Idées et Réflexions (1022)

Le jeudi 09 novembre 2017, lors de l’allocution solennelle du Grand Magal de Touba, le khalife général des Mourides a exhorté toute la classe politique à un dialogue pour l’intérêt du pays et des populations. En des termes forts, le guide religieux, par la voix de son porte- parole, déclare : « A ceux qui s’activent dans le champ politique, je voudrais vous exhorter à éviter de tenir un discours ou de poser des actes susceptibles de semer la confusion… En outre, si vous partagez le même objectif, à savoir servir le peuple et œuvrer pour son développement, vous devriez être en mesure de vous réunir autour d’une même table pour le seul intérêt de la nation… Par conséquent, j’encourage les gouvernants à appeler au dialogue et l’opposition à répondre favorablement à cet appel… ».

Cette invite, lancée par une personnalité religieuse de notre pays, fut entendue chez les foyers et communautés religieuses, de même qu’auprès de citoyens ayant le sens de la justice et de la paix.

L’appel est d’autant plus pressant que notre pays, pour le rappeler, est dans une zone géographique instable où règnent l’insécurité et beaucoup de troubles sociaux.
Parallèlement à cette exhortation émanant d’une voix autorisée de la communauté musulmane sénégalaise, l’église catholique du Sénégal, à travers l’archevêque de Dakar, s’est, elle aussi, inscrite dans le même souci de dialogue et d’écoute entre acteurs politiques.

À ce propos, l’archevêque déclare : « Il est dommage qu’on ne puisse pas s’asseoir pour se parler en paix et chercher où se trouvent vraiment les enjeux. Car plus on est en paix, plus on peut travailler pour le développement ». Il ajoute : « Il est temps que les acteurs politiques s’assoient autour d’une table pour discuter dans la sincérité ».
En effet, l’esprit du dialogue est constitutif de note contrat sociétal.

Le Sénégal est un pays de dialogue qui, par sa grande tradition démocratique, a pu régler toutes les crises majeures. Le baobab, notre emblème national, n’est pas seulement l’expression d’une puissance et d’un enracinement dans nos valeurs cardinales ; il symbolise aussi l’arbre à palabre sous lequel se discute toutes les questions essentielles à favoriser la cohésion dans le terroir et le vivre ensemble.

Notre pays, par cette cohésion sociale, est l’une des exceptions en Afrique (s’il n’en est pas la seule) qui n’a jamais connu de coup d’Etat, ni de guerres civiles, encore moins de conflits ethniques majeurs.

Et en dignes héritiers de cette tradition de dialogue, nous avons l’obligation de sauvegarder cet acquis.
L’appel au dialogue et la nécessité d’y souscrire ne constituent pas seulement une recommandation religieuse qui légitime l’interpellation des chefs religieux à l’endroit de la classe politique, il trouve son fondement dans notre culture, illustré par cet adage populaire qui dit que « djouyoo amoul niakka wakhtane mo ame ». Pour dire que la divergence n’est que le revers d’une absence de dialogue. Et par un dialogue sincère et franc, des solutions peuvent être trouvées à toutes sortes de problèmes.

Il est d’usage, dans notre pays, qu’à chaque fois qu’un appel est lancé en faveur d’un dialogue politique, les partis politiques se sentent plus concernés et ruent dans les brancards avec des motivations à géométrie variable. Soit pour adouber ou s’opposer, soit pour l’instrumentaliser. Cette attitude, portée par une minorité bruyante, est loin des valeurs de la citoyenneté et du vivre ensemble qui nous incombent à tous. La majorité silencieuse et non politicienne a droit au chapitre, et le dialogue lui importe pour ce qu’il en attend en retour. À ce propos, une des références les plus partagées par la communauté sénégalaise, le Coran, parle des vrais croyants en ces termes : « Ceux qui répondent à l’appel de leur Seigneur, accomplissent la Salât, se consultent entre eux à propos de leurs affaires, dépensent de ce que Nous leur attribuons ».

En vérité, dans un petit pays comme le nôtre,  pauvre et endetté, le fait de gaspiller son temps et son énergie,  à débattre de choses purement politiciennes, sans aucune perspective de consensus fort dans la volonté de répondre aux préoccupations majeures de nos populations, est contre-productif.

Nos hommes politiques se doivent de faire preuve de dépassement, savoir taire leur divergences le temps d’apporter des solutions urgentes aux difficultés auxquelles font face les populations ; à défaut, les risques de dégénérescence sont réels.

Il est donc inconcevable que des irresponsables politiques de tous bords qu’ils se trouvent appellent à l’insurrection ou à la désobéissance civique parce qu’ils refusent de déférer à un quelconque appel. Chacun est libre de croire ou pas à la sincérité d’un appel au dialogue (le choix à ce niveau est vraiment libre), quant à escalader cette liberté pour appeler à une insurrection est à la limite délictuelle. « Et craignez une calamité qui n’affligera pas exclusivement ceux qui l’ont provoquée. Et sachez qu’Allah est dur en punition », enseigne le Coran.

Nous lançons un pressant appel à tous les acteurs de la chose politique, partis politiques, société civile, religieux, personnalités influentes, afin qu’ils répondent au souhait de dialoguer et imposent, pour la réussite de l’exercice, un dialogue franc et constructif.

Personne ne doit refuser l’appel à un dialogue même venant de Satan, car Dieu, le plus noble, l’a accepté de sa part. Et ne dit-on pas dans notre pays : « Koula woo boula diokhoul wakhla », pour dire qu’il faut répondre à l’appel au dialogue, sauf si on est sûr de sa contre productivité. Et dans une volonté de bien faire, éviter autant que peut se faire les enchères qui annihilent l’esprit du dialogue.

Nous demandons au gouvernement, initiateur du dialogue à travers le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, de faire preuve de sincérité dans l’appel au dialogue et d’avoir une oreille attentive quant aux récriminations objectives de l’opposition politique qui, j’en suis sûr, regorge d’hommes épris de justice et soucieux de la paix, de la stabilité et de la cohésion sociale, conditions sine qua none à toute aspiration au développement.

Au-delà des rencontres entre le gouvernement et les acteurs politiques qui doivent s’inscrire dans la durée et la continuité, le chef de l’Etat lui-même, en tant que gardien de la Constitution et garant de la paix sociale et de la stabilité du pays, doit aménager, dans son agenda légitimement plein, des rencontres périodiques et fréquentes avec les acteurs politiques représentatifs et ceux de la société civile pour discuter et échanger sur la situation nationale. Si tous les acteurs politiques sont d’égale dignité, il va de soi qu’ils ne sont pas d’égale légitimité ni d’identique représentativité. Le choix des interlocuteurs, à ce niveau, a tout son sens.

Et pour rappel, un dialogue ne pourrait porter de fruits que s’il respecte les conditions suivantes :     
1.    Se donner les moyens de changer : nul ne doit  entamer un dialogue avec la seule volonté de convaincre ou de faire valoir ses idées et positions. Le justificatif d’un refus de répondre au dialogue serait qu’il s’agisse juste d’une mise en scène visant à faire valider ou à faire valoir des positions unilatérales. Et cela est contraire à la sincérité requise dans le dialogue.

2.     Prendre en compte les intérêts divers, voire divergents, des acteurs du dialogue : un dialogue est un exercice de compréhension mutuelle qui exige de toute les parties une disposition à laisser du lest, sans trahir ses principes, pour une harmonisation dans les positions et un consensus fort sur l’essentiel.

3.    S’engager à choisir des parties prenantes légitimes et des enjeux pertinents : les parties prenantes d’un dialogue doivent être bien choisies, si la situation ne les impose. Elles se doivent de faire montre d’une attitude positive et d’une volonté constructive. Leur légitimité à parler au nom des populations, dans le cas d’un dialogue politique, doit être réelle. Aussi, les sujets sur lesquels porte un dialogue constructif doivent être pertinents et bien définis pour éviter les impasses et permettre le rapprochement des positions. Nul n’a le droit, dans le cadre d’un dialogue constructif, politique qu’il soit ou autre, de poser des conditions subjectives et partisanes qui annihilent tout effort d’entente.

4.     Impliquer toutes les parties prenantes en désignant un facilitateur équidistant, qui peut être une personnalité respectée ou un groupe de personnes crédibles pouvant conduire les débats et arbitrer en cas de divergence. Même initié par un gouvernement à l’endroit de son opposition, les premières rencontres d’un processus de dialogue permettent toujours de s’entendre sur un minimum de fondamentaux et de pouvoir porter le choix sur des profils consensuels, capables de régler les différends et de conduire vers des mesures consensuelles. Et ma foi, notre pays en regorge !

5.     Ancrer la démarche dans le temps et dans la durée : ne pas faire du dialogue un jeu de séduction qui se fait une fois que les signaux sont au rouge et les issues fermées, par un trébuchement, relancer le débat public, non ! Un dialogue constructif doit s’inscrire dans la durée, il faut s’y prendre très tôt, si on lui veut de bons résultats.

6.    Rendre compte, de manière transparente, des résultats de la démarche à l’ensemble des acteurs et prendre en considération leur réaction.

7.    Mettre en place un mécanisme de suivi de la mise en œuvre des éléments de consensus issu du dialogue : sans un dispositif de suivi de l’application des engagements et décisions issus d’un dialogue, l’exercice serait sans grande utilité.

Notre pays vit des moments difficiles et, dans de pareils moments, rassembler ses fils pour les aider à surmonter leurs différences et résoudre leurs problèmes est plus que nécessaire, il est impératif.

• Dialoguer, c’est appendre à se connaître dans le respect de nos différences,
• Dialogue, c’est éviter l’étroitesse d’esprit et la calomnie,
• Dialoguer, c’est la clarté et la  sincérité dans le discours,
• Dialoguer, c’est surtout éviter les polémiques stériles, les déchirures et s’inscrire résolument et avec force de conviction dans la recherche de la cohésion nationale, la reconnaissance des droits et devoirs et le partage de projets communs.

Que toute la classe politique et l’ensemble des acteurs de la chose publique puissent entendre l’appel des autorités religieuses du pays et y répondent favorablement, avec l’intention de bien faire pour aider notre cher Sénégal à entreprendre un avenir radieux dans la paix et la cohésion sociale.
Sénégal «benn bopp la kenn mounouko khar niaar, bougnou wakhtané djoubo».

Que Dieu bénisse le Sénégal.

Par Ismaïla NDIAYE
Analyste-chercheur
Membre de la Ligue des imams et prédicateurs du Sénégal (Lips)
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Le samedi 18 novembre, dans la soirée, à l'hôtel Marriott Downtown de Chicago, où se tenait la conférence annuelle de l'African studies association (Asa), le nom de Fallou Ngom a été prononcé à haute voix par le représentant du jury chargé de désigner, chaque année, les récipiendaires du prestigieux Prix Melville J. Herskovits.

Cette distinction, qui est attribuée chaque année dans le cadre de la conférence Asa, la plus grande rencontre d'africanistes venus du monde entier, existe depuis 1965 pour reconnaître les meilleures publications dans les études africaines. De grands noms d'africanistes ont déjà été distingués par ce prix : Lansine Kaba (1975), Crawford Young (1977), Paulin Hountoundji (1984), V.Y. Mudimbe (1989), Kwame Anthony Appiah (2004), Simon Gikandi (2012), pour ne citer que ceux-là.

Le Pr Fallou Ngom figure parmi les récipiendaires triés sur le volet pour cette année, en reconnaissance son excellente œuvre intitulée Muslims beyond the arab world : the odyssey of Ajami and the Muridiyya - Oxford university press, 2016 (Des musulmans hors du monde arabe : l'odyssée de l'Ajami et de la Muriddiyya).
L'Ajami, communément appelé wolofal au Sénégal, est ce procédé par lequel les Africains utilisaient et utilisent toujours les caractères de l'alphabet arabe pour transcrire des textes ou envoyer des messages écrits dans leurs propres langues (wolof, manding pulaar, etc.). Tout le monde connait, au Sénégal, les célèbres textes de Serigne Moussa Kâ ou de Khaly Madiakhaté Kala.

Après son mémoire de Maîtrise brillamment soutenu à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis, en 1996, le jeune Fallou Ngom embarque pour les Etats-Unis pour rejoindre l'Université du Montana et ensuite celle de l'Illinois, à Urbana-Champaign, où il soutiendra, en 2002, et avec autant de brio, sa Thèse unique (Phd) sur la problématique des emprunts lexicaux comme variables linguistiques à Saint-Louis du Sénégal.

Ce natif de Ziguinchor entamera, par la suite, sa carrière universitaire dans l'Etat de Washington avant de se retrouver, depuis quelques années maintenant, comme professeur et directeur du Centre des études africaines à l'Université de Boston (Boston university).

La thèse favorite du Pr Ngom est que l'écriture et l'art de l'écrit se sont installés en Afrique, en particulier en Afrique de l'Ouest, bien avant la période  coloniale et l'adoption des langues européennes. En effet, l'alphabet arabe a judicieusement été adapté pour transcrire nos langues et engager les Africains dans des échanges épistolaires et autres dans nos propres modes d'expression. L'Ajami a donc permis d'écrire des lettres, créer des poèmes, rédiger des pages d'histoire dans les langues africaines... D'ailleurs, le Pr Fallou Ngom aime à raconter sa première expérience avec l'Ajami : après l'enterrement de son père, il a commencé à mettre en ordre ses affaires. Et là, il tombe sur un bout de papier avec une petite note en wolofal. C'était une reconnaissance de dette que le fils, Fallou, a pu honorer immédiatement pour assurer à son papa un repos paisible et tranquille dans l'au-delà.  

Chez Fallou Ngom, la reconnaissance et la valorisation de l'Ajami sont un sacerdoce auquel il a littéralement fait don de sa vie comme le Baay Faal qu'il est.
Cette reconnaissance internationale de sa contribution majeure à l'avancement des connaissances sur l'Afrique est un rappel à tous les chercheurs quant à la nécessité de consacrer les efforts à la réécriture et à la revalorisation de tout ce que l'Afrique a créé et produit pour l'avancement de l'humanité, tant dans le passé que dans le présent.

Le parcours déjà fort riche du jeune Pr Ngom a commencé, ne l'oublions pas, à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis. Sa distinction, amplement méritée, ce 19 novembre, à Chicago, et partagée avec une grande fierté nationale par tous les enseignants et chercheurs sénégalais qui étaient dans la salle, est aussi, sans doute, une validation du projet ambitieux du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche du Sénégal d'implanter des institutions d'enseignement supérieur dans toutes les régions du Sénégal et de capter une part substantielle du budget national pour l'éclosion et l'épanouissement de la recherche et de l'enseignement universitaire dans le pays.  

Par Ousmane SENE
Directeur du Warc

La chaîne de télévision CNN a diffusé récemment une vidéo montrant des migrants africains vendus aux enchères dans un quartier situé au sud de Tripoli. Cette vidéo a provoqué l’émoi dans le monde entier. En 2017, comment peut-on accepter que ce fléau existe encore ? Et maintenant, que devons-nous faire pour mettre un terme à ces horreurs inimaginables endurées par les migrants ?

Profondément indignée par l’existence de ce commerce de migrants, Son Excellence Mme Theresa May, Premier ministre britannique, a fait de la lutte contre l’esclavage moderne une priorité de la politique étrangère britannique. Une récente étude révèle la véritable ampleur de l’esclavage moderne à travers le monde. Les données publiées lors de l’Assemblée générale des Nations unies indiquent  que plus de 40 millions de personnes dans le monde auraient été victimes de l’esclavage moderne en 2016. Au Royaume-Uni même, on estime entre 10.000 et 13.000 le nombre de victimes potentielles de l’esclavage moderne.

C’est pourquoi Mme Theresa May et António Guterres, Secrétaire général de l’Onu, ont invité un groupe de dirigeants mondiaux à une rencontre en marge de l’Assemblée générale de l’Onu au mois de septembre dernier. Au cours de cette rencontre, 37 pays, dont le Royaume-Uni et le Sénégal, ont approuvé un ambitieux Appel à l’action pour l’éradication du travail forcé, de l’esclavage moderne et de la traite des personnes. Joignant le geste à la parole, Mme Theresa May a également annoncé l’octroi d’une enveloppe de 33,5 millions de livres sterling (25 milliards de FCfa) destinée exclusivement à la lutte contre l’esclavage moderne afin de soutenir les victimes et de traduire les auteurs en justice en travaillant en partenariat avec l’ensemble des pays touchés par ce problème.

Aujourd’hui, nous ne pouvons pas traiter ce problème de manière isolée, car il s’agit d’un problème mondial. Le cas de ces jeunes africains en Libye montre que l’esclavage est intimement lié à la crise migratoire.

L’approche conjointe entre l’Europe et l’Afrique, issue du Sommet de la Valette, demeure le cadre essentiel de notre travail : une approche stratégique, complète et durable. Dans ce contexte, la Grande-Bretagne est en train d’élaborer un nouveau programme humanitaire d’un montant de 75 millions de livres sterling (56 milliards de FCfa). Celui-ci mettra l’accent sur la protection des migrants vulnérables en Libye, au Sahel et sur le littoral ouest-africain.

Une bonne compréhension des processus et des enjeux et une prise de conscience quasi générale seront nécessaires pour garantir le succès de ce programme. Mais, la clé la plus importante pour atteindre un grand succès, c’est d’avoir un esprit de partenariat.

Par George Hodgson
Ambassadeur de la
Grande-Bretagne

Lorsqu’on parle de l’émigration clandestine nous avons tous à l’esprit, la traversée périlleuse de l’océan atlantique par des groupes de jeunes africains embarqués dans des pirogues de fortune pour rallier les côtes européennes dans le but d’échapper aux conditions de vie difficiles dans les pays d’origine.

Ce phénomène constitue un réel drame qui engloutit au fond des océans des milliers de vies, ou plutôt de bras valides dont le pays a réellement besoin pour son développement. Le plus surprenant ,c’est de constater que malgré les pertes de vies enregistrées tous les jours, il ne semble nullement freiner l’ardeur et la détermination des migrants qui parviennent toujours à contourner les barrages des gardes côtes, augmentant ainsi le décompte macabre dont personne n’est aujourd’hui capable de donner les statistiques exactes. Ce triste phénomène qui n’enrichit que des passeurs et vendeurs de rêves véreux, pose la problématique de la prise en charge de la population jeune au Sénégal comme partout en Afrique.

Quelques causes de ce phénomène
L’émigration est un phénomène psychologiquement et sociologiquement ancré chez nous, car voyager signifie dans la représentation sociale de la majorité des Sénégalais le début d’une « relative ascension sociale », puisque l’émigré est toujours considéré comme quelqu’un qui est riche. Par ailleurs, les différents stéréotypes collés à l’émigré dans notre pays renforcent l’idée que « l’étranger » est toujours meilleur et même dans nos comportements de toujours sommes-nous parfois amenés à développer des complexes face à tout ce qui vient de l’étranger. D’ailleurs, dans le jargon populaire sénégalais, « original » signifie ni plus ni moins que ce qui est fabriqué à l’étranger par opposition aux produits fabriqués sur place. Ce travestissement mental n’épargne personne et mieux, lorsque nos élites reviennent au pays après plusieurs années en Europe avec des femmes blanches, les esprits simples peuvent penser naturellement que ces dernières ont fait le meilleur choix.

Nous voyons donc que les clichés embellissent tout de l’étranger et, bien entendu, poussent à croire que l’étranger, plus précisément l’Occident (symbolisant la terre du colonisateur), est un pays de cocagne et l’argent se gagne facilement. Et ces clichés sont accentués par notre propension culturelle à « paraitre », poussant ainsi le Sénégalais à toujours vouloir afficher sa richesse (habits, voiture, maison etc..) aux autres pour, très souvent, attirer le regard sur soi. Ce réflexe narcissique s’exprime d’ailleurs de façon très poussée pendant les événements sociaux (mariage, baptême et même deuil) et les médias nous ont très souvent relaté pour s’en offusquer les scènes de distribution ostentatoire de billets de banque dans les « xawaré » animés par des chanteurs célèbres.

Vivant dans un contexte de pays pauvre ou en développement, on peut facilement comprendre que la majorité des Sénégalais soient effectivement tentés par le désir de voyager dans le but, surtout, de trouver un endroit où on peut gagner honnêtement sa vie quel que soit le métier qu’on exerce et ceci sans le risque d’être « critiqué » par ses propres parents. En effet, la société sénégalaise reste marquée par la tradition orale, justifiant d’ailleurs la position qu’occupe les griots chez nous, et le Sénégalais est, en général, préoccupé de ce qu’en dira l’autre, ce qui montre à quel point nos actes restent tributaires du jugement qu’en fera l’entourage social. En d’autres termes, le Sénégalais mesure toujours son existence en fonction de la sanction de son entourage familial qui dicte même la vie de l’individu. Cette pesanteur sociale se traduit naturellement par des blocages psychologiques dont les conséquences sont très élevées dans le développement de notre pays. En effet, cette pesanteur ne pousse-t-elle pas parfois l’individu vers des travers pourvu qu’il ait la reconnaissance de son groupe (social, politique ou religieux).

Le terme « Barca ou Barzaq » qui peut signifier autrement exister ou périr montre à quel point les jeunes Sénégalais sont désespérés, les poussant ainsi à s’engager dans ce voyage suicidaire pour la conquête de leur dignité. La responsabilité entière de la société sénégalaise reste engagée et le rôle de l’Etat est de mettre en place une stratégie pour endiguer ce phénomène.

Dispositif d’insertion dans l’artisanat
Comme nous le voyons, la raison essentielle de ce phénomène est la conquête d’un mieux-être qui passe nécessairement par un emploi rémunérateur et des revenus décents. Le programme économique du président Macky SAll décliné à travers le Pse a pour ambition de lutter contre la pauvreté en procurant les conditions de création d’emplois et de revenus pour les populations surtout jeunes. Parmi les secteurs identifiés, il y a l’artisanat qui recèle d’énormes potentialités et qui pourrait solutionner le phénomène de l’émigration clandestine en permettant de fixer les jeunes dans les terroirs et en offrant des activités productives et génératrices de revenus pouvant occuper ces derniers pendant toute l’année contrairement aux activités agricoles.

L’artisanat est un secteur structuré très pourvoyeur d’emplois, organisé autour des chambres de métiers et pour lequel les autorités accordent une grande importance compte tenu de ses capacités d’auto-insertion, de création de valeurs ajoutées et de valorisation de technologies endogènes.

Le Sénégal vient de franchir avec l’Acte 3 de la décentralisation, une étape importante du processus de responsabilisation des collectivités locales dans la prise en charge du développement. Il serait heureux que ces dernières puissent, aujourd’hui, impulser un développement endogène intégral, prenant en compte sérieusement tous les secteurs économiques et plus particulièrement l’artisanat.

