A LA UNE (1281)

De 20.000 tonnes en 2016, la production cotonnière est tombée à 17.000 tonnes, cette année, à cause d’une pluviométrie qui s’est installée tardivement. 

La visite du gouverneur et de sa délégation au complexe agroindustrielle de la Sodefitex a commencé par la plus grande unité d’égrenage d’une capacité de 16.000 tonnes qui porte le nom de Joseph Dionne, l’ancien directeur industriel qui avait été coincé par un élévateur le jour de Pacques 2013. La Sodefitex est à un tournant décisif de son évolution avec en ligne de mire la production record de 50.000 tonnes, en 1991-1992, pour cette spéculation testée par les français à Richard Toll aux 18e et 19e siècles. Après les indépendances, en 1961, l’Etat sénégalais a misé sur cette culture de rente dont Geocoton de la France était actionnaire principale avec 51¨% de part à côté de l’Etat sénégalais qui retient les 46,50 %, le reste pour la Cbao et la Cncas.
Cette année, la Sodefitex table sur 27.000 tonnes de coton, 3.000 tonnes de maïs, 1.000 tonnes de mil et 500 hectares de riz et 150 hectares d’oseille. Dans son plan de relance dont les objectifs sont calqués sur ceux du Plan Sénégal émergent et le Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas), cette société compte développer une agro-industrie diversifiée et rentable. A l’issus de la visite de travail du gouverneur de Tambacounda qui a permis de toucher du doigt les problèmes que rencontre cette boite, Hamet Bachir Diop, le directeur générale de la Sodefitex a réaffirmé son engagement et celui de son équipe à travailler à l’atteinte des objectifs fixés par les pouvoirs publics.

La filière cotonnière est confrontée à la concurrence de l’arachide qui a un prix rémunérateur par rapport au coton. Aujourd’hui, l’équipe dirigeante fait tout pour faire tourner les 5 unités industrielles d’égrenage du coton qui sont dans le tiers Sud du pays. Sur le plan technique, il est préconisé, entre autres dispositions pratiques, une diversification qui a permis de mettre en place une minoterie Thieriman, d’une rizerie Maroman. Il est annoncé l’ouverture prochaine d’une unité industrielle de production d’aliment de volaille. La Sodefitex compte également réinvestir dans la culture d’arachide de bouche, de l’oseille qui a débuté avec succès grâce l’accompagnement du Padaer, des acteurs comme le Programme alimentaire mondial.

Cette année, les surfaces emblavées pour le coton ont baissé car la pluie s’est installée tardivement dans cette partie du Sénégal alors que le cotonnier a besoin de 130 jours pour son cycle. Des recherches sont en cours pour des semences à cycle court. La production de cette année est estimée à 17 000 tonnes. A la fin de la visite, le gouverneur El hadji Bouya Amar a souligné la nécessité de relancer la culture du coton dans la région de Tambacounda, terre de prédilection de cette spéculation. Il a plaidé pour des prix rémunérateurs pour le coton.

Pape Demba SIDIBE

Après deux décennies de carrière bien remplie dans l’arène, Yékini a annoncé sa retraite tandis que Tyson et Balla Bèye 2 seront frappés, cette année, par la limite d’âge pour lutter (45 ans). C’est la fin d’une génération dorée dont le grand mérite a été de mettre fin au règne des dinosaures Manga 2 et Cie. Seul rescapé, Bombardier n’entend pas encore dire son dernier mot. Mais pour combien de temps tiendra-t-il encore ?

Yékini, l’inamovible empereur
Le chef de file de l’écurie Ndakaru aurait bien voulu poursuivre encore sa carrière jusqu’à la limite d’âge (45 ans), sans doute, pour sortir par la grande porte après son revers historique en 2012 devant Balla Gaye 2. Mais son retour manqué la saison dernière avec sa défaite face à Lac de Guiers 2, sa deuxième d’affilée, a été la défaite de trop, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Et ce qui devait arriver, arriva. En octobre dernier, Yékini a fini par lâcher le morceau, en annonçant ce que tout le monde attendait depuis quelques temps, à savoir son départ définitif de l’arène, après plus de 20 ans de présence dans la lutte. Cette décision, outre cette deuxième défaite intervenue lors de son face à face contre « le puncheur du Walo », a été accélérée par une blessure qu’il traînait depuis plusieurs années comme un boulet. Avec son départ de l’arène, Yékini laisse aux amateurs l’image d’un monstre sacré de la lutte qu’il a éclaboussée de tout son talent.

La saga de l’enfant de Bassoul a commencé au début des années 1990. En 1996, il met à profit le drapeau du chef de l’Etat à Fatick pour étaler tout son savoir-faire en lutte simple. Il rate de peu le sacre, en échouant en finale devant le très technique et célèbre Zale Lô. Sa bonne prestation séduit le coach de son tombeur en finale, Amadou Katy Diop qui le convainc de rejoindre son écurie, Ndakaru. Une nouvelle page s’ouvre pour lui. C’est le début d’une carrière fulgurante, à la fois, en lutte africaine et en lutte avec frappe. Avec Mohamed Ndao dit Tyson, il symbolise le renouveau dans l’arène et accélère le départ à la retraite, au début des années 2000, des papys, Mor Fadam, Mohamed Aly, Manga 2, Nguey Loum et autres Toubabou Dior. En 2006, Yékini prend définitivement le pouvoir dans l’arène, en disposant de Bombardier, couronné roi après son éclatante victoire contre Tyson en décembre 2002. Pendant six ans, il règne sans partage, balayant tout sur son passage. Parallèlement, il est appelé en équipe nationale pour défendre les couleurs du Sénégal dans la sous-région, le continent et au niveau international. Il est, plusieurs fois, champion de la Cedeao et champion en lutte africaine. De ses nombreuses sorties, les amateurs se souviendront, sans doute, toujours de son combat contre Baboye en 2007 où ceinturé par le « mbarodi de Pikine », il sortit le grand jeu pour inverser la tendance et échapper de peu à sa première défaite. A la grande surprise des inconditionnels qui le croyaient définitivement « cuit ». En 2008, il se joue de Gris Bordeaux comme à l’entraînement, dispose à nouveau de Tyson en 2010 pour le combat qui était censé sceller le grand retour de l’enfant de Ndangane, après une longue période de disette. L’année suivante, il inflige à Bombardier une troisième défaite après celles de 2001 et 2006. Yékini a ainsi été invincible pendant 15 longues années. Un record.

22 avril 2012 : sa carrière prend un tournant. Pour la première fois, le poulain de Katy Diop mord la poussière au profit de Balla Gaye 2 qui lui ravit ainsi le fauteuil de roi des arènes. Après deux décennies de carrière bien remplie, l’heure de la retraite s’approche à grands pas. Mais, l’enfant de Bassoul veut encore croire à une renaissance. Après quatre ans d’année blanche, il tente un retour gagnant en 2016 mais se heurte à l’opposition de Lac de Guiers 2 qui lui fait subir un deuxième revers. Suffisant pour le convaincre de décrocher.

Mohamed Ndao Tyson, l’homme à la main de fer
Il n’a pas encore officiellement annoncé sa retraite mais cela ne devrait tarder. Et pour cause, Mohamed Ndao dit Tyson soufflera ses 45 bougies en 2017, cette année même. Et la présente saison ne s’annonce pas sous de bons auspices pour le chef de file de l’écurie « Boul Faalé » qui est en passe de connaître une deuxième année blanche d’affilée. Avec Tapha Tine, il est, en effet, le seul ténor en activité qui n’a pas encore trouvé chaussures à ses pieds.

Tyson est connu pour avoir révolutionné le milieu de la lutte avec frappe grâce à un style moderne, sa chorégraphie, le drapeau américain en bandoulière, son slogan sport-business, sa communication innovante etc. C’est sous son règne que les cachets ont commencé à prendre une pente vertigineuse. En 1999, lui et Manga 2 émargent à 35 millions de FCfa, chacun, lors de leur combat monté par Petit Mbaye. Un record. De Tyson, les amateurs garderont toujours en mémoire le retentissant Ko qu’il a infligé à Mohamed Aly en 1998, le hancher dévastateur qui eut raison de Moustapha Guèye cette même saison, la chute historique qu’il a fait subir au roi des arènes Manga 2 en 1999 mais également l’autre Ko qui fit perdre à Mor Fadam une dent en 2001. Mais Tyson, ce n’est pas que des hauts faits. L’homme a aussi connu des soirées noires. En 2002, c’est l’arroseur arrosé. Il est battu par Ko par Serigne Ousmane Dia dit Bombardier, le nouveau seigneur de la lutte qui lui ravit, ipso facto, la couronne. Deux ans après, Tyson scelle son retour triomphal dans l’arène en disposant de Moustapha Guèye, sa deuxième victoire en autant de confrontations sur « le deuxième tigre ». Mais ce fut sa toute dernière victoire. Depuis, c’est la traversée du désert pour le leader de la Génération « Boul Faalé ». Toutes ses cinq dernières sorties se sont soldées par de cinglantes défaites. Sa sortie manquée en 2015 devant Gris Bordeaux pourrait signer son tout dernier combat dans l’arène. Et comme son double tombeur Yékini, Tyson pourrait quitter sans renouer avec le succès.

Balla Bèye 2, le téméraire
La lutte sénégalaise a connu des champions adoubés, chéris, aimés mais ne connaîtra, sans doute, jamais un champion de la trempe de Balla Bèye 2.
Un modèle de constance, d’endurance, de professionnalisme et de dévotion. Il s’est, en outre, forgé une réputation de dur à cuir, un teigneux qui ne recule devant aucun obstacle.

Sa fougue démesurée et son légendaire courage qui frise la témérité lui ont fait surmonter des obstacles d’ordinaire insurmontables et en a indisposé plus d’un lutteur. Sa témérité lui a, d’ailleurs, valu le surnom de » Mbarodi » (Ndlr : lion en pular). Baboye est, en effet, un sportif qui aura marqué d’une pierre indélébile sa discipline. Une discipline qu’il a intégrée dès son plus jeune âge et qu’il n’aura quittée qu’à la retraite (45ans) ; tant il avait des choses à démontrer, des combats chocs à livrer, des amateurs à combler, de la puissance à revendre. Pourtant, le destin a bien failli lui jouer des tours à cause de son manque d’expérience. En effet, après des tours de passe-passe plus ou moins réussis, la terreur de l’époque, Moustapha Guèye, se dressa sur sa route et le contraignant à mordre la poussière. Cette défaite arrivait, certes, dans un moment où le lion de Pikine enchaînait de belles performances mais qui, au final, s’avérait bénéfique pour lui car le deuxième tigre de Fass a, à cette occasion, mis à nue ses faiblesses. Une bonne baffe après le coup de sifflet de l’arbitre en reculant pour donner l’impression de fuir et un sublime hanché ont eu raison de Balla Bèye 2.
Une défaite qui le fera gagner en expérience, à bien des égards, puisque la suite sera beaucoup plus maîtrisée (comportement, communication). L’année 2008 sera celle du renouveau avec, à l’époque, une victoire presque inattendue sur le colosse Bombardier à Thiès, région d’origine de ce dernier et une autre sur Gris Bordeaux le futur troisième tigre de Fass au stade Demba Diop. Ces victoires contre ces mastodontes, aussi improbables que méritées, lui avaient ouvert les portes du roi des arènes, Yékini. Presqu’une consécration pour lui. En 2007, il livre le plus grand combat de sa vie, réussit à secouer le baobab jusqu’à la dernière seconde de leur confrontation avant de perdre sur le fil. Un sentiment amer au goût d’inachevé ; car aucun lutteur n’avait réussi à faire vaciller la couronne de la sorte. Ses combats contre Lac de Guiers 2, Balla Gaye 2 et Bombardier ponctués respectivement d’un sans verdict et de deux défaites n’entachaient en rien sa détermination à revenir au sommet. On pensait pourtant qu’il ne pouvait plus rivaliser avec les ténors de l’arène à cette époque mais que nenni. Comme un phœnix, il a su renaître de ses cendres à l’occasion du combat qui fut, d’ailleurs son dernier, contre Baye Mandione. En outsider, l’enfant de Pikine a infligé au « fou de Thiaroye » une chute monumentale, laissant les plus sceptiques bouche bée.

Bombardier, le dernier des Mohicans
De cette génération du milieu des années 1990 qui mirent fin au règne de la mythique bande à Manga 2, Serigne Ousmane Dia alias Bombardier fait office de seul rescapé. Après près de deux décennies de présence ininterrompue dans la lutte, le B 52 n’entend pas dire son dernier mot. Il a l’avantage d’être plus jeune que ses pairs Tyson, Yékini et Baboye et peut s’autoriser à caresser encore les rêves les plus fous. D’autant plus que son expérience avérée peut bien le lui permettre. Roi des arènes depuis 2014, le colosse de Mbour est un lutteur persévérant qui ne baisse jamais les bras malgré les difficultés. A sa place, beaucoup auraient longtemps renoncé à se battre pour le fauteuil qui, après sa débâcle contre Tapha Tine en 2012, semblait définitivement lui tourner le dos. Mais en homme qui ne renonce jamais, il est revenu de loin. Au point de dicter sa loi à Balla Gaye 2, tombeur de sa bête noire, Yékini. Une prouesse qui lui a permis de retrouver la couronne, 12 ans après l’avoir perdue. Autant dire que le chemin a été long et parsemé d’embûches pour lui. De 2002, année qui l’avait consacré roi des arènes pour la première fois, à 2013, l’homme a connu plusieurs revers, 5 au total contre deux maigres victoires aux dépens de Tyson (2006) dont il est la bête noire et Ibou Ndaffa, l’ancien lieutenant de Manga 2. Ce qui ne l’a pas empêché de se retrouver au sommet de lutte ; au nez et à la barbe de ses jeunes concurrents. Il faut dire que depuis 2013, Bombardier a ouvert une nouvelle ère, celle de la renaissance qui l’a vu aligner trois grosses victoires consécutives respectivement contre son ancien tombeur Balla Bèye 2, Balla Gaye 2 et Modou Lô. Le 4 avril, le roi des arènes ira à l’assaut d’Eumeu Sène. Un autre défi à relever. Jusqu’à quand continuera-t-il à trôner sur le toit de la lutte et à perpétuer son règne ?

