On en parle (91)

Qu’est-ce qui pourrait expliquer cette colère irrépressible qui pousse nombre de nos enfants à se jeter dans la gueule de l’Atlantique malgré ces images de mort qui envahissent nos écrans ?

Comment, dans un pays au tréfonds aussi religieux que le nôtre, la quête de la réussite en arrive à pousser nos jeunes à mépriser le danger et à estimer que la mort vaut plus qu’une vie sans réussite sociale ? Quand on prend la peine de discuter avec quelques-uns de ces candidats au « Barça wala Barsakh » (l’Europe ou la mort), on est sidéré par le ressenti qu’ils ont de leur place dans la société sénégalaise. Car, pensent-ils, rien n’est plus violent que le manque d’estime que leur propre société développe à leur égard.

Notre société célèbre la réussite et la richesse à l’excès. Dans nos familles, nos associations et lors de nos cérémonies, la richesse définit les rapports sociaux. Ceux qui ont les moyens de la générosité sont chantés, vantés et offerts en exemple. Bonheur du franc Cfa ! Eloge de la prospérité ! C’est pourquoi, chez nous, le bonheur s’exhibe. Au Grand théâtre, à Sorano, à la télé, bref, dans les raouts familiaux et sociaux, ces accommodements par l’avoir ont fini de redéfinir le visage de notre société. Nos allégeances religieuses, politiques et associatives sont dictées par l’argent. Notre société est avec les pouvoirs, tous les pouvoirs. Autrefois, une solidarité agissante servait d’amortisseur et parvenait à adoucir les ressentiments qui peuvent naître de la misère d’une bonne partie des fils de la société. Aujourd’hui, une discrimination par la réussite sociale a fini de nous installer dans une société d’humiliation.

De fait, notre société est humiliante pour la frange de ses enfants qui n’ont pas eu l’heur de recevoir la visite de dame fortune. Ces derniers doivent vivre quotidiennement en enjambant les murs de l’indifférence, en supportant quolibets et ricanements. On dit, chez nous, trivialement, que « le travail de la mère assure le déjeuner de ses enfants ». Or, dans nos familles, la parole est essentiellement pour les plus chanceux. Qu’importe leur ordre dans la fratrie.

L’humiliation est pourtant une forme intense, voire radicale, de souffrance psychique : elle dévalorise, méprise et met en cause le droit de l’individu à être, à vivre, sans justification. Elle tend, en effet, à effacer le sujet dans sa qualité même d’être humain. Ces humiliations qui touchent à l'estime et au respect que les gens peuvent avoir de leur propre dignité sont grosses d’actions, a priori irréfléchies, mais qui trouvent leur justification dans le mal-être social de leurs auteurs. C’est un sujet qui devrait être investi par nos sociologues et qui pourrait largement expliquer la « folie suicidaire » de ces victimes de cette pauvreté que notre société prend un malin plaisir à leur coller à la figure. Une négation de leur dignité en somme. Les fonds de l’Atlantique sont peuplés d’existences concassées.

La dignité, au fond, c’est la faculté d'avoir confiance en soi, en son propre jugement, en sa capacité de retourner une situation défavorable. C’est aussi la capacité à garder espoir. A s’accrocher à un probable sourire du destin. Or, notre conformisme social a ôté à la plupart d’entre nous cette confiance en soi, et c'est probablement la plus sournoise et la pire des humiliations. Le sentiment de dévalorisation et d’infériorisation de nos enfants peut conduire aux comportements les plus extrémistes.

Il nous faut réfléchir au sort de nos enfants dont la vie tient encore à un mince fil d’espoir. Nos autorités devraient, toujours, entretenir ce filet d’espoir pour que chaque fils du pays trouve la juste expression de ses possibilités. Il nous faut penser à une société plus juste et plus ouverte au droit à la dignité qui passe par l’accès aux emplois. Car seul un travail décent peut garantir la dignité et le respect des autres. Il nous faut transformer notre société qui charrie l’humiliation en une société plus décente. Cela ne garantira certainement pas la fin des embarcations de la mort mais offrira surement à ces jeunes une nouvelle espérance.

Par Sidy DIOP

Le 49e sommet de la Cedeao de dimanche dernier, à Dakar, a décidé de la mise en place d’une force régionale de lutte contre le terrorisme pour faire face à une situation d’insécurité qui perdure. Car on n’est jamais trop bien organisé face au terrorisme qui profite du moindre manque de vigilance pour opérer et installer un traumatisme durable et néfaste aussi bien aux populations que pour l’économie. La sanglante attaque de la ville de Dosso, au Niger, vendredi, a déteint sur l’ambiance de cette réunion et sans doute pesé sur la résolution finale.

