On en parle (91)

Les deux policiers blancs qui ont plaqué à terre un vendeur ambulant noir pour lui loger cinq balles en plein cœur sous prétexte qu’ils sont menacés ne doivent pas être très fiers de leur acte. Leur comportement ignoble à tous points de vue a relancé de manière fort tragique le problème de la violence de certains policiers blancs vis-à-vis des noirs aux Etats-Unis. Cinq de leurs collègues blancs et innocents ont payé injustement aussi de leur vie leur lâche comportement et cela commence à instaurer la loi du Talion.

 que le président Barack Obama tente difficilement de recoudre le tissu social fortement endommagé par ce meurtre de plus,  trois jeunes noirs qui tentaient de voler des armes qu’ils voulaient utiliser sans doute contre des agents blancs de la police ont été arrêtés en Louisiane. Le mouvement  de contestation « Black Lives Matter »  a pris une allure de vengeance parce que la démarche pacifique adoptée jusqu’à présent n’a pas donné le résultat escompté. Des jurys de complaisance accordent toujours l’impunité aux policiers blancs manifestement racistes qui, sous l’institution qu’est l’uniforme, jouent à exposer toute l’Amérique à une violence aveugle qui ne contribue pas à donner au pays une bonne image. Les Etats-Unis ont offert au monde une image meilleure que des policiers qui plaquent des noirs au sol pour les tuer et se faire libérer par une justice blanche biaisée.

En une année, plus d’une centaine de noirs ont ainsi été tués et les responsables blanchis sous alibi qu’ils étaient en « légitime défense » ou parce qu’ils avaient « très peu de temps de réaction face à la peur ». Peut-on évoquer la peur lorsqu’un policier alerté, débarque dans un jardin public et tire sans sommation sur un garçon noir qui joue avec une arme factice. De même qu’il faut aussi avoir une peur particulièrement spéciale pour que cinq policiers blancs plaquent au sol un noir et l’étouffent jusqu’à ce que mort s’ensuive alors qu’il crie qu’il ne parvient pas à respirer. Pourquoi au contraire des policiers blancs, les policiers noirs n’ont jamais tué un blanc parce qu’ils ont peur. Sans doute qu’ils n’ont pas la haine des blancs. Peut-être que le passé esclavagiste de certains blancs déteint encore sur leur comportement vis-à-vis des noirs surtout lorsque ces derniers ont connu une ascension qui gêne dans les milieux conservateurs. La plupart des bavures se passent dans les Etats du Sud Profond et avec une fréquence régulière depuis l’avènement du président Barack Obama à la Maison Blanche.

Autant les hommes ne se posent que des problèmes qu’ils peuvent régler autant les Etats-Unis, au regard de leur histoire, n’ont posé que des problèmes qu’ils ont pu régler. Rosa Park a surmonté sa peur pour refuser de céder sa place à un blanc dans le bus après une rude journée de labeur ; et l’histoire retiendra que son geste a été le déclic du vaste mouvement pour l’émancipation des noirs du sud des Etats-Unis.

Le racisme anti-noir dans la police est l’un des rares refuges d’un système injuste que des hommes et des femmes blancs, noirs et indiens fédérés par la seule volonté farouche de lutte contre l’injustice, ont combattu et l’espoir est permis sous la bannière multicolore de « Black Lives Matter » malgré ses dérives, tout de même compréhensibles.

Par Alassane DIAWARA

Une fatiha récitée lettre après lettre, d’interminables likhlass, des torrents de « rabana » et des kilomètres de perles de chapelet… La longue absence des pluies a fouetté l’ardeur des demandeurs de bienfaits providentiels. Dieu, dit-on, est très sensible à la prière. Il a besoin qu’on Lui reconnaisse Son statut d’« Etre suprême », disent les hommes d’esprit.

Les humains, ces ingrats qui se complaisent dans le péché l’ont si bien compris qu’ils ne cessent de déclamer la longue litanie du repenti intéressé. « Allahouma », « Seigneur »… Rendez-vous compte ! Des milliards de « croyants » se passent le mot pour implorer les bienfaits divins. Un immense brouhaha, imperceptible à l’échelle humaine, qui fend la nuit profonde – le moment le plus propice à la prière – pour déranger l’éternelle quiétude divine.

Et dans ces prières, on trouve du tout. Le paysan qui désespère de voir s’installer l’hivernage, le souffre-douleur qui rêve de changer de condition, le président qui s’accroche à son fauteuil, l’opposant qui rêve du Palais de l’avenue Senghor, le crève-cœur en quête de félicité, l’employé qui veut supplanter son patron et le patron qui veut le rester à vie, la femme qui ne veut pas de co-épouse… Des suppliques qui convergent toutes vers le réceptacle où des estampilles programmées par la prédestination distribuent les sentences divines : « accordé », « refusé », « différé », etc.

Pensez donc à Dieu face à cette multitude de cabotins qui affectent de le vénérer pour bénéficier de Ses libéralités. Et, si la Providence tarde à vous sourire, gardez à l’esprit cette sentence de Charles Péguy : « La sagesse de Dieu par nous peut défaillir. Et nous pouvons faire tout manquer ».

Par Sidy DIOP

Jet-setteur ! C’est une nouvelle activité à la page. Paraître là où ça se passe, vivre sans jamais lever le pied, sentir la réussite et l’incarner.

Ils sont nombreux à remplir les pages « people » des journaux, le visage bien lustré, confortablement installés dans un coin branché de Dakar entre des nymphes tout droit sorties des contes des « Mille et une nuits ». Ils sont des livres ouverts à la curiosité du public. Ils n’ont aucun secret pour les autres.

Vous voulez connaître les ressorts de leur vie familiale, leur travail, leurs amitiés et même leur intimité ? Il suffit juste de demander ! Ils ne rechignent guère à répondre aux questions les plus indélicates. Comme cette artiste qui affirme que sa généreuse poitrine est un atout pour sa carrière musicale. On les retrouve dans les recoins du « Dakar by night », distribuant des liasses de billets avec ostentation aux laudateurs.

ertains parmi eux poussent le désir de paraître jusqu’à payer pour que leur tronche apparaisse dans les journaux « people ». Un joli costume, une belle bagnole, une montre de classe ou une compagne distinguée, ce sont des trophées à exposer au regard envieux de la masse, quitte à transgresser les codes moraux. C’est le carburant qui chauffe leur moteur. Le hic, c’est que quand on expose sa « réussite », on cache difficilement ses soucis.

Plus haut est le succès, plus brutale est la chute.

Par Sidy DIOP

Le Sénégal en finale de la dernière CAN juniors, en 2015, face au Nigeria ? La performance avait été saluée comme il se devait, puisque jamais auparavant, les – 20 ans sénégalais n’avaient atteint ce niveau en compétition continentale. Mais, il y avait cependant un bémol, une sorte de circonstance favorable : les « Lionceaux » évoluaient à domicile. Car, cela faisait 20 ans exactement et la CAN junior de 1995 disputée au Nigeria, que le Sénégal ne s’était plus qualifié sur le terrain. Et cette CAN juniors à Dakar et à Mbour ne pouvait mieux tomber pour lui permettre de renouer avec cette épreuve des catégories de jeunes ; et donc d’y briller au point de s’inviter à sa première Coupe du monde juniors, quelques mois plus tard en Nouvelle Zélande. Avec à l’arrivée une honorable quatrième place… Or, revoici les « Lionceaux » en situation de négocier une troisième qualification sur le terrain après celles de 1993 (avec la génération des Tony Sylva) à Maurice et de 1995 au Nigeria (avec la bande à Salif Diao). Un exercice qui, on l’a vu, ne les a pas souvent souri par le passé. Et c’est là justement que réside le défi : prouver que le football de jeunes du Sénégal est aujourd’hui suffisamment compétitif pour prétendre se qualifier sur le terrain et non plus seulement comme organisateur.

Mais la tâche sera d’autant plus compliquée qu’en face, il y aura les « Black Satellites » du Ghana, habitués à jouer les grands rôles en Afrique et dans le monde dans le football des jeunes. Un challenge de nature à vous pousser à vous transcender. Après la Tunisie au tour précédent, sus au Ghana ! Pour une présence à « Zambie 2017 »…

B. Khalifa Ndiaye

Lendemain de Korité à Dakar. La moitié des quotidiens n’ont pas respecté leur rendez-vous avec le public. Les portails web ont la mine blafarde, sans couleurs, ni gaieté, bref, ils sont moroses. Pourquoi ? Tout simplement parce que la « grande presse » a joué les prolongations de la fête. Contrairement à une idée fort répandue, ce sont bien les journaux classiques et l’indétrônable radio qui fournissent la matière première aux sites d’informations version sénégalaise. C’est le monde à l’envers. Mais qu’est-ce qui est à l’endroit dans cette joyeuse sarabande ? Plusieurs quotidiens n’ayant pas paru, l’écoute radio et la reprise de dépêches sur l’international ont donc été au menu.