Par Diégane SARR et Mohamed Lamine DIOP (stagiaire)

La célébration du 10ème  anniversaire  de l’Union africaine  des radiodiffusions (Uar) s’est ouverte à Dakar, hier. Pour marquer l’événement, l’Uar a organisé un forum placé sous le sceau d’une réflexion sur les contenus diffusés dans les médias africains.

L’audiovisuel connaît des mutations dans le monde et sur le continent  africain marqué par la transition de l’analogique vers le numérique. « Les nouveaux auditeurs et téléspectateurs consomment la radio et la télévision hors de leur domicile, sur des appareils connectés, à savoir le smartphone, l’ordinateur, la tablette et autres », indique Gervais Mbarga, expert en programmation et en management audiovisuels. Ces inquiétudes amènent à repenser l’audiovisuel africain, à voir comment saisir  ces publics fragmentés et leur apporter ce qu’ils désirent et comme ils le désirent.

De telles interpellations conduisent, aujourd’hui, l’Union africaine de la radiodiffusion (Uar) à reprendre le leadership par la réflexion et l’action. En effet, à travers ce forum sur les contenus africains dans les médias africains qu’elle organise à l’occasion de son 10ème  anniversaire à Dakar, l’Uar engage une refondation pour ses missions et tient à accompagner ses membres pour leur aventure dans la révolution numérique.
Selon le directeur général  de l’Uar, Grégoire Ndjaka, l’organisation de ce forum sur les contenus dans les médias africains permet d’entamer une réflexion décisive pour le destin de la radio et de la télévision publique africaine.

« En animant une réflexion, l’Uar souhaite activer une action dynamique au  regard  des décisions qui les concerne », dit-il.
Revenant sur cette lancinante question des contenus dans les médias, M. Ndjaka souligne que la mère des batailles est celle des contenus pour les organismes de l’Afrique à l’intention des Africains et sous leur contrôle.

« Ces contenus doivent sauvegarder la charpente culturelle, politique, sociale et économique de l’Afrique. Ils doivent travailler à son épanouissement, à  l’expression de sa souveraineté et de la diversité de l’Afrique », reconnaît-il. A l’en croire, des efforts et des tentatives  nationales ont déjà été faites pour aborder la qualité des offres de programme des radios et télévisions africaines. Mais ces tentatives, bien que louables, non seulement apparaissent  parcellaires mais tardent à se traduire en produit et stratégie pour les antennes. « Elle nécessite donc une synergie, une vision globale  et continentale, et les solutions doivent venir de nous », argue-t-il.

Promouvoir les cultures africaines
Présidant l’ouverture de ce forum de Dakar, le secrétaire d’Etat à la Communication, Yakham Mbaye, estime que face à un continent envahi  par un flot de contenus irrespectueux des us et coutumes de nos sociétés, seule l’Uar apparaît comme le rempart susceptible d’organiser la riposte africaine susceptible de faire entendre la voix de l’Afrique et la force de ses cultures.

A l’en croire, l’Uar ne pouvait pas choisir un thème mieux que celui des contenus dans les médias africains car cette question ne saurait être banale du fait des difficultés quotidiennes que les organismes affrontent.

« En effet, c’est grâce aux contenus qu’explose le génie des peuples, des communautés et des nations. Ils traduisent donc les aspirations, les idées, les intérêts, opinions et valeurs des populations qui font appel aux artistes de chez nous », dit-il. Tout en souhaitant que les conclusions de ces moments de réflexion irriguent leurs productions et les prédisposent à servir au public des antennes agréables, conviviales et soucieuses de promouvoir nos cultures.

Maguette Guèye DIEDHIOU

L’heure de la démocratie ayant sonné en Gambie, la peur a considérablement perdu du terrain. Le vent qui souffle ne laisse plus place à l’arrogance et à la menace. Mais les habitants du pays d’Adama Barrow n’ont pas encore oublié leur quotidien pendant le règne de Yahya Jammeh. Les actes posés actuellement se réfèrent souvent à ce passé.

En Gambie, le soleil de la démocratie a fini par s’installer dans la vie quotidienne des populations. Après avoir vécu, pendant plus de 22 ans, sous le joug d’un régime autoritaire, les populations hument bien l’air de la liberté avec l’installation du nouveau président. Le visiteur qui a l’habitude de séjourner en Gambie, se rend compte de ce changement, dès qu’il entre dans ce pays. L’ombre du « roi qui défie les fleuves et les rivières » plane dans les palabres. Mais les sujets de « Babli Mansa » qui exécutaient, sans murmure, les ordres, n’ont presque plus droit au chapitre.

« Les temps ont changé. C’est la démocratie. Nous sommes maintenant comme les Sénégalais. Nous osons nous exprimer à notre guise », lance un jeune chauffeur d’un car de transport en commun. Notre jeune interlocuteur a visiblement vaincu la peur. La présence d’un policier qui régule l’accès vers le site d’embarquement de Bara ne le perturbe point. « Si c’était sous Jammeh, on n’oserait pas revendiquer. Les policiers étaient toujours là pour embarquer les récalcitrants vers la prison de Mile ou Massa Konko », explique-t-il en jetant un petit rire moqueur sur le jeune policier.

Un autre jeune chauffeur verse également dans la provocation. Les agents préposés à l’embarquement des véhicules qui, d’habitude, affichaient fermeté et choisissaient les passants à leur guise, ont désarmé. La réaction d’un jeune chauffeur contre le trafic d’influence dans le site d’embarquement prouve ce constat. « Le pays a changé. Nous sommes tous des Gambiens et nous n’accepterons plus que l’ordre d’arrivée des véhicules devant traverser le bac ne soit pas respecté », martèle-t-il. Visiblement en position de faiblesse devant ce jeune « révolutionnaire », l’agent négocie. Les autres agents sont obligés d’utiliser la carotte pour calmer les ardeurs des protestataires. Ils prêchent la convivialité. Cette ambiance de paix guidera le trajet de 30 minutes dans les eaux qui séparent Bara et Banjul.

Dans les rues de Banjul, le climat est le même. Sur la route qui relie la capitale à Sérékunda, Aïcha, une jeune âgée d’environs 22 ans, attend un véhicule. Il est presque 22 heures. Dopée par le climat de confiance qui s’abat sur la Gambie, elle entend passer une soirée colorée en compagnie de ses amis dans une boîte de nuit. A l’intérieur du véhicule d’un hôte inconnu, elle n’hésite pas à se mettre à l’aise pour parler de la situation dans son pays. «  Je suis contente, parce que nous avons la démocratie. Notre pays est dans une nouvelle ère », explique-t-elle. « Je suis née sous le régime de Jammeh. Nous reconnaissons qu’il a construit des routes, mais tous les Gambiens l’ont vomi quand il a commencé à tuer les gens. La peur était devenue le sentiment le plus partagé », déplore-t-elle. Aïcha voit dans ce changement, la puissance des réseaux sociaux. « Yahya Jammeh a ouvert nos yeux quand il a accepté l’introduction des réseaux sociaux en Gambie. Facebook, Whatsapp et Imo nous ont permis de mieux être en contact avec le monde extérieur. Quand la conscience citoyenne s’est renforcée, il a voulu freiner le processus, mais c’était trop tard. Les populations avaient décidé de prendre en main leur propre destinée », fait-elle remarquer. « Si nous étions toujours sous le régime de Jammeh, je n’embarquerai pas dans votre véhicule pour nous prononcer sur la politique », lance-t-elle avant de prendre congé de nous.

A Sérékunda, la « vie est devenue belle ». «  Nous sommes heureuses, parce que nous avons la démocratie », lancent en chœur deux jeunes filles rencontrées devant une boutique. Les yeux rivés sur les images d’un téléphone portable, nos interlocutrices scrutent déjà un avenir fait de liberté. « Ce qui est important pour nous, c’est d’avoir la paix et la liberté », expliquent-elles. Même son de cloche chez le jeune boutiquier guinéen qui salue l’arrivée de la démocratie. Dans cet hôtel situé au cœur de la ville, même les vigiles chantent la démocratie. « Mon frère, dans le passé, je me contentais de filtrer les entrées et les sorties. Je ne cherchais à avoir aucun contact avec les clients. C’était dangereux », confie-t-il, le sourire aux lèvres. « Maintenant, je peux boire du thé avec n’importe qui », ajoute-t-il. Le profil des clients qui sont dans les chambres de l’hôtel illustre bien les explications du gardien. Une dizaine de journalistes attend, avec impatience, la journée du samedi 18 février 2017 marquant la célébration de la fête de l’indépendance de la Gambie. « Cette présence des journalistes était inimaginable sous l’ancien régime », explique un membre du personnel de l’hôtel.

Tout le monde était suspect
Au stade de Bakau où le président Barrow a accueilli ses hôtes venus prendre part à son investiture, les anecdotes ou comportements pour marquer le retour de la liberté sont nombreux. N’ayant pas reçu des cartons d’invitation pour assister à la cérémonie, des jeunes surexcités ont défoncé la porte d’entrée. Les forces n’ont pu que constater les dégâts. « Avec les nouvelles autorités, les policiers n’osent pas frapper les gens », fait remarquer un journaliste gambien. Et le confrère ajoute : « lors des précédentes fêtes, les journalistes étaient parqués dans un coin. Ils ne bougeaient pas ». « Les jeunes ont défoncé la porte du Stade de l’Amitié pour pénétrer à l’intérieur. Sous Yahya Jammeh, personne n’osait s’aventurer près de la porte pendant les manifestations organisées en présence de ses hôtes », lance Mme Awa Ceesay. « Barrow aura des problèmes. Maintenant, chacun pense qu’il est libre de faire ce qu’il veut, parce que c’est la démocratie », ajoute-t-elle. Pourtant, même si elle déplore le comportement des jeunes, elle-même ne manque pas d’utiliser le manteau de la démocratie pour demander aux forces de l’ordre de repousser les personnes qui prennent d’assaut l’aire de jeu. « Officier, il faut surveiller les gens. Tu es payé pour ça », martèle-t-elle. Ebahi, le policier se fond au milieu de la foule. Mme Ceesay reviendra à la charge pour railler les forces de sécurité quand le défilé a commencé. « Bravo, il faut montrer à Macky Sall que vous ne savez pas vous battre, mais vous savez défiler », ironise une femme. Assise à ses côtés, Fatoumata s’en prend aux Gambiens qui avaient quitté le territoire national pendant le règne de Jammeh. « La majeure partie des gens que vous voyez bomber le torse avait fui. Nous étions restées pour combattre Jammeh. Nous avons battu les « Dialang » (forces mystiques) », indique-t-elle…

Barrow, l’espoir
Les taximen sont aussi au cœur de ce changement. « Maintenant, j’ose discuter avec mes clients sur des sujets politiques. Sous Jammeh, nous n’avions plus confiance en personne. Les agents de renseignement étaient partout. Dès que tu critiques, tu es arrêté, emprisonné ou torturé », affirme Ndéné, un chauffeur de taxi. « Je me concentrais sur le volant de mon véhicule. Je ne faisais aucun commentaire. Même les clients aussi n’osaient parler, parce qu’ils n’avaient pas confiance en nous. Tout le monde était suspect », ajoute-t-il. Ndéné a vécu une expérience douloureuse sous Jammeh. « Une voiture des forces de sécurité avait heurté mon taxi alors que je l’avais stationné à quelques mètres du trottoir, mais je n’ai pas pu jouir de mes droits. L’assureur n’a pas eu l’audace de saisir les auteurs », confie-t-il. « Un de nos amis a une fois osé revendiquer ses droits devant des policiers. Il a été emprisonné. Il a perdu la vue à sa sortie de prison », ajoute-t-il, les yeux un peu hagards. Mais cette tristesse ne sera que de courte durée. La délivrance est là. « Les Gambiens n’oublieront jamais ce que Macky Sall a fait. Quand les soldats sénégalais sont entrés en Gambie, nous avons tous jubilé. Tous les Gambiens sont contents », explique-t-il. « Ce sont les vieux qui avaient voté pour Jammeh, parce qu’ils avaient peur de lui. La jeunesse avait peur, mais n’avait plus rien à perdre », ajoute Ndéné. « Jammeh avait plongé les Gambiens dans un trou », renchérit un autre chauffeur de taxi. « Le rôle que la Cedeao et le Sénégal ont joué ne pourra jamais être oublié. Yahya avait installé la Gambie dans un grand trou. La Gambie était une sorte de prison. Maintenant, les gens sont libres. La joie se lit partout », insiste-t-il. Les Gambiens sont donc sortis de ce trou. L’espoir se manifeste partout dans le pays. Et les nouveaux dirigeants semblent mesurer les attentes. D’où la promesse ferme du président Barrow d’être le président de tous les Gambiens, de faire de la liberté une réalité dans le pays.

De notre envoyé spécial, à Banjul, Babacar DIONE

Le recouvrement des taxes municipales continue de diviser la commune de Djeddah Thiaroye Kao et celle de Wakhinane Nimzatt. D'ailleurs, une confrontation a été évitée hier dans ce marché où une équipe de collecteurs venue de la commune Djeddah Thiaroye Kao a croisé des agents de la commune de Wakhinane Nimzatt. Les forces de l'ordre ont réussi à maîtriser la situation.

