africanité de l’ancienne Égypte (ou «l’Égypte nègre», selon l’expression de l’historien), nous pouvons, dans cette lignée, affirmer la « soninkiité » de la culture de la majeure partie des groupes humains ouest-africains, plus particulièrement ceux du Sénégal.

Au début du premier millénaire, les Soninkés eurent cohabité avec les Bafours (ancêtres des Wolofs), les Sérères et les Peulhs dans l’extrême nord-ouest de la Mauritanie actuelle au niveau des sites des villes actuelles d’Atar et de Chinguetti, nouant avec eux de multiples relations interculturelles. Bâtisseurs d’empire, les Soninkés créèrent la première structure étatique dans la zone ouest atlantique : le royaume du Wagadou, où cohabitaient la plupart des ethnies ouest-africaines. Après l’éclatement de l’empire du Wagadou et des sécheresses consécutives, plusieurs migrations des Soninkés s’effectuèrent dans la direction d’est en ouest vers le Tékrour et le pays wolof. La migration soninké vers le Tékrour a été d’un apport dans le processus du peuplement de la vallée. De fortes colonies soninkés s’installèrent dans les contrées du Nguénar, du Bosseya et du Yirlabé-Hebbiyabé. Ainsi, beaucoup de Foutankés portent des patronymes d’origine soninké comme Konté, Camara, Talla, Barro, Dukké, Touré, Sakho, Diaby, Soumaré, Sylla, etc. Et même certains de ces familles soninkés, originaires du Wagadou, eurent à jouer des rôles très importants dans l’histoire du Fouta aussi bien sur le plan religieux que temporel.

Ainsi, le clan soninké des Soumaré prit le pouvoir au détriment des Sérères tondions et instaura la dynastie des Maana (826-1182). Un de ces rois Maana, Senghane Soumaré, symbolisa même la tyrannie absolue. Une autre famille d’origine soninké, les Talla, qui serait l’équivalent du nom de clan soninké Traoré), fournit des guides religieux musulmans à tous les pouvoirs qui se sont succédé au Tékrour, depuis le règne des Maana jusqu’à l’Almamiyat, en passant par les régimes des Déniyanké et des Lam Termès. Les Talla donnèrent même deux Almamy au Fouta : Mactar Khoudédia Talla et Racine Selly Talla. La famille Agne de Gawol qui portait le titre d’Elfeky est aussi d’origine soninké et avait comme ancien nom de famille soninké Tamboura. A la chute du pouvoir de la dynastie des Lam Termès (1112-1145), le Tékrour fut divisé en deux parties. La partie occidentale était dirigée par des gouverneurs militaires wolofs : les Farba. Ils étaient nommés par le Bourba Djolof. il y a eu le Farba Walaldé Dieng, Farba Erem et Boummidy Horefondé. Par contre, dans les provinces orientales du Tékrour, le royaume soninké du Diawara avaient installé des gouverneurs militaires qui portaient le titre de Faren. Le Faren Djowol, qui portait le patronyme Diacko, administrait le Nguénar et le Faren MBaal de Kaédi, le Bosséya. Plus à l’est, dans le Damga, il y avait d’autres chefs militaires soninkés comme les Faren de Nabbadji, de Bokidiawé et de Agniam Godo.

Une dernière migration soninké au Fouta eut lieu à la fin du XVIIIème siècle. Elle fut composée de guerriers diawarankobé avec des patronymes comme Diawara, Konaté et Fofana. Ces guerriers soninkés, véritables janissaires, participèrent à tous les conflits du Fouta, au 18ème et 19ème siècle, sous le règne des différents Almamys. Notons aussi que les Soninkés de la première migration Wagadou ont créé les premières institutions étatiques au Fouta et y introduisirent l’Islam. Les clans Sakho et Talla figurent parmi les plus anciennes familles maraboutiques de la moyenne vallée. Rompus au commerce transsaharien, les Soninkés ont aussi initié les différents peuples du Tékrour aux techniques de négoce.

L’influence soninké en pays wolof
Soninke 2Au Walo, la plupart des griots et traditionnalistes débutent souvent leur récit historique avec ces mots : « Baa Ghana tassé » (après l’éclatement de l’empire du Mali), qui indiquent le référentiel soninké. En l’an 1258, parvenu à sa majorité à la mort de son oncle paternel, le Brack Amadou Fadouma Mbodj, le prince Tagne Yacine Mbodj revendiquât le pouvoir, mais ne fut pas élu par l’assemblée du « Seb Ag Baor ». Déçu, il partit en exil dans la province du Woul, dans l’ancien royaume du Ghana, pour solliciter les prières mystiques d’un marabout soninké, le nommé Amadou Khouma, plus connu sous le nom de Maghana Birane Khouma, qui lui prédit une victoire certaine et son intronisation lors de sa prochaine campagne militaire au Walo. Il reforma une seconde armée l’année suivante, envahit le Walo et mit en déroute complète les troupes commandées par le «Béthio» Sébé Foul Diop, le « Kaddj » Bira Baar Mbodj et le « Maarosso » Thialam Mbodj. Le Prince Tagne Yacine Mbodj les tua tous ainsi que leurs meilleurs guerriers. Devant sa toute puissance militaire, l’assemblée du « Seb Ag Baor » se résignât à le reconnaître comme Brack.

Le marabout Maghana Birane Khouma ayant appris que son protégé mystique avait réussi à prendre le pouvoir au Walo, se décida de lui rendre visite. Il quitta le pays soninké accompagné d’une délégation composée de six personnes qui se nommaient comme suit : Manga Djigueul, Odmun Sissé, Aala Wane Tall, Naki Mabo Saaré, Boussoura Diané, Boukar Gadjaga, qui était le plus âgé. Maghana Birane Khouma était le plus jeune. Le Brack Tagne Yacine Mbodj lui autorisa, avec ses compagnons, à fonder le village de Khouma qui porte son nom de famille et devint le marabout féticheur attitré de la famille royale des Mbodj brack. Ainsi, pendant plusieurs siècles, les descendants du Soninké Maghana Birane Khouma acquirent une grande réputation de marabout féticheur dans toutes les cours royales des royaumes wolofs de la Sénégambie.

Plusieurs membres de cette famille fondèrent des villages dans le Walo comme le nommé Daah de Ghana qui créa la ville de Daaghana. Les nommés Saamane Ghana et Soop Ghana fondèrent les villages de Ndombo et de Ndiangué au Walo. Au milieu du XVIème, plusieurs siècles après leur installation au Walo, quand le prince Amary Ngoné Sobel Fall chercha à obtenir l’indépendance du Cayor vis-à-vis du Djolof, il envoya au Walo chercher le marabout féticheur Boukar Khouma, descendant de Maghana Birane Khouma.
Il quitta le Walo, accompagné des descendants de la délégation de Maghana Birane Khouma, pour prodiguer des prières au Damel à qui il promit une victoire certaine sur le roi du Diolof. C’est ainsi que le Bourba Diolof Lélé Fouli Fak fut tué et Amary Ngoné Sobel Fall rentra triomphalement au Cayor pour y être élu Damel. Depuis lors, dans toutes les cours royales du Sénégal, du Walo au Cayor, du Diolof au Baol en passant par le Saloum, les souverains avaient leur marabout féticheur, un serigne lamb qui se nommait Khouma /Ngalick.

Ces familles soninkés, après avoir transité au Walo, s’installèrent dans le pays wolof. Les descendants de Maghana Birane Khouma et de Niaki Mabo Sarré fondèrent le village de Ngalig, la famille de Odmun Cissé celui de Ndiarmé, et la famille de Manga Djigueul celui de Ndigueul.

En plus de cette nouvelle vague de peuplement au Cayor et au Baol, ils s’y trouvaient des familles régnantes et maraboutiques issues d’une ancienne migration venant du Wagadou depuis l’éclatement de l’empire. Les plus vieilles lignées matrilinéaires royales et maraboutiques des anciens royaumes du Baol et du Cayor avaient des origines soninkés. La plus ancienne lignée matrilinéaire du Cayor et du Baol est celle des Wagadou d’où sont issus le 1er Damel du Cayor, Amary Ngoné Sobel Fall, et son oncle le Teigne du Baol, Niokhor Ndiaye Kouli Ndjigane…

Les Damels et Teignes portaient aussi le patronyme Fall dont le nom d’origine soninké était Fam. Déthié Fou Ndiogou et toute son ascendance paternelle, Ndiogou Mak, Mak Diambal, Diambal Djirane, avaient comme patronyme le nom de famille soninké Fam. Une autre lignée matrilinéaire célèbre du Baol, celle de Diafougne, portait le nom d’une province du Wagadou : le Diafougniou. Le célèbre Teigne Thiéyacine Demba Noudj Salla Fall, fondateur du guénio Fall Thiéyacine, et le défunt Marabout Serigne Mbacké Sokhna Lô appartenaient à cette lignée Diafougne d’origine soninké. D’autres lignées maternelles comme celle des Donaye ou celle des Gondiokh à laquelle appartient Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké sont aussi d’origine soninké.

Dans la province du Bakol, au Cayor, se trouve un fond peuplement d’origine soninké qui a fourni, à travers les siècles, la quasi-totalité des grandes familles maraboutiques du pays wolof qui portent tous des patronymes soninkés comme Diakhaté, Sylla, Syll, Touré, Khouma, Camara et Diané et ont eu des alliances matrimoniales avec la famille Mbacké de Touba. En effet, beaucoup de khalifes généraux des mourides ont des ascendances maternelles venant des familles Diakhaté Sylla ou Touré. A travers tous ces apports dans le peuplement du Tékrour et du pays wolof, nous pouvons affirmer sans ambages que le Soninké est le proto sénégalais, l’essence et la quintessence de sa culture. Nous, Wolofs, Foutanké, sommes tous Soninkés, et ce festival était le nôtre.

MBAKOL
Soninke 3Penc yithi Mbakol ak yifa bayiko thi yima téwlou, kouma faté, yoke thi sa bopp :

Les SYLLA
Niakhal Thiafoura Keur Makhtar Safoura Kamara Gondiokh-ba
NIakhal Keur Matar Massogui Sylla Djonay-ba
Niakhal Boya Keur Modou Maty Kandji Sylla
Niakhal Keur Madiama Sawdiatta Sylla
Niakhal Keur Libasse Mapathé Ndoumbé Dieng Sylla
Niakhal keur Moustapha Sylla Libasse
Niakhal Keur Maniaw Sylla Libasse Haouile-ba
Niakhal Keur Makhtar Marema Sylla Libasse
Niakhal Keur Modou Faylou Sylla Libasse
Niakhal Keur Modou Rokhaya Sylla Libasse
Wakeur Massylla Dionay ba bayi Makhtar Sylla Khary Diop Serigne Ndakarou
Niakhal Dakhar
Niakhal Mboumbène
Thille Dramane keur Dramane Facoumbane Sylla
Bopp Sylla Keur Ibra Bineta Sylla
Darou Niakhene keur Massylla
Thioumboulene Keur Serigne Mor Yacine Sylla
Yolma Sylla keur Mor Maty kaba Sylla
Santhie Thille, etc.

Les SYLL
Taïba Dakhar
Saté Syll
Mérina Syll, etc.
Les MBAYE
Longhor Mbaye
Diati Mbaye

Les SOURANG
Thiouranguene Wakeur Momar Mbérou Sourang

Les DIOP
Thilmakha Keur Sakhéwar Fatma Thioub Diop, Coki Kàdd, Keur Ma-Ndoumbé Khary, keur Massamba Khary Dekheulé, seuti Massamba Fa-Khoudia Seck diakhrèw ma, etc.

Les TOURE
Lapé Touré Keur Balla
Lapé Keur Makhoudia Marama Salla Touré
Lapé Keur Mbonda Asta Touré
Lapé keur Dame Aminata Mbérou Touré Wagadou-wa
Lapé keur Mor Anta Bassine Touré
Lapé Keur Nganda ( Keur Sidy Moukhtar, khalif général)
Darou Touré
Médina Touré
Keur Malick Touré
Keur Mademba Touré
Ndoula Touré
Keur Madiop Touré
Thiakhamy Touré
Fass Touré, etc.

Les KHOUMA
Ngalick Keur Magana Birane Khouma
Sed Ker Khouma
Keur Mbalo Khouma
Keur Madieng Khouma, etc.

Les DIAKHATE
Ndémène Keur Amar Kaba Diakhaté
Keur Makala Khouma Diakhaté
Keur Moussé Darou Khoudia Coumba
Aynoumane Keur Khaly Madiakhaté Kalla
Khelcom Diakhaté
Méwoundou Keur Alassane Borso Diakhaté
Méwoundou Keur Diambar Diakhaté
Méwoundou keur Modou Asta Touré Diakhaté
Méwoundou keur Amsatou Sokhna Dieng Sylla Diakhaté
Méwoundou Keur Balla Sokhna Dieng Sylla Diakhaté
Méwoundou Abdou Rahmane Sokhna Dieng Sylla Diakhaté, etc.

Les DIANE
Ndiané Keur Bouchri Diané : Ndiané Gou Mag, Ndiané Gou ndao
Ndiané Beul Keur S. Abdoulaye Diané
Ndiané Keur Sangoné, etc.

Les DIENG
Ndienguène Dadji, Soughere, keur Youga Thioro, Keur Youga Samba, Wadia Dieng, Khawlou Dieng, Keur Moussé Mboré, Darou Dieng, Keur S. Balla Faly, Gouyar Tale bakhlé Dieng, Ndoygoubène, Ndogal Dieng, Coki Dieng, Ngembê Dieng, Keur Alé, Keur Syll Madior Dieng, Guilé Dieng, Diompi Dieng, etc.

Les GADIAGA
Ndok Gadiaga, Khay Gadiaga

Les SAKHO
Thiakho, etc.
Les Ndongo : Guethi Ndongo, etc.
Les Djigeul, etc.

Par Amadou Bakhaw DIAW
de Daah Ghana et de Khouma de Maa Ghana
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La visite d’Etat du président Emmanuel Macron et la venue de la chanteuse Rihanna qui entrent dans le cadre de l’organisation de la troisième Conférence du Partenariat mondial pour l’éducation ont fait l’objet de moult interprétations utilisées surtout comme des thèmes de propagande pour rallier l’opinion sénégalaise à des causes politiques et religieuses. C’est ainsi que des leaders politiques (en mal de popularité) et voulant saisir cette occasion ont marqué leur opposition à la visite du président français en fustigeant, disent-ils, les rapports déséquilibrés de cette relation bilatérale. Au-delà de la revendication de l’établissement d’un nouvel ordre de relations commerciales qui en soi est légitime, il est cependant malheureux de noter qu’en filigrane ce qui motive ce sursaut de patriotisme est plutôt d’ordre politicien dirigé surtout à vilipender les excellents résultats économiques engrangés par notre pays dans le cadre de la mise en œuvre du Pse. Il est à noter encore que cet engouement douteux pour la cause patriotique est plus que surprenant pour quelqu’un comme l’ancien maire de Thiès qui, comme tout le monde le sait, était critiqué (particulièrement par les populations de Thiès) pour sa manie de passer le plus clair de son temps à l’extérieur du pays (précisément à Paris) où il avait élu domicile au détriment de sa ville, sevrant ainsi ses citoyens et sympathisants d’une présence qui aurait été beaucoup plus utile sur place. Une telle personne qui a une tare narcissique caractérisée par un égo surdimensionné ne saurait nous convaincre qu’il s’est fait une nouvelle jeunesse politique qui frise plutôt un réveil brutal après une hibernation, suite certainement aux nombreux revers politiques subis lors des dernières élections. Sentant ainsi que les prochaines élections approchent à grands pas et se méprenant sur ses résultats (car obnubilé par le fauteuil présidentiel), il a alors du mal à les accepter (ce qui d’ailleurs lui aurait permis d’affiner sa stratégie pour mieux reconquérir le suffrage des Sénégalais) Cela aveugle sa démarche qui, malheureusement, risque de lui porter préjudice. Une partie de l’opposition qui au lieu de présenter aux Sénégalais des programmes crédibles l’enfonce en voulant lui faire croire qu’il peut être leur éventuel outsider puisque limités par les choix qu’ils peuvent offrir en alternative. Les politiciens et autres activistes mal intentionnées doivent arrêter de prendre les Sénégalais pour des demeurés, car combattre un opposant politique ne doit pas pousser à se méprendre sur la capacité de discernement des citoyens qui savent distinguer le bon grain de l’ivraie vu que les critiques maladroites et autres contre-vérités sur les résultats économiques (confirmés par les institutions financières internationales et les partenaires au développement) ne peuvent malheureusement  survivre face à l’implacable réalité des évènements et de l’histoire. En effet, il est difficile de comprendre ce supposé tollé pour une visite d’un hôte d’Etat qui entre dans le cadre normal des relations diplomatiques que le Sénégal entretient avec la France depuis longtemps et qui transcendent toutes les considérations politiciennes Aussi, ayant été chef de gouvernement sous le régime du président Abdoulaye Wade, pourquoi n’a-t-il jamais fait cas de ses opinions anti-français et pseudo-patriotiques ? Mais, comme le dit John Antoine Petit Senn, « le monde n’est qu’un perpétuel bal masqué où les cœurs se présentent tous sous des dominos roses et riants ; c’est entre eux un continuel échange d’hypocrisie et de dissimulation ; on s’y dit tout sauf ce qu’on pense ; on y parait tout sauf ce qu’on est ; le plus vertueux est celui qui y fait le moins de dupes ; le plus heureux celui qui ne l’est pas lui-même ». Et ne se suffisant plus d’adopter un nihilisme qui heurte notre raison cartésienne, ses tentatives pour distraire les Sénégalais ne peuvent prospérer face aux actes concrets que posent le gouvernement de Mahammed Boun Abdallah Dionne inspiré par le leadership affirmé d’un homme d’Etat de la carrure du président Macky Sall.

