A LA UNE (2696)

A travers cet entretien, le sous-préfet Djiby Diallo revient sur les opérations de désencombrement de la capitale qu’il compte mener à bout. D’après lui, l’insalubrité, l’insécurité et les embouteillages sont un manque à gagner énorme pour notre économie.

La semaine dernière, vous avez enclenché, avec les forces de l’ordre, des opérations de déguerpissement aux alentours de la Maison d'arrêt et de correction de Rebeuss. Ensuite, c’était au tour de la place Belfort et aux environs du Palais de Justice de Dakar. Quels sont les raisons de ces opérations et précisez-nous les prochaines étapes ?
On est parti d’un constat : il y a une immobilité et une  difficulté de circuler à Dakar. Cet encombrement de la voie publique entrave la libre circulation des personnes et cela pose un problème de salubrité et de sécurité. A titre d’exemple, il n’est pas rare qu’à chaque fois qu’il y a un petit incendie ou un accident, que les Sapeurs-pompiers éprouvent d’énormes difficultés pour éteindre le feu, vu l’étroitesse des lieux. Il n’est pas aussi rare de voir une ambulance se faufiler entre les véhicules pour transporter un malade. Et la particularité de Dakar-Plateau, c’est qu’il abrite tous les grands hôpitaux : Fann, Abass Ndao, Principal, Le Dantec, le centre de santé Gaspard Camara, sans compter les autres cliniques. De ce fait, cette forte concentration humaine pose un certain nombre de problèmes. Théoriquement, chaque matin, près de 40.000 véhicules, plus de 3 millions de personnes entrent au Plateau en plus des populations. Quand toutes les activités se déroulent dans le Plateau, cela pose un certain nombre de problèmes. Toutes les personnes qui quittent les 14 régions et la banlieue convergent aussi vers le Plateau entre 5 et 10 heures; dans l’après-midi, c’est le sens contraire (entre 17 heures et 20 heures). Si on n’y prend garde, nous risquons de subir une bombe sociale ; ce qui ne pourra plus continuer. Pour les étapes, nous avions fait les allées Papa Guèye Fall, le mardi 26 et le mercredi 27 juin, une partie de la Médina, les rues 22, 11 et 1, les alentours de la Rts. Toutes les épaves de véhicules ont été enlevées.
 
Les jeudi et vendredi derniers, nous avons observé une pause, parce que la fourrière municipale était pleine et il fallait décongestionner pour qu’on puisse continuer l’opération. Le samedi 30 juin, c’est au tour de l’avenue Malick Sy, les rues Belfort, Dial Diop, au niveau de Rebeuss, Reims, Blaise Diagne, l’avenue Emile Zola, le boulevard de l’hôpital régional, les entourages du Palais de justice, la rue Sandiniéry, l’ensemble des rues et ruelles de Reubeuss qui ont été désencombrés. Ce sont plusieurs véhicules et des tonnes d’immondices qui ont été enlevés.

Certains disent que des sommations n’ont pas été remises…
Il y a eu récemment des sommations écrites, un communiqué de presse a été signé par le préfet de Dakar Alioune Badara Sambe ; cela veut dire que la question de sommation ne se pose plus. C’est la énième fois qu’ils disent cela. Moi-même qui vous parle, j’ai faits 5 sorties dans les médias. On peut les vérifier.

Les maires en ont fait. La police est passée avertir sur les axes stratégiques. Donc, cette alibi ne doit plus exister. D’ailleurs, la question des sommations doit être repensée. Nul ne doit délibérément s’installer sur la voie publique sans être autorisé à le faire et ensuite réclamer des sommations pour partir.

La prochaine sortie est prévue pour quand ?
La sous-préfecture a un agenda qu’il est tenu de respecter. Notre mission est transversale. C’est en fonction d’un timing que nous opérons. Mais, c’est sûr que nous privilégions les week-ends, la nuit, pour minimiser les désagréments. La prochaine sortie vous sera communiquée. Cette opération ne va pas s’arrêter ; elle sera étalée sur toute la circonscription administrative de Dakar-Plateau. Voilà une sommation de plus, par rapport à celle qui a déjà été faite.


Propos recueillis par S. M. S. CISSE

 

 

Quand il aborde la question de la santé oculaire, le Dr Boubacar Sarr est en terrain conquis. Fort de ses 13 années à la tête du Programme de lutte contre la cécité au ministère de la Santé et de l’Action sociale, il a souligné qu’il y a un lien fort entre le taux de prévalence de la cécité et le développement social et économique d’un pays. « Dans un pays comme le Sénégal ou dans la sous-région, on estime que le taux de prévalence de la cécité tourne autour de 1 à 1,7, voire 2 %. Ce même taux tourne autour de 0,2 à 0,4 % dans les pays développés. Donc, on le considère comme un indicateur très fiable du niveau de développement socio-économique d’un pays », a-t-il relevé. Le Dr Sarr a ajouté que le problème dans les pays fortement touchés réside dans le fait que la cécité engendre certaines formes d’inactivité. Ainsi, quand on est aveugle dans ces pays, on n’est plus productif alors qu’on continue de consommer. Autrement dit, on est à la charge de la communauté. « Et quand cette communauté est déjà si appauvrie, vous ne faites que renforcer cet appauvrissement », a-t-il affirmé. Le praticien a également fait savoir que le Sénégal a eu des résultats assez probants dans cette lutte. Selon lui, si tous les décideurs avaient compris que lutter contre la cécité, c’est lutter contre la pauvreté, peut-être qu’il y aurait eu beaucoup moins d’aveugles. « Ce, d’autant plus que la plupart des aveugles dans des pays comme les nôtres sont inutilement handicapés, alors que 80 % des cas de cécité sont évitables ou curables ». C’est dire qu’il y a des choses à faire et cela commence par une décision politique. La maladie des yeux ne tue pas et cela fait, à son avis, qu’elle n’intéresse pas souvent les gens. Toutefois, Boubacar Sarr a précisé : « Elle handicape. Et la gestion du handicap sur les plans purement social et économique est beaucoup plus difficile que la question de la mortalité. Un aveugle, vous l’avez pendant cinq ans, dix ans, vingt ans ou plus. Vous l’habillez, le nourrissez en lui donnant à manger, à boire, etc. Et quand la prise en charge dans la famille est déjà difficile, ça l’est davantage quand on a un aveugle en plus ». D’où son invite à une prise de conscience pour lutter contre le fléau.

O. POUYE

 

Selon une étude réalisée par Sanofi sur la falsification des médicaments dans 5 pays africains, 97 % des personnes interrogées considèrent ne pas être suffisamment informées des dangers.

Une étude menée auprès de 2519 personnes, dans cinq pays d’Afrique (Egypte, Nigeria, Côte d’Ivoire, Kenya et Afrique du Sud), afin de mieux comprendre la perception des risques liés à la falsification de médicaments, a été publiée hier. Réalisée par Sanofi, elle démontre, « une nouvelle fois, qu’il existe un déficit majeur d’informations quant à la réalité du fléau de la falsification de médicaments ». Selon le document parvenu à la rédaction, parmi les principaux enseignements de cette étude, seuls 3 % des personnes interrogées considèrent disposer de suffisamment d’informations sur les médicaments falsifiés pour se considérer à l’abri du danger potentiel qu’ils représentent.

En Afrique, les médicaments sont parmi les produits les moins instinctivement associés aux produits falsifiés : seuls 39 % des personnes interrogées associent médicaments et falsification, là où 54 % font cette association avec les pièces détachées automobiles ou encore des produits de marques de mode. Malgré le manque d’informations, 96 % des répondants considèrent que les médicaments falsifiés représentent un risque avéré (61 %) ou potentiel (35 %) pour la santé.

Les déplacements à l’étranger sont considérés comme une des sources possibles d’exposition aux médicaments falsifiés. Sur ce, 54 % des répondants considèrent que les voyages à l’étranger sont une source d’exposition aux médicaments falsifiés, 34 % estiment qu’ils peuvent y être exposés sur des sites web et 35 % via les circuits de distribution officiels. D’après la même étude, 66 % des personnes interrogées déclarent préparer une trousse à pharmacie avant un voyage à l’étranger pour éviter d’acheter des médicaments sur place. 28 % des répondants affirment avoir déjà acheté des médicaments lors d’un voyage à l'étranger et 86 % dans une pharmacie.  Il y a ainsi une confiance toute relative dans les circuits de distribution officiels en Afrique avec 64 % des personnes interrogées pensant qu’il peut y avoir des médicaments falsifiés dans ces circuits et 20 % en sont totalement persuadés.

Cependant, l’achat de médicaments sur Internet est une pratique minoritaire : seuls 23 % des sondés avaient déjà acheté des médicaments en ligne. Ils sont 65 % à avoir eu l’impression de prendre un risque. On peut toutefois estimer qu’à l’instar de ce que l’on observe sur d’autres continents, cette tendance s’accélère en Afrique. Plus de 90 % des sites de vente de médicaments en ligne seraient illicites. Suite aux estimations, le trafic de médicaments entraîne entre 100.000 à 1 million de morts chaque année. C’est une activité criminelle estimée à 200 milliards de dollars par an.

Oumar KANDE  

 

Pour le président du groupe parlementaire “Benno Bokk Yakaar”, Aymérou Gningue, le pays est en marche. Il en veut pour preuves, entre autres, les 133 milliards de FCfa pour les écoles, les 434 milliards de FCfa pour les universités, les 2000 kilomètres de pistes, les 229 forages, les 91 châteaux d’eau, le programme Promoville et le Puma. «Le pays est donc en marche. Alors donnons au Président Macky Sall la possibilité d’achever ce qu’il a entamé et d’accomplir son ambition pour le Sénégal (en allusion à un second mandat)», a-t-il suggéré. Surtout, «l’équité territoriale est le vecteur de la politique du Président Macky Sall. C’est ça le fondement qui structure sa politique parce que c’est un homme qui est contre l’injustice», a-t-il précisé.

Amadou DIOP et Abdou DIAW (texte), Ndèye Seyni SAMB (photo)

Le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, a indiqué que le débat d’orientation budgétaire est l’expression d’un volet important des missions du parlement.

«L’idéal démocratique dans un parlement doit porter sur les principes de discipline, de respect mutuel, dans l’observation stricte des règles de la morale publique et, dans un esprit de tolérance basé sur la recherche d’un consensus dynamique et positif, chaque fois que de besoin, pour contribuer à la construction, par des étapes, d’une société marchant vers l’émergence, le progrès», a-t-il expliqué. Il a ajouté : «il y a eu des dérives regrettables qui, au-delà des considérations politiques, ont été générées parfois par le «moi haïssable».

Mais nous n’avons pas le droit de craindre l’avenir, car nous avons le sentiment du devoir accompli et bien accompli. Notre pays a besoin de tranquillité et le temps des vieilles rancœurs doit être dépassé».