L’attrait que le « web journalism » exerce sur le public mérite que les autorités compétentes se penchent de manière sérieuse sur une question sérieuse. La fascination qu’il engendre requiert sa régulation et l’instrument de validation qu’il est devenu induit en même temps l’érection de garde-fous car un destrier a beau être racé, il aura toujours besoin de brides pour canaliser son énergie. Il ne faut pas s’y tromper : c’est une arme létale entre les mains de qui le veut ! Un ennemi pointe-t-il le bout du nez ? Débrouillez-vous pour faire paraître son nom dans un post et laissez filer les commentaires. Il regrettera d’être venu au monde. Injures, infamies, haine et méchanceté gratuite, mensonges éhontés pour faire mal, tout y passe.

Qu’importe si des familles sont détruites ou des carrières brisées, il faut que ça saigne ! Voulez-vous une remise à niveau ou un renforcement de capacité en matière de vilénies des cours de récréation ? Surfez un peu autour ces espaces de discussion et vous (re) verrez ! Que faire ? L’impunité qui se déroule sur les forums est sans nom. Doit-on laisser cette situation prospérer ? Bien sûr que non ! « Soyons terribles pour éviter au peuple de l’être », s’enrageait Danton en réponse à ceux qui s’étonnaient du nombre de condamnés à la guillotine par les tribunaux révolutionnaires. Il faut sévir et surtout pas voter le Code de la presse dans ces conditions....

On ne peut pas généraliser en parlant de toute une corporation. Certes, nous avons ici des portails professionnels et originaux, mais hélas leurs animateurs vivent ce que vivaient les journalistes – disons dinosaures pour ne pas répéter « classiques » – il y a vingt ans quand on commençait à murmurer que les émergences qui pointaient dans la presse n’auguraient rien de bon. C’est-à-dire le sentiment de viol d’une conscience et d’une charte. Qu’il est facile de créer un site et d’y publier ce que l’on veut ! Certains web journaux posent un problème de sécurité. Ils produisent très souvent des « infos » incomplètes, parcellaires, bancales, non vérifiées, encore moins recoupées.

Les économistes s’accordent sur les opportunités offertes à l’Afrique par le numérique. Par anesthésie mentale, on se gargarise d’idées prêtes-à-penser comme par exemple cette idéologie d’une égalité des chances pour la première fois dans l’Humanité entre l’Islandais et le Tanzanien de Zanzibar. Un leurre pour gogos ! Pour faire du web, il faut d’abord avoir un ordinateur configuré à cet effet et de l’énergie, et surtout payer, en attendant que le wifi planétaire quitte le domaine du...virtuel. Point besoin de gymnastique neuronale pour comprendre que les fossés entre le nord et le sud ne sont pas près de se résorber. De la même manière qu’on ne confie pas une Bugatti à un cocher, on ne peut entrer durablement dans ce nouveau monde sans organisation préalable.

Mais fort heureusement des frémissements dans le bon sens sont notés, même s’ils ont la fréquence d’un hypotendu. Il y a bien une nouvelle forme de collecte et de traitement de l’information qui croît avec le web. On va vers de gigantesques « bases de données » ou data journalism, et les enquêtes collectives (sharing sources). La veille stratégique numérique orientée média est le nouveau créneau.  Les journalistes devront renforcer leurs capacités à utiliser les Tic pour collecter et analyser l’information stratégique. Les commentaires issus du post facebook ont désormais valeur de micro-trottoir ; et l’interview physique deviendra rétro par la force des choses. Les ressources humaines seront le grand défi. Qui acceptera d’exercer un métier que tout le monde peut faire à priori ? La presse, c’est le lieu de la Liberté ; de toutes les libertés, à notre grand malheur. Mais rien ne pourra remplacer ce « monopole » de la diffusion de l’information, le déclic crée par ce qui sort de l’ordinaire, l’info collectée bribe par bribe, tamisée pour enlever l’inutile, habillée par un environnement global, tournée et retournée dans tous les sens pour la vérifier et livrée toute chaude comme le pain du matin ; comme un cœur de métier.

Par Samboudian KAMARA

C’est un jeune homme d’une trentaine d’années qui a battu le record des évasions dans les cellules de police et des maisons d’arrêt et de correction du Sénégal. Modou Fall ou Boy Djinné, c’est le nom qu’il s’est choisi, est tombé, une énième fois à Kalifourou (Tambacounda). Les pandores ont tellement ferraillé avec la communauté des pince-mérite de notre pays qu’ils ont dû se prémunir de quelque gris-gris anti-djinn.

Mais avec Boy Djinné, le plus difficile, ce n’est pas de lui mettre la main dessus, mais plutôt de le garder en prison. Le ministre de la Justice exulte et ravive la foi des policiers : « Je vous l’avais dit, Boy djinné n’est ni djinn, ni margouillat, encore moins du vent. Ce n’est qu’un vulgaire bandit ».

Cette fois, c’est sûr, ses pouvoirs mystiques devraient carburer au super pour échapper au sort à lui réservé. Les matons vont devoir veiller sur lui « comme du lait sur le feu ». Une garde-à-vue au premier sens du terme. La question est de savoir selon quels critères ses nouveaux anges gardiens seront choisis. Car pour surveiller un djinn, il faut avoir la ceinture et les bras bien cerclés de talismans en tous genres. A défaut, les effluves du « lait sur le feu » pourraient s’avérer bien… soporifiques.

Par Sidy DIOP

Une journaliste de la télévision publique danoise est entendue devant un tribunal danois depuis la semaine dernière. Sa faute ? Dans le cadre de l'émission de défense des consommateurs « Kontant » en 2004, la journaliste avait versé du shampooing antipelliculaire dans un aquarium pour démontrer les résultats d'une étude selon laquelle le principe actif de ce produit serait tellement toxique qu'il pourrait tuer des poissons. Effectivement, quatre jours plus tard, 11 des 12 poissons étaient morts. Un vétérinaire qui avait vu la scène à la télévision avait, à l'époque, porté plainte contre la journaliste pour avoir fait souffrir les animaux. Elle risque aujourd’hui deux amendes de 1.340 euros.

Si le Danemark était le Sénégal, il n’y aurait pas assez de prison pour accueillir les assassins d’animaux que nous sommes. L’Etat, non plus, ne serait jamais en butte à des tensions de trésorerie. Rien que pour la Tabaski, si chaque père de famille devait casquer pour payer une amende, même en Cfa, pour avoir égorgé un mouton, le ministre de l’Economie danserait le « déplacement latéral ».

Par Sidy DIOP

C’est une histoire résolument africaine contée par le site internet du quotidien ivoirien « Le temps ». Mort mystérieusement, Yapi Constanten en veut décidément à son meurtrier. A un jet de pierres du cimetière, son cercueil « marque un arrêt et fait demi-tour ».

L’article poursuit : « Le cercueil prend la direction du village et se dirige vers la maison du chef de village, après avoir effectué un tour de reconnaissance des environs. (…) Il se dirige dans (sic) la chambre à coucher du chef et s’installe sur le lit ». Trois points de suspension. Le coupable de la mort de Yapi Constant venait ainsi d’être démasqué. Il est fort ce cercueil dé ! Il marche, inspecte les environs et s’installe sur le lit du chef. Tout seul. Une histoire digne de l’Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales.

Question : Quand est-ce que cette Afrique chantée par la grand-mère du poète, « au bord de son fleuve lointain », arpentera-t-elle les sentiers de la modernité ?

Par Sidy DIOP

La campagne de retrait des enfants de la rue, entrant dans le cadre de la lutte contre la traite des personnes, a été lancée hier. En décidant d’agir, le gouvernement démontre que la situation des tout-petits est une préoccupation au Sénégal où il faut encore des efforts pour mieux promouvoir leurs droits. Dans ce combat, les autorités étatiques ont besoin du soutien de tous les militants de la cause de l’enfance. Le slogan doit être ceci : « Tous ensemble pour construire une dynamique de sauvetage des enfants mendiants ». En effet, les « ndongos » sont en danger à Dakar et dans les autres grands centres urbains.