De ses stratagèmes qui n’étonnent plus, ne dit-on pas, en puisant dans le registre satirique de François de Cavanna, que le caméléon croira toujours qu’il suffit de changer de forme pour échapper à tout. Le temps est précieux et le gouvernement fait face à des défis qu’il doit relever pour répondre à la forte attente des populations. Car au final, le verdict qui sera prononcé au soir du 24 février 2019 dépendra surtout de la satisfaction qu’auront ces dernières des politiques et programmes menés jusqu’ici. Une chose est cependant sure, pour reprendre Machiavel, « en politique, le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal ».

Par
Amadou Moustapha SARR

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La lettre n°0342 Men/Sg/Dexco/Amn/fo, en date du 10 octobre 2018, que Monsieur le directeur des Examens et Concours (Dexco) du ministère de l’Education nationale a adressée aux Inspecteurs d’académie, avec comme objet « Rappel des droits d’inscription », a retenu notre attention. Car elle dévoile une hausse vertigineuse des frais d’inscription aux différents examens et concours, notamment le Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee) et le Brevet de fin d’études moyennes (Bfem). En effet, cette note de Monsieur le Dexco précise que les frais d’inscription passent de 250 à 1.000 FCfa pour le Cfee et de 500 à 2.000 FCfa pour le Bfem, soit une hausse de 400 %. Cela est d’autant plus frappant qu’au même moment les frais d’inscription au baccalauréat ne sont passés que de 5.500 à 6.500 FCfa, soit une hausse de 18 %. Pour se justifier, la note administrative cite en référence le décret 2017-1402 du 05 juillet 2017 relatif à la création et à l’organisation du Fonds d’appui aux examens et concours (Faec). Mais, il faut tout d’abord signaler la mystification que cache mal ledit décret, car le Faec existe au ministère de l’Education nationale (Men) depuis 1994 grâce au décret 94-1283 du 24 novembre 1994 portant création et organisation d’un Fonds d’appui aux examens et concours du ministère de l’Education nationale (Faec/Men). La sincérité aurait recommandé de reconnaitre humblement que le décret 2017-1402 ne porte que modification du décret 94-1283. Par ailleurs, en considérant les statistiques de 2017, la participation des élèves passerait de 69.902.750 FCfa à 279.611.000 FCfa, soit une hausse de 209.708.250 FCfa pour le Cfee ; et de 95.264.000 FCfa à 381.056.000 FCfa, soit une augmentation de 285.792.000 FCfa pour le Bfem. Au total, pour ces deux examens, les ménages contribueraient à hauteur de 660.667.000 FCfa au lieu de 165.166.750, soit un effort supplémentaire de 495.500.250 FCfa supportés par les candidats. Pire, il semblerait que ces hausses des droits d’inscription aux examens scolaires (Cfee et Bfem) aient été fixées d’un commun accord entre le ministère de l’Education nationale et les présidents de l’Unapees et de la Fenapees (cf. rapport de présentation), qui prétendent parler et agir au nom des véritables parents d’élèves du Sénégal.  

En réalité, dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord du 17 février 2014, qui stipule que certains taux des indemnités liées aux examens soient revus à la hausse, des concertations ont effectivement eu lieu avec les représentants des organisations syndicales pour proposer de nouveaux taux afin d’apporter les mesures correctives. Mais, il n’a jamais été question de solliciter quoique ce soit des parents, encore moins des élèves. Bien au contraire, les revendications des syndicats d’enseignants ne sont adressées qu’au gouvernement. En atteste le rapport de présentation du décret 2017-1403 du 05 juillet 2017 portant modification du décret 2009-340 du 10 avril 2009 fixant le montant des indemnités de surveillance, de correction et de supervision du Cfee et du Bfem qui indique que « l’incidence financière de l’application de ces taux a, d’ores et déjà, été évaluée et prévue pour un montant de 642.117.000 FCfa inscrit en nouvelle mesure dans le budget 2017 du Men ».

Pour mieux orchestrer la forfaiture, le rapport de présentation du décret 2017-1402 prétexte que « le nombre de candidats au Cfee a été multiplié par dix. De même, l’introduction de l’Apc a doublé le nombre d’épreuves, donc de copies, au Cfee. Au même moment, le prix des intrants a connu une hausse très sensible ». Pourtant, la Dexco qui gère le Faec est seulement chargée de l’organisation matérielle, de la coordination et du secrétariat de la commission ad-hoc chargée de la présélection des épreuves (cf. article 16 du décret 2013-738 du 07 juin 2013 portant création et organisation du Cfee). Les indemnités de correction du Cfee et du Bfem sont entièrement prises en charge par la Direction de l’administration générale et de l’équipement (Dage), et tous les déplacements liés au Cfee et au Bfem sont payés par les Inspections d’académie (Ia), qui peuvent solliciter, au besoin, des délégations de crédit de la Dage. D’ailleurs, invoquant le stress des candidats et une mobilisation soutenue en ressources humaines et en logistique, le ministre de l’Education nationale a décidé le raccourcissement de la durée du Bfem (cf. Rapport de présentation du décret 2014-570 du 06 mai 2014 portant création et organisation du Bfem). Ce qui lui permet de réduire très sensiblement cette enveloppe.

D’autre part, même si l’application de l’accord devait concerner le Faec, la hausse des frais d’inscription au Cfee et au Bfem est exagérée, car les charges supplémentaires restent bien en deçà de 500.000.000 de FCfa. En réalité, les seuls changements intervenus pour le Cfee portent sur les indemnités de surveillance et de secrétariat de jury dont les taux passent de 3.000 à 4.000 FCfa (2.000 F/jour pendant 2 jours), ainsi que celles de correction dont le taux passe de 3.000 à 8.000 FCfa par examinateur. Or, la totalité de ces augmentations n’excède pas 75.000.000 FCfa. Pourtant lors des négociations en commission technique du vendredi 03 juin 2011, il était convenu de porter l’indemnité de correction à 100 FCfa la copie du Cfee, d’autant que l’examen comporte 7 épreuves et la double correction est obligatoire pour toutes les épreuves écrites (article 17 du décret 2013-738 du 07 juin 2013).                                                                          

Quant au Bfem, cette hausse ne saurait dépasser 90.000.000 FCfa, parce que les changements intervenus concernent seulement les présidents de jurys dont les indemnités passent de 7.000 à 20.000 FCfa (environ 15.000.000 FCfa de plus sur le budget), les secrétaires de jurys dont les indemnités passent de 1.000 F/jour à 2.000F/jour (environ 25.000.000 FCfa de plus sur le budget) et les surveillants non correcteurs dont les indemnités passent aussi de 1.000 F/jour à 2.000 F/jour (environ 50.000.000 FCfa de plus sur le budget). A l’opposé, la suppression de l’indemnité de supervision des Ief permet de faire des économies de 885.000 FCfa. Pourtant, lors des mêmes négociations du 03 juin 2011, il était convenu d’une indemnité de 15.000 FCfa pour le chef de centre du Bfem. Hélas, le décret 2017-1403 portant modification du décret n°2009-340 fixant les indemnités du Cfee et du Bfem l’a ignorée royalement.
Au total, on ferait supporter aux ménages des efforts supplémentaires de plus 500.000.000 de FCfa contre des charges additionnelles qui n’excèdent pas 165.000.000 de FCfa. Pour quelles raisons ? Le peuple de l’école doit être édifié.

Le comble est qu’au moment où les frais d’inscription au concours de recrutement des élèves-maîtres (Crem), qui passent de 1.000 à 10.000 FCfa, viennent surplomber le Faec d’une bagatelle de 277.730.000 FCfa rien que pour la session 2017-2018, en plus des 500.000.000 FCfa soutirés des élèves et de leurs parents, l’administration et le contrôle du Faec font gentiment l’objet d’une régression. En effet, au lieu que « les ressources du Faec (soient) domiciliées dans un compte bancaire mouvementé par la triple signature du chef de Service des examens, du gestionnaire et de l’inspecteur des Opérations financières du Men » (article 7 du décret 94-1283), le nouveau décret stipule que « les ressources du Faec sont domiciliées dans un compte bancaire mouvementé par la double signature du directeur des Examens et Concours et du gestionnaire du fonds » (article 5). Pire, le Faec est désormais exempté de tout contrôle, car la disposition du décret 94-1283 stipulant que « la gestion financière et comptable du Faec/Men est soumise au contrôle à priori (visa des chèques par l’inspecteur des Opérations financières du département), et au contrôle à postériori (arrêt des comptes au 31 décembre de chaque année), sans préjudice des contrôles effectués par les organes compétents de l’Etat », disparait comme par enchantement dans le nouveau décret. Tout porte à croire qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une spoliation injustifiée des ménages à des fins inavoués. Parce que les examens scolaires ne doivent, en aucun cas, être privatisés au nom de l’équité prônée dans le Paquet-Ef. De même, nul n’a le droit de percevoir des commissions sur les acquis du mouvement syndical. A bon entendeur, salut !

Par
Mamadou Lamine DIANTE

Syndicaliste
Chercheur en éducation
et formation

 

Nul n’osait penser que les turpitudes d’un homme pourraient atteindre des proportions insoupçonnées allant jusqu’à empiéter les limites jusque-là infranchissables de la morale politique.

Depuis bientôt quelques semaines, Idrissa Seck s’est illustré par des initiatives retorses visant à déstabiliser Macky Sall, en lui collant, d’une façon malhonnête et stéréotypée, l’image d’un président qui a raté son rendez-vous avec ses compatriotes. Il nous a habitués à des propos déplacés. Et cela n’étonne guère les Sénégalais qui, dans leur mémoire, gardent toujours intacte leur intensité.

Depuis que l’horloge de Dieu a retenti pour Macky Sall, Idrissa Seck refuse d’entendre son écho. Il est devenu autiste et porte délibérément des œillères pour se départir de son sens de discernement. Il est indifférent à tout sauf à ce qui peut satisfaire son désir irrésistible de devenir « président de la République » : une obsession pour lui !

Pour ce destin qui ne dépend que d’Allah, il s’est apostasié en rompant ses amarres avec une confrérie pour déposer armes et barda dans une autre famille religieuse où il espère engranger des dividendes politiques. Personnage atypique et d’un grotesque achevé, il n’a jamais pardonné à Macky Sall d’occuper, avant lui, le fauteuil présidentiel.

Il accuse des insuffisances intellectuelles notoires et ignore qu’il n’a pas le charisme d’un homme d’Etat. Sans diplômes supérieurs et donc, sans perspectives d’avenir, cet homme, frappé maintenant par la solitude occasionnée par le départ de tous ses frères de parti, s’est converti en « crieur public » pour faire entendre sa voix mystifiante dans le champ politique.

Cela peut-il inquiéter un chef d’Etat de la trempe de Macky Sall qui a une conscience tyrannique de sa charge et un sens élevé de la République ? A cette théâtralisation des affaires de l’Etat, Macky Sall oppose une ignorance royale.

Malgré tout, comme Kocoumbo, il est toujours à l’affût, guettant le moindre prétexte pour s’y accrocher comme un larron dans le désir de jeter le chef de l’Etat dans la géhenne de ses snipers.

Depuis l’affaire dite de la «Caisse d’avance» incriminant le maire de Dakar et suivie par le subit échauffement du front social, l’escalade offensante et tapageuse de l’ex-maire de Thiès est devenue inacceptable.

Mon statut d’homme d’Etat m’interdit de descendre à son niveau pour lui répondre sur ce sujet dont la justice s’est saisie. Je retiens seulement que son acharnement aveugle a étouffé sa lucidité. C’est cela qui explique, sans doute, son cramponnement à des motifs fallacieux pour débiter ses salves d’insanités sur tout ce qui incarne les institutions.

Visiblement, dans ses derniers soubresauts, Idrissa Seck veut faire sauter le verrou du mythe des institutions et de ceux qui l’incarnent et entraîner, dans son sillage lugubre, la volatilisation de la civilité socio-politique dans notre pays. Il est assisté dans son abominable agenda politique par une gente moutonnière.

Comment ce baladeur bien exercé dans des litanies livresques ose-t-il, au point de mépriser l’intelligence des Sénégalais, aborder quotidiennement des sujets mal maîtrisés, raconter des fariboles, patauger dans des contrevérités sans sourciller ?

Il est pire que Machiavel. En vérité, c’est un schizophrène.

Usant et abusant de sa position, Idrissa Seck a toujours défié l’autorité de son mentor au point d’être très tôt soupçonné de jouer à une dualité à la tête de l’Etat.

Pire, il déclara, comme pour railler les ambitions de son ancien patron qui l’avait investi de sa confiance : «Avant d’envisager de construire un chemin de fer Dakar-Mombassa, je me consacrerai à faire la ligne Dakar-Thiès».

Hélas ! Aucun projet n’a démarré alors qu’il assurait les charges de Premier ministre. Pour lui, seules la magie et la prestidigitation pouvaient lui faire atteindre ce rêve de Grand-Duc. Il ne s’intéressait guère au travail.

Quant à Macky Sall, il a pu transformer, en un temps record, un dessein caricatural en réalisations éclatantes dans tous les secteurs (social, énergie, agriculture, infrastructures autoroutières et aéroportuaires, éducation, santé, habitat, monde rural, etc.). Qui l’eût cru ?

En un mot, en véritable orfèvre, le président Macky Sall a toujours pétri de la boue pour en faire de l’or.

Partant d’un idéal vaillamment défendu des faubourgs profonds aux hameaux les plus reculés du Sénégal, il a mis en place le Plan Sénégal émergent qui est devenu une réalité. Il est le condensé méticuleusement dosé entre le Dsrp1, Dsrp2, la Sca et la Stratégie de développement économique et social et le «Yoonu Yookuté».

Idrissa Seck utilise un langage qui ne suinte ni n’exhale la pureté du cœur d’un croyant. Heureusement que les Sénégalais ne s’y tromperont pas.

A un tel langage, il convient de répondre par un mépris total, à l’instar de notre président, Son Excellence Monsieur Macky Sall, qui s’est résolument inscrit dans le temps de l’action.

Par Diène Farba SARR
Membre fondateur de l’Apr

« L’éducation est la mère des batailles. Si nous la perdons, nous perdons toutes les autres », dixit le Président Macky Sall.

Vu le niveau actuel de la recherche et des découvertes, la pédagogie inclusive reste la mieux adaptée au contexte de pauvreté et de perte de sens que nous vivons au Sénégal. L’éducation inclusive peut être comprise comme un système d’éducation où tous les apprenants ayant des besoins éducatifs spéciaux reçoivent des enseignements basés sur leurs forces et leurs besoins. La « différenciation inclusive » apparaît donc comme une synthèse à mi-chemin entre la pédagogie de la différence et l’éducation inclusive. Cette théorie aurait pu également porter l’appellation d’ « inclusion différenciée ». Elle fait référence à une prise en charge globale et intégrative de tous les enfants dans une école ouverte au genre, aux spécificités corporelles, psychosociales et cultuo-culturelles. Dès lors, l’inclusion scolaire constitue, à notre avis, la forme la plus achevée de l’intégration. Pour le cas des déficients, par exemple, les enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux doivent être dans les mêmes classes, avec les mêmes maîtres pour apprendre le même programme que ceux de l’école ordinaire (ou normale). Le principe fondamental de l’inclusion scolaire est que l’école doit s’adapter aux différences et non l’inverse. Bien naturellement, ce modus vivendi commande la mise en place ou la création d’un environnement convivial favorable à une égalité d’un enseignement pour tous. En d’autres termes, il s’agit d’adapter le cadre éducatif à la spécificité des apprenants. Mais, cette pratique n’est pas parvenue à régler le problème d’une classe ou école enregistrant plusieurs enfants à besoins éducatifs spéciaux différents. Comme le pensent certains acteurs du système éducatif sénégalais, la pratique de l’éducation inclusive n’a pas encore fourni les réponses escomptées. Que nenni !

Pour ma part, nous ne sommes pas dans un schéma ambivalent où on a, d’une part, une pédagogie inclusive et, d’autre part, une pédagogie coopérative. Même si cette dernière reste un mode d’enseignement répondant aux besoins variés des enfants et favorisant l’interdépendance, la collaboration et le respect des différences, il n’en demeure pas moins que cette approche se préoccupe de trouver, développer et mettre en valeur les talents et la richesse de la diversité. Or, toutes ces caractéristiques réunies ne lui permettent pas de pouvoir agir efficacement dans le cadre d’un groupe-classe renfermant plusieurs handicaps différents. L’inclusion pédagogique qui ne saurait se passer de l’adjonction d’un autre mode d’enseignement se trouve, du même coup, défaillante. D’ailleurs, ma conviction est que cette pédagogie n’est vraiment faite que pour les « têtes blondes » (l’expression désigne les apprenants des systèmes éducatifs occidentaux) pour parler comme Emmanuelle Opezzo, de « La maison Keller » à Paris. Il nous faut donc pousser jusqu’au bout de notre audace pour mettre en place un mode d’enseignement qui cadre parfaitement avec la gestion et l’optimisation des ressources colossales (plus de 20 % du budget national) injectées dans notre système éducatif.

Dès lors, il s’agit d’opérer un simple dépassement pédagogique pour pouvoir prendre en compte cette nouvelle donne. C’est-à-dire que, dans la démarche d’inclusion, il faudra impérativement appliquer le tri et la distinction pouvant permettre de prendre en charge les différences, mais toutes les différences ! Il faut donc une inclusion différenciée. Jusqu’à présent, le constat révèle que les enseignants des classes intégratrices traditionnelles (exemple du Centre verbo-tonale) ne gèrent qu’un seul type de déficient. Avec « la différenciation inclusive » ou « inclusion différenciée », le maître d’école préalablement bien formé pourra, en plus des différences qu’il aura à gérer dans sa classe, accueillir des sourds-muets, des aveugles, des lépreux, des handicapés moteurs, des surdoués. La pédagogie de « la différenciation inclusive » intègre, de ce fait, les principes de l’intégration et de l’inclusion scolaire. La pédagogie différenciée y sera de rigueur.

