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Les candidats des Facultés des Lettres et sciences humaines (Lsh), Sciences et techniques de l’ingénieur (Sti) et Sciences naturelles et agronomie (Sna) de l’Ucad ont tous été reçus au concours du Cames, session 2016.

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a enregistré des résultats encourageants au Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames). La session 2016 s’est déroulée à Bamako, au Mali, du 8 au 20 juillet. Sur les 225 candidats, 152 ont été admis à un grade supérieur. « L’Université Cheikh Anta Diop a obtenu de bons  résultats aux Comités techniques spécialisés (Cts) des Comités consultatifs interafricains (Cci) du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames) », lit-on dans un communiqué parvenu à la rédaction. Il est également mentionné que « ces candidats aux listes d’aptitude dans les différentes fonctions d’enseignement et de recherche se sont brillamment comportés ».

Tous les candidats qui ont passé le concours sous la bannière des Facultés des Lettres et sciences humaines (Lsh), Sciences et techniques de l’ingénieur (Sti) et Sciences naturelles et agronomie (Sna) ont réussi le concours. C’est une première. « Ce sont des résultats exceptionnels, puisque c’est un carton plein  (100 %) ». Ils sont, au total, vingt-huit enseignants-chercheurs pour la Lsh, sept pour Sti et six pour Sna admis aux différentes fonctions », renseigne le communiqué.

Ces Facultés ou Départements sont suivis par la section de Médecine humaine et vétérinaire, Pharmacie et odontologie (Mpo) qui a enregistré un taux de 86,6 %. La section de Mathématiques, physique et chimie (Mpc) arrive en 3ème position avec 85,7 %. La Faculté des Sciences économiques et de gestion (Faseg) obtient 83,3 %, alors que celle des Sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) a un taux d’admis de 75 %. La Faculté des sciences juridiques et politiques (Sjp) ferme la marche avec 42,5 %.

Idrissa SANE

Le ministre porte-parole du gouvernement est monté au créneau pour stopper la polémique politico-juridique en gestation et remettre les pendules à l’heure suite au remplacement, avant-hier, de Mme Nafi Ngom Keïta de son poste de présidente de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac). Seydou Guèye s’est inscrit en faux contre l’argumentaire juridique développé par le Pr Jacques Mariel Nzouankeu qui, sur le plateau de la Tfm, a soutenu le caractère « illégal de la décision » prise par le chef de l’Etat par décret.

Selon Pr Nzouankeu de l’Ucad,  il y a  « illégalité » dans la décision mettant fin aux fonctions de Mme Keïta. Ce qui ressemble plus à une « révocation »,  car son mandat de trois ans « n’est pas encore arrivé à terme ». Faux, a rétorqué le porte-parole du gouvernement, qui a battu en brèche les arguments avancés par M. Nzouankeu. Seydou Guèye est revenu hier, sur les ondes de la Rfm, sur le processus de mise en place de l’Ofnac créé en décembre 2012. « Nafi Ngom est nommée présidente le 25 juillet 2013 » suivi de la nomination du vice-président  le 7 octobre 2013. Quant aux membres, « ils ont été nommés le 31 décembre 2013 puis ils ont prêté serment devant la Cour d’Appel le 25 mars 2014 ». Le lendemain, « ils sont installés dans leurs fonctions au Palais de la République », tant qu’ils sont « pour un mandat de 3 ans renouvelable une seule fois et le renouvellement se fait pour moitié tous les trois ans », a-t-il déclaré.

A l’en croire, en matière de durée de mandat, le décompte commence « à la date du décret » et donc, si le mandat est de trois ans, « la date de terme du mandat est de 3 ans », a-t-il dit. Qui plus est, « c’est M. Nzouankeu qui nous a appris que les actes administratifs sont immédiatement applicables sauf dispositions contraires », a-t-il fait savoir. 

Il évoquera l’histoire institutionnelle du Sénégal en prenant l’exemple de la nomination de feue Mireille Ndiaye comme présidente du Conseil constitutionnel « qui a été nommée par décret le 8 septembre 2004 pour un mandat de 6 ans avec prise d’effet au 18 juin 2004 et elle a été remplacée le 18 juin 2010 soit 6 ans après ». Et dans l’histoire, « on a vu plusieurs situations où des débuts de mandats n’ont pas correspondu avec la date de prestation de serment mais cela n’a pas impacté le  décompte du délai », a-t-il conclu.

Mamadou Lamine DIEYE

En images, les temps forts de la tournée du Chef de l'Etat, Macky Sall, dans la région de Dakar du 19 au 23 juillet 2016.

 

« Il faut qu’on travaille et arrêtons les débats stériles. Aucun pays ne s’est développé avec des débats stériles. Quand tu regardes la jeunesse sénégalaise, on doit avoir peur des défis à résoudre. Il faut assurer l’éducation, la formation…», a déclaré, selon l’Agence de presse sénégalaise (Aps), le président Macky Sall en inaugurant, samedi, au quartier Grand Médine de Dakar, l’Echangeur de l’Emergence.

Le président Macky Sall, qui a passé presque une semaine dans les autres villes de la région de Dakar – nous préférons cela au concept galvaudé de banlieue – à présider un Conseil des ministres délocalisé, rencontrer les populations, les élus locaux et les notables, à inaugurer des infrastructures, à lancer des chantiers, est sans doute passablement agacé à entendre l’opposition et certains experts tirer le débat politique vers le bas. Il refuse de prendre ce chemin-là, préférant, comme il l’a déjà dit, inviter les Sénégalais à débattre avec ou sans lui sur les questions économiques. Et, dans le domaine économique, il y a de quoi dire. La croissance économique du pays est l’une plus forte du continent africain. Elle est estimée à 6,5% en 2015 contre 1,7% en 2012. Traduit simplement, cela va dire que le Sénégal s’est enrichi. Notre pays n’a pas de ressources naturelles exceptionnelles et, situé dans la bande sahélienne, il ne bénéficie pas toujours d’une bonne pluviométrie. On pourrait continuer, en puisant dans la documentation des économistes et autres spécialistes, lister d’autres défis auxquels le Sénégal est confronté.

Pourtant, la machine économique tourne et donne de bons résultats. Cette croissance économique de 6,5% est d’abord le fait d’une vision, celle du président Macky Sall, déclinée dans le Plan Sénégalais émergeant (Pse). L’exécution de ce plan à un rythme soutenue vient d’ailleurs accélérer la cadence de la mise en œuvre de politiques et programmes dont les populations profitent déjà des bienfaits. Et oui Macky Sall suit les traces d’un de ses prédécesseurs au Palais Léopold Sédar Senghor. Il s’agit du président Abdou Diouf qui, lors de son premier message à la Nation, le 1er janvier 1981 alors qu’il venait de succéder à Senghor, disait : « Aider un homme à trouver du travail ou à garder son emploi, c’est lui permettre d’assurer pleinement sa dignité d’homme ». Le nouveau locataire du Palais a bien retenu le message qui est toujours d’actualité. Ce n’est pas seulement Dakar qui change. C’est tout le Sénégal qui se transforme. Le Sénégal ne peut se suffire d’avoir la plus belle corniche d’Afrique et un bout d’autoroute. C’était une ambition limitée. Aujourd’hui, avec Macky Sall, il s’agit de bâtir partout au Sénégal pour le plus grand nombre et, surtout, au profit des plus vulnérables comme les jeunes, les démunis des zones périurbaines, les ruraux, les femmes, les enfants, les Sénégalais des régions périphériques. Les jeunes, parlons-en. Au début de ce texte, nous avons mis en relief ce qu’en dit le président Macly Sall. Ils sont notre avenir et, surtout, un défi, une force, un levier puissant pour développer le Sénégal. Oui, les jeunes doivent être la priorité pour le Sénégal. Face à leurs attentes, à leur impatience, à leur enthousiasme mais aussi devant leurs frustrations, nous devrions, tous, considérer leurs doléances – l’emploi, l’éducation, la formation, l’accès aux services de santé, etc. – comme des défis majeurs que notre société doit nécessairement relever au risque de voir sa stabilité mise à rude épreuve dans les prochaines décennies.

Au Sénégal comme ailleurs en Afrique, la pauvreté et le chômage frappent une bonne partie des populations surtout les jeunes. Dans notre pays, le taux de chômage habituel est évalué à 25,7% au niveau national. Selon un rapport de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ands) sur la situation économique et sociale du Sénégal paru en 2016, les jeunes chômeurs âgés de 15 à 34 ans représentent près de 60% du total des chômeurs. Tout est dit dans ces chiffres qui traduisent le drame que vivent, au quotidien, ces milliers de jeunes diplômés ou non, dans la force et qui voudraient, à la sueur de leur front, bâtir le Sénégal de leur rêve. Le président Macky, à travers les politiques et programmes mis en œuvre depuis son arrivée à la tête de l’Etat, leur a offert des milliers d’emplois. Mieux, en appuyant sur les leviers clés que sont le secteur privé et le système éducatif, il a créé les conditions favorables à la création d’emplois au bénéfice des jeunes. A côté des routes, des échangeurs et des hôpitaux inaugurés la semaine dernière à Dakar, il y a cette visite que le chef de l’Etat a effectuée à Diamniadio, au Pôle des métiers. Ce pôle regroupe en son sein cinq centres sectoriels de formation dans divers métiers professionnels porteurs d’emplois. De ces centres sectoriels sortiront des jeunes Sénégalais capables de travailler avec leurs mains et, si nécessaire, d’être leur propre patron, une fois sur le marché du travail. Une économie qui progresse de 6,5% en 2015 crée nécessairement des richesses, des emplois et, surtout, offre des opportunités à ceux qui sauront les saisir. Le gouvernement ne peut pas donner un emploi à tous les jeunes.

En revanche, avec le PSE et tous les autres programmes lancés par le chef de l’Etat, Macky Sall, il est en train de mettre à jour d’importants gisements d’emplois et d’opportunités. Le président Macky Sall bâtit, réforme, réoriente, galvanise, montre le chemin… Ces chantiers qui tiennent à la fois de l’imaginaire et du concret sont faits pour construire un autre Sénégal avec et pour les jeunes. Notre pays devrait connaître une croissance économique encore plus forte au cours des prochaines décennies grâce, entre autres, à la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) et aussi des ressources qui seront tirées de l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz. Une forte croissance et dans la durée devrait permettre d’allouer suffisamment d’argent à la création d’emplois, à la santé, à l’éducation et la promotion des bonnes pratiques de gouvernance. Allouer d’importantes ressources financières à ces secteurs clés, c’est travailler, dès maintenant, comme on l’a vu en Asie du Sud-Est, à l’émergence économique, d’ici quelques années, d’un pays avec une jeunesse bien formée, à l’aise dans sa société et décidée à construire son pays à la sueur de son front.

Tout nous dit et montre d’ailleurs que le président Macky Sall y travaille. Sans relâche !

• Par Mamadou Amadou Tamimou WANE

Pour les besoins de l'élection des conseillers du Haut conseil des collectivités territoriales, le collège électoral a été convoqué. Il est composé de conseillers départementaux et communaux sur l’étendue du territoire national.

Ainsi, le scrutin des conseillers issus de ce Haut conseil est fixé au 4 septembre 2016.

D’après les explications de Bernard Casimir Cissé, directeur de l’information et de la communication à la Direction générale des élections qui attend d’être officiellement saisie sur ces élections, au total ils seront 150 conseillers dont 70 nommés directement par le président de la République. « Les 80 conseillers restants seront élus au suffrage majoritaire départemental », a-t-il expliqué.

Amadou DIOP

Le sixième congrès ordinaire du Pit s’est tenu le week-end au  Cices. L’élection du Bureau politique et du secrétaire général n’ont pu se faire à cause de vices de procédure relevés lors du vote du comité central. Quatre candidats se sont présentés pour succéder à Maguette Thiam.

Après s’être félicité du rapport moral du secrétaire général sortant qui a révélé « l’atteinte d’une bonne partie des objectifs que le parti s’était assigné à son sixième congrès », il a été par la suite adopté de même que le rapport amendé portant thèses d’orientation et de programme et statuts du Parti.

Aussi ont-ils appelé à ce que le parti continue à « demeurer vigilant, de rester toujours attaché à la conjugaison des efforts de toutes les forces disponibles par faire avec elles, sans renoncer à l’identité du Parti, les étapes nécessaires pour asseoir une gouvernance au service du grand nombre. Le congrès a appelé tous les camarades à « redoubler d’ardeur pour renforcer le parti dans son rôle précieux de transformation sociale ».

Dans la même veine, il l’a engagé à « poursuivre son intelligente politique de rassemblement de toutes les forces déterminées à se mettre en branle pour permettre au Sénégal de franchir de nouveaux jalons dans l’exaltante entreprise de construction nationale ».

Magatte Thiam qui n’est pas partant pour se présenter à sa propre succession, l’élection du Bp et du nouveau secrétaire général n’a pu se faire à cause de vices de procédures relevés lors du vote du comité central.

Mamadou Lamine DIEYE

Un projet de bus rapide de transit pour le transport de masse sur voie dédiée sera intégré aux travaux de la route des Niayes.

L’annonce a été faite avant-hier par le président de la République lors de l’inauguration de l’échangeur de l’Emergence. Selon le chef de l’Etat, le Brt offrira ainsi aux populations une solution alternative pour le déplacement en banlieue.

La phase pilote de ce projet sera réalisée avec le soutien de la Banque mondiale à hauteur de 40 milliards de FCFa. Elle concernera les zones comprises entre le Rond-point de Liberté VI et Guédiawaye.

A ceux qui s’interrogent sur la mobilisation des nombreux milliards annoncés par le président de la République pour Dakar et les autres régions, le président de la République, Macky Sall, demande au gouvernement d’expliquer. « Il faut clarifier comment ces fonds sont mobilisés. On a changé de paradigme en matière de mobilisation des ressources », a dit le président de la République.

« Quand je suis parti à Paris afin de chercher des financements pour le Pse, nos détracteurs disaient que nous ne sommes pas capables de trouver les financements. Ils doivent donc se taire en voyant tous les projets ouverts », a souligné le chef de l’Etat dans son allocution en Ouolof.

Parlant toujours des détracteurs de son régime, il a souligné qu’un nullard ne peut pas concevoir et construire l’Echangeur de l’Emergence. « L’échangeur que nous avons construit ici, un nullard ne peut pas le faire. Ce sont des fils du pays qui l’ont construit. Ce sont des gens bien formés », a-t-il dit.
Macky Sall a dit être insensible aux critiques de ses adversaires. « Les bruits ne me dérangent pas.

Ce qui peut me déranger, c’est un échec des projets que nous avons initiés », a-t-il lancé. Il a rappelé qu’à son arrivée au pouvoir, le Sénégal avait un taux de croissance de 1,7%.

« Nous sommes partis avec moins de 200 milliards de FCfa. Nous avons travaillé jusqu’à avoir les résultats que nous avons sans retards de salaire, sans une augmentation du prix des denrées, etc. », a affirmé le président.

Par Babacar DIONE, Maguette NDONG,
Amadou DIOP et Oumar BA (Textes);
Sarakh DIOP et Mbacké BA (Photos)

Le président de la République, Macky Sall, a lancé les travaux de la Vdn Section 2 (Cices-Golf Club de Guédiawaye). Cette infrastructure sera réceptionnée dans 24 mois.

Une immense foule a accueilli le président Macky Sall. La cérémonie de lancement a eu lieu à Diamalaye. Le président de la République a eu droit à une séance d’explication détaillée du projet. Un projet financé par la Banque islamique de développement (Bid) et l’Etat du Sénégal. Le montant du financement s’élève à 32 milliards 500 millions de FCFa.