Cette campagne de retrait des enfants de la rue demande une gestion rigoureuse et, surtout, nécessite un examen lucide du « daara » qui, aujourd’hui, est corrompu. La vocation première d’une école de formation religieuse était, dans le passé, de donner à ses pensionnaires les ressorts spirituels et les ressources intérieures leur permettant de retrouver leurs repères et de construire leur destin, ici-bas et dans l’au-delà. Et l’on tenait, dans les grands espaces qui abritaient les « daaras » installés loin des grandes agglomérations, à former des paysans, des pasteurs et des pêcheurs lettrés. Bref, des citoyens à la fois courageux, humbles et imbus des problèmes qui se posaient à leur contrée, à leur pays.

Les mirages de Dakar ont fini par attirer les maîtres coraniques. Issus de la campagne ou provenant des pays voisins, ils débarquent dans la capitale sénégalaise, avec bagages et « ndongos ». Ils laissent ces derniers prendre possession des rues et avenues, braver les intempéries, tendant la main pour quelques pièces d’argent, des grammes de riz, chapardant quelques petits effets pour honorer le « contrat » qui les lie au maître du « daara ». N’est-ce pas là une pire forme de travail de l’enfant ? C’est justement pour lutter contre cela que les services de l’Etat et leurs partenaires sont entrés en action. Ils veulent ces enfants cessent de squatter, dès la tombée de la nuit, les bâtiments désaffectés ou en construction à Dakar, la devanture des commerces, le pavé de certaines avenues et rues.

Ces enfants en situation difficile vivent dans un univers peuplé d’ombres. Couchés à même le sol ou en mouvement, leurs habits en haillons dénotent leur indigence. Pour certains, des nattes usagées ou cartons tiennent lieu de divan. L’oppressant environnement ajoute à la tristesse de ces tout-petits qui ont fait de la rue leur « empire ». Et ici, la santé physique et mentale du plus grand nombre de « sujets » est sérieusement éprouvée : une descente aux enfers. Pourtant, ils sont nombreux à vouloir s’échapper des « griffes » du maître coranique. L’on en rencontre quelques-uns qui semblent détester le monde et tous ceux qui l’habitent. Ils n’ont aucune structure qui puisse leur permettre de s’insérer dans les circuits productifs. Ils sont laissés à eux-mêmes, dans la rue.

Depuis hier, le gouvernement a décidé d’agir. Il est temps de leur apporter le sourire, en les approchant pour qu’ils guérissent des céphalées, de la tuberculose et des dermatoses en les retirant de la rue. La tâche est immense car éradiquer ce système demande, entre autres, le développement du mécénat humanitaire qui permette d’offrir un champ d’activités alternatives aux jeunes afin de faciliter leur insertion sociale et professionnelle, la mise sur pied d’espaces d’accueil, d’écoute et de stabilisation, l’application rigoureuse de la loi dans la lutte contre la traite des enfants.

Par Cheikh Aliou AMATH

Le Sénégalais est un être hybride avec une grande capacité de s’adapter à l’environnement d’accueil ou de passage tout en gardant les spécificités qui font son Adn. La laïcité française, très différente de celle du Sénégal, interpelle d’abord le primo arrivant sénégalais. Il finit par s’habituer à allier Ramadan et non aménagements des horaires de travail ou de cours. Contrairement au Sénégal où on peut allégrement faire sa prière sur son lieu de travail au vu et su de tout le monde, en France, c’est interdit par la laïcité qui y a court.

Définie par Albert Jacquard, elle « est l’acceptation de toutes les opinions et de tous les comportements qui savent respecter l’autre ». C’est le fruit d’un long processus de maturation qui avait pour but de « mettre fin à l’existence de « deux France » », selon Jean Baubérot, le grand spécialiste des questions de laïcité en France. « Deux France » qu’on résumait entre catholique et protestants au Moyen-Âge, puis entre croyants et laïcs pour la période contemporaine.

Au Moyen-Âge, la société française obéissait aux règles de l’Eglise chrétienne. De l’instauration du gallicanisme par Philippe le Bel (1268 – 1314) avec des conséquences néfastes sur les minorités juives et protestantes à l’Edit de Nantes (1598) qui protégeait les adeptes du protestantisme à sa révocation (1685) occasionnant leur massacre, le Moyen-Âge français est marqué par des tourments religieux. Aux premières années de la Révolution (1789 – 1791), la liberté de conscience et de culte est proclamée avant que les religions ne soient combattues en 1793 par une séparation, sur le principe de l’Eglise et de l’Etat. C’est la continuité des « deux France ».

Avec le concordat de 1802, Napoléon instaure un régime pluriel des « cultes reconnus ». Autant à la Restauration qu’à la IIe puis IIIe  République, anti et pro cléricaux continuent de s’opposer sur la place de la religion. C’est la loi de la séparation des Eglises et de l’Etat de 1905 qui, en mettant fin au Concordat avec Rome, devait apaiser les tensions entre pouvoir spirituel et exécutif. Depuis lors, cette loi, fondement de la laïcité française, a été revisitée plusieurs fois. Sous la IV puis V République, les écoles confessionnelles bénéficient du financement de l’Etat français (jusqu’à 80% à partir de 1959) à condition qu’elles passent un contrat avec l’Etat sur le respect des programmes de l’enseignement public, ce qui leur permet d’avoir des activités religieuses.

Durant toute cette période, le catholicisme était dans le viseur des défenseurs de la laïcité à la française. A partir de la fin des années 1980, la donne va changer avec l’arrivée à l'école des enfants issus des premières générations d’immigrés.

Parmi eux, beaucoup viennent de l'Afrique de l'Ouest et du Maghreb. Le port du voile dit islamique est présenté comme n’étant pas incompatible avec la laïcité mais peut le devenir avec un certain nombre de comportement : prosélytisme, refus des cours sur la sexualité. Ainsi, les années 2000 sont marquées par un retour des « deux France » avec un changement notable du fait de la présence des Français musulmans en majorité issus de l'immigration.

A la suite des attentats du 11 septembre, les débats sur l’incompatibilité de l’Islam et de la République reviennent régulièrement au cœur de l’actualité. Les hommes politiques ont pliés sous les coups de boutoir d’une certaine opinion avec la loi du 15 mars 2004 qui interdit le port de signes ostensibles à l’école publique. En clair, le port du voile musulman. La boucle, pour le moment, est bouclée avec la loi du 20 octobre 2010 qui interdit le port du voile intégral dans l’espace public. Se retrouvant au cœur de ces « deux France », l’homo senegalensis, fort en adaptation, se plie à la loi tout en trouvant des solutions. Pour l’enseignement religieux des enfants, à défaut d’avoir toujours les moyens de les inscrire dans les écoles confessionnelles aux prix exorbitants, le système D est mis en place. Le cas d’associations comme le Bol d’Or du 18ème arrondissement de Paris peut être cité en exemple, avec un maître coranique venant tous les dimanches pour l'enseignement des enfants.

Pendant le Ramadan, être productif en entreprise malgré les 18 heures de jeûne quotidien est une nécessité sans aménagement d’horaires de travail, ni d’entorse sur l’injonction de ne pas prier sur son lieu de travail ou encore de mettre des chants religieux dans les quartiers. C’est cela aussi concilier foi et loi.

• Par Moussa DIOP

Il faut vraiment souhaiter le meilleur pour la Grande-Bretagne, tellement elle est mal partie avec cette affaire de Brexit qui tourne au cauchemar, lorsque Londres même, la capitale, souhaite disposer d’une autonomie pour protéger son économie face à tant d’incertitudes ouvertes par le verdict de la consultation citoyenne.

Une situation d’autant difficile à digérer que l’écart entre les partisans du oui et du non est très faible et que le regret constitue actuellement le sentiment le mieux partagé par ceux qui n’ont pas eu la majorité requise pour le maintien et ceux qui ont voté la sortie sur un coup de tête avant de réfléchir après. Tous ont été victimes des acteurs politiques en quête de légitimité populaire.

Sachant son parti divisé sur la question européenne et surtout une poussée de la droite antieuropéenne l'Ukip (United kingdom independence party) en passe de lui ravir un nombre important d'électeurs, le Premier ministre conservateur David Cameron annonce qu'il allait entamer une négociation avec l'Union européenne et soumettrait le résultat au peuple britannique par référendum.