Aussi, pour Moustapha Niasse, l’idéal démocratique plonge également ses racines dans la réalité d’une majorité et d’une minorité sans l’existence desquelles aucun débat démocratique ne peut être opérant. Cependant, « nul n’a intérêt, dans une démocratie, à évoluer, lorsqu’un débat a lieu sur des questions essentielles portant sur l’intérêt du pays, à ce que le niveau d’énervement conduise à des blocages inutiles. Nous devons tous penser au pays, avant de songer à nous-mêmes», a-t-il invité, avant de déclarer close la session ordinaire unique de l’année 2017-2018.

Amadou DIOP et Abdou DIAW (texte), Ndèye Seyni SAMB (photo)

«Lettre de protestation », « lettre de réclamation » à la Fifa pour dénoncer le penalty accordé puis refusé au Sénégal et s’insurger contre la manière dont, au même moment à des centaines de kilomètres de là, le Japon a géré sa fin de match face à la Pologne. Passe encore pour la première raison du courroux de la fédération de football… Mais pour la seconde, pourquoi la Fsf ne pousse-t-elle pas le ballon plus loin en s’élevant auprès de l’instance faîtière du foot mondial contre le rythme d’enfer imposé par les « Cafeteros » dans les vingt dernières minutes pour tenter et finalement parvenir à forcer le destin ? Pourquoi ne se plaint-elle pas que les Polonais ne soient pas montés, flamberge au vent, dans le camp adverse pour tenter de corser l’addition ? Oublie-t-elle qu’aux alentours de l’heure de jeu, alors que la Pologne menait déjà à Volgograd devant le Japon et que le score vierge entre le Sénégal et la Colombie à Samara qualifiait à cet instant même les Lions au second tour, ses propres joueurs s’étaient mis à jouer à la baballe ? Plus généralement, pourquoi la Fsf ne s’élève-t-elle pas contre ces équipes déjà qualifiées ou irrémédiablement éliminées qui font jouer leurs « coiffeurs » ? 

Comment peut-on refuser à une équipe le droit de jouer avec ses armes pour sécuriser ou décrocher un résultat ? La passe à dix des Nippons dans leur propre zone, c’est une stratégie au même titre que les longs drops aveuglément balancés en zone adverse par le portier Khadim Ndiaye et ses partenaires de la défense sénégalaise dans le dernier quart d’heure. Ce n’était tout de même pas le remake d’un certain Rfa – Autriche de Gijon au Mondial espagnol de 1982 où après un but matinal de l’Allemand Hrubesh, les « cousins » germaniques s’étaient livrés à une parodie de foot qui avait qualifié les deux équipes au détriment de l’Algérie. Et c’était loin de « l’Opération Portes ouvertes » du Pérou au Mondial 78 qui permit aux hôtes argentins de l’épreuve de s’imposer nettement (6 – 0) pour coiffer au poteau (au goal-difference) le Brésil et gagner le droit de disputer la finale.

Il faut arrêter ! On a perdu la qualification en huitièmes de finale ; il ne faut pas qu’on perde la face par-dessus le marché. Si le Sénégal en est aujourd’hui à spéculer et à épiloguer sur des détails et à invoquer de faux alibis, c’est bien de sa faute. Joueurs, techniciens et même observateurs neutres ont reconnu que les Lions avaient les moyens et les occasions pour passer au second tour.

C’est faute d’en avoir profité qu’on se rabat aujourd’hui sur des arguties qui ne nous font pas honneur et qu’on joue des prolongations d’un goût douteux. On aurait bien pu s’en passer.

B. Khalifa NDIAYE

Le président de la République, Macky Sall, est en Mauritanie où il participe au 31ème sommet de l’Union africaine qui s’est ouvert dimanche, en présence de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement du continent.

Malgré une élimination précoce au premier tour, les Lions du Sénégal ont rendu fier tout un peuple. Le Président de la République, Macky Sall, a tenu à féliciter «des guerriers, tombés les armes à la main».

Très attaché à l’équipe nationale de football qu’il a accompagnée et soutenue par une présence personnelle en Russie, le Président de la République, Macky Sall, est resté très fier de la prestation globale des Lions, malgré l’élimination surprise dès le premier tour. «La loi du sport a ainsi mis fin à votre belle aventure durant cette compétition mondiale. Sur le terrain, vous avez fait preuve d’engagement physique incontestable, d’un mental de gagnant et d’un talent unanimement salué», a-t-il lancé avec beaucoup de fierté.

Et le Chef de l’Etat de poursuivre. «Vous avez certes perdu une bataille, les armes à la main. Mais l’avenir de cette belle équipe nous comble d’espoir et nous conforte que le football sénégalais est sur une trajectoire d’excellence et un élan de victoire», prédit-il.

Dans son message, Macky Sall n’a pas manqué d’adresser de vives félicitations à tous ceux qui se sont donnés pour la victoire finale. «Au nom de tout le peuple sénégalais, je vous félicite très vivement. C’est le lieu de saluer votre sélectionneur, notre compatriote Aliou Cissé dont la tenue, durant cette partie du Mondial, a été exemplaire.

Je salue également tous les membres de la Fédération, du staff technique ainsi que les vaillants 12e Gaïndé et Allez Casa. Au moment où vous devez quitter la Russie, je vous réaffirme mon soutien indéfectible ainsi que celui de tout notre peuple», a-t-il dit.

Oumar FEDIOR

Pas même un nul ! Un malheureux petit nul, blanc voire 8 buts à 8, qui aurait ouvert les portes des huitièmes de finale au Sénégal pour la deuxième fois en deux présences en Coupe du monde ! En attendant mieux, comme en 2002 en Asie. Hier, c’était au tour des Lions de boire la tasse de café. Et pas de Café Touba qu’ils auraient certainement eu un immense plaisir à déguster à la face du monde ! Mais ils ont raté la marche. Ils voulaient marcher sur les traces de leurs glorieux aînés qui avaient été jusqu’en quarts de finale il y a 16 ans en Corée du Sud et au Japon. Le défi qu’ils s’étaient lancés était apparemment trop ardu. Ils voulaient sauver la face de l’Afrique dont les quatre autres représentants avaient été éconduits aux portes du second tour. Ils n’avaient pas les épaules assez larges, pas les crocs suffisamment acérés pour griffer des Colombiens pourtant bien moins fringants qu’elle l’avait été contre la Pologne. Sans leur faire injure, Falcao et ses partenaires ont été pratiquement les adversaires les moins dangereux du Sénégal dans ce tournoi. Et c’est ce qui rend cette élimination cruelle ! Les Lions ont ainsi manqué le match le plus important de leur vie, pour reprendre la formule de Kouyaté qui a récupéré, hier, sa place de titulaire, en même temps que son brassard de capitaine.

On l’a déjà signalé ici : l’histoire ne s’écrit pas à coups de victoires sans lendemain. Surtout si les performances vont decrescendo comme cela a été le cas dans ce Mondial. Triste scénario qui rappelle la Can 2015 où l’équipe du Sénégal avait connu la même trajectoire descendante. Les Lions s’étaient, peut-être, vus trop beaux après leur victoire d’entrée face à la Pologne. On en a même entendu un soutenir, poitrine bombée, que « désormais il y a une génération 2018 ». Certes, ils ont réussi un gros coup en ramenant leur pays à la table des grands du foot mondial. Ils nous ont remplis d’aise en réussissant leur entrée en matière. Tous les espoirs étaient permis. A l’arrivée, cela s’est révélé un véritable leurre, la chute n’en est que plus dure.

Le coup de semonce administré par le Japon aurait pu renforcer leur vigilance. Il n’en fut rien. Qu’importe ! Hier, ils avaient leur destin en mains. Aux portes de l’histoire, ils se sont fait virer comme de véritables incapables, indignes de s’inviter à la table des plus grands. Et de n’avoir été éliminés qu’au nombre de cartons jaunes ne suffira pas à les consoler. Cela les fait entrer dans l’histoire du Mondial comme première équipe à se faire sortir au fair-play. Ils s’en seraient bien passés au profit d’une place en huitièmes de finale.

B. Khalifa NDIAYE

« C’est une élimination cruelle, mais c’est la loi du football. On a pris beaucoup de cartons, plus que le Japon ; ce qui nous élimine. Je suis fier de mes garçons, du travail accompli. Je suis déçu, mais c’est la règle du jeu établie par la Fifa, il faut s’y plier. On aurait aimé être éliminés d’une autre façon, mais on le savait depuis le début. Le Sénégal a un football engagé et qui dit engagement dit parfois risque de prendre des cartons. En première période, si le Sénégal avait mené au score, personne n’aurait rien dit. En deuxième période, c’est pareil.

Mon équipe s’est beaucoup projetée, s’est créé des situations qu’on n’a pas pu mettre au fond, mais ce n’est pas au niveau de l’état d’esprit ni du comportement. En football, quand vous avez des temps forts, il faut les concrétiser en marquant au moins un but. Malheureusement, on n’a pas su le faire. Sur le penalty, je ne sais pas vraiment s’il y a faute. Mais dans notre temps fort, on n’a pas réussi à marquer ce but qui aurait pu nous mettre encore plus dans le bon sens. En deuxième période, la Colombie a eu plus de temps forts et les a exploités. Mais globalement, on a maîtrisé cette rencontre. Je suis déçu pour l’équipe, pour cette génération, ces joueurs qui se battent tous les jours pour leur pays, qui ont consenti beaucoup d’efforts. J’ai trouvé les garçons conscients et qui avaient envie d’aller de l’avant. Nous allons continuer à travailler. Le chemin est encore long, mais de très belles choses attendent cette équipe. »

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR, Samba Oumar FALL,
B. Khalifa NDIAYE (textes) et Abdoulaye MBODJI (photos)

« En football, on prépare des stratégies face à différentes situations dans un  match. Il n’y a pas une formule qui permette de dire qu’on va gagner ou perdre pour telle ou telle raison. Dans un même match, il y a différentes situations qui se présentent. Dans l’action de but sur coup de pied arrêté, c’est une situation qu’on a bien travaillée. Ce n’est pas le fruit du hasard. Nous avons de bons tireurs et nos mouvements sont ordonnés de façon générale pour arriver à déséquilibrer l’adversaire. Le Sénégal nous a bien mis en difficultés pendant ce match. Nous avons eu des moments difficiles surtout en première mi-temps. L’équipe sénégalaise a très bien joué aussi et on avait du mal à faire face. C’est parce que le Sénégal a copié ce qu’il avait vu dans notre match contre la Pologne ; donc cette équipe a réussi à nous gêner dans certains domaines. La stratégie que nous avions adoptée était positive, on a fait face à quatre attaquants sénégalais dans des moments difficiles, mais  avec toute le maîtrise dont a fait preuve le Sénégal, ils n’ont pas eu des occasions nettes. Le Sénégal nous a mis en difficulté ; c’est un mérite qu’il faut reconnaître à cette équipe. Heureusement que Yerry Mina a très bien été inspiré sur le corner. Même si le Sénégal a fait une bonne Coupe du monde, il est éliminé ».