Le tronçon porte sur une distance de 6 kilomètres et se caractérise, d’après les explications du directeur général de l’Ageroute, par la construction d’une piste cyclable et de contre-allées pour desservir les populations riveraines, par la construction des aires de promenade ainsi que la réalisation d’ouvrage d’assainissement, de protection et de traversée souterraine. Aussi, « il y aura la construction d’ouvrages d’art spéciaux, la mise en place d’un réseau d’éclairage public sur toute la longueur du projet et l’aménagement d’aires sportives », a-t-il précisé, entre autres caractéristiques.

Le président de la République, Macky Sall, a visité samedi le « Pôle de métiers de Diamniadio ». Un pôle qui regroupe en son sein cinq centres sectoriels de formation dans divers métiers professionnels porteurs d’emplois. Le coût global de ce pôle est estimé à 11 milliards de FCfa, 50 corps de métiers y seront enseignés à environ 5.000 jeunes en l’espace de trois ans.

La forte chaleur de ce samedi n’a nullement découragé la motivation des populations de Diamniadio et environs. Comme si elles se sont passé le mot, elles sont venues en nombre pour accueillir le président de la République. Ces populations sont surtout venues assister à la première visite du président, de ce qui est parti pour être le principal pôle de métiers du Sénégal.

La localité a eu l’honneur d’abriter cette infrastructure. Toute une symbolique alors. Hôte du jour, le président de la République est arrivé sur les lieux à 13 heures. Une visite qui s’inscrit dans le cadre du Conseil des ministres décentralisé dans la région de Dakar, ponctuée par une série d’inauguration et d’information sur l’état d’avancement  de certains chantiers. C’est le cas du pôle de Diamniadio.  Le projet est estimé à 11 milliards de FCfa, 54 métiers y seront enseignés et 5.000 jeunes sont ciblés,  en l’espace de trois ans.

Au cours de sa visite, le chef de l’Etat s’est rendu compte de la fonctionnalité du centre sectoriel des métiers du Bâtiment et des Travaux publics. Une infrastructure financée à hauteur de 2 milliards de FCfa, fruit d’un partenariat entre l’Etat du Sénégal et l’Agence de développement française (Afd). Ici, les jeunes sont formés à divers métiers : maçonnerie, plomberie, construction en voirie et réseaux et carrelage. L’étanchéité, les travaux et bâtiments publics sont également pris en compte.

La nouveauté dans ce pôle, c’est aussi les travaux du centre sectoriel dédié à la mécanique poids lourds, deux roues et moteurs hors-bord. D’un coût de 2 milliards de FCfa, ce centre est également le fruit d’une coopération entre l’Etat du Sénégal et l’Agence française de développement (Afd). L’ouvrage sera fonctionnel dès 2017. Ici, seront formés des mécaniciens automobiles, poids lourds, électriciens, électroniciens, carrossiers, mécaniciens hors-bord, mais également des spécialistes en climatisation.

La troisième étape de la visite du président constitue le centre sectoriel à la maîtrise énergétique (énergies renouvelables). Ici, le coût de financement partagé entre l’Etat du Sénégal et l’Agence française de développement (Afd) est estimé à 775 millions de FCfa. Le centre sera fonctionnel en janvier 2017. Bilan énergétique, électricité et solaire photovoltaïque, solaire thermique, isolation, ventilation, étanchéité, rafraichissement et climatisation, sont les différents métiers qui y seront enseignés. La maçonnerie éolienne y sera également dispensée ainsi que la conception de digesteur biogaz.

Les centres de formation en tourisme hôtellerie et celui en en aviculture d’un coût respectif de trois milliards chacun seront fonctionnels en décembre 2017. Ces centres sont le fruit d’une coopération entre l’Etat du Sénégal, l’Afd et la Banque mondiale. Différents corps de métiers y seront enseignés tels que la cuisine, la pâtisserie, la conduite d’élevage reproducteur, le couvoir usine d’aliments, la transformation et le conditionnement de produits avicoles.  Après Diamniadio, le chef de l’Etat s’est rendu à Bargny. Un exposé sur les dangers de l’érosion côtière lui a été fait.

Par Babacar DIONE, Maguette NDONG,
Amadou DIOP et Oumar BA (Textes);
Sarakh DIOP et Mbacké BA (Photos)

La labellisation des entreprises permet aux acteurs évoluant dans le secteur informel de se professionnaliser et de pouvoir bénéficier de prêts bancaires. D’où l’invite lancée par le directeur de l’Agence pour le développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (Adepme) à souscrire à ce projet qui bénéficie de l’appui de la Banque africaine de développement.

A Mékhé, les artisans ont été invités, avant-hier, à se mettre à niveau dans le cadre de la labellisation des entreprises du secteur informel, en vue de capter des financements extérieurs.

Cette démarche est initiée dans le cadre du projet de labellisation des petites et moyennes entreprises récemment lancé par l’Agence pour le développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises du Sénégal (Adepme). L’étape de Ngaye Mékhé a permis de noter les limites du secteur informel de la localité qui renferme un important potentiel dans le cuir, lequel occupe une bonne partie des artisans dans la fabrication des chaussures dites « Dalou Ngaye ». Un label qui n’est plus à présenter dans les marchés nationaux, voire internationaux, pour avoir fait sa propre publicité. Mais, le constat est que les différents acteurs peinent à bénéficier de financements auprès des banques ou autres institutions financières où de nombreux dossiers sont encore en souffrance. Un blocage lié surtout, selon le directeur général de l’Adepme, Mabousso Thiam, « au manque d’organisation des opérateurs qui attendent toujours d’être dans le besoin pour aller vers les banques alors que la mise à niveau de leurs entreprises n’est pas assurée ». « Nous sommes venus les trouver pour leur expliquer le processus à travers le projet de labellisation, de les sensibiliser et les écouter, pour mieux cerner leurs problèmes et pouvoir y préconiser techniquement des solutions. C’est tout le sens à donner à la labellisation des entreprises dans le cadre de la recherche de financements », a expliqué M. Thiam.

160 ateliers pour 7 Gie recensés
Les acteurs du cuir de Ngaye, particulièrement la nouvelle génération, éprouvent un besoin de financement pour réussir le pari de porter encore plus haut le flambeau du legs de leurs grands-parents et fortement lié à l’histoire de cette contrée. La ville de Mékhé compte 160 ateliers et sept groupements d’intérêt économique (Gie) formel. Ce qui est très insuffisant, a estimé le président de l’Union des artisans de Mékhé, Assane Kassé, qui évolue dans le secteur depuis 1985. « Depuis cette date, aucune évolution n’a été notée, faute d’appui financier extérieur, alors que le potentiel est immense », s’est-il désolé. M. Kassé a toutefois remercié le chef de l’Etat qui, selon lui, « a bien compris l’enjeu d’un tel secteur en acceptant de présider à Ngaye, l’année dernière, la journée de l’artisanat et en mettant à notre disposition une importante enveloppe financière pour booster les activités non seulement des acteurs du cuir mais également des autres secteurs de l’artisanat ».

Avec le projet de labellisation des entreprises, les nombreux acteurs de l’artisanat ayant participé à la rencontre savent désormais la voie à suivre pour sortir de l’informel et pouvoir bénéficier de prêts bancaires. Ils ont été invités à s’inscrire dans une dynamique de professionnalisation. Mabousso Thiam a rappelé que le programme de labellisation des entreprises bénéficie de l’accompagnement de la Banque africaine de développement (Bad), à travers son fonds d’appui à la promotion du secteur privé, pour une enveloppe de 3,46 milliards de FCfa.

Mohamadou SAGNE

Il sera procédé, au mois d’août prochain, à la répartition des 11 bureaux de la Maison de la presse entre 15 organisations de la presse sénégalaise. L’inauguration est prévue avant la fin de l’année 2016. Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, l’a dit, hier, au cours d’une visite. Néanmoins, il reste à effectuer des travaux pour rendre l’édifice fonctionnel.

La répartition des locaux de la Maison de la presse est devenue « une urgence », selon le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye. C’est ainsi qu’une séance de travail a été organisée, hier, pour définir les modalités d’attribution. Il a tenu, toutefois, à préciser que ce sont les associations de la presse bénéficiaires de ces bureaux qui se chargeront de leur équipement. La présence de l’Agence de presse sénégalaise dans ses locaux a également été abordée. Le ministre a indiqué que la réflexion est engagée avec la direction du Patrimoine bâti pour trouver une solution. Il répondait à une interpellation du secrétaire général du Syndicat des professionnels de l'Information et de la Communication du Sénégal (Synpics), Ibrahima Khaliloulah Ndiaye, pour qui il est important d’éclairer l’opinion sur cette occupation censée être provisoire.

M. Ndiaye a, par ailleurs, souhaité que la Maison de la presse porte le nom de l’ancien secrétaire général du Synpics Alpha Abdallah Sall, pour son action décisive dans l’édification d’une presse forte. Aussi, il a émis l’idée d’en faire un cadre d’accueil pour des confrères de passage à Dakar à un coût raisonnable. Bara Ndiaye, l’administrateur de la Maison de la presse, s’est réjoui des efforts déployés par l’Etat du Sénégal à travers le ministère de la Culture et de la Communication pour rendre fonctionnel ce « cadre d’épanouissement et de travail ». L’importance de cet outil requiert des travaux d’envergure. Dans ce sens, deux projets majeurs inscrits dans un plan stratégique quinquennal, permettront, selon lui, d’en faire « un outil d’interface entre le public et la presse, de favoriser l’émergence d’une presse plurielle… ». Il s’agit de l’aménagement d’une cyberpresse et d’une médiathèque afin d’installer les journalistes dans des conditions de performance. Il a, par ailleurs, salué, comme le ministre s’est auparavant appliqué à magnifier son travail, l’apport de l’Agence de l’informatique de l’Etat qui a doté l’édifice de l’Intranet.

Alassane Aliou MBAYE

Demain à 10 heures, c’est dans les locaux de la préfecture de Rufisque que le chef de l’Etat remettra le drapeau national à la délégation sénégalaise en partance pour les Jo de Rio (5 – 21 août) et les Jeux paralympiques qui auront également lieu dans l’ancienne capitale fédérale du Brésil, en septembre.

C’est donc la lutteuse Isabelle Sambou, désignée porte-drapeau cette semaine par le Cnoss, qui recevra l’emblème national des mains du président Macky Sall, actuellement en tournée dans la banlieue dakaroise.

La troisième section du prolongement de la Vdn allant du Golf club de Guédiawaye à Tivaouane-Peulh sera inaugurée, ce vendredi, par le chef de l’Etat. S’étalant sur 17 km, ce tapis de bitume en deux fois deux voies va accroître la mobilité urbaine dans la région de Dakar. Cette infrastructure qui a coûté 31 milliards de FCfa grâce au concours du Fonds koweitien et du gouvernement du Sénégal.

Il y a encore quatre ans, c’était une piste côtière nimbée de poussière et bordée de filaos souples au vent. Coincée entre la plage et quelques quartiers comme Diamalaye, Cambérène, Guédiawaye, Malika, où se côtoyaient, par endroits, des dunes de sable et des villas de luxe. Aujourd’hui, la carte postale offre une tout autre image. Entre le Golf club de Guédiawaye et Tivaouane-Peulh, s’étale désormais un tapis de bitume de grand gabarit en deux fois deux voies disposant d’une bande d’arrêt d’urgence, de trois échangeurs et des bretelles d’entrée et de sortie. Cette troisième section du prolongement de la Vdn qui longe sur 17 km la mer est au cœur d’un colossal projet d’aménagement routier à effet hautement structurant et censé améliorer la mobilité urbaine dans l’agglomération urbaine de Dakar.

Transformation du cadre de vie
Des garnements se permettent quelques gambades sur la route non encore ouverte à la circulation. Mor Ndiaye, lui, est bien loin de l’insouciance de ces galopins. Revenu récemment de la Corée du Sud où il est resté pendant des années, grande fut sa surprise quand il a découvert cette infrastructure. « J’ai été agréablement surpris de voir une route d’une telle envergure dans notre quartier. Elle a complètement changé notre cadre de vie. Un pays qui aspire à émerger doit développer des routes de ce genre », confie-t-il.

Daouda Wilane dont la maison familiale se trouve de l’autre côté de la bretelle fait chorus. « Le prolongement de la Vdn a rendu notre quartier plus joli et attrayant. On l’oublie souvent, un environnement qui favorise le bien-être des populations est aussi une demande sociale », avance ce quadragénaire de forte corpulence. Quant à Ababacar Sédikh Bathily, il se réjoui déjà de la fin des bouchons et des embouteillages ; ainsi que du désenclavement qu’entraînera cette route. Seul petit pincement au cœur pour lui, l’abattage de quelques filaos. Mais il refoule vite ce sentiment mélancolique avec cette phrase : « En fin de compte je me rends à l’évidence que c’est un mal pour un bien ».

Désenclavement et réduction des coûts du transport
Vdn 3 Echangeur ReportageEn dehors de son rôle premier de pénétrante, cette voie désenclave plusieurs localités pour l'accès au centre de Dakar en moins de trente minutes. Il s'agit notamment des Parcelles Assainies, de Yoff, de Cambérène, de Guédiawaye, de Daroukhane, de Yeumbeul, de Malika, de Keur Massar, de Tivaouane Peul mais également de l'hinterland. Le long du tronçon, l’on se rend compte de la complexité des travaux et des investissements consentis pour faire de cette infrastructure et de ses abords, au-delà de sa fonction première de pénétrante, un espace de vie et de détente.

En effet, sur toute la partie urbaine de la route, des aménagements paysagers ont été réalisés avec des trottoirs et des pistes cyclables pour les riverains à chaque carrefour. Des giratoires ont été construits sur les routes secondaires comme celle qui dessert le quartier de Gadaye. On remarque des candélabres à double lampe, dont le mât est en aluminium au niveau des différents échangeurs, qui permettent d’éclairer et la route et l’aire de promenade. De jeunes cocotiers bordent les échangeurs. De même, cinq passerelles aux formes ondulantes avec des rampes dédiées aux handicapés moteurs enjambent la route dans les zones à forte concentration humaine. Ces dispositions permettent de sécuriser la zone urbaine et aux riverains d’accéder à la plage en toute sécurité. « Les trois échangeurs ont été réalisés dans les zones où le trafic routier est dense comme au Golf club de Guédiawaye, à Wakhinane Nimzatt et à Malika », précise Ibrahima Sall, le directeur de la Division des travaux routiers à l’Ageroute et coordonnateur du projet. De Guédiawaye à Malika, la route longe la lisière de la bande de filaos du côté de la mer et suit un tracé plus ou moins rectiligne.

Mais à partir de Malika, elle devient serpentée et traverse cette fameuse bande de filaos sur une distance de 2,5 km avant d’en ressortir pour poursuivre son chemin.

ci, entre le trottoir et la mer, on ne manque pas de remarquer des tas de gravats qui jonchent le bas-côté de la route. C’est ce qui reste des maisons qui ont été démolies à Malika. La libération des emprises, selon M. Sall, a été l’un des problèmes majeurs rencontrés par le projet. « Si nous avons décidé de donner à la route un caractère serpenté à partir de Malika, c’est parce que nous avons voulu éviter de faire déguerpir beaucoup de monde », explique le Coordonnateur du projet. Malika et son échangeur dépassé, on se dirige vers Tivaouane-Peulh. Plus on s’approche de ce village, plus le panorama change. Le tapis de bitume glisse au milieu d’une végétation que campent les filaos à gauche et la flore du lac Mbeubeuss à droite. Le changement de décor, au bout seulement de quelques kilomètres de route, est saisissant entre la zone urbaine et cette zone semi-rurale. On est au bout du voyage. Et là, la route dessine un demi-cercle autour d’un ultime giratoire et traverse la partie extrême du lac Mbeubeuss pour entrer dans Tivaouane-Peulh où la zone de recasement de l’Apix avec ses larges allées et ses maisons qui commencent à pousser comme des champignons.