L’économie de l’espace communautaire est plus ou moins en progression, selon les experts, mais pourrait mieux se porter si la sécurité et la stabilité étaient mieux garanties pour inciter les investisseurs et sécuriser leurs investissements. De la stabilité, la région ouest africaine en a besoin particulièrement, parce qu’elle n’est pas choyée par la nature tant sur le plan climatique que minier comme les pays de l’Afrique centrale et australe.

La nature austère de la région a manifestement forgé le caractère très trempé de certains peuples isolés. De la colonisation à nos jours, la bande désertique du Sahara a été hors de contrôle de toutes les administrations à cause du mode de vie nomade des populations mais aussi par résistance au changement. Les populations ou du moins leurs chefs restent convaincus que les occidentaux et l’administration qu’ils ont laissée en héritage veulent y répandre des idéaux aux antipodes des valeurs islamiques. Quand le désœuvrement et son corollaire qu’est la pauvreté viennent s’y greffer, les conditions d’un désespoir extrême sont réunies pour manipuler et pousser certains à sacrifier cette vie pour une hypothétique vie meilleure dans l’au-delà. Un extrémisme qui, sous couvert de religion, pour se donner bonne conscience, se propage insidieusement dans les pays.

Le colonel Kadhafi avait plus ou moins stabilisé les populations et contenu l’extrémisme, pour avoir accueilli bon nombres des populations plus à l’aise dans un pays arabe que dans des pays noirs francophones.

C’est la chute précipitée de son régime, par l’Otan, qui a enclenché le jihadisme. Ce, du fait d’une libre circulation des armes dans les zones incontrôlées du Sahel jusqu’au bord du bassin du lac Tchad.

C’est dans cette logique que s’inscrit la radicalisation de Boko Haram (la civilisation occidentale est un péché) qui prétend mener le jihad dans des localités où règne déjà la charia. Preuve sans doute que la source du terrorisme est à chercher plus dans la pauvreté chronique et la mal gouvernance que dans une quête de spiritualité. L’école occidentale étant élitiste et souvent coûteuse, bon nombre de fils de pauvres se retrouvent dans les écoles coraniques populistes et gratuites, et souvent de fabrique d’adultes fanatisés et sans débouchés professionnels. Pour masquer l’échec des politiques économiques et sociales, des religieux en mal de légitimité avaient fait croire que la prospérité se trouve non pas dans le travail mais dans un retour aux valeurs religieuses. Ce manque de perspective a poussé beaucoup de jeunes vers l’extrémisme et abouti généralement sur une sorte de lutte de classes entre pauvres et riches.

Le nouveau président de la Commission, Marcel de Souza, en a pleine conscience et promet d’œuvrer pour une Cedeao plus forte dans la croissance inclusive et le développement économique et social, et qui particulièrement n'abandonne personne sur le quai. Une politique communautaire qui passe par une gestion plus saine et plus rigoureuse et surtout plus transparente des ressources avec une implication des populations à la base. Ces dernières doivent se retrouver dans les politiques leur étant destinées, afin que les laissés-pour-compte ne trouvent leur salut dans la mort gratuite.

Par  Alassane Diawara

Les médias doivent changer de posture par rapport aux drames de l’émigration clandestine. Car, des années durant, Lampedusa n’a jamais intéressé les médias. L’année dernière, lorsque des Sénégalais ont péri aux larges des côtes italiennes, les médias sénégalais ont instauré un débat, interpellant au passage les pouvoirs publics, les organisations de la société civile.

La médiatisation de l’émigration clandestine doit déborder la « peopolisation » pour débattre du fait migratoire. Seulement, le profil des intervenants trop souvent versés dans la polémique plombe toute initiative médiatique allant dans le sens d’une réappropriation des dynamiques migratoires par les journalistes.

Dès lors, il faut déconstruire la perception médiatique de la migration même dans sa clandestinité la plus absolue. Le fait divers doit laisser la place aux papiers d’analyse pour mieux comprendre le phénomène. Car, les médias doivent avoir une posture de sentinelle face aux conséquences fâcheuses de l’émigration clandestine. A titre d’illustration, une question aurait pu alerter les journalistes : le rapport entre migration clandestine et pêche. Car, la baisse tendancielle de prises s’explique d’une part par le pillage de nos ressources halieutiques en haute mer, mais aussi et surtout pas une diminution du parc piroguier, avec des centaines d’embarcations qui se sont écrasées sur les côtes canariennes.