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR, Samba Oumar FALL,
B. Khalifa NDIAYE (textes) et Abdoulaye MBODJI (photos)

Lors de l’ouverture des travaux de sensibilisation des parlementaires sur la gestion environnementale des activités pétrolières et gazières offshore auquel il a pris part, le président du groupe parlementaire «Benno Bokk Yakaar », Aymérou Gningue, a indiqué qu’un tel atelier doit permettre aux parlementaires de prendre toute la mesure de la question environnementale dans l’exploitation du pétrole et du gaz. Ce faisant, il a fait comprendre que la rencontre revêt un intérêt vital. «Nous pensons qu’un tel atelier, qui permet aux parlementaires qui sont là pour voter des lois, mais qui sont aussi des relais importants auprès des populations, doit nous permettre de prendre toute la mesure de la question environnementale dans l’exploitation du pétrole et du gaz », a-t-il justifié. Rappelant que le Sénégal rentre dans une phase d’exploitation du pétrole et du gaz, le député a renchéri qu’il est heureux que des partenaires du Sénégal, notamment le Prcm, invitent l’ensemble des députés à un atelier de partage. Poursuivant il a indiqué qu’ « il est important que nous nous retrouvons pour échanger, pendant deux jours, sur la problématique de l’exploitation, non seulement en offshore, qui est la particularité, mais aussi aller même jusqu’à l’onshore pour montrer combien il est important de préserver l’environnement dans toutes les activités pétrolières que nous aurons à développer au Sénégal ».*

I. SANE et A. DIOP

Un groupe de 6 candidats, cartes d’identité scolaire badgés autour de leur cou, discute des épreuves de français et de dessin. Interpellée, la petite Mariama Diallo, sac en bandoulière, confie que « les épreuves sont faciles pour le moment ». Son amie, Ndèye Nogoye Mbaye, élève à Ndary Niang, confirme et pense que « le reste sera pareil » et qu’ils vont réussir. Une autre candidate du nom de Sokhna Maï Faye intervient et confesse que, depuis des jours, elle était stressée, mais en découvrant les épreuves, elle a été rassurée. Ces jeunes candidates espèrent réussir, car, selon elles, même pendant les grèves, leurs enseignants faisaient des cours de renforcement, les week-ends surtout ; ce qui fait qu’elles n’ont pas souffert de la crise.

Cependant, le chef du centre, Ousmane Faye, malgré sa disponibilité, ne s’est pas prononcer, annonçant que «rien est à signaler». Aimablement, il fait savoir que l’inspecteur de l’éducation et de la formation de Grand Dakar leur a instruit de ne pas parler à la presse. Cependant, un surveillant, sous le couvert de l’anonymat, assure qu’ils ont été tous présents et les épreuves se sont passées sans couac à Ndary Niang.

Dans la même commune, à l’école Biscuiterie, se situant entre les quartiers de Ben Tally et Niarry Tally, à côté du marché Nguélaw, c’est le même mot d’ordre : pas de déclaration à la presse. Là aussi, un responsable souffle que sur 215 candidats inscrits, il n’y a eu que 5 absents. Les surveillants étaient présents. D’ailleurs, à notre arrivée, certains étaient autour de la théière à la pause de midi.

O. KANDE

Après une année à la tête de l’Organisation pour la mise en valeur du Fleuve Sénégal, Hamed Diané Semega fait le point de ses actions. Le Haut-commissaire qui a impulsé une nouvelle dynamique veut donner un coup d’accélérateur à tous les projets en cours -certains ont connu des retards importants-. Il travaille également à ce que les citoyens des quatre pays membres puissent connaître davantage l’organisation qui connait un rayonnement international certain faisant que des Etats viennent s’inspirer de son modèle.

Le 19 juin 2017, vous preniez fonction comme Haut-commissaire de l’Omvs. Un an après, pouvez-vous nous faire le point de votre action à la tête de l’organisation ?
Un an, ce n’est pas long mais au regard d’un mandat de quatre ans, c’est significatif. C’est un point d’étape pour mesurer le chemin parcouru. Diriger l’Omvs est une lourde responsabilité parce que notre organisation est aujourd’hui à la croisée des chemins. Après quarante-six ans d’existence et d’acquis, elle fait face à plusieurs défis. Il y a d’abord le défi environnemental. L’environnement se dégrade de manière globale et celui du bassin Sénégal n’échappe pas à ce fléau à cause notamment du changement climatique. En face de cette vulnérabilité, il y a la montée en puissance des différents usages de l’eau notamment l’agriculture irriguée, la production d’énergie hydroélectrique et la navigation pérenne sur le fleuve Sénégal. Toutes ces sollicitations ont un impact sur la ressource. C’est au regard de tous ces impératifs que nous avons tracé une feuille de route.

Qu’est-ce qui a été fait sur cette feuille de route ?
Notre feuille de route a trois composantes. La première consiste à conduire la réforme du système Omvs. Nous avons un peu dormi sur nos lauriers et il faut, aujourd’hui, se remettre en cause. Il est admis qu’il est nécessaire d’adapter les textes aux nouveaux défis si l’organisation veut continuer à répondre, de façon efficace, à ses missions. Cette réforme est un chantier important qui permettra de construire le nouvel édifice de l’Omvs. Il est en passe d’être achevé. Nous avons bouclé des études stratégiques relatives à la réforme institutionnelle et à l’autofinancement du système. Il reste à les soumettre à l’approbation du conseil des ministres.

Le deuxième point de cette feuille de route concerne les Infrastructures, en particulier la réalisation de nouveaux barrages hydroélectriques et le projet navigation. Dans ce domaine, les travaux de construction du futur ouvrage hydroélectrique de Gouina, dans la région de Kayes, au Mali, avancent à un rythme soutenu, en dépit d’un retard initial considérable. Nous espérons qu’ils seront terminés avant la date contractuelle. A l’horizon 2021, 140 mégawatts s’ajouteront au productible déjà disponible sur Manantali et Félou. Parallèlement au démarrage des travaux, la réinstallation des populations directement impactées par ce projet se déroule de façon satisfaisante. Le 9 juin 2018, l’Omvs a livré aux bénéficiaires les infrastructures réalisées ; soit une centaine de logements modernes, des mosquées, des centres de santé, des écoles, des châteaux d’eau, etc., dans les communes de Diamou et de Bafoulabé. Les nouveaux sites sont aussi dotés d’électricité et de réseaux d’adduction d’eau potable et d’assainissement. L’investissement est de plus de trois milliards de FCfa. Trois cent millions de francs ont été consacrées aux compensations.

L’autre projet d’envergure, c’est la construction et l’aménagement du barrage hydroélectrique de Koukoutamba en territoire guinéen. Après un long processus, c’est une entreprise familière de l’espace Omvs (pour avoir construit Félou et réalise actuellement Gouina) qui a été sélectionnée. Son offre a été jugée plus avantageuse pour les Etats.

Pourtant, selon des informations parues dans la presse, le marché n’a pas été attribué dans les règles de l’art…
Semega OmvsL’attribution des marchés de l’Omvs se fait selon un processus qui en garantit la transparence. C’est une Commission régionale des marchés présidée par le Haut-commissaire adjoint comprenant des représentants des Etats, les coordonnateurs des cellules Omvs, assistés d’experts techniques et financiers nationaux qui délibère et approuve les marchés. Au bout de la chaîne de filtres, il y a le conseil des ministres qui approuve en dernier ressort. La rigueur de ce processus fait que depuis 46 ans, les choses fonctionnent bien. Pour Koukoutamba comme pour tous nos projets, nous avons fait les choses dans les règles de l’art et les Etats ont choisi l’offre la plus avantageuse.

Où en êtes–vous avec le projet de navigation ?
La navigation, c’est le chainon manquant du programme d’infrastructures de l’Omvs. Après plusieurs années de retard, la mise en œuvre de ce projet connait un développement satisfaisant. La société indienne Afcons a été choisie sur la base d’une offre spontanée appuyée par Eximbank de l’Inde. Nous sommes à la phase finale des discussions et nous avons mis en place un comité de négociation comprenant des experts techniques et financiers des 4 Etats. En résumé, tous nos dossiers prioritaires sont sur la bonne voie.

Vous avez laissé entendre qu’il y a une troisième composante de votre feuille de route…
En effet, il s’agit de consolider la crédibilité et le rayonnement de l’Organisation. L’Omvs est un acteur majeur à l’échelle internationale en matière de coopération inter-Etats sur les eaux transfrontalières. Elle a été plusieurs fois primée pour la qualité de sa gestion solidaire du fleuve Sénégal et son expérience lui a valu d’être distingué en 2015 et 2017 comme meilleur organisme de bassin au monde par le think tank indien Strategic ForSight Group. En réalité, ce rayonnement international nous vaut de grandes responsabilités. Ainsi, l’Omvs assure le Secrétariat technique permanent du Réseau africain des organismes de Bassin (Raob) dont nous abritons également les projets phares. Nous avons accueilli, en avril, la 6ème session de l’Association initiative pour l’avenir des grands fleuves (Iagf) présidée par l’académicien Erik Orsenna. Les membres, des experts de haut niveau ont planché sur l’expérience de l’Omvs, en particulier le projet navigation et émis des contributions qui vont nous permettre d’améliorer la qualité et d’éviter les erreurs. Nous avons reçu également, par l’entremise de la Coopération suisse, une délégation de cinq pays d’Asie centrale qui ont en partage deux fleuves, mais qui rencontrent de réelles difficultés dans le partage des eaux transfrontalières. Ils se sont émerveillés de cet exemple réussi en Afrique en dépit d’un environnement difficile. Nous devons ce rayonnement de l’Omvs à la vision politique des pères fondateurs constamment réaffirmée par les chefs d’Etat successifs. Il nous appartient de porter ce flambeau encore plus haut.

