On en parle (91)

Les principaux responsables libyens ont conclu, hier, un accord de sortie de crise de la Libye, pour des élections de la base au sommet, vers la fin de l’année. Le Premier ministre Fayez al-Sarraj, le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est du pays, le président de la Chambre des représentants Aguila Salah Issa, et celui du Conseil d'Etat Khaled al-Mishri ont scellé leur entente en présence de représentants de 19 pays impliqués dans le dossier parmi lesquels les cinq membres du conseil de sécurité de l'Onu, de l'Italie, des voisins que sont l’Egypte, la Tunisie et le Tchad.

Denis Sassou-Nguesso, qui préside le comité de haut niveau de l'Union Africaine sur la Libye, était aussi de la partie, de même que le chef de la mission de l'Onu pour la Libye, Ghassan Salamé, chargé de superviser le processus.

Une forte assemblée de dirigeants, à hauteur de l’ampleur de la crise libyenne et de ses ramifications, notamment en Afrique, et l’appel d’air qu’elle constitue pour des centaines de jihadistes chassés du front syrien depuis quelques mois.

Cette rencontre au sommet est le moins que puissent faire les puissances occidentales qui ont abusivement interprété une résolution des Nations Unies pour mettre fin au régime de Mouammar Kadhafi en 2011 sans se soucier des conséquences sur l’équilibre intérieur et sous régional. Un chaos qui a fait du pays un no man’s land de plus d’un million et demi de kilomètres carrés de désert sans fin à la merci des jihadistes, trafiquants d'armes, de drogue et d'êtres humains, depuis sept ans.

S’en est suivie une déstabilisation de toute la bande soudano saharienne, du bassin du Lac Tchad et de l’Afrique centrale, poussant la France, dans un effort sans précédent, à se jeter en première ligne avec la force Barkane au Sahel.

Lorsque la crise migratoire vient s’y greffer avec son lot de morts au quotidien et la forte mobilisation de l’opinion publique occidentale, le Président Macron a toutes les raisons d’en faire l'une des priorités de sa politique internationale pour gagner le suffrage des électeurs français. Il avait fait un pas important en organisant, en juillet 2017, une rencontre entre les deux protagonistes Sarraj et Haftar, à Paris, dans le sillage des efforts diplomatiques menés par l'Onu et les pays d'Afrique du Nord.

Cet accord est un grand pas dans le sens des aspirations des populations civiles libyennes, pressées d’en finir avec l’insécurité et le chaos économique. En témoigne l'enregistrement de plus de 2,5 millions d’électeurs dont 43% de femmes, sur une population de six millions d'habitants.

L’incertitude demeure, cependant, avec les milices et autres jihadistes à qui profite la situation sur le terrain.

Par Alassane DIAWARA

Durant ce 30ème Sommet de l’Union africaine, en Ethiopie, l’organisation panafricaine a enfin décidé de prendre le taureau par les cornes pour lutter contre la corruption, qui mine les efforts de développement du continent. En l’inscrivant dans son ordre du jour, elle donne un peu d’espoir aux Africains qui ne cessent de dénoncer le phénomène devenu un véritable fléau. Tant la corruption a atteint « des proportions alarmantes en Afrique » (dixit Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Ua. Selon lui, la corruption couplée avec les flux financiers illicites, prive l’Afrique d’à peu près 50 milliards de dollars américains, soit au minimum 25.000 milliards de FCfa par an. Un chiffre qui fait froid au dos. Et pourtant, on a l’impression que le phénomène est banalisé tellement il est présent dans notre quotidien. Cette corruption est à la fois active (proposer de l’argent ou un service à une personne en échange d’un avantage indu) ou passive (accepter cet argent).

Certes, la corruption existe dans tous les pays (riches ou pauvres), mais elle semble trouver un terreau fertile dans ceux plus pauvres marqués par la mal gouvernance, la racine du mal. Quoi qu’il en soit, elle transgresse toujours la frontière du droit et de la morale. C’est pourquoi la décision de l’Ua est à saluer, même si, il ne faut pas se voiler la face, certains de nos chefs d’Etat sont empêtrés dans des procès de corruption ou accusés d’enrichissement illicite.