Le contentieux autour de la paternité du marché Boubess opposant les communes de Djeddah Thiaroye Kao et de Wakhinane Nimzatt, nouvellement vidé par la Cour suprême, est loin de connaître son épilogue. Hier, des agents de la commune de Djeddah Thiaroye Kao qui s'étaient rendus à ce marché pour la collecte des taxes quotidiennes y ont croisé d'autres agents de la commune de Wakhinane venus faire le même travail. Heureusement, les forces de sécurité se sont pré-positionnées pour prévenir un éventuel désordre. En effet, après le verdict rendu par la Cour suprême donnant gain de cause à la commune de Djeddah Thiaroye Kao dans ce conflit qui l’oppose à Wakhinane Nimzatt, cette dernière avait introduit un rabat d’arrêt en vertu duquel l’équipe de collecteurs sus-évoquée s’est estimée être en droit de reprendre la collecte des taxes quotidiennes. Les forces de sécurité sont finalement parvenues à maîtriser la situation. Si bien que le moindre débordement n’a été noté. Compte tenu de la situation d'instabilité qui prévaut dans ce marché, il aurait été ordonné la suspension du recouvrement des taxes pour quinze jours, le temps que des discussions soient menées en vue d'arriver à une solution pacifique.

Une décision diversement appréciée par les deux parties en conflit. Deuxième adjoint au maire de Djeddah Thiaroye Kao, Alla Diop s'est réjoui de cette décision qu'il a trouvé acceptable. « Le sous-préfet nous a fait comprendre que le recouvrement va être interrompu pendant deux semaines au terme desquelles la commune de Djeddah Thiaroye Kao va continuer à assurer les recouvrements des taxes municipales », a-t-il indiqué. Alla Diop a également affirmé avoir demandé au commissaire de lui montrer le rabat d'arrêt dont se prévoit la commune de Wakhinane pour justifier le recouvrement des taxes ; précisant que le policier en chef ne le lui a pas montré. Le sous-préfet que nous avons joint au téléphone a préféré ne pas réagir sur la situation d'instabilité au marché Boubess. Cependant, si du côté de la commune de Djeddah Thiaroye Kao, les responsables sont d'accord pour la suspension temporaire des recouvrements, à Wakinane Nimzatt, les conseillers municipaux interrogés ont adopté une position contraire. « Ce marché est pour Wakhinane Nimzatt et cela est vieux depuis les années 1950. Nous allons donc continuer à recouvrer nos taxes, car elles nous reviennent de droit », a soutenu Nassim Camara, conseiller municipal. Pour rappel, la Cour suprême avait donné raison à la commune de Djeddah Thiaroye sur ce conflit opposant les deux collectivités locales. Mais, Wakhinane Nimzatt avait trouvé injuste ce verdict et promis de contre-attaquer légalement.

Abdou DIOP

Le projet pilote « Sénégal Dem Dikk », entamé depuis le 1er février dernier par la société nationale de transport en commun « Dakar Dem Dikk », suit normalement son cours. Au rond-point liberté 5, point de départ de ces rotations interurbaines, les usagers saluent, à l’unanimité, le confort et la sécurité à bord des bus. Toutefois, ils souhaitent la baisse des billets de transport qu’ils jugent « un peu » chers.

Au rond-point Liberté 5, c’est l’effervescence malgré l’heure creuse (14h 32 minutes). Dans cet espace à ciel ouvert, abritant l’un des garages de la société nationale de transport en commun, « Dakar Dem Dikk », un vent frais caresse les visages. L’endroit ne désemplit pas. Ici, depuis quelques temps, de nouveaux passagers sont venus s’ajouter à ceux qui empruntaient régulièrement les véhicules de la compagnie en direction du centre-ville.

Depuis le 1er février dernier, la société de transport en commun a mis en circulation des bus climatisés pour rallier l’intérieur du pays. Du lundi au dimanche, plusieurs dizaines de passagers quittent le terminus de liberté 5, à 7 heures du matin ou 15 heures, pour les villes de Touba, Kaolack, Fatick, Tivaoune, Podor. En ce début d’après-midi de lundi, Amadou Ndiaye, commerçant de profession, voyage, pour la première fois, à bord d’un de ces bus, en direction de Kaolack. Le sexagénaire est arrivé quelques minutes avant le départ prévu à 15 heures. Après l’achat de son billet, il s’installe sur un des sièges du milieu. Regard lumineux, notre interlocuteur se félicite du confort à bord. « C’est une belle initiative que nous approuvons », lance-t-il. A côté de lui, Ousseynou Ngom est à son deuxième voyage. La satisfaction se lit sur le visage du jeune homme confortablement assis sur son siège. « J’avoue que c’est exceptionnel. Lorsque que je l’ai pris pour la première fois, le bus est parti à l’heure avec 16 passagers seulement à bord », confie-t-il.

Teint clair, Samba Samb, enseignant qui sert depuis 7 ans dans l’arrondissement de Diakhao, apprécie le confort et le gain de temps. « Je fais la navette depuis quelques années entre Sicap Liberté et Diakhao. Avec ces bus, je gagne beaucoup de temps », confie-t-il. Prudent, Samba Samb invite à maintenir le cap et à respecter les normes. « Au Sénégal, on commence très bien, mais à la fin, il y a toujours des problèmes. J’invite les autorités à pérenniser ce genre d’initiative pour le bien commun », suggère-t-il.

Des billets jugés un peu chers
Bathie Dia, chauffeur de « 7 places » à la retraite a acheté son billet pour Mbacké. Pour une première expérience, le vieil homme a fait son choix. Plus question pour lui de voyager par un autre moyen de transport. Il a jeté son dévolu sur « Sénégal Dem Dikk » ». Adja Awa Niang veut davantage de confort. Elle exhorte la société « Dakar Dem Dikk » à équiper les bus de toilettes pour les sexagénaires. « Quand le trajet est long, on a besoin souvent de se soulager », indique cette habitante de Ndam.

Le respect des horaires de départ est l’un des aspects sur lesquels la société de transport en commun entend mettre l’accent. Les bus ont l’obligation de partir à l’heure même s’il n’y a que deux passagers à bord. Pour Lamine Diouf, chef du bureau du transport interurbain, l’objectif, c’est d’offrir un service de qualité « afin que les Sénégalais  sachent que le temps, c’est de l’argent ».

Au rond-point Liberté 5, les passagers continuent de venir au fil et à mesure que les minutes s’égrènent. Pour le départ de 15 heures, 3 bus vont quitter le terminus de liberté 5 en direction de Kaolack, Tivaoune et Mbour. Des agents de « Dakar Dem Dikk » s’affairent autour des derniers réglages.

14 h 55 minutes, l’imminent départ est annoncé aux voyageurs. On vérifie minutieusement les tickets de transport en même temps que les ceintures de sécurité. Occupant le siège de la première rangée, Seydina Awa Niang, tout de blanc vêtue, égrène son chapelet. Si cette dame salue « la grande révolution » dans le transport interurbain, en facilitant la navette entre Dakar et les villes de l’intérieur du pays, elle juge, néanmoins, les billets « un peu chers ». Selon elle, souhaite une diminution du prix des tickets pour permettre aux Sénégalais moyens d’emprunter ces bus. Un point de vue que partage Amadou Ndiaye. « Je pense que les autorités devraient diminuer les prix de 1000 FCfa pour permettre un accès à tous. Les billets ne sont pas accessibles à tout le monde car ils sont relativement chers », affirme-t-il. Mais ce passager sous le couvert de l’anonymat trouve les prix proposés abordables.

356 720 passagers visés pour la première année
Elaboré en 2014, le projet « Sénégal Dem Dikk » dédié au transport interurbain vise, selon Makhoudia Sylla, directeur unité de gestion du transport interurbain, 356 720 passagers dès la première année d’exécution. Pour cette première phase, couvrant 12 lignes, 45 bus dont 30  de 47 places et 15 autres de 37 places vont être mobilisés. « On va mettre 5 lignes pour les régions centres du pays. Il s’agit de Tivaoune, Touba,  Kaolack, Fatick et Mbour. Dans l’axe Nord couvrant Saint-Louis,  Podor, Dioum et Matam, trois lignes sont prévues. Enfin dans le Sud, deux autres vont desservir Ziguinchor et Kolda. Quant à la 12ème ligne, elle concerne  Dakar-Tambacounda », explique-t-il.

La décision de la société nationale de transport d’investir dans le transport interurbain intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des accidents de la route, avec un bilan macabre de plus de 600 morts en 2016. La seconde motivation de « Dakar Dem Dikk » est d’offrir une alternative aux voyageurs face au système classique de transport public et de moderniser le parc automobile de transport en commun. «Aujourd’hui, si quelqu’un doit se déplacer entre les villes du Sénégal, il est obligé de prendre des véhicules qui ont plus de trente ans. Face à cette situation, on s’est dit qu’il était normal  que le service public du transport, en l’occurrence « Dakar Dem Dikk » puisse intervenir d’autant plus que dans ses statuts, il est bien stipulé qu’il doit faire le transport urbain, interurbain et international», soutient M. Sylla. Selon lui, à travers le projet « Sénégal Dem Dikk », l’objectif est d’améliorer la sécurité routière, en montrant aux Sénégalais qu’il est possible d’avoir un transport confortable où les gens partent et arrivent à l’heure. En mettant en service ces bus, la société de transport en commun cherche également à changer la mentalité  des Sénégalais, en invitant les transporteurs à copier le modèle « Sénégal Dem Dikk ».

Ibrahima BA

« C’est avec une grande fierté que j’ai appris le sacre de notre compatriote Alain Gomis qui a remporté le Grand Prix du jury de la 67ème édition du Festival international du film de Berlin », a réagi le ministre de la Culture et de la Communication dans un communiqué de presse parvenu à notre Rédaction.  

Selon Mbagnick Ndiaye, « cette distinction est la preuve que notre cinéma a pris un nouvel envol grâce aux efforts combinés du Gouvernement et du réel dynamisme noté dans la création et la production dans le secteur du Cinéma ».

Le ministre de la Culture et de la Communication a ainsi tenu, au nom du président de la République, du Premier ministre et de l’ensemble des membres du Gouvernement, à adresser ses chaleureuses félicitations à Alain Gomis et lui renouveler le soutien et l’accompagnement des services de son département pour « hisser encore plus haut le 7ème art sénégalais sur les podiums du monde ».


Enfin, Mbagnick Ndiaye a exhorté tous les acteurs du secteur du cinéma et de l’audiovisuel « à persévérer dans cette voie et souhaite une très bonne chance dans la participation de tous les cinéastes sénégalais pour le Fespaco qui s’ouvre ce 25 février » à Ouagadougou, au Burkina Faso.  

O.DIOUF

A l’invitation du ministre français des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Jean-Marc Ayrault, le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Mankeur Ndiaye, prendra part, à Paris, à la conférence ministérielle internationale sur la protection des enfants dans les conflits armés co-organisée par le gouvernement français et l’Unicef, annonce un communiqué de presse.

De Paris, Mankeur Ndiaye se rendra à Addis-Abeba, à l’invitation de son homologue rwandais, Mme Louise Mushikiwabo dont le pays assure la présidence du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine du mois de février. Il prendra part à la réunion ministérielle du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine, prévue le 23 février 2017 dans la capitale éthiopienne.
Cette rencontre de haut niveau se penchera, d’une part, sur la libre circulation des personnes et des biens et leurs implications sécuritaires en Afrique et, d’autre part, sur le problème des enfants soldats, conclut le document reçu.

La conférence annuelle du Dahira Miftahou Nasri du groupe Sspp Le Soleil-Grafisol organisée samedi dernier au Cices était articulée autour du thème « Mouridisme et communication ». Le conférencier Serigne Abdoul Aziz Mbacké Majalis et les principaux intervenants se sont appesantis sur le caractère consubstantiel de la communication à l’Islam que le fondateur du Mouridisme s’est employé à répandre dans une démarche de transmission pédagogique.

La communication n’est pas l’apanage des médias ou des entités qui tournent autour de cette machine au service d’une entreprise de persuasion. Elle est un acte quotidien, la conduite d’une idée, d’une idéologie, d’une politique englobant tous les univers de sens que l’homme explore dans ses conquêtes. Celles qui s’inscrivent dans un élan de foi sont encadrées par cette responsabilité « contractuelle » avec le Créateur que doit assumer le fidèle. La religion musulmane, objet de cette conférence, porte cette symbolique d’un échange ternaire ; le fidèle étant le récepteur du message de Dieu que lui ont transmis les prophètes. Ces derniers sont dans une intermédiation. Les prophètes, en général, accomplissent une fonction de communication, de courroies de transmission de l’Ordre divin. Ainsi, ceux qui se sont chargés, après eux, de raviver cette foi et d’exalter leurs pratiques cultuelles, s’inscrivent dans cette même voie de propagation. Cheikh Ahmadou est parmi ces grandes figures. Mais, il convient d’abord, selon le chercheur Abdoul Aziz Mbacké Majalis, de comprendre le Mouridisme dans ses acceptions doctrinale et sociologique.

Celle-là doctrinale n’avait autre objet que d’accompagner les musulmans dans leur foi grâce à une communication pédagogique pour les couvrir de la grâce des bienheureuses créatures : l’épanouissement sur terre et le paradis dans l’au-delà. Cela implique naturellement l’acquisition de savoirs pour une pratique fondée sur la connaissance.

Portée universelle du message de Serigne Touba
Cheikh Ahmadou Bamba ne s’est pas limité à établir cette relation de transmission du savoir de fidèle à guide. Il s’est attaché aussi à donner à sa communication une assise scientifique grâce à une production abondante de textes qui créait des interférences dans les « ondes » de persuasion de l’autorité coloniale. Ce qui justifie le caractère ininterrompu de sa communication.

Cette approche résulte, selon le leader du Front pour le socialisme et la démocratie présent à la cérémonie, Cheikh Bamba Dièye, de cette conscience que le verbe est une arme pour ceux qui savent en user. Il est créateur. Et « Cheikh Ahmadou Bamba a fait la guerre par la science en utilisant la communication comme un vecteur de transmission de la pensée musulmane », souligne-t-il, non sans insister, comme tous ceux qui ont pris la parole, sur la responsabilité de celui qui porte le verbe.