Malgré ce rayonnement international, l’Omvs est peu connu dans son espace. Que comptez-vous faire pour changer cette situation ?
C’est une question qui me tient à cœur. L’Omvs est un organisme de bassin reconnu et salué dans le monde, mais peu connu dans son espace. D’où l’effort de communication à faire et nous nous y attelons. Nous avons, par exemple, décidé de rénover les places Omvs dans les capitales avec l’appui des autorités communales – malheureusement, ces espaces sont laissés à l’abandon- pour matérialiser l’organisation inter-Etats dans le tissu urbain. C’est un point de départ de la réhabilitation de l’image de l’organisation. Nous avons tenu également la première édition des journées commémoratives de la naissance de l’Omvs. Elle s’inscrit dans cette volonté de remettre l’Omvs sur la carte de nos Etats en termes de visibilité des réalisations importantes à notre actif qui contribuent concrètement au développement de nos pays. Lors des célébrations de cette journée Omvs, le représentant de la société d’électricité du Mali a fait un témoignage éloquent de ce que le système a pu injecter comme ressources dans le réseau électrique de son pays. Nous allons évaluer le volume de richesses créées grâce à l’Omvs dans les Etats membres et le partager avec les acteurs et les opinions publiques nationales.

A votre prise de fonction, vous insistiez sur le fait que les populations riveraines devraient bénéficier, elles aussi, des retombées du bassin. Un an après, quelles sont les actions concrètes menées ?
Du point de vue institutionnel, il s’agit d’abord de consolider le dispositif de participation des populations. Le comité de bassin est un important organe consultatif de l’organisation, dont la mise en place a connu du retard. Aujourd’hui, le processus est relancé, nous avons commencé à recevoir les propositions des Etats en vue de constituer les membres des différents collèges qui composent ce comité où va s’exercer la démocratie de l’eau. Autre aspect important, c’est le dynamisme des collectivités locales. Et je salue, au passage, le rôle du député-maire de Bakel qui est à la tête d’une organisation qui regroupe l’ensemble des maires du bassin. Nous avons appuyé la mise en place du chainon manquant en intégrant les élus de la partie guinéenne. Leur accompagnement sera précieux dans la réalisation de nos missions.

Pour ce qui est de l’intervention concrète sur le terrain, il y a surtout le Projet de gestion intégrée des ressources en eau (Pgire), un programme de 245 millions de dollars Us financé sur prêt de la Banque mondiale. Cet instrument a été conçu pour aller au plus profond du bassin apporter des réponses aux difficultés économiques des populations en leur donnant des moyens de faire face aux difficultés économiques par des activités comme l’agriculture irriguée à petite échelle, l’aquaculture, des infrastructures et des outils modernes pour la pêche…Bref, tout ce qui peut permettre l’amélioration des conditions de vie et de production des populations. Le Pgire, aujourd’hui, déploie un travail remarquable sur le terrain, salué par la Banque mondiale, lors de sa revue à mi-parcours au mois de février dernier. Ce soutien aux populations est, in fine, la raison d’être de notre organisation.

Propos recueillis par Mamadou GUEYE

Paul Gérin-Lajoie n’est plus. La nouvelle annonçant sa mort a vite fait le tour du monde. De Montréal à Port-au-Prince en passant par Dakar, Saint-Louis et Québec, les témoignages sont unanimes.

Le premier ministre de l’Education du Québec, Paul Gérin-Lajoie, est décédé. Ce partenaire de l’éducation au Sénégal et dans plusieurs pays africains, de l’Amérique du Sud, des Antilles et du Canada laisse derrière lui une fondation et une famille attristées. Depuis des années, l’inoubliable Paul Gérin-Lajoie avait pris du recul du fait de son âge et de son état de santé dégradant. Et son fils, François Gérin-Lajoie, avait pris les commandes de cet organisme qui a financé plusieurs écoles, des classes et des élèves du Sénégal et de la sous-région. Son dernier séjour à Saint-Louis a fait des émules. Paul Gérin-Lajoie fut un combattant de l’ignorance, un visionnaire.

Le Canada et le Québec pleurent un personnage historique. L’Afrique perd un partenaire technique et financier de grande envergure.

Le chef du gouvernement, Philippe Couillard, à travers un tweet, a rendu hommage à ce digne fils du pays. « Un personnage d’envergure historique nous quitte aujourd’hui. Le Québec de 2018 doit beaucoup à Paul Gérin-Lajoie, il aura marqué son époque et notre histoire. Au nom des Québécoises et des Québécois, j’offre mes plus sincères condoléances à sa famille », a écrit M. Couillard.

Avocat, Paul Gérin-Lajoie a été un des pionniers de la Révolution tranquille qui a cru très tôt à la création du ministère de l’Education qu’il a dirigé, de 1964 à 1966, au côté de Jean Lesage, Premier ministre de l’époque. Militant infatigable, généreux investisseur, Paul Gérin-Lajoie a été député et ministre de la Jeunesse. Il fut président de l’Agence canadienne de développement international (Acdi) et a vite compris l’importance de soutenir les pays en développement dans leurs systèmes éducatifs. Il a dirigé cette instance de 1970 à 1977.

Sa notoriété s’accentue avec la création de la Fondation Paul Gérin-Lajoie basée à Montréal. Cette structure, aidée par des partenaires comme Hydro Québec et d’autres sociétés, a contribué à l’amélioration de l’éducation au Sénégal, au Mali, au Bénin, au Burkina Faso, en Haïti et dans plusieurs autres pays du monde. Père de la célèbre Dictée Pgl, le missionnaire vient de rendre l’âme à l’âge de 98 ans. Au Sénégal, Saint-Louis a abrité, pendant des années, le siège de cette fondation avant son transfert à Thiès. Cette organisation non gouvernementale a toujours apporté son concours dans la formation des enseignants, des élèves, des étudiants stagiaires sénégalais et canadiens, au renforcement des capacités, de scolarisation, d’alphabétisation, de tutorat des enfants en situation difficile et autres activités éducatives.

Avec la disparition de Paul Gérin-Lajoie, le système éducatif sénégalais perd un mécène, un partenaire, un grand donateur, bref, un bailleur de la formation.

Mamadou Aicha NDIAYE

Quand certains descendaient des bocks, il envisageait, lui, un destin à la « Boc ». Aliou Cissé ne partage pas seulement avec Jules François Bocandé les origines du sud du Sénégal, ils ont en commun l’amour, chevillé au corps, de l’équipe nationale malgré un parcours sinueux.

En cette fin d’hiver 2015, le bleu turquoise de l’enveloppe extérieure du stade Océane du Havre, synonyme de jours heureux, ne couvre pas encore l’équipe nationale du Sénégal. Le funeste héritage de Giresse est encore dans toutes les têtes, surtout après la piteuse élimination au premier tour de la Can 2015. C’est au cœur de cette soirée pluvieuse normande que l’éclaircie tant attendue pointa le bout de son nez à travers un doublé de Moussa Konaté. 2 à 1, score final devant le Ghana, alors vice-champion d’Afrique. Ce 28 mars 2015 est la date de naissance d’Aliou Cissé, sélectionneur de l’équipe A de football du Sénégal. Trois ans et trois mois après ce premier match amical, le Sénégal est à un point d’une qualification en huitièmes de finale d’une Coupe du monde. Il est, pour le moment, le mieux loti des cinq équipes africaines présentes en Russie. L’élimination aux tirs au but contre le Cameroun en quart de finale de la Can 2017 n’étant pas, statistiquement, considérée comme une défaite, Aliou Cissé n’a pas connu de déroute en plus de 30 matches officiels. Et pourtant, le sélectionneur national reste très contesté. Est-il victime de préjugés d’incompétence que traînent comme un boulet derrière plusieurs techniciens africains ?
 
Le moins bien payé du Mondial
Le Bonhomme (terme qui lui est cher notamment lors d’un certain France-Sénégal de 2002 quand il disait à ses partenaires : « Je veux des bonhommes » pour les haranguer) ne s’en laisse pas compter. « On (les entraîneurs africains, ndlr) est capables de réfléchir, de motiver une équipe, d’avoir un projet de jeu, plaide-t-il. Ce n’est pas parce que j’ai des dreadlocks que je suis léger. Ce sont des préjugés. » Seraient-ils à l’origine de ses émoluments, les plus bas parmi tous les sélectionneurs nationaux présents en Russie ? Là où son salaire annuel est estimé à 200 000 euros (131,1 millions de FCfa), celui de l’Allemand Joachim Low, l’est à près de 4 millions de la même monnaie, soit 2,6 milliards de FCfa. S’il n’est pas un sorcier (blanc), Aliou Cissé a déjà la sagesse des anciens sous l’arbre à palabre et la gratitude envers Bruno Metsu comme un gendre idéal à qui on a donné la main de la plus belle des filles. Coach Cissé a déclaré à la conférence de presse qui précédait Pologne-Sénégal, qu’il avait une pensée pour son entraîneur à la Coupe du monde 2002, celui qui lui avait donné le capitanat de l’équipe nationale du Sénégal. 
 
Ses chantiers
Si son parcours à la tête de l’équipe nationale est vierge, il a toujours été couronné d’avancées. Historiquement, les déplacements de l’équipe du Sénégal en Afrique, lors des éliminatoires de la Can et du Mondial, n’ont jamais été simples. Cissé a apporté une solidité technique et surtout mentale quand tout est fait pour que le pays hôte gagne. La série d’invincibilité du Sénégal en est une preuve. Le poste de gardien de but, les hommes de couloirs, surtout les latéraux, ainsi que l’animation du jeu étaient des urgences à régler. Dès son premier match, Abdoulaye Diallo est entré dans la Tanière, titulaire contre le Ghana au Havre, puis Khadim Ndiaye s’est distingué autrement qu’en simple doublure. Sur les ailes, le traumatisme lié à la défaillance de Gassama au « Félicia », une après-midi de 2013 qui avait coûté la qualification au Mondial brésilien de 2014, était encore vivace. « Tout le monde sait que c’est un secteur qu’on doit peaufiner », reconnaissait Aliou Cissé en mars 2015. « Il faut continuer à regarder comment continuer à équilibrer l’équipe ».

Donnant l’exemple de devanciers comme Thierno Youm, Joseph Koto ou encore Khalilou Fadiga, Aliou Cissé a toujours été conscient des carences de son équipe sur les côtés. « Depuis des années, le Sénégal ne dispose plus des joueurs de cette trempe, capables de jouer et de percuter. C’est une question de formation, il faut qu’on s’y penche ». Avec Moussa Wagué et Youssouf Sabaly, tout n’est pas rose mais il y a des points de satisfaction. Le match contre le Japon (24 juin) en est une bonne lecture. Au milieu, Gana Gueye est la seule constante. Pape Kouly Diop est passé en mode étoile filante, avant la confirmation puis le retrait en second plan actuel de Cheikhou Kouyaté au profit de Alfred Ndiaye au gabarit imposant. Cheikh Ndoye, ancien menuisier reconverti en footballeur, est souvent cantonné à raboter le banc de touche. Devant, Aliou Cissé voit plus en Ismaïla Sarr l’héritier de Thierno Youm que Diao Baldé. Quand on lui parle de Sadio Mané, il rétorquait : « Il n y a qu’une seule star, c’est l’équipe ».
 
