Idées et Réflexions (1022)

Nous devons remercier Dominique Strauss-Khan pour s’être invité au débat sur le FCfa, notre monnaie, avec des propositions irrecevables pour la jeunesse africaine qui compte prendre son destin en main en se responsabilisant exclusivement. Le remercier, car il s’agit là d’un ancien ministre de l’Economie et des Finances de la France, ancien directeur général du Fonds monétaire international et naguère potentiel candidat à la présidence de la République française. La note qu’il a produite a l’avantage de dépassionner le débat et d’en clarifier les enjeux véritables sur les plans politique et économique. Comme il l’a lui-même dit, « une forme d’heure de vérité a sonné pour la coopération monétaire avec l’Afrique (...) et il est devenu urgent de moderniser la zone franc pour la préparer aux perspectives économiques et démographiques du continent (…) ». De ce fait, aucun décideur responsable ne doit accepter le statu quo et la discussion sur les enjeux doit être transparente et démocratique. En effet, nous avons un problème de leadership politique propre.

Oui, Monsieur Strauss-Khan, le FCfa est bien notre monnaie. Il n’a pas besoin de s’émanciper, car son émancipation est déjà réelle. Les mouvements de capitaux ne sont effectivement pas libres vis-à-vis de l’extérieur, nous pouvons produire le FCfa là où on veut et changer son nom quand on veut ; ce qui n’est effectivement pas essentiel. Le FCfa est géré par la Bceao en ce qui nous concerne avec des réserves déposées en partie au Trésor français pour les besoins de la garantie qui, dans les faits, n’a plus aucune forme d’importance au-delà du fait qu’elle nous a obligé et permis d’apprendre à travailler ensemble. La France a joué pour nous, avec le Fmi, le rôle d’un Etat fédéral que nous n’avions plus. Pour l’essentiel, nos banques centrales gèrent seules et font leurs erreurs seules dans le cadre de la fixité du taux de change et du mandat qui leur est donné par les décideurs politiques. La présence de représentants français dans les organes de gouvernance n’est effectivement qu’un privilège d’accès à l’information qui devrait être publique dans le cadre d’une gouvernance plus transparente avec des officiels aux mandats sécurisés et plus longs que ceux des politiques qui les nomment.  

La responsabilisation de nos banques centrales doit se faire en leur donnant une autonomie d’objectif sur le taux de change pour accompagner l’autonomie sur leurs instruments dont elles jouissent déjà. De ce dernier point de vue, il faut éviter de leur faire porter des camisoles de force dans leur politique monétaire et de refinancement en particulier, malgré l’usage récent que la Bceao en a fait en finançant indirectement les déficits des Etats (surtout la Côte d’Ivoire) ; ce qui nous a fait perdre des réserves de change et incité à un endettement extérieur volontaire et/ou nécessaire qui corrigera. Avec un objectif de stabilité des prix clair et une autonomie d’objectif sur le taux de change, toutes les formules sont possibles dans une gestion dynamique et responsable. Il s’agirait effectivement « d’un régime de change stable ajustable », mais sans garantie extérieure aucune. La formule pourra conjoncturellement produire ce qu’un panier de monnaie aurait dicté, mais nos banques centrales seraient seules à en décider sans la présence de quelconques représentants d’instances européennes ou internationales, ou d’administrateurs indépendants dans leurs organes de gouvernance. Nous ferions ainsi ce que le Maroc a fait récemment et que le Fmi lui recommandait depuis 2002 quand j’étais moi-même économiste principal pour le Maroc.

Par ailleurs, l’Uemoa n’a pas besoin d’intégrer le Ghana dans son ensemble qui n’a pas encore réalisé sa convergence. Le Ghana a déjà mieux à faire pour stabiliser sa situation macroéconomique que d’entrer dans une zone monétaire où l’absence de convergence va exiger un régime de change relativement fixe et commun à tous et qui ne correspondrait pas à ses besoins du moment. Comme le Nigeria que Monsieur Strauss-Khan exclut de l’extension de la zone qu’il propose pour des raisons objectives de besoin d’ajustement propre, et à supposer que la convergence soit effective dans la zone Uemoa, le Ghana se retrouverait avec les mêmes contraintes que les pays de l’Europe dans l’euro. C’est-à-dire sans un levier monétaire qui lui permettrait d’accompagner son propre développement au vu de l’absence d’une entité politique fédérale qui le ferait avec une politique budgétaire commune. C’est ce que Monsieur Macron essaie d’obtenir en Europe. La convergence totale comme dans une fédération comme les Etats-Unis étant ainsi un objectif difficile à atteindre même en Europe, toute monnaie commune doit avoir ses compléments nationaux. Nous y reviendrons plus loin.    

Pour réaliser la vision d’une banque centrale jouissant d’une autonomie d’objectifs et d’instruments, tout ce dont nous avons besoin, c’est d’éliminer la garantie française qui n’existe que de nom, de déposer nos réserves de change où bon nous semble et de renforcer la gouvernance de notre banque centrale ainsi que sa transparence en matière de politique monétaire et de change.  Nous n’aurons ainsi besoin d’aucune forme de relation organisée avec les pays de la zone euro et la Banque centrale européenne qui serait si particulière à se rapprocher d’un néocolonialisme qui ne dirait pas son nom.  

L’arrangement monétaire qu’il nous faut doit être un arrangement qui favorise à la fois les investissements directs étrangers et les entreprises locales. De ce point de vue, aux côtés d’une monnaie commune stable et ajustable, il nous faut des monnaies nationales complémentaires.  Nationales complémentaires comme le FCfa l’a été quand il était géré par une simple banque commerciale en mesure de créer de la monnaie en multiple de ses réserves de change en franc français avec un taux de change non unitaire assorti d’une garantie théorique illimitée qui en a fait une monnaie figée.

La création de banques centrales en zone franc n’a pas changé cette réalité du point de vue de la France en autant qu’elle a elle-même défendu devant les instances européennes que le FCfa est un arrangement budgétaire et non monétaire. Le FCfa était une monnaie fédérale complémentaire au franc français, mais ne l’est plus comme nous l’avons indiqué plus haut. 1/ La garantie est devenue sans importance et le FCfa est bel et bien notre monnaie et nous pouvons en sortir quand on veut, sans l’aval de l’Europe, en n’exigeant plus de garantie. Nous pouvons cependant en tirer des leçons historiques en mettant en œuvre, aux côtés d’une monnaie commune souveraine, des compléments nationaux citoyens institutionalisés et uniques permettant une flexibilité dans l’espace plus diversifiée comme vous le suggérez pour la Cemac vis-à-vis de l’Uemoa. Ces compléments nationaux citoyens émis en échange de la monnaie commune épargnée donneraient des options dans chaque pays sur les réserves de change comme pour le Fonds souverain en période grasse (l’épargne excédentaire) que Monsieur Strauss-Khan a suggéré. Nous montrerions ainsi la voie à la zone euro qui elle-même n’arrive pas à trouver la solution à ce problème de diversité dans l’espace dans le contexte d’une monnaie unique. La coopération monétaire unique au monde qu’a été le FCfa comme la caractérise Monsieur Strauss-Kahn offrirait ainsi une solution unique au monde venant de l’Afrique.

Par
Dr Abdourahmane SARR

Président Cefdel
Email :
abdourahmane.sarr@
gmail.com

 

Il y a une race d’éducateurs qui a fait les beaux jours de l’école sénégalaise et dont la nation se glorifiera toujours parce qu’elle a formé les grands intellectuels qui ont brillamment administré ce pays connu et respecté dans le monde grâce à sa ressource humaine de qualité.

Les artisans de cette intelligentsia sont les enseignants formés à l’école normale William Ponty ou a l’école normale Germaine Le Golf et qui ont fait la fierté de leurs concitoyens, des membres de leurs familles et de leurs anciens élèves ou étudiants par leur compétence, leur morale, leur éthique, leur respect de la déontologie et leur sacrifice dans l’intérêt exclusif de leur pays.

Au moment où l’on va en grève n’importe quand et n’importe comment, en brandissant l’année blanche comme arme de guerre, et où le gouvernement et les syndicats d’enseignants s’accusent mutuellement d’être responsables de cette regrettable situation de mort lente et douloureuse de l’école d’excellence, il n’est pas superflu de rappeler que les infatigables enseignants des années 60 donnaient des cours de renforcement à leurs élèves ou étudiants pendant les vacances scolaires et jours fériés avec pour seule récompense la satisfaction morale de les voir réussir dans la vie.

Madame Cissé née Adja Marième Sall est issue de cette prestigieuse école. C’est pourquoi elle a marqué d’une pierre blanche son remarquable et exemplaire passage dans tous les établissements scolaires où elle a eu à servir en recevant les félicitations de ses supérieurs hiérarchiques, de l’administration, de ses collègues et l’amour filial de ses élèves. Elle est d’une compétence et d’un dévouement à la bonne cause de l’école rarement égalés. Elle est une autorité très écoutée et bien appréciée par ses élèves. Elle les encadre jusqu’à la proclamation des résultats d’examens ; ce qui lui a toujours valu de recevoir chez elle une délégation de lauréats pour la remercier du service rendu.

La proximité de sa maison avec son lieu de travail a fait que les élèves, les parents d’élèves et le personnel enseignant l’ont transformée en une permanence où ils s’informent et se ressourcent même la nuit ou les jours fériés.
Son domicile est un restaurant gratuit pour beaucoup d’apprenants qui ne peuvent pas rentrer à midi pour prendre le déjeuner chez eux.
Adja Marième Sall est une œuvre sociale ambulante. Elle paye les droits d’inscriptions de certains élèves, achète du matériel scolaire à d’autres ou leur offre le prix de leur transport à la fin des cours. Elle est une véritable assistante sociale, la personne morale de son établissement scolaire, le ciment de l’unité du personnel et la confidente des gens en détresse.

Elle tient d’une main la craie et de l’autre le saint Coran pour sermonner en citant des versets ou des hadiths. C’est ainsi qu’elle a réglé pas mal de conflits entre élèves et parents, entre époux dont les conséquences ont un impact négatif sur le rendement scolaire de leurs enfants.

Elle prodigue des conseils a ses jeunes collègues, particulièrement aux jeunes dames qu’elle exhorte à endurer les vicissitudes du ménage et à ne jamais abandonner le foyer, car tout ce qu’elles ne peuvent pas obtenir de leurs époux aujourd’hui leur sera surement donné par leurs enfants demain. Aime-t-elle a conseiller. Parallèlement, elle téléphone aux époux comme si elle plaidait pour ses propres sœurs en prenant leur défense.
Le témoignage de son défunt époux, Monsieur Abdoulaye Cissé (qu’Allah lui accorde le paradis), est on ne peut plus révélateur du degré de piété de cette enseignante, épouse et mère. Il nous a dit : « Votre collègue est comparable à un ange, car elle passe une bonne partie de la nuit à prier ». C’est cette grande dame aux qualités exceptionnelles, à la générosité légendaire qui est appelée à faire valoir ses droits à une pension de retraite et dont le nom, les bonnes œuvres et les bons conseils resteront à jamais gravés dans la mémoire de ses collègues, élèves et même voisins.
Qu’Allah le Tout-Puissant, l’omnipotent, le Miséricordieux, lui donne une longue vie et une bonne santé qui lui permettent de voir sa quatrième descendance.


Par
Sidy SOW

Principal du Cem
Joseph Félix Correa/A
de Guédiawaye

 

En cette année anniversaire de la fin de la Première Grande Guerre, l’illustre enfant de Casamance, au Sénégal, aura vécu cent ans. Un siècle ! Pas n’importe lequel, car c’est bien ce siècle de tous les maux qui connaîtra bientôt une seconde guerre plus absurde que la première.

Chérif Tounkara a presque traversé, dans le labeur - par devoir, par patriotisme - ce XXe siècle, siècle sanguinaire, cruel et sauvage, mais siècle chargé d’enseignements. Car il a réussi, sans conteste, comme pour nous rendre plus humbles, à ouvrir nos yeux sur notre prétendu humanisme, sur les tristes limites des valeurs que nous croyions immuables et immortelles ; en d’autres termes, ce siècle a étonné notre orgueil, qui nous plaçait confortablement, selon toutes les cultures « humaines » qui peuplent notre insignifiant globe, au centre du vaste et insondable univers. Or, dans l’adolescence de Chérif Tounkara, ces valeurs se sont fondues comme beurre au soleil : nous croyions à la toute-puissance de l’Occident, surtout à celle de l’Europe, et voilà que nous nous sommes brutalement heurtés à leur fragilité et à leur naïveté ; quelle heureuse désillusion ! En tout cas, désormais les peuples déshérités savent qu’ils peuvent à la seule condition qu’ils veuillent ; voilà que sur les champs de bataille, l’homme se comporta vis-à-vis de l’homme comme l’animal le plus sauvage, le plus cruel, le plus abominable. On a tué…, on a humilié…, on a déshumanisé l’homme…, on l’a renié.

Alors que les charniers de 14-18 étaient encore béants, le monde osa se transformer en champs de batailles. De ces immenses charniers, naquirent quelques hautes valeurs magnifiquement positives : la soif de la liberté, qui enfantera les « indépendances » de nos pays et l’idée, devenue absolument inébranlable, que tous les hommes sont hommes et que seule l’éducation, la vraie éducation, qui forge l’homme tel qu’on le veut, constitue l’arme la plus efficace contre la barbarie et qu’elle doit constituer la racine de toutes nos valeurs.

Ce sont là, pour nous, peuples d’Afrique, les trois grandes conséquences de ce qu’on a coutume d’appeler les « Grandes Guerres » de l’histoire de l’humanité. On sait, avec quelle hargne, avec quel enthousiasme, la génération de Chérif Tounkara a cru en la force de l’Ecole, de l’éducation, donc de l’enseignement. Sur nos terres, l’instituteur devenait le citoyen le plus respecté, le plus adulé de l’époque : il détenait un savoir sûr, il adorait son métier d’éducateur, il s’érigeait en modèle et la jeunesse l’acceptait comme tel. C’était dans une telle atmosphère que non seulement Tounkara embrassa l’enseignement, mais opta pour l’excellence. Oui, pour l’excellence !

Et il fut franchement excellent, Chérif Tounkara. Ce nom a bercé toute notre enfance. Nous n’avions pas besoin de connaître le célèbre homme, de le rencontrer. Ce nom nous suffisait, ce mythe suffisait ; il représentait pour nous le beau, l’immuable, le parfait ; il était un bâtisseur, il était la réussite incarnée, c’est-à-dire la réussite faite chair. Voilà pourquoi nous n’avions jamais éprouvé le besoin de rencontrer l’homme. De Diogué à Gouloumbou, il était là, sa réputation était partout présente, l’homme était à nos côtés ; nous nous efforcions, dans nos moindres activités intellectuelles, de lui ressembler, d’endosser une part de lui, sinon la totalité.

Comme Assane Seck, ses parents étaient venus de la région septentrionale du Sénégal ; tous deux, comme Ousmane Sembène, ont été élèves à l’école primaire de Marsassoum ; tous trois, comme Iba Der Thiam, comme Doudou Diop dit Diop Canard, ont été brillants et ont servi la Casamance avec compétence et abnégation ; – comme ils étaient fiers de leur pays ! comme ils étaient élégants et adorables dans l’exercice de leur profession ! Tous ont été, dans le cœur des enfants de cette région méridionale du pays, des héros dans la conquête du savoir. Ils ont agi sans ambiguïté, ils ont agi avec efficacité : ils ont su communiquer, ils ont su transmettre avec talent, avec générosité ce qui les habitait, ce qu’ils savaient et Dieu sait qu’ils savaient beaucoup. C’étaient, ce sont nos modèles. Tel est le Sénégal, le vrai Sénégal qu’ils ont contribué à bâtir en nous apprenant, par la pensée et par l’action, que chacun de nous, que chacune de nous est enfant de toute l’étendue du pays, de tous les villages et de toutes les villes du Sénégal, que nous ne sommes que frères et sœurs.

C’est bien cette commune pensée de l’époque qui a été le levier de l’association de jeunesse – la Fraternelle - que ces illustres aînés ont créée à Ziguinchor ; et fidèles à cette même commune pensée, les membres actuels de cette dynamique et légendaire association ont tenu à saluer respectueusement - en les célébrant - les cent ans d’un de ses fondateurs, digne et glorieux enfant de Casamance : le célèbre enseignant, l’admirable inspecteur de l’enseignement primaire, Chérif Tounkara. Paix à lui ! Paix à sa famille !

Par
Makhily GASSAMA

Email :
gassamamakhily@
yahoo.fr

 

Depuis plusieurs décennies, le système d’enseignement supérieur sénégalais, jadis considéré comme un modèle d’excellence générateur de ressources humaines de qualité, paraît avoir perdu de son ardeur et demeure gangréné par des écueils de tous ordres. Ces problèmes touchent aussi bien les aspects structurels que fonctionnels, voire stratégiques. Si des efforts ont été entrepris pour améliorer la qualité de l’enseignement et le bien-être des acteurs impliqués (enseignants et étudiants notamment), force est de constater que beaucoup restent encore à faire pour les consolider, notamment pour améliorer le devenir des étudiants, une fois le stade post-formation atteint, en développant leur aptitude à l’accès à l’emploi.

Dès lors, l’université sénégalaise se trouve, aujourd’hui, à un tournant historique de son cadre d’évolution qui impose à l’action publique l’option de choix stratégiques et opérationnels majeurs pour assurer la sauvegarde de sa mission universelle. Il s’agit soit d’entreprendre des démarches lui permettant de retrouver ses vocations d’acteur principal de l’avancée des connaissances (création, transmission et diffusion des savoirs) et de pourvoyeuse de mains-d’œuvre qualifiées, soit de le laisser se perdre dans les travers de l’abîme et du déclin inéluctable qui le guette. Cette situation demeure et s’explique par l’absence de moyens que revendiquent, avec insistance, enseignants-chercheurs et étudiants mais aussi par le manque de productivité de la recherche académique et le renoncement d’une partie des enseignants-chercheurs à leur mission didactique de transmetteurs du savoir par la recherche. À cela s’ajoutent les problèmes d’échec en cours de formation (dus en grande partie aux mauvais choix d’orientation), les difficultés socioéconomiques et d’accès à l’emploi, et le départ des meilleurs étudiants vers les pays occidentaux (fuite des cerveaux).
De la même manière, au moment où des milliers de nouveaux bacheliers frappent, chaque année, aux portes des universités publiques sénégalaises et que les effectifs des institutions d’enseignement supérieur demeurent pléthoriques, la cascade de retraites d’enseignants-chercheurs qui devrait se poursuivre pour atteindre près de 500 départs à l’horizon 2025 (d’après le Laboratoire de recherche sur les transformations économiques et sociale – Lartes-Ifan) ne présage pas d’un avenir meilleur, à moins que des initiatives rectificatrices pertinentes soient émises par les autorités.

Ces problèmes requièrent des solutions et c’est à l’action publique gouvernementale qu’il incombe de réagir de manière opérante
La situation est donc telle, et les récents problèmes de fraudes aux examens (session du baccalauréat 2017), d’orientation des bacheliers ainsi que le phénomène des grèves perpétuelles qui ressurgissent à l’entrée de l’année universitaire 2017-2018 ne semblent pas augurer d’une suite très encourageante. Il revient donc à l’État sénégalais de prendre les mesures stratégiques et opérationnelles idoines afin d’infléchir cette tendance globale et accorder plus de confiance en la jeunesse et l’avenir du pays.

Bien sûr, des efforts sont d’ores et déjà déployés et d’autres sont en perspective. Parmi ceux-ci, on peut noter l’élargissement de la carte universitaire du pays et la mise en place d’organismes visant le renforcement de la qualité de l’enseignement et de la recherche. En effet, le Sénégal se dote actuellement « de grandes universités orientées vers l’excellence » et « ambitionne de s’offrir des moyens de rivaliser avec les meilleures du monde » (Université Amadou Mohtar Mbow— Uam, Université du Sine-Saloum El Hadji Ibrahima Niass — Ussein). On trouve aussi le projet de déploiement d’un réseau d’Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (Isep), la création d’Espaces numériques ouverts (Eno) au profit de l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs) ainsi que la mise en place de Centres de recherche et d’essai (Cre). Ajouter à tout cela la création de l’Autorité nationale d’assurance qualité (Anaq) de l’enseignement supérieur et le projet d’implantation de la Cité du savoir (Cds). Certes, ce n’est pas suffisant, mais une marche en avant certaine est actuellement engagée.

En effet, il faudra non seulement optimiser l’usage des ressources matérielles et humaines existantes mais aussi préparer une appropriation parfaite des infrastructures actuellement en phase de déploiement dans le pays. Pour cela, « il convient aussi de centraliser l’amas d’atouts à portée des acteurs socioéconomiques pour procéder à une exploitation judicieuse de ces ressources et infrastructures pionnières ».
De même, on peut s’interroger sur les orientations de ces ressources novatrices et les mécanismes d’opérationnalisation qui seront mis en œuvre pour leur utilisation efficace et efficiente. Cet usage efficace ne se décrète pas, car le seul fait de disposer d’infrastructures de qualité ne suffit pas à faire passer le cap nécessaire. Il est essentiel que la disposition de ces « fondations » s’accompagne d’une disponibilité de ressources humaines de qualité possédant les compétences modernes requises. C’est pourquoi il est nécessaire d’innover dans tous les domaines afin d’être en phase avec les exigences inéluctables en matière de pratiques managériales, de méthodes pédagogiques et de procédés organisationnels. Ainsi, de l’organisation des institutions à la formation des étudiants(es) en passant par la recherche, l’innovation et l’entrepreneuriat, les enjeux dans le système sénégalais d’enseignement supérieur et de recherche abondent et restent actuellement, pour certains, sans réponses.

Qu’apporte concrètement l’innovation comme solutions aux problèmes
Considérée sous l’angle du domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche, il convient d’emblée d’interpeller l’innovation comme une démarche alliant à la fois la notion de réforme et la notion de recherche. De fait, l’innovation fait l’objet d’un certain nombre d’enjeux qui peuvent être situés grâce à l’analyse de trois dimensions cumulatives : vocationnelle, organisationnelle et « délimitative ».
La dimension vocationnelle ou fonctionnelle s’intéresse aux missions de l’enseignement supérieur en matière de systèmes de valeurs, d’articulation axiologique et du rôle à jouer dans la société (former, qualifier et professionnaliser les individus, inculquer une culture générale), ainsi que dans l’avancée des sciences (recherche scientifique et appliquée, avancée des savoirs).
Quant à la dimension organisationnelle ou structurelle, elle se rapporte aux procédés d’innovation à adopter dans les institutions d’enseignement supérieur en faisant référence aux mécanismes d’apprentissage, aux enjeux de changement au sein des institutions et aux conditions de l’innovation.

