Idées et Réflexions (314)

« On ne conduit le peuple qu'en lui montrant un avenir : un chef est un marchand d'espérance », Napoléon Bonaparte
Cette diction de napoléon Bonaparte peut bien s’appliquer au Sénégal sous l’ère Macky Sall avec le Pse (Plan Sénégal émergent), non pas parce que les dirigeants précédents n’avaient pas d’ambition, mais tout simplement parce que les ambitions du président Macky Sall, à la différence des autres, sont planifiées. Le Sénégal peut enfin retrouver l’espoir avec son Excellence le président Macky Sall et son Plan Sénégal émergent.

En effet, l’une des forces du Pse, c’est la planification des réalisations. Et comme le disent les Anglo-Saxons, « ambitions without plannings are just wishes » (des ambitions non planifiées sont juste des souhaits).

Enfin, le Sénégal peut nourrir de l’espoir, car ayant eu enfin un dirigeant dont l’ambition et la vision sont quantifiables, mesurables et bien planifiées dans le temps.

Le président Macky Sall remplit bien sa mission, parce que la fonction d'un leader est d'entretenir cet espoir vivant.

Et ce Plan Sénégal émergent rappelle, à bien des égards, le fameux plan « Wawasan » qui a permis à la Malaisie du Dr Mahatir Mohamed (1981-2003) d’entrer dans le cercle très restreint des pays émergents.

C’est pourquoi le Pse va au-delà des simples vœux : c’est l’ambition d’un homme et la vision d’un leader qui veut transformer son pays. Et cela, avec toute sa génération.

Le Dr Mahatir Mohamed a, avec son Wawasan, doté la Malaisie d’infrastructures de haut niveau et amélioré le niveau de vie des Malaisiens. Ce, en l’espace de 20 ans.

Si on revient au cas du Sénégal, il y a des raisons d’espérer, car du côté des infrastructures, les chantiers sortent de terre et d’autres le seront bientôt.

L’autoroute Ila Touba, le pôle urbain et le parc industriel de Diamniadio, les nouvelles universités au Sine-Saloum et à Diamniadio, les nouveaux lycées techniques, les projets de trains interurbains, les nouveaux navires « Aguène » et « Diambogne », l’exploitation très prochaine des gisements de gaz et de pétrole dans le Sangomar, pour ne citer que ceux-là pour l’amélioration du niveau de vie des Sénégalais.

Jetons un coup d’œil sur les réalisations, sur le plan social, avec la Cmu, (Couverture maladie universelle), les bourses de sécurité familiale ainsi que les nombreuses actions de la Fondation servir le Sénégal avec la Première dame, sans oublier la plateforme industrielle de Diamniadio et la Cité de l’émergence qui feront du Pse un véritable chemin du développement réalisé à travers un plan d’actions prioritaires quinquennal.

Le Sénégal, c’est aussi un bon climat des affaires avec un environnement politico-juridique favorable à l’investissement. Le dialogue politique initié par le chef de l’Etat en est une preuve palpable, car seuls les aigris politiques ont raté ce train de l’histoire politique du pays. L’autosuffisance alimentaire en riz, d’ici à 2017, avec un objectif de 745.000 tonnes de riz paddy en 2016, ainsi que la relance du secteur touristique, avec une série de mesures prises par les pouvoirs publics, le sont aussi.

Le Premier ministre Mahatir Ben Mohamed, à travers le Wawasan 2012, a eu pour ambition de faire de la Malaisie un pays indépendant sur le plan industriel, et autonome sur les plans de la prospérité économique, du bien-être, de l’éducation et de la stabilité politique. Pour ce faire, le Premier ministre Mahatir a requis un taux de croissance de 7 %. Cela, pour la période allant de 1990 à 2020.

Déjà au Sénégal, deux ans après la mise en œuvre du Pse, on est à 6,4 % de taux de croissance ; ce qui nous met sur les rails de l’émergence. Ces performances dans notre économie devraient pousser le chef de l’Etat à s’orienter davantage vers un débat économique.

Un Sénégal à l’image de la Malaisie, c’est bien possible. Et pour cela, il faut que l’agenda du président soit orienté vers les questions d’économie et les Sénégalais orientés vers le culte du travail.

Nous avons eu la chance de visiter la Malaisie en 2007. C’était pour représenter notre pays à une session de formation à l’institut international de formation des professeurs d’Anglais (Ipba). Et au vue de notre modeste expérience, nous tenterons d’expliquer le niveau de développement de ce pays. Nous estimons que le Sénégal peut bien être comme la Malaisie. En d’autres mots, autant le Wawasan de Mahatir a pu développer la Malaisie, autant le Pse du président Macky Sall peut développer le Sénégal ; ce qui nécessite des préalables que sont :
• Une éducation à la citoyenneté et au respect des institutions. En Malaisie, même pour arrêter un taxi, il faut faire le rang.
• Accorder une importance capitale à l’éducation et à la formation. Figurez- vous qu’en Malaisie la formation des enseignants peut prendre cinq ans, car les élèves font très tôt leur choix professionnels au lieu d’attendre la fin du cursus universitaire pour ensuite chercher une qualification professionnelle.

• Régler le problème de la mendicité. En effet, le Sénégal gagnerait à régler ce problème, puisqu’étant l’un des rares pays où l’on mendie à quelques mètres du palais présidentiel. Figurez-vous qu’en Malaisie un enfant en âge d’être scolarisé n’a pas le droit de trainer aux heures d’école.

• Renforcer le patriotisme économique ; ce qui passe par le renforcement des entreprises nationales et faire de la préférence nationale une réalité. Le régime doit renforcer des privés nationaux, à l’image de Serigne Mboup de Ccbm et Babacar Ngom de Sedima qui ont fait du patriotisme économique un sacerdoce et qui sont restés au Sénégal en participant à la bonne marche de notre économie et, s’il vous plait, avec des Sénégalais.

• Pratiquement, tous les taxis qui roulent à Kuala Lumpur sont « made in Malaysia ». Puisque notre pays ne fabrique pas de voitures à l’échelle industrielle, on pourrait, par exemple, faire de sorte que tous les meubles de l’administration soient des « made in Sénégal ». Cela est bien possible. Aujourd’hui, la Malaisie est le premier pays exportateur d’huile de palme au monde alors qu’on nous a rapporté en Malaisie même que les premiers palmiers importés dans ce pays, dans les années 60, étaient en provenance du Sénégal.
Autre facteur qui pourrait nous rapprocher de la Malaisie émergente, c’est le retour du sifflement du train.
En effet, le président Macky Sall entrera dans l’histoire le jour ou le train sifflera à Ziguinchor en provenance de Dakar, après avoir refait son circuit traditionnel (Kaolack, Guinguinéo, Tambacounda). Ce, en permettant à mes cousins de Vélingara de le voir traverser leur localité et de l’entendre aussi siffler à Sinthian Houlata.

Nous gardons espoir, car nous sommes convaincus que le président Macky Sall y parviendra, et il est sur la bonne voie. A l’image de la Malaisie qui est devenue émergente avant 2020, le Sénégal le sera aussi avant 2035.

Nous avons de l’espoir ; ce que Mahatir a fait de la Malaisie, Macky le fera du Sénégal, et il est sur la bonne voie. Ce chemin, il ne doit pas s’en éloigner du fait des réactions politiciennes parfumées de jalousie. Le président Macky Sall, en portant notre pays sur les rails de l’émergence, a choisi d’être le héros des Sénégalais, contrairement à ces hommes politiques qui, eux, ont choisi d’être les héros de leur ego.

Par Moussa THIOR
Doctorant en Anglais
Responsable politique /Apr/Moundé/Commune de Djirnda/Foundiougne/Fatick
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En cette veille de signature d’Accords de "partenariats " économiques (Ape) dont nous ne sommes ni les initiateurs ni les rédacteurs;

Au moment où les frontières de l'Europe sont de plus en plus fermées à nos populations sur fond d'un mépris culturel et racial qui a du mal, désormais, à cacher sa véritable nature;

En ces temps d'exubérance dominatrice de l'Occident et de négation, jusqu'à notre utilité au Monde, à travers des affirmations aussi fausses les unes que les autres sur l'inéluctabilité de notre "pauvreté"; il convient de s'entendre sur les mots. Les maux devrais-je dire! Disons le haut et fort : notre soi-disant pauvreté" est suscitée, planifiée, organisée. Et depuis si longtemps qu'on allait l'oublier... Heureusement que quelques vigies veillent.

Souvenons-nous des propos de Frantz FANON:

" Le colonialisme et l'impérialisme ne sont pas quitte avec nous quand ils ont retiré de nos territoires leurs drapeaux et leurs forces de police. Pendant des siècles les capitalistes se sont comportés dans le monde sous-développé comme de véritables criminels de guerre. Les déportations, les massacres, le travail forcé, l'esclavagisme ont été les principaux moyens utilisés par le capitalisme pour augmenter ses réserves d'or et de diamants, ses richesses et pour établir sa puissance. Il y a peu de temps, le nazisme a transformé la totalité de l'Europe en véritable colonie. Les gouvernements des différentes nations européennes ont exigé des réparations et demandé la restitution en argent et en nature des richesses qui leur avaient été volées [...]. Pareillement nous disons que les Etats impérialistes commettraient une grave erreur et une justice inqualifiable s'ils se contentaient de retirer de notre sol les cohortes militaires, les services administratifs et d'intendance dont c'était la fonction de découvrir des richesses, de les extraire et de les expédier vers les métropoles. La réparation morale de l'indépendance nationale ne nous aveugle pas, ne nous nourrit pas. La richesse des pays impérialistes est aussi notre richesse. [...] L'Europe est littéralement la création du tiers monde."
In Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 9

Eh oui! Si nous avons la faiblesse de ne pas exiger des réparations pour tous les torts qui nous ont été faits tout le long de l'Histoire, ayons au moins le cran d'assumer nos "indépendances" et de leur donner du contenu! Ayons l'ardent désir de venger la mémoire de nos résistants et martyrs qui doivent se retourner dans leurs tombes à force de voir souillées leurs traces... Disons tout haut (à défaut de se battre résolument contre) que nous savons exactement d'où nous viennent les maux qui nous enserrent et emprisonnent les énergies de nos jeunesses. Rendons la parole à FANON:

" Les nations européennes se vautrent dans l'opulence la plus ostentatoire. Cette opulence européenne est littéralement scandaleuse car elle a été bâtie sur le dos des esclaves, elle s'est nourrie du sang des esclaves, elle vient en droite ligne du sol et du sous-sol de ce monde sous-développé. Le bien-être et le progrès de l'Europe ont été bâtis avec la sueur et les cadavres des Nègres, des Arabes, des Indiens et des Jaunes. Cela nous décidons de ne plus l'oublier."
In Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 94

En vérité, il nous faut plus que des plans, fussent-ils d'émergence, d'ajustement structurels ou autres recettes mondialisantes! Ce qu'il faut à l'Afrique, c'est renouer avec le sens de son Histoire, retrouver la force de ses dynamiques culturelles et mentales expurgées de plus de trois siècles d'un processus d'acculturation savamment distillé par l'Ecole coloniale, ses maîtres et ses manuels. Le mal est profond mais la maladie est curable! Il faut changer le projet! Au secours Frantz FANON:" Ne payons pas de tribut à l'Europe en créant des Etats, des Institutions et des sociétés qui s'en inspirent. L'Humanité attend autre chose que cette imitation caricaturale et dans l'ensemble obscène. Si nous voulons transformer l'Afrique en une nouvelle Europe, L'Amérique en une nouvelle Europe, alors confions à des Européens les destinées de nos pays. Ils sauront mieux faire que les mieux doués d'entre nous. Mais si nous voulons que l'Humanité avance d'un cran, si nous voulons la porter à un niveau différent de celui où l'Europe l'a manifestée, alors il faut inventer, il faut découvrir.

Si nous voulons répondre à l'attente de nos Peuples, il faut chercher ailleurs qu'en Europe. Davantage, si nous voulons répondre à l'attente des Européens, il ne faut pas leur renvoyer une image, même idéale de leur société et de leur pensée pour lesquels ils éprouvent épisodiquement une immense nausée. Pour l'Europe, pour nous-mêmes et pour l'Humanité, Camarade, il faut faire peau neuve, développer une pensée neuve, tenter de mettre sur pied un homme neuf" ibidem. Les damnés de la terre

Une relecture en profondeur de l'œuvre colossale de Frantz Fanon s'impose. Médecin psychiatre d'origine martiniquaise, il a épousé la cause de la Révolution algérienne. Par son savoir et son savoir-faire, il a donné sa vie à la cause de l'émancipation mentale des élites africaines. Il est temps de reprendre le flambeau et de revisiter les causes profondes de la perte de sens de notre projet postcolonial. A ceux de ma génération dont l'œuvre de Fanon à structuré le mental, je rappelle le sens de nos engagements premiers. Aux plus jeunes dont l'avenir est à construire, je signale cette œuvre en guise de viatique dans un monde tourmenté si l'on oublie d'en comprendre les ressorts. Être libre, mentalement et sur le plan culturel, est la condition préalable à la mise en œuvre de tout projet de société. Cette ambition, un vrai projet de système éducatif doit la générer et la porter. "développer une pensée neuve, tenter de mettre sur pied un homme neuf", tel doit être le sens d'une réforme en profondeur de notre système éducatif. Cela est plus urgent et beaucoup plus important qu'un dialogue national qui tend à consolider et à perpétuer un système qui constitue, en lui-même, le fond de notre problème !!!

Par Amadou Tidiane WONE

woneamadoutidiane
@gmail.com

Saisis d’une émotion contenue et d’une souffrance feinte dans une nuit d’angoisse et de tourment, nous sommes impuissants face à une épreuve aussi brutale qu’un décès. Le vendredi 13 mai 2016, la reine du « gani », variante très complexe du « yéla », nous a quittés à l’âge de 77 ans.

Artiste éveillée, aimable et intelligente, Lamma Binta Seck s’est éteinte après avoir chanté des années durant sans complaisance ni connivence que les Satiguis, dont l’incontournable Soulé Ndiaye, avaient délivré les Peuls (fulbé) de toute oppression. Axé sur le sens de la combativité et du courage, le partage, la liberté et la dignité des êtres humains, son répertoire est riche d’enseignement. Le métissage multiculturel entre Peuls, Wolofs, Sérères, Soninkés et Mandings se détecte finement dans ses paroles. Analphabète, sa mémoire d’éléphant force le respect. Lamma Binta avait le don de l’expression chantée.

Puisque le son est la vibration d’un corps au sens physique du terme ; pour vibrer, un corps a besoin de raisonnateurs qui amplifient la vibration. Les mélodies ritournelles de Lamma Binta Seck s’appuient sur des raisonnateurs très élevés, sans altérer ni sa voix ni la pertinence du message qu’elle délivre et que rythme les « koumbali », courges en forme cylindrique autorisant l’esquisse de pas de danse assumés. La finesse des propos de Lamma est un message à la jonction du pouvoir émergeant des Almamys et celui déclinant des Satiguis.

Pour rendre compte de l’histoire des liens sociaux, les griots héritiers du « gani » arbitraient et restituaient les litiges internes des dynasties. Là sont enracinées, depuis plusieurs décennies, les lignées de Lamma Binta et Farba Sally.

L’avènement de 2STV et la volonté d’El Haj Ndiaye ont fortement contribué à mieux faire connaître le « gani », composante du yéla, qui signifie « vœux exaucés ».

Né au Fouta sous le règne des Satiguis avant de se répandre au Sénégal, au Mali, en Mauritanie et en Gambie, le yéla, épopée chantée par des griottes peules (fulbé) lors des veillées d’armes, célèbre aussi les cérémonies de circoncision, de mariage et de baptême. Le guerrier Bocar Sada Dia s’adjoignait les services de Couro Lélél, griotte souvent à cheval sur les champs de bataille comme les journalistes sur le front. Les griots font partie de l’histoire de la fondation du Fouta, et donc, de la mémoire du Sénégal : c’est une partie de notre patrimoine historique.

Oublier l’histoire de sa fondation, c’est perdre sa mémoire ! En oubliant sa mémoire, on devient de simples agents de la dé-civilisation pour reprendre l’expression de Hamit Bozarslan. C’est contre l’oubli pour exhorter les vertus que s’inscrivent les épopées chantées par Lamma Binta, admirative des vainqueurs peuls, cedo, et respectueuse des perdants. S’il est vrai que les Satiguis ne plièrent pas devant la force des Maures, des Soninkés et des Manding, ainsi que du royaume du Djolof dont ils sont en partie issus, il demeure qu’ils ne sont ni invincibles ni immortels, même si leurs batailles avaient un sens politique fort, car ciblant l’injustice. La révolte des Satiguis était plus que générationnelle.

A travers le yéla, legs culturel des Satiguis, on apprend aussi que la foi procure le pouvoir et le prestige pour ceux qui l’instrumentalisent d’autant plus que des Almamys réclamaient leur part d’éloge par les griots.

On doit renoncer aux pratiques qui inclinent à penser l’Islam en termes de pouvoir. L’avidité du pouvoir et de l’avoir éclaire sur les profondeurs de l’âme des personnes où loge une certaine indignité. Cela engendre des gens défaits. Les résidus incultes, irrationnels et sans utilité s’offusqueront de leur obsession maladive. Lamma Binta décrit et chante la dignité peule (ndimaangu fulbé) qui s’est imposée notamment sur les champs de batailles violentes et dans le vécu, sans jamais oublier que si « la cible de la violence demeure physique, son origine est métaphysique », tel que le rappelle Michaël Fœssel.

Comme Farba Sally, Lamma Binta a conservé et perpétué l’histoire des Satiguis et des Peuls en général portée par leurs lignées maternelle et paternelle. Les échanges d’œillades complices de Lamma Binta quand tonnait sa voix d’or mêlée avec celles de ses filles, Houlèye et Madina Lamma, confortait la reine du « gani » et cantatrice peule du Boundou que la transmission des épopées chantées à ses enfants était bien assurée. En signe de reconnaissance, Lamma Binta faisait aussi l’éloge de citoyens entreprenants et dignes qui vivaient du fruit de leur travail.

Femme de qualité, Lamma Binta chantait pour accomplir un devoir de restituer ce qui a été tout en restant méfiante à l’égard de ce qui est.
La disparition de la reine du « gani » et cantatrice peule du Boundou est une douleur partagée avec ses enfants et ses proches dont Tidiane et Mamadou Saly Seck.

Cette rude épreuve est surmontable, en joignant nos prières pour que le Maître de tout et de tous l’accueille au paradis !

Par Ibra Ciré NDIAYE

Docteur en droit
Anthropologue du droit
Université Paris 1
Panthéon-Sorbonne

Dans sa communication lors du Conseil des ministres du mercredi 18 mai 2016, le président Macky Sall réaffirmait « sa ferme volonté de mener des consultations inclusives, sur des questions exclusivement d'intérêt national ». Le 28 mai 2016, le chef de l’État préside lui-même l'ouverture du dialogue national au Palais de la République. Le lundi, 30 mai 2016, la presse écrite, connue pour son impertinence vis-à-vis du pouvoir politique, fit néanmoins état de la très forte participation des acteurs invités et du succès d'une cérémonie officielle dont le Président de la République accepta le format exceptionnel en donnant la parole à un peu moins de 60 orateurs qui s'exprimèrent librement pendant 9 heures d'horloge. Bien sûr, la qualité des prestations n’était pas la même pour tout le monde, certains intervenants connus pour leur verve prenant quelques libertés en formulant une demande hors sujet comme la libération d’un citoyen reconnu coupable d’enrichissement illicite. L'issue de l’exercice aurait été différente en dépit de l'inviolabilité des locaux et de leur solennité républicaine si le Président n'avait pas su, à travers son allocution, montrer à tous les participants (hommes et femmes, jeunes et moins jeunes) « que la compétition démocratique pour l'accès au pouvoir n'est pas incompatible avec la concertation, entre les forces vives de la nation sur les questions majeures » (réformes institutionnelles, droits nouveaux, éducation nationale, santé publique, emploi des jeunes, défense, sécurité, etc.) Rien de plus ! Mais, comme il fallait s'y attendre, moins d'une poignée de présidentiables autoproclamés considèrent toujours qu'il est préférable que les Sénégalais ne s'entendent sur rien pour que leurs chances de les gouverner le plus tôt possible demeurent intactes. Les propositions dont les mêmes disent être les meilleures pour le pays résistent-elles à l'analyse ?