Lutter contre la corruption est un impératif pour un continent si riche en matières premières (qu’il n’arrive pas à transformer), très riche de ses ressources humaines et de ses très imaginatifs jeunes, mais un continent si endetté. Or, cette manne financière qui échappe à nos trésors publics aurait pu servir à construire plus d’écoles, d’hôpitaux, de routes, à financer les projets continentaux, la sécurité, à éviter l’humiliation de la main tendue, mais surtout de créer des emplois aux jeunes et aux femmes, ce qui pourrait mettre fin à ces images insoutenables de Noirs agglutinés dans des barques de fortune pour essayer de rejoindre l’Europe, devenue de plus en plus inhospitalière. Faut-il rappeler aux Africains que c’est l’argent qu’ils cachent en Occident ou ailleurs qui est utilisé par ces derniers pour se développer et venir les dominer encore ?

Pendant ce temps, faute d’épanouissement des populations, la démocratie et l’Etat de droit sont sapés, les droits les plus élémentaires mais fondamentaux (éducation, santé, alimentation…) sont bafoués. La qualité de vie se dégrade et la criminalité organisée, le terrorisme et d’autres menaces pour la sécurité humaine s’intensifient. Nos pays deviennent alors de plus en plus instables, comme le fait remarquer l’Onu. Autant dire à nos dirigeants que cette lutte est celle qui vaille et que leur décision ne soit pas un simple vœu. La jeunesse africaine attend d’eux plus des actes que des vœux.

Par Daouda Mané

Le Mali n’en finit pas avec la violence entretenue sur son territoire par les djihadistes depuis janvier 2013. Fragilisé dans le Nord du pays par la rébellion touarègue, le pouvoir de Bamako a été sauvé in extremis par l’intervention militaire française. Toutefois, malgré la présence des soldats français et ceux de l’Onu (Minusma) venus en appui, le Mali ressemble toujours à un grand corps malade gangréné par des groupes rebelles. Hier, 24 Maliens et Burkinabé à bord d’un véhicule de transport en commun ont été tués par l’explosion d’une mine. Malgré les accords d’Alger signés en juin 2015 entre le gouvernement malien et la rébellion du Nord pour une réconciliation nationale, Bamako voit toujours sa souveraineté fortement restreinte dans la région de l’Azawad (Nord).

Malgré la mise en place d’autorités intérimaires dans ces régions, elles ne parviennent pas à asseoir une administration à cause des blocages des rebelles. Et les patrouilles mixtes prévues entre ces derniers et l’armée malienne n’ont fait que de tout petits pas. Pire, le centre du pays, jusque-là considéré comme calme et sûr, commence à être gagné par la violence. L’évaluation récente (octobre 2017) qui a été faite des accords d’Alger a noté quelques avancées telles que l’opérationnalisation des régions de Taoudéni, Ménaka et des cercles de Almoustarat et Achibagho ; la nomination et prise de fonction des représentants de l’Etat (gouverneurs, préfets et sous-préfets) à Ménaka, Taoudéni, Almoustarat et Achibagho ; la nomination des conseillers spéciaux auprès du représentant de l’Etat dans les cinq régions concernées ou encore la tenue de la conférence de Paris pour le financement de la stratégie de développement.

Cependant, d’importants points restent toujours sans solution comme la non mise en place des autorités intérimaires au niveau de cercle et communes ; la non adoption de la loi de création des collectivités territoriales des régions de Taoudéni et de Ménaka et des cercles d’Achibagho et d’Almoustarat ; le manque de consensus sur les recommandations issues de la Conférence d’entente nationale pour l’élaboration de la charte pour la paix, l’unité et de la réconciliation nationale (Article 5 de l’Accord)…