C’est dans ce sens qu’il faut saisir les propos de Cheikh Thiam, directeur général de la Sspp Le Soleil, quand il estime que le sujet traité par le conférencier renvoie aux fondamentaux déontologiques et éthiques du métier de journaliste. Et la prouesse du fondateur du Mouridisme est, à ses yeux, grande en cela qu’il a réussi à diffuser son message en dépit de la modicité des moyens et des obstacles inhérents à cette ambition à la fois humaine et religieuse. Il a réussi en combinant l’oralité, pour être cohérent avec son milieu, et l’écrit, afin de donner une portée universelle à l’objet de sa communication. C’est pourquoi, a-t-il tenu à dire, il est important de déconstruire dans l’imaginaire collectif la notion d’intellectuel sous nos cieux qui semble exclure de grandes figures qui, par leurs actions et leurs idées, méritent que nous soyons davantage imprégnés de leurs œuvres.

Une belle communion
« Le Soleil est une famille » où s’expriment des diversités. Des esprits en dévotion et en fête ont donné à ces propos de Cheikh Thiam, directeur général de la Sspp Le Soleil, tout leur sens. La salle du Cices, archicomble et bien en couleurs, a été le lieu de retrouvailles et de ferveur pour la cause commune. Ce n’était point une cérémonie pour les mourides du Soleil. Ils se sont juste employés à l’organiser et à partager avec toutes les sensibilités les valeurs qui transcendent leur communauté car s’adressant à l’être humain dans toute sa noblesse. Les membres du Dahira Miftahou Nasri du groupe Sspp Le Soleil-Grafisol ne font ainsi que renouveler, au fil des années, une pratique qui est dans le sillage du message que s’est évertué à répandre la grande figure dont ils se réclament, Cheikh Ahmadou Bamba.

Alassane Aliou MBAYE

Au vu des multiples mutations en cours et à venir dans le développement économique et social du Sénégal arrimé au Plan Sénégal émergent, la ville de Thiès a fini de réfléchir sur son devenir pour les cinq prochaines années.

Avant–hier, à l’auditorium de l’université de Thiès, le plan de développement de la ville de Thiès a été présenté au public en présence des autorités du gouvernement, de la ville, de l’université, de la société civile et des populations. Dans sa présentation, Chérif Diagne, directeur de l’Agence régionale de développement de Thiès, a d’emblée noté qu’il s’agit de faire de Thiès une métropole d’équilibre de l’échelle globale à celle locale. Et pour réussir un tel pari, il a indiqué que cette vision est soutenue par trois axes : « l’accroissement de la productivité à travers la promotion des secteurs porteurs de croissance adossé à une promotion de l’économie locale à travers un programme d’appui à la production, soit 69% du budget.  D’une offre de services de qualité propice à un développement socioculturel durable, d’une gouvernance partenariale et de sécurité », a-t-il listé.

Selon lui, cette vision déclinée (2017-2222) s’inscrit dans le cadre de la cohérence territoriale rénovée avec l’avènement de l’Acte 3 de la décentralisation et la territorialisation des politiques publiques. « C’est vous dire que ce plan s’ouvre au-delà des contours actuels de la ville de Thiès ; il se projette dans le cadre de l’intercommunalité avec en perspectives d’épouser les contours du département de Thiès », a-t-il indiqué.
C’est pourquoi, pour donner toutes les chances de réussite à ce plan de développement de Thiès, Chérif Diagne a rappelé qu’il a été confectionné grâce à l’apport de tous et de manière itérative. « L’expertise locale (services techniques de l’Etat), les spécialistes des collectivités locales, toutes les couches de la  population ont été mis à contribution dans de nombreuses rencontres d’échanges », s’est-il réjoui.

A l’issue de sa communication sur le document du plan de développement de Thiès, le directeur de l’Ard l’a chiffré à 78 milliards 720 millions de FCfa. Pour relever le défi dans la recherche du financement, Talla Sylla, maire de la ville de Thiès, dit tout d’abord compter sur les pouvoirs publics.

Forum des partenaires financiers
Outre le gouvernement, l’édile de la ville de Thiès annonce l’organisation d’un forum des partenaires financiers afin de permettre un échange entre experts du plan de développement de Thiès et ceux des futurs bailleurs de fonds. « Les Thiessois de la diaspora sont tout aussi interpelés », a-t-il souligné. Dans ce sillage, Pr Matar Mour Seck, Recteur de l’université de Thiès, a réitéré toute sa disponibilité dans l’accompagnement scientifique et technique nécessaire à la mise en œuvre de ce plan de développement.

Venu présider la cérémonie de lancement du plan de développement de la ville de Thiès au nom du chef de l’Etat, Macky Sall, Djibo Leyti Ka, ministre d’Etat et président de la commission dialogue des territoires, a soutenu que Thiès, ville carrefour, se doit être bien aménagée. « Ma présence est une manière d’encourager le maire de la ville de Thiès, Talla Sylla, pour sa clairvoyance et sa capacité de discernement républicaine ; car, Thiès est la deuxième ville du Sénégal », a-t-il déclaré.

Un nouveau tournant vers le futur
En élaborant le premier document de planification pour le développement de la ville de Thiès, le maire Talla Sylla vient d’amorcer un nouveau tournant. Une vision futuriste à l’horizon 2022 qui devrait nécessiter des investissements de plus de 78 milliards de FCfa. Le souci majeur du premier magistrat de Thiès est de faire de sa ville « une métropole d’équilibre de l’échelle globale à l’échelle locale, une vision autour de trois (3) axes majeurs ». L’accroissement de la productivité à travers la promotion des secteurs porteurs de croissance, l’offre de service de qualité propice à un développement socioculturel durable et la gouvernance partenariale et la sécurité. Mais, pour cet ancien chef de service régional de la statistique de Thiès, Yagaye Gaye, aujourd’hui à la retraite, « ce plan constitue une nouveauté dans l’architecture de planification stratégique du développement de Thiès qui a toujours été adossée aux anciens plans régionaux de développement intégrés (PRDI), les schémas d’aménagement et les plans d’investissements communaux (PIC) qui ont eu des limites ».

En tout état de cause, ce plan, ajoute M. Gaye, « doit avoir une connexion avec le PSE conformément aux décisions annoncées lors du conseil des ministres délocalisé dans la région pour éviter d’éventuels interventions dans un même secteur ». Une option déjà prise par le maire Talla Sylla qui a adopté au départ une démarche inclusive et cautionnée par la participation effective des communes de Thiès-Est, Thiès-Ouest et Thiès-Nord. Le maire de Thiès souligne que « ce plan de développement est le résultat d’une réflexion prospective et constitue, de ce fait, un pallier dans la mise en cohérence des initiatives de développement et de rationalisation des ressources des collectivités territoriales de la ville de Thiès. Il est aussi l’objet d’une actualisation après tant d’années de réflexions pour servir les Thièssois dans leur écrasante majorité ».           

M. SAGNE

Jadis florissante à Keur Momar Sarr, dans le département de Louga et à Mbane dans le département de Dagana, la pêche continentale, à l’image des deux centres de pêche qui y sont installés, est tombée dans la déliquescence pour de nombreuses raisons. Le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, en visite dans ces zones, a promis que son département prendra les mesures nécessaires pour redonner à cette activité son lustre d’antan.

Le Centre de pêche de Guidick, situé à 25 kilomètres du centre de Keur Momar Sarr, ne paie pas de mine. Posé sur une dépression dunaire, le bâtiment ploie sous le poids de l’âge. Il ne dispose pas d’électricité et du minimum d’équipements de bureau. Malgré les efforts pour le réhabiliter, il y a deux ans, le premier centre de pêche du Sénégal dont l’inauguration date de 1958 peine à retrouver une nouvelle jeunesse. L’infrastructure d’un étage surplombe le village et permet d’avoir une vue saisissante et captivante du lac de Guiers qui dessine, par ici, une conurbation avec, par endroit, des plantes de typhas et de salades d’eau douce qui tapissent sa surface. Sur la berge, la seule ouverture qui permet d’accéder au lac, pas l’ombre d’un débarcadère, juste une aire de transformation où les femmes, de temps à autres, viennent travailler les maigres prises. Le centre est chargé du contrôle et de la surveillance de la pêche dans l’arrondissement de Keur Momar Sarr, mais paradoxalement, il est dépourvu presque de tout. Le chef de centre n’a, à sa disposition, qu’une petite vedette de surveillance d’un autre âge. Pour ses déplacements, par exemple jusqu’à Syer, chef lieu de la commune distante de 3 kilomètres, Aubin Vivien Natanghel est obligé de marcher. Il n’a ni véhicule, ni moto.

Le centre de pêche de Guidick n’est en réalité qu’à l’image de la situation de la pêche continentale à Keur Momar Sarr. Elle est à l’agonie. Victime de la surpêche, du non respect des normes de pêche, du manque de moyen des acteurs et de l’envahissement du Lac par les plantes de typhas, elle ne nourrit plus correctement les centaines d’hommes et de femmes qui en avaient fait leur principale activité. Tout un chapelet de complaintes et de doléances que les responsables des pêcheurs ont égrenées, samedi dernier, devant le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, en tournée dans le nord du pays pour visiter les infrastructures et sites de la pêche continentale et de l’aquaculture ainsi que les sites identifiés pour abriter de nouveaux projets.

Si le maire de la commune de Syer, Sidy Dior Kâ plaide pour la réalisation d’un débarcadère et l’électrification du village, la représentante des femmes, Dieumb Diop s’est attardée sur l’octroi de financements et la mise à leur disposition d’une chaîne de froid pour éviter le vendange des poissons. Ismaëla Ndiaye, président du Comité local de pêche, outre la baisse des prix des permis de pêche et le renforcement des moyens de surveillance et de contrôle du centre de pêche, il a insisté sur l’empoissonnement du Lac. « Auparavant, le lac était poissonneux, il suffisait de goûter à l’eau pour sentir le goût du poisson. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, alors nous souhaitons le repeuplement du lac », a-t-il formulé.

Le ministre n’est pas resté insensible à la situation que vit la pêche continentale à Keur Momar Sarr. Après avoir expliqué la politique globale du gouvernement de faire du Sénégal, un pays émergent à l’horizon 2035, Oumar Guèye a indiqué qu’il compte tout mettre en œuvre pour que la pêche continentale retrouve des couleurs. Comme mesure immédiate, il a été mis à la disposition du chef de centre une moto pour lui faciliter les déplacements. Le ministre a annoncé l’affectation de deux nouvelles embarcations motorisées en vue de renforcer le contrôle et la surveillance de la pêche et la réfection du Centre de pêche. Oumar Guèye a également déclaré que le programme des complexes frigorifiques va bientôt redémarrer.

Mêmes maux à Mbane
A Mbane, dans le département de Dagana, la situation n’est pas plus reluisante. Ici aussi, la pêche continentale vit des moments difficiles qui se reflètent sur l’état des bâtiments du centre de pêche. Un pan du mur de clôture s’est affaissé, l’aire de stockage à l’abandon est colonisée par les herbes, les étangs piscicoles se sont asséchés. Et comme son collègue de Guidick, le chef du centre de pêche datant de 1962 ne dispose pas de la logistique adéquate pour mener à bien sa mission de surveillance et de contrôle. Cela est d’autant plus préjudiciable que la pêche illicite fait des ravages dans cette partie du lac, souligne Omar Guèye Sall, porte-parole des acteurs de la pêche de Mbane. Le vieil homme est nostalgique de l’époque où le centre de pêche de Mbane recevait des stagiaires de Bakel pour se former.

Pour le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, ce centre doit retrouver sa vocation originelle. Il a annoncé qu’il sera réfectionné et redynamisé. Oumar Guèye a promis d’apporter des réponses appropriées aux préoccupations des pêcheurs de la zone notamment en ce qui concerne les techniques de pêche illicites auxquelles s’adonnent quelques individus. Dans une logique plus globale de restructuration de ce sous-secteur, le ministre a indiqué que le Code de la pêche continental est en bonne voie.

Des actions pour une pêche plus moderne
L’Etat du Sénégal déploie beaucoup d’efforts pour booster le secteur de la pêche et lui faire jouer son rôle de porteur de croissance et pourvoyeur d’emplois. Cet esprit sous-tend, selon le ministre Oumar Guèye, les actions posées comme la subvention d’un million de FCfa accordé pour tout achat de moteur. Le prix du carburant utilisé par les pêcheurs a été subventionné à hauteur de 7 milliards de FCfa par an. Les gilets de sauvetage ont été subventionnés et coûtent 2500 Fcfa l’unité. La pêche maritime débarquant, chaque année, près de 450.000 tonnes de produits de la mer, l’Etat a pensé améliorer le cadre de travail. En moins de trois ans, pas moins de sept quais de pêches ont été construits ou sont en cours de construction. Celui de Potou, dans la région de Louga, doit être inauguré le 25 mars prochain par le chef de l’Etat. Des aires de transformation modernes ont également été réalisées. Dans cette même dynamique, le ministre Oumar Guèye a annoncé la reprise du programme des complexes frigorifiques.

De notre envoyé spécial, Elhadji Ibrahima THIAM

Mamadou Mamour Diallo, président du mouvement « Dolly Macky », vient de financer l’enrôlement de 156 familles dans les mutuelles de santé de la commune de Louga.

