Faisons connaissance

Faisons connaissance (38)

De la musique au cinéma en passant par la peinture, il a touché à tout. Sa longue carrière musicale se poursuit, mais c’est hors de nos frontières qu’Ismaël Lô se produit souvent. Ce « papa tranquille » de la musique sénégalais veut, dorénavant, laisser la place aux plus jeunes.

Arborer le mérite est un honneur, le classer est un déshonneur surtout pour un artiste multidimensionnel comme l’homme à l’harmonica et à la guitare qui a donné au « mbalax » sénégalais un tempo plus cool, un son plus mélodique, proche parfois du « rhythm’n’blues ». A travers sa musique, Ismaël Lô a longtemps bercé les amoureux du folk et de soul. Le sourire, il en arbore toujours. Trouvé dans son domicile à Sacré-Cœur 3, où les salamalecs des visiteurs, de bons voisins peut-être, se multiplient, il doit aimer le thé dont la senteur embaume la demeure.

A l’intérieur, le luxe et la sobriété se mêlent. Quelques tableaux d’art, principaux décors de la salle d’attente, révèlent un autre talent de l’artiste : la peinture. Des représentations dans lesquelles la beauté de ces corps transparaît à travers quelques détails anatomiques. « Ma femme m’a fait la même remarque en me disant que je ne peins que des femmes. Mais c’est parce que la femme est source de vie », soutient cet artiste qui est un des pionniers de la musique folk au Sénégal après les Seydina Insa Wade, Soleya Mama, André Lô, entre autres.

Perdu de vue ou presque. Depuis près de 10 ans, il n’a plus sorti d’album. Pourtant, des concerts, il en donne toujours, mais hors du pays. « Sauf que je mène ma carrière tranquillement », lance Papa Iso. Son dernier concert, tenu à Genève, remonte au mois de mai. Avant, c’était en Ethiopie. Dans un avenir proche, ce sera en Tanzanie. Le « papa tranquille » de la musique ambitionne de sortir d’autres albums, même s’il veut maintenant laisser la place aux jeunes. Mais avant cela, un titre sur Doudou Ndiaye Coumba Rose est en cours d’enregistrement.

L’homme-orchestre
C’est lors d’une émission télévisée, alors appelée « Télé variétés » et animée par Maguette Wade, qu’Iso se fait découvrir. Mieux encore, il sort de là avec un pseudo : « l’homme-orchestre ». Avec sa guitare et son harmonica, il avait fini de faire plaisir aux téléspectateurs. Qui se cachait derrière cet artiste qui n’a point appris à jouer de ces deux instruments ? « C’est un don de Dieu », soutient Papa Iso. Il se lance dans une aventure avec le Super Diamono. Le producteur Baïlo Diagne l’avait convaincu de rejoindre cet orchestre. Ce que certains n’avaient pas apprécié, lui demandant de prendre son propre chemin. Mais, fan du Super Diamono d’Omar Pène, ce fut un privilège pour lui. Il ne s’agissait pas de s’aligner derrière Pène, mais d’être à ses côtés. Une opportunité, pour un débutant comme lui, de pouvoir voyager et de découvrir le monde.

De ce compagnonnage est né le titre « Gor Sayina », « Jiguène Dakarou Ndiaye ». En même temps, ils jouaient tous les soirs au Sahel night-club. Le moment venu, pour l’artiste, de monter son orchestre, Ismaël Lô quitte le Super Diamono. En cinq ans, il produit cinq albums plus folk et soul que la variété courante. Accompagné de Vieux Faye, guitariste lead et arrangeur, Iso, un féru de jazz, personnalise sa musique et met en valeur ses qualités artistiques. En 1990, un nouvel élan dans sa carrière musicale. Ismaël Lô signe chez Barclay et sort son 6e album solo, « Tajabone », qui est, depuis, inscrit disque international, repris notamment dans la bande originale du film « Tout sur ma mère » de Pedro Almodóvar.

L’école de la rue
La guitare comme l’harmonica, Iso les a appris tout seul. Un don du ciel, dit l’artiste. A partir d’un jouet que lui avait offert son père, il découvre son nouveau talent. Léger, l’harmonica l’accompagnait partout. Taquinant la guitare, ses deux mains ne pouvaient pas tenir à la fois les deux instruments. Deux clous enfoncés dans le mur lui permettaient de jouer en même temps de la guitare et de l’harmonica. Une expertise qui lui avait valu le surnom de Bob Dylan, un monument de la musique mondiale. Revenant sur le film de sa vie musicale, il revoit flux et reflux, tout petit, les guitares qu’il confectionnait lui-même : les « toukoussou ngalam », faits avec des pots vides servant de caisse à résonance et des fils de pêche comme sillets de chevalet.

Cinéma et musique, le parfait accord
Meilleur artiste ouest-africain et africain, meilleur clip vidéo aux Koras awards 1996, avec Ibrahima Sylla, il sort « Khalat », « Nat », « Ndiawar », « Gor sayina » et « Dibi dibi rek », et réinscrit « Taajabone ». Il est également parti du folk classique pour composer « Diongama », « Auto pipe pipe ». Grâce à l’harmonica, Ismaël Lô se fait découvrir par l’un des plus grands cinéastes africains, en l’occurrence Ousmane Sembène, qui, à la recherche d’un acteur qui savait jouer cet instrument, avait vu juste. Incarnant le rôle du « Tirailleur harmonica » dans le film « Camp de Thiaroye », il fallait se mettre dans la peau de ce dernier.

En mode afro, il avait éprouvé beaucoup de difficultés pour le faire. Un mois de tournage, il avait fini par prendre goût au cinéma. Un film qui lui a permis d’être formé militairement pour présenter les armes. « Si tu continues d’être gentil et sérieux, je te confie la musique du film », lui avait promis Ousmane Sembène. La condition, un tambour et une trompette. Une générique qui va donner par la suite « Nasaran ». Autres films dans lesquels a joué l’artiste, « Afrique mon Afrique » d’Idrissa Ouédrago, un film sur le Sida tourné entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, et « Tableau Ferraille » de Moussa Sène Absa.

Par Marame Coumba SECK

Last modified on vendredi, 26 août 2016 14:41

Amath Dansakho a marqué l’histoire politique du Sénégal. L’homme, connu pour sa bravoure et sa détermination, a souvent accompagné des opposants jusqu’à leur accession au pouvoir avant de leur tourner le dos à la faveur de nouveaux combats.

A la suite de la nomination de Fodé Sylla, comme ambassadeur itinérant auprès du président de la République, nous avons eu le privilège de croiser le doyen Amath Dansakho « venu témoigner de son amitié à un neveu », à l’occasion d’une rencontre de presse. Sa haute silhouette avance doucement, d’un pas hésitant. Mais, pas question d’essayer de le soutenir. Il préfère se débrouiller seul, en prenant tout son temps. C’est que malgré le poids de l’âge, il n’est pas du genre à se laisser faire. Son destin ne doit d’ailleurs rien au hasard de la vie, mais à ses choix comme à sa détermination.