La dimension « délimitative » ou évaluative permet de jauger la réussite ou non des innovations. Elle s’intéresse en particulier aux critères d’évaluation, à des niveaux à la fois internes (approbation et adhésion des agents, bien-fondés et légitimités des changements organisationnels…) et externes aux organisations (pertinence, efficacité, équité…).
L’innovation se veut un concept protéiforme. Un processus d’innovation unique n’existe pas. Cette multiformité lui accorde des apparences et des inclinations particulières en fonction du contexte ou du domaine d’utilisation.
Ici, il est moins question d’innovation pédagogique pure que d’une innovation en lien avec l’entrepreneuriat, la promotion de l’emploi et la trouvaille de technologies novatrices, de nouveaux produits ou des procédés originaux. L’innovation pédagogique fait référence à l’adoption d’un changement visant à améliorer les pratiques d’apprentissages des étudiants à travers une transformation des procédés d’enseignement usités, mais aussi une modification des parcours de formation proposés pour encadrer ces procédés. L’innovation en enseignement supérieur est nécessaire et son développement incombe au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri), mais encore faut-il s’assurer de la pertinence des choix et de la justesse du moment (que faut-il changer au juste et comment s’y prendre ? par où commencer et, enfin, que faudra-t-il pour pérenniser les changements adoptés ?)
Dans le monde des entreprises, innover signifie introduire dans le marché des produits ou services nouveaux ou adopter des procédés organisationnels novateurs. De manière générale, l’innovation est soit tirée par le marché, c’est-à-dire développée en fonction des besoins du marché, du comportement des utilisateurs ou de critères économiques, soit « poussée » par les avancées permises par les technologies. C’est cette seconde catégorie qui est, pour la plupart, conçue dans les laboratoires des universités et les organismes de recherche publics. Dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche, cette innovation se décline selon une vision globale qui met en tension trois axes stratégiques : le développement d’une culture de l’entrepreneuriat et de l’innovation, la création d’un dialogue permanent entre la recherche universitaire et les entreprises et le choix d’actions prioritaires à valoriser. De ce fait, l’action publique gouvernementale sénégalaise devrait miser sur la mise sous tension de ces trois axes vectoriels pour développer l’innovation dans l’enseignement supérieur et la recherche. Cette action, censée être confiée au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, devrait s’intégrer dans une vision plus large greffée dans un Système national d’innovation (Sni) suscité et incarné par l’État lui-même.

Les trois axes vectoriels de l’innovation dans l’enseignement supérieur et la recherche
L’État du Sénégal doit mettre en œuvre des actions concrètes pour instaurer une certaine culture de l’innovation et de l’entrepreneuriat (1), créer des mécanismes de collaboration entre la recherche universitaire et les entreprises (2) et fixer les défis prioritaires, c’est-à-dire définir une stratégie nationale de recherche agrémentée d’approches favorisant l’innovation (3). À ces actions s’ajoute, bien sûr, la vulgarisation d’un développement de l’innovation pédagogique, autrement dit l’usage des nouvelles technologies en tant qu’outils d’appui à l’apprentissage et à la formation.

Développement d’une culture de l’entrepreneuriat et de l’innovation (1)
Le développement d’une culture d’innovation et d’entrepreneuriat dans le monde de l’enseignement et de la recherche apparaît comme une volonté de changement de paradigme, de valeurs et de critères d’orientations procédurales. Il s’agit, d’une part, d’imprimer auprès des acteurs universitaires (enseignants, chercheurs et étudiants) un esprit d’innovation et de la créativité et, d’autre part, de leur inculquer un sens de l’entrepreneuriat. Cela nécessite de toucher aux conditions-cadres du système d’enseignement et de recherche (c’est-à-dire l’offre de formation des universités, les programmes de recherche) et de développer l’entrepreneuriat universitaire et la création de start-up par des étudiants.
Il s’agit, pour le premier point, d’orienter l’offre de formation des universités en y introduisant des programmes visant les connaissances dans le domaine de l’entrepreneuriat et l’innovation dans toutes les filières de l’enseignement supérieur, notamment dès l’année de Licence, et non pas uniquement à partir des années de Masters spécialisés. L’objectif est de généraliser, dans l’enseignement supérieur sénégalais, la diffusion de la culture entrepreneuriale et d’innovation auprès des jeunes étudiants.

Concernant le second point, il s’agit de susciter la mise au point de projets par les étudiants pour favoriser le passage à l’acte des jeunes diplômés désirant créer leur propre entreprise.
À cette double action s’accompagne le besoin de création d’organismes dédiés à l’accompagnement et à l’aide à la création d’entreprises innovantes. Cela passe par la création d’incubateurs d’entreprises et la mise en œuvre de dispositifs de soutien aux étudiants aspirant à devenir entrepreneurs.

De manière extrapolative, rentrent aussi dans ce cadre d’autres mesures à entreprendre pour accompagner l’ouverture vers une certaine culture de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Il s’agit de développer les formations pluridisciplinaires pour provoquer auprès des étudiants une ouverture d’esprit et de la créativité : consolidation de l’encadrement des étudiants en stage d’entreprise, développement du travail d’équipe, création d’espaces de travail collaboratifs…
De même, pour complémenter ces mesures, le développement d’offres de formations novatrices ciblant des compétences d’innovation et de transferts (de technologies, de compétences) apparaît indispensable.

Création d’un dialogue permanent entre la recherche universitaire et le monde de l’entreprise (2)
Le développement de l’innovation, notamment technologique, passe par un rapprochement entre les entreprises et le monde universitaire. Cela permet de renforcer la recherche technologique et de faciliter les transferts de connaissances, de compétences et de technologies.

Dans ce contexte, la place prioritaire que le Mesri devrait occuper dans un système national d’innovation lui imposera d’infuser des actions en faveur de celui-ci à travers un décloisonnement des pratiques des acteurs visant à susciter un dialogue permanent entre la recherche et les entreprises.
Du point de vue étatique, cela passe également par le soutien à apporter aux laboratoires de recherche, la mise en place de plateformes collaboratives de transfert technologique et le financement de projets de recherche.

Définition de défis stratégiques prioritaires (3)
Le troisième axe consiste à agir pour l’innovation en mettant en place un plan national basé sur l’option de choix de priorités cohérentes. Il s’agit de fixer des défis à atteindre en matière d’innovation et de technologies, à l’instar des modèles développés en la matière dans la plupart des pays avancés : États-Unis (Plan Obama «advanced manufacturing partnership»), Allemagne (la High tech strategy 2020), Royaume-Uni (Le «Eight great technologies»), Japon (Le Programme rebirth), France (Agenda stratégique de la recherche «France Europe 2020», avec la fixation de dix grands défis).

Il s’agit de cibler des secteurs stratégiques à prioriser (par exemple, la santé, les Tic, les énergies renouvelables…) à travers la fixation de grands défis et par la dotation d’enveloppes de financement « balisées » en fonction des actions du Mesri, en collaboration avec le ministère des Finances et d’autres départements concernés par les secteurs stratégiques prioritaires visés. C’est une démarche visant à orienter opportunément la recherche universitaire sénégalaise pour tracer le visage de l’économie nationale de demain du pays.

Nous sommes des croyants. Que personne ne nous en veuille. Musulmans ou chrétiens, nous croyons en Dieu et en Sa miséricorde. Nous croyons à Sa capacité de changer un destin, même si nous devons être les premiers à nous occuper de notre vie, à l’organiser, à la protéger, à assumer nos erreurs et nos fautes. L’enseignement de toutes les religions part et aboutit à l’amour et non au mal. Il  nous arrive de faire face à des leçons de vie dont l’exceptionnalité nous charme, nous interroge, nous intrigue et nous donne à penser ou à croire que quelque chose d’autre gouverne le monde. C’est nourri de cette foi, de cette force qui apaise et fait enjamber les montagnes que nous interrogeons, aujourd’hui, le présent de notre pays et que nous interpellons la classe politique et le peuple sénégalais. Personne ne fera ce pays à notre place. Même Dieu. Avant Lui, il est de notre mission d’abord de le construire. Si nos cœurs sont sans taches, nos vœux dénués de pensées négatives et  nos buts de sentiments de vengeance, il est possible que nous puissions atteindre ce dépassement généreux de nous parler, de nous écouter, de trouver ensemble, sans péril, le chemin d’un consensus qui rassemble et qui donne confiance en l’avenir.

Le Sénégal d’aujourd’hui est résumé, à tort ou à raison, par mon ami l’ambassadeur de Tombouctou, ainsi qu’il suit : Il y avait l’esprit et le masque. L’esprit a quitté le masque. Il ne reste plus que le masque.
Pour ma part, il y a Dieu et il y a nous. A chacun sa partition. Mon ami l’ambassadeur de Tombouctou revient pour m’en donner la plus belle des leçons : Vous sélectionnez vos graines, vous les mettez en lieu sûr pour les conserver. Et vous attendez le temps des semences. Ce temps arrive, mais il ne pleut pas encore. Vous finissez par aller dans votre champ afin de mettre vos graines sous terre. Votre mission est accomplie. Reste celle de Dieu, de la Providence, car c’est Dieu qui donne la pluie selon la ligne de notre foi, c’est Lui qui fait germer la graine et c’est Lui qui fait mûrir votre champ. Il est Le Maître des cycles. Et si vous savez observer, vous constaterez que le bourgeon qui sort de terre est si douillet, si fragile qu’un doigt de bébé pourrait l’écraser. Et pourtant, ce bourgeon si laineux a surgi de terre sans peine. D’où lui est venu cette force qui l’a fait traverser une couche de terre ? Ce n’est rien d’autre que la partie de la mission qui incombe à Dieu, à la nature, dit-on. Et quand votre graine pousse et grandit, d’autres herbes surgissent toujours aux alentours. La pousse de votre graine est à vous, mais vous n’avez pas semé l’herbe folle qui pousse autour. Elle est là pour d’autres « êtres » que Dieu a créés et qu’il faut nourrir, comme vos bêtes de labour ou de pâturages.

Telles sont les merveilles de la vie. Telles apparaissent les  rôles dévolus à Dieu et ceux qui nous sont propres. Notre responsabilité propre, et non celle de Dieu, est de mettre sous terre notre graine. Si vous ne semez pas, vous ne récoltez pas. Si vous ne jouez pas, on ne vous appellera pas pour vous dire que vous avez gagné à la loterie. De même, c’est à nous de bâtir notre pays ou de ne pas le bâtir. Par ailleurs, n’en voulons pas à la jeunesse. Lui en vouloir, c’est en vouloir à la marche du monde. Elle chemine avec son temps. Oui, autrefois, si vous chassiez les oiseaux de votre champ, les oiseaux s’envolaient. De nos jours, si vous chassez les oiseaux de votre champ, c’est le champ qui s’envole avec les oiseaux. Le monde a subi des mutations et toutes les jeunesses du monde aussi.

Pour que le prophète Mohamed (Psl) ait pu nous montrer la voie royale, il a fallu que le Coran naisse ! De même Jésus et le nouveau testament. Ceci, pour dire que notre pays doit se trouver un Nouveau livre citoyen et républicain, trouver une nouvelle voie fondatrice d’un État nouveau, réinventer la responsabilité publique, la responsabilité sociétale d’un peuple, afin que « la politique » ne soit plus montrée du doigt comme un système partisan, corrupteur, carnivore, qui impose sa loi à tout et à tous, mais un système qui unit. Pour qu’un nouveau Sénégal surgisse, il faut une fin de l’histoire. Il faut que les Sénégalais d’aujourd’hui ouvrent une nouvelle page de leur histoire. Qu’ils mettent fin à la gouvernance close de la politique. Le système du parrainage des candidats aux prochaines élections présidentielles de 2019 et qui secoue tant notre pays, s’il est bien conduit et consensuel, pourrait nous ouvrir, demain, les portes d’une nouvelle gouvernance. Ce sont les mauvais systèmes politiques qui nous montrent le chemin des bons systèmes républicains. Voilà pourquoi, ensemble, au-delà du seul pouvoir et de la seule opposition politiques, nous devrions associer, dans les grandes décisions institutionnelles de notre pays, la société civile, les sociétés religieuses, les collectivités locales, les associations de femmes et de jeunes, les universités, le barreau. En somme, ratisser large pour avoir non seulement le meilleur consensus mais aussi les meilleures propositions pour les meilleurs mécanismes de régulation et de prévention et dans la durée, dans la qualité et la performance. Donc, ne pas s’enfermer entre politiciens. Les Sénégalais ont leur mot à dire. L’Assemblée nationale reste le terminus. C’est de cette manière qu’il faudrait concevoir nos lois, nos révisions constitutionnelles. C’est de cette manière que notre Code de la famille est né et il est là pour longtemps.

Le parrainage, pour revenir à lui, devrait laisser dans l’histoire le nom d’un Président qui a changé la donne pour que tous soient égaux devant le suffrage universel, mais à condition qu’un consensus large et fort le valide pour le solidifier et l’installer dans la postérité. En un mot, ne pas donner raison à ceux qui pourchassent la suspicion. Par ailleurs, c’est à l’opposition de ne pas laisser à une seule hirondelle de faire le printemps, car le parrainage est un printemps. Et ce printemps, nous le voulons. Il nous fera du bien en donnant sa chance à chaque Sénégalaise, à chaque Sénégalais. Il nous sortira de l’étau et de l’éternité au pouvoir des seuls tenants de partis politiques. Puisse l’opposition prendre sa place dans l’appel au dialogue, au nom du bien-être institutionnel de notre République, et laisser le peuple sénégalais prendre acte de la contribution de chacun. Le système démocratique qui posera cet acte aura vaincu le « mauvais infini ». L’opposition doit inscrire son nom dans cette marche de l’histoire politique du Sénégal. L’on nous a appris que la politique est comme le football : on ne fait pas la passe à l’adversaire. Mais ici, il ne s’agit pas d’adversaire, il s’agit d’écrire autrement une nouvelle page de l’histoire de notre démocratie. Il s’agit de poser constitutionnellement les jalons d’une alternance démocratique où tous les Sénégalais ont leur place. Instituons alors, ensemble, ce parrainage dans la confiance et le consensus et que l’histoire de notre pays puisse un jour s’écrire autrement. Reste à trouver, toujours ensemble, les mécanismes qui soulageraient le Trésor public et le moyen d’assurer le vote à chaque citoyen qui aurait satisfait aux exigences requises. Mon ami l’ambassadeur de Tombouctou a, quant à lui, trouvé la solution : Que chaque candidat finance lui-même et ses affiches de campagne et son propre bulletin, mettant ainsi les caisses de l’État au repos ! Les Sénégalais s’occuperont du reste dans l’urne ! Être Président a un coût qu’il faut assumer ! tranche le plénipotentiaire.

Ne reculons pas. Avançons et surtout ensemble. C’est de la crédibilité de notre démocratie, de notre capacité à aller à la rencontre de la chair même de notre pays dont il s’agit et de la place que ce pays a acquis désormais au cœur des plus apaisées démocraties du monde. Ne ruinons pas nos acquis démocratiques. Si l’opposition a un fossé à franchir, rêvons que le Président de la République lui tende la main, et réciproquement, sans que ni l’un ni l’autre ne perde son honneur, ne fourvoie à sa mission, ne renonce à ses idéaux, ne cède ses droits. Le pouvoir comme l’opposition doivent se retrouver là où le peuple sénégalais les convoque : le développement, la formation de notre jeunesse, la sauvegarde de notre dignité et de notre identité nationale.

Aucun Président ne peut prétendre tout réussir, tout régir. Aucune opposition ne peut prétendre tout contester, tout réinventer. Aucune force de l’opposition ne peut pousser le pouvoir au suicide ou à l’humiliation en tenant à le faire céder sur ses choix de développement. C’est son droit, sa légitimité. Il gouverne. Mal ou bien, c’est lui qui gouverne. Aucun pouvoir ne peut réprimer, marchander l’élan légitime d’une opposition vers le pouvoir. Cependant, c’est ce à quoi aspire et désire le peuple sénégalais qui doit rassembler les deux camps et leur imposer une obéissance commune du jeu démocratique dans l’élégance, le devoir du respect mutuel, la responsabilité sous l’œil vigilant de l’Histoire.
La démocratie peut être une tragédie ou, tout court, une grande plaisanterie, une honteuse farce, quand elle emprunte son visage à la défaite de toute morale, au triomphe de la ruse et du gain. Notre pays n’a pas ce destin, ne veut pas de ce destin et n’aura pas ce destin.   

Dans ce pays, pour peu l’on croirait que Dieu a pris de longues vacances, loin de nous. Et le Diable jamais. Lui, il serait resté. Sans Dieu, sans éthique, sans valeur, sans humilité, comment « mettre notre âme à l’abri ? » Quelque chose nous gifle et nous serions prêts à tendre l’autre joue. Quand on veut tout laisser à Dieu, le Diable finit par prendre la plus grosse part. Ce pays n’est pas une auberge de suicidés et de morts, mais le malheur peut arriver. Il arrive partout où la justice doute, ou se couche, ou demeure injustement fusillée, ou le pouvoir flamboie, ou l’opposition arme ses soufflets au moindre feu, ou le peuple arbitre dans le silence. Cette justice d’aujourd’hui, prise entre deux feux, dans un enfer de mitraillettes, sans savoir ni où se réfugier ni comment sauver son honneur, personne ne viendra la sauver, si ce n’est elle-même ! Elle tient entre ses mains, finalement apparues fragiles, le verdict de sa propre histoire. Mais, ne l’oublions pas : la justice, même celle de Dieu, est toujours une épreuve !

Citons les sans peur : Senghor, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, Macky Sall. Quatre hommes politiques, quatre Sénégal, quatre temps du monde, quatre héritages. L’histoire est écrite pour les trois premiers. Elle est en train de s’écrire pour le 4ème Président. L’encre n’a pas encore séché. Il serait temps, disent nombre de Sénégalais, qu’après le 5ème ou au plus tard le 6ème Président du Sénégal, qu’une femme ou qu’un homme, à équidistance des clans et des partis politiques traditionnels, gouverne à son tour notre pays. La vérité, par ailleurs, est qu’il y a bien longtemps que nous aurions dû aider un Président de la République à cesser d’être l’otage de la politique marchande et des loups qui rôdent autour des palais. Il s’agissait, très tôt, d’instituer un mandat présidentiel unique de 7 à 8 ans. Cela aurait permis, dit-on, à l’élu suprême de gouverner sans être l’esclave de quelque groupe que ce soit et sans corde au cou. Cela aurait aidé le Président de la République, quel qu’il soit, à être libre, à n’être l’otage de personne. A la vérité, un Président est fragile. Comme tout humain, il a besoin des autres. Le schéma actuel a largement démontré combien un second mandat à briguer met en danger notre démocratie, notre économie, met un Chef de l’État en grande vigilance face à une coalition, une majorité présidentielle à rassurer, à protéger, car son destin est celui de sa majorité. Rien de plus normal. Pour survivre, il faut être ensemble. C’est la loi de la jungle, mais nous ne voulons pas tenir, par respect, l’espace politique comme une jungle. Nul ne peut en vouloir à un quelconque homme politique de tout mettre en œuvre pour gagner son combat électoral, dès lors qu’il lui est permis de se présenter au suffrage universel. On me rétorquera oui, mais dans la transparence. Nous répondons oui, bien sûr dans la transparence, car nous sommes naïvement de ceux qui croient qu’une abeille ne peut accoucher que du miel. Pour dire que nous sommes dans une présomption de dignité morale et de respect des urnes. Le Président de la République, pour le nommer, est constitutionnellement habilité à se présenter et se présentera. Seul le peuple sénégalais décidera de l’issue des élections, et il protégera sans faiblesse et son vote et son choix. Nous croyons que tous ceux qui se présenteront en 2019 devant les Sénégalais accepteront le verdict du peuple. Nul ne pourrait, non plus, en vouloir, demain, à un Dieu qui a trop à faire ailleurs que de venir s’occuper de ce que les Sénégalais peuvent décider sans Lui. N’ayons pas peur. Faisons-nous confiance. Veillons ensemble. Soyons grands et dans la victoire et dans la défaite.

L’heure n’est pas grave, mais le dialogue s’impose. Le Président de la République, le premier, parce que tel est le poids noble de sa charge, malgré une opposition batailleuse, bien installée dans son rôle et décidée de ne pas en bouger, doit s’élever, se dépasser, se libérer de l’étau quoique légitime de son camp politique et de ses partisans, pour donner un gage à celui qui est le seul maître, le seul souverain et le seul à trancher pour tous : le peuple sénégalais. Pour cela, son appel au dialogue doit être constant, généreux, sans répit, sans contrainte. Si personne n’y répond, les Sénégalais apprécieront, prendront acte. Mais, toujours s’élever, communiquer, prendre le peuple à témoin. Notre pays mérite de poursuivre sa marche vers le progrès, la liberté. Nous sommes un grand peuple. Ce peuple a mûri. Il sait attendre. Il sait arbitrer. Il n’est pas pressé, mais peut se réveiller pressé quand on viole son honneur, quand on humilie son histoire. Le peuple sénégalais sait tout. Il sait trier le vrai du faux. Il sait se taire, mais il tranche toujours. Penser ou travailler pour le tromper est chimérique. Il faut lui faire confiance et le laisser faire. Il sait mesurer le poids moral des gages. Quand on lui prête sans taux usurier, il rembourse plus que ce qu’on lui a prêté. Cela s’appelle rendre justice. Je ne souhaite à quiconque de l’affronter, lui faire subir l’injustice et le déshonneur. On le paie cash et deux fois. Et puis, on ne définit pas pour lui ce que sont la justice et le déshonneur. Il possède son propre dictionnaire.

Dieu sera présent au Sénégal en 2019, pour dire que ce pays ne brûlera pas. Ne brûleront que ceux qui ont déjà allumé dans leur cœur les flammes de la haine et de la division. Le Sénégal est plus grand que lui-même. Les Sénégalais sont sereins et prodigieux. Nous n’avons cessé de répéter que tant qu’il existera dans ce pays un bout de minaret, l’ombre d’une croix, nous nous réveillerons toujours avec le soleil. Ici, dans mon pays, tant qu’il y a le ciel, il y a toujours la certitude qu’un oiseau y passe. Nous sommes armés pour survivre à toutes les peurs. Ce pays est d’or. A chaque épreuve, éclairons-nous aux feux ardents longtemps allumés avant nous par des êtres exceptionnels, des apôtres du refus, du bien et de la foi. Ce n’est pas vrai que leurs prières ont séché, que nos fétiches sont morts, que notre sol est souillé et stérile. Les fronts de nos mères restent des diadèmes. Ceux qui sont souillés sont ceux qui sont vaincus sans combattre et qui ont remplacé Dieu et la dignité par l’argent, l’avidité, la cupidité et la servilité.

Que le respect, la mesure et la paix soient notre première mosquée, notre première église. Il est plus courageux de faire la paix que de faire la guerre, dit l’adage. N’oublions pas non plus « qu’il n’y a pas de liberté sans droits de l’Homme. Pas de droits de l’Homme sans la paix. Pas de paix sans justice ». L’État, c’est nous tous ! Que l’on cesse, enfin, de se combattre en proclamant : « Je ne mens pas, c’est la vérité qui se trompe ». Apprenons à additionner et non à soustraire. Ce qui doit arriver arrivera, malgré l’argent des uns, malgré la bave des autres. La fortune ou le mépris n’a jamais garanti l’exercice du pouvoir. L’insulte et l’adversité irrespectueuse n’ont jamais garanti la conquête du pouvoir. Le verdict n’est ni dans les coalitions, ni dans les moyens financiers des uns, ni dans les diatribes des autres. Le verdict est dans l’expression du suffrage des seuls Sénégalais, à condition que ces derniers soient dignes de leur pays, de leur histoire.

Nous sommes des millions à aimer, à chérir notre pays, le Sénégal, et avec nous des peuples et des pays à travers le monde qui nous vouent respect et affection. Et parce que nous l’aimons, notre pays, pouvoir comme opposition compris, et que son avenir nous préoccupe, que nous devons nous unir, mettre nos forces non au service d’un seul camp, mais au service de tous. Confortons notre démocratie. Aidons les autres qui nous regardent à mieux nous aimer. Soyons dignes de ce que ce grand petit pays nous a jusqu’ici laissés en héritage ! Que personne ne nous fasse croire que nous sommes devenus le produit du néant. Ne tournons pas le dos à notre vrai miroir. Regardons-le en face !

