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Les avocats de Khalifa Ababacar Sall veulent la libération immédiate de leur client. Ils ont déposé, hier, une demande dans ce sens sur la table du premier président de la Cour d’appel. Ce dernier promet de donner un délibéré ce matin.

La défense veut la libération immédiate du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall. Après l’arrêt de la Cour de justice de la Cedeao, les conseils de la défense estiment que la conséquence immédiate de cette décision doit être la libération immédiate du maire de Dakar. Ils ont déposé, hier, une demande dans ce sens sur la table du juge. Car, selon Me François Sarr, l’arrêt prononcé par la Cour de justice de la Cedeao annule systématiquement l’ensemble des procédures pour lesquelles la Cour a été saisie. « Il s’agit de textes qui ont été pris dans le cadre de la communauté. Les arrêts de la Cour de justice de la Cedeao ont force obligatoire à l’égard des Etats membres. Ses décisions sont immédiatement exécutoires. Elles s’imposent à nous tous », explique Me Sarr pour motiver sa demande. D’après l’avocat, dans son arrêt, la Cour de justice de la Cedeao a indiqué que la détention du maire de Dakar de la période allant de la proclamation des résultats des élections législatives par le Conseil constitutionnel jusqu’à la levée de son immunité parlementaire était arbitraire. Plus de trois mois de détention arbitraire, dénonce l’avocat. Pire, Me François ajoute que la Cour, dans sa décision, a informé que le droit à un procès équitable pour Khalifa Ababacar Sall n’a pas été respecté. « Est-ce qu’on peut continuer cette procédure au mépris de cet arrêt ? », se demande l’avocat. Me Sarr ajoute : « Il ne faut pas regarder cette décision comme une décision étrangère. Elle a été rendue par une Cour de justice communautaire ». D’après sa consœur Me Borso Pouye, maintenir Khalifa Sall et ses co-accusés en prison après la décision de la Cour de justice de la Cedeao constitue une « détention arbitraire ». Me Pouye demande au juge Demba Kandji de donner droit à la demande de la défense en prononçant la liberté d’office de Khalifa Ababacar Sall et de ses co-prévenus. Me El Hadj Amadou Sall demande au premier président de la Cour d’appel de « donner acte » à l’arrêt rendu par la Cour de la communauté car, à son avis, le jugement de la Cedeao s’impose à tous. D’après Me Alain Jakubowicz, suite à la décision de la Cour de justice de la Cedeao, une seule solution s’impose : « La libération immédiate de Khalifa Ababacar Sall ». « Si vous nous refusez la liberté immédiate à Khalifa Ababacar Sall, sur la base de la non-disponibilité du jugement intégral de la Cedeao, merci de le viser dans un document pour nous permettre d’y revenir plus tard », demande le conseil de la défense du maire de Dakar.

« Consigner l’argent et fournir une garantie »
Par ailleurs, la partie civile de l’Etat du Sénégal s’oppose à cette demande de libération immédiate du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, et de ses co-prévenus. D’après un des conseils de l’Etat, Me Baboucar Cissé, si Khalifa Sall et co-accusés veulent bénéficier d’une liberté provisoire, « ils doivent consigner l’argent et fournir une garantie ». « C’est la seule exigence à laquelle doivent se soumettre les requérants », dit Baboucar Cissé, qui demande à la Cour de bien vouloir rejeter cette demande de libération immédiate du maire de Dakar. « Cette demande ne peut pas prospérer. Les personnes poursuivies sont soumises aux dispositions de l’article 140 du Code de procédure pénale », renchérit-il. Le premier président de la Cour d’appel, Demba Kandji, promet de rendre son délibéré sur cette demande de liberté immédiate de Khalifa Ababacar Sall dès ce matin.

Aliou Ngamby NDIAYE

DEMANDE DE RENVOI EN ATTENDANT L’ARRET DE LA CEDEAO : LA COUR D’APPEL CAMPE SUR SA POSITION
Les avocats de la défense ont encore insisté, hier, sur une demande de renvoi du procès en attendant d’avoir à disposition de l’arrêt de la Cour de justice de la Cedeao. Malgré l’intransigeance de la Cour d’appel, les conseils de Khalifa Ababacar Sall ont, une nouvelle fois, réitéré cette demande. Car, de l’avis de Me Seydou Diagne, avocat de la défense, il ne doit pas avoir une urgence particulière à ce que la Cour ne puisse pas accorder à la défense un renvoi de 8 à 15 jours pour lui permettre de disposer l’arrêt. Selon lui, malgré son refus, la Cour ne peut se fonder sur aucun texte juridique pour motiver sa décision de ne pas différer le procès. Au lieu d’une demande de renvoi, Me Diagne indique qu’il s’agit plutôt d’une facilité que la Cour doit accorder aux conseils de la défense.

Pour Me Demba Ciré Bathily, la décision de la Cour communautaire est « utile à la défense » du maire de Dakar. « Nous ne pouvons pas plaider sans l’avoir. Il faut qu’on débatte sur cette décision », dit-il, intransigeant. Me François Sarr de renchérir : « Si cette affaire est évoquée sans l’arrêt de la Cedeao, il n’y aura pas une bonne justice. Pour la défense, ce document qui sera bientôt arrivé à Dakar est indispensable pour la défense des intérêts du maire de Dakar. Pour Me Alain Jakubowicz, cette décision est précieuse car sa conséquence immédiate est la « nullité totale » de la procédure. « Le procès ne peut pas avancer sans cette décision de la Cedeao. Nous martelons notre opposition », ajoute-t-il. En effet, Me François réitère la production du jugement de la Cedeao. « Nous avons besoin du jugement de la Cedeao pour vous démontrer que la procédure pour laquelle vous êtes saisi doit être annulée intégralement », explique-t-il. Pour lui, priver la défense de cette décision rendue par la Cour de justice de la Cedeao, c’est de lui priver de ses éléments de défense. Personne ne peut nier l’existence de cet arrêt. Nous renouvelons avec force cette demande en comptant sur votre sens du respect des droits de la défense. Nous vous demandons de prendre en considération cette demande qui est essentielle pour nous », dira-t-il en s’adressant au premier président de la Cour d’appel.

Cependant, malgré l’insistance des avocats de la défense, le juge Demba Kandji est resté intransigeant. Il campe sur sa position de la veille en rappelant que la Cour n’a pas sur son dossier le mot Cedeao. « La Cour a déjà vidé ce débat. La Cour, en prenant sa décision, est restée dans la logique du procès. Toutes les exceptions liées à l’arrêt de la Cour peuvent être développées à tout moment parce qu’elles sont joignables, par leur nature, au fond », répond-il, en demandant à la défense de poursuivre ses observations relatives aux critiques de forme.

A. Ng. NDIAYE

ME OUSSEYNOU FALL S’ATTAQUE À LA COUR
Me Ousseynou Fall, comme à son habitude, s’est encore distingué hier, au deuxième jour du procès en appel du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, et de ses co-accusés. Quand il plaide, l’avocat de la défense ne mâche pas ses mots. Il ne se laisse pas non plus piétiné. Il apporte toujours une réplique au camp adverse. Hier encore, Me Ousseynou Fall s’est attaqué à l’ancien bâtonnier Me YérimThiam qui défend les intérêts de l’Etat du Sénégal. Selon lui, Me Perim Thiam a traité la défense de « menteurs ». Ce qu’il ne peut pas concevoir. « Si tu le répètes, tu vas voir avec moi », répond Me Fall. Finalement, tout est rentré dans l’ordre car le premier président de la Cour d’appel a demandé au bâtonnier Me Perim Thiam de « mesurer ses propos ».

Me Ousseynou Fall est encore est revenu à la charge en demandant au juge de ne pas violer les droits de son client Khalifa Ababacar Sall. Mieux, il a demandé au président de la Cour de rendre justice au nom du peuple sénégalais. Toutefois, Demba Kandji a déploré « l’arrogance » avec laquelle l’avocat s’est adressé à la Cour. « Je voudrai rappeler au barreau que la Cour vient d’entendre des choses anormales. J’ai besoin d’un arbitre. Cette attitude pleine d’indiscipline vis-à-vis de la Cour a besoin d’être situé. Ce discours est discourtois et je voudrai le regretter », déplore Demba Kandji. Toutefois, le secrétaire général de l’Ordre des avocats Me Ndiéguène a tenu à calmer les ardeurs. Selon l’avocat, tous les manquements seront relevés et seront sanctionnés. « Nous ne tolérerons pas les manquements et les instances de l’ordre réagiront », promet-il.

Ng. NDIAYE

L'Assemblée nationale a clôturé, mercredi, une session de formation des parlementaires membres de la Commission de l'Economie générale, du Plan et de la Coopération économique sur le contrôle budgétaire, l’évaluation des politiques publiques, la dette publique et la masse salariale. Une session de trois jours qui a été l’occasion, pour les parlementaires, de se familiariser avec ces concepts et d’en connaître la conduite à adopter.

Dans le Projet d’appui aux réformes des finances publiques du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, la Commission de l’Economie générale, du Plan et de la Coopération économique de l’Assemblée nationale outille les parlementaires afin de mieux appréhender les questions budgétaires. Une session de formation de trois jours a eu lieu à SalyPortudal où il était question d’imprégner les députés sur les sujets au menu. Pour Aïssatou Sow Diawara, 4ème vice-présidente de l’Assemblée nationale, il s’agissait de trois jours de formation intense où les participants ont vu défiler les directeurs de la Solde, de la Cour des comptes, des magistrats et de hauts fonctionnaires de finances « pour nous donner certains outils de travail qui permettent aux parlementaires de mieux faire leur travail. Nous discutions de budget sans en connaître les contours. Aujourd’hui, nous avons des outils qui nous permettent de bien comprendre afin de répondre aux attentes du peuple ». « Nous avons demandé que chaque député soit en possession des rapports de la Cour des comptes qui sont régulièrement envoyés à l’Assemblée nationale. Des outils qui nous permettent d’évaluer. », a dit la présidente.

La parlementaire ajoute que c’est souvent par ignorance que certains réagissent sur les questions liées aux politiques publiques. « Mais si nous avons les outils d’appréciation nécessaires, nous pourrons diminuer la hargne avec laquelle certains députés réagissent à l’Assemblée nationale », a-t-elle dit. Cheikh Abdou Mbacké Bara Dolly de Bokk gis-gis a, pour sa part, souligné :  «  cette session nous a permis d’être au fait de certaines questions liées au contrôle par les députés de l’exécution du budget de l’Assemblée nationale, en particulier le paiement des agents de la fonction publique, la dette publique, entre autres. Ces questions étaient un mystère pour beaucoup de nos collègues », a-t-il indiqué.

DiehMandiaye Ba, présidente de la Commission, a souligné que cette rencontre, très intéressante, démarre une série de formations destinées à l’ensemble des députés sur financement du Programme d’appui à la réforme des finances publiques (Parfp) et soutenu par la Banque mondiale. « Tous les 164 députés sont concernés parce que ces sessions relèvent des thématiques, très importantes, du mandat qui nous est confié par le peuple, c’est-à-dire le contrôle du budget et le contrôle des politiques publiques », a-t-elle martelé. Elle a ajouté que cette session a été l’occasion de débattre des questions principales. De manière subsidiaire, les participants ont abordé des questions très sensibles et qui font souvent l’objet de débat au sein de l’Hémicycle, à savoir la masse salariale et la dette publique ».

Ousseynou POUYE

« De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves », aurait-dit Jules César ! S’il y a un doute légitime sur la paternité de ces propos, on peut reconnaître sans ambages que les Belges (de Dakar, au moins) sont les plus festifs même devant la déroute.

Clos Normand. Drôle de nom pour un rendez-vous belge. Clos Normand est LE repère des Normands de Dakar. Ce peuple qui a la facétie de ne donner que des réponses se trouvant entre un oui franc du collier et un non dont la rigidité n’a rien à envier au fer sibérien. Dans ce temple dédié aux descendants de Guillaume Le Conquérant, les Belges arborent fièrement la gratuité de leurs légendaires frites qui assaillent le visiteur dès l’entrée puis leur couleur. Le Jaune-Noir-Rouge est à la conquête de la mode estivale. Les couleurs royales sont portées haut mais ils sont concurrencés, discrètement, par le Bleu-Blanc-Rouge comme le skaï se pavanait jadis devant le cuir. 