Amath Dansokho fut le secrétaire général du Parti de l’indépendance et du travail du Sénégal (Pit) dont il est devenu le président honoraire à l’issue du congrès de 2010 consacrant son remplacement par Maguette Thiam. Né en 1937 à Kédougou, marié en 1968 à une Française, Amath Dansokho est père de quatre enfants. Ce journaliste de formation, a marqué de son empreinte l’histoire politique du Sénégal. Sa force, sa bravoure, sa conviction et son dévouement demeurent intacts et lui collent à la peau. A 78 ans, le vieux révolutionnaire est toujours d’attaque. Cet engagement est devenu un trait de caractère d’un homme marqué par les péripéties de son militantisme politique.

Engagement sans répit
Il s’est toujours fait signaler de par son engagement sans répit. Il est pour la première fois élu député sur la liste du Pit en 1998. Dans la perspective de la présidentielle de 2000, il tient le rôle de rassembleur dans la conférence des leadeurs du pôle de gauche.

Durant son séjour à Prague, Dansokho que rien ne prédestinait à la politique, s’immergea dans la doctrine idéologique du communisme international. Il parvint à marquer de son empreinte le cercle dirigeant de l’Union soviétique en imposant sa perception du communisme en pleine guerre froide contre le capitalisme incarné par les Etats-Unis.

Il parvint à s’imposer dans le groupe dirigeant du Parti africain de l’indépendance (Pai), à l’époque de la semi-clandestinité, couvé par Majhemout Diop. Il rejoint, en 1981, Seydou Cissokho au Parti de l’indépendance et du travail (Pit). Ce dernier le nomme son adjoint, avant qu’il ne lui succède à sa disparition. A la tête du Pit, Dansokho œuvre à installer son parti dans les deux blocs : celui du régime incarné par le Parti socialiste (Ps) et celui de l’opposition dirigé par Abdoulaye Wade (Pds).

Amath Dansokho entre en politique dès 1949. D’abord Senghoriste jusqu'en 1951 à Saint-Louis où il poursuit ses études primaires (école Duval) et secondaires (lycée Faidherbe), il adhère ensuite au Rassemblement démocratique africain (Rda) et devient membre du Pai dès sa création en 1957. En 1958, il réussit à son baccalauréat (série philosophie) tout en prenant une part active à la campagne du «Non» lors du référendum gaulliste. Après deux ans d’étude en Sciences Economiques à l'Université de Dakar, il abandonne pour des raisons politiques.

Eternel recommencement
Au niveau du Pai, il est secrétaire à l'éducation du parti, vice-président du conseil de la jeunesse du Sénégal et vice-président de la jeunesse d'Afrique. En 1959, il dirige la revue «Dakar Etudiants», organe de l'Union général des étudiants de l'Afrique de l'Ouest (Ugeao), dont il est le vice-président. L'exil le conduit à Prague (Tchécoslovaquie) ou il représente son Parti. Il y reste 12 ans et suit une formation en journalisme. En 1977, il rentre dans son pays. Un an plus tard, il proclame le retour de son parti à la légalité. En 1981, le parti est contraint de changer de sigle et au premier congrès du Pit en août, il est élu Secrétaire général adjoint. Il sera ensuite secrétaire général du parti.

En 1983 et 1988, il est élu tête de liste de son parti aux législatives. Dès le lendemain des élections de février 1988, il est arrêté et emprisonné pour être libéré un mois après. Il bénéficie d’un non lieu. Suite à l'appel lancé par le président Abdou Diouf pour la formation d'un gouvernement de majorité présidentielle élargie, il répond favorablement et est nommé ministre de l'Urbanisme et de l'Habitat le 2 juin 1993. Il est limogé le 12 septembre 1995, suite à sa dénonciation de « mal-gouvernance». C'est ce qu'il appellera sa première «défenestration» du gouvernement. Une métaphore qui restera dans les mémoires. Un tempérament indomptable finira par déteindre sur ses relations d’avec Abdoulaye Wade le candidat qu’il a soutenu en 2000.

En effet, huit mois après l’alternance, il finira par se séparer de lui. Compagnon de la première heure dans le combat pour l'alternance, il a œuvré au rapprochement entre le pôle de gauche et le Pds. Son retour dans l’opposition est le point de départ d’un nouveau combat qui a abouti le 25 mars 2012, avec la défaite du président Abdoulaye Wade devant Macky Sall soutenu par Amath Dansokho.

Par Oumar BA

Last modified on jeudi, 25 août 2016 11:38

Seul agent sur l’île, il fait tout. Chargé de la production de l’eau à Gorée, Eugène Simon distribue également les factures. Dans sa maison qui est un vaste champ botanique, le concert d’insectes se déroule. Dans un pantalon qui lui arrive à peine aux genoux et une Lacoste qui laisse découvrir sa poitrine, il est insensible à ces moustiques qui vous sucent le sang.

« Quant il n’y en a pas (de l’eau il veut dire, ndlr), c’est parce que j’ai dormi. Dormir à quel sens ? Au sens qu’il en boit tellement qu’au final, il en produit moins. A Gorée, certains l’appellent le « maître de l’eau ». Cette ironie ne révèle pas tous ses secrets. En tout cas, pour certains, la quantité d’eau produite dépend de ses humeurs. Une question, qui posée indirectement, le fait sortir de ses gonds. « Je ne sais pas d’où ça vient, ces histoires de couper l’eau. Comment peut-on représenter un service qui vend de l’eau et en priver les usagers », répond ce dernier qui use de la dérision également pour leur renvoyer la balle. 

En passant devant la mairie, chahute-t-il, vous vous êtes rendu compte que l’eau coule à Gorée. Une manière de dénoncer subtilement les fuites d’eau notées devant cette institution. Gorée avec ou sans eau, lui, son champ botanique bien arrosé est un tapis de verdure. Une petite anecdote, il est même allé en prison, suite à des « accusations ». « On m’a accusé de choses graves avec pétition. Un sale coup pour m’enlever de mon poste », en déduit M. Simon. Comme il aime bien le rappeler, ce fils Simon, venu d’Israël et descendant d’Aron, frère de Moise, a contribué à l’amélioration des conditions des populations branchées au réseau de distribution du liquide précieux qu’est l’eau.

La vétusté des conduites
Jeune sportif, à l’époque où l’on faisait la promotion des sports corporatifs au Sénégal, il est recruté par la société concessionnaire pour jouer dans son équipe de football. Joueur et en même temps assistant de l’entraîneur, il avait découvert la structure en tant que fournisseur d’eau. « Et comme j’aime tout ce qui est hydraulique, j’ai décidé, juste après ma retraite, d’y travailler », renseigne-t-il.

L’homme voulait donner un coup de pouce à cette île qui souffrait d’un manque d’eau. C’est en 1986 qu’il s’est véritablement investi dans ce domaine, en choisissant de s’installer définitivement sur l’île. « Le problème de Gorée, à l’époque, était l’eau », rappelle Eugène qui ajoute que « c’était une véritable corvée pour avoir de l’eau ici. Les conduites, qui passaient en mer, étaient vétustes. On enregistrait d’énormes pertes d’eau qui indisposaient l’Etat, la société concessionnaire et la population de Gorée». A l’en croire, certains allaient jusqu’à Dakar pour remplir leurs bassines. « Les gens avaient soif ». Ainsi, après une révision du système d’installation, informe-t-il, la société concessionnaire lui avait confié Gorée. « J’ai réglé le problème d’eau, mais aussi d’assainissement », se réjouit-il. Habitant le quartier Castel où sont installées les bouches d’incendie, il s’apprêtait, à la fin de notre entretien, à aller distribuer les factures d’eau.