A propos de ce lac qui se remplit d’eau pendant l’hivernage, l’Ageroute, pour éviter une rupture dans l’écoulement, a pris les devant en réalisant des dalots pour en assurer l’équilibre hydrique. La prochaine étape de ce prolongement sera la bretelle menant au Lac Rose situé à 5 km de là.

Restauration de la bande de filaos
Les responsables de la délégation du Pôle urbain de Diamniadio et du Lac Rose sont en train de finaliser leurs plans, selon Ibrahima Sall de l’Ageroute. En attendant qu’un jour, cette route atteigne Saint-Louis…

Même si le prolongement de la Vdn de Guédiawaye à Tivaouane-Peulh n’a empiété que sur 2,5 km la bande de filaos, l’Ageroute a tout de même tenue, en collaboration avec la Direction des Eaux et Forêts, à reboiser le tronçon du côté de la mer. C’est ainsi qu’on peut remarquer, le long du tronçon, des espaces déjà aménagés et protégés où poussent de jeunes plants de filaos. Cela a nécessité, selon le coordonnateur du projet du prolongement de la Vdn, Ibrahima Sall, « 100 millions de FCfa ». Le projet prévoit, en outre, de doter la Direction des Eaux et Forêts de deux véhicules pick-up double cabine. C’est connu, une route est un facteur de développement et favorise l’essor de l’habitat. Le nez creux et toujours aux aguets des bonnes affaires. Des spéculateurs fonciers ont commencé à s’intéresser aux zones traversées par le prolongement de la Vdn, notamment entre Malika et Tivaouane-Peulh.

Les travaux de la deuxième section avancent bien
Vdn 3 Section 2 ReportageLancés il y a quelques mois, les travaux de la deuxième section long de 9 km allant du Cices au Golf club de Guédiawaye, avancent à rythme soutenu, comme l’illustre les nombreux engins sur les lieux. Sur le terrain, les travaux de terrassement et de pose des premières couches de latérite ont été faits. A Diamalaye, la charpente du futur viaduc d’un kilomètre de portée commence à être debout. Financés par la Bid et l’Etat du Sénégal, les travaux comprennent, outre ce viaduc, une chaussée deux fois deux voies avec une bande d’arrêt d’urgence et bordées de deux accotements de deux mètres de large chacun. Comme la troisième section, ce tronçon disposera d’une aire de promenade, d’une piste cyclable et de contre-allées pour desservir les populations riveraines.

L’autre particularité de ce tronçon est la construction d’un pont en bowstring pour la traversée du mausolée Seydina Issa Rohou Laye à Cambérène. Cet ouvrage spécifique, selon le chef de la Division des travaux routiers d’Ageroute, a l’avantage de ne pas gêner la vue de la mer.

Reportage : Elhadji Ibrahima THIAM, Assane SOW (Photos)

Le sommet du Sénégal sur la parité, organisé par le Wilson center, s’est tenu hier à Dakar. Cette rencontre, qui a réuni beaucoup de femmes leaders du Sénégal, vise à leur fournir une participation accrue et significative dans le service public, mais aussi à permettre leur accès à d’autres réseaux au-delà de nos frontières.

Dans la fonction publique, l’institution a noté une faible représentation des femmes. « En 2010, elles étaient moins de 30% dans l’administration publique, moins de 20% avec la dernière étude des Pme », renseigne Mme Fatou Sow Sarr, présidente du laboratoire Genre de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan). Selon elle, c’est le gap référentiel qui est à l’origine de cela.

Jugeant leur nombre insuffisant dans ce secteur malgré leur influence positive dans la gouvernance, la croissance économique et le développement, le Wilson center s’engage dans un programme visant le double objectif d’une participation accrue et plus significative dans le service public tout en leur facilitant la possibilité de s’introduire dans d’autres réseaux de services publics au-delà même des frontières du Sénégal. Une manière de les sécuriser au plan financier. Le sommet a aussi été un moment important de former les femmes dans l’élaboration de constitutions et de politiques en tant que candidates à des postes d’élues et de fonctionnaires du gouvernement.

Pour atteindre l’objectif de la parité en 2050, les moyens se concentrent sur la transparence et le changement dans les institutions, la collecte et le partage d’informations et la construction de réseaux féminins. Cette rencontre a été un moment pour faire l’état des lieux de la parité au Sénégal qui, sur le plan politique, connaît une grande avancée à l’exception, selon Mme Fatou Sow Sarr, des instances des collectivités locales où le vote n’est pas nominatif.

Marame Coumba SECK

Le Japon est un pays fascinant à découvrir. Archipel constitué de quatre îles principales, niché en Extrême-Orient, il a un développement industriel avant-gardiste. Invité par la Jica, avec 13 autres confrères africains, en prélude à la Ticad VI qui se tient les 27 et 28 août prochain à Nairobi, nous avons pu parcourir le pays de Tokyo à Nagasaki, d’Osaka à Kyoto et de Komatsu à Sendaï, visitant écoles, universités, centres de santé, musées et entreprises.

Sous les ailes de l’avion qui se pose dans l’après-midi de ce dimanche 26 juin à l’aéroport international de Narita, on a l’impression qu’on va atterrir au milieu d’une forêt luxuriante, tant la végétation est dense et bien entretenue tout autour. Dans le flot des passagers se dirigeant à toutes jambes vers le service de police des frontières, quelques personnes noires de peau. Une fois les formalités accomplies au bout d’une grosse demi-heure, nous nous dirigeons vers un grand hall où deux dames de petite taille, dont l’une tenait une pancarte sur laquelle on pouvait lire « Journalistes invités par la Jica », nous accueillent assez chaleureusement en nous souhaitant la bienvenue au Japon. Avec sept autres confrères africains, elles nous dirigent vers l’un des bus qui font la navette entre l’aéroport et Tokyo. Très professionnelles, elles s’assurent qu’aucun bagage n’est perdu et que chacun détient son ticket. Elles nous firent ensuite au revoir de la main, car là s’arrêtait leur rôle, et comme nous nous en rendrons compte plus tard, c’était une organisation bien huilée où chacun jouait sa partition. L’aéroport est distant de 60 km et le trajet jusqu’à la station de bus, alors que la nuit tombait sur la ville, fut long. Derrière les vitres de notre bus, nous découvrons goulûment Tokyo, avec ses rues, les innombrables enseignes lumineuses tapissant le fronton des immeubles, ses voies express surélevées, ses tunnels… L’Asie a toujours suscité en nous un étrange sentiment, avec cette impression qu’on est sur une autre planète. Perdu dans nos pensées, nous ne nous apercevons même pas que le bus était arrivé à destination. A la descente, une autre dame à la politesse exquise, accompagnée d’un homme, nous attendait. Quatre taxis étaient garés, dans lesquels nous nous engouffrâmes deux par deux, direction l’hôtel où nous sommes arrivés au-delà de 20 h. Après avoir pris possession de notre chambre, nous redescendons pour explorer un peu le quartier, mais nous remémorant la règle de précaution qui conseille de ne pas sortir seul la nuit dans une ville qu’on ne connaît pas, nous regagnâmes nos pénates, même si, à Tokyo, la sécurité est convenablement garantie.

Le lendemain, c’est une ville d’une très grande modernité qui s’offrait à nos yeux : des gratte-ciel à l’architecture futuriste, des rues larges et propres, des parcs immenses, des avenues soigneusement bordées d’arbres… Toutefois, il n’est pas rare de voir entre deux blocs d’immeubles une maison traditionnelle. Dans cette ville-monde, centre financier de l’Asie, vivent près de 23 millions d’âmes. Pourtant, on n’a pas l’impression qu’il y a autant d’habitants, car dans la rue, les gens ne se bousculent pas. La circulation, embouteillée à certaines heures, est fluide la plupart du temps et les bus et voitures attendent sagement que les piétons traversent. Les Japonais semblent beaucoup aimer les petites voitures compactes qui permettent de circuler plus facilement. Le vélo est également utilisé comme moyen de déplacement, même si le pays possède quelques-uns des plus grands fabricants d’automobiles au monde. Les pistes cyclables sont nombreuses comme d’ailleurs dans le reste du Japon où la petite reine semble encore appréciée.

Vieillissement de la population
En cette période de l’année, il fait très chaud à Tokyo et le thermomètre peut atteindre 36 c°. Mais le temps peut changer rapidement en devenant pluvieux, et on voit les Tokyoïtes sortir leurs parapluies. Même les hôtels en possèdent une gamme complète et en prêtent volontiers à leurs clients.

Les Japonais sont un peuple très policé et dans la rue, ils sont prêts à aider l’étranger à retrouver son chemin, à donner un renseignement ou à se précipiter pour ramasser un objet qui vous tombe des mains. Autre remarque que l’on peut faire, c’est la proportion assez élevée de personnes du 3e âge, et cela est valable dans tout le Japon. Ce vieillissement de la population, consécutive à une dénatalité, est très préoccupant dans le pays, car il provoque des conséquences économiques importantes en termes de soins de santé gériatriques, de manque de main-d’œuvre et de renouvellement de la population. Selon le journal Nikkei, à la date du 11 septembre 2015, il y avait 61.568 personnes âgées de 100 ans ou plus au Japon, dont 87 % de femmes.

Pour les abonnés au shopping, il faut savoir que les prix sont très élevés à Tokyo comme dans tout le reste du Japon, à moins d’être un touriste aux poches pleines d’euros ou de dollars. Dans les magasins, on trouve tous les plats locaux industriellement préparés et emballés. Ce qui fait qu’une famille, si elle le souhaite, n’a besoin que d’un four à micro-ondes pour réchauffer ce qu’elle mange, sans jamais avoir à cuisiner. Cependant, il n’est pas toujours aisé pour un musulman de faire son choix dans ces magasins à cause de l’omniprésence de la viande de porc dans les mets proposés, d’autant plus que sur les étiquettes tout est écrit en japonais. Cependant, tout est présenté dans une hygiène rigoureuse, les Japonais étant intraitables dans ce domaine.

Tokyo connaît une vie trépidante avec ces millions de personnes se déplaçant chaque jour en voiture, bus ou métro pour aller vaquer à leurs occupations. La nuit, il faut aller au quartier de Shinjuku pour découvrir un autre visage de la mégapole.

Accompagné d’un ami japonais, notre petit groupe de quatre journalistes a pris la ligne Yuracucho du métro avant de faire une correspondance à Ichigaya, pour aller à la découverte de ce quartier chaud de la capitale nippone. Ici, le décor change avec des rues bondées de personnes, divers clubs et bars où viennent décompresser, le soir, patrons comme employés. Les magasins, nombreux, sont bien achalandés et ne désemplissent pas. C’est une société de consommation. Le Japon est un pays qui est en apparence très occidentalisé et dans les rues de Tokyo, seuls les visages nous rappellent qu’on est en Asie.

Les transports sont très développés au Japon et quand on voyage par la route ou le train, le pays offre des paysages magnifiques. Avec les multiples collines couvertes de forêts de conifères (pins et sapins), les rizières, le regard ne se lasse jamais de contempler la nature. On se rend compte également des efforts gigantesques qui ont été faits pour doter le pays d’un réseau dense d’autoroutes, de tunnels, de voies express et d’échangeurs. Fait intéressant, on ne voit pas une seule glissière d’autoroute porter les stigmates d’un choc (à moins d’une maintenance permanente), comme c’est le cas, ici, à Dakar.

Visiter le Japon, sans emprunter le Shinkansen, le fameux Tgv local, c’est un peu comme aller à Paris sans visiter la tour Eiffel. Aussi avons-nous pris ce train figurant parmi les plus rapides au monde (285 km/h) entre Kyoto et Komatsu, puis entre Sendaï et Tokyo.

Et c’est très beau de voir le dévouement des Japonais à servir leur pays et leur communauté. Dans les environs de la ville de Higashimatsushima, alors qu’il pleuvait des hallebardes, des ouvriers, vêtus de leur imperméable, continuaient à travailler à la construction d’une digue, indifférents aux rafales de la pluie.

De notre envoyé spécial au Japon,
Ibrahima MBODJ

Une expérience à faire valoir en matière de développement
experienceSeul pays non blanc ayant réalisé sa révolution industrielle au 19e siècle, le Japon estime que son expérience peut servir d’exemple aux autres Etats parmi lesquels ceux d’Afrique.
La révolution du Meiji, en 1868, a permis une modernisation rapide de la société japonaise. De société agricole à 80 % et fermée aux pays étrangers, elle est parvenue à s’inspirer des pays occidentaux pour fonder son propre modèle de développement et préserver sa souveraineté. C’est ce qu’on appelle la « japonisation », un concept qui a permis aux Japonais, depuis les temps anciens, à embrasser différents éléments de l’extérieur dont ils ont, au préalable, évalué la nécessité, puis à les assembler, les recouper, supprimer et ajouter différentes composantes, pour en faire de nouveaux modèles. Le Japon n’a-t-il pas adopté la culture chinoise pour développer la sienne propre ?

Selon M. Kosaku Dairokuno, vice-président pour la Collaboration internationale et professeur à l’école des Sciences politiques et économiques à l’Université de Meiji, le gouvernement a invité des savants, conseillers et consultants étrangers au début de la modernisation afin d’acquérir des connaissances nécessaires pour promouvoir la modernisation au Japon. En même temps, il a envoyé des jeunes en Occident pour y acquérir des compétences. Les Japonais appellent cela « Wakon Yosai » ; ce qui signifie « apprendre de l’Occident avec l’esprit japonais ».

Le gouvernement, explique le Pr Kosaku, a joué un rôle primordial dans l’essor industriel japonais en créant toute une gamme d’industries (construction navale, chemin de fer, textile, cimenterie, sucrerie…) qui seront ultérieurement vendues aux entreprises privées à un prix symbolique ; ce qui a contribué à l’émergence d’entrepreneurs ambitieux et à la consolidation de l’économie capitaliste. C’est donc la qualité et la vision de sa classe dirigeante qui a permis au pays de s’accrocher au train des nations industrialisées dès la fin du 19e siècle.

Au moment où notre système scolaire est en lambeaux au Sénégal, le Japon a développé un modèle qui peut nous inspirer. Quand on visite l’école élémentaire de Kubomachi, à Tokyo, fondée en 1925, on est frappé par l’organisation des rythmes scolaires, les matières enseignées, l’espace dévolu aux élèves et les aires sportives. Selon la directrice, Mme Matsumoto Emiko, huit matières sont enseignées aux enfants parmi lesquelles les mathématiques, l’arithmétique, la langue japonaise, les langues étrangères, les activités manuelles et le sport. Et chaque trimestre, les élèves subissent un examen médical. Eh oui ! L’enfant est un trésor au Japon à cause du faible nombre de naissances. Les salles de classe (35 élèves en moyenne) sont très aérées avec des casiers de rangement et donnent sur un couloir où sont installés des lavabos. On sent, ici, que les enfants s’intéressent aux enseignements. La directrice d’ajouter que « les enseignants, au nombre de 28, sont motivés et font des recherches pour améliorer leurs cours ». Et en tant que fonctionnaires, la loi ne les autorise pas à aller en grève. Cependant, ils ont des syndicats et l’adhésion est libre.

L’éducation est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans.

Toutes les potentialités de l’élève sont développées : nous avons visité des classes où les élèves étaient en train de chanter ou jouer de la flûte, accompagnés par un piano, d’autres où ils faisaient de la lecture, de la couture ou maniaient de la pâte à modeler en laissant libre cours à leur imagination.