Pas d’émergement sans une bonne santé des populations. C’est la conviction du président du mouvement « Dolly Macky », Mamadou Mamour Diallo, qui a favorisé, samedi, l’enrôlement de 156 familles vulnérables dans les mutuelles de santé de Louga et environs. A travers ce geste, M. Diallo, par ailleurs directeur national des Domaines, entend jouer sa partition dans la Couverture maladie universelle (Cmu). Mieux, il accompagne ainsi le président de la République, Macky Sall, dans sa volonté de réduire les inégalités. « Mamour Diallo est un exemple. Tous doivent faire comme lui pour réussir le pari du président Sall qui a lancé la Couverture maladie universelle », a salué Makhtar Fall, chef du Service régional de l’action sociale. « C’est un geste de haute portée sociale », a-t-il ajouté, samedi, au Cedeps de Louga où Mamour Diallo avait réuni les bénéficiaires pour la remise symbolique des carnets d’adhésion aux mutuelles de santé. Le département de Louga compte 28 mutuelles de santé, mais on y note une timide adhésion des populations. En réalité, celles-ci veulent adhérer, mais n’ont pas les 3500 FCfa (frais d’adhésion) requis. « C’est important de savoir que les nécessiteux peuvent compter sur Mamour. Je ne trouve pas les mots pour le remercier et dire ma gratitude à l’endroit du président de la République », a magnifié Modou Sarr, parlant au nom des bénéficiaires. Le président du mouvement « Dolly Macky » a souligné que « aider, soutenir et redonner espoir » est le sens de son engagement politique. « Je ne suis pas dans les querelles, encore moins dans la démagogie. J’agis, conformément aux instructions du chef de l’Etat, pour le compte exclusif des populations », a expliqué Mamadou Mamour Diallo tout en annonçant l’élargissement du programme dans les autres arrondissements du département de Louga.

L’enrôlement dans les mutuelles de santé va donc se poursuivre. Mieux, le président du mouvement « Dolly Macky » n’a pas oublié la communauté scolaire. Des discussions « très avancées avec un partenaire sont en cours pour permettre la prise en charge médicale des élèves et talibés » du département, a-t-il dit.

Abdoulaye DIALLO

Le ministre du Commerce, des députés membres de la Commission Santé de l’Assemblée nationale et des associations consuméristes ont visité, hier, l’usine de fabrication de bouillon alimentaire de Patisen afin de s’assurer de l’application de la nouvelle norme nationale sur les bouillons alimentaires d’assaisonnement.

La qualité et la composition des bouillons alimentaires sont une forte préoccupation pour les populations et les associations consuméristes. Et certains députés n’ont pas manqué d’en faire écho, à chaque fois, que le ministre du Commerce est passé à l’Assemblée nationale. Face à ces inquiétudes, ce département a saisi l’Association sénégalaise de normalisation (Asn) pour l’élaboration d’une norme nationale sur les bouillons qui définit des critères de qualité spécifiques et qui exige, une réduction de la teneur en sel qui passe de 70 % chez certains industriels à 55 % chez d’autres. Après la signature de l’arrêté interministériel n° 18504 rendant obligatoire l’application de cette norme appelée Ns 036146, le ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux a décidé, depuis quelques temps, de faire des visites de terrain pour s’assurer du respect de la nouvelle réglementation.

Après la semaine dernière, le ministre Alioune Sarr, une délégation de la Commission en charge de la Santé de l’Assemblée nationale conduite par son président Aimé Assine et des membres d’associations de défense des consommateurs, ont visité, hier, l’usine de fabrication de bouillons alimentaires du géant de l’agroalimentaire sénégalais Patisen. Sur place, les autorités, en compagnie du Président-Directeur général de Patisen, Youssef Omaïs, ont visité les différents ateliers de production et se sont imprégnés du processus de fabrication de ces produits d’assaisonnement très prisés par les femmes sénégalaises. Auparavant, la délégation a eu droit à un exposé détaillant des différents composants entrant dans leur fabrication. Et selon le responsable de la Recherche et du Développement, Lamine Wade, les bouillons fabriqués par Patisen et qui se déclinent en plusieurs gammes ont une teneur en sel qui ne dépasse pas 55 %. Ce qui semble rassurer le président de la Commission Santé de l’Assemblée nationale. « Beaucoup de rumeurs entourent les bouillons et une rumeur, quand on ne la dissipe pas, elle devient nocive pour les entreprises. Lesquelles font beaucoup de choses dans l’intérêt du développement de notre Nation. Au sortir de cette visite, on espère que les populations seront rassurées et qu’elles continueront à consommer les bouillons sans risques et sans état d’âme », a dit M. Assine.

Quant au ministre Alioune Sarr, il a rappelé qu’une étude menée par le Comité national du Codex alimentarius sur demande de son département a montré qu’il n’y avait aucun risque avéré lié à la consommation des bouillons. Ce qui est en cause, c’est la non maîtrise des ajouts de sel dans les préparations. Cependant, pour minimiser les risques de l’utilisation abusive de sel, le groupe d’experts de haut niveau qui a conduit l’étude a formulé un certain nombre de recommandations. « Ils ont recommandé une limitation de la teneur en sel dans les bouillons au regard des habitudes culinaires au Sénégal qui font ressortir une forte consommation de sel alors l’Oms recommande un niveau de consommation de sel de 5 grammes par jour et par personne et ont préconisé une forte campagne de sensibilisation sur les répercussions néfastes sur la santé du sel et un renforcement du contrôle de qualité des bouillons », a précisé le ministre.

Patisen prévoit 100 milliards de FCfa d’investissement en 2017
Considérée comme la première industrie agroalimentaire au Sénégal et figurant dans le top 100 des entreprises agroalimentaires en Afrique, Patisen déroule, actuellement, un programme d’investissement qui dépassera, d’ici à la fin de l’année 2017, 100 milliards de FCfa, selon son Président-Directeur général, Youssef Omaïs. Ce qui en fera « la plus grande usine de bouillon au monde avec une capacité de plus de 1.200 tonnes de bouillons par jour », a ajouté M. Omaïs. Cet investissement participera considérablement, a-t-il estimé, à atteindre les objectifs du Pse par une contribution d’au moins 200 milliards de FCfa à l’accroissement du Pib sans compter l’apport en recettes fiscales et en amélioration de la balance commerciale du fait que plus de la moitié de la production résultant de ce projet sera destinée à l’exportation. Patisen investit également sur des technologies de pointe et sur des projets d’intégration, selon son Pdg.
Créée en 1981, cette industrie agroalimentaire exploitant plus d’une vingtaine de gammes de produits allant des pâtes à tartiner à la farine de blé passant par les boissons chocolatées et fruitées, les sirops, la margarine, la mayonnaise, le beurre, le café, le thé, les pâtes alimentaire etc., emploie 3500 personnes au Sénégal réparties dans une quinzaine de sites de production et de stockage. Elle compte des filiales en Côte d’Ivoire, au Nigéria et des partenaires en Afrique centrale.

Elhadji Ibrahima THIAM

L’hôpital Principal de Dakar a reçu d’importants matériels médicaux de la part de l’association française « Hôpital assistance internationale » (Hai). La réception du matériel a eu lieu, jeudi, lors d’une cérémonie organisée au sein de l’établissement sanitaire.

Fleuron du dispositif médical sénégalais, l’hôpital Principal de Dakar vient d’acquérir de nouveaux équipements médicaux. Il s’agit d’une unité de radiographie médicalisée, d’une couveuse, de chaises roulantes, de lits médicalisés, etc. Un don d’une valeur d’un milliard 200 millions de FCfa de l’association « Hôpital assistance internationale » (Hai), basée en France. L’objectif, selon le président de cette structure, Jean Jacques Schlegel, est de participer à l’amélioration de l’offre de soins de l’hôpital. « C’est l’assistance qui nous lie avec l’hôpital Principal de Dakar, car l’association a pour but de protéger les personnes vulnérables », a-t-il ajouté. Ce don est le cinquième au Sénégal depuis 2014. Certains hôpitaux comme l’hôpital militaire de Ouakam et Albert Royer ont aussi bénéficié de ce geste humanitaire. M. Schlegel a remercié les autorités étatiques qui ont mis à sa disposition les moyens techniques et institutionnels pour faciliter leur travail.

Le directeur de l’hôpital Principal de Dakar, le général Bakary Diatta, a remercié l’association. Pour lui, ce geste permettra de relever le plateau technique de son établissement qui aspire à devenir un hôpital de niveau 4. Ce don vient à point nommé, a affirmé le général Diatta. Car « l’hôpital Principal a un plan stratégique 2016-2020 qui doit le conduire à être la référence sous-régionale », a-t-il dit. Demba Diouf, directeur de cabinet du ministre des Forces armées, a assuré aux donateurs que le personnel ne ménagera aucun effort pour l’entretien du matériel. Il a aussi témoigné sa fierté à l’égard de l’hôpital en félicitant ses responsables.

La prochaine étape de « Hôpital assistance internationale » est l’hôpital Matlaboul Fawzaïni de Touba. Le but de l’association est d’offrir à tous les établissements hospitaliers du matériel afin qu’ils accomplissent bien leurs missions. Pour matérialiser sa devise, « ce qui est à nous est à vous », des bénévoles sont à la base de la collecte du matériel au nom de la solidarité.

Sokhna Anta NDIAYE (stagiaire)

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, dans un communiqué, informe les citoyens, les responsables des partis politiques ainsi que les organisations de la société civile que, par décret n°2017-310 du 13 février 2017, le président de la République a institué une révision exceptionnelle des listes électorales. La révision exceptionnelle, rappelle le ministre, est une occasion, pour les citoyens (civils comme militaires ou paramilitaires) qui ne figurent pas sur les listes électorales de se faire inscrire. Elle permet surtout aux jeunes qui atteindront la majorité électorale, c’est-à-dire 18 ans le 30 juillet 2017, date prévue pour les élections législatives, d’être inscrits sur les listes électorales. Il précise qu’il s’agit des jeunes nés au plus tard le 30 juillet 1999. Conformément aux dispositions de l’article 2 de la loi n°2016-27 du 19 août 2016 portant refonte partielle des listes électorales, les commissions administratives de la refonte partielle en cours exécutent les opérations de la révision exceptionnelle pour les élections législatives de 2017.

Le document précise que sur le territoire national, la période de révision exceptionnelle des listes électorales court du 13 février au 23 avril 2017, tandis que pour l’extérieur du pays, elle s’étale du 13 février au 16 avril 2017. En conséquence, le ministre de l’Intérieur invite les citoyens à mettre à profit la période de révision exceptionnelle des listes électorales pour s’inscrire massivement et se donner ainsi les moyens de participer aux prochaines élections législatives.

El. H. A. T.

Dans le cadre du Projet d’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant (Pasme 2) financé par l’Agence française de développement (Afd), d’un montant de 7 milliards de FCfa, l’hôpital régional de Sédhiou et le centre de santé seront réhabilités et modernisés en vue de renforcer l’offre de soins, notamment la prise en charge des urgences obstétricales et pédiatriques. Le démarrage des travaux est prévu au dernier trimestre de cette année, a annoncé Christophe Bigot.

L’hôpital régional de Sédhiou sera réhabilité et modernisé grâce au Pasme 2 (Projet d’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant). L’annonce a été faite jeudi par Christophe Bigot, ambassadeur de France au Sénégal en déplacement dans cette structure hospitalière. En cohérence avec l’objectif de développement humain inscrit comme pilier important du Plan Sénégal émergent, le ministère de la Santé a sollicité l’Agence française de développement (Afd) pour l’accompagner dans sa stratégie de réduction de la morbidité et de la mortalité des femmes et des enfants à travers le renforcement des programmes de santé de la reproduction. Ainsi, 24 millions d’euros de subvention de l’Afd ont été octroyés au Sénégal pour financer le projet Pasme 1 dans la région de Louga en 2012 pour 14 millions d’euros, ensuite le projet Pasme 2 dans les régions de Kolda et Sédhiou en 2014 pour 10 millions d’euros, soit près de 7 milliards de FCfa. Il s’agit d’améliorer la qualité de service dans les structures sanitaires et accroître le nombre d’accouchements simples pris en charge.

Le Pasme 2 ambitionne de renforcer le système de santé pour améliorer les conditions de prise en charge des accouchements simples et compliqués dans les régions de Louga, Kolda et Sédhiou en vue de réduire le taux de mortalité maternelle et néonatale. Selon la note de présentation, les activités liées au renforcement du personnel médical (formation et recrutement) ont atteint un niveau d’exécution satisfaisant à ce stade du projet à Louga et en Casamance. Les actions de formation portent sur des priorités identifiées par les régions médicales bénéficiaires : les actions relatives à la Gatpa (Gestion active de la troisième phase de l’accouchement), la Cpn recentrée (consultation prénatale) et l’utilisation du partogramme ont démarré, de même que le recrutement et la formation continue du personnel médical et paramédical en santé publique et en échographie.

L’acquisition des équipements se déroule bien mais avec parfois des difficultés liées à l’élasticité des délais induits par les procédures de passation de marché, surtout quand il est question pour les fournisseurs de livrer en Casamance. En revanche, le volet « infrastructures » enregistre un retard important à cause d’une phase d’étude technique qui dure plus longtemps que prévu. Sur ce point, l’ambassadeur de France visitant cet établissement, soutient que le démarrage des travaux est prévu au dernier trimestre de cette année. Christophe Bigot souhaite que tout se passe dans les meilleurs délais. « Dans le cadre du Pasme 2, l’hôpital régional de Sédhiou sera réhabilité et modernisé. Les travaux vont démarrer au courant du dernier trimestre de l’année », a assuré le diplomate français. Le directeur de l’établissement, Doudou Diouf, affirme que ce projet est important. « Avec ce projet, c’est une longue attente des populations qui trouvera bientôt une réponse. Cela nous permettra de prendre toutes les urgences », s’est félicite M. Diouf.

De nos envoyés spéciaux à Kolda  : Aliou KANDE (textes )
et Mbacké BA (photos)

Selon le Pr Ismaëla Madior Fall, l’exonération est une mesure pour rendre attractif un pays. Toutefois, il a insisté sur la nécessité d’encadrement pour éviter tout abus.

