Idées et Réflexions (1022)

La grandeur tragique de l’Afrique, c’est de n’avoir jamais su mettre un mouchoir sur ses certitudes.

Si les indépendances ont conféré à chaque pays, une autonomie politique de juré, celle-ci peine à se concrétiser tant les inégalités sociales et l’illégitimité de certains régimes alimentent guerre et rentabilité. L’Afrique doit d’abord compter sur elle-même, et non sur l’aide extérieure. La renaissance africaine doit prendre une ampleur neuve, elle doit dépasser le simple cadre de l’esthétique pour redéfinir le rapport de “ l’homme africain” au monde. Il est insoutenable de voir nos frères mourir dans des chambres ou dans les eaux territoriales européennes. On estime, chaque année, que des millions de personnes essaient de rentrer illégalement sur le territoire de l’Union européenne ou même américain. Pour, nous dit-on, refuser la misère du monde. Face à cette palissade dressée par ceux qui viennent squatter nos richesses, les africains gagneraient à créer une sorte d’organisation pour lutter contre le pillage légalisé, cette fois de nos matières premières, par les multinationales. Aujourd’hui, les pays africains ont le devoir de bâtir des économies génératrices de prospérité et propices à la création d’une classe moyenne, laquelle est l’assise indispensable de toute démocratie. Il n’est pas difficile de tenter de dresse un bilan politique et économique du continent africain depuis les indépendances. Les faits sont sacrés et parlants comme le développement de l’Afrique est embryonnaire en dépit de ses ressources. Son développement serait sans doute moins décontenancé si des mesures vigoureuses étaient prises. Il est urgent que les pays africains révisent les contrats pétroliers qui font la part belle aux entreprises occidentales.

Cette tâche n’est pas simple quand on sait qu’elles entretiennent des rebellions et guerres afin d’exploiter gratuitement les ressources du continent. Il nous faut explorer une nouvelle voie: celle du “jeu collectif” pour reconquérir nos richesses.

Par Mapote Gaye
Journaliste formateur en Communication,
Marketing et Management dans des Instituts de Dakar
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La ville d’Osterode Am Harz pleure un très bon ami.
Suite à la perte cruelle que le lycée Valdiodio Ndiaye et la communauté éducative viennent de subir par la disparition tragique de Elhadj Mamadou Diouf, brillant professeur d’allemand et initiateur du Projet d’action éducative (Pae) entre Osterode et Kaolack, des témoignages émouvants nous sont parvenus de la ville d’Osterode (Allemagne).

El Hadj Mamadou Diouf, qui a été mortellement fauché dans un accident de la route à Kaolack, est arraché à notre affection. Ce tragique événement est survenu peu de temps après le retour de notre délégation du Sénégal.

Un homme qui, quotidiennement, s’engageait pour établir un pont d’amitié et de coopération entre la ville d’Osterode Am Harz (Allemagne) et la ville de Kaolack, entre l’Europe et l’Afrique. Personne ne l’égalait dans cette mission.

Dans de nombreuses discussions et e-mails, nous avons récemment travaillé ensemble pour initier une amitié, une coopération entre nos deux villes et sur la base du partenariat scolaire existant. Au cours de notre séjour à Kaolack, nous avons approfondi les échanges et peaufiné les stratégies de leur mise en œuvre.

Sa nature humaniste, tolérante, disponible et extrêmement amicale, nous fera défaut pour l’avenir de ce projet. Son décès surprenant est difficile à supporter par la communauté éducative. Mais, l’héritage qu’il nous a légué est une grande motivation pour nous tous, afin de continuer à travailler sur ce pont humain pour qu’il soit une réalité.
La ville d’Osterode s’incline devant la mémoire de El Hadj Mamadou Diouf.

Paix à son âme.
Klaus Becker,
maire de la ville
d’Osterode Am Harz


El Hadj Mamadou Diouf, professeur d’allemand au lycée Valdiodio Ndiaye (notre lycée partenaire), est mort dans un accident de la route à Kaolack. Les communautés scolaires d’Osterode et de Kaolack témoignent en lui un brillant enseignant, un ami et confident. C’est incroyable ! il y a quelques jours, nous faisions partie de la délégation d’Osterode au Sénégal. Avec lui, nous avons atteint tant d’objectifs qui, dans l’avenir, pourraient améliorer l’environnement éducatif et social à Kaolack et à Osterode.

Il nous manquera énormément en tant que personne et ambassadeur du partenariat scolaire et initiateur du pont germano-sénégalais. Mais, le pont restera et on continuera à le construire. La communauté scolaire de Trg est profondément affectée, car beaucoup d’élèves du Trg l’ont connu en tant que professeur, en tant que facilitateur, mais aussi en tant que médiateur culturel. Grâce à ses enseignements et interventions lors des différents ateliers ou des conférences de Pasch et de l’Unesco, il a rapproché les deux peuples, les deux cultures. Depuis 2012, El Hadji Mamadou Diouf n’a cessé d’œuvrer, à travers l’éducation, pour la compréhension entre les peuples, la tolérance, le respect et l’estime au Trg et dans la ville d’Osterode.
Homme aux qualités exceptionnelles, plus qu’un modèle, Herr Diouf demeure une référence dont les valeurs doivent être enseignées dans les écoles.

Karin Thiele,
proviseur du lycée
Tilman-Riemenschneider
d’Osterode Am Harz


Cher frère Eh Hadji,
La nouvelle de ton accident nous a choqué d’une minute à l´autre... Nos cœurs se sont arrêtés et nous nous posons mille fois la question : pourquoi ?
Pourquoi cette catastrophe ? Nous n’allons jamais recevoir une réponse et dans nos cœurs restera pour toujours un trou...

Cher El Hadji,
El Hadj ! Nul personne plus que toi n’a autant enrichi notre vie comme. Le 30 mars 2012, tu as répondu à mon e-mail et, ensemble, nous avons jeté les bases d’un partenariat fécond. Nous avons toujours parlé d´un pont. Et ce pont-là est pour la solidarité, l´amitié et la paix des deux pays. Grâce à toi, plus que 50 Kaolackois ont découvert Osterode et plus que 50 Osterodiens ont voyagé au Sénégal. Tu as planté l’arbre de la «Téranga» dans notre ville de Harz et tu seras notre El Hadj Diouf pour toujours ! Je suis fier et très content de notre histoire...

Nous avons commencé comme des collègues et nous sommes devenus des frères ! Nous ne t’oublierons jamais. Tu resteras dans tous nos cœurs. Beaucoup de personnes à travers toute l´Allemagne te connaissent, t´aiment et t´accompagnent jusqu´à la fin. Comme un frère, je te dis personnellement : merci, «dieureudieuf» pour tout.
Notre vision d´un pont éternel est le défi qui reste à réaliser. Je suis sûr que tu seras à côté de nous. Par le ciel, tu nous regarderas et diras : « Je te promets de faire de mon mieux de continuer notre œuvre… »

Merci pour ta gentillesse, ta motivation, ton honnêteté et tes visions ! Merci pour toi, El Hadji ! Merci d´avoir eu la possibilité d´être ton frère ! Toute la famille priera pour toi. Que Dieu protège son nouvel ambassadeur au ciel. « Un homme ne sera jamais mort si on le garde dans nos cœurs ». Tu resteras vivant, El Hadji ! A Osterode, à Kaolack et dans tous les cœurs.

Le pont va grandir, ton pont va grandir !
«Di na bax, gno far» pour toujours !
Ton frère Tobi et tes familles
Rusteberg et Gauder

INTRODUCTION
Les pays africains ont tissé des liens économiques avec l’Occident dans une relation où la tutelle n’a jamais été absente ; ce qui est à l’origine d’une certaine asymétrie dans la coopération.

Cela a conduit des pays comme le Sénégal à passer sous les fourches caudines des institutions multilatérales et à subir les travers de l’ajustement structurel mis en place pour contenir les effets d’endettements pourtant profitables d’abord aux Etats du Nord.

Depuis près de deux décennies, les autorités sénégalaises ont procédé à une légère réorientation de la politique de coopération au profit de nouveaux partenaires portés par la Chine ; un pays objet de critiques, notamment de la part de l’Occident.

En tant qu’ancien acteur de la coopération, ce débat nous interpelle à plus d’un titre et appelle, de notre part, une réflexion au lendemain du récent Forum sino-africain sur les investissements de Marrakech.

Nous rappellerons d’abord les formes revêtues par la coopération traditionnelle avant d’aborder la question de savoir dans quelle mesure l’élargissement de notre coopération à d’autres partenaires, au premier rang desquels la Chine, pourra être profitable à la partie sénégalaise.

UNE COOPERATION CLASSIQUE HANDICAPANTE ?
En raison de leur histoire particulière, les pays occidentaux ont toujours considéré la coopération Nord-Sud au travers d’une tradition de suzeraineté et d’enjeux extérieurs aux pays en développement (Pep). Tout d’abord, les Ped furent astreints à se positionner dans le cadre d’une Guerre froide qui ne les concernait pas, avant de se retrouver enfermés dans des schémas découlant des seules vues des bailleurs, qu’ils soient bilatéraux ou multilatéraux.

Cette logique inspire les théories relatives au rattrapage ou à l’institutionnalisme dont les ambitions louables de développement, parfois articulées à une exigence de gouvernance vertueuse (en contradiction avec le soutien de dictatures alliées), n’ont jamais dépassé le stade des intentions.

Au fil du temps, il est apparu que la coopération avec les pays occidentaux se heurte à plusieurs écueils avec des procédures couteuses en temps, de nature à retarder les projets, et des coûts liés à l’utilisation de l’expertise étrangère (entreprises, cabinets, consultants) qui vise principalement le rapatriement des fonds alloués dans les circuits économiques des pays d’origine.

Aussi ce type de coopération est-il vivement critiqué par des auteurs comme Dambisa Moyo qui accusent l’aide de conduire à la pauvreté, au détournement d’objectifs et à la corruption ; en opposition tranchée avec l’opinion de Jean-Michel Severino ou Jeffrey Sachs.

En tout état de cause, la coopération avec les partenaires classiques semble expliquer notre incapacité à atteindre un stade préindustriel, la détérioration des termes de l’échange, la privatisation tous azimuts opérée sur le portefeuille de l’Etat et la fragilisation du secteur privé local.

Ces considérations associées au tarissement des flux d’aide de la part des Ptf traditionnels, confrontés à des problèmes récurrents de gouvernance interne, expliquent les tentatives de réorientation de la coopération entreprises, depuis quelques années, par le Sénégal, en direction des pays émergents dont la Chine.

LA CHINE OU L’EMERGENCE DE NOUVEAUX MAITRES DU JEU
Ces dernières décennies ont été marquées par la percée opérée par les pays émergents comme le Brésil, la Corée du Sud et surtout la Chine dont les interventions revêtent un cachet particulier en tant que moteur de la croissance économique mondiale avec des besoins continuels en matières premières provenant notamment de l’Afrique.

De Deng Xiaoping, qui a entrouvert sa muraille communiste pour y introduire l’économie de marché, à Xi Jinping, son leader actuel, préoccupé par des enjeux géopolitiques et économiques opposant son pays aux Occidentaux, l’Empire du Milieu a su innover avec des projets phares dont le plus symbolique, Obor (« One Belt, One Road »), concerne plus d’une soixantaine de pays sur tous les continents.

La présence de la Chine en Afrique permet à 10 000 de ses entreprises de disposer de marchés d’approvisionnement et d’écoulement de leurs produits et contribue à l’élimination de la pauvreté pour les deux parties. C’est pourquoi ce géant asiatique a entrepris de conforter son emprise sur le continent noir.

La Chine affine sa stratégie dans le cadre des Forums sur la coopération sino-africaine pour les investissements (Fcsa), adoptés à partir de 2000, et a mis en place un fonds de développement sino-africain dans le cadre duquel s’est tenu, en novembre 2017, à Marrakech, un sommet qui a enregistré la participation de 400 sociétés, dont 150 chinoises.

Le choix du Maroc n’est pas fortuit. Avec Obor, ce pays a trouvé le moyen de se positionner comme une place forte destinée à rayonner entre la Chine, l’Afrique subsaharienne et l’Europe. Ces visées s’inscrivent dans une perspective globale qui a conduit le Royaume chérifien à signer plusieurs accords commerciaux avec divers partenaires (Usa, Ue…), multiplier ses Ide par 5, entre 2011 et 2015, dans la CEDEAO, un espace qu’il souhaite intégrer avec en prime, dans le futur, l’adoption d’une monnaie, d’un tarif extérieur et d’un marché communs.

Pour ce qui concerne notre pays, la Chine et le Sénégal développent des relations d’amitié depuis 1964, avec des périodes plus ou moins fastes. En dépit d’atouts réels pouvant intéresser l’Empire du Milieu (mines, infrastructures, énergie, immobilier, Zes…) et de sa position géographique à nulle autre pareille, la Chine n’a semblé placer le Sénégal au cœur de son dispositif de coopération qu’à partir de la mi 2000 avec la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays et à la faveur de la hargne patriotique déployée par son ancien ambassadeur au Sénégal, Lu Shaye, promu depuis Monsieur Afrique de la Chine.

L’Empire du Milieu s’est distingué de façon spectaculaire en investissant dans plusieurs pans de la vie économique sénégalaise, dans le cadre d’un portefeuille de projets couvrant plusieurs centaines de milliards de FCfa et divers secteurs (agriculture, santé, sports, culture…) avec des investissements massifs dans les Infrastructures et des conditions de contractualisation plus douces que celles accordées par la coopération classique grâce à des financements très concessionnels. Seule ombre au tableau, en dehors du groupement Jls-Henan/Chine, constitué par deux privés, dans le passé, les conventions sino-sénégalaises se traduisent concrètement par un investissement mobilisant, la plupart du temps, des entreprises chinoises utilisant généralement du personnel et des matériaux… chinois.

Malgré tout, l’importance de ce pays pour l’économie sénégalaise n’est plus à démontrer. La Chine était, pour 2016, le troisième partenaire commercial du Sénégal, avec un volume d’échanges multiplié par 16 en 10 ans et un accroissement moyen de 13 3% par an. Par exemple, pour l’année 2017, les investissements directs non financiers de ce pays au Sénégal s’élèvent à plus de 33 milliards de FCfa pour les 8 premiers mois, une somme déjà supérieure aux chiffres de l’année précédente, alors que ce type d’investissement chinois à l’étranger est dans une tendance baissière.

Cette coopération dynamique fait cependant fi des nouvelles Routes de la soie (Obor), l’ambitieux programme et cadre de financement du Président chinois pour les prochaines décennies ; ce qui témoigne, si besoin était, du retard à l’allumage du Sénégal vis-à-vis de cette opportunité majeure.

La coopération avec la Chine ne s’intéresse guère aux conditionnalités en rapport avec la gouvernance interne des Etats, comme c’est le cas pour les Occidentaux avec qui elle partage toutefois le défaut des coûts liés à l’utilisation de l’expertise étrangère à l’origine de moins-values pour les pays recevant des financements.

Les besoins énormes de l’économie chinoise la poussent à rechercher les matières premières comme le firent, dans le passé, les Occidentaux. Mais, contrairement à eux, sa présence contribue à la bonne tenue des prix ; ce qui est à l’avantage des pays bénéficiaires comme le Sénégal qui gagneraient cependant à toujours miser sur la valeur ajoutée qu’apporteraient les produits finis ou semi-finis.

A certains égards aussi, on sait qu’une large ouverture vers des pays comme la Chine peut avoir comme contrecoups le délitement du tissu industriel local, peu compétitif par rapport aux produits importés.

QUELLE DOIT ETRE LA POSTURE D’UN PAYS COMME LE SENEGAL ?
Pour asseoir une démarche cohérente dans le cadre de sa politique de coopération, le Sénégal gagnerait à prendre des mesures hardies en direction de ses partenaires mais aussi à l’endroit de l’administration en charge de ce sous-secteur. Aussi s’agira-t-il :

Au niveau de l’environnement, vis-à-vis des partenaires :

Jouer sur les effets de concurrence entre Ptf en diversifiant la coopération
La diversification de la coopération et l’intensification des relations avec les pays du Sud a pour avantage d’exacerber la concurrence entre les pays émergents portés par l’Empire du Milieu et les pays occidentaux condamnés à élever leurs standards de coopération et à développer une offre de financement plus intéressante (financements concessionnels avec des taux de 0 à 2 % sur des durées de 25 à plus de 30 ans, tels que ceux consentis par la Chine ou la Corée du Sud), avec des retombées positives sur la gestion des finances publiques.

Contenir les chevaux de Troie, amis apparentés, mais concurrents patentés
Les visées du Maroc doivent être considérées comme une menace sérieuse aux intérêts du Sénégal qui a raté, à la faveur de la crise ivoirienne, une bonne opportunité de hisser le Port de Dakar au rang de porte d’entrée du trafic en direction de l’Afrique occidentale alors que, dans le même temps, le Royaume chérifien multipliait ses projets portuaires et routiers destinés à ouvrir des couloirs de passages entre l’Afrique et l’Europe.

L’arrimage du Maroc au programme Obor et les diverses conventions commerciales qu’elle a signées avec d’autres mastodontes (Ue, Usa...) feraient de ce pays une véritable cinquième colonne, pour les intérêts étrangers, dans l’espace Cedeao et lui offre l’occasion d’élargir sa présence déjà notable dans les secteurs des banques et de l’immobilier.

Au niveau interne, vis-à-vis de l’Administration sénégalaise :

Adopter une philosophie axée sur l’optimum
Mon expérience d’ancien directeur des Etudes, de la Planification et de la Programmation au ministère chargé de la Coopération internationale m’a appris que ce qui fait la différence dans la mise en route de deux projets de coopération internationale tient surtout au suivi de terrain censé raccourcir les délais de décaissement post conventions (5 mois par expérience contre au moins un an pour la coopération classique).

C’est pourquoi les services évoluant dans le secteur de la coopération internationale sont condamnés, s’ils veulent s’inscrire dans la performance, à s’éloigner du mandarinat en usage dans l’Administration publique sénégalaise en vue de se doter de méthodes éprouvées (manuel de procédures, charte de qualité) ; ce qui suppose de sortir des sentiers battus comme le souligne, avec raison, le Président sénégalais Macky Sall à l’occasion de la 3ème édition du Forum investir en Afrique tenu à Dakar en septembre 2017.