Plus de 400.000 artisans y travaillent, couvrant un peu plus de 120 corps de métiers. Le secteur contribue pour plus de 12 % au Pib et comprend près de 80.000 unités de productions artisanales (Upa). Ce chiffre peut même être revu à la hausse, compte tenu de la difficulté d’accéder à des statistiques fiables sur le secteur, date du recensement artisanal de 2004. L’artisanat peut, combiné avec le secteur de l’agriculture, garantir au Sénégal une réelle indépendance économique en lui assurant des rentrées de devises par le développement des exportations des produits artisanaux qui peuvent être très compétitifs sur le marché extérieur et assurer l’autosuffisance dans la fourniture de biens et services de très bonne qualité à des prix raisonnables. La mise en œuvre de cette stratégie va être articulée autour des axes suivants :

• Créer des Centres de formation artisanale dans chaque région et département ou les jeunes pourront sur place être formés dans les différents métiers de l’artisanat.
• Mettre en place un Fonds artisanal pour l’insertion la création le développement et l’innovation qui pourrait être alimenté par l’Etat (taxe cfce par exemple), les collectivités locales et les partenaires au développement ;
• Développer le Marché intérieur (mobiliers de l’administration et matériels agricoles) par l’accroissement substantiel des commandes octroyées aux artisans dans le Projet Mobilier national.
• Restructurer les Chambres de métiers (Cm) en les rendant plus attractives et opérationnelles (et moins bureaucratiques) ;
• Créer les antennes départementales des Cm pour épouser l’esprit de la décentralisation ;
• Développer une politique d’encadrement plus orientée vers les Petites et moyennes entreprises artisanales (Pmea) qui pourrait accroitre leur compétitivité (en créant des bureaux appui conseils dans les Cm) ;
• Développer la conquête de marchés extérieurs (notre politique dans ce domaine pourrait être plus agressive en profitant par exemple des opportunités offertes dans le cadre de l’Agoa ; rien que sur le marché américain, le Sénégal à l’image du Ghana peut garantir à ses artisans talentueux des parts de marché dans le domaine du mobilier d’intérieur, de l’habillement, entre autres filières) ;
• Développer le programme de création de zones artisanales dans tous les départements ;
• Développer des programmes de formation continue adaptés aux artisans pour leur mise à niveau ;
• Renforcer les capacités opérationnelles des structures d’encadrement surtout en ressources humaines ;
• Développer un système de formation par alternance en le généralisant sur toute l’étendue du territoire ;
• Renforcer l’efficience et rendre plus efficace le travail des structures d’encadrement qui sont plus administratives qu’opérationnelles ;
• Favoriser et encourager la structuration par filière des organisations professionnelles d’artisans ;
• Développer un réseau de centrales d’achat et d’approvisionnement de matières premières ;

Le Fonds artisanal qui pourrait être exploité par les collectivités décentralisées peut aider à la création de 100 Pmea/an, ce qui est dans les domaines du possible et cela équivaudrait à la création de 4 500 Pmea/an avec un effectif de 05 emplois créés par unité, soit 22 500 emplois créés annuellement.

Le développement de la formation par alternance va améliorer la rentabilité du système productif qui s’appuiera sur le réseau de structures de formation existant, ce qui va garantir une meilleure insertion des sortants. Il s’y ajoute que les apprentis n’ayant pas de prérequis théoriques pourront, si besoin, bénéficier de modules de formation adaptés.

Plusieurs structures d’encadrement interviennent directement dans le secteur de l’artisanat sans aucune cohérence, avec une absence totale de communication horizontale entrainant une duplicité dans les actions et, en conséquence, un gaspillage des ressources publiques injectées. Il serait d’ailleurs judicieux d’opérer des recoupements dans les missions de ces dernières afin que leurs actions soient plus visibles et mieux senties par les artisans.

La création des zones artisanales dans les plans d’urbanisme, au-delà des aspects fiscaux, garantira un meilleur encadrement aux Pmea y localisées et procurera des avantages en termes d’économies d’échelles et rendra plus compétitives les entreprises. Les collectivités locales pourraient, par exemple, tirer des avantages relatifs dans l’implantation de ces zones de production en termes d’emplois, de protection de l’environnement et de développement de nouvelles vocations semi-industrielles. En plus, le développement des industries artisanales exige moins d’investissements que les autres activités économiques, ce qui représente un avantage non négligeable dans nos pays en développement ou les capitaux sont rares.

Nous devons accepter que l’artisanat figure parmi les rares secteurs capables de générer des emplois à grande échelle et ceci combiné avec la particularité d’auto-former ses acteurs avec un taux d’employabilité très élevé sans engendrer des coûts insoutenables par le budget de l’Etat. L’artisanat a aussi démontré par le dynamisme de ses braves hommes de métiers qu’il peut aider notre pays à booster ses exportations et contrecarrer ainsi la concurrence des produits d’importation « bas de gamme » (principalement d’origine asiatique) qui inondent aujourd’hui notre marché sans oublier les conséquences ( maintes fois décriées par les artisans) car néfastes sur certaines filières comme la menuiserie et l’ameublement, la bijouterie, la couture, la cordonnerie etc.

Conclusion
La valorisation de nos potentialités locales sera non seulement un facteur de développement durable mais aussi de confiance en soi et en nos capacités de relever les défis du développement, et l’artisanat est aujourd’hui en mesure de nous procurer ces satisfactions.

L’Afro-pessimisme est simplement une vue de l’esprit de penseurs mal pensant car aujourd’hui tout porte à croire que l’aube de l’Afrique semble bien se pointer, il suffit pour autant de s’en convaincre parce que nous disposons de toutes les dotations naturelles imaginables pour engranger des avancées significatives dans ce monde globalisé ou nous ne sommes pas si mal loti.

Le problème de l’émigration pourrait nous renvoyer à l’image du pauvre jeune homme tellement affamé qu’il grimpa sur un manguier pour arracher ses fruits qu’il ne vit pas les mangues jonchées par terre qui n’ont même pas besoin d’être cueillies.

Les jeunes doivent avoir plus de confiance en eux et se convaincre de l’idée que personne ne viendra développer à leur place le pays, le modèle japonais montre à suffisance qu’il est possible de relever les défis du développement en s’appuyant essentiellement sur la ressource humaine.

Par Amadou Moustapha SARR
Médiateur pédagogique
Directeur du Cpar de Tivaouane
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Nous saluons l’appel au dialogue politique lancé par le Président Macky Sall. Cela démontre encore une fois que c’est un homme ouvert, un homme d’ouverture, c’est pourquoi il a institué, le 28 mai, Journée nationale du dialogue. Nous sommes convaincus qu’on ne peut pas construire ce pays sans se parler car le dialogue qui est une tradition chez nous a fait de notre pays une démocratie de référence que personne ne peut remettre en cause.

Nous appelons les acteurs politiques à dépasser les moments de tensions naturelles liées à des élections et s’assoir autour d’une table pour évaluer le processus qui a abouti aux élections législatives et anticiper sur les élections de 2019. Voilà toute la pertinence de l’appel du chef de l’Etat. Il faut discuter, échanger sur l’amélioration continue du système électoral qui fait partie des meilleurs systèmes au monde.

Par Ibrahima Fall
Directoire nationale Apr,
Conseiller à la ville de Dakar,
Adjoint au maire de Yoff

Le grand jubilé de l’an 2000 ! L’année internationale de la culture de la paix ! La paix et les enjeux sécuritaires en Afrique ! Nous sommes en pleine actualité chez nous et en Afrique : le dialogue des partis et des cultures, la paix en Casamance…

Tandis que la communauté internationale sort des célébrations du cinquantième anniversaire de la Déclaration des droits de l’Homme et que l’Unesco lance depuis Tachkent, l’appel solennel pour une culture de la paix en l’an 2000, le Pape Jean Paul II fait paraître un message pour la célébration de la Journée mondiale de la paix le 1er janvier 1999. « Le secret de la paix véritable réside dans le respect des droits de l’Homme » écrit-il, et de rappeler ce qu’il disait encore il y a vingt ans : « La paix fleurit quand ces droits sont observés, tandis que la guerre naît de leur violation et devient ensuite cause de violation ultérieures plus graves encore ». Le message du Saint père a pour socle l’affirmation suivante : « Quand la promotion de la dignité de la paix de la personne est le principe qui nous guide, quand la recherche du bien commun constituent l’engagement prédominant, alors sont posés des fondements solides et durables pour l’édification de la paix. Quand, au contraire, les droits humains sont ignorés ou méprisés, quand la poursuite d’intérêts particuliers prévaut injustement sur le bien commun, alors sont inévitablement semés les germes de l’instabilité de la rébellion et de la violence ».

A partir de ces principes posés, le Pape passe en revue un certain nombre de vérités qui doivent nous servir de viatique pour une vie de paix pour nous-mêmes, pour la nation, à savoir RESPECT DE LA DIGNITE HUMAINE, PATRIMOINE DE L’HUMANITE.

Toute personne créée à l’image et la ressemblance de Dieu est en relation constante avec ceux qui sont revêtus de la dignité.
UNIVERSALITE ET INDIVISIBILITE DES DROITS HUMAINS

Ceux-ci sont inhérents à la personne humaine et à sa dignité, et la défense de cette universalité et cette indivisibilité est essentielle pour la construction d’une société pacifique et pour le développement intégral des individus, des peuples et des nations.

LE DROIT A LA VIE
N’est-ce pas là le premier droit fondamental et inviolable impliquant des choix pacifiques pour la vie. Ce droit s’appelle une culture de vie et non de la mort, de la guerre.
LIBERTE RELIGIEUSE, LE CŒUR DES DROITS HUMAINS

Chacun est tenu de suivre sa conscience en toute circonstance et personne ne peut être contraint d’agir contre elle.
DROIT DE PARTICIPER

Tout citoyen a le droit de participer à la vie de sa communauté. Ce droit est actuellement rendu vain quand le processus démocratique est vidé de sa force par des phénomènes comme le favoritisme, l’achat des consciences, la corruption qui empêchent la légitime participation du pouvoir, des affaires publiques.
LE DROIT DES GROUPES MINORITAIRES

La discrimination, le racisme, l’exclusion sont indignes de la personne humaine et doivent être combattus.
LE DROIT A L’EPANOUISSEMENT

Les capacités personnelles doivent être développées, pour une pleine réalisation de la personnalité de chacun.
LE DROIT AU PROGRES MONDIAL DANS LA SOLIDARITE

C’est parce qu’il existe un certain dû à l’homme en raison de son éminente dignité. Les biens de la terre appartiennent à tous et à chacun.
LE DROIT A UN ENVIRONNEMENT SAIN

Un espace sain, propre, agréable, des villes, des quartiers où il fait bon vivre doivent être liés à la promotion de la dignité humaine.
Le DROIT A LA PAIX

Qui donc ferait des rapports de force, de discrimination de la guerre et des querelles une norme de conduite, un droit ? S’il existe un droit à la vie, il faut bannir la culture de la mort, de la guerre, et enseigner, développer, vivre le droit à la paix, la culture de la paix.

L’AN 2000 : LA PAIX, LA VIE, TEMPS DES CHOIX, TEMPS D’ESPERANCE !
Chacun est invité à un chemin de conversion qui comporte l’abandon de ce qui ressemble à la guerre pour le choix positif du bien, de ce qui est vie et paix. Tels sont les objectifs pour le grand jubilé chrétien de l’an 2000 et pour tout homme de bonne volonté.

La quête de la paix, la culture de la paix, la paix chez toi, dans ta maison, dans ton pays, le droit à la paix : voilà l’enseignement de Jean Paul II, de l’Unesco. Puisse l’année 1999 soit pour tous, pour notre pays, l’année d’une paix véritable qui ouvre le grand portail de l’an 2000, dans le droit, la solidarité et la justice.

Par Théodore Ndok NDIAYE
« Présence chrétienne »
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Le dialogue politique occupe actuellement une place importante dans le débat public au Sénégal. Ce qui devait être une normalité dans une démocratie mature comme la nôtre devient objet de polémique. On aime réinventer la poudre ; cela nous passionne !

Le dialogue n’est pas une invention moderne. À travers l’histoire et dans la plupart des sociétés, le fait de rassembler des personnes pour les aider à surmonter leurs différences et à résoudre leurs problèmes a toujours été une mission prestigieuse, généralement confiée à des individus expérimentés, à des anciens ou à des personnes respectées pour la qualité de leur jugement et leur sagesse.

Nous avons hérité, au Sénégal, d’un pays où le dialogue et la compétition politique ont réglé toutes les crises majeures et nous restons une exception en Afrique par l’absence de guerre civile et de conflits ethniques ou civils majeurs qui auraient rendu le pays ingouvernable. Nous avons donc l’obligation de sauvegarder cet acquis.

Aujourd’hui, au vu de l’évaluation des dernières élections législatives, des couacs qui ont été notés et de la gestion peu heureuse du processus électoral qui a laissé des centaines d’électeurs et de primo votants en dehors de notre système démocratique, allez répondre au dialogue avec le ministre de l’Intérieur reste une obligation et s’y soustraire serait irresponsable. L’opposition étant tenue d’y répondre avec responsabilité, car elle reste aussi le jardin de nos espoirs. Cette opposition, par ces échanges que nous souhaitons plus fréquents, devrait faire l’effort de se rapprocher de la notion de responsabilité pour apprécier les enjeux en termes de responsabilité politique et gouvernementale plutôt de ce qu’elle nous a habitués par des postures pavloviennes anti-majorité.

Cette même responsabilité devrait pousser le ministre de l’Intérieur, chargé de mener le dialogue, de considérer toutes les conditions posées par les deux pôles significatifs de l’opposition, traiter ses points avec diligence et impartialité, pour, enfin, réussir à amener autour de la table toutes les parties. Le ministre de l’Intérieur a l’obligation d’œuvrer au mieux pour que l’opposition ait toutes les garanties raisonnables pour un dialogue franc, sincère et qui aboutira sur des mesures progressistes qui apaisent et rassurent tous les acteurs du jeu démocratique.

Si nous devenons sérieux et nous revenons à l’orthodoxie de ce que sont les institutions de notre République, l’on se rend vite compte que le dialogue, dans son contenu et son agenda, doit être dirigé par le président de la République.

De notre côté, nous avons toujours invité le président Macky Sall à initier et entretenir le dialogue avec toutes les parties de la Nation, et en premier son opposition la plus significative, sur des sujets d’ordre national qui engagent le Sénégal sur sa cohésion sociale, sa défense, sa sécurité ou sa recherche de consensus politique et électoral.

Nous prônons un dialogue continu, constant, franc et soutenu dans notre pays et à tous les niveaux tant avec les acteurs politiques mais aussi avec les corps intermédiaires du dialogue social dans la recherche d’une solidarité sociale durable et d’un pacte de stabilité sociale durable.

Par Mohamed LY
Président Think Tank IPODE

Les Lions de la Téranga viennent de valider leur qualification à la Coupe du monde 2018, l’émotion a été intense et la joie immense du côté des supporters et des inconditionnels du ballon rond. Le chef de l’Etat a reçu les joueurs, le staff et les fédéraux pour les féliciter, les encourager, les galvaniser, les mettre en garde, les motiver pour une participation aussi honorable qu’en Corée en 2002. Les héros ont fait savoir leurs doléances au président, lequel a bien pris bonne note et a décidé de leur remettre une prime spéciale de 20 millions de FCfa par joueur. Leurs revendications ont fait un tollé dans l’opinion sénégalaise, jugeant que ces sportifs ont fait un crime de lèse-majesté en faisant des réclamations puériles aux antidotes de leur situation de footballeurs professionnels dont la majorité évolue dans les championnats européens de haut niveau et roulent sur l’or. Mais, n’oublions pas que le charlatan exige toujours son argent même s’il tue le patient (alors que dans ce contexte-ci il n’y a ni charlatan ni patient mort), bref, le débat reste ouvert sur l’opportunité de satisfaire ces «Gaïndé» au vu des maigres ressources que dispose notre cher pays. L’objet de ce texte est de profiter de cette qualification en Russie 2018 pour donner des pistes afin de trouver des ressources additionnelles et des externalités positives pour la Fédération sénégalaise de football.

La glorieuse organisation « à but non lucratif », sise du côté de Zurich, laisse retomber quelque menue monnaie dans les poches des équipes qui participent à ce prestigieux raout à crampons, lequel n’existerait certes pas sans elles. De la sorte, rien que de se qualifier suffit déjà en soi à décrocher un petit jackpot, et pour la Fsf, les calculettes étaient surtout de rigueur au stade Léopold Sédar Senghor au-delà des sept milliards amassés juste après la qualification. Les revenus augmentant à chaque match joué ; ce qui apportera minimum quelques milliards supplémentaires.

Justement, c’est aussi l’opportunité souhaitée de négocier un gros contrat avec un équipementier international de premier plan sur le long terme, et la Fédération sera en position de force pour décrocher un gros lot qui pourrait même atteindre plusieurs milliards en quelques années. Aussi, ce sera la possibilité d’attirer de gros sponsors nationaux, notamment les grands groupes industriels et de services européens installés à Dakar ; ce qui apportera inéluctablement quelques milliards dans la besace. Le plus urgent et le non moins nécessaire en cette période d’euphorie de qualification est de cultiver la culture merchandising surtout chez les fervents supporters, en vue de mettre en place, en partenariat avec l’équipementier choisi, une boutique spécialement dédiée à la vente exclusive de maillots et de produits dérivés à l’effigie de l’équipe nationale. Des milliers de produits dérivés doivent être estampillés Lions de la Téranga : maillots, tee-shirts, écharpes, bandeaux, sacs, mugs, drapelets, portefeuilles, briquets, sandales, caleçons... et j’en passe. Les recettes générées par ces produits dérivés sont désormais un enjeu majeur dans le football moderne, les hauts dirigeants des administrations du football mondial pensent « marque » et « cible ». Thierry Hubac, directeur de la communication du Fc Lorient, l’a bien compris. « Notre but est de développer des produits tous azimuts. Le merchandising est un outil de communication de proximité et un service que l’on rend à nos supporteurs au-delà de la logique mercantiliste », dit-il.

Dommage qu’il ne reste plus que six mois pour espérer mettre en place cette boutique spéciale tant rêvée alors qu’aucun équipementier sérieux n’a encore frappé aux portes de la Fédération avant même de parapher un quelconque contrat. L’idéal aurait été de signer un partenariat avec un équipementier fiable bien avant la qualification, avec la possibilité d’existence de clauses dans le contrat équipementier comme une revalorisation des termes financiers en cas de qualification. Cette vision aurait bien pu nous priver de ces questionnements puérils et stériles sur l’opportunité d’offrir à nos chers Lions des terrains et des passeports diplomatiques. En espérant aussi que tous les revenus tirés de cette campagne et du merchandising, au cas échéant, puissent être utilisés en totale transparence surtout dans la réalisation d’infrastructures de dernière génération et le développement du football local qui sombre dans les ténèbres depuis presque trois décennies, car la sélection A reste encore dans le football national « une trainée lumineuse dans la grande nuit de l’infiniment petit ».

Par Baïdy Bocar SY
Economiste/Auditeur interne
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« Le droit de l’esclavage est nul non seulement parce qu’il est illégitime, mais parce qu’il est absurde et ne signifie rien », disait Jean Jacques Rousseau.

À travers une vidéo, obtenue depuis août passé avant sa réactualisation, rendue publique ce 15 novembre courant par la plus grande chaîne d'information au monde, Cnn, et filmée en cachette montrant le summum du calvaire ( la traite des êtres humains) dont sont victimes certains de nos compatriotes africains, perdus dans cette spirale du désespoir, en quête de lendemains meilleurs, l'être humain s'est encore illustré sous sa forme démoniaque d'aspiration à être supérieur. Et comme vous le savez, cette fois-ci, pas en triangulaire comme connu auparavant, mais entre frères et sœurs de même continent. Eh oui ! L'humain se diabolise de plus en plus et tout près de chez nous. Qui l'aurait cru ? Les négriers d'autrefois doivent bien se retourner dans leurs tombes, en complicité sournoise avec la communauté internationale, qui commence, à peine, à s'émouvoir après s'être mue dans son légendaire laisser-aller. Ça alors ! comme s'ils venaient tout fraîchement de le découvrir.

Et pourtant, le magazine français Paris Match a, depuis le 24 septembre 2016, tiré la sonnette d'alarme dans un de ses publireportages titré “Migrants : les esclaves de Libye” et consacré, en grande partie, au travail post-Kadhafi en Libye effectué par le lauréat du 7e prix Carmignac du photojournalisme en 2016, le mexicain Narciso Contreas, sur les migrants. Ce dernier avait déjà interpellé l'opinion internationale sur “le quotidien de ces hommes et de ces femmes pris au piège, qui semblent prêts à risquer leur vie et à sacrifier leur maigre fortune pour se jeter sur de frêles embarcations en direction des côtes italiennes.”

Encore plus pathétique, il relatait le stratagème des passeurs, pour la gent féminine, consistant à « les violent pour les mettre enceintes, puis les envoient en Europe, entre le cinquième et le septième mois. Ils pensent que les gardes-côtes répugneront à renvoyer en Libye celles dont la grossesse est trop avancée ». Répugnante également comme tactique !

En outre, plus révoltant que tout, en avril 2017, le journal français “Le Monde”, dans une de ses publications intitulée “En Libye, des migrants vendus sur des « marchés aux esclaves »”, démontrait l'aveu d'échec et d'impuissance de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim), exprimé dans un rapport du 11 avril 2017, dans lequel elle évoquait qu' “un nombre croissant de migrants transitant par la Libye sont vendus sur des « marchés aux esclaves » avant d’être soumis au travail forcé ou à l’exploitation sexuelle.” À l'époque, dans ledit rapport, des migrants originaires de l’Afrique de l’Ouest, notamment du Nigeria, du Sénégal, du Ghana et de la Gambie, avaient témoigné “avoir été achetés et revendus dans des garages et des parkings de la ville de Sabha, localité du sud de la Libye par laquelle passent de nombreux candidats à l’exil”. Plus choquant encore, ils coûtaient, selon toujours l’Oim, comme des matières premières, entre 200 et 300 dollars (entre 190 et 280 euros), soit entre 124 631,83 et 183 667,96 FCfa) et étaient retenus, de force, durant deux à trois mois en moyenne. Et toujours pas de réaction !

Il a fallu maintenant attendre la publication de cette pitoyable vidéo-reportage, réactualisée en octobre dernier, montrant le déroulement exact de la vente aux enchères avec des termes que nous pensions qu'aucun être humain, même le plus diabolique d'entre nous, n'aimerait plus entendre, du genre : “Huit cents… 900… 1000… 1100… Et Vendu pour 1200 dinars libyens – soit l’équivalent de 800 dollars” ; pour voir les leaders d'opinions ainsi que certains organismes internationaux rivaliser de compassion. C'est le cas de notre bien aimée “Union africaine” qui, malgré les nombreuses mises en garde de la presse internationale et des organes compétents, n'a pas daigné lever le plus petit doigt pour stopper net ces maltraitances suivies de tueries. Pour elle, “le médecin après la mort” suffit largement par un simple communiqué de réconfort en date de ce vendredi 17 novembre et signé par son président en exercice, en l'occurrence M. Alpha Condé, invitant « instamment les autorités libyennes à ouvrir une enquête, situer les responsabilités et traduire devant la justice les personnes incriminées... Egalement à revoir les conditions de détention des migrants.” Décidément ! Quels genres de dirigeants nous avons ? Comme si gouverner n'était pas prévoir et/ou anticiper.