Cette présentation sur les points d’accord et de blocage est loin d’être exhaustive, mais elle montre les difficultés que rencontre la mise en œuvre des accords d’Alger. C’est pour secouer le cocotier que l’Onu vient d’adresser au gouvernement de Bamako un ultimatum pour leur application sous peine de sanctions. Pris d’une part entre la pression populaire qui exige le rétablissement de l’autorité de Bamako au Nord, car soupçonnant à tort ou à raison la France de vouloir amputer ce territoire de l’ensemble malien, et d’autre part, par des groupes djihadistes métastasés et des rebelles qui signalent à droite et tournent à gauche, le régime d’Ibrahima Boubacar Keita ne sait plus par quel bout prendre le problème. D’ailleurs, l’instabilité gouvernementale qui le caractérise semble être le reflet de cette situation.

Il n’est pas du tout certain que la pression de l’Onu puisse ouvrir des perspectives dans le sens voulu, du moins dans l’immédiat. Car comme le dit un adage de chez nous, « un seul bracelet ne peut cliqueter ». Bamako a beau vouloir la paix, mais en face, ses interlocuteurs ne regardent pas dans la même direction, IBK pourrait signifier « Installé à Bamako et non à Kidal » selon le bon mot de l’humoriste Adama Dahico.

Par Ibrahima MBODJ

La Turquie est finalement passée à l’offensive, ce week-end, pour prendre le contrôle d’Afrine, canton frontalier situé dans le nord-ouest de la Syrie. Cette opération militaire, lancée en territoire syrien sous le nom de « Rameau d’olivier », a pour objectif principal d’amoindrir l’influence kurde dans la région et d’empêcher à tout prix la constitution d’un espace aux mains des Kurdes aux frontières de la Turquie. Ce faisant, la Turquie a déclenché, par la même occasion, la première bataille de l’après-Daech.

Afrine est contrôlé par les milices kurdes des Unités de protection du peuple (Ypg), bras armé du Parti de l’union démocratique (Pyd), lui-même considéré comme la branche syrienne du Pkk, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Or le Pkk, en guérilla contre les forces turques depuis 1984, est classé comme organisation terroriste par Ankara, mais aussi par une bonne partie de la communauté internationale, dont les Etats-Unis et l’Union européenne. Cependant, les Ypg coopèrent aussi avec la coalition arabo-occidentale au sein des Forces démocratiques syriennes (Fds), le fer de lance de la lutte contre les djihadistes de l’organisation Etat islamique (Daesh).

«Rameau d’olivier» relance donc le grand jeu des alliances dans la tragédie syrienne. Une opération qui semble avoir la bénédiction de la Russie mais place les Etats-Unis et l’Otan dans une situation délicate. Car les combattants kurdes, très engagés aux côtés de la coalition internationale anti-Daesh, sont en première ligne dans le nord-est de la Syrie et ont combattu pour reprendre Raqqa, la ville où ont été fomentés les attentats du 13 novembre en France. La France craint que l’offensive turque détourne les forces combattantes kurdes du combat primordial contre le terrorisme.

«Rameau d’olivier» expose également les profondes divergences entre la Turquie et Washington et adresse un message fort aux Etats-Unis. Ce sont, en effet, sur ces mêmes forces kurdes que les Etats-Unis, qui mènent la coalition mondiale anti-Daesh, s’appuient pour ne pas avoir à déployer des troupes américaines au sol. Le régime turc voit d’un très mauvais œil cette alliance entre les milices kurdes séparatistes et ce membre de l’Otan et n’a de cesse de la critiquer. La récente décision de Washington de livrer des armements modernes à leurs alliés kurdes en Syrie et de former une force frontalière dans le nord de la Syrie de 30.000 hommes, dont la moitié d’Ypg, pour maintenir la sécurité dans les zones nettoyées des djihadistes, a fait monter la tension d’un cran.