Bâtir une véritable stratégie de négociation avec les Ptf
Les services en charge de la coopération devraient placer au centre de leurs préoccupations la constitution d’équipes de négociation chevronnées avec idéalement des profils techniques diversifiés, aux fins de mieux tenir compte de la connaissance des pays avec lesquels le Sénégal coopère à travers leur culture et les domaines techniques dans lesquels ils interviennent.

En effet, et pour ne considérer que le cas de la Chine, ce pays est connu pour disposer d’équipes rodées dans la négociation, appuyées par un Bureau économique qui, sous le prétexte de surveiller les exigences juridiques du ministère du Commerce, assure un rôle de fervent défenseur des intérêts des entreprises de l’Empire du Milieu.

C’est pourquoi les objectifs de négociation devraient viser, à chaque fois et quel que soit le partenaire, les transferts de technologies, le renforcement des capacités (formation, emploi local à tous les niveaux de responsabilité, joint-ventures), les investissements de qualité répondant aux besoins réels des populations et les Partenariats public-privé ; ces derniers étant un bon moyen pour nos pays d’éviter de s’exposer, dans le futur, à un endettement massif.

Par Oumar El Foutiyou BA
Ecrivain, Conseiller en Organisation
Coordonnateur du Pôle Conseil stratégique
et Organisation de l’Administration publique
au Bureau Organisation et Méthodes
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« Mon activité internationale pour l’année 2018 commencera ce mercredi, lorsque je participerai à la réunion du Forum économique mondial à Davos, en Suisse. A différents moments, j’aurai l’occasion de m’adresser à un public international, composé de personnalités politiques, d’hommes et de femmes d’affaires, de leaders d’opinion. Une fois de plus, je parlerai du programme de réformes qui est en train de transformer le Brésil.

Nous avons tourné la page de la crise économique parce que nous avons su dire non au populisme et agir avec responsabilité. Mû par une vision de long terme, notre Gouvernement construit, dans un dialogue permanent avec le Congrès national et la société, les bases d’un Etat efficace, qui offre aux citoyens des services de qualité, dans les limites d’un budget équilibré. Ce sont aussi les bases d’une croissance durable, indispensable pour mener à bien le développement du pays et sortir réellement de la pauvreté des millions de Brésiliens.

En un peu plus d’un an et demi de Gouvernement, nous avons affirmé, dans la pratique, notre engagement vis-à-vis de l’équilibre budgétaire. Les résultats sont là. L’inflation a chuté et est, à nouveau, maitrisée. Les taux de change se sont stabilisés. Les taux d’intérêts ont atteint leur plus bas niveau. C’est avec des réalisations et non des volontarismes que nous avons restauré la confiance dans l’économie brésilienne – une confiance qui apparaît déjà dans la reprise de l’activité industrielle, dans la vitalité du commerce extérieur, dans le retour à l’emploi.

Les investisseurs qui observent le Brésil actuel voient un Gouvernement qui travaille avec des diagnostics précis et qui applique des solutions éprouvées. Ils perçoivent une équipe gouvernementale engagée à redynamiser l’environnement des affaires. Partout nous avons éliminé les lourdeurs bureaucratiques qui entravaient la route des entrepreneurs – il est désormais plus facile de créer une entreprise, d’importer ou d’exporter.

La modernisation du Code du travail qui est déjà entrée en vigueur est un jalon particulièrement important de nos efforts pour adapter le Brésil aux réalités de l’économie contemporaine, sans porter atteinte aux droits des travailleurs. Nous avons encore à l’horizon une simplification fiscale qui rendra le paiement des impôts plus rapide et rationnel. Tout ceci annonce la tendance d’un Brésil où il y a de plus en plus de liberté économique.

Des finances publiques saines et un secteur privé compétitif sont essentiels à la croissance durable, tout comme le sont des infrastructures de qualité, compatibles avec le vaste potentiel de notre pays. C’est pour cela que je présenterai également à Davos les multiples opportunités du programme de concessions et de privatisations du Gouvernement fédéral « Avançar, Parcerias ». Le modèle que nous avons mis en place offre des règles bien définies et stables et renforce la sécurité juridique. Ce n’est pas un hasard s’il suscite un fort intérêt à travers le monde. Jusqu’à présent, nous avons conclu plus de 70 projets qui concernent les routes, les ports, les aéroports, les lignes de transmission et les gisements de gaz et de pétrole. Ces investissements sont estimés à 142 milliards de reais. En 2018, 75 autres projets seront proposés, comprenant aussi des lignes ferroviaires et qui devraient attirer plus de 130 milliards de reais. Le programme de réformes renforcera la crédibilité de l’économie, la faisant entrer dans un cycle pérenne de croissance.

Les changements que traverse le Brésil, qui le préparent d’autant mieux à affronter les défis du XXIe siècle, n’interviennent pas qu’au niveau national. Nous agissons aussi en politique étrangère, dans un esprit d’ouverture. En effet, on aurait tort de penser que, dans le monde actuel, le développement est possible dans un contexte de repli économique. Nos efforts visant à améliorer et à approfondir l’intégration commencent dans la région, au sein du Mercosur. Avec ses partenaires, le Brésil met en œuvre un programme fondé, entre autres, sur la promotion du libre-échange. Outre ce projet de supprimer les obstacles au commerce intra bloc, nous encourageons le rapprochement avec les pays de l’Alliance du Pacifique. Pour la première fois depuis 20 ans, nous avons des perspectives réalistes de conclure un accord entre le Mercosur et l’Union européenne – accord qui sera, nous l’espérons, complet et équilibré, et qui tiendra véritablement compte des intérêts de la société brésilienne. Enfin, nous avons ouvert de nouveaux fronts de négociations avec des partenaires des quatre coins du monde.

Il est incontestable, si l’on reste objectif, que le Brésil a parcouru sous notre Gouvernement un chemin considérable ; et ce, à une cadence accélérée. Nous avons beaucoup avancé, toujours sur la base du dialogue – matière première de la démocratie - et avec la volonté sincère de rapprocher les positions divergentes et de proposer des réponses efficaces aux besoins du pays.

Le défi qui se pose à nous à présent, et auquel nous nous consacrons entièrement, est celui de la réforme des retraites. A Davos, je réitérerai mon engagement envers un système de protection juste et viable sur le long terme, qui corresponde à l’évolution démographique de notre population.

C’est une promesse que je renouvèle avant tout aux Brésiliens, notamment aux plus pauvres – après tout, le système actuel ne fait que transférer les revenus des plus modestes à ceux qui en ont le moins besoin. La réforme mettra fin aux privilèges et garantira le paiement des retraites d’aujourd’hui et de demain. Elle renforcera la crédibilité de l’économie brésilienne, en ouvrant un cycle pérenne de croissance.

C’est avec un courage et une volonté redoublés que nous faisons face aux questions soulevées par ce moment historique, et qui se posent à toute la Nation. Je n’ai aucun doute que, une fois de plus, les difficultés seront surmontées et que l’intérêt général prévaudra.

Le Brésil est un grand pays, doté de nombreux atouts. Il représente un marché de plus de 200 millions de consommateurs et possède une abondance de ressources naturelles. Nous sommes un peuple créatif et travailleur. Notre industrie est diversifiée et notre agriculture hautement productive. Notre bouquet énergétique est l’un des plus verts du monde. Nous sommes un pays aux proportions continentales, éloigné des foyers de tension géopolitique. Ce ne sont là que quelques-uns des facteurs qui, depuis toujours, font du Brésil une destination attractive pour les investisseurs. Le problème, ces derniers temps, est que le pays avait perdu le cap.

Donc, ce que notre gouvernement a fait de nouveau, c’est de remettre le Brésil dans la bonne direction. Dès le début, nous avions une vision claire de la voie que nous devions suivre : celle de la responsabilité, de l’ouverture, des libertés. Et de cette voie, nous ne nous sommes pas détournés – et ne nous détournerons pas. Tel est le message que je transmets aux Brésiliens et que je porterai à Davos ».

Par Michel TEMER,
Président de la République fédérative du Brésil,

publié le 22 janvier dans le journal Valor Econômico

Paré de ses plus beaux atours, le Sénégal a conquis la communauté des bailleurs qui s’engage à l’accompagner dans cette voie ambitieuse du progrès choisie par Son Excellence Monsieur le Président Macky Sall afin de tourner la page de la misère, de la pauvreté et de l’indigence.

Une chose cependant est de convaincre les institutions financières internationales pour disposer de fonds,une autre est de manager les projets afin d’atteindre les objectifs de développement qui ont été fixés. Aussi les ministères techniques chargés de conduire les différents projets et programmes ciblés dans le Pse devront-ils mettre en place des dispositifs et mécanismes de monitoring pour que le concept du « Sénégal émergent » puisse se traduire dans le vécu de chaque Sénégalais.

En effet, le Pse vise, entres autres objectifs, la création accrue de richesses mais surtout d’emplois, particulièrement pour les jeunes et les femmes. De ce point de vue, il est logique de saluer la vision du Plan qui ambitionne de révolutionner l’agriculture par la création de près de 150 fermes agricoles modernes pour la satisfaction de l’objectif de l’autosuffisance alimentaire et de rééquilibrage de la balance commerciale. Cet axe stratégique est d’autant plus judicieux qu’il a un effet d’entrainement sur une chaine de valeurs pouvant impacter le développement d’autres secteurs comme, par exemple, l’artisanat.

Ainsi, des offres de services d’accompagnement comme la production de machines et d’outillages agricoles, d’équipements et mobiliers de bureaux et maison, ainsi que divers autres services pourront relever le niveau de commandes et marchés en direction des artisans. D’ailleurs, le Président de la République, Macky Sall, en sage visionnaire, a déjà instruit les services du ministère en charge de l’Artisanat de mettre en œuvre la Stratégie nationale de développement de l’artisanat (Snda) pour moderniser le secteur et rendre ses produits plus compétitifs. Il s’y ajoute que, pour marquer sa volonté d’appuyer le secteur de l’artisanat, le Chef de l’Etat a décidé d’affecter près de dix (10) milliards de FCfa de la commande publique aux artisans pour l’équipement des services de l’Etat (ce qui rend opérationnel un vieux projet longtemps réclamé par les artisans, à savoir le Projet du mobilier national).

Le vent de l’émergence qui souffle et ne semble épargner aucun secteur interpelle le comportement de chacun. les artisans doivent donc être outillés et formés afin de les professionnaliser à travers leurs structures de représentation (les Chambres de métiers) pour être à mieux de répondre aux exigences de l’économie. Ainsi, la Snda, qui ne saurait être un chapelet de vœux pieux, devra donc poser la problématique des réformes révolutionnaires des institutions consulaires qui doivent, à mon humble avis, s’inscrire dans une dynamique de plus grande responsabilisation et d’autonomisation, en s’appuyant sur un type d’organisation plus opérationnel, moins bureaucratique et orienté vers la résolution des problèmes d’encadrement des artisans.

Cette modernisation de l’artisanat devra aussi s’appuyer sur un dispositif de formation prenant en compte les spécificités du secteur. Et il faut se féliciter de l’expérimentation de l’apprentissage qui constitue, sans doute, une innovation de taille qui participe à la valorisation d’un modèle de formation longtemps considéré comme informel. Il urge cependant pour le ministère de la Formation Professionnelle de prendre en compte les Centres de perfectionnement des artisans ruraux (Cpar) qui doivent être réhabilités tant du point de vue de leurs programmes que des infrastructures.

Longtemps considéré comme le champ d’action des analphabètes, des ruraux et des rebuts du système éducatif, l’artisanat doit, comme en France, être le premier secteur pourvoyeur d’emplois pour satisfaire les objectifs du « Yoonu Yokkuté » en la matière. Il faut donc une inflexion de la tendance et mieux reconsidérer le secteur pour aller d’un artisanat de « services » prosaïque, méconnu et peu productif vers un artisanat de développement réellement intégré à l’économie, créateur d’emplois et de richesses mais surtout facteur de développement culturel et touristique du pays.

Amadou Moustapha SARR
Médiateur pédagogique - Directeur du Cpar de Tivaouane

Au moment où notre pays, son Président, Macky Sall, et nos leaders font l’actualité du « leadership », de la bonne gouvernance et de la paix-développement, alors que, d’une part, nous vivons paradoxalement et à nouveau le drame terrible du massacre et de l’engloutissement de nos citoyens dans nos forêts et mers du Sud et, d’autre part, que nos responsables politiques peinent à se parler et à « dialoguer », on est en droit de se demander si le temps n’était pas venu et l’heure sonnée pour l’homme et le « citoyen croyant sénégalais » de s’interroger en conscience. Que faisons-nous de notre ardente foi et de notre paix que nous proclamons et scandons à longueur de journée ? Et l’on a envie de crier « Ngir Yalla, jamm ak teranga ! » (que vivent et viennent enfin la paix et la solidarité, « nom de Dieu !) Le Sénégalais, le citoyen sénégalais, le croyant citoyen sénégalais est vivement interpellé et doit relever le défi de son être et vivre ensemble en citoyen et croyant dans la cité..

« Le fidèle croyant doit donner l’exemple et être un modèle », un guide spirituel.

« … Si donc l’on déplore une crise civique, que l’on s’interroge d’abord sur la fidélité des uns et des autres à ces exigences essentielles de la morale politique. Quand bien même certaines circonstances rendraient, de nos jours, difficile l’exercice du pouvoir, que l’on ne craigne pas de dénoncer cette carence spirituelle et morale. Dans une large mesure, une crise du pouvoir est une crise de civisme, c’est-à-dire, en fin de compte, une crise de l’homme ». N’est-ce pas d’ailleurs ce que confirme l’expérience quotidienne ?

S’il est vrai que, dans un Etat démocratique, la vie civique impose de hautes exigences à la maturité morale de chaque citoyen, il ne faut pas craindre de reconnaître que beaucoup d’entre eux, parmi ceux-là mêmes qui se disent fidèles croyants, ont leur part de responsabilité dans le désarroi actuel de la société. Les faits sont là et exigent un redressement certain. Pour ne citer que les plus notoires, c’est le désintéressement des affaires publiques qui se traduit, entre autres, par l’abstention électorale aux conséquences si graves ; c’est la fraude fiscale qui se répercute sur la vie morale, l’équilibre social et économique du pays ; c’est la critique stérile de l’autorité et la défense égoïste des privilèges au mépris de l’intérêt général.

Dans sa réaction nécessaire contre cet état de choses, le fidèle croyant doit donner l’exemple, car « loin d’y avoir la moindre incompatibilité contre la fidélité à sa croyance et le dévouement aux intérêts et au bien-être du peuple et de l’Etat, les deux ordres de devoirs que le vrai croyant doit toujours avoir présents à l’esprit sont intimement unis dans la plus parfaite harmonie ».

Conf « Les défis aux citoyens et fidèles laïcs d’aujourd’hui en Afrique : avec leurs concitoyens dans l’unité et la diversité, bâtir une société nouvelle…»

Théodore Ndok NDIAYE
Président d’honneur Présence Chrétienne

Dans notre numéro 152, nous vous proposons cet entretien exclusif de feu Amadou Tamimou Wane avec Amadou Windou Nodi sur la vie du Saint-Homme Cheikhou Oumar Foutiyou Tall.
Cet entretien a été réalisé il y a plus de trente années au Fouta des profondeurs. D'abord nous vous avons parlé des débuts du Saint-Homme et sa brillante tournée dans le monde et plus particulièrement en Indonésie où il avait fait des miracles en soignant une haute personnalité tombée malade pendant plusieurs années.

Aujourd'hui, notre historien Amadou Tamimou revient sur le pèlerinage à La Mecque de Cheikhou Oumar Foutiyou Tall. Voici ce que lui disait le Sultan Mohammadoul Maghribiyou : «Cheikhou, je vous retiens encore, j'ai des questions à vous demander dont j'ai besoin des éclaircissements», La réponse du Cheikh était la suivante : demander tout ce que vous voudriez connaître, je suis disposé à vous répondre. Ainsi, le sultan enverra des lettres de convocation à tous les savants d'Egypte en leur fixant le jour du rendez-vous. Ils vinrent tous répondre à la maison d'hébergement où le Sultan les attendait. L'homme de Dieu n'eut aucune difficulté pour convaincre ses hôtes aux connaissances multiples. Des questions sur une douzaine de disciplines ont été posées au Saint-Homme et à chaque fois, il n'eut aucun problème pour convaincre.

Cheikhou Oumar s’installa dans la maison d’hébergement entourée de beaux jardins de fleurs et d'autres agréments de différentes sortes.
Le Sultan Mouhammadoul Maghribiya accompagné de ses courtisans, se rendit dans le même instant auprès de son hôte pour lui souhaiter le bienvenu, avec toutes les cérémonies rituelles réservées aux grands hommes. Il lui fit apporter par des serviteurs et des servantes d'excellents mets du pays avec un grand festoiement. Après les souhaits de bienvenue, le Sultan prit congé laissant auprès de Cheikhou Oumar des gens pour le régaler.

Un splendide festin organisé à cette occasion dura trois jours consécutifs. Conformément aux dispositions méthodiques du Prophète Mahomet et qui recommandait d'honorer les hôtes de marque en les mettant aux moins pendant trois jours avant de les libérer à partir. Après les trois jours d'escale au Caire, Cheikhou Oumar manifesta le désir de traverser la mer rouge, poursuivant son voyage vers la ville.

La Mecque. Mais le sultan Mohammadoul Maghribiyou lui dit: -Cheikhou, je vous retiens encore, j'ai des questions à vous demander dont j'ai besoin des éclaircissements». Cheikhou lui répondit de demander tout ce qu'il voudrait connaître, qu'il était disposé à lui donner tous les éclaircissements possibles. Dès lors, le sultan adressa des lettres de convocation à tous les savants d'Egypte en leur fixant le jour du rendez-vous. Au jour incliqué, tous vinrent répondre à la maison d'hébergement où le sultan les attendait. Il leur dit: «je vous convoque tous, pour questionner en ma présence et éprouver les éminentes connaissances de cet étranger, érudit, dans toutes les sciences arabes». Puis s'adressant à Cheikh Oumar il lui dit: «ces savants que vous voyez sont venus vous consulter et vous poser des questions». Cheikh Oumar lui répondit qu'il était très disposé à répondre à toute questions et ses préceptes.