Si en plus de ne pas pouvoir assurer, comme le voudrait la règle, à nos compatriotes africains de quoi être plus utile par le travail dans leurs sociétés respectives, nos gouvernants n'arrivent pas à garantir ce droit primordial de libre circulation en terre communautaire, qu'ils leur rendent au moins leur dignité humaine, en arrêtant hic et nunc ces actes ignobles qui ne font que ressurgir les vieux démons d'antan, ayant déjà détruit des millions de vies durant plus de 400 ans (entre 15ème et 19ème siècle). Ce qui ne devrait point poser de problème puisque l'esclavage, désigné comme un système socio-économique reposant sur le maintien et l'exploitation de personnes dans des conditions sociales assimilables à tout exercice d'une propriété sur un objet donné, est considéré dans presque tous les pays du monde comme un crime contre l'humanité.

Néanmoins, il est également vrai que culturellement, l’esclavage en Libye a une longue histoire et un impact social et des séquelles considérables dans le pays. Voici les raisons :
- Sous le contrôle de l’Empire Ottoman au XVIe siècle, la Libye, après une brève régence de Tripoli, est reprise en main par ce dit empire en 1835. Ainsi, dernière possession ottomane en Afrique avant la dissolution de celui-ci, le 24 juin 1923, l'actuel territoire de la Libye, conquis, puis colonisé par le royaume d'Italie en 1912, à l'issue de la guerre italo-turque, est proclamée officiellement indépendante le 24 décembre 1951, après son envahissement suivi d'occupation des Alliés de l'époque, durant la fameuse Seconde guerre mondiale. Alors, au lieu d'appliquer scrupuleusement les traités signés par ses colonisateurs qu'étaient le royaume d'Italie et/ou l’Empire Ottoman, qui ont eu respectivement à abolir l'esclavage dans leurs territoires occupés dès juin 1960 et le 26 décembre 1847, la Libye s'est contentée d'attendre jusqu'en 1853 pour passer à l'acte. Pas dans tout le territoire, mais uniquement à Tripoli tout en poursuivant la pratique dans tout le reste du pays. Et cela impunément jusqu’aux années 1890. Cette impunité s'est poursuivie jusqu'à nos jours.

- Par ailleurs, ce que ne savent peut être pas beaucoup de personnes, c'est que dans certains pays arabes comme celui de la Libye, leur conception d’êtres supérieurs qu'ils se sont toujours prévalus nous démontre à suffisance qu’historiquement l’esclavage des Noirs africains résulterait du fait que “le mot عبد / ʕabd / – signifiant esclave – est encore utilisé péjorativement pour désigner les personnes noires. En général, le mot pour désigner une personne noire est عبيد / ʕbeːd /, qui est le diminutif du mot / ʕabd / considéré comme acceptable par beaucoup (en arabe libyen le diminutif ajoute un sens attachant). وصيف- prononcé wsˤiːf en arabe libyen – signifie serviteur, et il est également utilisé dans certains endroits, en particulier par les générations plus âgées, pour se référer aux ethnies noires. Par ailleurs, le mot حر / hurr /, qui signifie « libre », est utilisé par de nombreuses personnes âgées pour se référer aux non-Noirs”. Avec toutes ces différentes considérations, la communauté internationale aura vraiment du pain, voire du béton sur la planche, car l'affaire est plus profonde que ça en a l'air.

Certes, comme disait la philosophe française Simone Weil, “l'homme est esclave pour autant qu'entre l'action et son effet, entre l'effort et l'œuvre, se trouve placée l'intervention de volontés étrangères”, mais aussi “Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :

Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les morts ne sont pas sous la terre :
Ils sont dans l’arbre qui frémit,
Ils sont dans le bois qui gémit,
Ils sont dans l’eau qui coule,
Ils sont dans l’eau qui dort,
Ils sont dans la case, ils sont dans la foule :
Les morts ne sont pas morts”, indiquait notre défunt compatriote Birago Diop, poète et écrivain, dans son ouvrage « Les Souffles », Les Contes d’Amadou Koumba (pp.173-175).

Pourvu que ces démons partent à jamais pour le repos éternel de nos âmes perdues.

Qu'Allah Swt veille sur l’Afrique et particulièrement sur notre cher Sénégal… Amen

Par Elhadji Daniel SO,
Président d’En mouvement ! Défar Sénégal
Ensemble, construisons le Sénégal !
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Ce mardi 7 novembre 2017, le temps était maussade, enveloppé qu’il était dans cette grisaille qui suscite confusément, dans l’esprit et le cœur, un sentiment empreint de spleen et d’amertume. Contrastant cependant avec celui de chaleur presque caniculaire connu les jours précédents. Il était tout de même clément pour ne pas dire quelque peu doux, faisant ainsi un clin d’œil à ce grand homme qui était de douceur et venait, aux premières heures de la matinée, de partir discrètement, sur la pointe des pieds, comme pour ne pas gêner ses compatriotes déjà présents à Touba ou occupés à s’y rendre. El hadji Medoune Thiam était ainsi rappelé à Dieu à la veille du Magal.

La triste nouvelle, rapidement répandue, a plongé ses parents, amis, voisins et collègues dans la consternation et la douleur. Le défunt, en effet, était un homme affable, sensible, si attachant, d’un commerce facile et d’une louable humanité au point de gagner l’estime de bon nombre de ses compatriotes.

A la mort, on ne s’habitue jamais, même si tous les jours elle nous rappelle qu’elle est notre commune et cruelle destinée. Apanage de tous les êtres, des riches et pauvres, des bons et mauvais, on a pourtant du mal à s’y faire lorsqu’elle frappe des personnes qui ont marqué leur existence par leur croyance forte et leur sens élevé des relations humaines. Hélas, personne n’y échappe ! Et si les hommes de vertu devaient être épargnés de cette déchirure de l’âme qui mène vers l’éternité, le Prophète (Psl) serait encore parmi nous.

Pharmacien de renom et un des pionniers dans cette profession, islamologue tout aussi réputé et admiré, El hadji Medoune Thiam s’en est donc allé à deux mois de sa soixante-quinzième année, nous laissant dans l’émoi parce qu’il était aussi pétri de cette formidable bonté dont un sage britannique, Bacon pour ne pas le nommer, disait - et il savait bien ce dont il parlait puisqu’ayant été dans la résilience, subi l’injustice avant de bénéficier de la mansuétude de son roi - qu’elle était la plus noble faculté de l’âme humaine et la plus grande des vertus. Comme on dit chez nous, Medoune Thiam « dafa raffetone xol ». Il avait vraiment l’âme charitable.

Cette infinie et inoxydable bonté, qui l’habitait et qui était assise sur la crainte de Dieu, la foi et l’amour du prochain, transparaissait dans ses propos et déterminait tous ses faits et gestes. Medoune était simplement bien parce que le bien lui était consubstantiel ! Ce qui est assurément un don de Dieu réservé à ses meilleurs sujets. Et il n’est guère exagéré de dire qu’il était de ceux-là, lui qui, sur terre, a fait l’unanimité sur sa générosité si exquise et rare que personne ne lui dénie.

S’agissant de Medoune Thiam, de tels propos tenus à son endroit ne sont guère de circonstance. Ils traduisent simplement une réalité qui caractérisait pleinement l’homme. Et tous ses amis, dans la diversité de leurs milieux et horizons, en conviendront. Medoune, dans ses nombreuses et très variées relations, aura laissé des empreintes indélébiles tant il les entretenait avec constance et un exceptionnel dévouement. Il a marqué la conscience de tous ceux qui l’ont connu, lui qui considérait dans une égale dignité nantis et indigents, hommes et femmes, adultes et enfants et leur accordait le même égard. Il mettait les gens à l’aise par sa formidable courtoisie. Il n’élevait jamais la voix et ne s’esclaffait jamais. Mais, il arborait toujours ce merveilleux petit sourire au coin que les élèves demi-pensionnaires de Van Vo des années 60 appréciaient déjà chez ce pion débonnaire qui veillait sur eux avant et après le réfectoire et dont la présence dans la cour rassurait.

Homme de paix et de tolérance prônant toujours le dialogue, il était un conciliateur et un pacificateur hors-pair. Il abhorrait la violence et l’injustice. Medoune s’excusait du fait qu’on lui ait fait du tort. Il demeurait néanmoins un homme courageux et de principe qui ne transigeait pas sur les valeurs et les convictions qui étaient les siennes. Qui ne se souvient pas de son soutien clamé haut et fort à Macky Sall qu’il a reçu en 2010 chez lui, en plein jour, au moment où ce dernier était considéré comme peu fréquentable par bon nombre d’hommes politiques qui craignaient des représailles du pouvoir en place à l’époque ?

Le pieux Medoune, fervent musulman qu’il était, s’adonnait au quotidien à l’adoration deDieu tout comme il passait son temps à s’abreuver aux enseignements du Prophète (Psl), à Le louer et Lui dédier des poèmes. Il ne se passait guère une journée sans qu’il ne parle de l’Islam ou qu’il n’évoque le Coran, son bréviaire, qu’il aimait tant lire et réciter. C’est dans cette attitude de piété, de dévotion, qu’il trouvait les ressorts lui permettant d’entretenir sa foi et la force d’accomplir ce qui donnait sens à son existence : se dévouer à Dieu et être dans l’amour et au service de son prochain.

Medoune était un homme de l’Islam et dans l’Islam. Ce qui lui était naturellement et généralement reconnu au point que de nombreuses missions religieuses lui ont été confiées durant toute son existence. C’est ainsi qu’il a eu à jouer un grand rôle au sein de la communauté musulmane sénégalaise et, au-delà, dans la Oumah islamique.

En plus d’avoir animé des émissions religieuses dans de nombreuses stations de radio et chaines de télévision, il transportait un peu partout avec lui son imposante et attachante silhouette dans les gamous, rencontres et autres conférences religieuses qu’il animait avec brio, étalant, à l’occasion, une vaste culture islamique et subjuguant à chaque fois l’assistance par son éloquence si raffinée. En effet, avec un sens aigu de la retenue, de la modération, il distillait des paroles enivrantes inspirées par le Coran et les enseignements du prophète (Psl). On comprend ainsi aisément qu’à toutes les rencontres du genre où il était annoncé, c’est une foule nombreuse qui y assistait. Ses prêches étaient retentissants et fort appréciés.

Si, plusieurs années durant, il a bénéficié de la confiance de son ami et guide religieux, le défunt khalife général de Pire, Serigne Moustapha Cissé, qui lui avait confié la présidence de l’association religieuse dite « Fraternité musulmane », c’est parce qu’il était un homme de foi crédible, qui plus est, maîtrisait parfaitement le Coran. Ce sont ces mêmes qualités et valeurs qu’il portait admirablement qui lui ont ouvert les portes de tous les foyers religieux du Sénégal, toutes confréries confondues, et dans lesquels il était gratifié de respect, d’estime et des plus hauts égards du fait qu’il y était admis comme un dévoué au Sceau des Prophètes et surtout un homme de Dieu.

Homme de Dieu, El Hadji Medoune Thiam, ami de nombreux autres khalifes, notamment Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh, Serigne Saliou Mbacké, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, Serigne Cheikh Bouh Kounta de Ndiasséne, l’était assurément. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler cet acte qu’il a posé, il y a de cela plus de trente-ans, et qu’il a renouvelé un peu partout au Sénégal : la construction d’une mosquée derrière sa pharmacie à Castors. Une mosquée que Serigne Abdou Aziz Sy Dabakh, à l’époque Khalife général des Tidianes, était venu inaugurer en y dirigeant la prière. Et depuis lors, à travers cette Maison de Dieu, l’illustre bâtisseur qu’il était distribuait, chaque année, durant toute la période du Ramadan, des centaines de repas sous le label qu’il s’était donné, à savoir « La marmite du cœur ». A ce magnifique acte de bienfaisance tenait beaucoup ce compagnon fidèle, engagé et désintéressé des démunis, des couches vulnérables et de tous les nécessiteux. Il partageait tout ce qu’il gagnait à la sueur de son front entre sa famille et les gens qui sont dans le besoin. D’innombrables bienfaits provenaient de lui en direction des moins pourvus lors des fêtes de Korité, Tabaski et Tamkharit ainsi qu’au moment du pèlerinage à la Mecque. Denrées de première nécessité, victuailles, moutons, bœufs et billets d’avion, Medoune en accumulait pour les distribuer aux autres. Sans oublier les médicaments qu’il mettait gracieusement à la disposition de nombreux malades ne pouvant pas honorer leurs ordonnances médicales.

Le fils respectueux de ses ascendants et le père de famille aimant et si attaché à sa progéniture, par ces postures susmentionnées, aura également démontré à souhait qu’il était animé d’une forte croyance religieuse. A preuve, la place centrale que sa famille occupait dans sa vie. Il a su entretenir les rapports les meilleurs avec ses oncles et aînés auxquels il vouait estime et respect sans borne et choyer ses enfants sans les dévoyer.

Il a accordé à ses parents tant aimés la considération due et que tout bon musulman doit observer. Il n’a jamais cessé de vivre, jusqu’à son dernier souffle, dans le culte de leur mémoire. C’est de ce point de vue qu’il convient au demeurant d’apprécier une de ses dernières volontés instruisant qu’il soit inhumé aux côtés de son père aux cimetières de Pikine.

Du fait de l’immensité de son œuvre accomplie sur terre au profit de l’Islam et de son prochain, œuvre inspirée par la seule foi et la soumission à Dieu, El hadji Medoune Thiam aura fini de faire graver éternellement son nom dans la mémoire collective des Sénégalais qui sont très nombreux à l’estimer.

Il est indéniable que son rappel à Dieu constitue une grosse perte pour la communauté musulmane qu’il a tant servi et un immense vide social, car laissant de nombreux déshérités orphelins. C’est sans doute ce qu’a ressenti cette foule immense venue l’accompagner à sa dernière demeure, ce mardi 7 novembre qui était pourtant veille de Magal.

Il est dit dans le Coran que « ceux qui soumettent leur être à Allah tout en faisant le bien seront rétribués par Le Seigneur. Pour eux, nulle crainte, ils ne seront point attristés ».
Plaise à Allah qu’Il accueille en Son Paradis El hadji Medoune Thiam qui aura ainsi vécu ! Que la terre de Pikine lui soit légère.

Par Papa Amath CISSE
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Il y a un peu plus d’un an et demi, j’ai été investi dans mes fonctions à la tête du gouvernement brésilien, confronté à la tâche de surmonter la plus grave crise économique de l’histoire du pays, et de traiter de ses profondes conséquences sociales. Face à ce défi, j’ai proposé un programme de transformation sans recourir à des mesures populistes. Ce programme, qui contient le plus vaste ensemble de réformes structurantes des trente dernières années, repose sur l’équilibre budgétaire, la responsabilité sociale et l’augmentation de la productivité.

Les résultats sont visibles. La récession touche à sa fin et l’économie brésilienne connaît son deuxième trimestre consécutif de croissance. Les analystes tablent sur une croissance du Pib de près de 1 % en 2017. L’inflation, qui avoisinait les 10 % en mai 2016, est désormais en-dessous du milieu de la fourchette cible : 2,54 % en septembre. Le pouvoir d’achat s’améliore avec la progression de plus de 6 % des salaires réels. Le taux directeur Selic, qui se situait, en mai 2016, à 14,25 %, baisse de manière soutenue. Aujourd’hui, il est à 7,5 %, son niveau le plus bas depuis 4 ans, et le «spread» bancaire a considérablement reculé. À elle seule, la réduction raisonnable des taux d’intérêts a rapporté 80 milliards de «reais» à l’État.

La balance commerciale brésilienne bat régulièrement de nouveaux records : entre janvier et octobre de cette année, l’excédent a atteint 58,477 milliards de dollars (croissance de 51,8 % par rapport à la même période en 2016). Sur la même période en 2017, la production industrielle a augmenté de 1,6 % (jusqu’en mai 2016, elle s’était contractée de 9,8 %). Les exportations de véhicules ont augmenté de 55,7 % par rapport à 2016, avec un total cumulé en 2017 qui dépasse déjà la barre des 560 000 unités. La vente de véhicules neufs sur le marché national affiche, cette année, une hausse de 9,28 % comparée à la même période l’année précédente. La récolte de céréales et d’oléagineux devrait s’établir à un niveau historique - 242 millions de tonnes en 2017, soit une augmentation de 30 % par rapport à l’année dernière. Traduisant une reprise de l’économie brésilienne, l’activité portuaire a connu une croissance de 5,7 % en
2017 et le marché intérieur de l’aviation a progressé de 6,6 % par rapport à septembre 2016.

Ce cercle vertueux est à l’origine de la restauration de la confiance envers l’économie brésilienne. L’Indice de confiance des entreprises (de la Fondation Getúlio Vargas - Fgv) s’établissait à 90,3 points en octobre, son plus haut niveau depuis juillet 2014. Le risque Brésil (indice des obligations des marchés émergents - Embi) a reculé de 544 points de base (janvier 2016), passant à 293 points de base (octobre 2017), soit une réduction de 56,1 % du «spread» souverain. Le Cds-5 ans, qui était à 328 points, se situe, aujourd’hui, à 173,5 points. L’indice de la Bourse de São Paulo Ibovespa a dépassé les 76 000

points en septembre 2017, après être passé en dessous des 38 000 points en janvier 2016. Le total cumulé des Ied au cours du premier semestre de 2017 s’élevait quant à lui à 40,3 milliards de dollars (contre 78,9 milliards de dollars en 2016). Les appels d’offres dans le domaine de l’énergie, organisés sous de nouveaux cadres règlementaires dont celui qui régit les gisements du pré-sel, ont généré plus de 22 milliards de «reais» en recettes pour l’État. Des investissements à hauteur de 444 milliards de «reais» sont attendus au cours des prochaines années sur ce seul secteur, dans lequel 500 000 nouveaux emplois devraient être créés.

Des mesures fondées sur la rationalité et la prévisibilité économiques ont contribué à améliorer l’environnement des affaires, grâce à des initiatives de simplification administrative dans les secteurs agricole, des services, du commerce de détail et du commerce extérieur. La loi sur la responsabilité des entreprises publiques a permis leur professionnalisation. Autrefois sans crédibilité, les entreprises publiques brésiliennes ont repris de la valeur. Après des pertes de 32 milliards de «reais» en 2015, elles ont enregistré des bénéfices de 4,6 milliards de «reais» l’année suivante et de 17,3 milliards de «reais» au premier semestre 2017. Par ailleurs, afin de promouvoir la productivité, la réforme du code du travail a été approuvée. Sans enlever de droits, la législation a été modernisée et a permis de formaliser des travailleurs auparavant exclus.

La réussite de ce programme se reflète déjà sur la reprise de l’emploi, avec une augmentation du taux d’emploi. Le solde positif accumulé de l’année, selon les données du registre général des employés et des chômeurs («Cadastro geral de empregados e desempregados» – Caged), est de 163 000 postes de travail, alors qu’entre janvier et mai 2016, 448 000 postes avaient été perdus. Selon l’Institut brésilien de géographie et de statistiques («Instituto brasileiro de geografia e eestatística» – Ibge), uniquement au troisième trimestre de 2017, 1,061 million de postes ont été créés et 524 000 personnes ont quitté le groupe des demandeurs d’emplois. La masse des revenus d’activité réels des travailleurs a augmenté de 3,9 % au troisième trimestre de 2017 par rapport à la même période de 2016.

Le rétablissement de l’équilibre budgétaire et de la croissance économique a permis d’augmenter les ressources destinées au social. Des programmes, auparavant menacés par la dégradation budgétaire, ont été revalorisés tout en respectant le plafond constitutionnel et l’efficacité des dépenses publiques. L’allocation du programme «Bolsa família» a été augmentée de 12,5 % (après plus de deux ans sans aucun ajustement) et le temps d’attente a été réduit à zéro. Le gouvernement est allé plus loin et a lancé le programme «Progredir» qui aide les familles qui en bénéficient à accéder à un emploi et au crédit et, ainsi, à trouver leur autonomie. Grâce à une mesure audacieuse, j’ai libéré les comptes inactifs du Fonds de garantie pour temps de travail («Fundo de garantia por tempo de serviço» – Fgts) et j’ai avancé les retraits du fonds lié aux Programmes d’intégration sociale et de formation du patrimoine des fonctionnaires («Programa de integração social/Programa de formação do patrimônio do servidor público» – Pis/Pasep) : des millions de Brésiliens en ont bénéficié et 60 milliards de «reais» ont été injectés dans l’économie.

Le budget de la santé et de l’éducation a augmenté. La rationalisation de la gestion dans le domaine de la santé a dégagé davantage de ressources pour les services essentiels : 4 milliards de «reais» ont été redirigés vers l’acquisition d’équipements, l’ouverture d’unités de santé et l’embauche de personnel. Le programme «Farmácia popular» consacrait 80 % de son budget aux dépenses administratives. La nouvelle forme de transfert a augmenté de 100 millions de «reais» par an les ressources pour l’achat de médicaments de base. Concernant l’éducation, l’approbation de la réforme du lycée a permis d’actualiser le programme en fonction des aptitudes personnelles et de la réalité du marché du travail. Le programme de financement des étudiants («Fundo de financiamento estudantil» – Fies) a été revu, avec 75 000 étudiants financés de plus. Il est, aujourd’hui, durable. Plus de 700 millions de «reais» ont été libérés pour ce fonds, évitant les retards dans les versements. Par ailleurs, grâce au lancement du satellite géostationnaire, un pas décisif a été donné vers l’universalisation de l’accès à l’internet haut débit au Brésil.

Les résultats montrent que la stratégie proposée et mise en œuvre par le gouvernement est la bonne. Nous avons laissé la crise dernière nous et repris le chemin du développement. Convaincu qu’il n’y pas de temps à perdre, je continuerai à faire approuver le programme de réformes. La prochaine étape sera la continuité des réformes ; ce qui garantira la solvabilité et la survie du système, en plus de faire disparaître les privilèges. La simplification de la législation fiscale, une autre priorité, augmentera la compétitivité de la production nationale. Avec le soutien indispensable du Congrès national, des

travailleurs et des chefs d’entreprise, nous remettons le Brésil sur les rails.

Par Michel Temer
Président de la République fédérative du Brésil

Karl Marx disait que « celui qui ne connait pas l’histoire est condamné à la revivre ». Alors certainement, la complexité de la nature humaine et l’exigence du gain politique justifient, pour nous acteurs politiques, que face à une exigence nationale pour le groupe ou la communauté que nous sommes censés représenter, nous en fassions fi au profit du gain politique.

Je ne désespère pas qu’un jour les mots « boycott et pas de dialogue ou de concertation » soient bannis une bonne fois pour toute de l’action politique par les acteurs. Car condamnés à vivre en commun dans un espace géographique appelé Sénégal et à faire face ensemble à tous les défis géostratégiques et socio-économiques. Le devoir et l’obligation nous imposent de définir collectivement des règles de conduite à même de garantir le renforcement d’une démocratie évoluée, dynamique, moderne et acceptée par tous.