«Rameau d’olivier» illustre une nouvelle phase dans les relations entre la Russie, alliée de Damas, et la Turquie, déjà garants avec l’Iran du cessez-le-feu en vigueur en Syrie et de l’implantation de zones de désescalade depuis mai 2017. Les bombardements de l’aviation turque, ce week-end, n’ont été rendus possibles qu’avec l’accord de la Russie, qui contrôle l’espace aérien dans la région. Par ce geste, le Kremlin pourrait chercher à apaiser Ankara, mécontente ces dernières semaines de l’avancée des troupes de Bachar al-Assad, appuyées par les forces russes, en direction de la zone de désescalade syrienne d’Idleb (nord-ouest), où sont déployées des forces turques.

Alors que jusqu’à présent, Moscou entretenait de bons rapports avec les Kurdes de Syrie, cherchant notamment à inclure le Pyd à la table des discussions sur l’avenir de la Syrie, malgré les vives critiques d’Ankara, «Rameau d’olivier» pourrait rebattre les cartes. En autorisant cette opération, la Russie essaierait de faire comprendre aux Kurdes qu’elle n’appréciait pas leur rapprochement avec les Etats-Unis. Un rapprochement américano-kurde qui pourrait menacer, à terme, l’alliance entre le régime syrien et la Russie.

Des voix en Turquie s’interrogent cependant sur la capacité de l’armée turque à mener cette mission. Fragilisée par les vastes purges menées au lendemain du coup d’Etat manqué de juillet 2016, elle avait éprouvé des difficultés lors de l’opération Bouclier de l’Euphrate. A Afrine, les Ypg seraient entre 8.000 et 10.000 combattants, selon le Premier ministre turc. Sur ce terrain compliqué et dans une zone qui leur est familière, les combattants kurdes possèderaient des armes lourdes sophistiquées et la réaction de la population locale face à cette opération reste une inconnue.

Par Dié Maty FALL

A la suite de la clameur déclenchée par les propos « inappropriés » tenus par le président américain Donald Trump sur Haïti, le Salvador et certaines nations africaines, une question s’impose : Les Etats-Unis ont-ils encore une diplomatie ? Si en dehors de sa fonction de représentation, celle-ci consiste à trouver des solutions ou des compromis par négociations sur des questions clivantes, on peut alors dire que la démarche des Etats-Unis au plan international s’écarte de plus en plus de cette définition.

Voyons comment se présente cette situation : Il y a d’abord les tweets rageurs de son président qui, apparemment, ne passent pas par le filtre des diplomates et qui, à chaque fois, soulèvent des vagues. Les Etats-Unis sont devenus la seule grande puissance dont les réseaux sociaux ont la primeur de ses prises de position diplomatiques. On se souvient de la querelle des tweets entre le président Trump et son jeune homologue nord-coréen au sujet du programme nucléaire et balistique de Pyongyang. Au département d’Etat, d’ailleurs insuffisamment pourvu en diplomates depuis l’arrivée de Trump, cette accoutumance présidentielle à étaler les positions des Etats-Unis sur Twitter doit certainement être une grande préoccupation.

Aux Nations unies, Nikki Haley, la représentante des Etats-Unis, menace régulièrement de ses foudres, les pays qui osent tenir tête à Washington. Ainsi, le 21 décembre dernier, lors de la résolution de l’Onu condamnant la décision américaine de faire de Jérusalem la capitale d’Israël et au cours de laquelle 128 pays ont émis un vote favorable, 35 se sont abstenus et 9 ont voté contre, Mme Haley a menacé en disant que l’Amérique se souviendra le moment venu des pays qui ont voté oui.

Des accords internationaux comme la Cop 21 de Paris ou le traité de libre-échange transpacifique (Tpp) soupçonné d’avantager la Chine ont été enterrés par Trump. Ce dernier, voulant mettre en œuvre son slogan de campagne « America first », a décidé de détricoter tous les accords qu’il estime défavorables à son pays. Et en voulant faire passer les intérêts américains sans tenir compte de ceux de ses vis-à-vis, Donald Trump accentue l’unilatéralisme dont on accuse souvent les Etats-Unis.