Concours d'esthètes 
De ses considérations esthétiques, Eric Nierdal n’en a cure. Maillot rouge sang sur un dos bien nourri, short assorti et chaussures de ville aux pieds, le jeune retraité vit au Sénégal depuis 2013 et est membre actif de l’Association des Belges de Dakar (Abs). « Nous sommes heureux d’être en demi-finale contre nos amis Français. Comme on les aime bien, on va les envoyer jouer la troisième place le 14 juillet, le jour de leur fête nationale », sourit-il hagard. Ce que ne veut, en aucun cas, entendre, Loïc Gourmelon, enseignant à l’école française de Mermoz. Maillot français estampillé Zidane, époque Coupe du monde 2006, sur les frêles épaules, il acquiesce sur la solidité de l’amitié entre Belges et Français. « Ce sont deux équipes africaines qui se retrouvent en demi-finale quand on regarde les origines des joueurs ». Un ange passe. Mais pas la chaleur étouffante de cette grande pièce de près de 50 m2 accueillant plus d’une centaine de personnes. Le coup d’envoi du match est donné. Loïc soupire : « Il n’y a pas d’air ». Les ventilos au plafond brassent du vent comme le ferait les moulins à vent dans un désert. Dehors, une bouffée d’air frais inonde ceux qui ont choisi le deuxième grand écran situé sur le terrain de basket de l’établissement. L’espace est aménagé pour l’occasion.  Un groupe de batteurs de tambours brésilien laisse croire un instant qu’on est au Carnaval de Rio. L’audience est ici aussi à majorité belge même s’il existe des poches d’irréductibles français. La première demi-heure du match se limite à un mano à mano entre Eden Hasard et Kylian Mbappé. Chacun montrant à l’autre qu’il est esthète dans l’art de maltraiter son vis-à-vis. De battre, les cœurs s’arrêtent puis repartent en fonction des ondulations et feintes de corps. Dans ce duel, Giroud paraît avoir un balai coincé à un mauvais endroit. Pataud, il vendange une occasion à la 33ème. « Benzema, il est où », lance un homme d’âge mûr. La foule est hilare. La taquin souhaite garder l’anonymat. La bonne planque, surtout quand on a un corps qui n’a rien à envier à Gérard Depardieu, l’acteur carpe diem français.
 
Au Clos Normand, l’heure est au trou normand
La légèreté de l’ambiance, Benjamin Pavard en est loin. Eden Hasard continue de le martyriser. C’est un bon signe pour les Français. La dernière fois que les Bleus ont été en finale d’une Coupe, la demi-finale s’était déroulée par un cassage de reins de l’ailier gauche (Cristiano Ronaldo) de l’équipe adverse (Portugal) sur le latéral français de l’époque (Willy Sagnol). Passées 45 minutes, l’arbitre siffle. Au Clos Normand, l’heure est au trou normand. Dans la tradition gastronomique de cette partie de France qui va du Havre à Caen en passant par Rouen s’étendant de la Seine Maritime au Calvados, le Trou Normand est un apéritif qui se situe entre deux plats censé redonner de l’appétit. Les différentes buvettes sont prises d’assaut. Les gobelets au liquide jaune sont entre toutes les mains comme ceux de café Touba dans un Dahira de Mourides. Côté diplomatie, l’équilibre de la terreur n’est pas de mise. 

Morne plaine
C’est l’entente cordiale. « Les Belges sont sur le bon tempo », analyse Michel François, représentant-résident de l’Agence belge de développement.

« Tout peut basculer d’un côté comme de l’autre, mais certainement ce sera du côté bleu », ose, à peine, piquer Olivier Serot Almeras, le consul général de France à Dakar, venu en « courageux » suivre le match avec ses « amis belges ». Il a vu juste.

Cinq minutes après la reprise, Umtiti refroidit les dernières velléités belges en marquant de la tête. Des décibels de joie intense parcourent les trois écrans de ce complexe de l’amicale des Normands de Dakar. Les Français jubilent. Les Belges font grise mine. Une « satisfaction » que ne renierait pas Mick Jagger au passage subliminal à l’écran. La morne plaine envahit le peuple du plat pays. Les occasions de se refaire deviennent rares surtout qu’entre temps, Pavard a trouvé la clé du cadenas du coffre Hasard.

Le troisième écran, coincé entre le hall d’entrée et la grande pièce, est le seul endroit où la présence française est dominante. On y entend du « chambrage » en règle. « Mais ils sont où les Belges ? », « Qui ne saute pas n’est pas Français » deviennent des types de l’été.

A la fin du match, les pronostics et souhaits pour une finale idéale prennent le pas sur les réjouissances de victoire.

Moussa DIOP

Le théâtre de Verdure de l’Institut français, à Dakar, est plein en ce début de match de demi-finale. Pas de décoration particulière pour l’évènement !

Seul un écran géant vient agrémenter la scène.  C’est le public qui vient apporter un peu de couleur à l’amphithéâtre. Le bleu, le blanc et le rouge sont à l’honneur ce soir : drapeau, maquillage, maillot de l’équipe de France,  couronne de fleur… Dans les gradins, plus de 550 supporters sont au rendez-vous pour ce match France-Belgique. Une grande partie se voit obligée de rester debout.  L’ambassadeur de France à Dakar, Christophe Bigot, est au premier rang  et compte bien ne pas louper une miette de ce match décisif. Mais une question se pose : Où sont les Belges ?

Pas un supporter du Royaume n’est présent au théâtre de Verdure. L’ambassadeur belge a décliné l’invitation de Christophe Bigot, qui lui avait proposé de venir assister au match à l’Institut français avec lui. Il préférait aller au « Clos Normand ». La France est donc à l’honneur et les supporters donnent de la voix pour encourager l’équipe tricolore.

« Allez les Bleus ! »
Le match d’hier soir était plus qu’un simple match de demi-finale : la France et la Belgique, pays voisins, s’affrontent sur le terrain de Saint-Pétersbourg. Même si le « combat » européen se joue au pied ce soir, Christophe Bigot préfère parler « d’amitié » plutôt que de « rivalité » : « L’équipe de Belgique est très bonne et les joueurs des deux équipes se connaissent bien. C’est la chance et la stratégie qui détermineront l’issue de ce match ». Même s’il reconnaît volontiers « qu’au foot, il faut un esprit de compétition » et espère que « la France l’emportera ». Et cet espoir n’a pas été vain ! En deuxième mi-temps, 49e minute, Umtiti marque contre la Belgique. L’ambassadeur se lève, applaudit, en totale symbiose avec le reste du public qui est en délire. Un clap général s’organise et la foule chante en cœur « Allez les Bleus ! ». Cet enthousiasme restera intact jusqu’à la fin du match. Même si les sourcils se froncent à chaque fois que les Belges s’approchent du camp français et les « Ooooh ! » se font entendre à chaque occasion manquée de la part des Bleus, on pouvait déjà entendre avant le coup de sifflet final : « On est en finale ! ». Fin du temps additionnel, la France est qualifiée. Les réactions au sein du public foisonnent : « La coupe, elle est pour nous », « la finale sera tricolore cette année ».

L’ambassadeur Christophe Bigot se réjouit de cette victoire et souligne que « l’équipe de France nous a montré que c’était possible et qu’il fallait continuer à y croire ».  Pour lui, « ce n’était pas qu’un simple match de foot mais une belle preuve de solidarité, ajoutant que  « Sénégalais et Français se sont réunis pour cette occasion » et émis l’espoir que ce sera la même chose pour la finale de dimanche. Le lieu de rencontre pour cette finale reste encore inconnu selon  le diplomate qui a dit réfléchir à un lieu adapté, pour permettre au plus grand nombre de venir assister à ce dernier match.

Aurelia VALARIE, (stagiaire)

En réussissant à atteindre l’étape des quarts de finale de cette coupe du monde, alors que peu la voyaient sortir du premier tour, la Russie a démontré que le football n’était pas que du talent.

C’est aussi une affaire d’Hommes ! Il est vrai que la qualité des joueurs qui composent une équipe de football est importante mais l’engagement sur le terrain l’est encore plus. Et cela, les hommes de Stanislas Tcherchessov l’ont montré durant tous les matchs qu’ils ont disputés à l’occasion de cette compétition. Depuis le début quand, impitoyables, ils balayaient l’Arabie Saoudite sur un score sans appel de 5 buts à 0, jusqu’à ce terrible quart de finale où ils sont tombés les armes à la main.

Jamais, le capitaine Igor Akinfeev et sa bande n’ont baissé les bras. En guerriers russes, ils se sont toujours battus comme de beaux diables et ont joué sans complexe. Même quand ils ont perdu contre l’Uruguay, lors du troisième match,  les joueurs de la « Sbornaia » avaient montré sur le terrain cette envie de gagner qui fait la force des grandes équipes.  Ce « fighting spirit » leur a valu beaucoup de satisfaction et a notamment payé contre les Vikings du Danemark en 8ème de finale, sélection du reste mieux cotée que celle russe.

Aujourd’hui, si elle a pu disputer pour la première fois de son histoire un quart de finale de Coupe du monde, elle le doit essentiellement à la détermination de ses joueurs à bien défendre les couleurs de la Russie.

Méprisés avant le début de la compétition, ces derniers se sont surpassés et ont su tirer leur force dans le patriotisme qu’ils ont fini de traduire sur les pelouses de Moscou, Samara, Sotchi etc. Ils ont en même temps démontré encore que le football n’est pas une science exacte.  Et fait mentir les pronostics qui ne l’attendaient point à ce stade de la compétition. Ceux-ci misaient plutôt sur l’Espagne, le Brésil, la France, l’Argentine, l’Allemagne, mais pas sur la « Sbornaia » qui occupe la 70ème place selon le dernier classement mondial de la Fifa. Nul doute qu’après sa belle Coupe du monde, elle fera de grands bonds en avant au ranking mondial.

Une fois encore, la performance de la Russie à cette 21ème édition de la Coupe du monde indique que l’aspect mental est important dans une compétition.
Des équipes comme l’Allemagne et le Cameroun l’ont toujours démontré.

C’était aussi l’une des forces de la sélection sénégalaise de 2002, qui pour sa première participation à une Coupe du monde, avait atteint l’étape des quarts de finale. Voila qui peut, en tout cas, inspirer d’autres équipes, qui en dépit de leur potentiel avéré, peinent à tirer leur épingle du jeu dans les compétitions internationales ou continentales !  Il ne reste plus qu’à dire « Spassiba » (Merci en russe) aux joueurs russes qui ont dignement honoré leur pays.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

Moscou : Massés en grand nombre samedi soir, devant l’écran géant installé sur une des façades du stade du Spartak de Moscou, les supporters de la « Sbornaia » ont vu leurs espoirs s’effondrer comme un château de cartes.  A cause de ces diables de Croates, qui n’ont rien lâché, la sélection russe ne verra pas les demi-finales. Mais c’était déjà une prouesse historique de jouer les quarts !