Le président du Conseil départemental de Thiès, Idrissa Seck, dit suspendre sa participation au dialogue national à deux désidératas : la création d’un « conseil suprême de la République » (CSR) et d’un « observatoire des engagements politiques et de bonne gouvernance ». La tare congénitale du CSR de M. Seck est d’être un quatrième pouvoir suprême à côté des trois pouvoirs suprêmes (exécutif, législatif et judiciaire) reconnus partout et indépassables. Idrissa Seck sait parfaitement que le Chef suprême des Armées (le Président de la République) et la Cour suprême (institution de la République) partagent l’épithète « suprême » qu’il affectionne tant. Le caractère suprême de l’Assemblée nationale lui aurait-il échappé ? Si l’ancien Premier ministre consacrait plus de temps à l’étude de la structure d’autres Etats, il se rendrait compte qu’en République populaire de Chine – deuxième puissance économique du monde – « l’Assemblée populaire nationale est l’organe suprême du pouvoir d’Etat » auquel sont dévolus les pouvoirs législatif, de décision, de contrôle, de nomination et de destitution. Délesté de l’épithète, le CSR deviendrait une pâle copie du défunt Conseil de la République auquel s’est substitué le Conseil économique, social et environnemental (CESE). En définitive, l’idée d’un quatrième pouvoir suprême rappelle aux observateurs la fringale du pouvoir de son agitateur. Devenu virtuellement président à force de songer à la fonction, Idy forme un gouvernement virtuel – appelé « observatoire des engagements politiques et de bonne gouvernance » - dont on connaît déjà les préposés aux Télécoms, à la Sécurité, etc. Idrissa Seck dénie à ceux dont il donne les noms (Cheikh Tidiane Mbaye, le Général Babacar Gaye, etc.) le droit de prétendre comme lui au pouvoir suprême. Au détour d’une brève conversation informelle, un ami très peu bavard – pur produit de nos daaras - me disait que le Prophète (PSL) suggéra que soit récusé tout prétendant entêté quand arrive le moment de confier un pouvoir à un mortel.

Ne pouvant récuser personne, nous nous contentons de passer au crible des propositions, dites alternatives, pour en cerner les forces et les faiblesses. Président du « Grand Parti » (GP), El Hadji Malick Gakou soumettrait, dès janvier 2017, un livre-programme de « 147 pages » à ses concitoyens. Un mémorandum de 8 pages, rendu public en octobre 2015, en constitue, de l’avis de son auteur ou commanditaire, la synthèse irréprochable. Deux fois moins volumineux que le document des mesures clés du programme Yonu Yokkuté (« le Chemin du véritable développement »), ledit mémorandum n’en épouse pas moins les contours. Les cadres qui l’ont rédigé seraient désagréablement surpris d’apprendre que les mesures clés du programme politique de la coalition Macky 2012 expliquent 92 % de la variance de leur mémorandum claironné lorsque l’analyse porte sur le nuage des mots les plus significatifs. Evidemment, le pays étant le même, les programmes politiques le concernant se succèdent et se ressemblent. S’il en est ainsi, l’antériorité d’un programme par rapport à un autre oblige les auteurs des productions les plus récentes à faire preuve d’humilité. Les préposés à la rédaction du document-programme du GP attendu en janvier 2017 doivent avoir cela à l’esprit plutôt que d’annoncer le glas du Plan Sénégal Emergent (PSE) dont ils s’inspireront très largement avec ou sans les renvois en bas de page qui font aussi le charme des travaux scientifiques sous tous les cieux. En attendant la parution du document-programme ne serait-il pas plus sage de se joindre au dialogue national ? Au sortir de ce dialogue, ledit document s’enrichira peut-être de l’apport de tous sur des questions essentielles comme la bonne disposition des ressources naturelles pour la croissance et le développement.

Prenant la parole à la célébration du 40ème anniversaire de la Fondation Friedrich Ebert à Dakar, le secrétaire général du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng, déplora, non sans amertume, « la crise de la formation et de l’engagement » dans les partis politiques sénégalais. Cette crise explique dans une très large mesure la posture peu honorable des animateurs de la Jeunesse pour la démocratie et le socialisme (JDS) qui, dans une déclaration rendue publique, qualifièrent la cérémonie de lancement du dialogue national au Palais de la République de « cirque grotesque ». C’est aussi aux jeunes et à leurs aînés d’aujourd’hui que s’adresse Cheikh Anta Diop dans sa préface aux « fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique noire » lorsqu’il écrit : « On croit pouvoir (…) suppléer à l’absence d’idées, de souffle, de perspectives révolutionnaires par un langage injurieux, extravagant et ténébreux, oubliant que la qualité essentielle du langage authentiquement révolutionnaire est la clarté démonstrative fondée sur l’objectivité des faits, leurs rapports dialectiques, et qui entraîne irrésistiblement la conviction du lecteur lucide. » Les prétendants entêtés au pouvoir suprême seraient bien inspirés de préparer les jeunes les soutenant à rédiger des discours structurés et riches de propositions concrètes susceptibles d’attirer l’attention du public à l’émancipation duquel contribue l’action politique. Pour cause d’impréparation à la vie politique, les principaux animateurs de mouvements de jeunes prennent les accords politiques conclus par la direction de leurs partis avec le parti présidentiel pour un renoncement définitif à la bataille pour le pouvoir. La folle agitation observée parfois au Parti socialiste trouve là une première explication.

Quid maintenant des médias ? Ces derniers traitent du dialogue national et des partis censés y participer comme s’ils ne devaient pas être tenus pour responsables, en partie, de la surenchère qui va avec l’inflation de formations politiques obligées de s’allier tôt ou tard avec d’autres mieux implantées pour conquérir le pouvoir. Tout irait mieux pour tout le monde si les chefs de nouveaux partis commençaient par se respecter en respectant leurs concitoyens. Les médias les y aideraient quand l’occasion se présente en leur posant les bonnes questions dont les auteurs Schulte et Dufresne font l’économie dans leur ouvrage Pratique du journalisme (Nouveaux Horizons, 1999) : « Quel est leur passé ? Qu’ont-ils fait de bon dans leur vie publique et leur vie privée ? Que dit leur programme et cela est-il compatible avec leur passé ? Quel genre de comportement ont-ils ? Quelle est la philosophie de chacun ? Qui les soutient et pourquoi ? » Une presse inventive enrichirait la problématique d’apports nouveaux liés au contexte changeant. « La marque d’un [vrai journal est] l’enquête (…) plutôt que le commentaire incessant de polémiques sans portée. Au lieu d’ajouter au vacarme et au sentiment de saturation qui enfantent amnésie et cynisme, [la presse ferait mieux de] susciter un désir de connaissance et d’émancipation du [public] », écrit le journaliste Serge Halimi. Un dialogue inclusif sans préjudice pour l’Etat de droit et l’exercice, sans entrave, de la souveraineté de chacun sont aussi à ce prix. Dialogue et compétition ne seraient alors que les deux faces de la même médaille.

Par Abdoul Aziz DIOP

Conseiller spécial à la Présidence de la République

Le président de la République, son Excellence Monsieur Macky Sall, en prenant la sage et courageuse décision de convoquer toute la classe politique, les autorités religieuses et coutumières, la société civile, les organisation syndicales, le secteur privé, bref, le Sénégal dans ses différentes composantes, ce 28 mai 2016, à la salle des banquets de la présidence de la République, pour la cérémonie de lancement du dialogue national, est, encore une fois, entré dans les annales de l'histoire du Sénégal. En effet, qui aurait cru en la possibilité d'une telle rencontre qui a réuni hic et nunc, pendant plus de huit heures de débat, des acteurs que rien ne semblait a priori rapprocher ? Quel président aurait le cran de recueillir les avis de 56 orateurs appartenant aux différents segments de la société sénégalaise dans un débat retransmis en direct dans des médias importants de notre pays ? Le président, par un tour de baguette magique, l'a réussi, et le Sénégal s'en enorgueillit. La qualité des débats et leur tournure ont surpris plus d'un, tant ils se sont déroulés dans un esprit convivial et fraternel, parfois même dans un humour qui a servi à décontracter l'assistance. En effet, toutes les préoccupations ont été posées sur la table du dialogue, mais avec la courtoisie et le ton qui siéent à la solennité de l'événement. Les problèmes du Sénégal ont été passés au peigne fin et des débuts de solution proposés. L'organisation de la rencontre, malgré le peu de temps de préparation, a connu un succès plus qu'éclatant. Quid maintenant des résultats auxquels on a abouti ? L'opinion est unanime que le fil du dialogue a été renoué dans cette période post-référendum avec la victoire écrasante du « oui », malgré une volonté manifeste de l'opposition de voter « non ». Le dialogue a été institutionnalisé avec la journée du 28 mai qui est désormais déclarée journée du dialogue national.

Un comité de pilotage du dialogue national a été mis en place et devra prochainement livrer ses conclusions au président de la République, qui devra étudier la possibilité de les mettre en œuvre.

Que retenir en définitive ?
Le génie du peuple sénégalais s'est encore manifesté à travers cette cérémonie de lancement, et le Sénégal a confirmé son statut de vitrine de démocratie moderne en Afrique et partout ailleurs.

Les Sénégalais ont transcendé les clivages de toutes sortes pour mettre l'intérêt national au-dessus de tout intérêt partisan. Cet intérêt national, préoccupation quotidienne du président de la République, son Excellence Monsieur Macky Sall, doit être le ciment sur lequel repose la nation dans son entièreté. Toutefois, une pseudo opposition, avec à sa tête Idrissa Sesck, s'est encore tristement distinguée en décidant d'être en marge de cette déferlante unitaire que rien ni personne ne peut arrêter. Le paradoxe pour lui, c'est qu'il a salué l'initiative du président Macky Sall qu'il dit avoir tardé, mais n'a pas daigné répondre à l'invite du chef de l'Etat. Cet acte de défiance à l'égard de tous montre, encore une fois, que son seul et unique dessein est d'être président de la République du Sénégal. En bon musulman, nous l'appelons, encore une fois, à la raison et lui rappelons, comme le dit le texte sacré, qu'il aime bien convoquer, c'est Allah (Swt) qui élit les hommes. En posant un tel acte, Monsieur le «président » de Rewmi, votre parti, vous vous êtes mis en marge de l'histoire du Sénégal et, par voie de conséquence, vous avez enterré votre rêve de devenir un jour le président de Rewmi, notre cher Sénégal que nos compatriotes se garderont bien de confier à des mains sales et qu'ils ont pour le moment décidé, avec la volonté de Dieu, de confier au président Macky Sall. Monsieur le président, la voie est bien balisée et toutes les voix se sont élevées pour le réaffirmer.

Souhaitons seulement que le dialogue se poursuive et aboutisse à des résultats probants, pour le bénéfice exclusif de nos chers compatriotes.

Vive le Sénégal !
Vive l'unité nationale !

Par Ibrahima Baba SALL
Honorable député Maire de Bakel

Le dialogue national que le président Macky Sall a lancé est en droite ligne de sa philosophie politique. Le chef de l’Etat n’était guère obligé de procéder à certaines réformes institutionnelles ouvrant le champ de ses propres compétences aux citoyens. Des structures comme l’Ofnac témoignent de sa volonté d’associer le citoyen lamda à la gestion. Cette structure d’importance, chargée de veiller à la transparence dans la gestion des affaires du pays, peut, en effet, être saisie par le Sénégalais lamda.

Cette possibilité offerte au citoyen est un acte concret de dialogue entre le chef de l’Etat et son peuple. Il n’y a plus de gouvernance fermée au Sénégal. C’est pourquoi nous nous félicitons de cette initiative et exhortons le président Macky Sall à maintenir le cap sur cette voie.

C’est un bel exemple d’administration directe et de démocratie participative. Le contexte actuel n’autorise d’ailleurs guère à gérer autrement. Aucune démocratie viable ne s’est consolidée en enjambant l’opinion du peuple. Au sortir du référendum, le président de la République, soucieux de rassembler les Sénégalais autour de l’essentiel, a fait l’effort de convier tout le monde à son palais. Naturellement, ce dialogue n’est nullement une façon de transférer des pouvoirs à l’opposition. C’est Macky Sall qui a été élu, le 25 mars 2012, avec 65 %.

Ce score qui est quasiment un plébiscite l’autorise à gérer le pays seul. Mais, fidèle à son compagnonnage avec « Benno Bokk Yakaar », il a su garder intacts ses rapports avec les alliés et ancrer le sens du partage et de la solidarité. C’est cette même vision qui le pousse, sans doute, à envisager la libération de Monsieur Karim Wade. Il faut voir dans ce geste de l’humanisme, de la grandeur d’esprit et de l’attachement aux valeurs profondes qui font le socle du Sénégal.

Personnellement, je puis témoigner de la générosité sans limites du président. C’est un homme qui a montré, depuis qu’il est aux affaires, gratitude, respect, sens de l’écoute et extrême délicatesse dans ses rapports avec les hommes et les femmes du pays.

Que rien ne vous dévie de cette noble voie, Monsieur le président !

Par Moustapha DJITTE
Coordonnateur Apr/Ngaye Mékhé

Le président Macky  Sall vient de lancer  l’ouverture de la cérémonie qui consacre le dialogue national des forces vives de notre pays. La salle des banquets, ce haut lieu de notre République a vu la présence de plusieurs ténors de notre nation. Le président  Macky  Sall a bien réussi son pari, par le nombre de leaders qui ont répondu à l’appel et surtout par  la richesse et la diversité de l’échantillon. Cette audience très représentative était une  expression vivante de l’aspiration de notre pays à la paix sociale et à la concorde nationale. Le Chef de l’Etat, en bon républicain, a fait preuve de patience en écoutant avec attention tous les intervenants qui ont librement donné leur appréciation sur la marche du pays.

Ce dialogue, dans son format, est une première qui démontre encore, à la face du monde, la maturité de notre démocratie. Le Chef de l’Etat a choisi le bon moment car il fallait éviter les périodes pré électorales et ne pas donner l’occasion à certains qui pourraient penser à des manœuvres politiciennes.  Le Président Macky Sall  a compris l’importance de la communication en écoutant son peuple. La communication est d’abord la réception car c’est  à partir d’elle qu’on peut établir un bon diagnostic qui va déboucher sur des pourparlers  dans les jours à venir. 

Toutes les forces vives de la nation ont honoré, par leur présence, cette manifestation.  Pendant les huit tours d’horloge, il y a eu cinquante six intervenants qui  ont profité de cette tribune pour donner leurs opinions sur l’ensemble des questions soulevées.
Tous les propos ont convergé vers l’urgence du dialogue et  la nécessité d’une retrouvaille autour du pays au moment où le terrorisme plane au dessus de la sous -région. Les nations les plus soudées sont les plus aptes à faire face. Le Président de la République, prenant la parole, est revenu sur l’essentiel des problématiques abordées notamment sur le fichier électoral, la justice, la crise de l’éducation et de la santé. Il n’y a pas eu de questions taboues puisque tout a été dit dans cette rencontre. Dans ce cas de figure, le dialogue pourrait avoir comme conséquence la décrispation  et l’apaisement qui sont les mamelles indispensables  à tout  développement. Le président Macky Sall n’est pas un chef d’Etat,  enfermé dans son palais comme dans un tour d’Ivoire mais plutôt un patriote qui a connaissance de ses devoirs et qui se soucie du meilleur devenir du Sénégal en léguant à la postérité un héritage  qui fera la fierté de tous ses enfants. Par ailleurs, aucun chef d’Etat ne peut faire l’unanimité c’es t ainsi qu'il faut comprendre l’absence de certains ténors de vie politique nationale. C’est  le sens qu’il faut donner aux divergences de vue  dans une démocratie digne de ce nom.

L’essentiel,  aujourd’hui, est de mettre en avant l’intérêt national comme l’ont préconisé les participants à la rencontre (chefs religieux,  coutumiers, les syndicats et le patronat, la société civile) bref toutes les notabilités qui ont fortement marqué, par leur présence, le caractère inclusif de ce dialogue qui doit être permanent.  Cela n’empêche que le pouvoir gouverne et que l’opposition s’oppose.
Le président de la République a  été bien inspiré en décrétant la journée du 28 mai comme jour du dialogue national. C’est tout  à son honneur et il  vient de prouver, à la face du monde, que le Sénégal est une grande nation.

Pr Moustapha Samb

Prad /coalition Macky 2012

Le « Je » règne partout. Sans doute un effet de la « médiacratie », les destins personnels se racontent au quotidien, tenant en haleine les spectateurs-électeurs, et remplaçant les anciens mécanismes d’animation du jeu politique. La faiblesse des partis, la montée en puissance des hommes. Ecce homo, « voici l’homme », tel est le résumé de la situation. Depuis que les Sénégalais ont validé le système bâti autour du suffrage universel et la souveraineté du peuple (deux alternances au sommet de l’Etat), il y a des difficultés à construire de nouveaux modèles, à proposer une nouvelle géographie des différences, à meubler le temps politique entre deux scrutins. C’est alors le choc des egos…  

Cette personnalisation à outrance des joutes explique, d’une part, la floraison des partis (plus de deux cent cinquante), et, d’autre part, le (gros) fait divers qui accompagne, de plus en plus, le processus démocratique.
Floraison des partis car leurs animateurs ne parviennent pas à intégrer les courants, faisant de tout conflit une source de création d’une nouvelle organisation portant un combat personnel, sorte d’auto-clonage qui rend souvent difficile la distinction entre la copie et l’original. Faits-divers car, très souvent,  les faiblesses humaines se révèlent au contact du bien public ou de la course au leadership. Naturellement, dans cette tendance, les médias ne se privent pas d’en rajouter, créant même de superficiels leaders d’opinion, généralement incapables de se prononcer sérieusement sur une question sérieuse.

Cette situation a trouvé un terreau fertile dans l’héritage légué par les anciens ; en effet, les partis ayant une base « idéologique » bien ancrée ne sont malheureusement pas des foudres de guerre électorales. Par facilité ou crainte d’affronter les sujets qui fâchent,  de prendre en charge les thèmes qui requièrent un appareil rodé et des apparatchiks à même de porter les débats, beaucoup parmi les acteurs se contentent des manichéens « lui ou moi », « pour ou contre », « avec ou sans », ne rencontrant finalement les électeurs qu’au moment des scrutins.
Le défilé de ces posters dans le champ politico-médiatique rappelle, à quelques égards, la mode des « Selfies », se prendre en photo avec un appareil dernier cri et se regarder dans la bibliothèque d’images du téléphone pour, ensuite, se « vendre » aux électeurs.  

C’est là un héritage bien particulier. On se félicite du modèle sénégalais, en oubliant qu’avant tout, dans ce pays, ce sont des figures tutélaires qui ont posé les jalons : « Blaise Diagne contre Carpot et les maisons de commerce », « Lamine Guèye contre Léopold Sédar Senghor », « Abdoulaye Wade contre Senghor et Abdou Diouf », pour résumer l’Histoire en prenant certaines libertés. Et aujourd’hui ? « Le président Macky Sall contre qui ? » est finalement la grande question par la force des choses. Sans doute, est-on arrivé à un moment où, comme à une embouchure, deux eaux se rencontrent. La séquence qui se déroule sous nos yeux serait-elle (enfin) celle des programmes ?

L’actuelle majorité repose son action sur le « Yonnu Yokouté » (la voie de l’émergence), validé comme plan de développement sous le label Pse (Plan Sénégal émergent).   En face, ce ne sont, à de rares exceptions, que diatribes et logique du « ôtes-toi que je m’y mette ». Sur la crise scolaire, l’énergie avec les perspectives du gaz et du pétrole, l’autosuffisance en riz, la justice, le foncier, la politique étrangère ou les nouveaux paradigmes sécuritaires, on entend que trop peu des propositions pertinentes émanant des partis. Le déficit d’engagement politique des élites ne peut pas tout justifier.
Certes, rien ne saurait être parfait, mais les événements de ces derniers jours, avec le lancement du dialogue national par le chef de l’Etat, augurent de lendemains moins personnalisés. D’un côté donc, la volonté d’élargir le plus possible la majorité, et de l’autre, des forces d’inertie qui veulent le statu quo autour de la promotion du charisme personnel. La saturation de l’espace public qui découle de cet affrontement n’est pas près de s’estomper.

Par  Samboudian KAMARA

La crise actuelle qui sévit au sein des Crfpe (Centres régionaux de formation des personnels de l’éducation) constitue un prétexte pour réfléchir sur l’organisation de ces structures de formation. Créés en 2011, les Crfpe résultent de la fusion des Efi (Écoles de formation des instituteurs) et des Pôles régionaux de formation.