Cette attitude a renforcé les risques de guerre commerciale avec l’Ue mais surtout avec la Chine considérée comme un adversaire économique stratégique. Avec la Russie, les relations déjà envenimées à dessein sous l’ère Obama par des sanctions économiques et les empoignades géopolitiques (Ukraine, Syrie, pays baltes) ne se portent guère mieux et toute embellie semble bloquée par la fausse querelle sur la supposée immixtion russe dans les élections américaines.

Concernant l’Iran, le « génie stable » menace de sortir de l’accord P5+1 de juillet 2015 (les 5 membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) qui avait permis de lever les sanctions infligées à ce pays à cause de son programme nucléaire. Et il donne 3 mois à ses « partenaires » européens pour retoquer l’accord faute de quoi, les Etats­-Unis sortiront de celui-ci.

Avec la Corée du Nord, Washington montre les muscles et menace d’intervenir si ce pays poursuit son programme nucléaire. Aucune tentative de dialogue n’a été notée, mais à la place de dures sanctions ont été votées à l’Onu à l’initiative des Etats-Unis. Ce faisant, il fait peser sur le monde une épée de Damoclès d’une guerre nucléaire.

En Syrie, Washington est intervenu militairement à la tête d’une coalition contre la volonté du gouvernement légitime et menace aujourd’hui le pays d’une partition au nord. Ce qui crée des tensions avec la Turquie craignant la création d’un Etat kurde qui lui prendrait un morceau de territoire. D’ailleurs Ankara, ulcéré par la tentative de coup d’Etat dans laquelle il soupçonne l’allié américain d’avoir trempé, est en train de s’éloigner de l’Otan (cf : Achat des systèmes anti-aériens S 400 russes).

Même l’Alena, l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis et ses paisibles voisins (Canada et Mexique) ne trouve pas grâce aux yeux du locataire de la Maison Blanche qui cherche à le renégocier.

Comme on le voit sur beaucoup de dossiers internationaux, Washington essaie de passer en force et utilise les sanctions comme une arme pour atteindre ses objectifs.

Le monde étant devenu multipolaire avec des puissances (Russie, Chine…) pouvant atomiser n’importe quel agresseur, la seule alternative qui vaille, ce sont les négociations pour trouver des solutions aux problèmes mondiaux et bilatéraux, autrement dit revenir à la diplomatie.

Par Ibrahima MBODJ

Dès après le tirage au sort des poules et des rencontres de cette 31ème Can de football, bien des spécialistes avaient coché la date du 23 janvier et ce match Sénégal – Algérie de la poule B. Pour tous, ce serait LE match du premier tour. Il est vrai qu’entre l’équipe classée n°1 au ranking de la Fifa et celle positionnée 5ème, deux favoris parmi les favoris, ça promettait des étincelles. Ce choc était annoncé comme devant déterminer l’ordre d’arrivée … en tête de poule des deux équipes. Or, par la faute des Fennecs qui n’ont pas été à la hauteur des attentes, l’intérêt de ce match très attendu s’est quelque peu dégonflé. Il promet toujours certes, mais pour d’autres raisons. Pour les Algériens, ce sera une question de survie, loin de la lutte pour l’hégémonie attendue. Leur défenseur Mesbah l’a reconnu hier : leur avenir dans cette Can ne dépend plus d’eux. Ils peuvent même battre le Sénégal et ne pas passer au second tour.

Aujourd’hui, ils supporteront donc le Zimbabwe qui, au même moment, affrontera la Tunisie à Libreville. Mais pas trop tout de même, puisque les Warriors peuvent bien leur souffler la deuxième place qualificative aux quarts de finale (Cf. l’article intitulé « Tout est encore possible »).

Et pour le Sénégal, ce « clasico africain », pour reprendre l’expression de Cissé le coach des Lions, il faudra le gagner parce que c’est important pour le capital confiance. Bien que qualifié avant cette troisième sortie, le Sénégal visera le sans-faute en matches de groupe face à « une bête blessée » et une équipe qui a de l’orgueil et qui a toujours su se battre lorsqu’elle était dos au mur. Huitième de finaliste du dernier Mondial au Brésil après avoir fait nul (0 – 0) avec l’Allemagne future vainqueur de l’épreuve et quart de finaliste de la dernière Can en Guinée équatoriale (après avoir sorti le Sénégal), éliminée par la Côte d’Ivoire qui avait été finalement couronnée, l’Algérie se consolerait au moins cette fois en se payant la crinière des Lions.