A mon sens, cette façon de voir en l’apprenant du cycle fondamental, simplement un enfant et non « l’enfant de tel », est celle qui colle le plus à nos réalités socioculturelles et à nos valeurs traditionnelles négro-africaines. L’application d’une pédagogie de la « différenciation inclusive » permet non seulement d’opérer un retour aux sources africaines, où toutes solutions étaient recherchées aux problèmes de chacun en présence de tous, mais aussi en tenant compte des spécificités des uns et des autres. Il est d’ailleurs intéressant de relever que l’environnement juridique qui exige une telle pratique existe déjà depuis des lustres. L’article 23 de la Convention relative aux droits de l’enfant, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies ; l’article 12 de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, adoptée par les chefs d’Etats et de gouvernements à Addis-Abeba, en Ethiopie, en juillet 1990 ; l’adoption des Règles universelles pour l’égalisation des chances des personnes handicapée par l’Assemblée générale des Nations unies en 1993 (Règle 6) ; etc. Quant à la Conférence de Salamanque (juin 1994), elle a remis au goût du jour les Besoins éducatifs spéciaux comme une condition sine qua non de l’atteinte des objectifs de l’Ept. Sur le plan national, le Sénégal a ratifié toutes les conventions et chartes internationales et participé et abrité de nombreuses rencontres visant à atteindre l’éducation pour tous.

Dès cet instant, tenant compte du principe d’éducabilité de tous, point nodal de la pédagogie inclusive, selon lequel « tous les enfants sont capables d’apprendre quelles que soient leurs difficultés », les enseignants que nous sommes, devons oser l’opération transcendantale sur ce mode d’enseignement qui débouchera sur la pédagogie de « l’inclusion différenciée ».

Par Lamine NDIAYE
Inspecteur de l’éducation et de la formation
Militant Apr Thiès nord
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Les syndicats des enseignants en lutte tentent de justifier la radicalisation de leur combat par le mépris et le manque de considération que le gouvernement aurait à l’égard de la fonction enseignante, en leur proposant une augmentation de 10 % de leur indemnité de logement !

Ce faisant, ils ne tiennent pas compte que cette augmentation de leurs indemnités de logement contribue à accentuer le déséquilibre dans le système de rémunération des Agents de l’Etat, qui est causé par le recours excessif à la création de nouvelles indemnités et primes, et à leur augmentation, pour une catégorie d’Agents, au détriment de l’augmentation du Point indiciaire qui s’applique à toutes les catégories.

Pourtant, à diplôme égal, la Nation a consenti, depuis Senghor, un complément sur le salaire de base des enseignants sans qu’aucune autre catégorie de fonctionnaires n’ait crié à la discrimination !

Mais, c’est avec la libéralisation de l’économie, sous les contraintes des ajustements structurels, que le gel du Point indiciaire a fortement détérioré le pouvoir d’achat des Agents de l’Etat dans un contexte de forte inflation des prix et de spéculation foncière et immobilière, avec ses conséquences sur les loyers à usage d’habitat. C’est ainsi que les syndicats d’enseignants, dès la fin des années 80, ont adopté comme plateforme de lutte la « valorisation de la fonction enseignante et de l’Ecole publique », montrant ainsi que l’une ne peut pas aller sans l’autre, ni au détriment de l’autre.

Cependant, dans le milieu des années 2000, après avoir consenti une forte augmentation du Point indiciaire étalé dans le temps, les pouvoirs publics ont eu recours à la pratique de création et d’augmentation des indemnités et autres primes, non pas pour valoriser la « fonction enseignante », mais pour le maintien de certaines catégories d’Agents de l’Etat dans le service public aux citoyens, sous prétexte d’aligner leurs rémunérations à celles de leurs homologues dans le privé, pour faire face à la compétition dans le marché des « Ressources humaines de qualité ».

En effet, dans le secteur public de l’Education, le recours aux « volontaires », puis aux « vacataires et autres contractuels », pour satisfaire la demande sociale en Education et Formation du peuple, a créé une nouvelle catégorie d’enseignants sous-payés par rapport à leurs homologues fonctionnaires et qui, au fur des années, ont représenté plus de 60 % des effectifs du Corps enseignant.

C’est cette situation d’enseignants dans le secteur public de l’Education à deux vitesses qui est à l’origine du déséquilibre dans leur système de rémunération et qui est à l’origine du malaise persistant dans le milieu scolaire et universitaire.

En outre, la rémunération des enseignants fonctionnaires est aussi meilleure que celle de leurs homologues dans le secteur privé de l’Education qui préfère développer un marché de « travail au noir » à la place d’un recrutement d’enseignant rémunéré à la hauteur de celui du secteur public de l’Education.

Ainsi, la discrimination en matière de rémunération dans le secteur public de l’Education et le marché « du travail au noir » dans le secteur privé ont fortement contribué à la dévalorisation de la fonction enseignante, en faisant que l’on devient enseignant non plus par « vocation », mais juste pour « gagner sa vie » !

C’est cela qui a fait que, petit à petit, la « valorisation de la fonction enseignante » a été déconnectée de la « valorisation de l’Ecole publique », et les méthodes de lutte pour parvenir à l’une sont le plus souvent au détriment de l’autre, mais paradoxalement, en faveur du secteur privé qui entrave la « valorisation de la « fonction enseignante » recherchée !

Ainsi, le recours à des méthodes de lutte qui entament significativement le « quantum horaire » dans le secteur public de l’Education, tout en le bonifiant dans le secteur privé, avec la pratique du « travail au noir », est véritablement contreproductif puisque dévalorisant l’Ecole publique et faisant de l’Ecole privée le seul recours à un enseignement de qualité. Sur ce, détruisant en même temps la fonction de l’Education comme « ascenceur social » pour en faire un « instrument » de reproduction et d’accentuation des inégalités sociales.

Aujourd’hui, avec les « accords signés » avec le gouvernement qui mettent fin progressivement aux inégalités de rémunération et de statuts dans le secteur public de l’Education, un très grand pas est franchi dans la « revalorisation de la fonction enseignante ».

Suite à la non-application de ces « accords », obtenus après le dépôt « d’un préavis de 30 j », la grève, déclenchée par les syndicats pour exiger leur respect, demeure licite et ne nécessite pas le dépôt d’un nouveau préavis.

Par contre, si de nouvelles revendications sont greffées aux « accords » non exécutés, l’on a affaire à une nouvelle plateforme revendicative qui nécessite le dépôt d’un nouveau préavis de 30 j pour pouvoir déclencher une nouvelle grève de façon licite.

Cependant, puisque toute grève licite entraîne la suspension du contrat de travail, donc une perte de salaires durant le temps de travail non effectué, en abuser pour faire respecter l’application d’accords déjà signés peut être contreproductif pour les travailleurs grévistes.

C’est pourquoi, dans une telle situation, il est recommandé de recourir à la marche pacifique hors des heures de travail et des jours ouvrables pour la réussir et sans porter préjudice au travailleur et à son outil de travail.
De même, avec la loi sur la « baisse des loyers », un cadre légal de lutte contre la spéculation immobilière est institutionnalisé et devrait mobiliser les syndicats d’enseignants, en collaboration avec les associations de défense des consommateurs, pour son respect intégral par les bailleurs, si leur objectif véritable est la défense de leurs mandants qui sont des locataires pour l’essentiel.

Le respect stricte de l’application de cette loi augmente le pouvoir d’achat de tous les locataires, y compris les enseignants, sans entraîner une flambée inflationniste des loyers, contrairement à l’augmentation des indemnités de logement pour une catégorie de travailleurs, dont l’ampleur balise le terrain à une spéculation sur les loyers à la hausse, enclenchant un cycle infernal d’inflation des loyers et de lutte pour l’augmentation des indemnités de logement pour rattraper le pouvoir d’achat perdu.

Le poids spécifique des enseignants dans le nombre des locataires constitue une part importante dans le marché de la location qui rend les loyers très sensibles à l’ampleur de leur demande, occasionnée par une hausse significative de leurs indemnités de logement.

Les syndicats d’enseignants ne peuvent pas ignorer cet aspect essentiel de leurs revendications de hausse des indemnités de logement puisqu’ils comptent en leur sein d’éminents économistes dans les universités publiques.

Ce qui est incompréhensible, c’est le silence assourdissant de ces éminents économistes sur la question de l’augmentation des indemnités de logement, étant donné ses conséquences dans l’accentuation des inégalités dans le système de rémunération des Agents de l’Etat et son effet inflationniste sur les loyers, alors qu’ils passent, à longueur de journées, à discuter, dans les médias, sur le taux de croissance du Pib et sur la politique d’endettement du gouvernement !

Est-ce parce que nombre d’entre eux sont des bailleurs ?

Pour améliorer l’accès au logement social, les syndicats d’enseignants disposent de « coopératives d’habitat » qui bénéficient de terrains dans les « Zones d’aménagement spécial » (Zac), comme tous les autres Agents de l’Etat qui en possèdent, ont accès, au même titre que les autres fonctionnaires, au financement de la « Direction de la monnaie et du crédit » (Dmc) et bénéficient du soutien de la « Banque de l’habitat du Sénégal » (Bhs) pour le financement de leurs projets d’habitat social.

Devant toutes ces alternatives à la hausse des indemnités de logement, qui renforcent l’équité entre les Agents de l’Etat, il est erroné de faire croire que la non-satisfaction de cette revendication signifierait un « mépris » envers les enseignants, lesquels seraient victimes de discrimination vis-à-vis des autres Agents de l’Etat au Sénégal.

Mais, il est indéniable que l’entrée des corps dits « émergents », sous-payés par rapport à leurs homologues enseignants, leur nombre grandissant dans le service public de l’Education et le « travail au noir » auquel toutes les catégories d’enseignants ont recours dans le secteur privé de l’Education, même durant leur grève, ont fini par écorner, aux yeux de l’opinion, leur image de marque historique.

C’est à cela qu’il faut mettre un terme et non à une quelconque hypothétique discrimination entre les enseignants et les autres corps de l’Etat, ou à un mépris de l’Etat envers eux !

Mais les « accords » pour la titularisation progressive dans les corps des fonctionnaires ne suffisent pas, à eux seuls à cet effet, tant que le « travail au noir » continue de subsister dans le secteur privé de l’Education.

Il est donc impératif que l’Etat y mette fin en amenant le Patronat et les syndicats de ce secteur à négocier une convention collective qui promeut les contrats à durée indéterminée et des salaires compétitifs avec ceux fournis dans le secteur public pour mettre fin au « marché noir ».

La signature récente d’une convention collective dans le secteur privé de l’Education allant dans ce sens est donc une avancée certaine vers l’objectif d’éradiquer cette « concurrence déloyale dans le marché des ressources humaines de qualité » due au dumping social qui y a longtemps prévalu.

Il ne faudrait donc pas, profiter de la période pré-électorale pour la présidentielle de 2019, politiquement très déstabilisatrice, pour chercher à mettre le gouvernement devant le choix Cornélien entre « satisfaire la demande d’augmentation significative » des indemnités de logement pour les enseignants, avec tous les inconvénients soulevés plus haut, ou « le vote sanction » que les syndicats d’enseignants vont demander aux citoyens, sous prétexte d’imposer le respect au gouvernement !

Une telle politisation de la revendication syndicale, même au détriment de « l’Ecole publique » et de la « valorisation de la fonction enseignante », pour plus d’équité dans la rémunération des Agents de l’Etat, est civiquement inacceptable.

L’Ecole publique et la valorisation de la fonction enseignante ne sont pas à vendanger pour satisfaire des objectifs de conquête du pouvoir politique.

Par Ibrahima SENE
Pit/Sénégal

Au Sénégal, depuis l’indépendance, les Premières dames se succèdent au Palais mais ne se ressemblent pas. D’origines et de cultures différentes, chacune a marqué, à sa façon, son terroir dans le vaste champ de la République. Si certaines ont agi, par leur propre volonté, dans des domaines de leur choix, comme la culture ou la santé, d’autres ont été plus préoccupées par des intérêts économiques et mercantilistes. Mais toutes ont été souvent accusées d’influence sur les décisions de leur époux président dans la marche de la République et leur commerce avec le peuple était peu courant. En vérité, la plupart n’étaient perçues qu’au cours de rassemblements officiels aux côtés de leur époux, au point qu’elles étaient un peu mythiques aux yeux du peuple.


Mme Marème Faye Sall n’est ni Collette Senghor, ni Elisabeth Diouf, ou Viviane Wade. Profondément enracinée dans sa tradition sérère et intégralement imprégnée des mœurs et cultures locales, Mme Sall a toujours vécu avec et par son peuple. Rien de ce qui l’entoure ne lui est étranger, car elle porte en elle les stigmates de la rigueur de son environnement social et culturel. Toutefois, elle ne s’est pas seulement suffit de ce stock initial. A l’image de son époux président, elle s’est aussitôt lancée à la découverte des conditions actuelles de vie des Sénégalais dans les coins les plus reculés et dans les secteurs les plus diversifiés. Ainsi, elle s’est fait très tôt une image fidèle des contraintes, de la misère et des dures conditions dans lesquelles ses compatriotes vivotent désespérément. Comme son époux président, Mme Marème Faye Sall a bien vu et entendu toutes les lamentations de son peuple coincé dans une pauvreté extrême et dans une incapacité permanente et totale depuis longtemps. Les images d’un peuple sans secours et les messages de détresse et de désespoir de femmes et d’enfants sans lendemain vus et rencontrés dans un enfer ont, sans nul doute, forgé son modèle et genre de Première dame. Et voilà pourquoi ce modèle ne pouvait ressembler à aucun des précédents. A côtés du père de la Nation, la Première dame se veut être une mère pour la Nation. C’est dans ce sillage qu’elle a décidé de consacrer sa vie à servir le Sénégal pour traduire en acte toute son ambition à éradiquer la souffrance et la misère dont elle a été témoin. Comme un furieux soldat à l’assaut de l’ennemi, Mme Sall entre en croisade contre la faim, la malnutrition, la maladie, l’ignorance, l’obscurité et la pauvreté, sources de marginalisation de beaucoup d’individus, de femmes et de communautés dans notre pays. Mais, tel un commando de sauvetage, elle réagit immédiatement et instantanément dans l’ombre, la confidentialité et l’anonymat et en escamotant, dès fois même, les ordres protocolaires pour délivrer ces âmes en situation difficile. Sans attendre les cris des angoissés, elle fait irruption là où il fait mal, même au fond de la boue, comme pour aller susciter le bonheur, faire renaître l’espoir, assurer la sécurité et redonner goût à la vie aux concitoyens désespérés. Loin des tam-tams, des tambours, des sifflets et des cameras, sans couleur politique, ethnique ou religieuse, elle soulage les souffrances en silence et s’efface. Combien de fidèles profitent de ses œuvres lors de toutes les cérémonies religieuses du pays sans montrer un pan de sa confession ou de sa couleur politique. Cette dame est pressée d’en finir avec la pauvreté dans son pays, c’est pourquoi elle opte pour une solidarité ambulante et informelle s’il le faut. Mme Marème Faye Sall est une vraie mère au secours de ses enfants sinistrés, une maman qui soulage la faim de ses petits par son lait et son pain, une générosité anonyme et désintéressée au chevet des populations vivant dans l’obscurité quotidienne et en situation difficile, qui a bannit l’or, les diamants et l’opulence de la bande des bourgeoise. Puisse cette mère, toute simple et toute naturelle de la Nation, inspirer toutes les femmes et toutes les mères dont certaines continuent encore de concentrer des pouvoirs financiers sur leur propre personne et ou à s’adonner à une accumulation effrénée de richesses de toutes nature, oubliant très souvent que, dans des coins du pays, des mères croupissent dans la misère totale, certaines de leurs sœurs sont en train d’être rongées par le cancer, les fistules, l’Avc, l’isolement et la marginalisation économique. Pour celles-là et pour tous les Sénégalais fortunés, la Première dame vous indique le chemin qui mène vers la réduction de la fracture sociale, la réparation des inégalités sociales et la reconstruction de la condition humaine, ambition ultime du Plan Sénégal émergent.

Par Mamadou Lamine NDIAYE
Cadre de gestion à Hoggy
Président du Mouvement « Debout pour l’émergence
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Historique ! Voilà, à défaut de trouver mieux, le terme qui sied pour qualifier la Conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation tenue à Dakar le 02 février 2018.

En effet, 10 chefs d’Etat en exercice et 03 anciens présidents, plus de 60 ministres et près de 1000 personnalités, notamment des responsables de l’Unesco, de l’Unicef, de la Banque mondiale, de la société civile, des fondations à vocation philanthropique et du secteur privé, ont pris part à cette conférence co-présidée par un dirigeant d’un pays du G7, le président français Emmanuel Macron, et un président d’un pays en développement, hôte de ladite conférence, le président Macky Sall.

Ce fut un moment fort dans le renforcement de la volonté de la politique mondiale pour assurer à chaque enfant, quel que soit son pays, ses conditions matérielles d’existence, un enseignement de qualité.

En termes de retombées, 2,3 milliards de dollars, soit une augmentation substantielle du financement, comparés au 1,3 milliard de dollars contribués au cours des trois dernières années. Par ailleurs, plusieurs pays donateurs ont indiqué leur intention de contribuer pour d’autres fonds au cours de la période de financement.

La plus importante source de financement de l’éducation demeure les pays en développement eux-mêmes. Plus de 50 pays en développement ont ainsi annoncé qu’ils augmenteraient leurs dépenses publiques consacrées à l’éducation pour la période 2018 – 2020 afin d’atteindre un montant total de 110 milliards de dollars, comparé à 80 milliards de dollars entre 2015 et 2017.

C’est toute l’importance de cette conférence qui consacre ainsi un changement de paradigme dans nos relations avec les pays du Nord qui finançaient la plus grande partie du financement de notre éducation.

Ce changement est révélateur de l’état d’esprit du chef de l’Etat, Son Excellence le président Macky Sall, qui connait l’importance de l’éducation et de la formation auxquelles il accorde plus de 40 % du budget de notre pays. C’est ce secteur qui portera l’émergence du Sénégal aux horizons 2035 ou même bien avant avec la découverte récente de ressources naturelles, telles que le pétrole et le gaz, qui, à coup sûr, seront des facteurs d’accélération de cette émergence que le président Sall et tous les Sénégalais appellent de tous leurs vœux.

Ce n’est nullement un projet chimérique si l’on se fie aux importantes réalisations qui jalonnent le bilan à mi-parcours, ô combien élogieux, du président.