Par
Amadou Lamine SALL

Poète
Lauréat des Grands prix
de l’Académie française

Combien de fois, depuis le 26 mars 2012, aura-t-on abreuvé Macky Sall d’injures graves ou annoncé, pour s’en réjouir, qu’il n’est qu’un président de transition ou par accident ? En effet, personne, y compris même « certains de ses amis » qui n’en faisaient qu’un « éventuel arbitre du second tour de l’élection présidentielle de 2012 », ne le destinait de si tôt à la magistrature suprême du Sénégal. Erreur ! Car servi par une phénoménale obstination fondée sur la croyance en Dieu, un sens tactique bien aiguisé et aussi beaucoup de cette grâce et de ce talent qui l’ont toujours accompagné, Macky Sall est, selon toute vraisemblance, l’un des hommes politiques et d’Etat les plus valeureux et les plus compétents de sa génération.

 

Sinon comment comprendre son élection à la tête de ce pays qui, loin d’être le fait du hasard, est bien plus le fruit de la volonté et de l’intelligence confondues. Volonté et intelligence nécessaires pour conduire une vie en un monde incertain, organiser une existence, alors que tant de menaces, tant d’angoisse cherchent à écraser le sujet, de la terreur, de la mort et du temps, jusqu’aux troubles issus des passions. Aussi, sans action possible de soi sur soi, comment dépasser le stade de l’animalité et de la servitude ? Comment se réaliser en tant qu’homme ?

La maîtrise de soi
Cette simple leçon de morale, la maîtrise de soi- que ne cesse de livrer Macky Sall à ses compatriotes- est malheureusement loin d’être méditée et intériorisée par tous les exaltés et activistes de tout bord, surpris et dépités par sa conception de la politique et sa compréhension de la fonction présidentielle. Loin de les agacer, Macky Sall les inquiète pour avoir compris qu’un président, s’il est « un bon père de famille », n’a pas à suivre l’opinion, à lui complaire. S’il se veut au service des citoyens, ce ne saurait être pour flatter leurs tendances naturelles, pour céder aux engouements, à la mode du jour. S’il se veut régulateur objectif d’intérêts concurrents, il doit se cramponner aux faits, si déconcertants soient-ils, et ne pas s’assujettir aux mesures d’audience et à la quête publicitaire. Sa vocation ? La mise en œuvre lucide et intelligente du projet de nouvelle rationalisation du Sénégal pour lequel il a été choisi. Quitte à heurter des lobbies, à mettre en cause des intérêts et des privilèges indûment établis.
 

C’est dans ce cadre que s’analyse la tapageuse campagne médiatique et politique de discrédit et de désinformation dont la meute et la horde d’opposants aussi bigarrés ne cessent de se signaler avec une débilité sidérante, une impudence et une indécence sans pareille.
 

Toujours premier à se jeter avec promptitude et frénésie dans la gadoue, notre Pierrot lunaire national, diplômé du prestigieux Institut d’études de prestidigitation, pardon politiques (Iep) de Paris, s’évertue, avec toute l’énergie satanique du réprouvé, à accréditer « l’incapacité et la faiblesse » de Macky Sall à gérer le Sénégal. Politologue autrefois, auditeur aujourd’hui, notre sujet se révèle un insensé perpétuellement tourmenté, qui marche au hasard, de n’importe où à n’importe où et de n’importe quoi à n’importe quoi. En effet, lorsque l’individu est aveuglément soumis au désir de satisfaire son désir à tout prix- surtout s’il se croit né pour être président- il ne saisit, dans la réalité, que des figures arbitraires, que des occasions de fantasmer vaguement, en recourant à cette fameuse langue de bois, seule force par laquelle il pense surclasser tout le monde.

Destin présidentiel
Ce qui permet aisément à notre narcisse de se poser, aujourd’hui, en Saladin du Sénégal pour changer l’hymne national et peut-être notre devise, après sa vaine tentative d’instrumentalisation des versets coraniques et sa pathétique révélation publique, à larmes chaudes, de son misérable tas de petits secrets et d’anecdotes volontairement exagérés, au nom de l’intérêt général ou d’un destin présidentiel. Tartuffe n’aurait certes pas mieux fait pour plonger la politique dans le bain de l’émotion. Or ne sont pas caractéristiques d’homme d’Etat l’imagination errante et l’émotivité qui, selon certains psychanalystes, révèlent plutôt l’immaturité et la faiblesse du sujet qui n’a pas résolu certains conflits affectifs de l’enfance. D’ailleurs, Nietzsche, dans «Ainsi parlait Zarathoustra», ironise sur ces « superflus » qui « acquièrent des richesses et en deviennent plus pauvres », qui « veulent la puissance » pour en devenir «  plus impuissants ». Le pouvoir, en effet, est un acte créateur, mais s’il est pétri d’arrogance et de ressentiment, il apparait un « pouvoir faiblesse », et c’est le pouvoir du «  dernier homme », du « plus méprisable de tous les hommes ».
 

Macky Sall, ingénieur bien structuré, choisit, au contraire, d’être révolutionnaire, non au sens de bouleverser tout radicalement, mais d’adaptation critique à la réalité pour la mieux maîtriser et transformer par des ruptures intelligentes et des défis mesurés. Seule attitude raisonnable, du reste, pour redonner confiance à des citoyens englués depuis plus d’une décennie dans une crise protéiforme, au sens qu’Antonio Gramsci donnait à ce terme : « Quand le vieux meurt et le neuf hésite à naître ». Ou comme dirait Tocqueville, quand « le passé n’éclairant plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres ».
 

Et pour éviter que notre exaltation républicaine de jadis ne laisse définitivement place au rejet, il fallait le courage de placer « la patrie bien au-dessus des contingences partisanes égoïstes ». D’où la mise en place successive de gouvernements composés d’hommes et de femmes issus des diverses confessions politiques, sociales et religieuses du pays. L’article 56 de la Constitution, qui définit le gouvernement comme « une institution collégiale et solidaire », prend ici tout son sens, car un gouvernement est une unité politique et sociale complexe, formée d’individus et de groupes dont les intérêts particuliers ne coïncident pas nécessairement, mais qui s’assignent comme claire finalité la défense de la République. La présidence de l’Assemblée nationale et celle du Haut conseil des collectivités territoriales, assurées respectivement par Ms Moustapha Niasse de l’Afp et Ousmane Tanor Dieng du Ps, révèlent également non une quelconque générosité, mais bien l’esprit d’ouverture et le génie politique de Macky Sall. Qui sait que le besoin de socialité qu’exige la texture une et indissociable du corps social, faite de fils culturels nécessairement pluriels, est davantage celui d’apprendre à vivre ensemble pour que toutes les races, tous les groupes ethniques, religieux et sociaux, formant une nation dans un pays indivis, puissent s’épanouir et jouir d’une citoyenneté égale et entière. La diversité, au lieu d’être obstacle ou faiblesse, constitue, au contraire, une force en dépit des cris d’orfraie çà et là élevés jusque dans les rangs de « Benno Bokk Yakaar », et qui ne devraient, outre mesure, étonner. La société, réalité humaine animée par des êtres vivants, n’échappe pas à cette règle fondamentale que le conflit est inhérent à sa nature et à son fonctionnement. Même le Prophète (Psl) avait, selon le Coran,  « ses hypocrites » que d’autres, pour un souci d’euphémisation ou par peur de se révéler à eux-mêmes certaines ruses ou malveillances, préfèrent qualifier « d’indépendants d’esprit ». Comme le grandiloquent « protecteur » des droits avec ses diatribes sur les cartes d’électeur et d’identité, ou Merlin, le chanteur-roi, qui crie sa déception, ou encore « l’excellent statisticien » qui, il y a peu,  « voulait alterner Macky Sall au profit de… » et qui prophétise déjà la « bombe sociale » juvénile. Sans oublier ce juge « Robin des bois » incapable de déterminer l’équilibre entre l’indépendance des magistrats vis-à-vis du jeu politique et le lien essentiel qui rattache la justice à l’Etat, ici et ailleurs. Ils sont légion ces loups qui, au moment convenu, sortiront du bois pour hurler leur insatisfaction ou leur désappointement.

Fils culturels
Bref, la République ou  «  chose commune » doit, selon Macky Sall, être inclusive et lutter contre les inégalités et les injustices, notamment la délinquance économique. C’est, en fait, une nécessité morale, économique et politique que de poursuivre ceux qui, par leur position de pouvoir, sont présumés s’être enrichis indûment sur le dos des citoyens. Depuis 2000, notre pays était devenu une économie de casino où s’est déversé un flot d’argent facile, amplifiée avec l’encouragement donné à des responsables véreux d’édifier des richesses sans s’embarrasser de scrupules ni de règlements et de contrôles légaux. Richesses placées dans des paradis fiscaux, qui ne sont rien d’autre que des paradis de la criminalité, version moderne des îles et ports ou les pirates de l’ancien temps accumulaient les produits de leur pillage, et qui leur permettront, le moment venu, de conquérir le cœur et le suffrage des pauvres « goorgolu » en se servant de la presse comme un voleur d’une échelle. Un journaliste ne vient-il pas de produire un « brûlot » exaltant un célèbre « présumé falsificateur de billets de banque ». Le monde ne s’effondre pas, il s’inverse ! Et ce phénomène explique, peut-être, que lors de l’émission « Débat » de France24 portant sur « Info intox », du jeudi 22 mars 2018, notre pays, le Sénégal, a été dépeint par un des journalistes comme un empire de « fausses nouvelles et de désinformation » en Afrique. Que l’Etat renonce à son devoir de protéger la société contre de tels délits et crimes y portant atteinte, il faillit à sa mission d’arbitre transcendant. Pour devenir alors le sarcophage plombé de l’espérance des citoyens, parce que le gros chat des « droits de l’Homme » du politicien ou du puissant aura implacablement dévoré la chétive souris des « droits de la nation ».
 

La République vertueuse, sobre et efficace, c’est-à-dire une République adossée aux vertus démocratiques et à nos valeurs traditionnelles positives, est dans ce combat. Ne soyons donc pas étonnés de la création de toute sorte de solidarité ridicule de tous les prévaricateurs et intrigants, anciens et nouveaux, qui auront oublié que la règle de morale, de loin la plus utile à connaitre, est de ne jamais se mettre dans une situation telle qu’on soit exposé à faillir, au risque d’apparaitre comme des loufoques cherchant à légitimer leur propre médiocrité et leurs propres erreurs sur celles des autres.
 

Macky Sall le sait, lui qui n’est pas né pour être président et qui n’est non plus fils légitime ou putatif de président ; ce qui en fait un enfant authentique du peuple. Il s’est construit et fait lui-même. Donc, il saisit d’instinct que sans émancipation par rapport à la notion de profit qui gangrène notre pays, sans émancipation par rapport aux maladies, aux ignorances et aux hypocrisies, l’homme risque d’être absent de la scène humaine. Voilà qui justifie la « décongélation » de la consommation par l’allégement fiscal sur les salaires de l’ordre de 30 milliards de nos francs et par la diminution des prix des denrées de première nécessité et leur homologation, la mise en œuvre progressive de la couverture maladie universelle et du programme des bourses familiales destinées aux familles extrêmement défavorisées, la gratuité de la césarienne, la revalorisation des pensions des retraités de L’Ipres, la réforme de l’enseignement supérieur, la redynamisation du secteur rural, l’amélioration incontestable et incontestée dans la distribution de l’énergie électrique ainsi que le désenclavement progressif de nos régions périphériques grâce à des instruments comme le Pudc. Tel est l’idéal de Macky Sall, celui de la promotion de l’homme et de son épanouissement. Il s’agit, en fait, de mettre fin à une économie de l’éphémère qui fragilise davantage les plus faibles, pour une économie positive qui prend en considération le rapport coût/efficacité et la prise de décisions rationnelles qui ne reposent plus sur l’improvisation et la subjectivité, mais sur des techniques réduisant la part de hasard et d’incertitude. D’où un taux de croissance de 7 % qui implique d’ailleurs l’ampleur des revendications sociales. Car pour tous les économistes, je ne parle pas des répétiteurs, l’ampleur et l’intensité des revendications sociales sont des signes de bonne santé économique d’un pays. Qui osait, par exemple, demander au président Diouf des augmentations salariales ou indemnitaires ?

Bonne santé économique
Dans tous les cas, nous sommes face à une révolution, et une révolution ne se fait ni en un jour ni même en dix ans. C’est un événement de longue durée, comme le suggère ce qu’il est convenu d’appeler le Plan Sénégal émergent (Pse) qui consacre une rupture fondamentale à cinquante ans de politiques dictées par la conjoncture ou imposées de l’extérieur. Ainsi, au lieu de raconter des fadaises sur ceci ou cela, on ferait mieux de s’interroger sur l’enjeu du Pse qui est une transformation structurelle de l’économie, une amélioration significative des conditions de vie de la population et le renforcement de la sécurité, de la stabilité, de l’Etat de droit, pour un plein épanouissement des citoyens. En conséquence, des domaines jusque-là réserves aux urbains, comme l’accès à un réseau routier moderne, l’accès à l’eau, à l’énergie, à la santé et à l’éducation, y compris supérieure, vont désormais s’ouvrir progressivement aux populations locales ; ce qui contribue à rapprocher les modes de vie et à gommer les inégalités. Car le rôle de l’Etat n’est pas seulement de nous soumettre à des relations de droit, mais de produire l’unité des mœurs, de formation, l’universalité des modes de pensée et de conduite. Dit crûment, il s’agit d’éviter que la majorité du peuple ne soit qu’un simple figurant, traité comme la populace.
 

Le voilà, le but recherché : une implication de chaque citoyen dans ce qu’on peut appeler une démocratie de proximité, de face-à-face, permettant de concilier la nécessité d’obtenir une participation active des citoyens aux affaires publiques et l’inclination de ses derniers à se replier sur leur seule existence individuelle.
 

Une vision aussi globalisante et réfléchie de l’avenir constitue, sans nul doute, un fardeau pour des hommes qui font plus de mal à leur pays par leur ambition que nombre d’incapables. Seul peut porter un tel projet un sujet capable de s’extraire des clans, parce que pétri de vertus politiques au sens d’amour de la patrie et de l’égalité. En somme, un sujet actif et autonome qui a encore le courage d’être homme, simplement mais intégralement, comme nous le donne à voir chaque jour le Président Macky Sall.
* Les intertitres sont de la rédaction

Par
Jean-Louis CAMARA

Porte-parole du Conseil
supérieur des chiites
du Sénégal

1 - L’organisation du spectacle sportif n’appartient plus seulement au mouvement sportif. C’est une activité économique ouverte à la concurrence.
Jean Marc Bosman, très peu connu en tant que footballeur, a donné son nom à une célèbre décision de justice qui a révolutionné le droit du sport : l’arrêt Bosman. Cette décision de la Cour de justice des communautés européennes lui a donné le droit de quitter son club belge de Liège pour rejoindre le club de Dunkerque en division II en France. C’était une nouvelle ère qui s’ouvrait pour le football et le sport, dès lors que l’arrêt condamnait la limitation à 3 du nombre de loueurs européens dans les clubs en Europe. Un club comme Arsenal se permettra même de présenter plusieurs fois des équipes 100 % étrangères en Angleterre.
Monsieur Bosman a eu le courage d’attaquer en justice la toute puissante Uefa, d’avoir gagné et donc, d’avoir fait sauter un des verrous qui empêchait la circulation des sportifs.
Aujourd’hui, une révolution similaire se prépare. Le monopole de fait du mouvement sportif « officiel » pour l’organisation du spectacle sportif est en train de sauter. Ce n’est pas dans le football, mais dans le patinage artistique ! Mais, cela aura une portée considérable pour tous les spectacles sportifs.

Deux patineurs participent à des spectacles sportifs non reconnus par la Fédération internationale de patinage. Ils sont sanctionnés sévèrement par cette dernière. Saisie par les patineurs, la Commission  européenne (chargé du contrôle de la concurrence) décide de sanctionner la Fédération de patinage pour pratique anticoncurrentielle en méconnaissance du Traité européen.
Pour la Commission européenne, la sanction contre les sportifs participant à des spectacles non reconnus par la fédération est un fait contraire à l’interdiction des pratiques anticoncurrentielles qu’institue le traité. En effet, il est clairement dit, dans la décision, que les sanctions sévères que la fédération inflige aux patineurs « servent à protéger les intérêts commerciaux de cette fédération et empêchent d’autres organisateurs de monter leurs propres événements ».
Dans la lignée de cette décision, il serait désormais possible d’organiser des spectacles concurrents de ceux organisés par les fédérations internationales ; et cela, sans aucun risque de sanction pour les sportifs participant aux deux spectacles.

La Fédération de patinage a fait un recours devant la Cour de justice de l’Europe. Wait and see !
En tout état de cause, les fédérations sportives africaines doivent se préparer en conséquence. Avec ce vent et cette ambiance de libéralisation mondiale, plus aucune activité ne bénéficiera de protection.
Dans d’autres parties du monde, on a compris cela. C’est ce qui justifie que le conglomérat financier japonais « Softbank » se soit mis en « consortium » avec des investisseurs issus de la Chine, d’Arabie saoudite, des Etats-Unis et des Emirats arabes unis en vue de débourser 25 milliards de dollars pour créer des tournois internationaux pour la…Fifa (source Financial Time). Il y aurait, derrière ce projet, l’idée de diminuer l’emprise de l’Uefa et de l’Europe sur le football mondial…

2- L’interdiction du prêt et du transfert de jeunes joueurs pour réguler le football. La Fifa est en train de réfléchir à la régulation, voire l’interdiction des prêts de joueurs entre clubs afin de limiter l’inflation dans le football.
Cette mesure que certains grands clubs des grands championnats fustigent me parait salutaire pour le football africain qui est « pillé » sans contrepartie et de manière éhonté via des transferts et de supposés « centre de formation » plus proches de « zones de transit » pour joueurs mineurs que de véritables structures de formation.

En s’essayant à cette forme de régulation, la Fifa cherche à éviter le « sur-stockage » de jeunes joueurs de talents dans certains clubs. Ce qui, généralement, influence négativement sur les compétitions et les matchs, car les autres clubs ne pourront pas avoir ces joueurs de talents pour être compétitifs dans leurs championnats.
Une telle mesure est totalement favorable aux structures de formation. Certes, elles vendront moins de joueurs, car ce seront les « vrais pépites » qui partiront. La structure de formation pourra donc utiliser ses joueurs plus longtemps au lieu de s’en débarrasser assez rapidement au profit de grands clubs qui ne feront que les stocker ou les prêter au détriment de la structure de formation.

Avec cette mesure, les clubs sénégalais gagneront. Ils vendront beaucoup plus chers leurs pépites et auront les moyens d’entretenir une équipe compétitive sur le plan africain. Ce qui leur permettra de franchir au moins un tour dans les compétitions africaines et pour la Ligue de football d’avoir un championnat professionnel qui pourra faire vivre les joueurs locaux de manière décente, parce qu’attractive avec de bons joueurs. Ainsi, les droits de Tv seront un peu plus intéressants et serviront au financement du football local.

Qu’attendent les dirigeants du mouvement sportif africain ? Que le ciel leur tombe sur la tête ?
En tout cas, un nouveau modèle économique est en train de se mettre en place pour le sport et il me semble que chez nous, il n’y a aucune anticipation. Nous allons encore subir comme nous subissons actuellement la justice sportive par le biais du Tas qui fait penser à un tribunal pour «  riches ».
 J’y reviendrais !

Par
Pr Abdoulaye
SAKHO

Directeur fondateur
du Master Droit et
Economie du sport
Institut Edge/Cres

Sur les antennes des médias ayant couvert la journée du 19 avril passé, entre la Rts, certaines télévisions ou radios, je ne retiens plus laquelle, tellement que j’ai navigué d’une chaîne à une autre,  pour avoir aussi bien la perception des intervenants que celle des journalistes couvrant l’évènement, dans le but d’évaluer l’objectivité des uns et des autres, j’ai pu noter des contrevérités manifestes et volontairement distillées à dessein !
Je ne parlerai pas du degré de mobilisation de la population puisque il n’y a pas photo entre les  évènements du 23 juin et du 19 avril. Je ne ferai pas non plus de comparaison sur les motifs de manifestations puisque ce n’est pas comparable. Par contre, je parlerai uniquement du niveau de mobilisation des forces de sécurité et leur impact ainsi que la manière dont s’est terminé le bras de fer : mise en œuvre du projet par qui de droit et la tentative d’empêchement par la rue -peuple ou minorité ?- ce 19 avril 2018.
Sur l’une des antennes, disais-je, l’opposition a dit -et c’est vérifiable par tout journaliste perspicace et désireux de ne véhiculer que la vérité- ce qui suit :
Le premier : soit sur la Rts à l’Assemblée nationale ou sur l’une des radios privées
-    « Le Président Wade avait fait montre de sagesse, car lorsqu’il a compris que le peuple n’adhérait pas à son projet, il l’a tout simplement retiré » pour éviter que le sang ne coule.   
 
Le second : pour ce cas, il s’agissait précisément de propos tenus hier, vendredi 20 avril entre 22 h et 23 h, au cours du débat organisé par l’une des chaînes privées de la place sur le vote de la loi sur le parrainage :
-    « Le Président Wade a joué le jeu », c’est-à-dire qu’il a fini par retirer le projet !
Et toujours ce dernier d’enchaîner :
-    « le Président Wade avait laissé le peuple manifester »… Macky Sall a ceinturé l’Assemblée avec les forces de sécurité (et massivement : le sous-entendu)…
 J’invite, sur ces allégations, les professionnels de l’information à revoir les archives audiovisuelles et écrites. La tendance des politiques est de tenir, de plus en plus, des discours sur des faits dont ils ignorent tout, ou oublient tout, ou semblent tout oublier et refusent, par paresse intellectuelles, de faire l’effort de préparation nécessaire avant leur participation à un quelconque débat : l’effort noble -preuve d’humilité- de mise à niveau sur les sujets de l’heure et les faits réels passés. Ceci n’étant pas le fort de certains. A ceux-là, je leur crie : la vérité d’abord !

1. Sur la renonciation
de Wade à ses deux projets
en 2011 :
C’est lorsque le pays était sur le point de tomber, le Palais réellement en danger, des milliers de vies menacées, que M. Djibo Kâ, en homme d’Etat averti et patriote, qu’on le veuille ou non, intrépide et sans complexe, s’est levé, ce jour, pour dire au Président Wade, les yeux dans les yeux, d’arrêter la procédure et que rien ne valait de tels dangers ! Un autre homme politique, non militant du Pds, mais allié du Président, se ralliera à cette position. Sûr d’être lâché par ces hommes politiques, non des moindres sur l’échiquier politique, il finit par céder. Même à l’Assemblée, certains députés de son propre parti avaient fini par revoir leur position et il y avait notamment un certain Bathily. Presque tous devinrent plus lucides : je laisse aux lecteurs le soin de citer ceux-là. Le Président Wade n’avait pas agi par sagesse, ni pour jouer le jeu en démocrate, mais par contrainte de la rue, en l’espèce, le peuple !

