Idées et Réflexions (1022)

Crinières au vent
Bustes en avant
Crocs aiguisés
Regards de feu
Les lions rugissent
Prêts à dévorer leur proie
Prêts à vaincre
Prêts à frapper
Souffle ardent
Tisons vivants des conquêtes nouvelles
Vous, les Lions de la Téranga
Dignes héritiers des gloires d’hier
Insondables comme l’infini
N’êtes-vous les héritiers altiers
Des sacrifiées de Nder
De Dekheulé l’immortel
De Maba Diakhou, le turban du refus
D’Aline Sitoé, la Lionne verte
Vous êtes les cavaliers pétaradants
Défiant les gazons souples
De la Russie résistante
Effritez-vous Lions aux Crinières dorées
Effritez-vous dans toutes ses surfaces de vérité
Effritez-vous et faites parler la foudre
Echappée des salives de feu
Les salves salutaires qui ont pour noms
Sadio Mané le magnifique
Diao Baldé la flèche matinale
Ismaïla Sarr la tornade solitaire
Kara Mbdji au nom symbolique
Coulibaly la muraille infranchissable
Vous avez pour noms !
Khadim au nom prédestiné
Le Lion volant aux ailles tricolores
« Le gardien du temple »
Bâtissez les nouvelles mailles séduisantes
Du Sénégal des Elans féconds
Effritez-vous,-vous soldats tricolores aux souffles inépuisables
Conduisant l’épopée équestre
Aux galops effrénés
Piétinant les gazons du réel
Déployez-vous à travers toutes les zones de vérité
Sans aucun interdit
Toujours à l’écoute des messages du Sénégal
Le Sénégal des Elans telluriques
Le Sénégal des missions impérissables
Le Sénégal des victoires enchantées
Vous avez les prières de nos Imams
Aux refrains sans fin
Vous avez les messages nocturnes de nos génies invisibles aux phalanges d’airain
Recevez les chansons lascives de nos femmes radieuses
A l’écoute des nouvelles victoires
Effritez-vous Lions de la Téranga
Sources de vie et de lumière
Porteurs d’espoirs et d’idéal
Témoins des gloires d’hier et d’aujourd’hui
Incrustées dans la carapace des tortues
Et dans l’asphalte du souvenir      
A vous les lions de tous les temps
Du Cayor du refus,
Du Fouta la pieuse,
De la Casamance la fière
De Ndakarou la vertueuse,
De Saint-Louis la ravissante
Du Sine-Saloum aux belles blessures
Du Djoloff aux mythes légendaires
A vous Lions aux crocs acérés
Dompteurs de la brousse
Vous Lions de la Téranga
Vous êtes les souffles virils des tam-tams perforés
Domptez le ballon rond au souple cuir
Faites le circuler
Faites le pleurez
Faites le hurler
Donnez-lui la force de l’ouragan matinal
Perforez les défenses hermétiques
Faites trembler les filets adverses
A toi Alioune Cissé au nom prédestiné
Toi le vieux lion
Faites nous revivre l’épopée de 2002
Réunis l’esprit de finesse à l’esprit de géométrie
Et transmets cette force fugace et imprévisible à ton équipe
Transmets-lui
La flamme ardente et la fougue surréelle de 2002
Pour que vive le Sénégal des libertés arrachées
A vous les Lions de la Téranga
Ecoutez le serment salutaire de nos héros
Du Sénégal des profondeurs et des gloires flamboyantes
Ecoutez les tambours de guerre de nos spadassins
De nos hérons d’hier
Ecoutez les voix qui galvanisent
Qui appellent aux naissantes victoires
La voix du Maitre Laye Diaw aux sons polyphoniques
Le timbre mélodieux de Magib Sène à la voix envoutante
La voix salvatrice de Malal l’hériter
La voix suave de Tassirou Diallo
La voix de Sorong de Pape Faye, le roi des planches
La voix séduisante du sage Hadj Mansour
La voix souveraine de bécaye Mbaye
La voix scientifique de El Hadji Assane Guèye
Les voix lyriques de Mame Fatou Ndoye et de Soda Thiam
Ecoutez toutes ces voix unies dans leur commune volonté de vie et d’espoir
Dans l’allégresse des nuits estropiées
A vous griots du Sénégal
Vous qui détenez les secrets d’hier et le langage des louages d’or
Faites geindre les khalam fétiches et les solos frénétiques des balafons
Les Dioung-Dioung de guerre et tabalas sacrés aux sons rédempteurs
Ecoutez ces voix qui vous accompagnent dans l’accalmie de nos rêves
Ces voix de Youssou Ndour, l’étoile africaine aux sonorités plurielles
De Baaba Maal, le rossignol du Fouta
D’Oumar Pène, l’intellectuel du Mbalakh
De Thione Seck, le poète majeur
Au retour de cette campagne victorieuse
Vous serez accueillis par la fanfare militaire aux atours resplendissants
Vous serez accueillis par nos radieuses femmes
Ces gazelles félines à la taille de sorgho
Aux paumes des mains gracieuses
Porteuses du lait de la chamelle féconde
Vous serez accueillis par cette jeunesse ardente et enchantée
Mais vous serez surtout accueillis à l’Aéroport Internationale Blaise Diagne
Aux attributs triomphateurs
En direction de « Keur Gou Mack »
Où vous serez accueillis par le maître des lieux
Le gardien de la Constitution, Son Excellence le Président Macky Sall.
Il vous remettra les suprêmes distinctions de la République
Devant toute la nation
Car vous êtes devenus les souffles inépuisables de nos « khinn » sacrés
Vous êtes devenus les veloutes sublimes des foudres coléreuses
Qui résistent à la pluie, au feu et au vent
Désormais, vous serez les symboles vivants de nos rêves
Gravés dans les nuits de volcan
Permettez-nous de fixer à travers les paliers des âges
Les sillons de mers océanes et des cumulus aux cieux constellés
Les nouvelles épopées pour enflammer les foules en délire du peuple sénégalais
Gravées au sommet de nos falaises grâce à vos jambes bénies
Les hautes citadelles de la dignité
Du patriotisme et de la terre première
Avec vos syllabes dorées et vos mains de salpêtre
Ecrivez le plus beau poème de notre nation.

Par
Alioune Badara BEYE

Ecrivain

Un certain nombre d’obstacles continuent d’obstruer le chemin de la construction de l’hôpital de Touba. Nous travaillons, en effet, à doter la ville religieuse d’une structure de santé de 300 lits avec toutes les spécialités médico-chirurgicales. Nous voulons qu’elle soit de qualité, qu’elle dure longtemps et qu’elle vienne renforcer l’offre de soins dans la désormais seconde ville du pays. Une telle structure jouera le rôle de référence pour bien de centres de santé de la zone. La nécessité d’avoir un hôpital d’une telle envergure à Touba ne se discute pas. La carte sanitaire du Sénégal le mentionne bien.

A l’image d’autres départements ministériels, nous avons une carte sanitaire comme d’autres ont une carte judiciaire, une carte variétale agricole, une carte minière… La carte sanitaire de notre pays, discutée tant lors des Comités régionaux de développement qu’au niveau des instances ministérielles, reste notre base de travail. Elle indique, pour les prochaines années, ce dont on aura besoin pour assurer une bonne santé aux Sénégalais avec les normes et les besoins prévisionnels. C’est un puissant instrument de planification. Touba, comme toutes les contrées de notre pays, a été examiné et bien documentée lors du présent exercice. On propose ce qui serait le plus adéquat pour la ville religieuse et son agglomération d’ici les prochaines années. Il y est nettement mentionné qu’un hôpital de grande capacité est nécessaire. A ceux qui nous gouvernent de travailler à accomplir ce besoin dans les meilleurs délais.

A l’instar des nouvelles régions (Sédhiou, Kaffrine et Kédougou) qui ont besoin d’hôpital régional, le gouvernement a décidé de faire un paquet avec 4 hôpitaux, Touba avec 300 lits et chacun des régions 150 lits. Il s’agit d’un investissement substantiel qui rentre dans le cadre du volet sanitaire du Pse que pilote le ministère de la Santé et de l’Action sociale. Le nom de la structure sera « hôpital Xadimou Rassoul de Touba ». Le nom de Mame Diarra Bousso, la maman du Cheikh, avait été évoqué avec d’autres. Hxrt sonne bien et le mérite est indéniable. L’hôpital sera situé dans la zone d’extension de la ville où certains services publics sont prévus ainsi que la possibilité de construire des logements/coopératives pour les travailleurs, etc.

Déjà, lors des préparatifs du projet, des difficultés sont apparues, résultant essentiellement de la guéguerre entre les soumissionnaires. Le journal Direct Info du 21 février 2016 publie en première page une fausse information sur le marché total de 97 milliards de FCfa que la Direction centrale des marchés publics (Dcmp) aurait recalé. L’article accuse, à tort, notre Directrice de la Diem de préférence et fait de l’amalgame dans la compréhension des commentaires de la Dcmp. Le marché est finalement attribué à la compagnie française Ellipse. Les techniciens du ministère de la Santé se sont réjouis de cette avancée pour le département en raison du fait que c’était là, depuis bien longtemps, le plus gros investissement dans notre secteur, en dehors de la capitale et dans les zones reculées.

Puis, en démarrage d’exécution, le peu qui était fait a été arrêté. Nous avons commencé à nous inquiéter. Nous gardons un très mauvais souvenir de la construction de l’hôpital « Dalal Jaam » qui, depuis plus de 15 ans, n’est pas encore fini… Le 17 mai 2018, le journal L’Observateur publie une note du gérant de la Scpi qui est supposée travailler avec la compagnie Ellipse pour réaliser l’hôpital Xadimou Rassoul de Touba. Face aux mésententes, le gérant signale à l’opinion publique qu’une « phase contentieuse est ouverte ». Or, qui parle d’une affaire entre les mains de la justice, parle de quelque chose dont la résolution pourrait varier et durer. Sans compter les possibilités d’appel sur jugement.
Les chefs religieux sont appelés à la rescousse. L’enjeu dépasse les intérêts financiers. Il s’agit de la santé des populations quelles que soient la position sociale et l’obédience religieuse. Les militants Apr sont montés au créneau et Dakaractu du 25 février 2018 rapporte les propos des jeunes avec les termes suivants : « Nous n'avons pas le droit, en tant que bénéficiaires et habitants de cette localité, de saboter l'édification de ce joyau. Étant donné que le président de la République a fait ce qu'il avait à faire, que les gens en charge du dossier dans cette ville se grouillent pour permettre à l'hôpital d'être opérationnel dans les délais ! »

Voilà donc une occasion de travailler à arrêter les combines et autres appropriations pour faire valoir l’intérêt des populations. Touba est connue comme ville particulière dont le summum porte la foi en aiguillon. Mais, c’est aussi la possibilité de favoritisme pas toujours compréhensible. Et les écrits du Cheikh ainsi que ses comportements épousent tout le temps ce qui est mieux pour les fidèles et les populations. Tout notre pays en est conscient et fier. Donc, bon sang, il faut réagir. Lorsque vous nous aurez aidés à surmonter cette phase, le centre ouest du pays sera doté d’un hôpital de référence internationale. Le secteur de la santé est conscient du choix possible pour le patient de dire que je préfère me soigner à Touba, à côté de mes chefs religieux, là où ma foi est la plus opératoire. Nous aurions alors joué sur un environnement propice à une guérison souhaitée, si on peut dire. Mais, c’est surtout l’immense boulevard de prévention possible des maladies que nous aurons. Les professionnels de la santé savent tirer sur le potentiel des personnes habitant un environnement religieux propice…

Par
Dr Fadel KANE

Conseiller technique
ministère de la Santé
et de l’Action sociale

 

On connaît Pap (Alioune) Badiane à travers ses fonctions d’enseignant en art visuel, de directeur des Arts et de critique d’art. Mais, on le connaît moins en tant qu’artiste. Pourtant, c’est un artiste incontestable. Major de la promotion de 1973-1978 de l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris, Pap Badiane rentre au Sénégal en 1979. Il commence à enseigner la couleur à l’École nationale des Beaux-arts de Dakar. Léopold Sédar Senghor avait réformé la formation artistique à travers l’École nationale des Beaux-arts et l’École normale supérieure d’éducation artistique ; deux établissements créés en 1979 et qui étaient sous une même direction. Claude Chaigneau, le directeur, devait partir. C’est là que Pap Badiane a été propulsé à la direction en 1981. En 1986, il sera affecté aux Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès pour un autre challenge. Il s’est impliqué dans différents projets comme les Grands prix du président de la République pour les Arts, la Biennale de Dakar, le Mobilier national, le Commissariat aux expositions d’art à l’étranger... C’était le début d’une carrière administrative difficile à interrompre. Mais, pendant tout ce temps, il n’a jamais arrêté de créer. Guettant la fin de la carrière administrative, survenue en 2008, il envisage non seulement de reprendre et d’amplifier la création, mais aussi d’approfondir la réflexion.

La première exposition individuelle de l’artiste plasticien Pap Badiane a eu lieu du 15 mars au 15 avril 2018 au musée Théodore Monod d’art africain. Il nous revient, dans le cadre de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, pour exposer une partie des œuvres de cette collection au Monument de la renaissance africaine du 03 mai au 02 juin 2018. Intitulées « Expressions plurielles et identité », ces deux expositions ont regroupé ses travaux de recherche à l’École nationale des Beaux-arts de Paris et des créations récentes sur la peinture, la tapisserie et le « rabal » ou pagne tissé.

Pap Badiane a toujours fait des maquettes avant de commencer un tableau, mais il va au-delà de la maquette, même si cette dernière peut se suffire pratiquement à elle-même comme œuvre d’art. Après la maquette, il réalise ensuite l’œuvre en peinture avant de passer au « rabal » et à la tapisserie. Une pratique novatrice et audacieuse. De la maquette, naissent ainsi successivement trois autres créations. Aujourd’hui, nos jeunes artistes ne font plus de croquis ou de maquettes. Or, ce travail préparatoire de recherche est très important et permet à l’artiste d’entrer réellement dans le traitement du sujet et ses différentes facettes. La réalisation d’une œuvre nécessite à l’artiste de passer par plusieurs étapes qui vont déterminer la qualité de l’œuvre finale. Et la maquette ou le croquis lui permet de dégager les grandes lignes de la future œuvre.

Pap Badiane est très inspiré par le pagne tissé dont l’origine remonte en Égypte, 3000 ans avant J.-C. C’est un héritage des pharaons. Après l’Égypte, la culture du pagne tissé a été adoptée par les rois d’Afrique noire. Aujourd’hui, il est intégré dans nos habitudes vestimentaires et suscite chez des stylistes et plasticiens un grand engouement. Toutefois, au-delà de sa fonction principale d’habillement, le pagne tissé a un rôle socioculturel important dans les sociétés africaines. Au Sénégal, par exemple, il accompagne la personne durant toutes les étapes clé de sa vie : de la naissance à la mort en passant par le baptême, la circoncision, le mariage. À sa naissance, le nouveau-né est enveloppé dans un pagne tissé qui sera sa première couverture et qui servira à la mère pour le porter sur son dos. Il est ainsi protégé contre les mauvais esprits. La nouvelle mariée est conduite au domicile conjugal couverte d'un pagne tissé. Un rituel qui permettra, selon nos croyances, de donner au nouveau ménage toutes les chances de réussite. Le mort est recouvert du pagne tissé avant l’enterrement.  

Au-delà de cette fonction d’habillement et de couverture, Pap Badiane veut attirer l’attention sur le volet esthétique qui n’est pas très bien perçu. On voit le travail du tisserand, le fonctionnement de son produit dans la société, on accepte même une forme d’élégance dans le port du pagne tissé, mais on ne va pas jusqu’au bout pour décrypter l’esthétique restituée par les couleurs, les formes, les traits, les lignes et croisements. Et c’est ce à quoi Pape Badiane a abouti. Il ne décrit pas, il met en exergue l’esthétique du pagne tissé que, peut-être, on ne voit pas dans l’immédiat, mais dont on sent l’existence parce que le caractère précieux vient de là. Quand un enfant vient au monde, c’est le pagne tissé qui le reçoit ; en cas de mariage, l’épouse est couverte par le pagne tissé ; au moment de l’initiation, le pagne tissé est toujours là et nous accompagne de la naissance à la mort. Pap Badiane a voulu apporter cette plus-value, ce regard de l’artiste d’art visuel pour montrer qu’en réalité, par-delà l’usage, par-delà le caractère fonctionnel et social, il y a toute une esthétique qui est derrière. Et faire maintenant la jonction avec ses signes, ses tableaux, voilà ce qui fait que sa démarche lui permet, à partir d’une maquette, de faire faire un « rabal ».

C’est par une volonté d’originalité et de créativité qu’il a rencontré l’esthétique du pagne tissé. En réalité, les pagnes tissés dans sa pratique artistique sont le résultat d’une longue recherche sur les signes. Il y retrouve une esthétique forte et en même temps cette préoccupation d’enracinement dans ses valeurs africaines. Ses créations relatent plusieurs formes d’expression. Mais, au-delà de cette démarche plurielle, on retrouve l’identité d’une seule personne avec différentes formes de pratiques artistiques. En traitant le même sujet sur plusieurs formats, Pap Badiane veut dépasser ce principe de s’en tenir à une œuvre originale. Une œuvre a plus de valeur lorsqu’elle peut générer d’autres œuvres. C’est cette fonction-là qu’il donne à la maquette. Mais, avec la peinture, il va au-delà de la maquette et représente des formes qu’il ne peut pas faire avec la maquette. Après la peinture, il passe au « rabal » qui, avec toute la richesse du pagne tissé, apporte autre chose.  

Le Baptême  

EN MAQUETTE

Dans cette œuvre intitulée « Le Baptême », il part d’abord d’une maquette où il représente un enfant, une maman et un marabout qui préside à la séance du baptême. L’œuvre est reproduite en peinture et en « rabal ». La peinture apporte autre chose de plus que ni la tapisserie ni le « rabal » ne peuvent montrer. Pap Badiane peint à l’acrylique qui lui permet d’augmenter la stabilité des couches.  Il peint aussi sur du bois marouflé avec du tissu. La maquette représente le destin du bébé avec des pas esquissés, mais la version peinture permet un autre traitement de ces pas. Et au niveau des figures, l’artiste a choisi la posture qui permet la meilleure lecture de la figure par rapport au sujet qu’il veut traiter. Par exemple, dans la maquette, on voit cette main du marabout, prête à être posée sur la tête de l’enfant pour réciter des prières et donner un prénom au bébé. La scène du baptême, les formes, les signes, les couleurs et les lignes en diagonales donnent à cette œuvre une expressivité exemplaire.  

Momie-Chrysalide, hommage
à Cheikh Anta Diop


EN MAQUETTE
                              
Le pagne tissé est un héritage culturel négro-pharaonique et il contribue fortement au développement de l’art contemporain africain. Dans « Momie-Chrysalide, hommage à Cheikh Anta Diop », les lignes, les traits et les motifs rappellent les hiéroglyphes et les pyramides égyptiennes. Le morceau de Chrysalide va à la rencontre du caractère plastique de l’héritage en question. Daouda Diarra, artiste plasticien et ancien directeur des Arts, analysant cette œuvre de Pap Badiane dans un article intitulé « Au commencement était le trait », écrit très justement : « Les lignes y sont des signes qui rappellent l’ordonnancement des hiéroglyphes. Des motifs décoratifs, caractéristiques de la très esthétique civilisation négro-égyptienne, y figurent par endroits. Ces mêmes lignes, ailleurs, tracent des pyramides. L’environnement coloré fait état de tons variés, certes contrastés, mais l’ensemble baigne dans une sorte d’auréole harmonieuse ».

L’artiste traite ainsi diversement son sujet à partir d’une maquette, en pagne tissé, en tapisserie des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs et en tableau de peinture. Les deux œuvres sont d’une densité picturale très forte et d’une grande plasticité. Les formes sont bien stylisées et raffinées avec une palette chromatique bien riche en tons et nuances.
Les variations graphiques et chromatiques sont très rythmiques. Les couleurs, les lignes, la lumière, les ombres, les pleins et les vides, tout est rythmique dans ce travail. C’est que, pour l’artiste, la création  consiste d’abord à composer des rythmes. C’est le rythme qui traduit la signification profonde de son œuvre.