Fan Zone RusseAssis, seul, sur le banc d’une station de métro vide, un jeune homme pleure à chaudes larmes, la tête enfouie entre ses mains. Il n’y a personne pour le consoler ; à part deux bouteilles d’alcool, à moitié vide dans lesquelles, il essaie de noyer sa peine. Sans y arriver. Comme beaucoup de ses compatriotes, le garçon est meurtri par l’élimination de la « Sbornaia » en quarts de finale de la Coupe du monde 2018. A l’issue de la série fatidique des tirs aux buts, la Russie n’a pas réussi à franchir le cap des demi-finales ; au grand bonheur des Croates qui, ont, eux, décroché leur ticket pour le carré d’as, 20 ans après « France 98 ». Ce samedi soir, c’est un sentiment de désillusion qui s’est emparé des populations moscovites. Dans le métro qui déserte la capitale Moscou et la banlieue, les supporters tentent difficilement de masquer leur désarroi. « Russia, Russia ! », scande subitement un groupe d’inconditionnels, en hommage à leur équipe tombée les armes à la main. Un autre groupe semble avoir déjà tourné la page et parle plutôt de politique. « Comment voyez-vous la Russie ? », demande Vladimir, à un étranger en visite à Moscou pour la première fois. Une manière sans doute d’oublier vite cette terrible soirée où les rêves des Russes de voir leur sélection se qualifier en demi-finales se sont effondrés comme un château de cartes. Avant le début de la compétition, ils n’étaient pourtant pas nombreux, les supporters prêts à miser un rouble sur leur équipe nationale réputée faible et dont la préparation était tout sauf rassurante (3 défaites et un match nul sur quatre rencontres amicales disputées). Toutefois, depuis que les hommes de Stanislav Tcherchessov ont balayé d’entrée l’Arabie Saoudite 5-0 puis surclassé l’Egypte 3-1, lors des matchs de poule, l’espoir parmi la population est subitement devenu immense. « La Croatie et la Russie feront match nul à l’issue des prolongations ; mais notre équipe va gagner », pronostique, avec optimisme, le jeune Serguei, bouteille d’alcool à la main, à l’entame de la rencontre.

Chansons traditionnelles
A l’image de beaucoup de supporters qui n’ont pas pu se rendre à Sotchi, il est présent ce samedi soir, à la vaste devanture du stade du Spartak de Moscou pour suivre sur écran géant le match. Ivre de bonheur, il s’éclate avec ses camarades, rit à gorge déployée. Le groupe d’amis composé de jeunes garçons et filles entonne tantôt des chansons traditionnelles, tantôt l’hymne national, pour rendre hommage à leurs joueurs. « Russia ! Russia ! », Peut-on entendre de temps en temps. Des familles sont également venues en couples, avec leurs enfants et leurs bébés pour assister à cette rencontre et apporter leur soutien moral à leur sélection nationale. La sécurité n’est pas en reste. Sur le chemin qui mène à la « fan zone » (zone réservée aux supporters), des hommes en tenue sont sur le qui-vive. Avec calme et retenue, ils essaient de canaliser la foule et d’anticiper sur d’éventuels débordements.

Dans cette rencontre, les choses sont allées très vite car dès la 31ème mn, Denis Cheryshev expédiait, depuis les 25 mètres, une reprise en demi-volée dans la lucarne de Danijel Subasic, le gardien croate. Un chef-d’œuvre célébré en grande pompe aux cris de « Russia ! Russia ». Les supporters pensent partir à la mi-temps avec cet avantage d’un but mais Andrej Kramaric égalise de la tête à la 39ème mn sur un débordement de Mario Mandzukic, l’attaquant de la Juventus.  Malgré ce but, ces derniers sont loin de se décourager et accusent rapidement le coup. « Russia ! Russia », scandent-ils encore en chœur. Vers 23h, le froid s’intensifie ; mais ils sont toujours là, plus que jamais déterminés à assister à la victoire de leur équipe sur les Croates. Sauf que celle-ci tarde à arriver.  Elle est même compromise après le deuxième but des Vatreni (les Valeureux) intervenu lors de la première période des prolongations.  Mais Igor Akinfeev et ses coéquipiers ne baissent pas les bras. Ils réussissent d’ailleurs à remettre les pendules à l’heure à 5 mn de la fin des prolongations. La fête est finalement gâchée par Ivan Ratitik. Auteur du cinquième tir croate, le milieu de terrain du Fc Barcelone n’a pas tremblé. Sa frappe bien exécutée n’a laissé aucune chance au gardien russe. Un but qui donne la victoire aux Vatreni et met définitivement fin aux espoirs de la « Sbornaia » d’inverser la tendance. La Russie échoue ainsi aux portes des demi-finales de la Coupe du monde. Reconnaissants envers leur sélection qui a disputé pour la première fois une quart de finale de Coupe de monde et les a fait rêver durant trois semaines, certains inconditionnels ont continué, malgré l’amertume de la défaite, à scander « Russia ! Russia ! ».

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR, Samba Oumar FALL,
B. Khalifa NDIAYE (textes) et Abdoulaye MBODJ (photos)

Moscou : trois équipes de l’Europe de l’Ouest (France, Belgique et Angleterre) et une de l’Europe de Sud (Croatie) seront au rendez-vous du dernier carré de la coupe du monde « Russie 2018 ». Un quatuor inédit pour se disputer, demain mardi et mercredi, les places pour l’ultime rendez-vous de dimanche prochain.

Le mondial 2018 aborde ce lundi la dernière ligne droite d’un parcours qui a laissé bien des « grands » au bord de la route : Allemagne, Brésil, Espagne, Uruguay, Argentine, tous anciens vainqueurs de l’épreuve qui n’en verront pas le terme. Si bien qu’au stade des demi-finales, se présentera un quatuor inédit, un quarté qu’aucun parieur n’avait osé imaginer. Trois équipes d’Europe de l’ouest face à une formation d’Europe du Sud… Seule représentante de l’Europe de l’est, en quarts de finale, la Russie a échoué contre l’unique représentant de l’Europe du sud, la Croatie. Invitée surprise en quarts de finale, poussée par des « Russia ! Russia » dans le gigantesque stade de Sotchi et dans les Fan-zones où étaient érigés des écrans géants de télévision, la Russie n’a pas à rougir de son parcours.

Courageuse, mais limitée, la « Sbornaya» avait pris goût à la victoire, et se voyait dans le dernier carré. Mais le réveil a été brutal dans la série des tirs au but, après les prolongations.

Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres, à Zagreb, les Croates fêtaient la 2e qualification de leur équipe en demi-finales, vingt ans après «France 1998 ». Une seconde qualification arrachée avec les tripes devant le pays-hôte et ses millions de supporters. Car il a fallu à Rakitic et ses coéquipiers de disputer les prolongations puis la série des tirs au but pour se débarrasser de fringants Russes qui ne nourrissaient plus de complexe depuis qu’ils ont éliminé la grande Espagne. Une seconde qualification obtenue après le jeu de loterie puisque l’équipe au célèbre maillot à damiers a dû passer par la même séance contre le Danemark pour se hisser en quarts de finales. Modric, Mandzukic, Rakitic et autres voulaient suivre les pas de leurs illustres devanciers de 1998 que sont les Davor Suker, maintenant président de la fédération, mais aussi Boban ou encore Prosinecki. Pour le moment, le pari tient même si la qualification a été laborieuse devant une solide équipe russe. Le sélectionneur russe a beau placer ses pions sur le maillot à damier, la « Sbornaia » s’est cassé les dents. La Russie qui s’était mise à croire en ses possibilités, ne verra donc pas la deuxième demi-finale de son histoire en coupe du monde, après celle de 1966 alors qu’elle s’appelait Urss. Pour Modric et les siens, par contre, il est désormais question de dépasser les glorieux qui avaient été éliminés donc en demi-finale par la France. On verra mercredi à Moscou, face à l’Angleterre s’ils franchiront ce cap. Possible s’ils continuent à faire montre de caractère et de nerfs solides.

Sauf que le sujet de Sa Gracieuse Majesté entendent bien recoller avec un passé lointain. Car, voici 28 ans que l’Angleterre attendait cette qualification en demi-finale. Elle l’a eue dimanche dernier face à la Suède. Championne du monde en 1966, chez elle, l’Angleterre renoue ainsi avec un passé glorieux qui avait vu, en 1990, les Chris Waddle, Garry Lineker et Paul Gascoigne buter en demi-finale sur une formation allemande conduite par Lothar Matthaus, Klinssmann, Rudi Völler et autres. Cette année-là, l’équipe des « Three Lions » avait été éliminée à la série des tirs aux buts, après une prolongation épique. Mercredi, Harry Kane et ses coéquipiers affronteront au stade de Lujniki de Moscou, Luka Modric et ses camarades pour une demi-finale de feu que le pays qui a inventé le football veut enfin réussir 28 ans après. Avec aussi l’espoir de voir ces durs croates craquer enfin après deux matchs à prolongations en huitième et quart de finale. Mais il faudra compter avec l’excellent gardien Subasic en face.

Ils ne le disent pas, mais ils nourrissent le secret espoir de revenir au tout devant de la scène du football mondial, 20 ans après leur seul sacre en finale de Coupe du monde chez eux. La France et sa nouvelle génération veut fêter cet anniversaire avec faste. Et ne s’en cachent plus. Depuis que ce Mondial est débarrassé des « gros » et qu’ils ont maté l’Uruguay après avoir éliminé l’Argentine, tous les rêves leur sont permis. Juste deux étapes avant d’égaler … Didier Deschamps, leur actuel coach et ses potes d’il y a 20 ans.

Mais à chaque tour sa peine : il leur faut d’abord bien négocier, demain à Saint-Pétersbourg, le « voisin » belge. Le match le plus difficile de leur parcours ? En tout cas Kevin de Bruyne, le capitaine Eden Hazard, le buteur Romelu Lukaku, se dresseront sur la route de Mbappé, Ngolo Kanté et autres. Devant une attaque belge qui crache le feu à chaque sortie (14 buts au total), Raphael Varane et ses coéquipiers de la défense auront bien des soucis à se faire. Une explication entre européens de l’ouest qui ne manquera pas de piquant. France-Belgique ce sera aussi des retrouvailles pour ces deux équipes qui s’étaient affrontées pour la 3e place lors du mondial mexicain de 1986 que les Bleus avaient remportée après prolongations (4-2). Mais depuis lors, de l’eau a coulé sous les ponts. Aujourd’hui, de nouvelles générations de footballeurs ont surgi sur la scène et veulent imprimer leurs marques à la compétition.

Face à des « Diables Rouges » plus aguerris et qui ont remporté tous leurs matchs jusqu’ici, les « Bleus » ne manquent cependant pas d’arguments pour éviter qu’on leur raconte une histoire belge.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE

On n’ira pas jusqu’à soutenir qu’ils ont rendu leur fierté à leurs compatriotes. La fierté, les Russes l’ont toujours eue en bandoulière, presque dans leur Adn. Ce qui a contribué à faire de leur pays un des plus grands de ce monde.

A tous égards. N’en déplaise à ses pourfendeurs ! Mais, ce que les joueurs du coach Stanislav Tchertchessov ont réalisé dans ce Mondial 2018 restera comme l’une des performances-références dont tout un peuple se souviendra bien longtemps après que le coup de sifflet aura retenti. Et que Dame Coupe se sera trouvé un nouveau compagnon avec lequel elle convolera lors des quatre prochaines années.

Partie pour avoir un destin à la sud-africaine, la « Sbornaïa » a, en effet, renvoyé tous les spécialistes de la météo du foot à leurs prévisions erronées. A l’image de la Nation Arc-en-ciel incapable de sortir des rencontres de groupes de son Mondial en 2010, bien des observateurs ne voyaient pas la Russie survivre au tout premier écrémage. Or, on a vu ce qu’on a vu : une équipe transcendée par l’enjeu et certainement boostée par le très peu de confiance que lui accordait le monde du football. Si bien qu’au fil de leur parcours, le capitaine et portier Akinfeïev et ses partenaires ont réussi à intéresser leurs compatriotes à cette compétition qui au départ ne suscitait pas trop d’engouement. Et à les faire rêver d’un premier sacre mondial de leur équipe. Surtout ,depuis, qu’ils ont renvoyé à leurs errements, l’Espagne et sa constellation de grands joueurs.

Eux-mêmes avaient fini par y croire et sont allés au-delà de leurs limites pour y parvenir. Mais, samedi à Kazan, la chance a tourné. La loterie des tirs au but qui leur avait permis, au tour précédent de sortir Ramos et ses partenaires, ne leur a pas souri face à la Croatie. Le coach moustachu et ses joueurs ont rempli leur mission et réussi leur Coupe du monde, même s’ils s’étaient surpris à imaginer que l’aventure irait à son terme espéré. Même le président Poutine leur a transmis ses félicitations.