Au finish, le verdict tourne au cauchemar, détache la Grande-Bretagne de l’Ue et entraine la chute de Cameron alors que le Royaume-Uni à tout à gagner dans l’Union. La manipulation politicienne des opinions par des acteurs politiques a fonctionné à merveille, les vainqueurs étant, sans doute, les plus déçus par ce vote lorsque leurs leaders sont revenus sur leur promesse d’un avenir meilleur en faisant cavalier seul.

Il était plus facile pour la Grande-Bretagne de peser de tout son poids économique et de son influence politique à l’intérieur de l’Ue que lorsqu’elle a choisi de quitter. Sans doute que le royaume ne voulait pas quitter, mais juste mettre la pression sur Bruxelles pour avoir plus, car il avait un statut de privilégié avec son indépendance monétaire et budgétaire et le contrôle de ses frontières.

Désormais, les responsables britanniques devront négocier en position de faiblesse ce qu’ils appellent « la relation la plus étroite possible en termes de commerce, de coopération et de sécurité ». Sauf que les 27 ont averti qu’il n’y aura pas de négociation « à la carte », veillant surement à ce que l’exemple britannique ne fasse pas tache d’huile auprès d’autre pays de l’Union. C’est aussi une façon de mettre davantage la pression sur David Cameron qui cherche à retarder le plus tard possible le déclenchement de l’article 50 du traité de Lisbonne qui lui laisse un compte à rebours de deux ans pour entériner le Brexit. Un temps suffisant aussi bien pour le camp de la sortie, qui peut trouver les moyens d’atténuer les conséquences de la sortie, que pour les partisans du maintien au sein de l’Ue, lesquels peuvent certainement trouver un moyen de bloquer le processus.

Quoi qu’il en soit, les Britanniques ont été gentlemen lors de ce scrutin en faisant preuve de retenue et de sens des responsabilités : les perdants ayant choisi de lancer une pétition pour un autre vote à peine le camp du Brexit déclaré vainqueur.

En Afrique, le camp des perdants aurait vite crié à la fraude, au bourrage des urnes et à l’existence de bureaux de vote fictifs, entre autres prétextes pour mettre le pays à feu et à sang et exiger une table ronde des négociations.

Par Alassane Diawara

L’autre jour, dans un coin chic de Dakar, c’est un ancien camarade de classe perdu de vue depuis longtemps et qui, entre temps, a cédé à l’onction bachique qui m’offre de prendre un verre avec lui. Grande fut sa surprise de m’entendre commander un jus de fruit.

Dépité, il me tint ce discours tout droit sorti des officines de l’ébriété permanente :

- Il y en a beaucoup, parmi ces gens qui se perdent en génuflexions et en courbettes devant Dieu qui seront surpris le jour de Jugement dernier. Dieu fera faire deux grandes files : celle des musulmans pratiquants qui croient avoir signé un bail avec le paradis et celle des gens comme moi qui vivent pleinement sur terre. A la première catégorie de gens il dira : « vous avez snobé les bienfaits que j’ai descendus sur terre pour vous faciliter la vie, n’espérez donc pas que je vais perdre mon temps à vous proposer mieux ici ».

t à nous, il ouvrira grandement les portes du paradis puisque dira-t-il, « nous avons compris ».
- Je me surpris à lui répondre sur un air interloqué :
- Si je te vois entrer au paradis avant moi, je détrône Michael Jackson dans l’art de la danse.

Par Sidy DIOP

C’est le camp du chômage et de la précarité qui a pris le dessus par une courte majorité de 51,9% qui a fait basculer la Grande Bretagne hors de l’Union Européenne. Sans doute que l’ampleur de la crise économique et son impact social ont quelque peu altéré le jugement des partisans de la rupture qui pensent pouvoir retrouver par le slogan « make Britain greater again » le paradis perdu. La solution au marasme qui explique leur choix ne réside pas dans le repli vers un passé révolu mais dans l’élaboration d’un nouvel avenir au sein de l’Union européenne. Aucun Etat n'est en mesure de faire face seul aux mutations socioéconomiques et géopolitiques du processus de mondialisation. Le vote pour la sortie a installé les germes du chaos avec les délocalisations et fuite de capitaux par les milieux financiers qui ont vite fait le choix entre la Grande Bretagne et les vingt sept membres de l’UE. Un processus qui va davantage alimenter l’inquiétude et les velléités de rupture des autres composantes du royaume.

L’ampleur de la crise du chômage et celle des migrations à l’échelon européen est à la hauteur de la montée des nationalistes qui se dessine un peu partout tant par la victoire du mouvement cinq étoiles à Rome et dans plusieurs grandes villes italiennes, que celle de l’extrême droite en Autriche, le probable succès de Podemos en Espagne, ou la brusque poussée du Front national en France. C’est aussi le témoignage de la profondeur du malaise de pans entiers de citoyens qui ne se reconnaissent pas dans le fonctionnement de l’Union Européenne. L’avenir des micro pays réside dans la fédération de toutes les forces sociales européennes non pas pour un retrait programmé par les uns et les autres mais pour élaborer l’Europe des peuples face à l’Europe des capitaux. La Grèce a réussi à surmonter la crise et les autres devraient pouvoir le faire car c’est le prix à payer pour rester fort.

Le retrait britannique ne saurait entrainer l’éclatement de l’Union auquel cas il faudra désespérer des dirigeants européens qui œuvrent pour son unité depuis une soixantaine d’années. C’est plutôt le moment d’un sursaut nationaliste pour mieux réadapter le projet européen aux aspirations des peuples qui ne rêvent que d’une vie meilleure. Réfléchir ensemble pour une redéfinition d’un projet fédéral plus proche des aspirations des masses populaires par une meilleure harmonisation et intégration des politiques économiques et sociales. Une réorientation qui devra se réaliser avec le noyau de base des pays fondateurs que sont la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique et l’Italie. La sortie du Royaume-Uni leur permet d’avoir les coudées plus franches pour hâter un processus d’intégration à même de répondre aux attentes de ses citoyens.

Par Alassane DIAWARA

Les joueurs portugais titulaires contre la  Hongrie mercredi dernier à l’Euro 2016 de foot (3-3) sont tous passés par une cabine de cryothérapie après un match (presque) surréaliste. C’est une méthode de récupération qui consiste à soulager les douleurs et réduire les hématomes musculaires grâce à des très basses températures (-110°C pour Cristiano Ronaldo et ses coéquipiers), nous apprend RMC Sports.

Sur une image postée sur Facebook par William Carvalho, on voit le milieu du Sporting mais aussi André Gomes, Vieirinha et Joao Mario avec des bandeaux, des masques et des gants, juste avant d’entamer leur séance de cryothérapie. Pour rappel, le Portugal n’a eu que 72 heures pour récupérer et se préparer pour son 8e de finale contre la Croatie ce samedi soir à Lens. A chacun sa méthode pour retrouver des couleurs…

Que dire alors de l’opinion sénégalaise et de sa presse qui n’en avaient que pour les déboires judiciaires de Karim Wade depuis trois ans ? C’est comme un ouf de soulagement qui a été poussé quand l’info sur la libération de l’ancien ministre d’Etat s’est avérée. On vient de loin. Condamné à six ans de prison et 138 milliards FCfa d’amende, le fils de l’ancien président de la République a été le héros malgré lui d’un feuilleton judiciaire qui restera dans les annales. Saoulés par le vocabulaire des milliards et des géographies paradisiaques (Monaco, Singapour, Iles vierges), les Sénégalais peuvent maintenant tourner la page. On retient toutefois que la grâce accordée par le président de la République n’enlève pas les sanctions financières prises à l’encontre des accusés.

On retient aussi que les guides religieux ont été déterminants dans l’issue heureuse pour Karim Wade et ses co-accusés. Mais tourner la page ne veut pas dire oublier ; On parle là de milliers de millions de FCfa. Que d’écoles, que de cases de santé, que de pistes de production, que de labos construits avec ces sommes mirobolantes ! Mais comme on dit ici, par paresse ou par culture du compromis, « il faut savoir pardonner ». Effectivement, dans un pays aux habitants ancrés dans leur foi, le pardon est un tout un système de valeurs qui profitent aussi bien qu’à l’offenseur qu’à l’offensé. Le premier va engranger les bons points pour sa mansuétude ; alors que le second est absous de sa faute.