Et s’il vous plait, n’oublions pas le seul arbitre qui vaille, c’est le peuple souverain qui nous écoute, nous entend et nous regarde. Ce peuple que nous sommes si prompt à convoquer pour qu’il cautionne et justifie les actes que nous posons, les attitudes que nous adoptons, sans jamais prendre le temps de lui demander son avis.

Alors, chers camarades de «Mankoo wattu» et «Taxawu», chers tous, nous qui avons cheminé et vécu la majeure partie de notre engagement militant ou citoyen ensemble dans des groupes ou sous-groupes, avec un système de vases communicants, retrouvons nous autour de l’essentiel, écrivons ce nouveau chapitre de l’Histoire de la vie politique sénégalaise.

Si l’on se fie à tous les experts et analystes politiques qui ont théorisé la reconfiguration du champ politique sénégalais après moins d’un demi-siècle de gouvernance politique post-indépendance, le défi d’un socle institutionnel solide, bâti sur le ciment de la concertation du dialogue et du consensus électoral accepté, repose désormais entre nos mains.

Nous avons choisi d’être les acteurs attitrés de la vie politique du Sénégal. Une mission doublée d’un sacerdoce que nous devons assumer au risque d’être au banc des accusés du tribunal de l’histoire politique de notre Nation.

Alors, chacun, dans le respect de ses convictions, avec en bandoulière ce peuple acquis à sa cause, cette partie du peuple qui nous renouvelle à chaque élection sa confiance à travers les urnes, pour une fois, laissons lui le privilège de la décision. Et donc, sans pré-requis ni présomptions, au nom du principe républicain, dialoguons tous et laissons le peuple souverain décider de la bonne foi des uns et des autres.

Par Zahra Iyane THIAM
Membre de la majorité présidentielle

Les élections législatives sont derrière nous. Il est grand temps d’installer le dialogue entre les acteurs politiques. Qu’ils taisent donc leur ego pour réfléchir ensemble et prendre à bras le corps les difficultés auxquelles notre pays est confronté.

Dialogue politique, pourquoi ? Avec qui dialoguer ? Comment une minorité peut-elle imposer les conditions d’un débat si elle en exige le format de modalité ? A vrai dire, un débat contradictoire, pour faire avancer par les idées porteuses, est une sublimation de la démocratie. Le pouvoir est dévolu en République par le vote des citoyens. Dès lors, contester ceux qui ont la plénitude de l’exercer au point de vouloir se substituer à eux dans la gestion des affaires de l’Etat, est une aberration. Il ne peut y avoir d’Etat sans normes qui fondent les institutions. Les institutions sont dirigées par les dépositaires affectés à cet effet. Il est irréaliste et illusoire de vouloir influer et faire céder la puissance publique par la menace et l’injonction.

Une opposition responsable et crédible est une composante de l’espace démocratique. Elle doit discuter avec la majorité. Il est même souhaitable qu’elle soit consultée en cas de besoin quand les problèmes qui intéressent la nation interpellent toute notre société. Elle doit critiquer objectivement et proposer des solutions alternatives à tous projets. Elle n’est pas forcément rebelle et nihiliste au point de tout remettre en cause sans arguments acceptables. La posture du « ôtes-toi là que je m’y mette » ne saurait prospérer.

Quand ont s’enferme dans ses « vérités » et « certitudes »on est en plein dans l’illusion de la vérité. La conquête du pouvoir est le but de tout parti politique. Cette ambition ne doit pas être une obsession. La passion rend aveugle et conduit souvent à la démesure. Le préjugé, l’invective, la méfiance et la dénonciation ne sont pas des préalables valables qui facilitent la concertation. Il faut se faire confiance, se parler, échanger en toute bonne foi. Si tous les protagonistes du champ politique ont pour motivation principale de faire avancer les choses, ce serait à l’avantage de notre pays.

Le nouveau ministre de l’Intérieur, Monsieur Aly Gouille NDIAYE, peut être crédité d’une inébranlable volonté de réussir la mission à lui confier par Mr le Président de la république ;
Un Peuple un But une Foi, notre devise nationale indique clairement que nous devons êtres tous des frères, militants et adhérents à la cause du seul Grand parti que nous partageons tous : notre Sénégal

Par Dior THIAM
Responsable APR

Ce vendredi 10 novembre 2017, le Sénégal se qualifie pour la deuxième fois de son histoire à une coupe du monde en battant l’Afrique du Sud sur un score de 2 : 0.
Une nouvelle accueillie avec liesse et fierté. Elle peut, cependant, être analysée sous différentes perspectives, notamment géopolitique.

Avec une population de 14 354 690 d’habitants et une superficie de 196 712 km2, le Sénégal demeure parmi les plus petits États du monde, géographiquement parlant.
En fait, l’une des règles les plus basiques qui font autorité sur la scène internationale est sans nulle doute la PUISSANCE.

Certains pays sont des puissances affirmées ! Ils le sont sur le plan militaire (USA), économique (Allemagne, France…), technologique (Japon, Corée du Sud, Inde…), démographique (Chine, Nigéria) ou encore touristique (Égypte, Brésil, Grèce, Afrique du Sud…).

Néanmoins, il n’est pas donné à tout pays de côtoyer la Gotha mondiale de ces domaines respectifs. Bien des pays, comme le Sénégal, trainent un certain nombre d’handicaps dus à la petitesse des ressources ou à un manque d’attrait.

Le Football, un excellent outil de « Soft power »
Le Soft power est un concept-clé en relations internationales. Développé par le professeur américain Joseph Nye, il peut être défini comme un moyen permettant d’influencer indirectement le comportement d’un acteur (politique, firme, ONG, institution internationale, État…) à travers des moyens non coercitifs. Ces derniers peuvent être culturels ou idéologiques. Ainsi, il est tout à fait légitime de ranger dans la catégorie culturelle, le RnB américain, le Kungfu chinois et le Jellâba arabo-musulman.

Le Soft power est en vogue. Très en vogue. Cet état de fait se justifie par la prédominance de plus en plus croissante de l’arme économique et culturelle sur le militaire ; le football est incontestablement un sport de renommée mondiale, si un pays veut projeter une image positive de lui sur la scène internationale, il n’en existe pas de meilleur ambassadeur.

Il s’agit d’une nouvelle idéologie du football, une nouvelle idéologie - dirigée par l’État, extrêmement politique et dotée de ressources abondantes. C’est l’antithèse même de la vision socioculturelle européenne du football et du libéralisme américain.

Aujourd’hui, des exemples de pays qui ont occupé la scène sportive en général et footballistique en particulier sont légion.

Dubaï, Qatar, Abu Dhabi
En 2004, Dubaï signe avec Arsenal un contrat d’environ 160 millions de dollars pour voir le nouveau stade du club porter le nom de son transporteur Émirates et de faire figurer l’effigie de Fly Emirates sur les différents supports sportifs du club.

En 2011, Abu Dhabi à son tour sponsorise le stade de Manchester City. Il va s’appeler Etihad Stadium, nom de la compagnie aérienne d’Abu Dhabi. Le contrat s’élève à 640 millions de dollars.
Concernant le Qatar, au cours de la décennie écoulée, l’émirat gazier a tenté de compenser sa petite taille, et dès lors sa fragilité politique, par une diplomatie sportive couronnée de succès : tous les grands rendez-vous sportifs, de l’athlétisme (2019) à la natation (2023), en passant par le football (2022), le cyclisme (2016), ou encore le handball (2015) y auront organisés leurs Championnats du monde d’ici à 2023. Le football, le sport roi, aura été la vitrine privilégiée, avec, outre l’obtention du Mondial-2022, le rachat du Paris SG en 2011, et l’arrivée dans la capitale française du Brésilien Neymar, le joueur le plus cher de l’histoire.

La Chine
La Chine a une politique similaire que l’on pourrait appeler la «diplomatie des stades». Les quatre stades de la Coupe d’Afrique des Nations au Gabon ont été construits gratuitement ou grâce à des prêts bonifiés par la Chine. Ce n’est donc pas un hasard si le Gabon, dont l’exportation principale est le pétrole brut, est devenu par la suite un partenaire global de coopération commerciale avec la Chine.

La Russie
Moscou ayant raté le virage technologique du début des années 1990 et voulant reconstruire les lignes tsaristes de sa gloire d’antan, a très vite compris que le projet Novorusse ne pouvait connaître une plénitude en faisant abstraction du soft power. Ceci justifie la tenue des jeux d’hiver de Sotchi en 2014 et la coupe du monde 2018. Avec une implication sans précédant de Vladimir Poutine. A travers son engagement, il transparait en filigrane que le football est indissociable de la politique.
Abstraction faite de l’aspect sportif, que gagne le Sénégal ?

Tourisme : il constitue la deuxième source de devises du Sénégal après la pêche et seconde pourvoyeuse d’emplois après l’agriculture. Malgré les atouts dont dispose le Sénégal, le nombre de touristes décroit d’année en année. Les spécialistes pointent du doigt le manque de formation des acteurs, le manque de visibilité sur la toile et l’absence d’un tourisme local. En effet, avant la qualification à la coupe du monde de 2002 bon nombre de Sénégalais établis à l’étranger étaient de manière très fréquente choqués à la question de savoir : Où se trouve votre pays ? ou de subir des remarques telles que « Votre pays est vraiment minuscule, j’ai eu du mal à le localiser sur la carte ! », et ainsi de suite. Booster le tourisme requiert ce que l’on appelle dans le jargon du showbiz le Buzz. Moscou sera la vitrine du Sénégal par excellence.

Mise en valeur des joueurs : si les joueurs offrent de bonnes prestations, ce sera un tremplin vers des clubs plus huppés de la trame du Barca, du Real, du Bayern, de la Juventus, du PSG, des deux Manchester, etc.

Renforcement du sentiment patriotique : Le sport en général et le football en particulier, en outre de leurs bienfaits sur le corps, constituent de formidables instruments de médiation entre les gens, les peuples. Ils imposent très souvent aux plus belliqueux à taire leurs divergences et à exclure toute velléité centrifuge.

La scène internationale est de nos jours envahie par de nouvelles identités : les mouvements transnationaux. Un Sénégalais peut se sentir plus proche de Daech qu’à son pays. Il peut aussi être enclin à plus s’identifier aux mouvements altermondialistes qu’au Sénégal.

Avoir foi en l’avenir de son pays : Nous nous sommes amusés à interroger quelques étudiants en leur posant la question suivante : quel pays africain proposeriez-vous comme membre permanent s’il y avait une sixième place à pourvoir au sein du Conseil de Sécurité ?

Ainsi, trois pays sont sortis du lot dépendant de la fréquence des réponses : Nigéria, Egypte et Afrique du Sud. Surtout le Nigéria. Ils justifient leurs réponses par la l’attrait culturel de Lagos, Nollywood domine le cinéma africain, l’Afrobeat domine la musique mondiale. Ceci parce qu’ils mettent en exergue une image positive du pays, ils ont foi en son avenir.

Le Soft power constitue le théâtre de la manifestation de « volonté de puissance » entre les Etats. Il demeure bouillant et passionnant et offre d’innombrables opportunités. Il est donc du devoir du Sénégal de mettre un accent très particulier sur l’attention qu’il peut cristalliser durant le Mondial 2018. De l’utiliser à bon escient pour se faire davantage un nom et ainsi vendre la destination Sénégal.

Par Amadou Moctar Ann
Chercheur en Sciences politiques
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La délégation sénégalaise se réjouit de ce qu’en ce premier anniversaire de l’adoption de la résolution historique 2309 (2016) traitant de la sécurité aérienne face aux menaces terroristes, le Conseil de Sécurité de l’ONU se réunit en séance d’information pour approfondir la réflexion et renforcer l’action quant aux réponses concertées les plus appropriées à apporter aux attaques et menaces de plus en plus nombreuses contre l’aviation civile. Les excellentes présentations faites par Madame Fang LIU, Secrétaire générale de l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci) et l’Ambassadeur Amr ABOULATTA, président du Comité contre le Terrorisme, nous éclairent, Monsieur le président, sur le chemin important parcouru mais aussi sur les énormes défis qui restent à relever. Au nom du Sénégal, je les en remercie bien sincèrement.

Monsieur le président,
Il est rassurant que la législation internationale en matière de sécurité aérienne dont les fondements remontent à la convention de Chicago du 7 septembre 1944, fasse l’objet de mises à jour régulières pour l’adapter aux exigences du contexte sécuritaire aérien en constante mutation.

Car, les installations aéroportuaires modernes, infrastructures parmi les plus essentielles de l’époque contemporaine, présentent bien des vulnérabilités qui en font des cibles de choix pour les groupes terroristes comme tragiquement illustré par les attentats récents contre des aéronefs et aussi des aéroports parmi les mieux protégés au monde.

Voilà pourquoi il importe de conforter l’Oaci comme instance principale dédiée au développement de standards et normes internationaux pour la sécurité de l’aviation civile ainsi qu’à la coordination et au suivi de leur mise en œuvre universelle, en étroite collaboration avec les États, les autres organisations concernées ainsi qu’avec l’industrie aéronautique.

Tout aussi important est le renforcement de la coopération internationale et régionale, notamment en matière de partage de renseignements, de contrôle des frontières, de techniques d’enregistrement des passagers et autres contrôles de sécurité pour l’embarquement, toutes mesures qui s’inscrivent dans le Plan mondial pour la sécurité de l’aviation civile et sa Feuille de route dont Madame LIU vient de nous retracer les principaux axes.

Monsieur le président,
Madame le secrétaire
général,
Hub régional tant pour l’aviation civile que pour la lutte anti-terroriste, le Sénégal reste résolument engagé, à titre national comme aux niveaux régional et international, dans la mise en œuvre effective de cette stratégie mondiale pour la sécurité de l’aviation civile.

Il en est ainsi parce que mon pays est, en effet, le siège de l’Agence pour la sécurité de la Navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna), une expérience réussie de gestion collective des espaces aériens, avec une juridiction qui couvre une aire de 16.100.000 de km2, soit une fois et demi la superficie de l’Europe.

Il s’y ajoute qu’en plus d’abriter le Bureau régional africain de l’Oaci, le Sénégal a aussi la responsabilité de la gestion de l’une des six (6) régions africaines d’informations en vol « Flight information région », (Fir, de son sigle en anglais), à savoir la Fir océanique de l’Atlantique sud.

Également mon pays abrite le siège de la Commission africaine de l’aviation civile (Cafac), une institution spécialisée de l’Union africaine, dont la mission est de favoriser une industrie de l’aviation sûre, sécurisée, rentable, durable et respectueuse de l’environnement en Afrique.

Elle contribue aussi à la mise à jour du système de transport aérien intégré de l’Oaci ainsi que du développement de règles et règlements harmonisés conformes aux meilleures pratiques en aviation civile.

En vertu des dispositions de l’Oaci qui préconisent que chaque État a la responsabilité de garantir une mise en œuvre efficace de toutes les mesures de sûreté visant à protéger l’aviation civile contre les actes d’intervention illicites, l’État du Sénégal a entrepris, depuis longtemps, un vaste programme de renforcement de la sécurité de l’aviation civile sur tout son espace, aérien bien sûr, mais aussi terrestre et maritime.

Cette politique a permis l’adoption, par l’Assemblée nationale d’un nouveau code l’aviation civile par la loi 2015-10 du 04 mai 2015 et la mise en place de règlements aéronautiques pour encadrer l’opérationnalisation des mesures et procédures de sûreté.

C’est ainsi que ce cadre réglementaire a été considérablement étoffé, au niveau national, notamment quand il s’est agi d’appliquer les dispositions de l’annexe 17 à la Convention de Chicago et du Programme universel d’audits de sûreté qui s’y rattache (Usap). Et l’adoption du règlement aéronautique 9/2016 sur le renseignement préalable au voyageur (Api) fait du Sénégal l’un des pays africains les plus avancés en la matière.

Adepte convaincu de l’intégration régionale et de la coopération multilatérale, mon pays a mis en place un cadre d’échange et de partage d’informations sensibles avec les autres États afin de faire face, de manière concertée et solidaire, à la recrudescence des nouvelles menaces et tentatives d’actes d’interventions illicites utilisant des aéronefs ou visant des installations aéroportuaires.

Dans la même dynamique, par une décision (décret 2015-1969) du 21 septembre 2015, le Sénégal s’est doté d’un système de supervision de la sûreté de l’aviation civile, fondé sur les dispositions de l’Oaci, système performant qui, aujourd’hui, assure la sûreté des activités de transport aérien sur son territoire.

Il n’est pas superflu de signaler, au passage, que mon pays a adopté une stratégie nationale en matière de sûreté et de sécurité maritime, en 2016.
Au plan sous-régional, l’État du Sénégal a ratifié et met en œuvre effectivement les dispositions pertinentes de l’Union Européenne et Monétaire Ouest Africaine (Uemoa) relatives au transport aérien, notamment son règlement n° 10/2013/CM/Uemoa relatif à la sûreté de l’Aviation Civile et la Décision no 11/2013/CM/Uemoa.

Chaque État membre de l’Union se réserve, en outre, le droit d’appliquer des mesures plus strictes pour répondre à une menace particulière issue des résultats d’une analyse de la situation.

Monsieur le président,
Ainsi que l’a constaté, de visu, le Conseil de Sécurité de l’Onu à l’occasion de ses différentes visites de terrain cette année, l’Afrique de l’Ouest et le Sahel connaissent une recrudescence d’attaques terroristes, facilitées notamment par la circulation incontrôlée d’une grande quantité d’armes et de munitions, en particulier de lance-roquettes (Rpg), et accompagnées d’autres trafics illicites d’êtres humains, de drogue, d’espèces végétales et animales protégées ainsi que de bien culturels.

Pour éviter que cette grande instabilité et l’insécurité qui en résulte pour la bande sahélo-saharienne n’affectent négativement la sécurité aérienne en Afrique, il est impérieux de fournir aux États et aux instances compétentes du Continent toute l’assistance technique et les équipements dont ils ont besoin dans le renforcement de leurs capacités.

A cet égard, et au moment où le Sénégal va inaugurer son tout nouvel aéroport international de dernière génération, Aéroport international Blaise Diagne (A.i.b.a.), je voudrais engager la Communauté internationale, en général, le Conseil de Sécurité de l’Onu et l’Oaci en particulier, à poursuivre dans la dynamique créée par la résolution 2309 (2016) dont, « in fine, le paragraphe 7 appelle à une coopération renforcée entre les États, les Organisations internationales et les professionnels de l’industrie aéronautique pour détecter toute tentative et, partant, prévenir les actes d’intervention illicites utilisant des aéronefs ou visant des installations aéroportuaires.

L’Oaci et l’équipe spéciale onusienne de lutte contre le terrorisme coopèrent déjà bien dans ce sens !
Je vous remercie de votre attention.

(Discours tenu devant le Conseil de sécurité de l’Onu)

* Le titre est de la rédaction

Par Fodé SECK
Ambassadeur du Sénégal aux Nations unies

Ce thème était celui de la Conférence organisée le vendredi 09 décembre 2016, à l’Université Cheikh Anta Diop (UCACD II). Celle-ci avait comme invité d’honneur, Son Excellence, Abdallah AHMED Al ABDANI, Ambassadeur du Royaume de l’Arabie Saoudite au Sénégal. Elle avait comme conférenciers, le Colonel Yoro THIAM (Ph.D) Consultant et Enseignant à ICAGI, Amadou Mahtar MBOW et Ahmed DAWELBEIT, Membre d’honneur du CACSUP (Centre Africain de Complémentarité Scolaire Universitaire et de Promotion).
Les conclusions de cette conférence sont les suivantes :

Le terrorisme est défini comme étant l’emploi de la violence pour terroriser des individus ou une population donnée et d’atteindre des objectifs politiques. Cette définition qui paraît simple cache des notions difficiles à déterminer. L’emploi de la violence est-il commis par des moyens légaux pour des objectifs ou pas ?

La réponse à cette question détermine s’il s’agit du terrorisme ou de lutte pour une cause noble. Mais dans ces conditions, la difficulté de trouver une définition universelle peut générer des solutions acceptables par tous à opposer aux autres criminels du terrorisme international.
Au cours de cette conférence, différents types de terrorisme ont été décollés :
Il s’agit, entre autres de :

-    Le terrorisme individuel : il est commis par de petits groupes anarchistes isolés ou des individus nihilistes ;
-    Le terrorisme organisé : il est soutenu par différentes idéologies : extrêmes gauche ou droite, djihadistes, salafistes, narcotrafiquants ;
-    Le terrorisme d’État : c’est lorsque le terrorisme est commis, commandité ou manipulé par des services parallèles aux services officiels ;
-    Le terrorisme économique : celui-ci vise la déstabilisation économique d’une société  ou d’un État tiers.

Mais au fait, quelles sont les causes et les racines du terrorisme ? Cette importante conférence en a fait ressortir trois :
1) La pauvreté, le chômage, la marginalisation et l’injustice entre les individus et les régions. Une population qui vit dans la misère et fragilisée, succombe facilement à la démagogie de l’extrémisme et à ses promesses chimériques et bascule dans le terrorisme. Il y a aussi l’ignorance, le manque de culture de ceux qui écoutent les agents terroristes ;
2) La naïveté du pouvoir qui ne croit pas que tout pays sous menace, interne ou externe, qui le guette quelque part, que le malheur n’arrive qu’aux autres ; il ne s’y attend pas ; donc, il ne se prépare pas au pire ;

3) La faiblesse du pouvoir, ne s’étant pas préparée au pire, le pouvoir démuni, se trouve affaibli et ne peut faire face à toute éventualité. Alors le terrorisme agit, redouble d’effort, se réjouit des coups qu’i a portés au pouvoir et fait avancer ses pions pour atteindre ses objectifs ultimes : vaincre l’Etat et changer la société qu’il croît impie.

Dans la lutte antiterroriste, il faut toujours avoir présent à l’esprit la précieuse équation suivante : où, quand, comment le terrorisme va-t-il frapper ?
C’est le lieu de saluer et d’appuyer fortement l’idée du Président du CACSUP à savoir la création d’un Centre de Stratégie et de Recherche sur l’autel de la lutte contre le terrorisme. Par ailleurs, cette conférence a adressé ses vifs remerciements à Son Excellence, Monsieur l’Ambassadeur pour le projet de l’offre de deux bibliothèques à l’université Cheikh Anta Diop qui constitueront des vitamines intellectuelles pour nos étudiants et nos chercheurs.

Par Ibrahima Eloi SARR
Président du CACSUP

 

Il est fort probable que jamais la contestation sociale du franc CFA n’ait été aussi forte et populaire qu’elle l’est depuis les années 2010. Créée en 1945, après l’institutionnalisation en 1939 de la Zone franc par la France coloniale, cette monnaie est le fil qui relie la première banque française en Afrique de l’Ouest au XIXème siècle, la Banque du Sénégal (1853), aux unions économiques et monétaires de la fin du XXème siècle, UEMOA et CEMAC (1994). Elle est aussi par l’histoire monétaire, le lien entre la traite négrière, ses avatars coloniaux et le processus de décolonisation inachevé, par endroits subverti. 