Seulement, ces derniers n’ont nullement l’intention de « rigoler », selon Gana Guèye. Et ils se feront un immense plaisir de renvoyer à la maison des Algériens qui, il y a deux ans, à ce même stade de la Can en Guinée équatoriale, les avaient définitivement boutés hors de la course à la succession du Nigeria. Rien que pour cela, ce match vaudra le déplacement.

D’un de nos envoyés spéciaux au Gabon, B. Khalifa NDIAYE

On craignait particulièrement ces Warriors à la lumière de leur superbe prestation d’entrée face à l’Algérie. Hier, on ne les a pas vus. Ce sont plutôt des Lions déterminés et engagés qui étaient de sortie. On craignait surtout Mahachi et Billiat, les n°10 et 20 zimbabwéens. On a plutôt vu Sadio Mané et Diao B. Keïta, leurs pendants sénégalais. Les garçons de Cissé savaient qu’il leur fallait mettre de l’impact, de l’agressivité. Et comme ils ont eu une relative réussite d’entrée (en tenant compte des deux occasions matinales gaspillées par Mame Birame), l’affiche a vite été bouclée. Les Guerriers portaient mal leur surnom. Les Lions, eux, ajoutaient un deuxième succès sur le même score de 2 buts à 0 à leur carte de visite et s’invitent d’ores et déjà en quarts de finale. Les premiers, toutes poules confondues. Comme ils avaient été les seuls à remporter tous leurs matches des éliminatoires à cette Can.

Onze ans que le Sénégal n’avait pas passé le premier tour, depuis qu’à la Can 2006 en Egypte, ils avaient même été jusqu’en demi-finale ! Quinze ans qu’il n’avait pas remporté ses deux premiers matches et cette qualification avant terme au Mali en 2002 où ils avaient disputé leur seule et unique finale continentale. Ce qui est rassurant, c’est que cette équipe peut encore progresser. Puisque face à la Tunisie, sa défense avait quelque peu inquiété. Et hier contre le Zimbabwe, son attaque a quelque peu prêté le flanc. Comme « le plus dur est à venir », ainsi que l’a reconnu le capitaine Cheikhou Kouyaté, il ne faut pas tomber dans l’autosatisfaction qui grise. L’objectif intermédiaire (passer en quarts) désormais atteint, avec, cerise sur le gâteau, la certitude de finir premiers du Groupe B, les Lions peuvent regarder devant.

  Cette « génération est talentueuse » n’a cessé de répéter le coach. Ses joueurs l’ont prouvé en étant les seuls à s’être imposés deux fois par deux buts d’écart et les premiers à s’inviter en quarts de finale. Finalement, la tradition a été respectée : à chaque fois que le Sénégal a battu le Zimbabwe, il a franchi une étape (Cf. notre édition d’hier). Cette fois, il ne faut pas qu’il s’en contente. Il y a le talent et la place pour aller au bout. Ce serait dommage de s’en priver et de ne pas saisir cette occasion.

D’un de nos envoyés spéciaux, B. Khalifa NDIAYE

Un forum très animé sur un site de rencontres. Le thème : où est passée la galanterie ? Courbettes, baisemains, mots doux, cadeaux, bref, l’attention masculine est traitée d’idiotie par des jeunes qui, décidément, bousculent toutes les convenances. La galanterie, une sincérité douteuse ? Allons ! Le dictionnaire nous renseigne que celle-ci est « l’art de plaire en société par une allure élégante, une politesse raffinée, des procédés obligeants, etc. ». Mais, il faut croire que les temps ont bien changé.

Il faut cependant concéder que face à des femmes libérées, modernes et qui réclament l’égalité à outrance, cette belle urbanité peut faire désordre. « Une survivance de l’esprit supérieur des hommes qui distribuent des gentillesses au sexe dit faible », commente une jeune fille qui ne doit avoir besoin d’un mâle compagnon que pour lui servir des grossièretés.