Je n’en citerai que :

- L’aéroport international Blaise Diagne de Diass qui a été inauguré grâce à l’ingéniosité du président Macky Sall ;

- Le Train express régional qui va desservir cet aéroport à partir de Dakar ;

- Les nombreuses pistes et forages réalisées dans le monde rural avec l’appui du Pudc ;

- Les bourses de solidarité familiale pour venir en aide aux populations les plus démunis ;

- La Couverture maladie universelle pour un accès aux soins de santé de nos couches les plus défavorisées par un système de solidarité largement subventionné par l’Etat du Sénégal ;

- Les nombreuses réalisations en termes d’infrastructures scolaires et universitaires qui ont, d’une part, permis à plusieurs communes de disposer de lycées et collèges de proximité et, d’autre part, améliorer sensiblement les conditions d’existence des étudiants dans les universités et les campus sociaux par la construction d’amphithéâtres, de salles de conférence et de pavillons pour augmenter la capacité d’accueil en lits des campus universitaires ;

- L’autoroute à péage qui va jusqu’à l’aéroport pour continuer sur Thiès et aller jusqu’à Touba ;

- L’arène de lutte, vieille doléance des sportifs, qui sera étrennée au mois de juillet prochain, etc.

Ceci n’est pas du verbiage, et le quatrième président du Sénégal, Macky Sall, est dans le temps de l’action. D’ailleurs, comme le disent les Wolofs, « weddi guiss bokku ci ».

Pour ceux qui se trompent de moment, je voudrais dire que nous ne sommes pas en campagne électorale.

Ils savent qu’ils ont perdu tout crédit auprès des populations et cherchent à redorer leur blason dans ces vociférations puériles qui ne peuvent tromper personne.

Tout croyant devrait accepter que Macky Sall a été élu quatrième président de la République et le restera jusqu’en 2019 et, si Dieu le veut bien, il sera élu par son bilan à une majorité écrasante au premier tour pour gouverner le Sénégal jusqu’en 2024.

D’ici à 2019, continuons à travailler pour conforter le bilan et laisser les perroquets, en quête d’une nouvelle virginité politique qu’ils ont perdue à jamais, pérorer pour essayer de distraire les Sénégalais qui ont déjà fait la différence entre le bon grain et l’ivraie.

Travaillons et laissons les parler, ils sont en train de rêver. Mais, quelle que soit la longueur de la nuit, il arrivera un moment où le soleil se lèvera !

Par Ibrahima Baba SALL
Député-maire de Bakel

Après six années de gouvernance de Son Excellence Monsieur Macky Sall, président de la République, il demeure constant que le bilan est largement positif, mais pas assez défendu par les militants de l’Alliance pour la République et, au-delà, la coalition « Benno Bokk Yakaar », comme aime à le rappeler le chef de l’Etat lui-même. Voici quelques éléments du bilan sur l’énergie qui serviront à constituer des éléments de langage pour mieux défendre la politique du président Sall dans le secteur de l’énergie, face à une opposition désemparée par faute de programmes à proposer aux Sénégalais.

Dans ledit secteur, un bond en avant extraordinaire a été noté, ayant comme soubassement la nouvelle vision dans le secteur impulsée par le président Macky Sall, avec le mix énergétique et la planification comme stratégie principale. C’est cela qui a valu les résultats probants enregistrés depuis son avènement à la tête du pays.

L’un des instruments de mesure marquant une satisfaction auprès des populations est certainement la distribution de l’électricité dans les foyers. C’est ainsi que la coupure d’électricité est passée de plus de 900 heures en 2011 à 66 heures en 2017 avec un taux de disponibilité de l’électricité de 99 % dans les maisons, soit 5,5 heures de coupure/mois, 1h/semaine, 19 minutes/jour sur toute l’étendue du territoire national.

La maitrise de l’énergie est de plus en plus opérante grâce à l’installation de plusieurs centrales solaires et une centrale éolienne sous le magistère du président Sall (Malicounda 20MW en 2016, Mérina Dakhar, Tivaouane 20MW en 2017, Bokhol 20MW en 2016, la centrale hydro-électrique de Félou pour 15MW pour le Sénégal dans le cadre de l’Omvs, Diamniadio 2MW).
La mise en œuvre a permis la baisse du coût de production de l’électricité, passant de 101,92 FCfa/KWh en 2012 à 55,26 FCfa/KWh à fin 2016, entrainant ainsi une baisse de 10 % des tarifs de l’électricité pour les foyers sénégalais à partir du 1er janvier 2017. La réhabilitation des infrastructures existantes est au cœur de la politique énergétique. En exemple, la rénovation de la centrale de Kahone, du groupe 804 de Boutoute, l’acquisition de 5 groupes électrogènes pour la région de Kolda pour 5 MW mis en service le 29 novembre 2014, l’extension des centrales de la Sénélec fonctionnant au fioul lourd à Bel-air, Kahone et Boutoute pour 45,3 milliards, etc.

En 2012, la production totale depuis l’indépendance dans tout le territoire national était de 674,5MW alors qu’au 31 décembre 2016, elle est passée à 848MW, d’où 173,4MW produits par le régime du président Sall. De 2012 à 2016, le Sénégal a produit en moyenne 43,35MW/an.

Il est à noter que la tendance haussière de la production nationale va s’intensifier avec, à terme, 943,4MW supplémentaires d’ici à juillet 2019, grâce aux centrales à charbon de Sendou (125MW) et Mboro (300MW), les centrales solaires de Kahone (20MW), Mérina Dakhar, Tivaouane (20MW), Santhiou Mékhé (20MW), Sakal (20MW), Ipp solaire programme scaling solar en 2018 (100MW), Diass (15MW), la centrale éolienne de Taïba Ndiaye (150MW entre janvier 2018 et juillet 2019). Cela, sans compter les réalisations en cours au niveau de l’Omvs qui viendront booster considérablement la production ainsi que les efforts considérables dans le transport/distribution de l’électricité par le renouvellement d’infrastructures vétustes par de nouvelles. En juillet 2019, la production sera de 943,4MW avec une moyenne de 134,77MW/an depuis 2012.

Cette production fulgurante a un impact considérable sur la population via l’électrification rurale qui passe de 1648 villages en 2012 à 3173 villages en 2016, représentant une progression de 92,5 %, soit 1525 villages supplémentaires électrifiés. Le ratio est de 381 villages/an en 4 années de 2012 à 2016. Il s’y ajoute la vulgarisation de la technologie du biogaz en milieu rural avec 10.000 ménages ruraux, cantines scolaires et « daaras » qui ont accès plus facilement à une énergie de cuisson propre. C’est un programme qui contribue à la réduction de la pauvreté en milieu rural par la création d’emplois non agricoles avec l’émergence de corps de métiers (artisans et maçons biogaz pour la construction de bio digesteurs ou la fabrication d’accessoires ou de pièces détachées).

Toujours dans le cadre du Plan Sénégal émergent, l’objectif du gouvernement est d’arriver à l’accès universel à l’électricité en 2025 avec un objectif intermédiaire, en 2020, de 60 % d’électrification rurale, dont 30 % par département.

Avec ces résultats plus que réconfortants, le Sénégal s’inscrit inéluctablement sur la rampe de l’émergence, et le Président Macky Sall a, comme il l’a dit, une longueur d’avance sur ses adversaires de l’opposition qui sont plutôt dans la désinformation et les diatribes stériles.

Nous reviendrons, dans la deuxième partie, sur les hydrocarbures et les mines afin de mettre en lumière le travail remarquable abattu dans le secteur de l’énergie depuis 2012.

Par Augustin Hamad NGOM
Manager spécialiste en Passation des marchés
Enseignant/ Consultant en Marchés publics et Marketing
Membre du Comité scientifique des cadres de l’Apr (Ccr)
Conseiller municipal à Ndiaganiao et Conseiller départemental à Mbour
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QUELQUES ÉLÉMENTS DU BILAN DU PRÉSIDENT MACKY SALL DANS LE SECTEUR DE L’ÉNERGIE (2ÈME PARTIE)
Petrole OffshoreA la suite de notre article sur la production d’électricité et son impact sur le quotidien des populations, à travers l’électrification rurale et la distribution sur toute l’étendue du territoire national, nous venons, dans la deuxième partie de notre série d’articles, vous entretenir des réalisations de Son Excellence Monsieur Macky Sall dans le domaine des hydrocarbures. Comme rappelé dans le précédent article, nous travaillons sur des éléments de langage afin de mettre en exergue le bilan dans ces sous-secteurs, qui est plus que positif.

Pour rappel, le Sénégal a connu des découvertes très importantes de pétrole par la société Cairn, à travers sa filiale sénégalaise Capricorn Sénégal, et ses partenaires de joint-venture au niveau des blocs de Rufisque et de Sangomar Offshore profond. Annoncées le 7 octobre 2014, ces découvertes sont estimées à 640 millions de barils de pétrole de très bonne qualité. Une autre découverte de gaz naturel, faite par la société Cosmos Energy, est estimée de 17 à 20 Tcf (entre 480 et 560 milliards de m3) dans le bloc de Saint-Louis Offshore profond et de 5 Ctf de réserves (soit 140 milliards de m3) dans celui de Cayar Offshore profond. Ces dernières viennent s’ajouter aux 350 millions de m3 de gaz de Gadiaga 2 Onshore ,dans la région de Thiès, dont le puits a été foré en 1996 par Petrosen. La production dans ce bloc gazier a atteint 22 675 045 Nm3 en 2015 et 21 064 534 Nm3 en 2016, le tout impactant la production de l’électricité.

Versant dans le débat sur la société Petrotim qui a suscité une grande controverse, voire une polémique stérile, nous devons rétablir les faits et éclairer les Sénégalais autour de cet épiphénomène. Le débat a surtout concerné la cession totale des parts de Petrotim à Timis Corporation, en 2014, qui, elle-même, a cédé 60 % des 90 % de parts qu’elle détenait à la société Cosmos Energy. Le débat malsain posé par l’ancien inspecteur des Impôts et actuel parlementaire Ousmane Sonko était lié au paiement d’impôts pour ces transactions. Alors qu’au regard de la loi n°98-05 du 08 janvier 1998 portant code pétrolier sénégalais, en son article 22, toujours en vigueur, la cession de part est exemptée d’impôts. Et comme stipulé dans le communiqué paru dans le site du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, la société Petrotim n’a payé aucune redevance concernant cette cession.

De même, par la volonté politique de transparence du président Macky Sall, le Sénégal a adhéré, en octobre 2013, à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) qui est un mécanisme volontaire visant à renforcer, dans les pays riches en ressources pétrolières, gazières et minières, la bonne gouvernance des revenus publics issus de leurs extractions.

La transparence est d’autant plus inscrite en priorité par le président Sall que l’Itie exige la publication de rapports exhaustifs, incluant la divulgation complète de tous les paiements significatifs versés aux gouvernement par les entreprises pétrolières, gazières et minières. Nous rappelons que, depuis l’adhésion du Sénégal à l’Itie, des rapports réguliers sont publiés par l’organe (2013, 2014, 2015, 2016 et bientôt 2017), montrant ainsi la contribution des secteurs extractifs dans l’économie sénégalaise, dans une bonne gouvernance et une transparence achevées (105,9 milliards de FCfa pour toute l’industrie extractive des mines et hydrocarbures dans le budget de l’Etat, en 2016, avec une participation au Pib de 2,85 %, 7 955 emplois, dont 95 % de nationaux, selon la Dpee/Itie).

Un bond important a été noté dans le domaine des hydrocarbures, notamment avec l’option industrielle pour ce qui concerne le raffinage pour la sécurisation de l’approvisionnement du marché, dans le cadre du Pse. C’est ainsi qu’il a été noté une augmentation de la production de la Sar qui passe de 749 000 tonnes en 2012 à 1 102 201 tonnes en fin 2016, soit une augmentation de 47 %. L’autre avancée majeure est le lancement de l’audit technique de tous les dépôts pétroliers qui a permis de déclarer 100 % des dépôts aptes à fonctionner, y compris ceux qui étaient fermés en 2012.

A la faveur des consommateurs, l’Etat a procédé à la baisse des prix de l’essence et du gasoil de 100F/L entre décembre 2015 et février 2016. Le sous-secteur des hydrocarbures a participé au budget de l’Etat à hauteur de 6,7 milliards de FCfa en 2016, selon le rapport 2016 de l’Itie.

S’agissant la gestion du pétrole et du gaz nouvellement découverts, il faut rappeler que le président Macky Sall a exprimé une forte volonté en créant le Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz (Cos Pétrogaz), pour une meilleure transparence dans le secteur. Cette structure assiste le président de la République dans la définition, la supervision, l’évaluation et le contrôle de la mise en œuvre de la politique nationale en matière de développement des produits pétroliers et gaziers. Elle assiste aussi le gouvernement dans la mise en œuvre des stratégies, projets et programmes gaziers, valide en dernier ressort toutes les études relatives aux réserves de gaz et de pétrole, en relation avec les opérateurs publics et privés du secteur, tous les documents stratégiques, structures de formation professionnelle, assure le suivi, etc.

Tous ces efforts consentis par le Sénégal, avec à sa tête le président Macky Sall, devraient pousser tout citoyen à avoir un esprit de patriotisme et à dépasser tous les clivages pour prier Dieu, afin que ces ressources qui seront exploitées à partir de 2021 puissent profiter à tous les Sénégalais, dans un « Sénégal de tous et un Sénégal pour tous », comme disait le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne.

Par Augustin Hamad NGOM
Manager spécialiste en Passation des marchés
Enseignant/Consultant en Marchés publics et Marketing
Membre du Comité scientifique des cadres de l’Apr (Ccr)
Conseiller municipal à Ndiaganiao et Conseiller départemental à Mbour
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Jouer avec la sécurité nationale est le sport favori d’une certaine catégorie de personnes tapies dans le camp ténébreux de l’opposition. De l’affaire des quatorze tués en Casamance à l’assassinat inadmissible du jeune pêcheur Serigne Fallou Sylla par l’armée mauritanienne, en passant par le procès de Khalifa Sall, le livre d’un Ousmane Sonko totalement perdu, la grève des enseignants, le tollé né de la présence de Rihanna au Sénégal, notre opposition a encore montré ses deux faces hideuses qui sont celle du silence coupable dans certaines circonstances qui appellent à l’unité de tous et celle du tintamarre médiatisé dans d’autres occasions. Rien ne peut expliquer ce manque de culture républicaine. Nous sommes loin d’une vraie posture politique qui doit appeler tout le monde vers la sauvegarde de notre souveraineté – au-delà même de nos corporations – quand le besoin se fait sentir.

Le meurtre perpétré sur de paisibles citoyens en Casamance a ému tout le monde sauf ces gens-là qui n’ont d’yeux que pour le fauteuil présidentiel. Au lieu de dénoncer cette barbarie, ils se sont emmurés dans un silence aussi coupable qu’indigne de personnes soucieuses de la préservation de l’intégrité du territoire. Les va-t-en-guerre qui se sont brièvement signalés dans la presse ont voulu une solution radicale porteuse de chaos. Heureusement, notre pays dispose d’une administration républicaine efficace qui a su prendre le taureau par les cornes. Pour cela, merci au ministre de l’Intérieur, à son collègue des Forces armées, au Haut-commandant de la Gendarmerie, au Directeur général de la Police nationale et au Procureur de Ziguinchor pour leur dextérité et leur sens de la mesure.

Ne s’arrêtant pas en si mauvais chemin, notre opposition veut faire du buzz avec le livre fantoche et insipide d’un Ousmane Sonko mis au ban de la Fonction publique. Comment un fonctionnaire qui ignore royalement les textes législatifs, au point d’être radié sans ménagement, peut-il nous faire croire à des sornettes qui ne convainquent ? A Monsieur Sonko, l’apprenti opposant, de revoir ses leçons de sciences politiques, car il suit une voie de garage. Que faudrait-il dire d’un Abdoul Mbaye dont les sorties sporadiques et sans saveur finissent par indisposer plus d’un citoyen sénégalais. Monsieur l’ancien Premier ministre Mbaye n’a toujours pas compris que l’ingratitude ne mène nulle part. Aussi continue-t-il d’errer comme un égaré dans le champ politique qui ne lui fait aucun cadeau.

Ajoutez à cela les tergiversations d’un Mamadou Diop Decroix aux sorties aussi irrégulières que la succession des types de temps et les délires d’Idrissa Seck président d’un « partillon » qui est passé de Rewmi à « Kogne bi » d’abord, « Roukh bi » ensuite et « Poukhouss bi » maintenant. Ces gens-là pensent tous que le Sénégal doit être pris en otage par les politiciens professionnels. A chaque occasion, ils montrent leur manque de culture de la République. C’est valable dans le cas des meurtres récents, dans le procès de Khalifa Sall (leader qu’ils ne soutiennent que par calcul politicien), dans la grève des enseignants et des autres corps, etc.

Plus près de nous, notre opposition a voulu pousser le bouchon de l’extrémisme religieux plus loin en s’attaquant à Rihanna, pressentie pour participer au Forum sur l’éducation. Pourtant, certains d’entre eux ont même sûrement le répertoire de Rihanna dans leur ordinateur, véhicule ou téléphone et n’hésiteraient pas à esquisser des pas de danse endiablés. Ce n’est pas l’appartenance de Rihanna à un quelconque groupe maçonnique qui peut arrêter la marche de notre pays. Ces gens-là qui crient à tue-tête accepteraient volontiers – ont même toujours accepté – la présence, sur notre sol, d’un maçon retraité (c’est lui qui le dit). Suivez mon regard. Cessons les enfantillages inutiles.

Une victoire de Modou Lô sur Lac de Guiers 2 doit-il conduire certains à ternir l’image de personnes qui n’ont qu’un seul tort : celui d’être ministre, Dg ou autre ? Les mensonges sur un prétendu cadeau du ministre Amadou Bâ à la tête de file de l’écurie Rock Energie sonnent comme un aveu de haine gratuite. Haine contre un responsable politique qui vit dans la même commune que le lutteur et qui a le devoir de l’appuyer. Et puis, Amadou Bâ «moo tayy !» Il a le plein droit de soutenir qui il veut. Mais, comme nous le constatons tous, le Sénégal est un pays dans lequel se mêler des affaires d’autrui est un sport favori. Si c’est le leadership du Président Macky Sall et de son ministre des Finances qui dérange, préparez-vous à être encore dérangés tous les jours, car le rythme de leurs prouesses va s’accentuer. Et que dire de la glissade dangereuse de Lac de Guiers 2 au sortir d’un combat perdu face à plus audacieux que lui ?