Dans le travail de tapisserie, il y a quelque chose d’intéressant qui mérite d’être retenue : c’est qu’en donnant la maquette aux manufactures l’artiste a demandé à ce qu’un espace soit réservé et sur lequel il va apposer le « rabal ». C’est une première rencontre entre le « rabal » et la tapisserie. C’est très intéressant comme esprit de recherche.  C’est une démarche plurielle qui lui permet de visiter d’autres formes d’expression. On peut bien envisager un format encore plus grand sous forme de mosaïque sur un bâtiment ou sous forme de sculpture à partir de l’esquisse. Voilà l’esprit de la démarche de Pap Badiane : au-delà de la maquette qui est au-delà de l’esquisse, il est possible, sur le même sujet, d’aller vers d’autres horizons sans forcément dévaloriser le travail de l’artiste. La maquette d’une tapisserie a toujours sa valeur même lorsqu’elle est tissée ou peinte.  

L’artiste donne ainsi au « rabal » une grande importance dans ses créations. Après avoir fait l’esquisse et l’agrandissement, il réserve les espaces sur lesquels il doit mettre les morceaux de « rabal ». Il fait acheter ensuite sur le marché les pagnes susceptibles de répondre à son projet. Il fait appel à un styliste, lui montre la configuration de chaque espace, et c’est ce dernier de coudre après avoir élaboré les patrons correspondant aux espaces ainsi définis. Le styliste a d’abord un modèle, mais c’est l’artiste qui fait l’agrandissement. Il y a la maquette, il fait l’agrandissement sur les dimensions que devraient avoir le « rabal », un peu comme les tapisseries. Maintenant les grandes lignes de la maquette se retrouvent sur cet agrandissement et les subdivisions vont donner des morceaux de pagne tissé. Cette démarche artistique lui permet de montrer l’importance de ce que la maquette peut apporter. La maquette, c’est d’abord sa source d’inspiration, sa source de travail et donc, selon les idées, les opportunités, il peut aller très loin avec elle.

Avec les différentes expressions d’une même œuvre (maquette, tableau de peinture, tapisserie, « rabal », etc.), on peut penser que Pap Badiane fait de la surcharge. Mais, avec cette esthétique du pagne tissé, on ne peut pas en parler. Il y a une progression de la maquette à la tapisserie en passant par le « rabal » et le tableau de peinture. Il faut comprendre ainsi la pluralité de sa démarche artistique. Il sait bien composer et équilibrer, mais avec l’esthétique du « rabal », c’est une volonté obstinée de faire en sorte que son travail pictural et graphique rencontre le pagne tissé.

Le travail de Pap Badiane tire sur le cubisme synthétique, cette volonté de représenter l’objet à travers ses traits essentiels : synthétisation de la forme, de l’échelle, de la surface et de la couleur. Il maîtrise parfaitement la composition d’une œuvre d’art, c’est-à-dire la manière dont il faut subdiviser la surface de cette dernière. C’est cette subdivision qui lui permet de faire ses compositions, après avoir opté pour l’aplat. Il y a plusieurs manières de poser la couleur : sur une surface animée ou non. Mais, Pap Badiane, lui, préfère l’aplat animé avec la ligne droite, parce qu’il y a une résonnance harmonieuse entre l’aplat qui est une pose pratiquement silencieuse de la couleur sur la surface. Il y a également la ligne droite qu’il accomplit d’une autre position. De même, il y a une concomitance heureuse entre les deux formes de pose du trait et de la couleur. Il fait de l’aplat animé avec de la couleur sous forme de trait et les croisements vont aller vers le pagne tissé. En fait, c’est le résultat de sa démarche sur le plan graphique et sur celui de la couleur qui rejoint l’esthétique du pagne tissé qu’il voudrait mettre en exergue à travers son expression. Pap Badiane subdivise, il compose dans la composition, il anime. Et dans l’animation, il débouche sur l’esthétique du pagne tissé.
L’œuvre de Pap Badiane est, pour parler comme Senghor, comme ce choc qui nous ébranle dans le rythme du tam-tam cérémonial africain. Elle témoigne de la diversité et de la profondeur de son art et exprime la transfiguration plastique du spirituel, la puissance du signe et de la couleur.

Par
Pr Babacar Mbaye DIOP

Critique d’art

Après s’était emmêlé les… arabesques sur direction de la Makka, l’ancien Premier ministre Idrissa Seck refait surface par une lettre à son compatriote et par une sortie à l’occasion de la fête de la Korité. Avec comme toujours et invariablement des propos discourtois d’où suintent des sentiments incontrôlés de rancœur et de rancune envers le président de la République, Macky Sall, et sa famille. S’adressant aux Sénégalais, ceux-là dont l’écrasante majorité a élu le candidat Macky Sall en 2012, il a brandi un pistolet… épistolaire bourré de versets coraniques, de hadiths et de khassaïdes. Des références épicées de gros mots pour « blesser » surtout le chef de l’Etat, Macky Sall, celui-là qui lui a ravi son plus beau rêve : devenir 4ème président de la République.

Il faut insister et persister à dire que Monsieur Idrissa Seck souffre profondément d’un mal plus psychologique que politique. Une image l’obsède et le possède : Macky Sall est président de la République. Pour lui, il ne devait pas l’être. Surtout pas avant lui. Comme un Karim Wade qui essaie de laver à grandes eaux électoralistes après de tristes épisodes qu’il n’est point besoin de rappeler ici. Car si l’amnésie existe, elle doit bien habiter la conscience de l’ancien Premier ministre et de l’ancien ministre « du ciel et de la terre ».

Ces deux-là, au moins, les Sénégalais, après les avoir fréquentés et vus à l’œuvre, savent les relations névrotiques qu’ils ont avec l’argent. Pas hélas de l’argent toujours propre. Ils partagent le traumatisme de voir Macky Sall parvenu à la magistrature suprême et réussir un mandat plus vertueux que les désastreuses scènes de crêpages de chignons autour de milliards des contribuables qu’ils ont laissées aux Sénégalais.

Tous deux avaient pensé ou espéré que Macky Sall n’était qu’une bulle présidentielle promise à une imminente explosion. Que nenni ! Macky Sall, président de la République depuis 2012, marche vers un second mandat à partir de 2019. De quoi faire exploser psychologiquement les ressorts de leur ressentiment au sens nietzschéen du mot. « L’acrimonie de (leur) caractère fait le plus grand tort à (leur) esprit », pour dévaliser Louis-Sébastien Mercier.

Quand on entend Idrissa Seck presque tailler un manteau immaculé à Karim Wade, adoubé Me Wade qu’il a trainé dans la boue et les fanges immondes comme jamais ne l’a fait auparavant aucun des compagnons de l’ancien président de la République qui ont décidé, à un moment, de se frayer leur propre destin politique, on est entre l’envie de vomir et celle de se dilater la rate. Idrissa Seck apparaît, comme de l’ironie de l’histoire, comme un directeur de campagne de Karim Wade. C’est peut-être un rôle dans lequel il se plait et se complait le mieux.

En souterrain de ses discours, il arrive souvent au candidat à la présidentielle de débobiner, comme dans une posture phobique, certaines séquences du fameux film « Lui et Mo i» et de son cauchemardesque « Protocole de Rebeuss ». C’est toujours à Macky Sall qu’il revient. C’est plus fort que lui ! C’est une envie tenace de défoulement et de refoulement. Ça lui colle à la peau comme une sangsue. Comme une urticaire à gratter. On dirait une démangeaison dont il espère se guérir par grattages appuyés. Et plus ça saigne, plus ça lui donne un effet de soulagement.
On vous avait dit que le cas Idrissa Seck n’est pas politique. C’est un cas pour psyché. En dépit de la frénésie de ses productions verbales et écrites qu’il partage maintenant avec le virtuel candidat Karim Wade, il n’énonce et ne prononce qu’un seul discours. Toujours de la même gamme centrée sur la vaine destruction de l’image du président de la République, Macky Sall. Du même acabit. De la même teneur. De la même senteur nauséabonde. En vérité, il se parle. Il soliloque.

Il est dans ses délires traumatiques. Toujours dans l’habillage. A la surface. Pas le fond et le profond. La lecture de la vraie réalité n’est décidément pas la prière matinale de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck. Ce n’est pas son mantra. Sa martingale à lui, c’est l’exhibition et l’exhumation de son moi hypertrophié, surdimensionné.

RELATION TORTUREE ET… TORTUEUSE
Lorsque l’ancien Premier ministre Idrissa Seck se parle ou écrit pour s’entendre, il est tout entier à la soupe qu’il assaisonne le mieux : la rhétorique comme une catharsis mirobolante. Un exutoire qui exorcise ses frustrations de même que ses obsessions. Une relation tellement torturée, pour ne pas dire tortueuse avec les Sénégalais. Cet homme est semblable à une abeille… politique qui vole et virevolte sans savoir sur quel pollen… électoral se poser. Peut-être que son obsédante ambition découle des prédictions d’oracles qui lui ont prédit un destin présidentiel. « Born to be president !» Qui sait ? C’est peut-être de là que « s’origine » son obnubilation centrée sur le président Macky Sall dont la présence à la présidence de la République hante son sommeil.

Espérer de Monsieur Idrissa Seck un changement comportemental ? Non ! Non ! Non ! Il en est incapable ! C’est chronique ! C’est pourquoi il ne peut pas avoir un comportement marqué par la tempérance, la prudence et l’esprit chevaleresque surtout quand il s’agit de parler du président de la République. Ni hauteur requise. Ni distance souhaitable. Il a sa langue. Elle est bien mielleuse. Mais, elle fait souvent pleurer la parole à cause de son égotisme. Elle dérive et dérape puisqu’il en est ainsi de celui qui se situe sur le terrain de l’amertume et emprunte les aspérités de la violence, les abimes insondables de la rancune et de la rancœur. Sa parole frise le délire de la folie quand l’image de Macky Sall, président de la République, s’impose, impériale, à lui, Idrissa Seck. Là, l’ancien Premier ministre n’a plus la casquette à l’endroit. Il disjoncte. Il est une boule de nerfs et de feu… Il est comme un taureau dans une corrida à la vue d’un chiffon rouge.

D’ailleurs, l’ancien Premier ministre aurait pu signer à la fin de sa lettre, plus destinée à Macky Sall qu’adressée à ses compatriotes : « De la part d’un ennemi qui t’aime ». Cette conclusion aurait eu l’exquise (in)élégance de Mauriac dédicaçant ainsi son livre « L’Agneau » à Cocteau. Encore faut-il qu’il s’émancipe de la dictature de l’obsession. Impossible pour Idrissa Seck de s’extraire de cette phobie… si lancinante. Jusqu’à l’extinction du soleil ! Seul côté charmant de l’homme : Idrissa Seck aime se poser en moraliste par les leçons qu’il veut infliger aux autres. Par contre, le moral ne l’habite pas parce qu’il ne s’impose pas les exigences qu’il exige des autres. Il y a des hommes qui préfèrent la douceur du mensonge à la dangerosité de la vérité.

Par Soro DIOP
Journaliste

L’albinisme est « défini comme une maladie génétique dont l’affection se caractérise par une non pigmentation de la peau, des pores et des cheveux due à l’absence de mélanine ainsi que par ses yeux rouges ». Ainsi, l’albinos est caractérisé par la présence, sur sa peau, de tâches blanches cutanées, un iris rose, des cheveux blond-paille ou blancs chez l’homme. L’albinisme constitue un handicap. C’est pourquoi la journée du 13 juin qui lui est dédiée constitue pour ce groupe vulnérable une occasion d’interpeler l’opinion publique sur la stigmatisation dont sont victimes les albinos et d’alerter sur d’éventuelles mesures à prendre pour améliorer leurs conditions.

Un groupe vulnérable qui continue d’être victime de stigmatisation
Les personnes atteintes d’albinisme sont parfois accusées de sorcellerie et de pratiques magiques. Chelala (2007), dans son ouvrage intitulé « L’Albinos en Afrique - La blancheur noire énigmatique », a analysé les représentations sociales portées sur les albinos. Plongeant dans l’imaginaire des peuples, l’auteur est parvenu à identifier un certain nombre d’appellations pour désigner l’albinos : « sorcier blanc », « enfant de djinns », « fantôme », « petit blanc au café au lait ».

Les enfants albinos, par exemple, sont victimes de sacrifices allant de l’assassinat, notamment à la veille des compétitions électorales ou sportives, à un trafic d’organes destinés à des sorciers.

De nombreux témoignages font état, surtout dans les Grands lacs, suite à des enquêtes menées par des institutions de bébés albinos privés de seins par leurs mères, d’enfants soupçonnés de sorcellerie et blessés dans leur amour propre, des jeunes filles et femmes trompées et abusées par des curieux et aventuriers à la quête de chance.

Cette « malédiction » était à l’origine de la dislocation de la famille avec la répudiation de la femme et l’enfant. Pire, l’enfant était tué ou carrément abandonné par les parents. Pour enfoncer le clou dans la plaie, nous dit l’auteur ci-dessus, une légende bantou déconseille aux habitants de ne pas sortir la nuit de peur de croiser cet être que l’on a considéré, à tort ou à raison, comme une réincarnation ou encore un mauvais esprit errant.

Au sein des familles, « le constat est que ce fruit d’amour qu’on avait attendu pendant neuf mois de grossesse est cueilli plutôt dans la tristesse que dans la joie, car devenant pour elle, en particulier pour la mère, un lourd fardeau à porter ». Par ailleurs, n’a-t-on pas entendu certains enseignants préparant des examens professionnels refuser d’avoir dans leur classe un albinos parce que, selon eux, ce dernier leur porterait la guigne ?

Victimes de préjugés de toutes sortes, les albinos ne baissent pourtant pas les bras. Par le canal de leurs associations, avec l’appui de l’Etat du Sénégal via la Direction générale de l’Action sociale, et d’autres partenaires, des leaders comme Bamba Diop, de l’Association nationale des albinos du Sénégal (Anas), Alassane Sall, de la Fédération nationale des albinos du Sénégal (Fnas), entre autres, se distinguent par des actions concrètes de formation des membres, d’organisations de consultations gratuites, Chelala (2007).

Quelques mesures pour la prise en charge des albinos
Sur le plan de la protection, elles pourraient passer par :
- la mise en place des Comité d’alerte et de veille pour favoriser l’alerte, le signalement et la dénonciation des agressions faites sur les albinos ;
- l’implication des forces de l’ordre (police, garde-frontières) dans la conduite des enquêtes, l’identification des routes du trafic des agresseurs et des personnes ayant demandé à avoir les parties des corps des albinos pour des sacrifices ;
- l’acquisition de crèmes solaires et leur distribution. Il s’agit là d’aider à l’accessibilité aux écrans solaires et de baumes solaires ;
- les campagnes d’appui aux soins ophtalmologiques et de distribution des vêtements de protection ;
- le parrainage ou l’adoption des enfants albinos ou le tutorat en cas de rejet de la famille ;
- le soutien psychologique ;
- l’assurance juridique.

Sur le plan de la prévention, par :
- le recensement de ce groupe pour avoir des statistiques fiables ;
- la recherche sur les perceptions et les pratiques de sorcellerie ;
- la compréhension des mythes construits ;
- la formation des journalistes, du corps médical surtout les dermatologues et celui social sur la maladie de l’albinisme ;
- le plaidoyer et la sensibilisation (radio, télé, réseaux sociaux) ;
- la promotion de l’éducation inclusive.

Sur le plan de l’autonomisation, par :
- l’entreprenariat et la promotion de l’auto emploi ;
- la facilitation de l’accès aux crédits ;
- le renforcement de l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle ;
- le renforcement des moyens de la politique de réadaptation à base communautaire.

Par Abdoulaye Mamadou MBOW
Conseiller en Travail social
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L'ancien Premier ministre, Idrissa Seck, de Makka, a cru devoir se rappeler au bon souvenir de ses concitoyens pour leur faire oublier ses bourdes du ramadan. Qui peut oublier le révisionnisme des fondamentaux de notre religion, avec la négation de la centralité de La Mecque. Qui peut oublier l’appel au sionisme international, pour un soutien politique et certainement financier de l’ancien Premier ministre, à travers son discours anti-musulman du ramadan.

Malgré les précautions et les propos ensenceurs sur la religion et le mouridisme, personne ne peut oublier les tentatives de faire passer la révision de notre religion. C’est peut-être, parce que ces propos ont été tenus durant le mois béni du ramadan, ce qui constitue un amplificateur, et restera grave dans notre mémoire collective.

Pourquoi attendre des dirigeants du monde et quels dirigeants, d’ailleurs, pour être rassuré par les propos du Khalife général des Mourides. Rien n’est nouveau dans le discours du Khalife, car il est le continuateur de ses prédécesseurs et l’incarnation de Serigne Touba.

Comment oser dire que des leaders du monde m’ont rassuré, après avoir entendu les propos du Khalife. Manifestement, l’intérêt subit vis-à-vis du mouridisme cache-t-il des préoccupations électoralistes, pensant que les Mourides constituent du bétail électoral pouvant être emportés par une adhésion à leur tarikha. Eux aussi ne peuvent oublier la tentative de révision des fondamentaux de la religion musulmane, par conséquent du mouridisme.

Convenons qu’il est grand temps de commencer à respecter les populations, en étant respectueux et courtois et surtout en s’interdisant de tenir des propos malveillants vis à vis des autres et a dire la vérité. Faire référence à notre souveraineté pour nous dire comment résoudre certaines difficultés est, certes, une bonne chose mais tardive. Il fallait se souvenir de notre souveraineté au moment de la dualité au sommet de l’Etat, dénoncé par l’ancien Président. Au moment, où celui qui dit tenir compte maintenant de notre souveraineté la piétinait, la niait en cherchant à s’accaparer du pouvoir que cette souveraineté avait confié à quelqu’un d’autre. Peut-être que la vie l’aura éduqué sur ce plan.

Il est bon d’écouter ceux qui estiment avoir les solutions à nos difficultés tout en évitant d’être abusés. Ayant exercé de hautes responsabilités et disposant de tous les leviers de l’Etat à l’époque, pourquoi, ne pas avoir mis à exécution ses recommandations d’aujourd’hui. Pourquoi ne s’est il pas souvenu de ses formidables intentions quand il a fait poursuivre, jusque dans son intimité, feu Khadim Bousso, jusqu’à ce que exécution s’en suive.

Ces intentions n’existaient-elles pas au moment de faire incarcérer d’honnêtes sénégalais dont le seul tort aura été d’avoir été dans des positions qui gênaient l’ancien Premier ministre ? L’un était le baron politique de la ville qui était convoitée par ce dernier. L’autre avait été une proche collaboratrice, détenant certains secrets qui pouvait perturber le plan de carrière du censeur d’aujourd’hui. Il aurait dû se souvenir qu’il savait comment protéger l’indépendance de la justice et sa non instrumentalisation.

En ce qui concerne les supposés scandales financiers, il a dû certainement confondre l’ancien Premier ministre qu’il a été et l’ancien Premier ministre que fut le président. Ce qui est établi et connu du pays, d’ailleurs sanctionné par un séjour à rebeuss, ce sont les scandales financiers auxquels son nom a été associé et les révélations de l’ancien Président sur les prévarications dont il a été l’auteur.

Prouvez que ce n’était pas fondé et que c’était des accusations gratuites pourrait autoriser à dénoncer les autres qui feraient la même chose. Se laver des soupçons qui pèsent sur le dénonciateur, crédibiliserait ses révélations d’aujourd’hui. À défaut…Quant aux politiques d’inclusion sociale et de réduction des inégalités, c’est une chaîne de mesures, corrélées entre elles. Ce n’est pas juste une mesure d’appel ni d’apparat. Et la promesse faite aux femmes, relève d’une incompréhension de la politique d’inclusion et de sa dynamique, car celle que convoite l’ancien Premier ministre est au cœur de cette politique.

Respectons notre administration et évitons de mettre en doute ses compétences. Tirons sur le régime, si on veut mais laissons de côté l’administration qui se consacre quotidiennement à donner une réalité à notre Etat. Louons-là pour cela et gardons-nous d’interprétations abusives et non fondées sur les instruments qu’elle met à notre service pour mesurer les avancées de notre pays.

Après la korité, nous serons plus attentifs à ce qui se dira et re-disposeront nos leviers politiques (Apr, Bby et nos autres alliés) pour véritablement lancer la conquête de la réélection du Président au premier tour. Tout de même, nous continuerons à nous doter de tous leviers pouvant nous faciliter la réalisation de cet objectif. Hé oui. Après la korité, nous continuerons à assurer la paix et la sécurité au pays tout en préservant l’ordre et le respect de nos institutions.

Pour finir, il aurait été plus judicieux de demander pardon de façon explicite pour les torts causés aux populations sénégalaises et à l’irrespect toujours manifesté à leur égard.
Pardonnons-le, s’il nous le demande !