2. Sur le déploiement
des forces de sécurité :
Celui que j’appelle le second plus haut, co-débatteur de l’honorable député Touré dont le parti est ce que je qualifie de « nouvelle recrue de l’opposition », disait que « Macky Sall a ceinturé l’Assemblée » et empêché, en quelque sorte, les citoyens de manifester. Ce citoyen a oublié ou a semblé ignorer -là encore je le renvoie aux archives audiovisuelles- ce qui suit :
a)    Wade a bel et bien ceinturé l’Assemblée par la Gendarmerie au niveau de ses grilles et sur le toit
b)    Un cordon a bel et bien été établi au niveau de l’intérieur

Le problème, c’est que, d’une part, le Président Wade pensait que seuls les politiques allaient manifester et non le peuple et qu’en conséquence, ces dispositions suffiraient ! Mal lui a pris de faire une si mauvaise évaluation. Car c’était bien le peuple qui avait menacé de manifester -les politiques n’étant, cette fois, que les haut-parleurs -relais- et non les seuls politiques.
Les dispositions sécuritaires s’avéreront insuffisantes, parce que rien ne peut arrêter un peuple : même dans les familles, l’alerte était de rigueur ; tout le monde était prêt à terminer le travail si les choses se corsaient.
La première conséquence de cette mauvaise évaluation a été le débordement des forces de sécurité : une seconde barrière sera établie sur le Boulevard de la République, à mi-chemin du Palais. Manifestants et policiers se bousculaient au niveau des barrières, derniers remparts empêchant de se ruer sur les grilles présidentielles !
Le Président Wade finit par sortir l’Armée ; les citoyens manifestants, au lieu de s’en prendre à celle-ci, les applaudissaient ; ce qui pouvait présager que la grande muette n’accepterait pas de tirer sur eux, comme elle a refusé de le faire en 68 !
Qu’est-ce que donc le Président Wade n’a pas fait pour casser du manifestant ? Tout ! C’est parce que, justement, il avait épuisé ses cartouches qu’il a fini par accepter de baisser les armes, pour ne pas utiliser un autre mot.
Dire que le Président Wade, en démocrate, « avait joué le jeu en renonçant à ses projets », lorsque le peuple a manifesté son opposition ce 23 juin 2011, c’est falsifier l’histoire, la travestir mille fois et sans gêne !
Dire que le Président Wade avait fait preuve de sagesse, ce 23 juin, c’est insulter le peuple, c’est de faire tendre à ce peuple l’autre joue et lui donner une seconde gifle !
La réalité est que le pouvoir sentait que tout se dérobait sous ses pieds. Le pouvoir d’hier et opposant d’aujourd’hui, requinqué par la trêve de la traque des biens mal acquis et ayant survécu, cherche, avec les néo opposants, à falsifier l’histoire. Il devient, dès lors, impérieux pour chaque citoyen de défendre la vérité historique et cela, systématiquement, pour qu’elle ne soit pas enterrée par la paresse des uns et des autres : professionnels de l’information, hommes politiques et citoyens tout court.
Pour ce qui est de la journée du 19 avril, les populations ont laissé le terrain aux opposants, parce que ce n’était point une question touchant tout le peuple, mais une question touchant une partie du peuple voulant, sans disposer d’aucune crédibilité, participer aux élections pour vendre ensuite leurs maigres suffrages, participer pour faire par la suite du lobbying, comme d’autres ont manifesté pour faire proliférer les candidatures et créer ainsi un désordre lors du scrutin, à l’instar de ce qui s’est passé à Touba, lors des législatives de 2016 ! Les conditions d’éligibilité à une élection ne sauraient être une question nationale, comme l’est le seuil acceptable de validation du choix de celui qui est appelé à prendre en main la destinée de tout un peuple de cinq cents personnes ou de quinze millions de personnes.  
Un autre débat s’impose donc à la lumière de ces rectifications. Toutefois, ce débat, pour rendre service à la mémoire des citoyens que nous sommes, ne devra concerner que les acteurs suivants :
-    Les journalistes ayant fait le reportage des évènements du 23 juin 2011 à l’Assemblée
-    Les journalistes ayant fait le reportage des évènements du 23 juin 2011 sur l’axe ministère de l’Intérieur et Palais de la République.

La chaîne de télévision prête à réaliser un tel plateau pourrait inviter les radios que sont Rfm et Sud Fm, ainsi que toutes les télévisions disposées à répondre à l’appel.
Pour atteindre ses objectifs, le débat ne portera alors que sur la restitution exclusive des faits, des reportages effectués ce jour, sans aucune relecture des situations -pour éviter des volte-face- par ces auteurs- invités et interpeller, au besoin, ceux qui étaient présents au Palais, ainsi que les journalistes qui disposent d’éléments contradictoires et probants sur ce qui s’est passé ce jour dans le Palais. Ouvrir, enfin, le téléphone aux politiques des deux bords. Cela suffira aux citoyens que nous sommes de savoir comment préserver notre propre histoire politique post-alternance.

Par
Abdoulaye Racine KANE dit Dédé KANE

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Ce sont les pyromanes qui font souffrir. Ils vont pousser des urticaires. Ils n’ont pas eu leur « 23 juin » le 19 avril. De quoi ne pas assouvir leur avidité du feu et des flammes et aviver ainsi leur névrotique goût pour le désastre et le massacre. Bien sûr, il y a eu quelques pneus et amas de bois brûlés par des groupuscules de politiciens. Pour ceux qui avaient prédit un « 23 juin » du 19 avril plus sanglant que le vrai « 23 juin », c’est le top du flop. Echec et mat pour les opposants qui confondent jeu politique et poker.

Jusqu’à la plénière de l’Assemblée nationale, ce 18 avril 2018, qui n’a été que la seconde répétition comique du « 23 juin » 2011, l’opposition aura joué avec la carte du blocage alors qu’elle avait là une occasion en or d’expliquer et de clarifier le débat. Elle a manqué d’allure et de panache. Elle était venue pour l’affichage. Le buzz quoi ! Une façon d’apparaître. Chaque député de l’opposition, pensant à son candidat ou à sa candidature, était dans la centralité de soi. Ils étaient environ 17 intervenants avec des arguments reposant sur une même stratégie et ayant une même finalité : l’ajournement de la séance. C’est ainsi qu’elle a créé les conditions d’un vote sans débat, car la majorité a bien compris cette stratégie qui relève d’un infantilisme politique. C’est ce que les 119 députés ayant voté la loi sur le parrainage citoyen, après environ 8 heures d’horloge monopolisées par l’opposition, ont compris en adoptant comme lettre à la poste le projet de loi n°13/2018 de la Constitution en ramenant cependant le pourcentage de 1 % initialement fixé à 0,8 % des inscrits. Alea jacta est !

Dehors, les citoyens sénégalais, au nom desquels les opposants se sont autoproclamés à longueur… de journaux et à largeur de… plateaux télévisés les fervents défenseurs contre le parrainage, n’ont pas été vraiment au rendez-vous d’une forte mobilisation escomptée, en dépit des scènes et des scenarii concoctés pour faire sortir les foules. Une cinglante et foudroyante réponse citoyenne à une opposition et quelques gens de la société civile encagoulés qui auront, sur le projet de parrainage destiné à assainir le champ politico-électoral, usé et abusé de toutes les contrevérités, de toute sorte de manipulations pour obtenir un rouleau compresseur populaire afin de rééditer un « 23 juin » le 19 avril.
Le peuple sénégalais, décidément d’une lucidité jamais prise à défaut -elle l’a démontré à chaque élection- n’a pas succombé aux hystéries et procès politico-médiatiques destinés à étouffer le vrai débat et les véritables enjeux relatifs au parrainage citoyen. Quand on vous disait que l’enfumage verbal de l’opposition ne pèse pas plus que le poids d’un duvet pour faire basculer à son profit les rapports de forces politiques ! L’enfumage verbal ne suffit jamais pour faire larmoyer les yeux des citoyens lucides qui n’appartiennent pas, en grande majorité, à ce « peuple des réseaux sociaux » qui prétend changer la marche de l’histoire… à coups de clics ou de pavés tactiles.

Ce jeudi 19 avril 2018, les Sénégalais qu’un vrai Kilifa (un leader respecté et respectable) d’une nouvelle citoyenneté, même en avidité de « Y’en a marre » pour satisfaire sa pyromanie, n’aurait jamais dû qualifier de « lâches », ont montré et démontré qu’ils ne sont pas des moutons de Panurge. Ils ne sont ni lâches ni défaillants. Il se trouve qu’ils ne sont pas les adeptes des paradoxes et de l’anachronisme. Ils sont cohérents à la différence de ceux qui se coalisent avec les naufragés du « 23 juin » 2011. Des naufragés qui ont l’estomac de vouloir refaire l’histoire à rebours le 19 avril 2018.

Les Sénégalais, dans leur écrasante majorité, n’ont pas jugé de tenir la boite d’allumettes aux pyromanes. Ils ont fini par comprendre que le principe même du parrainage citoyen constitue une modalité par laquelle ils ont la possibilité de décider par eux-mêmes face à ceux qui convoitent leurs voix. Diantre, pourquoi donc avoir peur du quitus des citoyens pour juger et jauger ceux qui seront dignes de porter leur confiance, de jouir ainsi de leur argent et des moyens de l’Etat mis à leur disposition durant des élections ?

UN PEU DE SERIEUX QUAND MEME !
Ni la profusion des saillies verbales et verbeuses, ni les simples délires protestataires sur fond de désertion de propositions pertinentes et réalistes, ni les accusations géométriquement centrées sur la personne même du Président Macky Sall, encore moins les prédictions de l’apocalypse ne constituent vraiment un programme ou un projet de société. Un peu de sérieux quand même !
Ils se sont fourvoyés, ces opposants engoncés dans le déni systématique, pour ne pas dire systémique, des faits sacrés qui, qu’on le veuille ou non, qu’on le reconnaisse ou pas, « marbrent » les réalisations et les avancées significatives du Plan Sénégal émergent, épicentre du programme de gouvernance du Président de la République, Macky Sall. Est-ce donc une posture délictuelle que de le lui reconnaître ? Que de l’admettre, au-delà même d’une adversité politique qui vire parfois à l’exécration ?

Pourtant dans cette affaire de parrainage qui rend au citoyen sa centralité dans le choix de ses dirigeants, sans une cécité politique et un entêtement dans la surdité, il y avait de quoi rendre le débat fécond et policé, d’autant plus que, par le passé et même en cette période, il y a eu et il y a un accord sur la nécessité de rationaliser enfin un champ politique débridé de plus en plus par des candidatures en croissance exponentielle qui risquent d’obstruer toute visibilité dans les choix aux élections.

Seulement, les opposants, surfant allègrement sur une prétendue chienlit sociale et politiques, trouvaient que c’est occasion bénite pour faire basculer le rapport des forces à leur avantage et cela, à quelques mois de la présidentielle. Si tel était le test politique, le 19 avril 2018, c’est le flop. Le Président Macky Sall a franchi le cap de la tempête. Pas d’orage. Comme d’ailleurs, toutes les tempêtes et orages que les météorologues de l’opposition n’ont cessé de prévoir.  

Pourtant au sujet du parrainage, en principe, quand on s’accorde sur l’essentiel, les débats deviennent plus féconds. L’essentiel- et tous en conviennent- c’est de mettre le garrot à l’hémorragie de candidats dont certains ne sont même pas assurés d’avoir le vote de leur concierge ou de leur domestique et qui coûtent très cher au Trésor public. En plus, que de vertiges ils donnent aux médias lors de la couverture des campagnes électorales ! Sans compter, on ne le souligne pas assez, que certains candidats farfelus et d’autres immensément riches à la faveur du régime de Wade, fabrique de milliardaires, sont des machines à laver l’argent sale plutôt que des collecteurs de suffrages.
Au finish, dans tout cela, le 19 avril 2018 aura été traversé par des leçons à tirer aussi bien pour l’opposition que pour le pouvoir. Parmi elles, la politique-émotion de l’opposition qui ne donne que des parrains de l’échec.
Une leçon qui nous vient de l’auteur des « Misérables » qui vaut pour le Président Macky Sall et ses alliés : « Tenter, braver, persister, persévérer, être fidèle à soi-même, prendre corps-à-corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait, tantôt affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête ; voilà l’exemple dont les peuples ont besoin et la lumière qui les électrise.

Par Soro DIOP

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Le monde s’est construit avec les ressources de l’Afrique mais également avec le sang et la sueur des Africains. Son futur se bâtira encore en Afrique et avec les Africains, et nous souhaitons, cette fois-ci, sans le sang. Le Sénégal, par sa position géographique, porte d’entrée du continent, a joué  un rôle important dans le dispositif de ces transactions et en restera une pièce maîtresse. L’histoire politique de notre pays regorge d’évidences de ce destin prémonitoire que nous devons nous évertuer à mieux gérer. Pour preuve, depuis la nuit des temps, il a été la vitrine de toutes les politiques économiques, sociales, culturelles, en somme, de tout ordre mondial que les maîtres de ce monde ont voulu imprimer à la marche de l’humanité ou, tout au moins, au Tiers-monde. Notre pays a aussi toujours été au centre de faisceaux de bonnes relations énigmatiques, car ne s’expliquant pas toujours par sa taille ou son poids économique, avec toutes les grandes puissances de ce monde  malgré la chasse gardée de la tutelle. Il s’y ajoute qu’aujourd’hui les intérêts géostratégiques que ces pays commencent à nourrir pour le Sénégal, avec la découverte de cette manne pétrolière et gazière, s’emballent et affolent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.

En outre, à l’analyse froide de l’élite politique de notre pays, il convient de noter, pour le regretter, que de la même manière que les ajustements structurels ont dévalué le FCfa, dévalué la quasi-totalité des corps sociaux, l’élite politique elle-même, sous conditionnée et formatée aux théories libérales, de droits humains, de la main invisible et du profit illicite, a perdu de son patriotisme et surtout de son aplomb avec des figures emblématiques comme Blaise Diagne, Galandou Diouf, Léopold Sédar Senghor, Lamine Guèye, Mamadou Dia, Cheikh Anta Diop. Elle n’est plus ni une référence intellectuelle capable de comprendre les défis et enjeux de l’heure et d’orienter les choix judicieux pour le peuple ni une référence morale et sociale capable de grandes mobilisations pour les grandes causes. Ainsi, l’on retrouve dans le Landerneau politique sénégalais beaucoup de dilettantes politiques ou d’aventuriers marchands d’illusions capables de pactiser avec le diable pour assouvir des desseins personnels, nourrir l’ambition de diriger ce pays, au mépris de son histoire.    

Ce sont là deux raisons majeures qui doivent inciter le peuple sénégalais à adopter une attitude de veille relativement à la personne ou au groupe à qui il va confier son destin ; ce qui ne peut se faire que par l’adoption d’un dispositif législatif et réglementaire de filtre, très sélectif au besoin, pour éviter à notre pays des lendemains douloureux. Il va s’en dire qu’au regard de la géopolitique mondiale et régionale, de l’inflation de partis politiques au Sénégal, des mobiles des uns et des autres à se jeter dans l’arène politique, de l’Etat déliquescent du patriotisme et des valeurs dans notre pays, du niveau de culture de certains acteurs politiques, il est suicidaire de mettre aux enchères à tout venant l’avenir du pays. Il urge alors de mettre des garde-fous.  

Dans ce cadre, au-delà du parrainage qui ne prend en charge que l’aspect légitimité sociale, il faut aller plus loin pour intégrer les dimensions académiques, professionnelles, d’expertise ou de culture gouvernementale et d’éthique pour barrer la route aux prédateurs qui prennent le pouvoir pour une sinécure. Il y va de la sécurité du pays et de sa crédibilité internationale.


Par
Waly Coura NDIAYE

Observateur politique
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Le système de parrainage proposé par la majorité vise à résoudre deux problèmes qui ont commencé à pervertir les bases républicaines et démocratiques de notre système électoral.

Le premier problème, c’est la discrimination dont les «candidats libres» sont l’objet par rapport à ceux issus des partis pour solliciter le suffrage de notre peuple. Le second est la tendance lourde, initiée sous le régime de Wade, de faire de notre système électoral un système censitaire avec la montée en puissance du poids de l’argent dans les élections, notamment à la présidentielle.

En effet, sous le régime socialiste, la lutte pour rendre notre système électoral plus démocratique, plus transparent et moins censitaire avait abouti à des avancées notoires dont
a) l’acceptation des candidatures indépendantes réduite cependant à la présidentielle et aux législatives, les excluant ainsi des locales, malgré leur forte demande appuyée par le Pit et And Jëff et farouchement combattue par des partis dont le Pds et la Ld/Mpt. Mais, pour éviter la floraison de candidats fantaisistes qui allait dénaturer notre système électoral démocratique, les candidats indépendants, en plus de s’acquitter de la caution au même titre que ceux présentés par les partis légalement constitués, devaient aussi collecter un nombre de signatures d’électeurs inscrits sur les listes électorales dans sept régions. C’est ainsi que le parrainage citoyen a été introduit dans les procédures d’investiture de candidats à l’élection présidentielle. Le premier candidat individuel à l’élection présidentielle dans ce nouveau système fut Me Lô.

b) la baisse de la caution à 6 millions de FCfa pour l’élection présidentielle de 2000 comme un acquis historique, depuis le retour au multipartisme intégral en 1981, dans la lutte contre le poids de l’argent dans les élections au Sénégal, notamment à l’élection présidentielle.

Ce sont ces avancées démocratiques qui ont permis une expression plus libre, plus démocratique et plus transparente du suffrage du peuple pour la réalisation d’une première alternance démocratique et pacifique dans l’histoire du Sénégal indépendant. Ce qui a suscité l’admiration et le respect du monde entier pour son pas de géant qui faisait rentrer le pays dans le cercle restreint des Républiques démocratiques.

Cependant, ce tournant républicain et démocratique de notre système politique s’est très vite tourné, sous le Président Wade, en un système de plus en plus autocratique qu’il a lui-même dénommé de « Césarisme démocratique » ou de « Despotisme éclairé », montrant ainsi qu’il avait bien conscience des graves reculs qu’il infligeait aux acquis républicains et démocratiques de notre peuple.

Wade donnait raison au Pit et à Jëff Jël qui l’accusaient de la volonté de transformer notre République démocratique en « une monarchie », en appelant à rejeter, en 2001, sa réforme de la Constitution héritée du régime social qu’il avait soumise au référendum en y ajoutant des pouvoirs personnels exorbitants qui ont fait de lui un « bâtisseur d’un pouvoir autocratique à la place du « combattant pour la démocratie et des libertés » qu’il avait incarné des décennies durant à côté des forces de gauche comme le Pit.

C’est pour cela que le compagnonnage du Pit avec Wade, dans le premier gouvernement de cette première alternance, n’a duré que sept mois, prenant fin à quelques encablures de la tenue de son référendum de janvier 2001.

C’est dans le cadre de l’édification de son nouveau « régime de Despotisme éclairé » que Wade a entrepris de rendre le système électoral de plus en plus censitaire en faisant passer la caution à l’élection présidentielle de 6 millions de FCfa en 2000 à 25 millions en 2007, et à 65 millions en 2012. Ainsi, il renforçait le poids de l’argent dans ce type d’élection malgré l’opposition farouche menée contre ce mode de « sélection /exclusion » des candidats à l’élection présidentielle.

Non content de soumettre le système électoral au pouvoir de l’argent, il a aussi perverti le jeu politique par l’argent en faisant du parti politique et du syndicat une source d’enrichissement personnel. D’où la course effrénée à la création de partis politiques et d’organisations syndicales en usant et abusant des acquis historiques de notre peuple par le remplacement, en 1981, de l’autorisation administrative préalable par une simple déclaration auprès du ministère de l’Intérieur ou de l’Inspecteur du travail selon le cas. Sous le règne de Wade, il n’y a jamais eu autant de partis politiques et de syndicats créés, transformant ainsi la politique et le syndicalisme en « fonds de commerce » pour s’enrichir. Jetant, dès lors, le discrédit, aux yeux de l’opinion publique, sur les luttes pour la démocratie, les libertés et la justice sociale.

Ce discrédit des forces démocratiques et de justice sociale, noyées par une multitude de « chasseurs de primes », est un moyen privilégié de consolidation des bases sociales d’un « régime de Despotisme démocratique » partout dans le monde, particulièrement dans les pays en développement. En effet, la prolifération des partis et des syndicats a donné l’impression de l’existence d’un régime de liberté du droit d’association tout en pervertissant les luttes pour la démocratie, les libertés et la justice sociale.

L’objectif visé, c’est d’avoir en face d’eux des forces républicaines, démocratiques et de justice sociale désemparées par le scepticisme des populations vis-à-vis de leurs luttes et qui ne voient partout que des « pourris », des « vendus » et des « affairistes ». Jamais avant l’avènement du « Césarisme démocratique » de Wade, l’opinion sénégalaise n’a eu autant de perceptions négatives des luttes des forces républicaines, démocratiques et de justice sociale.

C’est contre cela, entre autres, que les « Assises nationales » se sont tenues en 2008 afin de redonner à la lutte politique, syndicale et des organisations d’entrepreneurs nationaux et d’organisations paysannes toute leur lettre de noblesse d’avant. C’est ainsi que le référendum de 2016, sous l’égide de la deuxième alternance avec le Président Macky Sall, a été un premier pas dans cette direction, en éliminant la discrimination que subissaient les candidats indépendants dans leur droit de solliciter le suffrage du peuple dans toutes les élections. Mais, il a fallu la tenue des élections législatives de 2017 pour convaincre l’opinion de la nécessité d’un plus grand assainissement du système électoral dans le but de réduire au maximum, à défaut de le supprimer, le poids de l’argent dans le système électoral. En effet, la prolifération des listes de candidats à ces législatives a mis à nu le « fonds de commerce » qu’est devenu le « récépissé » aux mains du chef de parti qui peut le donner en location à tout indépendant sollicitant le suffrage du peuple, sans se conformer aux exigences du parrainage citoyen. C’est leur manière de supprimer le parrainage citoyen en gagnant de l’argent !

Après la « traite de l’arachide » au grand bénéfice des maisons de commerce coloniales, il s’est installé, sous le « régime de Despotisme éclairé » de Wade, la « traite du récépissé » au profit de chef de parti. Il était donc devenu nécessaire, pour la sauvegarde la République démocratique, de procéder à un plus grand assainissement du système électoral en réduisant au maximum le poids de l’argent et en mettant fin à la discrimination « dont sont l’objet les indépendants » et qui n’a servi qu’à enrichi,r de façon illicite, des détenteurs de récépissé. D’où la nécessité d’un dialogue national pour trouver les meilleures solutions à cette gangrène que constituent le poids de l’argent et les discriminations dans le système électoral.

C’est à cela que s’est attelé le Président Macky Sall en convoquant une « concertation nationale sur le système électoral » présidée par une personnalité reconnue pour son indépendance, sa probité morale et son éthique. Le boycott de cette rencontre par l’opposition significative à cause des conditions préalables pour leur participation, concernant Karim Wade et Khalifa Sall qui ont maille avec la justice pour des délits de malversation dans leur gestion des deniers publics, n’a pas permis d’aboutir à des propositions de solutions le plus largement partagé.