Implantés dans les capitales régionales, ces centres s’assignent pour mission la formation initiale des enseignants du préscolaire, de l’élémentaire, du moyen, du non formel ainsi que des personnels administratifs de l’éducation (Article 3). En adoptant une vision holistique, le gouvernement du Sénégal inscrit son système de formation des enseignants dans un processus d’unification de la formation des enseignants du cycle fondamental. Qui plus est, la création des Crfpe procède de l’harmonisation de la formation initiale – qui était gérée par les Efi et la Fastef pour le moyen - et celle continue qui était confiée aux pôles régionaux.
Ce modèle, regroupant en un seul lieu la formation des enseignants du préscolaire, de l’élémentaire et du moyen, peut être qualifié de modèle unifié consécutif. L’avènement des Crfpe peut être lu comme l’expression de la volonté des autorités politiques et éducatives d’arrimer le système de formation des enseignants sur la mouvance internationale de la professionnalisation.

Une réforme escamotée

Après quatre ans d’existence, quel bilan peut-on tirer de la réforme des Crfpe ? En dépit de l’attelage institutionnel, la réforme reste encore timide. Quid de l’unification de la formation ! Quid de l’harmonisation entre formation initiale et formation continue ! Rien de tout cela n’a connu une application dans les pratiques de formation. Nous constatons plus de permanence des anciennes pratiques des Efi qu’une véritable rupture dans l’organisation de ces centres.
Tout porte à croire que la réforme portée par les Crfpe se limite, tout simplement, à une prescription formelle sans une véritable modélisation dans les pratiques de formation. Ainsi, les formés dans ces centres sont essentiellement destinés à l’enseignement préscolaire et à l’élémentaire à l’instar des Efi.

La prescription institutionnelle de former les professeurs du moyen et les personnels administratifs n’a toujours pas connu un début d’application malgré le positionnement de professeurs formateurs disciplinaires au niveau des centres. Ces derniers, en majorité des Pes (Professeurs d’enseignement secondaires) détenteurs d’un Master 1 ou/et 2 dans une spécialité disciplinaire s’adonnent, dans la plupart des cas, aux activités de formation continue épisodique (encadrement, séminaires, cellules d’animation pédagogiques) des professeurs de l’enseignement moyen et secondaire.

Pas de formation professionnalisante sans formation des formateurs

La formation initiale dans les Crfpe ne peut occulter la question de la formation des formateurs. L’absence de statut propre au formateur est consécutive à l’inexistence de formation initiale spécifique pour les formateurs. Ces derniers, au plan formel, relèvent de deux catégories : les inspecteurs de l’éducation – pour le préscolaire et l’élémentaire - et les professeurs d’enseignement secondaire assumant la formation des professeurs d’enseignement moyen. Ces deux catégories de formateurs sont formées à la Fastef (Faculté des sciences et des technologies de l’éducation et de la formation) aux fonctions d’encadreurs, de gestionnaires et de contrôleurs du système éducatif pour les inspecteurs et à la didactique disciplinaire pour les professeurs. Ce faisant, même s’ils sont prédisposés à intervenir dans la formation professionnelle concernant le « cœur du métier », il n’en demeure pas moins que leur formation initiale ne leur prédestinait pas à exercer la fonction de formateur d’enseignants. Ainsi, dans la plupart des cas, les formateurs se mettent plus dans la posture de prêcheurs de théories pédagogiques et didactiques que dans celle de facilitateurs, de chercheurs et d’aides à l’analyse de situations et pratiques professionnelles.

La réforme de la formation initiale, en s’inscrivant sur la tendance internationale de la professionnalisation, doit être accompagnée d’un cadrage national de la formation des formateurs pour plus d’efficacité et d’efficience.
À l’ère des mutations profondes liées aux nouvelles et nombreuses exigences du métier d’enseignant, les professionnalités des formateurs sont appelées à se transformer en prenant en compte la recherche, l’analyse des situations professionnelles, la réflexion sur les pratiques de formation.

Pour ce faire, il semble nécessaire, en plus de faire intervenir les inspecteurs et les maitres d’application dans les activités relatives au « cœur du métier », de disposer dans les centres des « formateurs-chercheurs » (Altet, 2011) qui aideront à analyser les situations et pratiques professionnelles des élèves-maîtres afin de faciliter l’appropriation du « savoir-analyser » caractérisant l’enseignant professionnel. Cette catégorie de formateurs, issue du monde universitaire, jette un pont entre les Crfpe et l’université.
Dans cette perspective, la formation initiale, tout en réservant une place importante aux inspecteurs et maîtres formateurs, pourra se bonifier de l’apport des enseignants chercheurs dans la formalisation des pratiques de classe et dans la réflexion sur les questions émergentes et les innovations pédagogiques.

À ce titre, l’ouverture d’une Ufr en Sciences de l’éducation, de la formation et du sport à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis peut être un début de collaboration entre les Crfpe et les universités régionales. Puisse cette initiative être suivie par les autres universités afin de promouvoir une mobilisation de l’ensemble des intervenants – enseignants chercheurs, inspecteurs, professeurs, maîtres formateurs, etc. – dans la formation initiale et continue des enseignants du préscolaire, de l’élémentaire, du moyen et des administrateurs scolaires axée sur la logique de la professionnalisation.

Nonobstant la volonté politique affichée (textes, référentiel de compétences) de réformer le système de formation des enseignants du préscolaire, de l’élémentaire et du moyen, les Crfpe souffrent de leur dysfonctionnement institutionnel.
La réalité de la formation initiale ne présage pas une rupture nette avec celle qui était de mise dans les anciennes structures, à savoir les Efi. Nous pouvons utiliser la métaphore « verser du sang neuf dans de vieilles outres » pour qualifier la réforme des Crfpe. Pour répondre aux attentes institutionnelles, la réforme doit gagner le pari de l’appropriation et de la participation des différents acteurs et ce, en n’épargnant aucun élément du système de formation (structure, contenus, dispositifs, acteurs, etc.).
Ainsi, il convient d’ouvrir ces centres au monde universitaire et de former les différents intervenants à l’analyse de pratiques professionnelles, à la recherche et à la réflexion sur les questions émergentes et les innovations pédagogiques pour une meilleure professionnalisation de la formation initiale.

Par  Dr. Mouhamadou Lamine BA

Formateur au CRFPE de Thiès
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Le dernier épisode de l’éternelle et lassante confrontation qui a pour théâtre d’opération notre école pourrait s’intituler : Réquisition contre Rétention.

L’Etat menace de saisir les gouverneurs pour réquisitionner les enseignants qui refusent de communiquer les notes des élèves afin d’organiser les conseils de classes. Une nouvelle « guerre scolaire est déclarée au moment où un dialogue national est convoqué par le chef de l’Etat !

Tel un serpent de mer ou une ritournelle, la crise qui secoue notre système éducatif revient chaque année. Hélas, à notre grand regret. C’est à se demander si la grève ne fait pas désormais partie intégrante du programme scolaire et universitaire ? On frôle encore le pire avec des menaces réelles sur la « couleur » de l’année scolaire qui risque d’être « blanche » ou invalide. Disons-le tout net, cette stratégie du bord du précipice, entamée depuis plusieurs années, n’est pas viable. Elle est intenable ! Il est nécessaire de tirer des leçons de l’histoire des grèves pour restaurer la confiance et la stabilité, et chasser de l’espace scolaire cette chienlit.

Nous ne pouvons continuer à jouer dangereusement avec notre école sans y laisser une ardoise sociale, économique et politique qui sera difficile à éponger.

En réalité, le coût de ces grèves interminables constitue un sacré coup à la qualité du produit issu de cette fabrique sociale qu’est l’école. Des centaines de milliards sont dépensés annuellement sans qu’on puisse soutenir un réel retour sur investissement. Le quantum horaire n’est plus respecté depuis belle lurette. On bricole pour finir les programmes.

Il devient absolument impératif, par voie de conséquence, de recentrer nos efforts sur l’essentiel qu’est l’intérêt collectif. Chaque citoyen a le droit de revendiquer des avantages dus pour améliorer ses conditions de vie et de travail. Quoi de plus légitime ? Mais pas à tous les prix ! Les droits vont de pair avec les obligations. Les syndicalistes doivent revoir leur stratégie de lutte en faisant preuve de plus de créativité, d’inventivité et de générosité. Faire un bon diagnostic et appliquer une mauvaise thérapie ne guérit pas un mal. La grève, aussi efficace soit-elle, a ses limites en termes d’impact négatif sur la productivité et les retards difficilement rattrapables qu’elle occasionne.

En effet, l’Etat, dans son rôle de régulation et de redistribution des richesses nationales et collectives, doit faire preuve d’équité en réduisant au maximum les inégalités sociales et appliquer les accords.

Examen des consciences réussir à relever les défis du savoir
Fondamentalement, et sans occulter le côté social qui constitue un intrant indispensable, le combat doit davantage porter sur les aspects pédagogiques et culturels, avec plus d’investissements dans les infrastructures de formation, en commençant par la suppression des abris provisoires, l’augmentation des outils de travail, la construction de laboratoires, le recrutement d’enseignants mieux formés, la création d’écoles et d’instituts spécialisés, d’universités professionnelles et des recherches pour mieux faire face à la demande sans cesse croissante et exigeante, notamment celle du marché du travail. Soulignons-le au passage, nous n’avons pas beaucoup d’élèves, d’étudiants et de professeurs relativement à notre population qui avoisine 14 millions d’habitants.

L’éducation et la formation sont des enjeux capitaux pour le devenir de tout pays. Elles impulsent les transformations souhaitées, parce qu’endogènes et ouvertes, pour propulser une nation vers des lendemains meilleurs. Elles nécessitent tous les sacrifices et moyens possibles. Organiser des concertations et assisses sur l’université et l’école est nécessaire mais pas suffisant.

Aujourd’hui, pour que l’éducation continue de jouer son véritable rôle d’éclaireur, il faut lui assurer des ressources conséquentes qui viendront du budget de l’Etat mais aussi du secteur privé, des Ong, des bailleurs de fonds et de toutes les bonnes volontés intéressées.

L’Etat du Sénégal doit consentir plus de ressources dans l’éducation et la formation des futures élites. Parallèlement, la société, représentée par les familles et autres organisations de la société civile, est appelée à davantage investir dans la formation de ses enfants, car le savoir n’a pas de prix, mais aussi les opérateurs économiques, en finançant ce maillon stratégique. De même, les partenaires au développement ont un important rôle à y jouer. Il n’y a pas meilleure dépense que dans la quête de connaissances.

De nos jours, le développement d’un pays se mesure essentiellement à l’aune de la qualité de la formation de ses populations avec ce qu’on appelle : l’économie du savoir. L’ignorer, c’est rater encore le train de l’histoire.

Par conséquent, nous avons besoin, aujourd’hui, de construire un consensus fort et fécond autour de notre modèle de formation en dépassant les clivages et les intérêts stériles qui inhibent toute action. Bon courage et plein succès. L’émergence et le développement sont à ce prix ! 

Par Ballé PREIRA

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Des rares discussions, en tête à tête, entre "Mon grand" ou "Le grand", je ne me rappelle plus exactement, à cause du choc de l'annonce de son décès que je ressentirai pour longtemps encore". Oui, Farba me surnommait affectueusement ainsi "Mon grand" ou "Le grand", par respect et grande considération à ma modeste personne. Disais-je, des rares discussions entre feu Farba Alassane Sy et moi, je ne retiens que deux actes forts et qui, à mes yeux, pèsent lourds sur la balance par leurs sens. 

La première fois, il m'a montré les photos d'anniversaire d'un de ses trésors, son enfant. Des images qu'il a immortalisées et jalousement conservées dans un coin de son téléphone portable. Loin des regards indiscrets !

Affaire de papa poule. N'est-ce pas ? Ça, c'est du "Farba". 

Et, c'est aussi la marque des joyeux pères de famille du paradis de Dieu. "Aldiana" !

La seconde fois, encore et toujours, la petite et merveilleuse famille heureuse. Farba et ses enfants. Cette fois-ci, ce sont les captures des moments inoubliables qu'il a vécus, lors de vacances toujours bien planifiées, avec ses deux rejetons (une fille et un garçon), quelque part dans un lieu paradisiaque de la Gambie. 

Ah oui ! Un père de famille qui aimait faire plaisir à ses enfants..., à sa maman, à ses proches. Ça, c'est bien du "Farba Alassane". 
"Fonk jabot, beug doome", comme on dit.

D'ailleurs, c'est le témoignage unanimement concordant depuis l'annonce de sa mort subite, à la fleur de l'âge, ce lundi 31, dernier jour du mois de mai 2016, aussi le dernier de Farba Alassane Sy sur terre.

"Ndeysaan, Farba, kou dofoone thi doome !" Des pleurs s'en suivent toujours. 

Mieux, il était passionné de son boulot de journaliste-communicant. Du défunt quotidien "Kotch" à la direction Communication de l'Artp, en passant par le ministère de la Communication et le magazine "Nouvel Horizon", Farba a été toujours un infatigable travailleur, qui croit à des valeurs.

Un garçon à la politesse légendaire qui ne se mêle jamais des affaires des autres. En tout cas, c'est ce que je connais du défunt durant nos courtes semaines de cohabitation professionnelle. 

Farba, une référence..., un modèle du respect de soi, du respect d'autrui. Hélas, il aura vécu sa vie comme une bougie dans le vent. Nouvellement recruté par l'Artp, il y a juste six mois, le premier agent de cette boîte avec qui votre serviteur s'est entretenu, et exclusivement boulot, c'est Farba Alassane Sy.

En un mot, il a mis généreusement à ma disposition la clé, sa clé à lui, pour faciliter mon intégration à la direction Communication de l'Artp. Je me suis toujours appuyé sur lui, sur les documents écrits et électroniques qu'il avait gracieusement mis à ma disposition, pour réussir mes premières cartouches à l'Artp. 

Farba, je t'en serai toujours reconnaissant.

Merci mille fois !

Et, vous savez quoi, ce jour-là, je me suis vite rendu compte que j'avais en face de moi certes un frère cadet dans le métier, mais un jeune qui a pu capitaliser beaucoup d'expérience professionnelle en journalisme et communication grâce notamment à sa compétence et son dévouement au travail bien fait.

Et ce n'est pas tout, il en voulait encore. Toujours prouver qu'il fait partie des meilleurs, de la crème.

On le sentait dans les actes qu'il posait, ses paroles, ses récits, ses rappels de souvenirs, son calme olympien... En somme, sa sagesse. Et ce, malgré son jeune âge. Que 33 hivernages. Hélas, il est parti vraiment jeune. 33 ans, c'est peu ! Oui, une si courte existence certes, mais une vie bien remplie par cet ancien enfant de troupe formé à bonnes écoles, entre Dakar-Bango, à Saint-Louis du Sénégal, et la France.

Farba, le papa poule modèle, est parti, laissant derrière lui un personnel de l'Artp orphelin, meurtri, qui souffre encore et qui ne cessera jamais de souffrir de la disparition tragique de l'un de ses dignes et valeureux employés. Non, j'allais même dire un de ses dignes serviteurs.

Que Dieu guide surtout les pas de tes enfants qui, à coup sûr, vont souffrir de ta longue absence, de ton long voyage au Ciel, pour répondre à l'appel urgent de Dieu, le Tout-Puissant, le Miséricordieux, certainement pour une autre mission, d'autres missions, mais ailleurs !

Repose en paix Farba Alassane Sy !
Par
Boubacar Kambel DIENG

Cadre en communication
et relations presse
Direction générale Artp
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1. Les modifications de la Constitution actuelle du 22 février 2001 ont été adoptées par référendum organisé le 20 mars 2016. Le texte soumis au référendum et adopté a été promulgué sous la forme de la loi constitutionnelle n°2016-10 du 05 avril 2016, publié au Journal officiel, numéro spécial 6926 du jeudi 7 avril 2016, aux pages 505 à 509. Au regard de la technique juridique de la révision des textes, l’article 92, nouveau du texte constitutionnel, comporte trois sortes de dispositions : les dispositions qui n’ont pas été modifiées et sont par suite reconduites dans le nouveau texte ; les dispositions nouvelles ; enfin, les dispositions implicitement modifiées. Dans le nouvel article 92 de la Constitution ainsi restructuré, les compétences initiales et générales de la Cour suprême ont été  omises ou supprimées. Il y a lieu de discuter des conséquences juridiques de la rédaction de cet article.

2. Pour rappel, l’article 92 de la Constitution décrit les compétences initiales et générales de trois composantes du pouvoir judiciaire que sont : le Conseil constitutionnel, la Cour suprême et la Cour des comptes. Aux termes de l’article 94 de la Constitution, ces compétences initiales sont complétées par une loi organique pour chacune des Institutions  judiciaires concernées. Par ailleurs, toute modification de la Constitution, qu’elle soit expresse ou implicite, accidentelle ou délibérée, institue un nouvel ordonnancement juridique pour les matières concernées par ladite modification.

3. Le droit positif actuellement en vigueur, au regard du nouvel article 92 de la Constitution, se présente donc ainsi :
Les  dispositions fixant les compétences de la Cour des comptes n’ont pas été modifiées.
N’ont pas également été modifiées celles qui prescrivent que les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucune voie de recours, qu’elles s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles.
Les dispositions ci-après sont  nouvelles : le Conseil connaît des exceptions d’inconstitutionnalité soulevées devant la Cour d’appel ; le Conseil peut être saisi par le président de la République pour avis ; le Conseil est juge de la régularité des élections nationales et des consultations référendaires, et en proclame les résultats.

Les dispositions ci-après sont omises ou supprimées du nouvel article 92 de la Constitution et, par suite, n’y figurent plus. Leur omission ou suppression s’analyse comme une modification implicite de l’article 92. Ce sont celles qui prescrivent que le Conseil constitutionnel connait de la constitutionnalité du règlement intérieur de l’Assemblée nationale ; ce sont également celles qui déterminent les compétences initiales et générales de la Cour suprême ; elles sont ainsi conçues :
La Cour suprême juge en premier et dernier ressort de l’excès de pouvoir des autorités exécutives. Elle connaît des décisions de la Cour des comptes par la voie du recours en cassation. Elle est compétente en dernier ressort dans le contentieux des inscriptions sur les listes électorales et des élections aux conseils des collectivités territoriales. Elle connaît, par la voie du recours en cassation, des décisions des cours et tribunaux relatives aux autres contentieux administratifs.
En toute autre manière, la Cour suprême se prononce par la voie du recours en cassation sur les jugements rendus en dernier ressort par les juridictions subordonnées.

4. Il y a lieu d’observer ce qui suit, en ce qui concerne lesdites dispositions omises ou supprimées du nouvel article 92 :
Les dispositions concernées étaient déjà omises ou supprimées dans le projet de loi de révision de la Constitution soumis au référendum. On peut le vérifier en consultant de nombreux organes de presse dans lesquels ce projet avait été publié  in extenso.
  L’avis du Conseil constitutionnel, proposant une meilleure rédaction de ce projet gouvernemental, visait bien le nouvel article 92 parmi ceux qui devaient être remplacés, mais ne proposait aucune modification de fond de cet article.  
 Le gouvernement avait réécrit le projet de loi pour tenir compte des observations du Conseil constitutionnel et plusieurs organes de presse avaient ensuite publié le nouveau document ; certains de ces organes l’avaient intitulé « Le texte définitif du Référendum » ou encore : « Le texte que le président va soumettre aux Sénégalais ». Les dispositions concernées étaient toujours omises ou supprimées ; elles ne figuraient pas non plus dans ces documents.

Il résulte de ce qui précède que :
Le Conseil constitutionnel aurait statué sur un projet de l’article 92 dans lequel les dispositions concernées avaient été omises ou supprimées ;
• le Conseil ne l’aurait pas fait remarquer au président de la République. En effet, dans ses observations, publiées in extenso dans la presse, aucune ne concerne  le contenu de l’article 92 ; celui-ci est simplement mentionné au nombre des 18 articles à remplacer ;
• le président de la République a modifié son projet de loi en tenant compte des observations du Conseil constitutionnel et l’a soumis au référendum ;
• le peuple a été consulté sur un texte de l’article 92 de la Constitution  ne comportant pas les dispositions omises ou supprimées ; il l’a approuvé. Le président de la République l’a promulgué, l’a fait publier au Journal officiel et le Journal officiel l’a publié sur son site.
    