Par Mahmoud SALEH
Membre de l’Apr

Il nous semble que la situation de l’éducation artistique dans l’enseignement général la rend méconnue, ignorée, voire critiquée. Elle souffre d’un préjugé défavorable dans l’esprit de certains élèves, parents d’élèves et enseignants. A la maternelle, cette discipline occupe une place de premier choix. Les enseignants sont d’ailleurs unanimes à conférer aux arts plastiques la faculté d’éveiller les sensibilités en permettant à l’enfant de s’épanouir et de s’exprimer. Cela est si vrai que les élèves manifestent un intérêt soutenu pour les activités plastiques. Le bât blesse lorsque, soudain, s’opère la rupture à l’école primaire ou l’on ne retrouve presque plus les crayons de couleurs, les aquarelles et autre matériaux de graphisme.

En effet, les maîtres d’écoles, mal outillés pour affronter le cours de dessin, en font souvent une partie récréative. Ainsi, ils font tout simplement appel à la capacité de l’élève à dessiner une forme librement choisie. On peut, dès lors, se demander où est la part de la pédagogie quand bien même l’enfant parviendrait à rendre le sujet bien ou mal… Parlant du moyen-secondaire, si l’on considère, d’une part, le coefficient et, d’autre part, le caractère facultatif à l’examen du Bfem, il y a comme une dévalorisation de la discipline artistique. Bien suivie dans certaines écoles privées et délaissée dans d’autres singulièrement dans le public, l’éducation artistique subit ainsi diverses fortunes.

L’autre facteur bloquant est constitué par les préjugés qui pèsent sur les bons dessinateurs considérés souvent à tort comme des « nullards ». Quelle tristesse ! Nous ne sommes pas de cet avis. D’abord, il n’est pas donné à tout le monde d’être bon dessinateur, ensuite ceux qui sont bien en éducation artistique peuvent exceller aussi dans les autres disciplines. Aujourd’hui, n’oublions pas que Léonard De Vinci (ingénieur, savant, metteur en scène, sculpteur, peintre), Pierre Atépa Goudiaby (architecte), pour ne citez que ceux-là, sont tous de bons dessinateurs. Rappelons également que plus de 650 experts en éducation artistique, réunis à Séoul, du 25 au 28 mai 2010, pour la seconde Conférence mondiale sur l’éducation artistique, ont prouvé que les arts et l’artisanat favorisent la créativité chez les scientifiques. Ils ont démontré que les artistes pouvaient être des scientifiques, des inventeurs et vice-versa.

Il est devenu impératif d’adopter un jugement objectif basé sur une connaissance parfaite des rôles et des objectifs de l’éducation artistique. Cette discipline vise à développer la personnalité à travers les domaines d’études relatifs à l’art qui, en tant que mode d’expression, est souvent utilisé pour jeter un regard critique sur la vie sociale, c’est-à-dire notre environnement. D’une manière générale, l’art est toute activité de production de la beauté à l’aide de formes, de sons, de rythmes, de couleurs, de signes, etc.

L’homme, par la disposition, la sensibilité, le génie, le talent et le style agit sur la nature en la remodelant pour parvenir à des structures ou à une finalité qu’est le beau. Cette beauté n’est rien d’autre que la qualité des choses perçues par notre sensibilité. L’art est une transposition et non un reflet du réel, c’est en ce sens qu’il développe l’intelligence conceptuelle, laquelle, par l’expression artistique, est traduite en intelligence manuelle.

Le champ sémantique de l’art est vaste et comprend les arts visuels (l’architecturel, la sculpture, la peinture, le dessin), la musique, la littérature, les arts scénique, le cinéma, les arts médiatique (radio, télévision, photographie le jeu vidéo et le multimédia). Au vu de toutes ces considérations, nous pouvons affirmer que l’éducation s’étend effectivement à l’ensemble des arts et devient un héritage commun et contemporain, facteur d’intégration culturelle et sociale. En effet, dans cette discipline, il ne s’agit plus d’apprendre par cœur des données qui seront vite périmées. Il n’est plus seulement question de « savoir-faire » mais de « savoir-être ».

A l’heure de l’Internet et de la révolution numérique, l’éducation artistique prend en compte, dans son programme, la publicité. En rappelant bien évidemment le côté avantageux mais aussi et surtout la silencieuse propagande visant à domestiquer les esprits, à violer les cerveaux et à orchestrer le désir de la consommation. Du reste, toutes ces images (spots publicitaires, films catastrophes, scènes de guerre) laissent des traces subliminales dont l’influence, à la longue, finit par fortement déterminer nos comportements et réduire notre liberté. Voilà pourquoi, au lieu de subir l’action publicitaire, les élèves, à travers l’expression artistique, la prennent en charge. Ainsi, ils apprennent à lire des images et à produire des œuvres de contre publicité. Les apprenants peuvent, à cet égard, utiliser l’éducation artistique pour faire preuve de pensée critique et créative.

Lorsque les élèves travaillent, par exemple, avec le papier journal récupéré, ils « créent » non seulement leur propre couleur, mais l’action de déchirer est aussi un appel, une permission tacite à l’« interdit ». Il correspond à des pulsions profondes, représente et satisfait un besoin d’agir naturel et instinctif (dominer, s’affronter, exercer sa force, vérifier ses curiosités, projeter certains sentiments…). Le papier introduit ainsi l’idée que tout matériau peut être utilisable et servir à une expression authentique.

Ces exemples, entre autres, justifient que l’éducation artistique doit, si elle est bien conduite, aider les enfants à connaître et à aimer le monde dans lequel ils vivent. Un tel enjeu est capital pour l’Afrique tiraillée entre deux modèles culturels : traditionnel et occidental. Attirée par des valeurs nouvelles et des objets de factures faciles, elle est tentée de rejeter, dans un premier temps, et d’oublier, à terme, les valeurs, les structures et les produits de sa propre culture.

Cependant, rappelons que l’éducation artistique n’est pas un moyen superficiel d’évasion. Loin s’en faut ! Elle est l’expression de ce que l’être humain a de plus profond. Pour preuve, l’enfant qui n’arrive pas à s’exprimer avec des mots peut le faire à travers un dessin. Il révèle l’inconscience du sujet et partant, lui permet de parler.

En thérapie, le dessin permet au psychologue d’accéder à l’inconscient du sujet enfant. Sous ce rapport, la pratique artistique donne à celui-ci la capacité d’engagement personnel avec l’autre tout en l’habituant à l’ouverture, au changement et à l’expérience. Elle vise à éveiller les potentialités de l’enfant en lui donnant les moyens plastiques de s’exprimer tout en l’intégrant parfaitement dans son milieu socioculturel. Ainsi, E. Kant disait : « Le rôle de l’enseignant n’est pas de porter l’élève, mais de le porter à la réflexion ».

L’éducation artistique a cette vocation, car l’enjeu dans cette discipline n’est pas de créer, mais de développer la créativité, de former le citoyen plutôt que le spécialiste, l’homme plutôt que l’artiste. Ce qui est théoriquement très bien compris par le système, car le décret numéro 79-1165 du 20 décembre 1979 portant organisation de l’enseignement élémentaire stipule : « L’éducation esthétique (dessin, musique, chant) a été réhabilitée comme facteur de développement de l’intelligence chez l’enfant et comme base d’une future insertion de ce dernier dans le milieu économique et socioculturel ». Il faut, en effet, se rendre à l’évidence que le développement d’activités liées à la promotion des arts plastiques à l’école n’exprime pas forcément une ambition de devenir un artiste qui, du reste, est un métier noble.

La pratique du dessin, de la peinture, de la musique, du théâtre… peut faire découvrir à l’enfant le sens de l’esthétique, l’expression oral, la formation du caractère et le développement de l’imagination. En somme, toute chose essentielle à la formation de l’homme qui sera demain prêt à assurer son rôle dans la société. C’est d’ailleurs en cela que l’éducation artistique reste une discipline transversale, car il faut le dire, sans ambages, dès que l’on parle de créativité, d’esthétique, d’imagination, de notion d’habileté, tous les corps de métier sont concernés.

En résumé, l’éducation artistique, considérée comme discipline d’éveil, échappe au joug d’un programme lourd et ne s’introduit pas, sauf exception, dans le système des examens. Par voie de conséquence, elle ne se trouve pas au rang des inquiétudes premières qui reste occupé par les matières dites de « base ». Pourtant les qualités propres à l’éducation artistique, sa diversité, ses caractères spécifiques qui répondent directement au besoin profond des enfants (besoin de communiquer, d’agir et de s’extérioriser) lui donnent toute chance de réussir. Le système, à cet égard, devrait opérer à des mutations visant à favoriser d’abord une meilleure perception de la discipline et ensuite sa promotion dans les lycées et les collèges.

C’est pour cette raison que l’enseignement de l’éducation artistique devrait aboutir à la mise sur pied d’un atelier d’expression (théâtre, peinture, dessin…) dans chaque établissement pour offrir aux élèves un cadre de réinvestissement des techniques acquises, en leur donnant le gout du travail au moyen de matériaux usuels tirés de notre environnement, lequel doit être entretenu, préservé, sauvegardé et embelli pour le bien-être de tout un chacun.

Dans le même ordre d’idées, il faudra encourager les visites dans les galeries d’art, la saine fréquentation des salles de spectacles, la participation à des concours de dessin, de peinture, de théâtre, de chant, de poésie, de musique, etc. Il serait également salutaire que les élèves soient évalués correctement en éducation artistique par le biais des compositions et des différents examens scolaires tels le Bfem et le Bac. Il faudrait favoriser une culture de la créativité chez les enseignants et dans l’administration scolaire.

Nous estimons que cette discipline ne devrait plus accompagner, mais s’accompagner avec les autres dans l’interdisciplinarité. Il est, dès lors, temps de « repenser » l’action éducative de l’éducation artistique et de faire en sorte que ses objectifs propres s’ajoutent à ce que nous reconnaissons désormais comme primordiaux. En somme, une réhabilitation de cette discipline fondamentale à tous les niveaux d’enseignement de notre système éducatif est devenue une nécessité.

Une bonne conduite de cette rénovation pourrait en favoriser la pratique tout au long de la scolarité, depuis l’école maternelle jusqu’à la fin des études, et lui permettre de se prolonger tout au long de la vie, en s’y insérant comme un élément de constitution. Tout en conjuguant les efforts, en coordonnent les entreprises, chacun de nous devrait s’efforcer à rendre à l’éducation artistique ce qui appartient à l’éducation artistique. Cette réaction serait une participation active à un changement salutaire au bénéfice de notre système éducatif.

Et nous pensons que l’engagement des collègues professeurs d’éducation artistique et la détermination des spécialistes de l’art constituent un motif supplémentaire qui nous conforte dans notre expérience quant à l’avenir de l’école sénégalaise.

Par Boubacar DIALLO
Professeur d’éducation artistique
au Cem Ousmane Ngom de Thiès
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La Journée mondiale de l’environnement (Jme) est dédiée, cette année, à la lutte contre la pollution plastique. Cette dernière qui constitue l’une des pollutions visuelles les plus agressives est omniprésente dans la majorité des villes africaines. Elle est principalement due à une défaillance du système de collecte des déchets dans nos villes.

Comment en est-on arrivé à une telle situation ?

Bien que les matières plastiques soient considérées comme des matériaux modernes, elles ont une histoire d’un siècle et demi. Le développement industriel du caoutchouc a débuté en 1839 avec la découverte du procédé de vulcanisation dont l’une des premières applications ont été la fabrication de pneus. Par la suite, il a été découvert le celluloïd qui est considéré comme la première matière plastique commercialisée. Depuis, la synthèse de nouvelles macromolécules n’a jamais cessé, adaptant l’offre aux applications les plus diverses et gagnant ainsi de nouvelles parts de marchés sur les matériaux dits traditionnels, tels que le bois, le verre, le métal. On peut dire que ce sont dans les années 30, avec la découverte de thermoplastiques (les thermoplastiques qui, sous l’action de la chaleur, fondent et reprennent leur rigidité en refroidissant) et thermodurcissables, que le plastique a pris de l’essor.

L’emballage représente le premier secteur d’application des matières plastiques avec 39 % de part. Les déchets des emballages plastiques dont le volume ne cesse de croître posent, aujourd’hui, un sérieux problème environnemental du fait de leur grande stabilité. Ils se retrouvent souvent dans la nature où ils peuvent y rester des dizaines d’années avant de se dégrader sous l’action du soleil (la photo-dégradation des plastiques) et/ou des micro-organismes présents dans la nature (la biodégradation des plastiques).

Traitement et valorisation des déchets plastique    

Cependant, il existe plusieurs solutions de traitement et de valorisation de ces déchets plastiques, mais aucune d’elles ne parait définitive à l’heure actuelle et aucune ne relève du découpage historique des disciplines scientifiques. On peut citer les trois plus importantes :

Le stockage en décharge est un palliatif pour les déchets plastiques collectés, mais reste inefficace pour les plastiques disséminés, tels que les sachets plastiques, les bouteilles en plastique.
L’incinération est intéressante, car elle restitue de l’énergie, le pouvoir calorifique des plastiques étant identique à celui du fioul et du charbon. Ce sont donc des matières combustibles tout à fait intéressantes, sous réserve de la mise en œuvre d’équipements spécifiques au traitement des fumées dégagées. En effet, la combustion des plastiques produit du gaz carbonique, des poussières et des résidus, voire des produits toxiques qui sont nocifs aussi bien pour la santé de l’homme que pour l’environnement.

Cette valorisation énergétique des plastiques est particulièrement intéressante pour les cimenteries qui devraient répondre aux normes environnementales.

Le recyclage est potentiellement intéressant mais :
- il exige, d’une part, une certaine organisation : la collecte (récupérateurs), la préparation (lavage, tri, broyage), la transformation (régénération par re-granulation) et, enfin, le recyclage (fabrication de nouveaux produits). Toutes ces étapes sont génératrices d’emplois ; ce qui peut contribuer à la réduction de la pauvreté, donc à un développement durable, tout en préservant l’environnement.
- d’autre part, il a toujours été pensé qu’il conduisait à des produits inférieurs. Aujourd’hui, l’état de la recherche permet de mettre sur le marché des produits de grande qualité tout simplement en ajoutant dans la formulation des agents stabilisants. Ces derniers (de type antioxydants, Hindered Amines light Stabilizers, Hals, anti-Uv) jouent un rôle protecteur contre son vieillissement et la perte des propriétés physiques et chimiques.

On peut citer des exemples de recyclage en Afrique comme la confection des sandales, de sacs et d’autres objets pratiques à partir de plastiques recyclés, la fabrication de pavés et de bordures, dans les Btp (Bâtiments & travaux publics) l’incorporation de déchets de polyéthylène (Pe) dans l’asphalte permettant d’empêcher la formation d’ornières… On pourrait aller plus loin en confectionnant des bornes signalétiques, des poubelles et bien d’autres utilités en mettant à contribution les résultats actuels de la recherche. En effet, dans notre capitale, il y a une absence criant de poubelles pour les populations ; de même, lorsqu’on se rend à l’intérieur, il y a une absence totale d’indication ; ce qui ne facilite pas le déplacement aussi bien des populations locales que des touristes qui souhaitent visiter le Sénégal des profondeurs.

A l’Institut des métiers de l’environnement et de la métrologie (Imem), nous avons mis au point un concept utilisant des pneus usés et des déchets plastiques (mbouss) pour réaliser des aménagements urbains. Ces derniers sont visibles sur les bosquets du Rectorat de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), du jardin de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie de l’Ucad et des jardins de Cambérène.  Sur le premier site, il a été recyclé 3600 pneus usés, 3,6 m3 de déchets plastiques ; sur le second, 1062 pneus usés et 1,5 m3 de déchets plastiques et, enfin, sur le troisième, 1200 pneus usés et 2 m3 de déchets plastiques.

Ce concept, développé sur toute l’étendue du territoire, permettrait de faire du Sénégal un pays avec « zéro déchet plastique » disséminé dans la nature (origine de la pollution visuelle), de créer des emplois, de lutter contre le paludisme, car ce sont dans les pneus usés abandonnés dans la nature que les moustiques se reproduisent pendant l’hivernage, de lutter contre le réchauffement climatique, parce que les populations auraient tendance à brûler les déchets plastiques qui, lors de leur combustion, émettent beaucoup de gaz à effet de serre.

Loi interdisant les
plastiques : quel bilan ?
Par la loi n° 2015/09 du 04 mai 2015 qui est entrée en vigueur le lundi 4 janvier 2016, l’Etat du Sénégal avait promulgué une loi interdisant l’usage de sachets plastiques à faible micronage (moins de 80 microns) pour principalement lutter contre les sachets plastiques disséminés dans la nature. Selon la loi, sont interdits la production, l’importation, la détention en vue de la mise en vente ou la distribution à titre gratuit des sachets plastiques d’une épaisseur inférieure à 80 microns.

Cette interdiction devait amener les citoyens à un changement de comportement…  A l’heure du bilan, on peut dire que la pollution plastique est toujours là et les populations n’ont guère changé de comportement, car malgré la non-gratuité des sacs en plastique dans les magasins, on en use et en abuse. On note cependant la présence de sacs en papier dans les grandes surfaces même si la production de sacs en papier nécessite la coupe d’arbres et l’utilisation de volumes d’eau importants : le premier étant un outil de lutte contre le réchauffement climatique alors que l’eau devient une denrée rare…

Pourquoi ne pas revenir à nos habitudes d’antan où les femmes faisaient leur marché avec des paniers ou des calebasses? Dans chaque maison de l’époque, il y avait un sac en toile de jute qui servait pour les courses qu’on utilisait un millier de fois…

Par
Pr Adams TIDJANI

PhD en Physique
Nucléaire,
PhD en Photochimie
des Polymères
Imem/Ucad

« Qui n’aime pas gravir la montagne, vivra éternellement au fond des vallées ».
(Abu Qassam Al Chaabi, un des plus grands poètes arabes de l’Histoire)

Le vote, par l’Assemblée nationale, de la  Loi relative à l’accord signé par le Sénégal et la Mauritanie, par le biais de leurs Chefs d’Etat respectifs, et portant sur le partage des ressources énergétiques transfrontalières a révélé, au grand jour, la vraie personnalité de l’une des stars du politico-médiatique qui s’agitent dans l’espace public sénégalais. L’honorable  député Ousmane Sonko, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a, on le savait, une conception bien singulière de la politique. Se situant dans la vieille tradition politicienne structurée par  les « clans coloniaux » qui capturent l’ethos qu’ils enferment  dans le sectarisme et le nihilisme primaires, l’honorable député s’aménage une destinée politique construite autour de deux piliers : le discours médiatique sur toutes les thématiques, avec quelques relais totalement assujettis, et l’insolence verbale perçue comme arme d’assaut et de destruction politique massive.

Il est de notoriété publique que l’honorable député est l’incarnation de « l’héroïsme militant », du « politicien guerrier », pour parler de manière triviale. Cette figure expressive de l’archaïsme politicien et qui fait encore plaisir à quelques segments de la société est la traduction d’une arriération politique qui ne dit pas son nom, une manifestation de la manie qu’ont les « néopoliticiens » à entrer dans ce monde si particulier qu’est le monde politique.  

Pour Sonko et ses comparses, l’audience et l’audimat politiques sont proportionnels à la violence des termes utilisés, à la capacité de nuisance verbale, à la recherche de mots et de faits qui peuvent faire mal, dans l’espoir que faire mal et plus mal est la garantie d’une stature politique majeure ! Il s’agit là, sans aucun doute, d’une vision spartiate et martiale de la politique que récuse la modernité politique dans un pays où la citoyenneté s’est installée de manière irréversible et exigeante. Une telle option pousse l’honorable Sonko à chercher partout et en tout le mal, ou plutôt ce qu’il faut dire en mal et de mal du « pouvoir », pour espérer engranger des succès, au besoin, par la convocation d’une version originale de « fake news » !

L’ancien inspecteur des Impôts construit, en effet, son équation politique autour des hydrocarbures (pétrole et gaz) sur la base d’un aspect que pose cette question : les contrats signés par l’Etat pour la prospection et l’exploitation des ressources.

Dopé par la starisation médiatique autour de cette question pour laquelle l’émotionnel l’emporte sur le rationnel, suite au pilonnage médiatique accompagnant son offensive, l’honorable Sonko a enjambé son périmètre de savoir pour se prendre pour un autre : un expert des questions énergétiques. Il est Ingénieur géologue, Maître des principaux secteurs de savoir liés aux hydrocarbures, Docteur es Gaz et Pétrole au savoir et à la parole infaillibles !
 Un des «  quatre Mousquetaires du pétrole » (dont, faudrait-il le remarquer, aucun n’a fait des études ou n’a un cursus portant sur la maîtrise de cette question), l’honorable Sonko patauge avant de sombrer dans la boue pétrolière.
Croyant que la lecture de quelques ouvrages sur la question et des recherches sur le net feraient de lui (et de ses amis) des experts, il se complait dans des explications scabreuses, tellement alambiquées que l’on perçoit aisément  le caractère emprunté de « l’analyse ».