Malgré tout, la « concertation » a abouti à des propositions dont les points qui n’ont pas été l’objet d’un consensus, parmi lesquels le parrainage et le montant de la caution, devaient être soumis, de l’avis de tous les participants, à l’arbitrage du Président de la République. Il est donc étonnant, après son arbitrage, d’entendre certains participants rejeter le parrainage en rejoignant, sur ce point, ceux qui ont boycotté la concertation. Dès lors, leur exigence de reprendre la concertation sur cette question n’est donc pas fondée et est dépourvue de toute légitimité.
Aujourd’hui, il est plus que clair que tous ceux qui avaient la faveur de bailleurs extérieurs et ceux qui vivaient de la « traite du récépissé » ne peuvent pas ne pas se mobiliser de toutes leurs forces pour barrer la route à ce projet d’assainissement du système électoral que constitue le parrainage citoyen.

Il est même curieux de les entendre dire que le parrainage sert à éliminer des candidats sérieux et à connaître, avant l’élection, ceux qui sont les électeurs des candidats de l’opposition ! Donc, la question que l’on peut se poser légitimement est de savoir si c’est dans ce but qu’ils ont exigé le maintien du parrainage citoyen, exclusivement pour les candidats indépendants. Ainsi, ils peuvent se faire de l’argent et connaître en même temps les électeurs de leurs adversaires indépendants ? Ce serait vraiment une prouesse que cette opposition aurait réalisée.

Il est même ridicule d’entendre parler ainsi des partis aussi représentatifs sur le plan national et international comme le Pds et Rewmi qui cachent si maladroitement leur exploitation politicienne du mécontentement des candidats ne comptant que sur l’argent pour prétendre briguer le suffrage du peuple et de chefs de parti qui font de leur « récépissé un fonds de commerce» et qui sont les véritables concernés par cet assainissement de notre système électoral.

Mais, cette opposition se trompe lourdement, si elle croit être en mesure de perpétuer ce forfait porté contre la République démocratique en construction avancée dans notre pays.

Ainsi, l’opinion publique devrait être édifiée. Ce qui motive notre opposition et découple son ardeur et son amertume, c’est la peur de cet assainissement que le parrainage constitue et qui fait perdre à nombre d’entre eux leurs « fonds de commerce » tout en replaçant la démocratie républicaine, l’éthique et la transparence au cœur de notre système électoral.

Barrons la route à ces fossoyeurs de notre République démocratique en adoptant le parrainage à l’Assemblée nationale !

Par Ibrahima SENE
Pit/Sénégal

Le sapement de la conscience perceptive des Sénégalais par une opposition sans programme alternatif au Plan Sénégal émergent (Pse)

Depuis pratiquement l’arrestation de Monsieur Karim Wade, en 2013, par la justice sénégalaise, une certaine opposition, avec à sa tête le Parti démocratique sénégalais, continue de distiller des slogans aux bases fausses et creuses pour ternir l’image du Président Macky Sall ou de son parti, l’Alliance pour la République.

Parmi ces slogans, nous avons « deuk bi dafa macky », allant même jusqu’à donner au billet de cinq cent FCfa le nom de Macky, et aujourd’hui, « deuk bi dafa meeti », « Macky peut peu », pour reprendre Monsieur Idrissa Seck, devenu subitement préoccupé par les « souffrances » de ses concitoyens après près de six ans d’hibernation et de retraite hors du pays, surement dorloté par les gracieuses voluptés des hôtels occidentaux comme Saint James hotel.

Le mercaticien, faisant du slogan son argumentaire dans la vente de son produit, dira que celui-ci, pour qu’il soit crédible, doit coller à la réalité, à la perception du client. Par analogie, la réalité des opposants serait une fiction pour le spécialiste de la vente. Et au Sénégal, la réalité est toute autre, elle est républicaine, progressiste, dynamique, et constructive, eu égard aux réalisations vérifiables et vérifiées dans le cadre du Plan Sénégal émergent.

Je m’arrêterai un peu sur ce politicien professionnel dont personne ne peut vous dire sa réelle profession et d’où est ce qu’il tire sa richesse. Les épisodes de son passage à la Primature en disent long sur ce personnage volatile, girouette et pirouette qui se prend pour le nombril du monde (né pour être président), refusant de porter son écharpe de président de Conseil départemental (obsédé par le fauteuil de Macky Sall), abusant et se désabusant à la fois, spécialiste du deal du siècle sur fonds de milliards de FCfa qu’il a subtilisés au contribuable sénégalais (21 milliards qu’il s’était engagé à rembourser au Président Wade à travers le protocole de Reubeus), enregistreur ignoble du Chef de l’Etat, vouant le Président Wade aux gémonies et écroulant l’Etat sous les pieds du Sénégalais lamda. En étant catégorique sur la gestion du Président Sall, qu’il juge, sans ambages, catastrophique, l’ancien Premier ministre Idrissa Seck devrait se rappeler l’époque où le Président Wade faisait l’éloge du Premier ministre Macky Sall, en le nommant l’architecte de sa vision qu’il a donnée corps, son meilleur Premier ministre. Alors que lui, de son passage à la Primature, il ne ressort que l’échec et la roublardise. Idrissa Seck est incrédible et déclaré inapte par une conscience collective qui a souffert de son jeu de yo-yo politicien et de son manque de morale et d’éthique. Je reprendrai les propos de Karl Rove, un grand think tank et ancien conseiller du Président George Walker Bush : « Le peuple, avant d’élire un président, se pose trois questions fondamentales. 1. Le candidat est-il digne de confiance ? 2. Se préoccupe-t-il du sort des gens comme moi ? Et enfin 3. Sera-t-il à la hauteur de mes attentes ? » Idrissa Seck ne répond à aucun de ces critères, eu égard à ce que j’ai cité plus haut.

L’opposition sénégalaise, profitant du manque d’instruction de la plupart de nos compatriotes, utilise ses slogans tirés par les cheveux pour espérer détourner le peuple de son Président qui travaille pour lui à travers tout le territoire national (bourses familiales, Cmu, routes, pistes, ponts, forages, et la liste est longue). Mais, le peuple souverain saura reconnaitre, au moment venu, les faussaires et les hommes d’action, le bon grain de l’ivraie.

Ainsi, j’ai eu à le théoriser lors d’un débat animé par le talentueux journaliste Pierre Edouard Faye, le 28 octobre 2016, sur la chaine de télévision Dtv. Débat de la rédaction en ces termes : « Le Chef de l’Etat est dans le temps de l’Etat, il est dans le temps de l’action ». Juste pour dire qu’il y a une longue échelle de niveau entre le Président Sall et ses adversaires de l’opposition. Pour lui, le retard de développement accusé par le Sénégal depuis les indépendances ne pourra être réglé que par une restructuration de l’économie, un renforcement du capital humain et une bonne gouvernance, le tout pour une société solidaire, dans un Etat de droit, comme pour résumer l’excellent Plan Sénégal émergent qu’il a mis sur pied dans un seul but : développer le Sénégal.

Etre dans le temps de l’action, pour moi, n’est pas une vaine expression. Elle caractérise le Président Sall dans sa démarche, son attitude et ses motivations pour le Sénégal.

Il est à rappeler que, depuis son accession à la magistrature suprême, en 2012, les premières mesures prises par le Président Sall ont été de diminuer le coût de la vie via la baisse des prix des denrées de premières nécessité (riz, huile, sucre, gaz butane…), du prix du carburant diesel et essence, de la fiscalité sur les salaires (25milliards de gain pour les salariés). Récemment, la signature d’accords avec les enseignants du supérieur qui ont vu la multiplication de leurs salaires par trois par le Président Wade, mais ne bénéficiaient pas d’une bonne retraite suite à la déduction de toutes les indemnités. Le mérite du Président Sall a été de leur accorder une retraire complémentaire, pouvant aller jusqu’à hauteur de 85 % de leurs salaires, avec une augmentation du taux horaire par enseignant pour plus de présence dans l’encadrement des étudiants.

Comment peut-on se permettre d’affirmer, après toutes ces mesures volontaristes qui ont impacté toutes les couches sociales de la population sénégalaise, que « deuk bi dafa Macky ou dafa meeti » ? Se rappelle-t-on le gaz butane qui coutait 4 000 FCfa, voire 5000 FCfa dans les départements de l’intérieur (Mbour par exemple), durant la magistrature du Président Wade et qui est actuellement à 2900 FCfa à Dakar et 3200 FCfa à Mbour ? Le kilogramme de riz parfumé à 500 FCfa alors qu’aujourd’hui, avec le Président Sall, le Sénégal est proche de l’autosuffisance en riz avec plus de 900 000 tonnes de riz paddy, plus d’un million de tonnes de légumes, le gel des importations d’oignon pour le bonheur des paysans, les Domaines agricoles communautaires d’Itato, Sofa ? Se rappelle-t-on les paroles de Wade quand il disait que s’il quittait le pouvoir, les fonctionnaires resteraient sans salaires ? Alors que Macky Sall a mobilisé plus de 3729,4 milliards dans le cadre du Pse avec le Groupe consultatif de Paris, le 24 février 2014, contre un gap financier recherché par l’Etat du Sénégal de 1853 milliards, récemment l’Eurobond exceptionnel de 1184 milliards de FCfa accordé au Sénégal, dont un milliard d’euros à un taux préférentiel de 4,75 % sur dix ans, et un milliard de dollars américain à 6,75 % sur trente ans. Des taux et durées jamais accordés à un pays africain. Juste pour montrer la confiance que les bailleurs de fonds accordent à la signature de l’Etat du Sénégal. Il n’est pas nécessaire de rappeler que cette prophétie du Président Wade, hélas, ne s’est pas réalisée, pour le grand bonheur des Sénégalais.

Vous n’entendrez jamais l’opposition s’étendre outre mesure sur le débat social et économique, car elle n’a rien à dire, tellement que le bilan économique et social est limpide et palpable. Ce qui reste à cette opposition, c’est le temps du dénigrement par opposition au temps de l’action du Président Sall. Ce dénigrement s’appuie sur des dossiers judiciaires, traités par des magistrats responsables et indépendants, qui ne sont pas moins sénégalais et non moins consciencieux que ceux qui les discréditent. Pour ce qui est des responsables du régime épinglés, le Président Macky Sall s’est voulu très clair dès le début en faisant savoir qu’il ne protégera personne. D’ailleurs, les dossiers sont remis à la justice, et elle prendra le temps nécessaire de diligence. Etant donné que le temps de la justice n’est pas le temps du politique, attendons alors de voir et faisons confiance à notre justice qui est un pan très important de notre arsenal républicain, à côté de l’Exécutif et du Pouvoir législatif.

Le Sénégalais lamda attend de l’opposition un programme cohérent et alternatif au Pse et non des dénigrements sur une base subjective et crypto-personnelle. Dans les pays développés, l’opposition est républicaine et fait des propositions pour le bien de toute la nation. La stratégie du « pousseul ma took » ne saurait prospérer face à un Président qui travaille pour le bien-être de sa population.

Par ailleurs, par humilité, nous, de la majorité présidentielle, devons nous rendre à l’évidence que le bilan n’est pas parfait et qu’il faut rectifier ce qui doit l’être. C’est comme cela que nous aiderons le Président Sall à atteindre plus de succès dans le futur.

Par Augustin Hamad NGOM
Manager spécialiste en passation des marchés
Enseignant/consultant en Marchés publics et Marketing
Membre du Comité scientifique des cadres de l’Apr (Ccr)
Conseiller municipal à Ndiaganiao et conseiller départemental à Mbour
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En l’état actuel du Code électoral, cinq citoyens qui créent un parti politique peuvent déposer une candidature à la présidentielle au moment où 9 999 citoyens qui signent pour un indépendant se voient opposer la limite nécessaire de 10 000 signatures légales. En vérité, le projet de loi sur le parrainage citoyen est une justice citoyenne dont certains partis privilégiés ne veulent pas. Ils veulent sans doute le statu quo pour, à la veille des élections, organiser une sorte de foire aux récépissés à des fins mercantilistes. Il n’y a pas que ces partis dans le front minoritaire du non au parrainage. Il y a aussi les nihilistes de tous bords partisans du blocage.

En démocratie, il est normal d’avoir des opinions divergentes et acceptables tant que les digues ne cèdent pas. Depuis quelques temps hélas, nous assistons, dans des sphères insoupçonnées au Sénégal, à un discours politique violent, surprenant, venant de personnalités dont la position sociale devrait pousser à rester dans le débat d’idées plus que de personnes. La violence de ce discours verse de plus en plus dans des considérations plus proches de la méchanceté envers celui que Dieu a choisi à la tête du pays que d’une lucidité à toute épreuve. Le Sénégal ne mérite pas cela.

Ces mots sortant de bouches en flammes semblent honnir le Chef de l’Etat jusqu’à nier sa position actuelle qui relève à la fois d’une volonté divine et d’un choix libre des Sénégalais. Ceux qui dénient l’intelligence politique du Chef de l’État prennent leurs rêves pour la réalité. Comment sous-estimer quelqu’un qui, depuis six ans, a gagné haut la main les six élections organisées au Sénégal, à savoir la présidentielle et les législatives de 2012, les locales de 2014, les joutes des hauts conseillers des collectivités territoriales et le referendum de 2016 et, enfin, les législatives de 2017. Minimiser la stature politique du Président Macky Sall vainqueur est comme vouloir se cacher derrière son petit doigt. Sans doute, les nihilistes le font pour évacuer leur ressenti. Ils oublient simplement que la haine n’est pas un programme politique.

Ces opposants charriant la haine vont jusqu’à douter des capacités du Chef de l’État, faisant fi du bilan qui a déjà permis de régler la question énergétique avec, cerise sur le gâteau, des champs solaires qui fleurissent. Ces opposants crypto-personnels savent, par exemple, qu’entre 2012 et 2017 la production de pomme de terre a été multipliée par dix, le riz par deux, l’oignon par 0,71. Ils savent, ces aigris, que le Président Macky Sall est en passe de réaliser près de 200 km d’autoroute supplémentaires d’ici à fin 2018 et que le Train express régional sera là sans compter les 15 ministères à délocaliser bientôt à Diamniadio. Ils savent, ces nihilistes malheureux, que l’électrification rurale a permis de doubler le nombre de villages électrifiés entre 2012 et 2017 sans compter les prouesses du Pudc et du Puma en milieu rural. Ils savent que nous serons au Mondial en juin 2018 et que l’Arène nationale et le stade de Diamniadio sont déjà là. Ils savent que, de plus en plus, la femme rurale a de l’eau, de l’énergie et des machines de transformation. Ils savent que nous avons, en six ans, doublé les équipements de nos forces de sécurité. Ils savent que la baraka nous a donné du pétrole et du gaz avec, coïncidence, un Chef d’Etat spécialiste des questions pétrolières. Ils savent et ne savent pas que Seule Dieu sait les meilleurs d’entre nous.  Dieu, le Détenteur du sceau des destins humains que chacun d’entre nous doit comprendre sans aucune prétention, à commencer par ceux-là ayant une double station spirituelle et temporelle. L’élégance est possible en politique à condition de rester calme et pondéré en toute circonstance. Dieu est le Seul à nous connaitre en dehors et en dedans. Qu’Il nous donne un cœur juste et joyeux vis-à-vis des hommes. Juste, une référence aux faits et rien qu’aux faits. Joyeux, une attitude enrobée de dignité et de pondération sereine loin du mépris prétentieux d’autrui surtout vis-à-vis de celui que Dieu a mis devant.

La chose que le Président Macky Sall n’a pas pu vraiment faire en six ans, c’est de trouver un médicament contre la haine et la prétention. La haine ? Oui, cette chose bizarre dont Dantès Bellegarde disait qu’elle « n’a jamais rien créé ». Le Président Macky Sall répondra avec le suffrage des citoyens qui savent résister en silence sans suer à la gratuite et aveugle méchanceté ambiante qui oublie que le peuple sénégalais est globalement contre la haine.

Par
Mamadou NDIONE

Économiste Écrivain
Conseiller départemental
à Mbour
Responsable politique
Apr Diass

Le sponsoring sportif est très ancien. Il remonte au 19ème siècle avec le partenariat d’une entreprise de restauration et l’équipe nationale de cricket anglaise en tournée en Australie.

En France, il s’est développé avec l’initiative du quotidien « L’Auto» imprimé sur du papier jaune, d’où l’appellation du Maillot jaune dont le sponsor historique reste le Crédit lyonnais.

Mais, le sponsoring moderne comme on le connait aujourd’hui remonte aux années 1970-1980 avec comme acteurs principaux le Cio avec la charte olympique et Jean Claude Darmon (le grand argentier du football français qui, avec l’aide de la Ligue 1 et de Canal +, va dynamiser le marketing sportif).

Deux tendances se dégagent

1ère tendance : La stratégie d’entreprise
Elle consiste à intégrer le sponsoring sportif dans la stratégie de communication. Auparavant, les chefs d’entreprise mettaient de l’argent dans un sport sur un coup de cœur (Lagardère avec Matra et le football par exemple).

Aujourd’hui, le sponsoring, devenu marketing sportif, est une technique de communication qui nécessite une approche professionnelle très structurée ; on investit de l’argent en espérant un retour sur investissement.

2ème tendance : Le naming
C’est un aspect du sponsoring qui s’applique aussi bien à une structure comme « Emirates stadium» qu’au naming d’une compétition, à savoir Conforama avec la Ligue 1 française, ou à une équipe comme Iam Mermoz basketball.

Né aux Usa, notamment dans les stades universitaires, et arrivé en Europe plus récemment, le naming a une force de frappe percutante lors de retransmission radiophonique, télévisuelle ou web puisque le nom du stade, de la compétition ou de l’équipe, donc du sponsor, est répété de très nombreuses fois même s’il ne se passe pas grand chose comme spectacle. Exemple : Bienvenue à l’Emirats stadium ; Vous êtes en direct de l’Emirats stadium ; c’est la mi-temps à l’Emirats stadium, etc. Ceci est valable aussi pour Iam Mermoz lors des matchs ou des émissions sportives (impact sur la notoriété de la marque, voire l’image), mais le contenu du message est limité et nécessite des actions d’activation en parallèle.

Cet objectif fondamental qu’est la communication interne permet également de renforcer le sentiment d’appartenance des salariés de l’entreprise (le sponsor) en galvanisant particulièrement la culture d’entreprise.

Le sponsoring sportif obéit à trois phases :
- Se faire connaître, créer ou augmenter la notoriété de la marque ;

- Se faire aimer, mettre en avant les valeurs et les qualités de la marque, travail sur l’image ;

- Se faire vendre, augmenter les ventes.

Cette chronologie doit être respectée car on ne peut pas être vendu si on n’est pas connu, on ne peut pas être aimé si on n’est pas connu.

Ainsi il est essentiel de retenir que le Sponsoring Sportif ne peut pas se faire sur une durée d’une ou deux années, il faut au moins trois ans pour respecter la chronologie citée plus haut car c’est un investissement sur la durée.

Le management des risques
La prise de risque est inhérente au sponsoring sportif et au sport en général et s’articule sur trois axes :

1 - Si on ne veut pas prendre de risque, on s’associe à des événements ou rien ne peut vous arriver, exemple le Drapeau du chef de l’Etat en lutte traditionnelle, le tournoi de Rolland Garros, mais on gagne peu.

2 - Sponsoriser une équipe de sport où les retombées dépendront des résultats des matchs, donc plus de risques pour la marque.

3 - Sponsoriser un athlète comporte le maximum de risques. Car l’athlète, le joueur ou le lutteur peut être accusé de dopage (Amstrong en cyclisme lors du Tour de France), de viol (Koby Bryant au basket)...

Par contre, si le sportif a une image bien soignée (Mouhamed Ndao « Tyson » dans la lutte avec frappe ou Usain Bolt en athlétisme), c’est le jackpot.

Par Moustapha DIOP
Mba Management du sport Esg Paris
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Très cher père,

Vénéré guide,

Ma référence !

« Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah soient morts. Au contraire, ils sont vivants, auprès de leur Seigneur, bien pourvus et joyeux de la faveur qu’Allah leur a accordée, et ravis que ceux qui sont restés derrière eux et ne les ont pas encore rejoints, ne connaîtront aucune crainte et ne seront point affligés. Ils sont ravis d’un bienfait d’Allah et d’une faveur, et du fait qu’Allah ne laisse pas perdre la récompense des croyants ». Sourate Famille Imran, verset 169 à 171.

Les années passent et se succèdent les unes les autres, mais la douleur due à l’immense perte d’un être sublime est toujours présente !

Au crépuscule du 31 mars 2007, alors que nous sortions de la nuit du Maouloud, passée dans la ferveur et l’allégresse spirituelle, nul ne pouvait s’imaginer que vous vous apprêtiez à retourner vers l’Éternel après 88 ans de vie, combattant sur les sentiers d’Allah (apprendre, enseigner et adorer Allah à travers des retraites spirituelles périodiques).

Vous avez laissé derrière vous toute une communauté orpheline qui continue de pleurer la perte de son guide spirituel, Serigne Aladji Madior Cissé !

Serigne ! Onze ans déjà, nous continuons à nous inspirer de vos précieux enseignements tirés du Coran et de la Sunna du Prophète dont vous avez su incarner, avec une grande rigueur, les principes et valeurs cardinales qui ont fait de vous un guide et une référence de notre époque !

Très cher père, nous rendons grâce à Allah de nous avoir mis sur le noble chemin tracé par votre vénéré guide, Serigne Babacar Sy, qui, en lui-même, était l’incarnation de la Sunna.

Très tôt, vous avez fait naître en nous l’amour et la passion du travail bien fait ; vous nous avez donné le goût de la recherche en nous incitant très tôt à parcourir les rayons de la grande bibliothèque que vous avez sue ériger vous-même et qui, aujourd’hui, garde les plus rares écrits en théologie et autres domaines de la vie !

Merci vénéré guide d’avoir su éduquer avec tact, pédagogie et belle exhortation votre famille, vos talibés et sympathisants... Vos conseils sont, aujourd’hui plus, que présents dans tous les actes de notre vie !

Vous avez tenu à ce que nous allions les cultures arabo-islamique et européenne, tout en restant Africains enracinés dans notre culture !

Très tôt, vous avez organisé la famille comme un peloton militaire où chaque membre exerçait un rôle en respectant l’ordre hiérarchique ! On se levait à 5 h du matin et chacun faisait son lit avant d’aller aux toilettes que chacun devait rendre propres après usage, et tous, jeunes garçons et filles, se retrouvaient au grand salon dénommé Salon de midi (saalou midi en ouolof, du fait que vous y receviez les fidèles tous les jours à midi), pour y réviser quelques sourates du Coran avant d’aller à l’école...

Dans nos oreilles résonne encore votre belle voix grave qui nous disait : « Apprenez à être responsables et autonomes, car vos parents ne sont pas éternels ».

Et encore : « Soyez unis et aimez-vous entre frères et sœurs d’un amour fraternel et spirituel », « soyez solidaires », « évitez d’être fainéants et paresseux »…

Tellement de principes qu’on était loin de savoir que vous étiez en train de former des leaders au sens large du terme !

Dieureudieuf Cissé !

L’élégance morale était au rendez-vous dans tous vos actes : habillement, relations sociales et comportement... Et vous aimiez à dire : « Je veux vous voir toujours presque parfaits comme si c’était jour de Tabaski ! » Vous avez fait naître en nous l’amour du « donner » en disant souvent que l’on ne reçoit que ce que l’on a donné.

Au soir de votre vie, il est arrivé que vous nous dites : « La colère et la haine ne sont pas des valeurs à hériter. Je vous exhorte à être ouvert et à tendre une main généreuse à tous, même à vos ennemis ; vous en serez divinement récompensés ».

Ces réminiscences pour rendre grâce à Allah de vous avoir eu comme papa, guide, ami et référence !