Les dispositions omises ou supprimées du nouvel article 92 de la Constitution constituent, juridiquement, une modification implicite dudit article. Certaines de ces dispositions concernent le Conseil constitutionnel, d’autres la Cour suprême. Cette modification implicite  appelle les observations ci-après :

5. Pour les dispositions concernant le Conseil constitutionnel, l’omission ou la suppression de l’expression « règlement intérieur de l’Assemblée nationale » paraît délibérée. En effet, le texte en vigueur avant le référendum du 20 mars 2016 prescrivait que le Conseil constitutionnel connaît de la constitutionnalité du règlement intérieur de l’Assemblée  nationale. Toutefois, aucune disposition ne précisait le type d’acte juridique que constitue ce règlement. Pour légiférer sur cette question, le nouvel article 62 de la Constitution prescrit que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale sera une loi organique. Par ailleurs, le nouvel article 78 de la Constitution dispose que les lois organiques ne seront promulguées qu’après que le Conseil constitutionnel les aura déclarées conformes à la Constitution. Cela explique que, dans le nouvel article 92 de la Constitution, l’expression « règlement intérieur de l’Assemblée nationale » ait été omise ou supprimée. Il s’agirait, ici, d’une omission ou d’une suppression délibérée. Cette compétence du Conseil n’est pas supprimée ; simplement, elle s’exerce désormais sur le fondement d’autres articles de la Constitution relatifs au contrôle de la conformité à la Constitution des lois organiques, y compris celle qui porte règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

6. Pour l’omission ou la suppression des dispositions relatives aux compétences de la Cour suprême, deux hypothèses sont possibles :

La première hypothèse est celle où l’omission ou la suppression aurait été délibérée, volontaire, décidée comme telle par les rédacteurs de la Constitution. Ce serait donc à dessein que les compétences de la Cour suprême auraient été omises, supprimées du nouvel article 92 de la Constitution. Si telle était la bonne hypothèse, elle ferait l’objet d’une  analyse juridique appropriée.
La deuxième hypothèse, celle retenue dans la présente contribution, est celle où les dispositions concernées auraient été omises ou supprimées par inadvertance, accidentellement, de manière non délibérée. Le fait que ces compétences omises ou supprimées ne se retrouvent nulle part ailleurs dans la Constitution, même formulées autrement, rend cette hypothèse vraisemblable. Si  elle  se vérifie, cela signifierait que ce n’est pas une question de droit, mais de fabrication physique d’un document. Ce cas de figure, fréquent en matière d’édition, survient lorsqu’au cours du traitement informatique d’un document, un pavé de texte est omis, ou accidentellement effacé et par conséquent ne figure plus dans le document final.
Toutefois, l’omission ou la suppression,  qu’elle soit délibérée ou accidentelle, comporte les mêmes conséquences juridiques pour le nouveau droit positif. Ces conséquences sont les suivantes pour le droit positif issu de la rédaction du nouvel article 92 de la Constitution :

L’existence constitutionnelle  de la Cour suprême n’est pas remise en cause du fait de cette omission ou suppression. En effet, cette haute juridiction est créée par l’article 6 de la Constitution comme institution de la République. Par ailleurs, l’article 88 de la Constitution l’institut comme l’une des composantes du pouvoir judiciaire.
En revanche, le fondement constitutionnel de ses compétences est remis en cause du fait de cette omission ou suppression.    
    Les conséquences juridiques de ce dernier point méritent d’être discutées.

7.  L’ancien article 92 de la Constitution déterminait les compétences initiales et générales de chacune des composantes du pouvoir judiciaire visées à l’article 88, à savoir le Conseil constitutionnel, la Cour suprême et la Cour des comptes. En outre, l’article 94 de la Constitution, toujours en vigueur, dispose que des lois organiques déterminent les autres compétences de ces juridictions. Le droit positif, résultant de la nouvelle rédaction de l’article 92, en ce qu’elle omet ou supprime les compétences générales et initiales de la Cour suprême sont les suivantes :

Premièrement, la Cour suprême se trouve être la seule haute juridiction dont les compétences générales et initiales ne figurent pas dans la Constitution. Certes, en cherchant les occurrences de l’expression « Cour suprême » dans la Constitution, il est possible de reconstituer certaines attributions de cette haute juridiction, mais non ses compétences générales, formalisées par des expressions génériques, telles que : juge en premier et dernier ressort, juge de l’excès de pouvoir des autorités exécutives, recours en cassation sur les jugements rendus en dernier ressort par les juridictions subordonnées, contentieux administratifs. Ces compétences omises ou supprimées du nouvel article 92 ne se retrouvent nulle part ailleurs dans la Constitution ni ne découlent de l’interprétation des autres articles de la Constitution.

Deuxièmement, la loi organique prévue à l’article 94 de la Constitution ne peut que compléter les compétences  initiales de la Cour suprême supposées créées par l’article 92 ; elle peut certes les développer, expliciter les modalités de leur exécution, mais elle ne peut pas les créer ex nihilo. En conséquence, dès lors que lesdites compétences sont omises ou supprimées de l’article 92, elles devraient l’être dans la loi organique sur la Cour suprême. En tout état de cause, l’exception d’inconstitutionnalité soulevée contre de telles dispositions de la loi organique sur la Cour suprême devrait prospérer. Enfin, si une nouvelle loi organique sur la Cour suprême reprenait ces dispositions omises ou supprimées, en l’état actuel de la réaction dudit article 92, le Conseil constitutionnel, désormais obligatoirement saisi, devrait déclarer ces dispositions de cette loi organique non conformes à la Constitution.

8. De ces observations, il résulte qu’il faudrait réintégrer dans l’article 92 de la Constitution les compétences initiales et générales  de la Cour suprême, si elles avaient été omises ou supprimées par inadvertance.
La réintégration de ces dispositions ne peut se faire qu’à la suite de la révision de l’article 92 de la Constitution, soit par voie référendaire, soit par voie parlementaire.

9. Toute autre procédure, visant à réaliser cet objet, ne serait pas juridiquement satisfaisante.  Ainsi :
Le procédé du rectificatif n’est pas approprié. Il consisterait à publier au Journal Officiel l’article 92, avec la mention : « Rectificatif », réintégrant les dispositions omises ou supprimées. Le Rectificatif suppose que le texte réintégré existait déjà dans le document original ; ce qui n’est pas le cas dans l’espèce.

Le principe de la réactivation des textes non abrogés n’est pas applicable en l’espèce. Ce principe, posé par l’ancien article 107, al. 1er de la Constitution, signifie que les lois et règlements en vigueur, lorsqu’ils ne sont pas contraires aux nouvelles dispositions de la Constitution, restent en vigueur tant qu’ils n’auront pas été modifiés ou abrogés. L’application de ce principe aurait conduit à admettre que les compétences concernées de la Cour suprême n’ont pas été abrogées et sont toujours en vigueur. Or, l’article 107 a été abrogé par les rédacteurs de la loi portant révision de la Constitution.

La technique du remplacement des articles modifiés ne permet pas de corriger le dysfonctionnement constaté dans l’espèce. Cette technique, utilisée par les rédacteurs des nouveaux articles de la Constitution, consiste à remplacer les articles modifiés, quelle que soit l’étendue de la modification, par des nouveaux articles portant les mêmes numéros. L’article 92 est l’un des 18 qui ont été ainsi remplacés dans la dernière loi portant révision de la Constitution. Le remplacement est un verrouillage qui ne laisse aucune possibilité de survivance des anciennes dispositions de l’article concerné. En revanche, la technique rédactionnelle basée sur le principe de subsidiarité utilisée dans la rédaction de la loi constitutionnelle n°2012-16 du 28 septembre 2012 consiste à n’inscrire, dans le projet de loi portant révision de la  Constitution,  que les dispositions nouvelles ou expressément reformulées ; toutes les autres restant en vigueur. Appliquée à l’espèce, cette technique aurait permis de réintégrer les dispositions concernées dans l’article 92, sans recourir à sa révision.

10. La révision de l’article 92 de la Constitution, au besoin en procédure d’urgence, permettra de régler ce dysfonctionnement pour l’avenir.
Mais dès à présent, se pose un problème juridique qu’il est encore plus urgent de régler. En effet, depuis la promulgation des nouveaux articles de la Constitution, le 5 avril 2016, la Cour suprême est privée de la partie substantielle de ses compétences constitutionnelles.  

Il semble, dès lors, indiqué que le président de la République, en application de l’une des nouvelles dispositions de l’article 92 de la Constitution, saisisse le Conseil constitutionnel pour avis sur la question de savoir si la Cour suprême peut continuer d’exercer des compétences qu’elle ne tient plus de la Constitution et quelle est la validité juridique de celles de ces compétences omises ou supprimées qu’elle exerce depuis le 05 avril 2016.

Par  Pr Jacques Mariel NZOUANKEU

Directeur de la Revue des institutions politiques
et administratives du Sénégal (Ripas)
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L’année passée a marqué le cinquantième anniversaire du Théâtre national Daniel Sorano. En effet, ce fut le 18 septembre 1965, sous la présidence de Léopold Sédar Senghor, alors chef de l’Etat, que fut inaugurée cette bien belle salle de spectacle, alors unique dans son genre en Afrique de l’Ouest. Ce fut lui qui en voulut l’existence, choisit son appellation, bénit l’ouverture de ses portes et salua le premier lever de rideau sur sa scène. Les jours, semaines, mois, années qui suivirent, firent découvrir au grand public les caractéristiques d’un joyau d’établissement de rêve érigé pour effectivement faire rêver des millions de Sénégalais ainsi que leurs hôtes. Son emplacement en plein cœur de Dakar-Plateau, le situant plus proche de ceux auxquels il n’était pas en priorité destiné, ne manqua pas de faire poser des questions. D’autant plus que les plus intéressés à son fonctionnement, les férus de l’art (artistes et futurs spectateurs), se trouvaient exilés aux coins les plus reculés de la ville, vivant assez loin du site d’implantation de ce nouveau temple qui pourtant leur était dédié. Mais ce handicap fut vite surmonté, parce que la nouveauté prit le dessus sur toute autre considération. La nouvelle salle devint l’endroit que chacun devait découvrir et connaître. C’est donc par grappes de centaines de personnes, que les amateurs de spectacles en tous genres s’y rendirent, très, très nombreux, en des  représentations nocturnes.

Le programme d’inauguration avait été notamment marqué par une pièce de théâtre, La Fille des Dieux d’Abdou Anta Kâ, dans laquelle s’illustrait, pour la première fois en public, la Troupe d’art dramatique gérée par la direction du théâtre et composée de comédiens. Une innovation et première au Sénégal. Et qui rappelait un peu ce qui se pratiquait en France, depuis des lustres, avec les artistes (pensionnaires et sociétaires) de la Comédie française dite encore la Maison de Molière. En plus de cette unité de gens du théâtre, Sorano dispose encore de musiciens composant l’Ensemble lyrique traditionnel et de danseurs enrôlés dans Sira Badral, en quelque sorte un corps de ballet baptisé La Linguère. Si la dénomination de la salle semblait la vouer à seulement abriter des séances de déclamations, la réalité du fonctionnement de l’entité incluait des performances d’artistes d’autres horizons. Ainsi en est-il des musiciens s’exprimant par leurs instruments et leurs cordes vocales,  ainsi en est-il des danseurs faisant montre d’utilisation et d’exhibition de leur corps pour figurer leur art. Cette diversification dans la représentation scénique, alliant plusieurs disciplines, cohabitant mais restant incrustées chacune dans son domaine particulier, nous le devons, dès le départ, à l’ouverture des portes de Sorano, au génie d’un homme : Maurice Sonar Senghor qui en fut le premier responsable.

Homme du sérail, compagnon des jeunes sénégalais formés en France au sortir de la Deuxième guerre mondiale, il fréquenta, notamment, à Paris, le Cours René Simon ayant formé une pléiade d’artistes français de la scène et de l’écran. A la tête de Daniel Sorano, il fut l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Dirigeant de main de maître une originalité jusque-là inconnue chez nous, il fit éclater, dans multiples expressions, quantité de talents d’artistes révélés à des admirateurs grâce à son savoir-faire. Mais à Sorano, il ne s’était pas tout simplement contenté de promouvoir notre culture dans différentes facettes, s’enracinant dans notre patrimoine, il avait choisi aussi l’ouverture, accueillant des étrangers dont des chanteurs français de très grand renom venus dans le cadre des tournées Gérard Sayaret. Aussi, des spectacles africains, comme ce Monsieur Togo Gnini, inénarrable pièce de théâtre de Bernard Dadié, interprété par un excellent Sidiki Bâ Kaba à la tête d’une distribution éblouissante. Maurice Sonar Senghor parti après plus de vingt ans d’un règne au sommet, la direction du Théâtre Daniel Sorano tomba dans une léthargie profonde. Trois compatriotes qui l’y ont succédé n’ont pu encore réveiller le monstre somnolent.

La troupe dramatique qui nous avait ébloui, au long de son déjà demi-siècle de vie, riche d’un répertoire époustouflant, interprétant avec une dextérité extraordinaire aussi bien du sénégalais ( Gouye Ndiouli, L’Exil d’Albouri de Cheikh Alioune Ndao ; L’Os de Mor Lam de Birago Diop (1) ; Nder en flammes d’Alioune Badara Bèye), que de l’étranger (Le Bourgeois gentilhomme, Tête d’Or, Negro spiritual, Macbeth), entre autres pièces, s’étant endormie depuis tantôt  trois décennies, s’est réveillée soudainement le 11 mars dernier pour nous rejouer M. Pots de vin et consorts d’après Gogol. Il faut espérer qu’elle poursuive dans cette voie… Car un très riche catalogue de pièces nationales et étrangères jouées dans les années 1960/1970 attendent d’être reprises. Sans mentionner celles qui n’ont encore jamais été mises en scène. L’Ensemble lyrique traditionnel, des trois branches la plus connue des populations et pour cause, semble définitivement avoir rompu avec les soirées populaires qu’il égayait sous la houlette de l’inégalable Mansour Mbaye ; de même qu’il apparaît renoncer à ses apparitions attachées à certaines fêtes traditionnelles et ayant largement contribué à le faire connaître du grand public. Le ballet La Linguère, fière des distinctions glanées au Festival de Carthage (1970),  Los Angeles 1995, Manosque (1998) et après s’être produite dans plus d’une soixantaine de pays en près de cinq années de tournée à travers le monde, totalisant 6.000 représentations, se comporte comme avoir décidé de ranger définitivement ses valises au placard…  

De fait, le Théâtre national Daniel Sorano se trouve affecté de plusieurs syndromes, dans tous ses compartiments. Le premier atteint gravement sa direction qui n’a jamais trouvé l’oiseau rare capable de relever les défis en se hissant vers le plus haut pour nous rappeler Maurice Sonar Senghor, l’homme qui semblait être fait pour ce sanctuaire et celui-ci établi pour sa docte personnalité. Secondo, comme avec le départ de Maurice, plusieurs vedettes de premier plan ont été perdues, surtout parmi les pionniers ayant marqué de leur empreinte ses lettres d’or. Et cela, dans toutes ses trois unités glorieuses. En cinquante ans, bien des choses se sont passées tout naturellement. Il  y a, tout d’abord, concernant les planches, les départs vers d’autres cieux : les exils à l’étranger pour des perspectives nouvelles. Comme avec Mamadou Dioum, Siba Comnos, Alioune Cissé, Badou Casset, Manuel Gomez, Bator Guèye… et feu Doura Mané, numéro deux du théâtre après le regretté Douta Seck. D’autres, ayant achevé leur carrière sur place, ont pris normalement leur retraite. D’autres encore sont partis par disparition naturelle. Avant même d’attendre que l’âge de « décrochage »  s’impose. Parce que « la vie c’est la vie », comme a dit le général de Gaulle.

Cependant, d’autres phénomènes de « coaching » ont enrayé la bonne marche de Sorano. Avec des artistes semi-fonctionnarisés, comme s’ils devaient fonctionner au stick d’un sergent major d’une armée. Cela donne en fin de compte du personnel déprimé qui, quand il réclame beaucoup, obtient peu et ne récolte rien en demandant le minimum. Cela se traduit encore par le fait de voir leurs loges transformés en bureaux pour rond-de-cuir. Voilà qui explique, peut-être, que, pour la célébration du centenaire, il n’y a eu rien de significatif pour y prêter attention. Aucun hommage rendu à des personnes qui le méritaient si bien. Par exemple, Léopold Sédar Senghor, son créateur qui l’a porté sur les fonts baptismaux. Son parrain, notre compatriote Daniel, acteur de cinéma, mais surtout et principalement comédien de théâtre, emporté brutalement par une crise en Hollande où il séjournait en tournée de représentation. Rien concernant Maurice Sonar Senghor, son premier directeur général qui lui a fait récolter des lettres de noblesses. Rien pour ses illustres disparus (ils sont nombreux pour être cités) acteurs/actrices, comédiens/comédiennes, chanteurs/chanteuses, ainsi que d’autres des coulisses que nous ne connaîtrons jamais. Et aucune reprise concernant des pièces à grand succès ou non mais méritant de figurer au Panthéon du Théâtre national Daniel Sorano. Peut-être attendent-ils de le faire à l’occasion d’une autre célébration, une autre fête…

Par  Aly Kheury NDAW

Critique de cinéma et de théâtre

Le samedi 21 mai 2016, le conseil municipal de la commune de Médina et son maire, Monsieur Bamba Fall, ont organisé une grande cérémonie en baptisant et en inaugurant l’ancienne place Sfax, faisant face au siège de la Rts, au nom du célèbre et inégalé tambour major feu Doudou Ndiaye Rose, en présence d’une foule nombreuse, du maire de la ville de Dakar, Monsieur Khalifa Ababacar Sall, du sous-préfet de Dakar et d’éminentes personnalités du monde de la politique, de la diplomatie, de l’art, du sport, de la coutume et de la religion,  sans compter les amis et parents de l’artiste.

Je profite de l’occasion pour faire une présentation succincte de l’homme qui a marqué, par son itinéraire et son œuvre, plusieurs générations du Sénégal et du monde.

En guise d’introduction, je me permets d’éclairer l’opinion sur une déclaration que feu Doudou Ndiaye Coumba Rose avait faite à travers les médias, quelques jours avant son décès, le 19 août 2015, diversement interprétée. Il avait, en effet, dit : « Mort, j’interdis à quiconque de me rendre hommage ; à la place, je sollicite des prières (3 likhlass) ».

Ayant vécu avec lui plus de deux décennies sans discontinuer, lui étant très proche en tant que son conseiller en communication et ami de premier rang, je discutais souvent avec lui sur beaucoup de sujets le concernant, sur la politique, la religion, l’art, la culture et le sport.

Je suis donc très bien placé et tenu de lever pour de bon tout équivoque ou fausse interprétation concernant sa déclaration.
Feu Doudou Ndiaye Coumba Rose pensait qu’un musulman avait plutôt besoin de prières, les hommages posthumes ne lui serviront à rien à l’au-delà. Par contre, poser un acte pour perpétuer son souvenir, afin que les générations présentes et futures se rappellent de lui, est non seulement crédible à tout point de vue, mais parfaitement louable, car Allah, le Seigneur de l’univers, le Miséricordieux, et le très Miséricordieux, est le premier à aimer et souhaiter à ce qu’on se souvienne de Lui à tout instant et à tout moment.

Il n’y a pas de hasard, parce que le hasard n’est rien d’autre que la logique de Dieu. Le choix de cette place, loin d’être fortuite, incarne parfaitement son homonyme. Jugez-en : en effet, cette place est délimitée et entourée par le siège de la Rts, la Grande mosquée de Dakar, l’avenue Malick Sy, la rue 1 et les allées du centenaire -Boulevard Général De Gaulle.

Feu Doudou Ndiaye Rose était avant tout un fervent musulman, un talibé Cheikh, talibé d’El hadj Malick Sy et de son fils Seydi Aboubacar Sy. Il avait habité la rue 1, sa maison paternelle ayant été phagocytée par les locaux de la Rts. Il avait eu le grand privilège de rythmer et de battre le temps de la musique accompagnant le grand défilé de la célébration marquant le bicentenaire de la révolution française de 1789, à Paris, sur la plus belle avenue de France, certains mêmes disent du monde, les champs Elysées. Et enfin, il a travaillé pendant longtemps, avec son maitre en percussion, El Hadj Mada Seck, comme producteurs extérieurs à la Rts. D’autre part aussi, sa maison de la rue 1 a été le siège de l’Asc Sfax et il faisait partie des membres fondateurs les plus influents. Certains de ses enfants avaient porté le maillot de l’équipe.

Le conseil municipal de la commune de Médina et son maire, Monsieur Bamba Fall, ont donc bien compris le sens de la déclaration de leur collègue et conseiller culturel. De même que son Excellence Monsieur Macky Sall, président de la République de tous les Sénégalais qui a été le premier à baptiser aussi le magnifique et majestueux Grand théâtre de Dakar au nom de son ambassadeur culturel à travers le monde.