Cette école primaire qui n’accueille que les enfants de l’arrondissement de Bunkyo, possède, entre autres équipements, un laboratoire, une piscine installée sur le toit, une cantine scolaire, un terrain de football avec pelouse synthétique et une salle polyvalente (avec terrain de basketball) pouvant accueillir spectacles ou conférences. Pour faciliter les relations entre les enfants, il existe des activités qui rassemblent tous les élèves de l’école.

En matière de santé également, le Japon développe une expérience qui peut intéresser les pays africains. D’ailleurs, c’est de ce pays que nous avons pris le carnet de santé maternelle et infantile. Au centre de santé publique de l’arrondissement d’Ota, à Tokyo (qui en compte quatre), dédié à la mère et à l’enfant, tout est mis en œuvre pour optimiser leur prise en charge. Selon sa directrice, le Dr Watanabé, les femmes, dès leur grossesse, sont suivies avec minutie. Elles bénéficient aussi de conseils sur les différentes étapes de celle-ci et comment se préparer à l’accouchement. Des cercles de discussions sont organisés sous la direction d’un personnel d’encadrement. Les femmes enceintes possèdent même une sorte de petit macaron qu’elles accrochent à leur sac ; de ce fait, les places assises leur sont cédées dans les transports publics. Quant aux femmes qui ont des bébés, elles ont aussi leurs séances de puériculture.

Grâce à ces efforts, le Japon a un taux de mortalité infantile de 2,3 pour mille, le plus bas au monde. Seul tache sombre à ce tableau, la baisse tendancielle du taux de natalité qui s’explique, nous dit-on, par le coût élevé de l’éducation d’un enfant. Le gouvernement japonais qui n’envisage pas de recourir à l’immigration pour augmenter la population, a adopté une politique nataliste qui accorde un soutien financier aux familles ayant de nombreux enfants.

Tel le Phénix qui renaît de ses cendres
tel phenixLe Japon est un pays souvent frappé par des catastrophes naturelles (séismes, tsunamis, typhons). Et tout au long de son histoire, il a développé une grande capacité de résilience qui lui a permis de se relever à chaque fois et d’être là où il est aujourd’hui.
Quand on est à Tokyo ou à Nagasaki, il est difficile d’imaginer que ces deux villes ont été presqu’entièrement détruites en 1945 à l’issue de la Seconde guerre mondiale, comme d’ailleurs le reste du pays.
Selon le Pr Kosaku de l’Université du Meiji, environ 25 % de tous les biens au Japon ont été perdus dans la guerre et 30 à 60 % des installations de production industrielle du pays ont été fortement endommagées par les bombardements.
Mais, souligne-t-il, avec des ressources financières limitées, le gouvernement a décidé d’allouer intensivement des ressources dans les industries du charbon et de l’acier vu l’importance stratégique qu’ils ont dans la production industrielle. C’est l’adoption de ce qu’on a appelé « Keisya-Seisan-Hosiki » ou la stratégie de croissance économique inégale. La guerre de Corée (1950-1953) va ouvrir d’autres opportunités au Japon sous occupation américaine pour accélérer son redressement économique. Et dès 1955, le pays avait retrouvé son niveau de production d’avant-guerre.

Les clés de cette stratégie gagnante sont, entre autres, le refus d’importer des produits manufacturés et l’incitation du secteur privé à acheter des brevets étrangers ; la création du Miti, le ministère du Commerce extérieur et de l’Industrie, qui a accompagné le secteur privé en soutenant et protégeant au besoin les industries locales ; le Jetro (organisation du commerce extérieur) pour promouvoir les ventes des produits manufacturés japonais à l’étranger.

Cette remarquable capacité à se relever des catastrophes, le Japon l’a également démontré après le tsunami du 11 mars 2011 consécutif à un séisme de magnitude 9. On s’en est rendu compte en visitant la ville de Higashimatsushima, dans la préfecture de Miyagi, située au nord de l’île de Honshu. La vague d’eau avait atteint, par endroit, 30 m de hauteur et a touché 500 km de côtes, explique Midori Kamada du bureau local de la Jica. La ville, elle-même, était inondée à 65 % et de 43.142 habitants avant la catastrophe, sa population, décimée, est tombée à 40.220 âmes. Rien que dans la préfecture de Miyagi, les dégâts ont été estimés à 92.225 milliards de yens. Près de 10.551 décès et 1236 disparus ont été enregistrés, 83.000 constructions effondrées et 155.131 partiellement…

Selon Mme Kamada, la préfecture s’est fixée un plan de 10 ans (2011-2020) pour une reconstruction complète. Pour ce faire, celui-ci est scindé en trois périodes : une période de récupération où les efforts seront concentrés sur le rétablissement des fonctions élémentaires des installations publiques et des moyens de subsistance des sinistrés. Pendant la période de reconstruction, sera amélioré le soutien à ceux qui sont directement touchés par la catastrophe mais aussi à ceux qui rencontrent des difficultés subséquentes sur le plan personnel et professionnel. Enfin, la période de développement va favoriser, de façon stratégique, les activités permettant d’améliorer les conditions au sein de la préfecture.

Les municipalités sont chargées de prendre en charge le coût de la reconstruction avec, bien entendu, le soutien de l’Etat. La Jica également est fortement impliquée dans le processus par le biais de la coopération internationale. Le tsunami a produit des déchets équivalant à 110 ans de production normale dans la ville de Higashimatsushima. 98 % de ces déchets seront recyclés, car comme l’indique la boutade qui révèle la mentalité des habitants, « mélangés, ce sont des déchets, triés, ce sont des ressources ».

Un vieil homme qui a survécu au tsunami va nous accompagner dans la visite des endroits les plus touchés. Sur le front de mer, des équipes construisent de gigantesques digues. La hauteur de ces dernières obstrue toute vue sur la mer au grand damne des écologistes.

Pour augmenter sa capacité à résister aux catastrophes, Higashimatsushima a conclu, en 2003, un accord avec les entreprises de construction, en prévision d’un séisme au large de la préfecture de Miyagi censé se produire d’ici à 20 ans.

Sur le plan économique, la ville a perdu à cause de la désaffection des touristes, sans parler des traditionnelles activités de la région comme l’agriculture, la pêche et la transformation des produits halieutiques qui ont été négativement impactées.

 

Une culture jalousement préservée
cultureMalgré la très grande modernité du pays, le Japon a su préserver sa culture. Beaucoup de villes recèlent de riches trésors culturels, particulièrement dans la région du Kansaï, avec Kyoto, l’ancienne capitale impériale jusqu’en 1868. Dans cette ville de 1,4 million d’habitants, le passé marque encore fortement le présent avec plus de 1600 temples bouddhistes et 400 sanctuaires répertoriés.

D’ailleurs, c’est à Kyoto où se trouve le Temple Toji ou Temple de l’Est, la plus haute pagode du Japon construite sur cinq niveaux et classée depuis 1994 patrimoine mondial de l’Unesco (avec 17 autres sites). Chaque année, 55 millions de touristes visitent Kyoto. C’est à cause de sa valeur culturelle que la ville a été épargnée par les bombardements américains au cours de la Seconde guerre mondiale. Après ce conflit, on peut dire que le Japon a été sauvé par sa culture et cela se reflètent dans ces propos de Kobayashi Ichizo, ancien ministre et ex-Pdg du groupe Hankyu : « Le Japon a subi une défaite totale dans la guerre. Nous avons perdu tous nos biens et nos gens. Ceci dit, nous avons une histoire et une culture dont nous pouvons être fiers. Nous devrions reconstruire notre pays sur la base de cet héritage ».

La culture japonaise se définit par le mot « Kinari » et privilégie l’harmonie sociale, la simplicité, la modestie et un style sans artifice. Si vous perdez de l’argent, vous serez pratiquement sûr de le récupérer. L’an dernier, près de 30 millions de dollars américains (plus de 15 milliards de FCfa) en argent perdu ont été remis à la police de Tokyo. C’est une culture où la ponctualité est une des valeurs cardinales, et quand on a affaire à des Japonais, le simple fait de ne pas être ponctuel constitue déjà un mauvais point. Nos hommes d’affaires africains sont avertis.

Tout le monde connaît le haïku, le bonzaï ou l’ikebana, car assez popularisés. Toutefois, il y a une autre facette moins bien connue et qui est la cérémonie du thé. Il s’agit de tout un rituel de dégustation du thé que le Japon a reçu de la Chine au 13e siècle, grâce à deux moines de l’école bouddhiste Zen. Mais c’est véritablement à partir du 15e siècle que ce rituel a commencé. A Kyoto, nous avons été conviés à une cérémonie de thé. Pour cela, il faut d’abord entrer dans une pièce par une petite porte, en se déchaussant au préalable (ce qui arrivera à plusieurs autres occasions). On s’assoit sur les talons, alors que la serveuse s’active minutieusement à la préparation. Pour boire la tasse de thé, on doit d’abord la recevoir dans la paume de la main droite en prononçant une phrase rituelle, puis une autre, si la tasse doit être donnée au voisin.

Kyoto recèle un autre trésor architectural, véritable écrin doré dans une nature luxuriante, le Kinkakuji ou le Pavillon d’or. C’est un temple magnifique couvert de fines feuilles d’or érigé en 1397 pendant la période Muromachi et qui a servi de villa à son premier propriétaire, Ashikaga Yoshimitsu. Il ne désemplit pas de visiteurs qui s’extasient sur ses lacs et cascades.

Pour ceux qui ont l’esprit aventurier, ils peuvent expérimenter l’auberge traditionnelle japonaise pour trouver gîte et repas. Dans la préfecture de Miyagi, nous avons passé une nuit dans l’une d’elle, et ce fut une expérience inoubliable. Dans les chambres, il n’y a pas de lit. Mais un simple tatami et des matelas posés dessus. Les chaussures, il faut les laisser dehors et enfiler un kimono. Dans la salle à manger, on trouve des tables basses devant lesquelles il faut s’assoir en tailleur pour être à l’aise en mangeant. Bercé par le bruit de la mer toute proche, on se croit vraiment dans l’antichambre du paradis. Le lendemain, nous avons quitté l’auberge par une matinée pluvieuse pour aller à Sendaï d’où un Tgv nous ramènera à Tokyo. Et la tenancière a attendu dehors avec son parapluie que notre bus s’ébranle pour nous saluer de la main. Un trait de caractère nippon que nous avons remarqué partout où nous sommes passés.

Nagasaki, la ville martyre
ville martyr nagasakiDès l’aéroport de Haneda, le 2e de Tokyo, d’où nous avons pris l’avion pour Nagasaki dans l’île de Kyushu, une certaine impatience à découvrir la ville tristement célèbre s’était emparée de nous.

L’aéroport de Nagasaki est presque posé sur la mer. Jusqu’à la ville, le trajet en bus dure une cinquantaine de minutes, à travers de nombreuses collines boisées et des tunnels. A l’hôtel, lorsqu’on entendit un des encadreurs nous dire : «  Ne paniquez pas quand vous ressentirez des secousses sismiques, quand il sera nécessaire d’évacuer, le personnel vous informera et assurez-vous de connaître les issues de secours », on ressentait une certaine nervosité. Marcher dans les rues de Nagasaki, humer son air, a créé un choc en nous. En voyant ses coquettes maisons, ses immeubles, les bus et tramways circuler, on a du mal à s’imaginer que la ville a été presque pulvérisée par le bombardement atomique américain du 9 août 1945 trois jours après que Hiroshima a subi le même sort. En quelques secondes, près de 70.000 habitants furent tués et plusieurs milliers d’autres blessés et irradiés, dont beaucoup mourront plus tard dans des souffrances terribles. Aujourd’hui, les « hibakushas », c’est-à-dire les survivants, luttent contre l’oubli de cette tragédie. Le Parc de la paix, situé dans le quartier d’Urakami, au-dessus duquel l’engin de mort fut largué par un B29 à 11h2mn, est, aujourd’hui, une invite au bannissement des armes nucléaires et à la concorde entre nations. Au centre, une immense statue, un bras tendu à l’horizontal et l’autre pointé vers le ciel, symbolise, depuis 1955, ce désir de paix. A quelques mètres, une colonne en marbre désigne l’épicentre de l’explosion de la bombe qui généra une chaleur de 9.000 degrés dans un rayon de 500 mètres. Dans un espace protégé par du verre, est conservée de la terre irradiée par le bombardement. Non loin, est reconstituée la petite église en pierres rouges qui était au-dessous du point zéro. Le musée de la bombe atomique est un autre moment qui rappelle cette terrible matinée d’août où un soleil funeste se leva sur Nagasaki. Divers objets appartenant à ses habitants (lunettes, ustensiles, habits, horloges…) y sont exposés et portent les stigmates de la violence de la mort venue du ciel. Différentes histoires humaines, toutes aussi tragiques les unes que les autres, y sont retracées comme celle du Dr Takashi Nagaï dont le livre « Les cloches de Nagasaki » retrace le calvaire vécu par la ville dans l’horreur atomique.

Sur des ordinateurs défilent des images de la catastrophe. Aujourd’hui, Nagasaki est une paisible ville de province de 450.000 habitants entourée par de hautes collines, mais jamais elle n’oubliera.


Dejima, l’île aux étrangers
dejimaDejima est une ancienne île artificielle située dans la baie de Nagasaki et englobée depuis par la ville elle-même. C'était le lieu où les Néerlandais commerçaient avec les Japonais de 1641 à 1853. Il abrite différents entrepôts et maisons conservés tels quels avec marchandises et objets de l’époque. Les Néerlandais commercialisaient principalement de la soie, puis plus tard du sucre (qui deviendra alors la première denrée). Des peaux de cerfs ou de requins seront également amenées du reste de l'Asie par les Occidentaux, qui feront aussi venir d'Europe des lainages et du verre (les Japonais leur fournissant essentiellement du cuivre et de l'argent). Dans la maison d’un capitaine néerlandais qui avait pris femme au Japon, la table est dressée et semble attendre les convives.

C'est en 1922 que l'on prit conscience de l'importance historique du lieu. Le travail de restauration de l'île débuta en 1953. Il existe actuellement un projet de restauration très avancé, qui comprend aussi bien la reconstruction des bâtiments que la reconstitution de l'île elle-même. À ce jour, le contour initial de l'île a été reconstitué, et les bâtiments ont été restaurés. Dejima est un des sites historiques majeurs de Nagasaki.


Université de Nagasaki, une recherche médicale de pointe
nagasakiL’institut de médecine tropicale de l’Université de Nagasaki traine une réputation de centre d’excellence dans la recherche sur les maladies tropicales. Créé en 1942 et bénéficiant d’un personnel hautement formé et d’équipements de pointe, il est engagé dans la lutte contre les maladies tropicales, les maladies infectieuses en particulier, ainsi que divers problèmes de santé liés à ces pathologies, en collaboration avec d’autres institutions.
L’institut a créé, en 2005, une station de recherche au Kenya et une autre au Vietnam.

Selon le Pr Yoshio Ichinose qui travaille à la station du Kenya, celle-ci a un budget de 500 millions de yens. Elle ne mène pas de recherche sur un vaccin contre le paludisme mais travaille à son éradication. Et aujourd’hui, déclare-t-il, une île du lac Victoria est débarrassée du paludisme et nous voulons que cela fasse tache d’huile.

Concernant la mise au point de médicaments à partir d’herbes médicinales, le Pr Ichinose estime que c’est un domaine prometteur. En collaboration avec la Faculté de pharmacie de l’Université de Nagasaki, poursuit-il, nous mettons sur le marché des médicaments sur la base d’herbes et de plantes qui ont des principes actifs contre les maladies. Mais il y a des limites à cause des équipements, car il faut tester, analyser avant de développer ces médicament, tempère-t-il.