Alassane Aliou MBAYE et Marame Coumba SECK

Il est assez symbolique de voir un Goréen de souche pratiquer un art martial qui rappelle la douloureuse période de l’esclavage. La capoeira n’est pas seulement une banale combinaison de gestes acrobatiques, de cadences, de rythmes ludiques. Au-delà de son langage corporel et poétique, à la fois exquis et brut, pour traduire une ambivalence, elle évoque le passé des peuples africains qui se sont retrouvés au Brésil et qui y ont assoupi leur douleur. El Hadj Moctar Ndiaye, instructeur de capoeira, s’emploie, depuis plus d’une décennie, à entretenir cette mémoire en faisant le voyage inverse pour que cette vieille pratique retrouve sa terre d’origine, l’Afrique. Portrait d’une créature atypique.

C’est vous qui avez mangé ma pomme ? Oui, c’est moi, j’avais faim. J’ai également donné la mangue à mon pauvre ami qui en raffole ! Moctar Ndiaye est capable de servir ces réponses, non pas par manquement au savoir-vivre, mais plutôt par bonhomie et honnêteté presque ingénue. L’homme est d’une simplicité touchante. Son sinueux parcours ne lui a pas fait perdre sa grandeur d’âme. Il ne l’a pas non plus rendu revêche. Sous un soleil de plomb, nous faisons « irruption » chez le bonhomme après que des populations goréennes nous ont touché un mot de la pratique de la capoeira, art martial afro-brésilien. Nous nous attendions à rencontrer un jeune bâti à chaux et à sable avec des dreadlocks, attendant naïvement une hypothétique « épouse bienfaitrice » venue des contrées lointaines et prospères. Du genre un peu chichiteux comme on en trouve souvent dans les vieilles villes coloniales !

Lui, il a vécu un demi-siècle. Il n’est pas le plus fidèle ami de la tondeuse à barbe. Il ne trouve pas de honte à raconter tous les petits boulots « miséreux » qu’il se dégotait au gré de ses « mésaventures ». Moctar est définitivement une créature atypique qui, par son altruisme, développe, au Sénégal, un art martial qui servait d’exutoire à des esclaves africains du Brésil. Que du chemin ! Ce natif de Gorée, ancien élève du lycée Lamine Guèye de Dakar, fait partie de la génération d’étudiants dont les ambitions ont été déçues par l’invalidité de l’année universitaire 1993-1994. « J’ai fait un parcours un peu compliqué à l’université. L’année blanche m’a mis sur une autre piste qui n’en était pas moins chaotique », se souvient-il. Quand l’opportunité de gagner un peu d’argent s’est présentée, l’insulaire n’a pas trop gambergé. Il accumule les petits boulots : ouvrier de chantier, docker, gardien…

En 1995, pour se fabriquer un destin plus conforme à son cursus, il dispense des cours dans des écoles privées à Dakar après que le gouvernement sénégalais a décidé d’octroyer des autorisations d’enseignement. Il est au bord du renoncement. Les salaires sont bas et irréguliers. Quelques propositions de répétiteur à Gorée s’offrent à lui comme une aubaine. Petit à petit, une flopée d’élèves lui sont confiés.

La providence le met en relation avec un des mômes dont il est le répétiteur. Adopté par des parents français, ce jeune garçon, à l’âge de quatre ans, s’était déjà initié à la capoeira en France. Sa difficile adaptation dans ce pays avait convaincu ses parents adoptifs de le ramener au Sénégal en attendant que sa carapace soit un peu plus dure. Moctar en devient le protecteur et le répétiteur. « Ce garçon avait une gestuelle qui m’intriguait. J’en ai parlé à sa maman qui m’apprend que c’est de la capoeira » ; lui, il n’avait aucune idée de cet art à la consonance peu familière. La bonne dame lui présente un manuel qui en fournit des détails. Et « cela a changé ma vie ». Comme une illumination provoquée par un art exotique qui retrouve sa terre d’inspiration.

« Pèlerinage » à Salvador de Bahia
La mère du garçon, avec le soutien de l’ambassadeur du Brésil au Sénégal, fait alors venir le maître de capoeira, Paulo Boavida, à Gorée. Le « prosélyte » en perd presque une boule. Il s’en est suivi trois semaines de stage renouvelé avec trois autres maîtres.

« Je me suis attaché à cet art martial de manière viscérale sans pouvoir me l’expliquer ». Avec son fidèle compagnon, le garçon, Moctar Ndiaye fait son « pèlerinage » au Brésil, en 1999, pour deux mois et demi et découvre le sanctuaire de la capoeira, Salvador de Bahia, ses populations noires et sa ferveur. Il en devient la curiosité. Le Sénégalais qui fait la capoeira ! La « Tv globo », télévision brésilienne, avait auparavant fait un reportage sur lui lors de son passage à Rio de Janeiro.

Le capoeiriste revient à Dakar plein de bonnes intentions. En 2003, il crée un groupe, « Africa capoeira », qui, malgré les difficultés, a formé deux éléments qui, aujourd’hui, dispensent des cours sous d’autres cieux. Le bonhomme tire aussi fierté de la prouesse réalisée en 2005 quand l’Ile de Gorée a abrité, du 13 au 21 juin, la première rencontre internationale de capoeira avec le soutien du ministre brésilien de la Culture de l’époque, Gilberto Gil. Elle intervient deux mois après la visite de l’ancien chef d’Etat brésilien Lula Da Silva au Sénégal. Le groupe avait alors gratifié le président et son hôte d’une exhibition fort bien appréciée.

Brouille avec le maire
« Cette rencontre avait suscité un engouement avec l’arrivée de quelques jeunes dans le groupe. Il y en avait même qui venaient de Dakar, car on bénéficiait de tarifs préférentiels. Leur suppression a porté préjudice au développement de cette discipline à Gorée », regrette-t-il, non sans dénoncer la stigmatisation dont a été l’objet la capoeira sur l’Ile pour des considérations personnelles. « Des gens m’en ont voulu parce que, par amour, j’ai épousé une femme un peu plus âgée que moi ». Oh ! La langue de bois et les fioritures, ce n’est pas trop sa marotte ! Aujourd’hui, les entraînements ont été délocalisés à l’Ecole franco-sénégalaise de Fann. Le groupe ne compte plus aucun Goréen.

Comme au Brésil, la Capoeira, après avoir été la « chose » infamante d’une catégorie sociale, a conquis bien des cœurs et des espaces. Mestre Moctar peut s’en réjouir. Il peut y trouver réconfort pour noyer ses déconvenues politiques. Cet ancien militant du Parti démocratique sénégalais (Pds) a été un proche collaborateur du maire de Gorée, Augustin Senghor, avant qu’une « petite brouille » ne les sépare. C’est une très longue histoire… Mais consent-il juste à dire ceci : « C’est moi qui suis fautif ». Et si l’honnêteté était une des valeurs sacrées de la capoeira ? Mestre Moctar en deviendrait certainement une figure de proue au-delà de nos cieux ?