Héros « Asgardien »
Après la victoire inaugurale au Mondial russe sur la Pologne (2 à 1, le 19 juin), Coach Cissé s’est révélé au monde. Sur les réseaux sociaux, des « Gifs » (petites vidéos d’une séquence de quelques minutes) ont tourné. Il y a été décrit comme un « sex-symbol » et on l’y comparait à un héros « Asgardien », popularisé par le film « Black Panthers ». Une nouvelle notoriété qui fait doucement sourire l’intéressé. Il veut rester focus sur cette qualification en huitièmes, si proche et si loin à la fois. « Je suis un Sénégalais qui a envie de bien faire pour mon pays. C’est ainsi depuis 1999, mon premier match comme joueur de l’équipe du Sénégal contre la Côte d’Ivoire (3 à 0, en amical). C’est une fierté de savoir que le peuple sénégalais croit en moi. J’espère ne pas le décevoir », disait-il, toujours, en mars 2015, conscient du fardeau de la tâche. Il faudra qu’il aille puiser dans les ressorts qui lui ont permis de ne pas baisser la tête quand, à 16 ans, les dirigeants du centre de formation lillois (France) lui annonçaient qu’ils ne comptaient plus sur lui après quatre ans d’apprentissage.

Ce qui ne lui avait pas empêché de faire une carrière honorable par la suite. Cette hargne, le Sénégal en aura besoin face aux coriaces Colombiens.

Moussa DIOP

La rencontre Sénégal-Japon vue chez Madame la première conseillère de l'ambassade du Japon. Une ambiance bien festive. Fair-play. Un score qui semble raffermir les liens entre deux communautés. Reportage.

L'ambiance est bon enfant chez la Mme la première conseillère ou numéro 2 de l'ambassade du Japon au Sénégal Keiko Egusa. En ce début d'après-midi plus d'une trentaine de personnes attendent patiemment le début de la rencontre Japon-Sénégal comptant pour la 2ème journée du groupe H. Deux grands drapeaux des deux pays sont accolés sur l'un des pans du mur d'un salon bien aménagé, vitré et aéré. Deux autres drapeaux sont mis en évidence sur les rebords de l'écran plat qui cristallise toutes les attentions. Le public révèle différentes nationalités : Des Japonais, des Français, une Brésilienne et bien sûr des Sénégalais. Il est aussi très bigarré avec les couleurs, maillots, effigies des deux pays arborés. On retrouve ici des membres de la mission diplomatique japonaise, des fonctionnaires d'organisations internationales, le personnel sénégalais de l'ambassade et une consoeur. Leyti Kâ fait à lui tout seul, la synthèse du public. Métisse de père sénégalais et mère japonaise, il est venu suivre la rencontre avec cette dernière et sa copine française. « Je suis divisé pour la rencontre. Je me sens presque plus Sénégalais que Japonais puisque j'ai vécu plus ici », souligne le jeune homme de 19 ans qui est resté 14 ans au Sénégal. Le jeune étudiant est polyglotte, maniant bien le Français, le Japonais, le Wolof et le Pulaar. Son souhait est de voir la rencontre se solder par un match nul, comme pour ne pas se déchirer pour l'une de ses patries. L'hôte du jour, Mme la première conseillère de l'ambassade du Japon au Sénégal, n'a pas fait les choses à moitié. Keiko Egusa a requis les services d'un traiteur pour mieux traiter ses invités. L'optimisme et la bonne humeur semblent ici contagieux et chacun y va de son pronostic. Tout est réuni pour une belle fête et plaisante rencontre, mais surtout pour que prévalent l'amitié et les valeurs de fair-play véhiculées par le sport.

L'exécution des hymnes nationaux ramène le silence pendant que des selfies et des photos immortalisent la séance. Les enfants eux aussi sont très contents de se retrouver dans cette ambiance festive sans forcément comprendre les enjeux sportifs de la rencontre. Ils sont heureux de retrouver avec autant de sucreries et boissons. Et ne s'empêchent de se gaver. La première offensive sénégalaise, à la 2ème minute vite annihilée par la défense japonaise, suscite des cris de bonheur et d'inquiétude. Le même scénario prévaut à la contre-attaque japonaise qui suit. Ou encore lors de ce centre du défenseur sénégalais, Youssouf Sabaly à la 6ème minute, bien capté par le gardien nippon. Les applaudissements et les cris de joie fusent. Le contagieux bonheur se lit sur tous les visages. Les Japonais ont un sourire non-feint. La reprise de Mame Mbaye Niang à la 21ème minute, provoque le sursaut de certains qui voyaient la balle au fond des filets. Il faudra attendre l'égalisation japonaise pour voir les supporters jubiler. Les cris vont crescendo et certains ne tiennent plus sur leurs sièges.

A la mi-temps, les gens se congratulent. L'optimisme prévaut de chaque côté. « Que le meilleur gagne. Et le meilleur sera le Japon », pronostique une jeune employée à l'ambassade.

A la reprise, la même frénésie est encore notée. Tous les yeux rivés sur le petit rectangle, scrutant les moindres occasions et actions de jeu. La première tête japonaise, 48 mn, captée par le portier sénégalais présage d'une intensité de la deuxième période. Deux tirs de l'attaquant sénégalais Niang redonnent espoir aux Sénégalais dominés par les Japonais. Ils vivront bientôt une autre frayeur avec cette balle japonaise qui heurte la transversale à la 64ème mn de jeu. Le deuxième but semble les libérer et s'accompagne de cris de joie. Et de bonheur. Les Japonais, dignes, arborent toujours le même sourire. Le silence s'installe jusqu'à la prochaine égalisation qui ramène les cris de bonheur chez les Japonais qui semblent se libérer. Les Sénégalais sont fair-play et les félicitent et saluent l'action collective. Leyti Kâ n'en peut plus. Il prie de tous ses vœux pour que le score n'évolue plus. Il n'en veut plus de ce stress. Il sera libéré au coup de sifflet final marqué par les congratulations.

« Je voulais la victoire du Sénégal, mais il faut reconnaitre que les Japonais ont été très bons, voire meilleurs que nous même s'ils ont été menés à deux reprises. Notre équipe n'a pas été aussi soudée que l'équipe adverse. Je ne crache pas sur le nul », se réjouit Issa Mbengue Diop, employé sénégalais à l'ambassade du Japon.

« J'ai souhaité voir le Japon remporter la rencontre, mais les équipes se valent à ce niveau de compétition. Les Japonais ont développé une très belle tactique pour suppléer leurs petits gabarits face à des Sénégalais très physiques et présents. Je suis heureuse du partage des points et espère voir les deux équipes se qualifier pour le deuxième tour », souligne Mme la première conseillère. Un souhait bien diplomatique.

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

Le Haut-Commandant de la gendarmerie nationale, le général de corps d’armée, Meïssa Niang, et le Directeur général de la police nationale, l’inspecteur général Oumar Maal, ont séjourné à New York (Etats-Unis d’Amérique) dans la période du 19 au 21 juin 2018. A la tête d’une forte délégation des forces de défense et de sécurité sénégalaises, ils ont pris part à « deux activités initiées par le département de maintien de la paix de l’Organisation des Nations Unies ».

Selon un communiqué parvenu à notre rédaction, la première activité initiée par le département de maintien de la paix de l’Organisation des Nations Unies était relative à un panel sur le genre. Et le Haut-Commandant de la gendarmerie, qui a pris part à ce panel, a fait un exposé sur l’intégration du personnel féminin au sein des forces de défense et de sécurité sénégalaises. La deuxième activité, initiée par le département de maintien de la paix de l’Organisation des Nations Unies, portait sur le sommet Uncops II et réunissait « les directeurs et commandants des forces de sécurité (gendarmerie et police) des pays contributeurs aux opérations de maintien de la paix ».

A cette occasion, les différents participants ont réfléchi sur « la prévention des conflits et la préservation de la vie ». La même source renseigne que le général Meïssa Niang a fait une autre présentation lors de ce sommet qui a porté sur le thème : « Défis des opérations de maintien de la paix et le rôle de la police des Nations Unies ». En marge de ces rencontres, la délégation sénégalaise (gendarmerie et police) a eu une séance de travail avec la police ghanéenne qui voulait s’inspirer du modèle sénégalais de mise en place et de déploiement d’une unité de police constituée. Toujours en marge de cette visite, le Haut-Commandant de la gendarmerie nationale et le Directeur général de la police sénégalaise ont tenu « des réunions de niveau stratégique » avec M. Alexandre Zuev, Sous-secrétaire et chef du Bureau de l’Etat de droit et des institutions de l’Onu et M. Jean Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de la paix de l’Onu.

« Ces autorités ont magnifié l’engagement et la réactivité du Sénégal au profit de la paix et de la sécurité internationale. Elles ont promis de régler, dans les meilleurs délais, les différentes questions en suspens et relatives aux signatures des cadres d’accord (Mou : Memorandum of understanding) sur l’engagement du contingent de la gendarmerie sénégalaise au Mali, sur le déploiement des engins blindés destinés à la République démocratique du Congo et enfin sur la montée en puissance de l’intégration des personnels féminins dans les opérations extérieures », informe ledit texte. A la fin de leur séjour, le général Meïssa Niang et l’inspecteur général Oumar Maal ont rendu une « visite de courtoisie » à Son Excellence, M. Fodé Seck, Représentant permanent du Sénégal auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York.

Aliou Ngamby NDIAYE

Un séminaire post-forum 2017 portant sur le thème « prévention et lutte contre l’extrémisme violent : quelles réponses des populations?», a été ouvert hier à Dakar. Les experts ont plaidé pour la création de passerelles entre les populations, les autorités administratives et les forces de défense et de sécurité.

Faire un état des lieux des perceptions et motivations des populations, explorer les stratégies développées et mises en œuvre par les populations et contribuer à créer des passerelles entre les populations, les autorités administratives et les forces de défense et de sécurité... Ce sont, entre autres, les objectifs poursuivis à travers le séminaire post-forum 2017 portant sur le thème « prévention et lutte contre l’extrémisme violent : quelles réponses des populations?», ouvert hier, à Dakar, à l’initiative du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur.

La rencontre a vu la participation d’experts issus des milieux politique, universitaire, diplomatique, communautaire, des forces de défense et de sécurité, d’organisations internationales, de la société civile, en provenance de pays d’Afrique de l’Ouest, du centre et du nord. Mame Baba Cissé, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur qui a présidé la rencontre a indiqué qu’elle s’inscrit dans la continuité des activités du forum international de Dakar sur la paix et la sécurité. Il a fait comprendre que la paix et la sécurité internationales constituent les défis auxquels les acteurs étatiques et non gouvernementaux ainsi que les populations de façon générale font face, depuis fort longtemps. «Toutefois, les menaces à la paix et à la sécurité  évoluent en fonction du contexte et aujourd’hui, au-delà des menaces qui perdurent, les plus grands défis ont pour noms, extrémisme violent et terrorisme. Avec notamment des impacts socioéconomiques et les innombrables victimes sur tous les continents», a-t-il souligné.