Visite de sociétés japonaises : L’Afrique n’est pas encore un grand marché 
afriqueLe Japon est un pays de haute technicité. Ses sociétés dont beaucoup sont de grandes multinationales sont reconnues pour la qualité de leurs produits. Pendant notre séjour, nous avons visité quatre d’entre elles et échangé avec le top management.

Au siège Fujitsu à Tokyo, selon le Dg, sa société est en train de construire le monde du futur qui s’appuie sur le concept de « société humaine intelligente ». Il s’agit de technologies qui permettront dans le domaine médical de prendre totalement en charge le contrôle de la santé humaine pour que les gens vivent plus longtemps. Si la technologie de l’information est utilisée, explique-t-il, elle peut conduire à l’autosuffisance alimentaire. Fujitsu, révèle son Dg, a développé le super ordinateur le plus puissant au monde, et à partir de 2020, il sera mis sur le marché. Il permet de réaliser de la recherche & développement, il peut servir dans l’industrie, la simulation des effets des médicaments, en soufflerie, dans la prévision des séismes, des tsunamis, dans l’analyse et la simulation en temps réel. Bref, le champ d’utilisation du super ordinateur est presque infini.

L’usine de traitement des déchets de Tokyo, située dans l’arrondissement de Nérima, est l’une des 20 unités implantées dans la capitale nippone. Selon le contremaître Imata, l’usine existe depuis 1958, mais a été rénovée en novembre 2015. Elle a une capacité de 500 tonnes/jour (2,78 millions de tonnes par an) qui sont brûlées à une température de 800 degrés. Les cendres sont ensuite utilisées comme matière première dans la production de ciment. Elle produit en même temps de l’électricité pour alimenter 45.500 ménages et cette activité génère, chaque année, 10 milliards de yens en recettes. Chaque jour, c’est un véritable ballet de véhicules de collecte qui amènent les déchets triés au préalable à l’usine. Nous avons pu constater de visu les différentes étapes du traitement des déchets. Le Japon produit relativement une faible quantité de déchets par rapport à d’autres pays développés ou émergents. Et Tokyo a réussi à réduire même le volume des déchets produits par habitant, tout en maintenant la croissance économique.

L’usine de Nerima a exporté sa technologie en Thaïlande, mais pour ce qui est de l’Afrique, ses dirigeants disent attendre d’être sollicités.

A l’usine Komatsu du site d’Awuzu qui fabrique les fameux engins de chantier dans la ville de Komatsu, un responsable interpellé a répondu ceci : « Komatsu n’a pas actuellement de projet d’implantation en Afrique, car ce continent ne représente, pour le moment, que 5 % de nos exportations. Mais cela peut changer à l’avenir ». La firme qui est présente dans les autres continents, prend comme argument supplémentaire l’éloignement de l’Afrique par rapport au Japon. Selon M. Ito de la division des affaires générales, l’usine exporte 60 % de sa production, soit 400 à 500 engins par an. Il y a 59 usines Komatsu dans le monde, dont 22 font de l’assemblage. Au Japon, Komatsu dispose d’un autre site de production à Kanazawa avec un port pour faciliter les exportations. Ses principaux clients étant les Usa et l’Amérique du Sud. L’usine produit des engins à contrôle automatique et a introduit le concept de la smart construction qui va de l’analyse des sols au calcul du nombre de jours nécessaires pour la construction, les matériaux nécessaires et la présentation de l’œuvre finale en 3D. Le personnel obéit à ce qui est appelé le « Komatsu way of life », un ensemble de 7 principes qui sont maintenant repris un peu partout à travers le monde.

Dans le vaste atelier où les ouvriers s’activent sur la chaîne de fabrication, dans une discipline impressionnante, sans se soucier de notre présence, on peut suivre les différentes étapes d’assemblage (du châssis jusqu’au montage final) de ces gros engins que nous avons l’habitude de voir dans les chantiers. Dans cette usine, 20 engins sont produits par jour, aussi bien sur pneus que sur chenilles. Les ouvriers travaillent de 8h à 16h45, mais il n’y a pas de travail de nuit ainsi que le weekend. A la fin de la visite, nous avons assisté à une démonstration convaincante des capacités de terrassement d’un engin manié adroitement par une femme. La gent féminine représente 10 % des effectifs et s’occupe surtout du contrôle de qualité.

Mayekawa est une autre usine implantée à Tokyo et produit des compresseurs pour les installations frigorifiques. Fondée en 1294 et forte de 4300 agents, c’est l’une des plus importantes sociétés au monde dans son domaine. En Afrique, explique un responsable, Mayekawa est implantée en Afrique du Sud avec un bureau au Caire. Mais pour l’instant, elle ne compte pas se déployer davantage sur le continent qui ne représente que 2 % de ses exportations. Selon le même responsable, sa société intervient dans 35 projets de pêche en Afrique. A Dakar, révèle-t-il, nous avons installé une machine de fabrication de glace au marché central en 1990. Mais faute de maintenance et de la mauvaise qualité de l’eau (présence de calcium), poursuit-il, la machine s’est rouillée, puis arrêtée. Les financements faisaient défaut, et il y a trois ans, deux condensateurs ont été renouvelés.
Les Cfc ne sont plus utilisés comme gaz réfrigérant dans nos machines, indique-t-on à Mayekawa. Pour assurer l’entretien et la réparation de ses machines vendues en Afrique, la société reçoit des stagiaires africains.


La Ticad VI ou la grande messe de la coopération nippo-africaine
ticadviLes 27 et 28 août va se tenir, à Nairobi, au Kenya, la Ticad VI, le cadre formel qui organise depuis 1993 la coopération entre le Japon et l’Afrique. Cette édition se veut déterminante dans les relations entre les deux parties, et à Tokyo, la Jica s’y prépare activement.

Ce sera la première Ticad (Conférence de Tokyo pour le développement de l’Afrique) à se tenir sur le continent. Selon M. Hideo Eguchi, le chef du département Afrique de la Jica, le choix du Kenya s’explique par le fait qu’à la Ticad V, les pays africains avaient souhaité accueillir la Ticad VI en Afrique, et cela a été accepté par la partie japonaise. Ensuite, c’est l’Ua qui a choisi Nairobi, mais, ajoute-t-il, la réunion interministérielle se tiendra en Gambie. Désormais alternativement, tous les trois ans, la Ticad alternera entre le Japon et l’Afrique.

Quelque 150 sociétés japonaises seront présentes à Nairobi, révèle M. Norio Maruyama, ambassadeur et directeur général du département Afrique au ministère japonais des Affaires étrangères. En dehors des gouvernements, le privé africain, la société civile et l’Onu y sont également conviés. Le Japon est conscient que pour briser la distance physique qui la sépare de l’Afrique, il faut développer l’éducation. C’est pourquoi pendant la Ticad VI, il compte mettre l’accent, selon M. Maruyama, sur les sciences exactes et la formation des ressources humaines. On peut citer notamment l’initiative Abe (African business education) qui offre la possibilité aux jeunes africains d’étudier dans une université japonaise et d’effectuer un stage dans une entreprise au Japon.

L’objectif de ce programme, mis en œuvre à travers la Jica, étant de renforcer, d’une part, les capacités des jeunes africains pour participer efficacement au développement des industries de leur continent et, d’autre part, promouvoir les relations économiques entre l’Afrique et le privé japonais. Cela participe à la valorisation des ressources humaines africaines. C’est pourquoi la Ticad V avait pris une telle initiative, indique le patron de la Jica, M. Akihiko Tanaka. Dernièrement, 16 étudiants sénégalais ont été sélectionnés dans le cadre de ce programme pour des études de 3 ans. Au Japon même, nous avons pu rencontrer une jeune étudiante sénégalaise, Mariam Lette. Elle fait partie d’un groupe de 12 bénéficiaires sénégalais de l’initiative Abe et poursuit des études en mécanique au Japon depuis août 2015.

La Jica qui est le maître d’œuvre de l’aide publique au développement du Japon, fournit, dans un contexte de forte croissance en Afrique (7 % en moyenne), un large éventail d’aides pour favoriser une croissance durable sur le continent dans le domaine des infrastructures (routes, électricité), la promotion du commerce, de l’investissement et du tourisme, le soutien au Pme/Pmi ainsi que l’initiative de doublement de la production de riz d’ici à 10 ans. L’Agence japonaise de coopération internationale fournit aussi une assistance pour réduire la pauvreté, les disparités économiques et les effets secondaires induits par les conflits. Selon M. Tanaka, « le développement et la stabilisation de l’Afrique vont en retour profiter au Japon ». La Jica participe également à la lutte contre les problèmes d’environnement et de changement climatique et à l’élargissement de la coopération au sein du continent et entre celui-ci et l’Asie.

Et selon M. Eguchi, le Japon a montré son engagement dans le développement de l’Afrique. Ainsi, poursuit-il, le Premier ministre japonais, M. Abe, a visité, en 2014, certains pays africains et le Japon a investi pendant longtemps sur un développement économique de haute qualité pour la croissance. « Notre coopération va inclure la santé, l’éducation et le social, et le secteur privé japonais va s’impliquer davantage auprès du secteur privé africain », indique M. Eguchi.

Malgré la morosité de la situation économique au Japon, qui amène à s’interroger si ce pays a les moyens de sa politique africaine, celui-ci répond que l’assistance nipponne sert de catalyseur dans le développement des infrastructures et dans d’autres secteurs. Le Japon, dit-il, promeut une relation de partenariat gagnant-gagnant, car la coopération n’est pas de la charité.

Toutefois, il reconnait que l’aide publique au développement du Japon a baissé pendant ces 20 dernières années, mais elle ne représente que 20 % des fonds qui sont, pour l’essentiel, privés. Le Japon met en avant une croissance qualitative qui repose sur la résilience, la durabilité et l’inclusivité, souligne M. Eguchi. Mais, pour lui, les pays qui ont des matières premières devraient changer la structure de leur économie en la diversifiant pour s’industrialiser.

De notre envoyé spécial au Japon, 
Ibrahima MBODJ

 

 

A la place du débat « politicien » qui agite l’actualité des médias, le président de la République, Macky Sall, veut «  un vrai débat économique ». « Que la presse nous aide à mettre tous les responsables sur un vrai débat économique », a dit le président de la République lors du point de presse qui a suivi le Conseil des ministres délocalisé.

« Quand sonnera le débat sur la campagne électorale, je serai quoi faire. Je l’ai ai déjà battus plusieurs fois », a ajouté le président Sall qui fait visiblement allusion aux opposants. Macky Sall a réaffirmé sa satisfaction sur les réalisations faites à travers les Conseils des ministres délocalisés, mais aussi de la mobilisation des populations. « Tant qu’on vit, il y a de l’espoir. Quelles que soient les réalisations, les populations auront toujours des doléances (...) Nous n’avons pas forcé les populations à se mobiliser pour nous accueillir. Elles sont sorties en masse. La confiance est totalement assurée entre le président de la République et les populations », a dit Macky Sall. « Nous ne faisons pas de l’autoglorification, mais nous faisons des efforts qui sont visibles », a ajouté le chef de l’Etat.

Le président a aussi apporté des assurances sur la réalisation des projets annoncés. « Je pense que ceux qui disent qu’ils ne voient pas les milliards annoncés ne se déplacent pas dans le pays. Si je prends des engagements, je les respecte. Tout ce que nous avons promis sera réalisé », a-t-il dit.

Le ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine, Wang LI, a reçu, à dîner, son homologue sénégalais en visite de travail en Chine du 20 au 22 juillet 2016. Les deux ministres des Affaires étrangères se sont félicités du développement « fulgurant » de la coopération bilatérale et des échanges fréquents de délégations de haut niveau, selon un communiqué du ministère sénégalais des Affaires étrangères.

Le ministre Mankeur Ndiaye rencontre aujourd’hui jeudi 21 juillet le vice-ministre chinois des Affaires étrangères chargé des questions africaines et des investisseurs chinois.

Le département de Bignona présente des conditions idéales au développement de l’élevage, avec notamment une bonne pluviométrie, un pâturage assez bien fourni et beaucoup de mares servant de points d’eau au bétail en hivernage. Le village de Mlomp est situé au Nord-Ouest de Bignona. Dans cette contrée, une chose attire l’attention des visiteurs : la ferme d’élevage d’autruches de Baboucar Sambou, un émigré qui a décidé d’investir, il y a un an, dans ce secteur. Aujourd’hui, il pratique l’élevage intensif de cet animal.

C’est au retour de la Finlande que Baboucar Sambou eut l’idée d’implanter une ferme d’autruches dans son village natal de Mlomp. L’aventure a commencé en avril 2015. Avec l’aide de ses partenaires, il importe 42 œufs d’autruche d’Afrique du Sud dont l’éclosion nécessite quarante jours. Le prix de revient -prix des œufs et celui du transport- est de 2,7 millions de FCfa. L’éleveur souligne que le projet a nécessité 53 millions de FCfa en sus du contrat d’assistance de trois ans. Il constitue une équipe composée de jeunes et de femmes du village, formés par des professionnels du service de l’élevage.

Baboucar Sambou soutient qu’il n’y a pas un autre type d’élevage plus rentable que celui de l’autruche. Ainsi, il crée beaucoup d’emplois directs et indirects. Quatre agents travaillent, de façon permanente, dans la ferme. L’essentiel de l’alimentation de cet animal herbivore est acquis auprès des femmes du village qui s’adonnent au maraichage. Il se nourrit aussi du son du riz et de l’herbe verte des champs. D’où les emplois indirects. Des jeunes du village vont ainsi chercher de l’herbe qu’ils revendent à la ferme. Cette dernière qui compte plus de 100 autruches participe, selon son propriétaire, à la résolution du conflit dans cette partie du Sénégal. Une autruche mâle peut peser 150 kg alors que la femelle en fait 200. Aujourd’hui, la ferme dispose d’un incubateur d’œufs d’autruche.

Les vertus de la viande d’autruche
Il est connu que la viande d’autruche concentre beaucoup de vertus. Cela explique son prix relativement élevé à la pesée : 8000 FCfa le kilogramme. « La viande d’autruche a un faible taux de cholestérol, de graisse et de kilojoules. Elle est riche en protéine, en fer, etc., », affirme M. Sambou. Autant de raisons qui font que cette viande est très prisée. Le fermier note que rien ne se jette avec cet animal : de la viande aux os en passant par les plumes, la peau, l’huile et les excréments. « Tous les organes de cet animal font l’objet d’un recyclage », déclare le directeur de la ferme. Les os de l’autruche sont transformés en objets d’art. La peau de l’animal est destinée à l’artisanat pour la confection des chaussures, des ceintures, des sacs, etc. Les plumes sont également valorisées.

L’huile d’autruche est un produit 100% naturel sans effets secondaires. Elle contient un taux important d’omégas 3, 6 et 9. « C’est une huile facile à appliquer sur le corps après un bain. Elle peut être utilisée sur tout le corps, autour des yeux, et sur la tête parce qu’elle ne contient aucune substance allergisante », vante un document. La ferme reçoit des commandes de toutes les régions du Sénégal. Sa clientèle est principalement constituée de restaurants et d’hôtels de la capitale, Dakar. « L’autruche a une chaine de valeur très diversifiée », indique Baboucar Sambou.

Faire de la ferme un centre d’incubation
VillagePour une population estimée, en 2015, à 5762, la commune rurale de Mlomp, comme pour le reste des contrées de la Casamance, se consacre essentiellement à l’agriculture. Occupant plus de 80 % de la population active, cette agriculture reste tributaire de la pluie encore abondante. C’est pourquoi cet émigré, natif du village de Mlomp, a pensé retourner dans son patelin pour y installer la première ferme d’élevage intensif d’autruches.