A une époque où le moindre sourire peut être interprété comme du harcèlement, il vaut mieux faire comme ce jeune homme à qui une demoiselle reprochait de ne pas être du tout galant. La faute du garçon : avoir trouvé une place assise dans un bus alors que nombre de filles étaient obligées de se tenir debout. La réprimande faisait plutôt rigoler le jeune homme : « Ma génération connaît l’égalité, pas la galanterie ». Une réponse bien de son époque.

Par Sidy DIOP

La Cedeao est sur le point d’exercer un droit d’ingérence en Gambie pour le respect du choix souverain exprimé par la majorité des électeurs lors d’un scrutin libre et démocratique. La diplomatie sous-régionale et internationale a épuisé toutes ses capacités de négociation avec, entre autres mesures, le Parlement nigérian qui a voté une motion encourageant le gouvernement Buhari à offrir à Jammeh l’asile et le royaume du Maroc qui continue à lui proposer un exil royal, au moment où tout l’édifice institutionnel gambien s’effondre par pans entiers. Il a été abandonné successivement par le président de la Commission électorale, des ministres, des ambassadeurs, des juges et, le clou, le président de la Cour suprême qui se rétracte, refusant de bloquer l’investiture d’Adama Barrow  à la veille de la fin de mandat de Yahya Jammeh.

Rien n’est parvenu à dissuader le soldat, marabout-charlatan de Banjul.  Jammeh cherche plutôt à se poser en martyr. C’est, sans doute, ne pas trop avoir le sens des réalités, car il ne saurait y avoir d’ héroisme dans le jusqu’au-boutisme pour un chef d’Etat parmi tant d’autres à travers le monde trainant  un actif et un passif à assumer devant les hommes et surtout devant l’Histoire. Pour le cas Jammeh, beaucoup est à mettre à son actif dans ce petit pays qui ne dispose d’aucune ressource minière, énergétique ou agricole. Bilan obtenu avec un passif lourd en matière de respect des droits de l’Homme.  Avoir félicité, dans un premier temps, son vainqueur l’a grandi et aurait, sans doute, contribué à atténuer le jugement sur le non-respect des droits humains de son régime. Par ailleurs, il est resté dans la légalité constitutionnelle en déposant un recours pour un nouveau décompte du scrutin. Mais, ce qui a trahi ses intentions, c’est d’avoir empiété sur les prérogatives de la Cour suprême en demandant de nouvelles élections, puis  des négociations qui auraient comme effet immédiat de lui permettre de garder le pouvoir et lâcher un peu de lest, le temps de se réajuster pour consolider son pouvoir.

L’alibi de l’attente d’un complément d’effectif de la Cour suprême pour statuer sur son recours ne saurait prospérer, parce que tout aurait du être mis en œuvre pour qu’un maillon aussi essentiel dans la marche normal d’un pays soit au complet avant des élections aussi cruciales. La prolongation de son mandat, par l’Assemblée nationale, ne saurait tromper non plus, la question étant de savoir de quelle marge de manœuvre les députés disposent face au refus du chef de l’Etat, chef des Armées, de céder le pouvoir et le risque d’un enlisement institutionnel encore plus profond.

Le patriotisme de mauvais aloi dans lequel il se drape aurait dû lui dicter d’épargner à son pays et son peuple une épreuve de force dans laquelle il n’a rien à gagner.