Mieux, dans son livre, « Forgive for Good », le Dr Frederic Luskin (université de Stanford) décrit le pardon comme étant une recette prouvée pour la santé et le bonheur. Le savant décrit ainsi comment le pardon promeut des notions positives comme l'espoir, la patience et la confiance en soi en réduisant la colère, la souffrance, la dépression et le stress, alors que la colère continue provoque des effets physiques observables sur l'individu.

Bref, passé le solde des comptes, doit venir le temps de « la récupération ». L’affaire Karim Wade a « mobilisé » la presse, fait chanceler les positions dans le champ politique et remis au goût du jour l’inversion de la charge de la preuve dans le pouvoir judiciaire. Ce fut un long labeur, aussi bien pour l’accusé, que pour tous ceux (nombreux) qui jugeaient trop envahissante « l’affaire » au point de faire oublier les chantiers en attente ou déjà lancés, et bien lancés. Cette affaire a divisé les sénégalais, plus que jamais prompts à s’attendrir devant le sort promis aux délinquants à col blanc. C’est donc un retour à la normale, après bien des frictions qui ont atteint leur summum quand on a présenté le principal accusé comme un croque-mitaine, faisant peur à de probables futurs ( ?) adversaires politiques. Oublier l’essentiel pour évoquer l’accessoire devient un sport national ici quand vient le moment de panser des plaies qui touchent à notre rapport à l’argent. Réfrigérer l’esprit quoi !

Par Samboudian KAMARA

« On dîne ensemble ce soir ? ». Nombre de chefs d’entreprise, de responsables de rédaction, de belles femmes ou de communicants de tout acabit ont déjà répondu à cette question. Par l’affirmative le plus souvent. Dîner est le passe-temps favori des gens « importants ». Dîner entre amoureux, entre hommes d’affaires ou entre amis. Aux chandelles pour les uns, près de la piscine pour les autres, dans un cadre chic toujours, loin du stress quotidien.

On se fait beau, on rit, on raconte, on frime, on partage souvenirs et projets. Les angoisses sont cachées sous l'humour et les chagrins étouffés par les éclats de rire. Et pour quelques heures, on y croit ! C'est ça le principal...

Si on a le bon code et que l'on respecte les autres, cordialité, hypocrisie, bonne humeur, on risque de passer une bonne soirée... Mais les masques tombent dès le chemin du retour. Car souvent, le temps de la ripaille, on troque son « être intime » contre une urbanité à contresens. Un dîner, c'est la dictature de l'apparence.

Par Sidy DIOP

La Grande-Bretagne entame une étape cruciale de son avenir avec la consultation du peuple pour son maintien au sein du l’Ue ou son départ pour faire cavalier seul. Un vote qui se tient dans un contexte très trouble de crise économique et de contestation face à une mondialisation aux contours mal définis et qui pousse les nations à des réflexes identitaires souvent injustifiés.

Les progrès scientifiques et techniques gomment de jour en jour les différences par une circulation des savoirs et des capitaux, suivie de plus en plus par celle des hommes à la recherche d’un avenir meilleur. Cette émigration brusque et massive donne aux autochtones un sentiment d’être envahis et surtout de ne plus être souverains dans leur propre pays. La conséquence est que des pans entiers de la classe moyenne et des couches pauvres versent dans la xénophobie.  Un tremplin pour des politiciens en mal de représentativité qui titillent l’instinct grégaire qui dort en chacun pour se trouver une existence politique. D’année en année, l’extrémisme politique et la xénophobie se sont  propagés en Europe, attisés par la crise économique, le Parti autrichien de la Liberté, la Pegida en Allemagne, en passant par le Front national en France, la Ligue du Nord en Italie ou Aube dorée en Grèce. C’est ce dernier pays, l’un des plus pauvres de l’Europe, qui a supporté la plus dure cure économique avec des réformes sociales drastiques dictées par Bruxelles et qui l’ont mis au bord de l’implosion sociale, favorisant ainsi la montée en puissance de Aube dorée. Les responsables grecs ont compris que leur avenir est au sein de l’Union européenne et ont fait face à toutes les crises sociales et extrémistes, parce que c’est le prix à payer pour aller de l’avant.

L’Angleterre, menacée de sortie de l’Ue, est de loin plus nantie et mieux servie que la Grèce. Elle semble être l’enfant gâté de l’Union pour l’avoir boudé au début, se contentant du Commonwealth et d’une zone de libre-échange économique avec des pays nordiques. Lorsqu’elle rejoint l’Union sur le tard, en 1973, c’est pour y participer à la carte, prenant ce qui l’arrange et refusant ce qui l’arrange pas. Elle n’est partie prenante dans aucun enjeu majeur de l’Ue : l’Angleterre n’est ni dans l’euro, ni dans l’union bancaire, pas dans l’accord Schengen, ni la politique d’immigration et d’asile. Elle n’est pas non plus dans la politique de défense et participe peu au budget communautaire. Un statut de quasi privilégié obtenu grâce à des discussions, des aménagements et des concessions des uns et des autres (les partenaires) au nom de la nécessité de préserver l’Union, une nécessité de l’heure pour pouvoir peser sur les grandes décisions au niveau mondiale. L’auteur Cheikh Hamidou Kane écrivait, il y a plus de cinquante ans, dans son fameux roman « L’aventure ambigüe », que «  l’ère des destins singuliers » était révolue et que de « nos longs murissements multiples naitra l’Unique Fils de la terre ». Aucun pays ne survivra seul à la mondialisation irréversible, et partout de grands ensembles sont en train de se constituer pour y faire face. Sans doute que la majorité des électeurs anglais l’auront compris et voteront pour le maintien au sein de l’Ue, où leur pays qui se trouve parmi les grands d’Europe a l’avantage de peser sur les décisions.

Plusieurs voix autorisées ont suffisamment mis en garde sur les conséquences fâcheuses d’un Brexit. La première sera certainement un éclatement du Royaume-Uni. L’Ecosse qui a déjà des velléités sécessionnistes en sera encouragée, de même que l’Irlande qui a plus à gagner avec l’Ue qu’avec la Grande-Bretagne. 

Par Alassane Diawara

Selon l'édition 2016 du classement Global Peace Index, qui vient d'être rendu public, seuls dix pays de la planète vivent libres de tout conflit, à l'heure où "le monde devient de plus en plus dangereux", rapporte The Independent. Ces pays sont : le Botswana, le Chili, le Costa Rica, le Japon, l'île Maurice, le Panama, le Qatar, la Suisse, l'Uruguay et le Vietnam. Peut-être il y en a qui vont ajouter d’autres pays dans ce classement, mais cela montre tout simplement combien notre monde sombre de plus en plus dans le chaos. Pourtant, dans l’absolu, les hommes sont arrivés à un tel niveau technologique et de production dans tous domaines, qu’ils peuvent transformer la terre en « paradis » pour peu qu’ils apprennent la générosité et le partage. Cela peut ressembler à de la naïveté que de penser comme ça, mais la vérité est que cette soif inextinguible qu’il s’agisse des pays comme des individus à vouloir toujours davantage (richesse, pouvoir…) au détriment des autres, est la cause profonde des violences et des conflits dans le monde.

Pire, les conflits opposent rarement les Etats maintenant, mais sévissent à l’intérieur de ceux-ci en mettant aux prises des communautés entre elles ou des groupes avec le pouvoir en place. Ils sont d’ailleurs les plus meurtriers. Aux traditionnels mouvements de libération qui s’expriment par la violence, le terrorisme d’inspiration djihadiste est venu ajouter une couche à un tableau sécuritaire bien sombre. Le sentiment d’insécurité est fortement ressenti partout et dans beaucoup de pays ; des hôtels se sont transformés subitement en piège mortel. Grâce aux réseaux sociaux la violence est mise en scène pour choquer et faire peur. Qui pouvait imaginer qu’au 21e siècle, des hommes pouvaient égorger leurs semblables avec jubilation au nom d’un Dieu qui est infiniment bon ? Cela signifie donc que les mauvais, ce sont ces hommes dont la barbarie renvoie aux premiers âges de l’humanité. Ainsi beaucoup de criminels, pour étancher leur soif de sang se sont enrôlés dans les groupes djihadistes pour donner à leurs actes inhumains un cachet religieux, histoire de tranquilliser leur conscience. En Syrie et en Irak, les vivants envient presque les morts, pris qu’ils sont dans les filets de la violence d’une kyrielle de groupes islamistes, en lutte contre l’Etat central, provoquant des vagues de réfugiés sans précédent.