Mis au parfum de notre arrivée dans son village pour visiter son projet, Baboucar Sambou s’est montré surpris dans un premier temps. Mais après quelques explications au téléphone sur l’idée du reportage, le promoteur de la ferme accepte. Il nous donne rendez-vous à l’entrée du village vers 11 heures. A l’heure, il nous attendait dans une ruelle à côté d’une plaque où est inscrit : « Bienvenu au projet d’élevage d’autruches, Association Casamance-Finlande ».

Visiblement ravi de recevoir des journalistes, Baboucar Sambou prend place à bord de notre Pick-up et nous indique le chemin. Après quelques minutes de trajet, nous entrons dans le village, étrangement vide. Ici, aucun signe de vie en dehors du sifflement des oiseaux. Notre hôte fait un signe du doigt pour montrer un bâtiment qui se dégage des arbres. Un grand bâtiment se dresse au milieu de cette luxuriante végétation de la Casamance du mois d’aout. Un petit comité d’accueil composé de femmes et d’hommes constituant le personnel du projet nous attendait. « Voilà la ferme d’élevage d’autruches, bienvenu », lance le promoteur.

La ferme est constituée d’un vaste espace aménagé en couloirs séparés par une haie en bambou. Dans certains couloirs, un couple d’autruche se promène, profitant de l’ombrage de quelques manguiers. Un autre espace plus grand est réservé aux petits autruches qui sont encore fragiles et ont besoin de plus de soins.

Le bâtiment principal est subdivisé en trois compartiments : une salle d’exposition des objets d’art et autres produits cosmétiques tirés de cet oiseau. Dans cette salle, on y trouve une étagère de rangement pour la maroquinerie avec de jolies chaussures et des ceintures faites de peau d’autruche mais aussi une table où sont exposées de mini statuettes faites à partir des ossements. Sur l’autre flanc est dressé une série de sacs, des pochettes pour femmes et autres cartables, le tout fait de peau d’autruche. Très généreux, le promoteur du projet partage son espoir de voir la jeunesse sénégalaise en général et de la Casamance en particulier pouvoir bénéficier des opportunités qu’offre cet élevage intensif d’autruches.

Après avoir réussi à implanter cette ferme, Baboucar Sambou veut faire de son bijou un centre d’incubation. Il s’est engagé à assurer la formation et l’encadrement des jeunes et femmes qui souhaiteraient investir dans ce créneau encore méconnu par le grand public sénégalais. Toutefois, M. Sambou regrette le fait qu’aucune autorité n’ait encore visité sa ferme. Pour lui, le plus difficile a été fait avec le lancement du projet. Aujourd’hui, tout jeune qui veut lancer son élevage d’autruche, n’aura pas besoin d’importer des petits ou des œufs d’Afrique du Sud comme lui. Il soutient que cette activité peut contribuer à résorber le chômage dans cette partie du pays. Baboucar Sambou invite les autorités à donner à l’élevage d’autruches la place qu’il mérite dans la mesure où il a une chaine de valeur inégalable.

Reportage de Mbaye Sarr DIAKHATE, Souleymane DIAM SY (textes)
et Assane SOW (photos)

Les résultats du 1er tour proclamés dans les trois jurys du centre du lycée Ibou Diallo de Sédhiou ont été marqués par un faible taux de réussite. Sur 760 candidats ayant effectivement composé, seuls 21 sont déclarés admis, soit un taux de 21,76%. Quelque 102 candidats sont appelés à passer les épreuves du 2ème tour. Même au meilleur des cas, s’ils réussissent tous, le centre n’aura que 123 admis, soit, 16,18%. L’analyse des résultats par jury montre la profondeur de l’hécatombe. Au jury 856, où ont composé les candidats de la série L’1, sur 101 candidats, il n’y a eu qu’un seul admis d’office, soit 0,99%. Ils sont 11 à passer les épreuves du 2ème tour. La série L2 a enregistré 3 admis (2,5%) et 18 candidats vont composer pour le 2ème tour, sur un total de 120 inscrits.

Au jury 857, sur 244 candidats, 8 sont déclarés admis (3,27%). 39 doivent passer le 2ème tour. Enfin, au jury 858, en L’1, 111 candidats ont composé. Seuls 4 admis d’office sont notés, soit 3,6%. Dix sont admissibles pour le second tour. En L2, 5 admis (2,71 %) sont enregistrés pour 24 candidats admissibles pour le 2ème tour, sur 184 candidats. Pourtant, jusqu’en 1997, le lycée Ibou Diallo avait les meilleurs résultats du pays pour le baccalauréat. Puis, ce fut le début de la vertigineuse chute qui a eu, cette année, des proportions inimaginables. De sorte à susciter  un grand débat sur les ondes de la radio communautaire au cours d’une émission interactive. Ministère, parents, élèves et professeurs en ont pris chacun pour son grade. D’ailleurs, certains pensent que des professeurs n’ont pas le profil pour enseigner dans le secondaire. On suggère même la tenue des assises de l’éducation à Sédhiou.

Malamine KAMARA

Un taux de réussite de 12,5 % enregistré à  Marsassoum
Le centre du lycée de Marsassoum a proclamé les résultats du 1er tour du baccalauréat, ce 18 juillet 2016, dans les deux jurys. Ces derniers comptent un total de 461 candidats ayant effectivement composé sur les 474 inscrits, soit 13 candidats absents. Sont déclarés admis, toutes séries confondues, 58 candidats, soit un taux de 12,58%. 175 candidats sont autorisés à passer les épreuves du second tour. S’ils décrochent tous le sésame, le centre aura 233 nouveaux bacheliers, soit 50,54%.

M. KAMARA

Mbacké : L’absence des candidats libres inquiète
Bassirou Kassé, secrétaire général de l’Inspection de l’éducation et de la formation de Mbacké, s’est prononcé sur le déroulement du Bfem dans le département à l’issue de la tournée effectuée dans 5 centres d’examen. « Nous venons de boucler la tournée départementale. Nous avons un taux de 96,86 % de candidats présents sur un effectif de 2.934 inscrits, dont 1250 garçons et 1684 filles. Soit un taux de 57,3% pour les filles ». Il a déclaré qu’aucun problème lié à l’organisation n’a été constaté. « Tout se passe bien », a affirmé l’Ief. Seulement, « on a noté beaucoup d’absence concernant les candidats libres », a-t-il indiqué, expliquant que la raison est liée au fait que ces derniers ne soient pas encadrés.

D’ailleurs, lors du Comité départemental de développement (Cdd) consacré aux examens de fin d’année, il a été beaucoup question des cas d’absence de candidats libres. L’inspecteur et le préfet avaient donné des instructions fermes pour que ces candidatures soient encadrées par les chefs d’établissements.

Mamadou DIEYE

L’épreuve de géographie du Bfem 2016 a porté sur un article paru dans le quotidien national « Le Soleil » dans une de ces éditions de 2015. Signé par Seydou Prosper Sadio, un spécialiste des questions agricoles, l’article fait écho de l’accompagnement que l’Agence française de développement (Afd) apporte à la relance de l’agriculture irriguée dans la vallée du fleuve Sénégal. La signature d’une convention d’un montant de 19 milliards de FCfa alloué par l’Afd, rapporte M. Sadio, a ouvert une belle perspective pour le développement de l’agriculture d’une manière générale et de la riziculture d’une manière particulière dans la vallée du fleuve Sénégal. 

Le choix de cette production de notre confrère est la marque de la pertinence des sujets traités par le « Soleil » et aussi de la qualité de l’écriture d’un journal fondé le 20 mai 1970 et où les journalistes essaient, avec humilité, de respecter les principes basiques du journalisme. Juste rappeler que l’élaboration des sujets des examens et concours est un long et complexe processus. Le fait que le sujet n’a jamais été soumis dans le passé est un critère déterminant.

I. SANE

Le président de la République a procédé hier à Rufisque au lancement du Programme de Modernisation des Villes du Sénégal (Promovil).

Dans son discours, il a rappelé sa volonté de renforcer la démocratie locale tout en assurant la correction des disparités spatiales, dans l’équité, afin de répondre efficacement aux aspirations des citoyens.

« Cette réforme de la décentralisation, faudrait-il le rappeler, traduit mon ambition de bâtir le Sénégal à partir de territoires viables portés par un réseau de villes modernes, hiérarchisées et complémentaires aptes à dynamiser l’économie locale », a-t-il ajouté. Le pôle urbain de Diamniadio, érigé au cœur du Département de Rufisque, constitue le modèle le plus achevé de cette nouvelle politique urbaine, selon le chef de l’Etat. C’est dans cette perspective qu’il a pris l’option de mettre en œuvre plusieurs programmes et projets de modernisation de nos villes, « afin d’améliorer la qualité de vie, le dynamisme des relations et la compétitivité, facteurs d’attractivité des territoires ». 

30.000 personnes impactées
C’est le sens du Pudc, du Puma et du Promovil « qui forment, ensemble, le levier privilégié de valorisation des potentialités de nos territoires ». Le programme Promovil a pour objectif d’impulser une dynamique de croissance économique endogène, intégrée et soutenue à travers une démarche qui prend en compte la sécurité, l’emploi, la mobilité, la résilience aux changements climatiques, l’équité et la cohésion sociale. Ce nouveau programme qui couvrira toutes les grandes villes du Sénégal, financé à hauteur de plus de 200 milliards, dans sa première phase, par l’Etat avec le concours de la Banque Africaine de Développement et la Banque Islamique de Développement,  portera sur quatre (4) composantes. La phase pilote concernera les communes de Yeumbeul Nord, Yeumbeul Sud, Keur Massar, Pikine, Guédiawaye, Thiès, Mbour, Kaolack, Médina Gounass, Diourbel, Louga, Saint Louis, Matam, Ziguinchor, Kolda, Tambacounda et, bien sûr Rufisque. « Dans le cadre de ce programme, j’ai décidé de faire des actions de grande envergure pour que la ville de Mame Coumba Lamb qui faisait partie des 4 communes françaises, puisse retrouver son lustre d’antan », a souligné Macky Sall.

Ainsi il est prévu la réalisation de 10 kms de route à l’intérieur des quartiers de la vieille ville. Les travaux vont concerner un dispositif d’éclairage moderne, un réseau d’assainissement le long du réseau routier et un aménagement paysager sur les grandes places publiques de la ville. Le chef de l’Etat a également instruit le gouvernement d’intégrer dans le projet des équipements collectifs (écoles, infrastructures sanitaires).  Il a également annoncé le démarrage « imminent » des travaux d’aménagement et d’élargissement de la route qui mène à l’hôpital Youssou Mbargane en 2x2 voies, Ces travaux financés par la Banque Mondiale vont durer 08 mois. Le coût global des investissements des travaux d’infrastructures routières à Rufisque s’élève environ 6 milliards de FCfa et généreront un nombre important d’emplois pour les jeunes.

Par ailleurs, Rufisque fait partie du programme d’assainissement de dix villes au Sénégal. Les travaux vont concerner : la réalisation de 21.4 kms de réseau ; la mise en place de 2.500 branchements ; la construction d’une nouvelle station de pompage appelée station de l’Est la réhabilitation de trois stations de pompage existant le renforcement de la capacité de la Step (Station de Traitement et d’Epuration) ; la construction de 50 édicules publics.

Le cout global de ces travaux s’élève à 3.6 milliards de FCfa et vont impacter 30 000 personnes, a précisé le chef de l’Etat. Par ailleurs, il a donné des instructions pour poursuite des actions de lutte contre l’avancée de la mer et les canaux à ciel ouvert seront aussi fermés pour la gestion de la salubrité et une meilleure prévention de la santé des populations. Il a invité les collectivités locales bénéficiaires et toutes les parties prenantes à veiller à l’exécution correcte des travaux ainsi qu’à la bonne gestion des ouvrages qui seront mis à leur disposition. Il a tenu à remercier la Banque Africaine de Développement et son Président qui ont accepté, dans des délais record, de financer le projet pour un montant de 75 milliards FCfa.

Samboudian KAMARA

Selon les sources étrangères, il y aurait entre 9 à 11.000 inscriptions sénégalaises par année en France. Il y a 37 associations estudiantines sénégalaises dans l’Hexagone. Des chiffres qui montrent l’importante présence sénégalaise dans les écoles, universités et instituts en France. Autant d’étudiants qui ambitionnent la réussite dans les études pour embrasser des carrières professionnelles épanouies. Pour arriver au bout de leurs projets d’études, les étudiants sénégalais profitent généralement des jobs d’été pour se remplir les poches et disposer d’une expérience souvent inoubliable.

Un précieux sésame pour les Sénégalais en France
etudiant senegalTrouver un job d'été est un exercice auquel se plient, chaque année, des milliers de jeunes sénégalais de la diaspora. Des nouveaux arrivants aux plus anciens, nombreux sont ceux qui ont besoin de ce ticket d’entrée au monde professionnel et à la stabilité financière.

Paris : L’inscription, le loyer de la rentrée prochaine, l’achat d’un billet d’avion pour rendre visite à la famille au Sénégal et le désir d’avoir une année scolaire financièrement stable constituent souvent les raisons qui obligent les étudiants sénégalais à chercher un travail saisonnier. Si la recherche est moins stressante pour les boursiers qui disposent d’une stabilité financière, elle est plus préoccupante pour les non boursiers. C’est le cas de Mariama, 18 ans, étudiante en 1ère année d’Informatique à Paris. « Je n’ai pas eu la bourse et il faut absolument que je trouve un job d’été afin d’assurer au moins l’inscription de ma 2ème année de Licence Informatique », avance-t-elle. En effet, Mariama est actuellement hébergée chez des proches de sa famille. Son objectif est de décrocher un petit boulot pour payer les 800 euros (environ 530.000 FCfa) de frais pour son inscription de l’année prochaine. Un travail qui lui permettra d’avoir un logement étudiant au sein des Crous (opérateur de l’Etat français pour la gestion de la vie étudiante, Ndlr). « Cela soulagerait mes parents qui ont payé tous mes frais universitaires de ma première année en France », poursuit-elle.

Parcours du combattant
Trouver un job d’été est une nécessité mais c’est un véritable parcours de combattant, malgré la diversité des postes à pourvoir.

L’une des règles pour réussir à obtenir un job d’été en France est de s’y prendre très tôt ; ce qui permet d’augmenter les chances d’en trouver. «  Nous obtenons des jobs de serveur, caissier, gardien, professeur, vendeur, etc. », informe Kéba, 20 ans, étudiant en 3ème année d’Economie et Gestion à l’Université de Grenoble. S’y étant pris très tard l’année dernière, Kéba a, cette fois-ci, commencé ses recherches de job d’été dès le mois de mars 2016. « Je travaille actuellement comme caissier dans un supermarché, non loin de ma résidence universitaire », se félicite-t-il. Même s’il a trouvé son processus de recrutement long et fastidieux, Kéba est au moins en mesure de régler toutes ses factures en attente de paiement. « J’ai dû déposer une centaine de Cv, passer 15 entretiens au total, avant d’obtenir ce job », précise-t-il. De plus, lorsqu’ils vivent dans de petites villes, où il y a peu d’offres saisonnières, les étudiants sénégalais sont parfois obligés de quitter leurs lieux de résidence pour aller chercher ce fameux sésame dans des régions où l’offre est plus importante. C’est le cas d’Ousseynou, 20 ans, étudiant en Télécoms en Normandie, au Havre. « J’ai quitté le Havre afin de trouver un job d’agent de sécurité à La Baule, en Loire atlantique. Le trajet le Havre-La Baule (Nord-ouest et ouest de la France) est très long, mais je n’ai pas le choix si je veux m’inscrire en septembre, confit-il.