Tombant dans le piège d’une opposition malhonnête, Lac de Guiers, qui ne doit s’en prendre qu’à lui-même, a fait une déclaration surprenante et incompréhensible en accusant tout le Gouvernement de s’être ligué contre lui. C’est la première fois que j’entends un sportif commettre une bévue de la sorte. Ne devrais-je pas bannir même le fait qu’il utilise le terme Waalo – terre de mes ancêtres – mon Waalo à moi comme identifiant. Encore une fois, cessons les enfantillages.

Ne confondons pas les choses : la République (res publica) est impersonnelle et démocratique ; l’Ecurie (sportive, politique, etc) est corporatiste et partisane.

Par Mamadou Moustapha FALL
Coordonnateur de la Cellule républicaine d’information et de communication (Cric),
Coordonnateur de la Section départementale de la Fédération des enseignants
et éducateurs pour la république (Feer) de Tivaouane.
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Enda Tiers-monde a procédé à une petite cérémonie, début février, pour baptiser leur immeuble du centre-ville de Dakar du nom de Cheikh Hamidou Kane. L’occasion pour revenir sur la vie et l’œuvre du parrain qui était présent et qui nous a entretenus sur ce qu’il pense important des outils comme Enda dont il est le co-fondateur et le président honoraire.

Auparavant, quelques orateurs ont évoqué la nécessité de s’impliquer dans la gestion de la cité et de faire face à une domination étrangère encore présente, quoi qu’on dise. J’ai évoqué avec CHK ce qui a été dit, et il m’a fait savoir que l’histoire semblait se répéter ; qu’au tout début de l’indépendance du Sénégal, ils ont eu à faire face à ce qu’on appelle aujourd’hui « l’Elargissement de l’espace politique… »

Avec ma plume et non celle de Samba Diallo. Senghor et Mamadou Dia avaient l’habitude de prendre leurs vacances d’été à l’extérieur du pays. C’est Valdiodio Ndiaye qui assurait l’intérim. Après une réunion du bureau politique du Parti Ups, au pouvoir, Valdiodio m’appelle et me dit que ses camarades lui demandent de me parler. Qu’il s’agit d’un message que Senghor et Dia demandent de me faire parvenir. Je suis alors allé le voir.

Il m’informa que les membres du Bureau du parti ont estimé que je suis en train de faire un excellent travail en tant que Commissaire au Plan. Et que je contribue substantiellement au travail collectif que nous faisons pour développer ce pays. Le message est qu’ils souhaitent que j’intègre le parti et que je prenne la carte de membre. C’est leur désir avec Senghor, Dia et la haute direction du parti avec qui il était hier.

Je lui ai répondu que j’apprécie que l’on valorise le travail que je fais. Et que je comptais continuer à le faire sans cependant intégrer le parti. J’estimais que l’on peut s’impliquer et se donner complètement pour son pays sans avoir à être affilié au parti au pouvoir. Lorsque nous sommes sortis de l’Ecole de la France d’Outre-mer, le Gouverneur général nous avait envoyé quelques condisciples et moi au Gouvernement territorial du Sénégal pour servir et prendre en mains notre destin. Développer une jeune Nation demandait une participation inclusive et une générosité dans l’effort. Et c’est ce que je m’efforçais de faire. Et on se rend compte que c’est possible avec l’avis des pairs que je viens de recevoir. Je voudrais donc continuer dans cette voie…

Valdiodio me dit qu’il comprenait bien ma position, mais que ce serait plus harmonieux de s’aligner. Il dit qu’il transmettra à Senghor et Dia. Ce qu’il fit.

Quelques jours plus tard, j’ai reçu un appel de quelqu’un (je ne me souviens de qui d’entre nous) qui me disait avoir entendu les échos de ma discussion avec Valdiodio. Il disait qu’il aimerait, avec d’autres, échanger sur cette question. Je les ai reçus cette semaine-là dans mon bureau.

Il y avait Cheikh Fall, Abdou Diouf, Jean Collin, Habib Thiam, le magistrat Gaye dont j’ai oublié le prénom, etc. Ils étaient environ une dizaine et nous avons discuté passionnément sur cette question. Jean Collin avait, en effet, décidé de venir servir au Sénégal après avoir travaillé dans certains pays africains et aussi parce qu’il avait épousé une nièce de Senghor.

Discussion intéressante qui se polarisait essentiellement sur :

1) il est possible de rejoindre le parti au pouvoir et de ne pas laisser les politiciens nous diriger ;

2) on peut être un opposant au régime en place, mais savoir mettre ses compétences au service de la Nation et dans l’appareil d’Etat ;

3) être apolitique mais citoyen impliqué et performant au service du pays.

Toutes ces catégories étaient retrouvées dans le groupe. Et le groupe décida de faire connaitre ces points de vue à Senghor et Dia. On désigna alors Cheikh Fall, en tant qu’ainé, pour présenter les points retenus et à Jean Collin le soin de faire un compte rendu de cette rencontre.

Puis, Senghor et Dia rentrèrent de vacances et reçurent tout le groupe dans le bureau du premier nommé.

D’abord, Mamadou Dia prit la parole en disant vouloir dire aux plus jeunes, ici présents, que la charge qui lui est donnée de présider le Conseil était lourde. Et que, dans les conditions de gestion d’un Etat « neuf », il lui fallait des bras valides et fidèles. Que ceux qui ont eu la chance d’être contemporains de cette période devraient « aller au charbon ». Ce qu’ils ont tous fait et il en était heureux. Mais, en adhérant au parti, ils feraient preuve d’une autre dimension ; ce qui ferait plus de cohésion. Il aurait aimé avoir des preuves de fidélité qu’une adhésion au parti pourrait garantir. Il insista longuement sur le travail de longue haleine qu’il a accepté de conduire et demanda un appui ferme et résolu.

Cheikh Fall exposa les points de vue du groupe et démontra que ce pays nous appartient à tous. Le développer ou améliorer les conditions des populations est le but de tous. A chacun, selon sa position, de faire le mieux qu’il peut. Tous les membres du groupe auraient pu rester en dehors du Sénégal et travailler là-bas. Mais, ils veulent être utiles à leur pays. Et ils vont s’impliquer.

Quelques uns ont ajouté un peu de commentaires et Senghor a précisé, comme Mamadou Dia, qu’il aimerait que tous ceux qui sont présents adhèrent au parti. Cela donnerait plus de force de frappe à la formation et que le niveau idéologique serait nettement plus haut pour éclairer la voie dans laquelle on s’engageait. Il comprenait la position des uns et des autres et estima que le temps fera son effet sur le niveau d’implication de ces cadres. Le plus tôt serait le mieux, dira-t-il.

Voilà me dit CHK.

Aujourd’hui, la situation est évidemment très différente. On peut gouverner complètement avec son équipe et son parti ou sa coalition de partis. On peut faire, dans ces conditions, des résultats qui feront réélire une équipe sortante. Et c’est tout à l’honneur de notre évolution. Mais, il faudrait aussi tenir compte de l’avis de ceux qui ne sont pas alignés dans une ligne dominante…

Moi je n’ai rejoint le parti que beaucoup plus tard après mon retour d’exil et ma réintégration dans le gouvernement de Senghor qui m’avait testé au préalable à Dakar Marine.

Par Dr Fadel KANE
Dakar

Nous nous apprêtons à célébrer, aujourd’hui, à Porokhane, la journée de prières et de recueillements dédiée à Sokhna Mariama Bousso, plus connue sous l’énigmatique nom de Mame Diarra Bousso (Diaratou Lah : la voisine de Dieu).

Originaire du Fouta, Sokhna Diarra naquit en l’an 1250 de l’Hégire (1833). Elle est la fille de Serigne Mouhamadou Bousso et de Sokhna Asta Walo Mbacké (Nawel). Sa mère était une femme qui a consacré toute sa vie (une longue vie) à l’adoration de Dieu et à la transmission du savoir islamique. Sokhna Asta Walo est la fille de Ahmadou Sokhna Bousso Mbacké, fils de Mame Maharam Mbacké. Par son père, Mouhamed Bousso, fils de Hamad, fils de Aliou Bousso, Sokhna Diarra descend directement d’une lignée dont l’origine chérifienne attestée remonte jusqu’à l’Imam Hassan (Petit-fils du Prophète Mouhamed (Saws)), fils de Ali, fils de Abu Talib.

Sokhna Diarra est l’exemple de la femme idéale en Islam. Elle fût très tôt éduquée dans la pure tradition musulmane par sa mère dont les enseignements étaient réputés partout. Elle maîtrisa le Coran chez elle et allia à la fois les sciences théologiques et les tâches quotidiennes inhérentes à la vie d’une femme dans la société. En elle se trouvait déjà à bas âge un condensé de valeurs qui doivent caractériser la femme musulmane : le savoir, la piété, la droiture, la soumission exclusive à Dieu, le Guide Suprême. Elle se singularisa ainsi au sein de sa famille par sa douceur, sa gentillesse, son affabilité et sa disponibilité envers tous.

Son engagement et sa détermination à se conformer quoiqu’il advienne aux instructions de la charia sont connus de tous et chantés par les grands poètes mourides comme Serigne Moussa Kâ, Serigne Mbaye Diakhaté, etc. Ce qui signifie qu’elle menait une intense activité pieuse.

Cela n’entrava en rien sa soumission totale à Serigne Mor Anta Sally Mbacké. De Nawel, où elle partit pour rejoindre le domicile conjugal, à Mbacké, son serment fut mémorable et toute l’assistance était émue de la forte détermination de Mariama Bousso qui croyait en Dieu à tel point qu’elle venait de montrer que, par le service qu’on rend à son maître (époux), on peut non seulement parvenir au cercle scellé de Dieu mais aussi avoir une descendance digne des grandes figures de l’Islam. En effet, au moment de regagner le domicile de Serigne Mor Anta Sally Mbacké (son époux), comme il est de tradition, Sokhna Diarra se voit prodiguer des conseils et recommandations de bonne conduite méritoire afin de réussir sa vie de ménage et surtout de bénéficier des faveurs de Dieu par le médium du service rendu à l’époux qu’elle va retrouver. Elle écouta poliment et patiemment tous les discours qu’elle considérait minimes par rapport à son engagement et à sa conviction. Alors, cherchant, à son habitude, l’inspiration divine dans les Saintes écritures, elle ouvrit son Coran qu’elle avait toujours à portée de main. Elle tomba net sur le verset attestant que Mouhamed (Saws) est le dernier des Envoyés.

L’acte noble qu’elle posa ce jour-là fut déterminant, voire historique. En effet, devant l’assistance, elle affirma ces paroles que l’hagiographie mouride marqua en lettres d’or dans ses annales. Je le cite : «N’eût été cette parole divine qui mettait fin à la liste des Envoyés, j’aurais compté, sans nul doute, l’un d’entre eux parmi ma progéniture».

L’histoire lui donnera raison. Car malgré une courte vie (33 ans), elle s’est assignée les règles de bonnes conduites islamiques au point que Dieu lui donna une progéniture exceptionnelle. Elle est la mère de Serigne Mouhamadou Mor Diarra (Borom Sam), de Serigne Abibou Lahi, de Sokhna Fatima et du Serviteur privilégié du Prophète Mouhamed (Saws) Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul. Il faut noter que Serigne Abibou et Sokhna Fatima disparurent très tôt.

Sokhna Diarra éduquait ses fils en leur traçant la voie à suivre pour faire partie des pieux valeureux de l’Islam. Elle accomplissait ses devoirs familiaux et se consacrait exclusivement à l’adoration de Dieu comme nous le rapporte le livre «Minanoul Bakhi Khadim», les bienfaits de l’Eternel, écrit par le savantissime Serigne Mouhammadou Bassirou Mbacké, illustre et valeureux fils de Serigne Touba, qui eut le privilège, parmi les fils du Cheikh, de le côtoyer et de rester avec lui pendant près de 20 ans. Ce qui lui permit de mieux le connaître et, par conséquent, de dresser sa biographie dans son célèbre et remarquable livre précité. Dans cet ouvrage, d’une richesse extraordinaire, Serigne Bassirou Mbacké nous apprend que, malgré le lourd fardeau des travaux domestiques et le service de son époux, Sokhna Diarra savait trouver le temps de s’occuper de l’éducation et de la formation de ses enfants. Elle aimait leur raconter l’histoire des saints et des pieux anciens, afin que leur vie leur serve d’exemple, de référence. C’est ainsi que Cheikh Ahmadou Bamba se retirait dans la nuit parce que ayant entendu sa mère dire que les valeureux preux de l’Islam avaient l’habitude d’être debout toute la nuit. Et pourtant, en ce moment, le Cheikh ne savait même pas, du fait de son jeune âge, que c’était pour prier.

En somme, Sokhna Diarra se distinguait par sa foi, sa piété, une constance notoire dans la mission qu’elle s’est assignée. Ce qui fait d’elle une femme exempte de tout reproche vis-à-vis de Dieu, de son époux et des voisins, en premier lieu ses coépouses (Mame Anta Ndiaye Mbacké et Mame Faty Issa Diop) avec qui elle entretenait une complicité remarquable. En effet, de Mbacké à Porokhane en passant par Khourou Mbacké, jamais on n’a vu Mame Diarra se détourner, ne serait-ce qu’une fraction de seconde, de son objectif. Voilà l’exemple de la femme musulmane que nos sœurs en Islam doivent méditer en terme de règles de bonne conduite, de comportements, de manières d’être vis-à-vis de Dieu, de leur époux, de leur coépouse et de la société.

Sokhna Diarra détenait par-dessus tout une force spirituelle rare chez une femme, force qui lui permit de percevoir très tôt et de taire les miracles qui se manifestaient en la personne de son fils Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul.

Je pense que c’est cette vie courte, mais remplie de bienfaits, qui a valu à Mame Diarra un témoignage fort élogieux de son époux (son surnom de Diaratou Lah). C’est cette vie également qui fait que, chaque année, des milliers de personnes se déplacent vers ce haut lieu de pèlerinage qu’est Porokhane pour lui rendre un hommage appuyé.

Pour comprendre l’histoire de Porokhane, on peut se référer toujours à «Minanoul Bakhi Khadim» de Serigne Bassirou. En effet, Serigne Bassirou nous explique que Maba Diakhou Bâ, du temps de sa croisade contre les ennemis de l’Islam, avait demandé à tous les grands penseurs musulmans de l’époque de venir le rejoindre au Saloum. Serigne Mor Anta Sally a voulu s’installer à côté de Nioro pour pouvoir fonder un «daara» et s’occuper ainsi de l’instruction et de l’éducation de ses talibés. C’est dans ces conditions que Mame Mor Anta Sally installa sa famille à Porokhane (Fourkhane). D’ailleurs, certains de ses fils naquirent là-bas (Mame Thierno et Mame Cheikh Anta). C’est ainsi que Mame Diarra fût décédée et inhumée à Porokhane vers 1866.

Après la mort de Maba (1867 à Somb), Serigne Mor Anta Sally retourna au Cayor (Patar, puis Mbacké Cayor) et Porokhane tomba dans l’oubli. Ce n’est qu’après 1912 que Serigne Touba dépêcha son fils Serigne Bassirou à Porokane pour délimiter le mausolée et s’occuper du village. Serigne Bassirou y venait se recueillir régulièrement. Il y construisit une concession et organisa le 1er Magal de Porokhane en 1951 (ou 1952), unique pour une femme dans l’Islam. Mais, rappelons que Serigne Touba venait souvent à Porokhane bien avant 1895.

Après la disparition de Serigne Bassirou, en 1966, son fils aîné, Serigne Moustapha Bassirou, prend le relais de l’organisation. C’est le lieu de rendre un hommage appuyé à Serigne Moustapha Bassirou, figure emblématique du mouridisme, pour le travail colossal qu’il a abattu à Porokhane durant les 41 ans passés à la tête de la famille de Serigne Bassirou. Il a réussi à faire de Porokhane un haut lieu de culte et de pèlerinage. Il y a fait des réalisations immenses qui connurent leur consécration avec la mosquée, l’imposant mausolée, l’édification d’une résidence Mame Diarra qui abrite plusieurs appartements portant les noms de la famille de Cheikhoul Khadim, la «Daara» (internat) Sokhna Diarra» qui accueille des centaines de jeunes filles, toutes homonymes de la sainte mère de Serigne Touba. Communément appelé «Daara Mame Diarra», ce centre, unique en son genre, a pour objectif de transmettre une éducation religieuse pour inculquer des valeurs islamiques à l’enfant et à l’adolescente en vue d’une installation de compétences socio-affectives positives. Le Coran, la Sunna et les productions de Serigne Touba sont les instruments de référence de cette éducation religieuse. A cela s’ajoute un volet de formation professionnelle adapté.

Ce legs est perpétué, aujourd’hui, par Serigne Mountakha Bassirou (devenu entretemps khalife général des mourides). Ce chevronné assure, avec la Fondation Sokhna Mame Diarra Bousso, toutes les activités liées à la vie de Porokhane : l’organisation du Magal, la gestion du «daara», le mausolée, les résidences, la Grande mosquée en cours de construction. A ses côtés se distinguent ses frères, Serigne El hadji Fallou et Serigne Issakha ; ses fils et neveux dont Serigne Moussa Nawel, et tous ses frères surtout Serigne Bassirou Mbacké Porokhane qui assure, chaque année, la coordination de ce grand rendez-vous.

L’Etat n’est pas en reste avec le projet de construction de réceptifs (résidences des hôtes, salles de réception, etc.)

Il est bien de noter qu’à notre connaissance les lieux de pèlerinage dans le village sont : le mausolée, le puits et le nguiguiss (un arbre situé à la périphérie du village où Serigne Touba avait l’habitude de se retirer).

Bon Magal à tous.

