A LA UNE (1823)

Erigée en commune chef-lieu de département depuis 2008, Malem Hodar garde encore un visage rural malgré les efforts conjugués de l’Etat et de l’équipe municipale sous la houlette d’Abdou Ndao. Ce dernier réclame vivement la construction d’une brigade de gendarmerie dans la localité.

L’érection de Kaffrine en chef-lieu de région en 2008 a permis à Malem Hodar, alors chef-lieu de communauté rurale, de devenir capitale départementale. Elle accède ainsi au statut de commune. Pourtant, malgré ce changement de statut, Malem Hodar peine à décoller. En ce mois de juillet, la campagne électorale bat son plein sur l’ensemble du territoire. Mais à Malem Hodar, c’est le calme plat. Beaucoup d’habitants de cette bourgade sont absorbés par les travaux champêtres. Ayant pris départ à Kaffrine, nous arrivons à Badianène, village rattaché à la commune et situé sur la route nationale. Pour se rendre dans cette commune rurale, il faut à partir de Badianène, bifurquer à gauche. Près d’un kilomètre sépare les deux localités. Ici, les moyens de transport restent dominés par les motos Jakarta. D’ailleurs en ce mois de juillet, les conducteurs de motos Jakarta se bousculent dès qu’ils aperçoivent un potentiel client. Nous demandons à un jeune conducteur de nous faire visiter la ville, nous montrer les endroits stratégiques.

Nous sillonnons les quartiers Taïba, Tawa Keur Elhadji, Imine Dine, Escale, Guinaw Rails. « Malem Hodar reste toujours une commune rurale malgré son statut de chef-lieu de département. Il n’y a rien à visiter ici », lance avec ironie le jeune Ndao. Ce dernier n’a pas tout à fait tort. Près de dix ans après son érection en chef-lieu de département, Malem Hodar garde encore un aspect rural. Ceux qui connaissent la localité soutiennent qu’elle n’a pas connu un changement notable. Ici, cases aux toits de chaume côtoient des bâtiments en banco. Les édifices en dur sont rares. Les maisons à étage constituent un luxe. Après avoir sillonné la ville, nous n’avons pu dénombrer qu’une seule maison à étage en finition qui abrite une officine de pharmacie. C’est pourquoi trouver un bon logement n’est pas chose facile. Les services déconcentrés comme la préfecture sont logés dans des maisons conventionnées.

Il n’y a qu’une rue principale goudronnée qui part de la route nationale depuis le village de Badianène et qui passe par les quartiers de Taïba, Guinaw Rails, Escale. Une bretelle bifurque jusqu’à la préfecture. Ensuite, la route est prolongée jusqu’au marché situé non loin. A part cette route longue de près de trois kilomètres, il y a quelques rues recouvertes de latérite. Les autres rues sont sablonneuses.

Les services déconcentrés de l’Etat s’installent timidement. En dehors de la préfecture, confie le maire Abdou Ndao, il y a les services départementaux de l’agriculture, de l’élevage, de l’action sociale, des eaux et forêts, de la jeunesse, du développement communautaire. Cependant, ajoute-t-il, Malem Hodar continue de dépendre de Kaffrine pour des services comme la douane, les impôts et domaines, l’urbanisme, l’hydraulique. Il n’y a pas non plus de tribunal.

Un chef-lieu de département sans banque
L’absence des institutions bancaires est frappante. Il n’y a que la Poste ici. Pour faire une opération, les habitants de Malem Hodar sont obligés de se rendre à Kaffrine, distant de près d’une trentaine de kilomètres. Cette situation est en grande partie due à l’absence d’une brigade de gendarmerie ou d’un poste de police. « Beaucoup de structures bancaires veulent s’installer mais du fait de l’insécurité, elles hésitent. Pour le moment, nous dépendons de la brigade de gendarmerie de Kaffrine qui a détaché deux à trois éléments », a fait savoir Abdou Ndao aux commandes de l’équipe municipale depuis 2009. Comme beaucoup d’habitants de Malem Hodar, il demande la construction dans les meilleurs délais d’une brigade de gendarmerie. « Nous n’avons pas de brigade de gendarmerie ni de poste de police. Nous voulons avoir des infrastructures à l’image de Kaffrine ou de Koungheul », note Abibou Ka, dit Laye Bamba, commerçant au marché de Malem Hodar. Saluant les efforts du maire qui a permis l’extension du réseau électrique, la construction de toilettes et de cantines au marché, M. Ka déplore tout de même le stationnement anarchique des camions. Jeune réparateur de télé, Boubou Maty Ka souhaite que Malem Hodar     puisse disposer d’un stade moderne afin que les jeunes puissent s’épanouir pleinement. « Nous avons un maire travailleur qui nous a valu beaucoup de satisfaction. Il soutient énormément la jeunesse mais nous voulons un stade digne de ce nom», fait savoir M. Ka. «Nous avons un maire qui se débrouille bien. Avant, il n’y avait pratiquement rien ici. Depuis son arrivée en 2009 à Malem Hodar, nous avons vu des changements. Cependant, nous voulons des financements pour les femmes et les jeunes », plaide Fatoumata Diallo. Conseiller municipal, Oumar Mbaye soutient que l’équipe dirigée par Abdou Ndao a pu, malgré des moyens limités, faire de bonnes réalisations. Il cite, entre autres, la réhabilitation et le prolongement de la route qui va de Badianène à Malem, le nouveau château d’eau, deux ambulances médicalisées. «Depuis l’avènement d’Abdou Ndao, ça bouge même si Malem Hodar garde encore un aspect rural. Il a fait beaucoup de réalisations », confie Massyla Samb, conseiller municipal et membre du Grand parti. Ce dernier affirme que c’est le  gouvernement qui tarde à exécuter pour le compte de Malem Hodar certaines mesures prises lors du Conseil des ministres délocalisé tenu à Kaffrine en 2015.

Reportage de Aliou KANDE

Grâce à l’appui du gouvernement du Japon,  la Fédération pour le développement des éleveurs du Djolof (Fbaj) a étrenné son nouveau centre de formation en élevage d’une valeur de 43 millions  francs de FCfa. Les éleveurs de Linguère ont aussi bénéficié d’un camion frigorifique, de deux réfrigérateurs et d’un groupe électrogène.

Comme prévu, le centre de formation en élevage du département de Linguère a été inauguré avant-hier par l’ambassadeur du Japon au Sénégal,  son excellence Shigeru Omori, en présence du préfet Amadou Bamba Koné, du secrétaire général de l’association « Fedde Bamtoore Aynaabe Jolof », Cheikh Ndiaye et de plusieurs personnalités de la localité. Ce centre, financé par le Japon dans le cadre de l’assistance aux projets locaux, va contribuer à l’encadrement de 1.000 éleveurs par an.

Il permettra de former les professionnels du secteur sur les différents sujets tels que les actes vétérinaires et le changement climatique. Le centre va jouer un rôle important pour la collecte, la conservation et la transformation de 48.000 litres de lait par an. Il va contribuer de manière significative à réduire les pertes de lait et à améliorer la couverture des besoins nutritionnels des populations. Selon le président de la Fbaj Lébol Ba, ce centre est d’une importance capitale parce qu’il va aider au renforcement de capacités des éleveurs de Linguère. « Mieux, il va faciliter la vente de lait parce que nos femmes ont reçu du matériel de froid qui aidera à améliorer la qualité de la conservation du lait », a expliqué M. Ba, qui a ajouté que ce projet motivera davantage les éleveurs à produire plus de lait et de générer plus de recettes au bénéfice de leurs familles. Pour l’ambassadeur du Japon au Sénégal, son excellence Shigeru Omori, son pays est sensible à la situation des agriculteurs et des éleveurs car ils assurent la couverture des besoins alimentaires de base des populations. « C’est la raison pour laquelle, il a accepté de soutenir ce projet afin d’apporter sa contribution à la promotion du secteur primaire au Sénégal », a indiqué le diplomate. Il a invité les membres de  la Fédération pour le développement des éleveurs du Djolof (Fbaj) à veiller sur la maintenance du bâtiment et des équipements mis à leur disposition.

Masse NDIAYE

Le Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3Fpt) et l’Association sénégalaise des professionnels des ressources humaines (Asprh) ont fait face aux journalistes. Le directeur du 3Fpt, Dame Diop a salué la décision historique de l’État du Sénégal de verser 20 milliards de FCfa pour assurer le renforcement des capacités.

Toutes les entreprises du Sénégal payent à l’État, à la fin de chaque mois, un impôt dénommé Contribution forfaitaire à la charge des employeurs (Cfce). C’est 3% de leur masse salariale. C’est une manne financière de 20 milliards de FCfa. Selon le directeur du Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3Fpt), Dame Diop, qui animait, avant-hier, une conférence de presse, ce montant était dilué dans le budget de l’État. Mais, le président Macky Sall a pris la décision historique, depuis 2016, de reverser intégralement cette somme à la formation professionnelle via le Fonds. « L’année dernière, le président nous a donnés 25% ; cette année, il nous a remis 50%, soit 10 milliards de FCfa, et l’année prochaine, on va passer à 100%. Il faut saluer cela, parce que c’est une vieille revendication du patronat, du secteur de la formation, mais le régime précédent a toujours fait la sourde oreille », a déclaré M. Diop. A l’en croire, le Fonds va participer à créer la revalorisation de la formation, à renforcer des capacités des jeunes pour l’obtention d’un emploi et participer à l’amélioration de la compétitivité des entreprises.

Il a, par ailleurs, révélé que 6.000 personnes ont été financées paar le 3Fpt pour près de 600 millions de FCfa. « Nous avons 50%, soit 10 milliards de FCfa, de notre budget réservé à la formation des travailleurs des entreprises. Notre objectif, c’est de toucher le maximum d’entreprises, les accompagner, car elles font, aujourd’hui, notre tissu économique. Mais, malheureusement, elles n’ont pas le temps et le moyen de développer des plans de formation », a-t-il souligné. Pour sa part, le Secrétaire général de l’Association sénégalaise des professionnels des ressources humaines (Asprh), Abdoul Alpha Dia, a remercié le directeur de 3Fpt, qui a impulsé ce projet.

Serigne Mansour Sy CISSE

La plainte citoyenne contre l’État du Sénégal auprès de la Cedeao annoncée par les jeunes du Mouvement « Y en a marre » pour réparation des préjudices causés par tous les dysfonctionnements notés dans l’organisation du scrutin législatif du 30 juillet dernier a fait réagir Me Ousmane Sèye, qui a tout bonnement rejeté les griefs évoqués et prédit le classement sans suite de ladite plainte.

L’avocat-politicien allié de la mouvance présidentielle est dépité par le dépôt d’une plainte annoncée en grande pompe par le « Mouvement Y en a Marre » qui risque de ne pas aboutir. Il s’est refusé à toutes les polémiques de bas étage et pour la plupart manipulatrices ayant entouré l’organisation des dernières élections législatives. Aux griefs listés par ces jeunes qui ne symbolisent plus ces citoyens d’alors déterminés à lutter pour la bonne gouvernance, la transparence dans la gestion des affaires publiques et la défense des libertés et valeurs démocratiques au péril de leurs vies, Me Sèye a opposé les siens. D’abord il aurait souhaité que « les juridictions saisies soient compétentes pour dire la prouesse faite par l’administration sénégalaise en enrôlant dans un délai de moins de 6 mois, 6.219.446 électeurs avec la confection de 5.000.000 cartes d’identité distribuées à plus de 4.000.000 d’électeurs sur la base d’un fichier fiable parce qu’ayant fait l’objet d’un audit physique ». A l’en croire, malgré certains dysfonctionnements constatés dans la distribution des cartes d’électeurs, « il faut reconnaître que l’objectif fixé à l’administration était d’enrôler 4.000.000 d’électeurs et cet objectif a été atteint ». Mieux, ces élections qui ont comptabilisé 6.219.446 inscrits dont 3.337.494 votants avec un taux de participation historique de 53,66% constituent « un record qu’il faut saluer et c’est cela la réalité des élections du 30 juillet 2017 », a-t-il fait savoir.

Aussi, considérant que c’est bien le Conseil constitutionnel « qui a permis à tous les électeurs inscrits, donc détenteurs de récépissés de voter, nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude », dira-t-il. Qui plus est, parce que ses décisions s’imposent à toutes les autorités administratives et juridictionnelles, « elles ne sont susceptibles d’aucune voie de recours », a-t-il poursuivi. Non sans s’interroger « de quelle légitimité ces Ong peuvent fondamentalement se prévaloir pour ester en justice au nom de citoyens ou électeurs Sénégalais pour lesquels elles n’ont pas été mandatées ». Enfin, pour Me Sèye, « la page des élections est résolument tournée par la proclamation définitive des résultats par les sept sages du conseil constitutionnel ; sur ce, il a appelé ses compatriotes à « ne pas se laisser distraire encore moins manipulé » et à « se focaliser vers l’avenir et s’unir dans le travail pour un Sénégal émergent et prospère ».