Non, la compilation touffue et fondée sur des coupures de presse et des références aériennes ne saurait faire office de thèse crédible  à même d’éclairer le problème !
Pourtant l’Etat du Sénégal est à la hauteur du défi que les tenants de la « pétropolitique  » lui ont lancé. De la grande conférence de presse du Premier ministre à la publication de tous les accords signés (du jamais vu dans l’Histoire de notre République) et des informations fournies par l’Ite, l’Etat du Sénégal n’a eu de cesse de montrer, à travers la preuve par les faits, qu’il n’y a aucune zone d’ombre dans sa gestion des questions énergétiques.  
La réponse apportée par l’honorable député Sonko et les autres Mousquetaires, épée de bois au vent, c’est justement l’absence de réponse. Ils préfèrent tenir un discours parallèle centré sur la récusation subjectiviste et visant le Président de la République, son frère et un ministre de la République ! La clarification du problème, à travers un débat de niveau, n’est point leur objectif.

Se drapant du manteau « national-populiste » faussement patriotique,  ils sont prêts à tout, pour simplement éclabousser le Président de la République, dans le but de noyer son magnifique bilan dans une mare de boue.
Inutile et vaine tentative, comme du reste l’honorable Sonko l’a su, à ses dépens, lors de la dernière session plénière de l’Assemblée nationale !

Ce jour là, celui que les médias présentent comme l’une des têtes de gondole d’une opposition tragiquement faible a étalé toutes ses carences !  Près d’un an après les élections législatives, l’honorable Sonko n’arrive toujours pas à maîtriser les textes de l’Assemblée nationale. Lui le « guerrier »,  D’Artagnan de la question pétrolière,  dans les atours d’un professeur prêt à un cours magistral devant de jeunes étudiants préposés à ingurgiter ses paroles doctement énoncées, commence par trébucher dangereusement. Il clame haut et fort qu’il pose, avant tout, une « question préjudicielle » !
Oui, une « question préjudicielle », celle-là même qui n’existe nulle part dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale du Sénégal !
De manière claire et sans équivoque, l’honorable Sonko a confondu « question préjudicielle » avec « question préalable » (dans l’article 74) et « motion préjudicielle » (dans l’article 75) clairement évoquées et précisées dans le règlement  intérieur de l’Assemblée nationale !

Signe évident d’une grave carence intellectuelle et d’une véritable forfaiture professionnelle que l’honorable Sonko a voulu masquer par une « insolence de vaincu », pour parler comme Jules César. Le drame, le véritable drame intérieur vécu par l’honorable Sonko, c’est la méconnaissance de cette vertu cardinale en politique et dans la vie sociale au quotidien qu’est l’humilité ! Non, il ne sait pas que c’est cette grande valeur qui fait la force première des grands hommes. Cette grave méprise sur les enjeux de sens de l’engagement en politique lui joue et lui jouera encore, pour sûr, de très vilains tours.

Aussi, sonné et groggy, l’honorable Sonko finit par s’affaler sur la question du partage, à parts égales, des ressources transfrontalières. Sans aucun fondement scientifique (géophysique ou géologique), autre qu’une référence ridicule à un journal qui est tout sauf spécialisé en la matière, l’honorable Sonko proposa un « amendement » réservant 80 % des ressources au Sénégal, en s’appuyant essentiellement sur la démographie des pays, sans une connaissance réelle du site et de sa situation géographique. Ignorant les précieuses indications du droit international sur cette question et étranger à toutes les informations relatives à ce type de problème (le règlement des litiges réels ou potentiels s’est effectué dans plusieurs zones du monde, comme ce fut le cas entre le Royaume-Uni et la Norvège, le Mexique et les Etats-Unis, ou encore entre le Timor Oriental et l’Australie). L’honorable Sonko s’est embourbé dans les sables mouvants de la prétention indue et de l’arrogance mal polie ! Les brillantes et courageuses clarifications apportées par le Président de l’Assemblée nationale et ses collègues  du Groupe parlementaire « Benno Bokk Yakaar », et même de l'opposition parlementaire, n’y firent rien. L’honorable député avait opté pour l’auto-flagellation politique et intellectuelle.

S’exonérant de toute autocritique, d’humilité et d’acceptation de ses trop graves fautes, l’honorable Sonko finit sa descente aux enfers de la carence obstinée et de l’infantilisme politique. L’on découvrit alors, et avec effarement, que l’honorable Sonko ignore ce que signifie la « hiérarchie des normes » ! Il ignore ce qui, somme toute, semble élémentaire, que l’Assemblée nationale ne pouvait, en aucun cas, modifier un protocole de traité signé entre deux Etats. Il ne sait pas que la loi a juste pour objet d’autoriser le Président de la République à ratifier !
Une fois de plus, l’honorable Sonko étale ses tares et ses limites. Confondu devant ses pairs, dès le début de la 13ème législature, suite à ses mensonges éhontés sur la fiscalité relative aux salaires des députés, le voilà encore rattrapé par ses propres turpitudes !

Sa manière hussarde et burlesque d’aborder les questions est à la mesure de son esprit obtus, rétif et imperméable à toute forme d’humilité et de gestion positive des relations politiques et sociales. Poussant la démagogie et l’ineptie jusqu’à leurs limites extrêmes, l’honorable Sonko refuse de prendre les tickets Total octroyés par l’Assemblée nationale. Incroyable et extraordinaire : Total serait différente des autres multinationales du pétrole intervenant au Sénégal, telles que Shell ou Mobil, parce que simplement française ! Proprement ridicule et enfantin pour quelqu’un qui continue de parler et d’écrire en français, d’user à satiété de marques et de produits français dans de nombreux domaines de sa vie. Curieuse et sélective manière d’opérer ! Oui, l’honorable Sonko est l’un des principaux représentants au Sénégal du « national-populisme ». Cet ersatz qui n’est qu’un avatar du patriotisme dévoyé !
Décidément sur le tracé des précieuses indications d’Al Chaabi, l’honorable député Ousmane Sonko n’aime pas les montagnes. Sa demeure est donc toute indiquée : le fond des vallées de l’imposture politicienne !  

Par
Aymérou GNINGUE  

Président
du groupe parlementaire Bby

 

Il est rare, par les temps qui courent, de lire à travers nos journaux, des textes qui ne soient pas résolument axés sur la politique. Dans le mauvais sens s’entend ! Le texte de Monsieur Baba Gallé Diallo publié à la page 10 du journal «Dakar-Times» du lundi 4 juin 2018 «L’Etat doit revoir la rédaction du communiqué du conseil des ministres» nous sort de l’ordinaire en développant un ensemble de considérations grammaticales qu’il indique comme relevant du bon usage de la langue française et avec lesquelles ce communiqué ministériel serait en porte-à-faux. Je tiens ici à lui dire mon plaisir à lire des passages de son texte me rappelant des pratiques de cours tout au long des 35 ans consacrés à la matière. Sans polémique aucune, nous tenons, courtoisement, à lui apporter les quelques éléments que voici.

Quand Monsieur Diallo affirme, entre autres, non sans le déplorer que «depuis un certain temps le communiqué du conseil des ministres a profondément changé dans sa forme. En effet, il est marqué par une utilisation abusive du présent de l’indicatif rendant sa compréhension difficile et déroutante pour la majorité des sénégalais», notre premier réflexe est de nous étonner positivement de ce qu’un compatriote réclame à l’Etat davantage de clarté formelle dans l’information qui édifie sur l’état des lieux des différents chantiers de la construction nationale.

J’ai dit «entre autres» car dans la même veine, sont alignées quelques considérations complémentaires que je pourrais qualifier «d’éclairages succincts» sur l’emploi du temps présent au mode indicatif. Cette affirmation appelle les remarques suivantes : La polyvalence temporelle de sa propre expression «Depuis un certain temps» aurait dû, à mon sens, le rendre un peu plus circonspect dans la critique qu’il sert au gouvernement. L’expression «Depuis un certain temps» exprime-t-elle le présent ou le passé ou même le futur ?


Si le constat qu’il fait a débuté avant le présent du «hic et nunc», force est de reconnaître que ce présent est enrobé de passé et il «irrupte» dans le futur puisque de changements notoires dans la rédaction des communiqués au présent de l’indicatif, M. Bâ n’en note guère. C’est la raison pour laquelle, le passé s’achève dans le présent qui le prolonge et le futur naît dans le présent qui l’engendre ! C’est dire la grande minceur qui sépare, au niveau de la chronothèse, l’accompli, l’accomplissement et l’inaccompli. Le présent de l’indicatif, en dehors des axes paradigmatiques et syntagmatiques qui lui sont propres, exprime le futur comme il peut exprimer le passé.

- J’arrive de Dakar demain à 15h. Ce présent est un futur.

- Cet homme boit beaucoup malheureusement. Ce présent est un passé.

De sorte que le présent est la forme au moyen de laquelle le locuteur ou le narrateur exprime tout ce qui constitue son actualité, tout ce qui s’y rattache. Certes cette actualité peut être étroite, momentanée lorsqu’elle coïncide avec l’instant où le locuteur parle.

Mais les exemples cités ci-dessus, prouvent qu’on peut actualiser par la force de la mémoire ou de l’imagination des choses passées ou à venir qui s’expriment alors au présent. Le plus surprenant est que ces valeurs d’emploi du présent de l’indicatif ne vous sont pas inconnues M. Bâ.

Vous en énumérez quelques unes en affirmant : «ainsi, on distingue plusieurs valeurs du présent de l’indicatif selon le contexte et selon la raison pour laquelle il est employé parmi lesquelles il faut distinguer :» et vous voilà parti dans l’énumération laquelle, même non exhaustive, n’en provoque pas moins une question : Si M. Bâ sait tout cela, pourquoi s’insurge-t-il contre la rédaction du communiqué du conseil des ministres qui userait plus qu’il ne faut selon lui du présent de l’indicatif ? En quoi cela gêne-t-il d’employer le mode et le temps désinentiel les plus accessibles ? Les plus simples ? Mieux, le communiqué du conseil des ministres dites-vous est une «réunion constitutionnelle».

Vous devriez ajouter au cours de laquelle le Président de la République prend la parole. Cette parole du Président se décline au présent de l’indicatif puisqu’elle est directive, elle est instruction sans être comminatoire. Elle ne peut prêter à confusion encore moins faire l’objet d’une contestation. C’est ce contexte de non équivocité du propos présidentiel qui lui confère cette qualité d’être encodé au mode indicatif qui, comme son nom ne le dit pas, INDIQUE, ORDONNE et INSTRUIT. Quel meilleur temps pour le dire si ce n’est le présent de l’indicatif qui répond alors parfaitement à sa valeur d’emploi nodale : indiquer une réalité ! Le propos du Président ne se cale sur des chimères mais indique bien la voie des solutions à prendre. Pour quoi le présent de l’indicatif !

Mais le passage qui m’interpelle le plus est celui dans lequel M. Bâ donne l’exemple que voici pour très sérieusement s’en offusquer. Je le cite : «…le chef de l’Etat décide d’engager…» «La conjugaison au présent de ce verbe rime-t-elle à quelque chose ? Ce présent de l’indicatif n’a ni la valeur de vérité générale ni la valeur d’un présent de narration» (fin de citation).

M. Bâ exclut derechef toutes autres valeurs d’emploi du présent de l’indicatif en dehors des deux valeurs qu’il cite cependant qu’il existe bel et bien une foultitude de valeurs d’emplois de ce présent. On en dénombre au moins dix-sept ! Pas moins ! Que dire par exemple du présent de l’indicatif qui exprime une hypothèse ? Exemple : «S’il vient, nous commençons/commencerons.» Il y a aussi que M. Bâ se trompe, me semble-t-il, de verbe quand il ne limite le prédicat qu’au seul vocable de «décide».

Le verbe dans ce syntagme est bel et bien «DECIDE D’ENGAGER». Ce groupe verbal est différent en signification de chacun des trois éléments qui le composent. Si bien que le temps intérieur de ce verbe ou ce que l’on nomme l’aspect du verbe qui n’a rien à voir avec le temps désinentiel ou temps extérieur, colle parfaitement avec l’indicatif présent lequel, soit dit en passant, engendre un futur qui lui est consubstantiellement lié, qui fait corps avec lui, qui lui est sous-jacent, implicite.

Or donc nous voici momentanément arrivé au terme de cette discussion qui répond à celle d’un compatriote qui signe son texte par «Vive le Sénégal» ! Il importe que je signale ce fait de plume comme il importe aussi que je rappelle à cet amoureux de la langue de Malherbe que les communiqués du conseil des ministres, depuis Senghor, sont rédigés avec une nette prédominance du présent de l’indicatif qui les traverse de part en part et de régime en régime ! Si à la question latine du «quid novi ?» je devais répondre à M. Bâ sur le «lièvre» qu’il soulève, je lui réponds «nihil novi».
Vive le Sénégal !

Par Lamine SAMBE
Conseiller Technique du Premier ministre
chargé de la Culture et des Questions Littéraires

Depuis l’annonce des richesses pétrolières et gazières, le Sénégal est secoué par des remous sociaux ponctués par des grèves, des mouvements estudiantins, des invectives, des injures, des menaces, des discours partisans et violents. Notre pays est devenu pour ainsi dire, une nation ou les dirigeants sont toujours insultés, invectivés, menacés et agressés. L’Etat est désacralisé et dépouillé de son manteau de respect et de considération qui a toujours constitué sa force républicaine.

Dans le Sénégal d’aujourd’hui, ceux qui doivent parler ne le font plus, par crainte d’être insulté par des «moins que rien», inconnus dans le bataillon des patriotes et des familles de grande valeur morale dans notre pays. A présent, ce sont ceux-là qui devraient se taire qui prennent toujours la parole, à travers les médias et réseaux sociaux. Ce sont eux qui, l’injure à la bouche, interpellent sans respect, les autorités supérieures de notre pays. Ils n’épargnent, ni le Chef de l’État, ni le Président de l’Assemblée nationale, ni le Premier Ministre, ni les magistrats, ni les guides religieux.

Nous oublions souvent que la parole est l’arme la plus fatale dans une société. Wolof Njaay le rappelle par le dicton : Wax, soxu fetal la, su rëccee, dabu ko wees. (la parole est comme un coup de fusil, impossible de la rattraper). Quand la parole n’est pas revêtue d’une couverture de pudeur, de paix, d’élégance et de mansuétude, elle devient inéluctablement une arme de destruction massive pouvant causer des conflits et des guerres fratricides. Au Sénégal, la parole publique, souvent venimeuse et destructrice émise par certains compatriotes, est en train de démolir la stabilité et la cohésion sociale de notre peuple. En général, la plupart des ceux qui interpellent, accusent ou invectivent publiquement les autorités, ne connaissent pas du tout ou ne maîtrisent pas du tout les tenants et les aboutissants des dossiers dont ils parlent…

Dans un passé récent, le Pr. Oumar Sankharé, seul Africain agrégé en Grammaire et en Lettres classiques, a été lynché à mort par la parole publique venant de personnes qui n’avaient ni vu, ni lu, ni compris son fameux livre intitulé : «Le Coran et la Culture grecque». Malgré les excuses publiques du Professeur et le rappel de sa fidélité à l’Islam, au Coran et au message du Prophète Mouhamed (PSL), il a été «exclu de l’Islam» contre son gré et «condamné à mort» par ceux qui ont semblé avoir oublié qu’Allah (SWT) est surtout Ar Rahmaan (Le Très Miséricordieux), Ar Rahiim (Le Tout Miséricordieux), Al Ghaffaar (Celui qui pardonne). C’est ainsi que l’éminent Professeur Sankharé, blessé de toutes parts par des rafales de paroles acerbes et impitoyables, a choisi la mort, face à l’humiliation.

Il y a quelques jours, un leader politique a commis des erreurs sur l’interprétation du Coran par rapport à la Mecque et Jérusalem. Sa déclaration malheureuse a suscité un terrible séisme dans la communauté musulmane de notre pays. Certes, j’ai souvent regretté les propos parfois inélégants de ce leader en direction des autorités qui symbolisent nos institutions, mais la violente fusillade verbale qui s’est abattue sur lui, a suscité une vive inquiétude au Sénégal. En effet, l’affaire a semblé prendre une tournure à caractère confrérique et conflictuel. Une menace rampante se profilait à l’horizon…

Heureusement, le message de paix et d’union des cœurs lancé par Serigne Mountakha Mbacké, Khalife général des mourides, a rappelé aux passionnés et aux partisans que Serigne Touba a toujours prôné la paix et le pardon. Serigne Mountakha Mbacké a brillamment rappelé que tous les musulmans sont des parents comme le dit si bien le Coran glorieux. Son message nous renvoie au xasaayid intitulé Masaalikul Jinaan (Itinéraires du Paradis) de Cheikh Ahmadou Bamba. Je cite :

«Chaque wird conduit le pratiquant vers l’enceinte scellée de Dieu sans déviation ; Peu importe que ce wird vienne d’Al Jeylaani (Cheikh Abdul Qaadir), de Ahmad Al Tiijaani ou d’un autre parmi les Qutbs (pôles) que Dieu soit Satisfait d’eux ; Car ils sont tous dans la bonne direction ; Chacun d’eux appelle les aspirants et les incite à l’adoration du Maître du Trône, où qu’ils soient ; Tous les wird sont dans la rectitude et la probité. Garde-toi de les mépriser ou d’en critiquer un seul ta vie durant.» (Extrait de Masaalikul Jinaan, Chapitre du wird v. 271 à 275.). Traduit par Serigne Saam Mbay». Fin de citation.

Le message d’apaisement unificateur et fraternel de Serigne Mountakha Mbacké est à saluer avec force ! En effet, les positions religieuses confrériques et politiciennes radicales et violentes étaient en train de menacer dangereusement la stabilité et la cohésion sociale de notre peuple. La plupart des intervenants dans cette malheureuse affaire, ont semblé avoir oublié l’importance du pardon en Islam. Ils ont oublié les trois illustres noms d’Allah (SWT) que voilà : Ar Rahmaan (Le Très Miséricordieux), Ar Rahiim (Le Tout Miséricordieux), Al Ghaffar (Celui qui Pardonne). Ces trois noms de Dieu, devraient nous inciter à toujours privilégier le Dialogue, la Persuasion et le Pardon, à chaque fois qu’une faute est commise quelque part par un compatriote. En effet, l’erreur est véritablement humaine !

J’ai cité ces deux exemples récents pour mettre en garde mes compatriotes contre les dérives verbales, les positions radicales et extrémistes, les propos inélégants et violents. Au Sénégal, nous parlons beaucoup ! Nous parlons trop de ce que nous ne maîtrisons pas ! Nous nous plaignons beaucoup ! Nous nous plaignons tout le temps ! Nous avons adopté l’indiscipline comme ligne de conduite et comme mode de vie ! Nous oublions toujours de rendre grâce à Dieu (SWT), Lui qui nous a gratifié d’innombrables bienfaits !

Le Sénégal est un pays chanceux qui récolte toute l’année des produits du cru : (maïs, mil, arachides, pastèques, melons, oranges, mangues, plantes maraichères, fruits forestiers, etc.) Dieu nous a offert la mer, des fleuves, des rivières, le Lac de Guiers, etc. Dieu nous a offert des poissons de toutes sortes et des fruits de mer de toutes espèces. Dieu nous a offert bovins, ovins, caprins, équins, asins et porcins, sans oublier la faune et la flore. Dieu nous a offert une volaille variée et en très grand nombre !

En plus de tout cela, le Créateur vient de nous gratifier d’immenses gisements de Pétrole et de Gaz ! Quelle chance ! Mais là encore, au lieu de nous réjouir et de rendre grâce à Dieu, nous continuons à polémiquer, à insulter, à soupçonner tout le monde et à jeter des pierres à nos dirigeants institutionnels et religieux. Au lieu de nous mobiliser et de nous organiser dans le but d’exploiter sereinement et rationnellement ces ressources naturelles inestimables, nous passons notre temps à nous plaindre, à critiquer tout et à insulter tout le monde.