Par Mamadou NDONGO dit Baaymama
Talibé Serigne Moussa Mbacké Nawel

Après le décès, avant-hier, du journaliste Amadou Mbaye Loum, j’ai senti le besoin de rendre publiques ces quelques lignes que je lui ai consacrées dans un livre que je compte publier prochainement : « Carnets de pistes. Aventures et mésaventures d’un Dakarien ». Au deuxième chapitre, intitulé « Des femmes, des hommes et des sentiments », j’évoque les personnages qui m’ont marqué lors des 12 éditions de ce rallye-raid que j’ai eu le privilège de couvrir. Et forcément, Loum était du lot. Voici l’extrait réactualisé.

« Longtemps seul journaliste africain présent en permanence sur le « Dakar », j’ai accueilli avec un réel bonheur l’arrivée de confrères du continent sur le circuit en 2003. Et le premier fut Amadou Mbaye Loum de la télévision nationale du Sénégal (Rts). Je me souviens l’avoir présenté aux collègues français comme « le PPDA sénégalais ». Et ce n’était même pas exagéré. Car le doyen Loum qui nous a quittés, le 20 février 2018, a été pendant longtemps un des présentateurs – vedettes– du Jt dans les années 1980 et avec une réelle maestria. En plus, c’était un plaisir de suivre ses reportages surtout ceux consacrés à l’armée dont il était l’un des meilleurs spécialistes. Sur le parcours, il a épaté son monde grâce à sa vaste culture. Avec un avis éclairé sur tous les sujets de discussion, en plus de sa bonne humeur, il était de compagnie agréable. Ce qui est toujours utile dans un milieu aussi austère que le désert. Les confrères français le raillaient gentiment parce qu’il n’a jamais su faire ni défaire sa tente tout seul. D’ailleurs, c’est avec joie qu’ils l’aidaient à chaque fois dans cette corvée quotidienne sur le « Dakar ». Comme s’ils étaient fiers de rendre service à ce boute-en-train qu’ils semblaient admirer tant ».

Par B. Khalifa NDIAYE
Journaliste

Le chef de l’Etat, dans son adresse à la Nation, le 03 avril dernier, avait déclaré :

« Gouverner autrement, c’est bannir les passe-droits, le favoritisme et le trafic d’influence. C’est mettre l’intérêt public au-dessus de toute autre considération et traiter tous les citoyens avec la même dignité et le même respect ».

Je demeure convaincu que 1’engagement politique peut bien s’accommoder de 1’éthique, de la morale et de la loyauté.

L’Apr-Yaakar traduit une volonté : celle d’inscrire la cause et les intérêts du Sénégal au cœur de l’action politique. L’Apr-Yaakar confirme une option : celle d’une totale adhésion aux valeurs démocratiques et aux principes de la République dont la Constitution est le socle inoxydable.

En somme, L’Apr-Yaakar est une proposition politique qui postule que la patrie importe plus que le parti, que les attentes des citoyens constituent le principal enjeu de l’engagement politique.

Ainsi, il est question, à la fois, d’une conviction, d’un projet et d’une ambition pour le Sénégal.

MACKY SALL
Au-delà de sa personne, fut-elle charismatique, le président Macky appelle à l’engagement autour d’une vision en dehors de toute affinité idéologique, ethnique, religieuse et confrérique ; il a fait preuve de cohérence dans l’approche à apporter au niveau local, jusque dans les chaumières les plus reculées, la lumière et les principes de bonne gouvernance. A nous de nous approprier et expliciter le concept du «Yonu Yokouté» : dessiner, concrétiser le profil d’une société à dimension humaine où tout être vivant, végétal ou minéral, aimerait évoluer. En résumé, la vie de 1’homme avec le reste de l’univers en symbiose.

C’est une philosophie de la vie en société, un programme de gouvernement, une affirmation des valeurs éthiques et une vision de l’homme et de l’humanité.

Les nobles idées viennent à l’heure de la maturation et le temps est venu de concrétiser les grandes actions !

Avec le président Macky qui a hissé la barre haut, maintenons le cap. Il saura gérer les chocs conjoncturels sans dévier des orientations fondamentales incluant les conclusions pertinentes.

C’est une nouvelle conception de l’intérêt public et des rapports entre l’être humain et 1’environnement dans lequel il évolue. Il s’appuie sur des valeurs telles que la responsabilité, le partage, la participation (objectif assuré à tout citoyen aujourd’hui comme demain), la jouissance des potentialités et ressources du pays. Ceci passe par une exploitation raisonnable de celles-ci, en empêchant leur confiscation par un petit nombre ou leur épuisement à court terme.

Donc, une nouvelle force politique de propositions, d’actions et de solutions pour appréhender l’ensemble des défis qui se posent au Sénégal : l’aménagement cohérent du territoire basé sur le sens du partage, le développement économique, l’approvisionnement énergétique et alimentaire, la préservation de la richesse en eau, l’équité sociale, l’éducation et la formation des hommes, le bien-être de la santé et sa prévention, la diversification des moyens de transport mais aussi l’ impérieuse nécessité de construire une identité collective inscrite dans ses multiples dimensions.

Suite…

Par Mamadou Amadou Tamimou WANE
Expert en communication
Pca de la Sspp « Le Soleil »

Au moment où des pays africains ayant des ressources naturelles en commun sont en conflit pour l’exploitation et la conservation de ces ressources, les Présidents sénégalais et mauritanien viennent de démontrer à la face du monde leur grande maturité et leur leadership pour l’intérêt de leurs peuples. En effet, les deux pays ont signé un accord sur les modalités et conditions d’exploitation du gisement commun Grande Tortue/Ahmeyin dans une entité unique et de se partager équitablement (50/50) les produits. Les deux pays partagent le même opérateur, Kosmos ; ce qui a d’autant plus facilité la signature d’un protocole d’accord. Nous rappellerons que les deux pays avaient conclu, en 2015, un accord dans le cadre d’une commission mixte sur la filière des hydrocarbures.

Ce 12 février marque le début d’une nouvelle ère de coopération Sud-Sud lorsque les ministres sénégalais, Mansour Elimane Kane, et mauritanien, Mohamed Abdel Vetah, paraphent cet accord devant les deux Présidents. le Président Macky Sall dira : « Ce gisement est très important pour nos deux pays. S’il est exploité comme nous le voulons, il va alors contribuer à accélérer les processus de développement et d’émergence de nos deux pays ».

La production de gaz vers 2021permettra un approvisionnement régulier du marché local, de la production d’électricité...

Le gaz naturel est en grande compose de méthane et il est, aujourd’hui, la matière première de l’industrie chimique et pétrochimique avec notamment trois produits de base : hydrogène, méthanol ammoniac.

Ces produits servent dans diverses industries comme la production d’engrais ; la chimie industrielle ; la chimie pharmaceutique...

Enfin, nous ne saurions terminer sans lancer un appel au Président Macky Sall, pour qu’il honore, à l’instar des sportifs, les travailleurs de Petrosen qui ont beaucoup œuvré pour la découverte de ce trophée.

Par Dr Alioune DIOP
Responsable Apr Mbao
Coordonnateur « Mankoo Falaat Macky »

Bientôt 26 ans que, dans le n°236 du 12 août 92 du Cafard Libéré, nous invitions Amadou Mbaye Loum – Que Dieu l’accueille au paradis des gens généreux - sous la rubrique «Le Profil» où passeront plus de 300 personnalités sénégalaises en 9 années. Bien sûr, nous étions en d’autres temps (et donc autres mœurs) ; nous nous honorions, en les honorant du coup, d’y inviter des confrères journalistes pour qui nous avions de l’estime, de l’admiration non feinte ou qui tout simplement, par leurs hauts faits professionnels, avaient forcé les portes d’une sorte de Cénacle où régnaient presque en maîtres les politiques. Aujourd’hui que tu nous laisses, tristes certes, dans cette «Vallée des larmes», les mots nous manquent pour dire les choses qui nous liaient, jusque dernièrement à Thiès où nous nous sommes retrouvés autour de notre ami commun, Ema Ciss, artiste dans l’âme à la sensibilité à fleur de peau, qui m’apprit ton décès par un Sms, n’ayant certainement pas le cœur à m’annoncer cette chose horrible, mais inéluctable, à laquelle nous ne nous habituerons jamais : la mort d’un être cher. Alors, nous sommes allés chercher des mots que nous avions déclinés à ton intention, dans cet élan confraternel décrit tantôt.

A ce texte ci-dessous (avec son titre d’origine, bien sûr), témoignage certes partiel, mais instructif sur ton parcours professionnel et humain, écrit en un temps où jeune et beau et enthousiaste, tu croquais la vie et le journalisme à pleines dents. Ta mort, Mbaye, donne une allure évocatoire, un air d’absolution, peut-être… un je ne sais quoi qui me fait penser que là où tu te reposes aujourd’hui, tu en souriras, comme tu en avais ri il y a 25 ans. Repose en paix cher ami.

Par Pape Samba KANE

…«TASS » DANS L’AMBIANCE
Revenant de Beyrouth, en route pour les hauteurs de la frontière israélo-libanaise dans un convoi militaire sénégalais, le jeune journaliste Amadou Mbaye Loum n’en revient toujours pas d’avoir eu pour première mission à l’étranger la couverture d’une guerre. Arrivé à Tyr en même temps qu’un contingent de l’armée française – fâcheuse coïncidence –, c’est le cauchemar : roquettes, obus et crépitements de mitrailleuses. Les Palestiniens avaient tendu une embuscade aux Français. Le chauffeur de la jeep dans laquelle se trouvait notre correspondant de guerre stagiaire y laissera la vie.

Les autres Sénégalais seront sauvés par leur uniforme, leur nationalité et, le lendemain, par le don de persuasion de certains chefs militaires palestiniens, partisans de leur libération. Les faucons qui voulaient les garder prisonniers s’étaient inclinés. On est en 1978, Mbaye ne sera pas le premier journaliste otage au Liban, la mode des otages sera inaugurée plus tard, en 1983.

N’empêche, avec la mort de cinq membres de la délégation sénégalaise le jour de leur arrivée au Liban, cela faisait, en trois jours de présence, une demi-douzaine de morts et quelques frayeurs que Mbaye oubliera difficilement.

Peut-être avec l’âge…
Quand on demande à Mbaye Loum ou «Lindor» (son petit nom affectif pour le caresser un peu) son âge, il répond : «Une quarantaine d’années». Dont acte confrère, et chapeau pour la précision de l’information. Mais n’allons quand même pas trop vite, peut-être qu’il n’a pas, lui-même, l’information. Vous savez, dans certains bleds, il y a une quarantaine d’années, les « nés vers » étaient courants. Pourtant Mbaye Loum est né, il l’affirme, à Kaolack, chef-lieu de région. Il a cependant fait l’école primaire à Keur Madiabel : un bled. Ceci n’explique-t-il pas cette curiosité qui l’a pris très tôt, cette envie d’univers autres qui le poussait à rester des heures l’oreille collée à son poste de radio, à l’écoute du monde, ou bien le nez plongé dans toutes sortes de lectures : de Jules Vernes à Hergé ? Les informations qu’il collectait ainsi, Mbaye aimait tellement les partager avec ses camarades du lycée Gaston-Berger de Kaolack, en des séances où il bavardait beaucoup que ceux-ci le surnommèrent : «Tass !» Vous savez, l’agence de presse soviétique ! Une vocation était née !

En tout cas, après son bac, obtenu en 1972, Mbaye rêve du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti). Mal informé, il n’avait pas prévu l’examen préalable d’entrée au centre, et devra aller ronger son frein en Fac d’Histo-Géo, en attendant. L’année d’après, il ira étudier le journalisme et sortira du Cesti avec son diplôme en 1976, pour entrer à l’Orts. Pigiste (payé à l’émission) d’abord, forfaitaire ensuite, il était entré dans le métier doucettement.

Mais, il allait vite décoller ! Et pour rien moins que le Liban, en plein imbroglio politico-militaire, en compagnie du contingent de soldats du Sénégal, « Senbatt-L-1 », à la Force internationale des Nations unies pour le Liban (Finul) ! Ce baptême du feu, qui ne devait être que journalistique, fut littéralement militaire, on l’a vu.

Cependant, et vous ne le croirez peut-être pas, ce n’est pas ce qui a laissé à jamais une boule lourde de peur dans les tripes de «Lindor». Ce que Mbaye traîne encore, c’est le souvenir physique de ce jour où, passant devant lui, le débonnaire Mamadou Abdoulaye Fofana, alors rédacteur en chef du Jt, lui lança : « C’est toi qui fais le journal ». Il ne l’avait encore jamais présenté, ce journal, ce «vingt heures» qui fait rêver tout jeune journaliste de la télévision. Il doit courir chez lui, prendre une veste, revenir en sueur. Il présenta son journal, s’en sortit vivant, mais ne dormit pas cette nuit-là. Le trac après coup, il paraît que c’est plus terrifiant que l’autre. Il dut aller le noyer.

Les dés en étaient jetés et puisque Mbaye aime vivre libre, sortir, chahuter, il lui en est resté ce beau surnom : «Mbiance», comme ambiance.

Atmosphère… Passons ! Pour dire, tenez-vous bien, que «Mbiance», après Tyr et son embuscade, retournera trois mois après au Liban puis, en revenant, s’arrêtera au Shaba, dans l’ex-Zaïre, où ça chauffait aussi. Il couvrira le débarquement sénégalais sur la Gambie, en 1981, et s’est déjà rendu deux fois au Liberia. Ne criez pas tout de suite au suicidaire, Loum est tombé sous cet étrange attrait de la chose militaire quand on l’a vécu de près, et n’a qu’éloges à la bouche et admiration pour le «sens de la solidarité» chez les soldats.

Peut-être aussi qu’en l’envoyant sans préparation au casse-pipe d’une première présentation de journal télévisé, Fof lui avait-il à jamais donné le goût des sensations fortes.

Cet homme d’une quarantaine d’années dont le mariage (le premier), la semaine dernière, a donné l’occasion au pince-sans-rire du Jt, Malaye Diop, d’inventer l’Oms (Organisation des maris sages) par opposition à l’Oci (Organisation des célibataires invétérés), inventée par Le Cafard Libéré, n’a cependant, lui, aucun sens de l’humour. Et qu’il n’invoque pas sa timidité ! Un timide ne se jette pas sur l’entraîneur des «Lions» du football après leur élimination par le Cameroun lors de la Coupe d’Afrique des nations organisée à Dakar en 1992.

Claude Leroy l’a échappé belle grâce à Jérôme Diouf, un confrère de la Rts, mais qu’il ne garde aucune rancune pour Loum. Sa passion pour le foot est même à l’origine de son mémoire de fin d’études au Cesti. Thème : «L’exode des footballeurs sénégalais». Déjà pointait son chauvinisme.

PSK

NOTES (Nda : ce texte est partie des quelques 80 portraits prévus pour paraître dans le tome 2 des Mémoires correctives, d’où les notes d’actualisation suivantes, aujourd’hui elles-mêmes évocatoires : leçon de vie…).

Mbaye Loum est encore à la Rts, le Sénégal est moins présent sur des foyers de tension internationale et «Mbiance» vieillit, tout en gardant sa passion pour les soldats et leurs missions. C’est peut-être pourquoi on le voit plus souvent maintenant lors des défilés militaires et autres cérémonies de décoration ou de partance pour la retraite. Même si le terrain miné de la Casamance le reçoit encore, égal à lui-même, reporter spécialisé, courir derrière ses amis bidasses. Responsable des magazines, selon son titre à la Rts, le reporter dans l’âme qu’il est en profite pour produire des documentaires et grands reportages où la chose militaire prend une place importante. Un coup de fil au moment où j’écris ces notes m’apprend que «Mbiance» est depuis quelques semaines en Casamance pour une production. L’armée devrait vite nous le décorer.

Il n’y a guère longtemps, j’ai encore entendu Idrissa Seck parler d’un complot d’Etat qu’aurait orchestré Me Wade contre lui avec la complicité de Macky Sall, alors Premier ministre et actuellement Président de la République du Sénégal.

Le patron du parti politique Rewmi l’a tellement ressassé qu’il eut fait semblant d’oublier les quatre années passées au pouvoir aux côtés de son mentor, Abdoulaye Wade. Alors, il est d’une impérieuse nécessité de lui rafraîchir la mémoire en lui rappelant quelques complots dont il a été l’instigateur et parfois l’exécutant.

Ainsi, Idrissa Seck, ministre d’Etat, Directeur de cabinet du Président Abdoulaye Wade, a été d’un cynisme qui n’a d’égale que la « géhenne promise aux mécréants » comme dit Cheikh Hamidou Kane dans L’Aventure ambiguë.

Derrière son sourire qui laisse apparaître une dent jaunâtre acérée, se cache un homme impénitent qui criait haut et fort : « Mes amis je les protège, mes ennemis je les écrase ».
Et Dieu sait qu’il en a écrasé plusieurs. Donnons quelques trois cas pratiques parmi d’autres.

D’abord, commençons par Mbaye Diouf, l’ancien Directeur des Chemins de fer, responsable politique de la Coordination communale du Ps à Thiès.

Idy n’a hésité un seul instant à le mettre en prison. Pire, pour l’humilier, il envoie une équipe de la Rts à la prison de Thiès pour filmer son adversaire arrêté après avoir refusé de rallier le Parti démocratique sénégalais à la veille des élections législatives de 2001.

Après Mbaye Diouf vaincu, Idrissa Seck se délecte des résultats des audits lancés par son régime dès son installation à la magistrature suprême.

Il se targue de détenir par devers lui assez de fautes lourdes commises par des dignitaires socialistes pour les faire chanter à chaque fois qu’il en avait envi. Combien sont-ils de dignitaires socialistes à être convoqués à la Division des investigations criminelles avant d’être transférés à la prison de Reubeuss ?

Ousmane Tanor Dieng, Abdourahim Agne… pour ne citer que les responsables les plus connus.

Parmi les moins célèbres figure le grand Ousmane Diop, ancien Directeur de la Sodeva, qui est mort quelques jours après sa libération à la prison de Reubeuss, laissant derrière lui une fille de 04 ans et une veuve qui pleure toujours. Paix à son âme.