Sur notre continent, les Shebab de Somalie se livrent à un djihadisme insensé entrainant des pays voisins dans la violence, tandis que dans les pays situés autour du lac Tchad, Boko Haram que l’on croyait aux abois depuis les défaites subies devant l’armée nigériane, connaît un regain de force, notamment avec l’attaque menée dernièrement contre la ville nigérienne de Bosso. Plus près de nous, dans la sous-région, le Mali est complètement déstabilisé, subissant lui-même les contrecoups de la déstabilisation de la Libye.

Selon les géopolitologues, un arc de crise qui va du Sahel jusqu’au Pakistan s’est formé et génère avec lui conflits et violences.

Pour autant osons espérer que l’avenir de l’humanité n’est pas irrémédiablement voué à la violence et qu’un autre monde est possible à condition que l’homme accède à un autre degré plus élevé de spiritualité.

Par Ibrahima MBODJ

Ahmed Mohamed Dhore est un homme hors du commun. Aujourd’hui âgé de cent douze ans (il serait né en 1897). Ce Somalien qui affiche fièrement ses quatre-vingt-dix enfants et petits-enfants, vient de convoler en justes noces avec une jeune fille de… dix-sept ans. 80 ans d’écart entre les eux conjoints. Plus d’une centaine d’invités, plutôt curieux, se sont pressés dans les jardins de la demeure du jeune centenaire pour s’assurer de la réalité de cette union.

Très fier de sa prouesse, Ahmed M. Dhore confie les raisons de sa santé actuelle : un régime alimentaire et une activité sportive régulière. Quatre de ses épouses n’ont pas pu soutenir le rythme de ce marathonien de la longévité. Elles sont décédées depuis une cinquantaine d’années. « Je suis toujours marié à ma première femme, mais elle ne peut plus s’occuper d’un époux. Elle est au lit et ne peut même plus marcher jusqu’aux toilettes », a confié le « jeune » marié, dont les propos sont rapportés par « Le Figaro ».

Si M. Dhore parvient à garder le lit très longtemps avec sa très jeune femme, c’est dans le « Guiness Book » qu’il faudra l’inscrire.

Par Sidy DIOP

Jouons avec les mots. Quelle est la norme du politiquement correct ? Selon ce bon vieux Larousse, « norme » veut dire règle, principe, critère auquel se réfère tout jugement. Mais à l’origine, comme souvent dans cette belle langue qui ne sait rien mieux faire que d’emprunter à d’autres pour traverser les époques, il y a le grec. Et oui, selon les docteurs de la langue, « norma » est la racine latine, elle-même dérivée du grec « gnômon » signifiant « équerre » à l’origine du mot. Que vient faire l’instrument servant à tracer des angles droits ou à vérifier la perpendicularité de deux lignes ou surfaces dans notre affaire ? C’est que pour se repérer, il est nécessaire de se situer selon un référentiel, et une unité de mesure acceptée comme label, marque de fabrique, en vue de donner sa position ou de rationaliser une activité ou un processus. On parlera ainsi de repère normé.

Le mot va peu à peu se détacher de sa racine et désigner ce qui est perçu comme la règle à respecter, ce qui est admis par convention ou après démonstration. Les futurs enseignants seront donc  formés dans des écoles « normales » où ils reçoivent les prérequis à même de leur permettre de devenir des vecteurs de connaissance. On les appellera donc des « normaliens ». Cet homme ? grille systématiquement les feux rouges, est-il « normal » ? Le préfixe « a » collé à la racine va par la suite décrire les situations hors-normes et donner « anormal ». Mais pour des besoins d’esthétique, on ne dira point « énormal », mais «énorme » pour évoquer des disproportions. Et pour illustrer ce qui est difficilement concevable, façon extra-terrestre ou poussins qui poursuivent les noctambules dans les rues, pour parler comme à Abidjan, on s’étonnera du « paranormal ».

Bref, en Droit (directive qui décrit un régime particulier), en Mathématiques, en Sociologie (une démarche « normative ») ou en Economie (la normalisation), il y a à travers ce mot une volonté bien humaine de différencier ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Certes, la conscience de la différence est déjà une mise aux « normes », mais le besoin dans tous les domaines de la vie d’une référence est, si l’on ose dire, universelle. C’est pour cela que le journalisme enseignera que l’homme qui mord un chien créé un événement…

Pourtant, une résistance farouche à la normalisation est constatée dans une petite grande démocratie du Finistère ouest-africain et peuplée d’irréductibles optimistes. Où est la norme quand, avec l’air de ne rien voir, ces gens vivent sans gêne avec le spectacle des enfants de la rue ? Comment  ne pas juger « anormale » l’idée bien en cours dans ce pays selon laquelle l’argent ne se gagne pas à la sueur du front mais à l’étendue de sa capacité à ruser ? Que faire pour « normaliser » une démocratie où les électeurs ne sont pas toujours citoyens dans l’esprit et dans leurs actes ? Que penser d’un système éducatif qui peine à intégrer les normes de la performance ? Où sont les vertueux « normaliens » qui ont fait « don » de leur personne et de leur savoir pour construire les fondations du futur en ouvrant les yeux de la jeunesse aux prodiges de la terre ?

Conservateurs comme jamais, beaucoup préfèrent le tranquille mais nocif statu quo du refus du progrès. Progrès dans tout : des ambitions qu’on peut se permettre, jusqu’à nos moyens de réguler la vie en société avec la Justice au premier rang, en passant par la sacralité du bien public et la mystique du travail. Bien sûr, le sarcasme et la démonstration par l’absurde peuvent être des outils légitimes pour attirer l’attention sur des incongruités, mais moins on les utilise, mieux on se porte, car la norme ici est de trouver des justifications à tout.

Par Samboudian KAMARA

C’est un ouf de soulagement que nombre de parents d’élèves ont dû pousser à l’annonce du dégel des relations entre les syndicats d’enseignants et le gouvernement du Sénégal. On regrettera, sans doute, l’entêtement enregistré dans les deux camps qui a fait perdre à l’école sénégalaise des mois précieux. Car, à y regarder de près, les concessions faites de part et d’autre, sous l’égide des autorités religieuses de Tivaouane et de Touba, auraient pu être faites beaucoup plus tôt à l’occasion des multiples négociations. La récurrence des blocages dans notre système éducatif est en passe de tuer notre école.

Il ne s’agit pas de jeter l’anathème sur quiconque, mais depuis bientôt une quinzaine d’années, l’école sénégalaise vit une véritable crise de vocation. Avant, les hommes et les femmes qui choisissaient l’enseignement étaient guidés par une réelle envie de transmettre leurs connaissances aux enfants, de former de nouveaux citoyens et, c’est le plus important, de s’offrir en modèles. L’enseignant était le père après le père. On le craignait. On le vénérait. On voulait bien paraître à ses yeux. Aujourd’hui, l’image traditionnelle de l’enseignant, voué à sa mission, exerçant son métier par vocation, a-t-elle encore du sens ? Se dirige-t-on, comme le prédisent certains, vers une nouvelle définition du métier qui ferait de l’enseignant un opérateur spécialisé parmi d’autres, chargé de fabriquer une éducation économiquement efficace ? De plus en plus, on choisit de prendre la craie après avoir épuisé toutes les possibilités d’éclosion professionnelles. La « volontarisation » et son corollaire de quotas politiques ont fini de faire de notre système éducatif un simple gagne-pain. Il ne faut pas alors s’étonner que quand on ne gagne pas assez son pain, on soit enclin à tout paralyser. Quitte à sacrifier l’avenir de centaines de milliers d’enfants en quête d’un savoir utile et capable de les armer utilement pour une bonne insertion socio-professionnelle. La vocation astreignait naguère l’enseignant à s’assigner le noble objectif de faire passer ses élèves en classe supérieure ou d’atteindre un fort taux de réussite aux examens. L’absence de vocation n’impose rien aux nouveaux « opérateurs spécialisés ». L’essentiel est de vivre de son métier. Le reste est accessoire. L’École occupe, cependant, une place centrale dans tous les pays démocratiques. On doit tous garder à l’esprit que tout le monde est allé à l’école, a une expérience de l’enseignement, et a donc un point de vue personnel sur les bonnes méthodes, sur la meilleure pédagogie ou sur les contenus essentiels ! Aucune autre institution ne peut se prévaloir d’une telle familiarité de la part des habitants. C’est pourquoi nous sommes tous fondés à porter un regard critique sur notre école.