Les savants se mirent alors l'un après l'autre à le questionner sur les diverses sciences et sur plusieurs disciplines de l’enseignement arabe. Ils l'interrogèrent séparément sur douze disciplines différentes. A chaque question il donnait suffisamment des réponses très étendues. Finalement ils épuisèrent tout ce qu'ils avaient comme questions. Ils apprécièrent Cheikhou et reconnurent, chapeau bas, sa supériorité sur ceux en savoir et sa sagacité incomparable.

Après cette rencontre culturelle, Mohammadoul Maghribiyou très satisfait de son hôte lui tint ce langage: «j'admire votre vaste savoir, très apprécié par les plus grands savants du pays de l'Egypte, pour vous marquer ma joie je vais vous enrichir en vous don- nant d'importants cadeaux».

Il lui donna l'habillement complet pour lui et ses compagnons, pour remplir les formalités du pèlerinage puis il lui offrit assez d'or et d'argent pour leurs frais de séjour à La Mecque, pour les divers achats qu'ils auraient à faire et enfin pour leurs provisions de route et pour payer les frais de transport de retour à leur pays d'origine.

Lorsque Cheikhou Oumar reçut ces présents considérables, il continua son voyage avec ses gens vers l'Arabie où son arrivée éventuelle avait été déjà annoncée en prédiction, plusieurs années à l'avance par l'illustre Chérif Saïd Ahmadou lbnou Mohamadou Tidiane lors de son dernier pèlerinage, lequel s'adressant à l'Eminent Cheikh Mohamadoul Ghaly le khalife supérieur en Arabie de la secte Tidiania à l'époque résidant à Madinatoul Mounawara (Médine) lui dit : je vous révèle ce secret émanant d'une prédiction recueillie en veillée de prière et vous confie ce précepte dans l'ordre pratique de la secte tidiania que vous communiquerez à un homme noir qui se présentera à vous dans les années à venir, il n'est pas encore né et s'appellera Cheikhou Oumar Foutiyou. Il viendra des pays de l'Afrique de l'Ouest, d'un village appelé Halwar, Il viendra ici immanquablement vous voir et vous lui transmettrez cette confidence. C'est lui qui sera mon successeur universel pour la science des dogmes cachés de la secte Tidiania. Le même homme obtiendra l'autorisation divine de faire la guerre sainte dans les pays des hommes noirs».

A la fin de cette conversation intime, les deux éminents saints se séparèrent, Cheikh Ahmadou Tidiane se retira à Aynimal (Maroc) et Cheikh Mohammadoul Ghaly resta à Médine(Arabie). Ce dernier nota sur un parchemin toutes les divinations suggérées par Cheikh Ahmadou Tidiane.

Avant de se séparer Cheikh Ahmadou Tidiane donna à Cheikh Mohammadoul Ghaly des invocations et des remarques avec lesquels il reconnaîtra Cheikhou Oumar le moment venu. Vous le verrez pour la première fois, lui dit-il, non à Médine mais à la Mecque en temps de pèlerinage. Vous vous trouverez ensemble autour-de la Kaaba au moment où effectuant ses tours rituels autour de la pierre sanctuaire, pendant qu'il récite simultanément à haute voix le verset dit -Sayûyou-.

Des années s'écroulèrent. Un jour, pendant que Cheikh Mohammadou! Ghaly en pèlerinage à la Mecque accomplissait ses obligations de pèlerin derrière la Kaaba, il rencontra un noir qui remplissait aussi ses devoirs de pèlerin, entrain de réciter le -Seyfiyou-. Soudain, se souvenant de la prédiction de Cheikh Amadou Tidiane, stupéfait, il aborda l'homme inconnu, écouta attentivement la récitation puis il l'interrompit à la phrase suivante: «Allahouma Ardjiny Galbam- Khâciann ... », le salua et lui remit un livre appelé «Zavahiral Maâny».

Rentré au campement, il parcourt le livre de son commencement à la fin, le comprit et le récita par cœur puis il déclara à ses compagnons de voyage que ce livre de Cheikh Ahmadou Tidiane est plus précieux que l'or pur et doit par conséquent être conservé bien soigneusement. Il remercie Dieu, ajouta-t-il, d'avoir vu ce livre unique qui aurait pu disparaître du monde depuis la mort de Cheikh Ahmadou Tidiane son auteur. Je dois donc garder précieusement ce livre de valeur que j'appelle «Rimâhou- par des gardiens armés de lances, conclut Cheikhou Oumar, comme on garde un amas d'or dans un trésor, comme ça, personne n'osera venir s'en accaparer.

Par Mamadou Amadou Tamimou WANE
Expert en communication
PCA de la SSPP «Le Soleil»

Mon cher Thierno, je vais me permettre de te tutoyer parce que tu as été, dans un passé récent, un camarade à l’APR. Toi, coordonnateur de la convergence des cadres républicains(CCR), Moi président du comité scientifique. Aujourd’hui tu es parti, moi je suis resté. Mais je voudrais te rappeler que le 12 décembre 2009, quand tes camarades de la CCR entérinaient la proposition du Président de l’Alliance Pour la République de faire de toi leur coordonnateur, ils ne se doutaient point qu’un jour tu allais partir sans les remercier pour le soutien qu’ils t’ont apporté. C’est vrai que ton bilan en tant que coordonnateur de la structure n'est pas fameux mais à titre individuel tu t’es bonifié grâce à un encadrement dévoué de tes camarades en particulier ceux du comité scientifique. Il est instructif donc de te rappeler que tu as toujours sollicité ce comité pour trouver les solutions idoines à tes préoccupations. Hier la CCR t’a servi de tremplin pour ton ascension, aujourd’hui tu nous défie. C’est la marque de l’ingratitude. Et puisque tu te présentes comme un « homme de valeurs », mon propos sera de te trouver dans ce domaine que tu affectionne avec beaucoup d’hypocrisie, pour m’interroger sur tes valeurs. D’abord, qu’est-ce que la valeur mon cher Thierno? C’est, selon le dictionnaire Larousse, ce qui est posé comme vrai, beau, bien, d'un point de vue personnel ou selon les critères d'une société et qui est donné comme un idéal à atteindre, comme quelque chose à défendre. Sous ce rapport, peux-tu vraiment enseigner aux jeunes la reconnaissance à l’endroit d’un bienfaiteur au moment où tu es le prototype de l’ingratitude ? Dans la pyramide des valeurs figure, d’abord en bonne place, la reconnaissance qui est la réponse appropriée à l’endroit d'un bienfaiteur. D’ailleurs, les psychologues disent que l’expression de la gratitude est un gage de bonne santé mentale, physique et relationnelle. Dire « Merci » après avoir reçu le service d’un bienfaiteur aide à prendre conscience que nous avons besoin des autres pour exister. Faut-il le rappeler, tu es devenu subitement inconscient, amnésique et inconséquent avec toi-même. J’attends ton «Merci » à l’endroit de la CCR, à l’égard du Président Macky Sall qui t’a sorti du désert de l’anonymat pour te propulser vers les hautes cimes de l’APR et de l’Etat. Illustre inconnu, tu as gravi successivement des échelons politiques et étatiques par la volonté d’un homme de bien, le Président Macky Sall qui t’a accordé sa confiance. Il a fait de toi le coordonnateur de la CCR, il t’a nommé membre du directoire de l’APR, coordonnateur de l’APR dans la commune de Thiès, membre du Secrétariat Exécutif National, Directeur Général de l’ARTP, Ministre des Infrastructures et du Désenclavement, Ministre de l’Energie et du Développement des Energies renouvelables. Cette ascension fulgurante n’est pas le fruit de ta compétence ni de ta valeur sociale. Alors mon cher « Thierno », pour bien répondre de ton nom qui signifie « le maitre » en poular, il faut que tu aies l’humilité de dire « merci » à tes camarades de la CCR et au Président Macky Sall. Nit defay goré, kollÖré ginaaw lay fété. La gratitude fait du bien pour celui qui l’exprime. Malheureusement, te connaissant, tu n’es pas capable de dire « merci » à un vivant car tu es un indécrottable prétentieux, un homme trop imbu de sa personne, un homme qui se croit sorti de la cuisse de Jupiter. Tu es incapable d’adopter une attitude et une posture de noblesse. Tu penses que c’est à toi de faire la société car tu te suffis à toi-même. Tu es l’exemple achevé de cette suffisance longtemps dénoncée par Aristote : « celui qui se suffit à lui-même, ne fait pas partie de la cité et par conséquent est une brute ».

Dans la pyramide des valeurs figure, ensuite, en bonne place, la loyauté qui cultive, chez l’homme d’état, la finesse et le sens particulier de l’exercice de la responsabilité, le respect des institutions et l’acceptation de l’autorité. Par définition, la loyauté est la fidélité et le dévouement envers une cause ou une personne, la mise en pratique des lois de l'honneur et de la probité, le désir de vivre de manière vraie et pure, sincère et honnête. C'est une qualité morale, une attitude d'esprit, une vertu, une force de caractère, qui exclut la tromperie et le mensonge. Le sens de la loyauté consiste alors à rester fidèle à un engagement. Accepter de servir sous une autorité, est d’abord un engagement moral avant d’être un engagement tout court. C’est pourquoi je me sens scandalisé quand je t’entends dire, avec véhémence, que tu as démissionné tu n’as pas été limogé du gouvernement et que ta lettre de démission était déjà disponible au niveau de ton cabinet. Du grand n’importe quoi !

Ce qui est authentique et vérifiable, c’est le décret n° 2017-696 du 02 mai 2017 mettant fin à tes fonctions de Ministre de l’Energie et du Développement des Energies renouvelables. Tout le reste c’est comme le dit le proverbe : à beau mentir qui vient de loin. Ecrire ta lettre de démission sans en informer l’autorité du Premier Ministre, c’est poignarder la hiérarchie gouvernementale. Je te rappelle que c’est le Président de la République qui nomme, par décret, le gouvernement, sur proposition du Premier Ministre. Par élégance républicaine, tu aurais dû t’en ouvrir à ton supérieur hiérarchique d’abord. Le cas échéant, le Premier Ministre que je connais, saurait te faire remarquer ton impertinence et ton immaturité. Ecrire ta lettre de démission sans demander d’abord l’avis du Président de la République, est un crime intentionnel contre la confiance de l’autorité suprême qui t’as choisi, parmi quatorze millions de sénégalais et parmi les cadres de l’APR, pour assumer des responsabilités stratégiques au plus haut sommet de l’Etat. Ta félonie n’a pas d’égal!

Dans la pyramide des valeurs figure, enfin, en bonne place, la décence. Cette exigence qui caractérise les grands hommes manque chez toi. Je me sens peiné de t’entendre critiquer aujourd’hui ce que tu as défendu bec et ongle hier. Je n’ai jamais vu quelqu’un faire preuve d’une telle mauvaise foi. Finalement à quel thierno se fier ? Le thierno qui, après sa nomination, le 23 juin 2015, comme ministre de l’Energie, disait, dans la presse ce qui suit: « je voudrais réaffirmer mon engagement total à servir, sous l’autorité du Président Macky Sall, le Sénégal. Des avancées significatives ont été notées et c’est pour cela qu’on ne doit nier le travail important qui a été fait. Je suis habité par le sens des responsabilités qui m'attendent et par l'obligation de ne pas faillir. C'est une mission de combat» Ou bien le thierno qui dit le 03 janvier 2018 ceci « le Sénégal régresse pendant que l’opacité, la loi du plus fort et le déni du droit font des progrès fulgurant ». Qu’est-ce qui a changé, en si peu de temps, entre la date de ton limogeage et le 03 janvier 2018 ? En 08 mois, le Sénégal peut-il dégringoler aussi rapidement vers le tableau sombre que tu peins ? La réponse est évidemment non. Je te croyais plus sérieux que cela ! Il est choquant de te voir critiquer avec des arguments tirés par les cheveux ce que tu as défendu naguère. La meilleure manière de te crédibiliser est d’assumer ton passage dans le gouvernement et montrer que tu es comptable de ce que tu critiques aujourd’hui. Tout ce que tu racontes en ce moment sur l’AIBD, le contrat pétrolier de Total et que sais-je encore… est contraire à la réalité. J’y reviendrai prochainement avec de plus amples informations.

Mon cher Thierno, on peut mentir et tromper les autres mais comme le disait Abraham Lincoln : « vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps. »

Je voudrais conclure mon propos en empruntant la formule de Sören Kierkegaard: « il y a deux façons de se tromper : l’une est de croire ce qui n’est pas, l’autre de refuser de croire ce qui est ». Tu te trompes parce que tu crois que tu es au-dessus de tous. Tu te trompes parce que tu refuses de croire que ton impertinence amuse la galerie. C’est pourquoi, il est bon pour toi de comprendre que ce ne sont pas tes mouvements de menton à travers la presse qui vont nous perturber. Ce ne sont pas, non plus, tes critiques relevant plus de la suffisance et de la démagogie qui vont retenir notre attention. Ce ne sont pas, hélas, tes plastronnades, tes rodomontades et tes fanfaronnades dans les studios de radios et télévisions qui feront de toi un leader politique crédible. L’exigence pour un leader politique qui veut faire carrière, comme tu le prétends, c’est d’être cohérent avec son passé, bien dans son « aujourd’hui » et logique avec son avenir.

Par Diamé DIOUF
Président du Comité scientifique de la CCR
Conseiller municipal à Thiomby

Point n’est besoin de logométrie pour mesurer la profondeur et la haute facture intellectuelle du message du Président de la République à l’occasion du nouvel an. Mélange de plusieurs sentiments à la fois d’emphase et de pudeur expressive, la richesse du texte n’a d’égal que le sentiment de sincérité qui s’y dégage pour invoquer et susciter chez les citoyens la patience de laisser murir les fruits de nos efforts soutenus auxquels il a engagé son gouvernement pour qu’il soit à l’écoute des populations et qui devra surtout rester « dans le temps utile ; le temps du travail ; le temps de l’action et du résultat » . Cette invite au culte du travail n’est d’ailleurs pas nouveau et montre, encore une fois, ce désir ardent de consolider les résultats satisfaisants que présente notre économie à travers le Pse avec un taux de croissance de 6,8 % , soit l’une des meilleures performances de la sous-région. Aussi, sans aucune exagération, encore moins d’autoglorification, arborant le triomphe modeste, car comme le dit si bien J. J. Rousseau : « Les grands hommes ne s’abusent point sur leur supériorité ; ils la voient, la sentent, et n’en sont pas moins modestes », le Président Macky Sall veut surtout marquer son époque et laisser aux générations futures, en particulier à cette jeunesse à laquelle il a consacré l’essentiel de son message, un avenir radieux qui se réalisera sans doute, malgré les sceptiques et autres pessimistes. Le propre des pragmatiques, c’est de ne pas exceller dans le verbiage facile et inutile puisque « la nature a donné aux grands hommes de faire et laissé aux autres de juger » (Luc de Clapiers). En 1732, lorsque le Comédien et académicien Philippe Nericault disait que la critique est aisée et l’art difficile, il ne pensait pas si bien dire, car nous sommes décidément dans un pays particulier, qui est le Sénégal, et où l’opposition du « ôte-toi de là que je m’y mette » fait preuve d’un manque de foi manifeste face à toutes les nombreuses et belles réalisations sous le magistère du Président Macky Sall qui, malgré tout, prend toujours de la hauteur et n’a de cesse d’inviter les acteurs politiques et les franges dissidentes de la Nation à la table du dialogue et à la consolidation de la paix. Quel beau geste d’ouverture et de disponibilité que seuls des hommes évaluant la pleine mesure de l’évanescence de leur être sur terre peuvent offrir de façon si désintéressée et symbolisé d’ailleurs par cette belle expression puisée dans le message du Président de la République : « Quant à nous, éphémères voyageurs dans le temps, nous parcourons tout juste le bout de chemin qui nous réunit sous l’ombre apaisante de cet arbre». Et il ajoute : « Nul n’est assez fort pour prétendre s’y établir tout seul. Et nul n’est trop faible pour y être privé de sa place ». Voilà, à mon sens, un modèle d’humanisme africaniste puisé dans le tréfonds de cette fibre culturelle, enrichie par les valeurs islamiques que nous ont inculquées nos vénérés saints et qui continueront certainement de veiller sur nous (nous nous inclinons pieusement sur la mémoire des illustres khalifes généraux qui nous ont quittés durant cette année 2017 qui fut particulièrement douloureuse pour tous les musulmans du Sénégal).

Encore une fois, un discours de nouvel an n’est décidément pas un discours programme, car cette charge revient naturellement au gouvernement qui, dans le cadre de la politique définie par le Chef de l’Etat, expose au Législatif les orientations générales. Mais, se prêtant toujours à cet exercice si solennel, il ne peut manquer de choisir quelques points saillants touchant particulièrement des secteurs stratégiques comme celui de la jeunesse.

Ainsi, en invoquant ce destin commun auquel aspire tout le monde, il choisit, comme il le dit si bien dans son message, d’axer la politique économique du pays sur cette frange de la population qui incarne cet avenir, force vitale inspirant notre marche vers le Sénégal de nos rêves. A ce stade de notre développement et au rythme avec lequel il imprime ses réalisations qui n’épargnent aucune couche sociale et aucune contrée du pays, nous pouvons être sûr que l’émergence à l’horizon 2035 sera atteint au grand bonheur des populations.