Ainsi, M. Cissé est d’avis que ces nouveaux défis sécuritaires imposent une vision partagée, une synergie d’efforts pour développer des stratégies adaptées de prévention et de lutte communes.

«C’est tout le sens du forum international de Dakar dont la vocation est de contribuer aux efforts de la communauté internationale, en particulier de l’Afrique et de ses partenaires pour atteindre l’objectif d’une Afrique stable et en sécurité», a-t-il défendu. Cependant,  le grand risque, a-t-il alerté, est celui qui pèse sur les populations civiles qui subissent parfois, sous nos yeux impuissants, des atrocités sans commune mesure. «On estime d’ailleurs que les groupes terroristes sont à l’origine de près de la moitié des violences commises sur les civiles. La lutte contre l’extrémisme violent est cruciale et qu’il faut y faire face avec rigueur et méthode », a-t-il défendu.

Une stratégie multiforme
Selon lui, en plus de la nécessaire adaptation et du renforcement des capacités de riposte des forces de défense et de sécurité, la lutte  exige d’autres actions complémentaires sur lesquelles le forum de Dakar met l’accent depuis déjà quelques éditions».  «Il s’agira, aujourd’hui, au cours de nos travaux, de se pencher sur la perception qu’ont les populations civiles de ce fléau et sur le rôle qu’elles peuvent jouer dans ce combat, sur le rôle qui devait être le leur», a éclairé Mame Baba Cissé.

MerahitPour sa part, le professeur Horchani Férahit, professeur de droit des sciences politiques de Tunis, ancien ministre de la Défense et ancien ministre de la Justice de la Tunisie qui a salué cette conférence a estimé que le thème est très important. «Nous vivons un défi considérable dans la mesure où nous affrontons tous des menaces de types nouveaux. Je peux faire deux constats. Le premier, c’est que le monde est devenu très violent et c’est paradoxal si nous tenons compte du fait qu’il y a beaucoup d’avancées démocratiques. Le deuxième, c’est l’échec de la communauté internationale dans la lutte contre le terrorisme avec l’augmentation spectaculaire des groupes terroristes. Leur nombre devient plus important (groupes, sous groupes) avec des appellations locales», a-t-il fait savoir dans sa communication inaugurale. Plus précisément, «les groupes terroristes actuels (Etat islamiste) ont des ambitions plus larges que la simple terreur, des ambitions territoriales, politiques (création d’entités mondiales). Ces groupes peuvent avoir une force d’attraction à l’égard d’un nombre important de jeunes, à travers les frontières. Leur attractivité traverse les frontières juridiques. Il s’agit d’une véritable menace transnationale, pour ne pas dire transcontinentale», a-t-il appuyé. Avant d’indiquer que cet échec «relatif» de la communauté internationale exige actuellement une autre lecture, une lecture juste du phénomène terroriste. «L’objectif de cette lecture est d’éradiquer non pas seulement ce qui est visible (solutions sécuritaires), mais il faut extirper le mal à partir de ses racines.

Menace mondiale
C’est une menace mondiale, il faudrait une stratégie multiforme (Etat, populations, communauté internationale). Le phénomène terroriste est un phénomène très complexe qui peut avoir des motivations très diverses. Il  peut avoir des sources dans la criminalité, la quête de l’argent facile, la drogue, la radicalisation, l’exclusion (sociale, économique), la pauvreté absolue», a suggéré le Pr Férahit. Il a relevé trois séquences historiques dans le phénomène terroriste. Il s’agit de l’extrémisme, de l’extrémisme violent (évidemment tous les extrémismes ne sont pas violents) et le terrorisme. En plus, pour chaque séquence, il faut une réponse différente. Il faut donc une stratégie multiforme. Il faudrait des stratégies qui couvrent ces trois formes. Dans ce sens, il faudrait la prévention pour éradiquer tout facteur. Si l’on veut gagner la bataille, la guerre, il faut traiter le terrorisme comme étant un projet culturel et pas seulement comme un projet sécuritaire. Cela est très important si l’on veut éradiquer de manière définitive le terrorisme», a-t-il complété.

Amadou DIOP

HORCHANI FERAHIT, PROFESSEUR DE DROIT : « METTRE LES CITOYENS AU CŒUR DU RENSEIGNEMENT »
Rappelant que le terrorisme n’est pas toujours lié aux conditions économiques, au cours de son exposé introductif, à l’occasion du séminaire post-forum 2017 portant sur le thème « prévention et lutte contre l’extrémisme violent : quelles réponses des populations?», le Pr Horchani Férahit a invité à tout faire pour lever cette équivoque. «Le terrorisme n’est pas lié à la religion, il n’est pas lié à l’Islam. Il a toujours existait sans relation forcément avec la religion, avec l’Islam.

Il y a du terrorisme areligieux. Il faut aussi une stratégie internationale, défendre la paix, la tolérance entre les peuples, éviter des cloisonnements entre les pays, de se fermer, éviter les foyers de tension», a-t-il recommandé. Mais aussi, a-t-il ajouté, il faut de la protection, élaborer des actes de protection des frontières. Dans l’aspect sécuritaire, il a soutenu que  le renseignement est très important. «Il doit s’appuyer sur des éléments nouveaux. Ne jamais oublier que les populations jouent un rôle très important et mettre l’accent sur le citoyen. Le renseignement le plus important, c’est le renseignement humain. Il faut faire adhérer le citoyen» a-t-il insisté. Pour le tout, « il faut de la résilience. Le terrorisme ne vaincra pas, il ne passera pas parce que l’Etat est le plus fort. C’est juste que les populations sont les plus inquiétées», a-t-il édifié.

A. DIOP

Informer l’opinion publique sur l’état du dossier des victimes de la guerre du Golfe en vue de dérouler un plan d’actions. C’est ce que l’on retient de la conférence de presse de restitution organisée, hier,  par les avocats du collectif des « jambaar » disparus au Golfe, en partenariat avec l’Ong Jamra.

« 27 ans de dilatoire et de misère. Les « jambaar » du Golfe privés de leurs indemnités, leurs veuves et orphelins interpellent le Président Macky Sall. » C’est à travers ces mots que le Collectif des victimes du Golfe a retracé le calvaire des ayant-droits. C’était lors d’une conférence de presse de restitution des avocats constitués par ledit collectif, en partenariat avec l’Ong Jamra dont la médiation a été sollicitée par les « jambaar » eux-mêmes. Selon le secrétaire général adjoint du collectif, le soldat Elhadji Abdoulaye Diouf, toutes les voies de recours ont été épuisées.

« Ce n’est pas normal que nous continuons de courir derrière notre argent, pendant que nos camarades d’autres pays ont déjà reçu leur indemnités », a-t-il déploré. Il a précisé que les soldats de ces pays ont reçu, chacun, la somme de  101 millions de FCfa. Pour le Sénégal, a-t-il souligné, 85 milliards de FCfa ont été mis à la disposition de son contingent dont les éléments n’en ont pas bénéficié. « Le Président Macky Sall doit, comme en France, aider à retrouver les dossiers des rescapés de la guerre du Golfe. Au nom de la continuité de l’Etat, nous lui demandons de verser cet argent aux ayant-droits », a déclaré le vice-président de Jamra, Mame Makhtar Guèye. « Comment expliquer le fait que des soldats, ayant participé à une même guerre, perçoivent des millions et que ceux du Sénégal reçoivent un million quarante deux mille FCfa. Cette disparité ne se justifie pas », a estimé M. Guèye. Commis par le collectif des victimes et l’Ong Jamra, Me Abdoulaye Tine a donné des informations qui  accablent l’Etat du Sénégal, avant de détailler la série de démarches entreprises par le collectif auprès du ministre des Forces armées, du secrétaire général du gouvernement, du directeur de cabinet du président de la République et du khalife général des Mourides, pour solliciter leur implication  dans le traitement du dossier.

« Toutes ces  démarches ont été initiées par le vice-président de l’Ong Jamra, Mame Makhtar Guèye. J’ai moi-même fait des recherches documentées au Sénégal et à l’étranger. D’où l’intérêt de cette conférence de presse de restitution pour non seulement réclamer l’indemnité des victimes, mais surtout la déclassification du versement des indemnités des « iambaar », a indiqué Me Tine. L’avocat a fait savoir que si dans trente jours, l’Etat ne s’exécute pas, le collectif va entamer une phase judiciaire. Abondant dans le même sens, le président de la Ligue sénégalaise des droits humains, Me Assane Dioma Ndiaye, a confirmé que de fortes sommes ont été versées à l’Etat du Sénégal pour le compte des « jambaar » qui ont fait la guerre du Golfe.

Tata SANE

Le Premier ministre du Sénégal a indiqué, hier, que l’économie sociale et solidaire est un puissant levier pour l’inclusion et la cohésion sociale par sa capacité de création de la valeur ajoutée et de richesse. Mahammed Boun Abdallah Dionne présidait l’ouverture de la conférence internationale annuelle de l’Inaise (réseau international des investisseurs dans l’économie sociale).  

Théorisé à ses origines en Europe et en Amérique du Nord, le concept d’économie sociale et solidaire a fini par gagner tous les continents dont l’Afrique. Le président du conseil de Fondation de Sen’finance, Souhaibou Guèye, estime que l’avènement de ce concept a été précipité par des déséquilibres, des injustices, des violences, entre autres abus consécutifs à l’adoption des politiques et programmes économiques dont la mise en œuvre engendre inéluctablement la pauvreté, la paupérisation, la précarité, la misère et des incertitudes. Cette situation a obligé, selon lui, l’humanité à réfléchir sur les solutions de sortie de crise parmi lesquelles l’économie sociale et solidaire. M. Guèye s’exprimait, hier, à l’ouverture de la conférence internationale de l’Inaise (réseau international des investisseurs dans l’économie sociale) portant sur : « Finance sociale et solidaire et émergence des continents ».  Créé en 1989, le réseau Inaise qui regroupe une cinquantaine d’organisations reparties sur tous les continents, dont la Fondation Sen’finance, a choisi notre pays pour organiser, pour la première fois en Afrique de l’Ouest, sa conférence internationale annuelle. Pour Souhaibou Guèye, la Fondation Sen’finance est née dans un contexte de lutte contre la pauvreté, avant d’intégrer l’Inaise, réseau mondial dédié à la finance sociale et solidaire.