Parler de Doudou Ndiaye Rose prendrait des heures sinon des jours, l’homme étant dans sa quintessence multidimensionnelle. Nous allons donc nous en tenir à quelques-unes des facettes les plus saillantes de sa vie et de sa très riche carrière professionnelle. Doudou Ndiaye était avant et après tout un musulman pétri de foi et de piété. Il disait que depuis qu’il a appris et compris qu’ « Allah le Tout-Puissant, qui Seul mérite d’être adoré et évoqué, fait descendre pour chaque personne qui naisse trois décrets divins : celui de sa mort, celui de sa naissance et celui de ses biens terrestres quel que soit son comportement dans sa vie future. Doudou a fait de cette réalité divine son bréviaire et son viatique de tous les jours.

Il expliquait que depuis qu’il a compris que le décret de la naissance peut descendre en même temps que celui de la mort, il en a déduit que l’homme devait s’attendre à mourir chaque jour que Dieu fait. Ceci doit le pousser donc à adorer profondément et constamment Dieu, l’Unique, le Propriétaire et Seigneur de l’univers. Ceci doit aussi l’aider à faire le bien et à bannir le mal, à entretenir des relations franches de fraternité, de solidarité, d’humilité et d’humanité avec son prochain. Quant à l’acquisition des biens terrestres, qu’on soit pressé ou pas, honnête ou malhonnête, pour chaque être, Dieu a tout inscrit dans son grand livre divin.

Lors de sa prière mortuaire à la grande mosquée d’Hlm 1, pleine à craquer, un des chefs religieux présents a attiré mon attention sur un fait inédit. Il m’a dit textuellement : « Aujourd’hui, Allah a témoigné, en obligeant les Oulémas à poser la dépouille mortelle sur le minbar et faire de telle sorte que l’imam désigné pour diriger la prière n’a pas laissé les parents, amis, proches et autorités faire leurs témoignages sur le disparu. Alors j’ai compris qu’Allah voulait tout simplement montrer la dimension spirituelle de Doudou Ndiaye que cachait sa popularité d’artiste percussionniste. J’avais, en effet, compris, par ses faits et gestes qu’il posait quotidiennement, qu’il était un saint ; j’en suis convaincu maintenant ».

Quelques jours après son enterrement, Serigne Ibrahima Sokhna de la Sicap Liberté 2 a confirmé l’affirmation du marabout.

Feu Doudou Ndiaye Rose avait façonné sa vie et sa carrière dans la dignité, la fidélité, l’amour et l’humilité vis-à-vis de tous ceux qui gravitaient dans son environnement proche ou lointain. Il avait horreur du mensonge et de la médisance. N’étant pas infaillible, son seul défaut était d’accorder, dans un premier temps, un préjugé favorable à la personne même reconnue tordue avec qui il avait affaire. Son optimisme avait pour racines sa foi, sa persévérance et son mythe du travail bien fait.

Socialiste de première heure et membre fondateur du Bds (Bloc démocratique sénégalais), devenu Ups (Union progressiste sénégalais) le 04 avril 1958, ensuite Ps (Parti socialiste), il a été toujours de tous les combats, constamment fidèle et irréductible, malgré toutes les propositions mirobolantes de toutes sortes. A l’ère des transhumants, n’est-ce pas une leçon et un exemple à méditer pour toutes les formes et techniques de transhumance. Doudou Ndiaye Rose fut un précurseur, un éclaireur, un militant du dialogue islamo-chrétien en compagnie de feu Julien Jouga avec qui il a parcouru le monde accompagnant sa chorale chrétienne. Le poète président Léopold Sédar Senghor faisait figure, auprès de ces deux grandes personnalités culturelles, de grand frère, de conseiller, de guide, de bienfaiteur et de partenaire. Doudou Ndiaye Rose, Julien Jouga et le président Léopold Sédar Senghor ont été incontestablement des visionnaires en faisant du dialogue des cultures et des religions un sacerdoce. L’actualité que nous vivons leur donne sans conteste raison.

Grand sportif pendant sa jeunesse (football, lutte), il a été un supporter intraitable du foyer France-Sénégal, ensuite du Jaaraf à côté de son ami et frère Lamine Diack, ancien maire de Dakar et ancien président du Cio. Griot de naissance et communicateur traditionnel, il n’a jamais cessé de déclarer, à chaque fois que l’occasion se présentait, « qu’il était certes griot mais pas quémandeur ».

La célébrité de feu Doudou Ndiaye Rose a été incontestablement bâtie autour de sa très riche carrière artistique, en tant que grand tambour major du « sabar », instrument de percussion typiquement sénégalais. En effet, il a sorti le « sabar » de l’ombre à la lumière du soleil, pour le faire découvrir au monde. Il a démontré que les sonorités de cet instrument de musique, produit du génie de nos ancêtres, pouvait s’accorder harmonieusement avec toutes les musiques du monde. Il l’a démontré en accompagnant la plupart des grands artistes de la musique classique, du jazz, du pop, du reggae, du folk du mbalakh, etc. Il a fait fondre comme boule de neige tous les tabous qui enveloppaient l’orchestre du « sabar ». De 7 batteurs institués avant lui par tous les grands tambours major de ce pays, il a joué avec des orchestres de 20, 50, 100 et 200 batteurs dans une mélodie et harmonie parfaites. Mieux, il a révolutionné la percussion en créant de toute pièce le Gorong Mbabass qui, par sa taille et la variété de ses sonorités, a pris la place de ces lourds instruments qui existaient avant.

C’est cette expertise acquise au fil du temps et qui fit de lui un chercheur et un homme de progrès qui lui a permis de vaincre le signe indien, lequel interdisait aux filles et aux femmes de jouer du tam-tam ou du tambour. C’est ainsi qu’il créa le célèbre orchestre des filles et femmes batteuses, « Les Rosettes ». Il enchaina en mettant sur pied, avec Mme Germaine Akogni, les majorettes du lycée John Fitzgerald Kennedy de Dakar à partir des suggestions du président Senghor. Il forma, dans la même foulée, les femmes du Rwanda sur la demande de leur chef d’Etat à jouer le tam-tam et le tambour.

Ce serait un crime de lèse-majesté de ne pas parler des relations privilégiées que feu Doudou Ndiaye Rose entretenait avec le peuple japonais qui l’a sacré dieu du tambour. Doudou Ndiaye Rose avait contribué à la formation de nombreux percussionnistes sénégalais. Ses enfants de l’orchestre Khalam de Dakar avec les Cheikh Tidiane Tall, Henry Guillabert, Souleymane Faye en sont une preuve concrète. C’est sa notoriété en tant que percussionniste et artiste hors norme au Sénégal et dans le monde qui a fait qu’il a accompagné, entre autres, Peter Gabriel, Mick Jagger, Bernard Lavilliers, France Galle, Didier Lecour, Coumba Gawlo Seck, Didier Awadi.

En 2015, quelques semaines avant son décès, l’ambassade du Japon, le consulat des Usa, l’Afrique du Sud et la mairie de Dakar ont successivement et volontairement célébré son anniversaire pour démontrer la dimension universelle de l’artiste et de l’homme.
Pour conclure, feu Doudou Ndiaye était un vrai patriote ; c’est pourquoi il a laissé deux grands projets en gestation qu’il voulait démarrer en 2016. Il s’agit précisément de son institut international de rythmes, de danses et de modes d’Afrique qu’il voulait implanter à Joal, fief de ses amis Léopold Sédar Senghor et Julien Jouga, avec l’accord du conseil municipal et du maire de la commune de Joal-Fadiouth.

Le second projet, qu’il a avait intitulé « un batteur, un arbre », le tenait beaucoup à cœur. Il voulait, en effet, en tant que citoyen, participer à la politique de reboisement et de protection de l’environnement de l’Etat avec une approche culturelle. Il estimait que planter un arbre sans en assurer le suivi n’a jamais donné de bons résultats. Par contre, impliquer les batteurs de tam-tam, les bûcherons, les marchands de bois, les élèves des écoles élémentaires et secondaires et les étudiants des universités en les convainquant de baptiser chaque arbre planté au nom d’un parent ou d’un être qui leur est cher ou au nom de leur classe ou leur promotion était beaucoup plus efficace. Pour lui, tous seraient obligés de les entretenir au risque de déshonorer l’homonyme sélectionné et choisi librement. En tout cas, pour ce qui concerne les établissements d’enseignement public et privé, leurs directeurs, leurs professeurs, élèves et personnels administratifs ne laisseraient jamais les arbres plantés mourir de leur belle mort.

Un pari est donc lancé à sa famille, ses collaborateurs, ses amis, ses relations, personnes physiques et morales, et aux autorités pour finaliser ses deux souhaits dans l’intérêt du Sénégal.

Par  
Amadou Abass DIOUF  
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Ce qui est déplorable au Sénégal, c’est l’extrême vulnérabilité de l’opinion publique à l’égard du sensationnel. C’est malheureux. La consommation de la viande d’âne n’est pas pour autant un scandale. C’est plutôt une préoccupation sociale qu’il faut vite traiter.

Ce que je sais !
· Un repérage biologique
Nos attitudes extrêmes et nos écarts de langage dans cette affaire sont injustifiés. Ils relèvent de l’inconscient ou de l’ignorance, car nous avons perdu l’orientation dans notre milieu de vie.

Il faut se rappeler que nous sommes des êtres vivants doués d’intelligence. Donc, de psychologie. Ce qui nous est exclusif sur terre. Par conséquent, nous développons, sans le vouloir, des préjugés et cristallisons des valeurs positives comme négatives sur les objets qui nous entourent, vivants comme non vivants. Ceci explique pourquoi, depuis longtemps, nous entretenons des rapports subjectifs avec les animaux et les végétaux de notre milieu.

L’ethnozoologie et l’ethnobotanie nous enseignent que nous ne sommes pas indifférents aux animaux et aux végétaux. Nous contractons très souvent avec eux des rapports métaphysiques agissants. Delà dérivent la tradition des totems, les mythes, les croyances par rapport à nos cohabitants vivants non humains.
Nous portons souvent un regard favorable ou défavorable, voire péjoratif, sur eux, et ce, sans motif rationnel. C’est à ces faits qu’il faut relier le statut de l’âne chez nous.
En effet, l’âne, comme le chien, souffre d’un préjugé défavorable au Sénégal. Il y est banni, persécuté, négligé, affamé, mal traité, voire mystiquement redouté. Après la corvée des travaux champêtres, l’âne n’est bon qu’à regarder. Il est chassé de la maison et envoyé à la débrouille alimentaire. C’est injuste.

Scientifiquement, l’âne est un animal. C’est tout.

Si vous regardez l’âne, vous apercevez des mamelles, des poils, des dents. Si vous le blessez, il sort du sang veineux ou du sang artériel (donc un homéotherme). L’âne est vivipare (donc placentaire). L’âne a quatre membres locomoteurs adaptés à la marche. On pourrait poursuivre ces observations sur le plan biochimique, génétique et anatomique. Tous ces signes montrent que l’âne est un être très évolué et partage la même classe que l’Homme : la classe des mammifères. Pardonnez-moi ce désagrément ! Donc, les préjugés sur l’âne doivent être modérés à défaut d’être abandonnés. L’âne est un être vivant qui mérite soin et pitié. Il est une créature de Dieu qui trouve et joue son rôle dans l’écosystème général. Voilà quelques rappels dans le sens de rétablir notre boussole écologique déréglée par la modernité et l’aliénation !

· Un avis sur la consommation de la viande d’âne

Scientifiquement, la viande d’âne est comestible. Elle n’est pas nocive à la santé. Elle engraisse autant que celle du bœuf ou du mouton.

Ce qui est déplorable dans cette affaire de viande d’âne, c’est le risque sanitaire, l’escroquerie commerciale et le défaut de communication des services de l’élevage.La grande majorité des Sénégalais ne mange pas la viande d’âne. Donc, personne n’a le droit de vendre cette viande sans le faire connaitre. Le prix de cette viande n’est pas homologué. On connait ce que coûte le kilogramme de volaille, de bœuf, de mouton, de chèvre. Mais celui d’âne n’est pas connu, parce que n’existe pas.

Nulle part n’existe d’étal à viande d’âne dans les marchés. Personne n’ose porter sur soi les abats et autres restes d’âne au vu de tout le monde de peur d’être fui comme un damné ou un satané.

Tout ceci montre que l’âne n’est pas mangé au Sénégal soit pour des raisons de croyances spécifiques, soit pour des raisons religieuses. Donc, il n’est pas normal d’en offrir à l’insu. C’est une faute. Les auteurs de cette forfaiture doivent être punis.

Il ne faut pas non plus banaliser la consommation de la viande d’âne en prétextant que ce n’est pas dangereux ou d’autres la mangent. La viande d’âne est rebutante pour des motifs d’ordre irrationnel et non rationnel. Il faut respecter la liberté de s’en abstenir.

La culture sénégalaise en général ne mange pas l’âne. C’est cela la réalité. Il faut la prendre comme telle pour le moment.

Ce que je ne sais pas !
Je ne sais pas si l’Islam interdit la viande d’âne ou pas. Il serait défendu que pour l’Islam, tous les animaux aux membres pourvus de plusieurs doigts sont consommables. Ce sont les moutons, les biches, le bœuf, etc.
Par contre, tous les animaux aux membres à doigt unique sont interdits à la consommation. Ce sont l’âne, le cheval, le zèbre, etc.
Dans toute la rigueur scientifique, les périssodactyles ont un nombre pair de doigts par membre tandis que les artiodactyles ont un nombre impair de doigts par membre. Ainsi, pour l’Islam, les périssodactyles sont comestibles et les artiodactyles ne le sont pas.
A l’observation de la consommation de viande au Sénégal, cette thèse semble celle appliquée chez nous. Il faut noter le cas exceptionnel du porc qui est un périssodactyle interdit à la consommation par l’Islam.

Ce qu’il y a lieu de faire !
Compte tenu du fait indéniable que la société a évolué, et avec elle, les mentalités, les comportements, les habitudes, les préférences, les représentations, les enjeux, les perspectives individuelles et collectives, il faut ouvrir toute l’offre de nourritures animale comme végétale à la consommation publique à la double condition de tout réglementer et de respecter les préférences de tout le monde.

Si nous ne le faisons pas, nous étouffons quelque part une énergie sociale sans le savoir, auquel cas nous ouvrons la porte aux pratiques déviantes de consommation dangereuses pour tous. Ceci est une nécessité pour le confort religieux, moral, psychologique et sanitaire de chaque citoyen.

En conclusion
Tout ce qui ne tue pas engraisse. La viande d’âne ne tue pas, donc elle engraisse. Cet adage millénaire est à considérer avec relativité. Cet adage est réel, mais pas vrai.
Il faut rappeler qu’au-delà de son sens biophysiologique, la nourriture est culturelle. Elle est plurielle, et heureusement !

A l’écoute de l’Islam, même si la viande d’âne engraisse, elle ne doit pas engraisser un musulman.

Je ne sais pas ce qu’en disent les autres religions.

Je déplore le manque de communication sur l’abattage régulier d’âne opéré par les services de l’élevage. Ils devraient informer les Sénégalais, ne serait-ce que pour dissiper d’éventuelles rumeurs et satisfaire la curiosité.

Je ne comprends pas aussi comment tous les médias nationaux ont pu rater cette grosse occasion de reportage documentaire sur l’abattage d’âne par les services autorisés.

Enfin, je déplore l’extrême sélectivité du régime alimentaire des Sénégalais en termes de ressources protéiniques. La gamme de sources protéiniques au Sénégal est très restreinte. De nombreux aliments ne sont pas consommés au Sénégal ou en tout cas très peu pour des raisons mal fondées. Pourtant, l’Islam ne les interdit pas. C’est le cas des rats, des écureuils, des souris, des oiseaux, etc. Voilà ce qui explique en grande partie la disparition rapide de notre biodiversité - l’utilité étant d’abord nutritionnelle avant d’être économique.

Mais le cas le plus éloquent est celui de la chèvre. Voilà une viande de haute qualité nutritionnelle et sanitaire qui ne trouve pas preneur au Sénégal.

C’est la viande du pauvre. Elle est bonne (pour moi), pas chère, et saine (pauvre en cholestérol).

Une consommation généralisée de cette viande, à la dictée d’une politique nationale, aurait réglé beaucoup de problèmes alimentaires, enrichi les éleveurs et augmenté considérablement notre croissance économique. Potentiellement, la biomasse chèvre est très abondante du fait de sa forte fécondité et de sa rusticité. Malheureusement, on ne l’exploite pas assez.

Nombreux sont ceux qui lient la chèvre au « Djinn » et observent une méfiance calfeutrée, inavouée. Quel manque à gagner pour l’économie et pour le bien-être !

Nous nous adonnons aux autres élevages énergétiquement très coûteux et très polluants au méthane. Je veux parler de l’élevage de bovins. Les Sénégalais ont urgemment besoin d’une rééducation nutritionnelle. C’est une exigence de la lutte contre la pauvreté. C’est un geste d’assistance de personnes en danger.

Je n’en arrive pas à suggérer la consommation de vers de terres mais, quand bien même, soyons écologiquement raisonnables dans les limites de la religion.

Par Cheikh NDIAYE

Dg Cices
Maire de Lambaye

Une journée de prières sera organisée, le vendredi 27 mai 2016, à la résidence de l’ambassade du Sénégal à Berlin, pour commémorer le 40e jour du décès de son S.E. El Hadj Abdoul Aziz Ndiaye.

A la famille de
l’ambassadeur du Sénégal
en Allemagne,
A ses collaborateurs,
Aux autorités du Sénégal

C’est avec tristesse que j’ai appris le décès de l’ambassadeur du Sénégal accrédité en Allemagne, S.E. El Hadji Abdoul Aziz Ndiaye.

A sa famille éplorée, à son épouse et ses enfants, au personnel de l’ambassade ainsi qu’à son ministre de tutelle et au président de la République, je présente mes sincères condoléances.
C’est une grande perte pour tous ceux qui ont connu Son Excellence et l’ont apprécié à sa juste valeur.
Je souhaite que vous puisiez tous dans votre foi la force de surmonter cette douleur incommensurable.

Je conserve de lui l’image d’un homme courtois, souriant, affable et très près des membres de la communauté africaine en général et sénégalaise en particulier.
Diplomate chevronné, il fut également ambassadeur au Brésil. Son Excellence est à la base de 3 visites réussies du président Macky Sall en Allemagne qui a été reçu par la chancelière Angela Merkel.

J’avais été très touchée lorsque, durant la période pendant laquelle il était en poste en Allemagne, en 2009, en tant que ministre-conseiller chargé des Affaires culturelles, il avait assisté à la remise du prix « Helene Weber » que le gouvernement allemand m’avait décerné à la chancellerie de Berlin. En regardant nos photos, je me remémore cette journée.

S.E. feu El Hadj Abdoul Aziz Ndiaye répondait toujours positivement à mes requêtes : il m’avait fait parvenir en un temps record le drapeau du Sénégal pour une manifestation culturelle dans notre lycée, en 2014.

 

C’est avec plaisir que nous nous sommes, revus l’année dernière, à Ulm à l’occasion des journées culturelles « Afrika-Tage », organisées par M. Saliou Guèye, le directeur de Ulm international. Comme à l’accoutumée, Son Excellence était très disponible.

Les voies du Seigneur sont insondables. Il arrache ainsi à l’affection des siens un époux attentionné, un père de famille affectueux et un homme au service de son pays en terre étrangère.

Que le Tout-Puissant l’accueille parmi ses élus et lui accorde le repos éternel.                                                                                                                                                         Paix à son âme !

Par
Dr Pierrette
Herzberger-Fofana

Conseillère municipale
Allemagne

Il ne se passe pas un jour sans que n’apparaissent, dans la presse, des titres qui rapportent des cas graves de dysfonctionnement dans la prise en charge des urgences hospitalières surtout traumatiques. Le cas le plus illustratif en se tenant au fait s’est produit au courant de l’année 2014 ; il s’est agi d’un patient décédé en cours d’hospitalisation à Tambacounda avant même qu’un acte chirurgical puisse lui être prodigué. Notre confrère chirurgien et toute  l’administration hospitalière ont été malencontreusement pris à partie par la population qui s’est organisée en collectif des victimes de l’hôpital pour instituer une marche à travers les artères de la ville afin de dénoncer « cette situation ». Il faut saluer, ici, le discours plein d’émotions et de courage (relayé par la presse écrite) tenu par le gouverneur de région de  Tambacounda qui a écouté les doléances des populations pour les apaiser. La bombe fut désamorcée et j’ose croire que le climat de confiance entre les populations et le système hospitalier va se réinstaurer.

Cet épisode douloureux nous a incités à livrer quelques réflexions sur   ce  « ventre mou » du système de santé que constitue le management des urgences médicales au Sénégal. D’autres confrères l’ont déjà fait sans qu’aucune réponse cohérente et urgente ne soit apportée par les décideurs.