Oui, le Sénégal est résolument tourné vers le changement et le progrès économique et social avec les réalisations du Pudc et du Puma qui matérialisent ce modèle de développement inclusif faisant la fierté de notre pays. La consolidation du programme des Bourses de sécurité familiale qui permettra d’enrôler 400.000 familles dans le filet social doit être saluée par tous parce que c’est notre manière de symboliser le culte du partage et de la solidarité qui sont des qualités consubstantielles à notre culture islamo-africaine. Dans le cadre des investissements structurants qui vont offrir au Sénégal des infrastructures de nouvelle génération (Ter, Ila Touba, Aibd, Pôle urbain de Diamniadio, etc. ), nous devons saluer la vision du Président Macky Sall qui place, aujourd’hui, le Sénégal au rang des pays en pole position dans notre sous-région ; ce qui fait incontestablement de lui le Président le plus bâtisseur des indépendances à nos jours. Bien sûr, les autres diront toujours le contraire, car comme l’affirme Miguel de Cervantès, « la jalousie ne permet jamais de voir les choses telles qu’elles sont. Les jaloux voient à travers un miroir déformant qui grossit les détails insignifiants, transforme les nains en géants et les soupçons en vérité ».

Compassion, grandeur d’âme, humanisme, appel au travail et au dialogue sont autant de sentiments auxquels nous convient le Président Macky Sall. Quelle belle noblesse d’esprit qui ne saurait entretenir cette relation si harmonieuse avec toutes les sensibilités religieuses, toutes obédiences confondues, sans parti pris, tout en respectant cette équidistance temporelle, garante de notre laïcité constitutionnelle !

Décidément, l’exception sénégalaise restera la marque déposée, toujours raffermie et améliorée par le style singulier d’un homme d’Etat de la dimension de Macky Sall. D’ailleurs, un de ses prédécesseurs, le Président Abdou Diouf, lors de sa visite à Tivaouane, auprès du Khalife des Tidianes, disait du Président Macky Sall : « C’est un bon Président ». Quel bel hommage sincère.

Permettez, enfin, au risque d’être dithyrambique, de terminer ce texte sur cette belle citation de l’Ecrivain Ralph Waldo Emerson : « Les grands hommes, les génies, les saints n’ont fait de grandes choses que parce qu’ils étaient inspirés par un idéal. On a besoin d’accrocher sa charrue aux étoiles. ».

Par Amadou Moustapha SARR
Médiateur pédagogique
Directeur du Cpar de Tivaouane.
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1. Base de référence du titre de la contribution :
« Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon. Car c’est ton Seigneur qui connaît le mieux celui qui s’égare de Son sentier et c’est Lui qui connaît le mieux ceux qui sont bien guidés. » Sourate 16 – Verset 125

2. Eléments d’appréciation du titre :
Le départ vers d’autres cieux plus durables et fort cléments, parce que récompense divine aux fidèles croyants, est encore pénible par la UMMA, en ligne de mire les disciples Mourides.

Serigne Sidy Moctar a un parcours exceptionnel de Soufi. Il a subi une formation complète sur le mysticisme qui lui a permis de mener beaucoup d’activités telles que, l’élevage, l’agriculture, l’éducation spirituelle sur la Méthode de l’enseignement de Khadimou Rassoul.

Il avait l’habitude de se retirer et d’apprendre le Coran et pratiquer les préceptes de l’Islam. Dès lors, de parler des multiples dimensions et facettes de feu Serigne Sidy Moctar, plus qu’un témoignage revêt un cachet de vérité. Pour illustration me concernant, moi, ces lignes laissées à la portée des organes oculaires des lecteurs. Elles revêtent dans l’esprit de l’auteur l’idée de Partage et de Restitution d’un entretien religieux d’un talibé face à ce guide spirituel disparu et encore en mémoire en nous. Le Wird en Héritage laissé à la UMMA par le 7e Khalif de khadimou Rassoul : « C’est lors de ses visites à Dakar pour justement bénir les sénégalais (es) devant se rendre aux lieux Saints, au prix de sommes colossales décaissées par lui-même, Serigne Sidy Moctar. Cette générosité est certes sans commune mesure. Pourtant, dès son accession en qualité sublime au 7e Khalifat dans la tradition mouride, le Khalif en question avait prodigué une générosité qui dépasse les bornes financières. En effet Serigne Sidy Moctar avait prodigué un don de générosité à tout aspirant vers Dieu, aux récompenses célestes non compromises et bien réelles. Il s’agit d’un Wird journalier étalé dans la semaine, avec pour recommandation: A débuter un vendredi avec 1000 Basmalas et 100 Salatou Ala Nabi à la fin. En cette visite évoquée, je me suis présenté à genoux devant cette auguste personne lui remettant une lettre adressée à lui. Serigne Cheikh Thioro, son infatigable et dévoué talibé et d’autres en présence. C’est Serigne Bassirou Bara Mbacké, aussi récemment disparu, qui a reçu ma lettre et passa aussitôt à la lecture devant le silence de ses disciples. Et comme toute réponse déclara sans ambages : « Serigne Saliou Fall, reçoit mes bénédictions sur cette initiative de haute portée… »

Le contenu condensé de ma lettre est « Je (Serigne Saliou Fall) viens solliciter le Ndiguel pour l’Information, l’Education, la Communication du contenu relatif au Wird que vous Serigne Sidy Moctar a prodigué à la UMMA dès le début de votre khalfat. » Depuis lors, je me suis mis à la tâche de restituer de partager ce don de Serigne Sidy Moctar Mbacké à la UMMA. Pour s’en convaincre, ledit Wird, en annexe, est distribué partout avec mon effigie en bas. Les Tics aidant. C’est dans cette option et lancée que se justifie ma modeste contribution sur la vie de feu Serigne Sidy Moctar Mbacké un don de générosité ; Profitez-en !

Par Serigne Saliou FALL
ibn Moustapha FALL
ibn Mame Cheikh Ibrahima FALL
Personne Morale de la Daara Ligguey Jaamu Yalla.
Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

« Si tu n’as rien à dire de plus beau que le silence, alors tais-toi ». Proverbe arabe. 

Dimanche 14 janvier 2018, la Tfm a diffusé, dans le journal de 20h00, une interview de l’honorable député et non moins vice-président à l’Assemblée nationale, mais également Grand Serigne de Dakar, sur les tueries de Boffa survenues le 6 janvier 2018.

L’honorable député a cru faire un scoop avec le journaliste qui l’interrogeait en désignant Pierre Goudiaby Atépa, Atab Bodian et moi-même comme étant les instigateurs de cette macabre opération. S’agit-t-il de provocation, de spéculation farfelue, de farce de mauvais goût ou d’une volonté manifeste de stigmatisation aux conséquences imprévisibles, voire néfastes ? Car en toute circonstance, il faut savoir raison garder, faire preuve de lucidité et de responsabilité, surtout lorsqu’on porte le titre honorifique de Grand Serigne de Dakar, et éviter les accusations sans fondement qui portent préjudice à d’honnêtes serviteurs de la Nation.

Loin de moi l’idée d’engager une quelque polémique avec le Grand Serigne de Dakar, parce que j’ai beaucoup de respect et de considération en l’homme d’Etat qu’il incarne, outre la mission de pacificateur et d’unificateur qu’il exerce avec brio au sein de la communauté léboue qui connait, par moments, des turbulences ; sans oublier son attachement à la verte Casamance et aux Casamançais qu’il ne cesse de rappeler à chaque occasion. Nous y avons toujours cru comme en témoigne sa participation constante à toutes les manifestations organisées par les Casamançais pour lesquelles il est soit l’invité d’honneur, soit le parrain.

Je voudrais simplement exprimer mon indignation, ma déception et ma surprise après l’avoir écouté et réécouté avant de rétablir certaines vérités.J’ai été surtout surpris, indigné et choqué par ses propos en fin d’interview. Je le cite : « Après 35 ans, la résolution d’un conflit armé est réglée par les armes ». Cette proposition inopportune, déroutante et d’une extrême gravité, émanant d’un digne représentant du peuple sénégalais, censé veiller sur la paix et la justice, est très inquiétante et alarmante à la fois.

Ne suis-je pas alors en droit de m’interroger si l’honorable député n’incite pas à la reprise des hostilités armées en Casamance ? N’est-t-il pas pour une reprise de la violence en Casamance ? Est-ce un appel à l’arrêt du processus de paix qui connait une phase d’accalmie depuis presque cinq ans et qui ne saurait, en aucun cas, être remis en cause ? N’est-ce pas un appel pour écarter tout règlement de ce conflit par les négociations en cours au moment où les Sénégalais commencent à espérer ?

Non, honorable député. La Casamance a assez souffert de ce conflit. Personne n’a le droit d’en rajouter. Le Collectif des cadres casamançais, auquel j’appartiens, reste fidèle à sa position : celle d’un règlement pacifique de ce conflit dans la vérité et la justice.

Ce que l’on attend d’un honorable député de votre rang, c’est de susciter un débat sérieux, profond et fécond à l’Assemblée nationale sur tous les aspects liés à la résolution définitive du conflit sénégalais en Casamance, non pas par les armes comme vous le préconisez, mais par la négociation.

Ce que l’on attend d’un Grand Serigne, ce sont des actions de conciliation, de pacification, de facilitation dans la discrétion pour amener toutes les parties prenantes à s’entendre, à trouver des solutions salvatrices et non à inciter les Sénégalais à la barbarie et à s’entre-massacrer jusqu’au dernier combattant.Je me dois maintenant de rétablir certaines vérités. Il n’est pas juste de faire croire, avec une légèreté coupable, que Pierre Goudiaby Atépa, Moussa Cissé et Atab Bodian excusent ou cherchent à excuser le carnage de Boffa. C’est une insulte inacceptable à notre égard.

Le Collectif des cadres casamançais est une association qui a trois objectifs majeurs : aider à un retour de la paix en Casamance dans un Sénégal un et indivisible, contribuer au développement de la région naturelle de la Casamance, de Gouloumbou à Djogué, et favoriser l’entraide et la solidarité entre tous les Casamançais et où qu’ils se trouvent.
Dès l’annonce du massacre de Boffa, le Collectif a pris une position claire et constante :

- Le Collectif, après s’être incliné devant la mémoire des disparus, a condamné avec la dernière énergie, sans conditions, ce crime particulièrement odieux que rien ne justifie ; le Collectif n’accepte et n’a jamais accepté que le sang d’un seul Sénégalais coule en Casamance pour des raisons liées à la rébellion.

- Le Collectif a demandé aux autorités d’ordonner immédiatement une enquête pour identifier les auteurs et les éventuels commanditaires, les traduire devant la justice, pour qu’ils soient sévèrement punis.

Au-delà de l’émotion, le Collectif des cadres casamançais a demandé aux autorités de s’attaquer aux racines du mal, à savoir l’éradication du trafic scandaleux du bois en Casamance. Les trafiquants doivent être poursuivis et punis sans complaisance au risque de créer davantage de frustration et d’injustices.

Il est tout aussi injuste, inacceptable et scandaleux d’insinuer, avec autant de légèreté et de simplicité, sans aucune preuve, que Pierre Goudiaby Atépa, Moussa Cissé et Atab Bodian, cités nommément, seraient les plénipotentiaires des rebelles dans l’affaire des tueries de Boffa. L’honorable député cherche-t-il à vouer ces honorables citoyens sénégalais aux gémonies en attaquant leur honneur ? A quelle fin ? Les trois personnes indexées et l’ensemble des membres du Collectif des cadres casamançais méritent cependant un peu plus de respect au regard des efforts incessants qu’ils déploient tous les jours, avec abnégation et détermination, mais dans la discrétion, pour que plus personne ne meurt dans ce conflit et que les populations retrouvent enfin une vie paisible. Ces honorables personnes, en qualité de facilitateurs, ont toujours tenu un langage de vérité à l’égard aussi bien de l’Etat que de toutes les composantes du Mfdc. Le Sénégal doit rester un et indivisible. Il faut taire les armes, négocier et développer la Casamance.

C’est la voie choisie, fort heureusement, par le Président Macky Sall qui est un homme de paix. Le Collectif des cadres casamançais s’en félicite et l’encourage à persévérer. Il réitère son engagement à ne ménager aucun effort pour accompagner l’Etat du Sénégal dans la justice et l’équité, afin que la Casamance retrouve la paix définitive. Le Collectif des cadres casamançais adresse ses sincères condoléances aux familles éplorées et souhaite un prompt rétablissement aux nombreux blessés.

Par Moussa CISSE
Secrétaire général des
Cadres casamançais
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“Le racisme est une manière de déléguer à l’autre le dégoût qu’on a de soi-même.”
Robert Sabatier
Artiste, écrivain, Poète

Dans le cours de la vie, il arrive parfois à ce que l’on se demande, pour une raison ou pour un autre, qu’est-ce qu’on a dû faire, de si mauvais, pour mériter certains comportements de nos semblables, vis à vis de nous. Alors qu’en toute ignorance, nous omettons à chaque fois que le hasard n’existe pas. Le plus souvent, ce ne sont pas les gens que vous espérez que bon Dieu vous fait rencontrer ou connaître mais plutôt ceux dont vous avez besoin pour vous parfaire. Ainsi, de fil en aiguille, nous découvrons ce qu’englobe véritablement l’être humain en bien et/ou en mal, principalement jusqu’où il est capable d’aller, face à une situation où posture donnée pour assouvir les penchants naturels de son propre ego. Certains agissent, en toute indifférence et sans se soucier des moindres conséquences de leurs actes, et la plupart du temps, de manière très impulsive, dans l’unique but de « détruire » psychologiquement et/ou physiquement l’individu en face. Cela leur procure certainement la sensation de domination, pis encore de suprématie. Ceux et/ou celles-là souffrent, selon la médecine psychologique, de troubles du comportement fortement anti-social, dont la qualification est déterminée comme psychopathique.

Malheureusement pour tous, celui qui tient, depuis le 8 novembre 2016, les reines du gouvernail du grand bateau qu’est le Monde, en est un. Et pourtant, les différents symptômes décelés chez lui bien avant même son élection à la tête de la première puissance économique mondiale ont toujours démontré, à plusieurs occasions, son état de psychopathe, doublé d’un narcissique malfaisant et de raciste. En guise d’exemples, dans un tweet daté de juin 2013, Donald Trump s’en était pris aux Noirs et aux Hispaniques, qui apporteraient, selon lui, le crime aux Etats-Unis. Le 3 juillet 2013, soit un mois après, il récidiva en ces termes: « La corruption est endémique » en Afrique. À tel point que « chaque penny des 7 milliards versés par [Barack] Obama à l’Afrique sera volé »... ou « juste 97 % » de cette somme”, ironisait-il.

Plus loin encore, dans le livre explosif intitulé «Fire and Fury : Inside The Trump White House», dont la publication prévue initialement le mardi 9 janvier dernier avant d’être renvoyée, après blocage, au vendredi 12 janvier passé, son ex-conseiller et stratège Steve Bannon, limogé, sur saut d’humeur, l’été dernier, il y est établi que Trump avait fait, depuis les années 70, de la discrimination raciale en tant que bailleur. Cette phrase anecdotique relaté dans ce dit livre en dit long :« Des Noirs qui comptent mon argent ! Je déteste l’idée. Les seules personnes que je veux voir compter mon argent sont des hommes petits portant la kippa tous les jours. ». Ce qu’avait antérieurement révélé dans un livre, un autre de ses anciens collaborateurs John O’Donnel, en ces mots: « La paresse est un trait caractéristique chez le Noir »… Les immigrés latinos en ont également pris pour leur grade dans son discours inaugural annonçant le 16 juin 2015 son entrée en campagne, où le futur président les avait stigmatisés de «violeurs» soi-disant envoyés par le Mexique et de «bad hombres» («sales types»). Plus tard après, ce sont les Noirs qui reviennent comme chair à canon lors de son meeting du 21 novembre 2015 à Birmingham (Alabama) par ce slogan politique creux « Black lives matter! », traduit littéralement comme suit « Les vies noires comptent » avant de rebondir sur ABC au cours du débat politique « This Week » que “des Arabes se seraient réjouis, dans le New Jersey, des attaques du 11-Septembre 2001”.

Quel genre de personne, il est vraiment ?

Ce n’est pas encore fini ! Qui ne se souvient pas de l’avoir vu ou entendu, ne serait-ce qu’une seule fois, durant sa campagne ou après son élection, étaler à la face du monde ses souffrances attestées par ses nombreuses frasques injustifiées ? Personne !

Durant toute sa campagne, par exemple, l’immigration a été au cœur de ses discours haineux et antipathiques à l’endroit soit des Noirs soit des Hispaniques ou encore pire des Musulmans. Ses promesses de faire expulser ces derniers bourdonnent encore dans nos oreilles. Il était même parti jusqu’à soutenir l’interdiction de l’entrée des Musulmans sur le sol américain en faisant référence, au cours de son meeting du 4 août 2016 à Portland, à la communauté somalienne installée majoritairement dans cette ville du nord-ouest des États-Unis. Ce jour-là, il attaqua vertement et violemment cette communauté avec ces virulents termes : “Nous accueillons des centaines de milliers de Somaliens qui viennent des pays les plus dangereux du monde”. Plus grave, il n’hésita point à proposer, à qui veut l’entendre, de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem [ce qui reviendrait à ne plus considérer Jérusalem comme capitale de deux États et pourrait embraser le conflit israélo-palestinien]. Quel cynisme !

Ces différents comportements de la part d’un probable futur président de la plus grande nation au monde ont poussé plusieurs psychologues universitaires de renom à étudier son cas avant de sonner l’alerte, très tôt afin d’éviter que l’irréparable ne se produise, à savoir son élection.

Dès juin 2016, la santé mentale de Donald Trump avait déjà été mise en cause par le Professeur Dan McAdams de l’université de Northwestern, dans The Atlantic avant que son collègue, le Dr Kevin Dutton, psychologue à l’Université d’Oxford, ne lui emboîte le pas deux mois plus tard, en août 2016. Plus explicite et alarmant que tout, ce dernier avait utilisé l’outil standard de diagnostic, reconnu sur le plan international dénommé PPI-R, pour Psychopathic, Personality Inventory. Le plus grave dans tout cela est que les résultats avaient abouti à un score de 171 points, surpassant de deux (2) points le fameux Adolf Hitler avec ses 169 points.

Éclaboussé par ces différents diagnostics, son entourage essaya de rectifier le tir en lui conseillant de changer un peu de fusil d’épaules. Hélas, comme disaient Boileau, La Fontaine et Destouches « Chassez le naturel, il revient toujours au galop ». En tentant de bien faire, ce qu’il ne pourra jamais, au vu de sa pathologie chronique, il s’enfonça comme s’il était noyé dans du sable mouvant en septembre 2016 à Detroit, en disant au monde noir : « Vous êtes dans une telle situation de misère que vous n’avez rien à perdre en votant pour moi. » Évidemment que, ce discours a beaucoup choqué après !