Enfin, Mamadou Seck, le dernier président de l’Assemblée nationale sous le magistère de Wade. Alors que parents et amis le félicitent suite à la nomination au poste stratégique de ministre de l’Economie et des Finances (Mef), Idrissa Seck fouille dans la poubelle pour sortir, par médias interposés, son passé judiciaire au point de le contraindre à la démission afin de faire nommer son ami thiéssois. La suite on la connait.

Ainsi, cette petite piqûre de rappel peut laisser voir Idrissa Seck comme un personnage politique dont le cœur ne bat que pour le pouvoir absolu. Il a usé, abusé et rusé de ce pouvoir.

Par El Hadj TALLA
Conseiller technique en communication
du Premier ministre

Dans toutes les démocraties du monde, l’heure arrive où un peuple doit choisir son avenir. L’heure s’approche pour le peuple sénégalais de prendre son destin en main et de choisir son dirigeant, à savoir son Président de la République, pour les 5 ans à venir.

A une année de ce choix important, on remarque que le peuple sénégalais n’a vraiment pas une alternative vu l’avancée en cours dont fait preuve le gouvernement dans tous les domaines.

Au lieu de vouloir s’attarder sur une opposition qui n’a aucun plan ou stratégie de développement, ce serait une grande erreur de choisir une destinée quinquennale autre que le Plan Sénégal émergent. Le seul vrai choix unanime des Sénégalais pour une continuité d’une avancée significative reste et demeure le choix de la réélection du Président Macky Sall. Et ceci, dès le premier tour.

Que celui qui ne votera pas pour le Président de la République, Macky Sall, au premier tour de l’élection présidentielle sache qu’il fait une erreur et qu’il retarde l’avancée, le développement ou tout simplement l’émergence du pays.

Chers concitoyens du Sénégal, a vos cartes d’électeur pour faire le bon choix dans une année 2019 à venir.

Par Oumar DIENG
« Borom Patte d’Oie »
Jeune responsable Apr de la commune
de Patte d’Oie
Porte-parole de la Cojer de Dakar
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Si vous n’avez qu’un vague souvenir du contenu de vos journaux de l’année 2017, parcourez-les rapidement et vous serez choqués par la récurrence d’un fait social à la fois scandaleux et douloureux. En effet, au-delà des péripéties politiques, des exploits de nos Lions en championnat d’Angleterre ou des éructations de nos lutteurs, tous les jours, en page 3, une litanie poignante nous interpelle : les violences faites aux femmes dans notre pays. Et quand je dis nous, je parle aux hommes. Car cette violence est de notre fait. Il s’agit des horreurs que certains d’entre nous infligent à nos fillettes, sœurs, femmes et mères.

Femmes battues, niées, tuées, violées, mutilées, enfermées, harcelées, dominées, possédées. Ce que nous retiendrons de cette « revue de presse », c’est un déferlement d’atrocités au quotidien : viols, excisions, incestes, bastonnades et blessures, harcèlements, meurtres et agressions multiples. Et très souvent, il ne s’agit là que des faits portés devant les Cours et Tribunaux. Combien d’agressions sur nos fillettes, combien de brutalités subies par nos femmes sont-elles passées sous silence ? Étouffées dans le carcan familial ou villageois, non reportées à la police ou non suivies d’action ?

Par exemple, une étude sur les déterminants des viols sur les mineures dans la région de Kolda (période 1992-2011) indique que trois victimes sur quatre n’en parleront pas (1). Or le viol est la forme extrême de la violence faite aux femmes. Le viol est l’expression des rapports de domination entre les sexes. Souvent, il enferme la victime dans une honte morale mais aussi dans une blessure secrète qui atteint la partie la plus intime de la personne, constituant ainsi un traumatisme irrémédiable. Essayons juste un instant de cerner la terreur de cette victime, même au-delà du viol,la terreur d’être engrossée, d’être contaminée par le Sida ou pire,la terreur de perdre la vie. Et imaginons ensuite qu’il puisse s’agir de notre propre fillette. Sachant que les traumatismes physiques et biologiques on en guérit parfois, mais le traumatisme psychique, souvent beaucoup plus grave parce que non traité, détruit des vies avec toutes sortes de conséquences psychologiques, plus particulièrement dans les cas d’inceste ou de viol d’enfants. Oui, imaginons que cela puisse arriver à notre propre fillette !

Les médias, malgré leurs ressources limitées, font de leur mieux pour nous tenir informés à travers leurs rubriques « Société » ou « Faits divers » et par le biais de chroniques judiciaires qui privilégient plutôt l’aspect sensationnel. Mais, rares sont les articles de fond, les reportages ou dossiers fouillés permettant de cerner le problème dans toutes ses dimensions. Car les viols et violences faites aux femmes ne sont pas des « faits divers ». Ce sont de véritables tragédies humaines mais qui, malheureusement, ne retiennent notre attention que le temps de parcourir la « brève du jour ». On assiste ainsi à une banalisation de ces violences. On en arrive même à la légitimer comme un droit de l’Homme, en l’honorant implicitement comme la vertu de l’homme fort. Alors qu’il est admis que les femmes sont au cœur de ces droits au sens propre comme au sens figuré. Quant à l’alibi de la culture, qu’on nous présente comme immuable, il ne sert qu’à renforcer un système de domination archaïque qui plombe nos potentialités de transformations sociales et économiques positives. Non ! Cette violence n’est ni naturelle ni légitime. Au cours de mes années passées à Amnesty international, j’avais souvent été amené à recueillir des témoignages de victimes de viol dans des zones de guerre mais aussi, malheureusement, dans des « pays en paix » où le patriarcat continuait à mener une guerre contre les femmes, dans les rues et les campagnes, dans les bureaux et les domiciles. Le Statut de la femme a fait reculer l’oppression, mais il demeure toujours synonyme de discriminations, écrasement, assujettissement et prédation. Beaucoup de nos femmes vivent dans une prison discrète, voire invisible, faite de harcèlements, étouffements et inquiétudes. Entendons-nous cette vielle voix très amère qui disait : « Quand le monde va mal, c’est la femme qui paie ? » Le Sénégal va vraiment très mal, car beaucoup de nos femmes continuent à souffrir dans le silence et dans l’anonymat.

Examinons quelques données :
D’après Mme Coumba Thiam Ngom, Directrice de la Famille au ministère de la Femme, de la Famille et du Genre, le taux de prévalence des violences basées sur le genre se chiffre, dans la région de Kaffrine, à 50 % : un foyer sur deux ! (2) Mme Ngom faisait sans doute référence à l’étude menée par le Groupe de recherche genre et société de l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis portant sur les violences basées sur le genre au Sénégal (Crdi 2012-2015). Cette étude mentionne un taux général de 55,3 % dans les ménages sénégalais et fournit des données par région. (Voir note 3). Mr Moustapha Fall, président de l’Association des journalistes contre les viols et les abus sexuels (Ajva), nous a confié qu’il y avait eu 3600 cas de viol en 2014 (10 par jour pour les seuls cas reportés !) (4) Récemment, un bébé (fillette) de 9 à 18 mois (selon le journal consulté), a été violé à Thiès (en mai 2017). (5) L’excision ne recule pas avec 28 % des populations cibles touchées. (6) Halim Benabdallah, commis par la Coopération française, nous révèle, dans une recherche sur les violences de genre comme facteur de déscolarisation des filles au Sénégal (Septembre 2010) : 62,5 %des filles déclarent faire l’objet d’insultes et 44,5 % d’humiliations. Le harcèlement sexuel touche 37,3 % de celles-ci et le viol 13,8 %. Elles mentionnent majoritairement les enseignants (37 %) et les élèves (28 %) comme les auteurs de viols. (7) Et l’on s’étonne des taux d’abandon scolaire !

Je vous épargne le reste de la déferlante : mariages d’enfants, trafic de femmes, esclavage sexuel, pénalisation de l’avortement…

On peut en conclure que nos femmes et filles ne sont en sécurité ni à la maison ni à l’école. Je ne mentionne même pas la rue ou le lieu de travail. Comment pouvons-nous, dès lors, prétendre construire la société de « sécurité humaine » prônée par la communauté des Nations si on la fonde sur l’insécurité féminine, l’insécurité de la meilleure moitié de l’humanité, celle qui donne la vie ?

Le Dr Fatou Sow Sarr (Ifan), dans une récente étude pour l’Union européenne (2015), écrit : « Malgré les lois votées contre toutes les formes de violence, le phénomène gagne en ampleur. À cela s’ajoute le problème des groupes vulnérables, des victimes de trafic (c’est-à-dire nos compatriotes africaines), celui des femmes en prison (pour avortements clandestins ou infanticides souvent à la suite de viols), des réfugiées et de celles qui vivent en zones de conflit… » (8) En réalité, ce fléau impacte chaque village, chaque région, chaque quartier, une maisonnée sur deux sur l’ensemble du pays ! Il semble que certains d’entre nous sont en guerre contre les femmes alors que leur émancipation ne pourrait être que bénéfique pour tous et pour notre futur. N’y a-t-il pas alors urgence à éradiquer cette vraie « terreur » (9) qui enferme en permanence nos femmes et fillettes dans la crainte ?

Eh bien, il semble que non !

Les violences faites aux femmes ne semblent pas être, dans les faits, un problème social majeur (je ne parle pas de la « parole » surtout dans sa variante sénégalaise du «wakh wakh wakhati wakhet»). Le combat contre ces violences n’est jamais inclus dans la fameuse « demande sociale » dans la mesure où, au fond, elles ne portent pas atteinte à la tranquillité et à l’ordre public phallocratique. Et pourtant, cette tragédie quotidienne devrait nous interpeller tous et surtout les hommes, car il y a quelque chose de malsain dans notre société. C’est comme si cette violence quotidienne était sournoisement admise par notre culture en complicité avec les structures de domination : les grands bailleurs de fonds sont prompts à exiger le respect de la clause démocratique (limitée aux seules élections) et le respect des droits de l’Homme (liberté d’opinion principalement), mais l’oppression des femmes demeure une préoccupation marginale.

Nous connaissons les causes de ces violences et, d’ailleurs, on les retrouve dans nombre de pays au Nord comme au Sud : conditions de vulnérabilité des femmes, chômage et conditions économiques précaires chez les hommes, effondrement du système de valeurs et climat de violence sociale (surtout en milieu urbain), mais aussi cette impunité omniprésente favorisée par « le sutura et le kersa » ou due à l’interprétation des lois religieuses ou encore à la fameuse tradition érigée en marqueur d’une identité figée. Ces violences constituent aujourd’hui une véritable « pandémie » à travers le monde (dixit Ban Ki-moon, ancien Secrétaire général des Nations unies). Notre pays, je le crains, n’est pas en reste.

Les solutions sont connues également. Il suffit de parcourir les rapports des Ong et Associations de femmes, tels que le rapport parallèle de l’Association des femmes juristes lors de la session du Comité des Nations unies contre les discriminations à l’encontre des femmes (Session 2013) ou des organes spécialisés des Nations unies. Je cite pèle mêle : rendre les législations conformes aux différents traités internationaux (tels que le protocole de Maputo), accompagnement médical et psychologique des victimes, compensations, sanctions exemplaires contre les prédateurs, éducation et sensibilisation, soutien aux associations de femmes, volonté politique, etc. Il s’agit, in fine, d’universaliser effectivement les droits de l’Homme dans notre pays en cette année du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948.

Après tout, le président Macky Sall n’a-t-il pas été désigné par les Nations unies comme le parrain de la Campagne internationale pour l’éradication de la violence faite aux femmes ? Qu’il prenne donc le leadership pour faire de notre pays un havre de paix pour nos femmes et un espace de «teranga» pour nos fillettes.

Une campagne d’éradication devrait commencer par une grande enquête nationale sur les violences faites aux femmes (enquête à réaliser régulièrement).

À Pékin, où j’avais conduit la délégation d’Amnesty international à la Conférence mondiale des Nations unies sur les femmes, tous les États s’étaient engagés à produire des statistiques précises et régulières sur les violences faites aux femmes. Certaines institutions de chez nous (universités, Ong) s’y attèlent, mais force est de constater que les chiffres sont parcellaires, les données parfois approximatives et certaines méthodologies manquant de robustesse. Par ailleurs, il s’agit d’études ponctuelles à diffusion restreinte. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un grand débat national informé par une grande enquête complète et rigoureuse pour prendre la mesure du phénomène, le quantifier dans tous les domaines (violences verbales, psychologiques, physiques, sexuelles) dans tous les contextes (familial, social, culturel et économique), en évaluer les conséquences (sur la santé physique et mentale, sur la vie sociale et familiale), en mesurer l’efficacité des recours et surveiller les évolutions du « mal ». D’ailleurs, pourquoi notre Assemblée nationale ne prendrait-elle pas une telle initiative ? À travers un projet de loi ? Une commission parlementaire ? A priori, la loi sur la parité en a fait l’institution la plus féministe du pays, emblème de notre aspiration à réaliser une égalité parfaite entre les hommes et les femmes du Sénégal. À ce propos, le féminisme ne se résume pas à être « pour les femmes », mais plutôt à combattre pour l’égalité politique, économique et sociale des deux sexes, ayant reconnu au préalable que nous avons un problème de discrimination à l’encontre de la moitié de notre population.

Je suis donc un féministe. Tout comme je suis un anti raciste, anti impérialiste, panafricaniste et socialiste.

Mais, au-delà de l’enquête, la réponse ne saurait se limiter aux initiatives de l’état. Nous sommes tous concernés. La réponse doit donc être prise en charge par l’ensemble de la société civile, compte tenu du nombre de personnes affectées. Ainsi, au-delà des lois et d’un enseignement public défectueux et compte tenu de la centralité du fait religieux dans la société sénégalaise, il importe de mobiliser les imams et les prêtres qui doivent, dans leurs prêches hebdomadaires, réapprendre aux gens les règles de base du savoir-vivre et du savoir-être : qu’il faut respecter les femmes et les fillettes, que le viol est un crime aux yeux du Tout Puissant.

Je pense sincèrement que, si on faisait de ce fléau une urgence nationale-comme on l’a fait pour la crise Ébola ou le Pse, on pourrait le contenir et l’éradiquer. Après tout, ne s’agit-il pas des vies et de la dignité de nos mères, de nos sœurs, amies, épouses et fillettes ?

Je conclus avec un appel lancé aux hommes vivant au Sénégal, quel que soit par ailleurs leurs nationalités. Beaucoup d’entre vous, en lisant ce plaidoyer à propos d’histoires qui brisent des vies, se diront : « Moi, je ne fais pas partie de ces agresseurs. Cela ne me concerne pas ». Ce faisant, ils font l’expérience du « privilège d’être homme », du pouvoir et des droits que les femmes peinent à établir pour elles. C’est ce silence qui perpétue les atrocités que vit la meilleure moitié de l’humanité. Car il est évident que cette priorité ne pourra pas être atteinte sans des changements dans l’attitude et le comportement des hommes. Ils ont un rôle clé à jouer dans l’éradication de ce fléau parce que la violence à l’égard des femmes n’est pas juste une « affaire de femmes ». Des organisations comme le « White ribbon » (Ruban blanc), associations composées d’hommes, au Canada, en Grande-Bretagne, en Australie, etc., ont reconnu le rôle positif que les hommes peuvent jouer pour mettre fin aux violences faites aux femmes. Ces associations travaillent à encourager les hommes à prendre des mesures pratiques et effectives pour mettre fin à cette réalité honteuse. Qu’il s’agisse de députés, responsables politiques de tous bords, chefs religieux et coutumiers, chefs d’entreprise, magistrats, enseignants, chercheurs, journalistes, étudiants et jeunes activistes, etc., nous avons tous la responsabilité d’élever le niveau de conscience de nos concitoyens. Nous avons besoin de porter ce message dans nos communautés et organisations, dans nos écoles et dahiras, dans nos entreprises et associations de jeunesse, etc. Un message qui soit fort et clair : il faut mettre fin aux violences que subissent les femmes au Sénégal.

Les hommes doivent donc s’impliquer parce qu’ils sont une partie essentielle de la solution. Ils doivent examiner leurs comportements et apporter les changements afin de contribuer à créer un monde fondé sur l’égalité hommes/femmes. Ils doivent contribuer à créer une culture dans laquelle les comportements violents d’une minorité d’hommes à l’égard des femmes deviennent inacceptables. Par ailleurs, mettre fin à la violence faite aux femmes est inséparable de l’action familiale et sociale positive des hommes. Ils doivent prendre plus de responsabilités dans leurs foyers, dans l’éducation et la santé de leurs enfants. Cette implication serait porteuse d’effets positifs pour les enfants, les femmes et pour les hommes eux-mêmes. Des progrès importants ont été réalisés au niveau international, mais le chemin est encore long.

L’ambition de cet appel est de contribuer à l’éradication des violences faites aux femmes au Sénégal. Le président Senghor, à travers le Code de la famille, le président Abdou Diouf, avec la loi de 1999 qui réprime le viol, l’inceste, la pédophilie, les violences conjugales, les mutilations génitales féminines, le président Wade, à travers la décisive loi sur la parité, et le président Macky Sall, désigné par les Nations unies comme parrain de la Campagne internationale pour l’éradication de la violence faite aux femmes, ont fait progresser, dans notre imaginaire, les principes d’égalité, de non-discrimination et de non-violence à l’égard de nos mères, épouses, sœurs, filles et amies. Donnons-nous comme ambition de mettre cet imaginaire en œuvre.

Tel est l’objet de ce plaidoyer : créer une association d’hommes pour contribuer à l’éradication des violences faites aux femmes en étroite collaboration avec les organisations féminines, l’État dans tous ses démembrements, les collectivités locales, les médias, les établissements d’enseignement et toute autre organisation pertinente.
J’attends avec impatience les manifestations d’intérêt à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. .

Notes
1. M. Mbacké Lèye et al in Santé publique, 2014/1.

2. Seneweb du 22/12/2017.

3. Diourbel 72,3 %, Fatick 67,5 %, Ziguinchor 66 %, Tambacounda 60,8 % Sédhiou 60 %, Kédougou 55 %, Kolda et Kaolack 54 %, Thiès 53,8 %, Kaffrine 53 %, Dakar 52,5 %, Saint-Louis 41 %, Louga 48 % et Matam 66,3 % (Gestes).