Les  praticiens que nous sommes, avons le devoir et la responsabilité sociétale et morale, voire politique, d’œuvrer pour que les populations puissent jouir d’une bonne santé, soit par des méthodes curatives ou préventives. Sur le plan juridique, nous ne sommes pas astreints à une obligation de résultats. Mais devant Dieu et devant les hommes, nous avons l’obligation morale  de réclamer de meilleures conditions de pratique pour mériter notre place en tant qu’acteur social. Il existe un invariant culturel qui a traversé les âges, l’art de guérir ou l’acte médical dans sa terminologie moderne est jugé à l’aune de  son efficacité quel que soit les moyens dont on dispose. Le tradipraticien ou bien le médecin moderne tire sa légitimité et sa notoriété du fait de sa compétence à extraire la maladie du corps ; le patient fait rarement cas du niveau de sophistication du plateau technique dont dispose le praticien pour atteindre son objectif. Je donnerai comme exemple le cas de ce  patient qui présente un hématome intra crânien extra dural consécutif à un traumatisme par accident de la circulation. C’est une véritable urgence neurochirurgicale dont la prise en charge ne doit souffrir d’aucun retard. Je ne verrai pas au monde un neurochirurgien hospitalier dire aux parents que nous ne pouvons pas opérer, car le groupe électrogène ne fonctionne pas, ou la machine à laver ou stériliser le linge est détraquée, ou bien aucune drogue anesthésiste n’est disponible au niveau de la pharmacie de l’hôpital. Les Incas ont pu faire des trépanations en usant de silex  pour enlever le soi-disant « mauvais esprit » dans leur  entendement. Je vous laisse imaginer les multiples artifices dont nous usons parfois… Le médecin est pris au piège ; il est pris en étau entre la quête thérapeutique pressante du patient et  une institution hospitalière qui doit lui fournir le minimum d’équipement pour officier.

Responsabilité sociétale et morale
Peu de chirurgiens du secteur public au Sénégal peuvent témoigner qu’ils n’ont   jamais vécu,  et de façon récurrente, cette  situation angoissante de pénurie. Je recommande aux élites politiques actuelles de faire de l’ouvrage de notre confrère le Pr Abdoul Kane, « La vie sur un fil », paru récemment, un livre de chevet.

Je profite de l’occasion pour rendre  hommage à ces jeunes chirurgiens, à ces infirmiers et sages-femmes qui acceptent et  continuent d’œuvrer dans un environnement médical que je qualifierai d’exception…

Ce préambule sur la responsabilité médicale ne doit pas absoudre l’Etat dans son obligation de veiller sur la sécurité des biens et des personnes. Nous pensons que les enjeux sanitaires surtout dans son versant médical pur doivent être intégrés  comme une question de sécurité nationale. En matière de lutte contre les maladies transmissibles, la réponse  de l’Etat semble logique ; de multiples programmes sont proposés pour lutter contre l’Hiv, le palu, la tuberculose. Et la riposte conjointe donnée par les ministères de la Santé et de l’Intérieur par rapport à l’épidémie d’Ebola qui menace nos frontières fut appropriée. Il faut saluer l’établissement récent, au sein du ministère de la Santé, d’un Centre opérationnel des urgences sanitaires (Cous). Apparemment, son architecture institutionnelle aurait une forte orientation de veille épidémiologique.

Concernant les maladies non transmissibles, il existe certes des politiques sectorielles pour le diabète et la drépanocytose, mais aucun programme au niveau du ministère de la Santé n’a été élaboré, à notre connaissance, par rapport aux pathologies liées à la violence quel qu’en soit le mode, mais surtout  routière. Sans me tromper, la mortalité par accident de la route tend à dépasser celle liée à l’Hiv. La société civile a mieux perçu cette  problématique et elle est plus pro active que l’Etat. C’est ainsi qu’un journal de la place, dans son édition du 27 mai 2014,  faisait part des chiffres qui font froid au dos et rapportés par M. Ousmane Ndoye, président de l’Association nationale des personnes accidentées vivant avec un handicap. Les motos dites Jakarta continuent leur ronde funèbre, la protection civile nationale rapporte un chiffre effarant de 80 morts en 2014.

Pour infléchir cette courbe ascendante, le ministère de l’Intérieur, par le truchement de la Direction de la nouvelle prévention routière, joue pleinement sa partition par des actions de police ou bien par des affiches ou des spots publicitaires. Rien n’y fait, soit c’est un bus ou un camion au système de frein défaillant qui entre en collision avec une voiture, soit c’est un « Ndiaga Ndiaye » qui dérape pour écraser tout ce qui bouge. Des ralentisseurs sont mis sur la route de Thiès à hauteur de « Allou Khagne » pour agir sur le facteur vitesse. Hélas, une nouvelle forme d’accidentologie est en train de poindre avec les accidents par collision frontale avec son lot important de blessés graves et de morts !

Certes, il y a des patients qui présentent des lésions létales dépassant toutes ressources thérapeutiques, mais il y a souvent des survivants poly blessés dont certains meurent secondairement du fait d’une prise en charge préhospitalière  peu efficace (transport non médicalisé). Et même si le transfert se fait promptement et dans les règles de l’art, le management hospitalier laisse à désirer soit du fait d’un service d’imagerie ou d’un laboratoire non fonctionnel, soit d’une instrumentation chirurgicale obsolète.

Un chiffre effarant de 80 morts en 2014
L’implantation territoriale du Samu reste encore timide, il s’agira de renforcer ses capacités opérationnelles en ressources humaines et en moyens techniques, et surtout d’assurer une bonne régulation médicale. Le corps de sapeurs-pompiers abat un travail de titan ; il demanderait cependant un rehaussement de son expertise dans la médicalisation des blessés.

Il est vrai que deux fois de suite le problème des urgences hospitalières a été abordé lors du conseil des ministres, mais l’application des mesures prises tardent à se faire. A travers les travaux universitaires (publications dans des revues spécialisées et thèses) de la Faculté de Médecine de Dakar, il existe une production scientifique foisonnante sur le profil épidémiologique des urgences au Sénégal ; ces données certes parcellaires, car hospitalières, pourraient constituer une mine d’informations pour les techniciens du ministère de la Santé comme aide à la décision dans les choix stratégiques. Il ressort, à travers ces études, un fait constant : le  péril traumatique est bien une réalité et la mortalité est corrélative de la rapidité des gestes thérapeutiques et de la disponibilité d’un bon plateau technique. En outre, dans la hiérarchisation des lésions traumatiques, les lésions des membres et du rachis viennent en première position, suivi des lésions crâniennes, puis des lésions viscérales.

Un centre de traumatologie à Diamniadio
L’idée d’ériger un centre de traumatologie à Diamniadio est séduisante, car il occuperait une position stratégique au carrefour des deux axes routiers les plus accidentogènes du Sénégal. De plus, il ne sera pas éloigné de la capitale.

Par ailleurs, nous sommes pris par le sceau des urgences, et avant que ce projet ne soit effectif, combien de morts compterons nous encore ? Aussi, il existe toujours un délai assez long entre la conception, l’exécution et l’opérationnalisation. Ce temps d’attente pourrait être mis à profit par le prépositionnement d’hommes et de matériel au niveau de Diamniadio ou de Rufisque pour parer au plus pressé ; il est tout à fait possible de trouver un espace fonctionnel à l’hôpital Elizabeth Diouf ou  à l’hôpital Youssouph Mbargane de Rufisque. Ce faisant, il faudra rapidement renforcer leur plateau technique. Concernant les ressources humaines, un personnel médical d’appoint pourrait être mobilisé à partir du corps des chirurgiens et anesthésistes des hôpitaux de Dakar qui effectueront des astreintes ou des gardes.

Il s’agira de s’inspirer de la philosophie des chirurgiens militaires qui quel que soient les contraintes opérationnelles (géographiques, financières, techniques) ont la capacité d’ériger, en moins de 24H, un poste médical avancé multifonctionnel pour gérer les urgences absolues ou relatives. Les médecins militaires sénégalais ont déjà montré leur aptitude à organiser la chaine santé dans les différentes zones de conflit intra ou extra territoriales. Cette expertise pourrait être mise à profit pour créer une sorte d’unité de déchoquage ou de conditionnement dont la réalisation est plus rapide et moins onéreuse qu’un centre de traumatologie.

La logique qui préside à cette option transitoire est basée sur cette notion essentielle : le pronostic vital d’un patient  en situation d’urgence dépend de la rapidité des gestes thérapeutiques. Plus on tarde à stabiliser un patient sur le plan hémodynamique ou gazométrique, plus les chances de survie sont moindres.

Réhabilitation du matériel hospitalier
Hormis cela, il faudrait, dans un cadre national, que tout centre de santé puisse disposer d’un plateau technique de base en oxygène (bouteilles, masque, aspirateur et fluide), matériel de suture consommables et pansements pour les premiers soins.

Il urge de renforcer l’instrumentation et l’équipement surtout des services chirurgicaux. Les Sénégalais et les étrangers qui vivent parmi nous ne font pas plus de 14 millions. Sur ce, je pense que ce n’est pas une tâche herculéenne d’instaurer un programme urgent de réhabilitation du matériel hospitalier, d’abord au niveau des services de référence hospitalière, puis l’étendre aux échelons inférieurs en se basant sur la pyramide sanitaire. Le Sénégal pourrait ainsi s’approvisionner (en attendant une production locale) auprès de certains pays comme la Chine et l’Inde, et même du Maghreb, car ils fabriquent un matériel fiable et de moindre coût. Lors du processus d’acquisition de matériel, l’Etat doit prendre sa responsabilité en faisant fi des règles et des procédures de passation de marché édictées par l’Armp, parce que la santé est un enjeu de sécurité nationale. 

Les élites politiques sénégalaises ont l’impérieux devoir moral de valoriser le savoir-faire des praticiens sénégalais en les dotant d’un minimum de moyens techniques, pour le plus grand bonheur des populations. Les pays du Maghreb (Maroc, Tunisie, Algérie) ont réussi leur révolution médicale en s’appuyant sur l’expertise locale, les évacuations vers les pays du Nord y sont rares. Le secret de leur réussite se trouve dans l’émergence d’une classe d’acteurs moins prédatrice et imbue d’un sentiment patriotique… Il serait intéressant de faire une psycho-socio-analyse (Bourdieu) des élites politiques autochtones qui fonctionnent dans notre contrée sur un mode pathologique, précisément schizophrénique. Mais ce n’est pas l’objet de notre réflexion.

Les intertitres sont de la rédaction
Par  
Pr Youssoupha SAKHO

Neurochirurgien
des hôpitaux
Faculté de Médecine
Ucad

La dernière réunion du secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République (Apr), tenue le mardi 24 mai 2016, sous la présidence du président du parti, Son Excellence Macky Sall, a été l’occasion pour ce  dernier d’évoquer, avec les responsables du secrétariat national, deux sujets auxquels il attache une importance singulière : le dialogue politique national convoqué le 18 mai 2016 et ouvert à toutes les forces vives de la Nation et le projet de construction du pôle urbain de Diamniadio.

En apparence, rien, à priori, ne semble lier ces deux préoccupations majeures relevant de deux registres différents. Toutefois, si l’on considère la construction du pôle urbain de Diamniadio comme contribution majeure à l’effort de construction nationale et l’utilité d’un climat politique apaisé comme plateforme de toutes réalisations d’ampleur, le lien recherché s’actualise et s’offre à la vue de l’esprit averti. Ainsi démontré, il existe une corrélation effective entre le projet national et le dialogue inclusif initié par le chef de l’Etat.

Le lundi 9 mai 2016, j’étais au Centre international de conférences Abou Diouf (Cicad), venu assister, comme tous les membres du gouvernement et de nombreux citoyens, au lancement officiel, par le chef de l’Etat, des travaux des projets dits de deuxième génération, qui vont davantage donner du relief au pôle urbain Diamniadio, composante essentielle du Plan Sénégal émergent (Pse). Au sortir de cette manifestation, j’ai encore plus mesuré la volonté du chef de l’État de conduire les actions adaptées à l’œuvre de croisade contre le sous-développement et de placement de notre économie sur les rampes d’un progrès endogène et durable, assurant un équilibre harmonieux entre les secteurs productif et marchand, entre les filières agricole, minière et industrielle, sans oublier les supports administratif, scientifique, académique, sanitaire et autres, le tout, dans le respect des exigences contemporaines de sauvegarde de l’environnement.  Pour comprendre ce qui se noue à Diamniadio et saisir la portée des actes posés, il importe d’inscrire la dynamique engagée dans une lancée historique afin de recueillir un supplément d’éclairage sur les mérites de la nouvelle politique. Ce pas dans l’histoire permet de rappeler qu’en pensant l’avenir de la capitale, le président Léopold Sédar avait traduit en actions sa volonté de faire émerger, autour de Dakar, des cités dortoirs, accueillant la main-d’œuvre surtout informelle, bref, la brave force de travail des secteurs du commerce et de l’artisanat. Dans les faits, cette perspective empruntée mettra en orbite une urbanisation outrancière, sans âme, ni direction cohérente. Une dynamique qui est allée, pour ainsi dire, dans tous les sens. Senghor imagina ainsi les Parcelles assainies devenues un véritable contresens historique, avec les déguerpissements de nombreux quartiers populeux jouxtant le Plateau. On peut, entre autres, citer Almincou, Keepcoco, Baye Gaïndé dont les populations déguerpies allaient s’installer à Guédiawaye ou étendre davantage les limites du périmètre de Pikine, la première ville dortoir de la banlieue de Dakar. Contresens historique, disions-nous ! En vérité, Senghor avait pour ambition de faire en sorte que Dakar devienne, à l’horizon 2000, une ville comme Paris. Un endroit ouvert, respirant l’air marin pur, aux artères bien ordonnées et propres. Un endroit où il fait bon vivre avec ses cafés, ses terrasses, ses lieux de concerts, ses centres culturels courus, son centre administratif grouillant d’activités, etc.  Et Pacheco séduit, entonna son tube éponyme. « En l’An 2000…», fredonna-t-il. Les mélomanes de ma génération se sont tous trémoussés aux sons accordés de l’artiste et de son air festif. Par un phénomène de concentration extrême des populations du pays dans ces nouveaux centres urbains et une localisation presque exclusive du secteur productif dans le périmètre minuscule de la presqu’île du Cap-Vert, on achevait ainsi par l’orchestration de l’ensemble de ces facteurs à donner à Dakar les germes à l’horizon de sa macrocéphalie, qui va l’étouffer jusqu’à overdose ou effervescence d’activités, alors que le reste du Sénégal en était dépourvu.

Hélas, même seize ans après l’échéance espérée, Dakar n’est pas comme Paris. Pacheco, paix à son âme, de sa tombe, aura du mal à comprendre. Et pourtant ! A l’indépendance, certains pays qui, comme nous, avaient été amenés à repenser l’urbanisation de leur capitale, avaient emprunté une orientation différente. C’est ainsi qu’un pays comme la Mauritanie décida de construire une nouvelle cité à côté de l’ancien centre-ville, avec un plan directeur d’urbanisation répondant le mieux aux exigences de la modernité. Comparé à ce que nous vivons en cette matière à Dakar, le résultat est extrêmement positif. Le Maroc peut également être cité en exemple de ce point de vue. Abdou Diouf est resté dix-neuf ans au pouvoir, gardant le cap de son prédécesseur, tout en accélérant l’urbanisation de la banlieue. Et Dakar continua d’étouffer davantage ! Abdoulaye Wade a compris, dès son installation au pouvoir, la nécessité de donner, du moins théoriquement, une certaine priorité au dossier du désengorgement de la capitale du pays. Il imagina un projet grandiose qui consistait à délocaliser la capitale dans le périmètre Mékhé-Pékesse, avant de le réorienter vers Kébémer-Lompoul. A cette fin, il créa le ministère qui devait s’occuper de la mise en œuvre du projet, dans lequel 80 milliards de FCfa (des fonds publics), ont été engloutis, de l’argent jeté dans le sable sans aucun résultat. D’autres diront que ces fonds ont servi des intérêts privés. En tous les cas, Dakar est resté en l’état. En 2012, Abdoulaye Wade quitte le pouvoir et Macky Sall s’y installe à la faveur du suffrage universel, avec une volonté affirmée de faire avancer l’idée de désengorger la capitale. Il s’appuie sur une nouvelle perspective mettant en œuvre une stratégie plus réaliste, car mieux adaptée aux moyens du pays et aux besoins d’une économie en quête d’une croissance plus soutenue, plus durable, inclusive et équitablement redistribuée sur toutes les parties du pays.  Cette nouvelle dynamique part d’un constat : la croissance urbaine africaine ne s'accompagne pas forcément d'une croissance industrielle et financière : les villes, souvent mal équipées, ne garantissent pas nécessairement une amélioration des conditions de vie et de développement. Autrement dit la stratégie d’urbanisation souvent subie n’est pas, dans la quasi-totalité des cas, porteuse de projet économique cohérent et réaliste.

Ainsi, après avoir rappelé que l'urbanisation est un mouvement historique de transformation des formes de la société que l'on peut définir comme l'augmentation du nombre de ceux qui habitent en ville par rapport à l'ensemble de la population (exode rural), on considère qu’elle est faite, de préférence, autour de villes existantes. Dans cette optique, Dakar se présente comme le meilleur atout de notre pays pour diffuser une nouvelle forme d’urbanisation du territoire national, à travers les pôles urbains à construire et dont le plus emblématique est incontestablement Diamniadio. Les citoyens ayant suivi la cérémonie de lancement des travaux des projets en développement à Diamniadio, par le chef de l’Etat, y compris moi-même, ont été frappés par le volume des investissements annoncés, la grandeur des projets retenus et les progrès décisifs qui seront engendrés par la nouvelle option résolue d’urbanisation équilibrée et futuriste. Le mérite de ce projet tient à plusieurs choses : sa cohérence d’ensemble, son rôle entrainant pour l’économie, son mode de financement et sa finalité. Sa cohérence a trait  particulièrement à son articulation réussie avec les objectifs du Pse, qui lui confèrent un rôle moteur dans la mise en œuvre de la stratégie d’émergence du pays. Avec le mode de financement innovant utilisé, l’argent public constitue non point un moyen principal de prise en charge, mais un outil catalysant la crédibilité du projet, en attirant les capitaux privés qui sont au centre de l’activité. Par-là, le nouveau paradigme de l’économie du développement, à savoir « l’Etat stratège », trouve tout son sens avec ce repositionnement d’étape, plus intelligent et plus efficace de la puissance publique. Les révolutions sans baïonnettes qui s’opèrent dans la tranquillité, portées par une conscience aiguë des enjeux fondamentaux les justifiant et menées par des acteurs dotés d’un sens élevé des responsabilités, conduisent à des progrès phénoménaux en faveur des sociétés qui en sont les sièges. Ces changements fondamentaux de perspectives s’appuient souvent sur la volonté d’un homme qui en assure le leadership et parient sur l’intelligence d’autres hommes et femmes qui en sont les relais d’exécution pour la réalisation effective. Les dynamiques ainsi projetées déroulent dans le temps et l’espace leurs actions, sans trop attirer l’attention. Je suis, pour ma part, sûr que l’œuvre en cours à Diamniadio sera, avec l’aide de Dieu et dans un délai rapproché, citée en exemples réussis d’approches innovantes de conduite de projet d’urbanisation, adossé à un projet économique d’envergure. Par cette vision futuriste et bien calibrée, le président Macky Sall met davantage en évidence son grand leadership et sa maîtrise avancée des questions de développement. Diamniadio vaut bien un tour !

Aussi, un dialogue ouvert et franc entre tous les acteurs concernés ne peut être qu’un investissement intellectuel et moral profitable au bien du pays. Suivant cette approche arrêtée par le chef de l’Etat, il doit porter sur les procédures et les méthodes les plus appropriées de mise en œuvre des politiques publiques définies par celui que la Constitution réserve la prérogative suprême de les définir, pour le compte de la Nation et de les faire appliquer. En réalité, il convient de faire observer que le dialogue entre les autorités du pays et la Nation est quasi permanent. Ainsi, pour donner une autre orientation et  de nouvelles perspectives à l’enseignement supérieur, le chef de l’Etat avait convoqué des concertations nationales qui avaient été un grand moment de dialogue et d’échanges initiés entre le gouvernement et tous les acteurs de ce secteur essentiel au progrès de la société. Le professeur Souleymane Bachir Diagne, brillant intellectuel, en avait assuré la présidence. Les Assises de l’éducation nationale ont été conduites dans le même esprit par l’ancien recteur de l’Université de Dakar, le professeur Abdou Salam Sall. On peut également citer les vastes discussions engagées dans le cadre de la Commission nationale de réforme des institutions dirigée, à l’époque, par Amadou Mactar Mbow, sans oublier la grande Conférence sociale nationale qui se tient selon une périodicité annuelle. On peut aussi inclure, dans cette dynamique de partage, selon l’échelle, le Forum national sur l’administration, le Conseil présidentiel sur l’investissement, les rencontres périodiques tenues avec les éleveurs, les pêcheurs... Toutes ces initiatives louables renforcent la pertinence de l’appel du président de tous les Sénégalais, à un dialogue national qui sera lancé ce 28 mai  2016.