Arrivé à la magistrature suprême, il confirma ses dires par, cette fois, des actes concrets et illustratifs en réduisant drastiquement le quota minimal de deux à un seul Afro-américain dans son gouvernement, en l’occurrence l’ultra-conservateur Ben Carson, à un poste secondaire, du département du Logement et du Développement urbain. Là où ses prédécesseurs accordaient au moins un grand département à la minorité Afro-américaine représentant 13,6% de la population américaine.

Après avoir snobé durant toute sa campagne l’Afrique, il nous balança ouvertement, sans aucune retenue, un mois après son accession au pouvoir, précisément en décembre 2016 face à un journaliste sud-africain, de surcroît que : « La plupart des pays africains devraient être colonisés pendant un siècle ». Grâce à lui, les ignorants d’Afrique auront peut-être enfin accès au sens du « leadership » et de « l’auto-gouvernance », pesta-t-il. Plus révoltant encore, il ironisa: « Les Africains sont des esclaves qui vivent comme des esclaves dans leur propre pays. » Le comble de l’irrespect ne tarda pas avec sa déclaration froissante et insultante: « Les Africains sont des paresseux et de bons paresseux. Ils croient que leur destin se trouve entre les mains d’un être (bienfaisant ou malfaisant). C’est pourquoi ils remplissent les églises-sectes car leurs pasteurs-gourous sont des hommes qui ont compris leur mentalité et en profitent au maximum.”(Nous rapporte le site en ligne times24.com).

Ironie du sort, nous apprenons malencontreusement qu’au fait, tout ceci est héréditaire, puisque le père de Donald Trump est lui même accablé dans un rapport de 389 pages publié en février 2017, par le Fbi pour “avoir fait de la discrimination raciale à l’encontre de personnes de couleur noire, dans les années 60 et 70.” Décidément, tel père, tel fils !

La goutte qui a fait débordé le vase est celle rapportée par le crédible quotidien américain Washington Post, indiquant qu’au cours d’une réunion avec des parlementaires à la Maison Blanche portant sur l’immigration, jeudi 11 janvier dernier, le psychopathe - narcissique - raciste Trump qualifiait, plusieurs nations africaines ainsi qu’Haïti de “Shithole countries”, en langage français «pays de merde».

L’autre quotidien, New York Times, aussi mythique que son compatriote précité, confirme le même jour qu’il n’en était pas à son premier coup d’essai sûr l’Haïti en rapportant, rien qu’en juin dernier, “Donald Trump avait assuré lors d’une autre réunion sur l’immigration, que les Haïtiens «ont tous le Sida». Ce qu’avait démenti, à l’époque, ses conseillers de la Maison Blanche.

Le plus pitoyable dans tout cela est que l’auteur de tous ces actes ignobles, avec toutes les caractéristiques d’un psychopathe invétéré, agit quotidiennement dans l’indifférence, l’irresponsabilité, l’absence de culpabilité, à travers des comportements asociaux avec autrui. Comme attitude après coup, Trump n’hésite jamais à avouer sournoisement à des journalistes ou à certains de ses proches ses regrets en disant que “parfois, dans le feu d’action, on ne choisit pas de bons mots. Il a dit que cela lui était arrivé et qu’il le regrettait, car ces mots auraient pu heurter des gens personnellement.”

À titre illustratif, lorsque, par tweet daté du 20 septembre 2013, un internaute lui demandait « pourquoi il détestait tant le continent africain ». Sa réponse a été sans équivoque. « Je ne le déteste pas. [L’Afrique regorge] d’un énorme potentiel », avait-t-il reconnu sans gêne, aucune.

Les autres tweets suivants, relevés par des spécialistes qui se soucient bien de sa santé mentale, expliquent à souhait, l’absurdité, le misérabilisme teinté de mépris suprématiste qui animent notre malade après avoir assouvi ses envies de maniaque au regard de l’intervalle de rechute :

- Trump aujourd’hui : « Je regrette d’avoir dit des choses blessantes. »

- Trump plus tard dans la journée : « Tous les Noirs sont pauvres, sans éducation et sans emploi ».

Cette attitude incompréhensible dénotée à son endroit a poussé le Dr John D. Gartner, professeur de psychiatrie à l’université John Hopkins, de lancer une pétition évoquant l’application de l’article 3 du 25e amendement de la Constitution américaine qui prévoit la destitution d’un président «inapte à exercer ses fonctions». À la date du 2 février 2017, plus de 15 000 signatures de spécialistes ont été recueillies.

À la lumière de tout ce qui précède, il est plus qu’urgent de songer à le recadrer ou à le faire suivre pour l’intérêt de Tous avant qu’il ne rejoigne les psychopathes reconnus qui ont marqué l’histoire, de par leurs exagérations outrancières comme Saddam Hussein, inégalé avec ses 189 points, suivi de près par Henri VIII à 178.

Du moment que rien n’est éternel dans cette vie ici-bas et que la démocratie étant ce qu’elle est, vivement 2020.

Qu’Allah Swt veille sur le Monde, notamment sur Notre Cher Sénégal … Amen

*Cerveau : Usa, première puissance économique mondiale

Par Elhadji Daniel SO,
Président d’En Mouvement ! Défar Sénégal
Ensemble, Construisons le Sénégal !
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Dès l’annonce du décès du Khalife général des Mourides, Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké, le Président Macky Sall, à la tête d’une forte délégation, s’est rendu à Touba, la ville sainte, pour présenter ses condoléances. Au-delà de l’acte républicain qu’il a accompli, le Président de la République, talibé mouride, vient de renouveler sa force d’engagement et de fidélité au Mouridisme. En effet, dans la philosophie mouride, quel que soit le statut du talibé, le respect de la hiérarchie, l’engagement et le dévouement sont des attitudes que fondent l’ordre et la discipline sans lesquels le «djébellou» ou l’acte de soumission et de servitude sont vains. Cependant, depuis son arrivée au pouvoir, le Président Macky Sall n’a pas suivi la stratégie de contournement des confréries religieuses, comme on l’a prêté à Abdou Diouf et à Senghor dès le début de leurs mandats respectifs. Au contraire, il a proclamé publiquement son appartenance à la confrérie mouride, mais le troisième Président de la République du Sénégal ne vit pas sa religion sur la place publique.

Dans le sillage de Senghor, Macky Sall prône une laïcité positive dans laquelle l’Etat et la religion gardent leur autonomie respective, mais se réservent des espaces de coopération partout où l’intérêt national est en jeu. Au Sénégal, aucun chef d’Etat, quel que soit sa légitimité, ne saurait se passer du rôle particulier des confréries religieuses musulmanes. En effet, des éléments de ce que l’on pourrait désigner sous le nom de contrat social, contrat liant la société au pouvoir politique central de l’Etat, ont été discernés dans les rapports bien établis entre les confréries musulmanes sénégalaises et les gouverneurs, puis les Présidents résidant à Dakar. Le Mouridisme se trouve au cœur du contrat social sénégalais qui, selon plusieurs observateurs, est à l’origine de la stabilité remarquable du Sénégal. Ce contrat social qui a été abondamment discuté par les politistes les plus réputés, fonctionne, selon l’historien Meissa Babou, comme un système d’échanges à travers celui-ci, l’Etat et les ordres soufis, quoi que situés dans des espaces différents, collaborent pour maintenir la stabilité au Sénégal. Le succès de ce système repose, dans une large mesure, sur la capacité des leaders confrériques à maintenir leur crédibilité aux yeux de la population en gardant une distance à l’égard du pouvoir pour jouer le rôle de porte-parole des sans voix et de soupape de sécurité en temps de crise. Bien qu’étant d’obédience Tidiane, la famille de Macky Sall originaire du Fouta a très tôt développé des relations très anciennes avec les dignitaires mourides.

Son père Amadou Sall noua de bonnes relations avec feu notre père, par ailleurs représentant de Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma dans le Sine. C’est pourquoi très jeune, le Président Sall s’est mis au service du Cheikh en participant à la construction de la première maison « Keur Serigne Touba » de Fatick sise au quartier Darel, à l’époque à quelques encablures de la maison des Sall à Peulgua, en compagnie d’un de ses camarades d’enfance, en l’occurrence Oumar Ndaw Seck fils de feu El Hadji Ibrahima Seck. Il faut rappeler que tous les enfants des talibés mourides que nous étions accompagnaient leurs parents les samedis et dimanches à ce grand chantier. On comprend aisément que dans ces conditions, le chantier était l’attraction d’autres enfants dont l’élève Macky Sall.

Dans les années 80, alors qu’il fut étudiant, il fait connaissance avec certains Cheikhs Mourides, notamment ceux de Gouye Mbind par l’intermédiaire de feu Ousmane Masseck Ndiaye. Même s’il n’avait pas encore fait acte d’allégeance, il avait une forte culture Mouride. Partout ou allait, il s’asseyait au sol en signe de respect à l’ordre maraboutique. C’est pourquoi, il a très tôt bénéficié des prières et des faveurs de la hiérarchie Mouride qui garde de lui un bon souvenir de ses visites. Lui-même l’a confirmé lors du rappel à Dieu de Serigne Abdou Fatah. « C’est Darou Khoudoss qui a constitué ma porte d’entrée dans le Mouridisme », a-t-il confié à l’assistance. Et de préciser : « En 2000, je suis venu ici par l’entremise de Serigne Mbacké Sokhna Lô. C’est lui qui m’a présenté à Serigne Mohamed Mbacké. J’ai passé deux jours ici avec mon épouse et Baïla Wane, et à mon retour sur Dakar, j’ai été nommé ministre de l’Hydraulique. Chemin faisant, il fera acte d’allégeance à Serigne Saliou Mbacké, témoigne Cheikh Mbacké Sakho. A la disparation de ce dernier, il renouvela son acte d’allégeance auprès de Serigne Bara Fallilou, ensuite chez Serigne Cheikh Sidy Mokhtar Mbacké. Donc la mouridité du Président Sall ne se discute pas. Sous ce rapport, avec Macky Sall, nous ne sommes en présence d’un Président qui subordonne sa fonction de premier magistrat de la République à son identité confrérique mouride.

Au contraire, c’est quelqu’un qui a toujours su faire la différence entre sa fonction de Président de la République et ses sensibilités identitaires. Mieux, en plus des gestes d’allégeance à la hiérarchie mouride, le Président Sall s’est engagé à investir dans le développement de la ville de Touba. Il a compris la symbolique que représente cette ville où reposent Cheikh Ahmadou Bamba, mais surtout ce que signifie « Liguéyal Serigne-bi chez le talibé mouride ». En bon talibé mouride, le Président Sall s’est attelé à moderniser la ville de Touba, en la dotant d’infrastructures modernes. La construction de l’autoroute Illa Touba, le plus grand de tous les temps en termes de financement, s’élève à plus de 400 milliards de francs Cfa. Sur le plan de l’assainissement, le Président Sall a réalisé un important réseau à hauteur de 10 milliards de FCfa. Tout le monde sait que les quartiers comme Dianatou, Madiyana, Keur Niang et même les alentours de la Grande mosquée étaient inondés à chaque hivernage. Au plan sanitaire, Touba va bientôt inaugurer un nouvel hôpital, dont la valeur est estimée à 40 milliards de francs Cfa. Ce bijou va soulager la commune de Mbacké dont le district sanitaire gère la majorité des évacuations venant de Touba.

Monsieur le Président de la République a fait sien un enseignement mouride : « Travaille pour le marabout sans rien attendre autre que la récompense d’Allah ».

Pape A. KHOUMA
Talibé Mouride / Parcelles Assainies
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Mon père, sama bayu xol, mon ami. Ina lilahi wa ina ilayhi raji’un.

Aujourd’hui le Senegal tout entier toutes confessions confondues, la ummah islamique, pleurent la disparition d’un guide exceptionnel qui, par sa générosité, sa lucidité, et son sens des responsabilités, a su gagner les cœurs de milliers d’hommes et de femmes d’ici et d’ailleurs.

Et c’est de cela qu’il s’agit : assumer ses responsabilités vis-à-vis de l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba face aux exigences du monde moderne tel que évoqué dans le coran (Surat Al Ahzab- Les coalisés S33, v72-73) « Nous avions proposé aux cieux, à la terre, et aux montagnes la responsabilité (de porter les charges de faire le bien et d’éviter le mal.)Ils ont refusé de la porter et en ont eu peur, alors que l’homme s’en est chargé ; car il est très injuste envers lui-même et très ignorant. Il en est ainsi afin qu’Allah châtie les hypocrites hommes et femmes et les associateurs et les associatrices et Allah accueille le repentir des croyants et des croyantes. Allah est Pardonneur et Miséricordieux ».

Cette responsabilité d’injonction divine, Cheikh Sidy Moctar l’a assumée de la plus belle manière avec courage et détermination. Le regretté Khalife a laissé son empreinte par ses prêches où il appelait à la solidarité entre toutes les confréries et toutes les confessions. Dans sa stratégie cognitive de communication, qui était d’une simplicité désarmante, il disait toujours que les Tidjanes et les Mourides, ainsi que les autres confréries, avaient le même dieu, le même islam, la même qibla, les même cinq prières, le même ramadan et le même pèlerinage à la Mecque. Vérités limpides qui méritent qu’on se les rappelle à chaque instant ; message important de par son contenu et de par son porteur : le Khalife général d’une confrérie dont le fondateur Cheikh Ahmadou Bamba est la fierté de tout un peuple.

Ibn Taymiyya affirme sur la base du coran et de la sunnah que la valeur d’un pouvoir est déterminée par les qualités morales personnelles des hommes qui assument le pouvoir et non par la nature des institutions. Il dit dans la première épître relative à la khilafa et à la royauté : « si le détenteur du pouvoir est sain, alors les affaires des hommes le seront également ; mais s’il est corrompu, alors les affaires des hommes le seront tout autant ». A l’appui de cette vision personnaliste, Ibn Taymiyya cite d’autres hadiths tels que celui qui évalue la valeur d’un dirigeant à son caractère bienveillant et à sa proximité avec le peuple : « vos meilleurs dirigeants sont ceux que vous aimerez et qui vous aimeront, que vous bénirez et qui vous béniront ». Cheikh Sidy Moctar est l’incarnation de cette vision d’Ibn Taymiyya des pouvoirs spirituel et temporel. Il était sain, et c’était un saint que nous aimions et qui nous a aimés et qui nous a toujours bénis. C’est ce lourd héritage que notre père Serigne Mountakha Bassirou aura à perpétuer. Nous lui souhaitons de disposer de l’abnégation et de la foi nécessaires pour continuer la mission de Serigne Touba, à l’instar de ses pieux ancêtres et devanciers.

Je suis meurtri devant la disparition d’un cheikh qui était une chance pour le Sénégal surtout à l’heure actuelle où nous avons besoin d’humilité et de sens de dépassement pour davantage de cohésion nationale ; qualités qu’incarnait pleinement Cheikh Sidy Moctar Mbacké. Grand rassembleur, nous lui devons aujourd’hui de célébrer les fêtes religieuses musulmanes en communion. Il me disait souvent durant le Gamou de Louga « japal ni fofu nga nekk ca Louga man nga fa nekal ; fi ma nekk ci Touba yaw la fi nekal ». Serigne Sidy Moctar ne se limitait pas à nous enjoindre l’union et l’unité, mais il le vivait et l’incarnait. Il a traduit dans les faits et dans sa vie le poème testament de Cheikh Abdou Aziz SY Dabakh: « ki nan Touba ak Tivaouane ñari dawla lanu … sen dawla jitu nafi ».

Par Serigne Mansour SY Djamil
Khalife de Serigne Moustapha SY Djamil
Co-président, Conseil Mondial des Religions pour la Paix
Député, Assemblée nationale du Sénégal
Président, Bës Du Ñakk

Il m’est particulièrement agréable de témoigner en tant qu’acteur de l’éducation, depuis des années, que ce Prix du Chef de l’Etat pour l’Enseignant est une initiative de haute portée républicaine qui revalorise toute une corporation. Je suis profondément reconnaissant au Protecteur des arts et des lettres pour cet acte symbolique et historique mais qui a aussi un sens patriotique. Pour le Président Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde » et pour réussir l’éducation, l’enseignant est au cœur du dispositif et pour atteindre la qualité des enseignements – apprentissages, il faut des éducateurs qualifiés et motivés. Le Programme d’Amélioration de la Qualité, de l’Equité et de la Transparence ( Paquet ) qui est un instrument du Ministère de l’Education Nationale mis en place pour la définition et la mise en œuvre des politiques éducatives au Sénégal devrait attacher plus de prix et d’attention au statut de l’enseignant. Tout militant et acteur de l’éducation doit être soulagé et réconforté par cette décision de la Haute Autorité de l’Etat qui a grandement contribué à donner plus de crédit à cette prestigieuse fonction. Pour l’Unesco, « Des enseignants qualifiés et motivés sont la clé de voûte d’une éducation de qualité » Les enseignants souffrent de statut, de salaires et de conditions de travail qui ne sont pas satisfaisantes et les pays qui atteignent des niveaux d’apprentissages élevés comme la République de Corée et Cuba ont régulièrement investi dans la profession enseignante.

L’Unesco œuvre à jouer un rôle mondial de premier plan en faveur des enseignants, de leur formation, de leur développement personnel en suivant la recommandation Unesco/Oit de 1966, condition du personnel enseignant. L’Enseignant demeure l’un des fonctionnaires de l’Etat les plus suivis et évalués et ses absences et retards non justifiés lui sont formellement interdits car il est à la fois contrôlé par ses collègues, ses supérieurs hiérarchiques, les parents d’élèves et les élèves eux-mêmes.

