On en parle (91)

Un titre olympique, c’est le summum, le top du top. Et l’on comprend les larmes de l’immense « Djoko », empereur du tennis mondial mais dont l’extraordinaire palmarès souffrira pour toujours de l’absence d’une breloque olympique. On comprend également pourquoi le Brésil a préféré prendre la Copa America par-dessus la jambe pour mieux se consacrer à « ses » JO, les premiers à se tenir en Amérique du Sud et se donner les moyens et des chances d’accrocher le seul titre qui manque à son armoire à trophées en football.

Et moi Ngagne Demba, dont la vie est calée sur la période de JO et qui ne sors de mon hibernation que tous les quatre ans, c’est pour ce genre de sensations que je raffole de ce rendez-vous quadriennal des meilleurs sportifs du monde. Il n’y a apparemment que la crème du golf mondial pour bouder un tel plaisir, même si les mauvaises langues soutiennent que c’est parce que ce n’est pas aussi copieusement doté, financièrement, que les compétitions de leur circuit pro. Heureusement qu’il est encore beaucoup de sportifs convaincus que tout ne se mesure pas forcément en termes d’argent. Tenez, par exemple, les rugbymen fidjiens ! Ils ont décroché l’or du rugby à VII qui revenait au programme olympique à Rio, après 92 ans d’absence. Une performance historique qui sera fêtée comme il se doit chez eux, dans cet archipel océanien : le jour de leur retour au pays a simplement été décrété férie, chômé et payé. J’imagine d’ici, le fol accueil qui leur sera réservé.

Et cela me rappelle, moi « JO-logue » au long cours, comment le Royaume chérifien avait fêté la médaille d’or décrochée aux 400 m haies aux JO de Los Angeles en 1984, par Nawal el-Moutawakil. Comme s’ils s’étaient passé le mot, ses compatriotes marocains avaient donné son nom à toutes les filles qui étaient nées ce fameux jour. Et aujourd’hui encore, elle en tire le bénéfice puisque siégeant au comité exécutif du CIO.

Pour parler de nos oignons, à nous Sénégalais, je rappellerai que notre unique médaillé olympique, Dia Bâ, le sauteur de haies sur le tour de piste, avait été, en son temps en 1988 après sa deuxième place à Séoul, honoré comme le héros qu’il est toujours. Je me souviens l’avoir même vu paradant à bord d’une voiture décapotable, comme un président. Depuis, j’attends et j’espère de revivre ça. Je refuse de désespérer de voir ça. Cette année ? Pourquoi pas ? Là, j’ai reporté mes derniers espoirs sur les lutteurs : Adama Diatta et Isabelle Sambou la porte-drapeau de la délégation sénégalaise. J’ai encore une semaine devant moi à croire à la belle surprise…

J’avais bien raison de faire dans le nationalisme étroit avant-hier lorsque je me morfondais de guetter une breloque olympique qui se fait désirer depuis 28 ans et la médaille d’argent de Dia Bâ en 1988 à Séoul, en Corée du Sud. Et lorsque, dans la foulée du hurdler avalant les haies basses du stade olympiques de la capitale du Pays du matin calme, j’appelais mes compatriotes présents à Rio de Janeiro à tenter de nous donner une deuxième bonne raison de bomber le torse. Eh bien, hier, est tombée ma première grosse satisfaction nationale dans ces JO « Rio 2016 » ! Une victoire sénégalaise !

Oh, ce n’était que lors d’une série du 50 m nage libre ! Et pour un temps qui n’a même pas permis à son auteur de se qualifier au tour suivant. Mais, ce n’est pas moi Ngagne Demba, le plus célèbre « JO-logue » encore en activité, qui cracherait sur la performance du nageur Abdou Khadre Mbaye Niane. Car, je sais ce que c’est que de terminer premier, même d’une course à pieds, à vélos et même à dos d’âne entre vieux potes. Alors, remporter une série aux JO, même avec un chrono qui ferait sourire les meilleurs spécialistes mondiaux, c’est bien quelque chose. Et, à mon avis de spécialiste émérite des JO, qui entre en hibernation après chaque édition pour « ressusciter » quatre ans plus tard, il avait bien raison, Abdou Khadre Mbaye Niane, d’exulter hier après avoir fini la seule course qu’il aura à parcourir à Rio. Une longueur de bassin et s’en va donc. Un peu comme tous les autres sportifs sénégalais engagés en individuel.

D’ailleurs, le basket féminin, seule discipline collective où le Sénégal est présent, aurait connu le même sort que les autres si son tournoi s’était disputé en éliminatoires directes. Car, d’entrée, les Lionnes avaient pris une gamelle face aux cinq fois d’affilée championnes olympiques américaines. Mais, elles disputent un tournoi. Ce qui a l’inconvénient de les contraindre à aligner les défaites (puisque, d’après leur coach, elles ne sont pas à Rio pour gagner, mais pour préparer l’Afrobasket de l’année prochaine) ; mais, en même temps, l’avantage de les aider justement à s’aguerrir en direction de ces mêmes joutes continentales.

Moi, Ngagne Demba donc, je suis fier de Mbaye Niane quitte à être taxé de défaitiste ou de minimaliste. Comme je le serai (peut-être un peu d’ailleurs) de la bande à Aya Traoré si, ce soir, elles se paient le scalp de l’Espagne. Car, ce serait une performance d’un autre tonneau.

Une petite colle pour commencer, à l’intention de tous ceux qui, comme moi, Ngagne Demba, prétendent (presque) tout savoir des JO : Jianan Wang, cela vous dit quoi ? « Mais, c’est un Chinois », entends-je de loin. Vrai ! Mais pas tout à fait. Ce bon Wang, comme son nom l’indique vient bien de l’Empire du Milieu, mais dans ces JO de Rio, il défend les couleurs du … Congo en tennis de table. En un mot, il s’agit d’un pongiste « congolisé » pour la circonstance et pour aider la délégation venue de Brazzaville à rentrer au pays avec au moins une breloque. Un peu comme lors des derniers Jeux africains de Brazzaville, en 2015, lorsque ces Asiatiques africanisés avaient largement contribué à la moisson de médailles de leur pays d’adoption.

Moi « JO-logue » au long cours, je n’ai pas souvenance d’avoir jamais vu un sportif aussi … jaune défendre les couleurs d’une équipe africaine. Attention, je n’ai rien contre ! C’est que d’ordinaire, ce sont les Africains qui se font débaucher par des pays européens ou asiatiques, contre un gros paquet de fric. Comme lorsque le Kényan Stephan Cherono a troqué jusqu’à son nom pour devenir Saif Saaeed Shaheen contre … un million de dollars et offrir au Qatar son premier titre de champion du monde en athlétisme (3000 mètres steeple).

Ou, pour parler de nos oignons, comme lorsque nos ex-compatriotes Ibrahima Wade, il y a quelques années ou Kassé Hanne plus récemment, ont monnayé leur crinière de Lions contre un bec de Coqs.

Encore une fois, je n’ai rien contre. Et puis, à quoi cela servirait-il que je sois pour ou contre ? Je note simplement que quand les Européens ou les Asiatiques viennent nationaliser un sportif africain, c’est souvent parce que celui-ci fait partie des plus performants dans son secteur.

Alors que ceux qui font le chemin inverse n’ont sportivement plus rien à espérer de leur pays d’origine. Alors, ils vont se chercher une nouvelle possibilité de carrière là où la concurrence est moins rude. Un peu comme ces nombreux binationaux, en football, qui après avoir brillé chez les catégories inférieures en France par exemple, transhument vers le pays de leurs parents. Ils pourront toujours convoquer pour justifier leur choix forcé le proverbe sénégalais selon lequel, « quand on ne sait plus où l’on va, mieux vaut retourner d’où l’on vient ». 

Pour en revenir à ces JO et à ce bon Wang, j’aimerais bien être actuellement à Rio pour essayer de le rencontrer. Pour me faire signer un autographe de ce Congolais bien particulier. Mais surtout pour le tester, histoire de voir s’il parle un peu lingala…

Trêve de généralités, de bla-bla ! Aujourd’hui, je vais faire dans le nationalisme étroit, pour ne pas dire carrément le chauvinisme. Oui, j’ai beau être universaliste, dans la lignée du Baron de Coubertin l’inventeur des JO modernes, je suis avant tout un Sénégalais.

Comme mon nom le prouve largement. Des Ngagne Demba, ça m’étonnerait qu’on en trouve même chez nos « cousins » gambiens, à plus forte raison ailleurs à travers le monde. Alors, oui, aujourd’hui, c’est 100% « Mbarawathie » ! Encore que, honnêtement, jusqu’ici, il n’y a vraiment pas de quoi. Jusqu’ici ? En tout cas, comme presque toujours ! Puisque depuis que Dia Bâ a réussi la course de sa vie à Séoul, il y a 28 ans, avec au bout une médaille d’argent devant l’immense Edwin Moses monstre d’alors et de toujours du 400 m haies, mes compatriotes n’ont pas eu de bonnes raisons de jubiler lors des JO. Et cette fois, c’est encore mal parti.