En effet depuis les années 2010 approximativement et sous réserve d’inventaire, un mouvement social s’est dessiné autour du rejet de l’arrangement monétaire franc CFA. Perçu par une écrasante majorité d’Africains non sans raison, comme la somme anachronique d’une rémanence coloniale asservissante, cet ensemble de règles et de relations monétaires et non monétaires semble faire système. Un système asymétrique incompatible avec l’idée d’un développement endogène, par nécessité africaine interne, dès lors que toute économie commence par la faculté de mobilisation et d’allocation de ses ressources suivant ses propres fins.

Si la rature originaire de la souveraineté des États par cette monnaie du « pacte (post)colonial » paraît très présente dans les récriminations, d’autres questions sont désormais propulsées dans un débat échappé des hauteurs sociologiques. Tout se passe comme si, en plus des questions de souveraineté, d’inefficacité économique, le mouvement social rattrapait un magma de très anciennes irrésolutions. Les traditionnelles tensions dans les relations des pays africains avec la France reviennent au premier plan et côtoient pour les renforcer, les demandes d’abolition de ce qui s’apparente à un instrument de déterritorialisation et d’accumulation des réserves africaines au profit du Trésor français. Certes bien des élites françafricaines y trouvent un intérêt tout sauf général. Quant à la stabilité monétaire, porte-étendard esseulé des vertus de la zone, elle bénéficierait davantage aux grandes firmes étrangères, à la valeur de leurs actifs plutôt qu’à l’emploi local et aux investissements de développement qui en paient le tribut. Les contestations s’étendent ainsi à un ensemble compact de terrains en crise :  l’occupation militaire étrangère (Mali, Centrafrique, …), l’exploitation inégale des matières premières stratégiques, les firmes monopolistiques (Bouygues, Bolloré, Total, Lafarge, Société générale, …), les in-décolonisations culturelles (langue française, éducation), les privautés politiques et captations sociales.

Le silence de plomb qui a entouré la gestion de la Zone franc depuis ses débuts, malgré des épisodes politiques adverses (Guinée, Mali, Togo, Mauritanie, …) ou des productions intellectuelles critiques, aura finalement été le seul véritable avantage comparatif de cet espace suranné. La (re)montée en discutabilité des institutions franc CFA perceptible depuis de nombreuses années, se hissant à un seuil nouveau à chaque crise (matières premières, dévaluation, euro, taux d’intérêts, crise politique, …) a révélé bien plus que des dysfonctionnements dans l’ordre monétaire.

Sur le plan politique, on est surpris de l’absence de débats sur les politiques de change parmi les élus et même à l’initiative des oppositions politiques. Ces mutismes contrastent avec la marche d’un monde secoué par les violents chocs frappant les monnaies des pays émergents, le dollar, l’euro (Brexit), le repositionnement du yuan, etc. Peu de politiques africains de premier plan ont proposé un horizon autre que le statu quo lorsque la question a été abordée… La production des sciences humaines et sociales, hors économie, a longuement évité l’omniprésent franc CFA, et d’éminents politologues n’ont quasiment jamais produit d’analyses documentées sur cette monnaie exotique, ses institutions, ses élites spécifiques, sa légitimité, ses servitudes. Les historiens de la colonisation ou des temps actuels eux-aussi, souvent, ont oublié le franc CFA, presque trop visible, trop trivial. On penserait même aux juristes, qui auraient bien des choses à interroger dans l’ensemble des conventions d’un franc CFA arrimé sans consultation à une monnaie, l’euro, institué lui par voie référendaire. L’absence de signature des pays africains dans les accords liant la France et l’Union européenne sur le franc CFA (décision européenne du 23/11/1998) résisterait-t-elle à l’épreuve de la constitutionnalité ? Les médias mainstream ne paraissent pas à l’aise avec ce thème et il est souvent commode de lui préférer des aspects anecdotiques plutôt que des investigations qui auraient apporté une réelle valeur ajoutée sociale : la fabrication des billets, la masse salariale des banques centrales, la prise de décision, la production de statistiques,….

Ce qui se dévoile avec le franc CFA, c’est que cette monnaie-là, « garantie » de l’extérieur avec les réserves de l’intérieur (compte d’opérations), préforme une société elle-même extravertie et percluse de contradictions, se donnant le change à ses risques et périls. Avec des élites qui rêvent d’émergence ou de décolonisation sans se soucier de mobilisation des ressources monétaires, avec des figures critiques intraitables sur les manquements électoraux et inaudibles sur la souveraineté monétaire, la cohérence d’un projet sociétal se perd. D’autant qu’il se trouve des décideurs favorables à la fois au franc CFA, à la monnaie de la CEDEAO et à l’agenda 2063 de l’Union africaine qui prévoit … une monnaie unique panafricaine ! Les banques centrales de la zone semblent fières de leur indépendance statutaire vis-à-vis des Etats africains, et paradoxalement assument leur alignement sur la politique de la Banque centrale européenne dont elles suivent les taux directeurs. On en arrive, pour le commun, à des supporters de l’équipe nationale chauvins, prêts à en découdre avec l’équipe de France, et qui en appellent à cette même France pour la surveillance de leurs élections, ou à ces nouveaux hérauts du panafricanisme tardif qui n’ont de langue parlée que le Français ! Le débat sur la monnaie franc CFA révèle comme par effraction mais de façon flagrante, des failles profondes et indicibles dans « les sociétés CFA » dont les contradictions, les apories ne résisteront au temps qu’au prix d’une sévère schizophrénie collective. La nouvelle discutabilité du franc CFA apporte le réarmement d’un intérêt socialisé pour les politiques publiques et une descente des questions savantes au pied des sociétés, non sans provoquer un choc institutionnel, un choc de transparence, un choc de redevabilité interne. Parallèlement, des transformations cruciales se dessinent dans l’ordre monétaire mondial, avec une compétition relancée entre les monnaies des économies dominantes, des innovations à fort potentiel comme les cryptomonnaies et monnaies alternatives, des applications de transfert de fonds et d’e-commerce, qui pourront contribuer à donner un coup de jeunesse à l’intégration économique, monétaire et sociale citoyenne du continent. La fabrique de la monnaie africaine qui vient est donc bel et bien lancée ce n’est pas le moindre mérite de la prise de parole citoyenne.

Par Martial Ze Belinga
Economiste-sociologue,
co-auteur de Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. A qui profite
le franc CFA ? (La Dispute, 2016)

Les services spécialisés du pays accomplissent un travail important  de lutte contre le terrorisme. Surtout sur le segment crucial et déterminant de la prévention. Au point que le Sénégal apparait comme un oasis de liberté et de  sécurité dans les vastes étendues de violence du Sahel.
 Toutefois, cette situation de stabilité relative introduit un nouveau facteur susceptible de conduire vers  une issue paradoxale pour notre pays : nous avons tellement bien réussi notre  lutte contre le terrorisme que notre pays régresse à cause des effets pervers du « terrorisme virtuel ».
 Quelle idée iconoclaste ! En effet, le terrorisme virtuel a des effets plus dévastateurs que le terrorisme réel.
 
Le « terrorisme virtuel » :
 C’est le terrorisme potentiel, le terrorisme qui arrive ; le terrorisme qui arrivera de toutes les façons !
Il existe six catégories de « terrorisme  virtuel » : le cyber-acharnement médiatique, le cyber-terrorisme, le cyber-espionnage, la cybercriminalité, la cyber-guerre et le cyber-activisme. Les acteurs sont  des États ou  des organisations aux motivations diverses et variées.

Le cyber-acharnement médiatique est une critique répétée et systématique par des médias et des réseaux sociaux d’un état, d’une organisation ou d’un groupe de personnes.
D’une personne ou d’un groupe de personnes.

Elle vise  un impact négatif sur la réputation de cet état, de cette organisation ou de ce groupe de personnes.
Par exemple, présenter le Sénégal comme un allié inconditionnel des pays occidentaux dans la défense de leurs valeurs judéo chrétienne  ou d’être le cheval de Troie de la pénétration de ces valeurs dans l’espace africain et sénégalais.

Le cyber-terrorisme est l’ensemble des pratiques en ligne initiées par des groupes terroristes ;

 Le cyber-espionnage,
C’est une menace, persistante, et qui prend de l’ampleur, d’où le qualificatif « de menace avancée ».  Il s’agit d’attaques ciblées contre des entreprises ou des organisations gouvernementales et qui s’effectuent sur la durée. L’objectif étant de récolter massivement et furtivement des données sans être détecté par les outils de sécurité employés par les organisations ciblées, en injectant divers virus « dormants » au compte-goutte. C’est un travail complexe et de longue haleine qui demande beaucoup de temps et des moyens. Le cyber-espionnage n’est donc pas à la portée de tout le monde et est généralement commandité par des organisations étatiques, de grands groupes industriels ou des groupes de hackeurs très organisés.
 La cybercriminalité, regroupe l’ensemble des infractions pénales commises via les réseaux informatiques et plus spécifiquement via Internet.
 
La cyber-guerre
La cyber-guerre est un ensemble d’attaques informatiques impliquant un État ou une infrastructure vitale à un pays (la sonatel, la senelec, les ics, la rts,  l’aéroport a.i.b.d . etc.
Ce sont, en fait, des opérations militaires menées pour interdire à l’ennemi l’utilisation efficace des systèmes du cyberespace et des armes. Le cyber-activisme le cyber-activisme est a la fois une  sensibilisation et un activisme  a travers le moyen puissant qu’est l’internet via les réseaux sociaux. L’internet en tant qu’outil de sensibilisation a donc été d’un grand secours à plusieurs personnes.

Le  cyber-activisme  comporte une organisation, une  mobilisation, une action/réaction des acteurs. Le cyber-activisme est donc  un mouvement qui permet à une grande quantité de personnes de faire valoir leurs idées et de défendre des causes partout sur la planète. Qu’il s’agisse donc de sensibilisation, de mobilisation ou de réaction, le web est leur outil par excellence.

Le Sénégal est bien présent dans la lutte contre  les premières catégories  de « terrorisme virtuel»  avec un bon  degré d’efficacité, voire excellent.
Le dénominateur commun de tous ces actes de terreur potentiels ou réels  demeure le terme ‘’cyber’’ qui interpelle le monde de la technologie et ses vulnérabilités dont la prise en compte est rendue difficile par beaucoup de  contraintes mais également par des  insuffisances d’ordre juridique inhérentes  à  la démocratie - à  laquelle adhère le Sénégal- et  qui postule  le respect de toutes les  libertés .

Il ne peut donc  y avoir un  dispositif impénétrable face au ‘’terrorisme virtuel’’; il s’agira surtout d’investir dans la résilience  et de développer des moyens d’autodéfense et des réflexes primaires  chez le citoyen ordinaire.
En réalité, il induit un changement  de comportement surtout dans les administrations compétentes (délégation nationale de renseignement, forces armées, douane, ministère de l’Intérieur etc.,).

Par contre, d’un côté, le citoyen sénégalais, qui  entend souvent la menace relayée abusivement et parfois de manière inapproprié par les médias, réagit  par une peur face à un danger dont il ignore totalement le spectre, l’ampleur et les occurrences réelles. Le Sénégalais ne réagit pas comme l’Ivoirien, le Burkinabé ou le Malien qui a vu de ses propres yeux les conséquences et en a subi, dans sa chair, les effets maléfiques. Alors que le Sénégalais ne les a perçues qu’à travers les chocs des images de télévision. Des réflexes de survie induisent des comportements tendant à restreindre les activités sociales et économiques.

De l’autre côté, la communauté étrangère (citoyens américains, français, Occidentaux en général, les asiatiques et les arabes), par des canaux spécifiques, avertit ses membres et leur interdit souvent la fréquentation de certains endroits du territoire national, suggérant, hélas, l’incapacité des services nationaux à assurer les fonctions régaliennes de sécurité et de défense. Au total, les résidents du territoire national, Sénégalais comme étranger,  sont tétanisés  en attendant l’arrivée des  terroristes !

Paradoxalement, la société sénégalaise tendra vers l’immobilisme, par manque de résilience et de moyens appropriés  et vulgarisés d’autodéfense. En effet, l’État sénégalais lutte, nuit et jour, contre le terrorisme. Si les efforts d’un État suffisaient pour éradiquer ce mal, on n’entendrait jamais d’attentats en France, aux USA et en Angleterre car ces pays développés consacrent des ressources importantes contre ce fléau des temps modernes. Mais les efforts étatiques doivent être complétés par des efforts du citoyen lui-même.

Les conséquences de cette situation ne sont pas le fait de la communication du gouvernement sénégalais seulement mais surtout du fait  des relais puissants de la presse occidentale. Quels sont les buts poursuivis par nos puissants amis occidentaux ?

Nous sommes tous les purs produits de l’école navale de Brest, de Saint-Cyr, de l’École Militaire de Paris, du NDU  de Washington, du Nps de Monterey, du CESA de Washington, de l’ARM de Meknès, de l’EN.OA de Thiès. Nous comprenons la pensée stratégique  des  occidentaux qui  ont fait  croire pendant 25 années (1955/1980) que le communisme allait détruire le Vietnam, pendant 25 années (1980/2005) que les mouvements islamistes d’Afghanistan allaient détruire les pays du  golfe  arabique et du Moyen Orient, de 2005 à 2030 vont-ils installer une menace durable et persistante (encouragée par une volonté de puissance larvée  ou ouverte) ?

Ces 50 années d’agissements ont eu des conséquences sur les P.I.B pays de l’Asie du sud-est et de la région du golfe arabique et du Moyen Orient. Le Sénégal n’échappera pas à cette logique implacable. Effet, la généreuse gestion de la menace terroriste virtuelle, par nos puissants amis occidentaux  a  fait annuler un séminaire de l’ONU au Sénégal, a probablement fait fuir des investisseurs potentiels et a fait perdre des produits touristiques  précieux  pour notre pays a 45 jours de l’ouverture officielle du bijou  qu’est l’aéroport international de Blaise Diagne.

Le « désarmement structurel ».
Il me revient le souvenir vivace de 1988, frais émoulus de l’école  militaire de Paris, avec un groupe d’officiers, quand  nous  théorisions « Le désarmement  structurel des armées » (il y a « désarmement structurel quand les dépenses de fonctionnement et de maintenance des armées sont  supérieures ou égales à 75 % du budget général des forces armées.

Pour mémoire, admettons un petit pays, imaginaire, indépendant en 2007, peuple de 10500 habitants ; avec un taux d’inflation de 0.8%, un taux de croissance démographique de 3.08% pour des forces armées dont les effectifs s’élèvent 18 militaires dont une équipe de combat de sept soldats. Le budget du ministère des forces est estimé à 34860000fcfa. Il est  reparti comme suit : l’investissement 8880000fca, l’équipement 22300000fcfa et le budget de fonctionnement est fixe a 3100000fcfa ; soit 8.9% du budget du MFA. Les forces de ce pays sont bien entrainées et disposent d’une dotation suffisante en armement composé d’un pistolet, et de 17 fusils individuels Famas.

En 2012, les autorités de ce  pays décident  d’une montée en puissance pour atteindre un effectif de 68 militaires sous une enveloppe constante des dépenses d’investissement, alors le budget de fonctionnement grimpe à 17216512 FCFA, soit 42% du budget des forces armées, les difficultés du pays commencent. Les forces ne sont dotées que 6 fusils individuels Famas additionnels. Un total de 24 Famas et d’un pistolet.

En 2017, la montée en puissance continue pour un effectif de 127 militaires, une compagnie, sous enveloppe d’investissement constante. Le budget de fonctionnement atteint la somme de 47400000 FCFA, soit 75% du budget du ministère des forces armées. Les autorités ne parviennent pas  à acheter que huit  autres Famas, soit un arsenal composé d’un pistolet et de 32 Famas.

Les forces armées de ce pays sont alors structurellement désarmées.
Voilà ainsi démontré que les forces sont mal équipées et seront  mal entraînées ; le potentiel global se réduirait, à terme, au symbole d’un avion de chasse, d’un navire de guerre et d’un char offerts ou achetés  à crédit dans le cadre des accords de défense et de coopération.

 D’où la nécessité d’instaurer des « fonds Opex » : une innovation dans le financement des forces publiques avec des fonds publics extra-budgétaires dans les pays a économie faible.

Nous  sortions, en 1988 un groupe d’officiers et moi,  alors  de la pensée  unique et indiquions que sans un mode alternatif de financement des forces armées, le Sénégal allait droit au mur.

Ces « fonds Opex » instaurés par mes soins pour une dotation  initiale de deux millions de dollars rapportent chaque année  plusieurs millions de dollars. Grâce à ces derniers, les armées sont maintenant  mieux équipées et entraînées.

D’aucuns pensent ces «fonds Opex» pourraient être menacés par la nouvelle administration américaine. Peut-être. Mais l’ONU est indéfiniment plus éternelle qu’une administration politique. D’ailleurs en 1991 quand ces fonds  démarraient  dans ma modeste division études et budgets(D.E.B) de l’état-major général  des armées, une administration américaine de même bord  dirigeait les USA et préconisait l’annulation de 30% du budget de fonctionnement de l’organisation des nations unies et exigeait des « downsizing » et des r.i.f (réductions in forces).

Une stratégie nationale originale, authentique de lutte contre le terrorisme basée sur un service militaire partiel et progressif qui prend en compte les 189000 jeunes sénégalais aptes pour les armées chaque année.

A nouveau, nous voici à la croisée des chemins. Il est temps que nos « grands cerveaux » sortent des sentiers battus de la pensée stratégique (la récitation des théories des écoles de guerre et d’état-major), ne « copient » et ne « collent » plus les théories universalisées de lutte contre le terrorisme et posent un nouveau paradigme : « le terrorisme virtuel  ».

 La «  défense tout azimut
C’est une synthèse de la défense intérieure du territoire qui s’appuie sur les forces intérieures (police , gendarmerie, sapeurs-pompiers, douanes, eaux et forêts, service d’hygiène etc.) avec une forte implication des gouverneurs de région, ou de l’administration territoriale en général et la défense des frontières et des biens des populations par les armées   via un ordre « napoléonien » de bataille adapté à nos réalités socioculturelles et religieuses.

Ainsi il y aurait  vingt-six régions militaires avec une double subordination (une subordination technique et militaire, une subordination socio-politico-économique conférée au khalife général des Tidianes, au khalife général des Mourides et au cardinal archevêque de Dakar )  dont les états majors seraient basés à Dakar, Saint     Louis, Kaolack, Tambacounda, Ziguinchor, Matam, Ourossogui, Bakel, Kedougou,Velingra, Kolda, Sedhiou, Ziguinchor, Bignona, Oussouye, Sokone, Fatick, Mbour, Linguere, Kaffrine, Koungheul, Lompoul, Louga, Diourbel, Tivaouane et Touba.

Le format de nos armées de type « napoléonien » est réellement en cause. Les armées sénégalaises n’affronteront jamais des ennemis constitués en compagnies, bataillons, régiments et divisions  de combat. Il faut un « aggiornamento ». Une transformation  des armées sénégalaises reposant  sur les 189000 jeunes Sénégalais aptes à servir  par an. Une « human  intelligence » reposant sur le vaste réservoir de la force vitale que constitue  cette courageuse jeunesse sénégalaise et assistée du « human /Tech intelligence » de nos amis Occidentaux. Bref une « défense tout azimut » :

Durant les années 1980, le Sénégal avait conçu et mis en œuvre une stratégie victorieuse de lutte contre le développement du virus du SIDA. Cette dernière a eu des résultats bien meilleurs que les stratégies de lutte contre le SIDA dans les pays occidentaux développés. La stratégie nationale sénégalaise était originale puisqu’elle était centrée sur l’homme et la femme et était appuyée par l’organisation sociale, scolaire et religieuse du Sénégal autour des professionnels et acteurs de la santé. Après 30 années d’efforts le taux d’infection est de 0,7 %, l’un des plus bas d’Afrique !

Pour lutter contre le terrorisme, la voie du Sénégal doit donc  être originale et authentique. Car le Sénégal n’a pas les moyens de faire mieux, toutes proportions gardées, que la France et les U.S.A.

Sinon tout le reste ne sera qu’une vaine consommation de crédits budgétaires et la main tendue,  éternelle, vers de puissants alliés qui ont eux-mêmes leurs propres agendas basés sur une raison d’État bien explicitée.

Par Colonel (e.r) Alioune Seck
Usa naval post graduate school Monterey
California graduate
Email : nitefayegmail.com

La recherche de la paix et les enjeux sécuritaires qui en découlent remontent loin dans le temps et certains historiens les situent à l’époque pharaonique

En effet, confrontés à l’impérieuse nécessité d’assurer une juste répartition des eaux du Nil, (dans un pays où il ne pleut pratiquement jamais) entre « ceux de l’Amont » et ceux de « l’Aval », les Egyptiens de cette époque ont pensé qu‘il était préférable d’avoir un Roi - Pharaon pour veiller à une distribution équitable des eaux. Cette doléance satisfaite, le paysan égyptien qui n’a plus beaucoup de temps pour la guerre, occupé qu’il est à semer, labourer et récolter le long de la vallée du Nil, a exprimé le besoin d’être protégé des nomades et bandits qui pillent ses greniers et déciment son bétail. D’où la nécessité d’un ETAT qui assure l’ORDRE. C’est la naissance de l’Etat et de son bras armé qui va assurer la paix en faisant face aux enjeux sécuritaires de la communauté.

Cette situation se justifie par le fait que toute communauté est, par essence, conflictuelle. De sorte que l’existence même de la communauté se mesure au conflit. Elle existe précisément parce qu’elle est conflictuelle, car procédant d’une volonté organique, c’est-à-dire qu’elle se découvre. (c’est l’état de nature, disait Rousseau ).
Cette référence à l’époque pharaonique nous montre que la crise ou le conflit sont comme consubstantiels à la marche des sociétés humaines; les aspirations d’hier qui ont conduit à leur naissance sont toujours perceptibles dans le monde d’aujourd’hui, particulièrement en Afrique : Le Nil est, à nos jours, un sujet sensible, parfois crisogène entre le Nord, en Aval et l’Est, en Amont de l’Afrique.

Tout ceci justifie le fait que l’approche wébérienne nous ramène au paradigme pharaonique de la sécurité. En effet, selon Marx Weber, « l’Etat, pour asseoir sa domination et la faire accepter aux gouvernés doit exercer son pouvoir d’une manière qui apparaisse juste et fondée, les gouvernés acceptant de lui abandonner le monopole de la violence légitime, à l’intérieur d’un territoire géographique déterminé ».