Cher papa, nous ne vous oublierons jamais et prions que Ya Rahmane déverse sur votre âme pure ses grâces infinies et Ya Haafizou continue de veiller sur votre famille, vos talibés et vos fidèles. Amin !

Merci Cissé Madior Awa Sarr Goumba Cissé Anta Fall... Reposez-vous en toute quiétude dans les célestes jardins de firdaws, le repos de l’esclave récompensé par Son Seigneur de la plus belle des récompenses, auprès de vos parents et maîtres spirituels. Amin !

Mes hommages à Mame Astou Gaye, à Yaye Adja Salimata et à tous ceux qui sont autour de vous.

Votre fidèle serviteur

Votre dévoué

Par Mouhammedou Abdoulaye CISSE
Imam de la Grande mosquée Ihsâne – Bienfaisance
Saint-Louis du Sénégal

En vertu du principe de territorialité, les décisions de justice des juridictions des Etats ne peuvent être exécutées qu’à l’intérieur de ceux-ci, sauf quelques rares exceptions. Mais, il se trouve très souvent que, pour être efficace, l’exécution des décisions a besoin d’étendre leurs effets en territoires étrangers où les personnes à l’encontre de qui un jugement ou un arrêt est exécuté possèdent des biens.

Devant cette situation assez fréquente, des conventions internationales ainsi que des règles nationales de plusieurs pays permettent que, sous certaines conditions, les décisions étrangères de justice puissent être appliquées dans d’autres pays en passant par une procédure de droit international dénommée l’exequatur.

C’est ainsi qu’il existe, entre la France et le Sénégal, une Convention du 29 mars 1974 qui dispose, en son article 27, que « l’autorité judiciaire pourra refuser une demande d’entraide judiciaire en matière pénale si celle-ci n’est pas de sa compétence ou si elle est de nature à porter atteinte à la souveraineté, à la sécurité ou à l’ordre public de l’Etat où elle doit être exécutée... ».

Estimant, sans doute, ces dispositions impertinentes en l’espèce, les juridictions de fond de Paris feront alors application des articles 713-36 à 713-40 du Code de procédure pénale français (Cpp) et jugerons, d’une part, que « les faits d’enrichissement illicite ne sont pas constitutifs d’une infraction selon la loi française » et, d’autre part, qu’il n’était « pas démontré que les parts de la Sci Asia avaient servi à commettre l’infraction ou en étaient le produit direct ».

Cependant, aussi bien pour le premier argument de rejet de la demande d’exécution que pour le second, la solution justificative de la demande est plus que troublante.

I : Au niveau de l’inexistence de l’incrimination d’enrichissement illicite en France
A : Une assertion très discutable
En son article 24, la loi française n°2006-64 du 23 janvier 2006 a consacré que « le fait de ne pas pouvoir justifier de ressources correspondant à son train de vie ou de ne pas pouvoir justifier de l’origine d’un bien détenu, tout en étant en relations habituelles avec une ou plusieurs personnes qui soit se livrent à la commission de crimes ou de délits punis d’au moins cinq ans d’emprisonnement et procurant à celles-ci un profit direct ou indirect, soit sont les victimes d’une de ces infractions, est puni d’une peine de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende ».

Il ne me semble pas difficile de percevoir en filigrane l’enrichissement illicite dans ces dispositions, même si le législateur français s’est voulu très adroit. Toutefois, essayez un peu de qualifier cette incrimination.
D’abord, il y est fait état d’incapacité de « justifier de ressources correspondant à son train de vie » ; ce qui renvoie à la présomption primaire de l’enrichissement illicite.

Ensuite, le législateur français évoque à l’endroit du prévenu des « relations habituelles avec une ou plusieurs personnes qui se livrent à la commission de crimes ou de délits punis… ou qui en sont victimes ; ce qui fait allusion à une illicéité, au demeurant source du train de vie visé.

Et pire, le législateur ne s’est même pas donné la peine de circonscrire l’incrimination aux titulaires de charge publique ; ce qui est plus sévère que les dispositions sénégalaises.

Il est aussi assez symptomatique que l’incrimination ait été consacrée une année après la ratification, par la France, de la Convention des Nations unies contre la corruption de 2003 qui dispose : « Sous réserve de sa constitution et des principes fondamentaux de son système juridique, chaque État partie envisage d’adopter les mesures législatives et autres nécessaires pour conférer le caractère d’infraction pénale... à l’enrichissement illicite, c’est-à-dire une augmentation substantielle du patrimoine d’un agent public que celui-ci ne peut raisonnablement justifier par rapport à ses revenus légitimes ».

Devant une telle situation, on ne peut s’empêcher de rappeler la maxime « Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude », du moment qu’en juillet 2005 la France s’est obligée en ratifiant ladite convention. De plus, dès cette ratification, celle-ci avait acquis « une autorité supérieure à celle des lois françaises…» (Article 55 de la Constitution française de 1958 d’un préambule très éloquent : « Fidèle à ses traditions, la République française se conforme aux règles du droit public international »). Sa réception, terme employé par la doctrine depuis Anzilotti, implique l’adoption de mesures internes d’exécution soit en l’espèce, la consécration de l’incrimination d’enrichissement illicite, peu importe que sa répression soit confiée à une juridiction spéciale ou à une de celles déjà existantes dans l’ordonnancement judiciaire.

Dès lors, s’il s’avère qu’à travers l’article 24 de la loi n°2006-64 du 23 janvier 2006 le législateur français n’a pas entendu consacrer l’enrichissement illicite comme le prétend le juge français, cette abstention n’est opposable à aucun pays partie à la Convention de Mérida, encore moins au Sénégal qui l’a dans sa législation depuis 1981.

Mais, pour ma part, je crois sincèrement que le législateur français a assuré la réception de l’incrimination avec la loi n°2006-64 du 23 janvier 2006 sus évoquée.

B : L’inexistence d’une incrimination équivalente est tout aussi peu convaincante
Tant qu’à chercher l’équivalence, il faut d’abord se demander qui peut sérieusement avoir des difficultés à assimiler les faits d’enrichissement illicite « à la non justification de ressources » dégagée par le législateur français à l’article 324-1-1 qui dispose que, « pour l’application de l’article 324-1, les biens ou les revenus sont présumés être le produit direct ou indirect d’un crime ou d’un délit dès lors que les conditions matérielles, juridiques ou financières de l’opération de placement, de dissimulation ou de conversion ne peuvent avoir d’autre justification que de dissimuler l’origine ou le bénéficiaire effectif de ces biens ou revenus », incrimination postérieure à la saisine de la Crei du Sénégal.

Surtout que le procureur de la République financier de France a même soutenu en appel que de cet article 324-1-1 du Code pénal (loi n°2013-l 117 du 6 décembre 2013), il y a présomption légale de « commission d’une infraction lorsqu’une personne ne peut justifier des ressources correspondant à son train de vie ou de l’origine des fonds ayant permis l’acquisition de biens que ses revenus connus ne permettaient pas d’acquérir ».
Cette assertion renvoie d’ailleurs aux dispositions de l’article 24 de la loi 2006-64 du 23 janvier 2006 dont les dispositions sont mentionnées supra.

Ensuite, on ne peut pas comprendre que le juge français fît appel à la fameuse théorie de l’équivalence abandonnée par sa jurisprudence depuis le 20 février 2007 à travers l’arrêt Cornelissen et Sté Avianca, une jurisprudence du reste régulièrement confirmée (Cour de cassation : Gazprombank/ Jean Lion le 30 janvier 2013, Cour d’appel de Paris Baltiyskiy Bank/ Stroïmontage 18 février 2014). Désormais dit la Cour de Cassation, « le juge de l’exequatur doit s’assurer que trois conditions sont remplies : la compétence indirecte du juge étranger fondée sur le rattachement du litige au pays saisi, la conformité à l’ordre public international de fond et de procédure et l’absence de fraude à la loi ; le juge de l’exequatur n’a donc pas à vérifier que la loi appliquée par le juge étranger est celle désignée par la règle de conflit de lois françaises », supprimant ainsi le contrôle de la loi étrangère appliquée, c’est-à-dire la théorie de l’équivalence.

II : Sur le défaut de démonstration que les parts de la Sci Asia avaient servi à commettre l’infraction ou en étaient le produit direct
A : Alors que l’article invoqué parle alternativement de « tout bien dont la valeur correspond au produit de cette infraction »
Pour rejeter la demande de confiscation, le Tgi français a estimé qu’il n’était « pas démontré que les parts de la Sci Asia avaient servi à commettre l’infraction ou en étaient le produit direct ».

Mais, rappelons que l’article 713-36 du Code de procédure pénale français, un pendant des articles 31 et 55 de la Convention des Nations unies contre la corruption du 31 octobre 2003, pose des conditions alternatives et dispose clairement que « les articles 713-37 à 713-40 sont applicables à l’exécution des décisions de confiscation prononcées par les autorités judiciaires étrangères, tendant à la confiscation des biens meubles ou immeubles, quelle qu’en soit la nature, ayant servi ou qui étaient destinés à commettre l’infraction, ou qui paraissent en être le produit direct ou indirect, ainsi que de tout bien dont la valeur correspond au produit de cette infraction ».

A sa décharge, la Cour d’appel de Paris a d’ailleurs relevé que ce texte autorise la confiscation des parts sociales dès l’instant que leurs valeurs correspondent indiscutablement au produit de l’infraction estimé en l’espèce à plus d’une centaine de milliards de FCfa.

Et il en a été jugé ainsi par la juridiction sénégalaise qui a reconnu l’intéressé coupable de complicité d’enrichissement illicite, entendant en l’espèce la complicité, comme le fait de « dissimuler le rôle prépondérant joué par le prévenu principal dans la création et le fonctionnement d’une société dont il tirait, avec eux, des profits illicites ».

Par ailleurs, il a été tout aussi établi par « les pièces versées aux débats et recueillies auprès des autorités luxembourgeoises» que lesdites parts sociales sont la propriété du complice.

B : Une violation du principe de souveraineté internationale
Selon ce principe, aucun Etat ne peut exercer sa suprématie sur un autre, suprématie définit donc négativement, pour renvoyer à « l’absence d’autorité supérieure » à laquelle l’Etat est soumis, sauf autolimitation.

Sous ce prisme, et comme l’a relevé le procureur de la République financier de Paris, le principe signifie que l’autorité judiciaire française ne peut se permettre d’ « apprécier globalement l’organisation ou le fonctionnement des institutions judiciaires d’un quelconque Etat tiers ».

Il se trouve qu’en jugeant, comme rappelé plus haut, que le coupable principal et le complice tiraient ensemble « des profits illicites » de l’infraction, le lien de valeur correspondante a, dès lors, été judiciairement retenu et donc, a régulièrement pu servir de fondement à la demande de confiscation.

En substituant un rapport autre que celui retenu par les autorités judiciaires sénégalaises entre les parts sociales et l’infraction, le juge français s’est permis de s’ériger en juridiction supérieure d’appel à l’endroit d’une juridiction étrangère, d’ « évoquer » ainsi et de rejuger des faits reprochés à un Sénégalais au Sénégal, en violation d’un principe élémentaire de l’ordre international.

Eusse-t-il pourtant apprécié la question par rapport à l’ordre public international de fond et de procédure, on n’en trouverait certainement pas à dire puisse qu’il se serait conformé aussi bien à sa loi qu’à sa jurisprudence interne.

Si la France est toujours la France, il y a fort à parier en conclusion que devant toutes ces flagrantes violations de la loi et s’inscrivant dans la clairvoyance avec laquelle il a toujours contrôlé l’application des demandes d’exéquatur, le juge de cassation va sans doute casser l’arrêt ici en cause.

Cette analyse purement doctrinale n’a point pour objet de juger de la possibilité ou non de procéder à la confiscation sollicitée par l’Etat du Sénégal. Il s’agit juste de s’interroger sur les fondements juridiques pertinents qui doivent fonder la solution finale, quelle qu’elle soit (rejet ou acceptation).

Par Moustapha DIOUF
Magistrat,
docteur en Droit des Relations internationales
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Le Centre d’information des Nations unies a accueilli, en partenariat avec le Mémorial de Gorée, une foule de visiteurs parmi lesquels l’Université de Dakar et des amis venus des Caraïbes dont la prise de parole a été lumineuse et décisive. A l’occasion, le film sur le parcours du projet du Mémorial de Gorée a été projeté. Le Président Sall s’exprime dans ce film et dit bien haut qu’il s’est habillé d’une volonté politique forte pour réaliser le Mémorial. Nous n’en doutons pas, au regard de ce que nous l’avons déjà vu poser comme acte fondamental majeur. Nous n’en doutons pas pour avoir été là, en Guadeloupe, quand le Président Hollande a invité le Président du Sénégal pour prendre part à l’inauguration du Mémorial Acte, dans les Caraïbes, à Pointe à Pitre. Depuis Senghor, un Président Sénégalais n’avait refoulé le sol de nos sœurs et frères des Caraïbes.

Ceci dit, Dieu ne s’est pas enfui, mais nous ne pouvons plus l’attendre pour nous sauver du mépris et de la bave. Lui est Amour et Miséricorde ! Ce qui s’est passé avec la tragédie de l’esclavage il y a des siècles et ce qui se manifeste encore sous nos yeux, aujourd’hui, sous d’autres formes, n’est pas beau, n’est pas juste et ne s’arrêtera pas avec les Nations unies et les faux sanglots de l’Occident. Une nouvelle animalité est née, nourrie par un obscurantisme tenace. Aucun homme, quel que soit la couleur de sa peau, n’est voué, par sa naissance, aux luttes d’une vie que d’autres ont décidé de pourrir. Qui disait que le peuple noir n’a jamais connu de répit pour avoir le temps de penser à son développement ? C’est par nous-mêmes, Africains et Noirs de toutes les couleurs, que tout s’arrêtera, quand nous cesserons d’être des peuples inanimés et certains de nos États de la quincaillerie. Incontestablement, l’Afrique se réveille. Nous ne devons cependant pas nous tromper de combat. Comme le disait Césaire, refusons de nous diluer dans l’universel, mais ne nous figeons pas non plus dans des identités closes. Le message de Senghor reste d’actualité : s’enraciner mais s’ouvrir. C’est le prix à payer pour un monde plus solidaire, plus intelligent, plus interdépendant, plus tolérant, plus métis, pour une Afrique non isolée, mais participant au rythme du monde et faisant le monde.

Avec ce qui s’est passé en Libye et ce qui se passe encore sous nos fenêtres dans nombre de pays arabes, nous ne sommes plus dans la tragédie, mais dans quelque chose de plus cruel, de plus intolérable, de plus bouleversant, venu non des bourreaux -les bourreaux ont toujours un visage- mais de quelque chose de plus putride, de plus reptile que les bourreaux eux-mêmes. La tragédie de l’esclavage sous toutes ses formes et dans ce qui la dépasse, ce n’est point ceux qui vendent et minorent nos frères et nos sœurs. La tragédie, c’est nous qui regardons et qui ne font qu’accuser sans agir. Le Président Sall a levé très fort la voix et la lève de plus en plus fort avec nos enfants assassinés un peu partout dans le monde. Sa voix ne doit pas baisser et elle ne baissera pas. Mais, elle doit être armée.

La tragédie, ce sont nos États africains. La tragédie, c’est nous-mêmes d’abord, notre rapport avec nous-mêmes, avec nos peuples, avec nos jeunesses. Le mal, c’est d’abord nous. Nous avons tellement mal que nous fuyons nos propres miroirs. Nous allons chercher des traits de bien-être dans le miroir des autres qu’eux-mêmes ont fui, car ils savent qu’ils ne sont plus beaux. Nous, nous avons oublié notre beauté parce que nous avons mal, parce que nous avons honte de voir ce que nous sommes devenus depuis nos indépendances. Le monde n’est plus le reflet de ceux qui le commandent injustement, mais de ceux qui regardent faire. Refusons d’être des détaillants qui achètent chez les mêmes grossistes.

Nous nous mentons. Nous mentons à nous-mêmes. L’Afrique appelle au sursaut national depuis de très longues décennies et les années passent et nous rient au nez. Le monde se fait, s’accomplit. On promet -ou nous nous promettons- de s’atteler aux wagons du développement, du bien-être social. Et les trains passent et nous restons sur les quais, parce que nous attendons des valises qui ne sont pas arrivées et qui n’arriveront pas. Nous nous jouons du temps, de la discipline, de l’organisation, de l’éducation, de la formation, de la prospective. Tout ce qui devrait nous pousser à l’excellence nous fuit, parce que nous fuyons le travail et mettons dans notre lit la paresse, l’indiscipline, la médisance, la corruption, la médiocrité, le copinage, la facilité. Il est temps que la foi des peuples et la vision des créateurs guident la conviction des élites politiques en Afrique ! La faillite a trop duré !
Nous sommes nos propres esclaves. Nous forgeons tous les jours nos propres chaînes. Il est temps de se regarder en face au lieu de tirer sur les autres. Voilà pourquoi le temps des infrastructures est arrivé. Voilà pourquoi ériger le

Mémorial de Gorée est important. Voilà pourquoi célébrer la mémoire tout court est important. Au-delà du devoir de mémoire, cause incontournable, et du devoir du Sénégal d’ériger un monument du souvenir et du pardon en phase avec la caution de la communauté internationale depuis des décennies, il y a le fait que le projet du Mémorial occupe une  position centrale en raison de son impact. Le complexe du Mémorial de Gorée est un objectif prioritaire de politique nationale et nous pousse à accéder au marché international des biens et des services par ses contenus et les flux internationaux de ses visiteurs. Il s’y ajoute qu’il célèbre la mémoire et le recueillement, nous garde éveillés, forme et arme notre jeunesse.

«Un milliard de personnes naîtront en Afrique dans les trente prochaines années et 900 millions quitteront la campagne pour la ville. En 2050, une personne sur quatre dans le monde sera africaine et 50 % d’entre elles auront moins de 25 ans ». C’est un bouleversement qui aura des effets considérables sur l’économie, y compris celle liée à la culture et dont le Mémorial est un symbole vivant et puissamment représentatif. C’est un patrimoine culturel mondial que le Sénégal s’apprête à abriter. C’est une œuvre qui séduira l’imaginaire de tous les peuples et sera incluse dans les réseaux de distribution dominants dans l’espace culturel mondial.

Nous avons rendez-vous avec l’avenir et le Président Macky Sall nous y pousse en soutenant, avec une volonté politique décisive, ce projet de mémoire. Il fait de même pour le Musée des civilisations noires. Il est difficile de ne pas le remercier pour l’acte politique qu’il a posé. Il ne doit pas non plus être difficile de pouvoir remercier un Chef d’État quand il avance et surtout quand il avance sur un projet culturel emblématique qui date depuis Jésus et est défendu par toute la communauté internationale avec des Résolutions de l’Onu, de l’Unesco, de l’Ua, de l’Isesco. Depuis d’interminables et douloureuses décennies, nous attendons. L’heure a sonné et le Président Sall a demandé à tenir l’horloge sans contrainte. Nous ne faisons que rendre hommage à un acte politique à un moment où il aurait pu ne pas être évident, au regard des urgences du développement qui s’imposent et dépassent même parfois un Chef d’État, tant il y a à faire. Que son actuel ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, soit également ici remercié pour sa veille et son engagement participatif au débat culturel, intellectuel et scientifique national, comme il y a peu, sa solide et courageuse contribution au questionnement crucial à la fois sur les enjeux modernes et identitaires ainsi que les nouveaux habits de l’ambitieux et épineux Musée des civilisations noires. Nos ministres écrivent si peu ! Peut-être que pour vivre moins dangereusement, il faut vivre sans écrire. Mais, ceux qui écrivent, écrivent, sinon ils manquent d’air, ils étouffent, ils se meurent.

Dans un pays qui se veut émergent, il faut des infrastructures locomotives marquantes portées et soutenues à la fois par les pouvoirs publics, le secteur privé de l’économie, les créateurs, les diffuseurs, les promoteurs. Le Mémorial de Gorée est porteur de cette envergure et de cette ambition. Notre pays, le Sénégal, abritera un grand patrimoine culturel voulu, désiré, visible et qui figurera, le moment venu, parmi les premières destinations touristiques du monde. Le visage du Sénégal en sera changé. Le Mémorial de Gorée enrichira l’offre et la demande culturelle du Sénégal. Ce projet est en soi-même une exigence, un rendez-vous culturel international, c’est-à-dire une destination de visite artistique et mémorielle que toute la diaspora noire dans le monde et au-delà d’elle attend. Il sera inscrit dans tous les agendas. Ce sera l’émergence d’un nouveau pôle sur la carte culturelle du monde qui, à court terme, contribuera au produit intérieur brut en capturant des parts de marché financier culturel global.

Sans volonté politique affirmée, rien ne s’accomplit quand il s’agit de bâtir des pyramides. Il faut savoir donner leur part aux pyramides. Ce sont elles seules qui résistent et qui témoignent pour l’histoire. Les hommes passent et les grands arbres qu’ils ont plantés restent. Leur ombrage rappellera toujours à ceux qui viennent s’y abriter le nom du planteur.

La construction du complexe du Mémorial de Gorée est, bien sûr, liée à la sauvegarde de l’île, symbole d’une mémoire commune qui tient en éveil la douloureuse histoire de la traite négrière. Gorée est devenue fragile dans un environnement rendu de plus en plus difficile par le réchauffement climatique et une redoutable érosion qui s’accélère d’année en année. Le complexe du Mémorial de Gorée, dans ses missions et ses objectifs, sera, en premier, un lieu de recueillement et de souvenir mais aussi un centre de communication, d’activités artistiques et esthétiques, d’éveil scientifique et technologique. Il sera un lieu de socialisation avec le sentiment d’appartenance à une communauté noire forte, soudée, solidaire et ouverte sur le monde. Le Mémorial de Gorée ne sera pas seulement un monument commémoratif, mais un puissant instrument de promotion et de renaissance culturelle de l’Afrique. Il sera un laboratoire de la coopération internationale pour la cause des droits de l’Homme. Il s’agira de resserrer les liens entre les Noirs d’Afrique et ceux de leurs frères de la diaspora, renforçant ainsi l’identité culturelle des peuples noirs. Le Mémorial de Gorée développera la recherche et la réflexion entre toutes les communautés internationales et combattra les préjugés de race et de culture. Le Mémorial de Gorée a une spécificité fondamentale : en effet, en même temps qu’il constitue un puissant projet culturel, économique et social, il porte la dimension d’une nouvelle génération de patrimoine architectural, marquant une profonde restructuration tenant en compte la cohérence du tissu urbain de notre capitale, Dakar.