Le Sénégal, jadis pays de paix et de Téranga, est en train de devenir un pays où la violence criminelle règne partout. Elle n’épargne plus personne ! Même nos enfants vivent dans la terreur, car ils sont pourchassés, kidnappés, maltraités, mutilés et massacrés. Les femmes aussi sont battues, violées, violentées et assassinées. Les forces de défense et de sécurité dans l’exercice de leur mission sont attaquées, blessées et humiliées dans l’indifférence générale.

Le Sénégal est véritablement en train de devenir la tête de file des pays dans lesquels, au nom de la démocratie, on insulte souvent et sans raison, les autorités qui gouvernent la nation. Le Président Chirac avait-il donc raison de dire que «la démocratie n’était pas faite pour les Africains ?» En vérité, un comportement de cette nature est souvent générateur de conflits et de guerres civiles, à l’image des tragédies qui ont frappé le Rwanda, la Côte d’Ivoire et la République Centre Africaine…

Prenons garde, chers compatriotes ! Ceux qui attisent le feu de la violence et de l’intolérance ne font que renforcer les menaces rampantes qui guettent le Sénégal. Leur unique désir, c’est d’enflammer notre pays, pendant que d’autres puissances tapies dans l’ombre, exploiteront tranquillement nos ressources naturelles inestimables ! Et ce sera alors la malédiction du pétrole et du gaz au Sénégal. Que Dieu nous en préserve ! En vérité, au Sénégal, nous n’avons besoin ni d’un homme fort, ni d’un État fort. Nous avons juste besoin d’un peuple discipliné qui parle peu, qui travaille beaucoup et qui respecte des lois et règlements de la République !

Par Moumar GUEYE
Écrivain
Master of science
Grand-Croix de l’Ordre du Mérite
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La communauté mouride s’apprête à célébrer le Leylatoul khadri le jeudi 07 Juin 2018, 22ème jour du ramadan, 70e Edition. Cette nuit revêt une grande importance aux yeux de l’islam parce qu’elle marque le début du Saint Coran : «Nous l’avons certes fait descendre (Le Coran) pendant la nuit d’Al Qadr. C’est pour cette raison que le Leylatoul Qadr est intimement lié au Saint Coran, le Livre de référence des musulmans.

« Le livre de discernement» (S15, V9)

Le coran est le «livre dont les versets sont parfaits en style et en sens, et venu d’un sage et d’un parfait connaisseur. N’adorer qu’Allah» (S11, V1-2). Révélé durant une période de vingt trois années, dix à la Mecque et treize à Médina, le coran renferme cent quatorze sourates, d’Al Fatiha (l’ouverture) à An-Nass (les hommes), composés de 6217 versets. Le premier verset révélé est le verset «Lis» de la sourate «caillot de sang» alors que le dernier est le verset trois la sourate.

«La table servie» où Dieu affirme : «Aujourd’hui j’ai parachevé pour vous, votre religion, et accompli sur vous mon bienfait. Et j’agrée l’islam comme religion pour vous». Il faut cependant noter que selon Ibn Abbas, ce verset révèle au prophète (Psl), trois mois avant son décès sur le mont Arafat lors de son pèlerinage d’adieu, serait antérieur au verset 281 de la sourate la génisse («Redoutez enfin le jour où vous aurez à comparaître devant Dieu où chacun recevra le prix de ses actes et où personne ne sera lésé») qui serait révélé sept jours avant la disparition du seau des prophètes (Psl).

Les exégètes définissent le Coran comme un livre incontestable qui contient la chronique de ceux qui nous ont précédés, les nouvelles de ceux qui viendront après nous et les lois qui nous régissent. Le livre apparaît ainsi comme «Un clair exposé destiné aux hommes, une direction infaillible, un avis salutaire pour qui craint Dieu» (S la famille d’Imran 138).

Cette «direction infaillible» éclairée par la «lumière» divine (une lumière et un Livre explicite vous sont certes venus d’ALLAH» (S 5, V15) doit constituer la référence de tout musulman ainsi abreuvé par l’intarissable source divine, le croyant est armé pour affronter les complexités de la vie éphémère ici bas et préparer la vie future, meilleure et éternelle. Il comprendra les recommandations divines, discernera le Bien du Mal et se rendra compte qu’«il ne leur a été commandé cependant que d’adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif d’accomplir la salât et d’acquitter la zakat. Et voilà la religion de droiture» (S 98, V5). Le croyant sera d’autant plus à l’aise que la parole divine est complète («nous n’avons rien omis d’écrire dans le livre…» S6, V38). Rien n’est laissé au hasard de la législation islamique régissant les pratiques culturelles à la législation administrative réglant l’ensemble des aspects relatifs à la société.

La parole divine est par ailleurs protégée de l’usure, du temps et de l’imitation : «Quand même les hommes et les djinns s’uniraient pour produire un semblable de ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s’ils se soutenaient les uns les autres» S17, V88, «mais disent-ils : «c’est celui-là (Mohamed (PSL) qui l’a inventé ?» Dis : «Composez donc un semblable à ceci, appelez à votre aide n’importe qui vous voulez, à par Allah, si vous êtes véridiques» (S10, V38). Le coran a ainsi traversé des siècles sans aucune altération. Sa pertinence, de tout temps d’actualité, et la véracité de ses révélations que la science n’a jamais infirmées (lire «La Bible, le Coran et la Science» de Maurice Bucalle) atteste si besoin en était du caractère miraculeux, sacré et divin du Livre saint de l’islam dont l’auteur disait : «C’est nous qui l’avons révélé et nous veillerons certes à son intégrité» (S Al-Hjr V9).

UNE NUIT DE PRIERE ET DE PARDON
Il apparait ainsi que le Coran occupe une place centrale dans l’islam. Sa révélation au cours du ramadan «Le Coran a été révélé durant le mois de Ramadan. C’est une direction pour les hommes. Une manifestation claire de la direction de la Foi.» Démontre largement l’importance de ce mois béni qui renferme la nuit du Leylatoul Qadr. «Meilleure que mille nuit», le Laylatoul Qadr est la nuit que Sokhna Maïmouna Mbacké avait choisie pour glorifier son seigneur. Lui rendre grâce et magnifier l’œuvre de son père Cheikh Ahmadou Bamba durant plus d’un demi-siècle, elle a célébré cette nuit pour disait-elle : «travailler pour Cheikh Ahmadou Bamba à travers ce qu’il aimait le plus : Le saint Coran». N’est-ce pas le Cheikh lui-même qui a écrit : «je préfère le Coran et la Sunna à l’or et à l’argent». Sokhna Maïmouna faisait ainsi réciter de milliers d’exemplaires du saint Coran à travers les daaras pour la célébration de cette nuit. Elle était consciente qu’occasion ne pouvait être meilleure pour rendre grâce à Dieu et implorer son pardon. Ainsi en atteste ce hadith rapporté par Bukhary et Muslim, d’après Abu Hurayra : «celui qui prie toute la nuit de El Qadr par Foi et piété, Dieu pardonnera ses péchés précédents.»

Sokhna Maïmouna Mbacké conviait toute la communauté islamique à Touba pour partager avec elle ces grands moments de communion et de pardon. Elle profitait de l’occasion pour rassembler les musulmans, raffermir les liens entre les croyants et leur offrir sa générosité légendaire. En véritable sainte, elle multipliait ses œuvres sociales et ses largesses car «la piété, c’est donner ses biens quelque besoin qu’on ait». (S2, V188).

Sa principale préoccupation était de satisfaire les besoins des musulmans afin de les mettre dans des conditions optimales pour adorer leur Seigneur. Sa fréquentation assidue du Saint Coran avait fini de faire d’elle sa mémoire vivante et personnifiée. Chacun de ses actes rappelait un verset coranique. Sa bonté était ainsi sous tendue par les paroles divines : «Ceux qui distribuent leurs biens dans la voie de Dieu sont comparables à un grain de blé qui engendre sept épis dont chaque épis porte cent grains. Dieu multiplie les biens de qui lui plait. Car Dieu est incommensurable et omniscient» (S2, V261).

Tous ceux qui ont eu la chance d’assister au Leylatoul Qadr peuvent témoigner de sa bonté, une bonté naturelle sans distinction aucune pour la seule grâce de Dieu suivant ses recommandations : «Soyez bons envers vos parents, vos proches, les orphelins, les pauvres, vos voisins immédiats et voisins non immédiats, vos épouses, les voyageurs et les esclaves» (S les femmes, V36). Sokhna Maïmouna Mbacké marchait ainsi sur les traces de son vénérable père qui évoquait le Leylatou Qadr en des termes forts élogieux :

«O Mois du Généreux, mois qui,
Nous a gratifiés du Leyltatoul Qadr qui est une nuit de bienfaits et d’opulences.
Louange à Allah qui répond aux sollicitations
Le Maître du destin qui nous a gratifiés du bienfait du Leylatou Qadr
Qui l’a élevé pour toujours, meilleure que mille nuits.»

Après avoir ainsi rendu grâce à Dieu. Le Cheikh qualifie le Leylatoul Qadr de «nuit de bienfaits et d’opulence» «meilleure que mille nuits» pour nous donner son véritable sens et toute son importance dans l’Islam. Il incite même, par là, les musulmans à la célébrer et la considérer à sa juste valeur. Avec le grand élan de générosité qui la caractérise. Le Cheikh poursuit son poème par des prières pour lui-même, pour son peuple et pour toute sa Nation :

«O seigneur, par la grâce du «Leylatoul Qadr», cache mes défauts et écoute ma prière
«O seigneur, par l a grâce de ce jour, fais que mes préoccupations et celles de ma nation soient agrées.
«O Seigneur, par la grâce du «Leylatoul Qadr», éloigne de moi tout ce qui me nuit et maintiens-moi dans la bonne direction.
«O seigneur, par sa grâce, offre moi le paradis et purifie moi le cœur, offre à mon peuple les deux lumières dans les deux demeures.
Et fais nous emprunter le chemin du succès et de l’opulence.
Attire nos cœurs vers l’accès et vers l’œuvre pieuse.
Accorde nous le bonheur éternel et le bienfait
«O Celui dont le Royaume demeure Eternel »
«Pour la Gloire de l’islam »

C’est ainsi que Cheikh Ahmadou Bamba célébrait la nuit du Leylatoul Qadr. Durant tout le ramadan, il régnait une effervescence religieuse dans la demeure du Cheikh. Sokhna Maïmouna Mbacké a perpétué cette tradition toute sa vie durant. Les centaines de milliers de fidèles qui convergent chaque nuit du Leylatoul Qadr vers Touba pour poursuivre son œuvre et lui rendre hommage, montre si besoin en était, la réussite de sa mission. Cette mission fut entièrement consacrée à porter haut l’étendard de l’Islam. Elle a tracé la voie vers le droit chemin ; une voie faite de dévotion, de piété, de bonté, de dignité, de responsabilité et de courage.

Que Dieu agréé l’ensemble de son œuvre et l’accueille en son paradis. Que Dieu également puisse nous donner longue vie et assez de forces pour perpétuer ses bonnes actions et faire profiter toute la Oumma islamique de son immense enseignement et sagesse légendaire dans ce monde complexe, troublé plus que jamais, en mal de repères et de références.

Par El hadji Mohamed Mahfouz MBACKE
Chef religieux à Touba

Un nouveau jour se lève à l’Office national de l’assainissement (Onas). Partout des ouvrages sortent de terre. Le rythme d’exécution des projets est à la vitesse du Train express régional (Ter). Dans un passé récent, les populations du Sénégal vivaient dans une psychose permanente des inondations. Mais aujourd’hui, avec l’arrivée de M. Lansana Gagny Sakho à la tête de l’Onas, la construction des canaux d’évacuation des eaux pluviales et le raccordement des ménages au réseau de collecte des eaux usées ouvrent de belle perspective pour les populations et permet l’espoir. Face au défi des branchements sociaux domiciliaires, le personnel de l’Onas est sur tous les fronts de l’assainissement afin de servir, comme toujours, les sénégalais.

Nous pouvons rassurer ces derniers que l’Onas donnera à fond la mission régalienne de service public avec son nouveau directeur (l’Homme de l’année  2017). La transformation du cadre de vie n’est plus une promesse pour les populations mais bien, une réalité. Le Sénégal a aujourd’hui changé de visage sur le secteur de l’assainissement. Dans le passé, personne n’osait mettre le pied dans certains endroits de la banlieue au risque de faire face à certaines intempéries, mais aujourd’hui, la question des inondations est un vieux cauchemar.

A ce sujet, les cités religieuses constituent une priorité dans la nouvelle politique définie par le chef de l’Etat et son gouvernement. Le constat voudrait que les gens conviennent que les impacts des inondations s’atténuent de plus fort heureusement grâce aux ouvrages qui sont menés dans plusieurs cités religieuses. Il sied de savoir que la modernisation de ces cités figure en bonne place dans l’agenda du président de la République, Macky Sall. Mieux, un programme spécifique est conçu pour répondre aux besoins particuliers de ces lieux saints (Touba, Tivaouane, Médina Baye, Ndiassane, Thiénaba, Léona Niassène…). Les investissements consentis depuis l’arrivée du président de la République au pouvoir, ont libéré les zones de Darou Khoudoss, le centre de santé de Ndamatou, entre autres, des eaux usées et pluviales.

Cette année, l’Onas veillera minutieusement sur l’ensemble des villes  afin d’anticiper sur les pluies avec le programme Opération pré-hivernale (Oph) qui se déroulera sur l’ensemble du territoire national de même que programme de curage des canaux dans les banlieues afin de faciliter l’évacuation des eaux pluviales.
L’espoir est permis et ces résultats ne sont pas le fruit du hasard. Ils traduisent une volonté d’offrir un cadre de vie saint et meilleur aux populations. Cette volonté est traduite aussi en acte avec la mise en œuvre du programme décennal de lutte contre les inondations. La consolidation et la densification d’assainissement dans les cités religieuses sont toujours une priorité pour l’Etat du Sénégal. C’est dans ce sens que beaucoup d’investissements ont été consentis afin de prendre à bras le corps la problématique de l’assainissement des cités religieuses qui n’avait pas autant mérité d’attentions de la part des régimes précédents. Aujourd’hui, il est programmé le renforcement des ouvrages d’assainissement dont les travaux sont en cours d’exécution.

L’espoir est permis oui parce que l’Onas sera au service des populations pour l’accomplissement de la politique d’assainissement du président de la République avec un assainissement de qualité et adéquat. Avec le travail important abattu par l’équipe de M. Lansana Gagny Sakho, nous allons vers des années avec zéro inondation. L’espoir est permis, encore une fois, avec la collaboration du privé qui joue un rôle moteur dans la chaîne de valeurs de l’assainissement qui aujourd’hui de par son implication et son efficacité apparait aux yeux de l’Onas comme un partenaire.

Ainsi, avec la livraison avant l’hivernage des ouvrages de lutte contre les inondations, l’espoir est permis. Il l’est toujours avec la gratuité des branchements sociaux qui ont été réalisés durant la phase d’exécution des projets d’assainissement dans les régions, ce qui donne un meilleur cadre de vie des populations. Le retour des bailleurs de fonds, la participation citoyenne des Asc, des Groupement de promotion féminine (Gpf) et des comités de quartiers ont permis de mettre en place une équipe dynamique qui a fait renaître encore l’espoir dans le secteur de l’assainissement naguère considéré comme le parent pauvre du secteur de l’eau. Avec ces rayons qui brillent à l’Onas, certaines localités jadis inondables ne vont plus vivre dans les eaux. Une nouvelle vision et une politique de l’Onas a fait renaître l’espoir au niveau des populations.

Par
Missig TINE  

ONAS
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L’événement, c’est la rencontre entre l’homme et l’actualité.
L’actualité c’est bien la sortie d’un ouvrage, mais pas n’importe quel ouvrage ! Il s’agit d’un ouvrage écrit par un être de haute stature, grâce aux vertus du suffrage universel qui a fait de son destin, un destin majuscule, ourlé des attributs d’un décideur.

Ce jour, 25 mai 2018, en ce lieu mythique, de «Terrou bi», nom chargé d’histoire, jadis bercé par les chants polyphoniques des pêcheurs lébou, de retour des campagnes nocturnes, accompagnés par les refrains de victoires incandescentes de l’homme sur la mer. C’est en ce lieu prédestiné qu’est reçu, en ce jour béni du mois de ramadan, le président Macky Sall que dis-je, l’écrivain qui a décidé de franchir le Rubicon, c’est-à-dire : se soumettre au jugement d’un public pas toujours compréhensible. C’est devant un parterre d’intellectuels, de penseurs, d’hommes politiques, de chefs coutumiers, de la société civile que l’écrivain Macky Sall, doublé d’un homme politique avéré, s’est soumis à l’examen de la parabole écrite.

Le comité scientifique de cette grande rencontre, dirigé par l’éminent professeur Mame Moussé Diagne, l’incomparable philosophe, avec les éminents membres tels que Abdoul Aziz Diop, un des maîtres d’œuvre de l’événement, mais aussi Cheikh Ngaïdo Bâ, le talentueux cinéaste et aussi membre du Conseil économique, social et environnemental, sans oublier l’incontournable icône de l’histoire sénégalaise, africaine et universelle, l’éminent professeur Iba Der Thiam. C’est en présence de Monsieur Maxime Ndiaye, Secrétaire général de la Présidence, Oumar Demba Bâ, Conseiller diplomatique du président de la République, le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly, Mbaye Ndiaye ministre d’Etat auprès du président de la République, Mme Penda Mbow, ministre Conseiller auprès du président de la République, mais aussi des présidents d’institutions comme Monsieur Ousmane Tanor Dieng et Madame Aminata Tall. C’est dire que c’est toute la République qui a répondu à l’appel du président Macky Sall, lequel a choisi le plus difficile : l’écriture pour convaincre.

Comme l’a souligné le professeur Mame Moussé Diagne, «Les Convictions Républicaines» s’éloignent des métaphores primordiales, des poèmes lyriques, du discours narratif du roman, ou de la profondeur du texte philosophique. «Convictions Républicaines» n’est pas non plus une œuvre mémoire. «Convictions Républicaines», dans le tome I, est classé comme un Essai, dans la grande famille des œuvres regroupant Réflexion, Etat des lieux, Perspectives, Bilan, mais aussi actions présentes et même à venir.

En se livrant à cet exercice, Macky Sall s’arme de sincérité, de courage et même de témérité. Mais c’est le prix aussi à payer pour convaincre. En s’éloignant volontairement des contingences et des convictions politiques, Macky Sall a librement opté pour les convictions républicaines, ce qui l’honore et nous rassure en même temps.

En mettant en exergue, dans cet ouvrage le développement, les institutions, la gouvernance, la paix et la sécurité, le président Macky Sall n’utilise pas de clichés, encore moins de symbolismes ou de préambules pour attirer son public. Il s’inscrit uniquement dans l’action de ses projets constants réalisés, en comparant les faits de 1960 à nos jours.

Dans cet ouvrage de près de 300 pages, sur 6 chapitres, rien n’a été laissé au hasard. Sans défiance, ni autosatisfaction, le président Macky Sall laisse la porte ouverte à la confrontation, à l’opposition et à la contestation, en fait au combat d’idées. En choisissant une publication d’une série de 04 ouvrages pour s’adresser aux Sénégalais, sans clause de styles, avec franchise, le président écrivain ne s’évade point dans un langage obscur, fait parfois de métaphores, de tournures insaisissables, mais dans un style direct et consommable.

En choisissant l’acte d’écrire, le président Macky Sall a très tôt compris que même si cet acte est solitaire, il n’en demeure pas moins que sa destinée est toujours sociale, populaire et communautaire, mais aussi républicaine et politique, quand la situation l’exige.

Le président de la République a compris qu’il n’y a pas de littérature neutre. Il sait aussi que même si notre civilisation est basée sur l’oralité, l’écriture a permis à travers les âges de maîtriser le Coran, la Bible, avec des caractères adaptés à nos réalités. Il a aussi compris que «les paroles s’en vont et les écrits restent» : «Verba volent scripta manent », comme disent les Latins.

Le président de la République a aussi compris que sans édition, il n’y a pas d’écrivains. C’est la raison pour laquelle, il a mis en place une politique éditoriale de qualité, magistralement pilotée par le ministre de la Culture, Monsieur Abdou Latif Coulibaly, et mise en œuvre par le professionnel Directeur du Livre et de la Lecture : Monsieur Ibrahim Lô. Il a aussi compris que l’édition est une activité souveraine, c’est la raison pour laquelle, comme il l’a promis, le

Fonds d’Aide à l’Edition va être bientôt porté à 1 milliard de FCfa. A cet effet l’actuel Ministre de la Culture vient d’installer le comité de gestion.
Parallèlement à cette démarche salutaire pour la promotion du livre, il faut saluer l’émergence d’un mécénat éditorial et culturel incarné par Mme Aminata Fall Sidibé, Administratrice Générale de la Fondation Sonatel. En anticipant sur les thèmes des autres ouvrages, le président Macky Sall a voulu tout simplement mettre à l’aise le futur lecteur, sur un programme réfléchi, dont l’action salvatrice s’installe dans la durée. En parlant du Pse, de la crise universitaire, de la charte des Assises Nationales, du Monument de la Renaissance, le président Macky Sall, loin de fuir le débat l’ouvre dans une démarche républicaine, sans faux fuyant, démarche ouverte à la discussion et à la contradiction.