Certains pourraient se poser la question de savoir pourquoi remonter à l’ère pharaonique et éviter l’époque coloniale.
D’abord, il faut rappeler que c’est à la fin du 19eme siècle, en 1885 que Bismarck, au congrès de Berlin, a formalisé la colonisation en traçant les frontières sur carte avec, comme bénéficiaires, les puissances coloniales d’alors, qui constituent aujourd’hui la colonne vertébrale de l’Union européenne : l’Angleterre, la France, le Portugal, l’Italie et l’Allemagne. Ce fut la fin de la conquête coloniale ;

Ne pas aborder cette phase tient au simple fait que les territoires coloniaux n’avaient pas de personnalité juridique internationale. Leur administration, leurs forces de sécurité et leur vie politique interne étaient des démembrements des pouvoirs centraux de la métropole. Ainsi, les administrateurs coloniaux appartenaient à la fonction publique métropolitaine, les armées coloniales restaient sous le commandement du ministère de la Guerre ou de celui des Colonies, ce qui ne leur donnait pas une entière autonomie par rapport aux intérêts des populations indigènes qui, au demeurant, en dehors de quelques rares exceptions, étaient privées de la citoyenneté et du droit de vote. En dehors des conquêtes de l’hinterland pour démanteler les entités politiques traditionnelles, les conflits ou les guerres ( nous les avons vécus ), ne pouvaient surgir qu’entre puissances colonisatrices. Il faut cependant remarquer que l’administration coloniale est toujours précédée et soutenue par l’établissement permanent de forces armées.

C’est sous le prisme de cette introduction que je tenterai de dégager des éléments de REFLEXIONS SUR LES DEFIS DE LA STABILITE ET DE LA SECURITE EN AFRIQUE DE L’OUEST.
Analyser les nouveaux défis sécuritaires en Afrique, les comparer aux anciens défis est un sujet assez vaste. Les nombreuses analyses, observations, opinions et interprétations qui ont été exprimées à ce sujet m’autorisent à restreindre le champ d’intervention à l’Afrique de l’Ouest, espace qui englobe deux domaines qui se superposent. Le premier, l’espace sahélien qui s’étend sur plus de 2400 km est d’abord un espace écologique, puisqu’en proie à la sécheresse et à la désertification ; d’ailleurs, l’ensemble des Etats membres du Comité inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS), partagent des problèmes liés directement à l’écosystème et à la géopolitique du Sahel. Le second est l’espace CEDEAO qui regroupe, même si c’est de manière partielle, plusieurs pays membres (Mali, Niger, Burkina Faso, Sénégal et le Cap Vert). Ces deux espaces écologiques et géopolitiques en partie superposés, partagent les mêmes défis en matière de sécurité et de développement.

Précisons aussi que dans ces réflexions, la sécurité s’entend dans son sens holistique, c’est-à-dire une compréhension englobant toutes les causes sécuritaires. Cependant, seuls les défis majeurs seront retenus, principalement la montée du terrorisme, l’insécurité terrestre et maritime, les effets liés aux changements climatiques et à l’avancée du désert. Ces thématiques sont opportunes en ce sens qu’elles permettent de connaître davantage le phénomène de l’insécurité, le prévenir, dissuader et intervenir, et enfin coopérer internationalement pour mieux agir localement, afin de mieux coordonner, suivre et évaluer les stratégies de lutte contre l’insécurité et le terrorisme.
Les réflexions seront menées à travers deux périodes essentielles dans l’évolution des espaces :

a) Des indépendances en 1960 à l’an 2000, avec la fin de la guerre froide, 1990 :
Au cours de ces années, le type de violences qui prévalait en Afrique de l’Ouest s’était progressivement modifié et les conflits avaient donné lieu à des actes de violences politiques commis surtout par des acteurs non étatiques.
A mi-chemin de cette période, le mur de Berlin tombe le 9 novembre 1989 sous la pression populaire qui ne craignait plus l’intervention des troupes du Pacte de Varsovie, dont les Etats membres étaient empêtrés dans d’insondables difficultés économiques et de la remise en cause du modèle soviétique déclenchée par la glasnost et la perestroïka ; il n’y avait donc plus rien derrière quoi cultiver la peur du voisin. Ainsi, avec l’absence de probabilité d’interventions des deux anciens blocs, les conflits changent de forme et d’intensité.

b) De 2000 à nos jours :
Période des nouveaux défis (actuels) caractérisés par un double enjeu de gouvernance et de développement car la plupart des pays sont affectés par des vulnérabilités structurelles et une fragilité desdits Etats, qui sont de plus en plus exposés à des menaces multiformes qui prennent une tournure et des formes nouvelles. L’extrémisme religieux et le terrorisme figurent en bonne place dans cette panoplie.

I). Des indépendances en 1960 à l’an 2000, avec la fin de la guerre froide
Pendant quatre décennies (de l’indépendance du Ghana en 1957 à celle du Cap-Vert en 1975), cette région où la plupart des Etats ont accédé pacifiquement à l’indépendance, a connu une relative stabilité. Le nombre de conflits durant cette période post coloniale est moins élevé dans cette région que dans tout le reste de l’Afrique. Exception faite de la guerre séparatiste du Biafra au Nigéria (1967-1970) (près de deux millions de victimes). Par la suite, l’Afrique de l’Ouest a connu une période relativement stable jusqu’en décembre 1989 qui marque le début de la guerre civile au Libéria qui va replonger la sous-région dans la violence politique et les luttes intestines. En 1998, la guerre civile en Guinée-Bissau a accru le nombre de victimes de conflits en Afrique de l’Ouest, avant de prendre fin un an plus tard. D’autres antagonismes vont secouer la sous-région, notamment, l’éclatement d’un conflit armé en Côte d’Ivoire, le retour de la guerre au Liberia, avant la mise à l’écart de Charles Taylor en août 2003, la poursuite de la stabilisation de la Sierre Leone, la détérioration de la situation politique et économique de la Guinée, les élections de 2005 en Guinée-Bissau.

Le phénomène s’est accéléré en 2010 avec la flambée de violences au Mali et au Nigéria.
Au cours de ces années, le type de violences qui prévalait en Afrique de l’Ouest s’était modifié, car les conflits avaient donné lieu à des actes de violences politiques commis surtout par des acteurs non étatiques (Dozos, ou autres chasseurs traditionnels) occasionnant des soulèvements sociopolitiques et des rebellions. Les pays les plus touchés furent ceux du bassin du fleuve Mano - Côte d’Ivoire, Sierra Leone, Libéria et Guinée -. Ils vont toutefois parvenir à mettre fin aux violences et à établir les conditions d’une pseudo-stabilité mais sous un lit de circulation d’armes légères et de petits calibres (ALPC). Toutefois, la sécurité intérieure et transfrontalière de ces Etats et ceux de leurs voisins, sera menacée à la fois par des trafics illicites, mais aussi par des groupes armés et/ou des groupuscules terroristes marqués par leur propension à multiplier des ramifications transfrontalières. La situation intérieure dans plusieurs de ces États, sera minée soit par l’instabilité politique quasi chronique soit par l’insécurité causée par des groupes armés ou encore par les revendications et enjeux liés à la gouvernance, à la situation humanitaire et aux droits de l’homme.

Parallèlement à cette période d’instabilité, la croissance économique, depuis 2005, n’a cessé d’augmenter dans la sous-région, tirée par le cours élevé des matières premières qui a surtout profité aux pays riches en ressources naturelles. Cependant, l’émergence d’une population de plus en plus jeune, mobile, éduquée et avide de se faire entendre va changer les choses et accélérer l’ouverture des pays de l’Afrique de l’Ouest.

Les mouvements migratoires vont être le principal moteur économique de la sous-région. L’avènement des réseaux sociaux, le développement des innovations technologiques et la mondialisation des échanges vont offrir à cette génération une multitude d’opportunités et des moyens de s’exprimer et d’agir qui étaient impensables quelques décennies auparavant. Cela impose en même temps plus de responsabilités et davantage de transparence aux pouvoirs publics.

Malgré ces formidables progrès, la région est encore confrontée à de nombreux défis. L’apparition de nouveaux défis tels que le trafic de drogue, la piraterie maritime, la circulation des ALPC et les extrémismes religieux au Nigéria et au Mali ont menacé les institutions des pays les plus affectés.

Enfin, les ravages de l’épidémie de virus Ebola ont également révélé la faiblesse des institutions dans les pays en situation de post-conflit comme la Sierra Leone et le Libéria de même que les conséquences de l’instabilité politique en Guinée. Par ailleurs, cette crise sanitaire nous a rappelé que les conflits se répercutent lourdement sur les générations futures.
Ces conflits et l’insécurité multiformes qui en a découlé, vont engendrer en permanence des tensions politico-militaires dans ces pays sur fond de développement de trafics divers alors que ces Etats, face à ces nouveaux défis sécuritaires, disposaient de très peu de capacités d’anticipation et d’adaptation.

En conséquence, seule la mise en place d’une stratégie de coopération régionale pertinente pouvait leur permettre de tenter d’enrayer le phénomène. Comme l’a si bien montré le Professeur Massaër DIALLO (DIALLO M. La réforme du système de sécurité en Afrique de l’Ouest) IEPS 2011, « Le système régional de sécurité doit être bâti sur le double principe de la complémentarité et de la solidarité... ». Dans cette perspective, la CEDEAO doit poursuivre ses efforts pour affiner son rôle de pôle d’organisation de la cohérence, de la complémentarité, de coordination des stratégies nationales, sous régionales et régionales de réponses aux défis et menaces qui font obstacle à l’intégration, la paix et le développement.

Toutefois, les organes de la CEDEAO ont été rudement mis à l’épreuve des faits, car l’exigence de sécurité en Afrique comme ailleurs ne renvoie plus simplement à celle de l’Etat et à la protection de la souveraineté. La sécurité de l’Etat, de son territoire et de ses institutions va désormais de pair avec la protection des personnes et des populations : le concept de sécurité humaine. Celles-ci ont besoin d’être mises à l’abri de la peur et de la maladie, des autres menaces physiques, morales et/ou politiques. Il faut, désormais avoir une approche globale, intégrée et inclusive de la stratégie et des politiques destinées à relever les défis de l’insécurité nourrie par le déficit de développement.

A la fin de cette période, (1960 à 2000) l’on constatera très tôt, d’une part, que cette approche globale qui augmente les besoins et sert de soubassement à la réalisation du concept de la sécurité humaine, a multiplié les acteurs de la sécurité, et que, d’autre part, des sociétés privées de sécurité, sont par ailleurs devenues des acteurs importants pour la résorption du chômage. Ceci découle du caractère évolutif de la sécurité, et celui multiforme de l’insécurité, dans toutes leurs dimensions, et ne permettant plus aux seules Forces de l’outil régalien, acteurs statutaires et étatiques, de garantir la sécurité à tous les citoyens d’un même pays.

On peut, valablement citer, parmi ces Agences privées de sécurité, acteurs statutaires et non étatiques, l’exemple de la SAGAM INTERNATIONAL, qui compte parmi les plus gros employeurs et qui vient de boucler ses trente ans de présence au Sénégal. SAGAM a largement dépassé le niveau de simple gardiennage et s’impose dans la haute technologie.

De même, l’Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité ( ASP ) déploie des éléments visibles dans tous les secteurs névralgiques du pays, en appui aux gendarmes et aux policiers étatiques. Elle vient de fêter ses quatre ans, avec, à son actif, 10.000 jeunes recrutés et 3.000 intégrés dans la police, la gendarmerie et ailleurs ; le projet « un ASP un métier » par le biais de la formation professionnelle viendra renforcer, de manière sérieuse, la vigueur de la classe moyenne sénégalaise.

II) De l’an 2000 à nos jours

• LE TRAFIC DE DROGUE, UNE MENACE POUR TOUTE L’AFRIQUE DE L’OUEST
La sous-région est devenue au cours des deux dernières décennies, une plaque tournante, une importante zone de transit (devenue zone de consommation) de la cocaïne latino-américaine, à destination d’autres parties du monde. La drogue, principalement la cocaïne, qui y transite est produite en Amérique latine, notamment au Pérou, en Colombie et en Bolivie, ces pays à eux seuls produisent plus de 1000 tonnes de cocaïne par an, dont le quart est à destination de l’Europe. Les narco-trafiquants ont compris que pour développer leur commerce, ils sont obligés de se positionner dans ces pays dits émergents, qui ont une importante frange de population (plus de 50%) constituée « de moins de 25 ans ». Parallèlement à cette recrudescence, la sous-région connait également une hausse des saisies de ces drogues, ces dernières années. Selon un rapport de 2009 de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), près de 100 tonnes de cocaïne auraient transité par l’Afrique de l’Ouest sur cinq ans ; soit plus d’une tonne et demi de drogue dure par mois, dont une bonne partie est consommée par la jeunesse de l’Afrique de l’Ouest. Cela va en crescendo car, dans son rapport de 2016, on peut lire que « la proportion totale de saisies de cocaïne » dans cette région, sur la période 2009-2014, « a augmenté de 78 % ». Ce document nous apprend aussi que même si la Guinée-Bissau demeure le point d’attraction de la cocaïne dans ce trafic, c’est le Cap-Vert qui arrive en tête, suivi de la Côte-d’Ivoire, de la Gambie, du Nigeria et du Ghana. Pierre LAPAQUE, le représentant régional de l’ONUDC, lors d’une conférence de presse relative à la présentation de ce rapport, a également jugé inquiétant le lien entre narcotrafiquants et terroristes. « On s’aperçoit qu’il y a des connexions, même s’il est difficile de donner des chiffres ». Pour juguler le mal et en finir avec l’insécurité qu’il engendre, outre les saisies d’importantes quantités, suivies d’arrestations et d’interpellations de dealers, d’importantes opérations de destruction des foyers de drogue sont organisées de même que des consultations médicales destinées aux toxicomanes. Toutefois, le combat contre ce fléau n’est pas seulement l’affaire de la police qui, par l’insuffisance de la couverture policière, (180 policiers pour 100.000 habitants, c’est la moyenne continentale, alors qu’elle est de 363 agents, plus du double, pour 100.000 habitants en Asie,) a montré ses limites objectives. Aujourd’hui, le principal défi de nos autorités est d’isoler la sous-région des différents chemins qu’emprunte la drogue dure (cocaïne, héroïne). Pour atteindre cet objectif, il faudra en premier lieu, renforcer la présence d’experts dans les réseaux internationaux de lutte contre la drogue. A titre d’exemple, le programme West Africa Coast Initiative-WACI a été créé par différents organes des Nations unies (UNODC, le Bureau Régional des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), le Département des Opérations de Maintien de la Paix (DPKO) en collaboration avec INTERPOL, afin de soutenir la mise en œuvre du « Plan d’action régional de la CEDEAO pour la lutte contre le trafic de drogues illicites, le crime organisé et l’abus de drogues en Afrique de l’Ouest ».

En février 2010, les ministres de l’Intérieur des quatre pays concernés ont adopté « l’engagement de Freetown » pour la mise en œuvre du programme WACI. La pierre angulaire de WACI est la création d’unités de lutte contre la criminalité transnationale (UCT) dans chaque pays. Les UCT sont des unités d’élites dotées d’un personnel détaché des organes nationaux de la force publique, formé et équipé pour lutter contre la criminalité transnationale organisée et le trafic de drogue. Elles coopèrent avec les bureaux nationaux d’INTERPOL, les services de renseignement, la police judiciaire, la gendarmerie, les services d’immigration et les services de douanes.

Toujours dans le cadre de cette lutte, le projet Airport Communication Programme () a été lancé en octobre 2011, à , par les Nations Unies et les autorités sénégalaises. Le projet est coordonné par l’UNODC et mis en place par l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) et INTERPOL. L’objectif est de renforcer les capacités de lutte anti-drogue dans une dizaine d’aéroports internationaux d’Afrique de l’Ouest, du Maroc et du Brésil. Le projet prévoit notamment la création de cellules aéroportuaires anti-trafics (CAAT) qui sont des équipes spéciales composées de représentants de la police, de la gendarmerie et des douanes disposant d’un mandat de contrôle au niveau des aéroports internationaux concernés par le projet.

Toutefois, pour que tous ces projets atteignent leurs objectifs et fassent preuve d’efficacité, les autorités doivent être capables d’établir un échange d’informations sécurisé en temps réel entre les pays d’origine, de transit et de destination des trafics, principalement de cocaïne. Elles doivent aussi pouvoir tirer profit des stratégies qu’adoptent de plus en plus certains pays européens et qui consistent à effectuer les saisies au plus près des pays qui produisent la cocaïne, pour constituer une sorte de bouclier protégeant leurs territoires...

• L’AFRIQUE DE L’OUEST UN NOUVEL ELDORADO DE LA PIRATERIE MARITIME
Mesurer l’ampleur de la piraterie maritime en de l’Ouest où l’essentiel des pays qui composent cet espace ont une façade maritime, n’est pas chose aisée. Ses ressources côtières et marines, tout comme les autres ressources environnementales, continuent d’être exploitées d’une manière qui ne profite pas aux populations. A titre d’exemple, la pêche illégale, clandestine et non réglementée coûte chaque année à l’Afrique subsaharienne environ un milliard de dollars US. L’absence de moyens de surveillance des eaux territoriales (Le Benin, le Togo et même le Nigeria ne disposent pas de navire en bon état affecté à la surveillance de leurs eaux territoriales) laisse les pays côtiers de l’Ouest africain sans défense face à la pêche illégale. Sûrs de se livrer à leurs activités sans être troublés, des navires pêchent bien au-delà de leurs quotas et créent ainsi un manque à gagner pour les Etats dont les ressources halieutiques sont ainsi pillées. Selon l’ONG internationale Greenpeace, «la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) est en train de gangrener les océans du monde et l’Afrique de l’Ouest fait partie des zones qui paient le plus lourd tribut. »

Une enquête parue dans le journal « Le Monde », dans son Edition du 11 octobre 2016, a montré aussi que les eaux nigérianes, avec 24 attaques de pirates depuis le début de l’année, sont devenues l’un des épicentres mondiaux de la piraterie : sur les 44 équipages kidnappés dans le , plus de la moitié l’ont été au . Le du delta du , plus importante réserve d’hydrocarbures du continent, est au cœur de ces luttes sur mer : depuis le début de l’année, quasiment toutes les attaques pirates ont visé des transporteurs de l’or noir puisé dans le Delta. Ces attaques lancées au Nigéria contre le secteur pétrolier ont coûté des milliards de dollars US en réparations et manque à gagner ; elles ont également participé à la déstabilisation des prix au niveau international et contribué au désastre environnemental le long du littoral nigérian causé par le déversement de plus de deux milliards de litres de pétrole. L’Afrique de l’Ouest peine à relever ces défis de sécurité maritime, et n’a pas la capacité de sauvegarder sa part des eaux.

La mise en place de systèmes de surveillance des côtes pouvant s’avérer coûteuse, de nombreux pays africains ont préféré investir dans les forces terrestres plutôt que dans les unités maritimes, rendant par là-même impossible tout type de surveillance plus poussé que la simple observation côtière. Enfin, la gestion maritime et les services de police en mer ne relèvent jamais de la responsabilité d’un seul organisme et nécessitent donc un niveau de coordination et de collaboration.

Toutefois de timides efforts sont faits pour lutter contre cette piraterie. En 2013, à l’appel du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon, un mémorandum, instituant une lutte mutualisée contre la piraterie, avait été signé à Lomé, entre la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Commission du golfe de Guinée (CGG). Il n’a, en quatre ans, produit aucun résultat palpable.

Le Centre régional de sécurité maritime de l’Afrique de l’Ouest (CRESMAO), d’Abidjan, créé en 2014, est chargé de l’action des garde-côtes dans la zone. Mais ce centre, faute de moyens, est quasiment non opérationnel.

L’une des solutions pour dépasser ces contraintes est d’investir de manière stratégique dans le secteur de la science et de la technologie avec la création d’un réseau de capteurs qui permet de couvrir de grands espaces, de recueillir des informations et de fournir des données brutes de manière à faciliter les partenariats et autres collaborations nécessaires à une véritable sécurité maritime

• L’AFRIQUE DE L’OUEST FACE AU DEFI CLIMATIQUE
Les sécheresses successives, les inondations, la violence des vents, le déphasage des saisons, affectant ainsi les systèmes d’organisation humains et les écosystèmes ont progressivement modifié le sort des populations de l’Afrique de l’Ouest, les obligeant à s’adapter à cette nouvelle donne climatique. Même si la sous région reste l’une des plus touchées par l’insécurité alimentaire dans le monde, la majorité de la population de cet espace compte avant toute chose sur l’agriculture qui est la source principale de revenus. Cette situation, par ailleurs, pourrait se voir renforcée car, à ce changement climatique, s’ajoutent certaines pratiques actuelles en cours, comme celle qui amène des investisseurs étrangers ou locaux à se précipiter sur les bonnes terres en vue de les exploiter à leur propre compte. Autant de données qui font que la crise alimentaire guette en permanence les pays d’Afrique de l’ouest, particulièrement ceux qui avaient été touchés par l’épidémie Ebola, qui avait entraîné une baisse des récoltes et une désorganisation des circuits de commercialisation des produits vers les villes.

Cette crise alimentaire a aussi révélé au grand jour, deux vérités dramatiques. D’une part, il est apparu avec plus de netteté que les choix économiques opérés et les modèles de développement suivis durant plusieurs décennies dans cet espace sont globalement hasardeux et impertinents par rapport à la réalité. En privilégiant la monoculture d’exportation au détriment de l’agriculture vivrière, celle-ci étant confinée à un rôle secondaire, on a, en effet, créé les conditions d’une dépendance accrue des populations ouest africaines aux marchés mondiaux. D’autre part, cette crise a aussi mis en lumière la forte articulation entre les politiques commerciales, les choix agricoles et les questions alimentaires.

• LES EXTREMISMES RELIGIEUX
Les conflits et l’insécurité sont multiformes et les États ouest africains disposent toujours de très peu de capacités d’anticipation et d’adaptation. Au contraire, des facteurs aggravants tels que la porosité des frontières, l’extrême pauvreté matérielle des populations, la mauvaise gouvernance des ressources du sol et du sous-sol (hydrocarbures et minerais), ainsi que la défaillance des services publics de l’État dans certaines parties de leurs territoires exacerbent même les conflits. Face au terrorisme, la plupart de ces États n’ont tout simplement pas les moyens de garantir le contrôle de leurs frontières et de leur vaste territoire. Le Mali, par exemple, a une superficie presque deux fois plus grande que celle de la France et fait la taille du Texas et de la Californie réunis. Sa frontière est aussi grande que la frontière américano-canadienne, alors qu’elle ne longe pas un, mais sept autres États.

Pour répondre efficacement aux situations insurrectionnelles, la réforme des secteurs de sécurité et de défense doit permettre le déploiement des dispositifs de sécurité capables de stabiliser les régions. Il faut Restaurer la confiance avec les forces de sécurité en mettant en place un réseau civil transfrontalier permettant de fluidifier l’échange d’informations et de lutter contre la progression du radicalisme religieux dans la région.

Une autre particularité, en même temps préoccupation majeure, demeure le recrutement et la formation d’Africains par des groupes terroristes internationaux. Seule, une poignée de terroristes endurcis a émergé d’Afrique subsaharienne. Le Nigérian arrêté en décembre 2009 aurait été recruté à Londres et entraîné au Yémen ; il avait bénéficié d’une bonne éducation et venait d’une famille aisée. Un grand nombre de « terroristes » somaliens auraient été, en fait, recrutés aux États-Unis et en Europe.