M. L. DIEYE

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche informe les nouveaux bacheliers de l’ouverture des demandes d’admission et de préinscription dans les établissements d’enseignement supérieur du Sénégal. La procédure s’effectue du 14 au 30 août 2017 sur le site de Campusen. L’inscription sur le site orientation.campusen.sn se fait avec le numéro de table, l’année de baccalauréat et la date de naissance. Pour la demande d’orientation, le futur étudiant doit créer un dossier sur le site Internet et cocher trois filières par université. Une dérogation est accordée aux titulaires du Bac scientifique (F6, S et T) qui se retrouvent avec la possibilité de choisir jusqu’à cinq filières par université. Le choix se fait préférablement par ordre décroissant. Des modifications restent possibles jusqu’à la date limite.

Dans un communiqué parvenu à la rédaction, l’autorité insiste sur le respect du délai imparti. Elle précise que l’Etat n’orientera pas les nouveaux bacheliers qui n’auront pas formulé leur demande au-delà du 30 août à minuit. Elle conseille aussi les candidats aux concours des écoles et instituts supérieurs de s’inscrire. Ils pourront ainsi conserver le droit d’être ultérieurement orientés en cas de non-sélection. Le ministère demande aux bacheliers de conserver soigneusement leurs informations de connexion sur Campusen (code INE, numéro de table, mot de passe et année de baccalauréat). Il leur est formellement interdit de recourir à l’aide de personnes étrangères pour effectuer ces opérations, au risque de se voir refuser l’orientation.

Mamadou Oumar KAMARA (stagiaire)

Le coordonnateur départemental de la coalition « Bennoo Bokk Yaakaar » de Guédiawaye, Aliou Sall, a profité d’une manifestation sportive tenue hier au stade Amadou Barry pour tendre la main à El Hadj Malick Gackou, l’invitant à rejoindre le camp présidentiel et à contribuer à l’œuvre de développement du Sénégal aux côtés du président de la République Macky Sall.

Le coordonnateur de Bby de Guédiawaye s’est dit convaincu que Malick Gackou a le droit de nourrir des ambitions. Cependant, il n’en pense pas moins que l’intérêt du leader du Grand parti (Gp) est que cette ambition se situe au-delà des deux mandats du président Macky Sall. Il a fait cette révélation en marge de la finale de la coupe du maire de Guédiawaye qu’il a présidée en présence de l’écrasante majorité des responsables de la coalition Bby de Guédiawaye.

Invité à faire une lecture de la victoire de la coalition Bby à Guédiawaye et à l’échelle nationale à l’issue des élections législatives, le maire de Guédiawaye a répondu que la victoire est encore fraîche dans les mémoires, si bien qu’il faudra laisser au camp présidentiel la savourer d’abord avant de se livrer à des commentaires. Cependant, Aliou Sall a affirmé qu’il souhaite un avenir radieux à Malick Gackou, mais, a-t-il précisé, faudrait-il que cet avenir soit au sein de la coalition Bby. «Je lui souhaite un bel avenir tout en ayant l’intime conviction que la coalition Bby est le meilleur cadre pour obtenir cet avenir prometteur», a déclaré le maire de Guédiawaye.

Aliou Sall a indiqué que ce sont ses deux mains qu’il tend à El Hadj Malick Gackou pour l’inviter à rejoindre la coalition Bby. «Bennoo est le camp qui construit le Sénégal et il a sa place dans ladite coalition. Maintenant, à la fin du second mandat de Macky Sall qu’il va entamer en 2019, nous verrons ce que cet avenir sera fait. J’espère que cela est possible », a-t-il ajouté. « Pour le moment, qu’il vienne retrouver sa place dans la coalition présidentielle afin que nous puissions travailler ensemble », a soutenu Aliou Sall.

Abdou DIOP

Le chef d’antenne régionale du Programme multinational de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2rs), Mamadou Camara, a annoncé la création de 60 micro-périmètres irrigués dans les régions. Ce projet qui va toucher 8360 jeunes, soit 1390 par région, est mis en place dans le cadre de la promotion de l’emploi des jeunes.  

Pour promouvoir l’emploi des jeunes dans les régions, une soixantaine de micro-périmètres irrigués sont en train d’être créés au Sénégal. L’annonce a été faite par Mamadou Camara, chef d’antenne régionale de Fatick du Programme multinational de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2rs). La région de Fatick va bénéficier, à elle seule, de dix micro-périmètres irrigués. Mamadou Camara s’exprimait lors de la réunion du comité régional de développement tenue mercredi à la gouvernance de Fatick. Il a affirmé à cette occasion que ces périmètres irrigués permettront de résoudre la question d’emploi des jeunes dans les régions.

« C’est un projet de l’appui à l’auto-emploi, de l’entreprenariat des jeunes et de l’amélioration de l’employabilité », précise M. Camara. Il a souligné que ces 60 micro-périmètres seront mis en œuvre en partenariat avec l’Anida sur le modèle des fermes « Natangué ». Selon lui, chaque périmètre coûtera entre 10 à 12 millions de FCfa par jeune. La sélection de ces derniers se fera en collaboration avec les autorités administratives.  Les sélectionnés bénéficieront d’un appui dans le montage des dossiers de crédits.

Mamadou Camara a profité de la rencontre pour tirer le bilan des activités du P2rs durant le premier semestre 2017. Il a informé à l’occasion que les travaux de construction des digues de retenue de Mbouloum et de Ndiankha Ali, de la digue anti-sel de Balol,  du marché de bétail de Mbar et des fermes aquacoles de Fatick, Ndangane Sambou et de Missirah se poursuivent. De même que la réhabilitation de la digue anti-sel de Djilor Péthie et de celle de Ndiémou.

L’objectif de ces projets était de récupérer 3000 hectares d’emblavure pour le riz. Dans ce programme, ajoute notre interlocuteur, 3013 ha dont 2318 h de bas-fond et 695 ha de plateau ont été recensés pour une quantité prévisionnelle de 185,6 tonnes de riz. La culture du mil occupe aussi une place importante dans ce programme puisque 500 hectares sont aménagés pour doper cette culture.

Le projet a mené d’autres activités comme la protection de l’environnement, la régénération des ressources ligneuses, le développement des filières animales, entre autres. « Nous avons aussi participé au renforcement de la nutrition avec la cellule de lutte contre la malnutrition », a conclut M. Camara.

Oumar Ngatty BA

’équipe nationale féminine de basket du Sénégal a fait respecter son statut de championne d’Afrique en titre, en venant à bout de la Guinée, 105 à 39, vendredi à Bamako (Mali), en match d’ouverture de l’édition 2017 de l’Afrobasket.

A la fin de la première période, les Lionnes menaient déjà par 53 à 17, soit 36 points d’écart. Les protégées du coach Moustapha Gaye continuaient sur cette lancée après la reprise du match, une domination qui leur a permis de porter l’écart à 59 points à la fin du troisième quart temps, le score étant de 81 à 22 à ce moment.

Le Sénégal a finalement remporté cette partie 105 à 39, un écart qui témoigne également de la différence de niveau entre les deux équipes.

Avec ce résultat et un tel score, les Lionnes ont réussi une bien meilleure entame de compétition, comparée à leur entrée en matière lors de la précédente édition quand elles dominaient les Guinéennes par 102 à 44. Le Sénégal, champion d’Afrique en titre, a été logée dans la poule B de l’Afrobasket 2017, en compagnie notamment du Mozambique que les Lionnes vont jouer samedi.

Les autres adversaires du Sénégal dans ce groupe sont le Nigeria, l’Egypte et la République démocratique du Congo (RDC). L’édition 2017 de l’Afrobasket dames, ouverte ce vendredi, se poursuit jusqu’au 27 août dans la capitale malienne.

APS

De nos jours, les structures sanitaires militaires refusent du monde, notamment des civils, surtout en cette période hivernale. Cet engouement se justifie par plusieurs raisons.

Pied enflé causé par une plaie qu’il pense négligée, Abdourahmane Kouyaté, un pêcheur blessé par un poisson en pleine mer aux larges de Joal, suit la queue devant la salle de soins du Centre médical inter-armées (Cmia). Selon lui, l’assistance et la rigueur sont plus constatées dans les centres médicaux militaires. « Je suis blessé par un poisson à Joal, mais j’ai décidé de venir jusqu’ici pour me soigner grâce au professionnalisme et à la manière dont les militaires traitent les patients », explique-t-il. Si certains casent leurs appréciations dans la qualité des soins, d’autres se réjouissent de l’accessibilité financière des médicaments, dans la mesure où les ordonnances prescrites sont cédées à moindre coût.

La quarantaine, Maguette Diouf, accompagnant sa fille atteinte de paludisme, est impressionnée par la disponibilité des militaires qui servent dans ces centres médicaux. Souffrant d’une grippe, elle a été séduite par l’assistance dont elle a bénéficié le jour où elle a été évacuée vers 3 heures à l’infirmerie du camp militaire de Thiaroye. Un geste qu’elle qualifie d’une marque de considération avérée la poussant à lancer : « tant que je suis en vie, je resterai toujours fidèle aux centres médicaux des armées ».

L’hôpital militaire de Ouakam (Hmo), une structure qui accueille beaucoup de patients par jour, en particulier des militaires et leurs familles, est aussi ciblé par les civils. Croisée devant la porte du laboratoire de cet établissement sanitaire, F. Gaye, une civile originaire de Pikine, travaillant pour le compte de l’armée, car faisant partie des personnels civils des armées, dit être satisfaite de la manière dont les blouses blanches militaires s’acquittent de leur mission régalienne. « J’habite à Pikine, mais à chaque fois que je ne me sens pas bien, c’est ici que je me fais traiter. Les militaires sont sans façon, ils se familiarisent avec les malades dans le seul but de les assister moralement, physiquement et parfois même financièrement quand il le faut », témoigne-t-elle.

Toujours dans cet hôpital, une longue queue se forme au Centre de médecine physique. Lequel accueille des patients souffrant pour la plupart de pathologies osseuses. Parmi eux, Pape I. Faye, enfant de militaire. Il se plaint de douleurs vertébrales. Il déclare être né dans un hôpital militaire et s’y soigne à chaque fois que le besoin se fait sentir, avec ses frères et sœurs et sous la conduite de leur père. « Mon Papa est militaire, c’est pourquoi je suis venu ici pour une séance de kinésithérapie, je ressens des douleurs qui me font extrêmement mal à la colonne vertébrale, mais depuis que j’ai commencé le traitement, je me sens mieux », explique-t-il.

« L’environnement favorable, l’accueil, le professionnalisme, la rigueur dans la discipline, la confiance et le soutien psychologique sont, entre autres, les raisons du choix porté sur les structures à vocation sanitaire des armées par les civils », affirme l’Adjudant S. Ndao, major du Centre médical de garnison (Cmg) de Bel-Air qui se dit fier de son domaine de compétence et juge un tel choix de la part des civils comme un honneur pour l’armée.

Khadim NIASSE (stagiaire)

Michel Régis Onanga M. Ndiaye a pris fonction à Dakar depuis septembre 2015 comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République Gabonaise près la République du Sénégal, avec juridiction sur la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau et le Cabo Verde. Le diplomate de carrière, conseiller des Affaires étrangères, venait de quitter New York où, en 2005, il était Conseiller en charge des questions de Paix et Sécurité dans le cabinet du président de la 59ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, puis en 2010 ministre conseiller à la Mission permanente du Gabon auprès des Nations Unies, au moment où le Gabon était admis comme membre non permanent du conseil de sécurité. L’ambassadeur Onanga Ndiaye a précédemment exercé, en 1994, à la Direction des organisations internationales au ministère gabonais des Affaires étrangères, puis comme directeur de cabinet, en même temps qu’il dispensait des enseignements à la section diplomatie de l’Ena du Gabon. L’ambassadeur s’est prêté à nos questions à l’occasion du 57ème anniversaire de l’accession du Gabon à la souveraineté internationale.