Alors que le Mondial « Russie 2018 » amorce sa dernière semaine, toute une Nation peut être fière de l’avoir bien organisé. Tout comme la « Sbornaïa » d’y avoir grandement contribué par son comportement sur les terrains, ses performances et sa détermination à crever le plafond de verre qu’on lui avait dressé. La preuve qu’il n’y a pas de limites à qui veut réussir ; qu’il n’y a aucune raison de jeter le manche après la cognée. A méditer…

B. Khalifa Ndiaye

Stress, impatience, joie, prudence et soulagement. L’ambassadeur de France à Dakar, Christophe Bigot, est passé par tous ces sentiments lors du quart de finale de la Coupe du monde qui opposait son pays à l’Uruguay. Récit d’un « road trip » parti du Cap Manuel à l’Institut français de Dakar en passant par la Place de la Nation.

Sur les hauteurs du Cap manuel qui surplombe Dakar, le zèle des préposés à l’entrée à la résidence de l’ambassadeur de France à Dakar finit par incommoder, à la fois, visiteurs attendus et hôtes stressés de rater le début du match. La porte, jalousement gardée donc, s’ouvre, enfin, sur un jardin comme ceux chers à Rudyard Kipling qui entoure un bâtiment aux charmes discrets.

Dans le hall, l’ambassadeur Christophe Bigot, jambes croisées pour donner un air faussement détendu, trépigne intérieurement. « Je m’attends à un match difficile. L’équipe de France a fait naître de l’espoir après sa victoire probante contre l’Argentine de Messi », a-t-il le temps de dire alors qu’il embarque dans une voiture diplomatique, direction la Place de la Nation.
 
Place déserte
Les quelques kilomètres sont avalés en moins d’une demi-heure, les quelques arrêts régurgités prennent des linéaments de bouchons sur l’avenue du Général De Gaulle. Au loin, l’Obélisque trône sur la place qui portait jadis son nom. A ses pieds, « Le village du Mondial » ressemble à une visite au stade Maracana un jour de Noël. Tout est là sauf l’essentiel. Mobilier : présent ; partenaires et sponsors : présents ; équipes de la Rts : présentes ; Public… la grande absente. C’est ballot ! Une Fan Zone sans public, c’est comme faire du mafé sans pâte d’arachide.

L’ambiance est d’une tristesse confondante malgré le chaleureux accueil des agents de la Rts. Christophe Bigot met en évidence son artillerie de parfait supporter… enfin ce qu’il a pu avoir sous la main : une écharpe qu’on daterait, sans en être sûr, de l’Euro 1996 et une casquette bleue de l’Union européenne. « Je n’ai pas mis de maillot car dans la famille, c’est mon fils, le vrai fan de foot. Je suis plutôt fan de Rocheteau et de l’épopée des Verts », se justifie M. Bigot. A 20 minutes de France-Uruguay, premier quart de finale de Coupe du monde, c’est l’heure de la pub sur la Rts. Faut bien vivre. « L’argent n’a pas d’idées, seules les idées font de l’argent », aurait dit le publicitaire français Jacques Séguéla. À côté des chapiteaux de sponsors, il y en a un qui est spécialement aménagé pour les Vip. L’état-major de la Rts presse le pas pour masquer la déception de son Excellence sur le peu d’intérêt du match pour le grand public.

Coincé entre l’heure de la  gymnastique gastronomique et celle religieuse sous un soleil de plomb, il est difficile de vendre un match en plein air sous le cagnard. D’une blancheur immaculée, le chapiteau Vip peut faire l’objet d’une émission de relooking.

Déco aléatoire
La déco est aléatoirement manifeste. Un gazon synthétique couvre le sol sur lequel planche un tapis tirant entre le marron et un vert déprécié par le soleil ; la table basse qui se dresse au milieu de la pièce a la même carrure qu’une huitre hors-saison ; le tout est coiffé par un canapé et trois fauteuils du même acabit d’un luxe low coast qui sont séparés par trois poufs aux couleurs nationales du vert-jaune-rouge. Dans une impeccable tenue traditionnelle jaune, Lamine Mboup, chroniqueur sportif à la Rts, choisit le pouf jaune avant d’inviter l’ambassadeur Bigot et le responsable presse de l’ambassade de France, Jérémy Opritesco, à en faire de même. La télé est ajustée car l’image est parasitée par les rayons du soleil atteignant clandestinement ce qui était prévu comme un sanctuaire. La fin de la pub débouche sur le visage de l’attaquant uruguayen Suarez chantant l’hymne de son pays. C’est autour de la Marseillaise. « Voilà », laisse sortir le diplomate français pour montrer son impatience. Visage blême, lunettes retirées, Christophe Bigot secoue la tête au rythme des strophes de ce chant révolutionnaire. « Ah… Cavani n’est même pas sur la feuille de match », se réjouit le diplomate français. Coup d’envoi. Le stress se lit sur les mains : écorchures des doigts enlevées, lunettes mises puis enlevées selon les degrés de danger dans les buts français. Ce drôle de début de match est interrompu par les représentantes, aux silhouettes avenantes, d’une marque de boisson gazeuse. Les jeunes filles sont venues proposer des boissons d’une multinationale aux couleurs rouges bordeaux. Un moment de fraîcheur. Ce n’en est pas de trop car entre deux coups de vent, le chapiteau Vip se transforme en véritable sauna. La gorgée de fraîcheur donne un regain de vitalité à l’assistance. « On voit que l’arbitre n’est pas Suisse », sourit l’ambassadeur Bigot pour railler le côté très démonstratif de l’arbitre argentin. Contrairement à Monsieur Pintana, dans le chapiteau, les corps sont de nouveau avachis sous le rythme morne de la rencontre, combiné à l’effet de la chaleur. 40ème minute : But de la France.

Debout, Christophe Bigot célèbre l’ouverture du score de Raphael Varane. « Plus que cinq minutes avant la mi-temps, ce n’est pas le moment de flancher », prévient-il. L’arrêt miraculeux de Lloris est salué par une salve d’applaudissements du diplomate. « La première mi-temps a été très équilibrée mais la France s’en sort bien avec 1 but à 0. Notons que notre gardien a arrêté un but tout fait », a-t-il le temps de dire, après quelques minutes sur le plateau de la Rts, qu’il prend congé de ses hôtes.

L’institution France
Direction l’Institut français. Entre coups de klaxons et slaloms entre les véhicules, l’arrivée devant l’institution est marquée par une clameur. « C’est le deuxième but français », nous souffle-t-on. Mine enjouée, le stress du début est derrière l’ambassadeur tout comme le protocole de sécurité. Au détour d’un labyrinthe, la scène tranche avec le no man’s land de la Place de la Nation.

Dans une réplique moderne du Colisée antique romain, un écran géant attire les regards de plusieurs centaines de paires d’yeux dispersés dans les gradins. L’audience est un symbole du fameux slogan « la France Black-Blanc-Beur ».

« Il y a entre 20 et 25.000 Français au Sénégal dont la moitié est composée de binationaux », fait savoir Christophe Bigot. Les minutes s’égrènent entre « Ooohhh » pour les opportunités françaises ratées et « Aaahhh » pour celles uruguayennes. Un quart d’heure passe. Christophe Bigot quitte l’écran géant du Colisée pour l’intimité douillet du restaurant situé aussi au sein de l’Institut français. La déco est toute autre : une marque de bière en jaune étale ses couleurs à côté des drapeaux des pays participant à la Coupe du monde, les tables sont dressés sur du wax multicolore, la bière coule à flot. L’ambiance monte d’un cran tout comme les espoirs de victoire française. « Restons prudent.

La Belgique a bien remonté le score défavorable de 2 à 0 contre le Japon. Et puis j’ai toujours en tête le scénario de la remontada du Barça contre le Psg », prévient en fin connaisseur Christophe Bigot. Il n’en fut rien.

Des applaudissements et des « ouf » de soulagement accueillent la fin du match.

La France se hisse en demi-finale de la Coupe du monde en Russie. L’ambassadeur Bigot a retrouvé sa mine enjouée : « Pour la demi-finale, on va certainement prendre le Théâtre de Verdure qui peut accueillir jusqu’à 500 personnes. Rendez-vous est pris pour mardi ».

Moussa DIOP

Le Premier Ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne représentera Macky Sall, Président de la République, à la cérémonie d’investiture de Recep Tayyip Erdogan, réélu le 24 juin 2018, Président de la République de Turquie. La Cérémonie est prévue à Ankara, la capitale Turque, le lundi 09 juillet 2018.

La Commission électorale nationale autonome (Cena) invite toutes les personnes déjà inscrites et celles qui se sont présentées lors des inscriptions sur les listes électorales à vérifier l’effectivité de leur inscription sur les listes électorales provisoires. Elle a assuré, dans ce sens, sa disponibilité à accompagner tout électeur pour accomplir les procédures visant à le rétablir dans ses droits.

Suite à la publication des listes électorales provisoires, le lundi dernier, conformément à l’article 11-1 du décret n°2018-476 du 20 février 2018, portant révision exceptionnelle des listes électorales, en vue de l’élection présidentielle du 24 février 2019, la Cena invite toutes les personnes déjà inscrites et celles qui se sont présentées lors des inscriptions sur les listes électorales, à se rendre au siège de l’autorité administrative ou municipale locale pour vérifier l’effectivité de leur inscription. Le cas échéant, elles pourront exercer leur droit de recours. Ainsi, «conformément à sa mission générale et celle édictée à l’article 11-2 du décret susvisé, la Cena, par le biais de ses structures décentralisées, assure à tout électeur se trouvant omis, radié ou victime d’une erreur matérielle, de sa disponibilité à l’accompagner pour accomplir les procédures visant à le rétablir dans ses droits», indique l’institution électorale dans un communiqué parvenu à notre rédaction.

Dans ce sens, la Cena a fait comprendre que conformément à sa mission générale, qu’elle a fait contrôler et noter par ses structures déconcentrées, les Ceda et les Decena, l’effectivité de la disponibilité des listes électorales provisoires aux lieux indiqués ainsi que l’affichage des procès-verbaux de réception. «Le décret n°2018-476 du 20 février 2018 précise, par ailleurs, en son article 11-2 : «à partir du 3 juillet, tout électeur omis ou faisant l’objet d’une erreur purement matérielle portant sur son inscription et détenant un récépissé dispose de quinze jours pour saisir, directement ou par l’intermédiaire de la Cena, le président du Tribunal d’instance du ressort ou le chef de la représentation diplomatique ou consulaire, s’il réside à l’étranger, pour être rétabli dans ses droits», précise-t-elle. Par ailleurs, «la Cena rappelle que le décret portant révision exceptionnelle des listes électorales dispose: «tout électeur inscrit sur la liste électorale peut réclamer, dans les mêmes conditions, l’inscription d’un électeur omis ou la radiation d’un électeur indûment inscrit. Le même droit appartient à l’autorité administrative, diplomatique ou consulaire compétente», complète le communiqué.

Amadou DIOP

L’Ecole du parti de l’Alliance pour la République a déjà réfléchi sur un calendrier hivernal. Selon le directeur de l’Ecole du parti, Djibril War, ledit calendrier va permettre à cette structure d’étendre ses activités à Dakar et dans les régions. Selon un communiqué reçu, c’est à l’issue de la réunion hebdomadaire du Comité scientifique de l’Ecole du parti que cette décision a été prise de faire les bouchées doubles. Le programme sera ainsi axé autour de deux leviers à savoir le Pracaf (Programme d’accélération de la cadence pour la formation) et le Pracam (Programme d’accélération de la cadence pour la mobilisation). Soumis au président de l’Ecole du parti, ce programme sera validé à l’issue de la prochaine session qui sera consacrée aux militants et responsables Apr de l’arrondissement des Parcelles assainies, le 14 juillet prochain. Ce sera en présence des auditeurs jeunes, femmes, adultes et sages des communes des Parcelles assainies, Grand Yoff, Patte d’Oie et de Cambérène.