La quatrième donnée réside dans le fait que les nouveaux visages de l’insécurité appellent aujourd’hui une implication plus poussée des citoyens, individuellement et collectivement, à travers la société civile. Sa participation est une nécessité absolue et ses membres peuvent et doivent participer à l’émergence d’une implication personnelle, collective et citoyenne dans le domaine de la sécurité, aussi bien dans les débats que dans les recherches de solutions.

Elle doit Informer, sensibiliser et développer les consciences par rapport aux menaces à la sécurité nationale, investir dans l’éducation spirituelle et surtout Encadrer, protéger et assister les populations des zones sensibles.

Enfin la lutte contre le terrorisme implique aussi la fin de cette inégalité tant planétaire qu’au sein des Etats où une minorité s’approprie une fraction croissante du revenu national, enfantant presque la misère et donc souvent le terrorisme ; le tout sécuritaire pour le sécuritaire a des limites qui exigent que l’on s’attaque à l’essence, c’est à dire au co-développement.

• Transition politique en Afrique de l’Ouest
La vie politique en Afrique de 1960 à 1990 est fortement marquée par l’instabilité et des coups d’Etat. De nombreux coups d’état sont enregistrés partout, à l’exception du Sénégal.
Pour rappel, les coups d’état les plus spectaculaires furent ceux du/de :
• Togo, 13 janvier 1963: Sylvanus Olympio, père de l’indépendance renversé par le Sergent chef Eyadema qui devient président. Olympio est mort à cette occasion.
• Ethiopie, 12 septembre 1974: a mis fin à l’Empire d’Hailé Sélassié 1er ; la République est proclamée et l’Empereur est mort.
• République Centrafricaine, 1965, coup d’Etat de Jean-Bedel Bokassa ; David Dacko s’exile.
- le 20 septembre 1979, un nouveau coup d’état: l’Empereur Bokassa est déchu et s’exile.
• Burkina Faso, plusieurs coups d’état, le plus célèbre, celui de 1983, avec Thomas Sankara, il est renversé le 15 octobre par Blaise Compaoré ; il est mort.
• Tunisie, 7 novembre 1987: Habib Bourguiba le père de la nation est déposé ;
• Liberia, en avril 1980, le sergent Samuel Doe, 29 ans, tue le président , et le remplace
• Mali, en 1969, le Lieutenant Moussa Traoré renverse Modibo KEITA ; il sera renversé par un autre coup d’état en mars 91 par.
Le 22 mars 2012, à quelques jours de la fin du mandat du président , nouveau coup d’état par le capitaine
• Zaïre, coup d’Etat, en 1965 de Mobutu Sése Séko, il est renversé par un autre coup d’Etat, le 17 mai 1997, par KABILA,
• Côte d’Ivoire, 24 décembre 1999: Henri Konan Bédié, l’héritier destitué par le Général Robert GUEI, c’est le début d’une longue période de troubles.
• Madagascar, plusieurs coups d’état, le dernier en mars 2009, la rue pousse Marc Ravalomanana à la sortie.
• Les coups d’état de Libye, Mauritanie, Ghana, Ouganda, Guinée Bissau , Gambie, Sierra Leone, Guinée-Conakry, Nigeria se chiffrent à plus de 15.

C’est dire que l’AFRIQUE, des indépendances à ce jour, a connu près 70 coups d’Etats.
Il faut dire, à haute voix qu’un coup d’Etat est toujours pour un pays, un signe de régression dans tous les domaines. On ne bouscule pas les Institutions de la République de manière anti démocratique

Les Conférences Nationales,
La quasi-totalité des Etats d’Afrique subsaharienne francophone a connu un processus de transition dans les années 1990. Cette vague de tentatives de démocratisation résulte d’une conjonction de facteurs tant internes qu’externes.
• la vague de contestations des années 90, encouragée la chute du mur de Berlin
• le fameux sommet de la Baule, avec le discours du président Mitterrand
• les plans d’ajustement structurel des Institutions de Breton Woods
• l’accentuation de la crise économique et sociale
• et l’effet d’entrainement consécutif à la Conférence béninoise.

Un vent de démocratisation et de liberté a vu susciter de grands espoirs sur le continent. Pour la première fois en Afrique, au Benin, une conférence nationale, se proclamant « souveraine» est convoquée. Plusieurs conférences nationales des forces vives de la nation, vont ensuite se tenir dans ces années 90. L’expérience sera reprise au Gabon, au Congo, au Niger, au Mali, au Togo, au Zaire et au Tchad. Elle est donc un mécanisme spécifiquement africain, bien que déclenchée de l’extérieur.

La Conférence nationale va être perçue comme un espace public de la parole, ce qui a conduit certains observateurs à la comparer, à tort ou à raison, à la célèbre palabre africaine. Mais elle a surtout été une structure institutionnelle génératrice de nouveaux pouvoirs qui a initié les valeurs démocratiques : Des élections ouvertes à des candidats de l’opposition vont être organisées, même si personne n’était dupe pour espérer voir du jour au lendemain des dictateurs organiser des élections et accepter de les perdre. Certains les ont qualifiées de ‘’Démocratie à pas de caméléon’’.

En tout cas, le Sénégal a contourné cette formalité pour poursuivre son mouvement démocratique ; il a, en même temps, échappé au plan d’ajustement structurel, en évitant de casser la branche sur laquelle le pays était assis. ( sortie politico économique populaire du Président Abdou Diouf).

Les Assises nationales du Sénégal ont-elles été conçues comme une conférence nationale souveraine ?

En mars 2000, le pays a connu sa première alternance (quasiment la première en Afrique). Au fil des années, le Sénégal, à l’instar de nombreux pays de la sous région, a connu des difficultés surtout aux plans économique et social ; les effets de la crise financière mondiale de 2008, le taux de chômage élevé et la difficulté de contrôle de l’immigration clandestine entre autres, ont favorisé l’initiative des Assises nationales.

Ouvertes le 1er juin 2008, après plusieurs mois de préparation, les Assises nationales du Sénégal ont enregistré la participation d’une centaine d’organisations de la Société civile, l’essentiel des syndicats, organisations professionnelles, organisations de défense des Droits de l’Homme, Organisations Non Gouvernementales, organisations de femmes, organisations de la diaspora, organisations confessionnelles et les partis politiques.

Elles ont rendu leurs conclusions à Dakar, le 24 mai 2009, sous la présidence de Monsieur Amadou Mahtar MBOW, ancien Directeur Général de l’UNESCO - qui a assuré par ailleurs la présidence de son Comité national de pilotage et de son Bureau national - en présence de nombreuses personnalités du monde politique, religieux, économique, social et culturel, des représentants du Corps diplomatique et des Organisations internationales. Certaines de ses conclusions sont prises en compte.

• La situation actuelle
Le LIBERIA est dans une situation politique inquiétante avec l’annonce de la cour suprême intimant l’ordre à la « National Election commission » (NEC) de n’organiser le second tour des élections qu’après la révision des recours déposés, dont celui de « Liberté Party » qui sortait 3ème premier au tour ;
• Au Togo, l’opposition réclame une modification de la constitution, pour une limitation et la définition de la durée du mandat du Président de la République.
Tous ces Conflits palpables présagent des situations conflictuelles qui risquent d’augmenter avec la nouvelle vague d’élections présidentielles à partir de 2018 prévues dans la sous région.

CONCLUSION/RECOMMENDATIONS :
Face à ces défis sécuritaires transnationaux, se concentrer, comme par le passé, uniquement sur la coopération militaire relève d’une erreur majeure. Relever ces défis de manière efficace exige également la constitution d’un partenariat qui va soutenir les institutions en charge de la sécurité et l’adhésion des gouvernements africains à cette coopération, sans attendre d’être exemptés de certains objectifs politiques relatifs à la démocratie, à la gouvernance et aux droits de l’homme.

En outre le partenariat public –privé dans le domaine de la sécurité devrait figurer dans la gamme des priorités car l’évolution des sociétés privées de sécurité témoigne du niveau des besoins légitimes de sécurité des différents secteurs socioéconomiques du pays que l’État ne peut satisfaire ; devenant ainsi un multiplicateur de force, ces sociétés privées constituent un baromètre fiable dans l’analyse de la situation sécuritaire.

L’analyse de toutes ces alternatives démocratiques, nous poussent à retenir un fait : débarrasser un pays d’un régime autoritaire ou d’une dictature, ne signifie pas nécessairement bannir l’autoritarisme pour de bon dans ce pays et y faire régner la sécurité. La tenue d’élections multi partisanes et régulières, qui est une nécessité absolue, ne garantit pas non plus l’institutionnalisation de pratiques démocratiques, dans les pays où la démocratie est encore fragile. C’est la raison pour laquelle, la société civile doit rester forte et vivante dans tous les pays africains. Elle devra constituer une source de vivacité démocratique, un rempart pour la défense de la sécurité des personnes et des biens, même si celle ci demeure une des fonctions essentielles de l’Etat.

Par Général Lamine CISSE

« Le service de la dette totale rapporté aux recettes budgétaires était de 46,8% en 2012 alors qu’il se situe à 33,7% en 2017 ». Cette phrase contenue dans la réponse du ministère des Finances aurait pu clore le débat sur le surendettement supposé du Sénégal clamé par le président Abdoulaye Wade à Touba. En clair, le Sénégal, même avec un stock plus important, court moins de risque lié à la dette en 2017 qu’en 2012 parce que son économie présente plus de vitalité. Nous avions eu modestement l’occasion de répondre à l’honorable député Mamadou Lamine Diallo sur la même question pour dire en définitive que depuis 2014, le nouveau référentiel des politiques économiques et sociales du pays (le Plan Sénégal émergent) fait de l’endettement un additif intelligent à la correction du gap en infrastructures et ressources humaines. L’endettement public tel que conçu par le président Macky Sall est pour donner à notre économie le plus tôt possible des capacités de création de richesse dans une optique de résilience face aux chocs à la fois endogènes et exogènes.  Il ne s’agit pas d’un endettement pour financer par exemple le FESMAN (cherchez mon regard !), mais pour bâtir le Sénégal que le président Wade a sans doute vu en chantier du haut de  l’hélicoptère prêté par le Chef suprême des armées en l’occurrence Son Excellence Monsieur le président Macky Sall.  

Ce que le Président Wade semble perdre de vue, c’est que depuis 2012, le Sénégal est en marche avec a une croissance soutenue titillant les 7% depuis 2014 avec une maîtrise du déficit budgétaire qui, de 6 ,7% (8% selon certains) en 2011 est à 4,2% en 2016 pour aller à 3,7% du Pib en 2017 avant d’atteindre incha Allah les 3% (critère de convergence de l’Uemoa) en 2018. Depuis 2014, il y a  une hausse des exportations. Il y a aussi des projets structurants pour aller dans le sens de l’Émergence. Ces deux facteurs combinés donnent des ratios de solvabilité et  de liquidité rassurant sur la capacité de l’Etat à faire face à sa dette. On ne peut pas dire que nous sommes surendettés alors que nous sommes à 10 points de moins que les 70% du Pib retenu par les critères de convergence de l’Uemoa. On ne saurait dire que nous sommes endettés alors que depuis décembre 2015, le Sénégal peut librement emprunter sans passer par le Conseil d’Administration du Fmi. On ne doit pas crier au surendettement alors que la capacité de remboursement des emprunts évaluée par l’agence  de notation financière Standard & Poor’s a confirmé la note « B+/B » du Sénégal pour sa dette souveraine à long et à court terme. Cette dette souveraine  précisons-le est d’au moins à 60 % de nature concessionnelle. On ne peut pas dire que nous sommes endettés au moment où l’encours de la dette publique  extérieure est largement couvert et représente 7,9% des recettes budgétaires et 6,1% des exportations de biens et services.

Le Sénégal ne s’endette pas pour danser et manger. Il s’endette pour compléter les ressources nécessaires à consolidation des bases  de son développement. L’exemple type de cet endettement adjuvant ou complément du développement est là devant nous à Diamniadio laboratoire de l’audace, et la vision du président Macky.  Notre endettement est productif et non festif comme c’était le cas avec le FESMAN. Il est dynamique et non figé sur de la simple théorie économique.

Notre endettement et notre richesse ne sont pas dilapidés dans le festif. Ils sont dans les 1525 villages de plus électrifiés soit 92% d’augmentation par rapport à l’année 2011. Ils sont  dans le  Pudc qui est en train de faire la  révolution dans l’hydraulique rurale avec des records dépassant largement les 30 à 70 forages par an de moyenne de 1948 à 2012. Rien qu’en 2017, le Pudc est en train de réaliser  251 forages, sans compter les projets structurants du Président Macky à travers l’Usine de dessalement d’eau de mer pour Dakar, la 3ème  usine de Keur Momar Sarr . Notre endettement et notre richesse sont dans les 1295 km de routes revêtues soit 259 km par an contre 131 km de 2000 à 2011. Ils sont aussi dans les 36 km d’autoroute (Diamniadio-Sindia) contre 32 km de 2000 à 2012. Ils sont dans les 24 km d’autoroute Sindia-Mbour, les 113 km d’Ila Touba et les 28 km Thies-Tivaouane à réceptionner en 2018. Notre endettement et notre richesse sont dans le Train express régional qui sera opérationnel début 2019. Ils sont dans les 1150 bus de transport urbain soit 230 bus par an contre 76 par an durant les 12 années précédentes. Ils sont dans les 710 bus supplémentaires reçus par Dakar DEM DIKK contre 409 en 12 ans de règne du président Wade qui ignore sans doute que Sénégal DEM DIKK aussi est en marche avec des bus climatisés en lignes régionales régulières. Notre endettement et notre richesse ont permis d’avoir 951 000 tonnes de riz en 2016 soit une progression de 102% par rapport à 2012. En 2016, l’arachide est à 998 000 tonnes soit une hausse de 42% par rapport à 2012. L’oignon avec 393 000 tonnes en 2016 a progressé de 71% par rapport à 2012 La pomme de terre avec ses 52 000 tonnes en 2016 a connu une hausse de 333% par rapport à 2012. Les Ics, la Sonacos, la Nsts, la Sotexka ont été relancées. Mieux, le parc industriel de Diamniadio qui va bientôt être réceptionné. Notre endettement et notre richesse sont dans ce que le président Wade n’a pas voulu voir depuis l’hélicoptère d’un jour.

En fin politicien, le président Wade, pour faire oublier le « remplacement tacite » du numéro 2  de son parti Oumar Sarr par  Me Madické Niang, a voulu servir un os à croquer à l’opinion. Le faux débat sur l’endettement du Sénégal est juste une question politicienne posée pour détourner les regards.

En vérité le président Wade sait plus que quiconque qu’après l’annulation de près de 60% en 2004-2006, la dette du Sénégal avait augmenté de 13% entre 2007 et 2006, puis de 20% entre 2007 et 2008 avant de progresser de  22% entre 2008 et 2009. On voit bien que le chantre actuel d’un niveau d’endettement optimal de 17%  du Pib n’avait pas cette conviction quand il était aux affaires. Les 17% sortis du chapeau magique ne signifie rien en termes de pertinence. Le président Wade libéral travailliste sait qu’en matière d’endettement, les notions de seuils en dehors des critères de convergences entre les États, ne se justifient qu’en rapport avec la vitalité d’une économie. Les prêteurs ne prêtent qu’aux riches ou à ceux qui ont du potentiel. La preuve, les USA avec plus de  20 000 milliards de dollars sont à 103% de leur Pib !  

Le président Wade doit comprendre que la nouvelle trajectoire du Sénégal sous la vision du président Macky Sall a déjà permis de faire  des choses importantes au plan économique et social. Les Sénégalais majoritairement voient la transformation du pays vers l’Émergence. C’est important. Le président Wade doit comprendre que son successeur a fait largement plus que lui en si peu de temps. Ce n’est pas une attaque sur l’endettement qui effacera le bilan qui, comme le nez est clairement fixé au visage du Sénégal.

Par Mamadou NDIONE
Économiste Écrivain
Conseiller départemental à Mbour
Responsable politique
Apr Diass

Le Sénégal semble être une immense plaine de paroles où chaque jour, chaque semaine et chaque mois, au gré des vents, des graines de paroles arides, acerbes et mensongères s’élèvent, puis se dispersent dans un vacarme à vous casser le tympan pour enfin brutalement se noyer à jamais dans cet immense océan de faits irréfutables que constitue le Pse. Il y eut l’affirmation d’une menace de non payement des salaires si Monsieur Macky Sall était élu Président de la République. Plus récemment, lors du Référendum, les bien-pensants, sur tous les toits, jusqu’aux chaumières du Baol, distillèrent et proclamèrent que « les droits nouveaux » de la nouvelle Constitution cachaient, en réalité, la décision du Gouvernement de légaliser l’homosexualité dans notre pays. Encore, il y a juste quelques jours, voici que profitant d’une visite à Touba, la Ville Sainte, l’ancien président de la République, Maître Abdoulaye Wade, alors que cette période de Magal impose un discours de sagesse, de père de famille, lance à l’attention des sénégalais quelques paroles : le gouvernement ne serait plus en mesure de payer les salaires, le pays serait trop endetté, etc.

Est-ce une envie, presque ludique, de susciter la discussion, de créer le débat, de faire renaître un climat d’affrontement verbal dans un espace public, ces temps-ci, presque calme et serein, que certaines personnes pourraient caractériser comme quelque peu assoupi ? A moins que ces paroles ne constituent un sursaut pour essayer de couvrir le vacarme né du torrent de faits, de réalisations, d’indicateurs exceptionnels, de soutien et d’engagement de toutes les grandes institutions internationales et des classements exceptionnels et les chiffres inédits donnés à notre pays par les institutions indépendantes de notation ? Une évidence s’impose : on ne peut pas arrêter la mer avec les bras.

Depuis cinq ans et demi, le Sénégal paye régulièrement, souvent même avant la fin du mois, les salaires, les pensions de retraites et les autres avantages acquis par les travailleurs nonobstant l’augmentation de la masse salariale suite à l’intégration de dizaines de milliers de volontaires et de contractuels dans la fonction publique, des recrutements importants ont eu lieu au profit de la santé, des forces de défense et de sécurité, etc.

Le Sénégal, contrairement à certains pays africains plus riches que lui, s’acquitte régulièrement de sa dette, respecte les échéances de paiement. Et en conséquence, le pays bénéficie de la confiance du monde des affaires, lève facilement des fonds importants à des taux d’intérêts meilleurs que ceux des années avant 2012, finance des projets à très forts impacts économiques et sociaux. De l’octroi de bourses familiales pour soutenir les familles les plus pauvres de notre pays, la réduction des impôts sur les salaires augmentant ainsi le pouvoir d’achat des fonctionnaires, de l’électrification rurale, de la construction de forages pour l’accès à l’eau pour les populations, les animaux et l’agriculture, de la construction des pistes rurales pour relier les villages aux réseaux routiers départementaux et nationaux facilitant ainsi la mobilité des hommes, des femmes, des productions et des marchandises, de la suppression progressive des abris provisoires au niveau des écoles, de la construction de centres de formation professionnelle, de la construction d’hôpitaux et d’établissements d’enseignement supérieur, de la construction d’autoroutes, du Train express régional (Ter), de l’acquisition de navires pour la desserte Ziguinchor-Dakar, de la modernisation de l’agriculture avec pour conséquence une hausse sans précédent de la production agricole et par conséquent du niveau de vie des populations rurales, du soutien aux nouveaux bacheliers pour assurer leur orientation dans le public ou le privé, de la politique d’octroi de bourses universitaires sur la base du mérite ou aux étudiants issus de familles défavorisées ou souffrant d’un handicap, du soutien apporté aux pêcheurs, aux éleveurs et aux artisans, des mesures importantes pour l’emploi des jeunes et la création d’entreprises, du relèvement du niveau des infrastructures dans les villes du pays et les villages frontaliers, du doublement des capacités d’hébergement des universités, du renforcement du plateau technique des universités par la construction de cent laboratoires, de la construction de la Cité du Savoir qui est une plateforme de formation, de recherche, d’innovation et d’incubation d’entreprises,  etc.

Le Sénégal a résolument tourné la page de la culture du « vois-petit », des taux de croissance confidentiels et de l’état d’esprit que l’Afrique ne voulait pas le développement.  
Grâce à la mise en œuvre du Pse et des programmes sectoriels des questions naguère insolubles sont définitivement résolues et les sénégalais commencent à oublier qu’elles constituaient, il y a à peine cinq ans une véritable obsession : la continuité de la fourniture de l’électricité, l’inversion de la spirale de la hausse constante du prix de l’électricité et des denrées de première nécessité, le recouvrement des ressources provenant des ventes d’arachides par les paysans que les bons impayés mettaient dans une situation précaire, l’accès à une orientation pour les bacheliers et la transparence de celle-ci, etc.

En cinq ans et demi, notre pays a changé ! Il vogue résolument rivé sur un cap : l’émergence et un horizon 2035. Évidemment, c’est nouveau, peut être difficile à saisir pour ceux qui ne connaissent pas la planification stratégique, la gestion axée sur les résultats et ne croient pas à un engagement patriotique à servir son pays.

Mais il ne faut ni nourrir des complexes, encore moins ressentir des frustrations par rapport aux résultats acquis par notre pays grâce à la vision et au leadership du président de la République Macky Sall. Il suffit de comprendre que chaque génération apporte sa part de contribution puis laisse la place aux autres générations et leaders. Le président Léopold Sédar Senghor a construit les bases de notre État et de notre Nation, le président Abdou Diouf fut le stabilisateur de notre pays au moment où des turbulences avaient emporté plusieurs pays africains, le président Abdoulaye Wade fut le libérateur des esprits et des énergies des sénégalais et enfin le président Macky Sall est le bâtisseur de l’émergence de notre pays.

Heureusement que l’Océan a une grande faculté d’absorption, c’est pourquoi les éclats nés de paroles inappropriées et injustes finissent toujours par sombrer dans les profondeurs de l’oubli.

Par Mary Teuw Niane
Professeur titulaire

Le Sénégal vient de gagner sept (7) places dans le classement général de la quinzième édition de Doing Business (Db) de 2018, comparativement au rapport Db 2017, passant ainsi de la place 147 à 140 sur 190 ; ce qui est une avancée certaine. Conclusion : on a avancé, nettement. Il y a des efforts énormes du gouvernement à saluer, avec les réformes majeures introduites dans l’environnement des affaires au Sénégal depuis 2015. Cependant, on se devrait plus pragmatique et tirer les conclusions pour avancer beaucoup plus les années à venir.

Doing Business utilise des indicateurs quantitatifs très pertinents pour comparer les pays notamment par rapport aux réformes et règlementations qui facilitent ou entravent l’environnement des affaires pour les petites et moyennes entreprises domestiques. Les réformes et réglementations analysées couvrent essentiellement onze domaines : le lancement des affaires, les démarches de permis de construire, l’accès à l’électricité, l’enregistrement de la propriété, l’accès au crédit, la protection des investisseurs minoritaires, le paiement des taxes, le commerce transfrontalier, l’exécution des contrats, la gestion de l’insolvabilité et le marché du travail.