Alassane Aliou MBAYE
et Marame Coumba SECK

*Le maître (portugais)

Last modified on mardi, 23 août 2016 13:25

Une conviction forte chez cette femme transformatrice de Soucouta : « les ressources halieutiques sont la plus grande richesse de nos communautés ». Yandé Ndao, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est, avec les autres membres du projet « Mbogoyiff » (même destin », au cœur des stratégies développées pour sortir de la pauvreté.

Entre crises et marasme économique, les femmes s’activent à l’intérieur des bolongs, avec leurs moyens pour sortir de la pauvreté. Dans la forêt de Soucouta, elles se battent pour que la mangrove, qui les fait vivre, continue de garder les couleurs et les formes qui ont fait sa réputation. Parmi ces actrices du développement, Yandé Ndao, présidente d’un dénommé projet « Mbogoyiff » (même destin », une association de femmes travaillant dans le fumage et le séchage des ressources halieutiques. Actives dans la transformation des produits de la mer ou des bras de mer, Yandé Ndao et les autres ont renforcé les liens de solidarité féminine et développé des activités génératrices de revenus.

Des tontines avaient été organisées pour le démarrage d’un groupement d’intérêt économique. Avec l’appui de partenaires, elles ont initié « un projet communautaire avec la construction d’un centre de transformation, de conditionnement et de vente des produits de la mer à Soucouta. Ainsi, nous avons mis en commun nos ressources et partagé les bénéfices. L’épargne commune a permis d’agrandir le projet qui, de 50 membres à son démarrage en 2001, compte aujourd’hui 80 adhérentes », informe Yandé Ndao. Cette native de Soucouta, dont le père est originaire de Kaffrine, est une veuve qui a aussi de la famille à Sokone. Mère de famille, Yandé Ndao a mené beaucoup d’actions de préservation de son milieu : reboisement, sensibilisation, éducation environnementale dans les villages de la forêt de Soucouta.

Des structures de micro-finance ont apporté un soutien aux femmes de Soucouta pour l’acquisition d’équipements dans la transformation du poisson et le conditionnement. « Toutes choses qui ont amoindri les pertes sur la ressource et augmenté le potentiel de vente », a souligné Yandé Ndao. Des solutions de protection de l’environnement, elle en a entrepris avec le soutien de projets de protection et de conservation de la biodiversité dans la réserve de biosphère du Delta du Saloum : reboisement de la mangrove, restauration d’habitats naturels dévastés, adoption de techniques de production moins prédatrices et éducation environnementale dans les villages établis à l’intérieur de la forêt de Soucouta qui couvre une superficie 2140 hectares.

Volontaire et très convaincue, Yandé Ndao a su qu’elle pouvait faire quelque chose à Soucouta. « Ne voulant pas voir leur détresse se transformer en cauchemar, les femmes étaient déterminées à participer au développement socio-économique de leur localité.

Initiées dans les techniques de transformation, elles parviennent, aujourd’hui, à créer de la valeur ajoutée sur les produits halieutiques comme les huîtres, les coques, le cymbium et les sardinelles, entre autres. Ce qui leur permet, par conséquent, de faire face à certains de leurs besoins », s’est réjouie Yandé Ndao heureuse que « de janvier à juillet 2016, nous avons, en fumage et séchage, traité 8 tonnes de produits halieutiques ».

A Soucouta, le principal credo est, selon Yandé Ndao, la sauvegarde de toutes les poches de mangrove, source de vie et d’espoir pour des milliers de gens. « C’est pourquoi nous reboisons annuellement, avec l’appui des jeunes des Asc (associations sportives et culturelles), 5 hectares de mangrove », fait savoir Yandé Ndao dont la prière quotidienne est celle-ci : « Que la mangrove, source de vie et d’espoir pour des milliers de gens, ne meure pas ».

Par Cheikh Aliou AMATH

Le nom d’Amadou Makhtar Mbow sonne comme celui d’une référence incontournable dans son pays. Cette notoriété est acquise au fil des années et au détour de missions autant nationales qu’internationales dignement accomplies.

La légende est vivante : Amadou Makhtar Mbow. Il est à l’opposé des individus qui ensevelissent leurs angoisses dans le sable de l’immédiateté et de la répétition. L’ancien ministre de l’Education du Sénégal est du genre à retourner sur le chemin parcouru, à se livrer à des bilans d’étape et à poser des actes différents au prix de la seule défense des intérêts de sa nation. Il est des hommes qui ne lâchent jamais l’affaire, toujours prêts à servir dès lors qu’il s’agit de le faire pour la bonne cause. Les Assises nationales qu’il a pilotées constituent un grand moment d’investissement patriotique.

Ce parti pris, pour une citoyenneté active et des institutions fortes, l’envoie, à la faveur de la volonté du chef de l’Etat, Macky Sall, à la tête de la Commission nationale de réforme des institutions. Sa liberté est ancrée dans sa chair, mais aussi parce qu’il s’est battu pour la conquérir. Lui, qui prône l’indépendance coûte que coûte, s’est toujours porté volontaire pour les combats patriotiques. Il a enseigné l’histoire pendant des années. Il a servi son pays en tant que ministre, avant d’atterrir à l’Unesco pour y effectuer une brillante carrière internationale. Disparu des radars, il revient à la surface, à la faveur des consultations nationales appelées Assises. Il estimait à l’époque que c’est aux citoyens qu’il revient de redresser un dispositif qui risque « de devenir fou ».

Une rampe pour toutes les générations
Né en 1921, Amadou Makhtar Mbow a, après des études supérieures à Paris, enseigné l’histoire et la géographie au Sénégal où il a assuré la direction de l’éducation de base de 1952 à 1957. Ministre de l’Education et de la Culture pendant la période d’autonomie interne (1957-1958), il démissionne pour s’engager dans la lutte pour l’indépendance de son pays. Celle-ci acquise, il deviendra ministre de l’Education nationale (1966-1968), puis de la Culture et de la Jeunesse (1968-1970) et député à l’Assemblée nationale. Elu au Conseil exécutif en 1966, il est nommé sous-directeur général de l’Unesco pour l’éducation en 1970. Directeur général en 1974, il sera réélu pour un deuxième mandat en 1980. Son œuvre est un livre de toute la vie, une rampe pour toutes les générations.

Auparavant, il avait servi quelque part dans l'ensemble architectural, sis Place Fontenay et abritant le siège de l'Unesco. Nous sommes en 1974 quand le Sénégalais Amadou Makhtar Mbow installe ses quartiers pour succéder, à l’issue d'un vote plébiscite, à cet autre mohican de l'humanisme universaliste qu'a été René Maheu. Avec lui, il a fréquenté ce lieu pour contribuer à la construction d'un monde meilleur. Le nouveau locataire de ce temple a alors sous ses ordres plus d'un millier de fonctionnaires. Il verra, durant les six premières années de son mandat, ses effectifs augmenter considérablement.