L’ambassadeur du Gabon à Dakar se nomme Ndiaye, un patronyme typiquement sénégalais, comme tout le monde le sait, il n’y aurait-il pas une erreur quelque part ? Qui est l’ambassadeur Régis Onanga Ndiaye ?
Votre préoccupation n’est pas nouvelle. Depuis mon arrivée à Dakar, en septembre 2015, je suis souvent questionné à ce propos. Si cela peut vous rassurer, je vous confirme que je suis Gabonais, né d’un père Mbahouin de Boumango dans le Haut-Ogooué et d’une mère Nkomi d’Omboué dans le Fernand Vaz, le tout au Gabon. Plus simplement, je suis également un fruit de la diversité culturelle. Mon nom Ndiaye me vient de mon grand-père paternel qui était d’origine sénégalaise et française, suite à sa participation comme soldat à la 1ère Guerre mondiale. Après la 2nde Guerre mondiale, mon grand-père a vécu au Congo comme commis de l’administration coloniale et mon père y est né en 1929. Juste avant l’indépendance du Gabon et suite aux « ajustements frontaliers » arrangés par le pouvoir colonial de l’époque pour définir définitivement la frontière entre le Gabon et le Congo indépendants, mon grand-père se retrouva affecté dans le Haut-Ogooué, notamment à Franceville où il séjourna jusqu’à la fin de ses jours. Pour votre information, sachez qu’au Gabon, comme dans beaucoup d’autres pays africains, nombreuses sont les familles qui portent des patronymes d’origine sénégalaise (Ndiaye, Diop, Guèye, Bâ, Mbengue…). Cela illustre bien la qualité et la profondeur des liens qui unissent le Gabon et le Sénégal et ses nombreux symboles.

Le Gabon a toujours été un pays d’émigration traditionnelle pour les Sénégalais et les deux pays entretiennent de tout temps une étroite et ancienne coopération. Qu’en est-il entre Dakar et Libreville près de soixante ans après ?
Les relations entre le Gabon et le Sénégal sont excellentes. Ce sont des relations bilatérales qui datent de bien avant les indépendances et qui sont basées sur des liens humains, d’amitié et de fraternité avec une histoire pleine de symboles. Ces liens ont continué de s’enrichir et de se renforcer sous la conduite éclairée des présidents Ali Bongo Ondimba et Macky Sall et, avant eux, de leurs illustres prédécesseurs. Les relations diplomatiques existent depuis plusieurs décennies. Le dialogue politique et diplomatique instauré depuis lors, entre les deux pays, traduit le caractère étroit des liens historiques d’amitié et de coopération qui existent si heureusement entre nos deux pays. Ces relations d’amitié et de fraternité, doublées d’une estime mutuelle, se sont matérialisées à ce jour, par des visites officielles réciproques des deux chefs d’État dans l’un et l’autre pays. Il nous souviendra que le Président Ali Bongo Ondimba a effectué des visites d’amitié et de travail au Sénégal, notamment en avril 2010, à l’occasion de la cérémonie qui a marqué la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Sénégal, suivie de celle du président Macky Sall à Libreville en décembre 2014. De même, la fréquence des rencontres officielles entre les autorités gouvernementales des deux pays laisse largement entrevoir des convergences de vues entre les gouvernements gabonais et sénégalais sur des questions aussi importantes que la promotion de la paix et de la sécurité, la bonne gouvernance, la démocratie et l’émergence de nos pays. Plus d’une trentaine d’Accords au total forment l’ossature de la coopération bilatérale entre nos deux pays.

Après la visite de travail et d’amitié du président Ali Bongo Ondimba en 2010 et celle effectuée en octobre 2014 par Emmanuel Issoze Ngondet, alors ministre d’État, ministre des Affaires Étrangères, de la Francophonie et de l’Intégration régionale, quatre nouveaux Accords ont été mis en application. Pouvez-vous nous les rappeler ?
Il s’agit notamment de l’Accord entre le gouvernement de la République gabonaise et le gouvernement de la République du Sénégal relatif à l’exemption de visa pour les détenteurs des passeports diplomatiques, de service ou officiel, le 24 octobre 2014 : du Mémorandum d’entente en consultation diplomatique régulière, le 09 décembre 2014 ; de l’Accord portant sur la mise en œuvre du comité de suivi, le 09 décembre 2014 et enfin, de l’Accord de coopération dans les domaines de la jeunesse, des sports et de vie associative, le 09 décembre 2014. Hormis les Accords signés, le Gabon et le Sénégal ont une douzaine de projets d’accord sur la table des négociations qui pourront aboutir lors de la 8ème Commission mixte de coopération prévue au Sénégal vers la fin de l’année en cours. La tenue de celle-ci a été, depuis 2012, au sortir de la 7éme Session de la Grande Commission Mixte de Coopération Gabon-Sénégal, conditionnée par le dépôt de relevé des conclusions de la Commission d’Évaluation des Experts, mise en place par les deux parties, de l’état de mise en œuvre de tous les Accords signés à ce jour.

Quelles sont les axes prioritaires de la coopération entre le Gabon et le Sénégal ?
La priorité la plus importante, à mon avis, devrait être la préservation et la consolidation des acquis, c’est-à-dire renforcer l’ensemble de ces liens d’amitié, de fraternité qui durent depuis si longtemps. Je ne doute point que l’une des thématiques à l’ordre du jour de la prochaine Grande Commission Mixte Gabon-Sénégal sera l’évaluation de la mise en œuvre de l’ensemble des Accords de coopération qui lient nos deux pays. Le Gabon voudrait renforcer également sa coopération avec le Sénégal dans le domaine de l’enseignement universitaire et la formation professionnelle, au regard du nombre sans cesse croissant de jeunes Gabonais étudiants et stagiaires formés au Sénégal, mais également des échanges réguliers entre enseignants gabonais et sénégalais dans les deux pays. La formation militaire dans les écoles d’officiers et sous-officiers de l’École nationale d’officiers d’Active de Thiès, l’École militaire de santé de Dakar et le Prytanée Militaire de Saint Louis, sont des modèles encourageants de coopération réussie.

La coopération économique et commerciale se doit d’être renforcée au regard des atouts multiformes dont disposent le Gabon et le Sénégal pour améliorer les performances de nos économies. Si l’on peut se féliciter de la qualité des relations politiques et diplomatiques, il y a lieu de convenir qu’en dépit du renforcement du cadre formel en vigueur, la structure des échanges commerciaux entre nos deux pays constitue une faiblesse qui nécessite d’être corrigée, au regard des potentialités qu’offrent nos pays respectifs et des ambitions partagées par nos deux chefs d’État. Même si l’analyse des données laisse entrevoir une faiblesse des échanges commerciaux entre 2013 et 2016, il est à noter que la balance commerciale est en faveur du Gabon. Il conviendrait de retenir néanmoins, que le commerce entre le Gabon et le Sénégal est l’un des plus dynamiques que mon pays entreprend avec les États africains, en général, et avec les pays de la zone Franc en particulier. Par conséquent, il nous faut travailler au développement plus large encore des échanges économiques et commerciaux, conjugué à la promotion des relations de partenariats dynamiques entre opérateurs économiques de nos deux pays. L’organisation, ce 17 août 2017, dans les jardins de l’Ambassade du Gabon à Dakar, de la 1ère Édition du Salon de l’Entreprenariat et des Échanges Professionnels des Gabonais au Sénégal, participe de cette volonté et est conforme aux nouvelles orientations du président Ali Bongo Ondimba visant à faire de la diplomatie gabonaise une diplomatie économique au service du développement, tel que décliné dans le Plan stratégique Gabon émergent (Psge).

Et enfin, dans le domaine culturel, il faut souligner que c’est l’un des domaines qui marche le mieux et que nos deux pays se sont mutuellement enrichis au fil des années. L’inauguration, ce 13 août 2017, de la chaîne « Label TV » de Mactar Sylla ; la présence de jeunes animateurs et producteurs gabonais dans les chaines de radio et la cinématographie au Sénégal, la production par les artistes Abiba et Sidiki Diabaté de la seconde chanson de la CAN 2016 au Gabon, la participation de l’agence de cinématographie gabonaise dans le film « Félicité » d’Alain Gomis, les échanges entre le musée de Libreville et le musée des civilisations noires de Dakar sont également des exemples notoires à encourager.

Comment appréciez-vous vos relations avec les autorités sénégalaises?
Depuis mon arrivée au Sénégal, j’ai initié, auprès des autorités sénégalaises, une série de visites de courtoisie conformément à la pratique diplomatique. Ce fut des rencontres d’amitié, de fraternité et de travail visant également à faire le point de la coopération qui unit si heureusement le Gabon et le Sénégal, avec notamment l’administration des Affaires étrangères, le ministère de l’Intérieur, le ministère des Forces armées, le ministère de la Culture et celui de l’Enseignement supérieur.

Ces rencontres sont également des moments pour évaluer notre coopération politique, économique, culturelle et universitaire. Très souvent, ce sont des moments de partage et d’échange visant à rappeler notre histoire commune des siècles derniers marquée de part et d’autre par des hommes comme Cheikh Amadou Bamba puis le capitaine Charles Ntchoréré, les premiers enseignants et travailleurs en bâtiment sénégalais venus au Gabon. Ces rencontres, très appréciées par les autorités sénégalaises, témoignent de la volonté partagée par les deux parties, de renforcer les liens d’amitié et de fraternité mais également d’améliorer la qualité de la coopération multiforme entre nos deux pays.

Vos premières sorties hors de Dakar ont été consacrées aux villes de Louga, Touba, Kaolack et Saint-Louis durant ces deux années. Pourquoi ces choix ?
Ce qu’il faut d’abord retenir, c’est que je connaissais déjà en partie ce pays, pour y avoir fait une partie de mes études primaires à l’école de la rue Thiong, à l’époque dirigée par un Gabonais, puis au secondaire au cours Sainte Marie de Hann, entre 1978 et 1981, lorsque mon père était Directeur d’Air Gabon à Dakar. De retour au Sénégal en qualité d’Ambassadeur, il est dans ma mission de découvrir le Sénégal profond, ses hommes, ses cultures, ses richesses … Puis, comme vous le savez, il y a une forte communauté gabonaise résidant dans plusieurs villes du Sénégal et à laquelle il faut rendre visite et prêter une certaine attention. Mais pour revenir à votre question, c’est vrai que j’ai été à Louga en mai 2016 avec une centaine de compatriotes, pour commémorer le vingtième anniversaire de la construction du complexe Omar Bongo Ondimba de Louga, don du président gabonais à la jeunesse de Louga en particulier et sénégalaise en général en 1996. Nous y avons passé des moments exceptionnellement chaleureux avec les populations de Louga, notamment grâce à mes amis de la famille Djily Mbaye dont le père était un ami du président Omar Bongo, et qui nous ont ouvert les portes du somptueux palais de Monsieur Djily Mbaye durant tout notre séjour.

A Touba, ville sainte, j’ai été en mars 2016, à la fois l’envoyé du président Ali Bongo Ondimba puis l’invité du Khalife Général des Mourides et j’y suis resté quatre jours durant le grand Magal. Point n’est besoin de vous rappeler la profondeur des liens immémoriaux qui unissent le Gabon et la ville de Touba, à travers la communauté Mouride et Cheikh Amadou Bamba. L’histoire et le parcours de ce dernier ont fortement contribué à la solidité des relations entre le Gabon et le Sénégal. Les Gabonais en gardent un souvenir indélébile notamment à Mayumba, dans le sud du Gabon, ou il séjourna durant une longue partie de son exil. D’ailleurs, à l’instar des pèlerinages organisés par les Mourides au Gabon, c’est avec plaisir et humilité que je continuerais à me rendre dans cette ville du grand philosophe et homme spirituel qu’a été Cheikh Amadou Bamba.

A Saint-Louis, c’est une autre partie de l’héritage commun en partage entre le Gabon et le Sénégal que je suis allé visiter à deux reprises. Il s’agit du Prytanée Militaire Charles Ntchoréré de Saint-Louis. Je m’y rends, entre autres tous les 7 juin de l’an, pour y célébrer « la fête du parrain », l’emblématique capitaine Charles Ntchoréré, héros gabonais de la Grande guerre qui est tombé au champ d’honneur, le 7 juin 1940 à Airaines et dont le Prytanée Militaire de Saint-Louis porte le nom depuis 1973, sur décision du président Léopold Sédar Senghor. Ce Prytanée devrait désormais être pour nous un lieu de pèlerinage. Par ailleurs, le Prytanée qui compte parmi les plus anciennes institutions scolaires militaires en Afrique francophone est devenu un lieu de rencontres intellectuelles, de convergences mais aussi un lieu d’excellence. Mon pays le Gabon y a d’ailleurs été honoré une nouvelle fois le 20 juillet 2017, grâce à l’élève Sammy Davis Yann Ombandza, qui a reçu des mains du président Macky Sall le prix du meilleur élève de l’édition 2017 du Concours général sénégalais.