Oh, je ne m’attendais pas à des merveilles, mais à des « heureuses surprises », oui ! Comme de voir un de mes compatriotes engagés dans les épreuves individuelles passe au moins un tour. Las. Jusqu’ici, c’est une épidémie de « un tour et puis s’en va ». S’en va ? Pas exactement. Plutôt, « un petit tour puis se mue en touriste ». Alors, avant-hier, j’ai transféré mes espoirs sur la seule discipline collective où le Sénégal est présent : le basket féminin. D’autant que mes chères « Lionnes », championnes d’Afrique en titre, faisaient face à la Chine réputée être « l’équipe la plus abordable » de la poule B. Mais, patatras ! 101 points pris et 37 longueurs de différence ! Même leur coach a reconnu qu’il n’y croyait pas. Et ça, moi j’ai du mal à l’admettre. Face aux Etats-Unis, vainqueurs des 5 derniers tournois olympiques de basket féminin, j’aurais compris ! Mais contre la Chine…

Un moment, j’ai même cru que mon rêve allait se réaliser : voir les « Lionnes » remporter leur premier match aux JO ; surtout lorsqu’elles étaient revenues à un point de leurs adversaires. Mais elles ont flanché, comme si ce n’était vraiment pas important de chercher à gagner. Moi Ngagne Demba, j’aime bien les « Lionnes » du basket, n’empêche j’en suis arrivé à regretter les « Lions » olympiques du foot qui m’avaient fait rêver, il y a quatre ans à Londres. Eux au moins savaient conjuguer le verbe gagner et avaient même failli disputer les demi-finales. Il est vrai que les footeux étaient beaucoup mieux préparés que les basketteuses. Ce n’est toutefois pas une raison pour … refuser de chercher à gagner.

La chronique de Ngagne Demba

Qui disait un jour que les larmes pouvaient être … contagieuses ? Non, je ne parle pas d’Ebola, ce virus qui se transmet par différents liquides corporels. Non, c’est trop triste et effrayant ça, avec le cortège de morts et de désolations que ce mal a provoqué jusqu’aux portes de notre cher Sénégal.

Non, moi Ngagne Demba, je ne parle que de JO et de tout ce qui tourne autour. Et les larmes dont il est question ici, ce sont celles de Novak Djokovic. Lorsque j’ai vu à la télé le numéro 1 du tennis mondial depuis des années sortir d’un court de Rio, éliminé dès le premier tour, la tête basse, ployant sous le poids de son sac soudain devenu beaucoup trop lourd et les larmes aux yeux, j’ai aussitôt été contaminé. Ce géant, monstre froid d’apparence qui broie traditionnellement ses adversaires sans état d’âme, chialer comme ça parce que le seul trophée majeur qui manque encore à son colossal palmarès pourrait lui manquer à jamais, cela ça fait quelque chose. En tout cas, moi Ngagne Demba, meilleur spécialiste mondial des JO, cela m’a fait quelque chose.
C’est la preuve qu’un titre olympique, c’est vraiment énorme. 4 trophées de grand chelem, le masters et la coupe Davis à son palmarès et des milliards de FCfa accumulés sur le circuit ; mais pas l’or olympique ! Pour « Djoko », ça restera une tache indélébile. Alors, ses larmes, je les comprends et je les ai partagées. J’ai été solidaire de son « malheur ».

Mais des larmes de joie et surtout de déception, je crains d’avoir encore à en verser beaucoup avant la fin de ces JO. Car, j’en vois déjà pour qui les quatre prochaines années avant la 32ème édition des JO à Tokyo au Japon, ne suffiront pas pour se remettre de leur peine. Je ne veux pas jouer à la … Selbé Ndome, mais je crains de voir le Brésil se faire plus que du mouron dans « ses » Jeux. Je m’explique : comme « Djoko » au tennis, le Brésil a tout gagné au football, sauf l’or olympique. Recalé il y a 4 ans à Londres par le Mexique en finale, il comptait bien sur son tournoi pour rectifier cette « incongruité ». D’autant qu’il est encore traumatisé par le 7 – 1 pris il y a deux ans en demi-finale de son Mondial face à l’Allemagne. Alors, cet or olympique au foot, il y tient plus que tout.

Au point de se passer des services de son joyau Neymar, lors de la Copa America (remportée récemment par le Chili) afin qu’il se consacre uniquement sur le tournoi olympique. Or après deux nuls vierges (face à l’Afrique du Sud et à l’Iran) et surtout des prestations quelconques, le Brésil est au bord de l’élimination dès le premier tour. Ce qui serait une gifle presque aussi retentissante que le 7 – 1 infligé par la Mannschaft. Près de 100 millions de mouchoirs ne suffiraient pas à éponger les larmes des compatriotes de Pelé…

 

Comme une fois tous les quatre ans, j’étais ému aux larmes devant mon petit écran en suivant la cérémonie d’ouverture des 31èmes Jeux olympiques de l’ère moderne. Cette fois, d’ailleurs, un peu plus que d’habitude. Car, je me suis rendu compte, moi Ngagne Demba, « JO-logue » à l’expertise mondialement reconnue, que durant mon hibernation quadriennale entre l’édition passée des JO à Londres et celle présente de Rio de Janeiro, le monde avait beaucoup changé. Et pas qu’en bien. En fait, autant que je me souvienne, je n’avais jamais vu défiler une équipe de … réfugiés. Qu’une dizaine d’hommes et de femmes aient marché, fièrement sur la piste d’athlétisme du mythique stade de Maracana, sous la bannière du Cio, est me semble-t-il la preuve qu’au 21ème siècle encore, plein de gens sont obligés de vivre, de vivoter ou de survivre loin de chez eux.

On le sait, les JO sont l’occasion d’un regain de nationalisme et d’une explosion de chauvinisme presque partout au monde. Comme en témoigne d’ailleurs le défilé d’ouverture où chaque pays – dont certains m’étaient d’ailleurs jusqu’ici inconnus – exhibe ostentatoirement sa bannière nationale. C’est justement pour cela que j’ai été choqué de constater que ce droit minimal de bomber le torse derrière son drapeau national est encore dénié à certains. Mais, j’ai été réconforté par la décision du Cio de faire participer à ces jeux de Rio, des réfugiés partis d’horizons divers (Rdc, Sud Soudan, Ethiopie, Syrie). Un acte majeur de solidarité envers ces « hommes comme tous les autres », mais qui ont subi ou fui des tragédies innommables. Et qui, grâce à leur détermination, s’en sont sortis et sont, à ce titre à offrir en exemple à tout le monde : il y a toujours une bonne raison d’espérer et de se battre.

Moi Ngagne Demba d’ailleurs, je me suis trouvé une deuxième équipe à supporter. Derrière mes chers « Lions », vient désormais cette équipe de réfugiés. Et je hurlerai de toute mon âme à chaque fois que l’un d’eux descendra dans l’arène pour le pousser à aller chercher le bonus. Oui, le bonus ! Puisqu’ils sont déjà … médaillés d’or de la volonté et de la détermination. A l’heure du « tout pour la consécration » au point de pousser certains sportifs sur les chemins de traverse du dopage, le Baron de Coubertin doit sourire dans sa tombe, de constater qu’il y a cette année des athlètes tout contents juste d’être là. Sa fameuse formule « L’essentiel, c’est de participer » que l’on croyait définitivement passée de mode, n’a peut-être jamais été aussi d’actualité qu’avec ces réfugiés. C’est d’ailleurs tout un symbole qu’ils aient défilé sous la bannière du Cio…

La chronique de Ngagne Demba

Le 31 août 1997, les ressortissants de Mboumba ont mis sur pied une organisation dénommée Association pour le Développement de Mboumba (ADM). A l’unanimité, ils ont porté leur choix sur Sada Tamimou Wane comme président de l’organisation. Très tôt, ce dernier a montré qu’il méritait bien la confiance de ses compatriotes.

Entièrement dévoué à la cause de Mboumba, il s’est donné corps et âme pour la bonne marche de l’association. Même une maladie longue et handicapante n’a pu freiner son ardeur.

D’une générosité rarement égalée, il n’hésitait pas à vider sa tirelire pour le financement des activités de l’association. C’était un homme de parole, fédérateur, conciliant et impartial. C’est pourquoi, malgré sa détermination à céder la place à un autre après deux mandats, il a été supplié de rester à la tête de l’association. Mais Sada, lui, était d’avis qu’un autre devait prendre la relève, car il n’était pas le meilleur, encore moins le seul capable de diriger l’ADM. Modeste et discret dans son comportement, Sada se distinguait par la fermeté dans ses prises de décision. La ponctualité, la sincérité, l’honnêteté, la disponibilité… faisaient partie de ses qualités.

Pendant son magistère, l’ADM a réalisé d’importants projets parmi lesquels on peut citer : - En 1998, l’hôpital de campagne (pendant près d’un mois) avec l’association des médecins de Brousse ; - « Bolel Faade Fouta » des jeunes belges, se rendant chaque année à Mboumba, ont fabriqué plus de six mille (6.000) briques pour le village et ont donné du matériel scolaire à l’école élémentaire ; - « Laawol Jokkéré endam » ou retour au bercail encore appelé « 72 heures » pour les jeunes, pendant trois (3) jours sont organisées à Mbouba d’intenses activités sportives, culturelles et environnementales.