 « Aujourd’hui, nous vivons dans un monde dominé par l’économie de marché où il faut faire face aux défis pressants de la lutte contre la pauvreté, de l’exacerbation des inégalités sociales, du chômage et de l’accès équitable des populations aux services sociaux de base », a déclaré le Premier ministre du Sénégal, qui présidait l’ouverture de la conférence. Pour Mahammed Boun Abdallah Dionne, « l’économie sociale et solidaire, par sa capacité à créer de la valeur ajoutée et de la richesse pour les plus démunis, contribue à relever ces défis, et constitue, en même temps, un puissant levier pour l’inclusion sociale ». « En faisant le pari de l’économie sociale et solidaire, a-t-il ajouté, nous poursuivons, ensemble, l’objectif d’une meilleure cohésion sociale ».

Valeurs d’équité, de solidarité et de justice sociale

Il s’agira, a-t-il indiqué, d’opter pour des stratégies qui, au-delà de la croissance, de la rentabilité et du profit, sont également fondées sur des valeurs d’équité, de solidarité et de justice sociale. C’est tout le sens, l’intérêt et les enjeux qui s’attachent, à ses yeux, à cette conférence. Le thème témoigne, de l’avis du Premier ministre, de la dimension universelle de l’économie sociale et solidaire. En dépit de la diversité des expériences et des spécificités propres à chaque pays, le choix de ce thème offre, pour lui, « l’opportunité de plaider pour la recherche systématique de convergence, de solidarité et de complémentarité entre toutes les initiatives qui mettent en œuvre les valeurs de l’économie sociale et solidaire ».

Plus de 200 participants d’origines diverses vont réfléchir et partager leurs expériences sur la promotion de l’économie sociale et solidaire à l’échelle mondiale au cours de cette conférence. M. Dionne croit savoir que cette rencontre est également un moment important pour ouvrir des perspectives et partenariats à l’échelle des continents et encourager le financement des projets de l’économie solidaire et sociale à l’image de ce qui se fait dans notre pays par des champions dans le domaine. Auparavant, le président du conseil de la Fondation Sen’finances, Souhaïbou Guèye, avait magnifié l’intérêt que le Sénégal accorde à l’économie solidaire et à la micro finance qui s’est traduit par la création, en 2017, d’un département ministériel dédié. Par ailleurs, le président d’Inaise, Milder Villegas, reste convaincu que les organisations africaines et surtout sénégalaises peuvent occuper une place de choix au sein de leur réseau.

Souleymane Diam SY

La note du Sénégal en termes de perspectives économiques passe de B+ stable à B+ positive (favorable), selon une nouvelle notation de l'agence américaine Standard & Poor's. Sur les seize pays africains ayant une notation financière internationale, seuls l’Afrique du Sud (Baa3/BB), le Maroc (BBB-) et la Namibie (Ba1) ont une meilleure notation que le Sénégal (Ba3 stable ; B+/perspective positive). Le Sénégal a une meilleure notation que des pays comme le Nigéria (B2/B), l’Egypte (B3/B), la Tunisie (B2), le Kenya (B+/stable) et le Cameroun (B). La Côte d’Ivoire a la même notation Moody’s que le Sénégal. Cependant, sa notation Fitch, qui est la même que celle S&P du Sénégal (Fitch la même grille de notation que S&P), porte sur une perspective stable, selon la même source. Dans un communiqué du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, on note que « l’opinion de S&P repose sur la consolidation de la croissance  qui devrait rester forte sur la période 2018–2021, et les efforts du gouvernement pour réduire le déficit budgétaire et le déficit du compte courant ».

Invité du journal de 20 heures de la Rts, Amadou Ba a indiqué que cette nouvelle notation du Sénégal illustre le succès de la mise en œuvre du Pse. « La vérité est que le Sénégal est sur une trajectoire de croissance forte. Notre pays est bien apprécié par la communauté internationale », a-t-il commenté, tout en précisant que « les agences de notation sont des structures autonomes et indépendantes qui évaluent des pays développés et en voie de développement ». Standard & Poor's, Fitch  et Moody’s sont les trois agences de rang mondial. Selon le ministre, les pays sont parfois notés par deux agences. Le Sénégal, précise-t-il, est noté par Standard & Poor's et Moody’s).  « Moody’s, a-t-il rappelé, a revu la notation du Sénégal en 2017 ». « Alors que Standard & Poor's, connu pour être assez conservatrice, vient de revoir les perspectives du Sénégal en estimant que notre pays avait une perspective favorable », poursuit-il. 

« D’ici à un an, a fait savoir Amadou Bâ, le Sénégal dépassera cette notation, si la croissance se poursuit, le déficit maîtrisé, l’inflation gérée ainsi que le risque d’endettement ». Dans ce même sillage, il précise que quatre critères sont fondamentaux dans la notation d’un pays : la solidité économique, la solidité institutionnelle, la solidité budgétaire et la capacité à résister à des événements imprévus (catastrophes). Sur l’ensemble de ces critères, assure le ministre, « le Sénégal, avec la mise en œuvre du Pse, est sur une très bonne trajectoire ». Cette nouvelle notation du Sénégal pourrait favoriser, à l’en croire, d’autres partenariats. « Nous l’avons déjà senti. La dernière mission du Fmi a été concluante », dit-il. Et Amadou Ba rappelle que le Sénégal était l’année dernière sur les marchés internationaux pour la levée des ressources. « Nous avons été plus performants que tous les pays qui sont dans la même catégorie que le Sénégal et qui étaient présents sur les marchés internationaux ».  Cette note ouvre, à son avis, des perspectives pour le Sénégal. « Si l’on maintient cette trajectoire de croissance, a-t-il souligné, le Sénégal va connaître ; sur les trois prochaines années, avec la mise en œuvre du Pse, une croissance supérieure à 6%, et continuer de gérer son budget de manière rigoureuse et transparente en maîtrisant son déficit et un contrôle parfait sur sa politique d’endettement ».  Pour M. Bâ, « depuis 1980, c’est la première fois que le Sénégal aligne sur trois années consécutives une croissance supérieur à 6% ». Alors que le président Macky Sall a hérité d’un déficit budgétaire qui était à 6,7%, a rappelé le ministre selon qui celui-ci est aujourd’hui à 3,5%. Ce succès est dû, selon lui, à une « inflation maîtrisée et une politique d’endettement prudente qui permet au pays de faire des progrès considérables ».

Souleymane Diam SY

 

Kaluga : La belle victoire d’entrée, avant-hier à Moscou face à la Pologne n’y a rien fait. La Tanière installée à Kaluga pour les besoins du Mondial « Russie 2018 » est restée cloîtrée derrière ses portes. Les journalistes qui espéraient un plus large accès aux joueurs au lendemain de ce succès porteur d’espoirs, voire une journée « portes ouvertes », ont vite déchanté. Ils n’ont eu droit qu’aux 15 premières minutes de la séance d’entraînement d’hier après-midi au stade Sputnik de Kaluga. Autant dire presque rien. Car, le temps pour les joueurs d’enfiler leurs godasses, de faire quelques tours de terrain et pour les photographes et cameramen de fixer quelques images sur pellicule, et c’était déjà fini.

Pourtant, c’était mieux que ce qui avait été initialement retenu : un huis clos tout bonnement.   D’ailleurs, accéder au saint des saints, ce stade Sputnik (d’entraînement) entièrement construit en direction de cette Coupe du monde et en moins de six mois, était plus compliqué hier qu’avant la première sortie de l’équipe. Le premier barrage policier qui naguère se contentait de contrôler la conformité des badges d’accréditations des journalistes, n’a voulu laisser passer aucun véhicule de presse ou taxi. Il fallait débarquer à quelque trois cents mètres du stade, se taper le reste de la distance à pied avant de franchir le deuxième cordon de sécurité et de passer sous les portiques électroniques cent mètres plus loin pour avoir droit à son quart d’heure réglementaire. Après quoi, il faut se trouver un taxi pour retourner à l’hôtel.

Ce qui, à Kaluga, n’est pas une mince affaire. Si bien que certains confrères ont passé trois fois plus de temps à attendre un moyen de transport qu’à regarder les remplaçants et les réservistes du match Pologne – Sénégal leur donner quelques petites raisons de justifier leur déplacement. Bunker a rarement été aussi hermétique par le passé. Contexte de coupe du monde en terre russe oblige ? Peut-être pas ! Car, il y a toujours des plages de rencontres que les responsables du foot national auraient pu aménager avec les envoyés spéciaux de la presse sénégalaise qui constituent, quoi qu’on en pense, une composante de la délégation de notre pays à ce rendez-vous planétaire. Les supporters, n’en parlons même pas. Leurs joueurs, ils ne les verront qu’aux stades. Les rares qui, dans la foulée du succès inaugural de leurs favoris face à la Pologne, se sont déplacés hier au stade Sputnik dans l’espoir d’assister à l’entraînement, n’ont même pas eu accès au site. Ils ont juste pu apercevoir des joueurs bien calés dans les sièges de leur bus.

De nos envoyés spéciaux : Cheikh Fantamady KEITA, Diégane SARR,
Samba Oumar Fall, B. Khalifa NDIAYE (textes) Abdoulaye MBODJI (photos)

Amsatou Fall, superviseur des Lions du Sénégal
«Contre le Japon, ce sera un match complètement différent»

Kaluga : Ils forment un quatuor qui est l’oreille et les yeux de l’entraîneur national Aliou Cissé dans ce Mondial « Russie 2018 ». Amsata Fall, Bassouaré Diaby, Youssouph Dabo et Serigne Saliou Dia, en effet, sont les « hommes de mission » chargé d’espionner l’adversaire des Lions dans le Groupe H. Et récemment Youssouph Dabo puis Amsatou Fall ont eu à superviser le Japon, prochain adversaire du Sénégal pour le compte de la 2e journée du groupe H de cette coupe du monde. « Je pense que ce que nous avons vu contre la Pologne rassure, avec une équipe du Sénégal très disciplinée tactiquement et une gestion des temps faibles qui était une de nos difficultés. Parce que dans un match, il ne peut pas y avoir tout le temps des moments forts », a indiqué Amsatou Fall qui revenait sur le match du Sénégal contre la Pologne.