Au sortir de cette mémorable matinée qui sera sans doute gravée dans les limbes de l’histoire et dans les rails de l’espérance sacrée, en  ma qualité de président de l’Association des Ecrivains du Sénégal, je me réjouis de la venue de cet illustre nouveau membre, qui a aussi compris que le drame d’un peuple commence toujours par le silence de ses écrivains. Heureusement qu’au Sénégal, de 1960 à nos jours, aucun écrivain n’a été exécuté, emprisonné ou assassiné à cause de ses écrits. Cela nous le devons à l’esprit d’ouverture de nos décideurs, mais aussi au patriotisme de nos écrivains.

«Convictions Républicaines», cet ouvrage de qualité, écrit dans un langage souple, débarrassé de tous clichés nocifs, d’images négatives, prouve une nouvelle fois que le scientifique Macky Sall n’a pas dérogé à la règle, ni à l’histoire. En effet, le siècle des Lumières a été marqué par l’éclosion littéraire des scientifiques : avocats, médecins, mathématiciens, para-militaires, entre autres.

Avec cette première publication, l’Aes accueille l’écrivain Macky Sall dans la grande famille des élus de la Muse, des témoins de leur temps, des faiseurs d’idéal comme il sied dans son statut, dans la famille de reculeurs de bornes et des bailleurs de conscience. L’Aes salue cette belle œuvre, didactique, éducative, politique, culturelle à la dimension du génie sénégalais, dont l’acte d’écriture perfore les cimes inaccessibles, les frontières en rebellions, les messages des Musées parlants et installe surtout certains auteurs dans le panthéon des hommes symbole, des hommes mémoire, des hommes destin.

«Convictions Républicaines», rentre bien dans la bibliothèque des œuvres trans-temporelles qui résistent aux paliers des âges et s’opposeront toujours aux tourbillons des mers océanes à la rencontre des jeunes ruisseaux à cadences bibliques.


Par
Alioune Badara BEYE

Président de l’Association des Ecrivains du Sénégal (Aes)
Président de la Fédération internationale
des écrivains de langue française (Fidelf)

 

Aujourd’hui, dans notre pays, les citoyens s’accordent dans une grande majorité que Idy est en train de ruiner sa carrière politique, si ce n’est déjà fait. Cette déroute qui ne date pas d’aujourd’hui découle à mon sens, d’une information imparfaite dans ses prises de décisions à des moments clés de sa carrière. Pourtant, avec son vécu, il devrait savoir que seul le peuple est souverain. L’avenir du Sénégal ne se décide ni à Washington, ni à Jérusalem, ni dans aucune autre capitale étrangère, mais bien ici, chez nous, au Sénégal. Peut-être que ses absences de longue durée ont-elles finalement rendu imparfaite son information sur les priorités réelles de notre peuple. En effet, «seul le réel est le rythme de l’Histoire».

En management stratégique, il est connu que pour imposer une vision conquérante, il est perdant de combattre le leader du moment sur son propre terrain, en copiant sa stratégie, sa tactique, ses méthodes et ses instruments. Comme d’autres avant lui, le Idy nouveau a d’abord souhaité emprunter à Macky sa stratégie conquérante de 2012. Certains s’y étaient déjà essayés vainement pour tenter une échappée. Les photos circulent : on en aura vu des politiques, sortir des cases du Sénégal profond, le pied gauche bien en avant, l’œil rivé sur la caméra, pour pouvoir dire aux sénégalais : comme Macky, moi aussi, je l’ai fait. Si ce n’était du tourisme politique, l’exercice lui ressemblait bien. En stratégie politique, l’expérience ne marche jamais deux fois.

A la suite de ce tour inachevé du Sénégal, le Idy nouveau s’est rendu très vite compte qu’il lui en faudrait davantage sur le terrain car comme le dit un proverbe africain, «la force du baobab est dans ses racines». Or, avec le départ de tous ses compagnons de la première heure, qui disposaient par ailleurs de fortes assises locales, ce qui reste de son parti ne pouvait aucunement lui servir d’appareil efficace de conquête du pouvoir. Idy changea donc de stratégie.

Le Idy nouveau opta ainsi pour la promotion d’un bouleversement radical de l’ordre en cours, afin d’imposer à la vie politique, son protocole et ses règles à lui. Cette stratégie excessive inscrite dans une discontinuité totale de l’ordre, dans la violence du verbe et la négativité des acquis du peuple, puise également sa source dans une information imparfaite, car elle bouscule en définitive la cohésion sociale de la nation. Il va ainsi, tour à tour, promettre le changement de l’hymne national, du nom officiel de notre patrimoine commun qu’est le Sénégal, un nom gravé dans le marbre, dans notre Constitution. A l’image de la République française, la République du Sénégal serait, avec Idy, dénommée République sénégalaise. Tout un programme !

Même la Qibla des musulmans changerait, pour pointer désormais vers Jérusalem la vraie Bakka ? Quant à nos parents chrétiens, qu’ils sachent dorénavant que la langue du prophète Jésus était en réalité l’hébreu et non l’araméen (sa vraie langue maternelle), parce que Jésus serait un prophète juif, selon le Idy nouveau, le messie ?

Pourtant Idy devrait savoir qu’en philosophie, le «connais-toi toi-même» socratique est un appel à la mesure comme voie pour atteindre la sagesse, mais il consacre aussi un appel à la vertu du repli intérieur et à la modestie pour l’humain dans cet univers cognitif, temporel et spatial hors-norme dont la dimension physique et morale n’est connue véritablement que par Dieu L’Omniscient. Idy ne se connaît pas lui-même. Il confond tout et se confond dans tout. Sa préférence (irréversible) pour le raccourci et le compromis, à la place de l’engagement et de l’audace, conduit inéluctablement à sa perte, sans qu’il n’en soit véritablement conscient.

En politique, le raccourci du compromis, c’est le pouvoir par la cooptation et le manque d’audace. Hier, Idy attendait le pouvoir de Wade, et non du peuple. Il ne l’aura pas eu en définitive.

Aujourd’hui il l’attend de l’étranger, et non du peuple. Il risque encore de le rater. Espérons que son œcuménisme naissant, fruit de ses rencontres «depuis deux ans avec des exégètes des trois religions révélées», selon ses propres propos, ne lui créera pas un destin à la Maimonide le cordouan, tel que nous l’a conté son ami Jacques Attali dans «la Confrérie des Éveillés».

Shalom à Idy l’Eveillé !

Mazal Tov !

Par Mohammadou Bamba SYLL
Ingénieur en Telecom

Mes chers compatriotes,
J’ai longtemps résisté à la tentation de m’exprimer sur un «débat» qui aurait pour origine l’expression libre d’un citoyen sénégalais. J’ai finalement cédé, non pas pour alimenter une quelconque polémique, mais seulement pour inviter les uns et les autres à la retenue. Comment ne pas s’émouvoir face à un discours incendiaire qui se propage à travers les médias sociaux, un discours qui n’honore pas notre pays qui a toujours été cité comme modèle de gestion constructive de la diversité. L’esprit d’ouverture, de tolérance, et mieux encore le respect de l’autre dans sa différence, sont jusqu‘ici la marque de notre génie. C’est ce génie qui nous a assuré la stabilité et la cohésion tant vantées.

A l’occasion du lancement du Plan d’action des leaders religieux pour la prévention de l’incitation à la violence qui pourrait déboucher sur des atrocités criminelles, j’ai pu mesurer, de manière hautement appréciable, le respect dont jouissait notre pays auprès des leaders religieux, toutes religions confondues. Le Sénégal n’est-il pas l’unique pays au Monde, à dominante musulmane, à avoir été dirigé pendant près de vingt ans par un chrétien, Léopold Sédar Senghor ? Le Sénégal, le seul pays au Monde qui ait compté au sein d’une même famille un Cardinal et un Imam ! Le Sénégal, un pays où les fondateurs des confréries musulmanes sont reconnus comme des soufis, des « jihadistes» de la paix ! Nous ne nous prévalons et ne nous honorons de cet héritage que parce qu’il nous sert par ailleurs de boussole.

Aussi, devrions-nous nous garder de croire qu’il existe un seul pays au Monde qui soit immune d’atrocités criminelles et que ce pays se nommerait le Sénégal. Un tel pays n’existe pas et les atrocités criminelles n’arrivent pas, en général, de manière soudaine ou spontanée. Elles sont le résultat d’un processus qui requiert du temps et nous devons, dès lors, utiliser ce temps-là pour agir face aux signaux d’alerte.

Notre pays a jusqu’ici été épargné par les conflits à caractère religieux, ethnique ou racial. Pour avoir parcouru le monde depuis plus de 35 ans au service de la paix, des Droits de l’Homme, de la primauté du droit, été le témoin impuissant d’atrocités sur le théâtre des conflits, permettez, sans vouloir jouer à l’oiseau de mauvais augure, que je vous rappelle les dangers du discours de haine et d’incitation.

Certes, le droit à la liberté d’expression est protégé par le droit international, mais le discours qui constitue une incitation à la violence est tout autant interdit. L’Etat sénégalais a la responsabilité première de prévenir l’incitation et de protéger ses populations face aux atrocités criminelles. Toutefois, nous sommes tous solidairement responsables pour faire cesser le discours de haine et la violence qu’il engendre et encourage.

A cet égard, les leaders religieux sénégalais peuvent jouer un rôle éminent auprès de leurs disciples pour que cessent les discours haineux, on ne peut plus récurrent hélas, à travers les médias sociaux. Il urge aussi que les responsables des media traditionnels exercent la plus grande vigilance pour ne pas se prêter au jeu des apprentis sorciers qui ne mesurent pas le risque qu’ils font courir à notre cohésion nationale. Croyez-moi, je suis fier d’appartenir à un Peuple réputé pacifique, un peuple généreux et un peuple ouvert au monde. En effet, dans toutes les contrées où je me suis rendu, j’ai toujours eu un immense plaisir à rappeler que je venais d’un pays qui symbolise le respect de la différence.

Pour rappel, le plan d’actions des leaders religieux auquel j’ai fait référence a été lancé à New York, le 14 juillet 2017, sous la présidence de Antonio Guterres, Secrétaire Général des Nations unies. Ce Plan était l’aboutissement d’un processus entamé à Fès, cité spirituelle, en avril 2015.

Ayant grandi à l’ombre de Thierno Seydou Nourou Tall qui incarnait le Dialogue Islamo-Chrétien, inspiré par le patriotisme de Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma, abreuvé aux multiples sources sénégalaises de vie spirituelle, j’ai osé initier ce processus en engageant le dialogue avec les leaders religieux. Ma conviction demeure intacte que le succès engrangé par mon initiative a été, en partie, dû au fait que je viens du pays de Oumar Foutihou Tall, de Khadimou Rassoul, de Mawdo Malick, de Hyacinthe Thiandoum et tant d’autres leaders et acteurs qui ont marqué de leur empreinte la vie spirituelle de notre beau pays. Tournons définitivement la page de ce «débat» et accordons-nous réciproquement le pardon.

Que Dieu protège le Sénégal !

Par Adama DIENG
Secrétaire général adjoint des Nations Unies
Conseiller spécial pour la prévention du génocide

C’est un truisme de dire que les étudiants méritent toute l’attention de notre République. Les temples du savoir que constituent nos universités sont des lieux de bouillonnement intellectuel qui fait la fierté de notre nation. Pour la prise en charge des conditions d’études de nos jeunes frères et sœurs, le chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Macky Sall, a opéré une véritable révolution qui donne une nouvelle dimension aux efforts déjà consentis depuis 2012. Ainsi l’ampleur des mesures prises ce lundi 28 mai 2018 constitue un motif d’espoir car ce sont des avancées inédites.

Les bourses sociales et allocations connaîtront une hausse et passeront, dès la rentrée 2018-2019, de 18.000 FCfa à 20.000 FCfa pour la demi-bourse, de 36.000 FCfa à 40.000 FCfa pour la bourse entière, de 60.000 FCfa à 65.000 FCfa pour la bourse de troisième cycle et de 60.000 FCfa à 100.000 FCfa pour l’aide sociale. En outre, une bourse d’accompagnement est envisagée pour éviter la perte de la bourse liée à l’allongement des études. L’augmentation des bourses aura un impact financier de 4 milliards de FCfa. En plus de ces augmentations, le chef de l’Etat a réaffirmé que toutes les dispositions seront prises pour un paiement des bourses au plus tard le 05 de chaque mois.

Dans le même ordre d’idées, le prix de la restauration va baisser dès le 1er juillet 2018, passant de 75 FCfa à 50 FCfa pour le petit-déjeuner et de 150 FCfa à 100 FCfa pour le déjeuner et le dîner. Ainsi, avec la baisse du coût du ticket de restauration conjuguée à l’augmentation des bourses et allocations, les conditions d’études de nos chers étudiants s’en trouveront améliorées.

Dans le lot des besoins des étudiants, figure en bonne place l’hébergement. Pour ce volet essentiel, le Président Macky Sall a décidé de l’augmentation des capacités d’accueil des différentes universités, avec 3.000 lits de plus pour le Coud, 1.000 lits pour l’université Assane Seck de Ziguinchor (Uasz), 2.000 lits pour l’université Gaston Berger de Saint-Louis (Ugb), 1.000 pour l’université Alioune Diop de Bambey (Uadb), 2.000 lits pour l’université Amadou Makhtar Mbow de Diamniadio (Uamm), 1.000 lits pour l’université de Thiès et 2.700 lits pour l’université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass, Ussein (dont 1.000 pour le site de Kaolack, 1.000 pour le site de Fatick et 700 pour le site de Gossas).

Qui dit université, dit aussi besoins en infrastructures sportives et moyens logistiques. Le chef de l’Etat l’a compris en décidant de la construction et la réhabilitation des infrastructures sportives et d’une dotation de 30 bus, dont 6 pour l’Ucad, 3 pour l’Uadb, 2 pour l’Uasz, 2 pour Thiès, 1 pour l’Esp et 1 pour chacun des établissements de l’enseignement supérieur public du Sénégal. A cela il faut ajouter 5 ambulances neuves pour Bambey (2), Ziguinchor (1), Thiès (1) et Saint-Louis (1). Les Espaces numériques ouverts (Eno) seront finalisés ainsi que les différents chantiers en cours de construction.

Le renforcement du capital humain est, rappelons-le, l’axe 2 du Pse. Le chef de l’Etat accorde ainsi une place de choix à l’éducation et à la formation. Dans le domaine de l’enseignement supérieur, sa vision d’une université au service des citoyens est matérialisé par son ministre en charge du secteur, Pr Mary Teuw Niane, à travers de nombreuses actions dont, entre-autres, un programme de 50 Eno, conception unique en Afrique, les Centre de recherche et d’essai (Cre), les Isep bien adaptés au contexte régional et qui fonctionnent selon une alternance salles de classe - lieu professionnel, la Cité du Savoir à Diamniadio sur un espace de 14 hectares, le projet un étudiant – un ordinateur qui profite déjà à 47.100 apprenants, le renforcement des blocs pédagogiques, la construction de nouveaux pavillons, l’installation effective des différents directeurs de Crous, la bourse automatique pour les bacheliers des séries en extinction (S1, S3, S5, T1 et T2), la gratuité des ordinateurs pour l’Uvs, l’augmentation du débit de la connexion dans les campus, la mise en application des 78 recommandations de la concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur, la dématérialisation des inscriptions et des demandes de bourses.

En définitive, l’Etat sénégalais a consenti d’importants efforts dans l’enseignement supérieur avec 434 milliards investis en cinq ans, entre 2012 et 2017, soit 2,5 fois qu’en 52 ans, de 1960 à 2012. Ces efforts viennent d’être boostés par les décisions courageuses prises ce lundi 28 mai 2018 par le Président Macky Sall qui a fait tout son cursus dans l’université publique sénégalaise et qui a affirmé avec raison à l’endroit des étudiants : «Personne ne peut vous écouter mieux que moi. Personne ne peut vous entendre mieux que moi. Personne ne peut vous comprendre mieux que moi.» Chapeau au Président qui sait écouter et comprendre sa jeunesse. Puissent ces mesures apporter plus de stabilité dans l’espace universitaire, condition sine qua non d’une formation et d’une recherche de qualité. Puisse le duo Macky-Mary Teuw continuer à apporter de l’espoir à nos vaillants étudiants.

Par
Mamadou Moustapha FALL

Coordonnateur de la CRIC
Coordonnateur la FEER
départementale
de Tivaouane

 

Je voudrais apporter un témoignage sur les événements dits de 68, et apporter ainsi ma contribution à l’approfondissement de la connaissance de cette période de notre histoire. Plutôt qu’à une analyse, je me livrerai à une simple narration de ma part de vécu de ces événements. Jeune professeur de sociologie, j’étais alors à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines où je terminais  ma première année d’enseignant. Par ailleurs, je militais à l’Amicale des enseignants africains de l’Université (Apaes) et au Syndicat des professeurs africains du Sénégal (Spas), syndicat oublié et peu connu aujourd’hui. Il fut le premier syndicat sénégalais de l’enseignement secondaire, fondé par les premiers professeurs sénégalais, parmi lesquels Amadou Makhtar Mbow et Assane Seck. Il était alors dirigé par le professeur Séga Seck Fall, l’homme du fameux «arrêté Séga Seck Fall» qui a fait jurisprudence parce que déboutant le gouvernement. L’année universitaire avait été agitée, comme partout ailleurs dans le monde, mais on s’acheminait normalement vers les examens quand la crise a éclaté.

GREVE DES ETUDIANTS ET  REPRESSION

Pour ne pas trop insister sur les causes et conditions premières de son déclenchement, je dirai simplement qu’elle est partie du fractionnement de certaines bourses d’étudiants et de la réduction des mensualités par le Gouvernement de Senghor. Suite à cette décision l’Union des étudiants sénégalais (Udes), appuyée par l’Union générale des étudiants de l’Afrique occidentale, a entamé une série de mouvements partiels avant de décréter une grève générale illimitée accompagnée de quelques autres actions. C’est à ce moment qu’au syndicat, nous avions commencé à suivre la situation. Nous nous réunissions sans arrêt dans une salle du lycée Maurice Delafosse.

Les forces de l’ordre avaient commencé à être positionnées sur la corniche, en tenue de combat avec casques, treillis, gilets, guêtres, fusils et autres éléments. Ainsi harnachés et armés, ils sont restés debout, alignés en colonnes, jour (en plein soleil) et nuit, pendant plusieurs jours. Mes collègues et moi, nous observions cela et nous disions que des hommes, ayant subi un tel traitement, feront très mal, quand ils seront lâchés. Nous ne nous étions pas trompés.

Quand ils ont reçu l’ordre d’entrer sur le campus universitaire, ils l’ont fait par la porte de la corniche, contrairement à ce qui se fait actuellement en la matière.
Ils ont alors commencé à ratisser et à taper férocement sur tout ce qui bougeait et ressemblait à un étudiant. Ensuite, ils ont progressé  jusqu’à la cité universitaire où ce fut le carnage, ce qui n’est pas trop dire, car  en plus des très nombreux et graves blessés, il y eut un mort, un étudiant libanais, si mes souvenirs sont exacts. Il avait été frappé à mort dans la salle de détente. Il convient de signaler que la nature et la gravité des blessures de cette époque sont dues au fait que les forces de l’ordre frappaient avec les crosses des fusils (la partie en bois), et  de préférence sur la tête.

Il n’existait pas encore ces cravaches actuelles en caoutchouc dur appelées, je crois, «lifts», plus douces  j’imagine (rire ! j’ai eu dans ma vie à recevoir des coups de crosses mais pas de ça).  L’université fut fermée, les étudiants étrangers seront plus tard rapatriés. Les blessés furent conduits à l’hôpital Le Dantec, tandis que d’autres, le grand nombre, étaient arrêtés et internés au camp militaire Archinard de Ouakam. En très peu de temps, l’hôpital et les abords du camp  furent assiégés par les parents et la population  indignés par  la férocité de la répression et les emprisonnements. Ils découvraient ainsi, dans sa première manifestation, la répression estudiantine, une réalité dont plus tard, ils finiront par s’accommoder tellement elle sera  récurrente dans la vie du pays.