Une alliance stratégique entre médias et pouvoirs publics pourrait aboutir à plus d’efficacité de la lute contre la migration dans toute sa clandestinité. Certes, les pouvoirs publics peuvent utiliser les médias comme un relais dans la lutte, mais ces derniers doivent prendre leurs responsabilités pour dénoncer le fait migratoire dans sa clandestinité.

De notre envoyé spécial à Rabat Doudou Sarr NIANG

A 54 ans seulement, le Nigérian Stephen Keshi s’est éteint tôt hier matin, alors que de persistantes rumeurs l’envoyaient quelque part en Afrique du Sud ou à la tête du Sily national de Guinée. C’est dire si sa mort a été une surprise. De Keshi, nous garderons l’image d’un footballeur de qualité et d’un entraîneur à succès. Sur le terrain, il avait été un libéro libéré. Un vrai roc, difficile à passer, mais qui n’hésitait pas à monter à l’assaut des buts adverses. Comme lors du match d’ouverture de la Can « Sénégal 92 », lorsqu’il fit pencher la balance du côté du Nigeria (2 – 1), d’une puissance frappe du gauche, devant un Cheikh Seck, portier des Lions, médusé et tout un peuple incrédule. Deux ans plus tard, c’est comme capitaine des Green Eagles comme l’on disait alors, qu’il souleva le trophée continental dans le ciel de Tunis, même s’il n’avait pas disputé la finale face à la Zambie, pour cause de blessure. A la tête d’une « Génération dorée » dont les Peter Rufai, Ben Iroha, Austin Eguavon, Jay Jay Okocha, Amunike, Sunday Oliseh ou Rashidi Yekini. C’est également pour raison de blessure qu’il n’avait disputé qu’un seul match lors du Mondial de la même année (World Cup Usa 94). Plus tard devenu entraîneur, c’est avec lui sur le banc que les Super Eagles se sont imposés à la Can 2013 en Afrique du Sud. Ce qui faisait de Stephen Keshi, le deuxième Africain seulement à avoir remporté le trophée continental comme joueur et comme entraîneur, après l’Egyptien Mahmoud El Gohary.

Mais, coach Keshi, « The Big Boss » pour ses anciens partenaires et pour ses ouailles, est le seul technicien africain à avoir qualifié deux équipes nationales différentes en Coupe du monde. Si, avec les Eperviers du Togo qu’il avait qualifié aux dépens du Sénégal, il avait été remplacé par l’Allemand Otto Pfister avant la phase finale en Allemagne en 2006 dans la foulée d’une Can ratée en Egypte, il avait lui-même conduit « ses » Super Eagles au Brésil en 2014.

Et jusqu’en huitièmes de finale (défaite 0 – 2 devant la France), devenant ainsi le premier entraîneur africain à accéder au second tour d’une coupe du monde. La suite de sa carrière d’entraîneur a cependant été bien plus mouvementée avec d’incessants problèmes avec sa sélection nationale. Mais, Keshi le magnifique, élégant défenseur contre-attaquant demeuré joueur jusque sur le banc, laisse le souvenir d’un homme accessible et courtois. Et alors qu’on le disait sur le point de repartir pour un tour quelque part sur un banc technique, voici que le « Big Boss » est allé rejoindre un autre immense joueur nigérian, Rashidi Yekini, « le taureau de Kaduna ». En fait, ce sont les rangs de cette « Génération dorée » du Nigeria de 1994 qui s’éclaircissent un peu plus avec la mort d’un de ses joyaux. Uche Okafor, Thompson Oliha et Wilfried Agbonavbare en plus de Yekini s’étaient déjà retrouvés au vert paradis des immenses footballeurs…

Babacar Khalifa NDIAYE

Le 20 mai dernier, un jeune professeur congolais, Masunda Kitada Oliver, a été tué, à New Delhi, capitale de l’Inde, à coups de pierres et de briques, par trois hommes, à la suite d’une querelle avec un conducteur de rickshaw. Cet incident douloureux s’inscrit dans une série d’agressions et de meurtres dont sont victimes, depuis quelques années, les Africains en Inde. Ainsi, on peut citer, de façon non exhaustive, les meurtres, en 2013, d’un Nigérian dans l’Etat de Goa, de Yannick Nihangaza, un étudiant burundais au Punjab, par une bande de voyous qui lui ont fracassé la tête. Ce qui avait poussé des médias indiens à titrer : « l’Inde est malade de son racisme ».