En 2002, réception d’un don de livres offerts au collège de Mboumba, par l’école Notre-Dame de Meudon dans la banlieue parisienne. En 2004, projet de construction d’un cabinet dentaire avec l’aide de l’Association France-Mboumba. En 2008, communalisation de Mboumba dont le processus a été lancé en 2003.

Sada Tamimou est né en 1948, à Mboumba dans le département de Podor. Il commença ses études primaires à l’école de Mboumba et les termina à Cas-Cas. Puis, il débuta ses études secondaires à Saint-Louis du Sénégal avant de rejoindre la très célèbre et prestigieuse école normale William Ponty de Sébikhotane où il obtint le baccalauréat. De 1966 à 1968, il fréquenta l’Université de Dakar où il obtint successivement les certificats de MPC, de licence de physique et de 1ère année de maitrise de physique. De 1969 à 1973, il migra vers l’université Paris-Sud Orsay, en France, où il réussit le Certificat 2ème année de Maîtrise physique, un Dea de Physique théorique, atomique et nucléaire et ensuite un doctorat de 3ème cycle en physique théorique.

C’est en 1975 qu’il fit un détour à l’Université de Perpignan, en France, où il prépara et obtint le diplôme universitaire en énergie solaire.

En 1988, il retourna à l’Université Paris-Sud Orsay et au Laboratoire Aimé Cotton du CNRS de France pour le couronnement avec la soutenance du Doctorat d’Etat Es sciences physiques dont l’intitulé est : « Systématique de la photo-ionisation et de recombinaison radiative dans les séquences iso-électriques du potassium, du rubidium, du cuivre et de l’argent ».

Le Docteur Sada Tamimou fut un enseignant de haut niveau, un formateur talentueux et un chercheur émérite. Aussi, le maître de conférences qu’il fut a eu donc à effectuer des tâches :
-D’enseignement aussi bien à dakar qu’à Paris
-De recherche avec de nombreuses publications
-D’encadrement d’étudiants au niveau doctoral

Il a aussi fait de nombreuses missions (participations à des conférences, animations de stage et de groupes de recherche, membre du jury de thèses).

Dans les années 80, Sada Tamimou était devenu chercheur associé du Centre international de Physique théorique de Trieste (ICTP), en Italie dont le directeur était le célèbre professeur Abdus Salam, Prix Nobel de Physique en 1979.

Sada fut un militant de la Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail (Ld/Mpt) devenu Ld quelques années plus tard. Comme la plupart des intellectuels de sa génération, il milita d’abord dans la clandestinité pour échapper aux représailles d’un Etat néocolonial, antidémocratique… Les funestes événements de 1989 survenus entre le Sénégal et la Mauritanie l’ont, en quelque sorte, débusqués. Ainsi à partir de cette date, Sada devient membre à part entière de la Ld. Il a été membre du Comité central, du Bureau politique et de la Coordination des Cadres du Parti. Il a eu à diriger la Fédération de Mermoz, la liste départementale de Podor lors des élections municipales de 1993, la liste majoritaire de Mboumba lors des élections municipales de 2009.-Sada a été présent partout où son devoir de militant l’a appelé.

Par Mamadou Amadou Tamimou WANE

La 50ème année du Concours général sénégalais a été célébrée hier. C’est vrai, 50 ans au service de l’excellence, ça se fête. C’est le lieu de magnifier la clairvoyance du premier président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, qui, sachant qu’aucune ressource ne dépasse le capital humain -d’où l’importance qu’il accordait à la qualité de l’éducation-, a eu la lumineuse idée de créer le Concours général. L’attachement de Senghor aux choses de l’esprit et surtout à l’expression intellectuelle est connu de tous. Après lui, tous ses successeurs ont travaillé pour que le Concours général sénégalais garde son aura. Car, même s’il est organisé par le ministère de l’Education, ce concours est un patrimoine de la Présidence de la République. L’on comprend pourquoi il est toujours présidé par le chef de l’Etat.

La cérémonie est d’abord une occasion qui permet à la communauté éducative de se retrouver pour célébrer les lauréats, des cracks, mais également de réfléchir sur le devenir de l’école, celle publique particulièrement qui nage, depuis près d’une vingtaine d’années, dans des eaux troubles du fait de la récurrence des grèves, faisant que le quantum horaire n’est jamais atteint dans ce pays. Nul n’ignore les conséquences qu’il ne s’agit point d’exposer ici. Et pourtant, comme le rappelait le chef de l’Etat, lors de la célébration des lauréats en 2014, « l’école publique qui a fait la réussite de beaucoup de Sénégalais est appelée à être une école d’excellence pour tous, sans distinction aucune ». Volonté, patriotisme et dépassement suffiront. Car bien que traversant des vagues, notre système éducatif n’est pas si mauvais. J’en veux pour preuve la réussite de ces nombreux élèves au Concours général sénégalais et celle des étudiants, ces deux années, au sélectif concours de la prestigieuse Ecole polytechnique de Paris. Il faut aussi se féliciter de la montée progressive des séries scientifiques ces deux dernières années aussi. Selon les résultats provisoires du Bac 2016, la série S1 a enregistré un taux de réussite total de 89,3 % (même s’il y a une baisse, car le taux était de 90,2 % en 2015), la S2 a connu un bond de 8 points, la S3, 60 %, la S4, 56,9 % et la S5 qui passe de 10,3 en 2015 à 41 % en 2016. Mieux, il y a eu 11 mentions « Très Bien » contre 4 en 2015. (cf. L’Obs du 27 juillet 2016).

Depuis sa création, le Concours général sénégalais a été marqué par des hommes et des femmes dont les performances restent inoubliables. Il s’agit du Pr Souleymane Bachir Diagne, de Mame Fatim Guèye Diop, de la regrettée Rose Dieng Kuntz, pour ne citer que ceux-là. Comme eux, l’école enfantera toujours des cracks. Puisque chacun porte en soi le talent, il suffit de le réveiller. « En chaque enfant, un trésor enseveli », disait, en 2010, l’enseignante Léna Sène dans son discours d’usage. Mieux, la jeunesse recèle de capacités qui ne demandent qu’à être révélées. La mission de l’école doit tendre vers cela. Il y a donc lieu de trouver un type d’école qui réponde aux attentes de la communauté. D’autant plus que l’éducation est un « droit fondamental », voire « une obligation ». Mais que cela soit une éducation de qualité !

Par Daouda MANE

Un Indien, père de 7 filles, ne s'est pas lavé depuis 35 années, afin de s'assurer la naissance d'un garçon. Dans son village, on raconte plutôt qu'un voyant lui aurait prédit qu'il aurait un enfant de sexe masculin s'il arrêtait de prendre des bains. Kailash « Kalau » Singh remplace le bain et le brossage de dents par un « bain de feu », qui, d'après lui, aide à purifier le corps des germes et des infections. Le problème, c’est qu’à force de fuir l’eau pour le feu, aucune femme ne sera dans les dispositions de se frotter à lui pour lui faire un garçon.
Son compatriote K. Vijayan, 59 ans, est entré dans le livre Guiness des records pour n'avoir pas pris de jours de congé depuis plus de trois ans. Cet employé modèle travaille de nuit dans un hôtel et a remarqué qu'il n'avait pas pris un seul jour de congé depuis 1 100 nuits. Il n'a pas manqué une seule journée de travail et a travaillé tous les jours durant ces 3 ans. Un bourreau du boulot qui confie que le travail est sa religion.
Cet homme c’est du feu ! Mais gare au bain (d’eau), ça risque de rendre paresseux.

Les Palestiniens ont appelé la Ligue arabe réunie à Nouakchott à soutenir la plainte qu'ils entendent déposer contre le Royaume-Uni pour avoir, dans la déclaration Balfour de 1917, promis aux Juifs un foyer national en Palestine. La déclaration faite le 2 novembre 1917 par Lord Balfour, secrétaire d'Etat britannique des Affaires étrangères, est considérée comme un acte qui a permis de justifier la création de l'Etat d'Israël en 1948 à la fin du mandat britannique en Palestine.

Les Palestiniens ont rappelé les exactions commises en 1948 et l'exil de centaines de milliers de Palestiniens, dont les descendants vivent aujourd'hui en réfugiés et en diaspora, victimes de la déclaration Balfour.

Une plainte qui tombe dans un contexte d’extrême tension entre l’Occident et des franges extrémistes du monde arabo-musulman qui prennent prétexte, entre autres, de ce conflit plus territorial que religieux pour installer la terreur par d’aveugles tueries de masse.

Sans doute que le 2 novembre 1917, Lord Balfour n’avait pas soupçonné la tournure actuelle de cette décision qui cherchait à protéger d’autres victimes de discrimination. À cette période, les Juifs persécutés par les chrétiens, avaient exprimé le désir de fonder un État juif en Palestine pour y vivre en sécurité. Pour y parvenir, des responsables juifs de premier plan créent le mouvement nationaliste sioniste qui encourage et finance le retour en Israël.