Le défi de l’Unesco
Le défi est grand, il faut se préparer en conséquence. Au-delà de sa personne, c’est à toute une nation, à tout un continent qu’Amadou Makhtar Mbow doit faire honneur. Au vu de son profil, la mission ne devrait pas poser trop de problèmes. En effet, l’homme, avant d'arriver là, avait été, plusieurs fois, ministre en charge des questions d'éducation et de culture dans son pays, le Sénégal dirigé alors par le poète-président Léopold Sédar Senghor. Le quinquagénaire d'alors faisait autorité du haut de sa grande probité intellectuelle et de son intelligence à tout crin qui, jusqu'ici, ne lui avaient pas fait défaut.

Pour lui, «les nouvelles élites africaines se doivent de prendre en compte cette évolution par une nouvelle prise de responsabilité qui doit se traduire par des opportunités de développement à saisir », confiait-il au quotidien national « Le Soleil ». Mbow l’a compris, qui a piloté les Assises nationales puis la Commission nationale de réforme des institutions. Après sa nomination à la tête de l’Unesco, le monde découvre un homme profondément optimiste quant au devenir du continent africain.

Ce monde sera saisi par ce premier Africain à accéder à ce poste prestigieux pour exprimer comment, dans le but de donner corps à ses charges nouvelles et de mener à bien sa mission, il était animé de sa volonté inébranlable de « puiser dans le génie du peuple africain, dans sa sagesse » les ressources pour conférer à l'Unesco une dimension plus authentiquement internationale.

«En quittant l'Unesco, je n'ai pas cessé mes activités dans le domaine de la coopération intellectuelle internationale qu'on ne peut séparer du reste de la politique au sens large du terme. Je pense qu'un intellectuel n'est jamais à la retraite. Le savoir évolue si vite et les changements du monde sont si rapides que l'on a besoin d'une actualisation permanente de ses propres connaissances pour rester au diapason de son temps », confiait Mbow au quotidien national « Le soleil ».

Par Omar BA

Salihou Keïta, secrétaire général de l’Agence nationale pour la promotion de l'emploi des jeunes (Anpej), a fait sienne la mise en œuvre d’une politique efficace d’insertion professionnelle des jeunes. Un combat qui se justifie au regard du parcours de l’homme.

C’est dans son luxueux bureau, sis à Castors, que le secrétaire général de l’Agence nationale pour la promotion de l'emploi des jeunes (Anpej) nous a reçus. Une immense pièce qui pourrait facilement tenir lieu de salon dans certaines maisons. Ici, il s’agit bien d’un bureau. Les cartons dispersés un peu partout confèrent de l’importance des dossiers qui s’y traitent. Les coups de fils ininterrompus de notre hôte sont également d’ordre à démontrer combien il est sollicité. De temps à autre, son assistante ne manque pas de faire irruption pour déposer des documents « à signer d’urgence ».

Normal ! Ici, se traite, en effet, la question cruciale de l’emploi des jeunes au Sénégal. Cette agence qui occupe une place centrale dans l’architecture gouvernementale est un lieu où l’on discute de l’avenir des jeunes. Il s’agit donc de trouver des mécanismes allant dans le sens de veiller à leur insertion. L’apparence est souvent trompeuse. Devant cette réussite à couper le souffle, se cachent, en réalité, pas mal d’embuches venues se greffer sur le parcours du secrétaire général de l’Anpej. Il n’y a pas de tabou chez Salihou Keïta qui a connu un parcours exceptionnel. L’homme s’est fait tout seul, serait-on tenté de dire.

Le costume et la cravate, ces signes de réussite sociale, ne lui ont pas fait oublier d’où il vient. A l’en croire, il a mis une grande constance et une certaine virtuosité à accumuler les étapes qui mènent à la réussite. Il dira, au fil de la conversation, qu’il a été, tour à tour, footballeur, enseignant, politicien, et économiste, avant d’atterrir au secrétariat général de l’Anpej. Il a été aussi directeur de l’Agence nationale des marchands ambulants. Structure qui avait pour mission de veiller à la sédentarisation des vendeurs à la sauvette. Salihou est issu d’une famille aux revenus modestes. Son père d’origine malienne tient boutique à Sandaga. Le jeune grandit donc en plein centre-ville.

Un parcours atypique
« Mon enfance se passe entre Plateau, Reubeuss et les autres quartiers avoisinant le centre-ville », évoque-t-il. «Une enfance très heureuse, mouvementée et faite de rencontres », se souvient-il. Comme tout enfant, il grandit « dans un royaume d’innocence caractérisé de rêves et d’illusions parfois ». Salihou n’était pas forcement l’élève le plus brillant de sa classe. Toutefois, il faisait en sorte de ne jamais sortir du peloton des meilleurs. « Je m’assurais d’avoir la moyenne et de toujours faire partie du peloton des cinq premiers. Il en a toujours été ainsi durant tout mon parcours scolaire », informe-t-il. Il se définit comme un élève turbulent mais travailleur. « J’étais toujours parmi les cinq premiers de la classe », répète-t-il.

Salihou effectue son parcours scolaire dans le Plateau jusqu’à l’obtention de son baccalauréat série B économie équivalent aujourd’hui de la série G. L’école va très vite amener cet enfant à croire en lui. Il bataille ferme pour réussir. « Je n’ai que de bons souvenirs de l’école », dit-il. Après le baccalauréat, il sera orienté à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Faseg) pour y suivre des études en économie. L’étudiant décide de passer le concours pour enseigner. « Mon papa avait décroché et les temps étaient assez durs. Etant entendu que j’étais le seul rejeton qui avait un niveau d’études assez avancé, il fallait que je parte enseigner. Ma première affectation m’a amené à Keur Madiabel », se rappelle-t-il. Après des années passées dans l’enseignement, il sera finalement réaffecté à Dakar. Le jeune enseignant ne perd pas de temps. Il retourne vite se réinscrire à l’université afin de poursuivre son cursus. Il en ressort avec des diplômes à son actif. Il est, en effet, titulaire d’un diplôme supérieur en management des projets, organisations de développement, d’un Master en économie micro finance et en développement local à la Faseg.

Ensuite, il quitte l’enseignement pour aller servir au ministère de l’Economie et des Finances en 2010.

Le contact avec la politique
Son premier contact avec la politique se passe au sein de l’Alliance des forces du progrès (Afp) de Moustapha Niasse. Une fois à Dakar, il adhère à l’Aj/Pads aux côtés du Dr Cheikh Mbacké Lô. Le contact avec Macky Sall a eu lieu dans le cadre des cours qu’il dispensait à ses enfants. Là, il a appris à connaitre l’homme. De fil en aiguille, il finit par adhérer à l’Alliance pour la République (Apr) que venait de créer Macky Sall. Selon lui, il figure parmi les premiers à introduire l’Apr à Dakar Plateau. A cette période des vaches maigres, militer dans l’opposition n’était pas du tout un jeu d’enfant. Il se souvient des nombreuses difficultés pour asseoir une bonne base politique dans cette partie du centre-ville. L’expérience acquise dans les autres formations politiques lui sera utile dans ce gigantesque chantier. Aujourd’hui, le jeune leader dénonce « ceux qui ont autrefois combattu l’Apr, en menant la vie dure à ses premiers militants ».