Aussi le comité scientifique espère mettre en place des antennes départementales de l’Ecole du parti, en s’appuyant sur les cadres, les jeunes originaires de ces localités, pour la formation et l’animation du parti en français et en langues locales.

Maguette NDONG

Moscou : Par son gros potentiel, son entraîneur, Aliou Cissé, son leader technique Sadio Mané et sa qualification à une Coupe du monde, l’actuelle sélection du Sénégal rappelle, à bien des égards, la Génération 2002. Toutefois, l’écart qui sépare les deux équipes en termes de performances, est encore énorme. Alors que Diouf et ses coéquipiers ont gagné une médaille d’argent à la Can 2002, et obtenu une place de quart de finaliste au Mondial Corée-Japon, les protégés d’Aliou Cissé tardent « à écrire leur propre histoire ». La Can 2019 sera-t-elle la bonne ?

Sortie des flancs de l’équipe olympique, surprenante quart de finaliste aux Jeux de Londres 2012, la sélection actuelle du Sénégal rappelle, sans nul doute, celle de 2002. Et c’est à juste titre que certains observateurs se plaisent à comparer régulièrement les deux générations. D’autant plus qu’il y a un élément de liaison qui les rapproche et facilite cette tendance à la comparaison : Aliou Cissé, capitaine de la bande à El Hadj Ousseynou Diouf et entraîneur de l’équipe du Sénégal depuis le 4 mars 2015 en remplacement du coach français Alain Giresse, limogé pour insuffisance de résultats, au lendemain de la Can équato-guinéenne.

Côté ressemblance, il y a d’abord le talent et le gros potentiel qui caractérisent les deux générations. Un indice révélateur : en 2002, sur la liste des 23 joueurs convoqués au Japon par le sélectionneur Bruno Metsu, 22 évoluaient à l’étranger notamment dans des championnats européens connus pour leur niveau très relevé. Un seul, le gardien Kalidou Cissokho, à l’époque pensionnaire de la Jeanne d’Arc, était issu du championnat local. En 2018 en Russie, Aliou Cissé n’a, lui, appelé aucun local ; tout l’effectif étant composé d’expatriés y compris Khadim Ndiaye qui évolue au Horoya Fc en Guinée. Pour l’essentiel, les joueurs sélectionnés pour le Coupe du monde 2018 viennent de la Ligue 1 française, de l’Angleterre et de l’Italie. Le seul footballeur  local qui était susceptible de faire partie de la campagne russe, Pape Seydou Ndiaye, le gardien du Diaraf, a finalement été zappé par le coach Aliou Cissé, à l’occasion de la publication de la liste des 23 devant défendre les couleurs du Sénégal en Russie. Cette configuration renseigne à suffisance sur la qualité du groupe.

Sur le plan individuel, des comparaisons n’ont pas non plus manqué notamment entre El Hadj Diouf et Sadio Mané, leaders techniques respectifs de l’équipe de 2002 et de celle de 2018. Par ailleurs, l’ancien sociétaire de Lens a été le premier footballeur sénégalais à avoir porté les couleurs de Liverpool ; alors que l’enfant de Bambaly y évolue depuis la fin de la saison 2016. Auteur d’une très bonne Coupe du monde, Youssouph Sabaly a aussi fait l’objet d’éloges de la part des observateurs et supporters ; au point qu’on le compare de plus en plus à Omar Daff, droitier mais excellent latéral gauche de l’équipe de 2002.

La comparaison entre les deux générations s’arrête pour autant là. Car en termes de résultats, l’écart est encore énorme. Malgré leur niveau technique, certainement supérieur à Diouf et sa bande, les poulains d’Aliou Cissé traînent loin derrière ceux de Bruno Metsu, côté performances. Il est vrai que ces derniers n’ont pas gagné un trophée d’envergure, mais ils ont permis au Sénégal de disputer sa première finale de Coupe d’Afrique des nations en 2002 au Mali. Crédités d’un beau parcours lors de cette Can, Henri Camara et ses coéquipiers avaient été freinés dans l’ultime tableau par les Lions indomptables du Cameroun à la série fatidique des tirs aux buts.  Cerise sur le gâteau, ils avaient, la même année, qualifié le Sénégal à sa première Coupe du monde.

En Corée-Japon, les Lions de la Téranga avaient impressionné le monde entier, en battant la France, championne du monde et d’Europe en titre, avant de se faire éliminer en quart de finale par la Turquie. A ces prouesses inédites, la sélection de 2002 avait ajouté une place de quart de finaliste à la Can 2004 en Tunisie et une autre place de demi-finaliste à la Can 2006, au Caire en 2006.

Avec ces belles performances, nul doute que les poulains de Bruno Metsu ont beaucoup de longueurs d’avance sur l’équipe actuelle dont le palmarès, à ce jour, se limite à une place de quart de finaliste à la Can 2017. Malgré leur volonté affichée « d’écrire leur propre histoire », comme ils aiment à le répéter, Sadio Mané et ses coéquipiers peinent encore à faire de bons résultats. Il leur reste beaucoup de chemin à faire pour réaliser leur rêve d’offrir au Sénégal son premier trophée continental ou, à défaut, égaler les performances de leurs prédécesseurs de 2002.

En tout cas, la Can 2019 sera l’occasion ou jamais pour enrichir leur palmarès. A défaut, cette compétition pourrait marquer la fin d’un cycle ; au vu de l’âge qu’auront les joueurs de l’équipe.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR, Samba Oumar FALL,
B. Khalifa NDIAYE (textes) et Abdoulaye MBODJ (photos)

Dans le programme Smartgrid, la Senelec compte apporter une capacité de 500 KW à l’île de Gorée pour améliore davantage la disponibilité de l’électricité. « Nous avions pris l’engagement de faire de Gorée une île verte qui consiste à arrêter d’alimenter cette localité à partir de l’énergie fossile. Si les études en cours le confirment, il a été inscrit dans ce projet de doter l’île d’une capacité de 500KW provenant de l’énergie solaire », a indiqué Mouhamadou Makhtar Cissé, le directeur général de la Senelec. Il ajoute que ce financement de l’Afd permettra d’améliorer le système de transport et de distribution, rendra le réseau plus résilient pour intégrer la problématique de l’intermittence.

A. DIAW

Les établissements de banque et de crédit en activité au Sénégal ont réalisé un total bilan de 6.751 milliards de FCfa au 31 décembre 2017, soit une augmentation de 7,4 % en glissement annuel, indique la Bceao dans un document. Les emplois bancaires, qui étaient de 5.958 milliards, ont progressé de 646 milliards de FCfa, soit +12,2 %. Cette évolution est expliquée par la progression des encours de crédit à la clientèle, en hausse de 670 milliards de FCfa, soit +19,8 %. Une progression atténuée par la baisse des autres emplois (-24 milliards, soit -12 %) composés des titres, opérations et diverses immobilisations. Les ressources, évaluées à 5.473 milliards, ont progressé aussi de 509 milliards, soit +10,3 % par rapport à 2016. Les dépôts et emprunts (81,9 %) et les fonds propres (12,2 %) constituent l’essentiel de ces ressources. La Bceao indique que les banques ont maintenu stable leur taux de base à 8,2 %, avec des plafonds de crédit oscillant entre 12 % et 15 %. Les taux créditeurs se situant entre 1 % et 11 %. Les comptes particuliers ouverts à la clientèles établissent à 1.686.852 unités, soit une hausse de 11,7 % par rapport à 2016. Le réseau bancaire, composé de 27 établissements (24 banques et trois établissements financiers), dispose de 479 agences, réparties sur tout le territoire national.

M. CISS

L’assemblée de l’Ufr des Sciences juridiques et politiques (Sjp) de l’Ugb a suggéré le gel de tous les enseignements jusqu’au mois d’octobre 2018. Cela, afin de reprendre une année académique normale au titre de l’année 2018-2019.

Le Pr Mbissane Ngom, directeur de l’Ufr des Sciences juridiques et politiques (Sjp) de l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis, a rappelé la proposition de l’assemblée de cette Ufr. Cette dernière a suggéré aux plus hautes autorités de l’Ugb le gel des activités pédagogiques pour reprendre, en octobre, une année scolaire normale. Cette proposition fait suite à la réunion du 28 juin dernier et « tient compte du retard accusé, avec les semaines de grève, à la suite des évènements malheureux du 15 mai 2018 et également des congés scolaires », a-t-il souligné.

Néanmoins, M. Ngom a indiqué que ce gel ne constituait pas une année blanche, comme l’ont souligné des étudiants. Mais, « nous l’avons proposé, car nous sommes dans l’impossibilité de dérouler normalement les 25 semaines minimales de cours prévues pour une année académique ». Pour étayer ses propos, il a retracé le déroulement normal d’une année scolaire. « Pour l’année scolaire 2017-2018, il nous faut faire cours jusqu’au mois de mai 2019 afin d’être en conformité », a-t-il fait savoir. Cette situation va engendrer, selon lui, des désagréments manifestes surtout pour les nouveaux bacheliers. « A la rentrée 2018, il nous sera impossible d’accueillir de nouveaux étudiants venant des lycées. Et analyse faite, nous avons estimé plus normale d’arrêter les cours pour reprendre au mois d’octobre », a expliqué Mbissane Ngom.

De manière plus pratique, il a informé que les étudiants en L1 (donc bachelier en juillet 2017), n’ont eu que 6 semaines de cours au titre de l’année 2017-2018. Pour faire la comparaison, le directeur de l’Ufr a affirmé que « leurs camarades dans le privé ou à l’étranger ont bouclé une année, et en mai 2019, au moment où les étudiants de l’Ugb auront fini les enseignements de L1, leurs camarades auront terminé leur seconde année ». En outre, le Pr Ngom a dit ne pas être dans l’absolu, affirmant que le conseil de l’Ufr Sjp va revenir sur sa décision ou affirmer le contraire.

Mais, a-t-il insisté, en l’état actuel, cette solution de gèle doit être envisagée par l’assemblée de l’université qui leur avait demandé de réfléchir dans ce sens. Par ailleurs, l’universitaire a rappelé qu’une année académique n’est pas compressible, car il y a des exigences avec 8 séances de Td (Travaux dirigés), dont une par semaine, soit 4 mois de cours à faire.

A cela s’ajoutent les deux semaines nécessaires pour organiser les examens et la correction. Au demeurant, M. Sambou a fait remarquer que les enseignants passent un temps trop long pour la correction des copies. Mais, a-t-il avoué, ils sont « en train de voir comment réduire ce temps de correction tout en sachant qu’à l’université, l’effectif des professeurs est insuffisant ».

Amadou Maguette NDAW

Le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema a décidé mercredi 4 juillet « une amnistie totale » en faveur de tous les prisonniers politiques et de tous les opposants condamnés ou interdits d'activité, selon un décret lu à la télévision nationale. Une mesure spectaculaire. Et un geste envers l'opposition qui avait fait de cette amnistie une des principales condition à sa participation au dialogue politique convoqué mi-juillet.

Quel est le plus sûr moyen de passer d’un club de rang intermédiaire qui se bat pour le maintien à une grosse écurie régulièrement alignée dans une compétition européenne ? C’est, bien sûr, de briller en Coupe du monde, vous répondront, par exemple, ces « Lions » qui avaient enregistré une soudaine hausse de leur valeur marchande et de leur notoriété, changé de braquet et traversé La Manche pour côtoyer les plus grands, suite à leur Mondial réussi en 2002 en Asie. Alors, on comprend pourquoi à la veille de cette 21ème compétition quadriennale, bien des joueurs plus habitués des bancs des remplaçants dans des clubs de standing respectable, n’avaient pas hésité à « se déclasser » sportivement et même financièrement pour gagner du temps de jeu. Et se donner des chances d’accrocher le bon wagon pour la Russie. On comprend aussi pourquoi beaucoup de ceux qui ont raté le voyage aient décidé de mettre un terme à leur carrière internationale et/ou soient retournés sous des cieux financièrement plus cléments. Et que ceux qui avaient été retenus parmi les 23, mais qui ont très peu ou pas du tout joué, soient tentés de crier haut et fort leur ras-le-bol.