INDIGNATION GENERALE ET SOUTIENS AUX ETUDIANTS

L’indignation déboucha sur un vaste mouvement de soutien. Dans les lycées et autres établissements la grève générale fut déclenchée et les élèves descendirent dans la rue. A la faculté, le Doyen Louis Vincent Thomas, dont j’étais l’assistant, s’était beaucoup investi. Nous sommes allés ensemble à l’hôpital voir si nous avions des étudiants parmi les blessés. Un spectacle désolant s’était offert à nos yeux. Dans une grande salle, étaient allongés de nombreux étudiants avec toutes sortes de bandages ensanglantés, à la tête pour beaucoup d’entre eux. Certains poussaient des gémissements difficilement supportables. Après avoir identifié nos étudiants et nous être entretenu avec eux, nous avons mis le cap sur le camp Archinard. Les étudiants y avaient été bien traités par les soldats et leur chef, mon ami Assane Mbodj (dit «Petit papa») qui, dès leur arrivée, leur avait tenu un langage tout à fait militaire : «Je n’ai pas demandé à vous recevoir ici, si vous ne m’emmerdez pas, je ne vous emmerderai pas».

Retournés à la faculté, le Doyen Thomas, qui fut très courageux, prit l’initiative de convoquer une assemblée générale de tous les enseignants  de la faculté, ce qui, plus tard, lui coûtera cher. Durant la réunion, furent énergiquement dénoncées les violences policières qui s’étaient produites à l’Université. C’était la première, et la dernière fois, que les coopérants français prenaient position sur des conflits entre le gouvernement et les étudiants.

REACTION DES SYNDICATS DE TRAVAILLEURS

Les syndicats de travailleurs se sont, pour leur part, tout de suite engagés dans le mouvement de soutien aux étudiants. Ils avaient tous pris position contre la répression des étudiants. Même l’Union nationale des travailleurs du Sénégal (Unts), la centrale proche du gouvernement, l’avait fait. Elle avait même lancé un appel à la concertation entre tous les syndicats. Le nôtre, le Spas, après une  assemblée générale, prit la décision de s’associer aux protestations et de répondre favorablement à l’invitation de l’Unts, centrale  dont nous n’étions pas membres en raison de sa proximité avec le gouvernement. Par la même occasion, le syndicat nous désigna Maguette Thiam, ancien secrétaire général du Pit et moi-même, pour le représenter et accompagner notre secrétaire général Séga Seck Fall à la réunion qui devait se tenir à la bourse du travail  alors située à la Rue Escarfait. Celle-ci fut présidée par Alioune Cissé, alors l’un des secrétaires généraux de l’organisation, le second étant Doudou Ngom. Etaient présents  d’autres syndicats affiliés ou non à l’Unts. Les seuls dont je me souviens étaient ceux, des instituteurs (Suel) dirigé par Iba Der Thiam, de la santé représenté par le professeur Iba Mar Diop (qui n’était pas encore à l’Université) le docteur Blondin Diop et je crois, si mes souvenirs sont exacts, Bakhao Seck, futur membre de la Ligue démocratique (Ld) et dirigeant  du Syndicat unique des travailleurs de la santé (Sutsas).

Lors de cette réunion, il fut mis  sur pied, une coordination, coiffée par l’Unts, qui ressemblait un peu à ce que l’on appelle aujourd’hui une «intersyndicale». A partir de ce moment, nous nous réunissions alors  tous les après-midi à partir de 18 h, à l’étage de la bourse. Chaque jour, pendant que nous nous réunissions à l’étage, la section régionale ou de Dakar de l’Unts (je ne me souviens pas de sa dénomination exacte) tenait ses réunions  dans la cour du rez-de-chaussée, d’où nous parvenaient les échos des interventions enflammées, fortement applaudies, en particulier celle du secrétaire général qui était très éloquent. Je ne sais plus de qui il s’agissait, peut-être était-ce Madia Diop ? A l’unanimité, les orateurs demandaient la grève générale immédiate.

GREVE GENERALE ET ASSAUT DE LA BOURSE DU TRAVAIL PAR  LA GENDARMERIE

 C’est dans ces conditions que la grève générale fut finalement  décidée par l’intersyndicale et immédiatement mise en exécution. Le jour des événements (le 28 mai) elle était  totale dans tout le  pays. Les  travailleurs, qui devaient se rassembler à la bourse du travail, avaient commencé à converger vers elle. Il n’y avait pas de moyens de transport mais, déterminés, les gens se débrouillaient pour venir. En montant sur Ouakam, avec ma voiture, à la  recherche de Maguette Thiam, qui avait tardé à se présenter à la réunion de l’intersyndicale qui devait se tenir, sans doute parce qu’il n’avait pas trouvé de moyens de transport, j’ai alors croisé des  masses de gens  qui s’acheminaient à pied vers  la bourse. Beaucoup d’entre eux  ainsi que quelques dirigeants syndicaux, parmi lesquels celui que j’étais allé chercher,  n’auront pas le temps d’arriver à destination.

En effet, très peu de temps après mon retour à la bourse devant laquelle se trouvait déjà une foule immense, les grenades ont commencé à tonner. Ayant déjà commencé la réunion à l’étage, et le temps que nous nous précipitions à la  fenêtre pour voir, il n’y avait plus personne dans la rue mais des chaussures de toutes sortes (rires), jonchaient en grande quantité le pavé. La rue dégagée, les gendarmes alors dirigés par un ami aujourd’hui disparu, entreprirent de monter vers nous. Nous entendîmes alors le bruit impressionnant de leurs bottes dans les escaliers. Il y eut parmi nous un début de panique tout de suite stoppé par Alioune Cissé, le secrétaire général de l’Unts, un homme pondéré, digne, courageux.
Après avoir rétabli le calme, en très peu de mots tout à fait pertinents, il nous  a invités à les attendre dignement, assis autour de la table. C’est ainsi qu’ils nous ont trouvés après avoir défoncé à grand bruit et à coups de crosse la porte qui, si mes souvenirs sont exacts, n’était d’ailleurs pas fermée à clé. La porte tombée, le premier entré, avec une nervosité extrême, tremblant, braqua sur nous son pistolet et nous demanda de lever nos mains en l’air, ce que nous fîmes, comme au Far West. Commencèrent alors les insultes, les gifles et autres poussées avec le bout du fusil pour nous faire descendre rapidement les escaliers.

ARRESTATION ET DEPORTATION DES SYNDICALISTES ET DES EMEUTIERS

Une fois  dans la rue, les coups de pied prirent le relai pendant qu’on nous acheminait en colonne vers les véhicules qui, pour notre malheur, étaient garés très loin. Un gendarme s’était particulièrement acharné sur Séga Seck Fall qui, en réponse, lui avait dit à haute voix  qu’il fera tout pour le retrouver un jour. Nous fûmes aussitôt séparés. Les principaux dirigeants furent envoyés immédiatement par avion à Dodji au Djolof, tandis que nous autres nous étions déposés sur l’immense terrain (de sport, je crois) de la gendarmerie où nous sommes restés assis à même le sol, au soleil jusque dans l’après-midi. Pendant que nous étions dans cette position, les travailleurs dégagés de la bourse, avaient déclenché l’émeute. Celle-ci  se répandit par la suite,  rapidement, dans la ville et dura toute la journée et une partie de l’après-midi. Nous en avions un écho car nous entendions le bruit des grenades qui éclataient sans arrêt dans différentes parties de la ville. A un moment donné le bruit est même venu de derrière le mur d’enceinte du stade de la gendarmerie où nous nous trouvions. Des camions venaient sans cesse déposer des manifestants arrêtés tandis qu’un hélicoptère  descendait et repartait sans arrêt, après avoir chargé des caisses de grenade.

A un moment donné, un officier excité du Gmi, est venu nous insulter et pointant son arme vers nous, il nous dit que nous méritions d’être fusillés. Vers 18 heures, de vieux camions militaires sont arrivés et  nous ont transportés, en un très long cortège, vers une destination que nous ignorions alors. Nous étions entassés, assis à même la plateforme des camions, entourés par des gardes assis sur les rebords, les fusils pointés vers nous. Je me souviens qu’à un moment donné, un des prisonniers, banquier de son état dans ma propre banque, ayant un canon de fusil chargé trop prêt de sa tête, l’a écarté de sa main. Malheur à lui car l’élément du Gmi se mit à l’insulter et posa alors carrément le bout de son fusil sur sa nuque et cela jusqu’à notre arrivée à Thiès qui était notre destination finale. Nous en  avons ri plus tard lui et moi, qui, en souvenir de notre commune aventure, nous appelions mutuellement «la classe», chaque fois que nous nous rencontrions dans la banque.

INCARCERATION ET CONDITIONS DE VIE AU CAMP DU GMI A THIES

A Thiès, où nous sommes arrivés alors qu’il faisait nuit, on nous a conduits à la grande caserne du Gmi. Avant de descendre, nous  avions dû attendre, pendant des heures, au fond des camions, qu’un grand hangar, qui servait habituellement de débarras, soit vidé des nombreux objets qui s’y trouvaient. C’est ainsi que nous avons passé notre première nuit à même le sol et dans la poussière dans ce lieu non balayé. Le matin, quelques miches de pain, envoyées par la population, si mes souvenirs sont exacts, nous ont été distribuées. Dans la journée, le professeur Bouna Gaye, membre de notre syndicat, alors en service à Thiès, est venu aux nouvelles. Après nous avoir identifiés, il a aussitôt organisé notre ravitaillement. Pendant tout le temps que nous avons été à Thiès, nous avons eu nos trois repas, reçu des nattes et autres commodités. Il en fut de même pour d’autres détenus qui avaient alerté leurs parents et relations à Thiès.

Je ne me rappelle pas que l’administration ait participé à la nourriture des détenus. Ce qui est sûr, c’est que tout le monde mangeait à sa faim, je crois. Nous nous étions, par ailleurs, organisés pour les besoins de notre séjour carcéral et avions fait de notre doyen, le docteur Blondin Diop, notre représentant auprès de l’administration du camp. Il s’en était fort bien acquitté. Constamment sur la brèche vu qu’en tant que médecin, il assistait également les blessés et les malades.

Tout allait bien sauf que quelques personnes n’arrivaient pas à supporter l’incarcération et le manifestaient de plusieurs façons. Au bout de quelques jours, un officier français (je dis bien français) est venu recenser les détenus et relever les identités. Lorsqu’il en est arrivé à moi et que j’ai décliné ma profession de professeur d’université, je me souviens qu’il avait secoué la tête d’un air de désapprobation de ce qui s’était fait. Nous avions un peu discuté et il m’avait demandé pourquoi tant de cadres avaient participé aux manifestations, ce que je lui avais expliqué.

RETOUR A DAKAR ET NOUVELLE  INCARCERATION AU COMMISSARIAT CENTRAL

Après son passage et après plusieurs jours passés à Thiès, certains d’entre nous ont été extraits, mis dans un car et conduits à Dakar. Il s’agissait en réalité de tous les cadres (professeurs, médecins, ingénieurs, banquiers et autres) qui avaient été identifiés par l’officier. A Dakar, nous avons été à nouveau incarcérés, cette fois au commissariat central, plus exactement en face, dans une salle se trouvant au fond de la brigade des accidents actuelle. Nous avions pu joindre nos familles, mais elles ne pouvaient pas nous rendre visite, tout juste avaient-elles la possibilité de nous envoyer nos repas, du matériel de couchage et autres choses dont nous avions besoin. Seul  le professeur Cheikh Anta Diop avait pu nous rendre visite, au docteur Blondin Diop et à moi-même, ce qui nous avait beaucoup réconfortés. Nous sommes restés là quelques jours puis nous avons été libérés  ainsi que tous ceux qui avaient été arrêtés.

LE DENOUEMENT

Ce qui s’est passé entretemps est connu. Entre autres choses, le second  secrétaire général de  l’Unts, Doudou Ngom, qui était en mission à Genève, est revenu et a levé le mot d’ordre de grève générale. Ensuite, il y a eu des négociations entre le gouvernement et les syndicats de travailleurs puis les organisations d’étudiants. Pour ne m’en tenir qu’au système d’enseignement, tous les écoles et établissements secondaire restant fermés, quelques élèves brillants, dont feu Sémou Pathé Guèye, ancien responsables du Pit, furent envoyés passer le bac en France, cela afin de leur permettre de s’inscrire dans une grande école à la rentrée.

Pour les autres, il fut organisé, en octobre, la fameuse session unique et orale du baccalauréat pour laquelle j’avais eu à interroger en philosophie des élèves du lycée Gaston Berger de Kaolack. Un professeur de médecine rencontré récemment m’a rappelé l’avoir interrogé en cette occasion. L’université étant également fermée, l’année universitaire fut blanche. Toutefois, elle redevint fonctionnelle à la rentrée suivante, amputée cependant d’un certain nombre de départements parmi lesquels le mien, le département de sociologie. Ses professeurs français, le Doyen Louis Vincent Thomas, à qui il  n’avait jamais été pardonné le rôle qu’il avait joué pendant les événements, et l’anthropologue, Jacques Lombard, furent rapatriés tandis que ses étudiants étaient envoyés en France. Quant à moi, le rescapé je fus…. tous comptes faits, je préfère m’en arrêter là car, pour parler comme l’écrivain Rudyard Kipliing (terminant une histoire qui aurait pu rebondir), je dirai que «Ceci, c’est une autre histoire».

Par
Pr.  Boubakar  LY

A la retraite
Département de sociologie
Flsh-Ucad de Dakar

 

Excellence Monsieur le président de la République,
Nous voudrions tout d’abord vous adresser nos chaleureuses salutations et nos sincères félicitations et remerciements suite au dénouement heureux de la crise qui a secoué nos universités. Nous sommes fiers de l’esprit de grandeur et de dévouement d’apôtre dont vous avez fait  montre. Cela en dit long sur votre détermination sans faille à trouver des réponses aux préoccupations des pensionnaires de ces hauts lieux du Savoir. Il est vrai  que, durant des semaines, nos universités étaient paralysées. Elles étaient au-devant de la scène avec cette situation douloureuse qui a conduit au décès de l’étudiant Mouhamadou Falilou Sène. Que le Paradis d’Allah soit sa demeure éternelle ! Amine !

Monsieur le président de la République,
En dépit de cette inflation des tumultes et autres turpitudes qui ont marqué l’espace universitaire ces derniers jours, le monde éducatif  vous sera toujours reconnaissant. Pur produit de l’Université Cheikh Anta Diop  de Dakar, vous avez su intégrer, dans votre champ de préoccupations majeures, l’amélioration des conditions de vie et d’études des étudiants. En toute responsabilité, vous êtes animé par l’unique volonté de faire bouger les lignes.
Les nombreuses réformes entreprises au sein des universités sénégalaises vont permettre aux apprenants d’être au diapason de la modernité, mais aussi et surtout, de participer pleinement à l’ère de l’innovation qui s’opère partout dans le monde. Vous êtes de ceux qui pensent que le savoir conduit le monde et à ce titre, vous n’avez de cesse d’outiller la jeunesse en «armes intelligentes». Cela coule de source !

Monsieur le président de la
République,
En recevant les étudiants, afin de trouver, avec eux, la solution nécessaire à leurs problèmes, vous avez fini d’inscrire votre nom au banquet des «Grands Réformateurs» de notre système éducatif. Vous avez su apporter des réponses concrètes aux sempiternelles doléances comme l’augmentation de la bourse entière d’études qui passent désormais de 36.000 à 40.000 FCfa et de 18.000 à 20.000 FCfa pour la demi-bourse. A cela s’ajoute, la réduction drastique des prix des tickets de restauration (100 FCfa pour le déjeuner et le dîner en lieu et place de 150 FCfa et 50 FCfa désormais pour le petit-déjeuner qui était de 75 FCfa). Nous nous en réjouissons du fond du cœur !
Vous vous efforcez, tenacement, d’apporter des solutions aux revendications de ces alevins de l’intelligence. N’est-ce pas  l’ex-président français, Charles Marie de Gaulle qui disait : «Ce ne sont pas seulement les machines et les crédits qui font le progrès. C’est avant tout, la valeur des hommes». Monsieur le président, vous  l’avez compris en  misant sur le capital humain sénégalais afin de bâtir l’Emergence.

Monsieur le président de la
République,
Comme vous le savez sans doute, en voulant parler des conditions  extrêmement difficiles qui constituaient, jadis, de réelles pierres d’achoppement à la réussite des étudiants, nous ne sommes pas profanes en la matière. Etant ancienne leader du mouvement syndical à l’Ucad, nous ne pensons pas être en terrain inconnu. Combien d’étudiants ont fini par déserter à cause des problèmes socio-pédagogiques intenables qui, pourtant, les  forgent pour leur  vie future.
Votre accession à la magistrature suprême, en 2012, a inauguré une nouvelle ère au sein de nos universités. Pour rappel, de 1957 à 2012, l'Ucad ne disposait que de 5.000 lits. De 2012 à ce jour, grâce aux efforts de votre gouvernement, suivant vos instructions, 5.800 lits  nouveaux lits ont été enregistrés. Nous avons également des pavillons dûment livrés dans les différentes universités du pays. Nous pouvons donc en conclure que vous, Monsieur le  président, avez su réaliser en cinq années, ce  que les deux défunts régimes successifs ont fait en cinquante-cinq années !
Dans nos campus sociaux, (Ucad, Ugb), des changements notables ont été enregistrés. Tous les  amphithéâtres ont reçu un véritable coup de jouvence. A l'université de Thiès, notamment, l’hôtel du rail a été réhabilité pour le bien-être des étudiants. De nouveaux bâtiments pour les Ufr des Sciences de l’éducation et de la formation et du sport et trois autres pavillons viennent d’être mis à la disposition des pensionnaires de l’Ugb.
Les Isep, l’Eno et l’Uvs, ainsi que l’élargissement de la carte universitaire, portent l’empreinte du régime de la 2ème alternance politique du Sénégal. Que dire de l’extension notée dans les autres  universités du pays et les autres, en cours de réalisations, comme celle de Diamniadio qui a pour parrain Amadou Moctar Mbow et celle du Sine-Saloum portant le nom d’El hadji Ibrahima Niass ?

Monsieur le président de la
République,
L’adage dit : «Il n’est de plus sourd que celui qui ne veut pas entendre». Malgré vos efforts multiformes et dignes de gloire, des personnes, à la critique facile, s’érigent en idéologues de la médisance pour jeter l’anathème sur les nombreux acquis historiques à votre actif. Ils n’hésitent pas à chausser leurs bottes de cyniques ennemis du progrès du Sénégal pour occulter vos belles réalisations. Vous êtes en train, disons-le sans forfanterie, de MENER LE SENEGAL VERS L’EMERGENCE. Nous saluons le caractère prospectif de vos choix politiques et vous invitons à avoir comme unique bréviaire, ces propos de l’homme de Lettres Khalil Gibran : «Avance et ne t’arrête point.  Car avancer, c’est aller vers la perfection. Marche sans craindre les épines ou les pierres tranchantes dont est parsemé le sentier de la vie, car elles ne rejettent que le sang impur.»