C’est un projet total, moderne, innovant, porteur de croissance et de développement. Outre le nouvel embarcadère de Gorée qui sera érigé au bas du Mémorial, sur la corniche ouest de Dakar, le Président Sall, en recevant l’architecte pour une séance d’écoute et de travail, a souhaité que du complexe du Mémorial sur la corniche, une chaloupe desserve l’île des Madeleines que peu de Sénégalais visitent. C’est une nouvelle page dans l’offre et la restructuration du tissu urbain dakarois. Par ailleurs, un parking géant jouxtera le Mémorial et soulagera les automobilistes, en attendant de voir le Plateau, un jour, devenir un espace piéton. Outre le musée de l’esclavage qui recevra, de manière tournante, des collections du monde entier, une esplanade ouverte sur la mer et pouvant contenir près de 1500 personnes sera livrée au public. Dans ses contenus, le complexe du Mémorial offrira aussi une bibliothèque, des salles de spectacles polyvalents, des galeries marchandes de l’art traditionnel sénégalais et sahélo-sahélien, des aires de jeux, de promenade, de restauration et de repos face à l’océan. Les familles pourront venir s’y détendre. Un planétarium accueillera les visiteurs qui, à l’intérieur, grâce à des outils technologiques de haute définition, y referont le voyage tragique des esclaves, dans une bouleversante émotion qui n’épargnera personne. Un an après son inauguration, le complexe du Mémorial dont le mât culmine à plus de 150 mètres, avec une plateforme aérienne à 75 mètres d’altitude du sol desservie par deux ascenseurs panoramiques, enregistrera près de 800 mille visiteurs venus de tous les continents. Gorée ne recevrait actuellement que 100 mille visiteurs par an ; ce qui est fort peu. Pour le Mémorial, son chiffre d’affaires est estimé entre deux à trois milliards par an. L’île de Gorée en sera la principale bénéficiaire pour sa sauvegarde et le développement de ses habitants. Un pont piéton et voiture enjambera l’Avenue Martin Luther King pour permettre la fluidité des visites et assurer le lien sécuritaire et populaire du Mémorial avec les populations venues de la Médina et de tout Dakar, dans un espace fluide, conçu et pensé hors de tout embouteillage.

Le Mémorial de Gorée ne nous invite pas à nous arrêter à un monument funéraire. Ce serait trahir la mémoire de nos millions de sœurs et frères déportés et morts. Il nous faut un juste équilibre entre le deuil, le pardon, la résistance et les promesses de l’avenir. Nous n’appelons pas à une réparation. La vraie réparation, c’est de refaire l’histoire, prendre acte et clamer haut que ce qui s’est passé n’est pas juste, n’est pas beau et doit s’arrêter là, à tout jamais. Notre âme comme celle de nos morts désirent la paix, le respect et non la vengeance. Avec la barbarie de l’esclavage, le temps a tout dit à la postérité. Alors, préparons ensemble l’avenir sans que plus personne ne fasse la queue derrière l’autre, par pauvreté et servilité. « Ils ont essayé de nous enterrer. Ils ne savaient que nous étions des graines ».
Puissions-nous être les otages des rêves de nos peuples et de l’humanité dans ce que cette dernière laisse de plus beau à la postérité.

L’esclavage n’est pas l’avenir de l’homme. De tout homme. L’être humain ne vient jamais au monde les mains vides. Ne ruinons pas la santé éthique de notre civilisation et n’abîmons pas l’espérance tapie en chacun de nous. Etre vivant, dit-on, c’est aider l’autre à vivre. Alors, comment expliquer cette fascination de certains hommes à rendre d’autres hommes inaptes à vivre ? La réalisation du Mémorial de Gorée en porte et le message et la guérison.

Par
Amadou Lamine SALL

Commissaire général
à la réalisation du
Mémorial de Gorée

 

Le président de la République, Macky Sall, a décliné, le 3 avril 2018, à la veille du 58ème anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance, un message à la nation sobre mais riche, bref mais très profond.

Comme toujours, des opposants abonnés et arrimés aux réactions épidermiques, à la symphonie pathétique, aux discours qui sonnent et résonnent, mais ne raisonnent pas, ont envahi l’espace médiatique pour commémorer la fête de l’indécence.

Des chefs et sous-chefs à plume de l’opposition qui, décidément, n’arrivent pas à s’extraire de l’affaissement politique et du déficit de crédibilité morale, sans offre programmatique alternative au Plan Sénégal émergent (Pse), se livrent à leur gymnastique râpée sur toutes les sinuosités de la mauvaise foi et les sinistroses de la désinformation et de la déformation des faits, même les plus évidents. Ils n’ont qu’un mousquet à poudre périmée à usage de vaine destruction même pas bien calibrée du bilan du président Macky Sall.

Certains d’entre eux n’ont eu comme étincelle de génie à la lecture et/ou à l’écoute du message du président de la République que de nous seriner qu’il y a omission des sujets pour eux jugés d’actualité, alors que ces sujets habitent depuis leur champ lexico-politique et leur phobie criticiste.

Est-il nécessaire de leur rappeler, ainsi que l’a pourtant signifié le président Macky Sall, que « cette fête est (...) celle de la liberté, de l’Armée et de la jeunesse » et qu’« elle nous exhorte à transcender le passif du passé et exalte notre détermination à édifier une nation prospère pour conforter notre destin de peuple libre » ?

Si le chef de l’Etat avait abordé tous les sujets dans les domaines politique, économique, social, culturel, infrastructurel, environnemental, etc., il aurait alors produit un discours aussi vaste que le fleuve Nil, tellement il y a à boire, encore à boire et beaucoup à boire jusqu’à l’étanchement dans ses multiples et multiformes réalisations. Et nos opposants, adeptes des critiques faciles, des noircissements de tableaux même s’ils sont d’une blancheur de kaolin et des rhétoriques oiseuses, auraient quand même disserté sur la longueur de son message et y auraient malgré tout débusqué des sujets omis.

Et puis, ce n’est pas seulement cette posture et cette position qui sont d’une désespérante indécence chez nos opposants. Presque tous, à l’image de Me Madické Niang par rapport à l’entrepreneuriat rapide mis sur orbite pour accélérer l’emploi pour les jeunes et les femmes et de Me El Hadj Amadou Sall concernant le parrainage, « soupçonnent » le président Macky Sall.

Après les philosophes, voilà les politiciens du soupçon !

Toutefois, à la différence remarquable que les philosophes du soupçon se prémunissent d’une démarche méthodique, cartésienne pour valider ou invalider leur attitude en soumettant leurs idées préconçues au crible de la raison. Autrement dit, pour paraphraser Alain, chez les philosophes, le soupçon est « le sel de l’esprit », là où, chez certains opposants, il est le piment de l’accusation gratuite, de la médisance et des fake news dont ils alimentent les médias et les réseaux sociaux.

Ensuite, après avoir ainsi osé, on entendra dans ce qui leur tient de programmes des promesses de pains au chocolat à gogo ou de transformation de l’eau en confiture. L’enflure dans la parole et la profusion de mots qui ne savent prédire que des maux, c’est une spécialité qui leur colle à la semelle !

LE SILENCE SUR L’ESSENTIEL
Tout à leur aveuglement à pilonner sans retenue, certains opposants sont étrangement aphones sur des annonces fortes contenues dans le message à la nation du président de la République.

C’est le silence bavard sur l’essentiel. Il en est ainsi de l’annonce de l’entrée dans la phase active de la Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des jeunes et des femmes (Der), doté d’un fonds initial de 30 milliards de FCfa. Cette Der ouvre de réelles perspectives d’emploi pour des jeunes et des femmes porteurs de projets et d’initiatives pertinentes.

Cela ne semble pas les enchanter que le gouvernement consente aussi d’importants efforts en faveur des enseignants et des médecins avec la généralisation du système de retraite complémentaire pour les professeurs d’université, la revalorisation de l’indemnité de logement au profit des enseignants qui passe de 60 000 à 85 000 FCfa. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’un fleuve tranquille dans lequel vogue l’éducation enlève une part d’ombre qu’ils ne cessent de peigner du tableau de la gouvernance du président Macky Sall. Ces mesures leur font pousser des urticaires.

Le maillage sécuritaire annoncé par le chef de l’Etat face à la psychose des rapts d’enfants a été occulté dans les réactions des opposants, pourtant grands producteurs d’émotions sur ces récents événements.

Ce maillage s’est décliné, entre autres, sous la forme d’un projet de recrutement de 1500 gendarmes, de la construction de 16 commissariats de police en 2018-2019, de renforcement du programme de modernisation des moyens opérationnels de la Brigade d’intervention polyvalente et de la Police technique et scientifique, de 10 nouvelles brigades de gendarmerie et du recrutement de 3800 élèves-officiers et élèves gendarmes recrutés sur trois ans, en sus de l’érection de 20 nouvelles casernes de sapeurs-pompiers dans 11 départements, pour une meilleure protection de proximité.

Le président Macky Sall a donc bien compris qu’une société qui n’assure pas la sécurité à ses membres perd le droit à leur respect. Mais, tout cela est passé sous silence par les amis de Mamadou Diop Decroix qui a déclaré, lui, s’intéresser au silence du message. Le hors-texte quoi ! Hélas, pour faire hors-sujet !

Pour nos opposants, il faut toujours taper sur les clous pour que ça saigne. Et pourtant rien ne saigne, car leurs coups de marteau frappent le néant. Ils ont en face d’eux le président Macky Sall qui a l’armature de la cohérence et de la constance, mais surtout l’intrépidité d’engager le Sénégal sur la voie de l’émergence et le volontarisme d’installer, d’instaurer l’équité sociale et territoriale.

Il n’a pas la même motivation que l’opposition, car lui et le gouvernement restent « dans le temps du travail et de l’action en écoutant battre tout le cœur du Sénégal, le cœur de nos villes et de nos campagnes, afin de poursuivre sans relâche la réalisation de notre objectif commun : bâtir un Sénégal uni et prospère, dans la paix, la solidarité, l’équité et la justice sociale : le Sénégal de tous, le Sénégal pour tous ». C’est une vertu républicaine, car c’est simplement ramener du sens et de la décence à la politique.

Par Soro DIOP

L’encadrement des candidatures indépendantes dans le Code électoral actuel du Sénégal impose une obligation de recueil de signatures citoyennes d’électeurs.

Pour l’élection présidentielle, l’article L.116 du Code électoral impose « au moins dix mille (10.000) inscrits domiciliés dans six (6) régions à raison de cinq cent (500) au moins par région ».

Cette disposition a pour but d’éviter, par exemple, dans l’absolu, que tous les Sénégalais électeurs capables de déposer une caution ne prennent librement l’option de se présenter sans verrous à l’élection présidentielle. Le filtre de la caution est donc pour les indépendants doublé d’un autre filtre de parrainage citoyens via des signatures.

Ce verrou pour les candidats dits de la société civile existe-t-il pour les partis politiques ?

En l’état actuel de la loi électorale, un parti politique, quel que soit son poids, peut, contrairement aux indépendants, continuer à déposer une candidature à l’élection présidentielle sans contraintes de signatures citoyennes. Cette tendance qui favorise les partis politiques crée les conditions d’une discrimination difficilement défendable.

Quelle procédure appliquer ? Obligation de signatures pour tous ou levée de cette disposition pour tous ?

S’il n’y a pas de verrous, le risque est grand de voir, dans l’absolu, les quelques 300 partis politiques sénégalais avoir la possibilité de déposer 300 candidatures à une élection présidentielle.

Devons-nous attendre d’en arriver là pour constater une impossibilité d’organisation matérielle d’une élection ? La dernière élection législative de juillet 2017 avait déjà permis de constater 47 listes avec tout ce qu’il y a eu comme difficultés dans l’organisation.

Devons-nous rester dans cette logique ou faut-il encadrer cela ?

La responsabilité veut que cette question ne reste pas insoluble. Ce, d’autant plus que l’égalité du citoyen dans les possibilités légales offertes est une exigence démocratique.

Cette question interpelle d’abord le citoyen qui a intérêt à une rationalisation des candidatures pour plus de lisibilité du jeu démocratique mais aussi et surtout pour éviter le chaos d’un sabotage par le dépôt tous azimuts de candidatures dans l’unique but de bloquer le système électoral.

En France, pour être candidat à l’élection présidentielle, il faut, en plus d’autres critères, recueillir la signature de 500 élus, d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer différents.

Au Sénégal, il est normal et démocratiquement acceptable de demander un recueil de signatures correspondant à 1% des inscrits répartis dans au moins 7 régions. Cette disposition ne devrait pas déranger ceux qui vont à une élection pour gagner. Mais, la question est de savoir est-ce que tous y vont pour gagner ?

A moins que, derrière ce refus du recueil de signatures minimales, se cache une vaine tentative de blocage d’un système qui a déjà prévu des dispositions d’encadrement des candidatures indépendantes à tous les échelons.

En effet, le referendum du 20 mars 2016 avait acté la possibilité pour les Sénégalais en dehors des partis politiques de se présenter aux élections législatives et locales sur la base de recueil de signatures citoyennes.

L’article L.145 du Code électoral prévoit pour les listes indépendantes aux élections législatives les signatures de « 0,5 % des électeurs inscrits domiciliés dans la moitié au moins des régions du pays, à raison de 1000 signatures au moins par région ».

Pour l’élection des conseillers départementaux, les indépendants doivent, aux yeux de l’article L.239 du Code électoral, réunir au moins des signatures citoyennes correspondants à « 2% des électeurs inscrits dans le département répartis dans la moitié au moins des communes constitutives du département, à raison de 5% au moins dans chacune de ces communes ».

Pour les élections municipales, l’article L.275 du Code électoral oblige les indépendants à avoir au préalable les signatures de « 3% des électeurs inscrits sur la liste électorale de la commune ».


Pour déposer une liste indépendante à une élection de hauts conseillers des collectivités territoriales, il faut, suivant l’article LO.197 réunir la signature de « 5% des conseillers du département ».

Quid de candidatures des partis politiques aux différentes élections ?

Est-il normal que les partis puissent, sur la base d’un simple récépissé, compétir sans recueil de signatures au moment où on exige des non politiques un recueil de signatures appelée parrainage ?

Le bon sens voudrait que ce soit les citoyens qui donnent ce quitus sur la base de leurs signatures sans discrimination. Cette disposition a le mérite de redonner au citoyen le pouvoir et, par ricochet, de ne plus donner aux centaines de partis politiques une participation automatique et libre à des élections sans tenir compte de leurs poids réel en termes citoyens. Cette disposition aussi permettra de rationaliser les partis politiques au Sénégal. Il ne suffira plus d’avoir un parti pour compétir. Il faudra aussi avoir un minimum requis de signatures citoyennes pour conquérir les suffrages.

Cette question de l’encadrement des candidatures, au-delà de la présidentielle, devrait même être élargie, à termes, aux autres types d’élections pour plus de lisibilité et moins de candidatures de simple opinion aux desseins moins électoraux.

Plutôt que de chercher des excuses, un parti politique crédible doit chercher à aller au contact du peuple électeur.

La pertinence de cette disposition sur le recueil de signatures citoyennes est qu’elle mettra le peuple au centre. Le peuple, ce seul détenteur de souveraineté en démocratie.

Par Mamadou NDIONE
Économiste Écrivain
Conseiller départemental à Mbour
Responsable politique Apr Diass

Cheikh Doudou, tu sais que j’avais décidé de ne plus répondre à tes quolibets et autres incivilités, mais avec ton interrogation sur la sortie de Bathily, je me fais l’obligation de réagir pour ne pas donner l’impression que je fuis ce débat-ci !

1) Sur le procès de Khalifa
Sur le procès de khalifa, il n’a rien dit de nouveau. Il a tout juste confirmé une opinion qu’il avait déjà émise tout au début de l’interpellation de ce dernier. Je n’étais pas d’accord avec son appréciation, et l’avais dit publiquement et dans les réseaux sociaux.

A cette occasion, je conseillais à Khalifa d’éviter d’emprunter le même chemin de politisation de son interpellation que Karim Wade qui, malgré la puissance financière et politique de son père et sa capacité de nuisance politique, n’a pas pu faire éviter à son fils, un procès, une condamnation et un emprisonnement. Il est accusé de délit de droit commun portant sur les deniers publics, et je lui rappelais qu’il avait la possibilité d’être libéré et d’éviter un procès qui risque de lui être politiquement coûteux, s’il acceptait de transiger, comme la loi l’y autorise.

Mais, influencé par des gens comme Bathily, il a considéré que transiger serait reconnaître sa culpabilité, et avait donc refusé de le faire.

Mais de guerre lasse, lorsqu’il s’était résolu de le faire pour éviter la tenue imminente de son procès, son offre fut rejetée par le Procureur pour non-respect des dispositions qui régissent le droit de transiger.

Comme avec Karim, la mobilisation pour le libérer de prison n’a pas été en mesure de lui éviter un procès et une condamnation.

Donc Khalifa est victime de tous ceux qui ont voulu politiser son interpellation pour s’en servir à des fins professionnelles (ses avocats) ou à la recherche de visibilité politique (ses partisans et soutiens).

Le sort de Khalifa a toujours été le cadet de leurs soucis, pourvu qu’ils disposent des médias pour faire le buzz pour leurs profits personnels.

Wade et son fils ont une amère expérience de ces vautours. Et Khalifa, a voulu «répéter l’Histoire», qui ne «se reproduit qu’une seule fois de façon dramatique».

Tout le monde ressent le «drame» que constitue sa condamnation à cinq ans d’emprisonnement ferme, qui fait qu’il est inhumain de ne pas compatir avec sa détresse et celle de sa famille.

C’est à la lumière de cette situation, que l’on peut mesurer la tentative de Barthélémy Diaz, de «répéter l’Histoire» pour une «troisième fois» qui ne pourrait être que «comédie» !

Il cherche ainsi désespéremment à transposer vers sa personne, la sympathie des populations que la situation dramatique dans laquelle se trouve Khalifa, a suscitée à son endroit.

Khalifa devrait lui servir d’escalier à sa prompte promotion !

Que personne ne lui permette d’accomplir cette forfaiture !

2) Sur le parrainage
Mais, c’est la position de Bathily sur le parrainage qui est renversante !

En effet, voilà quelqu’un avec qui nous avons longtemps lutté contre le poids de l’argent dans les élections au Sénégal depuis l’ouverture démocratique intégrale de 1981, et contre la discrimination dont les candidats indépendants sont l’objet dans la conquête du suffrage du peuple.

Nous avons aussi, jusqu’à récemment, au référendum de 2016, été ensemble contre la prolifération des candidatures sous l’effet du poids de l’argent sur les élections.

Et aujourd’hui, il rejoint le camp de ceux qui ont toujours refusé l’accès des candidats indépendants aux élections locales, et ont toujours maintenu l’exigence de leur parrainage citoyen aux élections présidentielle et législative, jusqu’au référendum de 2016, où ils se sont mobilisés pour rejeter une réforme de la Constitution qui mettait fin à cette discrimination.

En outre, il reconnaît dans son intervention même, le rôle malfaisant de l’argent et de la drogue, dans la vie politique et économique qu’il dénonce avec véhémence !

Dans cette situation de perversion de notre vie politique par le poids de l’argent, comment ne pas mentionner la «traite des récépissés» à laquelle s’adonnent des leaders de partis politiques qui les donnent en «location», à de potentiels candidats indépendants aux élections, pour leur permettre de briguer le suffrage du peuple, sans recourir au parrainage citoyen.

Ainsi, s’est développée une mentalité de «location de récépissé» à la place du parrainage citoyen, à côté du rôle traditionnel des puissances d’argent qui financent des candidats de parti ou de la société civile, qui leur sont favorables.

C’est pour tout cela que je suis surpris d’entendre Bathily s’ériger contre la réduction du pouvoir d’argent sur les élections, et la fin de la discrimination contre les candidats indépendants, qui sont contenues dans les proposions de réforme de la loi électorale, portant sur une réduction significative de la caution qui est de 65 millions pour la présidentielle, et l’extension du parrainage à tous les candidats, qu’ils viennent de partis politiques ou de la société civile.

Avec Bathily, malgré nos divergences historiques, nous avons souvent convergé dans le chemin de la lutte pour contribuer à faire avancer notre peuple à plus de progrès économique, social et politique en consolidant les bases républicaines de notre État, et les acquis démocratiques de notre peuple.

C’est pourquoi je suis sans voix devant un tel revirement.

Mais, chacun a le droit de changer, mais personne ne peut prétendre remettre en cause des évolutions progressistes de notre système électoral, sans susciter une levée de bouclier des forces républicaines et démocratiques de ce pays.

Par Ibrahima SENE
PIT/SENEGAL
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Une invisibilité aveuglante des femmes sur les enjeux développementaux, cruciaux et sénégalais
Après avoir reçu trop de suggestions d’amis à propos de l’émission Ndoumbélane du 30 mars 2018 sur SenTv dont le thème est : « 58 ans d’indépendance, à qui la faute si le pays n’émerge pas? », j’ai fini par l’écouter sur YouTube le lendemain. Comme mes amis, j’ai bien apprécié la qualité des échanges sur des enjeux déterminants dans une des langues nationales du pays, le wolof. Très salutaire. Contrairement à mes amis tous de sexe masculin, mon appréciation soulève un autre problème qui me semble chronique pour finir par devenir aveuglant pour beaucoup de Sénégalaises et de Sénégalais, l’invisibilité de l’invisibilité des femmes sur les espaces de réflexion sur l’avenir du pays en général. Leur espace dédié est celui du divertissement pour la plupart du temps.

Ma remarque n’est pas une critique mais un cri d’urgence que j’adresse à la société entière, à toutes les chaînes sénégalaises et d’ailleurs, avec l’ensemble des animateurs et animatrices d’émission, pour régler la question de l’invisibilité des femmes dotées d’un impact de réussite, d’imagination, de créativité et d’ingéniosité sur le Sénégal. On se doit, au XXIème siècle, d’être sensibles à la visibilité des femmes à côté de celle constante des hommes, à l’expression du potentiel des femmes à côté de celle des hommes. Faisons place aux femmes dans les sphères de débats, de décisions sociales, politiques, économiques et culturelles. Je conçois très mal qu’on puisse parler de bilan d’après l’indépendance à aujourd’hui, de développement, d’échec, d’avenir du Sénégal, sur un plateau d’invités exclusivement masculins. Où sont les femmes de ce pays? Et ne me dites pas que l’animatrice est une femme. Elle n’est pas là pour répondre sur les enjeux de ce pays, comme son collègue ne serait pas à la barre de l’animation pour le faire, non plus, elle est là pour poser des questions et donner la parole à ses invités. Nous avons, au Sénégal, des femmes ayant de grandes responsabilités, des modèles pour les filles et les garçons, des femmes cheffes de ménage, des femmes d’affaires, des actrices de développement, etc. Toutes les femmes n’étaient pas occupées à faire la parade dans les cérémonies, à gaspiller de l’argent et à cultiver le culte de l’apparence lors de l’enregistrement de l’émission? Ce point de futilité de l’apparence au féminin a été soulevé par Monsieur Amadou Tidiane Wone dans l’émission. Certes, il existe et il est à combattre par la sensibilisation et l’éveil du potentiel des femmes, mais toutes les femmes ne tissent pas leur vie avec cette toile d’inutilité et de carence d’ambition pour elles-mêmes et leur propre pays. Personne n’a dit que c’est le cas d’ailleurs, mais la seule fois où j’ai entendu une allusion faite aux femmes, c’est sur ce point. J’aurais aimé voir des invitées pertinentes nous démontrer le contraire, puisque des femmes qui partagent les réflexions ingénieuses, créatives, stimulantes et riches de certains parmi les invités existent dans ce pays. Tous les sujets débattus à l’émission n’échappent à aucun cerveau humain qui réfléchit et qui est sensible au développement du Sénégal. Ce cerveau-là peut être celui d’une femme comme celui d’un homme.