Combien y a-t-il de Gabonais au Sénégal et dans quels secteurs évoluent-ils ?
A ma connaissance et selon les services consulaires de l’Ambassade, il y aurait environ 5.100 gabonais au Sénégal. Ce sont pour une large partie des étudiants boursiers et non boursiers dans les Écoles et Universités sénégalaises, auxquels il faut rajouter de nombreux stagiaires, des militaires en formation, des entrepreneurs, puis de nombreuses familles qui ont choisi, du fait du mariage, de venir s’installer au Sénégal.

Je m’en voudrais de ne pas saisir cette occasion pour réitérer mes remerciements aux Autorités sénégalaises pour leur soutien considérable à l’égard de cette communauté si nombreuse. Les difficultés auxquelles sont confrontés certains étudiants gabonais et mères de famille qui traversent des situations difficiles relèvent plus du domaine administratif et social, notamment les coûts de la scolarité, plus l’assistance pour l’obtention de la carte d’étranger et pour le renouvellement du passeport. Pour l’ensemble de ces préoccupations, des réponses sont en train d’être trouvées progressivement par l’Ambassade et les autorités compétentes gabonaises, avec la création d’une Direction générale des Gabonais de l’étranger, à l’instar de la Direction en charge des Sénégalais de l’extérieur.

Entretien réalisé par A.Diawara et D. M. Fall

Se prononçant sur les résultats définitifs des élections législatives du 30 juillet dernier, les membres de l’Observatoire national de la Parité (Onp) ont tiré un « bilan satisfaisant ». Même si elles reconnaissent que la parité absolue n’est pas facile, Fatou Kiné Diop et compagnie se sont réjouies d’avoir 69 femmes députés en 2017 contre 64 en 2012.

Le 30 juillet dernier, le Sénégal venait d’organiser ses deuxièmes élections législatives paritaires après l’adoption de la loi sur la parité sous Me Wade. A la suite de la proclamation des résultats définitifs, les responsables de l’Observatoire national de la Parité (Onp) ont fait face à la presse. La présidente de l’Onp, Fatou Kiné Diop, a tiré un « bilan satisfaisant » lors de ce scrutin avec 41,8 % des députés qui sont du sexe féminin. Selon Fatou Kiné Diop, il y a une consolidation de la parité au Sénégal car les constats donnent comme résultat, 69 femmes députés contre 64 en 2012. Par rapport à la répartition, il y a eu 27 femmes élues à partir du scrutin proportionnel et 42 à partir du scrutin majoritaire départemental. « Il y a eu une avancée sur le scrutin proportionnel avec 27 femmes députés contre 26 en 2012. Concernant la répartition des plus forts restes du scrutin proportionnel, il y a eu une avancée avec l’élection de 03 femmes sur un total de 09 députés, contre 01 sur 08 en 2012. Il y a lieu d’encourager donc les femmes à être têtes de liste nationale », indique Fatou Kiné Diop, présidente de l’Onp. Renforcement du leadership des femmes politiques Cette dernière salue le renforcement du leadership des femmes qui ont progressé dans l’occupation des têtes de liste au scrutin proportionnel. Aux élections législatives de 2012, il y a eu une seule tête de liste proportionnelle et en 2017, elles ont été 4. sur le départemental, les femmes représentent 10,7 % contre 11,4 % en 2012, résultat qui s’expliquerait par le fait nouveau que constituent les 8 départements de la diaspora qui sont à leur première expérience d’élections paritaires. « Parmi ces départements, 3 sont à sièges impairs et 4 à sièges uniques, or l’expérience a montré que dans de tels cas, il y a plus d’hommes têtes de listes que de femmes, donc plus d’élus hommes. Il y a eu une seule femme tête de liste sur 11 », explique la présidente de l’Onp. La principale difficulté pour les femmes lors des législatives s’est ainsi située dans les régions de la diaspora avec seulement 4 femmes députés contre 11 hommes soit une représentation globale à la 13ème de 41,8 % de femmes contre 42,7 % en 2012.

Toutefois, Mme Diop a reconnu que la parité parfaite n’est pas facile et a salué « une volonté politique réelle » de promouvoir ce concept. « Aucune œuvre humaine n’est parfaite. Il nous faut donc travailler à lever progressivement les obstacles à la parité absolue. A ce niveau, il faut remercier le chef de l’État qui a montré tout son soutien et toute sa détermination à faire face aux farouches résistances exprimées contre la parité. Aujourd’hui, nous pouvons marquer notre satisfaction. Les lignes ont bougé et la parité est en marche au Sénégal. Les textes de l’Assemblée nationale sont aux normes de la parité », se rassure la présidente. Poursuivant, elle salue la modification du code électoral pour faire appliquer la parité dans l’élection des Hauts conseillers en 2016 et apporter des modifications à l’article L15 qui améliorent la mise en œuvre de la parité en cas de vacance d’un siège de député. Cela place le Sénégal dans le peloton de tête en promotion de la parité.

La présidente de l’Onp espère aussi que les femmes élues députés vont bien représenter les Sénégalais à l’Assemblée nationale car les statistiques montrent que 80 % de ce groupe a au moins le niveau du secondaire.

Oumar KANDE

Le sélectionneur national, Aliou Cissé, a publié, hier, une liste de 26 joueurs en direction de la double confrontation entre le Sénégal et la Burkina Faso les 2 et 5 septembre prochains. Une liste qui compte trois nouveaux venus dans la Tanière mais également le retour de joueurs qui n’ont pas disputé les deux dernières rencontres des Lions à Dakar.

Trois nouveaux venus et cinq retours dans la Tanière. C’est ce qu’on peut retenir essentiellement de la liste publiée, hier, par le sélectionneur national, Aliou Cissé, en direction de la double confrontation entre le Sénégal et le Burkina Faso, dans le cadre des rencontres comptant pour les 3ème et 4ème tours des éliminatoires de la Coupe du monde «Russie 2018». El Hadj Assane Dioussé, Pape Amadou Touré et Modou Diagne sont les nouveaux joueurs convoqués par le technicien qui compte ainsi renforcer un groupe qui naturellement, voit d’autres prendre provisoirement la porte. Pour le premier, pensionnaire de l’As Saint-Etienne, Aliou Cissé a affirmé qu’il pourrait être d’un grand apport dans l’équipe en tant que milieu récupérateur.

L’ancien sociétaire d’Empoli en Série A italienne a tapé dans l’œil de l’entraîneur national qui apprécie bien son début de saison avec les Verts mais aussi ses prestations dans son club antérieur. « Il compte 34 matchs dans le championnat italien. Une belle performance si l’on sait les exigences de ce championnat sur le plan technique et tactique », a estimé Aliou Cissé. Qui assure également que le défi est immense pour le nouveau venu : « Au milieu de terrain et en attaque, il y a beaucoup de concurrence et j’espère que Dioussé va apporter ses qualités pour tirer le groupe vers le haut ». Aux portes de l’équipe nationale après avoir intégré il y a quelques années la sélection locale, Pape Amadou Touré effectue donc le grand saut.

Le pensionnaire du Horoya Ac de Conakry récolte, selon le coach national, les fruits de ses belles performances en club. Il vient ainsi renforcer le secteur gauche de la défense sénégalaise où il aura comme concurrent pour ces deux matchs, Saliou Ciss qui revient après avoir raté les deux rencontres de juin dernier ; Adama Mbengue n’ayant pas été convoqué cette fois et Cheikh Mbengue encore absent. Comme l’ancien joueur du Diaraf, Casa Sports et de l’As Pikine entre autres, l’autre «bleu« de la Tanière est un défenseur mais cette fois, central : Modou Diagne, 23 ans, évolue au poste de défenseur central à l’As Nancy-Lorraine (Ligue 2 française) ; club dans lequel il a joué les trois premières rencontres de la saison. Aux côtés des cadres comme Kara Mbodj et Kalidou Koulibaly, celui qui supplée l’absence de Zargo Touré devra tout de même batailler pour se faire une place dans ce secteur.

A côté de ces trois nouveaux joueurs, le sélectionneur national a fait revenir d’autres qui n’étaient pas de la partie lors des précédentes sorties. Ainsi, la Tanière retrouve ses deux maîtres à jouer, Sadio Mané et Diao Baldé Keïta, mais aussi, Moussa Konaté, Saliou Ciss et Cheikhou Kouyaté font leur retour en sélection. Pour le dernier qui n’a pas encore repris la compétition, Aliou Cissé soutient prendre en compte l’importance de son capitaine d’équipe dans le groupe. Aussi, pour son état de santé, il reste optimiste. « J’ai eu une discussion avec Cheikhou et il m’a rassuré. Il m’a fait savoir qu’il est prêt à rejoindre la sélection. C’est vrai qu’il revient d’une blessure mais j’ai confiance à son état de santé et je pense qu’il fera partie du groupe de West Ham la prochaine journée », a dit Aliou Cissé. Qui s’est par ailleurs prononcé sur l’adversaire de ses deux matchs, les Etalons du Burkina Faso dont le pays a été récemment frappé par un attentat terroriste.

Après avoir présenté ses condoléances aux familles de victimes, il a souligné que son équipe se rendra dans le pays « avec sérénité et confiance ». Après y avoir effectué une visite de prospection il y a quelques jours, Aliou Cissé assure avoir balisé le chemin pour ses poulains en trouvant un bon site d’hébergement avant de s’y rendre, le 4 septembre. « Nous serons dans un endroit très sécurisé près de l’aéroport et du stade du match », a-t-il souligné. Sur le terrain, il soutient que ses poulains auront en face d’eux, une bonne équipe avec un quatuor offensif qui peut faire mal avec notamment, les frères Traoré (Alain et Bertrand) entres autres.
Pour rappel, le Sénégal qui compte 3 points, occupe la 3ème place du groupe D des éliminatoires du Mondial 2018 alors que son adversaire domine la Poule avec 4 points (+2). Les Bafana-Bafana d’Afrique du Sud la 2ème place du groupe avec également 4 points (+1). Ils se déplaceront au même moment à Praia pour jouer contre le Cap-Vert, qui occupe la dernière place, pour le compte de la 3ème journée de la phase de poules de qualification avant le match retour à Durban.
Ousseynou POUYE

LISTE DES 26 JOUEURS SELECTIONNES :

Gardiens : Abdoulaye Diallo (Rennes, France), Khadim Ndiaye (Horoya Ac, Guinée), Pape Seydou Ndiaye (Niari Tally),
Défenseurs : Kalidou Koulibaly (Naples, Italie), Serigne Modou Kara Mbodj (Anderlecht, Belgique), Lamine Gassama (Alanyaspor, Turquie), Moussa Wagué (Kas Eupen, Belgique), Fallou Diagne (Rennes, France), Pape Amadou Touré (Horoya Ac, Guinée), Saliou Ciss (Angers, France), Modou Diagne (As Nancy, France) ;
Milieux : Idrissa Gana Gueye (Everton, Angleterre), Pape Alioune Ndiaye (Galatasaray, Turquie), Cheikhou Kouyaté (West Ham, Angleterre), El Hadj Assane Dioussé (Saint-Louis, France), Cheikh Ndoye (Birmingham, Angleterre), Younouss Sankharé (Bordeaux, France), Alfred Ndiaye (Villareal, Espagne), Salif Sané (Hanovre 96, Allemagne) ;
Attaquants : Ismaïla Sarr (Rennes, France), Opa Nguette (Fc Metz, France), Mame Biram Diouf (Stoke City, Angleterre), Moussa Konaté (Amiens, France), Sadio Mané (Liverpool, Angleterre), Moussa Sow (Al Ahly, Dubaï), Diao Baldé Keïta (Lazio Rome, Italie).

Suite à l’attentat terroriste survenu à Ouagadougou dans la nuit du dimanche au lundi, le président Macky Sall a adressé un message à son homologue burkinabè pour condamner fermement cet acte ignoble et lâche contre d’innocentes victimes et présenter les condoléances émues du peuple sénégalais au peuple frère du Burkina Faso. Il a exprimé sa solidarité au président Kabore et sa profonde compassion aux familles éplorées.

A l’occasion des pluies meurtrières en Sierra-Leone, le président Macky Sall a envoyé un message à son homologue Ernest Bai Koroma.