Toujours sur le même registre, on peut mentionner l’agression brutale dont ont été victimes, dans le métro de New Delhi, le 28 septembre 2014, trois étudiants gabonais et burkinabè ou celle d’une étudiante tanzanienne de 21 ans et ses amis qui ont été tabassés et leur voiture incendié. Le ministre indien des Affaires étrangères, Sushma Swaraj, avait réagi en qualifiant l’agression contre la Tanzanienne de « honteuse » et demandé à la justice d’agir rapidement pour punir les coupables. Cinq hommes avaient été arrêtés, mais on n’en sait pas plus.

Une autre action qui avait suscité l’émotion, il y a deux ans, c’est l’opération policière qu’avait menée en personne le ministre de l’Intérieur de New Delhi dans un quartier populaire du sud de la ville où vivent des Africains, en faisant irruption dans les maisons sous prétexte de lutter contre la prostitution et le trafic de drogue.

Aujourd’hui, les Africains installés à Delhi vivent « dans un climat persistant de peur et d’insécurité », a estimé, le 25 mai dernier, un groupe d’ambassadeurs africains en Inde. Ces diplomates ont même recommandé à leur gouvernement de « ne pas envoyer de nouveaux étudiants en Inde tant que leur sécurité ne sera pas garantie ».

Même si les autorités indiennes se refusent à qualifier les actes contre la communauté africaine de racisme, leur persistance contre celle-ci doit pousser à avoir le courage de reconnaître que si ce n’est pas du racisme, ça lui ressemble. Récemment, dans les réseaux sociaux sénégalais, les commentaires faits à la suite du meurtre du jeune professeur congolais ne laissent aucun doute sur le caractère raciste de ces agressions.

Et c’est une grande déception qui est ressentie en Afrique, quand les ressortissants du continent continuent d’être agressés en Inde, un pays certes émergent, mais considéré comme proche culturellement et politiquement. D’ailleurs, en Afrique même, vivent des communautés indiennes plus ou moins importantes à Maurice, en Afrique du Sud, en Tanzanie, au Kenya, et leur présence s’accroit régulièrement dans le reste du continent. Au moment où New Delhi cherche à conforter ses relations économiques avec l’Afrique, cela constitue un bémol à une coopération que l’on voulait exemplaire.

Certes, on sait que l’Inde même est un pays divisé en communautés dont la cohabitation n’est pas facile et débouche parfois sur des violences. Mais celles-ci ne peuvent pas et ne doivent pas être assimilées avec ce que subissent les Africains.

Il faut de la part des autorités indiennes de vigoureuses mesures de protection en faveur des Africains et une punition de leurs agresseurs conformément aux lois et règlements du pays. Et les ambassades africaines ne peuvent pas seulement se suffire de protestations formelles, alors que les agressions contre leurs ressortissants continuent. Sinon les bourses indiennes qui sont offertes chaque année aux étudiants africains risquent de ne plus trouver preneur.

Par Ibrahima MBODJ

Bujumbura : La qualification, c’est le moins que l’on pouvait attendre des Lions, face au Burundi. Avec 12 points en 4 matches avant celui de samedi à Bujumbura, le point du nul (voire une défaite par un but d’écart) aurait suffi à leur bonheur. Ils n’ont pas voulu jouer aux gagne-petit. Il leur fallait signer une cinquième victoire, la troisième en déplacement pour faire mieux qu’en 2012 et en 2015 en éliminatoires des Can toutes deux disputées en Guinée équatoriale. Si, en effet, le Sénégal s’était à chaque fois qualifié à une journée de la fin des matches, il n’avait jamais fait le plein à une étape du terme. Avec en plus la possibilité, en septembre à Dakar, lors de la dernière journée face aux Brave Warriors de Namibie, de réussir un total historique de 18 points sur 18 possibles.