Mais, il pardonne. Car « notre leader est un fédérateur et c’est ce qu’il nous enseigne », dit-il. Une brèche qui lui permet de se rappeler le discours que leur a tenu à huis clos le président Macky Sall, au lendemain de sa victoire : « Allez vers les populations, évitez les vitres teintées, parlez avec les populations, ne vous enfermez pas, car le grade le plus haut dans un pays, c’est le peuple, tandis que le plus haut dans un parti politique, c’est le militant ».

Tout cela vient avec un sourire et une courtoisie. Il veut écourter le propos et nous entraîner dans les circuits de sa structure. « Nous nous battons continuellement pour permettre au plus grand nombre de jeunes sénégalais de jouir d’une insertion sociale effective. Le défi est grand, mais demeure possible à relever », souligne-t-il. Au vu des nombreux progrès déjà enregistrés, l’espoir est permis.

Par Oumar BA

Normalien, agrégé de philosophie, Souleymane Bachir Diagne est actuellement professeur aux départements de français et de philosophie de la prestigieuse université Columbia de New York.

Silhouette élancée, visage souriant, cet homme aux cheveux poivre sel est né en 1955 à St-Louis du Sénégal. Si surdoué il y a, il en demeure un incontesté. Il est « crack », comme on dit, par la précocité de son esprit scientifique qui s’est révélé dès sa tendre jeunesse au lycée Van Vollenhoven de Dakar. Le jeune élève Souleymane Bachir Diagne s’est très tôt fait remarquer par des résultats hors du commun, dans les disciplines autant littéraires que scientifiques. Qui pourrait parier que ce jeune garçon, féru de mathématiques, titulaire du Bac C, emprunterait la carrière philosophique à une époque de séparation des disciplines ?

Bachir est cependant l’un de ces rares philosophes qui parlent aussi bien qu’ils écrivent. Ce normalien pensionnaire d’hypokhâgne, qui a décroché l’agrégation de philosophie, à titre français, à l’âge où beaucoup de jeunes se battent pour le baccalauréat, est un logicien hors pair qui a soutenu sa thèse de doctorat d’Etat sur « Les lois de la pensée de George Boole ». Auparavant, il avait produit une thèse de troisième cycle à la Sorbonne intitulée « De l’algèbre numérique à l’algèbre de la logique ». Spécialiste de philosophie islamique, en particulier du soufisme, il est philosophe et historien des sciences. Il a enseigné au Sénégal pendant 20 ans avant d’aller aux États-Unis où il exerce aux départements de français et de philosophie de l'université Columbia (New York).

Ce natif de Saint-Louis a grandi entre la Casamance et Dakar. Souleymane Bachir Diagne a étudié à Paris (Louis-le-Grand) avant d’être le premier Sénégalais à intégrer l’École normale supérieure de la rue d’Ulm. Un parcours d’exception pour un homme modeste qui enseigne aujourd’hui à l’université Columbia (New York). Cet homme qui n’a jamais tourné le dos à son pays n’oublie pas d’où il vient. Il a bénéficié d’un excellent enseignement au lycée Van Vollenhoven, établissement dakarois réservé aux meilleurs et d’une bourse d’études que le président Senghor avait doublée lorsqu’il a été reçu à Ulm pour qu’il « puisse avoir le même niveau de vie que les autres ».

Un formateur hors pair
Souleymane Bachir Diagne choisit de ne pas s’enfermer dans une identité imposée et s’intéresse à l’algèbre. Il y consacre sa thèse avant de créer un séminaire spécifique à l’université de Dakar où il est vu comme « excellent pédagogue, toujours disponible et très aimable avec ses étudiants et ses collègues », précise une de ses connaissances, Mamadou Diouf, de l’Institut d’études africaines de Columbia. Dans les années 1980, après la révolution iranienne, des filles voilées arrivent sur le campus de Dakar. Il était primordial que les enseignants rappellent qu’il existe une tradition de libre-pensée dans l’Islam. Souleymane Bachir Diagne se rappelle alors les enseignements de son père. « J’ai formé toute une génération de logiciens et j’ai créé une sorte d’école à Dakar.

Mais, il est vrai que lorsque l’on est sur le continent, on ne peut pas être sourd au débat sur la philosophie africaine », reconnaît-il, dans la tribune « Jeune Afrique ». « Je suis issu d’une famille de lettrés musulmans de Saint-Louis, qui a été un centre d’études religieuses important. Enfant, j’ai grandi parmi les livres, et mon père, fonctionnaire des postes, était aussi théologien. Il m’a mis à l’école coranique, mais aussi à l’école catholique, puis publique. M’intéresser à l’Islam, c’était renouer avec mon héritage et rappeler aux voix fondamentalistes qu’il existe une tradition des lumières dans l’Islam », raconte-t-il dans les mêmes colonnes.

Diagne s’intéresse à la rencontre de l’Islam et de l’Afrique, mais aussi à celle de l’Islam et de la pensée grecque et hellénistique sur le continent. Il consacre un ouvrage à l’un des pères du Pakistan, Islam et Société ouverte. La fidélité et le mouvement dans la pensée de Muhammad Iqbal.

Son installation aux États-Unis a permis à ses collègues occidentaux de s’ouvrir à un autre monde. Pourtant, quand l’université Northwestern à Chicago l’avait invité à rejoindre son équipe enseignante en 1999, le philosophe sénégalais avait hésité. « Je ne voulais pas quitter Dakar, mais la crise de l’université était telle que j’avais le sentiment d’être devenu inutile ». Une situation que l’ancien normalien, proche de l’Union des étudiants communistes, a essayé d’endiguer lorsqu’il était le conseiller à l’Éducation et à la Culture du président Abdou Diouf (1993-1999). Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions africaines et aux philosophes de l’époque des « lumières musulmanes » qu’il enseigne aux Etats-Unis.

Un exemple à suivre
En effet, Souleymane Bachir s’évertue particulièrement dans ses derniers écrits à entreprendre un exercice d’extraction et même de création d’un discours islamique ouvert en se fondant sur la grande tradition de l’Ijtihad philosophique qui est consubstantiel à l’Islam. Ses écrits sur le penseur pakistanais Muhammad Iqbal sont d’une luminosité telle qu’ils pourraient éclairer bien des ténèbres de l’ignorance. Son classement parmi les 25 grands penseurs du monde par le journal français « Le nouvel observateur » confirme qu’il fait incontestablement partie des « exemples à suivre ».

Par Oumar BA

Elle est l’actuelle présidente de l’Association des juristes sénégalaises (Ajs). Juriste de formation, elle fait toute sa carrière dans l’administration, notamment dans les collectivités locales.

C’est une femme aux ambitions controversées. Sa vie professionnelle est faite de contrastes pour ne pas dire de contradictions. Vouée à une carrière de secrétariat de direction après l’obtention d’un baccalauréat G1 au lycée Maurice Delafosse, elle commença des études de droit du fait de sa fibre de militante. Quelques années à la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, elle fait partie de la première promotion bénéficiaire des financements accordés aux maîtrisards. Un essai sans succès au concours de la magistrature, enfin une carrière en développement local.