Après la Première guerre mondiale, les puissances européennes victorieuses, dans une logique de justice des vainqueurs, démantèlent l'Empire ottoman qui avait combattu aux côtés de l’Allemagne et réorganisent les frontières du Moyen-Orient. La Syrie et le Liban sont confiés à la France alors que la Grande Bretagne prend le contrôle de la Palestine.
En 1917, le Royaume-Uni apporte son soutien au mouvement nationaliste sioniste et se déclare favorable à l'établissement d'un foyer national pour le peuple juif en Palestine, sans que cela ne porte atteinte aux Arabes. Mais ces derniers, pour des raisons principalement religieuses aussi, refusent que des Juifs viennent s'installer sur le territoire.

Au cours des années 1930, la recrudescence de la persécution des Juifs en Europe accélère l’immigration vers la Palestine. Les Britanniques proposent un premier plan de partage en 1937 qui octroie le nord aux Juifs et le sud aux Arabes. La région de Jérusalem, lieu sacré pour les deux peuples, reste sous contrôle britannique. Ce plan comme toutes ses différentes versions ne fait pas l'unanimité et finit par échouer lors de la Seconde Guerre mondiale.

L’holocauste et le traumatisme de la Seconde guerre mondiale amènent les Nations unies à prendre le dossier en mains et à voter en 1947 un plan de partage de la Palestine entre Juifs et Arabes. Les villes de Jérusalem et Bethléem, qui ont une signification religieuse pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, restent sous contrôle international.
Les Juifs acceptent le plan et le monde arabe le rejette. Quelques mois plus tard, en 1948, Israël force le passage et déclare son indépendance qui déclenche la première guerre israélo-arabe. Les armées d'Égypte, de Transjordanie, d'Irak, de Syrie et du Liban lancent un assaut contre l’état hébreu.

Militairement soutenu par les Occidentaux pour des raisons géopolitiques, l'armée israélienne réussit à repousser les forces arabes et à occuper une partie du territoire palestinien. Depuis bientôt 70 ans, l’Etat hébreu ne cesse de grignoter les terres palestiniennes avec la complicité active ou passive des Occidentaux. Un règlement de ce contentieux contribuera, à coup sûr, à atténuer la frustration des masses arabes et à alimenter les rangs de l’extrémisme politico-religieux.

Par Alassane Diawara

C’est un conflit comme jamais vu dans l’histoire de l’humanité. Une sourde bataille aussi silencieuse que meurtrière. Les par à-coups de son déroulement rétrécissent –voire annihilent-les effets de la prévention contre ses effets. Comment faire pour lutter contre un adversaire qui intègre la mort comme une norme, un simple rite de passage, voire un aboutissement souhaité et voulu ? Les plus grandes puissances militaires et sécuritaires au monde paraissent désarmées. C’est au cœur du monde occidental, quinze ans après « le 11 septembre », que le terrorisme a fini de révéler la véritable nature de ses desseins. Se réclamant de Daesh, -les médias les ont présentés comme tels et l’organisation l’a confirmé quelques heures après le drame-, deux individus armés sont entrés dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, en Normandie, alors qu’une messe s’y déroulait ; ils ont pris en otage un prêtre, des sœurs et quelques fidèles. Avant que la police française ne donne l’assaut et ne les élimine, ils ont eu le temps d’égorger le prélat. La France est l’un des pays les plus visibles dans le tableau de commande de ces assassinats dans la fresque que fait Daesh de la géographie de ses ennemis. Normal, Marianne est une vieille terre chrétienne et la place qu’elle occupe actuellement dans le concert des nations, son Histoire, ses influences diplomatiques et son action militaire ne pouvaient qu’en faire une cible pour ceux qui entendent dérouler de nouvelles croisades, cette fois-ci, dans l’autre sens. 

Les stratèges de Daesh entendent installer la peur dans tous les pays où l’Islam cohabite avec les autres religions révélées. Pire, derrière l’idée de « terroriser » les populations ennemies et de déstabiliser leurs Etats, apparaît aussi « la volonté de frapper des pays abritant une forte proportion de musulmans dans le but de fragiliser ces sociétés et d’y détruire toute coexistence religieuse », comme l’écrit Le Monde.Daesh veut la fin des « zones grises », ainsi qu’appellent ses communicants ces « zones crépusculaires » où vivraient la majorité des musulmans, « entre lumière et obscurité, entre le califat et le monde des infidèles ». C’est un modèle de société que les djihadistes entendent effacer de la surface de la terre. Ils veulent tuer l’humanisme. Et l’Humanité.

Par Samboudian KAMARA

« Il faut qu’on travaille et arrêtons les débats stériles. Aucun pays ne s’est développé avec des débats stériles. Quand tu regardes la jeunesse sénégalaise, on doit avoir peur des défis à résoudre. Il faut assurer l’éducation, la formation…», a déclaré, selon l’Agence de presse sénégalaise (Aps), le président Macky Sall en inaugurant, samedi, au quartier Grand Médine de Dakar, l’Echangeur de l’Emergence.

Le président Macky Sall, qui a passé presque une semaine dans les autres villes de la région de Dakar – nous préférons cela au concept galvaudé de banlieue – à présider un Conseil des ministres délocalisé, rencontrer les populations, les élus locaux et les notables, à inaugurer des infrastructures, à lancer des chantiers, est sans doute passablement agacé à entendre l’opposition et certains experts tirer le débat politique vers le bas. Il refuse de prendre ce chemin-là, préférant, comme il l’a déjà dit, inviter les Sénégalais à débattre avec ou sans lui sur les questions économiques. Et, dans le domaine économique, il y a de quoi dire. La croissance économique du pays est l’une plus forte du continent africain. Elle est estimée à 6,5% en 2015 contre 1,7% en 2012. Traduit simplement, cela va dire que le Sénégal s’est enrichi. Notre pays n’a pas de ressources naturelles exceptionnelles et, situé dans la bande sahélienne, il ne bénéficie pas toujours d’une bonne pluviométrie. On pourrait continuer, en puisant dans la documentation des économistes et autres spécialistes, lister d’autres défis auxquels le Sénégal est confronté.

Pourtant, la machine économique tourne et donne de bons résultats. Cette croissance économique de 6,5% est d’abord le fait d’une vision, celle du président Macky Sall, déclinée dans le Plan Sénégalais émergeant (Pse). L’exécution de ce plan à un rythme soutenue vient d’ailleurs accélérer la cadence de la mise en œuvre de politiques et programmes dont les populations profitent déjà des bienfaits. Et oui Macky Sall suit les traces d’un de ses prédécesseurs au Palais Léopold Sédar Senghor. Il s’agit du président Abdou Diouf qui, lors de son premier message à la Nation, le 1er janvier 1981 alors qu’il venait de succéder à Senghor, disait : « Aider un homme à trouver du travail ou à garder son emploi, c’est lui permettre d’assurer pleinement sa dignité d’homme ». Le nouveau locataire du Palais a bien retenu le message qui est toujours d’actualité. Ce n’est pas seulement Dakar qui change. C’est tout le Sénégal qui se transforme. Le Sénégal ne peut se suffire d’avoir la plus belle corniche d’Afrique et un bout d’autoroute. C’était une ambition limitée. Aujourd’hui, avec Macky Sall, il s’agit de bâtir partout au Sénégal pour le plus grand nombre et, surtout, au profit des plus vulnérables comme les jeunes, les démunis des zones périurbaines, les ruraux, les femmes, les enfants, les Sénégalais des régions périphériques. Les jeunes, parlons-en. Au début de ce texte, nous avons mis en relief ce qu’en dit le président Macly Sall. Ils sont notre avenir et, surtout, un défi, une force, un levier puissant pour développer le Sénégal. Oui, les jeunes doivent être la priorité pour le Sénégal. Face à leurs attentes, à leur impatience, à leur enthousiasme mais aussi devant leurs frustrations, nous devrions, tous, considérer leurs doléances – l’emploi, l’éducation, la formation, l’accès aux services de santé, etc. – comme des défis majeurs que notre société doit nécessairement relever au risque de voir sa stabilité mise à rude épreuve dans les prochaines décennies.

Au Sénégal comme ailleurs en Afrique, la pauvreté et le chômage frappent une bonne partie des populations surtout les jeunes. Dans notre pays, le taux de chômage habituel est évalué à 25,7% au niveau national. Selon un rapport de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ands) sur la situation économique et sociale du Sénégal paru en 2016, les jeunes chômeurs âgés de 15 à 34 ans représentent près de 60% du total des chômeurs. Tout est dit dans ces chiffres qui traduisent le drame que vivent, au quotidien, ces milliers de jeunes diplômés ou non, dans la force et qui voudraient, à la sueur de leur front, bâtir le Sénégal de leur rêve. Le président Macky, à travers les politiques et programmes mis en œuvre depuis son arrivée à la tête de l’Etat, leur a offert des milliers d’emplois. Mieux, en appuyant sur les leviers clés que sont le secteur privé et le système éducatif, il a créé les conditions favorables à la création d’emplois au bénéfice des jeunes. A côté des routes, des échangeurs et des hôpitaux inaugurés la semaine dernière à Dakar, il y a cette visite que le chef de l’Etat a effectuée à Diamniadio, au Pôle des métiers. Ce pôle regroupe en son sein cinq centres sectoriels de formation dans divers métiers professionnels porteurs d’emplois. De ces centres sectoriels sortiront des jeunes Sénégalais capables de travailler avec leurs mains et, si nécessaire, d’être leur propre patron, une fois sur le marché du travail. Une économie qui progresse de 6,5% en 2015 crée nécessairement des richesses, des emplois et, surtout, offre des opportunités à ceux qui sauront les saisir. Le gouvernement ne peut pas donner un emploi à tous les jeunes.