Tous, Sénégalais ou pas, rêvaient de briller dans ce Mondial pour l’honneur du pays dont ils portent et défendent les couleurs. Mais aussi, pour leur profit personnel : transfert dans un club plus huppé pour les uns, plus grande considération et revalorisation salariale pour les autres. Sur le plus grand supermarché où tous ceux qui comptent dans le milieu du foot viennent faire leurs emplettes, il est recommandé d’étaler tous ses atouts. Cependant, avoir les pieds sur le gazon et la tête dans les nuages peut être un exercice périlleux. A force de vouloir attirer la lumière sur soi, le risque est réel de se brûler les ailes. On ne peut toutefois pas soutenir que nos p’tits gars aient succombé à cette tentation. Ils ont simplement failli collectivement, même si certains ont, à titre personnel, pu tirer leur épingle du jeu : Youssouf Sabaly et Salif Sané notamment, Moussa Wagué et Mbaye Niang dans une moindre mesure. Le reste ? Pfff… 

En même temps que leurs rêves de marcher sur les traces de leurs glorieux anciens, leurs ambitions de voir la courbe de leur trajectoire suivre celle de leurs devanciers de 2002 ont crashé en terre russe. Retour à l’ordinaire pour la plupart d’entre eux, en attendant la prochaine occasion dans quatre ans au Qatar.

A moins de briller de mille feux en club. Avec eux, l’équipe nationale en sera la plus grande bénéficiaire.
Et c’est tant mieux.

B. Khalifa Ndiaye

 

 

Moscou : L’échec de l’équipe du Sénégal lors de la Coupe du monde en Russie a permis de faire plusieurs constats. Le groupe d’Aliou Cissé est constitué de cadres trentenaires, à l’image de Moussa Sow, Mame Biram Diouf, Khadim Ndiaye et Cheikh Ndoye. Leur avenir semble incertain dans cette sélection en quête d’équilibre pour relever d’autres défis.

A quoi ressemblera l’équipe du Sénégal pour les éliminatoires de la Can 2019 ? Si quelques joueurs s’annoncent incontournables, d’autres risquent de ne pas être de l’aventure. Aliou Cissé qui a moins de trois mois pour digérer « l’élimination précoce » en Russie a un gros chantier à mettre en œuvre. Celui de constituer une nouvelle équipe compétitive qui fera oublier la désillusion lors de la campagne russe. Le sélectionneur national fera-t-il avec ses trentenaires ?
 
Khadim Ndiaye (33 ans) sous la menace des jeunes
Il a fait ses premiers pas en sélection en 2010 sous les ordres d’Amara Traoré qui était son entraîneur en club (Linguère). Depuis, Khadim Ndiaye a gagné des galons, même si, à un moment donné, il a connu un véritable passage à vide. Ses belles performances avec le Horoya Ac a imposé son choix par Aliou Cissé. Depuis, Khadim Ndiaye est régulièrement appelé en sélection et a même fini par truster la place de n°1 dans la hiérarchie établie par le sélectionneur national. Sans jamais faire l’unanimité. En effet, ses performances ont souvent été critiquées par les supporteurs et autres observateurs qui ne le voyaient pas comme un modèle d’assurance. Lors de la Coupe du monde, Khadim a été préféré à Abdoulaye Diallo et à Alfred Gomis, mais ne s’est pas imposé. Le portier de Horoya n’a pas été un modèle de sérénité et a commis des erreurs qui ont coûté cher à l’équipe. Lors des trois rencontres de groupe, Khadim Ndiaye s’est illustré par ses sorties approximatives et ses mauvaises relances au pied. Contre le Japon, il n’a pu éviter de commettre l’irréparable. Sa bourde sur le deuxième but égalisateur des Samouraïs Bleus a été le tournant de la Coupe du monde sénégalaise. Fébrile sur ses sorties aériennes, il a été l’une des faiblesses du groupe d’Aliou Cissé. Ces récentes performances ont relancé le débat concernant le problème des gardiens en sélection. Menacé par la concurrence et loin d’être favorisé par son âge (33 ans), Khadim Ndiaye ne risque-t-il pas d’être relégué sur le banc, au profit d’Abdoulaye Diallo si ce dernier retrouve bien entendu du temps de jeu avec son club ou d’Alfred Gomis qui avait plus d’une vingtaine de matchs de Serie A dans les jambes avant ce Mondial ?

Autre trentenaire dont l’avenir dans cette équipe pourrait s’écrire en pointillés, Cheikh Ndoye. Convoqué en mai 2014 lors d’un match amical contre la Colombie (2-2), le joueur de Birmingham est depuis, appelé par Aliou Cissé. Joueur polyvalent, capable de jouer milieu défensif, milieu relayeur ou en défense, Ndoye qui ne rechigne jamais à la tâche, s’est toujours donné à fond. Même s’il n’a pas souvent été titulaire, ses entrées ont toujours été très remarquées. En Russie, lors de la Coupe du monde,  il n’a disputé que deux bouts de match contre la Pologne (28 minutes) et le Japon (9 minutes) et n’a pu s’exprimer comme à son habitude. Avec ses 32 ans et ses deux buts en 26 sélections, son avenir pourrait aussi s’écrire loin de la tanière qui a besoin de sang neuf.
 
Mame Biram (30 ans) : Une moyenne d’un but par an
Appelé pour la première fois en sélection en 2009, Mame Biram Diouf fait partie de ces joueurs dont l’avenir sous le maillot national est loin d’être garantie. Déjà, sa présence sur la liste des 23 joueurs devant disputer la Coupe du monde avait été fortement décriée, car l’attaquant de Stoke City souffrant d’une étonnante irrégularité et nageant en plein doute, n’avait jamais réussi à s’imposer en équipe nationale. Ni à marquer les esprits. Les statistiques de « Diégo » qui a inscrit son premier but en sélection en août 2010 face au Cap-Vert ne sont guère fameuses. Souvent appelé par Cissé, il n’a plus marqué depuis le 4 juin 2016 contre le Burundi en éliminatoires de la Can 2017, soit un mutisme de deux années. Pour voir les buts de l’attaquant de Stoke City en sélection, il faut remonter à 2015. Diouf s’était illustré contre le Burkina Faso, lors de la double confrontation contre le Madagascar et contre le Rwanda en amical. Depuis, plus rien. Ce qui fait un maigre total de cinq buts en trois ans. Lors de la Coupe du monde, ses détracteurs ont eu raison sur Aliou Cissé puisque Mame Biram Diouf n’y a rien réussi. Titularisé en attaque aux côtés de Mbaye Niang contre la Pologne, Mame Biram a été transparent, incapable de créer le danger. Entré en cours de jeu face au Japon, il a été inutile et n’a rien apporté. Diouf a été le plus grand flop en attaque, terminant la compétition avec un zéro pointé. Son bilan en équipe nationale est des plus maigres. Il n’a inscrit que 10 buts en 48 sélections, soit une moyenne d’un but par an depuis 2009. Ses statistiques faméliques risquent de plomber son maintien dans cette équipe qui veut réussir une bonne Can en 2019 pour effacer l’échec russe, sans compter la concurrence qui s’annonce rude avec les jeunes attaquants qui frappent aux portes de la sélection. A bientôt 31 ans, on voit mal voit mal Mame Biram Diouf réussir dans l’avenir ce qu’il n’a d’ailleurs jamais pu faire en dix ans de présence en sélection.
 
Moussa Sow (32 ans), l’heure de la retraite ?
En Russie, il n’a pas connu l’engouement ni les émotions que procurent les rencontres d’un Mondial, mais Moussa Sow peut être fier d’avoir fait partie des 23 Lions appelés pour défendre les couleurs du Sénégal. Depuis une décennie, l’ancien meilleur buteur de la Ligue 1 française avec Lille en 2011 (25 buts) a tout donné à l’équipe nationale.

Depuis qu’il est international, il a porté le maillot sénégalais à 46 reprises et a marqué pas moins de 16 buts ; ce qui fait de lui  le meilleur buteur sénégalais en activité. Après une dizaine d’années passées avec la sélection nationale,  l’attaquant de Bursaspor risque de ne plus faire partie des plans du sélectionneur. Si, à 32 ans, Moussa Sow, un des rares joueurs sénégalais ayant marqué dans trois Coupes d’Afrique des nations différentes (2013, 2015 et 2017) décidait lui-même de prendre sa retraite internationale, cela ne surprendrait personne.

 De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR, 
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes)

Et si Aliou Cissé, en plus de ses dreadlocks, portait une moustache, à l'image de l’entraîneur russe, Stanislav Tchertchessov ? Peut-être que la chance finirait par sourire à son équipe qui réussirait des performances comme la Russie qui s’est qualifiée en quart de finale alors que personne ne l’attendait à ce stade de la compétition. Mais, la Coupe du monde en particulier et le football en général, ce n'est pas une affaire de moustaches. C’est d’abord une affaire de talent, de créativité, un bon état d’esprit, une identité. Bref, c’est un bon groupe, un bon entraîneur qui possède une bonne science du jeu, qui sait tirer le meilleur de son équipe, qui sait trouver la solution à chaque équation et se signaler par son charisme, son savoir-faire et surtout ses résultats.

Un entraîneur capable de provoquer une osmose, qui sait instaurer la discipline. La chance compte autant que le talent, qu’on ait ou pas la meilleure équipe, les meilleurs joueurs ou le meilleur entraîneur.

Certains gens seraient bien tentés de dire que la chance n’existe pas en football. Mais combien de fois a-t-on vu une équipe dominer, malmener son adversaire avant de chuter soit dans les derniers instants du match, aux tirs au but ou … au fair-play? Combien de fois a-t-on entendu des joueurs ou des entraîneurs dire, après une défaite, que leur équipe a manqué de chance ? D’ailleurs, si à chaque fois le meilleur l’emportait, quel intérêt y aurait-il vraiment à regarder les matchs puisqu’il n’y aurait plus aucun suspense ?

C’est cette chance qui a souri à l’homme à la moustache russe devenu l’acteur le plus célèbre de cette Coupe du monde qui se déroule en Russie. Avant le coup d’envoi, personne ne donnait cher de la peau de son équipe. Personne ne la voyait échapper à l’élimination au premier tour tant la sélection qu’il dirigeait était faible.

Après l’Euro 2016 bouclé sans victoire, Stanislav Tchertchessov était devenu la cible de toutes les critiques et railleries. Surtout que son équipe a été incapable de remporter le moindre match lors des six mois précédant la Coupe du monde. Un célèbre animateur avait même poussé le ridicule jusqu’à son paroxysme en demandant aux internautes de se laisser pousser la moustache en l’honneur du sélectionneur. Ironie du sort, cette fameuse « moustache de l’espoir » a bien porté chance à Tchertchessov, qui était le seul à croire en les chances de son équipe qui vit actuellement un vrai rêve.

Le moustachu a réussi à qualifier la « Sbornaïa » en quart de finale après avoir écrasé au passage l’Arabie saoudite (5-0), malmené l’Egypte (3-1) et sorti, dimanche dernier, l’Espagne (1-1, 3tab4) en huitième de finale dans un stade Luzhniki en transe. Cette qualification historique de la Russie, qui n’avait plus atteint ce stade de la compétition depuis la phase finale de 1970 disputée sous la bannière de l’Urss, a mis tout le pays en liesse. Et a créé un gros engouement chez la population qui avait presque tourné le dos à leur «Sbornaïa». Les belles prestations ont suffi pour tout changer et l’espoir est revenu au galop si bien que les plus optimistes se mettent déjà à imaginer leur équipe sur la plus haute marche de podium au soir du 15 juillet.