L’exonération fiscale est un dispositif incitatif auquel ont recours les pays qui ne sont pas encore attractifs. Ensuite, elles ne sont généralement accordées que pendant la phase de recherche. Aussi, l’exonération n’est jamais totale, il y a des taxes qui sont payées. Ces mots sont du Pr Ismaëla Madior Fall, conseiller juridique du président de la République et président de l’Initiative pour la transparence dans l’industrie extractive (Itie). Il a pris part hier au séminaire sur le droit minier et pétrolier organisé par l’Ordre des avocats du Sénégal en partenariat avec l’Union internationale des avocats (Uia), en marge de la rentrée de stage 2017. Selon lui, il y a des sociétés qui investissent des milliards dans la recherche et qui ne trouvent rien en fin compte. Toutefois, le Pr Fall a insisté sur l’impératif d’encadrer cette pratique.

Le directeur des Mines a soutenu que l’exonération fiscale soulève beaucoup de questions, mais elle est bien organisée. « Les exonérations sont bien encadrées. La société minière qui vient faire des recherches prend des risques. Sur dix projets, un seul peut réussir et l’argent qui est dépensé ne sera pas remboursé. Il est donc important que l’Etat accompagne ces sociétés pendant la phase de recherche », a estimé Ousmane Cissé. Poursuivant, il a mentionné que pendant la phase d’exploitation, des exonérations existent, mais sont limitées. Et quand la production démarre, l’exonération est revue dans un cadre gagnant-gagnant pour permettre à l’Etat d’en tirer profit », a souligné le directeur des Mines.

A l’en croire, sur le plan législatif, beaucoup de mesures sont prises pour préserver les intérêts de l’Etat. « Nous avons une convention minière qui contient des dispositions assez contraignantes. Avant, lorsque l’Etat qui s’était engagé à garantir la stabilité des dispositions de la convention voulait revoir sa position du fait d’effets extérieurs, les sociétés minières brandissaient toujours cette clause et elles avaient raison. Mais, dans le nouveau Code minier, nous avons une convention minière qui a une durée de vie inferieure à celle du permis d’exploitation. Cela veut dire que quand on donne un permis de 25 ans, la convention sera de douze ans. Cela a permis à l’Etat de renégocier les dispositifs qui sont dans le contrat sinon seuls les investisseurs tireront profit des ressources », a expliqué M. Cissé.

L’autre disposition, selon lui, est le partage de production. « Nous avons introduit dans la loi ce dispositif à titre sélectif et optionnel pour permettre à l’Etat de mieux protéger ses intérêts. Il existe des zones où nous avons des informations, donc en attribuant les permis et en signant les contrats, on le fait en toute connaissance de cause, en tenant compte de l’information géologique et minière disponible », a ajouté le géologue.

« Kédougou n’est pas la première région minière du Sénégal »
Beaucoup pensent que Kédougou est la première région minière du Sénégal. Mais, en réalité, en termes de contribution, la région orientale vient après Dakar et Thiès. « Au Sénégal, il y a une sorte de paradoxe. En termes de contribution, la première région minière, c’est Dakar suivie de Thiès et Kédougou. Pour faire le calcul, on ne prend pas que la redevance, il y a aussi les impôts, les Tva et autres », a expliqué le Pr Ismaëla Madior Fall. Selon lui, l’Initiative pour la transparence dans l’industrie extractive (Itie) qu’il préside a pour objectif de donner le maximum d’informations sur le développement du secteur extractif. C’est pourquoi chaque rapport est produit par un comité indépendant et les recommandations produites visent à introduire des réformes.

Ndiol Maka SECK

Le verdict est tombé hier matin au Palais de justice de Dakar. Barthélémy Dias et ses co-prévenus ont été reconnus coupables du meurtre de Ndiaga Diouf et condamnés à deux ans dont six mois ferme, peine déjà purgée. Non contents du verdict, leurs avocats comptent interjeter appel.

Barthélémy Dias et Cie ont été reconnus coupables de coups mortels, association de malfaiteurs, détention d’armes sans autorisation administrative et condamnés chacun à deux ans, dont six mois ferme. Ils doivent aussi payer solidairement 25 millions de FCfa, en guise de dommages et intérêts à la famille de feu Ndiaga Diouf. Toutefois, le maire de Mermoz et ses co-prévenus ne retournent pas en prison puisqu’ils ont déjà purgé leur peine. S’agissant des présumés commanditaires, à savoir Abdoulaye Diène et Malick Thiombane, ils ont été relaxés. Quant aux  nervis, ils ont été déclarés coupables de rassemblement illicite et condamnés à deux ans, dont six mois ferme. Avec ce verdict, le tribunal n’a pas suivi le Parquet qui avait requis dix ans d’emprisonnement plus le mandat de dépôt à la barre. « Dans le dispositif du jugement, nous avons une décision qui nous déclare coupable, mais en même temps, la peine est distribuée de sorte qu’il n’y aura pas de séjour en prison puisqu’il y a une sorte d’arithmétique judiciaire qui a été très bien pensée. Mes clients ont été condamnés à une peine qui est couverte par la durée de la détention provisoire », s’est réjoui Me Khoureychi Ba, un des avocats de Barthélémy Dias.

Cependant, ils envisagent d’interjeter appel puisqu’au fond, leurs clients sont déclarés coupables. « Déclarer coupable un prévenu c’est reconnaître le fondement de l’accusation et cela pose problème. Une décision de justice, quelle qu’elle soit, doit être critiquée et la meilleure critique c’est de la déférer à la juridiction immédiatement supérieure pour qu’elle soit de nouveau jugée. En accord avec nos clients, nous allons très certainement interjeter appel », a soutenu l’avocat de Barthélémy Dias, Habib Dieng et Babacar Faye. Me Elhadji Mamadou Ndiaye est plus radical. « Nous avons accueilli cette décision avec beaucoup de désolation, elle nous surprend à la lumière des faits mais également des débats tenus lors de l’audience. Nous estimons que dans cette affaire, c’est la relaxe qui s’imposait purement et simplement. La décision est d’autant plus choquante que des nervis ont été relaxés », a déploré le jeune avocat. A l’en croire, la défense va faire appel de cette décision.

Ndiol Maka SECK

La toile intitulée « La Paix par la Justice » réalisée par Kalidou Kassé, artiste plasticien, et offerte par le Gouvernement du Sénégal à la Cour pénale internationale, a été dévoilée hier, au siège de la Cpi à la Haye. C’était en présence de Sidiki Kaba, ministre de la Justice du Sénégal et président de l'Assemblée des États parties et la juge Silvia Fernández de Gurmendi, présidente de la Cpi.

Le ministre de la Justice du Sénégal, Me Sidiki Kaba, par ailleurs président de l’Assemblée des Etats parties et la présidente de la Cour pénale internationale, Silvia Fernández de Gurmendi, ont dévoilé hier, au siège de la Cpi  à la Haye, une nouvelle œuvre d'art offerte par le Gouvernement du Sénégal.  C’était en présence de son Excellence Momar Diop, ambassadeur du Sénégal à La Haye, du procureur Mme Fatou Bensouda et du greffier de la de la Cpi, Herman von Hebel.

Selon un communiqué de la Cour pénale  internationale, il s’agit d’une peinture sur toile intitulée « La Paix par la Justice » et réalisée par Kalidou Kassé, artiste plasticien et sculpteur sénégalais.

« L'œuvre dépeint un monde contemporain fait de différences et de changements constants avec, à son centre, un livre universel symbolisant le partage des savoirs entre les peuples et la mémoire collective permettant de répondre aux défis de l’avenir », indique le document.

Présentant l’œuvre, le ministre de la Justice, Sidiki Kaba, a déclaré que cette donation traduit un appel à la paix et à la liberté des peuples par le biais de la justice. « Cette œuvre unique par sa conception et pertinente par son message saura, je l’espère, contribuer au rayonnement de la justice et marquer l’engagement du Sénégal aux principes de paix et de justice », lit-on dans le communiqué.

Exprimant la gratitude de la Cour au Gouvernement du Sénégal pour cette donation, la présidente de la Cpi, la juge Fernández,  a souligné que cette œuvre d’art est remarquable, parce qu’elle a été créée spécifiquement pour la Cour, se voulant le reflet de l’histoire derrière sa création et des valeurs qu’elle représente. La présidente a également rappelé qu’en tant que premier État partie au Statut de Rome, le Sénégal a été « un pilier dans le soutien de la communauté internationale à la Cpi » et « a fait preuve de fermeté dans sa défense du Statut de Rome et des principes que le Statut consacre. ».

Pour sa part,  le réalisateur de cette œuvre, Kalidou Kassé, a indiqué que sa toile est « le livre universel symbolisant le partage des savoirs entre les peuples pour accompagner les différentes mutations sociales de notre monde contemporain, à travers nos différences mais dans la complémentarité. C’est un appel, un plaidoyer à la justice, à la paix, la liberté des peuples, des races pour plus de solidarité, équilibre essentiel de nos sociétés ».

Maguette Guèye DIEDHIOU

Pour la quarante-deuxième année successive, depuis sa création par la résolution A/RES/3376  du 10 novembre 1975, le Sénégal a été réélu, ce 16 février à New York,  à la tête du  Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien. En présence de la Directrice de cabinet du Secrétaire général Antonio Guterres, Maria Luiza Ribeiro Viotti, du Sous-secrétaire général aux Affaires politiques, des membres du Comité et des représentants des Etats-membres de l’ONU, l’ambassadeur Horacio Sevilla Borja, représentant permanent de l’Equateur a présenté la candidature du Sénégal, qui a été réélu à l’unanimité. Comme chaque année, notre pays était seul candidat à sa propre succession.

Cette réélection a été accueillie avec « honneur » et « humilité » par la délégation du Sénégal et son représentant permanent, l’ambassadeur Fodé Seck. Le renouvellement  de cette élection témoigne d’une grande marque de confiance au Sénégal et de l’engagement résolu du Sénégal et de son président à poursuivre, avec le Comité, les efforts dans l’accomplissement du mandat qui lui a été confié, à savoir « œuvrer pour la pleine réalisation des droits inaliénables du peuple palestinien ».

Au sein du Comité, le Sénégal partage cette mission cruciale avec l’Afghanistan, Cuba, l’Indonésie, Malte, la Namibie et le Nicaragua, dont les ambassadeurs ont également été réélus. La disponibilité et le dévouement des ambassadeurs Mahmoud Saikal (Afghanistan), Anayansi Rodriguez Camejo (Cuba), Dian Triansyah Djani (Indonésie), Carmelo Inguanez  (Malte), Neville Melvin Gertze (Namibie) et Maria Rubiales De Chamorro (Nicaragua) sont à la mesure de la contribution remarquable de leurs pays respectifs à la promotion de l’effectivité des droits inaliénables du peuple palestinien.

La présence de la Directrice de cabinet du Secrétaire général de l’ONU, à la réunion de lancement des activités du Comité, au titre de l’année 2017, traduit l’engagement continu et la volonté réaffirmée des Nations Unies de rester saisies de la question palestinienne, et de lui apporter une solution définitive, sur la base du plan de partage des Nations Unies et des autres résolutions pertinentes de l’organisation. C’est-à-dire la solution à deux Etats.  

Au moment où le Sénégal venait d’être réélu à la tête du Comité, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Moyen-Orient, dressait, le matin même, un tableau peu reluisant de la situation en Palestine.
Pour Dakar, « les défis importants qui continueront de se poser à nous dans la recherche d’une solution juste et durable à ce différend, ne doivent pas occulter le fait que l’absence de solution à ce conflit induit un défi encore plus complexe (…) potentiellement porteur de risques sérieux pouvant déboucher sur des phénomènes incontrôlés comme l’extrémisme violent et le terrorisme (…) phénomènes qui peuvent avoir pour cibles les populations civiles israéliennes comme palestiniennes, et d’autres parties du monde ».

Aussi, le Sénégal invite, à nouveau, tous les acteurs « à ne guère fléchir dans l’engagement et la détermination à atteindre le but ultime de l’édification d’un Etat palestinien souverain, viable et indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale, vivant côte à côte avec l’Etat d’Israël, en paix et en sécurité, dans des frontières internationalement reconnues et garanties ».

Le programme annule de travail soumis par l’Ambassadeur Seck aux 26 membres et aux 24 Observateurs du Comité, a été adopté à l’unanimité.

Synthèse de D. M. F.

Les responsables des instances administratives de la Convention de Ramsar du Sénégal, de la Mauritanie, du Mali et de la République de Guinée ont validé, hier, à Dakar, les organes de gouvernance et de communication conformément à l’agenda fixé dans le cadre de la mise en place de l’initiative régionale Ramsar des pays du Bassin du fleuve Sénégal.

Un nouveau pas vient d’être franchi dans le processus de mise en œuvre de l’initiative régionale de la Convention de Ramsar par les pays du Bassin du fleuve Sénégal. Ces Etats ont validé, hier, les organes de gouvernance et de communication. A l’issue d’un processus d’élaboration d’outils de gouvernance et de communication, il appartient aux pays qui partagent le Bassin du fleuve Sénégal de valider ces instruments pour leur reconnaissance, en perspective de l’application des principes de la Convention de Ramsar durant la période triennale 2016-2018.

Le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Souleymane Diallo, qui a présidé la rencontre sous-régionale, a remercié le secrétariat de la Convention avant de demander aux pays membres de l’initiative régionale de ne ménager aucun effort dans leur engagement pour mettre en application les trois piliers de la Convention de Ramsar. Il s’agit, selon lui, de travailler à la conservation des zones humides ; d’utiliser, d’une manière rationnelle, toutes les ressources humides et leurs ressources associées ; et de promouvoir la coopération transfrontalière et internationale à partir des ressources partagées.