En décidant de décerner ce Prix aux Enseignants, le Président de la République pose des actes concrets d’équité et de justice sociale pour un corps dont les leaders syndicaux et autres acteurs ont toujours revendiqué plus de considération et d’attention. Tous les acteurs de l’éducation s’accordent que cette initiative du Chef est salutaire mais elle pouvait être plus ouverte et aller vers un Prix de l’Education à l’image du Prix du Chef de l’Etat pour les Arts et les Lettres où différents acteurs des différentes formes d’éducation comme l’alphabétisation, les «Daaras» etc. car l’éducation, c’est aussi le formel et le non formel. Pour rappel, l’année dernière, notre pays a gagné le Prix de l’Unesco pour l’alphabétisation et cela a été, en grande partie, l’œuvre des enseignants du non formel voire les facilitateurs en alphabétisation. Loin pour moi de sous-estimer le travail abattu par les enseignants craie en main qui sont pour le moment ciblés par le Prix et qui font un excellent travail dans les coins les plus reculés du Sénégal parfois dans des conditions difficiles. Je préconise que le Prix soit ouvert à d’autres enseignants qui ne sont pas dans les classes comme ceux qui sont dans les services centraux, dans les organisations syndicales etc. et pourtant, qui ont passé toute leur vie à œuvrer pour le devenir de notre école. C’est pourquoi je propose le fonds et la forme du Prix du Chef de l’Etat pour l’intérêt exclusif de l’école et des enseignants. J’adresse mes vifs remerciements au Président de la République pour cette belle initiative qui est une innovation de taille qui sans nul doute contribuera à relever la qualité de notre système éducatif.

Par Silèye Gorbal Sy
Expert en Education et Développement Local
Président Coalition Nationale Education pour Tous du Sénégal
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On reconnait les grands historiens,
D’abord par leur volonté de connaitre et de garder les récits transmis ou écrits par des intelligents arabophones rigoureux gardiens traditionnels du patrimoine culturel de leur environnement social. Amadou Tamimou Wane et le prototype des historiens fouineurs, curieux et perspicaces. Il a fait ces humanités auprès du Satigui Ciré Abbas ; Baila ; Birane Wane et tant d’autres érudits qui ont conservé jalousement leurs sources sures de l’identité du Fouta Sénégalais.
La vie de saint-Homme
Dans les années 1960, il a sillonné le Fouta pour approcher, passez-nous l’expression : « les gardiens du temple ». Tel Amadou Windou-Nodi très versé dans la vie de cheikh Oumar Tall, nous vous livrons la première partie intitulée : Demande et réponse.
Demande : Monsieur Amadou Mamadou, vous êtes d’ici ?
Réponse : oui, je suis d’ici, du village de windou-Nodi dont j’ai pris la terminologie d’Amadou Windou Nodi pour m’identifier
Demande : Est-ce l’histoire de Cheikh Oumar que vous voulez nous raconter ?
Réponse : Oui, je connais l’histoire du Fouta, mais je m’identifie à celle de Cheikh Oumar.
Demande : Nous vous écoutons alors commencez
Réponse : Après les chants épiques sur la généalogie de Cheikh Oumar Tall, chants qui constituent l’entrée en matière, Amadou Windou-Nodi entonna la version en ces termes :<< Cheikhou Oumar est né au village de Halwar dans la nuit de mercredi à jeudi, cette nuit-là, le ciel fit entendre dans la région du Nord quatre grondements de tonnerre significatifs parce qu’annonçant chacun un fait événementiel sur cette naissance du Grand Cheikh pour présager des faits sur les péripéties de sa vie.
Ainsi, le premier tonnerre disait : « Qu’il deviendra un Grand Khalife de secte Tijanya, par volonté même de Cheikh Ahmed Tijane, Fondateur de la secte.
Le second tonnerre disait que la nuit de sa naissance est un signe de révélation qui atténuera les contestations sur l’apparition de la nouvelle lune du mois de Ramadan, évitant ainsi les prières à deux temps.

Le troisième tonnerre faisait savoir à Elimane Saidou et à Sokhna Adama parents du nouveau-né béni, que lorsque leur enfant grandira, il entreprendra le Jihad (la guerre sainte).
Enfin, le quatrième tonnerre informait à ses parents que leur nouveau-né n’était rien d’autre que l’incarnation de leur défunt enfant dévoré par les hyènes au moment qu’ils priaient tous deux le Witr, c’est-à-dire Timiss.

Au huitième jour de sa naissance, l’enfant fut baptisé et plus tard Cheikhou précéda le prénom Oumar pas comme titre universitaire, honorifique ou circonstanciel, loin s’en faut.
Les prénoms Cheikhou Oumar, écrits en arabe se composent de cinq lettres en Cheikh et trois en Oumar. L’ensemble forme huit lettres, chacune à sa définition particulière qui annonce en lui différents dons de Dieu qui feront de lui un homme comblé. La définition des huit lettres que voici résume toute sa mission sur terre.
I Lif = En guerre sainte, il a la faculté de tuer tout individu qui refuserait de se convertir à l’islam.
II Lam = Tout livre qu’il aura lu, une fois, il le conversera en mémoire, et pourra le reproduire textuellement sans en omettre une virgule.
III Chyn = C’est sa résignation totale sur les faits de Dieu.
IV Ya = Pendant 63 ans de sa mission divine, il ne fera au peuple que des bonnes recommandations sur l’islam. Il lui sera loisible d’interdire toute chose en porte à faux avec l’islam sans lever les armes.
V Kha = sa crainte absolue et sa soumission totale à Dieu dépassent celles de tous ses contemporains.
VI Ayin = Il vivra plus de 70 ans, mais n’atteindra pas 80 ans, et sera Erudit de plusieurs disciplines.
VII Mim = Sera fortuné, baignera dans l’opulence et effectuera 160 combats de pacification
VIII Ra = Sera couvert de la clémence et la Miséricorde divine.

Codda Adama Aissé, comme aiment à l’appeler les poètes, c’est-à-dire le Cadet de Adama Aicha Thiam, est né et a grandi à Halwar, où il apprit toute la théologie avant d’aller poursuivre ses études ailleurs. Imbu de toutes les sciences, il revient à Halwar à l’âge de 20 ans pour y rester trois autres années au cours des quels il construisit la Zaouia de Halwar. Les habitants du saint- village, ses propres parents démolirent sa mosquée prétextant qu’il était précoce pour identifier la maison de Dieu. Cheikhou Oumar alla se plaindre auprès de Alpha Amadou son frère ainé.
Et ce dernier lui dit « N’en fais point cas. Cela n’a aucune importance, je te conseille de garde ton sang-froid, s’il plait à Dieu tu auras à construire dans beaucoup de pays du monde d’innombrables grandes mosquées et Zaouia qui feront date dans l’histoire de l’Humanité ».

Après cette mésaventure qu’il encaissa grâce aux conseils de frère ainé, Cheikhou Oumar acheta une parcelle cultivable à un terrien de Halwar contre de l’or.
Après la décrue des inondations annuelles, juste au moment où il s’apprêtait à faire cultiver son lougan, le terrien qui le lui avait vendu s’en empara et le cultiva pour lui-même. Le Sage Homme ayant perdu son or et sa parcelle s’en alla plaindre encore auprès de son frère et conseiller Alpha Amadou qui lui dit :
« Abandonne cet or à cet homme injuste, Dieu te donnera beaucoup d’or et beaucoup de terre à la place ».

A la quatrième année de son séjour à Halwar Cheikh Oumar Tall résolut d’effectuer un pèlerinage à la Mecque en passant par la Fouta Djallon. C’est qu’à l’âge de 24 ans, il partit de Halwar un jour de mercredi exactement le même jour de sa naissance, quelques heures après le lever du soleil du mois appelé en arabe « Rabiou Lawal » de l’an 1241 de l’Hégire. Il était accompagné de son petit frère appelé Aliou Saidou dont il était le professeur. Il fit un long séjour au Fouta Djallon auprès d’un marabout savant et sagace professeur qui lui apprit la science mystique.
Ce même professeur décida d’effectuer avec cheikh Omar le pèlerinage à la Mecque. Mais Cheikh Oumar, bien que consentant lui demanda de l’attendre pour faire ses adieux à ses parents.
De retour au Fouta Djallon, Oumar trouva son professeur parti, car l’ayant longtemps attendu et Oumar le suivit étape par étape.

Arrivé à un certain village de son itinéraire, on lui annonça le décès de son maitre à la suite d’une fièvre. On lui présenta ses livres et d’autres objets qu’il avait laissés en mourant.
Contrairement à la vérité populaire qui laisse croire que l’autorisation d’exercer le Wird Tijanya lui provenait de Cheikh Mohammadel Ghaly, c’est bien le professeur Foutanquais du Djallon qui autorisera cheikh Oumar El Foutyou à exercer le Wird Tjanya et fit de lui le khalife de la dicte secte sur toute l’Afrique du Nord, Après Cheikh Ahmed Tijani lui fit apparu en rêve aux dernières heures de sa vie.

Cheikh Oumar recueillit les livres et les objets de son défunt maitre puis continua sa route jusqu’au royaume de Bornou au Nigeria où il trouva un souverain autoritaire, violent, injuste, régnant avec cruauté, sans égard ni pitié en vers les musulmans.

Ce monarque ayant appris l’arrivée de Cheikhou Oumar le convoqua dans sa capitale et lui signifia de confisquer tout or qu’il pourrait disposer.
Cheikh Oumar dit à l’envoyé du souverain en ces termes : « Vous direz à votre souverain s’il plait à Dieu qu’il n’aura pas mon or, si également, c’est le contraire qui lui plait, je ne peux rien contre sa volonté ».

Mamadou Amadou Taminou Wane

Nos compatriotes ont suivi avec un grand intérêt l’adresse à la Nation de Son Excellence Monsieur Macky Sall Président de la République du Sénégal à l’occasion des vœux de nouvel an.

La profondeur textuelle du message présidentiel a tenu la promesse des fleurs.

Solidarité, générosité, audace, détermination et aspiration à un lendemain meilleur pour le Sénégal et pour ses fils. Tels sont les maîtres-mots qui guident l’action du Président Macky Sall déclinée et expliquée dans le Discours de nouvel an. Par ailleurs, l’année 2017 aura surtout été marquée par la poursuite de la mise en œuvre de la vision programmatique du Président de la République Macky SALL, dans les secteurs vitaux et porteurs de croissance. Ainsi, à la lumière des gestes posés par le Chef de l’État et son Gouvernement, il est loisible de constater que les politiques publiques jusqu’ici adoptées, ont impacté positivement le vécu des Sénégalais et ce, dans tous les domaines de la vie économique et sociale. En atteste le bilan dressé en ce qui concerne le PUDC, le PROMOVILLES, le PUMA. Ces différents programmes mis en place grâce à la vision généreuse du Président de la République ont réduit le gap économique entre les zones urbaines et rurales, en sus de créer une économie viable et durable à l’échelle communautaire. A cet effet, le Président de la République a pris la décision d’augmenter, en 2018, le budget du PUDC et du PROMOVILLES en le portant respectivement à 300 milliards sur quatre ans et à 175 milliards. De plus l’option résolue du Président de la République de promouvoir la bonne gouvernance dans un contexte de découverte de pétrole et de gaz a été consacrée par la mise en place de COS-PETROGAZ pour veiller à la bonne utilisation des ressources au profit des Sénégalais et des générations futures. Enfin, l’année 2017 a fini par convaincre les sceptiques de la pertinence des choix politique et économique adossés à une vision prometteuse. Finalement, nous aurons noté un discours de mobilisation autour de l’accélération de la croissance, un discours rassurant et rassembleur.

Au regard des réalisations déjà effectives et celles préconisées en 2018, le peuple constate avec enthousiasme que le réalisme a pris le pas et le Sénégal se métamorphose comme le chef de l’État l’avait promis. Aussi, convaincu que l’option d’un développement inclusif pour « un Sénégal de tous, un Sénégal pour tous » doit prendre en compte tous les fils du pays, le Président Macky Sall en appelle à un sursaut national patriotique. C’est tout le sens à donner à sa volonté réitérée de n’exclure personne dans la bonne marche du pays. En atteste son vibrant appel au MFDC et aux acteurs politiques afin que nous restions attachés, quoi qu’il arrive, au dialogue constructif et au compromis, dans le traitement des questions qui nous engagent tous.

En définitive, nous jugeons le discours de nouvel an du Président Macky Sall à l’aune de l’histoire des faits politiques qui veut que chaque époque ait ses leaders, ses pionniers et ses visionnaires.

Pour le Sénégal, le Président Macky Sall fait partie de cette classe de visionnaires qui rassurent.

Par Hady TRAORE
Coordonnateur Fédérateur de la DSE APR CANADA

C’est presque maladif. Le Sénégalais a le triomphe modeste. On pouvait comprendre cette retenue, cette réserve, cette pudeur que sais-je, quand le Sénégal pataugeait encore dans les abysses du sous-développement. Mais ça, c’était avant, comme dit la pub, les différentes réalisations notamment des infrastructures de classe mondiale, ayant changé le visage du Sénégal dont la dernière en date, est l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) de Diass.

A mon goût, rien n’a changé dans cette pudeur malsaine, in fine. Excepté, bien sûr, les Sénégalais qui se sont mobilisés (ou l’ont été) pour le show inaugural de l’AIBD, le 7 décembre 2017.

C’est dire que le Sénégalais est peu enclin aux excès de ferveur patriotique. Pourtant, il en a désormais des prétextes pour. Il a du mal à se lâcher, à crier victoire, à s’extirper de sa pudeur, de sa retenue, de sa réserve. Il est gêné de chambrer les voisins alentours, comme partout ailleurs, parce qu’il est, pour sûr, sur la voie de la réussite.

Cette absence d’expression de joie victorieuse ne fait que rendre plus extraordinaire encore sa réaction aux différents succès que le Sénégal continue, à son rythme, d’engranger ici et là, dans plusieurs domaines. Pour anecdote, j’avais expressément rallié Dakar pour être dans l’ambiance du match de qualification retour au mondial Russie 2018, Sénégal-Afrique du Sud. Rencontre qui, au-delà de la victoire, par ailleurs nette, mettait fin à la polémique alors savamment entretenue par le Burkina Faso, criant au complot de la FIFA en faveur du Sénégal. Qu’elle n’a pas été ma surprise quant à l’indifférence générale des Sénégalais à l’issue de cette victorieuse soirée de foot. Aucune liesse populaire.

Aucune expression de joie manifeste dans le visage des rares compatriotes rencontrés, en sortant de ce café dans le quartier des Amitiés à Dakar. J’étais envahi d’une espèce de frustration tant, il est vrai, que le but de mon voyage était de faire la fête après cette qualification que j’espérais belle est historique pour la nouvelle génération de Sénégalais. Mais rien à faire pour laisser éclater la joie du Sénégalais.

Pourquoi ? Mystère. Ailleurs, chaque victoire glanée est prétexte pour montrer aux yeux du monde les progrès accomplis par la NATION. Dieu sait que les victoires du Sénégal, de 2000 à nos jours sont nombreuses et porteuses d’espérance surtout. Pour sûr, le Sénégal s’est inscrit durablement dans une dynamique de gagne. Le mérite de l’Etat du Sénégal, en 17 ans seulement, doit être d’autant plus mis en exergue qu’il a consacré, et continue de le faire, beaucoup de temps, d’énergie, d’assiduité et consenti de nombreux sacrifices pour la réalisation de grands projets structurants.

Mieux, ce n’est qu’une étape du déploiement des Projets Stratégiques pour une Emergence globale (PSE, sic), nous laisse entendre l’Etat. Dans le pipe, pour 2018 et 2019, le tronçon d’autoroute Illa Touba ou encore le Train Express Régional devant relier Dakar à l’AIBD. Pour tout ce qui est déjà fait et livré, pour les projets en cours d’exécution, pour les promesses d’un Sénégal meilleur, le Sénégalais pourrait bomber le torse et afficher une fière allure. Pourtant je flaire chez le Sénégalais surtout resté au pays une forte odeur de modestie. J’en déduis donc, c’est ce qui le fige dans cette attitude d’absence de fierté, d’expression victorieuse et c’est, justement, ce dont le Sénégalais est le nom.

Moi, ton compatriote, loin de tirer pleinement profit des avancées du pays, j’ai envie de crier haut et fort ma fierté pour ce Sénégal qui fait d’énormes progrès.

Par Bachir Thiam
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Ton compatriote

Nous voudrions mêler notre voix et cri à ceux de notre ami Saliou SAMBOU, ex Gouverneur, en direction de M. Le Président de la République, pour la Paix en Casamance.

Le Temps paraît favorable, car aujourd’hui, hier comme demain on ne parle que de Dialogue et de Paix ici et là et notre Président assurément fait figure d’idylle à travers les nations. Hier à Noël, nous avons chanté et demandé la Paix « Paix aux hommes et partout dans le monde. »

Déjà en 2001, le 30 Mai, nous demandions, à la suite d’une étude commanditée par l’UNESCO, l’organe des Nations unis qui en est l’esprit, le cœur et la fonction éthique et morale, nous demandions et proposions des chemins et ouvertures de Paix définitive en Casamance par l’intermédiaire de l’UNESCO et de « San Egidio » ; et nous avions pour cette Paix, les voies du développement durable à travers tous les programmes de l’UNSECO : la science, l’Education, la culture, la communication et les programmes transversaux :l’unité de paix et unité de dialogue. La paix en 2018, le temps est favorable ! (CF. Notre étude par le BREDA (Bureau de l’UNESCO-DAKAR pour l’Afrique).

In « Quel Sénégal pour demain… » L’Harmattan, 2012

Dakar, le 31 Décembre 2017

Par Théodore NDIAYE
Président d’Honneur
PRESENCE CHRETIENNE

Assurément, le 19 décembre 2017 aura marqué d’un sceau indélébile l’histoire de la vie culturelle au Sénégal, mieux tout simplement l’histoire contemporaine de notre pays.

Tant il est vrai de constater que l’actualité est la rencontre de l’homme et de l’évènement, il n’en demeure pas de souligner avec aisance la pertinence de la relance du Grand prix du président de la République pour les Lettres et les Arts.

Aussi, c’est le mérite du Président Macky Sall, un scientifique avéré d’avoir relevé le défi de la relance dans un contexte assez difficile.
Ainsi, il mérite toute la gratitude de l’Association des Ecrivains du Sénégal qui a vu trois de ses membres nominés : Rahmatou Seck Samb, le Colonel Moumar Guèye et Mamadou Samb. Mieux le mérite du Président Sall est d’avoir cru obstinément à la valeur culturelle et à la promotion créatrice de notre pays profondément enfoncé dans les racines de la terre première. Mais l’histoire a aussi démontré que le siècle de lumière en France a été marqué par la qualité des œuvres des scientifiques. Ces auteurs majuscules étaient des médecins, des avocats, des ingénieurs, des paramilitaires, etc.