Aujourd’hui, le sélectionneur a fini de faire l’unanimité autour de lui. Stanislav Tchertchessov est devenu célèbre et sa moustache a conquis les Russes. Si seulement Aliou Cissé se laissait pousser une « moustache de l’espoir » dans la perspective des prochaines échéances internationales de son équipe…

Samba Oumar FALL

 

La Coupe du monde de football, c’est aussi une affaire de rapport de force entre l’Europe et l’Amérique (latine), les deux seuls continents à avoir gagné le trophée tant convoité. Le premier onze fois, le second à neuf reprises. La question, dès lors, au sortir des huitièmes de finale de la 21ème édition qui se dispute depuis le 14 juin en Russie, est de savoir quel camp enrichira son palmarès. L’Europe pour creuser l’écart, ou l’Amérique pour réduire la marge ? En tout cas, alors qu’il ne reste que huit équipes, le continent – hôte peut se féliciter d’en compter six. Un avantage numérique qui, comme sur le terrain dans ce jeu du diable dénommé football, n’est pas toujours décisif. Surtout qu’en face, l’Amérique présente deux grandes puissances, le Brésil et l’Uruguay. Par leur palmarès (record mondial de 5 titres pour le premier et 2 couronnes – dans la première moitié du siècle passé certes – pour le second), mais aussi par leurs prestations dans ce Mondial russe, ces deux équipes ont de quoi nourrir de solides ambitions.

Déjà dès les quarts de finale, vendredi et samedi, on sera un peu plus avancé sur les chances des uns et des autres de poursuivre l’aventure jusqu’au bout. Car, pour le grand huit, les deux Nations sud-américaines ont tiré le gros lot : la fringante et renversante Belgique pour les quintuples champions du monde et la puissante et efficace France pour des Uruguayens dont le dernier sacre remonte à 1950 … au Brésil. Pour le reste, ce seront des confrontations européo-européennes dont le grand vainqueur restera toujours le Vieux Continent qui est sûr de placer au moins une équipe en finale. Ce qui accroît ses chances de signer un douzième succès final dans cette épreuve. En fait, en plus de la supériorité numérique (6 contre 2), l’Europe a aussi pour elle le poids de l’histoire, cette sorte de « tradition » qui fait que chacun des deux continents qui a accueilli l’épreuve l’a remportée… sauf deux fois. Quand le Brésil d’un adolescent nommé Pelé était allé s’imposer en 1957 en Suède ; et quand, il y a quatre ans, l’Allemagne était allée « égaliser » pour l’Europe, qui plus est au Brésil même, pays du football.

Les deux continents ont même poussé la rivalité au point de se partager équitablement les deux seules Coupes du monde organisées en dehors de leurs territoires respectifs : le Brésil (pour l’Amérique) ayant gagné en 2002 en Corée du Sud t au Japon et l’Espagne (pour l’Europe) s’étant imposée en Afrique du Sud. Alors lequel sera couronné au pays de Poutine ? Verdict le 15 juillet courant.

B. Khalifa NDIAYE

 

Moscou : Il a souvent évolué comme milieu défensif, mais avec la blessure de Kara Mbodj, Salif Sané a été replacé par Aliou Cissé en charnière centrale. Associé à Kalidou Koulibaly, il a été l’un des joueurs sénégalais les plus en vue lors de cette Coupe du monde. L’ancien joueur de Hanovre, qui a forgé son expérience en Bundesliga, a trouvé sa pleine mesure lors de cette prestigieuse compétition. Parti pour « dépanner », il constitue aujourd’hui une menace pour Kara Mbodj, le titulaire au poste.

Lors de la Coupe d’Afrique des nations 2017, Salif Sané ne figurait même pas sur la liste des 23 joueurs retenus par Aliou Cissé. Une année plus tard, le vent a tourné en sa faveur. Le milieu polyvalent des Lions s’est retrouvé titulaire indiscutable de l’équipe dans la plus prestigieuse des compétitions. Grâce au coup du destin, Salif Sané est devenu le deuxième choix d’Aliou Cissé dans la hiérarchie des défenseurs centraux. Une situation que personne n’aurait imaginée avant décembre. Avec la blessure de sa pièce maîtresse en défense, Kara Mbodj, éloigné des terrains pendant cinq mois, Coach Cissé avait, parmi ses priorités, de lui trouver un bon remplaçant pour constituer une solide charnière centrale en  vue de l’échéance du Mondial russe. Et il n’eut pas besoin de chercher trop loin. Salif Sané a fait l’affaire puisque le milieu défensif, grâce à sa polyvalence, avait déjà suppléé Kalidou Koulibaly, suspendu contre le Burkina Faso et Kara Mbodj face à l’Afrique du Sud lors des phases de qualification de la Coupe du monde Russie 2018. 

Le retour du défenseur d’Anderlecht qui s’était remis de son opération au genou n’avait pas constitué une menace pour Sané. Aliou Cissé n’avait pas pris le risque de faire jouer Kara Mbodj lors de la première rencontre de préparation contre le Luxembourg le 31 mai dernier. Il avait préféré tester en charnière centrale le duo Koulibaly-Kouyaté qui n’avait pas donné beaucoup de satisfaction. Pour les deux dernières rencontres de préparation pour le Mondial, contre la Croatie et la Corée du Sud, Cissé avait changé la donne et mis en place l’axe central composé par la paire Kalidou Koulibaly – Salif Sané. Une belle trouvaille, puisque cette même charnière a été alignée pendant la Coupe du monde en Russie.

Un repositionnement réussi
 Sané a été préféré à Cheikhou Kouyaté et à Kara Mbodj qui a consacré toute son énergie pour être au top avant l’entrée en lice du Sénégal à la Coupe du monde le 18 juin dernier, face à la Pologne. Et il a plus que répondu aux attentes.
Le milieu défensif, repositionné en défense centrale, a réalisé une performance de bonne facture face aux Polonais. Déjà, avant ce match crucial, Sané avait annoncé la couleur en assurant détenir la clef pour museler le redoutable Robert Lewandowski.

Et avec son compère, Kalidou Koulibaly, il avait réussi à contenir les assauts de l’attaquant du Bayern qu’il a souvent affronté sur les terrains de la Bundesliga et qui n’aura jamais réussi à se montrer dangereux. Au vu de ses performances, force est de reconnaître que ce repositionnement a bien réussi au nouveau joueur de Schalke 04. Très rapide, excellent dans le jeu aérien, doté d’un bon placement, d’une bonne relance et aussi d’une grande intelligence de jeu, Salif Sané n’a, en plus, jamais hésité à percer les lignes pour appuyer le compartiment offensif de son équipe. Que ce soit contre la Pologne, le Japon ou encore la Colombie, il s’est évertué à effectuer le geste juste dans les situations les plus chaudes dans la surface de réparation sénégalaise. Il a été constamment dans tous les combats. Avec Koulibaly, il a affiché une solidité à toute épreuve et tiré leur épingle du jeu.   Arrivé à Hanovre en 2013, Salif Sané (32 matchs joués cette saison pour 4 buts marqués) qui est devenu un pilier de cette équipe avant de passer à Schalke où il évoluera cette saison, a marqué des points lors de la campagne sénégalaise en Russie. Il a été le joueur, côté sénégalais, à avoir gagné le plus de duels (50 sur 90). Et aussi celui qui a récupéré le plus de ballons (34 sur 165). Sané s’est également bien appliqué dans les passes (105 réussies sur 119). Un vrai motif de satisfaction. Lors des trois sorties du Sénégal, il a réellement séduit les férus du ballon rond.

Mais Aliou Cissé lui fera-t-il confiance sur la durée ? Depuis son arrivée à la tête de l’équipe en 2015, le sélectionneur national a toujours montré sa préférence pour Kara Mbodj qui n’a malheureusement pas disputé une seule minute en Russie.

Alternative ou concurrent ?
Le défenseur d’Anderlecht, présent dans la Tanière depuis 2011, a toujours été le chouchou d’Aliou Cissé qui ne s’est jamais gêné pour le faire savoir. Et en a même fait son vice-capitaine derrière Kouyaté. Avant sa blessure qui l’a éloigné des terrains pendant cinq mois, et qui est à l’origine de la perte de sa place de titulaire, Kara a été utilisé à 26 reprises par Aliou Cissé, devenant du coup l’un des joueurs les plus utilisés de la Tanière. Sa convalescence a profité à Salif Sané qui n’eût-été ce coup du destin, aurait été en concurrence au milieu de terrain avec Idrissa Gana Guèye, Cheikhou Kouyaté, Alfred Ndiaye, Cheikh Ndoye et autres Pape Alioune Ndiaye. Mais Sané a bien saisi sa chance et n’a pas raté l’occasion de s’illustrer et de prendre ses marques dans cette charnière qui avait son « propriétaire » attitré. Il s’est imposé comme la meilleure alternative à Kara, voire comme son principal concurrent.

En Russie, Salif Sané a réellement marqué de précieux points en étant l’un des tout meilleurs Sénégalais dans la compétition. Aliou Cissé en tiendra-t-il désormais compte ?

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA,
Diégane SARR, Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes)

 

Kaluga : Avec une trentaine de journalistes dûment accrédités et quelques autres ayant bénéficié de Fan ID (le fameux passe réservé aux supporters de tous les pays du monde), la presse sénégalaise était bien représentée au Mondial 2018 qui a bouclé, hier, ses huitièmes de finale. Et comme à presque chaque grand événement sportif international depuis quelques, l’Association nationale de la presse sportive du Sénégal (Anps) a assuré la préparation, la coordination et le suivi du travail des envoyés spéciaux de la presse nationale. Déjà, en amont, le président de l’Association, Abdoulaye Thiam, rédacteur en chef du journal Sud quotidien, a « effectué deux missions de prospection grâce à l’Etat pour pouvoir trouver un endroit convenable où loger tous les journalistes afin qu’ils puissent être dans des conditions optimales de performance ». C’est ainsi qu’un hôtel sis à Kaluga, la ville où les Lions avaient installé leurs quartiers dans ce Mondial, a été retenu pour leur servir de base. Ce qui a permis à ses confrères, selon lui, « de faire leur travail comme il le faut ». Dans la mesure du possible. Car tout n’a pas été facile.

Le président de l’Anps déplore particulièrement « ces huis clos de l’équipe nationale qui ne disaient pas leur nom ». Abdoulaye Thiam ne comprend pas comment et pourquoi la Tanière a pu ainsi se barricader, refusant tout accès aux journalistes, même sénégalais. Surtout Sénégalais. « Rien ne peut justifier que des journalistes déplacés en Russie pour assurer le service public de l’information n’aient pu « rencontrer le sélectionneur national Aliou Cissé que les  veilles de match ou le jour d’après, comme n’importe quel autre journaliste de n’importe quel autre pays ». D’après Abdoulaye Thiam, « c’est la première fois qu’on assiste à un tel scénario. C’est triste. Et c’est à déplorer et à dénoncer avec vigueur ».

Pourtant, d’après le président de l’Anps, « nous avions proposé à la fédération de faire en sorte que la presse nationale puisse disposer de deux joueurs à chaque séance d’entraînement ouverte aux journalistes. Malheureusement, on n’a pas tenu compte de nos suggestions ». Les Lions se sont « bunkérisés » durant tout le tournoi, n’offrant que des miettes (les 15 premières minutes de leurs séances d’entraînement, essentiellement consacrées à … l’échauffement. Comme si les journalistes sénégalais « jouaient » contre leur équipe. Or, « il n’y a pas plus patriotes que la presse. Si nous sommes là, c’est parce que c’est notre boulot. Nous ne sommes pas des supporters, nous sommes des journalistes ; notre mission, c’est d’informer juste et vrai », proteste le président de l’Anps. Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas là pour raconter tout ce qui se passe dans la Tanière. Il y a des choses que nous ne dirons jamais pour l’intérêt supérieur de la Nation ».

Black-out
En fait, en dehors des rendez-vous officiellement inscrits à l’agenda de la Fifa et qui sont les mêmes pour toutes les équipes participantes à ce Mondial russe, les journalistes sénégalais n’ont pu rencontrer leurs compatriotes footballeurs qu’une seule fois. Le lendemain de leur arrivée à Kaluga en provenance d’Autriche où ils avaient disputé leur dernier match de préparation (gagné 2 – 0 contre la Corée du Sud), Pape Alioune Ndiaye et Mbaye Niang s’étaient présentés face à la presse nationale et internationale. Après, plus rien. Malgré ce black-out, le président de l’Anps trouve que « les journalistes sénégalais ont fait leur travail convenablement ». 