John Dramani Mahama a perdu le pouvoir au Ghana il y a quelques semaines par une courte défaite. Il ne manque pas au Ghana de jeunes désœuvrés ou nihilistes qu’il aurait pu manipuler pour semer des troubles et obtenir des négociations au nom de l’impératif de maintenir la paix et la stabilité nécessaires au pays. Il est parti héroïquement et, ironie du sort, il fait encore partie du quatuor qui négocie une transition pacifique conforme à la volonté exprimée librement par la majorité des Gambiens.  C’est justement à partir du Ghana, l’un des porte-drapeaux de la démocratie en Afrique, que le président Barack Obama rappelait aux chefs d’Etat africains qu’en démocratie les institutions doivent transcender et les hommes et les partis politiques. Dans ce sillage, viennent à l’esprit les élections présidentielles américaines de 2000 entre le président sortant George Bush et Al Gore et le fameux litige sur le décompte des voix en Floride, Etat dirigé par Jeb Bush, le jeune frère, même père et même mère du président comme on dirait chez nous.

La reprise du comptage des voix a démontré qu’il y avait eu fraude, et chaque nouveau décompte permettait à Al Gore de réduire le faible écart qui le séparait de George Bush. Lorsque les constitutionnalistes ont attiré l’attention sur le fait que la poursuite des décomptes risque d’empiéter sur l’investiture du futur président prévu à la date immuable du 20 janvier, Al Gore a demandé, au nom du respect du calendrier républicain, un arrêt des opérations, mettant du coup un arrêt à sa course vers la Maison Blanche et à sa carrière politique. Il a fini par s’investir avec brio dans la lutte pour la préservation du climat. Une leçon qui aurait dû inspirer beaucoup de dirigeants africains, particulièrement Yahya Jammeh. Mais, c’est à croire qu’il veut partir comme un anti-héros.

Par Alassane DIAWARA

S’il y a un domaine où l’Afrique est en train de gagner du terrain, c’est celui de la formation de ses élites et talents de demain. Aujourd’hui, avoir une formation pointue et qualifiante, peut se faire sans sortir du continent. La dynamique d’implantation des Business School et autres grandes écoles fait que l’Afrique n'a plus besoin de sous-traiter à l'extérieur une grande partie de la formation de ses élites et talents. Le sport africain suit aussi cette même tendance. Depuis quelques années, en même temps que la présence des Business School et des grandes écoles, des centres de formation, surtout dans le domaine du football, ont essaimé dans le continent africain devenant ainsi de grands pourvoyeurs de talents pour les équipes nationales. L'Académie Asec Mimosas d'Abidjan est, sans doute, la plus connue. Créé par le légendaire Jean Marc Guilllou, ce centre a donné à la Côte d'Ivoire un énorme potentiel en termes de talents footballistiques qui lui a permis de remporter finalement la Can en 1992 à Dakar et 2015 en Guinée Equatoriale. C'est de ce centre que sont sortis Yaya Touré, quadruple Ballon d'Or africain (2011, 2012, 2013 et 2014), son frère Kolo, les Gervinho, Siaka Tiéné, Arthur Boka, Copa Barry. Surnommés les « Académiciens », cette génération a écrit de belles pages de l'histoire du football africain à l'étranger. Plus près de chez-nous, les centres de formation au Sénégal sont en train de monter en puissance pour être des grands fournisseurs de joueurs à l'équipe nationale du Sénégal. Ceux qui ont marqué les deux buts du Sénégal lors de son premier match de cette Can, sont tous « diplômés » des centres de formation les plus en vue au Sénégal.

Sadio Mané vient de « Génération Foot » de Deni Biram Ndao et Kara Mbodj de « Diambars » de Saly. Ce qui démontre la qualité des produits made in Africa sur le domaine du football. La même tendance de « co-diplomation » notée dans le domaine de l'Enseignement supérieur est en train de se faire dans la formation des sportifs. Avec des installations qui n'ont rien à envier aux autres centres de formation européennes, ces « Football School » africaines commencent à nouer des partenariats avec des équipes et centres de formation européens. « Génération Foot », avec l'équipe de Metz en France, Ajax Cap Town d’Afrique Sud avec l’Ajax d'Amsterdam. Cette reconnaissance internationale de la formation des footballeurs qui se fait en Afrique démontre la place du capital humain dans tous les secteurs de la vie. Ainsi, dans le sport comme dans d’autres domaines, pour avoir des champions à l’arrivée, il faut les suivre au départ.

Par Oumar NDIAYE


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