« C’est avec consternation que j’ai appris le décès de plusieurs de vos compatriotes dans une coulée de boue survenue ce 14 août à Freetown », a dit le chef de l’Etat dans son message. Il a poursuivi : « en cette douloureuse circonstance, le peuple sénégalais se joint en moi pour vous présenter ainsi qu’au peuple sierra-léonais frère, nos condoléances émues. J’exprime ma profonde compassion aux familles éplorées et souhaite prompt rétablissement aux blessés ».

Il est difficile de revenir sur un événement douloureux qui a donné un nouveau cours à sa vie. En Casamance, à Ziguinchor comme dans le village de Boffa, près de la frontière avec la Guinée-Bissau, les victimes des mines anti-personnelles tentent de revenir à la vie. Certaines ont transcendé le syndrome post-traumatique. D’autres sont figés dans le temps. Elles ont une conviction commune : ne jamais mettre en avant leur sort pour survivre. Chacune tente de gagner dignement sa vie.

Le marché de Tilène fourmille sans cesse. Les mamans et leurs enfants ; des filles se bousculent autour des ballots de friperie. D’autres femmes, le panier à la main, sortent des petites allées de cet espace commercial. La jeune commerçante Sadio Mandiang, debout sur cette rue passante, nous attend. Vêtue d’une tenue fleurette avec des dentelles, la tête couverte d’un voile noir, refuse de se résigner. Elle croit au destin. C’est certainement dans sa foi qu’elle puise ses forces pour être encore debout. Dans le périmètre de sa cantine au marché Tilène, cette demoiselle est la plus jeune. Son échoppe est encombrée de pots de crème, de mèches, de bijoux. Elle est la plus jeune victime des mines en Casamance. Un jour de l’année 1998, elle suivait ses grands frères qui se rendaient dans des rizières, dans le village de Djanna Malary, au Nord de Sédhiou, sur la route de Kolda.

Contrairement à ces derniers, elle a emprunté un autre chemin. Son sentier bouleversera sa vie alors qu’elle n’avait que cinq ans. « Je ne savais pas ce qui m’était arrivé. Mais c’est ma maman qui m’a raconté que lorsque j’avais cinq ans, je suivais mes grands frères dans les rizières, c’est sur le chemin que j’ai eu cet accident », rapporte Sadio Mandiang, d’un ton saccadé empreint de philosophie. Depuis 1998, année de l’accident, elle ne vit pas dans son village natal. Elle est à Ziguinchor où elle suit ses traitements auprès de son oncle. Depuis 2014, l’Ong Handicap international l’accompagne pour son insertion. Elle refait peu à peu sa vie au marché. « Ce n’est pas tous les jours que les activités marchent. Mais nous parvenons à avoir quelque chose pour nous », se contente-t-elle de dire. Elle se bat pour subvenir à ses besoins « sans tendre la main ». Elle milite dans l’association des victimes des mines. Sadio Mandiang est sur le front de la sensibilisation. La prévention d’autres accidents est son sujet de préoccupation. « Nous organisons régulièrement des réunions pour discuter des problèmes de notre association. Nous participons aussi à la sensibilisation », confie Sadio Mandiang.

Nous quittons l’effervescence du marché et nous voici, sur la grande Avenue 54. Cap sur Boffa. Lorsque nous sortions, nous voici, dans la platitude des zones boisées. Nous traversons des villages comme Kenya, Boucott Mancagne, Bourofaye Manjack, Brigadier sur cette route de la Guinée-Bissau, sans nous rendre compte que nous dépassions la guérite où il est inscrit « Mpack ». La même équipe de reporters y était il y a quelques mois. Nous disons alors de faire demi-tour. Nous avons laissé derrière nous Boffa. Nous disons alors à Balla Thiam de lever le pied sur l’accélérateur.

A chaque cent mètres, nous demandons aux personnes que nous croisons. Au loin, on aperçoit une plaque blanche avec une couleur de rouille. « Réinstallation des populations de Boffa ». L’inscription est claire. Nous empruntons une piste d’argile qui éventre les rizières. Le sentiment de peur semble envahir l’équipe. Après quelques mètres, la voiture ne peut plus avancer. A quelques mètres, un autre véhicule a laissé les traces de son embourbement. Mais, dans des rizières, les femmes, certaines la tête couverte de calebasse, d’autres de foulard, se montent très enthousiastes. Ces femmes nous insufflent une dose de réconfort. « Les maisons que vous regardez au loin, c’est le village de Boffa », nous orientent-elles. Nous poursuivons le chemin ce vendredi.

Le soleil a déjà dépassé le zénith. Il fallait aller à la rencontre d’une victime. A l’entrée de Boffa, trois bâtiments en dur aux portes peintes en vert se singularisent de la répartition en bloc des autres habitats. Les garçons déplument des poulets. C’est dans ce village où Djibril Diallo se retire de temps en temps pour se reposer. Le temps passe mais n’efface pas les pires moments de sa vie. C’est le 12 mars 1998 qu’il a sauté sur une mine dans le village de Kaguitt, dans l’arrondissement de Nyassia, au Sud de Ziguinchor. Elle n’avait que 9 ans. Lorsque nous rencontrions, le secrétaire général de l’association ne laisse aucun signe d’un passé douloureux. Il n’est pas dans le syndrome post-traumatique. C’est un croyant.

Le miraculé
DémineurD’ailleurs, il a accepté le rendez-vous sous condition que nous fassions avant la prière du vendredi. Djibril Diallo est revenu de loin. Il ne veut pas insisté sur son sort. C’est le porte-parole des autres. C’est lui le secrétaire général de l’association des victimes des mines en Casamance. « Dans notre association, nous travaillons à aider nos membre à monter des projets viables. Nous voulons que toutes les victimes gagnent leur vie comme les autres personnes. Ce n’est pas facile. Mais nous travaillons pour l’épanouissement des victimes », répète le secrétaire général de l’association des victimes titulaire d’un Master II en informatique appliquée à la gestion obtenue à l’Université de Ziguinchor. L’intérêt général prime sur les intérêts personnels pour Djibril Diallo.
De Boffa, nous revenons à Ziguinchor, au quartier Yama Togne près de la police. En face du siège de l’Anrac, il est assis à l’entrée d’un hangar où sont arrimées des planches de différentes dimensions. C’est ici qu’il gagne désormais sa vie. A vrai dire, son parcours est jalonné d’incidents et d’accidents. L’ancien chauffeur de transport en commun Ziguinchor-Bissau a frôlé deux fois la mort. « Je faisais la navette avec une voiture de transport en commun. La voiture s’est renversée deux fois avec moi, je suis sorti indemne », raconte-il. Il n’en avait pas fini pour autant avec les déboires car la grand-mère du propriétaire de la voiture venait régulièrement le menacer. Mais le chauffeur fait la sourde oreille jusqu’à ce qu’il tombe malade. « Dans ma vie, j’ai tout vu. La grand-mère du propriétaire de la voiture m’intimider en me disant de ne pas conduire la voiture de son petit-fils et que si je persiste, j’allais être atteint par un mauvais sort », raconte-il.

Six mois plus tard, le chauffeur contracte une nouvelle maladie. Il fait le tour des hôpitaux, malgré tout son état de santé ne cessait de décliner. Il a épuisé toutes les voies de recours de la médecine moderne. Il s’est alors résolu à se rendre dans son village d’origine Djirack, dans la zone de Santhiaba Manjack. « Je suis retourné à la source », dit-il. Une fois à Djirack, ses parents lui ont demandé de s’installer à Boudjédiette pour le traitement traditionnel. Il ne connaissait personne dans ce village. C’est ici que les signes prémonitoires lui sont apparus. Le chauffeur avait vu venir l’accident. « Un jour, j’ai rêvé que j’ai sauté sur une mine. D’habitude, lorsque je fais ce genre de rêve, je savais ce qu’il fallait faire. Mais cette fois-ci, je n’avais pas de solution. Je me suis dit alors qu’il fallait que je me confie », confesse-t-il. Deux jours plus tard, un vendredi, il décide de partir à Djirack en empruntant une route bordée de bosquet. Un bras de fleuve sous l’influence des marées hautes et basses était un passage obligé. Juste avant le pont de fortune, à Essoudiack, il entendit une voix. Mais il ne voit personne aux abords. Il pose son pied gauche sur une planche du pont. Celle-ci se soulève. Il fait marche arrière et piétine la mine. « J’ai entendu une explosion. Ma tête s’est retrouvée au fond de l’eau. J’ai retrouvé mon pied derrière moi. La zone n’était pas fréquentée. Je suis resté de 17 heures à 19 heures. J’ai abondamment saigné. C’est après l’alerte à Essououdiack que les militaires se sont mis à ma recherche », raconte-t-il.

Le mot du capitaine raisonne encore dans sa tête. Ce dernier, au regard du temps perdu après l’accidente et la perte de sang, n’avait pas espoir que Djibril Diallo allait survivre. Il est évacué à l’hôpital principal où il a été interné durant 1 mois 15 jours. « Je dois remercier Dieu, je suis en vie. Combien de personnes qui n’ont pas survécu après avoir sauté sur une mine, d’autres sont amputées de deux jambes », se résigne l’automobiliste. C’est avec ses économies qu’il a supporté les frais d’hospitalisation et l’achat de la prothèse.

Des familles disloquées
L’automobiliste est un esprit libre. Il le clame. Un jour, à la gouvernance, lors d’une réunion après la fête du 4 avril, lorsqu’un un responsable d’une structure a présenté la situation des victimes des mines sous de beaux draps, il a élevé la voix. Les personnes préposées à la sécurité l’évacuèrent manu militari de la salle. Depuis lors, il est mis au banc des accusés. L’automobiliste accuse : « L’association ne m’informe de rien. Parfois, c’est moi qui surprends les membres en réunion. Je n’ai pas la langue dans ma poche. Je dis ce que je pense », se targue-t-il.

Cette victime est une mine d’informations. Il nous tient en haleine durant plus d’une heure. Il ne veut pas de compassion. Le sort des autres victimes le préoccupe. Il compatit avec une femme du nom d’Elisabeth Nansala abondée par son époux. L’autre est un homme divorcé d’avec son épouse. « Un de nos camarades est décédé à cause des remords. Sa femme a quitté le domicile conjugal », se désole l’ancien chauffeur.

Refus de la fatalité
Depuis son accident, il n’est pas resté les bras croisés. Il refuse de s’apitoyer sur son sort. Il s’est lancé dans l’élevage de poulet. L’activité était fleurissante. Mais sa volaille est décimée par une maladie dans un premier temps. Il indexe l’aliment importé de Dakar. Avec l’appui des Ong, il se relève de cette chute. Il achète des poussins. Il en élève à nouveau. Cette fois-ci, c’est lui qui est tombé malade. Pendant qu’il était hospitalisé, des personnes mal intentionnées ont fait main basse sur ses poulets. Il met en veilleuse l’élevage et il tente de se refaire une santé financière en aidant son ami à louer des planches pour les coffrages. « J’avais décidé de ne plus parler de mon sort. Je refuse qu’on me prenne comme une personne qui met sa situation en avant pour avoir quelque chose. A Ziguinchor, les victimes des mines ont besoin d’aide. Mais je ne connais pas une seule qui mendie. Je crois que je peux gagner ma vie comme les autres personnes », affirme l’automobiliste.

A Ziguinchor, ces victimes passent inaperçues. Certaines ne veulent plus revenir sur leur sort pour ne pas attirer les regards de l’entourage. « Les victimes se méfient parce qu’elles ne veulent pas que les personnes croient qu’elles veulent se servir de leur situation pour se faire de l’argent », témoigne M. Diallo, chargé des opérations de déminage au Centre national anti-mines situé dans le quartier Halwar de Ziguinchor. Des élèves qui étaient victimes des mines enseignent dans des écoles de la région.

Ousseynou Coréa : « Les femmes sont abandonnées par leurs belles-familles ou par leurs familles »
Veillant sur le Centre national anti-mines sis à Halwar, Ousseynou Coréa n’est plus retourné au campement « Oasis » de Niaguiss où il travaillait. Il fait partie des survivants du véhicule qui avait sauté sur une mine en 2002. Il a été hospitalisé pendant quatre mois à l’hôpital régional de Ziguinchor. Il se préoccupe plus des conditions des femmes amputées. « Elles sont soit abandonnées par leurs belles-familles soit par leur parents proches parce qu’elles sont physiquement diminuées », témoigne Ousseynou Coréa.
 