Juriste spécialisé des collectivités locales, elle commence, par accident ou par hasard, une carrière dans l’administration. Une aventure qui, dans sa tête, n’allait pas durer face à sa vocation première qui est la pratique du droit. Chef de la division administrative et juridique du marché central au poisson qui venait tout juste d’ouvrir ses portes en 1993 et avait besoin d’une ossature administrative composée des cadres de haut niveau pour relever le défi. En tant qu’une femme de terrain et ayant travaillé avec des Japonais dans un projet pareil, elle fut recrutée par décision administrative. « Je croyais qu’il s’agissait d’un contrat avec deux signatures. Mais, on m’avait expliqué que l’administration est ainsi faite », renseigne cette amoureuse du droit qui a voulu décliner l’offre. Avec quelques interventions, sa carrière est déterminée.

L’éternel combat pour l’autonomisation des femmes
Du néant, il fallait mettre toutes les procédures administratives en place. Des quittances au paiement en passant par le mode de gestion, il fallait tout imaginer, en travaillant de 05h à 18h. Enfin quelque chose de fonctionnel. En contact avec les femmes qui évoluaient dans l’informel, se levaient à l’aube pour avoir un ou deux paniers de poisson qu’elles revendaient pour se retrouver avec de maigres bénéfices, le marché avait aiguisé à nouveau son militantisme. Etonnée de voir ce mouvement matinal de femmes qui venaient au marché acheter du poisson débarqué des véhicules, elle avait pris contact avec elles.

Constatant qu’elles sont « vulnérables financièrement », elle jugea nécessaire de les regrouper et de les organiser, avec le soutien de directeur du marché, alors Sadibou Diop. Un grand registre est ainsi créé. 100 FCfa chaque jour pour chaque femme. Elle décide de porter sa « robe d’avocat » pour faire un plaidoyer auprès du directeur. Une subvention pour accompagner ces dernières, les douze mois de stage au barreau ont porté leur fruit bien qu’en dehors des instances dédiées. De simples acheteuses de paniers de poisson, elles sont devenues de grandes mareyeuses.

Militante de l’émancipation des femmes
Combattante de la première heure pour l’émancipation de la femme après les Maimouna Kane Touré et Mame Madior Boye, Fatoumata Guèye Ndiaye est aujourd’hui à la tête de l’Ajs. Ancienne présidente de la commission chargée des relations extérieures et ancienne secrétaire générale de cette association, elle y milite depuis 1984. En contact depuis le lycée avec Dior Fall Sow, l’une des premières femmes magistrates, elle a eu très tôt connaissance de l’Ajs. Son adhésion coïncide avec la fin de certains combats relatifs à l’accès des femmes à des instances de décision et à certains corps de métiers jusque-là réservés aux seuls hommes : police, gendarmerie.

Dans sa fonction de gestion des ressources humaines, elle a toujours fait avancer la cause des femmes dans l’exercice professionnel. C’est le cas avec l’enregistrement du mariage à l’état civil qui allait permettre aux femmes, une fois divorcées, de faire valoir leurs droits. « J’ai incité l’ensemble des mes collègues de la communauté urbaine à enregistrer leur mariage. Mon premier reflexe, c’était de leur demander si elles avaient un certificat de mariage ». Plus ou moins un chantage pour la militante. « Quand une femme venait pour une domiciliation de salaire au service des ressources humaines, je lui demandais si elle avait une pièce d’identité, si elle avait régularisé son mariage, si ses enfant étaient déclarés à l’état civil. A défaut, je les poussais à régulariser leur situation. Des préalables pour bénéficier de certains privilège », exigeait-elle dans le souci de promouvoir le droit des femmes et des enfants.

Née d’un père très ouvert qui n’a pas subi l’influence de ceux qui n’ont pas voulu scolariser leurs filles, elle n’a jamais eu de problèmes pour aller jusqu’au bout de ces principes et de ses idéologies, c’est-à-dire une société où les hommes et les femmes ont les mêmes droits et les mêmes chances. Jeune cadre juriste, elle s’était engagée dans la promotion des droits des femmes et des filles. En croisade contre les violences faites aux femmes, les mariages précoces, les mutilations génitales, entre autres, elle se heurte à réticences socioculturelles. « Pour certains, nous voulons dominer les hommes, alors qu’il ne s’agit pas d’une relation de dominants à dominés mais plutôt d’acquisition de plus de droits pour atteindre le développement », rassure cette combattante.  Une société, soutient-elle, marche sur ses deux pieds car elle ne peut se tenir sur l’un seulement.

Une lutte, dans le cadre de l’évolution de la société, s’avère difficile : l’accès à l’avortement médicalisé. A cause des réticences culturelles et religieuses le plus souvent, la réaction des autorités compétentes tarde. Les textes juridiques relevant des conventions nationales qui leur donnent la possibilité de porter ce combat pour l’accès des femmes à l’avortement médicalisé sont ratifiés, mais leur application tarde du fait que certains jugent que c’est des textes importés qui posent un problème d’adaptation.

Fatoumata Guèye Ndiaye a encore du chemin à faire. Pour la présidente de l’Ajs, élue pour un mandat de quatre ans, les conventions internationales sont au dessus des lois internes.

Par Marame Coumba SECK

Last modified on mercredi, 17 août 2016 10:40

Il a le souci du mot juste et prend le soin de bien le prononcer. Poète, ce fils du Fouta, amoureux de la France de par ses paysages, y vit depuis longtemps. Né au Sénégal, où il a aussi grandi, le président de la Fondation Georges Arthur Forrest a un bout de son pays natal qu’il emporte partout avec lui : la culture. Comme le président-poète Léopold Sédar Senghor, il soutient que « la culture est au début et à la fin de toute chose ».

Il est « Halpulaar » parce que sa famille est originaire du Fouta. Un Fouta où il n’est pas né et où il n’a pas grandi. Mais, grâce à un père qui a eu le génie de transposer le Fouta partout où il est passé, le fils s’est baigné dans l’ambiance de cette région du Nord bordant la rive gauche du fleuve Sénégal sans le connaître. Une terre rêvée, mais réelle de par ce qu’on lui a permis de vivre partout où il était, notamment en France. Il vit depuis longtemps dans ce pays. La francité, il y a également baigné, mais à partir du substrat de sa culture sénégalaise et africaine. Il est amoureux de la France qui, selon lui, est une partie de son être.

«  J’adore la France de par ses paysages, ses vallées, ses vallons, sa géographie physique et son histoire. Ces paysages qu’il a connus d’abord à travers la lecture, dont « La gloire de mon père » » de Marcel Pagnol. Des ouvrages qui lui ont permis, dans son enfance, de faire une immersion dans cette France sans y être pourtant. « Il suffisait que je ferme les yeux pour entendre le chant suave des grillons de la Provence », se rappelle ce poète. Un amour qui, peut-être, est lié au contraste d’un Sénégal à perte de vue où on ne voit que des épineux.

A l’école des maîtres de la poésie africaine
« Sénégalais, Sénégalaises, le président vous parle ». Ceux qui ont la chance de vivre les premières heures de l’indépendance connaissent bien ces mots. Lui, ce qu’il en retient, c’est la voix mélodieuse d’un président-poète qui l’emballait dans sa manière de parler. Les discours de Léopold Sédar Senghor, un grenier de mots savants pour lui. « Tout petit, je l’entends prononcer maghrébine. A l’école, on nous avait donné une dissertation. Et je l’avais casé dedans. J’étais complètement passé à côté, mais j’étais content d’avoir casé ce mot qui m’avait beaucoup séduit », raconte cet homme qui, en grandissant, s’est ouvert aux pans entiers de l’œuvre du défenseur de la race noire.