Citant la belle réussite de l’Organisation de la mise en valeur du fleuve Sénégal, il a souligné l’importance de cette initiative qui veut s’inspirer de l’Omvs pour assurer une gestion rationnelle des zones humides du bassin. C’est pourquoi il a demandé solennellement l’accompagnement de l’Omvs pour la réalisation d’une Charte de gestion rationnelle des zones humides. S’adressant aux parties de l’initiative régionale Ramsar du Bassin du fleuve Sénégal, M. Diallo a demandé un bon suivi des communications sur le projet de statut, le règlement intérieur, la charte graphique et le site internet, et de faire des amendements appropriés et réalistes.

Rappelons que l’initiative « SénégalWet » s’assigne comme mission de contribuer à la réduction de la pauvreté par la promotion des objectifs de la Convention de Ramsar, notamment le renforcement de la coopération entre les Etats, en vue d’une gestion rationnelle des zones humides du Bassin du fleuve Sénégal à travers la valorisation et une meilleure gestion des ressources partagées.

B. B. SANE

Une dépêche de l’Agence de presse sénégalaise (Aps), s’appuyant sur une étude du Centre international d’études du sport (Cies), basé en Suisse, nous a appris tout récemment que notre pays est le troisième exportateur de joueurs de football vers les championnats professionnels européens. Avec 71 footballeurs, le Sénégal arrive derrière le Nigéria (118 joueurs) et le Ghana (88 joueurs).

L’affinement des résultats de cette étude permet, toujours selon l’Aps, de faire du Sénégal, avec 27 joueurs, le premier pays exportateur de footballeurs pour les cinq grands championnats européens (Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne et France).

C’est dire, si nous faisons foi à l’étude du Cies que notre pays est vraiment bien en place en termes de pratiquants dans les compétitions nationales de football les plus médiatisées au monde.

Il ne s’agit pas de constater et de se limiter à ce constat que chacun peut analyser et apprécier à sa manière et selon ses sensibilités. C’est la raison pour laquelle je me propose de donner ma « grille » de lecture de cette information opportunément relayée par l’Aps.

Monsieur Mamadou Kassé (Stade du 30 novembre) a brillamment donné un point de vue très intéressant qui met l’accent sur les  « performances de notre football et sur la valeur intrinsèque » de nos joueurs. Son point de vue a aussi ouvert la voie à la réflexion sur la manière de tirer profit « de la plus-value financière du football ».

Il est vrai, au vu de nos résultats actuels, qu’il n’y a rien à dire. Et sur ce plan, je crois qu’on peut être fier de notre football qui est devenu premier au classement Fifa (une première), qui s’est qualifié à la Can sans défaite (une première), qui vient de remporter pour la troisième fois le tournoi Uemoa en petite catégorie (une première), qui a fait un quart de finale de Jo (une première) et qui, au début des années 2000, a marqué le monde entier avec un quart de finale de Coupe du monde, une victoire contre le champion sortant en ouverture et aussi une finale de Can… Il faut aussi rendre grâce à tous ces hommes et femmes qui ont permis ces résultats. Ce, depuis les équipes dirigeantes de Malick Sy « souris » en passant par celle de Mbaye Ndoye et actuellement de Me Augustin Senghor. Concernant le volet technique, depuis Metsu jusqu’à Aliou Cissé. Bravo à tous !

Il y a quand même un autre constat à faire. Nous sommes, aujourd’hui, un des rares Etats se proclamant pays de football à n’avoir jamais rien gagné comme trophée continental aussi bien en club qu’en équipe nationale. Mise à part, bien sûr, la faste période coloniale et le début de nos années d’indépendance avec les « Jeux de l’amitié » de l’époque « senghorienne ».
Qu’est-ce qui explique ce fait ? Quels sont les données objectives qui permettent de comprendre pourquoi le Sénégal n’arrive plus du tout à s’imposer au niveau continental ?

A ce propos, la question qui me vient à l’esprit et à laquelle j’ai envie de répondre est celle-ci : l’exportation de joueurs est-elle un signe de bonne santé de notre football ?

En économie politique, l’exportation permet la rentrée de devises dans un pays et donc, la production de richesses. On devrait logiquement pousser et favoriser le phénomène comme on cherche à favoriser l’exportation de nos ressources naturelles, en vue de rendre excédentaire notre balance commerciale. Un travail est donc à faire pour mesurer l’impact de cette forme d’exportation de cette ressource originale qu’est le footballeur sur notre économie nationale.

Et pour dire vrai, par une simple observation empirique, je ne suis pas certain que cet impact soit très significatif. D’ailleurs, une série récente d’auditions sur l’économie du sport au Conseil économique, social et environnemental, sous la présidence de Cheikh Bâ Ngaïdo, m’a permis de me rendre compte du chemin qui reste à parcourir dans la difficile conciliation des problèmes économiques de notre pays avec les exigences des compétitions sportives contemporaines (Can, Jo, Cm). Ce n’est pas une mince affaire du fait de l’amenuisement progressif des finances publiques !

I – L’exportation de joueurs, un mal nécessaire
En tout état de cause, ce phénomène d’exportation n’est pas du tout nouveau et n’est pas propre à notre pays. C’est tout le continent africain qui est impliqué à un degré ou à un autre.
Déjà pour la Coupe du monde de 2010, qui se déroulait pour la première fois en terre africaine, j’avais, avec un groupe d’amis, fait paraitre un livre (aux éditions Clairafrique à Dakar, intitulé « Les grands défis du football africain - les dessous d’un système »), dans lequel je montrais que les six équipes africaines à ce mondial, en dehors de l’Afrique du Sud, étaient majoritairement composées de joueurs évoluant hors de leurs pays respectifs Cameroun et Côte d’ivoire 96 % de joueurs expatriés ; Algérie et Ghana 87 % ; Afrique du Sud 31 %)… Ce n’est pas pour autant que ces pays exportateurs de footballeurs voient leurs pays s’enrichir sur le plan macroéconomique par ce biais.
 
Puisque l’économie de nos pays ne tire pas profit de cette exportation des joueurs, est-ce que le football national en tire profit sur le plan technique ?
Malgré les constats et certains résultats positifs, je crois qu’il y a beaucoup à faire encore. J’avoue que je suis encore en attente d’un trophée majeur, car le but de la participation à des compétitions, c’est de sortir vainqueur au bout. Seule la victoire est retenue par l’histoire ! Or nous n’y arrivons pas. Au niveau local, nos clubs n’arrivent pas à passer un tour dans les compétitions des joutes africaines hormis la parenthèse de la Jeanne d’Arc de Dakar du regretté président Omar Seck. Au niveau de l’équipe nationale A, nous ne passons pas le premier tour de la Can depuis quelques années.

Peut-on, avec cet état de fait, prétendre à la place que l’on nous attribue ? A mon avis,  oui ! L’encadrement technique actuel réalise de bonnes choses. Mais, savoir être humble devrait aussi être l’attitude du moment.

Au lieu de cela, j’ai l’impression qu’on se prend pour invincibles, on fait croire, à l’écoute de certaines opinions, que nous sommes les plus beaux et les meilleurs, parce que nous avons des joueurs qui sont dans les grands championnats européens. N’est-ce pas là une faute grave d’oublier que parmi les derniers vainqueurs de la Can, seule la Côte d’Ivoire possède nos caractéristiques de pays exportateurs de joueurs. La Zambie et l’Egypte ont misé sur le local.

En cas d’échec, dans notre pays, on ne pousse jamais loin l’analyse et on arrive toujours à désigner, de manière tout à fait arbitraire, subjective et injuste, les coupables de nos mauvais résultats. Ils sont désignés à la vindicte populaire. En premier lieu, on vise les entraineurs et certains joueurs (fait caractéristique des arguments, ceux qui sont sur le banc ou qui ne sont pas appelés par le coach se révèlent toujours meilleurs que ceux qui se sont échinés sur le terrain), puis les dirigeants fédéraux, les ministres, et cela peut même aller jusqu’au président de la République.
Pourtant, je suis convaincu que ceux que l’on désigne comme les responsables des échecs souhaitent la victoire tout autant sinon plus que leurs accusateurs. C’est une fuite en avant qui nous empêche de nous regarder dans une glace pour voir nos insuffisances. Regardez comment nos différentes campagnes se ponctuent par des sélectionneurs qui sont remerciés. C’est comme un éternel recommencement. Or tout le monde sait, aujourd’hui, que le combat de tous les sélectionneurs d’équipe nationale, c’est de bâtir, dans la durée, un groupe, une équipe, disons un club. L’exemple Joaquim Löwe pour l’Allemagne est édifiant et je crois que Didier Deschamps est sur la voie… Malheureusement, en Afrique, il n’y a pas de stabilité. Je me demande si les recours aux fameux « sorciers blancs » ne favorisent pas cette instabilité d’entraineurs qui ne viennent que pour des conditions financières intéressantes.

Pour moi, les causes de nos échecs ne sont pas chez ces pauvres techniciens dont certains risquent gros et ne sont que des boucs émissaires. Notre tort, nous avons tous regardé mourir notre football local de sa belle mort. Nos clubs de football, à défaut de se transformer en entreprises productrices d’un beau football, sont devenus des entreprises d’intérim (de passage ou de transit) pour les clubs étrangers et pas seulement européens, car nous exportons aussi (comble de malheur pour notre spectacle) vers les autres championnats africains et maghrébins.

Sur le plan technique, qu’est-ce qu’on exporte ? En tout cas et c’est sûr, exceptionnellement des joueurs « créatifs » comme certains le réclament à cor et à cri dans l’équipe nationale actuelle. On exporte beaucoup plus des joueurs de « devoir » très talentueux dans leur registre. Ce qui incite, règle élémentaire en économie de marché, à répondre à la demande du marché étranger plutôt qu’à celle du marché interne.

Au final, même les artistes sénégalais finissent par se transformer en joueurs de devoir au contact du football et des techniciens européens. Qui se rappelle de J. F. Bocandé comme passeur décisif pour Bassirou Ndiaye (meilleur buteur cette année) au Casa Sport en 79 ? Il sera transformé en attaquant de pointe en Europe. Oumar Guèye Sène finira comme défenseur central au Psg, nos milieux de terrain offensifs se retrouvent souvent collés à la défense dans leurs clubs (Ousmane Ndoye, futur remplaçant de Fadiga, deviendra milieu défensif au contact de Eric Mombaerts à Toulouse, Stéphane Badji se retrouve de plus en plus dans des tâches défensives alors qu’il est parti comme milieu offensif). Kouyaté est redevenu défenseur central depuis quelques matchs… Pour les grands championnats européens, les « créatifs » sont à chercher en Amérique latine (Brésil, Argentine, Colombie…) et rarement en Afrique.

Cela n’explique-t-il pas notre jeu ? Comment jouer comme Louis Camara ou Léopold Diop quand on n’a plus de talent comme eux. Eux jouaient en artistes, mais les trophées en Afrique… Pour faire l’artiste, il faut d’abord être un artiste. Mieux, à mon avis, avant de faire l’artiste, gagne d’abord ton match. C’est, depuis sa création, le but de ce jeu que l’on appelle football !

Finalement, l’exportation des footballeurs ne rend service ni à l’économie nationale ni au football national. Mais, il s’agit d’un mal nécessaire qui est la conséquence directe de la mondialisation des échanges et des services touchant tous les secteurs d’activité dont le sport. Les footballeurs qui s’exportent et leurs familles verront leur vie changer radicalement. Et ça, c’est un avantage non négligeable, même si c’est un bénéfice individuel pour juste une famille… Voila pourquoi je dis que c’est un mal nécessaire !
 
II – Comment transformer ce mal en opportunité pour notre économie et notre football ?
Un mal nécessaire ! Oui, mais comment en faire une opportunité pour notre football ?
 
Dans le financement du football local, l’exportation peut jouer un rôle non négligeable à la condition que les autorités publiques prennent les mesures idoines. La spécificité sportive et l’autonomie organisationnelle des instances du football (Fsf - Caf - Fifa) ne peuvent empêcher les Etats de réglementer un certain nombre d’opérations intéressant le football. Rappelez-vous comment le football des pays de l’Est retenait ses « stars » en interdisant tout transfert de footballeur avant ses 27 ans révolus. Il ne s’agit pas pour nous de faire un « remake » de ces dispositions du temps de l’Urss, mais de voir en quoi « la plus-value » financière du football peut servir au développement de notre football local en participant à son financement.

Pour aider à contribuer au financement du football, la Fifa a introduit des règles permettant aux clubs formateurs de bénéficier d’une sorte de retour sur investissement par le biais de ce qui s’appelle « indemnité de formation » au profit du club d’origine du joueur transféré. En outre, ayant très tôt vu que les clubs des pays pauvres ne profitaient pas de cette manne, la Fifa a imposé le paiement de ce qui s’appelle « indemnité de solidarité » au profit du club dans le pays d’origine.

Pour moi, ce n’est pas suffisant. L’Etat du Sénégal peut introduire la mesure consistant à exiger que, pour le transfert de tout sportif d’origine sénégalaise, il y ait la présence d’un conseil (avocat ou agent de joueur) basé au Sénégal et d’une institution financière ayant son siège au Sénégal. Ce sera d’ailleurs l’occasion de mettre de l’ordre dans cette activité où on trouve beaucoup de choses…

L’Etat peut aussi introduire une autre mesure consistant à se faire rémunérer sur tous les spectacles sportifs dans lesquels les Africains sont parties prenantes. Ce n’est pas hérétique du tout. L’idée est donc de trouver, ici, un système de rémunération vers l’Afrique dans tout spectacle sportif mettant en scène des Africains, des équipes africaines ou, en général, des intérêts africains. Il ne serait pas illégitime qu’une part de ces retombées financières revienne aux pays africains. Combien de fois Drogba, Etoo, Diouf, Yaya Touré, Sadio Mané… ont participé à des spectacles grandioses.