Par
Madame Thérèse
FAYE DIOUF   

Ancienne syndicaliste à
la FLSH de 2005 à 2008
 Coordonnatrice nationale  de la COJER
Directrice Générale de l'Agence Nationale
de la Petite Enfance
et de la Case des
Tout-Petits (ANPECTP)

 

C’est un grand Merci plein d’encouragement que nous voulons lancer en direction de notre Quotidien «Le Soleil», son « Grand Air et Week-end » et à ses Journalistes à travers ses espaces et pages d’informations et de réflexions, de souvenirs et rappels historiques, voire de méditations et d’oraisons.
En parcourant, en  quelques minutes, ces pages, on a envie de dire que certains événements et faits évoqués ou relatés peuvent constituer matière à « dictées » ou « dissertations » pour les élèves et étudiants, à réflexions citoyennes d’éducation, de santé ou de politique.
Ces deux derniers mois d’Avril et de Mai, peuvent nous en donner l’exemple et nous obligent à un «devoir de mémoire». Ce sont notamment des «fêtes et des Figures historiques». Nous pensons au 4 avril et au 1er mai, la Fête nationale et la Fête des travailleurs d’une part, et d’autre part, à des Figures historiques et importantes de notre pays auxquelles nous rendons hommage ! Nous voulons nommer :
• Léopold Sédar SENGHOR, Président en Mai 1968,
• Moctar MBOW (Ancien Directeur Général de l’UNESCO),
• CHEIKH Hamidou KANE (Ecrivain et Auteur),
• Mamadou DIA (1er Vice-Président du Conseil),
• Alioune DIOP de « PRESENCE AFRICAINE » (La Source dans la brousse),
• Valdiodio NDIAYE, Ministre (et son « NON ! historique»)
Nos élèves et étudiants, nos concitoyens, Politiques, Syndicalistes, Religieux, Ecrivains, Créateurs, connaissent-ils assez ces vaillants hommes et citoyens, de dialogue et bâtisseurs de nos Cités et Nation ? Qui sont-ils, qu’ont-ils fait en ces mois et à quelles dates annuelles, en Mai 1968, il y a Cinquante ans ?
Connaissons-nous cet ancien Sénateur, intellectuel et écrivain, l’aîné de tous « Le Kouma de la Lignée » ?, ce grand compatriote qui fut l’invité à Rome, au Vatican, du chef de toute la communauté catholique mondiale, le Pape Paul VI, pour commenter l’Encyclique-déclaration intitulée « La marche des Peuples, de tous les Peuples vers l’Émergence ». Cet aîné nous renvoie au Premier Plan quadriennale du Sénégal de Mamadou DIA, du Père LEBRET et de Cheikh Hamidou KANE.

Nous leurs rendons aujourd’hui, hommage !

Par
Théodore Ndok NDIAYE

Philosophe,
Ancien Etudiant stagiaire
à Paris, Mai 1968
Président d’Honneur de
PRESENCE CHRETIENNE

 

La bourse, c’est la vie de l’étudiant. Son importance lui déborde, va au delà du simple cadre universitaire et épouse toue l’étendue de ses interactions sociales. En réalité, derrière le simple geste d’appuyer sur quelques touches du Guichet automatique de banque (Gab) ou sur son téléphone pour voir dérouler devant lui une somme d’argent que l’Etat lui accorde chaque mois sur la base officielle de critères de mérite et d’excellence, l’étudiant reçoit tout ce qui fait sa vie et celle de ses proches.

Au sein du campus social, la dignité de l’étudiant est suspendue à  sa bourse. C’est d’abord dans sa propre chambre et au milieu de ses camarades qu’elle agit en premier en tant qu’élément distinctif entre les apprenants. Il s’établit, pour emprunter un terme cher à Karl Marx, un vrai «système de classes» qui s’accompagne d’un regard social derrière toute une panoplie d’images, de préjugés et de représentations. Avec la bourse, l’étudiant acquiert une réelle assurance sociale et une très grande fierté parmi ses camarades.

Au niveau du campus pédagogique, la bourse se transforme en un ressort puissant sur lequel l’étudiant s’appuie pour renforcer sa solidité et sa stabilité psychologique. Sous ce rapport, la bourse constitue chez lui un facteur déterminant d’optimisation de ses capacités cognitives et de performance dans les études. Elle représente ainsi, la clé de voûte de la réussite de l’étudiant et la garantie d’un avenir professionnel certain.

En dehors du cadre universitaire, la bourse place l’étudiant au cœur des interactions humaines. Ce qui lui permet de sentir une vraie existence sociale. Par le jeu des échanges autour de la symbolique et de la valeur fonctionnelle de la monnaie, la bourse de l’étudiant participe considérablement au bonheur de la famille et des proches. C’est là où elle revêt un caractère important de la vie sociale. D’ailleurs, elle a fini par emporter la vie de Fallou, changer celle de sa propre famille et modifier la trajectoire professionnelle de hauts responsables universitaires. Elle impactera la vie de certains agents des forces de sécurité et de défense et de leurs commandants.

Tout ce qui précède démontre à suffisance que la question boursière est trop sérieuse pour s’accommoder d’une politique approximative de la part de l’Etat. Ce qui est sûr, c’est que si les pouvoirs publics ne s’emploient pas urgemment à trouver des solutions durables et définitives à la crise boursière cyclique qui secoue les universités, ce sera pour bientôt la fin de la vie de l’enseignement supérieur, lui-même. Des signes sont déjà apparus à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis où les flammes de la furie des étudiants ont emporté une grande partie du bâtiment qui abritait le Rectorat. Et la question que tout le monde se pose, c’est de savoir combien de temps faudra-t-il au nouveau Recteur, ne serait-ce que pour trouver de nouveaux locaux pour son administration ? En attendant, nous ne pouvons qu’espérer que cette situation ne dure pas trop «long-temps» et que ces flammes qui ont dévasté le centre stratégique de ce haut lieu du savoir n’emporteront pas aussi toute la vie de l’enseignement supérieur au Sénégal, et avec elles, l’avenir de toute une nation.

Par
Khalifa MBODJ

Ancien étudiant de Sanar

 

Le cas Idrissa Seck n’est plus politique ; il est névrotique. Il n’est plus pathétique ; il est pathologique. Il n’est plus dramatique ; il est traumatique. Son cas ne se comprend pas sous l’angle de la raison, mais de celui de la déraison de la raison. Il ne faut plus accabler Idrissa Seck ! Il faut le sauver, diantre ! De quoi donc ? De la tyrannie de son obsession. De l’enclos de son obnubilation. De son déni de la réalité. De l’hypertrophie de soi.
L’homme, personne ne l’ignore, est obsédé par son ambition de devenir président de la République. Il s’était fixé une ambition comme un horizon politique indépassable : être le quatrième président de la République. Et il y tenait mordicus et ad mortem. Qu’il vente, qu’il neige. En 2012, il a venté, il a neigé. Et il n’a pas venté et il n’a pas neigé, non plus. Idy n’a pas été président de la République. Du parti Rewmi, oui quand même ! Mais un parti, ce n’est tout de même pas une République. Lui, c’est président de la République ou le déluge.

Pareil échec et une déception d’une telle ampleur, ça enrage. Ça rend irascible. Coléreux et caustique. Ça rend furieux et féroce.  Irrespectueux et injurieux. Pas besoin de mettre Idrissa Seck sur un divan freudien. Encore moins sous hypnose pour chercher la source de son obsession névrotique. Il faut juste investir l’espace de sa parole. De ses paroles. Et alors sous ses certitudes ossifiées, on découvre la phobie qui l’habite : avoir raté d’être quatrième président de la République du Sénégal au profit de Macky Sall.

Depuis lors, pour dévaliser le philosophe Ludwig Wittgenstein, il ne cesse  «de descendre dans le chaos primitif et de s’y sentir chez soi». Ses récentes saillies remettant en cause les dogmes du Coran sur fond de révisionnisme de l’histoire entre la Palestine et Israël révèlent de ce même chaos assorti cette fois d’une pédanterie qui heurte la conscience des croyants. Donc contre le président Macky Sall qu’il perçoit comme usurpateur, il est dans «la diabolisation compulsive» et dans une surestimation de lui-même comme emballage électoral. Il s’est mis des barbelés dans l’esprit pour ne rien reconnaître de moindre mérite du Président Macky Sall mais aussi des autres. Voilà pourquoi aussi Idrissa Seck est dans la solitude qui ne veut pas dire être seul «mais ne plus avoir ses intimes avec soi». Regardez tous ceux qui l’ont quitté !

On comprend donc aisément que le seul brouet où Idrissa Seck s’abîme à s’alimenter pour apparaître politiquement balèze, soit celui de la division, des déchirures sociales et culturelles, des dérives verbales, des stratégies surannées de manipulation de mouvements comme ceux de syndicats et d’étudiants. Tout récemment, la remise au dégoût de la mort de l’étudiant de l’Université Gaston Berger lui a servi d’exutoire pour sortir les gros mots sur le Président Mackly Sall.  Comme une certaine opposition revancharde et putschiste appelant toujours à l’insurrection, à la démission-comme si elle avait renoncé à la compétition présidentielle-, il faut diviser, fracturer, cliver, instrumentaliser, manipuler et pour faire mode aujourd’hui, «fake-news-er».  

Le desert… de Kalahari
Qui n’a pas détecté, sous les enflures des discours et communiqués intéressés de soutien aux étudiants, une sournoise incitation à l’escalade sans répit, à violences verbales et virales ? Il ne leur reste que ce registre stérile, car en matière d’organisation et de mobilisation, ils ont suffisamment fait preuve de leur anémie. Quant aux programmes, projets de société et propositions politiques à même de solidifier les ressorts de notre vivre-ensemble, c’est le désert… de Kalahari. Aujourd’hui, les Sénégalais doivent s’opposer à la résignation qui donne le permis au déferlement de la fureur, de la furie et de la folie. Il ne faut récuser l’incivilité corrosive qui cautionne la barbarie et la violence que celle-ci soit réelle ou symbolique.

Il est insoutenable, pour le présent et pour demain, que l’on affiche une indifférence, que l’on soit mou, passif quand la démocratie, par celui qui en est le premier garant et dépositaire par le suffrage populaire, le Président Macky Sall, que le veuillent ou pas certains opposants, soit piétinée, saccagée et incendiée par de folles ambitions. Il faut en finir par ces mauvais exemples, ces postures indignes qui poussent et pourrissent par la tête comme le poisson. On ne peut surtout pas dire que l’on s’en fiche comme de la guigne !

Quand leurs criailleurs auront cessé, quand les piailleurs auront suffisamment et en vain éprouvé leurs cordes vocales, quand les moineaux politiques auront fini de pousser leur chansonnette, les hiboux politiques verront le jour se lever et le vent de la vérité soulever les couettes syndicales et sociales sous lesquelles ils s’étaient réfugiés, alors la clarté règnera, impériale. Elle illuminera les réalisations incontestables du Président Macky Sall que les broutilles et roupies de sansonnet ne peuvent assombrir ni salir.

Par Soro DIOP

 

Il y a quelques jours, vous avez reçu, des mains du chef de l’Etat, le drapeau national et, par la suite, vous avez fait vos adieux à vos supporters, dans une ambiance très chaleureuse, au Stade Léopold Sédar Senghor. Et, après une bonne préparation à Vittel, vous partirez en Russie, la patrie d’illustres penseurs, écrivains et hommes politiques, comme Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine, Lev N. (Léon) Tolstoï ou, plus récemment, Mikhail Gorbachev («La perestroïka»). Requinqués également par des matchs amicaux, vous foulerez avec aplomb le sol du pays de la toundra et de la taïga. Vous serez bien présents là-bas, car vous faites partie des trente-deux sélections nationales, qui ont triomphé lors des Eliminatoires, organisées au préalable dans les cinq continents.

Pour la gloire de la Nation d’abord, vous êtes déjà prêts à relever un autre défi chez les Russes. En même temps, vous n’ignorez pas, Lions du Sénégal, que chacune de ces sélections-là s’engagera à défendre jusqu’au bout les couleurs de son pays. Vous devrez, alors, décupler, à partir du Stade Spartak (Moscou), vos ressources sur les plans physique et mental, en vue de surclasser vos rivales, avec autant de technicité que de fair-play. Sur cette lancée, Je vous encourage à manifester, à la face du monde, votre ferme volonté de hisser le flambeau de notre football plus haut, le plus haut possible, en ayant à vos côtés l’un de vos aînés de 2002, votre coach.

Assurément, celui-ci se chargera de vous galvaniser tout le temps, de vous aider à orienter, avec le maximum d’adresse, vos assauts sur le terrain ou à revoir, au besoin, la trajectoire de vos tirs. Il s’attellera, par conséquent, à trouver pour chaque match la meilleure formule, grâce à laquelle vous pourrez contrer, voire déstabiliser, l’équipe adverse.

D’ailleurs, il vous incombe, en premier lieu, d’être constamment à la hauteur de votre tâche, qui s’impose comme une mission et consiste à réaliser un vœu, le vœu d’un Peuple, uni derrière vous, et, sans aucun doute, un objectif à votre portée. Je dis plus clairement, ici et maintenant, que vos compatriotes souhaitent cette fois-ci avoir, au moins, le plaisir de suivre vos prestations au-delà des quarts de finale. Dans tous les cas, je reste convaincu, Lions de mon pays, que vous aurez tellement envie de leur faire découvrir vos réelles dispositions, lorsque vous consentirez à vous cramponner ensemble à votre bravoure, à votre endurance, à vos talents de professionnels aguerris, à votre patriotisme et à votre «jom ».

De ce point de vue, j’ai le droit d’être optimiste, bien que cette confiance, si excessive qu’elle soit, ne me pousse pas à ne plus admettre qu’en football rien n’est acquis d’avance. Je rappelle seulement qu’une équipe, considérée comme la plus forte par une majorité d’amateurs ou de techniciens du sport roi, peut être finalement battue par celle que ces gens ont, au début de la rencontre, sous-estimée. En dépit d’un tel aspect, à la limite déroutant, cette discipline ne cessera de fasciner un nombre incalculable de personnes, sans distinction d’origine ni de race, sur notre planète. Personnellement et pour la circonstance, je me permets même d’implorer les dieux du football, comme on le dit dans le jargon sportif, afin qu’ils daignent élire en permanence votre propre camp. Quant à vous, Lions du Sénégal, vous demeurerez imperturbables comme d’habitude et gonflés à bloc. Ainsi, vous ne redouterez pas ces aléas à mi-parcours, auxquels j’ai tenu à faire allusion. Par-dessus tout, seuls le don de soi et la rage de vaincre vous obnubileront.

Dans cette dynamique, je vous exhorte, Lions du Sénégal, à tenter l’impossible pour esquiver, surtout, les feintes fatales, qui donnent à l’adversaire plus de chance de conquérir -ou reconquérir- ce que vous convoitez tous dès le départ. Naturellement, je me focalise sur le prestigieux trophée de la FIFA, pour cette rude épreuve, l’une de ces compétitions à l’échelle mondiale dont les joutes vont passionner bientôt les férus du ballon rond.

Par Badiallo dit Boucounta BA
Formateur de professeurs et d’inspecteurs
de l’Enseignement moyen/secondaire
Ancien chef du Département des Langues Romanes
à la FASTEF/UCAD

Après lecture d’un tel roman, on demeure perplexe. Comment qualifier cette œuvre ? Le critique hésite et évite de trancher. Serions-nous en présence d’un carnet de voyages, un récit, une sorte d’épopée moderne, d’une tragédie à l’africaine, mais romancée ? Peut-être que Fergo est tout cela à la fois. D’où sa richesse et sa nouveauté dans le champ de la création littéraire africaine actuelle. Il me semble que la motivation première de l’auteure est de témoigner.

Après avoir bien observé et retenu ce qui se passe autour d’elle, dans et hors de son terroir, à travers la vaste Afrique, l’auteure tient à corriger idées reçues et préjugés. Son continent ne se résume pas à un amas de tribus et clans cloisonnés, antagoniques, prêts à s’entredéchirer à la moindre occasion. Comme si Mme Samb tenait à donner corps aux idées de Cheikh Anta Diop exprimées dans «l’unité culturelle d’Afrique noire».

L’originalité consiste à habiller tout cela en se servant de l’aventure de Baïdy. Une enfance partagée entre ce bleu tirant sur le vert de l’océan et le clapotis des vaguelettes du fleuve au nord du Sénégal. Occasion saisie par l’auteure pour souligner la rencontre entre pêcheurs lébou et hal pulaar. Tous imprégnés des mêmes mythes concernant leur parenté commune avec les êtres surnaturels maîtres des eaux profondes.

Les deux mariages de Baïdy, l’un au Congo et l’autre dans son pays natal permettent à Mme Samb de poser le doigt sur les différents aspects des deux sociétés. Cependant, ce qui l’intéresse, c’est moins les différences que les similitudes. Bien qu’elle soit enracinée dans son terroir dont elle a bien assimilé les us et coutumes, l’auteure se revendique un être poreux à tous les souffles du continent. C’est ce qui lui permet de bien restituer le climat social, les événements politiques et l’ambiance de l’époque dans cette partie de l’Afrique d’alors. Mme Samb ne veut rien laisser de côté. En quelques mots, elle nous montre combien le personnage de Baïdy est complexe. N’est-il pas le résultat d’une société fière de son passé antéislamique qui fait son possible pour que seule la voix du muezzin monte vers le ciel ?

Et pourtant, il semble que le tam-tam ancestral continue de battre en sourdine dans chaque cœur. On aurait tort de juger un auteur africain à l’aune de la critique occidentale sous prétexte qu’il écrit en français. Je pense qu’il est temps de se rendre à l’évidence. L’écrivain africain emploie une langue étrangère apprise à l’école mais il y met son bagage culturel et ses racines. Même s’il lui arrive de maîtriser l’art de la conjugaison et d’éviter les pièges de la grammaire, il est rarement à l’aise. Il lui arrive de s’y sentir à l’étroit. Aussi, sa véritable nature ne cesse-t-elle de relever la tête. Sinon, on ne comprendrait pas pourquoi l’agrégé de grammaire, le grand poète Léopold Sédar Senghor, éprouve le besoin de s’écrier au beau milieu de son poème écrit en français « Kor Siga ». Ousmane Sembène ne nous propose-t-il pas «Les bouts de bois de dieu» ?, Birago Diop nous parle de «Courte queue se paie avec courte queue». Dans Fergo, Mme Samb suit les traces des précurseurs en employant «tour» pour tenter de rendre «moome ou aye» dans le système de la polygamie. En donnant la parole aux différents corps de métiers, elle a sauvegardé une certaine authenticité.

Ainsi, la voix du griot donne chair et chaleur au passé pour le rendre vivant et vivifiant. Le chant du maître «cubalo» nous plonge dans les eaux fluviales et nous rend complices de tout l’univers. Par un procédé dont elle a le secret, Mme Samb souligne l’importance du climat. ne note-t-elle pas que là où l’harmattan sculpte l’homme du Sahel, la moiteur et l’humidité dessinent son frère de la forêt.

Tous deux se retrouvent dans le sens de l’humain et la générosité offerte à l’hôte. Je vois que l’auteure de Fergo respecte l’orthographe des mots empruntés aux langues du terroir. Je suis sûr qu’elle ne manquera pas un jour de nous proposer une œuvre écrite en pulaar ou wolof. En attendant, je l’encourage à continuer son travail scrupuleux d’écrivain.

NB : Cette œuvre a remporté le Grand prix du président de la République 2017

Par Cheik Aliou Ndao
Ecrivain

Depuis quelques temps, Me Mame Adama Guèye ne rate aucune occasion pour mettre au pilori le président de la République. Le dernier en date serait le rapport du président aux conclusions des Assises nationales, qu’il aurait trahi. C’est vrai, ces conclusions ne constituent pas un dogme. C’est juste la lecture d’une situation et, ce que ça appelle à un moment déterminé de notre histoire.

Vouloir apprécier ce qui se fait maintenant en fonction des conclusions des Assises, c’est méconnaître complètement le cours de l’histoire.

Il s’est passé beaucoup de choses entre les Assises et maintenant. Le principal axe de ses conclusions était constitué par la nature des institutions en plus des éléments de la charte de bonne gouvernance. Sur les institutions, le référendum de 2016 a tranché le débat en faveur de la réserve émise à l’époque par le président. C’est vrai qu’il ne reconnaît pas les résultats du référendum, ce qui atteste du degré de respect à nos institutions et du mépris auquel il tient notre peuple.

Comment comprendre qu’on fasse d’un document adopté par un cénacle de représentants de partis, mouvements et personnalités (même Wade y avait été convié) une alternative à une charte constitutionnelle validée par le suffrage universel. C’est s’opposer à la volonté populaire, que de vouloir opposer le Président aux Assises nationales qui non seulement n’étaient pas l’émanation de la volonté populaire mais en plus non sanctionnée par cette même volonté populaire.

Alors que cherche-t-il ? Certainement à se construire une personnalité politique, pensant que, s’il cible le président, il pourrait apparaître comme son alter égo. S’offrir à l’opposition comme instrument secondaire, à leur solde, pour tenter d’affaiblir le président. Et éventuellement, en tirer des dividendes politiques par une acceptation dans leur cénacle, ce qu’une représentativité politique ne peut pas lui offrir. Ce qui, pourrait donner l’illusion d’une existence politique et d’être parmi ceux qui «comptent».

S’il veut vraiment exister politiquement, il n’a qu’à se souvenir des leçons de Rennes. Peut-être que ça pourrait l’inspirer positivement et certainement, le ramener à la raison. La notoriété politique se construit lentement, patiemment, en collant au peuple. Ça ne saurait être l’affaire de ceux qui ont attendu d’aller à la retraite pour se rendre compte qu’ils ont un peuple qui vit des difficultés.

On grandit avec!!!

Par Mahmoud SALEH


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