Comme quoi, le scientifique Macky Sall a beaucoup apporté à la culture au Sénégal par des actes concrets loin de toute considération politique et partisane.
Il faut s’en féliciter et reconnaitre que cette volonté politique de renforcer les conditions de la création artistique et littéraire de notre pays dans toute sa diversité est beaucoup plus une constante qu’une révolution de la part du Premier Protecteur des Arts et des Lettres.

Pour l’histoire, le Fonds d’aide à l’édition était de 50 millions à ses débuts au temps du Président Abdou Diouf. A l’occasion de la rencontre du PEN International en 2007, à Dakar et pour la première fois en Afrique sous la Président Wade, il a été porté à 500 millions. Le Premier ministre d’alors, Monsieur Macky Sall, marqua l’évènement en proposant sa touche personnelle avec une augmentation de 100 millions. Ce qui porta le Fonds à 600 millions.

Aussi on comprend aisément la passion que le scientifique Président ait voulu donner aux nouveaux prix avec un accent particulier. Le Fonds d’aide a aussi connu une baisse dramatique, jusqu’à atteindre 240 millions. Les nouvelles mesure du Président Sall nous réconfortent et nous rassurent, car désormais il est de 570 millions avec une possibilité de l’amener à 1 milliard, par souci d’harmonisation et d’équité.

Le montant du Grand Prix du Président de la République est parti de 2 millions de Francs Cfa pour atteindre aujourd’hui 20 millions. Cela, nous le devons à la générosité du Président scientifique Macky Sall. Nous le félicitons et le remercions pour cette grandeur de vue et cette générosité spontanée.

D’autres mesures viennent d’être annoncées à l’occasion de cette cérémonie grandiose : l’ouverture prochaine du Musée de Civilisation Noires, l’augmentation du FOPICA, la réfection du Théâtre National Daniel Sorano, sans oublier les équipements et la réalisation des foyers religieux et coutumiers, son appui constant à l’organisation de la Journée Internationale de l’Ecrivain Africain est aussi une marque d’attention à l’adresse des veilleurs de crépuscule et guetteurs d’aurore que sont les écrivains.

Nous savons aussi que l’accès au livre scolaire par les maisons d’édition locales est une des préoccupations du premier Protecteur des Arts et des Lettres (la formule est de feu Mamadou Traoré Diop) à qui il faut rendre un hommage mérité. De même l’introduction d’une autre formule aussi envoûtante qu’efficace : la Culture est le ciment de la Nation sénégalais. Tout ceci explique l’ampleur de la culture dans la conscience du peuple du Sénégal qui est un peule essentiellement épique.

Le Président de la République dans son discours a aussi fait un appel pour une prochaine rentrée solennelle des Arts et des Lettres (une autre idée de Mamadou Traoré Diop), jadis secrétaire perpétuel de l’AES.

Au sortir de cette grande fête des Lettres et des Arts, nos félicitations vont vers le Premier Ministre Boun Abdallah Dionne pour son appui constant aux actions culturelles et aux associations. A l’actuel Ministre de la Culture du Sénégal, le journaliste, écrivain, Abdou Latif Coulibay qui a su avec aisance lier son nom à son magistère, avec une organisation parfaite, relever le défi de l’organisation et de la promotion qualitative.

Nos félicitations vont aussi Secrétaire Général du Ministère de la Culture, M. Birane Niang qui a su diriger avec brio le Comité d’organisation. Féliciter les membres du jury des Arts avec son président le talentueux Jean Pierre Leurs, mais aussi celui des Lettres dirigé par le profond professeur Alioune Badara Diané. Saluer la performance des Lauréats, notamment le rossignol de la chanson sénégalaise Baba Maal, le cinéaste Ousmane Wiliam Mbaye, mais aussi féliciter chaleureusement la performance littéraire féminine incarnée par Rahmatou Seck Samb pour son œuvre gigantesque faite de beauté, d’angoisse, d’émotion et de peintures corrosives. Incontestablement une grande œuvre vient de voir le jour, sans oublier Andrée Marie Diagne pour sa nouvelle innovante.

Saluer et féliciter tous les nominés des Arts et des Lettres, ils étaient tous à la hauteur. Choisir est toujours difficile, mais leurs œuvres sont aussi à suivre dans le temps, car l’avenir les appartient. Elles sont destinées aussi à perforer les cimes de l’oubli pour appartenir à l’éternité. Saluer aussi les maîtres d’œuvre de cette organisation grandiose. Ils ont aussi pour noms Ibrahima Lô, le Directeur du Livre et de la Lecture qui a marqué de son empreinte les nouvelles publications de la littérature sénégalaise, mais aussi le Directeur des Arts Abdoulaye Koundoul pour son abnégation. Désormais le Grand Prix a atteint une dimension jusque-là inégalée à la dimension du génie sénégalais, mais aussi à la volonté politique du Premier protecteur des Arts et des Lettres, le Président scientifique qui a prouvé que l’ingénieur peut bien booster la création littéraire en l’entourant de tous ses atours aussi resplendissants que le diamant sur le sable de la mer.

Merci Monsieur le Président pour avoir illuminé le ciel culturel du Sénégal des élans féconds.

Par Alioune badara BEYE

Dans la nuit du 1er au 2 janvier 2018, s’est éteint à Paris Mamadou Amadou Samba Ibra Wane à l’âge de 65 ans et 8 mois, laissant derrière lui son épouse et ses deux filles majeures. Pourtant, nos larmes avaient à peine séchées après la disparition brutale d’Abdarahmane Ndiaye le 1er décembre 2017 et celle de Ciré Bâ 20 jours plus tard.

L’année 2018 commence donc avec une douloureuse épreuve comme celle-ci, venant nous rappeler ainsi l’impuissance de l’être humain face à la volonté de Dieu. Né le 7 mai 1952 à Ndande où gît le mystérieux puits de Kalom découvert au 16ème siècle, il fut formé en Lettres modernes à l’université de Dakar où il décroche son diplôme, s’inscrit dans la dynamique de transmission des savoirs et rejoint le corps enseignant. Coïncidence heureuse entre le talent et le destin d’un homme attaché aux valeurs et aux principes républicains.

Symbole d’un espoir vécu et doté de capacités intellectuelles pour analyser des faits sociaux, Mamadou Amadou Samba (Grand Mama disions-nous) a laissé une empreinte hautement positive pour le vivre-ensemble et la revivification d’une fraternité apaisée dans la commune Mboumba.

Jamais céleste, toujours terrestre et pragmatique combinant ambition et précaution, le fils de Fatou Kiné Wade et de Amadou Samba Wane n’est jamais dans les fanfaronnades, privilégie le sens du devoir accompli et cible la solidarité, le développement économique et social comme socle du mieux-vivre ensemble. Une façon de rappeler que l’émancipation économique et sociale doit être une œuvre fédératrice, une marque de convergences de nos discours et de nos actions.

On en discerne une matrice presque obsessionnelle de l’humain au cœur de ses préoccupations et pourtant avec un grand désintéressement. L’homme de Mboumba par son lignage patrilinéaire et de Ndande (non loin de Kébémer, ville natale du Président Wade et par ailleurs oncle du défunt) par son lignage matrilinéaire est un exemple d’harmonie républicaine entre le Fouta-Toro, le Cayor et le Djolof. On comprend ainsi la mobilisation de plusieurs personnes pour lui rendre un dernier hommage à l’hôpital Bichat à Paris où eut lieu la levée du corps le 5 janvier 2018.

Jamais dans la nostalgie, Grand Mama nous donne à penser sur le sens du devoir entre « le maintenant » et « l’après » comme l’évoquait Georges Didi-Huberman, philosophe et historien de l’art, dans le prolongement des questionnements de René Char et Hannah Arendt.

Etat irréversible de l’existence de l’organisme de tout être, la mort est au cœur de notre existence. Pourtant, et quel que soit notre niveau de préparation, le commun des mortels auquel nous appartenons ne s’habitue jamais à la disparition d’un proche laissant ainsi le sentiment de vide et d’inaccompli.

Ce sentiment enclenche un autre qui est celui de la redevabilité à l’égard de celui qui nous manquera toujours ; un homme de sociabilité et d’humilité connues et reconnues par tous ceux qui lui sont proches ou l’ont côtoyé : il s’agit bien de Mamadou Amadou Samba que l’amour de son épouse, ses enfants, frères et sœurs, neveux et nièces, cousins et cousines a toujours porté et entouré jusqu’aux derniers moments.

Son jeune frère Birane Abd

oul Wane s’y est véritablement employé avec une bienveillance qui adoucit toute douleur et force le respect. Partir, entouré des siens aimants et bienveillants, c’est l’espoir de chacun. 

Tant est fort le retentissement psychologique de la disparition d’un être aussi exemplaire que lui, l’on demeure dans une impréparation permanente que doit aider à gérer le niveau de spiritualité et de religiosité de chacun parmi nous.

Submergés d’émotion, nous partageons cette douleur qui nous réunit dans la perte de celui qui nous a chéris à un moment ou à un autre. Nous lui exprimons notre profonde gratitude et relayons la marque de redevabilité exprimée par Aminata Ndiaye, sa belle-sœur et épouse de Birane Abdoul Wane qu’il a prise en charge à Dakar dans la détresse de Nouakchott et la chasse toujours actuelle aux noirs en Mauritanie organisée depuis 1989 par des beydane et leurs complices.

Accompagnée de ses filles, Aminata Ndiaye s’est déjà envolée pour Dakar où sera acheminée la dépouille par Birane Abdoul Wane.
Moment de douleur certes mais nos pensées et condoléances vont à Fama Leye, son épouse, ses enfants, Aïda et Racky Wane, ses frères et sœurs, cousins et cousines, neveux et nièces sans oublier aussi sa tendre et maternante maman. C’est autour de la famille du défunt que se rétracte la douleur.
Prions que Dieu accueille au Paradis Mamadou Amadou Samba Ibra Wane.

La postérité pourra se prévaloir d’un tel raffinement immortel de conduites et comportements exemplaires.
Pour toi, je m’incline avec les nôtres !

Par Ibra Ciré Ndiaye
Docteur en droit Anthropologue du droit Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
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La taxe de 40 FCFA à l’exportation sur le kilogramme d’arachide, soit environ 20% des prix intérieurs actuels, vient d’être suspendue provisoirement par le gouvernement, afin d’agir sur la demande et d’infléchir sur la baisse tendancielle des prix, défavorable au producteur.

La baisse tendancielle des prix sur le marché par rapport au prix de référence de 210 CFA le kilogramme, provient  de l’existence, cette année, d’un surplus de production, sur les besoins de consommation interne. Si l’on considère les besoins des industries de trituration d’arachide qui ont connu ces dernières années une nette reprise des activités et des besoins pour l’auto consommation dans le marché diffus, le surplus de production pourrait être estimé à plus de cinq cents mille tonnes d’arachide pour une production exceptionnelle d’un million quatre cents mille tonnes, au cours de la présente campagne agricole ; c’est dire qu’il y avait un effort à faire vers l’équilibre des marchés et éviter ainsi les méventes ou la baisse drastique des prix aux producteurs, annihilant les revenus de la majorité des travailleurs sénégalais que sont les paysans. Il s’y ajoute que la facilitation du placement du surplus sur le marché international permet une rentrée de divises et améliore la position internationale du Sénégal. L’instrumentation de la politique fiscale par ce biais constitue, en effet, un moyen de régulation efficace du marché en favorisant l’accroissement de la demande sur ce bien, consécutivement à une campagne agricole exceptionnelle, cette année au Sénégal. En vérité, lorsque les conditions du marché intérieur et international se modifient, il est naturel pour un gouvernement attentif et responsable de procéder à des ajustements nécessaires pour piloter sans péril le navire au gré des vagues, contrairement à une certaine opposition vindicative qui surfe sur des considérations politiciennes et crypto personnelles, à l’antipode de l’objectivité ou de la scientificité. Comment, devant une telle mesure salutaire, du reste conjoncturelle, une certaine opposition puisse parler de rétropédalage, de tâtonnement ou d’absence de vision ?

La question essentielle et préalable qu’’on devrait se poser est de savoir pourquoi antérieurement, les autorités étatiques avaient instauré la taxe à l’exportation sur l’arachide ?
La vision justement, c’est de faire du secteur le moteur de la croissance dans notre pays, constituant de ce fait, un domaine stratégique à protéger au moyen, entre autres, de la politique fiscale. Or, le secteur agricole qui polarise la majorité du monde du travail, dépend plus d’aléas climatiques,en ce qui concerne particulièrement l’arachide, que toute autre contrainte relevant des surfaces arables, des intrants et de la technologie. Les campagnes précédentes ont rarement atteint le million de tonnes et, dans la plus part des cas, les productions suffisaient peu ou prou à couvrir les besoins intérieurs pour l’auto consommation et pour les industries de transformation. Fallait-il rester les bras croisés devant une situation de sous-production intérieure et d’insuffisance d’offre qui explique la prise de mesures protectionnistes devant la présence de demandeurs chinois dans notre pays ? Faut-il également rester les bras croisés devant une situation contraire où les contextes sont plus favorables ? Que non !

L’instauration d’une taxe à l’exportation est stratégique et de portée générale. Elle traduit la volonté politique de protéger un secteur hautement stratégique pour une croissance endogène et auto centré. Toutefois si les conditions du marché l’exigent, comme c’est le cas aujourd’hui, une suspension de la taxe dans le cadre d’un ajustement est nécessaire, tout en sachant que demain, les aléas climatiques, pour une culture sous pluie essentiellement, pourraient être défavorables. Aussi, faudrait-il entrevoir que la détaxation à l’exportation sur l’arachide n’est que provisoire, en attendant une meilleure  de l’eau dans notre pays pour amoindrir l’impact des variables aléatoires dans les processus productifs.

Il ne s’agit pas d’une annulation de la taxe pour évoquer grossièrement un rétropédalage de la part d’une certaine opposition, mais il s’agit de l’application provisoire d’une bonne mesure suspensive de politique économique suivant la conjoncture, pour dire que c’est l’exception qui confirme la règle.

Kadialy Gassama, Economiste
Rue Faidherbe X Pierre Verger, Rufisque
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Avec le développement des TIC et l’accroissement de la demande en matière d’éducation au plan universel, la Formation à distance (FAD) est parvenue à séduire des pays comme le nôtre, après s’être bien implantée dans ceux du Nord. Dans cette optique, le Sénégal, dont la fiabilité du système éducatif et l’expertise de ses enseignants-chercheurs sont reconnues partout dans le monde, devrait se mouvoir avec plus d’audace dans cette dynamique. Au vu des performances de certaines plateformes, à la FASTEF ou à l’EBAD par exemple, et  après la création d’une université virtuelle (UVS), je pense que l’on pourrait adopter à bon escient la FAD (1) dans l’une des composantes de l’UCAD, la FLSH, une faculté que j’ai fréquentée comme étudiant pour tous les cycles et, pendant quelque temps, comme vacataire. J’ajoute, de suite, que celle-ci est confrontée jusqu’à présent à de sérieux problèmes d’effectifs et d’encadrement.

Il faut préciser, dès le départ, que l’introduction d’une forme d’enseignement à distance dans le milieu universitaire que j’ai choisi ne pourra pas se faire de manière globale et précipitée, ou sans précaution, compte tenu du contexte social et culturel dans lequel nous évoluons. Ainsi, dans une première étape, seuls quelques départements seraient concernés : ceux d’Anglais, de Lettres modernes, d’Histoire et de Langues romanes, où les effectifs dépassent toujours les capacités d’accueil. Dans cette perspective, le modèle organisationnel que j’ai, donc, retenu est celui de type bimodal centralisé. Mais il est évident que l’introduction d’un enseignement à distance, un modèle organisationnel bimodal plus précisément, dans notre milieu universitaire, suppose la mise en application simultanée d’un modèle pédagogique. Dans cet ordre d’idées, je vais m’atteler à décrire le modèle pédagogique qui serait, opportunément et convenablement, introduit. Je peux dire d’emblée que celui appelé académique devrait être pris en compte, ne serait-ce que pour une phase initiale d’orientation. Je reste convaincu que ce modèle, une fois introduit dans le système traditionnel en vigueur dans l’institution en question, n’y engendrerait aucun dysfonctionnement. A ce propos, je constate que la vision académique est fortement ancrée dans notre culture et que, pendant longtemps, elle fut presque l’unique façon d’y aborder l’éducation. Privilégier, en conséquence, le modèle académique permettrait de greffer aisément un type d’enseignement à distance au système universitaire qui prévaut dans la composante, objet de mon étude. Dans la mise en application dudit modèle, les enseignants, concepteurs de cours, vont travailler en étroite collaboration  avec quelques techniciens, au sein de l’équipe qui sera formée  à cet effet. Le rôle de celle-ci consistera à élaborer tout le matériel didactique, par lequel on proposera les connaissances à apprendre. Cependant, l’autorité de l’enseignant sera toujours préservée : « Il demeure l’ultime responsable, l’ultime décideur face à la planification et à l’organisation de l’enseignement, face au choix et à la mise en forme des contenus. »(2) La validité  de l’acte pédagogique incombera en totalité à l’enseignant. Aussi les enseignants, chargés de la conception des cours, seront-ils choisis parmi les professeurs ou maîtres de conférences, titulaires ou assimilés, qui confieront les tâches de tutorat à des assistants. Les tuteurs, que l’on désignera, apporteront un soutien  motivationnel ou méthodique aux étudiants. Ils pourront être en contact, à des moments déterminés, avec ces étudiants, quel que soit le lieu où se trouveront ces derniers sur l’étendue du territoire. Ils se déplaceront  également, de temps en temps, dans les capitales régionales, pour organiser des séances d’entretien sur place avec leurs étudiants.