En outre, ces étudiants « forcés » de travailler loin de leur ville d’études sont souvent confrontés aux contraintes de logement et de transport.

« Comme je ne suis pas véhiculé et que je n’ai pas un job où je suis logé et nourri par l’employeur, je dors à la plage, à la belle étoile », conclut-il, impuissant. Se battre pour trouver un travail pendant les grandes vacances d’été n’est pas une particularité de la nouvelle génération des étudiants sénégalais en France. Ce fut le cas de leurs ainés.

L’histoire se répète
Pape Diop, 30 ans, ingénieur informatique vivant aujourd’hui à Paris, se rappelle encore de son parcours du combattant pour trouver un job d’été. « Je faisais de la cueillette de fraise dans un petit village du sud de la France, de 7h à 18h. Ce, après avoir cherché en vain un travail de caissier dans un Mc Donald’s à Valenciennes (dans le nord de la France où il faisait ses études, ndlr).

J’étais obligé d’aller loin si je voulais acheter ce billet pour Dakar et rendre visite à ma mère malade », se souvient-il, sourire aux lèvres. Entre la génération de Mariama, Ousseynou et celle de Pape, rien n’a changé. Le besoin de trouver ce gagne-pain est toujours présent et les conditions de son obtention sont restées tout autant difficiles. Cependant, il y a de plus en plus de structures qui les aident à rédiger des Cv et lettres de motivation, en plus de les orienter vers les secteurs qui recherchent le plus de travailleurs saisonniers. Parallèlement, on note une forte solidarité de la communauté sénégalaise dans la recherche de jobs d’été.

Ceux qui ont déjà trouvé un travail recommandent leurs compatriotes auprès de leur patron ou leur transmettent de bons contacts.

Trouver un boulot d’été est presque un passage obligé pour les étudiants sénégalais vivant en Occident. Si l’obtenir reste souvent un parcours du combattant, tous sont unanimes sur les bienfaits de ces expériences. Ils y gagnent de l’indépendance financière vis-à-vis des parents, de la maturité et un premier pas dans le monde professionnel.

Par Aminata Thior

Au Canada, les jobs d’étudiants sont bien encadrés
De plus en plus nombreux au Canada, en dépit des frais de scolarité assez élevés en Amérique du Nord, les étudiants sénégalais ne dérogent pas à la règle d’occuper ce qu’on appelle couramment des « jobs d’étudiants ».

Pour la majorité des étudiants sénégalais au Canada, travailler ne rime pas forcément avec nécessité. Les frais universitaires sont réglés généralement par les parents. Cependant, travailler permet de combler d’autres besoins accessoires comme le transport, le logement, les abonnements téléphoniques, la voiture, les loisirs, etc. C’est une situation qui découle de la spécificité des étudiants au Canada : ils proviennent généralement de familles dites « aisées ».

Réglementation du temps de travail
Avec la loi de juin 2014 portant sur des changements au programme des étudiants étrangers, les Sénégalais inscrits dans les universités canadiennes ou les établissements du supérieur peuvent travailler en temps partiel jusqu’à 20 heures par semaine durant l’année universitaire (sessions automne et hiver). C’est une restriction qui n’a plus lieu d’être pendant les congés, notamment l’été. En effet, les étudiants sénégalais ont la possibilité de travailler à temps plein sous condition d’une demande de permis de travail. Généralement, le permis d’études qui fait office de carte de résident temporaire suffit. À l'instar de leurs homologues étudiants dans d’autres pays, les jeunes occupent des emplois dans des centres d’appels, usines, restaurants ou fast-food, dans les dépanneurs (au Québec, c’est une expression pour désigner une petite épicerie de quartier ou supérette, Ndlr), entreprises de nettoyage, dans des hôtels, des entrepôts, etc. Les étudiantes se singularisent généralement à travers des postes de vendeuse ou caissière, coiffeuse dans les salons ou à domicile dans la communauté sénégalaise.

Selon le témoignage de Bassirou Sèye, étudiant en Génie électrique de l’Université du Québec, à Trois-Rivières (Uqtr), « la priorité reste la présence non négociable aux cours ». Le jeune étudiant reconnaît qu’il lui « arrive de travailler en dehors de la période estivale pendant laquelle les engagements universitaires sont moindres » ; ce qui lui « donne la possibilité de travailler en entreprise à plein temps ».

S’adapter au monde du travail
Ce job lui permet non seulement de subvenir à certains de ses besoins, mais encore de « s’adapter au monde du travail et à la société d’accueil ». En effet, une fois leur diplôme en poche, les étudiants ont généralement le choix de rentrer dans leurs pays d’origine ou de demander la résidence permanente.

On compte environ une quarantaine d’étudiants sénégalais à Trois-Rivières, ville située à environ 200 km de Montréal. Il peut cependant arriver que certains d’entres eux ne puissent plus assumer le coût financier des études. Cela implique un inversement des priorités : le job d’étudiant prend le dessus sur les études. Lors du boom économique dans l’Ouest canadien, avec le pétrole en Alberta, Calagary, il y a eu un afflux massif d’étudiants provenant du Québec. Ils étaient venus à la recherche d’un emploi et ainsi des fonds pour faire face aux responsabilités liées à leurs études universitaires. Les jobs d’étudiants ont un autre effet. Ils peuvent être un tremplin pour décrocher un emploi en rapport avec les études, mais malheureusement, ce sont souvent des boulots plus alimentaires qu’autre chose.

Un étudiant a besoin d’être dans de bonnes conditions de travail pour réussir. Il arrive que des parents sénégalais envoient leurs enfants sans prendre les dispositions qui leur permettront d’assumer les frais universitaires. Pour rappel, le Canada a toujours été une destination de choix pour les Sénégalais, grâce à la réputation de son enseignement, mais aussi par l’entremise de l’énorme possibilité de rester sur place une fois les études terminées.

Aminata Sow, correspondante à Montréal

Jobs d’été et petits boulots : Une barrière pour la réussite des études au Japon
boulot eteTokyo : A travers le rayonnement de ses universités et de ses avancées technologiques, le Japon attire depuis longtemps les étudiants sénégalais. Une formation très prisée. Malgré la barrière de la langue, de jeunes sénégalais n'hésitent plus à tenter l'aventure pour étudier au Pays du Soleil levant. La voie privilégiée reste l'obtention d'une bourse d'excellence offerte par le gouvernement nippon. Mais d'autres étudiants empruntent le chemin sinueux du financement sur fonds propres. Un choix qui mène aux petits boulots et jobs d’été.

Ils sont, chaque année, une centaine d’étudiants sénégalais à se présenter au concours. Les places sont chères : moins de cinq sont sélectionnés pour réaliser leur projet d'études au Japon.

Spécificités japonaises
Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes sénégalais sont tentés de réaliser leur projet de formation sur financement privé. Une voie de contournement qui n’est pas dénuée de difficultés. Alors que les bénéficiaires de la bourse du Japon disposent d’un accompagnement pédagogique et social, ceux qui financent leur voyage sur fonds propres doivent faire face à des difficultés financières dans un pays où le coût de la vie est parmi les plus élevés au monde. Aussi, pour financer des études onéreuses, les étudiants alternent bien souvent petits boulots et études.

Solidarité
Mais les Sénégalais au Pays du Soleil levant se sont organisés en communauté dynamique afin de s’apporter une assistance mutuelle reposant sur la mise en place d’un réseau de solidarité. Cela passe par l’intégration de nouveaux venus et le partage d’informations utiles. Il est évident que réaliser un projet d'études au Japon nécessite des moyens financiers importants. Etudier au Japon sans assise financière relève d’un véritable défi. Allier job et études peut s'avérer un pari risqué.

Parmi eux, nombreux sont ceux qui échouent. En somme, détermination, abnégation et persévérance sont la recette de la réussite pour ceux qui ne disposent pas d’une bourse.

Aly Diab DIOP, correspondant au Japon

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L’accès au financement reste l’un des principaux freins au développement des Pme sénégalaises. Afin de les aider à lever cette contrainte, l’Adepme a lancé, hier, une campagne d’information sur la labellisation dont l’objectif est d’améliorer l’éligibilité des Pme au financement bancaire.

Le tissu économique sénégalais est caractérisé par un grand paradoxe. Les Petites et moyennes entreprises (Pme) qui en constituent 95 %, ne réalisent encore, malgré leur dynamisme, que 33 % de la valeur ajoutée, 36 % du chiffre d’affaires et 42 % de l’emploi. Cette situation serait liée, selon l’Agence de développement et d’encadrement des Pme (Adepme), à plusieurs contraintes parmi lesquelles l’accès aux services financiers et non financiers. Pour aider les Pme sénégalaises à faire face à ces défis, cette structure a décidé d’organiser une vaste campagne d’information sur son programme de labellisation. Celle-ci a été lancée, hier, en présence de Alioune Sarr, ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux et des Pme, et de nombreux acteurs du secteur.

Ce programme de labellisation est un processus d’amélioration de l’éligibilité des Pme au financement bancaire, avec pour objectif d’accompagner leur croissance et leur compétitivité. L’idée étant de créer un cadre de confiance entre la banque et la Pme. « La labellisation est une des réponses apportées pour permettre aux Pme de se conformer aux exigences du secteur financier grâce à un encadrement de qualité. Elle permet de préparer les Pme à l’accès au financement par une amélioration de leur lisibilité, une amélioration de la qualité du management et du monitoring. Ainsi, l’entreprise pourra mieux négocier et en toute transparence les conditions de son crédit », a expliqué Mabousso Thiam, directeur général de l’Adepme.

Au-delà de l’analyse de la capacité de l’entreprise à faire face à ses engagements financiers, il s’agit, a précisé M. Thiam, de fournir des services de formation et des conseils pour aider le dirigeant de la Pme à moderniser la gestion de son entreprise, à améliorer sa compétitivité et à utiliser des services financiers appropriés pour son développement. Depuis le lancement du programme, 62 Pme ont été labellisées et ont pu accéder à des financements bancaires, a affirmé le directeur général de l’Adepme. L’objectif est de mettre dans le processus de la labellisation, d’ici la fin de l’année 2016, au moins 300 entreprises.

Après cette première journée de lancement, l’Adepme va organiser plusieurs ateliers techniques dans les régions. Ils porteront, entre autres, sur la gestion des risques dans les entreprises de pêche, le renouveau du tourisme et le marketing digital, l’ouverture du capital et le renforcement des fonds propres, la gestion stratégique des Pme ainsi que la gestion des risques. « Nous voulons, à termes, échanger avec les chefs d’entreprise sur les opportunités offertes par la labellisation en termes de maîtrise de la croissance et de renforcement de la compétitivité. L’enjeu étant d’avoir un développement solide et harmonieux de nos Pme pour mieux faire face à la compétitivité mondiale », a déclaré Soyibou Ndao, chargé du programme labellisation. Le ministre du Commerce, Alioune Sarr, a regretté qu’en dépit des réponses concrètes en termes d’équipements apportées par l’Adepme et la solidité du secteur bancaire sénégalais, « le financement de l’économie apparaît relativement faible ». S’appuyant sur des chiffres datant de décembre 2014, il a déclaré que les banques ne finançaient que près de 21 % du Pib du Sénégal alors que ce ratio est supérieur à 80 % dans de nombreux pays émergents et dépasse même les 100 % aux Etats-Unis. « Cette situation doit nous interpeler et la remise en cause ne doit pas concerner seulement les Pme mais aussi et surtout les banques », a affirmé M. Sarr, saluant les banques partenaires de la labellisation pour leur engagement aux côtés des Pme. Le ministre a, en outre, estimé que la labellisation proposée par l’Adepme peut constituer une « contribution déterminante pour rapprocher la banque et la Pme afin de réduire le gap de financement évalué à 500 milliards de FCfa en 2011 dans une étude réalisée par la Direction des Pme ».

Elhadji Ibrahima THIAM

Les épreuves 2016 du Brevet de fin d’études moyennes (Bfem) ont débuté, hier, sur l’étendue du territoire national. Un bon déroulement a été noté dans les différents centres d’examen de la capitale visités. Des candidats jugent l’ épreuve de dissertation abordable.

Des chants et cris d’oiseaux fusent des jardins du Cours Sainte-Marie de Hann. Dans l’enceinte de l’établissement, quelques jardiniers et agents chargés du nettoyage des lieux sont visibles çà et là. Dans ce centre, près d’une heure après le début des épreuves de l’édition 2016 du Brevet de fin d’études moyennes (Bfem), c’est le calme plat. Un silence de cathédrale y dicte sa loi.

Pas l’ombre d’un candidat ou d’un surveillant le long des couloirs. Il faut se rapprocher des fenêtres ou portes des salles de classe pour pouvoir apercevoir des postulants au diplôme qui leur ouvre les portes du lycée. Ici, les minutes de stress, avant la distribution des sujets, ont cédé le pas à une concentration maximale. L’air serein, les yeux rivés sur leurs copies, rien ne semble perturber l’attention des élèves. Même pas les flashes du reporter photographe du « Soleil ».

Dans une des salles du jury C, deux surveillants veillent au grain. Ici, 205 candidats ont répondu présents. 5 autres ne sont pas venus pour des raisons que le président du jury, Yoro Fall, dit ignorer. Mais, l’essentiel est réussi. Aucun couac n’a été noté. D’après M. Fall, les épreuves ont débuté à 8 heures et « tout se passe dans d’excellentes conditions ».

Au jury B, c’est la même ambiance. 248 élèves y composent. Un seul absent a été relevé. Par contre, au dernier jury du centre Cours Sainte-Marie de Hann concentrant 274 candidats, le président du jury, Al Ousseyni Badji, déplore l’insuffisance des surveillants. Une situation qui s’explique par le retard de certains. Pour combler ce manquement, le président du jury a affecté un surveillant par classe.

La première épreuve jugée abordable
A l’école Khadim Rassoul de Castors, à 10 heures, la majorité des candidats ont déjà terminé la première épreuve de la matinée.

Ici, l’ambiance carnavalesque contraste avec le silence olympien noté au Cours Sainte-Marie de Hann. Des groupes d’élèves se forment un peu partout dans la cour. Ça jase et ça vibre. Dans cet établissement regroupant, au total, 646 candidats, « aucun disfonctionnement n’a été noté », rassure le chef du centre, Arouna Mbodji.

Du côté des candidats, invités à choisir entre un premier sujet portant sur l’environnement et un second sur la littérature, l’épreuve a été jugée « abordable ». Ce qui leur donne plus d’enthousiasme pour la suite des examens. « J’étais très crispé ce matin, mais actuellement, je me sens beaucoup plus à l’aise pour la suite. L’épreuve de dissertation a été vraiment à notre portée », explique le jeune Mame Ibrahima Fall Diarra. Lamine Badji et Abibatou Diallo abondent dans le même sens. Les deux candidats espèrent voir la suite des épreuves aussi abordable que le sujet de dissertation de la matinée. « On rend grâce à Dieu. Pour l’instant, la première épreuve est à notre portée. Je me sens très sereine à présent. J’espère que les autres matières seront plus faciles », souligne Abibatou Diallo, un bout de pain entre les mains. A 11 heures, au Cem Blaise Diagne de Dakar, les candidats ont repris avec la deuxième épreuve de la matinée. Là également, comme dans les autres centres visités, l’examen se déroule dans de bonnes conditions, selon le principal du Cem et chef du centre,  El Hadji Malick Ndiaye. « L’examen démarre très bien dans notre centre.

Aucun incident majeur n'a été noté. Les épreuves ont démarré à temps. Aussi, tout le matériel est venu à temps », souligne-t-il. Le centre regroupe deux jurys comportant chacun 286 candidats. Au total, 17 candidats se sont absentés.