4. Entretien avec M. Fall à Imagine Africa institute. Voir aussi Fatou Sow Sarr : Rapport pour l’Union européenne, page 19. « Selon le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, 3600 cas de viols ont été enregistrés au Sénégal entre janvier et novembre 2014 ».

5. Seneweb du 19 mai 2017.

6. Fatou Sow Sarr : Au Sénégal, 28,2 % de Sénégalaises ont subi l’excision. La pratique est concentrée dans les régions de Kédougou (92 %), Matam (87,2 %), Sédhiou (87 %), Tambacounda et Kolda (85 %), Rapport pour l’Union européenne, p.19.

7. Halim Benabdallah : La violence de genre comme facteur de déscolarisation des filles en Afrique subsaharienne francophone pour l’Afd, septembre 2010.

8. Fatou SOW Sarr, op.cit. p.19.

9. Définition de terreur : pratique systématique de violences, de crimes en vue d’imposer un pouvoir.

Par Pierre SANE
Président Imagine Africa institute (2010)
Directeur régional du Crdi (1988-1992)
Sg d’Amnesty international (1992-2001)
Sous-Directeur général de l’Unesco (2001-2010)

La terrible nouvelle du décès du réalisateur et producteur Idrissa Ouédraogo a littéralement tétanisé la famille du cinéma, de la culture en général, en Afrique et dans le monde entier.

Idrissa Ouédraogo n’était pas seulement l’auteur, l’inspirateur et la source d’une filmographie impressionnante par sa thématique et sa qualité esthétique, il fut aussi un formateur remarquable qui a transmis à de nombreux talents africains, portant avec compétence et brio le destin du cinéma continental, les rudiments ou la maitrise de leur art.

Auréolé de prestigieuses récompenses, comme l’Etalon de Yennenga du Fespaco ou le Grand prix du jury du Festival de Cannes, Idrissa Ouédraogo prend place, aujourd’hui, dans un Panthéon où l’ont précédé des pionniers comme Sembene Ousmane ou  Paulin Soumanou Vieyra.

En cette circonstance particulièrement triste et douloureuse pour tout le continent africain, je présente, au nom du chef de l’Etat et de l’ensemble du gouvernement, les fraternelles condoléances du peuple  sénégalais au gouvernement et au peuple burkinabé.

Par Abdou  Latif  COULIBALY
Ministre de la Culture

« Avec le Pudc et le Puma, nous poursuivons nos efforts en faveur des zones déshéritées de notre pays. Au cours de l’année 2018, 251 systèmes d’adduction d’eau potable seront livrés en milieu rural et 35 000 branchements sociaux réalisés en milieu urbain. En plus de sa vocation d’équité territoriale et de justice sociale, le Pudc est devenu un catalyseur d’activités génératrices de revenus avec des milliers d’emplois durables créés grâce à ses réalisations.

On le voit de Touba-Trankil à Ngoufatte, de Négué Wolof à Halwar, de Saréliou à SaréBamol, de Niakhar à Dialacoro, de Niassanté à Ndiosmone, entre autres localités d’un Sénégal des profondeurs trop longtemps abandonné à lui-même et dépourvu d’un minimum de services sociaux ».

EXTRAIT DU MESSAGE
A LA NATION DE SON EXCELLENCE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, MACKY SALL. DAKAR,
LE 31 DECEMBRE 2017.
…………………………………

Des études récentes indiquent qu’au Sénégal 8 millions d’habitants représentant plus de 58 % de la population vivent en milieu rural et n’ont pas accès à des sources d’eau traitée, plus de la moitié a un accès irrégulier à l’électricité, voire en est totalement privée. De même qu’une bonne frange de la population manque d’équipements sanitaires de base, n’a pas accès aux réseaux téléphoniques fiables et à l’internet, tandis qu’1/3 vivant en zone rurale se trouve privé de routes praticables toute l’année. En cas de pluie, ces Sénégalais se retrouvent coupés des autres villes et des centres économiques. Ainsi, l’accès aux marchés reste encore limité et les coûts des intrants et de transport des productions agricoles demeurent élevés avec de fortes pertes après récoltes.

Soucieux de tant de défis et conscient de la nécessité de les relever en toute urgence, pour créer les conditions de l’émergence, Son Excellence Monsieur Macky Sall, Président de la République, a décidé de mettre en œuvre le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc).  Lancé en juillet 2014, le Pudc est destiné à lutter contre les inégalités. Il vise, pour l’essentiel, à contribuer à l’amélioration de l’accès des populations rurales aux services sociaux de base à travers la mise en place d’infrastructures socio-économiques afin d’éradiquer durablement l’extrême pauvreté et la faim.

Basé sur quatre piliers, à savoir l’eau, l’électricité, les pistes de désenclavement et les équipements pour alléger la pénibilité des travaux des femmes, le Pudc a permis de construire et de réhabiliter, dans sa phase initiale, 3048 kilomètres de pistes rurales, d’électrifier 325 villages, de mettre à disposition 5000 équipements de transformation, des décortiqueuses et batteuses. De même, un programme de 300 forages, démarré en 2013, est en cours d’exécution et, à cet effet, 210 forages et 13 stations de pompage sont déjà réalisés ; ce qui a permis de desservir une cinquantaine de localités abritant environ 700 000 âmes. Au nom de l’équité territoriale et du développement solidaire et inclusif, deux principes majeurs fondateurs du Pse et chers au président de la République, ces Sénégalais vivant en milieu rural ont accès à l’eau potable en 2016. En effet, des centaines de villages sont sortis à la fois de l’obscurité et du désenclavement. Leurs habitants ont pu avoir accès à l’eau et à plusieurs équipements susceptibles d’aider à alléger les travaux des femmes, à libérer les filles des corvées de toutes sortes qui entravaient leur accès, leur maintien et leur réussite à l’école, à l’image de localités comme Bassoul, Baback, Sakhor, Bamabadinka, Tessékéré, Loumbol Samba Abdoul, Wakhal Diam, Ndiobène, Ndiayène, Santhiou Djadj, Thiowor, Leona, Thiar Sène, Thiar Ndiaye, Thiar Peulh, Gabane, Longhor, Bayti Guèye et Keur Mody. Ainsi, la mise en place d’infrastructures socio-économiques permettra incontestablement d’éradiquer durablement l’extrême pauvreté et la faim.

La pertinence de ces principes du Pse a tellement convaincu les partenaires du Sénégal qu’un financement additionnel de 60 milliards de FCfa est acquis pour mettre en œuvre des travaux de construction et de réhabilitation des 251 autres forages.

Incontestablement, ces forages auront des impacts dans la relance des activités maraîchères dans les Niayes. C’est là  un acte fort du renouveau de l’hydraulique en milieu rural à travers le projet de construction de 251 forages, 181 châteaux d’eau, 1800 kilomètres de canalisation, 181 réseaux, 900 bornes fontaines et 270 abreuvoirs. Un tel programme a été lancé, à  Ngoufatte, par le chef de l’Etat en mars 2017.

Ngoufatte, un village mythique parmi 109 autres qui forment la commune de Léona s’étendant sur 415 km2 et abritant plus de 42 000 âmes après le recensement de 2015, se situe à mi-chemin d’un Sénégal qui superpose essentiellement deux cartes dans cette contrée : celle des poches d’extrême pauvreté et celle des zones agro écologiques : deux critères auxquels s’ajoutent les possibilités de partenariats, la stabilité du pays, du fait de sa maturité en matière de démocratie et de décentralisation, tout comme la qualité de sa gouvernance et de son engagement à participer à la réalisation du Pse et des Odd.

La vision du chef de l’Etat consiste essentiellement à aider les localités comme Ngoufatte à vaincre l’extrême pauvreté par la conduite d’une intervention multisectorielle dans les zones de grande précarité. Ngoufatte est considéré, ici, comme village centre et polarise des localités qu’il est susceptible de desservir en eau et autres infrastructures de développement.

L’Ofor entend y jouer pleinement sa partition et travaille en partenariat avec toutes les parties prenantes dans la gestion et l’exploitation des ouvrages hydrauliques sur la base de l’équité territoriale, du développement inclusif et solidaire, si chers au chef de l’Etat, pour fournir des solutions de sortie de l’extrême pauvreté. Il s’agit, pour l’essentiel, de contribuer à l’amélioration de l’accès universel des populations rurales à l’eau potable servie de façon pérenne, pour tous les usages, à des prix conformes au pouvoir d’achat de chaque type d’usager.

Dans cette perspective et grâce au Pudc, près d’une quinzaine de villages polarisés par Ngoufatte sortiront à la fois de l’obscurité, de la soif et du désenclavement. La commune de Léona, à laquelle Ngoufatte est partie intégrante, est répartie en deux zones distinctes : la zone des Niayes et celle du Diéri.

La zone du Diéri à laquelle appartient Ngoufatte, grâce aux sols Dior et, dans une moindre mesure, l’étendue de son espace exploité, connaît un développement des grandes cultures. Dans la zone des Niayes, le maraîchage domine du fait de la qualité des sols et la présence des cuvettes et bas-fonds. Ces deux zones complémentaires représentent une bonne combinaison pêche-agriculture et en raison de la menace que représente la mobilité des dunes vers les dépressions où des activités horticoles sont menées. A cela s’ajoute le risque lié, d’une part, à la pollution de la nappe à cause de l’utilisation des engrais et pesticides et, d’autre part, à l’avancée de la salinisation des sols résultant de la mauvaise gestion de l’utilisation de l’eau, toutes choses dont l’Ofor a fini de mesurer les conséquences en amont de son intervention.
Depuis 2006, l’accès à l’éducation, à la santé, à l’eau potable, à l’assainissement, aux pistes de production et à l’électricité a été très élargi et les investissements axés sur la lutte contre le paludisme, le Sida et la tuberculose ont sauvé des milliers de vies grâce à des projets comme celui des Villages du millénaire implantés dans cette zone.  Il a été bouclé en 2015.

Il s’agit donc, aujourd’hui, de consolider ces acquis pour démontrer que « des interventions à base scientifique, l’implication et le leadership des institutions et des communautés locales peuvent être combinés pour matérialiser la vision d’un Sénégal émergent et réaliser les Objectifs de développement durable. Pour y parvenir, l’OforR compte, pour sa part, parachever l’autonomisation des communautés par le biais de la participation et du leadership au niveau de la conception, de l'exécution, du suivi et de l'évaluation des actions en nouant des partenariats stratégiques ; garantir une intervention basée sur une recherche scientifique éprouvée combinée aux meilleures connaissances locales ; et favoriser la synergie d’action avec les programmes communautaires, régionaux et gouvernementaux existants dans la zone de Léona.

C’est dans ce contexte que Son Excellence Monsieur Macky Sall a effectué cette visite historique à Ngoufatte pour le lancement de la troisième phase du Pudc obtenue grâce à la coopération avec la République de Chine. Une visite à laquelle toute la population de Léona a participé activement avec beaucoup d’enthousiasme.

Tout compte fait, la transition est toute trouvée pour Ngoufatte, site mythique de Léona, avec des villages polarisés, de passer au Pse et, au-delà des Omd, de réaliser les Odd à l’horizon 2030, à travers le Pudc et l’Acte 3 de la décentralisation. Le Sénégal poursuit ainsi sa marche vers l’accès universel à l’eau potable dans le monde rural. Cette ambition politique s’accompagne de lourds investissements consentis par les autorités pour booster les indicateurs en matière d’accès à l’eau potable dans des zones rurales. L’Etat y a déjà dépensé 112 milliards de FCfa en l’espace de trois ans pour la construction des forages et des châteaux d’eau, la réalisation des extensions et des branchements sociaux.


Par Papa Moustapha GUEYE
Inspecteur de l’éducation
et de la formation, Spécialiste en Grh
Certifié Ppp de la Banque mondiale, Tic/Ks
et Communication organisationnelle
Citoyen de la République

 

Au Sénégal comme dans toutes les sociétés africaines, la famille est la principale structure d’organisation des êtres humains. Elle est non seulement une instance de reproduction sociale basée sur des liens de parenté mais aussi le lieu de socialisation de l’individu.
De nos jours, elle peut être définie selon les liens de parenté qu’entretiennent ses membres ou qui existent entre eux. Au Sénégal, par exemple, on y trouve :
• une famille élargie, composée des parents, grands parents, oncles, cousins, beaux frères, etc.
• Une famille nucléaire, composée d’un ménage avec deux parents, leurs enfants ou sans enfants;
• Une famille recomposée, regroupant des demi-frères ou demi-sœurs, belle-mères, beaux-pères, enfant sans lien de consanguinité, enfant avec qui on a un parent en commun, etc.

Autrement dit, la famille se présente comme étant un système, structuré par un certain nombre d’éléments en interaction et régis par des règles, dans lequel une modification d’un élément entraine un changement dans l’organisation de ce dernier.

Ceci étant, il faut dire que toutes les familles traversent, en un moment donné de la vie, divers stades entrainant ainsi des modifications ou parfois des perturbations, des crises, des conflits. Et il arrive, dès fois, que le système familial peine à s’adapter aux changements et à les gérer. De ce fait, la famille, comme toute structure sociale ou autre instance regroupant des individus (homme, femme), n’est pas exempt de situations conflictuelles qui résultent d’une opposition entre personnes ou entités qui la composent. Une famille est donc un noyau composé de membres différents. Si, d’une part, elle est une source de bonheur, d’autre part, elle peut également être une source de problèmes lorsque le courant ne passe pas entre les membres. Les conflits familiaux sont donc naturels et inévitables.

Les conflits familiaux, qu’ils s’agissent de couple, de succession, d’enfants, de parents, grands-parents ou autres, ont parfois des répercussions sur la vie et la stabilité morale et psychologique de la famille. Des conflits qui empoisonnent souvent la vie de celle-ci et qui font naître la haine, entraînant ainsi des ruptures et des souffrances, altérant l’existence aussi bien de ceux qui les subissent que de ceux qui les provoquent.
Au Sénégal, les désaccords en cas de séparation, de succession ou concernant la garde d’enfants aboutissent très souvent devant le juge. Alors qu’il existe pourtant une solution à l’amiable qui est la médiation familiale. Elle offre l’occasion de rechercher seul, sans juge, mais avec l’accompagnement d’un tiers (le médiateur) indépendant, extérieur à l’environnement familial, en vue d’un accord satisfaisant gagnant/gagnant pour tous.

Qu’est-ce que la médiation ?
La médiation est un mode coopératif de gestion des conflits. Elle s’adapte à chaque situation particulière. Elle considère les partenaires comme principaux acteurs de la recherche de solutions.
Quant à la médiation familiale, elle est un processus de construction ou de reconstruction du lien familial axé sur l’autonomie et la responsabilité des personnes concernées par des situations de conflit de rupture ou de séparation. Le médiateur aide les parents, les membres de la famille, à trouver des solutions appropriées, durables, participatives et constructives. Il encourage toutes les personnes à prendre la parole. La médiation prend en considération les aspects humains d’un conflit. Elle encourage et facilite l’expression des préoccupations, des inquiétudes et des doutes. L’ensemble des sujets discutés durant ces séances peut être pris en compte dans l’accord qui sera conclu.
La médiation permet aux participants de prendre en main leur avenir et d’agir directement sur leur vie quotidienne. Les solutions trouvées en médiation sont réalistes et applicables. Au besoin, elles peuvent être modifiées.
Fonctions de la médiation :

Pour Michelle Guillaume Hufnung, formatrice et experte en Médiation, la médiation remplie quatre fonctions que sont :
•    une fonction de création du lien social ;
•    une fonction de reconstruction du lien social ;
•    une fonction de prévention des conflits ;
•    une fonction de règlement de conflit.
    
Avantage de la médiation familiale dans les conflits familiaux :
Dans un procès, le juge tranche le conflit de positions et vous transforme en gagnant ou perdant. Dans une médiation familiale, la logique est différente et chacun peut en ressortir satisfait et gagnant. Elle offre un temps d’écoute pendant lequel chacun exprime ses besoins ; c’est un temps d’échanges mais aussi de partage et de négociation. Le processus revient à se parler, s’écouter, puis décider ensemble. Ainsi, l’avantage de la médiation dans les conflits familiaux est qu’elle permet de faire face à des difficultés qui peuvent paraître insurmontables : les malentendus, le manque de communication, les disputes et querelles dans la succession, le divorce…
Donc, il faut souligner que la médiation permet de trouver, en dehors de l’espace judiciaire, les solutions les plus adaptées aux situations conflictuelles dans une dynamique participative.

Il s’y ajoute parmi les avantages de la médiation : l’amélioration des relations, la créativité des solutions et l’économie en temps et en argent, car le coût d’une médiation est inférieur aux charges d’un procès. Elle est efficace parce que l’accord est durable, rapide et confidentielle, mais également permet d’éviter les embouteillages des tribunaux.

En somme, la médiation familiale est un temps d’écoute et d’échanges, dans un lieu neutre et confidentiel, avec un tiers professionnel qualifié qui ne prend parti pour personne et qui vous permet : d’aborder les problèmes liés au conflit familial, d’établir une communication constructive, de prendre en compte les besoins de chacun et de rechercher des solutions concrètes et concertées.

Le rôle du médiateur dans les conflits familiaux
Etant un tiers qualifié et impartial, le rôle du médiateur est de rétablir la communication entre les protagonistes (les membres de la famille) et de créer un climat de confiance, propice à la recherche d’accords. Dans une situation de conflit familial, le médiateur permet de favoriser l’émergence de solution, propose un espace de communication, favorise la responsabilisation des médiés, canalise les tentions en favorisant la restauration d’un lien de qualité y compris l’intérêt supérieur de l’enfant.
En fin, il est important de dire que la médiation ne remplace pas le système judiciaire. Elle complète les procédures légales et permet de trouver des solutions durables qui conviennent à tous les membres de la famille.

Par
Malick NIASSE

Médiateur familial
et communautaire
Chargé des relations
extérieures de l’Association
 des médiateurs diplômés du Sénégal
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