Pour l’apprentissage, l’étudiant aura à sa disposition du matériel didactique (tapuscrits, cours en ligne) dans lequel les enseignants auront exposé  les connaissances à assimiler. Durant la période des examens de fin d’année, des centres seront ouverts à l’intérieur du pays. A cette occasion, Ils seront supervisés par un ou deux assistants-tuteurs. Et je répète que ce modèle académique s’insérerait harmonieusement dans le système de formation en vigueur au sein de l’institution en question. Mieux, ce modèle permettrait de répondre à des besoins sociaux, tout en ne mobilisant pas des moyens considérables. En plus, une manière d’accroître l’accessibilité aux études supérieures serait ainsi trouvée. N’oublions pas surtout que beaucoup d’étudiants, issus des zones rurales du pays, qui sont orientés à l’UCAD sans obtenir une bourse, finissent par abandonner leurs études et, même, par retourner chez eux à cause des conditions d’existence très  pénibles dans la capitale. D’autres étudiants, des citadins, obligés d’exercer un emploi permanent ou à temps partiel, pourraient s’inscrire par le biais du modèle d’enseignement que j’ai proposé. Il intéresserait, dans ces conditions, des personnes âgées, ayant le complexe d’aller poursuivre leurs études à l’université en même temps que des jeunes, qui pourraient être leurs fils ou petits-fils. Je peux parler ici de la possibilité de supprimer des barrières sociales et d’ordre psychologique pour permettre à des catégories de personnes d’accéder à un niveau très élevé de la formation. D’ailleurs, comme le souligne un spécialiste de la FAD, P. Guillemet, l’objectif de la formation à distance « est toujours quantitatif et correspond à la recherche de l’équité dans le traitement réservé à diverses catégories de clientèle… »(3)


Il convient, par-dessus tout, d’évoquer la notion d’accessibilité-qualité, dans la mesure où les enseignants, qui s’impliqueront dans cette formation, feront partie des professeurs chevronnés, habitués à dispenser des cours magistraux. Ce serait, sans aucun doute, un facteur qui garantirait en partie un taux de réussite satisfaisant. En outre, ce modèle de formation présenterait particulièrement des avantages au plan financier, car la nécessité de construire sans tarder beaucoup plus d’amphithéâtres, bien équipés, s’imposerait à nous avec moins d’acuité, ainsi que celle de recruter annuellement un nombre plus élevé d’enseignants-chercheurs. Dans la même veine, les heures de travail des professeurs, consacrées à l’équipe pédagogique, seront comptabilisées comme des heures complémentaires. L’unité pédagogique aura un local dans l’un des bâtiments de ladite faculté. Le personnel technique, qui intégrera l’équipe pédagogique, y travaillera en permanence. Il y aura aussi une collaboration entre l’équipe pédagogique et le Service de la scolarité, en charge des inscriptions de tous les étudiants et de l’organisation matérielle des examens.  

En dernière analyse, j’affirme que le modèle, privilégié dans mon texte, aurait l’avantage de concilier deux objectifs fondamentaux en rapport avec la formation à distance : la visée humaniste et la préoccupation économique. Néanmoins, pour que ce modèle gagne ses lettres de noblesse dans notre système universitaire, de gros efforts devront, en sus de la qualité des cours, être faits en ce qui concerne l’efficacité dans la mise en forme du matériel didactique destiné aux étudiants et la diligence  pour l’encadrement à distance ou le tutorat. Alors, une fois le défi de la crédibilité relevé et ce premier pari gagné, le modèle de formation que je viens d’expliquer pourrait être étendu à tous les départements de la FLSH/UCAD et même à d’autres composantes de cette université. Il arrivera, peut-être, un moment où les possibilités d’utiliser des technologies lourdes et onéreuses nous seront offertes, dans le cadre de regroupements ou de réseaux. Mais il faudra, avant tout, que la formation à distance, conçue dès le début sur un modèle qui tienne compte de notre vision académique actuelle, parvienne à se développer et à s’imposer dans l’enseignement universitaire public du Sénégal.

1.    Proposition réactualisée à partir de l’un de mes travaux, durant une formation de Formateur à distance,  exCAERENAD (ENS)/Télé-université du Québec, en 2002
2.    France, Henri, 1993, « Les modèles pédagogiques en FAD », Sainte-Foy, Télé-université du Québec
3.    Guillemet, Patrick, 1989, « La problématique de la FAD », Sainte-Foy, Télé-université du Québec

Badiallo dit Boucounta BA
Formateur de professeurs et d’inspecteurs de l’Enseignement
moyen/secondaire - Ancien Chef du Département de Didactique
des Langues romanes à la FASTEF/UCAD
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« Si claire est l’eau de ces bassins, qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur. » Ces propos d’André Gide me semblent s’inscrire dans le cœur nucléaire de ce que  fut la vie de Mamoudou Touré.

Je voudrais, avec vous, remonter le temps pour évoquer la disparition d’un homme taillé dans du bois rare, comme il sied de parler d’un grand frère avec qui j’ai eu le bonheur d’entretenir des liens anciens, profonds et authentiques sur le socle de racines et de bourgeons qui refleurissent sans cesse quelles que soient les saisons et les circonstances. Si cet homme avait le don singulier de se situer aux confluences de toutes les vertus, c’est sans doute parce que très tôt, il avait compris, au-delà de la gloire, des honneurs et des fastes qu’elle charrie, la radicale vanité des choses.

C’est la grâce que la nature lui avait donnée en partage. Voilà pourquoi sa parole était écoutée, attendue, espérée, parce qu’elle était l’écho d’un esprit libre et indépendant. Il avait trois dogmes pour ainsi dire : la religion, le travail et l’amitié. C’est à la source de sa foi en Dieu qu’il puisait force et sérénité. Ma première rencontre marquante avec Mamoudou a eu lieu à Séoul, à l’Assemblée annuelle du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale ; il m’y avait invité.  A l’époque, il assumait avec autorité, la présidence du comité intérimaire et du comité de développement.

Je garde de ce moment-là le souvenir d’échanges cruciaux sur des problématiques et des enjeux économiques en lien avec les missions du Fonds monétaire de manière générale, en Afrique notamment. Il en est de même lorsque j’avais eu le privilège d’être Conseiller spécial du Secrétaire général de l’Opep ; il était venu en mission à Viennes en sa qualité de Ministre du Plan du Gouvernement du Sénégal.

L’Opep disposait à cette époque d’un fonds pour les pays non exportateurs de pétrole. Monsieur Marc Saturnin Nanguène, Secrétaire général de cet organisme, l’avait reçu en ma présence, une occasion de prendre à nouveau toute la mesure de cet esprit brillant et solide.  

Au-delà de la matière financière, il témoignait d’une parfaite maîtrise du monde de l’Industrie et de ses complexités. La postérité lui reconnaitra une autre dimension, celle de figurer dans le panthéon des pères associés de nos indépendances africaines. Dans la rudesse de ces combats pleinement assumés, Mamoudou a été un acteur déterminé et efficace. Il se trouve que sous la partie visible de l’iceberg, derrière les dehors austères du personnage, gît une mine d’humour, inattendu, insoupçonné. Un jour, alors qu’on se trouvait dans sa maison entre amis, arriva l’heure de la prière. Du doigt, il me proclama Imam et me demanda de diriger la prière. Il savait être taquin, mais toujours bienveillant.  

On se rappelle volontiers ses fameuses répliques à l’Assemblée nationale répondant en Poular aux questions qu’on lui posait en Ouolof ; Panafricaniste par conviction et par culture, cet ancien de l’Enfom procède de la même filiation que les Senghor, Mamadou Dia, Cheikh Hamidou Kane, Cheikh Anta Diop, Babacar  Bâ et Christian Valantin entre autres.

A ce titre, Alassane Ouattara avec qui il entretenait une amitié exemplaire n’avait de cesse de le consulter dans les moments décisifs de son magistère de Première Ministre de Côte d’Ivoire et de Président de la République ensuite. Je garde le souvenir émouvant du jour où Mamoudou Touré lui avait demandé de me coopter dans son équipe quand il venait d’être nommé Premier Ministre. Il y avait d’ailleurs déjà dans son cabinet des compétences plurinationales d’origine Guinéenne, Malienne, Béninoise et autres.

Michel Camdessus, ancien Directeur général du Fmi m’a confié un jour, au détour d’une conversation, que Mamoudou Touré fait partie de la race des grands hommes que, par obligation morale, nous devons honorer. La rigueur, la pudeur, l’intégrité, sa proximité en humanité, érigées au rang d’évidence, avaient élu domicile chez cet homme dans la pure tradition de ces héros tranquilles du 17ème siècle.

Dépositaire d’une culture encyclopédique, il avait une fine connaissance des arcanes de la généalogie des grands personnages qui ont marqué l’histoire de notre pays et bien au-delà de nos frontières, en particulier, mon arrière-grand-père Thierno Souleymane Baal dont, grâce à lui, j’eus une connaissance plus aigüe du rôle qui fut le sien dans cette épopée.
Désormais livré à l’insondable mystère de la mort, son nom sera, je le crois, symboliquement évoqué comme un exorcisme contre toutes les laideurs du monde. Telle est, me semble-t-il, l’indélébile trace qu’il nous laisse en héritage.

Je veux dans cette occurrence douloureuse, adresser mon affective compassion à son épouse Maimouna, à son fils Ibrahima, à Prosper Youm, son confident, son ami, son ombre porté, dont je n’ignore pas les liens quasi fusionnels qu’ils avaient. Moussa Touré, son ancien Secrétaire général qui fut son complice, indéniablement. Je veux leur dire que ce deuil est le nôtre aussi. Il est celui de ce continent qu’il a tant servi et aimé avec passion et désintéressement.  Je ne doute pas que sa destination ultime soit le Paradis.

Mamadou Diagna Ndiaye

Il y a des personnes qu’on rencontre dans la vie et qui nous impressionnent à vie. Mamoudou Touré était un de ces esprits bien lunés et éclairés ayant un sens élevé de la compréhension de la vie. Il a pleinement et admirablement rempli sa mission au double plan de la vie. De par son exemple, nous avons compris que le temporel et le spirituel ne sont pas totalement dichotomiques mais solidaires.

L’ancien ministre des Finances sénégalais sous Abdou Diouf, Mamoudou Touré, est décédé ce jeudi soir 28 décembre 2017 à Dakar. Brillant économiste, premier ambassadeur de la Mauritanie en Europe, il fut également fonctionnaire du Fonds monétaire international (Fmi) dans les années 80.

En tant que Jeune et Étudiant, il ne m’est jamais arrivé qu’on me demande mon modèle, et ne pas pouvoir donner une réponse parce qu’il fallait aller passer un examen de référence : pas avant d’avoir Vieux Touré comme Référence. Quand j’allais lui rendre visite, il avait toujours un petit salut filial pour moi ; il aimait prodiguer des leçons de motivations et conseils et il aimait que les gens portent l’éthique en bandoulière ! Il savait, face à un manque d’énergie vocale, garder un aplomb, une force de caractère, une capacité d’analyse qui impressionnaient tous les visiteurs avant de se convertir en disciples. En plus, il y avait ce sourire, cet enthousiasme si propre à la jeunesse, jeunesse qu’il portait haut comme un étendard, comme tous les jeunes qui veulent et s’apprêtent à conquérir le monde, la vie ! Comme il en a fallu de force intérieure pour affronter, sans jamais se décourager, les nombreux écueils dressés sur le chemin de l’existence. Il avait toujours de l’espoir, une solution à l’horizon : pas question de baisser les bras ! Et encore moins question de se plaindre ou de perdre son sourire. A son âge, si ça prenait une canne pour se déplacer, Vieux Touré marchait avec courage, il n’est pas fréquent de voir arriver un vieux à son âge marcher sans sa canne à la main ! Une seule fois, je l’ai pas entendu dire : Là, je commence à trouver ça difficile. Cette vivacité physique était le reflet d’une résistance sans répit aux rigueurs de la vie !

Vieux Touré n’était pas seul. Il avait une femme formidable ! Son fils unique toujours présent, attentionné, intelligent, soucieux du bien-être de son père Modèle, mais aussi de celui de tous.
Et de la même trempe que Vieux Touré bien entendu ! Eux aussi, jamais je ne les ai vu aigris, acariâtres, revendicateurs : ils posaient les bonnes questions, soutenaient leurs semblables dans la moralité transparente et dans toutes les épreuves, durant ces hospitalisations longues et difficiles, ces examens sans nombre, ces attentes qui sont le lot du système hospitalier. Ils ont su démontrer une force de caractère qui a impressionné tout le monde. Leurs vies étaient pourtant bien différentes des familles ordinaires : Ah ! comme il est bon que les contraires s’attirent ! Dans ce cas, le produit fini est vraiment impressionnant, je peux vous l’affirmer.

L’an dernier, alors que Vieux Touré revenait d’un de ses voyages aux Usa , je m’étais dit que j’écrirais un message pour dire publiquement comment Vieux Touré et sa famille étaient des personnes formidables. Déjà, à ce moment, je savais que cette expérience de soins était vraiment spéciale. Je prévoyais le faire quand Vieux Touré serait plus apte et quand toutes ses souffrances naturelles seraient chose du passé...! Mais hélas...

Aujourd’hui, c’est malheureusement suite au départ de Vieux Touré que je mets ces mots par écrit. Ce que j’avais déjà constaté il y a deux ans s’est prolongé durant encore de longs mois et dernièrement jusqu’à son départ de cette terre. Vieux Touré a mené un combat courageux et énergique pour gagner son leadership, et ce jusqu’à la toute fin de sa fin !
Je ne connais pas tout l’héritage qu’aura laissé Vieux Touré au cours de son trop long chemin parmi nous. Je peux cependant vous assurer qu’il m’aura marqué en tant que mentor d’une façon très particulière et que je me trouve choyé de l’avoir connu. Grand-père Mamoudou, ce fut un privilège de t’avoir accompagné pendant des journées à discuter de notre fameuse journée d’hommage !

Tellement il n’aimait pas les vanités... Mon vieux et sa famille souhaitaient mettre en place « Un prix de l’excellence « aux étudiants Scientifiques du Sénégal : partant des Mathématiques, des Sciences Physiques pour atterrir à la finance son domaine ...!

Fidèle ami de Mame Cheikh Hamidou Kane que j’ai rencontré grâce à vous, et du Président Ouattara ... et de Thierno Abdoul Khadre Ly que vous appelez promotionnaire aux fins d’études mémoriales du Saint Coran.

Grâce à vous, j’ai pu discuter largement avec le Premier ministre Mamadou Lamine Loum et votre neveu, ancien ministre de l’Education du Sénégal Ibrahima Niang, Bocar Dia, fonctionnaire à l’Onu et tant d’autres personnalités d’éthique et avec d’éminents professeurs comme Hamidou Dia, et de chaleureux journalistes : Elhadji Hamidou Kassé et de Mamoudou Ibra Kane (les co-auteurs de : Mamoudou Touré : « Un africain au cœur de l’économie mondiale «) du directeur de L’Harmattan : Monsieur Abdoulaye Diallo ..!

La liste est longue mais je retiens ma rencontre avec votre fils Ibrahima, une valeur sûre, un héritier hors pair et Madame Maimouna Kane Touré (Votre femme), ancienne ministre de la Famille et l’Action sociale sous Diouf ...!

Votre vie a été une belle leçon de courage, de la confiance en soi de par votre parcours d’un élève - secrétaire de son oncle alors chef de canton et qui finalement par la forte volonté a pu parachuter dans les grandes institutions étatiques et financières du monde : directeur de la Communauté économique européenne, ambassadeur, directeur du département Afrique au Fmi et finir comme ministre de l’Economie et des Finances du Sénégal de 1983 à 1988, une époque marquée par l’ajustement structurel où le Sénégal a lancé les Nouvelles politiques agricoles et industrielles dans les périodes aussi difficiles pour les États d’Afrique ..!

Brillant économiste, d’un caractère de chef religieux au vrai sens du terme ! Disciple et fervent croyant, modeste et rigoureux dans la véracité des mots ... ! Un homme pieux et sincère !
Dans nos derniers échanges, vous nous disiez que nos mots vous touchaient. Puissent mes mots vous toucher encore où que vous soyez désormais. Je leur confie de vous dire toute mon estime, toute l’affection et toute l’admiration que j’ai pour vous. Toute la peine aussi. Durant ces dernières années où nous nous sommes connus, nous nous sommes rencontrés à de multiples occasions. A chacune de ces rencontres, vous m’avez appris, encouragé, guidé, avec confiance et bienveillance des valeurs d‘éthique. Durant ces dernières années où nous nous sommes rencontrés, vous m’avez montré l’exemple, celui d’un homme brillant, généreux, attentif, courageux, passionné et enthousiaste, qui n’a cessé de donner le meilleur de lui-même aux services de ce monde étrange qu’on appelle «la communauté économique «. Vous voulez rendre ce monde meilleur, plus beau, plus fort, plus collectif, plus constructif et lui offrir des avenirs de projets où la Science serait radieuse. Grâce à vous, tant de choses ont été bâties, reconstruites, inventées, espérées, ou simplement vécues. Grâce à vous, nous sommes là, bien installés entre ces lignes que vous avez fait bouger, pour nous, pour notre bien, pour la Science économique de notre pays. Alors, je vous dis Merci. Merci pour tout ce que vous avez fait pour nous, pour le bonheur que vous nous avez offert de vous connaître, pour tout ce que vous avez transmis comme valeurs d’éthique et de ce que vous m’avez donné personnellement, votre savoir, votre écoute, votre confiance, votre modestie et vos encouragements, et surtout, et surtout, votre disponibilité n’est pas du tout évident à votre âge ! Vous êtes parmi nous de part vos actes mais je vous dis à bientôt, à bientôt de vous rejoindre dans cet espace perlé d’étoiles où vous brillerez désormais, intensément, chaleureusement et toujours...!

Un parangon de vertu !
La jeunesse sénégalaise et africaine a de quoi s’inspirer quand il s’agit de l’homme Mamoudou Touré !
Mes sincères condoléances à tout le peuple sénégalais et particulièrement à sa famille !
Paix à Votre Âme Maama Mamoudou TOURE !
Votre petit-fils et disciple.

Par Ousmane SAM
Président de la Commission Jeunesse-Education-Formation de TAD Dakar


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