Ibrahima BA

…Dans les 22 centres d’examen de Kaolack
Quelques 10.707 élèves ont entamé, ce lundi, à Kaolack, les épreuves du Brevet de fin d’études moyennes (Bfem). L’adjointe au préfet de Kaolack a assuré une bonne organisation de l’examen dans les 22 centres.

Dans la région de Kaolack, ils sont 10.707 candidats à composer pour l’obtention du Brevet de fin d’études moyennes (Bfem). Ils sont répartis dans 24 jurys dans le seul département de Kaolack et 22 centres au niveau de la commune qui compte 5.410 candidats. Trois centres témoins (lycée Mahawa Sémou Diouf, les Cours privés la Lumière et le Cem de Kahone) ont été visités.

Pour l’adjointe au préfet, Dioma Sow, « tout se déroule normalement et on ne peut qu’exprimer un sentiment de satisfaction. Le dispositif organisationnel du Bfem semble adapté au niveau des jurys du département. Tout a été mis en place pour un déroulement normal des épreuves : de la surveillance à la correction ». Poursuivant, elle a souligné que les rapports qui leur sont parvenus à l’intérieur de la circonscription les confortent dans leur conviction que « tout est réuni du point de vue de l’organisation pour un déroulement correct des épreuves ».

Du côté des candidats, les épreuves du matin (dictée, texte et questions) ont été jugées abordables dans l’ensemble.


Elimane FALL

… De bonnes conditions à Fatick
La  région de Fatick compte 16.220 candidats au Bfem, dont 8.609 filles. Ils sont répartis dans 75 centres avec 103 jurys. Les autorités administratives, académiques et les partenaires de l’école ont visité, hier, certains centres d’examen dans la commune de Fatick pour s’enquérir du déroulement de l’examen. Il s’agit précisément des centres Khar Ndoffène Diouf, Thierno Mamadou et du collège du Sine. Les conditions d’examen sont jugées bonnes. C’est le constat fait par la délégation conduite par l’adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives, Mamadou Diouck.

Partout, les présidents de jurys, les secrétaires, les surveillants et les correcteurs étaient sur place. La sécurité est assurée par les éléments de la police. A noter que la région de Fatick compte 4 Inspections de l’enseignement et de la formation (Ief) et une Inspection d’académie.

Oumar Ngatty Bâ

… 35.591 candidats composent à Thiès
A l’instar des autres régions du pays, Thiès a démarré, hier, l’examen du Brevet de fin d’études moyennes (Bfem) qui boucle la fin du premier cycle des études au Sénégal. Sur les 35.591candidats inscrits, 20.030 filles sont en lice. Ce qui constitue, selon les autorités académiques, un bon indicateur sur le taux d’achèvement du côté des filles après avoir relevé le défi de l’accès. Répartis dans 184 jurys au niveau de 156 centres d’examen, les candidats au Bfem de la région de Thiès vont être évalués par 2.933 correcteurs. Cette année, comme au baccalauréat, les copies seront corrigées au sein de 6 pools de correction installés dans la région.

Concerne  les mesures d’accompagnement logistique, humaine et sécuritaire dans les centres d’examen, l’autorité académique se dit satisfaite et souhaite que ce climat qui prévaut puisse se poursuivre jusqu’à la proclamation des résultats.

Mbaye BA

De par sa tradition de terre d’accueil, Kolda a hérité d’un patrimoine musical riche d’instruments qui ont traversé des siècles. Parmi ceux-ci figure le nianiérou (sorte de violon) qui constitue la base de la culture musicale peule. Utilisé autrefois pour égayer le roi et sa cour, cet instrument sacré rythme aujourd’hui presque toutes les cérémonies festives et ponctue tous les moments forts de la vie quotidienne de cette communauté. Malgré l’émergence de nouveaux griots et la menace de la musique urbaine, le nianiérou a encore de beaux jours dans le Fouladou.

L’Occident a sa guitare, son violon, sa trompette, ou encore son saxophone et le Sénégal a son nianiérou (connu sous le nom wolof de « riiti ») spécifique aux Peuls, mais aussi aux Sérères. Au Fouladou qui reste un fabuleux creuset de musiques qui s’exerce dans des registres aussi divers que variés, cet instrument monocorde, sorte de violon qui se joue à l’aide d’un archet convexe, a traversé les siècles et apparaît comme le plus emblématique de l’identité peule.

Dans cette partie du pays, le nianiérou rythme différents événements sociaux (naissance, mariage, baptême, fêtes religieuses, circoncision, etc.) et autres soirées mondaines qui sont de bonnes occasions pour assister à des envolées magiques au rythme des virtuoses de cet instrument qui parcourent villes et villages afin de déclamer et de chanter leurs compositions qui traitent d’expériences du quotidien, de relations sociales, d’événements historiques.

Au Fouladou, cet art est transmis de génération en génération et est incarné par de dignes fils du terroir. Sana Seydi, un icône qui a hérité ce métier de son père, fait partie des dignes ambassadeurs du nianiérou.

La passion du nianiérou
Dans la ville de Kolda, particulièrement au quartier Bouna Kane, même les enfants connaissent le vieux joueur de nianiérou qui a traversé toute une époque et beaucoup de générations. À 80 ans passés, Sana Seydi, considéré comme un des maîtres peuls du nianiérou, n’est pas encore prêt à ranger son instrument. Le vieil homme a de beaux jours devant lui. Et avec son groupe le « Diengou Fouladou », constitué pour l’essentiel de ses fils et neveux, il continue de sillonner les coins et recoins du Fouladou pour faire plaisir à ses inconditionnels et aux populations.
À notre arrivée au quartier Bouna Kane ce dimanche 26 juin, le soleil dardait ses terribles rayons. Mais, dans cette partie du pays, les populations étaient immunisées contre cette chaleur capable de cuire un œuf. Une fois chez l’artiste, on nous apprend qu’il avait pris départ pour aller à un village situé à quelques encablures de la commune de Kolda en vue d’y faire une prestation. Informés de notre présence, Dialy Sana Seydi et ses collaborateurs rebroussent chemin. La prestation pouvait attendre, car ce n’est pas tous les jours que les artistes de ce coin reculé du pays reçoivent des journalistes du quotidien national. Dialy Sana Seyni en était conscient et ne voulait aucunement manquer une pareille occasion de s’exprimer.

Le nianiérou est la passion de Dialy Sana Seydi. Quand ses camarades ont choisi l’école ou d’autres activités, lui était attiré par le mirage des décibels et par des rythmes de ce cet instrument magique. Et il ne le regrette pas. Avec le nianiérou, il a eu tous les honneurs. Mieux, il a réussi à hisser très haut le flambeau de la culture du Fouladou. Et après des décennies de pratique, les souvenirs de son idylle avec son instrument fétiche restent très vivaces et empreints d’émotions.

Né à Saré Aba, village situé dans le Pakao, Dialy Sana Seydi a hérité son art de son père qui fut le grand Dialy de Malam Binta Koma, à l’époque roi du Pakao. C’est dans cet univers où les Dialyabés jouaient le nianiérou pour les rois et autres bourgeois que le jeune Sana Seydi a grandi.

De Saré Aba à Kolda
Cela fait plus de six décennies que Dialy Sana Seydi joue au nianiérou. L’octogénaire a entamé son métier bien avant les indépendances. Il était alors âgé de 7 ans. Sara Aba étant très enclavée à l’époque, il est venu s’installer à Kolda pour pouvoir se déplacer facilement à travers le pays. À cette période, le nianiérou avait la cote dans le Fouladou et le Pakao. Il était joué pour les rois et leurs troupes pour leur redonner plus de courage face à l’ennemi. Au fil du temps, les joueurs de nianiérou glorifient les nobles, la classe bourgeoise. Aujourd’hui que l’art de la musique a presque échappé à l’exclusivité des griots, la donne a fondamentalement changé. Les difficultés économiques et les changements sociaux actuels ont fait que la générosité est devenue une qualité très rarissime.

Contrairement à ces nouveaux griots qui n’ont pas hérité le métier mais qui en font leur gagne-pain, Sana Seydi fait partie de ces griots professionnels, détenteurs d’un vaste répertoire et d’une technique élaborée. Outre la classe bourgeoise, Dialy Sana et son orchestre « Diengou Fouladou » monnayaient leur talent aux bienfaiteurs peuls en retraçant leur généalogie. Ils reçoivent en contrepartie des cadeaux en nature et en espèces.

Le nianérou et le nom de Dialy Sana Seydi sont indissociables dans le Fouladou. L’instrument qu’il manie avec maestria lui a apporté pleine de satisfactions. C’est grâce à son nianiérou qu’il a bâti sa maison et entretient sa famille composé de trente-et-un bouts de bois de Dieu, sans compter ses proches et autres étrangers qui viennent souvent le solliciter. Au summum de son art, Dialy Sana Seydi a sillonné le Sénégal et voyagé dans des pays comme le Mali, la Guinée-Bissau, la Gambie, la France, l’Espagne, etc. Son dernier voyage en France remonte en 2005. Le nianiérou, selon lui, nourrit son homme, malgré les nombreuses difficultés liées au manque de visibilité, de promotion entraînant ainsi une absence de production.

La seule difficulté, ironise-t-il, est qu’il peut arriver qu’on rentre sans recevoir de cadeaux auprès de certains nobles qui ont la « main dure » (avares). D’ailleurs, depuis qu’il s’est installé au Fouladou, il n’a jamais cultivé ses champs. Il ne vit que de son art. 

Pour Dialy Sana Seydi, le métier n’a pas de secret. « Le seul secret qui vaille, c’est la maîtrise de son art », assure-t-il. Autant de raisons qui font qu’il n’est pas encore prêt à se retirer et à laisser ses enfants perpétuer l’héritage.

Gnanierou KoldaÀ la question de savoir s’il y avait une différence entre le violon d’hier et celui d’aujourd’hui, il explique qu’à l’époque on pouvait jouer le nianiérou en solo. Alors qu’aujourd’hui, précise-t-il, bon nombre de joueurs de nianiérou préfèrent s’accompagner de tambour. « À l’époque, le nianiérou se jouait en solo », insiste Dialy Sana Seydi. Toutefois, ajoute-t-il, il existe différentes sonorités de naniérou : le « Ségalaré », le « Bassarou », le « Cheikhou ». La première sonorité est dédiée aux guerriers, aux combattants, aux soldats au front. Celle-ci n’est ni couplée à la danse encore moins aux applaudissements. Le « Bassarou » a presque les mêmes caractéristiques que le « Ségalaré ».

Alors que la particularité du « Cheikhou » est qu’il s’accompagne de danse et d’applaudissements. Sa descendance, dit-il, fait partie des rares joueurs de nianiérou qui savent distinguer ces différentes sonorités, car étant les gardiens du temple dans le Fouladou. Aujourd’hui, le nianiérou est presque menacé de disparition faute de jeunes joueurs. Mais Sana Seydi ne se fait pas de souci quant à sa relève. Son héritage sera dignement perpétué par ses fils et neveux qu’il a initiés et qui l’accompagnent dans presque toutes ses prestations.

Dans sa carrière, Dialy Sana Seydi a également eu à former une douzaine d’artistes. Au-delà du nianiérou, ces derniers s’essaient même à d’autres instruments traditionnels musicaux. Ses fils Aliou et Fadima Sana Seydi ainsi que son homonyme Petit Dialy Sana Seydi, plus connu sous le nom d’Issa, sont aujourd’hui des icônes dans cet art. « Ils sont devenus des génies en la matière », affirme-t-il.

Outre ses fils, il a aussi transmis cet héritage à d’autres qui vivent et gagnent aujourd’hui leur pain en exerçant ce métier. Tout ce beau monde monnaie ses talents partout dans le pays et même dans la sous-région comme au Mali. « Ils n’ont aucun complexe à jouer leur nianiérou au milieu des Peuls. Partout où ils font des prestations, les initiés détectent facilement mon empreinte », se réjouit-il. Une fierté pour Dialy Sana Seydi.

Dialy Sana Seydi et son groupe « Diengou Fouladou » ont beau marqué le paysage musicale du Fouladou, mais ils n’ont à leur actif aucune production musicale, après tant d’années de pratique. L’idée de mettre un album sur le marché, produit uniquement sur la base du nianiérou, ne lui a jamais traversé l’esprit. Il privilégie les prestations au profit de tiers pour nourrir sa famille que d’investir dans un projet de production sans lendemain.

Absence de soutien
Bien que disposant d’une carte de droit d’auteur, Dialy Sana Seydi ignore totalement l’importance de ce sésame, alors que ses productions faites au profit des particuliers sont diffusées sur les ondes de plusieurs bandes FM. Et pourtant, lors d’une tournée effectuée au Fouladou, l’ancien ministre de la Culture, Abdoul Aziz Mbaye, avait expliqué aux artistes de la région les enjeux liés au droit d’auteur et aux droits voisins ainsi qu’à la mise en place de la nouvelle société de gestion collective et le statut de l’artiste. Mais pour le vieux Sana Seydi, c’est à la nouvelle génération incarnée par son entourage qui doit maintenant s’imprégner des questions de droits d’auteur et de droits voisins, mais aussi à mettre sur le marché des productions.

Dialy Sana Seydi déplore par ailleurs le manque de soutien des autorités aux Dialyabés de Kolda et du Fouladou. « Nous avons tapé à toutes les portes pour une reconnaissance dans la promotion de la culture du Fouladou et de notre pays d’une manière générale, en vain », déplore-t-il. Il reste convaincu que le soutien de l’État est nécessaire pour que les acteurs culturels puissent vivre dignement de leur art et contribuer au rayonnement culturel du pays. Membre du groupe « Diengou Fouladou », Issa Bambaado Kandé a abondé dans le même sens. Contrairement à son maître Dialy Sana Seydi, lui a consenti beaucoup d’efforts pour sortir un vidéoclip diffusé par le passé dans certaines télévisions.

À travers ce support audiovisuel, Issa a réussi le mixage de différents instruments traditionnels de musique. L’objectif, dit-il, était de faire aimer le nianiérou aux jeunes. Malheureusement, cette production n’a pas connu les succès attendus. « Cela a été un investissement à perte. Je n’ai reçu aucune sollicitation de la part des maisons de production », regrette Issa Bambaado qui dit s’en être ouvert à de hautes autorités de la région et d’ailleurs. Pour l’instant, le problème de la production pour les joueurs de nianiérou reste entier malgré les démarches dans ce sens. Les nombreuses tentatives d’entrer en contact avec des artistes de renom du pays n’ont encore rien donné.

À défaut de soutiens de leurs collègues artistes, des maisons de production et des bonnes volontés, Issa Bambaado et ses « frères » perpétuent leurs anciennes pratiques. Et chaque jour, pour vivre pleinement leur passion, leur art mais aussi pour gagner leur vie, ces magiciens sillonnent les coins et recoins du Fouladou et chantent les louanges de quelques nobles prompts à dégainer quand les notes magiques du nianiérou font vibrer leurs cordes sensibles. 

Après cet entretien, l’équipe du « Soleil » a eu droit à une belle démonstration. Il ne pouvait en être autrement. Visiblement satisfait, le vieux Sana Seydi, entouré de quelques membres de son groupe, nous gratifie d’une petite démonstration. Avec son archer, l’artiste qui improvise avec une liberté déconcertante, nous plonge dans l’atmosphère envoutante des chants peuls. Quelques notes ont suffi pour nous doper et nous donner plus d’envie.
 
De nos envoyés spéciaux Samba Oumar FALL et Souleymane Diam SY (textes) 
et Pape SEYDI (photos)


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