En revanche, avec le PSE et tous les autres programmes lancés par le chef de l’Etat, Macky Sall, il est en train de mettre à jour d’importants gisements d’emplois et d’opportunités. Le président Macky Sall bâtit, réforme, réoriente, galvanise, montre le chemin… Ces chantiers qui tiennent à la fois de l’imaginaire et du concret sont faits pour construire un autre Sénégal avec et pour les jeunes. Notre pays devrait connaître une croissance économique encore plus forte au cours des prochaines décennies grâce, entre autres, à la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) et aussi des ressources qui seront tirées de l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz. Une forte croissance et dans la durée devrait permettre d’allouer suffisamment d’argent à la création d’emplois, à la santé, à l’éducation et la promotion des bonnes pratiques de gouvernance. Allouer d’importantes ressources financières à ces secteurs clés, c’est travailler, dès maintenant, comme on l’a vu en Asie du Sud-Est, à l’émergence économique, d’ici quelques années, d’un pays avec une jeunesse bien formée, à l’aise dans sa société et décidée à construire son pays à la sueur de son front.

Tout nous dit et montre d’ailleurs que le président Macky Sall y travaille. Sans relâche !

• Par Mamadou Amadou Tamimou WANE

Vendredi dernier, dans un jury d’examen du Bfem à l’intérieur du pays, une examinatrice, professeur d’anglais, a pleuré à chaudes larmes après les délibérations du premier groupe. Face aux échecs massifs et au spectacle des élèves qui se roulaient par terre en criant, elle a éclaté en sanglots. Dans ledit jury, en effet, sur 269 candidats présents, seuls 5 sont déclarés admis d’office et 35 devaient subir les épreuves du second groupe. Et 229 candidats ont échoué. Qui plus est nous apprend-on, les notes ont été un peu revues à la hausse pour permettre des repêchages et « améliorer » les résultats. Sans cela, un seul candidat, au regard des critères (200 points), aurait mérité de passer le premier groupe. Quand on considère l’ensemble du pays, ce jury est loin d’être un cas isolé. Le constat est accablant : notre système éducatif tourne à vide. Beaucoup d’argent injecté pour des résultats médiocres, que ne peuvent pas cacher les quelques individualités qui se font distinguer au Concours général ou dans d’autres joutes prestigieuses.

Le bac de cette année n’intime pas également à l’optimiste si l’on en juge par les premiers résultats assez décevants dans beaucoup de jurys où pas un seul candidat n’a été admis au premier tour. Et généralement les résultats globaux tournent entre 25 et 30% de taux d’admission. Si l’on y ajoute la prééminence exagérée des séries littéraires et les grèves récurrentes qui entament le quantum horaire annuel, il y a lieu de s’alarmer. Comment notre pays peut-il mettre chaque année au moins 32 à 35% de son budget dans l’éducation pour de si médiocres résultats ? En 2016, le budget affecté à l’Education est 376,9 milliards de FCfa, mais pour une faible efficacité interne.

Pendant longtemps dans le domaine de l’éducation, nous avons semé dans le vent et ce n’est pas étonnant qu’on enregistre des bourrasques maintenant.

L’école est devenue un enjeu politique dans notre pays à cause de sa centralité dans la vie nationale et de son caractère stratégique dans notre développement. C’est pourquoi la météo politique impacte toujours sur son fonctionnement notamment en année électorale. Gêner le régime en place par ce biais étant toujours de bonne guerre pour l’opposant préoccupé par le court terme. Le poujadisme à tout crin, avec plusieurs dizaines de syndicats vient compliquer davantage toute recherche de solution pérenne. Le paradigme qui était celui des enseignants des deux ou trois premières décennies après l’indépendance, n’est peut-être plus tout à fait le même que celui de leurs collègues d’aujourd’hui. L’enseignant, en ne prenant plus garde à ses faits et gestes, est tombé de son piédestal. En mettant trop l’accent sur des revendications pécuniaires, même si elles sont justifiées, il brouille son rôle d’accoucheur de consciences et son image de celui qui doit être un modèle. Ensuite, la formation a également subi un glissement vers le bas.

Tous ces facteurs combinés dans un environnement social un peu ludique nous valent ce retour de bâton. L’école est comme un soleil qui éclaire les consciences et quand on le couvre de nuages, on épaissit nos propres obscurités.

Le constat qui se dégage est que jusqu’à présent, il n’y a pas consensus autour de l’école. Quelle éducation voulons-nous pour nos enfants, quelles sont les valeurs sur lesquelles nous devons insister pour mouler le Sénégalais de demain ? Par rapport à ces interrogations, aucune réponse n’a encore été apportée. L’école, c’est également la formation professionnelle et heureusement que l’Etat est en train ici de prendre de bonnes initiatives.

Nous sommes dans un monde de compétition, mais est-ce que l’école sénégalaise y est préparée ? Et la compétition, c’est surtout les sciences exactes et l’informatique. Que faisons-nous pour détecter les génies très tôt et leur apporter tout le soutien nécessaire à leur réussite. Récemment en visitant une école primaire au Japon, je me suis rendu compte qu’elle était même plus équipée que nos universités et l’enseignement était organisé de telle sorte que toutes les potentialités de l’enfant sont valorisées. Une voie à explorer.

Par Ibrahima MBODJ

Répondant à la volonté affichée par l’ancienne ministre de la justice française, Michèle Alliot-Marie, d'ouvrir le débat sur la castration physique des délinquants sexuels, le Syndicat de la magistrature a ironiquement prôné l'amputation des mains des voleurs, de la langue pour les escrocs et du foie pour les conducteurs surpris en état d'ivresse, ainsi que la lapidation des casseurs.

Qualifiant cette idée d'“hommage au Moyen Age”, le syndicat propose d'élargir la réflexion. Il propose aussi “le supplice dit du 'croc de boucher' pour les auteurs de dénonciations calomnieuses”. “S'agissant des infractions économiques et financières, un simple retrait des boutons de manchette en place publique devrait suffire”, ajoute le Syndicat de la magistrature.

Mais pourquoi donc s’arrêter en si bon chemin ? Que faire des maris infidèles, des voyeurs, des pirates, des diffamateurs, des agresseurs, des corrompus et des corrupteurs, etc. S’il faut couper la main à chaque délinquant, on vivrait dans un monde d’éclopés.

Par Sidy DIOP

« Une nouvelle ère dans (sa) carrière » ! Voilà ce que Yékini entendait amorcer au lendemain de son combat face à Lac 2. Et dans sa tête, c’était surement pour un nouveau départ vers les premières loges de l’arène où il a trôné pendant une quinzaine d’années.

Ou peut-être pour une sortie en apothéose avec une belle victoire, histoire de démontrer que les grands champions ne meurent jamais. Mais ce matin, il doit se rendre compte que pendant qu’il ruminait sa première grosse déconvenue, en 2012, devant Balla Gaye 2, le « cousin » de son tombeur d’hier, la marche de la lutte sénégalaise s’est inexorablement poursuivie. Battu hier à plate couture par son adversaire du jour, il n’a été que l’ombre du superbe lutteur qu’il a été, depuis ses débuts dans les « mbapattes » jusqu’à son premier échec face au fils aîné de Double Less, en passant par son passage en équipe nationale.

Lac 2 avait donc raison de réclamer à cor et à cri ce face-à-face. Le mythe a été une première fois écorné, il y a quatre ans. Il est désormais banalisé. L’ancien « roi des arènes » doit aujourd’hui se résoudre à ranger définitivement son « nguimb », s’il ne veut pas continuer sa dégringolade dans la hiérarchie de l’arène. De plus en plus de seconds couteaux auront désormais l’outrecuidance de lui réclamer une chance de se relancer. Et comme les adversaires de Yékini ne se présentent plus dans le cercle de vérité, les jambes flageolantes, il lui faudra encore plus de courage, d’efforts et de sacrifice pour retrouver sa splendeur d’antan. Encore que cela pourrait ne plus suffire…

Yékini qui a toujours clamé « ne connaître que la victoire », ne s’attendait certainement pas à vivre une « nouvelle ère » faite de doutes et de questionnements. Ce sera certainement son quotidien jusqu’à ce qu’il se décide à se prononcer sur son avenir. Et, fier comme il est, on le voit mal s’éterniser dans l’arène au risque de servir d’escalier aux jeunots ou de noircir son impressionnant palmarès. A moins que l’appel de l’argent soit le plus fort, comme pour certains ténors qui, au crépuscule de leur carrière, pensaient plus aux cachets à percevoir qu’au pedigree à soigner. Mais, une aussi triste fin de carrière, on doute que le superbe champion que reste Yékini se la permette.