L'histoire du championnat de France de football de Ligue 1 est très riche et certains joueurs africains y ont laissé l’empreinte de leurs talents (Hassan Akesbi, Rachid Mekloufi, Salif Keïta, Joseph-Antoine Bell, Jules François Bocandé, Abedi Pelé, George Weah, sans être exhaustif).

En ce qui concerne le Sénégal, selon une étude Legisport, « Sport et nationalités », réalisée en 2014, les joueurs sénégalais, au nombre de 23 (3,98 %), sont les plus nombreux en Ligue 1, derrière les Français et devant les Ivoiriens (14 joueurs, soit 2,42 %) et les Maliens (13 joueurs, soit 2,25 %), à la date du 9 septembre 2014.

Qu’est-ce que leurs pays d’origine gagnent dans ce spectacle ? Comment rendre opérationnelle cette exigence que je propose aux pays africains ?
Une idée pourrait être celle qui consisterait à inclure un sixième indice, celui du nombre de footballeurs africains expatriés, dans le calcul de la répartition des droits télé qui repose sur les cinq critères suivants : part fixe, licence club, classement sportif sur la saison en cours, classement sportif sur les cinq saisons révolues et classement notoriété sur les 5 saisons révolues. Je suis persuadé qu’en préparant un dossier en ce sens, la Ligue sénégalaise de football aura le soutien des autorités publiques pour réclamer à leurs homologues des pays de grands spectacles de foot et de droits de télé faramineux une part sur le spectacle auquel participe les Sénégalais.

Toutes ces réflexions et questions me conduisent à sortir de mon confort de « chercheur » et de revêtir, le temps d’une phrase, l’habit de supporteur de l’équipe nationale du Sénégal. J’aimerais donc que le coach Aliou Cissé et son groupe ne se laissent pas divertir et conduire sur un terrain qui n’est pas le leur. Messieurs, il vous faudra continuer à jouer sur vos qualités propres et non sur celles que vous prêtent les nombreux experts de notre environnement de football… Ce n’est pas parce qu’on joue à Liverpool que, lors d’un match, on ne peut pas être mis sous l’éteignoir par un modeste pensionnaire du championnat local burundais. N’est-ce pas monsieur Sadio Mané ? Ce n’est pas parce qu’on est composé de professionnels du championnat anglais que l’équipe de Madagascar ne peut pas nous mettre deux buts… Savoir raison garder, être humble, respecter l’adversaire quel qu’il soit, et cela, sans prétentions démesurées. Avec ces qualités, il y a des chances que le Sénégal décroche un excellent parcours au Gabon et retourne en Coupe du monde. Pour notre bonheur à nous tous, pour notre économie et pour notre football.

1 - Le Professeur Sakho, actuel Directeur du Master de droit fiscal de l’UCAD, est l’auteur de plusieurs publications et recherches sur le droit du sport, notamment : en 2006, Gestion du football sénégalais, Onze éléments pour comprendre, en collaboration avec Cheikh DIASSE à l’époque Magistrat à la Cour des Comptes. (Editions Crédila/Réussir et préface Abdoulaye Dabo) ; en 2010, Les grands défis du football africain, 2010, Préface de Pape Diouf, Editions clairafrique, Ouvrage collectif en codirection avec Maître Moustapha Kamara du Barreau de Marseille ;en 2013, trois livres sur le droit du sport en collaboration avec Mamadou Selly Ly et Maitre Moustapha Kamara: Droit des associations sportives, Sport et contrat de travail, Sport et droit des sociétés, en hommage à Lamine Diack avec la Préface de Marie Malaurie Vignal prof à Paris II et de Claude Alberic Maetz prof à Aix Marseille, Editions Cres/L’Harmattan, 2013 ; dans les Cahiers de Recherche du CRES : Le sport au service de l’accélération de la construction de l’identité africaine.

Par le Professeur
Abdoulaye SAKHO1

Les résultats recueillis sur la procédure de branchement à l’eau constituent une des 9 mesures nouvelles de la feuille de route du Doing business 2018 validée lors de la réunion interministérielle du 6 février 2017. La Sde et l’Apix, selon le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mansour Faye, ont lancé l’audit et la rationalisation de la procédure de raccordement à l’eau pour les petites et moyennes entreprises avec la mise en place d’un guichet dédié visant la réduction des délais de 75 à 20 jours. L’échéance retenue pour cette opération est fixée pour le 15 mars 2017. Pour les usagers domestiques, au-delà du contrat de performance liant la Sde et la Sones, l’objectif est de ramener les délais réglementaires, depuis le paiement jusqu’au branchement, de 15 à 7 jours.

A. A. MBAYE

Un ambitieux projet d’audiovisuel de plus de 11 milliards de francs ; voilà ce que veut réaliser, au Gabon, l’ancien directeur général de la Rts Matar Sylla. Une plateforme d’excellence qu’il veut réaliser à 100 % et sur investissement personnel.

Libreville : Nul n’est prophète chez soi. Ce célèbre adage pourrait s’appliquer à notre compatriote Matar Sylla, journaliste de profession et expert consultant international dans la communication. Installé au Gabon depuis plusieurs années, ce Sénégalais bon teint s’est lancé dans un projet audiovisuel de grande envergure. La création d’une radio et d’une télévision internationales sous le patronyme de Label radio et Label Tv. Dans sa vision, Matar Sylla veut ériger un projet panafricain qui se veut une vitrine de l’Afrique émergente capable de véhiculer l’image du continent. Défi ambitieux et énorme pour cet expert qui totalise plus d’une vingtaine d’années de pratique dans le métier de journalisme (Rts/Sénégal, branche africaine francophone de Tv5, WorldSpace West Africa, Ghana, Africa Online, Côte d’Ivoire, Spectrum Télévision, chaînes privées camerounaises de Stv 1 et Stv 2, etc.).

Ce vrai globe-trotter a accumulé autant d’expériences au contact des autres pour se fixer maintenant au pays d’Ali Bongo Ondimba et se projeter dans un programme ambitieux qui devrait faire la fierté de l’Afrique. Et pour mettre sur pied ce projet, l’ancien directeur général de la Rts a eu vraiment les coudées franches auprès d’un pays ami qui lui a ouvert grands les bras. « C’est un projet que j’avais depuis très longtemps. Je l’ai pensé depuis une vingtaine d’années en raison de mon parcours par Tv5, etc. Il était important d’avoir en Afrique plusieurs organes, plusieurs groupes qui puissent être la voix ou plutôt les voix et les images du continent, pour qu’elle puisse se montrer telle qu’elle est dans sa diversité, dans sa complexité, mais également dans ses atouts, dans son talent, dans son savoir-faire et dans ses réalisations. J’ai toujours nourri ce projet, mais avoir les moyens de les mettre en œuvre, c’était une autre chose », nous raconte-t-il dans ses bureaux sis au quartier Akanda à Libreville.

Et c’est quand il est venu au Gabon avec son associé, Victor Ndiaye du groupe Performance, qu’a germé l’idée de mettre en place le programme stratégique du Gabon émergent. Un projet pour lequel le président Ali Bongo Odimba avait prévu de mettre en place un groupe audiovisuel panafricain. A son avis, dans le domaine de la communication, quels que soient les moyens qu’on a, c’est un domaine qui est ouvert, le domaine du savoir-faire, du talent et de l’intelligence. « Parfois, on peut avoir tout ce que l’on veut, mais ce sont les contenus qui sont importants. En termes de contenu, l’Afrique en a d’extraordinaires à montrer entre Africains mais aussi au monde entier. Nous sommes à l’époque du numérique où il y a une multiplicité de chaines, les canaux de diffusion sont diversifiés. Est-ce que nous allons être des spectateurs ou des consommateurs passifs, ou nous voulons être des acteurs ? Je me suis dit qu’il faut penser à mettre en place un projet multimédia et je suis convaincu que c’est ça qu’il faut faire », dit-il.

Ainsi est née l’idée de ce projet avec des installations d’un niveau technologique sans pareil en Afrique francophone. Avec les facilités accordées par l’Etat gabonais (exonération des impôts et taxes surtout), il a pu décrocher, en moins de cinq jours, une autorisation exceptionnelle. Et au niveau bancaire aussi, l’ancien Dg d’Orabank Gabon lui a été d’un soutien inestimable. Aujourd’hui, il a tout soldé. « J’ai travaillé pendant 30 ou 35 ans, et quand on a la chance de gagner la confiance des autres, il faut savoir restituer ce que Dieu vous a donné, ce que les autres vont ont donné, ce que l’Afrique vous a donné aux générations qui montent. Je ne vais pas faire la même chose que tout le monde, je vais aider également à la formation des jeunes africains, au perfectionnement de ceux qui sont déjà dans le métier par des cycles de formation. Ce qui explique la configuration de ce complexe, pas seulement dans la communication, mais dans d’autres domaines », avance-t-il. Un domaine de la communication qui ne se limite pas seulement aux journalistes mais aux métiers de la communication et de l’audiovisuel qui sont énormes.

« Un projet panafricain »
« C’est tout ça que j’ai voulu mettre dans un seul et même endroit, mais en faisant un projet panafricain dans sa composition, son personnel, son recrutement, l’implantation géographique, dans son contenu et international, parce qu’il faut que l’Afrique s’ouvre et parle au reste du monde ». Cela, par la grâce d’une Afrique esthétique et visionnaire qui entend positiver son image et sa marque. Son groupe panafricain fonctionnera en français et en anglais. C’est Ousmane Cissé, un homme d’expérience de l’audiovisuel et maîtrisant parfaitement les techniques de management, qui assurera la direction générale du groupe. A son avis, dans un projet de cette envergure, l’idéal serait d’avoir un budget de 10 milliards de FCfa pour recruter un personnel et le mettre dans de bonnes conditions de créativité et d’inventivité. « J’aimerais avoir quatre chaines à partir d’ici et 10 chaines numériques, payer le satellite. Et ça demande un gros budget. Ce n’est ni en un an ni en deux ans que vous allez récupérer votre argent. Je ne pense pas récupérer quoi que ce soit. C’est pourquoi certains ne comprennent pas que je ne sois pas dans une logique financière. Je suis dans une logique d’engagement, de restitution d’une partie de ce que Dieu m’a donné aux Africains, à mon métier et à ma formation », indique Matar Sylla.

Un projet où le panafricanisme occupe une place de choix puisque chaque salle a un parrain : E lhadj Omar Bongo, Hassan II, Katoucha Niane, Césaria Evora, Sembène Ousmane, Amadou Hampathé Bâ, Léopold Sédar Senghor, Nelson Mandela, etc. « Je veux que ce complexe soit le creuset de l’Afrique et montrer que tout ce que je dis est en cohérence avec le personnel, le programme. Cela doit se sentir par toutes les personnes ». Et à la question de savoir pourquoi n’avoir pas implanté pareil projet au Sénégal, l’ancien Dg de la Rts a souligné ne pas vouloir être désobligeant avec qui que ce soit. « Quand j’ai quitté la Rts, quand j’étais au Cameroun, je travaillais avec quelqu’un, mon associé, et nous avions un budget de 220 milliards. J’avais les moyens de venir implanter ce paradis ici. J’ai déposé tous les dossiers, mais je n’ai jamais eu de réponses. C’est vrai, on me reproche beaucoup de ne pas faire ce projet au Sénégal. On sait que nul n’est prophète dans son pays. J’ai voulu faire un immeuble au Sénégal sur ma maison paternelle en allant chez le notaire avec tous les ayants-droit et héritiers, et depuis deux ans, je cours derrière une autorisation de construire. C’est mon pays, je ne vais pas baisser les bras, je tendrai la main aux gens qui pensent qu’on peut faire ce travail au Sénégal. Dans mes projets, celui que je veux faire au Sénégal est plus grand que celui-ci », confie-t-il. Pour le moment, Matar Sylla se limite à son projet gabonais en espérant pouvoir démarrer bientôt. « Tout ce que je devrais faire, je l’ai fait. Le président de la République du Gabon m’a rendu visite il y a plus d’un an. Il a passé près d’une heure de temps avec nous, il est au courant de tout. Il sait absolument tout. Il y a des choses que j’attends et ça ne veut forcément pas dire d’argent. Mais par rapport au recrutement. Car j’ai besoin de certaines facilités et j’attends en toute patience. J’estime avoir fait tout mon devoir », conclut-il.

De nos envoyés spéciaux au Gabon B. Khalifa Ndiaye et C. F. Keita

C’est un démenti ferme que la présidence de la République vient d’apporter sur des propos prêtés au chef de l’Etat à l’occasion de sa visite à Dubaï. « Le président de la République n'a jamais tenu des propos désobligeants contre qui que ce soit. Encore moins contre les Sénégalaises et les Sénégalais qui ont pris des initiatives pour contribuer à la prise en charge des malades du cancer ayant besoin de la radiothérapie », souligne un communiqué publié par le service de communication de la présidence. « L’expression « oisifs errants » ne saurait lui être imputée encore moins les propos tendant à faire croire que le président de la République s'en est pris à certains de nos compatriotes », a ajouté le texte signé par El-Hadji Hamidou Kassé. Le service de communication précise d’ailleurs que le président s’est exprimé en wolof lors de cette rencontre à Dubaï, avec les sénégalais vivant aux Emirats Arabe Unis. « Le compte rendu de la télévision l’atteste sans ambages », relève El Hadj Hamidou Kassé.

En revanche, regrette le chef du pôle communication de la présidence de la République, certaines voix ont profité de la situation pour tenter de manipuler l'opinion. « Personne n'a le droit de faire de la souffrance des malades un « thème de campagne », dit M. Kassé ajoutant que dans l’urgence, il est essentiel de se concentrer sur l'impératif de solution. Il rappelle, à cet effet, l’annonce faite par le chef de l’Etat d’acquérir des appareils neufs répondant aux normes.

M.NDONG

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