Mamadou Diallo, chargé des opérations au Cnams : « On peut acheter une mine à 500 FCfa, mais pour l’enlever, il faut 1,5 million de FCfa »
Les activités de déminage se poursuivent dans la région naturelle de la Casamance. Et depuis février 2008, début des opérations, c’est un total de 429 engins qui ont été prélevés et détruits par les équipes qui interviennent sur le terrain. Actuellement, la superficie nettoyée est estimée à 1.795.553,372 m² sur les 35 localités à Kolda, Sédhiou et Ziguinchor. « Au moment où je parle, l’activité de déminage est toujours en cours dans la région naturelle de la Casamance. Présentement, les équipes sont dans un quartier de Ziguinchor qu’on appelle Djibanar, dans la commune de Boutoute », explique Mamadou Diallo, chargé des opérations au Centre national d’action anti-mines (Cnams).
 
Mais dans ces activités de déminage, certaines zones semblent plus infectées que d’autres. C’est le cas de Niaguiss où l’essentiel des engins ont été prélevés. Il reste aujourd’hui à nettoyer une superficie évaluée à 1 563 595 m², mais les responsables du Cnams se heurtent à la cherté des opérations de déminage. « On peut acheter une mine entre 300 et 500 FCfa; mais pour l’enlever, il faut 1,5 million de FCfa », regrette Mamadou Diallo. Compte tenu du retrait de plusieurs partenaires dans le financement des opérations de déminage au Sud du pays, l’Etat du Sénégal a injecté 4 milliards FCfa dans le programme national de déminage à raison de 200 millions de FCfa pour le Centre national d’action anti-mines. Cette somme reste insuffisante parce que devant faire l’objet d’arbitrage entre les activités d’insertion, l’assistance aux victimes et le déminage proprement dit.

Enlèvement des démineurs en mai 2013
A ce manque de moyens, il faut aussi ajouter d’autres facteurs qui ont contribué au ralentissement des activités de déminage. Parmi ces facteurs, il y a l’enlèvement des démineurs en mai 2013. Ce qui a semé le doute dans l’esprit des Ong et des bailleurs de fonds engagés au côté du Sénégal. « Depuis cet enlèvement, la progression sur le terrain a connu un ralentissement du fait du retrait de certains bailleurs et par conséquent la réduction du nombre d’opérateurs et des ressources disponibles », nous confie-t-on. Egalement avec la réalisation de la Rn6 et les 26 km de pistes de production devant être réalisées par l’Ong américaine « Shelter for life », les activités de déminage ont été suspendues sept (7) mois durant.

Accompagnement social et psychologique : Une intervention multidimensionnelle avec des effets appréciables
Gratuité des soins médicaux dans les hôpitaux, prise en charge psychologique, financement de projets pour une meilleure insertion socio-économique, les victimes des mines bénéficient d’une réelle assistance de la part de l’Etat, par le biais du Centre national d’action anti-mines au Sénégal (Cnams) basé à Ziguinchor.

C’est l’une des séquelles les plus visibles du conflit en Casamance. Les nombreuses mines enfouies dans certaines zones de la région naturelle de la Casamance. Ces engins continuent de faire des victimes, avec ces centaines d’hommes et de femmes amputés, après avoir sauté sur ces engins de la mort. Ils sont élèves, femmes au foyer ou paysans qui ont vu leur vie bouleversée après un accident. Certaines de ces victimes, sinon la plupart, vivent dans des conditions précaires. Au total 826 victimes ont été recensées depuis le début du conflit par le Centre national d’action anti-mines au Sénégal (Cnams). Militaires et civils sont confondus dans ce lot. Mais qui est réellement considéré comme victime et bénéficie-t-elle d’assistance ? « La notion de victime est très large, selon la convention d’Ottawa. Est victime la personne qui a sauté sur une mine ; les parents de cette victime, les communautés dont les champs sont pollués par les mines. C’est une concept très large. Il appartient à chaque pays, en fonction avec ses réalités et de ses moyens, de définir la notion de victime. Le Sénégal a pris l’option de se focaliser sur les victimes civiles survivantes présentant des séquelles », explique Khady Badji, chargée de la Division réinsertion des victimes au Centre national d’action anti-mines.

Actuellement 183 victimes survivantes portant des séquelles ont été dénombrées. Parmi elles, il y a 85 amputées dont quatre double amputées. « Ces victimes constituent la priorité du Sénégal en matière d’assistance aux victimes », réitère Khady Badji du Cnams, soulignant que la prise en charge de ces personnes est du ressort du Plan d’action national qui a été élaboré avec l’ensemble des acteurs qui interviennent sur la question. Aujourd’hui, l’assistance aux victimes des mines comporte deux volets. Il y a tout d’abord les soins d’urgence et les soins médicaux ultérieurs qui consistent à faire bénéficier à chacune de soins d’une prise en charge gratuite dans les centres hospitaliers régionaux. Des fonds ont été mis en place pour l’achat de médicaments destinés à ces blessés. L’accompagnement psychologique n’est pas en reste. En collaboration avec différentes structures, le Centre national d’action anti-mines assure aux victimes un suivi psychologique. Actuellement 18 élèves et étudiants sont suivis au Centre d’orientation scolaire et professionnel. D’autres structures interviennent dans ce volet notamment le centre psychiatrique de Kémo ou encore la direction régionale de l’Action sociale.

« Baisse significative des accidents »
Le second volet de la prise en charge des victimes de mines concerne l’insertion socio-économique. A ce titre, des efforts ont été faits par le Cnams. « Cette insertion socio-économique est la finalité parce qu’on permet aux victimes des mines de s’insérer dans le tissu social et économique à travers l’éducation primaire, secondaire et par la formation professionnelle, par l’emploi », signale Mme Badji. Pour ce qui est des élèves, poursuit-elle, nous leur dotons depuis 2010 de manuels et de fournitures scolaires pour leur permettre d’étudier dans de meilleures conditions. En outre des fournitures scolaires sont offertes aux enfants des parents victimes des mines. La réadaptation physique des personnes à qui on offre des protèges, des fauteuils roulants ainsi que le renforcement de capacité institutionnelle et organisationnelle aux associations de victimes entrent aussi dans ce volet.

La prise en charge des victimes n’est pas la seule mission du Centre national d’action anti-mines. Puisque le Cnams accorde une grande importance à la sensibilisation avec le volet « Education aux risques des mines ». Un aspect qui est mis en œuvre avec les associations locales en vue de prévenir les accidents des mines. Actuellement, cette politique de sensibilisation a porté ses fruits. Une « baisse significative » des accidents a été enregistrée depuis le début de cette politique. De 190 en 1997, le nombre de victimes est tombé à 70 en 1999, ce qui est considéré comme un résultat non négligeable. Pour l’heure, le déminage et l’éducation aux risques de mines restent les deux volets qui permettront, dans un futur proche, d’éradiquer ces stigmates du conflit en Casamance.

Par nos envoyés spéciaux Maguette NDONG,
Idrissa SANE (textes) et Assane SOW (photos)

Quatre-vingt-dix-sept pour cent des 407.000 entreprises recensées au Sénégal, sont des petites et moyennes entreprises (Pme) avec un chiffre d’affaires annuel inférieur à deux milliards de F Cfa, a indiqué, vendredi, le directeur général de l’Agence pour le développement et l’encadrement des Pme (Adepme), Idrissa Diabira. Sur l’ensemble des 407.000 entreprises répertoriées, 97 pour cent sont dans l’informel et plus de 60 pour cent d’entre elles sont sur l’axe Dakar-Thiès-Diourbel, a expliqué M. Diabira à l’occasion d’un atelier technique sur la mise en place du réseau «Sénégal Pme».

Selon le directeur général de l’Adepme, la compétitivité, la formalisation et la territorialisation sont les ’’grands défis’’ auxquels ces entreprises sont confrontées.
«Même si 97 pour cent des entreprises sont dans l’informel, elles ne représentent que 16 pour cent du chiffre d’affaires global des Pme. Nous devons donc renforcer la Pme sénégalaise», a-t-il estimé, relevant que seuls 28 pour cent des Pme ont accès à la commande publique.

Selon lui, il faut voir comment faire pour que 50 pour cent de la commande publique, des impôts et des ressources nationales, puissent profiter à la Pme sénégalaise.Il a aussi noté qu’il est «très difficile», pour ces Pme, d’accéder à des financements bancaires. Ce qui, de son point de vue, constitue «un défi à relever, d’autant plus que les entreprises et les entrepreneurs sénégalais font preuve de génie». «Il faut qu’ils puissent être accompagnés à faire valoir ce talent et ce génie sur le territoire national mais aussi à l’extérieur» du Sénégal, a-t-il plaidé.

Il a prôné la mise à leur disposition de tout ce qui est information dans des secteurs particuliers pour que de nouvelles entreprises puissent se créer et développer leurs activités. «Le réseau « Sénégal Pme » vise essentiellement à optimiser l’offre de services en direction de ces acteurs qui, demain, doivent définir la ligne stratégique, évaluer et contribuer à orienter l’action des différentes agences, directions et structures membres de ce réseau», a soutenu Diabira.

APS

Le gouvernement du Sénégal va construire des ouvrages d’un coût de 7 milliards de FCfa dans la commune de Tambacounda. Ces infrastructures contribueront à l’amélioration du cadre de vie et à la protection de l’environnement.

Les autorités envisagent de construire deux collecteurs le long du fleuve Mamacounda et la pose de 52 km de conduite qui traversera les quartiers de Camp Navétane Gouye, Dépôt, Médina Coura, Gourel Diadié, dans une première phase. A cela, il faudra ajouter la réalisation de 1.500 branchements sociaux, la construction d’une station de pompage et des infrastructures de traitement des boues par lagunage. Ce réseau d’assainissement aura comme effet  l’amélioration du cadre de vie dans la commune de Tambacounda qui compte plus de 100.000 habitants. Le maire de la commune, Mame Balla Lô, a félicité le président de la République pour ces investissements. « Des vidanges fréquentes sont supportées par des ménages. Et, les boues sont déversées dans des points en ville qui sont officiellement tolérés sans traitement. Cette situation entraîne la prolifération des maladies », a indiqué Mame Balla Lô.

L’élaboration du plan directeur d’assainissement de la ville de Tambacounda 2003-2020 est financée par la  Badea et la phase prioritaire du Plan dans sa composante en eaux usées est soutenue  par la  Boad. « Le plan directeur des travaux de la phase prioritaire de Tambacounda vise l’amélioration du cadre de vie des populations, la protection de l’environnement et la santé des populations », souligne  Famara Diédhiou, le chef de pool de Tambacounda et Matam du programme d’assainissement des 10 villes.  L’établissement d’un Pda pour la ville de Tambacounda a été décidé par l’Onas en 2003. Il était prévu pour la ville un réseau gravitaire pour collecter les eaux produites et une station d’épuration pour traiter les effluents de la ville.

Pape Demba SIDIBE

Ville cosmopolite, Richard-Toll est aussi une cité où diversité ethnique conjugue avec foisonnement culturel et artistique. Toutefois, ce bouillonnement culturel incarné par une jeunesse dynamique contraste avec l’absence d’infrastructures de promotion culturelle au sein de la commune.  

Richard-Toll appartient à la Compagnie sucrière sénégalaise qui en est la principale mamelle nourricière. Point de passage vers la Mauritanie, la ville forme ce lieu de sensation et de couleurs, d’atmosphère joyaux et détendu  d’une cité cosmopolite vibrant au rythme d’une multitude culturelle et artistique. Ici, la diversité ethnique, l’influence du métissage et du brassage historique des populations ont fini d’engendrer un certain foisonnement artistique digne des grands centres urbains. C’est d’ailleurs l’un des signes  particuliers de la localité comparée aux autres communes du département comme Dagana ou Ronkh. Richard-Toll reste un lieu d’expression qui a vu évoluer de grands noms de la musique sénégalaise à l’image de Adja Mbaana Diop dont les chansons font partie du patrimoine national pour avoir bercer plusieurs générations.

Aujourd’hui, c’est la chanteuse Rokhaya Mbaye qui assure la pérennité de l’héritage de sa grand-mère. Elle a repris plusieurs chansons de cette cantatrice du Walo qui a marqué de manière indélébile la culture locale. Parmi les titres de chansons reprises figurent « El Malick », « Walo bagne na ». L’unique objectif de la dame Mbaye, c’est de marcher sur les pas de cette géante de la musique du Walo.
Du côté de la musique moderne, le jeune Ndary Diouf s’impose tant bien que mal sur le plan local et national. Cette nouvelle pépite du Mbalakh a été lauréat du prix « Toundou Dior » en 2008. Une récompense décernée  par le Saint-Louis Festival jazz. Le jeune artiste a assuré pendant des années les chœurs du rappeur Fatah du groupe Cbv. Son dernier single, « Xarite », a été récemment sélectionné en deuxième position dans le top 10 de la radio Nostalgie Dakar. Artiste prometteur et talentueux, Ndary Diouf est actuellement à la recherche de moyens pour produire le clip de son nouveau single.