Alors que la plupart de ses confrères sont rentrés au pays dans la foulée de l’élimination des Lions, le président Abdoulaye Thiam et quelques membres du bureau de l’Anps sont restés en Russie pour « veiller » sur ceux qui y sont encore. A dessein (pour suivre le reste de la compétition) ou involontairement (parce qu’ayant des problèmes de vol retour). Si, d’après lui, l’Anps a pu appuyer, « comme d’habitude », les reporters sénégalais présents à cette 21ème Coupe du monde de football, c’est « grâce au soutien du Président de la République Macky Sall qui a instruit le ministre des Sports de décaisser environ 50 millions de FCfa au profit des journalistes sénégalais accrédités ou pas. C’est important de faire cette mise au point ». Car, rappelle-t-il, « tous les journalistes qui ont eu des Fan ID (étaient) avec nous à Kaluga ». Et l’Anps qui n’a pas vocation à se substituer aux rédactions s’est employée « à venir en appui ». Ce qui, d’après lui, n’a jamais été synonyme de distribution de sommes d’argent…

 De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR, 
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes)

Moscou : Quand ils montent ce mercredi dans le bus pour se rendre à Samara, ville distante de près de 1200 km de Kaluga où ils sont basés, les reporters sportifs sénégalais sont loin d’imaginer que les Lions seront privés de 8e de finale. C’est pourtant le cas à l’issue de la rencontre entre le Sénégal et la Colombie qui a tourné en faveur des « Cafeteros ». Ainsi, le retour sur leur base commencé trois heures après le match s’est déroulé dans une ambiance de deuil. Fort heureusement, le paysage russe, avec son gigantisme, son relief accidenté, ses montagnes majestueuses, sa végétation luxuriante et ses merveilles, a un peu atténué l’amertume des passagers.  

Mercredi 27 juin. Il est 20 h à Kaluga. Dans leur hôtel, une bonne partie des journalistes sénégalais accrédités à la Coupe du monde est déjà prête pour le fameux voyage sur Samara. La veille, un petit groupe d’éclaireurs a rallié, depuis l’aéroport de Domodedovo, cette ville russe située à 1058 km de la capitale, Moscou. Retenue pour abriter la rencontre décisive entre le Sénégal et la Colombie, Samara cristallise les attentions et les espoirs de tout un peuple. Une victoire pour le Sénégal, voire un match nul qualifierait les hommes d’Aliou Cissé en 8e de finale. De quoi inciter tout le monde à assister à cette troisième sortie des Lions, après celles contre la Pologne et le Japon disputées respectivement le 19 et le 24 juin. Avec quatre points, le Sénégal, co-leader du groupe H, a son destin en mains et la qualification des 8e à sa portée. Dans un souci de faciliter la couverture médiatique de l’événement,  l’Association nationale de la presse sportive (Anps) a mis un bus à la disposition des envoyés spéciaux dont le gros de la troupe est encore à Kaluga.  

Ce mercredi soir, personne ne veut en tout cas rester à l’hôtel. La distance Kaluga-Samara est pourtant longue de 1159 km, soit presque comme le trajet Dakar-Bamako. Il en faudra cependant plus pour décourager les journalistes à entreprendre l’aventure. A 21h, les candidats au voyage ont déjà pris leur dîner et terminé les préparatifs. A la devanture de l’hôtel, ils attendent tranquillement, l’heure de départ.  Euphoriques après les quatre points empochés par les Lions à l’issue de leurs deux premières rencontres, ils ont tous bon espoir. Personne ne pense à la défaite, encore moins à un scénario-catastrophe. « Nous allons nous qualifier », lance, sans hésiter, un confrère, conforté dans sa conviction par d’autres. « Dites s’il plaît à Dieu quand même », taquine un autre, qui ne pense pour autant pas le contraire. 22h : le bus d’une cinquantaine de places s’ébranle, en direction de Samara, avec à son bord une vingtaine de journalistes. A Kaluga, l’obscurité commence à pointer son bout de nez. C’est une des particularités de l’été en Russie : le soleil s’y couche très tard (et s’y lève très tôt).

Dans le bus, l’ambiance est à la bonne humeur. Certains voyageurs, ayant revêtus des costumes d’entraîneurs de football, dissertent sur la stratégie que doit mettre en place Aliou Cissé pour permettre au Sénégal de décrocher la qualification tant recherchée. D’autres se focalisent sur les atouts de l’équipe, ses points forts, parlent de Falcao, de Cuadrado, du meneur de jeu colombien, James Rodriguez.

Prévenant, le duo de chauffeurs, qui ne parle que le russe, se gare, après une trentaine de minutes de trajet, devant une station d’essence pour se ravitailler et permettre aux passagers d’acheter quelque chose à grignoter en cours de route. Le véhicule ne tarde pas à repartir en trombe aussitôt. A mesure que la nuit avance, les voix s’estompent.

Certains commencent à s’assoupir. D’autres ronflent déjà. Après trois heures de trajet, peu sont encore scotchés à leur smartphone et à leur ordinateur portable. Pour beaucoup, le sommeil ne dure cependant pas longtemps.  Le soleil, apparu dès 4h du matin, a, avec sa lumière incandescente, fini de réveiller bon nombre des passagers peu habitués à ce temps particulier qui fait partie des spécificités de la Russie.  « Est-ce que nous sommes arrivés ? », demande soudain, un journaliste sénior, qui vient de se lever, après avoir dormi durant des heures. En ce moment, le bus vient de parcourir 400 km de bitume. La question a fait pouffer de rire plus d’un voyageur. « Tu n’as même pas encore fait la moitié du trajet ! », lui répond, un tantinet moqueur, un jeune confrère. Qui ajoute, provocateur : « Il te reste environ 800 km pour arriver à Samara ». Découragé à l’idée de devoir faire encore deux fois la distance parcourue jusque-là, notre dormeur s’allonge à nouveau. Il a fini par transformer les deux sièges parallèles en lit. Pendant ce temps, l’aventure, pour certains, a pris les allures d’une véritable découverte touristique.  Oubliant les affres du voyage, le sommeil et la faim, ils se régalent en contemplant les merveilles du paysage russe ; en prenant des images par leurs téléphones portables et leurs appareils photos.

Les merveilles du paysage russe
Au fil du trajet, la nature laisse apparaître toute sa beauté et son caractère sauvage. Des deux côtés de la route, des arbres touffus et des prairies formant un tapis herbacé s’étalent à perte de vue. « Quel pays ! Je comprends pourquoi l’espérance de vie est élevée ici. Il n’existe pas de pollution et les gens de ce pays respirent de l’air pur », admire un passager. Un autre préfère lui épiloguer sur le statut de la Russie comme grand pays agricole avec ses vastes champs et domaines qui s’étendent partout dans la campagne. Pays industrialisé certes, la Russie se caractérise aussi par son milieu rustique fait de concessions modestes au milieu des bois. De l’intérieur du véhicule en route pour Samara, les voyageurs ont même du mal à apercevoir certaines habitations presque complètement englouties par une forêt d’arbres et reliées par un enchevêtrement de fils électriques.

Autre merveille à contempler sans fin : les montagnes russes ! Gigantesques et majestueuses, elles se dressent un peu partout, recouvertes de verdure. Elles surplombent les concessions, les villes et suscitent la curiosité des passants.

Après plus de 15 heures de trajet ponctué par des escales fréquentes pour se soulager, s’approvisionner en carburant et en nourriture, le bus s’engouffre enfin sur Samara. Il est 16 h moins. En ville, le décor contraste un peu avec la réalité de la campagne, de la Russie des profondeurs. Ici, les constructions gigantesques et modernes, le flux continu de véhicules, la densité de la circulation et la présence de grandes enseignes célèbres renseignent sur le milieu urbain. A la devanture du stade de Samara, l’ambiance est déjà électrique. Des milliers de supporters colombiens, habillés aux couleurs jaune, bleu et rouge de leur pays, forment une véritable marée humaine devant le site. Quelques rares intrus, des Sénégalais, s’infiltrent parmi eux, un brin provocateur. L’atmosphère est néanmoins au fair-play. Les deux camps fraternisent malgré l’adversité.

Trois heures plus tard, le verdict est tombé, implacable et cruel : co-leader du groupe H avec le Japon avant l’ultime journée, le Sénégal a été éliminé de la course. Au terme d’une rencontre qui a tenu son suspense jusqu’au bout, les « Cafeteros » ont eu le dernier mot. Cruelle loi du football ! Tous les espoirs du Sénégal ont fondu comme beurre au soleil. A l’image des supporters, la presse sénégalaise, débordante de confiance, avant l’aventure sur Samara, est très déçue. Sur les visages des reporters, tristesse et désillusion semblent être les sentiments les mieux partagés. Entrepris, trois heures après la fin du match, le retour à Kaluga s’est effectué dans une ambiance de deuil. Heureusement que le paysage russe, avec ses merveilles, a un peu atténué l’amertume et la fatigue des passagers.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar FALL, B. Khalifa NDIAYE (textes)

 

L’accident ou l’aventure ? C’est le choix à faire quand on est confronté à un échec. S’écrouler ou s’appuyer sur les causes de la chute pour rebondir et devenir plus fort. La désillusion sénégalaise due à l’élimination des Lions au premier tour de la Coupe du monde ne peut avoir de sens qu’à la lumière des tares de cette équipe. Contrairement à la petite musique de mauvais perdant que la Fsf est en train de jouer à travers sa lettre à la Fifa sur le manque de fair-play des Japonais, les malheurs du Sénégal ne viennent pas que des dix dernières minutes de non match lors de Pologne-Japon.

Malgré des talents confirmés (Sadio Mané, Kalidou Koulibaly, entre autres) et en devenir (Ismaïla Sarr, Moussa Wagué), l’équipe du Sénégal est perfectible collectivement.

Ce n’est pas un hasard si la moitié des buts encaissés (2 sur 4) par le Sénégal résulte de coups de pieds arrêtés. Avec un axe central culminant à 1,95 mètre, c’est un paradoxe. La taille seule ne compte pas, il faut savoir s’en servir. Pour les phases arrêtées défensives comme offensives, il n y a pas de secret : il est demandé de la minutie et d’être réglé comme du papier à musique. A sa prise de fonction, Aliou Cissé avait pointé les couloirs comme l’un des principaux chantiers de son équipe. Après trois matchs en Coupe du monde, même si tout n’est pas parfait, c’est une des satisfactions de l’équipe. Le deuxième but du Sénégal contre le Japon en est une illustration avec Youssouf Sabaly, le latéral gauche, dans le rôle du centreur et Moussa Wagué, son acolyte du droit, dans celui du buteur. Pari validé, globalement. On ne peut pas en dire autant du milieu de terrain dans ce qu’il convient d’appeler la Bérézina sénégalaise en Russie.

En 2002, le bon parcours du Sénégal à la Coupe du monde a été marqué par le règne du milieu. Avec Pape Bouba Diop, triple buteur (contre la France et deux fois contre l’Uruguay) et la réalisation de Salif Diao contre le Danemark, les milieux de terrain sénégalais étaient l’auteur de quatre des cinq buts des Lions au premier tour. Fadiga avait transformé un pénalty contre l’Uruguay (3 à 3).

En 2018, on ne peut guère que compter sur le tir détourné de Gana Guèye ayant conduit à l’ouverture du score face à la Pologne (le 19 juin). L’ossature du milieu de terrain des Lions manquait trop souvent de folie et parfois de physique à travers un joueur capable du fameux « box to box ». Dans un 4-4-2 plat, c’est un supplément d’âme non négligeable. « Je n’ai pas de système, je m’adapte aux joueurs à ma disposition », revendiquait Aliou Cissé comme feuille de route lors de son match inaugural, contre le Ghana au Havre (France) en mars 2015.

Pour éviter des éliminations précoces comme cette campagne ratée de Russie, il va falloir que le sélectionneur national s’adapte à ses propres choix, notamment au milieu de terrain.

Moussa DIOP

 


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