Il a mis ses pas sur ceux qui ont marqué l’histoire, notamment du monde noir. Il a été à leur écoute. Ce qui lui a permis d’avoir des instruments intellectuels pour creuser, d’avoir le souci de comprendre ce que ces derniers qui se sont enrichis également de la pensée des autres ont fait. « Senghor, en tant qu’intellectuel, producteur de pensées et homme politique, a été lié à tout le monde d’une manière ou d’une autre », soutient M. Sall. Lui, ce qui le lie à cet homme est un lien de fascination et d’admiration. Il lui a donné le goût de beaucoup de choses qui étaient en lui, à savoir la poésie, la culture et sa manière de vivre en étant en cohérence et en harmonie avec sa double culture.

Une connexion qui, selon lui, relève des hasards de la vie, des largesses du destin. « Un Sérère profondément enraciné dans sa culture, mais également dans la culture du devoir sénégalais. Pourtant, il n’y a pas plus Occidental que le premier président de la République du Sénégal dans sa formation, dans sa pensée. Mais, sa manière de faire une merveilleuse synthèse de deux choses qui, au départ, étaient apparemment différentes, m’a beaucoup séduit », essaye-t-il d’expliquer son attachement au fils de Gnilane.

L’autre chose qui le fascine chez Senghor : « ses merveilleux poèmes, majeurs et souverains ». Très jeune, il a eu de l’admiration pour ce poète et prenait beaucoup de plaisir à lire ou à entendre ses complaintes. Ce dernier l’a guidé vers de grandes figures qui étaient devenues familières, à l’instar d’Aimé Césaire. « Aimé Césaire et Senghor m’ont donné une foi ardente en la poésie », disait-il dans son ouvrage « Circonstances du cœur, cette activité supérieure faite de profondeur et d’élégance, d’élévation et de lumière, qui fait de ses adeptes les législateurs non reconnus du monde », selon la formule de William Shelley.

Son rapport avec « L’aventureambigüe »
Tout petit, sa mère lui donne un livre. Il savait lire à peine. Mais, des mots, qui le liaient beaucoup à cet ouvrage, attirent son attention. Kane, c’était sa mère, Hamidou, c’était lui-même. Sur la première page de ce livre, comme tout élève, collégien ou lycien ou bien simple lecteur qui l’a parcouru, il lisait « ce jour-là, Thierno l’avait encore battu ». La différence est que, ce jour-là, où il a lu ce bout de mot, son « Thierno » (maître en pulaar) l’avait encore battu. Des ressemblances qui l’ont marqué et qui l’ont poussé à écrire une œuvre en cours sur ses rapports avec ce livre.

Pour un retour aux langues nationales
Il porte l’un des combats de Senghor, la reconnaissance des langues nationales. Ces langues qui, pour lui, ont toute leur dignité. « Mais pour un retour à ces dernières, leur transcription s’impose. Pour ce faire, il y a un travail scientifique au préalable. Une manière de ne pas tomber dans un africanisme de mauvais aloi.

« L’avenir de la langue française est en Afrique »
Consacrant douze années de sa vie à la Francophonie institutionnelle en tant que collaborateur, il fut d’abord militant et conseiller. Depuis un an et demi sur d’autres combats, il reste attaché à cette langue qui est sa langue d’écriture. Une langue qui, pour le poète, est devenue la nôtre. « On nous a asservis avec cette langue française, on l’a récupérée. D’ailleurs, son avenir ne se trouve plus dans l’Hexagone, car ils ne la parlent plus au profit de l’anglais. Elle vit et elle est tonifiée en Afrique. Avant, c’était une langue d’emprunt », soutient ce « Foutanké » qui pense en « pulaar » et écrit en français. Reprenant ainsi Senghor, c’est dans les décombres de la colonisation que nous avons trouvé un instrument merveilleux, la langue française. « Césaire, lui, parle d’une arme miraculeuse qui va venir s’ajouter à nos langues locales », renforce-t-il.

Espace de solidarité et de coopération véhiculant une culture et une civilisation auxquelles nous sommes liés depuis trois siècles, il considère que la Francophonie a apporté beaucoup aux Africains, et vice-versa. Selon lui, si elle vit, c’est grâce à nos pays. Par ailleurs, cet ancien fonctionnaire de la Francophonie juge qu’elle gagnerait à enficher le combat de l’éducation en travaillant au retour d’un bon système éducatif et œuvrer à mettre plus d’enfants dans ce circuit. Et ce, en combinaison avec les autorités.

« La poésie victime du capitalismede rentabilité »
Poète et auteur d’œuvres comme « Rhapsodies fluviales », « Circonstances du cœur », Hamidou Sall considère que L’Afrique a un souffle poétique très puissant. « Les grands poètes, ceux qui maitrisent l’art et qui restent dans leur africanité, leur poésie est une poésie d’élévation : Chicaya U Tum’si, Léopold Sédar Senghor, Birago Diop, l’homme dont l’écriture est d’un classicisme extraordinaire », illustre-il. En effet, il juge nécessaire la formation de la nouvelle génération de poètes disposant de bonnes techniques afin de sortir ce qu’ils ont dans le cœur. « La poésie est différent du délire. Ses textes doivent être travaillés avec rigueur. Il faut également s’enrichir de ceux que les autres ont fait », se soucie le poète.

Par ailleurs, Hamidou Sall estime qu’il a un engouement et un envi, mais les maisons d’édition sont en peine. « Avant, il y avait les Editions africaines, un lieu d’extériorisation du moi », se désole-t-il. En plus, s’indigne M. Sall, la poésie est de plus en plus un genre délaissé, même en Europe, parce qu’il n’est pas rentable. « Nous vivons de plus en plus dans un monde capitaliste, de rentabilité. A force de chercher cette rentabilité, on passe à côté de l’essentiel », déduit-il.

La culture pour sortir de l’obscurantisme et l’ignorance
« L’ignorance est le lit de tous les dangers. Dans un monde marqué par l’ignorance, l’intolérance et le repli sur soi, seule la culture nous permet d’éviter ces travers ». Cette dernière, dit-il, est d’éducation. L’éducation pas au sens formelle, mais en valeurs et enseignements traditionnels qui, selon lui, viennent se greffer à ceux qu’ils ont appris à L’école.

A l’école de la vie, il a appris entre ce foyer ardent, comme disait Cheikh Hamidou Kane dans « L’Aventure ambiguë », l’école et la rue qui, à l’époque, était également un lieu d’éducation. Il a grandi dans une société qui vivait en harmonie et en équilibre. « Avant d’aller à l’école primaire, il y avait un préalable qui a été fait dans les familles », témoigne ce Halpulaar. Cette famille qui, en Afrique et au Sénégal en particulier, est un creuset de valeurs consensuelles entre différentes générations.

Par Marame Coumba SECK

Last modified on mardi, 16 août 2016 14:04


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