Les méthodes et les approches, par leurs diversités naturelles, peuvent porter quelques nuances, mais n’aboutissent pas  fatalement à des différences pouvant impacter négativement sur les résultats espérés. En tout état de cause, les finalités sont les mêmes, car il s’agit, en définitive, de renforcer la démocratie, la consolider et améliorer le fonctionnement de l’Etat, son efficacité et son efficience.

Il est essentiel de rappeler que toute démocratie fonctionne avec des repères et des symboles qui entretiennent, de façon quasi mythique, sa splendeur et la solennité qu’elle requiert, pour ainsi marquer l’imaginaire de ses acteurs, à savoir les citoyens, et consolider durablement leur adhésion sans réserve au projet national.  Au-delà de sa dimension utilitaire et de son caractère pratique, le 28 mai participe à cette œuvre majeure de construction des symboles qui vivifient l’Etat et entretiennent la démocratie. Le lieu choisi pour lancer sa première séquence, le palais de la République. Le format arrêté pour la tenue de cette première séquence ainsi que la diversité des acteurs invités feront de cet événement un rendez-vous exceptionnel dans la vie de notre chère Nation sénégalaise.

Par  Abdou Latif Coulibaly

Les Sénégalais ont été surpris d’entendre, par la voie d’un inspecteur des impôts, que l’Assemblée nationale serait redevable d’impôts retenus à la source et non reversés.

Il est évident que l’étonnement et la surprise que cette déclaration a pu causer sont à la dimension du prestige de cette institution et à la haute stature de son président, le secrétaire général de l’Afp, Moustapha Niasse. Au moment où ces déclarations étaient faites, le président Moustapha Niasse se trouvait hors du territoire national. Dès son retour, il a donné instruction aux services compétents de l’Assemblée nationale de lui faire le point sur la question, preuves et pièces à l’appui.

Le communiqué de la direction de la communication de l’Assemblée nationale est sans appel sur la question.

L’inspecteur des impôts avait déclaré que les députés ne payaient pas d’impôts. Car, selon lui, l’Assemblée nationale ne procédait jamais au reversement des sommes retenues à la source. Sur la base de ces allégations, le chiffre manifestement fantaisiste de 2.700.000.000 de FCfa de sommes dues aux services fiscaux avait été avancé.

Le communiqué de l’Assemblée nationale nous renseigne que les députés paient l’impôt sur leurs salaires, que les sommes retenues à la source sont bel et bien reversées au Trésor et que les montants en cause sont largement en deçà des montants avancés par l’inspecteur et ses commentateurs zélés.

Se sentant confondu par le contenu du communiqué de presse de l’Assemblée nationale, variant encore une fois dans ses affirmations, l’inspecteur reconnaît maintenant que les reversements se font, mais seraient inférieurs aux sommes dues, sans cette fois-ci s’aventurer à donner quelque chiffre que ce soit, si ce ne sont des approximations obtenues par de hasardeuses hypothèses et suppositions.

C’est à peine croyable ! Comment un haut fonctionnaire des services fiscaux de l’Etat, décidant de violer les règles éthiques de l’obligation de réserve de sa profession,  après avoir vainement tenté de jeter le discrédit sur une institution de la République et les représentants élus de la Nation, peut-il espérer se tirer d’affaires, juste par des approximations ?

L’invective et la polémique stérile et puérile peuvent-elles servir d’arguments pour des affirmations aussi graves ?

Personnellement, je n’ai jamais pensé qu’il pouvait exister une situation absolue de non reversement d’impôts retenus à la source par les services de l’Assemblée nationale.

Mais la qualité de l’auteur des allégations m’avait fait espérer une ligne de défense plus solide de sa part.

Je retiens maintenant que l’auteur des déclarations est le  secrétaire général d’un  parti politique qui, régulièrement, essaie d’attirer l’attention sur sa personne en faisant des déclarations fantaisistes contre le régime du président Macky Sall. Jusqu’à présent, il continuait à être du lot des chefs de partis inconnus au bataillon des formations politiquement significatives.
Il a donc espéré mettre fin à son anonymat en s’attaquant à la représentation nationale et au prestige de son président. Mal lui en a pris, car il a été confondu et pris en flagrant délit d’affirmations inexactes  et d’amalgames destinés à semer la confusion, espérant en tirer quelque gloire.

Ce comportement, venant d’un haut commis de l’Etat, ne peut être considéré que comme relevant de l’irresponsabilité, espérant désespérément se faire couvrir par le prestige du corps de fonctionnaires auquel il appartient et auquel il est ainsi loin de faire honneur.

J’ai, par la suite, constaté qu’après la sortie du communiqué de l’Assemblée nationale, M. l’inspecteur n’a pas su résister à la tentation des micros généreusement tendus par la presse pour, cette fois-ci, tenter, sans argument de poids,  d’ouvrir une polémique sur les chiffres et le statut fiscal du député.

M. Sonko, dans cette affaire, semble dévoiler un visage qu’il est sans doute loin de soupçonner comme étant le sien : un apprenti politicien irresponsable et immature.

Moustapha Niasse ne sera pas son alter ego et ne sera pas, non plus, la rampe de lancement de sa carrière politique. Il sera livré à sa propre irresponsabilité qui ne manquera pas de faire son œuvre s’il y persiste. Il faut qu’il suive d’autres voies s’il veut gagner des militants, des sympathisants et des électeurs.

L’Afp, comme à son habitude, va plutôt profiter de la période actuelle de dialogue ouvert et de débats de haut niveau pour accroître et améliorer la connaissance que ses militants et les citoyens sénégalais ont des institutions de la République.

L’Assemblée nationale du Sénégal a hérité de traditions républicaines de gestion de ses institutions publiques. Dans cette tradition, la création du poste de questeur date de 1803, lorsque les députés français ont décidé de décharger leur président des « basses » contingences de la gestion matérielle et financière de l’institution. Le questeur de l’Assemblée nationale du Sénégal dispose d’une administration compétente pour assurer une saine gestion administrative et financière de la représentation nationale.

La haute autorité morale du président Moustapha Niasse veille à ce que les règles de bonne gouvernance s’appliquent à tous les aspects de cette  gestion.

Les Sénégalais, les militants de l’Afp et de la majorité présidentielle en premier peuvent se rassurer sur ce point. Ils ont raison de faire confiance à Moustapha Niasse et peuvent continuer dans cette voie.

Par Mame Birame DIOUF
Economiste
Président de la commission « économie, finances
et infrastructures de l’Alliance nationale
des cadres pour le progrès (Ancp/Afp)
Conseiller technique ministère du Commerce

Ces derniers temps, le soi-disant « arbitrage concernant la mer de Chine méridionale » initié unilatéralement par les Philippines attire de plus en plus d’attention internationale. Agitée par des interventions des pays hors de la région, la situation tendue de la zone poursuit son escalade. Quelles sont les vraies intentions de cet arbitrage? Pourquoi la Chine n’accepte jamais cet arbitrage? Je voudrais profiter de cette occasion d’en parler avec nos lecteurs sénégalais pour que toute la lumière soit faite.

Cet arbitrage relève d’un camouflage utilisé par les Philippines, en cherchant à blanchir leur occupation illégale de certains îles et atolls des îles Nansha de Chine. Les îles Nansha font partie du territoire chinois depuis l’antiquité. C’est le peuple chinois qui découvre, baptise et exploite les diverses îles de la Mer de Chine méridionale, et c’est le gouvernement chinois qui exerce sans interruption la juridiction souveraine en paix et en vigueur sur ces îles depuis leur découverte. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le Japon a envahi les îles Nansha. Après la Guerre, la Chine les a récupérées. Le gouvernement chinois d’alors a déclaré sa souveraineté sur ces îles et y a renforcé son administration par la dénomination des îles, la publication des cartes, la mise en place de l’administration territoriale et le stationnement des troupes militaires. Pendant des décennies après la Deuxième Guerre mondiale, la communauté internationale, y compris les pays littoraux de la Mer de Chine méridionale, n’a fait aucune objection sur la souveraineté chinoise des îles Nansha. Par contre, à partir des années 1970, par suite de la découverte des réserves abondantes du pétrole dans la Mer de Chine méridionale, les Philippines et d’autre pays se sont appropriés illégalement et successivement une partie des îles et atolls de la Chine. Sous le prétexte que les îles Nansha se situent dans leur zone des 200 miles marins, les Philippines ont initié cet arbitrage en revendiquant la juridiction maritime, ayant comme objectif de semer la confusion et de nier la souveraineté et les droits et intérêts maritimes chinois sur ces îles. Dans le fond, c’est pour couvrir leur occupation illégale.

Cet arbitrage viole la promesse faite par les Philippines à la Chine, de régler les différends de la Mer de Chine méridionale à travers les négociations et les consultations, ainsi que l’accord entre l’Asean (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) et la Chine. La Chine poursuit et approuve toujours l'« approche à double voie » avancée par les pays de l'Asean. Cette approche consiste tout d'abord à régler les différends relatifs à la souveraineté sur des îles et atolls concernés en Mer de Chine méridionale à travers les consultations bilatérales entre les pays directement concernés dans le respect des faits historiques et conformément au droit international. Cette approche n'est pas l'idée préconisée par la Chine seule. C'est aussi stipulé explicitement dans la Déclaration sur la conduite des parties en Mer de Chine méridionale conclue entre la Chine et les pays de l'Asean. Parallèlement, la Chine et les Philippines sont convenues par toute une série d'instruments bilatéraux et multilatéraux d'opter sans ambiguïté pour une solution négociée aux différends concernant la Mer de Chine méridionale. Les deux pays ont eu d'étroits contacts et plusieurs consultations sur le renforcement de la confiance mutuelle, la gestion des divergences et la promotion de la coopération en mer. Mais récemment, les Philippines ont chassé de leurs pensées le consensus parvenu par la Chine et l’Asean, ainsi par la Chine et elles-mêmes, faisant preuve de manque de sincérité pour les négociations avec la Chine. Et les Philippines n'ont jamais engagé aucune négociation avec la Chine sur aucune des questions soulevées dans le cadre de l'arbitrage. Le soi-disant « épuisement de tous les moyens bilatéraux » n'est qu'un mensonge des Philippines devant la communauté internationale.

Cet arbitrage constitue un abus de procédures obligatoires de règlement de différends prévues dans la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (Cnudm) et porte gravement atteinte à la solennité et à l’autorité de la Cnudm. Bien que la Chine et les Philippines aient abouti à un accord pour résoudre les différends concernant la Mer de Chine méridionale à travers une solution négociée, en excluant les procédures obligatoires de règlement de différends prévues dans la Cnudm, les Philippines cherchent à dissimuler et à blanchir leur occupation illégale de certains îles et atolls des îles Nansha de Chine, en attaquant la souveraineté territoriale et les intérêts maritimes de la Chine et en transformant l'objet de l'arbitrage en une question d'interprétation et d'application de la Cnudm. Ces actes illégaux constituent une provocation à l'égard du principe du respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale, un principe fondamental du droit international, sapent la base du droit international moderne et de l'ordre international, vont tout à fait à l'encontre des buts de la Cnudm et portent gravement atteinte à l'intégrité et l'autorité de celle-ci. En refusant d’accepter le soi-disant arbitrage et d’y participer, la Chine protège le droit international et la solennité de la Convention. De plus, déjà en 2006, le gouvernement chinois a fait une déclaration en vertu de l'article 298 de la Cnudm, rejetant la procédure d'arbitrage obligatoire. La Chine n’est ni la première ni la seule exerçant ce droit. En réalité, une trentaine de pays du monde entier ont fait la même déclaration conformément à la Cnudm. Ce que la Chine a fait correspond au droit international et aux pratiques internationales. Il est tout à fait légal pour la Chine de ne pas accepter ni participer à cet arbitrage.

La Chine poursuit la voie du développement pacifique et la politique de défense nationale à caractère défensif. Fidèle à la politique de bon voisinage et de partenariat à l'égard des pays voisins, elle s'est engagée depuis toujours à régler pacifiquement les différends concernés par voie de dialogue, de consultation et de négociation. Cet engagement est déterminé par l'attachement à la paix inscrit dans les gènes de la nation chinoise. Grâce à cette politique, depuis la fondation de la Chine nouvelle, elle a délimité les frontières avec 12 de ses 14 voisins terrestres à travers des négociations bilatérales, avec la définition d'environ 20.000 kilomètres de ligne frontalière, soit plus de 90% de ses frontières terrestres. Par ailleurs, la Chine et le Viet Nam ont délimité par des négociations et consultations leur frontière maritime dans le Golfe Beibu.

En tant que grand pays régional, la Chine est profondément consciente de l'importance de la préservation de la paix et de la stabilité dans la région et des responsabilités qui lui incombent. Depuis toujours, partant de l'intérêt général de la région, elle gère les questions concernant la Mer de Chine méridionale avec une attitude constructive et responsable, et la porte de négociations et de consultation reste toujours ouverte. Comme dit le proverbe chinois « Mieux vaut un voisin proche qu’un frère éloigné », nous pouvons franchir toutes les difficultés et résoudre tous les différends pourvu que nous nous inspirions de l’esprit de sincérité et du principe de recherche d’un terrain d’entente au-delà des divergences. En somme, notre but commun est de régler définitivement les différends concernant la Mer de Chine méridionale. Avant cette résolution définitive, la Chine voudrait continuer à travailler de concert avec les pays de l’Asean pour maintenir la paix et la stabilité de la Mer de Chine méridionale, et réaliser la prospérité commune.

Par M. ZHANG Xun
Ambassadeur de Chine au Sénégal

Obtenir des recettes fiscales suffisantes et une plus grande efficacité économique, tel est le défi fiscal que doivent relever les pays en développement. Il leur faut adapter la fiscalité à l'économie du pays tout en la rendant plus large et en la faisant pénétrer dans les zones dont elle est absente. Il est toujours périlleux de continuer à réformer une fiscalité : on risque de tomber d'un côté sur une saturation du système, de l'autre sur une instabilité de l'environnement fiscal avec son corollaire, la fragilité des situations juridiques... Alors, où faut-il, de plus en plus orienter les actions ? Quelque part dans la conquête des niches. Voici, un vaste chantier que je me propose de visiter, en commençant par quelques considérations générales. Tel est le prétexte.

1° Le champ de la réflexion
Deux approches sont possibles: l'une, étroite, conduit à s'intéresser uniquement aux secteurs et zones qui échappent légalement à l'impôt; l'autre, plus large, amène à considérer d'autres éléments situés au-delà des limites objectives de la fiscalité: l'évasion et la fraude fiscales, les activités illégales et plus généralement, toutes celles que l'on classe parmi l'économie souterraine. La seconde approche permet de procéder au recensement et au classement des domaines non fiscalisés, en trois catégories principales:

- La première regroupe les domaines légalement non fiscalisés. Cette non fiscalisation légale peut avoir deux origines:

• Certains secteurs peuvent être sciemment laissés hors du champ d'application de l'impôt. C'est le cas, dans certaines législations, des revenus de l'agriculture et des revenus fonciers vis-à-vis de l'impôt sur le revenu, des reventes en l'état et du commerce de détail vis-à-vis de la Tva, etc.

• Dans d'autres cas, la non-fiscalisation résulte d'une exonération expresse. L'abandon de la matière imposable est volontaire. On peut, notamment citer les exonérations accordées par les codes des investissements, les « dépenses fiscales » et les zones franches. Dans ces trois situations, il s'agit de domaines légalement non fiscalisés.

- La deuxième catégorie de secteurs ou zones non fiscalisés comprend des domaines imposables en droit mais non fiscalisés en fait. C'est notamment vrai pour l'agriculture dans un certain nombre de pays en développement: bien que les codes des impôts des pays d'Afrique incluent l'agriculture, cette activité n'est parfois pas imposée. Cela peut être justifié par la situation économique des secteurs en cause, par l'absence de matière imposable évaluable, etc.

- La troisième catégorie est celle des domaines non fiscalisés en dépit de la lettre ou de l'esprit de la loi. Ce sont l'économie souterraine, l'évasion et la fraude fiscales, les activités illégales organisées: notamment la criminalité et la délinquance financières organisées de façon plus systématique que dans les pays développés.

2° Un objectif financier
Il s'agit d'abord de soumettre à l'impôt les contribuables ou les activités qui y échappent totalement et de mieux imposer ceux ou celles qui le sont incorrectement.

Par la suite, l'augmentation du nombre de contribuables et l'élargissement de la matière imposable sont les conditions d'un meilleur rendement de l'impôt. Cet objectif financier est commun à tous les pays. Pour les pays en développement le résultat recherché est, le plus souvent, un accroissement des recettes fiscales. Pour les pays développés, l'élargissement de la matière imposable peut permettre une baisse des taux d'imposition les plus élevés sans perte de recettes fiscales, objectif politiquement important dans le contexte « d'allergie fiscale ».

3° Les contraintes
Six types de contraintes paraissent importants:

- la légitimité du principe de dépenses fiscales : elle est plus acceptable dans les pays développés, mais concerne également les pays en développement. Au delà d'une formulation polémique, il y a une vérité difficilement contestable : l'importance et surtout le nombre des régimes fiscaux dérogatoires sont liés au niveau élevé des prélèvements, qui ne seraient sans doute pas supportables sans les soupapes que constituent les dépenses fiscales. Un certain nombre d'entre elles sont d'ailleurs « d'origine », tandis que d'autres se sont ajoutés au fil du temps dans un phénomène d'entropie fiscale ;

- l'insuffisante capacité administrative à rechercher et anéantir la grande fraude ;

- la faible monétarisation de certains secteurs de l'économie, dans beaucoup de pays en développement: en effet, à côté du secteur moderne, coexiste une économie traditionnelle ou de subsistance, peu ou pas monétarisée. La matière imposable est de ce fait peu importante et difficile à appréhender, surtout si les règles fiscales sont sophistiquées et recourent à une comptabilité, même rustique;

- l'insuffisante connaissance des secteurs non fiscalisés: par exemple, l'absence de cadastre notamment rend difficile l'imposition de l'agriculture sur une base forfaitaire;

- l'absence de formation des contribuables: elle contrarie la mise en place d'un régime d'imposition déclarative et la détermination du bénéfice, du fait de l'absence de comptabilité probante et régulière;

- les facteurs religieux ou sociaux: les communautés religieuses souvent économiquement actives, ne s'acquittent pas toujours de leurs obligations fiscales.

4° Quelques principes de base
L'introduction de la fiscalité dans les domaines dont elle est absente ou insuffisamment présente comporte de multiples aspects et se pose en termes souvent différents et parfois similaires dans les pays en développement et dans les pays développés. Mais c'est chez les premiers que ce problème revêt l'importance la plus fondamentale. Pour eux, il convient de tracer empiriquement une voie qui prenne en compte les situations objectives et les objectifs de développement: il n'existe en ce sens aucune « solution miracle », aucune formule universelle.

Il paraît cependant possible de dégager trois principes:

- le premier est d'éviter la défiscalisation quand elle n'est pas indispensable, car elle est peu réversible: il est toujours difficile, psychologiquement et politiquement de soumettre à nouveau à l'impôt un secteur qui a été précédemment défiscalisé;

- le deuxième est de ne pas céder à l'esthétisme fiscal, c'est-à-dire à la sophistication ou à la mode; il faut s'efforcer d'adapter, dans tous les cas, les outils fiscaux aux moyens et aux besoins respectifs de l'administration et des contribuables;

- le troisième principe consiste à agir avec modération et continuité afin de ne pas provoquer des distorsions économiques ou des tensions qui contrarieraient l'objectif de développement.

Dans la conclusion de son rapport de synthèse au troisième colloque « Fiscalité et Développement », M. Gérard Renard mentionne finalement que « la défiscalisation est souvent néfaste: elle ne permet pas, en général, d'atteindre les objectifs économiques qui lui sont assignés ; elle constitue une pénalisation pour ceux qui n'en bénéficient pas ; enfin elle est difficile à remettre en cause, le moment venu ».