Aussi, même si le classement global est très important surtout pour les besoins de comparaisons et benchmarks sur le plan international, il l’est moins quand on regarde le Db de l’intérieur de nos frontières. Ce qui devrait nous interpeller le plus pour mieux tirer profit du rapport, c’est d’analyser notre position par rapport à chacun des critères établis pour comparer, surtout avec nos voisins de la sous-région afin de jauger et d’améliorer notre performance. Et pour cela, le projet Db a mis en place des indicateurs très accessibles pour la comparaison et surtout facile à interpréter. Ces indicateurs établissent des benchmarks qui mesurent le niveau de chaque pays par rapport aux onze critères sur une échelle de 0 (le niveau le plus bas) à 100 (niveau le plus élevée, ou niveau optimal). Cette échelle nous donne une idée claire de la distance à parcourir pour atteindre le maximum visé dans chacun des critères. Les scores dans les onze critères sont agrégés pour donner une appréciation globale des efforts à faire sur la même échelle.

Alors que dans le rapport Db 2017, le Sénégal avait eu un score global de 50,68/100 (à mi-chemin de la situation optimale de l’environnement des affaires, appelée score maximum 100), et n’avait gagné qu’un pas de 0,73/100 vers la bonne direction comparativement au classement Db 2016, dans le rapport Db 2018, le Sénégal présente un score de 53,06/100. Ce qui représente une avancée significative de +3,75 comparativement à Db 2016. C’est une excellente avancée, et c’est surtout là qu’il faut se féliciter des performances réalisées grâce aux réformes introduites progressivement dans l’environnement des affaires.

En regardant ce score global, le Sénégal vient de passer de la quatrième place (derrière le Ghana, le Mali et la Côte d’Ivoire) en Db 2017 à la troisième place des pays de la Cedeao devant le Mali et derrière le Ghana et la Côte d’Ivoire. Ce qui est à noter ici, c’est que le Sénégal est passé devant son voisin le Mali et a enregistré une très bonne performance globalement. Le Sénégal reste maintenant largement au-dessus de la moyenne des pays africain au sud du Sahara, même si la tendance globale de la performance dans la région est haussière (score moyen 49,51/100 en Db 2017 et 50,43 en Db 2018).

Généralement, les pays d’Afrique au sud du Sahara présentent des performances notables et progressives quand on regarde le critère relatif au lancement des affaires (score moyen 75,33/100 en DB 2017 et 76,82 en Db 2018, une progression de l’Afrique au sud du Sahara de 1.49 points en 1 an). La Côte d’Ivoire (91,38/100 en Db 2017 et 91,72 en Db 2018) et le Sénégal (86,07/100 en Db 2017 et 89,70 en Db 2018) viennent largement en tête sur les conditions favorables de création et de lancement des affaires pour les petites et moyennes entreprises domestiques. Le Sénégal a mis le paquet pour faire un saut très significatif vers la frontière optimale de 3,63 points, pour réduire son écart avec la Côte d’Ivoire qui est tête de file.

Pour les facilités de construction et démarches de permis de construire, l’Afrique au sud du Sahara a connu une baisse de performance comparativement à Db 2017, passant d’un score moyen de 57,75/100 à 56,91/100 en Db 2018. Le Sénégal a perdu sa deuxième place en Afrique au Sud du Sahara en Db 2018 (61,47/100 en Db 2017 derrière le Ghana uniquement) pour passer troisième en Db 2018 derrière le Ghana et le Cameroun, enregistrant du même coup une baisse de performance (59,11/100 avec une perte énorme de 2,36 points). Ce recul devrait bien être étudié par le gouvernement pour en trouver les causes et procéder aux réparations. Un critère dans lequel le pays avait connu un bond positif les dernières années et qui enregistre une baisse importante soudaine doit attirer plus que l’attention des autorités.

Par rapport à l’accès à l’électricité des petites et moyennes entreprises domestiques, c’est une des grandes faiblesses de notre région. L’Afrique au sud du Sahara présente une moyenne de qui stagne à 45,62/100 en Db 2017 et 45,91/100 en Db 2018. Cependant, le Sénégal qui était sous la moyenne dans ce domaine avec 44,51/100 en Db 2017, derrière même la Guinée, le Mali, le Togo et la Côte d’Ivoire, vient d’enregistrer une performance exceptionnelle pour se retrouver à la première place devant tous les pays de l’Afrique au sud du Sahara. Les reformes et mesures prises par le gouvernement dans le secteur de l’Énergie commencent à donner leurs fruits. Il y eu de grands changements dans la gouvernance de la Senelec et dans les volumes d’investissements pour l’augmentation de la capacité de production et la maintenance des centrales. A cela s’ajoute la réduction drastique du coût de l’électricité en 2017. Le Sénégal saute de 44,51/100 à 60,76/100, ce qui représente un gain de 16,25 points en seulement une année. Bravo !!!

Pour l’enregistrement de la propriété, l’Afrique au sud du Sahara présente des performances faiblement stables par rapport à 2017 passant d’une moyenne de 51,12/100 à un score de 51,71/100. Le droit de propriété est une dimension essentielle dans toutes les affaires pour assurer le développement de la propriété intellectuelle et l’innovation dans les activités économiques qui impactent positivement les plans d’affaire des Pme. Le Sénégal qui était sous la moyenne avec 49,6/100 en Db 2017, derrière la Guinée, le Mali et la Côte d’Ivoire a aussi enregistré un bond de performance très important en Db 2018, passant à 55,41/100 avec un gain de 5,81 points. Des efforts énormes ont été faits dans ce domaine, mais le cap doit être maintenu par le gouvernement dans la facilitation de l’enregistrement de la propriété et de la propriété intellectuelle en général pour développer l’innovation dans les affaires.

Une des plus grandes béquilles dans l’environnement des affaires pour les Pme, c’est l’accès au crédit. A part le Ghana (65/100), les pays de l’Afrique au sud du Sahara sont très en rade, avec une moyenne 40,73/100 en DB 2018. Il faut cependant noter que la région a fait un bond qualitatif important par rapport à DB 2017 (37,5/100) avec un gain de performance de 3,23 points. Tous les pays de l’Uemoa sont encore au-dessous (avec le même score 30/100 en Db 2018) de cette moyenne qui est du reste très faible. A quoi servent la Bceao et le franc CFA si cette institution ne peut pas aider les gouvernements à mettre en place des politiques, reformes et surtout des moyens pour faciliter l’accès au crédit aux Pme dans notre union monétaire ? L’accès au crédit est une condition nécessaire pour le développement des affaires et le développement tout court, et doit être assuré pour garantir que les Pme se développent sur des routes qui assurent de meilleures conditions de notre émergence économique.

En guise de conclusion sur les performances du Sénégal dans le Db 2018, il faut se féliciter des performances notoires du pays en Doing Business et tirer le chapeau au Gouvernement pour les reformes et mesures importantes prises en 2017 pour assurer cette place honorable dans la région. Cependant, il y a encore beaucoup d’analyses qui peuvent découler du rapport Db 2018 (http://www.doingbusiness.org/~/media/WBG/Doing Business/Documents/Profiles/Country/SEN.pdf) qui est une mine d’information intarissable qui peut contribuer à alimenter les processus de prise de décisions sur les politiques économiques dans notre pays et la région Afrique.

Ce rapport doit être utilisé avec beaucoup de sérieux par nos décideurs. Pour en tirer profit, il faudrait faire dépasser le contenu simplement en termes d’information, mais le transformer en connaissances actionnables à partir de plateformes d’échanges et d’apprentissage efficaces pour déboucher sur des plans d’action tangibles et réalisables. Beaucoup de rapports pertinents sont produits par les institutions de développement et même par les gouvernements, mais restent généralement dans les tiroirs ou meublent les bibliothèques « d’arrière-plan de salon » de pseudo-intellectuels. On doit apprendre à les discuter, les utiliser, les opérationnaliser pour assurer un meilleur processus de prise de décision en présence de risques pour renforcer nos capacités d’atteindre les objectifs de développement.

Le rapport Db n’est quand même pas une bible et présente des limites certaines qui pourraient être comblées lors de ces séances d’apprentissage et de partage que je suggère. Il y a des aspects très importants que le Db ne prend pas en compte. Les indicateurs Db ne prennent pas en compte la stabilité macro-économique qui est quand même une dimension importante pour le développement des affaires. Notre pays enregistre une série de croissance économique annuelle importante qui tend vers 7% en 2018, ce qui est à considérer. Cependant, la maitrise de la dette publique est essentielle pour que cette croissance soit durable. Le développement du système financier n’est pas aussi pris en compte par le Db alors que c’est une de nos grandes faiblesses de la zone Uemoa due à l’inactivitivisme actif de la Bceao.

Le Db n’a pas pris en compte la qualité de la force de travail qui est essentiel pour une main-d’œuvre qualifiée et des Pme performantes. Le Db ne prend pas en compte les facteurs liés à la corruption qui font encore beaucoup de dégâts chez nous. Aussi, et plus important, le Db ne prend pas en compte la taille des marchés qui est une dimension essentielle pour le développement des affaires. Le manque de sécurité n’est pas aussi pris en compte, ce qui regrettable surtout dans le contexte de l’immigration clandestine et de terrorisme rampant.

Une autre limite très importante du Db, surtout pour le Sénégal qui mise sur le développement de l’agrobusiness considéré comme un pilier central du Plan Sénégal émergent (Pse), est que les indicateurs sont mesurés uniquement avec des Pme situés dans les grandes villes. Tout le monde sait qu’il y a une dynamique importante des Pme en zones rurales et au niveau des villes secondaires dans les chaines de valeurs agricoles qui ont été exclues des échantillons.

Bref, le Db est un rapport exceptionnellement riche qui présente beaucoup d’avantages s’il est très bien utilisé par nos décideurs à travers des processus d’apprentissage et de partage efficaces qui discutent en détails de ses implications en matière de politiques de développement mais aussi de ses limites.

Par Dr. Abdourahmane BA
Ingénieur Statisticien
Docteur en Management
Expert en Evaluation des politiques de
développement
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Terre sainte au Sénégal Métropole des mourides Terre sacrée sans égale Mérite d’être évoquée.

Je rêve visiter Ta maison d’ALLAH
Je rêve me trouver à l’ombre de tes arbres
Dans tes larges rues
Dans tes belles maisons.

Si tu pouvais parler de ce dont tu es témoin ! De ce que tu sais de tes illustres ensevelis !
Si tu pouvais voir tout ce monde qui t’admire ! De jour comme de nuit et qui toujours t’adore !

Lieu de rencontre annuel de tous les Mourides
Lieu de prières qu’est ta grande Mosquée
Qui abrite le Mausolée du Vénérable CHEIKH Qui a, toute sa vie, adoré l’ETERNEL.

Je sens toujours les prières de BAMBA Cerner partout l’enceinte de TOUBA
Je sens également les prières de BAMBA S’élever bien sur très haut d’ici bas.

Je vois Satan s’enfuir là-bas
Pour s’éloigner de la demeure d’ALLAH Je le vois galoper loin de TOUBA
Pour s’écarter de la miséricorde d’ALLAH.

OH ! Monde musulman accourez Accourez profitez des bénédictions D’Ahmadou BAMBA qui par sa dévotion A obtenu des dons de l’ETERNEL.

Par EL- Hadji Ngouye GUEYE
Brigadier Chef en retraite, Communicateur Traditionnel HLM Bongré Kaolack Villa N°88
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L’économie sénégalaise va subir de grands bouleversements dans moins d’une décennie, avec les découvertes de pétrole et de gaz. De multiples opportunités vont se présenter dans l’offre de formation, et des métiers jusqu’ici inconnus chez nous, vont apparaitre et sous plusieurs occurrences. Il existe plus de 500 métiers liés au pétrole et au gaz et à leurs produits dérivés. En conséquence, de nouvelles filières de formation vont naître pour accompagner tous ces métiers dédiés. Naturellement, nous ne devons pas accepter l’exportation de la totalité de notre production de pétrole et de gaz. Le Sénégal doit saisir les multiples possibilités de création de valeur, par l’investissement dans des unités industrielles à forte valeur ajoutée. C’est la raison pour laquelle, dans une optique prospective, notre pays doit s’atteler à organiser les assises d’une économie nouvelle. Ces dites assises devront permettre de réfléchir sur les offres de formation et de recherche à mettre en place et les nouveaux métiers à prévoir. C’est dire que le secteur privé national doit-être à l’avant-garde de ces réflexions. Nous devons nous mettre en incubation, pour réfléchir sur les jalons à poser et qui seront les piliers d’une économie nouvelle et d’un nouveau départ.

La formation et la recherche.
L’incubation dont il s’agit, concerne particulièrement la formation et la recherche. Les acteurs du secteur : les universitaires du public, comme du privé, les responsables des business schools, les ministères concernés et le patronat, doivent se retrouver pour réfléchir sur les curricula à mettre en place. Nous ne devons pas attendre que les premiers barils se présentent, pour nous demander ce qu’il faut en faire ; c’est maintenant qu’il faut repenser notre système de formation technique et professionnelle. Le réaménagement des curricula, pour les réadapter s’impose. La faculté des sciences, l’Ecole supérieure polytechnique, l’école polytechnique de Thiès, les ISEPs, les lycées techniques sont tous concernés. Ces institutions scolaires et universitaires doivent se mettre à niveau face à un nouveau paradigme, qui risque de bouleverser tant de certitudes. Les filières dans le secteur du pétrole et du gaz sont nombreuses, elles vont au-delà de l’enseignement technique. Les sciences juridiques, les sciences de gestion et les sciences économiques sont concernées.

Aujourd’hui, les cohortes de bacheliers doivent être orientées, pour la plupart dans les nouvelles filières à mettre en place et qui touchent le secteur pétrolier et gazier. Il est vrai que l’Etat projette de créer un institut de formation aux métiers liés au pétrole et au gaz, et que des business schools proposent déjà des filières de formation liés au pétrole. Cependant, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. La formation et la recherche dans ce secteur, demandent de gros investissements. La création d’une multitude de laboratoires de chimie et/ou de pétrochimie, doit être une des priorités.

La gestion du stockage des produits pétroliers et gaziers est un domaine très sensible, comme du reste la logistique liée à ce secteur. C’est dire qu’il faut nécessairement organiser des réflexions inclusives et au niveau national, pour anticiper sur les décisions à prendre. Quand on parle de pétrole et de gaz, on ne peut pas occulter les questions liées à l’environnement. L’exploitation du pétrole et du gaz, peut impacter sur les environnements off-shore et on-shore. Le Sénégal est un pays de pêche et les découvertes de pétrole et de gaz se situent effectivement dans les zones où la principale activité des populations est justement la pêche. Les pouvoirs publics doivent tout faire pour préserver nos ressources halieutiques et veiller sur l’intégrité de notre environnement. C’est à ce prix que l’expression développement durable trouvera tout son sens. Lorsque les questions environnementales sont abordées, l’on ne peut ignorer l’aménagement du territoire autrement dit : « l’action et la pratique de disposer avec ordre, à travers l’espace d’un pays et dans une vision prospective, les hommes et leurs activités, les équipements et les moyens de communication qu’ils peuvent utiliser, en prenant en compte les contraintes naturelles, humaines et économiques, voire stratégiques ».

Dans le cadre du PSE (Plan Sénégal Emergent), il est prévu la création de pôles économiques, à l’image de celui de Diamniadio. Un pôle économique est défini comme un groupement d’acteurs (collectivités locales, entreprises, acteurs de la recherche /formation), ancrés sur un territoire qui visent à développer ensemble des projets économiques innovants, par une stratégie de coopération et de mutualisation. Un pôle économique se rapproche d’ailleurs d’un CLUSTER qui est la concentration géographique d’entreprises interdépendantes, qui fournissent des biens et services dans des domaines d’activités proches ; les firmes, livrant le produit final, coopèrent avec les universités, et leurs concurrentes.

Les pôles économiques sont des instruments de création de richesses dans un territoire déterminé et délimité et permettent de fixer les populations dans leurs terroirs, par la création d’emplois ou d’activités génératrices de revenus. L’acte 3 de la décentralisation a certainement pris en compte l’importance des pôles territoires.

Les métiers liés au pétrole et au gaz.
L’incubation doit mener vers l’éclosion d’idées nouvelles, qui permettront d’asseoir les prémisses d’une nouvelle économie.
L’espoir est permis, à condition de savoir saisir les opportunités qui se présentent, au lieu de les laisser nous passer sous le nez et de nous échapper.
En effet, plus de cinq cents (500) métiers liés au pétrole et/ou à ses produits dérivés sont recensés.

Rappelons quelques produits dérivés du pétrole, que nous utilisons quotidiennement, sans nous poser des questions sur leurs origines. La pétrochimie a permis de produire par exemple, du nylon, du polyester, des détergents, du caoutchouc, des adhésifs, des matières plastiques, des solvants, des cosmétiques, etc.

Il est par ailleurs démontré que 59% du pétrole mondial est consommé par le secteur des transports (fret routier, véhicules, navires, avions).
Les GPL ou Gaz de Pétrole Liquéfié (butane, propane), issus du raffinage du pétrole ou du traitement du gaz naturel, sont utilisés en bouteille pour la cuisson des aliments ou le chauffage domestique. Le secteur de la construction routière utilise 90% de la production mondiale de bitume, produit issu des pétroles lourds. Dans le secteur de l’agriculture et de la pêche, de nombreux engrais et pesticides proviennent des transformations pétrochimiques. Le rouge à lèvres, le chewing-gum et certaines assiettes et vaisselles sont des produits dérivés du pétrole.
Aujourd’hui, plus de 6.000 produits sont fabriqués entièrement ou en partie, à partir du pétrole. Ce rappel des possibilités qu’on peut tirer du pétrole et du gaz est nécessaire, pour montrer toutes les opportunités qui se présenteront aux investisseurs.

Puisqu’il est question ici d’activités nouvelles, il serait souhaitable, que des missions de BENCHMARKING soient effectuées à travers le monde. Le benchmarking est une technique de marketing ou de gestion de la qualité, qui consiste à étudier et analyser les techniques de gestion, les modes d’organisation d’autres entités (entreprise, organisme, Etat, etc.), afin de s’en inspirer et d’en tirer le meilleur profit.

Ceci étant dit, le secteur privé national doit prendre ses responsabilités. Les hommes d’entreprises sénégalais ne peuvent certainement pas investir dans l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz, compte tenu de la limitation de leurs capacités financières. Néanmoins, des opportunités inestimables se présentent avec les produits dérivés du pétrole. Il est possible d’investir dans des unités industrielles légères créatrices de valeurs ajoutées et d’emplois, pour la production de différents produits destinés à la consommation locale d’une part et à l’exportation, d’autre part.
Le Sénégal sera une destination attractive pour les IDEs (Investissements Directs Etrangers), mais par la même occasion, les investisseurs nationaux devront rechercher des partenariats en joint-ventures et profiter de futurs transferts de technologie. Cependant, il faut un accompagnement des institutions financières comme la BNDE (Banque de Développement Economique) et le FONGIP (Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires). D’ailleurs, les pouvoirs publics doivent réfléchir sur la transformation du FONGIP en Banque de Financement des PMEs, pour plus d’efficacité.

Si le Sénégal parvient à gérer avec intelligence, efficacité et efficience cette manne de pétrole et de gaz, le PIB pourrait atteindre les deux chiffres à l’horizon 2025.
L’installation d’unités industrielles adaptées, avec la maîtrise des chaînes de valeur de ces nouvelles industries, aideront certainement à résorber le chômage endémique, que nous connaissons présentement et nous permettra d’utiliser la force et l’intelligence de notre jeunesse.

Au demeurant, l’économie ne peut prospérer que dans un contexte socio-économique apaisé. C’est la raison pour laquelle, comme nous l’avons toujours souhaité, il faut dialoguer pour trouver un consensus. Si nous parvenons à créer les conditions d’un climat politique et social serein, l’émergence dont le deadline est fixé à 2035, pourrait être une réalité en 2030, soit avec cinq (05) ans d’avance, c’est possible.

Comme nous le voyons, les perspectives sont prometteuses. Il y a vraiment de l’espoir.

Antisèche, pour mémoire.
Du pétrole et du gaz ont été découverts en quantités suffisantes, qui permettront à notre pays d’être éligible dans le club des pays producteurs de pétrole, tel que l’OPEP.
Nous devons faire preuve d’anticipation dans la gestion et l’exploitation de ces richesses.

Cependant, nous devons organiser des réflexions, des assises, sous forme d’incubation. Les idées qui jailliront de ces réflexions, nous permettront de savoir comment réorienter notre système d’enseignement technique, disons notre système d’enseignement tout court, compte tenu des opportunités qui vont se présenter.

Notre économie sera boostée, c’est certain, par la création de richesses issues des chaînes de valeurs, des nouvelles industries à mettre en place.
Tout ceci, doit nous permettre d’envisager le futur avec sérénité et espérance, compte tenu des perspectives qui se profilent à l’horizon.

Par Serigne Ousmane BEYE
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Le Magal de Safar nous invite à Touba

A ce grand rendez-vous des disciplines de Bamba Pour commémorer le jour venu le départ de Bamba De son lieu d’habitation : la terre de touba.

Des centaines de milliers s’empressent à s’en aller Se recueillir au mausolée de celui qui était allé Dans divers pays d’Afrique, parce qu’ayant aimé
Travailler pour l’Afrique et pour son pays bien aimé.

On se retrouve à Touba le cœur rempli de joie D’avoir avec l’aide de Dieu a communié dans la joie L’anniversaire du jour ou Bamba recevait d’Allah Tout ce qu’il lui demandait au nom de Rassouloulah.

De partout on entend les poèmes de Bamba Chantés par des talibés et pensant à Bamba, Parce que souvenant de sa dévotion totale
Et de son refus catégorique aux injonctions totales.

C’et une journée de prières, une journée de recueillement
Partout à touba et a tout moment
Et le soleil dans sa course s’avancer vers le soir
Alors que des fidèles commençaient a s’assoir.

L’enceinte de touba pour la circonstance
S’était trouvée petite parce que sa contenance
Qui ne lui est pas coutumière s’était trouvé dense
En ce jour de dévotion ou chacun a Dieu pense.

A l’horizon la nuit tombe et aussi à Touba,
Les talibés chantent les poèmes de Cheikh Touba
Qu’il a dédié entièrement au prophète d’Allah
Pour que le ciel nous accorde la miséricorde d’Allah.

La mosquée gigantesque qui abrite le mausolée
Du vénérable Cheikh qui a renouvelé
Sa confiance et ses prières au Seigneur des mondes
S’impose à Touba admirée par le tout le monde.

Partout à Touba au fief des « BAYE-FALL » L’enthousiasme règne sans visages pales
Ce qui dénote simplement l’union générale,
De tout les adeptes au tour du khalife Général.

A l’horizon le jour parait et met fin à l’événement Et tout le monde s’en allant souhaite ardemment Que la bénédiction, avec lui toujours demeure
Pour que Satan et mauvais sort, s’écarte de sa demeure.

Par EL- Hadji Ngouye GUEYE
Brigadier Chef en retraite Communicateur Traditionnel HLM Bongré Kaolack Villa N°88
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