L’Ecole sénégalaise, vieille de bientôt deux siècles (la première école au Sénégal a été ouverte à Saint-Louis le 7 mars 1817) formait nos modèles. De grands noms de notre société ont usé leurs pantalons sur ses bancs : Souleymane Bachir Diagne, philosophe transcontinental, Cheikh Anta Diop, scientifique mondialement célébré, Iba Der Thiam, Abdoulaye Bathily et Mamadou Diouf, historiens émérites, jusqu’à l’actuel président de la République, Macky Sall, qui a fait ses classes au Sénégal. Pour ne citer que ceux-là. Aujourd’hui, on vit malheureusement un renversement de paradigme qui fait que les nouveaux modèles se recrutent ailleurs. Le Lmd que les autorités universitaires s’échinent à perpétuer dans l’enseignement supérieur renvoie, malheureusement, à la lutte, à la musique et à la danse. Des parents désabusés désinscrivent leurs enfants de l’école pour les envoyer apprendre le football avec le secret espoir d’être l’heureux père (ou mère) d’un futur El Hadj Diouf, Eto’o ou Drogba. L’adage ne dit-il pas que chance vaut mieux que licence.

Il est grand temps de rehausser notre Ecole dans l’estime des Sénégalais. De la doter d’enseignants certes attachés à leurs conditions de vie mais rompus à la tâche. De lui donner des contenus plus adaptés à l’actuel rythme du monde. C’est le prix à payer pour mettre fin à cette déconsidération qui la ronge. Ici et ailleurs.

Par  Sidy DIOP

Une boite de nuit gay de Floride a connu la fusillade la plus meurtrière de l'histoire des Etats-Unis qui s’est soldée par quarante-neuf morts et une cinquantaine de blessés, relançant du coup le problème de la libre circulation des armes et la violence qu’elle engendre. Une aubaine cependant, dans ce contexte de campagne électorale pour le républicain Donald Trump qui, dans sa tentative de se frayer un chemin vers la Maison Blanche, y a trouvé une bonne occasion. Ce, en surfant sur le préjugé de certains Américains à l’endroit de l’Islam. Passant sous silence qu’il n’y a pas qu’un musulman américain d’origine afghane à en vouloir aux homosexuels, il a pointé du doigt la communauté musulmane, accusée de ne pas coopérer avec les autorités pour dénoncer les suspects, et pour rajouter une couche, souligné que des milliers de musulmans vivant aux Etats-Unis ont la même haine de l’Amérique que le tireur fou de la boite de nuit. A l’extrémisme « islamique » du jeune Américain répond l’extrémisme politique du candidat républicain qui fait feu de tout bois pour accéder à la présidence de la plus puissante nation du monde.

 Le contexte semble favorable, car quinze ans après, les attentats du 11 septembre 2001 continuent encore à hanter le sommeil des Américains, et le marasme économique ambiant n’est pas de nature à arranger les cthoses. Susciter l’espoir de redonner à l’Amérique sa grandeur perdue peut servir à mobiliser. Et il suffit, pour le candidat républicain, de susciter les tensions raciales, ethniques et religieuses à l’intérieur du pays, évoquer les émigrés qui occupent les emplois devant revenir à des nationaux, agiter le spectre du « mal » venant des autres, le banditisme en provenance du Mexique frontalier, les produits chinois contrefaits ou bas de gamme venus concurrencer le made in America sur son sol, sous le regard complice du gouvernement, et le tour est joué.

La réalité que les Etats-Unis sont un pays violent est plus tenace et la fusillade de la boite de nuit gay de Floride est venue s’ajouter à celles plus graves des lycées à Colombine ou d’Aurora, dans le Colorado, en 1999, à Sandy Hook, dans le Connecticut, en 2012, ou au Virginia hi tech. Selon le site Mother Jones, chaque année, les violences par arme à feu coûtent plus de 30.000 vies et font environ 80.000 blessés aux États-Unis.

Devant un désastre aussi énorme, le président Barack Obama a toujours saisi l’occasion de toute fusillade pour demander un contrôle des armes, mais il prêche dans le désert face à un Congrès républicain qui ne veut pas faire faire évoluer la loi sur la vente et l’usage des armes.  La puissante National rifle association (Nra) veille à ce que le deuxième amendement de la Constitution qui garantit l’accès des Américains aux armes à feu soit respecté à tout prix.

Par  Alassane Diawara

« Tu sais, ils nous appellent les moches », s'indigne, avec une pointe de résignation, une jeune franco-sénégalaise. L’objet de son indignation, dont on peut raisonnable avoir des doutes sur le fond du propos, est une publicité qui a tant fait parler ces dernières semaines où on voit un homme noir poussé dans une machine avant qu’en ressorte un Asiatique à la peau claire. Ne pas se voiler la face est de reconnaître que si une telle publicité arrive dans les écrans chinois, cela veut dire qu’il existe un vrai problème de racisme anti africain dans ce pays continent. Pourtant la diaspora chinoise est la première en Afrique ; elle est estimée à plus d’un million de membres.

Dans l’imaginaire collectif de certains, la beauté est blanche. Ce n’est d’ailleurs pas une idée dont les Asiatiques ont le monopole. Si dans l’Empire du Milieu, le pouvoir central du roi ne doit jamais dépasser la haie de bambou du village, il semble que dans la Chine moderne la beauté n’a pas traversé les frontières africaines pour s’incarner en noir. Une hiérarchie de la beauté qui rappelle, à bien des égards, les préjugés cachés sous le drapeau de la science de Ptolémée, d’Ibn Khaldun, Al Idrissi, le géographe arable du roi Roger II d’Espagne, de Bodin, ou encore Montesquieu qui ont tous, à un moment, eu à évoquer la théorie des climats qui faisait des africains les moins beaux, les moins intelligents mais aussi les plus dépourvus de vertu parmi tous les êtres humains. Les survivances de cet imaginaire collectif a dépassé le Moyen-âge pour devenir contemporain. Juste après les indépendances, les étudiants communistes africains, bénéficiant de bourses afin de poursuivre leurs études supérieures dans le pays de Mao, rentraient avec diplômes mais aussi des récits poignant sur le racisme dans « le pays frère ». Certes, l’ignorance est la mère de tous les vices mais dans la péninsule indienne, un véritable sous continent avec plusieurs pays (Bhoutan, Népal Pakistan, Inde, Bengladesh, Sri Lanka) où vit les Dravidiens, ces populations asiatiques à la peau noire et aux cheveux lisses, l’excuse ne tient pas. « Karopa », pour dire noir en Tamoul, n’est pas toujours teinté du sceau de l’amabilité.

En France, autre lieu de coexistence du fait des multiples vagues d’immigration, les choses ne sont pas simples. Ce substrat de racisme ancré chez certains parents de première génération d’immigrés asiatiques suinte comme une fosse à purin dont les néfastes effluves cassent l’harmonie familiale qui unit les fils d’immigrés venus d’Afrique et d’Asie.

La situation des noirs dans beaucoup de pays asiatique n’est pas des plus reluisant. La récente mort d’un professeur Congolais en Inde est un énième fait divers tragique avec les ratonnades régulières d’un autre âge dont sont victimes les africains (hommes d’affaires, étudiants ou simples migrants).

On est loin de la conférence de Bandung, en Indonésie, de 1955 au cours de laquelle, colonisés africains et asiatiques se tenaient par la main pour construire un destin et un avenir commun face à la colonisation. Pourtant, il y a une collaboration économique dynamique entre pays asiatiques et africains. La Chine est devenue un vrai challenger pour concurrencer Français et Anglais en Afrique de l'ouest et au Maghreb comme en Algérie. Elle est le 1er exportateur de matières premières en Afrique. Ce sont des échanges qu’on aimerait se poursuivre sur d’autres terrains comme celui dans la culture et de la tolérance. De quoi assurer la survie de l'esprit de Bandung.

Par Moussa DIOP

Il pirate toutes grandes rencontres internationales, préoccupe tous les gouvernements et provoque des carnages quotidiens à travers le monde. On s’en doute, c’est du terrorisme dont il s’agit. Ses tentacules menacent tous les pays, riches comme pauvres, puissants ou faibles. Aucun Etat n’étant suffisamment fort pour s’en préserver, le besoin d’une coopération internationale s’est fait sentir pour le réduire, car son éradication est pratiquement impossible. Toutefois, les nations les plus faibles sont comme toujours les plus exposées, et cela a poussé beaucoup d’entre elles à solliciter l’appui de pays nantis.