Par Dr Hamid FALL, Ph.D
Inspecteur principal des Impôts
Docteur en Droit
London School of Economics
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Aujourd’hui, les pays africains relèvent les défis auxquels ils font face par leurs propres moyens et à travers leurs propres mécanismes. La Turquie soutient avec force les solutions africaines aux problèmes africains. Avec ses missions diplomatiques qui constellent le continent, elle se tient aux côtés de ses sœurs et frères africains dans leur marche vers davantage de développement et de prospérité.

La diplomatie humanitaire est l'une des composantes principales de l’action de la Turquie en Afrique. Le fait d’avoir organisé le tout premier Sommet humanitaire mondial des Nations unies les 23 et 24 mai est un indice évident du rôle particulier de la Turquie dans ce domaine. Nos engagements humanitaires sur ce continent, comme dans d'autres régions du monde, visent à trouver des solutions permanentes plutôt que des remèdes provisoires aux problèmes structurels. Cette politique humanitaire comprend des projets de responsabilité sociale. Elle est mise en œuvre avec la participation active de la société civile et du secteur privé turcs et a amélioré d’innombrables vies sur le terrain.

Une aide au développement avec une conscience sociale
L'action de la Turquie dans le domaine de l’aide publique au développement privilégie toujours le bien-être des populations, tant au moment de sa planification que celle de sa mise en œuvre. À cet égard, la Turquie met en place les infrastructures, prend les mesures nécessaires pour en assurer la viabilité au profit des populations locales et met l'accent sur le renforcement des capacités à chaque étape du chemin.Prenons l'exemple de deux hôpitaux que la Turquie a ouverts dans deux régions touchées par des conflits : Darfour et Mogadiscio.

Ces hôpitaux de formation et de recherche ont été officiellement inaugurés en 2014 et 2015 respectivement. Le gouvernement turc aurait pu prendre la voie facile en remettant les clés des hôpitaux aux autorités soudanaises et somaliennes après en avoir terminé la construction ou la rénovation. Au lieu de cela, en collaboration avec les autorités locales, elle a formé des équipes de gestion conjointes au sein de ces hôpitaux pour les cinq prochaines années. Ce faisant, nous assurons à la fois les services de santé de bonne qualité, fournis par plus de 100 médecins et professionnels de la santé turcs, et la formation des futurs gestionnaires et personnels locaux des hôpitaux.

Des Ong sur le terrain
Outre la Tika, notre agence officielle de développement, les Ong turques sont parmi les principaux instruments d'aide au développement de la Turquie envers les pays africains. Des médecins turcs bénévoles ont participé à de nombreuses campagnes d’examens médicaux organisées par les Ong turques dans plus de vingt pays à travers le continent. Plus d'un quart de million d'Africains ont passé des contrôles de santé et des dizaines de milliers d'entre eux ont subi des chirurgies gratuites de la cataracte, ce qui leur a permis de revoir leurs proches ou, dans certains cas, de les voir pour la première fois. Les Ong turques ont également ouvert de nombreux puits d'eau là où la pénurie d'eau a non seulement eu des effets sur les moyens de subsistance de la population, mais aussi provoqué des affrontements intra-communautaires. Ces puits contribuent également à l'économie locale et à la sécurité générale sur le terrain.

Hommes d'affaires et bienfaiteurs
Tout en créant des emplois pour les jeunes de la région, des hommes d'affaires et investisseurs turcs développent également des projets de responsabilité sociale pour alléger les souffrances des populations touchées par les catastrophes naturelles et celles provoquées par l’homme.

Ainsi, les entreprises turques en Éthiopie ont récemment lancé une campagne pour les victimes de la sécheresse causée par le phénomène climatique El Niño. Sous la coordination de la Tika et de l'ambassade de Turquie à Addis-Abeba, et avec la participation de l'Association des anciens étudiants éthiopiens des universités turques, les hommes d'affaires turcs en Ethiopie ont fait un don de plus de 350.000 dollars américains. Les fonds ont été utilisés pour l’approvisionnement de 3.000 familles et pour des aliments d’animaux pour 5.000 ménages dans la région d’Afar où la population a été la plus durement touchée par la sécheresse.

Étant l'un des plus grands transporteurs aériens du continent avec ses vols réguliers vers 48 destinations en Afrique, la société Turkish Airlines s’est également illustrée dans le domaine de la responsabilité sociale des entreprises. Par exemple, elle a fourni une source de revenu durable à plus de 600 familles au Niger. Elle a également mis en place des dispensaires ruraux en Ouganda et réhabilité deux orphelinats au Burkina Faso.

Autonomisation des femmes et des jeunes
Consciente du rôle essentiel de la femme dans la gouvernance, la paix, l'éducation et le développement, la Turquie réalise également des projets visant à encourager les femmes à prendre une plus grande part dans ces domaines. Cette approche est conforme à l'Agenda 2063 de l'Union africaine (Ua).

À cet égard, la Direction turque de développement et de soutien aux petites et moyennes entreprises (Kosgeb), en collaboration avec la Direction Femmes, Genre et Développement de la Commission de l'Ua, a organisé un voyage d'affaires pour les femmes entrepreneures africaines à Istanbul les 21 et 23 décembre 2015 pour échanger et observer les bonnes pratiques en Turquie. La Kosgeb a organisé un événement similaire pour les femmes somaliennes et les jeunes entrepreneurs dans le cadre du Forum de haut niveau sur le partenariat avec la Somalie qui a eu lieu à Istanbul les 23 et 24 février 2016.

Dernier point, mais  pas le moindre, sous les auspices de la Première Dame de la Turquie Emine Erdogan, nous lançons à Ankara ce 25 mai 2016, un marché africain de l’artisanat qui coïncide avec les célébrations de la Journée mondiale de l’Afrique en Turquie. Nous essayons d'apporter une modeste mais exemplaire contribution aux efforts de développement social des femmes africaines. L'objectif principal du projet est de soutenir la commercialisation des objets d’artisanat produits par les femmes africaines. Ce projet est un bon exemple de la collaboration entre le secteur public et la société civile dans les projets de responsabilité sociale pour les sociétés africaines.

Pour un avenir meilleur
En tant que partie essentielle de notre diplomatie humanitaire, nous tenons à nous assurer que l'aide au développement de la Turquie aux pays africains correspond aux priorités des pays africains et de l'Union africaine. Nous encourageons les Ong et les entrepreneurs turcs à être socialement conscients des besoins et des souhaits actuels ou futurs de la population quel que soit leur lieu d’opération. Cette approche restera l'un de nos principes de fonctionnement ultimes dans la fourniture de l'aide humanitaire et au développement. Profitant de cette occasion, je souhaite une bonne Journée mondiale de l’Afrique à tous les Africains et à tous les amis de l'Afrique.

Par  S.E.M. Mevlüt ÇAVUSOGLU
Ministre des Affaires Etrangères de la
République de Turquie

Parmi les thèmes prévus pour nourrir le "dialogue national" récemment annoncé, le thème de la sécurité, après l'insoutenable naufrage du Joola, mériterait d'être au centre des concertations pour des raisons évidentes. Le 26 septembre 2016 - date fatidique - rappellera encore, à la nation et au reste du monde, l'épouvantable naufrage du Joola en 2002 et, immanquablement, interpellera les consciences, car la cause fondamentale de cette catastrophe est essentiellement humaine. Ce fut le plus grand naufrage, en temps de paix, que les temps modernes n'avaient jamais connu.

Funeste record enregistré sur nos terres pour l’éternité. Comme nous le savons, l'histoire de ce naufrage est complexe et pénible à supporter. Complexe et pénible parce que, à tout considérer avec objectivité, il n'est rien de moins qu'une œuvre humaine. Si nous refusons de le reconnaître à travers des gestes d'une haute portée morale, politique, éducative, des gestes fortement symboliques, les générations à venir nous condamneront et donneront, tôt ou tard, à cette catastrophe ses véritables dimensions et prendront des décisions à la hauteur de l'événement, unique dans les annales de l'histoire maritime de notre planète. Certes, il y avait eu le naufrage célèbre du Titanic, en 1912, mais celui-ci n’avait enregistré que 1513 morts sur 2224 passagers, alors que le Joola a enregistré environ 1883 morts sur 1946 passagers si l’on se contente des chiffres officiels. La différence est énorme entre les deux plus grands sinistres maritimes en temps de paix. L’histoire a fini par révéler les efforts titanesques accomplis par l’équipage du Titanic pour sauver ses passagers ; nous ignorons presque tout du comportement de l’équipage du Joola ; du reste, en avait-il reçu la formation adéquate ? Certes, nous savons, aujourd’hui, que l’iceberg n’était pas l’unique responsable du naufrage du Titanic et qu’il y avait bien eu une combinaison de facteurs humains qui l’avait favorisé, mais ici, ces facteurs humains ne relèvent pas du désordre monstrueux qui avait été à l’origine du naufrage du Joola.

L’effort humain avait réussi à faire du Titanic le navire non seulement le plus luxueux, mais aussi le plus techniquement sûr de l’époque. Dans son naufrage, l’homme est moins à blâmer.  Le Joola dont la capacité est de 580 passagers a osé utiliser, en plein jour, au vu et au su des autorités politiques et administratives et de la population, presque 4 fois plus de sa capacité, sans parler des camions surchargés de marchandises. Sûr de ses surcharges, il a osé ainsi affronter l'océan ! C’est dire que nous sommes collectivement responsables de cette catastrophe. Ce qui émeut le plus dans l’histoire de ces deux catastrophes, c’est l’énorme différence dans le traitement des deux dossiers et dans l’attitude des citoyens : l’Angleterre et les Etats-Unis s’étaient alors sérieusement penchés sur la sécurité maritime en mettant en place de nouvelles réglementations qui ont sauvé un nombre incalculable de vies humaines. Ils ont ainsi agi à la hauteur des attentes de leurs populations ; grâce aux gestes posés par les politiques de l’époque, le maximum de bien a été extrait de cette catastrophe et les 1513 morts ont dû sauver, de 1912 à nos jours, des milliers de vies humaines.

Qu’avons-nous tiré, nous, petit pays du Sahel, du naufrage du Joola ? Presque rien ! Il y a eu sans conteste un "avant" Joola, fait de désordre et d'insouciance, mais il n'y a manifestement pas eu un "après" Joola ! Pourtant, nous ne sommes que 13 millions de Sénégalais ; la disparition, en un jour, en quelques maigres heures, de presque 2000 de nos compatriotes dont la plupart sont des jeunes, mérite notre attention – hélas, souvent trop distraite en bien des circonstances ! Il est urgent d’en tirer quelque chose d’utile, un bien que nous ne devons qu’à cette catastrophe, mais comment ?  Utiliser le 26 septembre de chaque année comme un instrument précieux pour célébrer l’ordre - le geste qui sauve -, pour lutter contre le désordre - le geste qui tue.

En d’autres termes, faire de cette date la Journée nationale de la sécurité contribuerait non seulement à laver la honte aux yeux du monde, mais à sauver d'autres vies humaines. Elle sera célébrée dans toutes nos régions, dans les villes comme dans les villages, dans nos écoles : des rencontres animées par des spécialistes de la sécurité ; par des sociologues, des universitaires, des associations apolitiques, des Ong ; des corps comme la Gendarmerie et la Police, des débats dans les médias, des prières dans les mosquées et les églises, etc.

Occasion exceptionnelle de faire l’état des lieux, chaque année, en terme de sécurité, car le désordre, lit confortable et fertile de l'insécurité, est l'un de ces puissants facteurs qui créent et entretiennent le sous-développement dans les pays africains. Le monstre a différents visages et différents noms sous les Tropiques. Il est dans nos bureaux, dans nos foyers, sur les places publiques ; il est dans nos palais ; il est dans nos écoles, dans nos universités ; il est dans nos rues et sur nos routes ; il est dans nos champs, dans nos ateliers ; il est dans nos cabinets d'expertise, dans nos hôpitaux ; il est même dans nos cimetières ! Il est partout et partout il nous déshonore... Le désordre, ce monstre de laideur, terrifie tout effort de construction, d'émergence dans nos pays ! Bien insensé est celui qui croit à l'émergence d'un pays dans le désordre...

Par Makhily GASSAMA

J'ai grandi dans l'Afrique du Sud de l'apartheid et j'ai vu de mes propres yeux la douleur et les souffrances qu'éprouvaient les patients dont s'occupaient mes parents dans leur dispensaire. Les patients entraient et sortaient, à la recherche d'un traitement pour leurs maladies et leurs souffrances. J'ai appris que maladie et sensation d'inconfort permanente faisaient partie de la réalité quotidienne de bon nombre de nos voisins.

Aujourd'hui, je suis moi-même médecin et je connais la maladie et la douleur vécues au quotidien par le milliard de personnes affectées par les maladies tropicales négligées (MTN) dans le monde. Les MTN sont un groupe de maladies évitables et traitables affectant principalement, et ce de manière constante et grave, les communautés les plus pauvres, les plus marginalisées et les plus isolées du monde. Ensemble, elles sont responsables de plus de 150 000 décès par an dans le monde, mais même ce nombre minimise largement leur impact.  Dans l'ensemble, les MTN ne sont pas des maladies mortelles. Au fil des années et des décennies, elles agissent plutôt en sapant la résistance des gens, en détruisant leur qualité de vie et en dévorant leurs économies. Pour les nombreuses personnes qui en sont atteintes, la fatigue chronique, la mauvaise vue et la gêne persistante ressentie sont leur lot quotidien. Heureusement, le traitement et la prévention de nombreuses MTN sont simples du point de vue médical et, dans leur grande majorité, les médicaments nécessaires à ces traitements sont mis gratuitement à disposition par les laboratoires pharmaceutiques. Rien qu'en 2015, 1,5 milliard de traitements ont été donnés dans le monde. Mais la délivrance de ces médicaments est plus difficile qu'il ne paraît. Nous avons besoin de plus d'informations sur les lieux où les personnes sont infectées ou à risque, besoin d'infrastructures de distribution des médicaments dans les régions isolées et besoin d'un système de suivi des progrès.

Un effort d'une telle ampleur demande des financements et des capacités techniques importants et constitue un défi immense pour de nombreux pays africains. La conception de programmes efficaces ne représente que la moitié du combat et leur succès dépendra en grande partie de la mise en place d'une collaboration pertinente et d'un mode de financement durable.

Ces dernières années, nous avons pu observer un mouvement croissant de lutte contre ces maladies invalidantes. En 2012, une coalition de représentants de divers secteurs a appuyé la Déclaration de Londres sur les maladies tropicales négligées, un plan ambitieux visant à contrôler, à éliminer ou à éradiquer 10 maladies négligées. En 2014, deux douzaines de pays africains se sont engagés à renforcer leur implication dans le domaine des MTN en vertu de l'Engagement d'Addis Abeba sur les MTN. Et en 2015, les Objectifs de développement durable ont clairement indiqué que la lutte contre les MTN était essentielle pour aider les communautés à se libérer de la pauvreté.  C'est pourquoi l'Organisation mondiale de la santé, en collaboration avec une coalition d'organisations multinationales, lance le Projet spécial élargi pour l’élimination des maladies tropicales négligées, ou ESPEN. L'ESPEN dispose d'un mandat plus étendu que son prédécesseur, le Programme africain pour l'onchocerchose (APOC) qui a pris fin en décembre 2015. L'APOC s'intéressait à une seule maladie ; l'ESPEN s'intéresse à cinq affections, l'onchocercose, la filariose lymphatique, la schistosomiase, les helminthiases transmises par le sol et le trachome, qui peuvent être contrôlées et éliminées grâce à l'administration massive de médicaments, c'est-à-dire l'administration simple et peu onéreuse de médicaments à toutes les personnes qui vivent dans les régions à haut risque.

Pour parvenir à aider ces millions de personnes, les pays eux-mêmes touchés par les MTN doivent être à l'avant-garde de la lutte. La majeure partie de ce travail se fait déjà par l'intermédiaire des programmes nationaux contre les MTN déployés en partenariat avec des organisations publiques et privées. Pour veiller à l'efficacité et à la durabilité de ces programmes, l'ESPEN va soutenir les pays à chacune des étapes du parcours : il les aidera tandis qu'ils dressent un état des lieux du fardeau que représentent ces maladies, délivrent des traitements de manière précise et efficace, surveillent les progrès réalisés et obtiennent la certification désirée quand ils seront enfin parvenus à éliminer ces maladies à l'intérieur de leurs frontières. L'ESPEN aidera également les pays à mieux travailler ensemble avec leurs partenaires. L'ESPEN aidera les pays à renforcer leur rôle moteur stratégique en mobilisant et en coordonnant le soutien des partenaires, une condition indispensable au déploiement des interventions qui permettront de réaliser des progrès tangibles jusqu'à l'éradication de ces maladies. Il créera un portail en ligne afin que les pays puissent avoir accès aux informations et les partager, et aidera les diverses organisations travaillant dans le domaine des MTN à collaborer et à rationaliser leurs efforts. Il conseillera aussi les gouvernements en matière de levée de fonds et les aidera à identifier les meilleurs moyens d'investissement pour lutter contre les MTN.

Ce projet s'appuie sur un mouvement mondial et panafricain de lutte contre les MTN déjà en place. L'APOC a aidé les pays à faire de grands pas dans la lutte contre l'onchocercose (cécité des rivières) et obtenu une réduction significative du nombre des personnes affectées par cette maladie invalidante.

L'ESPEN est un élément essentiel d'un agenda de santé plus large et les systèmes établis dans les pays avec son aide viendront à bout des MTN. Dernièrement, la tragique épidémie de fièvre d'Ebola a révélé le besoin d'une OMS plus forte et j'ai pu lancer un Agenda de transformation pour le Secrétariat de l'OMS dans la région africaine. L'objectif : que l'Organisation évolue de manière à apporter un soutien de qualité aux pays afin de leur permettra d'améliorer et de transformer leurs systèmes de santé d'une façon durable et d'accélérer le développement de la santé dans la région subsaharienne.

L'ESPEN et l'élimination des MTN font tous deux partie intégrante de cet agenda. Doter les pays de structures permettant de suivre les maladies et de fournir les services nécessaires dans les coins les plus éloignés de la société permet de construire des systèmes de santé plus forts. Ces systèmes constituent la base des infrastructures nécessaires pour répondre aux urgences et garantir un accès universel à la totalité des services de santé primaires, depuis la vaccination des enfants jusqu'à la santé reproductive.  Les outils et les connaissances requis pour soulager les souffrances négligées de millions de personnes sont entre nos mains. J'espère que les pays africains et d'autres partenaires rejoindront l'ESPEN pour soigner ceux qui sont touchés par les MTN, pour éliminer ces maladies dévastatrices, causes de pauvreté, qui frappent les communautés oubliées et pour construire des systèmes de santé plus forts pour le bien-être de tous.

Par Dr Matshidiso Moeti
Directrice régionale pour l'Afrique, OMS

La contribution honteuse de Mody Niang sur les députés est un suicide moral pour celui qui s’est toujours autoproclamé sentinelle de la rectitude des acteurs politiques, du respect de l’État de droit et des lois. Jamais, dans l’histoire du Sénégal, un enseignant digne de ce nom n’a osé faire l’apologie de la chienlit et de la négation du principe de la neutralité du service public qui interdit au fonctionnaire « de faire de sa fonction l’instrument d’une propagande quelconque ».

On est abasourdi devant les tentatives absurdes de Mody Niang pour soustraire les hauts fonctionnaires du devoir de réserve et de l’obligation de discrétion professionnelle imposés par le code de procédure pénale. En effet, selon la loi, « les agents des Impôts et des Domaines intervenant dans l’assiette, la liquidation, le contrôle ou le recouvrement des impôts, droits, taxes et redevances sont tenus de garder secrets les renseignements de quelque nature qu’ils soient, recueillis dans l’exercice de leur fonction ». Voilà qui est clair.

Contrairement aux élucubrations de Monsieur Niang, les hauts fonctionnaires ont une obligation de retenue dans l’expression de leurs opinions, notamment politiques, sous peine de s’exposer à la sanction pénale et à la révocation.

En outre, selon le code général des impôts, indépendamment des règles instituées dans le code pénal, en matière de secret professionnel, « tout fonctionnaire est lié par l’obligation de discrétion professionnelle pour tout ce qui concerne les documents, les faits et informations dont il a connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ».

Pour finir, sachez, Monsieur Niang, que les députés et le personnel de l’Assemblée nationale se sont acquittés de leurs impôts, au titre de la retenue à la source opérée sur leurs salaires. Ce principe élémentaire de prélèvement direct de la fiscalité sur les salaires, en tant que retraité de la fonction publique enseignante et fraîchement débarqué de l’Ofnac pour verbiage, vous devez le savoir. Cette même remarque est également valable pour l’animateur de télé, donneur de leçons et néanmoins enseignant Mamadou Sy Tounkara.

Par   Moustapha
DIAKHATE


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