B. Khalifa NDIAYE

Baba Touré qui vient de nous quitter a fait ses débuts dans l’équipe junior du Dial Diop Sporting club en 1974. Sous la houlette des entraîneurs feu Ibrahima Diarra dit Pacha, et Ndiaga Ndiaye, Baba Touré a vécu d’excellents moments avec des footballeurs de sa génération dont Mor Sakho devenu lougatois puis goréen, Thierno Cissé, Amadou Paye le gardien de but, Bakary dit Toffa, Ndiaye Dollar, Tidiane Wane Diéguibi, Gothie Fall, pour ne citer que ceux-là. Du Dial Diop, il se révéla dans l’équipe de l’Amicale des jeunes de Fatick (Aj Fatick) où il venait de passer une saison « Navétane ». L’enfant de Guédiawaye fera son « come-back » à Dakar dans l’équipe des « bleu et blanc », la Jeanne d’Arc. C’est dans la capitale du Sine que les dirigeants de la JA d’alors dont feu le président Ibrahima Samb, originaire de Fatick, lui avaient demandé de venir signer sa licence. Son passage à la JA fut remarquable. Nous étions aux débuts des années 80.

Baba Touré a été l’auteur du pénalty décisif face à la grande équipe du Casa Sports de Jules François Bocandé en finale de la coupe du Sénégal en 1979. Aux côtés de Amadou Paye le gardien de but avec qui il avait fait ses premiers pas au Dial Diop, Roger Mendy, Joseph Koto, Moussé Dioussé, Abdourakhmane Diallo, etc., Baba Touré permit à la JA de remporter cette coupe nationale après un match émaillé d’incidents. C’est à l’issue de cette finale que Jules François Bocandé avait été radié à vie avant d’être gracié des années après. Baba Touré fut un grand artiste du ballon, grand dribbleur qui faisait trembler toutes les défenses. Sa présence en équipe nationale fut aussi remarquable. Il était un footballeur craint qui revendiquait partout sa « Guédiawayité ».

Ce produit du Diambar de Pikine, une Asc qui a tout raflé au Sénégal, va laisser encore un vide. L’homme était d’une simplicité totale, sans façon. Adieu l’artiste.

El H. A. THIAM

C’est une foule de stade qui a accompagné Baba Touré à sa dernière demeure au cimetière de Pikine hier après la prière de 14 heures. Il ne pouvait en être autrement car l’homme est né pour le football et est mort pour le football après une cérémonie au Guédiawaye Fc. Baba Touré est un concentré de talent dès le bas âge, comme le Tout-Puissant peut en doter à sa créature si jamais il en décide ainsi. Baba, ce sont ses amis de jeux d’enfance qui l’ont découvert les premiers sur le terrain sablonneux de « Idéal », à quelques encablures de chez lui, dans le Pikine des étendues de dunes à perte de vue des années 70. C’était un plaisir pour ses partisans tout comme ses adversaires et souvent de passants épris de beau jeu de le regarder tourner la balle dans tous les sens et le garder autant qu’il veut sans commettre une quelconque faute ou acte d’anti-jeu. A l’école Pikine 12 et 13 où il a fait ses études primaires, son talent de joueur surdoué a pris le pas sur ses études et ses enseignants n’ont pas trop insisté car il était surtout créé pour jouer au ballon et il a été encouragé et soutenu dans ce sens pour remporter tous les tournois organisés par l’Uassu. Babou Touré était une équipe de football lui tout seul car son talent suffisait pour remporter un match. Ceux de sa génération l’ont vu dribbler tous ses adversaires y compris le gardien de but et entrer triomphalement dans les filets à quelques minutes de la fin du temps réglementaire d’une rencontre capitale pour son équipe. Il n’a pas été surprenant qu’il fût une des valeurs sures de l’équipe navétane des Diambars du quartier Lansar raflant tous les trophées mis en compétition avec un talent qui constituait un catalyseur pour ses coéquipiers. Sa réputation de surdoué du ballon rond finit par dépasser le quartier Lansar et Pikine et le conduit à Fatick puis à la Jeanne d’Arc de Dakar. Le stade Demba Diop l’a vu étaler son savoir-faire.

Il est l’un des rares joueurs à pouvoir marquer directement un but à partir du point de corner ou à donner à la balle la même trajectoire autant de fois qu’il veut sous le regard médusé des spectateurs. Pour tirer le maximum de lui, les responsables de la JA le transfère à la Sicap. C’est sans doute méconnaître Baba qui a Lansar dans ses veines, où chaque maison voyait en lui un enfant de la famille, et chaque enfant un ami et un confident. Il forçait le respect par sa fidélité à son quartier, sa discrétion, sa courtoisie mais surtout par sa modestie. Une ascension fulgurante a commencé à enregistrer ses premiers ratés à partir de la fameuse finale entre la JA et le Casa Sports en 1979. Il a cru dur qu’il a été victime d’un mauvais sort suite au pénalty controversé qui avait abouti à la défaite du Casa Sports qui affirmait avoir été victime d’injustice arbitrale sur fond de velléités séparatistes du Mfdc. Son corps enflait et se couvrait de furoncles, il souffrait d’arthroses et se déplaçait difficilement. Certains de ceux qui n’ont pas compris cette dégringolade le prenait pour un fou surtout lorsqu’on le retrouvait couché à l’air libre sous le chaud soleil en face de chez lui. Il confiait à ses proches que cela faisait partie de la longue cure que lui ont recommandée ses guérisseurs.

La suite lui donnera raison car il a pu recouvrer sa santé et affirmait avec un accent triomphant à qui voulait l’entendre que peu de personnes auraient survécu au sort qui lui avait été jeté. Le Guédiawaye Fc lui a tendu la perche en lui confiant l’encadrement des jeunes talents. Il s’y est consacré jusqu’à son dernier souffle avant-hier soir. Fils de la banlieue, la banlieue a tout donné à Baba Touré y compris, hier, un enterrement digne de lui.

L’homme s’en va mais son âme habitera le monde du sport qui retiendra pour toujours qu’il a été un talent raffiné.

Alassane DIAWARA

Il n’est certainement pas le technicien sénégalais le plus sexy. Certains avaient même pu le trouver un peu « détonant » lorsque, par exemple, il semblait nager dans son immense Parka sur le banc sénégalais, tout là-bas aux antipodes, en Nouvelle Zélande, lors de la dernière coupe du monde juniors. N’empêche, les faits et les statistiques plaident pour Joseph Koto, l’entraîneur national des U20 qui vient de qualifier son équipe à la prochaine Can juniors en 2017 en Zambie. D’autant que ce billet a été acquis aux dépens des Black Satellites du Ghana, véritable référence internationale dans cette tranche d’âge : 5 fois mondialistes avec à la clé le titre suprême en 2009 et deux titres de vice-champions en 1993 et 2001 ; en plus de 10 Can couronnées de 3 succès en 1993, 1993 et 2009 ! Rien que ça…

C’est cet ogre que les Koto boys viennent de sortir de la route de « Zambia 2017 ». C’est tout à leur honneur, mais aussi tout à l’honneur de leur coach. Car, Joseph Koto, est aujourd’hui un technicien qui mérite d’être reconnu à la hauteur de ses états de service. Un grand technicien en dépit de son … petit gabarit qui lui a valu le surnom de « Boud’Chou ». Déjà joueur sous les couleurs de la Jeanne d’Arc de Dakar dans les années 1980 - 90, cet ancien ailier international intenable se signalait par son incessante activité sur son flanc droit. Devenu entraîneur au terme de sa carrière de footballeur, il a pris le temps d’apprendre et d’approfondir son métier sur le banc de la « Vieille Dame » aux côtés de techniciens chevronnés comme Souleymane Camara « Gaucher » et Amsatou Fall. Titulaire d’un diplôme de 3ème degré, « Boud’Chou » a déjà fait ses preuves avec l’équipe nationale locale qu’il avait qualifiée aux deux premiers Chan, en Côte d’Ivoire en 2009 où ses Lions avaient été battus en demi-finale par … le Ghana et au Soudan en 2011. En plus de deux trophées de l’Uemoa (en 2009 à Cotonou au Bénin et en 2011 à domicile), en plus de Coupes Cabral comme adjoint de Mayacine Mar et de Souleymane Camara « Gaucher ». Coïncidence ou pas ? En tout cas, depuis que Koto a migré sur le banc des Lionceaux juniors, le Sénégal n’a plus été de la « Can des joueurs locaux ». A l’inverse, ce sont ses U20 qui sont montés en puissance, avec un titre de vice-champions d’Afrique à domicile et une place de demi-finalistes au Mondial de la catégorie en Nouvelle Zélande, l’année dernière.

Les plus sceptiques ou les grincheux pouvaient trouver à redire sur cette place de finaliste de la Can 2015, l’équipe de Joseph Koto ne s’étant qualifiée qu’en tant qu’hôte de la compétition. D’ailleurs, le Sénégal n’avait plus décroché sur le terrain son billet pour la fête continentale des moins de 20 ans, depuis la Can 1995 au Nigeria, la deuxième de rang qu’il disputait après celle de 1993 en île Maurice. Et l’on redoutait que cette fois encore, les Lionceaux aient le … mal du pays lors des éliminatoires pour se faire, une nouvelle fois, éconduire de la phase finale. Eh bien non ! « Boud’Chou » a permis aux juniors de renouer avec la vraie qualification, celle acquise à la sueur du front et à la force des jarrets et du caractère. Et c’est loin d’être le fruit d’un hasard, les Lionceaux ayant déplumé les Aiglons de Carthage avant de torpiller les Black Satellites.