Par ailleurs, Monsieur Cheikh Yérim Seck a parlé d’un problème bien sénégalais, notre manque de leadership comme une explication de notre retard en comparant le Sénégal au Rwanda, le bel exemple de développement fulgurant africain qui a aussi ses excès d’autorité peu enviables. J’ai envie de lui souligner un élément qu’il n’a pas vu, qu’il n’a pas nommé, notre manque de modèle de leadership avec une épithète que rares sont les yeux d’un homme qui le voient. Car tous les hommes n’ont pas les yeux d’Elgas ni ceux de Mohamed Mbougar Sarr, ces brillants écrivains très sensibles aux inégalités à travers l’expression de leur humanité profonde, leur plume, envers les plus vulnérables à savoir les enfants et les femmes. Pour ne répondre qu’à ce point parmi ceux soulevés dans l’émission, je dis à l’ensemble des invités de sexe masculin qu’on manque non seulement de leadership mais surtout de leadership féminin. Au fait, j’argue ce qui pourrait être considéré opposé à la pensée de Monsieur Cheikh Yérim Seck, on a eu trop de leadership masculin avec le résultat qu’on connait au passé et au présent. Alors, il est temps de changer la donne en faisant place aux femmes sur le leadership aujourd’hui pour un futur meilleur mettant au profit de ce pays l’ensemble du potentiel des femmes et des hommes. Il est temps de renverser la tendance coutumière.

Qui dit absence des femmes verra forcément absence de réflexion sur les inégalités entre les sexes. Nul, parmi les invités intellectuels, n’a abordé la question des inégalités en dignité et en droit entre les femmes et les hommes, nul n’a abordé l’impact des femmes sur le développement. Une des principales problématiques, les inégalités, passe pour la quasi-totalité du temps inaperçue. C’est à la fois frappant et révélateur de voir au Sénégal l’état des mentalités et l’état des idées en matière d’analyse de développement à travers les régimes présidentiels de messieurs Senghor, Diouf, Wade et Sall tout en faisant fi des femmes actrices de développement à part entière. C’est choquant de constater qu’il est possible de couvrir plus d’une heure d’émission, d’après ma source YouTube, avec des esprits instruits sans aborder les rapports de sexes, la contribution des femmes au développement, ou l’impact du manque de contribution de certaines femmes parce que dépendantes des hommes tout en taisant leur potentiel de demeurer actives et rentables pour la société sénégalaise économiquement parlant.

Au Sénégal, les inégalités flagrantes entre les sexes ne sont abordées qu’au mois de mars pour demeurer aux oubliettes le reste de l’année. Pourtant, inscrites dans nos rapports quotidiens, elles méritent, au moins, qu’on s’y attarde si on veut réellement être cohérent.e.s en matière développement. L’occultation de la question des inégalités n’est que leurre. L’autonomisation des femmes, leur empowerment, est la clé du développement dans une société républicaine. À mon avis de femme mais surtout d’humain, la dépendance, la vulnérabilité des femmes, demeure l’une des principales causes, pour ne pas dire la grande cause de notre sous-développement et de celui de beaucoup de pays africains. Les données scientifiques existent à cet effet. Tant qu’on n’a pas rompu le rapport de dépendance d’un humain adulte et en âge de travailler sur un autre humain adulte actif, ici le sexe importe peu, on ne pourra pas parler de développement au Sénégal. Le jour où les femmes et les hommes régleront cette problématique définitivement, on aura franchi un pas de géant. D’ici là que les femmes sénégalaises réclament et prennent leurs places, afin de contribuer au développement de ce pays en toute visibilité pour constituer des modèles pour la jeunesse. On ne peut pas se passer du poids démographique et cérébral des femmes, 52% de la population nationale, et penser faire dans le développement de ce pays. C’est impossible. C’est un mirage. On ne veut pas de l’exemple des pays « riches » et inégalitaires de ce monde, n’ayant pas la dignité des femmes comme préoccupation.

Voilà pourquoi j’ai décidé de trouver le temps d’écrire cette lettre sur l’invisibilité constante des femmes sur les enjeux du pays, en espérant porter attention et sensibilité à ce déterminant point sur l’avenir du Sénégal, car l’usage des cerveaux des femmes urge plus que jamais sur l’avenir du Sénégal à côté des cerveaux des hommes.

Par Salimata Ndoye Sall
Travailleuse sociale,
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Aperçu sur la Situation passée et présente :

Le Sénégal est encore confronté à des difficultés majeures avec sa production d’arachide de 1,4 million de tonnes. La situation n’est pas nouvelle, car chaque fois que les récoltes ont atteint seulement la moitié de ce record, l’écoulement n’a pas été aisé. La raison semble toute simple : l’arachide avait été introduite au Sénégal par le colonisateur pour les besoins très précis de son industrie d’huilerie, de savonnerie et dérivés.

Aussi, après l’introduction d’une première espèce appelée « commune », parce qu’étant la même pour toutes les colonies françaises de l’Ouest africain, la France a créé des institutions de Recherches pour booster davantage la productivité : (Irho et Irat, puis Cirad). C’est ainsi que sont nées successivement : la 28-206, (de l’année 1928). Les variétés : 47-16, 48-115, 57-422 et 73-30, ont été emportées par la sècheresse des années entre 1970 -1982) ; puis la 55-537 (1955) et la 55-33 (1991), sont venues pour leur bonne adaptation à la sècheresse. La 69-101 (1969), comme variété résistante à la rosette apparue au sud du pays.  La 73-27, la 73-33, la 73-9-11 (1973), la   H 75-0 (1975), la 78-937, (homologuée en 2010, avec un cycle de 75 jours). La Pc 79-79 (obtenue en 1994), la SRV-19 ( 1990 ) , la fleur 11 ( 1991 ) , la G c-8-35 ( obtention de 1990 avec 53% de teneur en huile)....qui sont toutes des variétés uniquement d’huilerie, à  part la 73-27, H 75-0 et Pc 79-79,  qui sont des arachides de bouche à calibres  intermédiaires.
Ces obtentions sont encore massivement présentes dans la grande production où elles occupent jusqu’ici plus de 90% des emblavures et des collectes.

C’est dire que le Sénégal, même après la création de son Institut national de recherche agronomique (Isra), en novembre 1974, a continué à fonctionner dans la même logique que le colonisateur, qui n’avait que la production d’huile et ses dérivés comme unique cible. L’arachide de bouche (Arb), n’a représenté que des quantités infimes pour une période très courte (1968-1972, au Sine- Saloum avec la GH-119-20 obtenue en 1920 et introduite depuis la Géorgie (Usa) par l’Irho (Institut de recherches pour les huiles et oléagineux). Ce même institut est aussi à la base de la petite exportation d’arachide Hps (Hand picked selected, ou triée et calibrée), destinée à la confiserie à partir des 2 variétés qui sont la 55-437 et la 73-33. Ce programme démarré à Louga avec les établissements A. Khoury de Fatick, continue encore avec l’actuelle Sonacos. Il est réglementé par les normes du nombre de graines à l’once (60-70, 70-80 et 80-90), avec l’usage obligatoire de sacs en jute, sans indication de « l’origine Sénégal » (???). Il est aussi à signaler la vente tout à fait marginale de l’arachide « en vert », provenant pour l’essentiel d’une variété hâtive cultivée surtout en contre saison, dénommée « Boulkhouss », produite au niveau de périmètres irrigués et vendue en coques grillées dans les grandes agglomérations.
La crise de l’exportation des huiles et tourteaux constatée depuis 1970 s’est véritablement installée en 1990, pour demeurer toujours identique.  

Avant cette période toute la production se partageait entre :
-    L’autoconsommation, pour 18%.
-    La trituration, pour 50 %.
-    Et l’exportation, pour 32 %.

Le Sénégal a pourtant produit son premier million de tonnes d’arachide en 1965-1966, sans rencontrer la moindre difficulté d’écoulement.
Il existe cependant des besoins en arachide, autres que pour l’huilerie, dans de nombreux pays tels que la Turquie sollicitée par le chef de l’État. Des hommes d’affaires turques sont déjà venus en mission de prospection au Sénégal, il y a près d’une décennie, pour acheter l’arachide de bouche à graines extrêmement larges (nombre pour 100 grammes : compris entre 98 et 112). Le marché sénégalais n’avait malheureusement les produits souhaités dans sa carte variétale.

L’Isra, à par la suite importé de Turquie deux de leurs variétés, qui m’ont été confiées en tant que semencier, pour multiplication, et observations diverses. Des résultats positifs ont été obtenus sur une période de quatre années de travaux et communiqués à la tutelle.
Les besoins de la Turquie à cette époque étaient pourtant de 50.000 tonnes de graines par an, soit l’équivalent de100.000 tonnes de coques.

Quelques éclairages et pistes de réflexion.
Si le Sénégal a pu réaliser une production de 1,4 millions de tonnes avec des variétés dont les dates d’obtention varient entre 30 ans (GC-8-35) et 90 ans (28-208), il est certain qu’il est loin d’avoir atteint son plafond de productivité. Les rendements actuels à l’hectare qui ne sont que de 800 kilogrammes sont relativement faibles. Ils ne représentent que le quart du potentiel de certaines obtentions homologuées par l’Isra ; mais ces variétés sont très peu présentes sur le terrain. Le fossé entre recherche et développement est anormalement profond.

Il s’agira donc, à l’issue des sérieux états généraux de l’arachide, de repartir sur des bases nouvelles en mettant en place une carte variétale plus conforme aux réalités du moment.
En attendant l’institut devra être doté d’importants moyens pour son unité de production des semences (humains et matériels). Il devra pour les nouvelles fermes semencières, recruter suffisamment de vrais spécialistes de la semence : La production des premiers niveaux étant un métier très pointu réglementé par des textes de loi auxquels sont soumis tous les pays de la Cedao.
L’Ensa, qui a compris l’existence de ce besoin, a eu l’heureuse idée d’ouvrir une formation en sciences et technologies des semences (Sts) , de  niveau master 2.

Ainsi, on pourra aller plus vite vers l’établissement des bases d’une filière nouvelle, plus attractive, plus productive et plus adaptée aux besoins du marché.
Les bureaux économiques de nos représentations diplomatiques pourraient à partir de bonnes informations et des connaissances avérées, jouer un rôle important de marketing pour l’écoulement des arachides du Sénégal. Celles-ci -devront bien sûr se conformer aux normes et spécifications établies par chacun des pays demandeurs.

Chaque homme étant une histoire, la mienne qui m’a donné l’avantage d’avoir pendant 48 années été un acteur important des principaux travaux scientifiques et techniques réalisés sur l’arachide au Sénégal,
A :
-    L’Irho, de 1965 à 1974. (Où j’ai participé à la sélection à l’expérimentation et à la diffusion de nombreuses variétés d’arachide, aux côtés d’éminents scientifiques de l’époque.)
-    L’Isra, de 1974 à 2013. (Où j’ai surtout produit en tant que spécialiste de la semence, l’essentiel des besoins en pré-bases d’arachide du Sénégal de 2000 à 2013, et formé de nombreux acteurs des sociétés d’état, projets et associations de développement.

Ce faisant, j’ai cru devoir apporter ici un peu de lumière à la recherche de lendemains meilleurs pour la filière arachidière de mon pays.

Par
EL-Hadji Moustapha Diop

Cadre supérieur technique, retraité de l’isra
Spécialiste en semences et productions végétales
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Au cours de ce mois de mars, Monsieur Abdourahmane Sarr, président du Cefdel/Mrld a publié, dans la presse sénégalaise, un article intitulé « Eurobonds : Le Sénégal et la Côte d’Ivoire au secours de la Bceao et des banques». Un article selon lequel les ressources levées sur les marchés internationaux des capitaux par la Côte d’Ivoire et le Sénégal, auraient pour principal objectif, le renforcement des réserves de change qui se seraient fortement dégradées du fait de la politique monétaire inappropriée menée par la Banque centrale. Faisant injure à la souveraineté de ces États membres de l’Umoa, l’auteur dudit article affirmait même que c’est pour venir en soutien, notamment aux réserves de change de la Banque centrale que «le Sénégal et la Côte d’Ivoire ont effectué des sorties sur les marchés internationaux pour lever des ressources exceptionnelles au-delà des exigences de financement de leurs déficits budgétaires».
Ces affirmations totalement inexactes révèlent les limites évidentes de Monsieur Sarr en matière d’économie monétaire. Ensuite elles semblent traduire un désir, certainement légitime, mais ô combien maladroit, de compter absolument parmi les décideurs économiques, mais surtout politiques de ce pays.

Les contrevérités distillées tout au long de la contribution du président du think tank Cefdel (Centre d’études pour le financement du développement local) nous ont poussé à réagir, afin d’éviter que de nombreux lecteurs soient inutilement induits en erreur.

L’émission d’euro-obligations, une décision de gestion des finances publiques prises par les États
L’émission d’euro-obligations relève d’une décision souveraine des États et ne vise qu’à financer leur déficit public et leurs besoins de trésorerie. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire ne sont d’ailleurs pas les seuls pays africains à le faire. Le Ghana et l’Afrique du Sud, pour ne citer que ces deux pays, ont plusieurs fois sollicité les marchés des capitaux avec l’émission d’eurobonds pour financer leur déficit. Aujourd’hui, il y a un engouement des investisseurs internationaux pour les obligations souveraines africaines, dans un contexte où les liquidités sur les marchés sont abondantes.

La décision du Sénégal et de la Côte d’Ivoire n’est donc aucunement liée à la politique monétaire et à la gestion des réserves de la Banque centrale. Selon les informations disponibles et facilement vérifiables, pour l’émission 2018 de la Côte d’Ivoire, le gouvernement a annoncé que les ressources serviraient à couvrir en partie le déficit de l’année. L’État ivoirien envisage également d’émettre des titres sur le marché intérieur en complément du financement de son déficit. Le gouvernement du Sénégal, quant à lui, a précisé qu’il consacrera 200 millions de dollars à racheter une partie de ses titres en dollars qui arrivent à échéance en 2021. Le reliquat des ressources servira au financement des projets du Plan Sénégal émergent (Pse).

Le refinancement accordé par la Banque centrale aux banques commerciales, qu’en est-il réellement ?
L’article énonce doctement que la politique monétaire de la Bceao a consisté, ces dernières années, à financer le déficit budgétaire des États membres par le biais du refinancement accordé aux banques. Dire cela, c’est faire preuve d’au moins trois manquements.

Le premier consiste à ne pas tenir compte du fait que depuis la réforme institutionnelle de l’Umoa et de la Bceao en 2010, le financement monétaire des déficits budgétaires n’est plus permis.
Le deuxième est de se méprendre sur la finalité du refinancement accordé par la Banque centrale. En effet, les refinancements accordés par la Bceao aux banques commerciales de l’Union visent à les aider à couvrir leurs besoins ponctuels de trésorerie. Le refinancement est une ressource de court terme, accordée en général sur une durée ne devant pas excéder 7 jours. C’est donc un raccourci un peu hâtif de penser que ces refinancements peuvent être utilisés pour financer le déficit budgétaire des États.

Le troisième manquement est d’ignorer que le refinancement des banques commerciales (qu’elles achètent ou non des titres publics) est une pratique commune et banale de la communauté des banques centrales du monde entier. Cette pratique n’est donc pas spécifique à la Bceao. Elle entre dans des missions des banques centrales qui procèdent ainsi à la régulation de la liquidité bancaire.
Enfin, Monsieur Sarr ne devrait pas confondre la politique monétaire accommodante menée par la Banque centrale depuis plusieurs années avec un quelconque financement du déficit budgétaire. Une lecture attentive des rapports sur la politique monétaire, publiés trimestriellement par la Bceao, montre d’ailleurs qu’elle assume parfaitement la politique qu’elle mène. Ainsi, dans un environnement de faible inflation dans l’Umoa, elle a baissé significativement son principal taux directeur afin de favoriser le financement à des coûts modérés de l’activité économique et de la croissance. On est donc bien loin du financement de déficits budgétaires.

Les réserves de change se portent bien
Il est par ailleurs péremptoire d’affirmer que les réserves de change se dégradent : les derniers rapports du Fmi et de la Bceao soulignent une bonne performance pour la région. Au cours de l’année 2017, les réserves de la Banque centrale se sont stabilisées autour de 4 mois d’importations de biens et services. Ces réserves ne sont pas thésaurisées du reste. Elles servent à financer les importations de biens et services des pays de la zone Umoa. Elles donnent notamment de la marge pour la réalisation des investissements en infrastructures des États, à fort contenu en importations. Ces investissements sont indispensables pour relever le potentiel de croissance des économies de l’Union. Au-delà, la dynamique des réserves de change est fortement corrélée aux habitudes de consommation des populations dont une bonne partie de la demande est composée de biens importés (carburants, riz, huile, sucre, etc.) C’est plutôt le leitmotiv du «consommer local» qui doit en conséquence être remis au goût du jour afin de permettre de diminuer le poids de la facture des importations sur le niveau des réserves de change. En conséquence, le lien direct établi, dans l’article de Monsieur Sarr, entre la politique monétaire de la Bceao et l’évolution des réserves de change n’est pas avéré.

Opter pour un taux de change fixe ou flexible : tout est dans la gestion économique
Enfin, les propositions qui sont faites pour une réforme monétaire privilégiant la flexibilité du taux de change pour accompagner le développement des pays de l’Union, laissent penser que le régime de taux de change fixe serait un obstacle à l’émergence des pays africains.

Or, chaque type de régime de change a ses avantages et ses inconvénients. Tout dépend de la gestion macroéconomique qui y est attachée. A cet égard, une grande majorité des pays dans le monde, notamment en Afrique, ont opté pour un régime de change fixe.

Bien plus étonnant, la suggestion à peine voilée d’un retrait du Sénégal de l’Union, en raison des perspectives de production pétrolière et gazière, prouve à suffisance la courte vue de l’auteur et son éloignement des ambitions des fondateurs de notre Union monétaire, qui, il y a plus de 50 ans, avaient déjà compris que c’est ensemble et solidaires que les nations africaines sont plus fortes.

Au total, l’analyse de Monsieur Sarr relative à l’émission des eurobonds du Sénégal et de la Côte d’Ivoire en 2018 est truffée de contrevérités. Sa quête de reconnaissance ne justifie pas cette fâcheuse tendance qu’il a de vouloir imposer ses convictions, pour le moins, discutables. D’autres pays africains, pourvus de pétrole et de gaz, connaissent actuellement de sérieuses et périlleuses difficultés. Ils auraient très certainement apprécié le renfort d’une monnaie aussi stable et attractive que le franc CFA.

Par
Modibo KEÏTA

Économiste
Email :
modibokeita664@
gmail.com

J’ai été, par deux fois, candidat indépendant à des élections, dans mon pays: présidentielles et législatives. Aux élections présidentielles de 2012, nous avions déposé 12 400 signatures, le Conseil constitutionnel nous a dit que nous n’en avions déposé que 10 000 et de ces 10 000 seules 8100 étaient valables. La mission post-électorale de l’Union européenne avait déterminé que certaines de nos signatures invalidées étaient effectivement bonnes et que le Conseil n’avait pas les moyens logistiques d’effectuer les vérifications. C’est donc l’administration qui a éliminé les candidatures indépendantes. L’Union européenne avait alors recommandé une réforme du système de validation pour permettre aux candidats rejetés de déposer un recours et de donner au Conseil constitutionnel les moyens de vérification.  Aux élections législatives de 2017, notre mouvement indépendant Moom Sa Bopp Mënël Sa Bopp a décidé de présenter une liste que j’ai dirigée. Beaucoup nous ont recommandé d’aller en coalition avec des partis politiques pour éviter la mésaventure de 2012. Certains nous ont même offert de nous louer le récépissé de leur parti moyennant une somme d’argent importante. Nous avons préféré investir cet argent dans la recherche de parrains véritables car nous voulions rester indépendants, partager conjoncturellement une vision claire avec nos concitoyens, et être en dehors du jeu partisan.

Nous avons réussi à obtenir le nombre de parrains requis et avons déposé notre liste qui a été, cette fois-ci, retenue. La liste a été retenue, mais notre message n’a pas été entendu comme je l’ai expliqué au lendemain du scrutin dans une tribune intitulée «Leçons d’un Scrutin».  Il y a eu 46 autres listes qui, en réalité, pouvaient être consolidées en quatre : (1) Le pouvoir et tous ceux qui soutenaient le pouvoir (2) les frustrés du pouvoir (3) l’opposition (4) et les alternatives.  Nous n’avons pas été entendus à cause de la pléthore de listes. Notre caution aurait été mieux utilisée à communiquer avec nos concitoyens s’il y avait un nombre de listes limité en compétition et nous aurions été mieux entendu avec un temps d’antenne plus important comme la caution à risque nous en donnait le droit. Nous avons donc doublement perdu.  

Dans la mesure où nos autorités n’ont pas encore réglé le problème du nombre excessif de partis politiques, leur fonctionnement et leur financement, le parrainage me parait essentiel pour plusieurs raisons. D’abord, il permettra aux citoyens de s’intéresser davantage aux processus et de comprendre que voter n’est pas simplement se rendre aux urnes le jour du vote. Ils devront s’intéresser un tant soit peu aux propositions des personnes qu’ils parrainent. Ensuite, il permettra à tous les candidats qui ont véritablement quelque chose à offrir au peuple sénégalais d’avoir une bonne année pour l’expliquer en allant chercher des parrains. Avoir quelque chose à offrir, ce n’est pas simplement pas ôte-toi que je m’y mette. Il faut avoir une alternative véritable qui, expliquée en 12 mois, aura le temps d’être comprise avant le vote. Le parrainage permettra aussi de mutualiser les moyens des candidats ayant des offres similaires et qui devront faire un effort de consensus pour le bien du peuple.   
Vive la Démocratie
Vive le Sénégal

Par
Dr Abdourahmane Sarr

Président CEFDEL/MRLD
Moom Sa Bopp
Mënël Sa Bopp
Email :
abdourahmane.sarr@
gmail.com

 

Quand  les mots ne sont pas justes, la politique devient injuste, injustifiée ou injustifiable car le parler-faux peut très vite disqualifier le discours politique au bénéfice, du penser faux et parler-fort propre à tous les populismes avec des vertus épidémiques notables.

Les défaillances du langage politique renforcent un climat de défiance.  Et les Sénégalais croient de moins en moins en de futurs hommes providentiels. Les opinions sénégalaises, dans toutes les composantes, ont compris – quel que soit leur niveau d’adhésion - que Idrissa  Seck a lancé son ultime combat de survie politique  contre l’opposition et le pouvoir pour se positionner comme un challenger du président Macky Sall en 2019.

Non seulement les Sénégalais comprennent sa stratégie de la politique d’un sous-marin qui cherche à torpiller le pouvoir en place pour se refaire une santé politique à travers un jeu de mots et de maux  mais pire même, ils en rient.
 Le mal des mots est pire et les mots ne sont jamais innocents car ils peuvent servir d’armes dans nos rapports aux autres. Les mots peuvent séduire, humilier, tromper et même détruire. Ceux qui veulent démolir un adversaire l’affubleront de mots pièges, à contresens, des mots blessants, offensants, visqueux.

En choisissant de devenir un présentateur de  météo politique au quotidien qui décrit  des réalités qui n’existent pas et qui annonce des événements qui ne se produisent pas, le discours d’Idrissa Seck est en train de devenir un disque rayé qui passe en fond et auquel on ne prêterait plus attention.

Comment un futur candidat à l’élection présidentielle qui s’autoproclame sérieux, raisonnable et crédible pour diriger le Sénégal  peut-il réduire sa diatribe à un ballet théâtral d’une communication politique faite de jeux de mots et de maux avec une sur-médiatisation dithyrambique au point de saturer l’espace médiatique et de créer une « over dose verbale ».
Avons-nous vraiment le discours politique que nous méritons ? A chacun de juger !

Par
Sada Diallo

Président du Mouvement Sicap Debout
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