Manque d’infrastructures
Mais dans cet écosystème artistique, la musique rap passe largement devant. Selon Dj Belifa Thioye, animateur de l’émission « Rap Djolof show time » à la radio Dunya Richard-Toll, le département compte au total 376 groupes de rap. La commune de Richard-Toll totalise à elle seule plus d’une centaine de groupes. Didier Thiombane fait partie des maîtres de cérémonie les plus courtisés de la localité. Le jeune homme anime également des concerts de rap. Cette musique, selon lui, draine actuellement des milliers de fans. « Les concerts de rap sont à la mode et il y en a chaque semaine. Depuis un certain temps, la musique rap marche plus que les études. La plupart des élèves se sont convertis en rappeur », avance-t-il. Pour Didier Thiombane, le rap du Walo est « très » en avance  par rapport à celui des autres localités. Aujourd’hui, l’organisation régulière du « Festival 2h ci Rosso » permet de jauger la portée de cette forme de musique dans la contrée. Grâce au dynamisme de son directeur général, Ahmadou Bamba Tall alias Bams, ce festival, entièrement dédié à la musique hip hop, existe depuis une quinzaine d’années. L’objectif de cet événement, qui a célébré cette année sa quinzième édition, est de participer au développement local, en offrant un plateau aux artistes. L’édition 2017 a mobilisé au mois de juillet dernier plusieurs dizaines de groupes de rap de la zone ainsi que ceux des autres localités du Sénégal à l’image de «Seul bi Mc» (Dakar), «Tipeuh» (Saint-Louis), «D.S Guédiou Brain» (Rosso Sénégal), «Saloomon» (Louga), «Dina» (Tambacounda). Le groupe « Rifo kang », récemment finaliste du concours national «Citizen Mic» initié par « Y’en a marre », en partenariat avec Ford Fondation, traduit l’hégémonie des cultures urbaines à Richard-Toll.

Toutefois, le bouillonnement culturel noté à Richard-Toll contraste avec l’absence d’infrastructures culturelles. En effet, la ville ne compte pas le moindre espace de production et d’expression pouvant servir de tremplin aux acteurs. Dans les quartiers, le constat est partout le même : pas de salles de spectacle, de studios d’enregistrement et encore moins d’espaces de répétition. La salle de fête, qui abritait, il y a quelques années, les activités culturelles, a été fermée à cause de la vétusté de ses locaux. Du coup, les artistes se produisent dans les écoles ou au niveau du stade municipale de la ville. « Les problèmes des artistes à Richard-Toll sont généralement observés à tous les niveaux. Le métier de la musique est une chaîne. Mais malheureusement, ici, aucun maillon de cette chaîne n’est disponible », regrette Papis Mbodji, manageur du groupe « Rifo Kang ». A cette situation, poursuit-il, est venu se greffer le manque criant de  formation ; mais également de mécènes prêtent à soutenir les cultures locales. Néanmoins, aujourd’hui, en dépit du contraste entre l’absence d’infrastructures de promotion culturelle et un patrimoine riche et varié, Richard-Toll continue d’être un lieu d’expression des cultures urbaines et traditionnelles.

Reconstruction de la salle des fêtes
La mairie annonce un  projet de 150 millions de FCfa
Pour pallier l’absence d’infrastructures culturelles à Richard-Toll, la mairie a annoncé la reconstruction prochaine de la Salle des fêtes fermée depuis quelque temps à cause de son état de décrépitude. Le coût total de ce projet estimé à 150 millions de FCfa. La future Salle des fêtes abritera des locaux modernes et multimédias ainsi qu’un espace jeune. La municipalité entend également faire un aménagement au niveau des alentours de cette salle, de manière avoir un centre à la dimension de ce foisonnement artistique. Pour soutenir les actions culturelles de la ville, la mairie alloue, chaque année, une subvention à hauteur de 2 millions de FCfa. Une somme assez faible  comparée au budget de la commune évalué à près de 3 milliards de FCfa. Cette année, soutient Aminata Boh, chargée de la Commission Culture, Tourisme et Patrimoine, le maire a décidé de rallonger cette subvention à 5 millions de FCfa.

Par Ibrahima BA (envoyé spécial)

En perspective du forum de la Pme prévu en octobre et qui sera présidé par le chef de l’État, Macky Sall, l’Agence de développement et d’encadrement des Pme (Adepme) peaufine ses stratégies à Saly, pour mieux fixer les éléments constitutifs du Réseau « Sénégal Pme » qui sera lancé à cette occasion. Son directeur général, Idrissa Diabira, a insisté sur la nécessité, pour les Pme, de disposer d’un cadre opérationnel d’actions afin qu’elles puissent jouer un rôle moteur pour poursuivre la nouvelle trajectoire de croissance du Sénégal.

L’Adepme organise depuis jeudi une retraite technique restreinte consacrée à la mise en place du Réseau « Sénégal Pme » qui vise à réunir les structures d’appui financières et non financières aux Pme pour s’assurer de la mise en œuvre effective de la politique du président de la République en matière de développement des Pme. Cette rencontre a regroupé une quarantaine d’acteurs provenant d’agences d’appui, de promotion et d’encadrement, d’organisations professionnelles patronales, de structures de financement, de partenaires institutionnels et de consultants qui, pendant trois jours, vont faire l’état des lieux du dispositif d’appui et ses défis, de fixer les objectifs du réseau « Sénégal Pme », d’élaborer le cadre logique et le plan d’action du réseau et planifier une feuille de route pour le réseau. Selon Idrissa Diabira, le chef de l’État, Macky Sall a, à plusieurs reprises, appelé à ce que le secteur privé puisse jouer tout son rôle dans la politique d’émergence du Sénégal. Pour le directeur général de l’Adepme, « l’un des enjeux sera d’améliorer les synergies et les articuler entre nos différentes structures, de nous donner un cadre opérationnel d’actions pour faire en sorte que les Pme jouent un rôle moteur pour poursuivre la nouvelle trajectoire de croissance du Sénégal qui, depuis 40 ans, a marqué les signes plus que prometteurs en dépassant, pour la première fois, 6 % en croissance ». Pour poursuivre cette croissance, M. Diabira a souligné la nécessité d’impliquer davantage les Pme et de faire en sorte que l’ensemble des structures travaille en synergie pour offrir des services qui leur permettent de se développer et d’être elles-mêmes émergentes.

Le défi de la formalisation et de la territorialisation
Le dernier Recensement général des entreprises effectué en avril 2017 a indiqué que le tissu des entreprises était à 99,8 % composé de Pme. M. Diabira a relevé que 97 % de ces entreprises étaient dans l’informel et plus de 60 % dans l’axe Dakar-Thiès-Diourbel. À en croire le directeur général de l’Adepme, les conclusions sont de trois ordres. « Il s’agit de renforcer la productivité, la formalisation et la territorialisation des entreprises. Pour ce faire, aucune structure ne peut se prévaloir d’avoir toutes les réponses. L’État a un dispositif complet dont l’Adepme est l’un des acteurs à côté de l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex), l’Agence nationale de l’aquaculture (Ana), 3 Fpt, l’Office national de la formation professionnelle et technique (Onfp), le Fonds de Garantie des investissements prioritaires (Fongip), le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis), la Banque nationale de développement économique (Bnde), la Caisse des Dépôts et consignation (Cdc) et différente directions, presque tous les ministères (Commerce, Finances, etc.), sous la coordination de la primature et du Premier ministre », a indiqué M. Diabira qui a ainsi précisé que la productivité, la formalisation et la territorialisation sont les grands défis des Pme. À son avis, « même si 97 % sont dans l’informel, elles ne pèsent que 16 % du chiffre d’affaires global des Pme ». D’où la nécessité, selon le directeur général de l’Adepme, de renforcer la Pme sénégalaise. Et cela passe par le renforcement de plusieurs axes. Il s’agit de la formation et de la formalisation, de l’accès à la commande publique. Aujourd’hui, a fait savoir M. Diabira, 28 % seulement des Pme ont accès à la commande publique. « Nous devons faire en sorte que la Pme accède à 50 % de la commande publique, que les impôts, les ressources nationales bénéficient à la Pme sénégalaise », a-t-il soutenu. De même, a-t-il indiqué, l’accès au financement bancaire constitue un défi à relever, tout comme la territorialisation pour que soient implantées dans chaque région du Sénégal des Pme qui puissent fournir de l’emploi et de la richesse.

Samba Oumar FALL

La région de Thiès a célébré, le 6 août dernier, la journée nationale de l’arbre. Si l’année dernière 1.850.184 plants, toutes espèces confondues, ont été produites, les autorités projettent de faire plus durant la campagne 2017.

La célébration de la journée nationale de l’arbre dans la région de Thiès, précisément à Tivaouane (quartier Goumoune), a été saisie par le commandant Birame Dieng, chef du Service régional des Eaux, Forêt et Chasse, « pour sensibiliser sur la conservation et l’amélioration des ressources naturelles ». Selon lui, « le choix porté sur le quartier de Goumoune repose sur la détermination et la mobilisation de sa population, en collaboration avec le corps professoral et les élèves du Cem Seydi Mansour Sy à intégrer, de manière définitive, l’arbre dans le paysage scolaire ».

L’inspecteur des Eaux et Forêt est revenu sur le thème de cette année : « L’arbre au cœur de la planification stratégique territoriale ». Il a indiqué que ce thème cadre parfaitement avec la politique environnementale de l’Etat du Sénégal à travers les réformes institutionnelles qui ont abouti à une nouvelle loi sur la décentralisation : Acte 3 qui a posé de nouveaux jalons dans le secteur de l’environnement et des ressources naturelles. Le commandant Birame Dieng n’a pas manqué de faire le bilan de la production de plants de la campagne de reboisement 2016 menée aussi bien en régie qu’en partenariat avec les acteurs du sous-secteur forestier. Cette campagne a connu « un taux de réussite de 70% avec une bonne pluviométrie (en moyenne 405,7 mm bien répartis dans le temps et dans l’espace) et un entretien régulier », a-t-il avancé. Au total, « 1.850.184 plants, toutes espèces confondues, ont été produites dans 705 pépinières dont 617 individuels, 21privés/Ong, 12 en régie, 32 villageoises et 24 communautaires », a-t-il expliqué.

Cette année, l’arbre parrain au niveau national est le «Pterocarpus erinaceus». Appelé « Venn » en ouolof, il connaît malheureusement une exploitation clandestine à grande échelle et fortement éprouvée dans les régions de Kaffrine, Tambacounda, Kolda, Sédhiou et Ziguinchor.

Toutefois, selon le commandant Dieng, « au niveau régional, l’arbre « Khaya senegalensis », appelé Khay en wolof (caïlcédrat ou acajou du Sénégal) est l’espèce qui a été choisie comme parrain. C’est un grand arbre de 25 à 35 m de haut, généralement court et trapu. Il présente un fût sans branches pouvant atteindre 10 m de haut et 2 m de diamètre. Cet arbre est surtout employé comme fébrifuge et tonique. Son écorce, ses feuilles, ses fruits et ses graines sont utilisés pour soigner certaines maladies ou calmer certains maux (le paludisme, la fièvre, l’ictère, les céphalées, les coliques, l’urticaire l’anémie, la toux, etc. ».

Mohamadou SAGNE

Le Département américain de la défense a offert hier aux Forces armées sénégalaises un lot d’équipements médicaux estimé à environ 400 millions de FCfa. La cérémonie de réception de ce matériel destiné à la lutte contre le Vih/Sida dans les armées s’est déroulée à l’hôpital militaire de Ouakam.