Koto qui avait assuré un intérim intéressant à la tête des Lions A, après le faux bond du Français Pierre Lechantre, choisi pour prendre en charge l’équipe nationale A, dans la foulée du fiasco de la Can 2012 en Guinée équatoriale, vient donc d’enrichir son palmarès. Avec les « grands », il avait signé la première victoire sénégalaise en terre marocaine face aux Lions de l’Atlas, avant d’échouer d’un souffle, devant la Côte d’Ivoire, à qualifier son équipe au Mondial 2014 au Brésil. Désormais, personne n’osera plus regarder « Boud’Chou » de haut. Si l’on ne s’en tient qu’au seul palmarès, ce petit grand technicien s’est définitivement installé parmi les tout meilleurs de sa corporation.

B. Khalifa NDIAYE

Trois militaires français en mission de renseignement sont morts dans un "accident d'hélicoptère" en Libye confirmant  pour la première fois la présence de soldats français dans ce pays. Il ne pouvait en en être autrement pour ce pays lourdement frappé par le terrorisme aveugle qui menace la stabilité du monde. Sans doute que les pays occidentaux n’avaient sans doute pas imaginé ce scénario apocalyptique lorsque, contre toutes les lois et conventions internationales, ils déstabilisaient les régimes totalitaires arabes les uns après les autres. La chute du régime libyen à quelques encablures de l’Europe semble la plus dangereuse avec afflux d’émigrants de plus en plus nombreux et de plus en plus difficile à contrer.
Plusieurs pays occidentaux avaient vu d’un bon œil et même parrainé le coup d’Etat du jeune lieutenant contre le vieux Roi Idris, et aidé à monter en grade pour préserver leurs intérêts économiques et financiers.

Le charisme ajouté à la fortune tirée du pétrole n’ont pas permis au jeune président du Conseil de commandement à moderniser le pays en mettant sur pied des institutions solides qui auraient permis de stabiliser un tant soit peu le pays en cas de crise.

 Au contraire, avec la complicité de certains cercles avides de parts de marché et de zone de lutte d’influence, il a surfé sur les liens claniques et tribaux pour créer une sorte de république populaire par une redistribution des énormes recettes financières issues du pétrole pour s’assurer la fidélité des chefs de clans et tribus maures d’une part et d’autre et combattre férocement ses adversaires.

En plus du totalitarisme intérieur, le guide de la révolution libyenne  a longtemps constitué une menace pour les pays du Sahel sans que cela ne dérange les milieux occidentaux s’ils ne sont pas complices. Le pays a été, longtemps durant, un marché florissant de vente d’armes de dernière génération par les puissances occidentales qui ont été éparpillées même avant la chute du régime dans la bande soudano-sahélienne du Sahara jusqu’au bassin du Lac Tchad. Les légions du colonel qui hantaient le sommeil de maints régimes ont, sous couvert de jihad et de prédication, continué à alimenter le grand banditisme transfrontalier depuis la chute de leur parrain.

Certes que les tombeurs du régime Kadhafi n’entendaient nullement s’occuper du cas  libyen si le terrorisme n’avait pas menacé aussi gravement leur existence au quotidien. Ces pays qui avaient outrepassé la résolution des Nations unies n’avaient rien prévu pour l’après-Kadhafi, alors qu’il est notoire que les dictateurs créent les conditions d’un chaos après leur départ.
A la filière syrienne, iraquienne, afghane et pakistanaise d’entrée de jihadistes en Europe, est venue s’ajouter celle de la Libye, encore plus sérieuse. Tous les extrémistes chassés des fiefs de l’Ei en Iraq et en Syrie bénéficient de conditions idéales dans cette vaste étendue désertique au carrefour de Sahel, du Maghreb, du Proche Orient et sur les rives de la Méditerranée qu’est la Libye.

En une quinzaine de jours, le groupe a revendiqué les terribles attaques avec des centaines de morts et de blessés innocents à Istanbul, Bagdad, Dacca, Nice et en Bavière.
Raison majeure sans doute pour qu’après deux ans de lutte contre l'Etat islamique, les Etats-Unis, un des leaders de la coalition internationale anti-jihadiste, battent le rappel de leur coalition militaire internationale à Washington pour un réajustement du plan de lutte.

Par Alassane DIAWARA

« Je décide de retourner le stade Assane Diouf de Dakar à la jeunesse ». Cette annonce, hier à Pikine, du président Macky Sall a la saveur d’un but inscrit à la toute dernière minute des prolongations d’un match qui refusait de se décanter. Car, malgré les véhémentes protestations des populations riveraines de ce stade situé sur la Corniche ouest et plus généralement de tous les sportifs dakarois et même sénégalais, le premier régime libéral issu de l’alternance de 2000 avait maintenu le cap : un centre commercial baptisé Kawsara serait bâti sur le site du stade qui, il est vrai, avait quelque peu perdu de son lustre. Des engins de tous ordres avaient investi les lieux, démolissant tribune et ce qui restait du semblant de pelouse. Ce qui n’avait cependant pas entamé le moral des membres du Collectif qui s’était formé pour gagner ce match contre la spoliation d’une infrastructure d’une indéniable utilité publique.

Cadre d’évolution de toutes les ASC environnantes en plus d’avoir été le terrain de l’US Gorée, le stade Assane Diouf polarisait aussi les cours d’EPS de presque tous les établissements scolaires environnants. Sensible à tous ces arguments, le président Sall avait, il y a quelques années, décidé de geler le chantier. Mais depuis, les choses étaient restées en l’état. Tel un match qui refuse de se décanter. Jusqu’à cette annonce forte d’hier, sorte de but de la victoire (ou de but en or, aurait-on dit, il y a quelques années) qui donne gain de cause aux sportifs de tous bords. Une promesse d’entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2012 qui a mis du temps à se concrétiser, et qui va se réaliser grâce à l’enveloppe de 20 milliards de F CFA qui lui sera consacrée. En attendant de « voir avec les acteurs concernés, la mise en œuvre de cette décision importante », selon les mots mêmes du chef de l’Etat, le monde sportif exulte. D’autant que dans la foulée, le président Sall a annoncé la construction d’un bloc de toilettes au stade Demba Diop en plus de la réhabilitation et de l’extension du stade Alassane Djigo de Pikine.

Quelques jours après le premier conseil interministériel jamais consacré à la préparation des JO, ces différents engagements tendent à prouver que le sport n’est pas (ou ne sera plus) le parent pauvre de la politique de l’Etat. Le sport, c’est la santé, dit-on traditionnellement ; et c’est une responsabilité régalienne qui ne devrait souffrir d’aucune ambiguïté.

D’autres mesures fortes du genre sont attendues, notamment à Rufisque (pour rester dans le cadre du conseil des ministres délocalisé), la « Vieille Cité » aux infrastructures sportives presque aussi vieilles. Après les régions de l’intérieur qui ont eu leur lot de stades et de terrains rénovés, Dakar ne pouvait être en reste. Au bout du processus, c’est tout le pays qui sera bien pourvu. Alors seulement, on pourra, comme un ancien ministre des Sports, rêver que « le Sénégal, pays de sportifs, devienne un pays de champions ».

Par B. Khalifa Ndiaye

Anat, une juive d’Israël, est très attachée à sa maman. Cette dernière tient plus que tout à son vieux matelas. Anat ne comprend pas cet attachement à un objet de « peu de valeur » qui, de surcroît, se remplace aisément dans les magasins de Tel Aviv. Alors, pour faire plaisir à sa chère mère, elle décide de jeter le vieux matelas et de le remplacer par un autre, tout neuf. Une surprise, qu’elle souhaite lui faire. Mais quand la femme âgée découvre le « cadeau » de sa fille, elle tombe dans les pommes. Incompréhension.

Inquiétude d’Anat qui croyait si bien faire. Sa maman finit par lui dévoiler qu’elle cache à l’intérieur de cet horrible matelas près de 715.000 euros, des shekels qu’elle a réunis au fil des ans.

La jeune femme est prise par une quête frénétique depuis. Ce matelas dont elle ne supportait pas la vue est devenu sa raison de vivre. Le problème, c’est que ses recherches dans les tonnes de déchets des décharges de Tel Aviv sont jusqu’ici infructueuses. Ce qui ne décourage guère Anat qui s’est pris de passion pour le métier d’éboueur. Le fric, c’est chic !

Par Sidy DIOP

Le retrait des enfants de la rue est actuellement le débat en cours dans le pays. D’une manière générale, tout le monde s’accorde à dire que pour jouer son rôle de protecteur de l’enfance, l’Etat doit aller jusqu’au bout dans sa volonté manifestée d’interdire la mendicité des enfants dans la rue. Cela interpelle non seulement nos consciences de citoyens et de parents, mais donne une très mauvaise image du Sénégal.

Toutefois, l’Etat ne doit pas se limiter seulement aux enfants, mais aussi étendre la mesure à tous ces étrangers qui ont fait de Dakar la capitale sous-régionale de la mendicité. Il est vrai que nous sommes dans l’espace Cedeao où la libre circulation des hommes et des biens est garantie.