En effet, avec Amara Traoré comme entraîneur, les Lions avaient … lâché 2 points à Yaoundé (nul vierge face au Cameroun de Samuel Eto’o) sur la route de « Guinée équatoriale Gabon 2012). Puis, sur le chemin de la phase finale initialement prévue au Maroc mais qui s’était finalement tenue en Guinée équatoriale, l’équipe alors coachée par le Français Alain Giresse n’avait pris qu’un point sur six face à la Tunisie (nul vierge à Dakar et défaite 0 – 1 à Monastir). Cette fois donc, la cuvée conduite par Aliou Cissé a établi une marque historique.

En fait, tout le monde avait pronostiqué cette qualification de l’équipe sénégalaise dans un Groupe K qu’on avait très tôt dit « taillé à sa mesure ». Ce qu’il y a de remarquable, cependant, au-delà de ce record de 5 matches remportés sur 5, c’est que les Lions n’ont réellement jamais été inquiétés durant leur parcours. Presque toujours maîtres du jeu et menant les choses à leur guise, ils ont été à la hauteur des attentes placées en eux et fait honneur à leur réputation, se pointant même au rendez-vous avant l’heure. Mais une chose est de se qualifier, une autre est de briller en phase finale. Ce que, malgré deux qualifications avant terme en 2012 et en 2015, les Lions n’ont jamais réussi à faire. Pire, ils n’ont plus passé le premier tour d’une Can depuis celle de 2006 en Egypte et ont, au passage, raté celles de 2010 en Angola et de 2013 en Afrique du Sud. Il est peut-être encore tôt de tirer des plans sur la comète, la compétition au Gabon ne débutant qu’en janvier. Bien des occasions se présenteront entre-temps de peaufiner le jeu et surtout de donner un mental de gagneurs aux Lions. Et puis, puisque cette fois la Can ne se déroulera pas en Guinée équatoriale, « terre maudite » pour l’équipe du Sénégal, on peut espérer que les choses se passeront mieux…

Par Babacar Khalifa NDIAYE

Le dialogue politique national que beaucoup ont tant souhaité entre le pouvoir et l’opposition a démarré avant-hier, par une rencontre à laquelle ont participé la mouvance présidentielle, les forces significatives de l’opposition, la société civile, le patronat et les représentants des grandes familles religieuses et des chefs coutumiers.

Ainsi, une dialectique de progrès est désormais enclenchée pour construire des consensus forts autour des questions de haute priorité nationale, liées à la consolidation de la démocratie sénégalaise, à l’émergence économique, à la résurgence d’un système éducatif performant, à une société plus juste et solidaire, etc.

Après le référendum sur les réformes institutionnelles et la cristallisation des positions des uns et des autres, il n’était pas évident, que deux mois plus tard, le président Macky Sall allait réussir le pari de réunir, au Palais, presque toute la classe politique, notamment ses alliés, lesquels avaient battu campagne pour le « Oui », et la grande majorité des partis politiques, jadis fervents partisans du « Non ». Cette rencontre magnifie le sens patriotique chez les acteurs de la mouvance présidentielle et de l’opposition qui, le temps d’une rencontre, ont eu l’occasion de renouer ce fil du dialogue si important pour une démocratie.

La mise en œuvre des réformes institutionnelles consacrées par le référendum est à ce prix, puisqu’il s’agit d’œuvrer, ensemble, pour que la démocratie sénégalaise qui s’est, jusqu’ici, bien illustrée en modèle, en Afrique et dans le monde, puisse encore gagner en maturité et se consolider davantage. Le processus du dialogue étant enclenché, il est à espérer que les autres formations politiques qui, pour des raisons qui leur sont propres, ont boudé la rencontre historique de samedi dernier, rejoindront les acteurs réunis autour d’un dialogue à l’issue duquel le Sénégal sera le principal gagnant.

En effet, durant le processus de concertations, désormais ouvert, des questions d’enjeu national majeur seront débattues. Les jalons d’un consensus fort et inclusif autour des problématiques de développement seront posés et des solutions urgentes devraient être proposées. Notre pays est à la croisée des chemins et aucun bras n’est de trop pour participer à son développement économique. Le sort de millions de braves paysans, pasteurs et pêcheurs, en lutte pour un meilleur quotidien ainsi que l’avenir de millions d’élèves et d’étudiants en quête de savoirs nous interpellent tous.

Ainsi, revient-il aux acteurs politiques, de quelques chapelles qu’ils soient, de savoir taire les divergences idéologiques quand l’appel de la Nation retentit et interpelle ses fils. Les dissemblances politiques sont le terreau fertile de la démocratie car aucun système ne survit à l’unanimité. Un pouvoir qui s’exerce a besoin d’une opposition forte pour apporter une critique objective aux choix de développement.