Des équipements médicaux d’une valeur d’environ 400 millions FCfa ont été remis aux Forces armées sénégalaises. Le don est du Département américain de la défense, à travers son Programme de prévention du Vih/Sida. Les équipements couvrent la chirurgie, l’anesthésie-réanimation, la pédiatrie, la gynécologie, la médecine interne, la cardiologie et le laboratoire. La remise de ce matériel s’inscrit dans le cadre du partenariat « de longue date » entre le Sénégal et les Etats-Unis. Ce don « permettra d’améliorer les capacités des services de conseils et de dépistage en ciblant les populations vulnérables ». Pour Martina Boustani, premier conseiller de l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Sénégal, « ce matériel devra également permettre au programme Sida de la Direction de la santé des armées, d’améliorer la coordination, le suivi et l’évaluation de l’approche «Tester, traiter et retenir» au Sénégal ». Le général de corps d’armée Cheikh Guèye, qui s’est réjoui de ce geste humanitaire, a témoigné que le programme Sida a réalisé d’importants progrès matérialisés par la baisse et le maintien de la prévalence Vih à un des taux les plus faibles parmi les armées africaines, grâce à la coopération américaine qui est « le bailleur majoritaire à 75% ». Toutefois, le général Guèye reconnaît que « des efforts restent à faire pour consolider les acquis de prévention dans la lutte contre les nouvelles infections chez les forces de sécurité, toujours vulnérables du fait de leur mobilité interne et externe dans les zones de conflit ». S’adressant au directeur de la Santé des armées, il l’a exhorté à veiller à la maintenance de ces matériels par la formation et la sensibilisation des utilisateurs. Selon les enquêtes nationales, notamment l’Enquête démographique et de santé de 2006 et l’Enquête nationale de surveillance combinée de 2015, le taux est passé de 0,7% en 2006 à 0,3% en 2015. « Une baisse remarquable » apprécié à sa juste valeur par le colonel pharmacien Babacar Faye, coordonnateur du Programme Sida des forces armées. Pour lui, la mise en place des politiques de prévention visant les recrues et les militaires en partance pour les théâtres d’opération extérieurs a impacté ce taux de prévalence. « On a pu faire une cartographie des zones de vulnérabilité et des sensibilisations tous azimuts auprès des militaires et gendarmes quand ils partent en opération extérieure et dans la zone méridionale du Sénégal », a-t-il expliqué.

Khadim NIASSE (stagiaire)

Non content de l’organisation des élections législatives du 30 juillet dernier, la coalition « Manko Taxawu Sénégal » a déposé un recours devant le Conseil constitutionnel, ce mercredi, pour demander l’invalidation du scrutin dans plusieurs départements. Face à la presse, les camarades de Khalifa Sall ont fait la synthèse de leur recours et disent attendre la décision des 7 sages d’ici à lundi.

Constatant plusieurs irrégularités dans l’organisation des législatives, « Manko Taxawu Sénégal » a saisi le Conseil constitutionnel d’une requête aux fins de contestation de la régularité des opérations électorales. La requête a été déposée le 9 août. Lors d’une conférence de presse, hier, les responsables de cette coalition ont fait la synthèse de leur mémorandum de contestation. Selon le porte-parole du jour, Moussa Taye, la requête demande, à titre principal, l’annulation du scrutin en invoquant le moyen tiré de la violation des dispositions des articles L 53 et L 78 du code électoral et des articles R 47 et R 69 du décret portant partie réglementaire du code électoral. Au titre subsidiaire, Moussa Taye indique que la requête demande au Conseil constitutionnel d’annuler les procès-verbaux dans certains bureaux de vote de certains centres de vote dans les communes de Biscuiterie, de Grand-Dakar, Hann-Bel-Air, de Patte d’Oie, des Parcelles assainies, de Plateau et de Yoff, en invoquant la violation de l’article L 69. Moussa Taye rappelle qu’il y a eu, dans ces bureaux de vote, « la non-conformité entre le fichier électoral remis aux présidents des bureaux de vote et à la Cena et le fichier électoral transmis aux partis et coalitions de partis sur support papier et par support numérique », de même que « des écarts non justifiés entre le nombre de votants mentionnés sur les procès-verbaux de dépouillement et le nombre de votants comptabilisés sur les listes d’émargement des électeurs ».

A l’intérieur du pays aussi, la coalition a demandé au Conseil constitutionnel l’annulation des procès-verbaux de dépouillement des départements de Kolda, Foundiougne et Tivaouane au motif que les écarts non justifiés entre le nombre de votants et le nombre d’enveloppes trouvés dans l’urne entachent la sincérité des résultats proclamés dans lesdits départements. La liste de Khalifa Sall demande, en plus, l’annulation des procès-verbaux de dépouillement des départements de Louga, Gossas et Kaffrine au motif que les écarts non justifiés entre le nombre d’enveloppes trouvées dans l’urne et le nombre de votants entachent la sincérité et la régularité des résultats proclamés dans lesdits départements. La même requête a été formulée pour les procès-verbaux de dépouillement des départements de l’Europe du Sud, de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale au motif de la violation de l’article L337 du code électoral.

Auparavant, Moussa Taye avait soutenu que « ces manœuvres frauduleuses sont illustrées par des actes et faits précis imputables au ministre de l’Intérieur, avec la complicité active de l’administration territoriale ». A Dakar, les alliés du maire de la ville continuent de dénoncer l’utilisation massive des ordres de mission. « Dans le département de Dakar, près de 7500 ordres de mission ont été utilisés et ont servi dans une entreprise de fraude. Rien que pour les communes de Dakar-Plateau, Yoff, des Parcelles assainies, plus de 3000 ordres de mission ont permis aux militants voltigeurs de la coalition au pouvoir de voter plusieurs fois dans des bureaux où ils n’étaient pas régulièrement inscrits », argue-t-il. La coalition qui a déposé son recours attend la décision du Conseil constitutionnel.

Oumar KANDE

Le développement local ne sera possible qu’avec la gestion participative qui prend en compte les besoins des populations. La restitution du rapport national d’évaluation indépendante a été pré-validée en présence des acteurs.

L’atelier de pré-restitution du rapport national d’évaluation indépendante sur la gouvernance participative s’est tenu à Dakar avant-hier. La décentralisation effective et la bonne gouvernance des affaires publiques locales en sont les moteurs de la gestion participative.

D’emblée, l’experte en décentralisation et gouvernance locale Awa Guèye Thioune, en présentant le rapport de 40 pages, a esquissé un triptyque pour l’effectivité d’une gouvernance participative (une vraie exigence). Il s’agit d’un cadre favorable, des collectivités territoriales fortes à côté de citoyens engagés.

Pour elle, il faut renforcer le statut de l’élu local. Mieux, elle dira que la décentralisation doit être accompagnée de mesures pour faciliter le travail des élus locaux. « La décentralisation est un grand chapeau avec plusieurs portes d’entrée. Depuis 1996, la participation est intégrée dans le Code des collectivités locales (…). Les conseils de quartier sont des espaces de concertation. Il nous reste à prendre un décret pour fixer les modalités. Sans décret, on ne peut pas ériger une réforme en code », a dit la spécialiste. Elle a indiqué que la gouvernance participative n’est pertinente qu’à travers ses outils. « Quand on paye ses impôts, on s’attend à un retour d’investissement avec des services de qualité. A Fribourg, le budget participatif a été expérimenté ; mais les Allemands disent qu’ils ne sont plus prêts à refaire ce mécanisme avec le même niveau de détails », a révélé Mme Thioune, non sans préciser qu’on ne peut pas dérouler des Programmes d’urgence suivant la participation, car l’un exclut l’autre.

D’ailleurs, le rapport mentionne que plusieurs collectivités territoriales se sont appliquées cette rigueur dans la gestion, en s’efforçant de maîtriser l’évolution de leurs dépenses courantes, malgré le fait que, pour la plupart, ces dépenses ont été inflationnistes, un phénomène renforcé par le contexte de la crise économique et sociale.
« Les collectivités territoriales se sont efforcées à maîtriser leurs coûts, sans pour autant faire baisser la volonté de satisfaire les prestations. Elles ont mené une action de proximité et ont ainsi contribué à l’amélioration des modes de gestion et aux innovations dans la réponse aux besoins sociaux », dira la spécialiste.

Mme Awa Guèye a rappelé que l’augmentation des budgets locaux a été pour l’essentiel financée par les concours financiers de l’Etat aux collectivités locales comme en atteste l’évolution du Fonds de dotation de la décentralisation (Fdd) et du Fonds d’équipement des collectivités locales (Fecl). Ces subventions et transferts ont certes augmenté, alors que l’Etat tentait, dans le même temps, de contenir ses propres dépenses. Malgré tous ces efforts, les collectivités locales ont connu ou connaissent encore des situations financières délicates. Il a été rappelé que l’endettement des collectivités locales est resté étroitement surveillé par l’Etat comme pour le cas de la ville de Dakar avec l’emprunt obligataire.

Récompenses
Pour sa part, Bachir Kanouté, coordonnateur exécutif d’Enda Ecopop, a laissé entendre que ce Projet du budget participatif/Sénégal (Pbs) a été lancé en octobre 2015. « Les élus disent qu’on a transféré les compétences sans ressources », a confié M. Kanouté. Il a également souligné qu’il fallait distinguer les meilleures pratiques qui se font dans des coins reculés du pays sans qu’elles ne soient vulgarisées. Pour les encourager, le secrétaire d’Enda Ecopop a dévoilé la tenue d’une cérémonie des meilleurs pratiquants de la gouvernance locale où des distinctions leur seront remises au mois de décembre prochain. Car, constate-t-il, « la culture de l’évaluation n’est pas sénégalaise ».

De son côté, le secrétaire exécutif du Programme national de développement local (Pndl) Mamadou Thiaw a exhorté à une implication des populations dans la gestion de leur cité. « Il faut accepter le pluralisme de la représentation pour avoir le consensus. Le défi, c’est de proposer une solution satisfaisante et non optimale. Rompre avec le cycle de l’exclusion est une innovation porteuse. C’est ce qui va développer des méthodes justes et nourrir l’expérience des uns et des autres », a déclaré M. Thiaw.

Conseiller technique du ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du territoire, Biram Owens Ndiaye pense à une réduction de la corruption jusqu’à sa plus simple expression. Il a souhaité la confection d’un rapport global sur le mode de fonctionnement des collectivités locales. Il est d’avis que le rapport devrait être validé en décembre. M. Ndiaye pense qu’il est loisible de savoir ce que font les programmes Puma, Pudc, Promovilles, etc.  

Pour sa part, Adama Diouf, président de l’Union des associations des élus locaux (Uael), a soutenu que l’inclusion est un enjeu de développement. « Il faut identifier le mal et proposer une solution pertinente », a-t-il confié, tout en souhaitant une pérennisation du projet.

Quant à Falilou Mbacké Cissé, directeur du programme de l’Institut africain de la gouvernance (Iag), il a noté que dans un certain cas, les populations se sont substituées à l’Etat pour tester l’exercice des pouvoirs publics.

Serigne Mansour Sy CISSE

Les Lions du Sénégal ont chuté d’une place dans le classement Fifa du mois d’août publié, hier, par l’instance dirigeante du football mondial sur son site officiel. Ils passent du 2ème au 3ème rang continental après avoir été supplantés par les Léopards de la République démocratique du Congo, désormais dauphins des Pharaons d’Egypte.

Les trois formations pointent respectivement aux 25ème, 28ème et 31ème places mondiales avec ce nouveau classement. Au plan mondial donc, le Sénégal a régressé de quatre places puisqu’il pointait auparavant, au 27ème rang mondial. Malgré l’absence de rencontres internationales depuis la dernière publication de juillet, le classement a été chamboulé même si les deux formations qui devancent les Lions n’ont pas fait mieux : l’Egypte a même perdu une place au plan mondial alors que les Congolais ont conservé leur position.

Derrière le podium continental, deux autres sélections complètent le Top 5 africain : il s’agit de la Tunisie (34ème) et du Cameroun (35ème) qui a gagné une place. Le Burkina Faso, prochain adversaire des Lions en éliminatoires du Mondial 2018 (le 2 septembre à Dakar), a également chuté en perdant trois places pour se retrouver au 47ème rang mondial, (7ème rang africain).

Le ranking mondial a également connu quelques changements, en particulier en haut de classement, avec le Brésil qui renverse l’Allemagne pour prendre la première place que la Nationalmannschaft lui avait confisquée un mois plus tôt. L’Argentine reste 3e derrière le duo de tête tandis que la Suisse (4ème, +1), qui n’a pas connu pareil classement depuis la toute première édition du classement mondial et la Pologne (5ème, plus 1), dont c’est le meilleur classement de son histoire, complètent le Top 5 mondial. Le prochain classement sera publié le 14 septembre prochain.

Ousseynou POUYE

Le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, à travers l’Onas, a délégué aux privés la gestion de certaines Stations de traitement des boues de vidange (Stbv). Les autorités ont comme perspective de renforcer le dispositif au cours des années à venir. « Le Sénégal comptait 10 Stations de traitement des boues de vidange. D’ici 4 ans, en 2022, au moins 11 nouvelles Stbv seront construites », a annoncé le directeur général de l’Onas.

I. SANE

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