Mais ce principe ne peut être absolu et doit être compatible avec la législation interne et la politique sécuritaire de chaque pays. Or à cause de notre posture culturelle, nous Sénégalais à donner de l’aumône pour diverses raisons, il s’est créé un appel d’air qui fait de notre pays et de sa capitale en particulier, l’eldorado pour les mendiants étrangers.

Par familles entières, ils rappliquent à Dakar où souvent, sans domicile fixe, ils campent dans la rue avec tout ce que cela implique comme nuisance à l’environnement et à l’hygiène. Et vraisemblablement, ils ne s’en sortent pas mal, ce qui ancre durablement le phénomène à Dakar. Notre pays ne doit pas continuer à importer des mendiants. Quand on va dans un pays étranger, ce n’est pas pour mendier car nous avons déjà suffisamment de personnes nécessiteuses pour ne pas en rajouter. D’ailleurs, aucun autre pays de la sous-région n’accepterait ce qui se passe dans nos rues avec les mendiants étrangers. Et ce n’est aucunement de la xénophobie que de demander qu’on y mette un terme. Dans un contexte sécuritaire où la menace peut se manifester sous différentes formes, même les plus inattendues, il est également légitime de débarrasser la rue de ces personnes qui y élisent domicile en permanence.

Nos autorités ont fait de l’émergence leur crédo, mais nous pensons que celle-ci doit aller de pair avec l’image d’un pays qui se modernise, à commencer par notre capitale qui en est la vitrine. Mais malheureusement, le nombre de plus en plus important de mendiants qui campent partout et des charrettes qui pullulent brouillent la perception moderne que veut refléter Dakar.

Il faut prendre les mesures qui s’imposent même si parfois elles sont douloureuses ou suscitent des récriminations. Ce qui importe, c’est la satisfaction du plus grand nombre et les Sénégalais sont presque unanimes à reconnaître que les ruptures doivent être amplifiées surtout dans tout ce qui touche les comportements. La pauvreté ne doit pas tout justifier au point de créer un environnement de laisser-aller généralisé. Mettons de l’ordre et de la discipline dans notre pays et nous-mêmes seront étonnés par les résultats auxquels nous arriverons. Et Dakar, cet écrin envasé apparaîtra dans toute sa beauté.


Par Ibrahima MBODJ

Des filles voilées qui tapent sur un ballon. Des hommes enturbannés qui jouent à la baballe. Un public tout étonné qui se demande s’il ne s’est pas trompé de stade. Rassurez-vous, ce n’est pas de la science fiction, c’est l’avenir du foot. La Fifa, en effet, a autorisé le port du voile ou du turban lors des matches de foot. Dorénavant, on ne portera plus seulement les couleurs ou l’emblème de son club, le logo de son sponsor. Non, c’est la préhistoire du football. Le soccer, comme l’appelle les Américains, entre en religion.

C’est à croire que les officiels de l'International Football Association Board (Ifab), l'organe garant des lois du ballon rond, ont décidé de mettre plus de piquant dans un sport où en dehors de CR7 et de Messi, il n’y a que des figurants qui peinent, décidément, à en assurer l’intérêt. Imaginons nos terrains de foot avec des joueurs en kippa, des ombres en burqa, des gardiens de but en soutane ou encore des arbitres qui arborent fièrement le shamtab des moines tibétains. Il ne manquerait qu’un public en Izâr (l’habit du pèlerin musulman) pour faire exploser les audiences des chaînes de télévision sportives.

Par Sidy Diop

Pourquoi les bonnes âmes se croient-elles obligées d’appeler le président de la République à la résistance, à tenir bon, à ne pas écouter les cris d’orfraie qui rament à contre-courant de la norme voulue, celle qui veut que les villes du Sénégal ne soient plus la scène d’enfants livrés à la rue ? Parce que ces bonnes âmes connaissent leur pays. Elles connaissent surtout la propension de la plupart de ses habitants à chercher des compromis tout sauf dynamiques quand arrivent les questions qui fâchent. La lutte contre le phénomène des enfants dans la rue est de celles-là. Avant, on a connu et oublié la loi 67-04 du 24 février 1967 contre les gaspillages dans les cérémonies familiales et religieuses, publiée le 1er mars 1967. Cinquante ans après, le voyeurisme dans les assemblées ludiques, artistiques ou familiales fait pleurer les plus blasés des observateurs de notre société. On a également connu le débat autour de l’instauration du permis à points pour lutter contre les meurtres sur les routes ; sans encore d’effets législatifs même si des propositions de lois ont été régulièrement faites (l’ancien député Pds de Rufisque, Alioune Souaré, par exemple).

Jamais les routes n’ont autant tué. La lutte contre la corruption ? Dans la circulation, dans la course aux marchés publics, dans les entreprises, surtout celles du service public, dans la gestion de l’argent de la communauté, pour brûler les étapes dans le processus d’acquisition de droits ou pour accélérer les procédures, l’argent, le lubrifiant social par excellence, est roi. Une preuve de cette réalité quasi génétique chez nous est le vocabulaire des milliards qui cohabite avec les abysses de la détresse humaine. Ici, des gens détournent, profitent de leur position pour s’enrichir, envoient leurs enfants étudier dans des pensions pour riches (futurs) héritiers, entretiennent des vergers avec bétail de race et fruits rares, envoient leur (s) épouse (s) faire des emplettes entre Milan, Dubaï, Casablanca ou Paris, vont en cure thermale dans les Pyrénées, roulent en berline et le font savoir à des hères qui peinent à acheter de l’aspirine ou un sachet de café. Violence ne peut être plus terrible ! Réformer est l’entreprise la plus difficile qui soit sous nos cieux. Quels sont les termes du débat ? Ils sont aussi simples dans leurs libellés que difficiles dans leur prise avec la réalité. Quel est l’avenir de ces enfants qui tendent la sébile dans nos rues, donnant à notre pays une image si dégradée ? Les « terroristes » de demain, les grands criminels façonnés par la jungle urbaine, les futurs marginaux se font la main, sous nos yeux, en toute impunité.

On connaît que trop bien la place des écoles coraniques dans notre société. Les tenants du statu quo jouent sur des gammes éculées, des amalgames qui touchent aux convictions religieuses et à l’héritage culturel. A la cupidité, ils ajoutent la mauvaise foi en trouvant des convergences entre l’enseignement coranique et les contritions inhérentes au statut d’apprenant. Régulièrement, la trace des vertus acquises dans les centres d’enseignement du Coran remonte à la surface quand quelque personnalité se révèle au public par sa compétence dans un domaine particulier : « Il est entré tard à l’école franco-sénégalaise car  il a fait son daara », entend-on ainsi très souvent, quand il s’agit d’expliquer une trajectoire en surbrillance. Par contre, aucune icône ou référence de ce pays, personnalité ou modeste inconnu, n’a rappelé qu’il a été enfant dans la rue à Dakar ! Premièrement parce que l’espérance de vie est minorée pour les enfants livrés à l’asphalte ? Ensuite, parce qu’ils n’y sont préparés à aucun métier sinon l’apprentissage des trucs et astuces pour survivre dans un milieu hostile. Enfin, parce que la valeur travail n’a pas de sens chez eux. C’est la sédimentation de déficits de plusieurs ordres, affectif, scolaire, moral et économique, qui structurent leur personnalité. Il faut bien soutenir l’Etat dans son initiative sans arrières pensées politiciennes. Il nous faut retrouver cette générosité qui faisait que l’enfant était d’abord celui de la collectivité. L’éthique de responsabilité parentale a succombé aux coups de boutoir de « la crise » et de la facilité certes, mais gouverner, c’est aussi résister !


Par  Samboudian KAMARA

Nous sommes un peuple de croyants. Personne n’en doute. Les tarikhas ne manquent pas. Les « thiant », « gamou » et « ziarra » sont nos compagnons quotidiens et les « dahiras » sont là pour nous maintenir dans le droit chemin. Mais il faut croire que tout cela ne suffit guère. Il nous faut désormais accueillir, quotidiennement, une noria de prêcheurs dans nos maisons, nos bureaux et nos voitures pour toujours nous rappeler les tourments réservés aux infidèles dans l’Au-delà. Eh oui ! Les gourdins, les anges exterminateurs, les serpents à têtes multiples… font froid dans le dos. Y a intérêt à bien écouter les porteurs de la bonne parole divine pour se mettre à l’abri des surprises.

Plus besoin d’aller chercher la connaissance dans les daaras ou auprès des saints hommes. Il suffit simplement d’avoir le pouce et l’index bien fermes pour zapper, rudoyer les boutons de la radio, pour que Dieu vienne à nous. Chaque radio, chaque télé a son (ses) oustaz et ses émissions religieuses. Et comme nous sommes des « toubènes » (néo-convertis), les serveurs vocaux explosent et ces représentants de Dieu sur la sphère cathodique sont assaillis de questions et de remerciements. Parfois, l’audience des émissions débordent des studios pour s’installer dans les grands espaces sous forme de conférences. Certains conférenciers ont toute une administration pour planifier les dates et régler les modalités financières. Dieu est, décidément, un business qui marche très fort. Sa parole, c’est de l’or en barre. Tant pis pour nous autres qui n’avons pas été apprendre dans les daaras.

Par Sidy DIOP


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