Dans la réalité, la stratégie de lutte de grands Etats du Nord contre le terrorisme est illisible si elle ne manque pas tout simplement de logique et de cohérence. Sinon comment comprendre que, dans des pays comme la Syrie ou l’Irak dont une partie de leur territoire est sous la coupe de groupes terroristes, des puissances soutiennent ces derniers qu’ils sont censés combattre ? Des armes, des renseignements et un soutien logistique leur sont fournis pour renverser le gouvernement pour ce qui est de la Syrie. Finalement, le terrorisme est instrumentalisé à des fins de domination géopolitique. Seuls les « mauvais » terroristes sont combattus, les « bons » étant sponsorisés dans une stratégie impérialiste de domination beaucoup plus vaste.

Comme l’a souligné le général russe Leonid Ivashov, « le terrorisme est l’instrument d’une guerre d’un nouveau type. Simultanément, le terrorisme international, en accord avec les médias, devient le système de gestion des processus globaux. C’est précisément la symbiose des médias et de la terreur qui crée les conditions permettant des tournants dans la politique internationale et des modifications de la réalité existante ».

Le terrorisme, même si personne ne peut le nier, est également utilisé comme un épouvantail à l’égard de beaucoup de pays afin de les forcer à accepter la présence de forces étrangères sur leur sol. Ainsi, dans toute la bande saharo-sahélienne, on s’est rendu compte d’un retour en force de troupes étrangères venues sous le couvert de la lutte contre le terrorisme depuis la série d’attentats qui a frappé certains pays. On se demande d’ailleurs si elles ne comportent pas dans leurs rangs des géologues, plus préoccupés par les richesses du sous-sol, comme on en a vu dans le passé en Rdc. Qui plus est, pourquoi le Nigéria, pays qui ne demande qu’à être stable pour jouer son rôle de locomotive économique de l’Afrique de l’Ouest, est déstabilisé par la violence terroriste au point de menacer par capillarité toute la région ? On peut penser que derrière ce phénomène se greffe la même logique que celle qui avait voulu démembrer cet Etat en soutenant la révolte du Biafra, en 1967.

On le voit donc, même si la lutte contre le terrorisme est d’une impérieuse nécessité, il y a un hiatus entre le discours de certaines grandes puissances et les actes qu’elles posent sur le terrain. La poursuite d’objectifs stratégiques de domination sous prétexte de lutte anti-terroriste ne fera que renforcer ce qui est devenu, aujourd’hui, une pieuvre. Une volonté sincère s’impose à tous. Mais le meilleur moyen de lutter contre le terrorisme se situe dans le respect du droit international et des peuples ainsi que l’abandon de ce système international reposant sur la domination, l’exploitation et la spoliation et générant une bonne partie des frustrations qui font le lit de la violence.

Par Ibrahima MBODJ

Comment aborde-t-on celle ou celui que l’on veut séduire?? À chaque époque, amants ou soupirants ont inventé toute une diversité de stratégies et de ruses pour se livrer au commerce sexuel ou amoureux. Le coude sur la portière de son 4x4, arborant un sourire ravageur, le dragueur contemporain n’a rien à envier au séducteur des temps anciens. Il n’est qu’à en juger par l’usage des carrosses et des fiacres depuis la fin du Moyen-âge. Casanova, dans ses confessions érotiques, y narre quelques exploits quand, par exemple, il se fait raccompagner dans la voiture d’une jolie femme et lui laisse «?une marque non équivoque de l’ardeur qu’elle [lui] avait inspirée?». On a toujours séduit, conté fleurette, coqueté, racolé, dragué…, l’air du temps y appose sa marque.

Chez nous, le temps n’est plus seulement aux mots doux et aux déclarations enflammées. Qu’il est loin le temps où l’on parcourait les longues pages du dictionnaire pour dégoter le mot qui fait mouche ! Cette courtoisie, ce sentimentalisme hérité du classicisme français, doit céder la place à une forme plus triviale où l’argent et les présents sont les plus précieux compagnons des Don Juan des temps présents. La valeur d’un soupirant se mesure de plus en plus à l’opulence qu’il dégage. L’amour est aujourd’hui un mot dont la signification se cherche dans les dictionnaires anciens.

Par Sidy DIOP

Comme réflexion d’adieu après trois ans de service au Sénégal, l’ancien ambassadeur de France, Jean-Félix Paganon, a estimé que l’un des plus grands défis auxquels le pays de la Téranga fera face, est le boom démographique qu’il a constaté. «Les chiffres sont impressionnants, il y a un taux de natalité de 5 %, ça veut dire que la population double tous les 20 ans », soulignait l’ambassadeur. « Ce sont des chiffres impressionnants, je ne connais pas une seule ville en Europe capable d’absorber le fait qu’il y ait 100 mille naissance par an », disait-il quelques jours avant son départ. Vrai. Très vrai même. Le diplomate rappelait que, ces dernières années, le Sénégal a connu une  croissance régulière honorable de  3 % par an, mais  elle a été absorbée par la croissance démographique ». Pour lui, à ce rythme, le niveau de vie ne progressera point quels que soient les efforts du gouvernement, quelle que soit la qualité des politiques publiques.

A Dakar, l’encombrement humain a défiguré l’une des plus belles presqu’iles du continent. La pression démographique fait baisser de jour en jour la qualité de la vie dans cette ville polluée, grouillante, fiévreuse et stressée. Il est maintenant tendance de loger hors de cette ville qui s’étend comme une hydre, les infrastructures routières de dernière génération minorant les distances. Dans certaines rues de la capitale, le grouillement des citadins évoque des scènes de science-fiction. On se presse, se touche ; il faut savoir jouer des coudes, se faire petit pour occuper le moins d’espace possible afin justement d’en trouver ; les intimités sont mises à nu. Et dire qu’ils regardent de haut leurs compatriotes qui vivent dans le monde rural !
La circulation des automobiles est encore plus kafkaïenne. D’où viennent toutes ces machines ? Des brinquebalantes aux rutilantes, elles sont toutes logées à la même enseigne. L’étroitesse des voies, l’âge des véhicules, l’indiscipline notoire de certains conducteurs, le laisser-aller généralisé transforment la ville en une zone de non droit dont les habitants semblent refuser tout progrès. Insidieusement, la fatalité a étalé ses ombres, voilant les esprits, anesthésiant les volontés de vivre mieux. Au finish, personne n’est satisfait et c’est la faute à…pas de chance.

Les habitations ne sont pas mieux accueillantes, du moins la plupart d’entre elles. Vu du ciel, ce qui fut jadis une perle océane Finistère de l’ouest africain, est comme un hérisson en boule. Aucune harmonie dans les configurations spatiales. A l’instar du violoniste qui veut se faire accompagner par des batteurs d’Assiko, la dysharmonie des architectures ne peut être que frappante. Les immeubles reflètent souvent la personnalité des propriétaires. Immeubles ? Souvent des clapiers humanisés où l’intimité est une notion inconnue. Le terme « exode rural » est un peu vieux jeu et fait penser aux années 70, mais il recouvre une réalité dont nous sommes contemporains.
La question démographique est au cœur des prospectives pour un pays pauvre comme le Sénégal. Comment les nourrir ? Les éduquer ? Les loger ? Leur donner l’espoir qu’ils peuvent espérer de leur pays ? C’est la grande équation des temps modernes. Mais cet accroissement démographique est-il mauvais dans l’absolu ?  Certes, il a été vécu comme un traumatisme en Occident, ce qui fera dire par exemple à Yourcenar qu’il faut « réduire doucement la masse humaine pour que chaque être retrouve sa propre dignité. Aucune solution n'est viable tant qu'on a pas d'abord réglé la question de la démographie». Et un géant comme la Chine a d’abord fixé des limites à son croît démographique avant de venir battre l’Occident sur son propre terrain du capitalisme post industriel. Mais nous ne sommes ni la Chine, encore moins l’Europe. Ici, c’est bien de faire des enfants.

Nos religions, nos héritages culturels, notre optimisme béat font que c’est une hérésie ou un blasphème que de vouloir limiter les naissances. Malgré les politiques de planification familiale, la tendance est à la hausse. Il faut savoir tirer profit de cette opportunité. On peut être puissant par le nombre (Chine, Nigéria, Egypte...). Certains voient dans l’explosion démographique plus de bouches à nourrir, d’autres y relèvent au contraire le nombre de bras disponibles. Sujet bien difficile mais qu’on affrontera tôt ou tard. Dieu reconnaîtra les siens.

Par  Samboudian KAMARA


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.