A son avis, l’équipe polonaise qui a été supervisée deux fois, le 8 juin et le 12 juin (contre le Chili et devant la Lituanie), était venue avec deux systèmes de jeu. « Contre le Sénégal, ils ont mis en place deux organisations. D’abord avec du 4-2-3-1 et en seconde période avec du 3-4-3. Et c’est ce que nous avions relevé durant nos observations », a révélé l’ancien directeur technique national et actuel directeur exécutif de la Ligue pro. Cependant, il estime que la supervision est différente du match. « Toutefois, je pense que le Sénégal a joué l’un de ses meilleurs matches. Evidemment, tout n’a pas marché parce que c’était un premier match où on pouvait noter le stress pour ces jeunes qui découvraient la coupe du monde. Mais globalement, on a vu une équipe du Sénégal très rassurante par rapport à l’avenir, et elle a joué un bon match parce que ça nous a permis de marquer deux buts et de n’en encaisser qu’un », s’est-il réjoui. Quant à la gestion de cette victoire dans la perspective du prochain match, Amsatou Fall estime que c’est du domaine du coach qui connaît suffisamment le haut niveau pour avoir joué une coupe du monde et parce qu’il dirige cette équipe depuis quelques années maintenant. « Mais il ne sert  à rien de s’enflammer, au contraire c’est bien de savourer la victoire à la fin du match, mais après il faut préparer le prochain. Et le match contre le Japon sera différent de celui joué contre la Pologne. Il faut maintenant tirer les enseignements et étudier ce qui a marché et ce qui ne ’a pas été. On sait que le Japon a une équipe très joueuse, ayant une bonne maîtrise collective. Nous dirons à Aliou Cissé ce que nous savons de cette équipe du Japon, à charge pour lui de mettre en place les bonnes solutions pour vaincre l’adversaire. Mais nous gardons la primeur de ces informations pour l’entraîneur Aliou Cissé », a t-il conclu.

Au cœur du Mondial
Des verdicts et du suspense

Moscou (Russie) : La réaction du Maroc était attendue après sa défaite inaugurale dans le Groupe B de la 21ème Coupe du monde de football devant l’Arabie saoudite (0 – 1).
Mais, hier à Moscou, malgré une très belle opposition face au Portugal, les Lions de l’Atlas ont subi le deuxième revers de rang (0 – 1) qui les élimine d’ores et déjà de la course au second tour. Une réalisation matinale de Cristiano Ronaldo, plus que jamais meilleur buteur de la compétition avec 4 buts en deux matches, a ruiné les chances de Benatia et ses partenaires de poursuivre l’aventure. Il leur reste un dernier match, lundi prochain à Kaliningrad contre l’Espagne, avant de faire leurs valises. L’Espagne qui, comme sa voisine lusitanienne, s’est également imposée hier à Kazan aux dépens de l’Iran (1 – 0).

Ce qui promet une dernière journée particulièrement indécise dans ce groupe B. Puisque si un premier verdict est tombé (avec l’élimination du Maroc), tout reste possible pour les trois autres équipes. Car si les rivaux ibériques (4 points pour chaque équipe) ont l’avantage numérique, l’Iran (3 points) qui fera face au Portugal à Saransk peut espérer prendre l’une des deux places qualificatives au second tour.
Dans le Groupe A, l’Uruguay qui a signé sa deuxième victoire de rang aux dépens de l’Arabie saoudite, a rejoint au second tour la Russie, pays hôte qualifié la veille après son succès sur l’Egypte. Lors de la dernière journée, Russes et Uruguayens s’expliqueront pour la première place du groupe alors que Saoudiens et Egyptiens s’affronteront pour l’honneur d’éviter la dernière place. 

Aujourd’hui, dans le Groupe C, les « riches » feront face aux « pauvres » avec pour objectif de composter leur billet pour le second tour dès après la deuxième journée. Ainsi, la France qui avait battu l’Australie et le Danemark qui était venue à bout du Pérou échangeront leurs adversaires qui eux tenteront de se remettre en selle pour la qualification. Par ailleurs, on suivra avec beaucoup d’entrée le retour en piste, à Nijni Novgorod, de l’Argentine de Lionel Messi, annoncée parmi les favoris de cette compétition. Mais qui n’avait pu faire qu’un piteux match nul (1 – 1) face à l’Islande qui redoutait un baptême du feu en Coupe du monde bien plus compliqué.  

Les résultats enregistrés hier
Groupe A : Uruguay – Arabie saoudite 1 – 0
Groupe B : Portugal – Maroc 1 – 0 ; Iran – Espagne 0 – 1
Programme du jour
Groupe C à Samara à 12 h : Danemark – Australie ; à Ekaterinbourg à 15 h : France – Pérou
Groupe D à Nijni Novgorod à 18 h : Argentine – Croatie

« A la maison, on mange polonais et sénégalais mais aujourd’hui, on a eu du mafé, au déjeuner. Je n’y avais pas pensé mais c’était, peut-être, un bon présage pour la victoire du Sénégal », sourit Anna Haris. Se présentant comme « Sénégalaise d’origine polonaise », Anna Haris vit à Dakar depuis 18 ans. En ce jour de match, elle était présente à la Maison de Céline, un restaurant des Almadies, où la communauté polonaise du Sénégal s’était donné rendez-vous pour suivre le match Pologne-Sénégal. Entre tensions et légèreté, Anna a suivi la première mi-temps partagée entre plusieurs sentiments. « J’avoue que mon cœur est partagé. Je suis content pour les Lions et j’ai un peu mal pour mon équipe de pays d’origine. Je souhaite un match nul 2 à 2 comme score final », commente-t-elle, à 1 à 0 en faveur du Sénégal après 45 minutes de jeu. C’est le moment choisi par Mansour Haris, son époux, pour la rejoindre dans la grande salle de ce resto dakarois. « J’ai regardé la première mi-temps à l’ambassade des Etats-Unis à Dakar où je travaille », s’excuse-t-il, presque.  Depuis le tirage au sort du mois de décembre, le couple sénégalo-polonais attendait « ce jour (hier) avec impatience ». Ils sont mariés depuis une vingtaine d’années. En 1989, Mansour Haris partait poursuivre ses études en Pologne avec une bourse de l’Etat polonais. Il y a vécu huit ans et y a rencontré Anna, devenue son épouse. Après la naissance de leur fille, âgée aujourd’hui de 20 ans, le couple a fait le choix de venir vivre au Sénégal où est né leur fils de 16 ans. « Le garçon était pour le Sénégal alors que sa sœur aînée pour la Pologne », confie Mansour. Tout au long de la seconde mi-temps, le couple a participé à décrisper les tensions dues à une rencontre de coupe du monde. Entre blagues, défis et complicité, Anna et Mansour Haris ont représenté le visage avenant des relations entre les deux pays. « C’est un symbole de ce que nous voulons faire des relations entre nos deux pays », souffle discrètement, Margareta Kassangana, l’ambassadeur de la Pologne au Sénégal.

M. DIOP

Des Polonais vivant à Dakar se sont retrouvés aux Almadies pour suivre le match opposant leur équipe nationale aux Lions du Sénégal. La mine  déconfite, les Polonais ont encaissé le choc de la défaite.

Dans le quartier cossu des Almadies, l’endroit fait exception. Paillote, piscine, patio, des tabourets hauts comme les talons aiguilles des Spice Girls côtoient des fauteuils mêlant vintage et modernité aux couleurs beige-noir. Et pourtant, c’est le vert-jaune-rouge combiné au rouge-blanc qui prédomine dans la grande salle de ce restaurant, privatisé pour l’occasion. Sur chaque plan de table, le drapeau du Sénégal avec l’étoile verte chère à Léopold Sédar Senghor se dresse avec fierté en face de celui centenaire, cette année, de la Pologne avec ses armoiries frappées d’un  aigle argenté dont le bec et la couronne sont dorés. Une « délégation » de diplomates a laissé tomber le costume cravate et les tenues solennelles pour investir dans l’artillerie du parfait supporter : t-shirts, maillots, écharpes mais aussi un couvre-chef original sous forme de mixte putatif entre le chapeau de cow-boy américain et celui d’un bucheron canadien aux couleurs rouges et blanches. La salle se remplit de personnes à majorité polonaise avec quelques Français et Sénégalais.

A l’écran, les joueurs Sénégalais puis Polonais déploient cordes vocales pour leurs hymnes respectifs, mêlant des émotions partagées. Le football, cette passion légère qui campe successivement chants guerriers hurlés à pleine poitrine et la futilité du jeu.

« Que le meilleur gagne ! », lance Margareta Kassangana, l’ambassadeur de la Pologne au Sénégal, arrivée à Dakar en janvier 2017, quelques mois seulement après l’ouverture de la représentation diplomatique en terre sénégalaise. Mais il n’y a pas que des diplomates dans la salle. La communauté polonaise compte des résidents au Sénégal depuis plusieurs années. Sœur Chrysologa Regine Mnich en fait partie. Cette religieuse est très partagée au moment des pronostics. « J’ai vécu 28 ans en Pologne. Et cette année, j’en suis à ma 28ème année de présence au Sénégal. Donc, je souhaite une égalité parfaite entre mon pays d’origine et celui d’adoption ». L’ambassadeur Margareta Kassangana, elle, parie sur un « 2 à 1, bien sûr pour la Pologne ».

Regain d’espoir
La première mi-temps est rythmée de « ohhh » pour les rares opportunités polonaises gâchées, de « dobra » (bien en polonais) pour les dégagements défensifs et de moqueries sur les prononciations aléatoires des noms polonais par les commentateurs d’une chaîne cryptée française. Jusqu’à la 37ème minute et le but sénégalais à la suite d’une frappe de Gana Guèye déviée par un défenseur polonais. Et là, c’est le drame. Les mines déconfites, la tête entre les mains, les Polonais encaissent le choc. Le silence devient d’or. On pourrait entendre voler une mouche.

Les quinze minutes de la mi-temps deviennent un théâtre de Vaudeville avec des préméditations de rebondissement sur un ton léger. L’ambiance de la salle est remontée à la reprise du jeu. Margareta Kassangana, diplomate polonaise qui tient son métissage d’un père « Congolais », demande « le carton rouge » pour Salif Sané qui a stoppé un Polonais lancé plein champ vers le but sénégalais. Espoir déçu tout comme celui d’égaliser car Mbaye Niang, plein de malice, marque le deuxième but. Cette fois, point de silence de cathédrale, la dérision est un bon palliatif contre toute forme de dépression.

Anna et Mansour Haris, un couple sénégalo-polonais qui vit au Sénégal depuis 18 ans, mettent l’ambiance. « Pourquoi tu ne viens pas t’asseoir à mes côtés », lance Anna à son mari situé du côté des Sénégalais, à l’autre bout de la salle. « Non merci », rétorque l’époux retors. Ce qui amuse la galerie et dépassionne les débats. « Mansour, je ne sais pas tout mais Anna peut rendre difficile ta vie ce soir », prévient subtilement l’ambassadeur Margareta Kassangana. La réduction du score à trois minutes de la fin du match donne un regain d’espoir. « On va égaliser », encourage la diplomate. Le coup de sifflet final de l’arbitre est accueilli par des « oohhh » de résignation. Un trentenaire polonais félicite les Sénégalais tout en espérant « que les pays vont se qualifier » et donne « rendez-vous en finale de Coupe du monde pour la revanche ». Chiche !

Moussa DIOP (Textes) et Mbacké BA (Photos)

 


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