Les contradictions entre pouvoir et opposition, notamment dans les approches et politiques de développement, résultent d’une dialectique essentielle, refondatrice d’une démocratie vivante et porteuse de progrès. Il est à espérer que ces entités politiques qui sont en marge de ce dialogue politique, rejoindront cette dynamique nationale.

Le président Macky Sall a traduit son souhait qu’un dialogue inclusif s’instaure. Au décompte des participants et à la lecture des interventions qui ont permis à chaque entité de faire ressortir sa vision, ses préoccupations et ses espérances, l’optimisme peut être de rigueur quant à la qualité des conclusions qui seront tirées à l’issue du processus entamé, lequel conduit par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Déjà, devant le chef de l’Etat, certains leaders politiques de l’opposition et de la mouvance présidentielle n’ont pas usé de la langue de bois pour exprimer leurs états d’âme par rapport au dialogue politique national et par rapport à certains sujets qui devront être débattus dans le seul souci de bâtir ce consensus si important, et parfois si fragile, hélas.

A l’heure où notre pays enregistre des découvertes significatives de pétrole et de gaz, dans un contexte de mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse) si porteur d’espoirs, le dialogue politique national trouve toute sa pertinence et son urgence. Des pays africains, bien avant le nôtre, ont exploité des ressources pétrolières immenses sans que cela ne se traduise par une amélioration significative des conditions d’existence de leurs populations. Pire, pour certains, la guerre et le chaos se sont installés, amenant certains à évoquer méfiance par rapport à cette malédiction du pétrole. Le dialogue politique national qui vient d’être lancé aura le mérite d’encourager le consensus sur la gestion du pays, tout en reconnaissant au président de la République les prérogatives qu’il tire de sa légitimité issue des urnes et de la Constitution.

Par Cheikh THIAM

Au sortir du lancement du Dialogue national initié par le chef de l’Etat, le président Macky Sall, le maître-mot doit être « se retrouver autour de l’essentiel ». Le Sénégal, petit pays par sa géographie, mais grand par son histoire politique et ses hommes de valeur qui l’ont incarné vient, encore une fois de prouver au monde entier qu’il est et qu’il reste, une terre de dialogue. Le premier président du Sénégal indépendant Léopold Sédar Senghor alors que nous étions jeunes élèves répétait maintes reprises dans ses discours que le Sénégal était un pays de dialogue. En invitant les chefs de partis politiques, les organisations syndicales, les chefs religieux et coutumiers et les représentants  de la Société civile dans la salle des banquets de la Présidence, Macky Sall a suivi les pas de ses illustres prédécesseurs. Le chef de l’Etat est resté fidèle à l’héritage légué par Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf qui ont toujours été soucieux de bâtir un consensus sur les grandes questions d’intérêt national. On se souvient des Etats généraux de l’Education, du Football au sortir de Caire 86, et tant d’autres rencontres qui ont toujours été des moments de rencontres et d’échanges sur les questions de l’heure. L’initiative prise par le chef de l’Etat ne peut être que saluée par tout un chacun, car l’avenir de notre cher pays en dépend. Huit heures d’horloge ont permis aux uns et aux autres de poser les problèmes, mais surtout de voir ensemble les solutions qui s’imposent. La situation au sein de l’école publique, la santé, le chômage sont autant de questions sur lesquelles les différents acteurs ont tenté de trouver des remèdes. Ce dialogue auquel le chef de l’Etat a invité toutes les forces vives de la nation est une grande occasion pour tous les fils et filles du Sénégal de renouer avec une tradition  conforme au génie du peuple. Il s’agit d’appeler tous les acteurs à la construction nationale face aux nouvelles perspectives qui s’ouvrent avec la découverte du gaz et du pétrole.  Il faut des convergences fortes et une implication de tous les acteurs pour ouvrir de nouvelles pages d’histoire  au Sénégal.

Notre pays dont la démocratie est saluée partout dans le monde a intérêt à regrouper tous ses fils lorsque des défis nouveaux sont lancés. Nous sommes fiers d’avoir un pays qui, au sortir de chaque consultation électorale, voit ses bureaux, écoles, universités et marchés fonctionner le lendemain après la publication des premiers résultats. Mieux, le président de la République a rappelé que le Sénégal n’a pas besoin d’une autorité indépendante pour organiser des élections car du début à la fin du processus, les partis politiques, l’administration et la Cena suivent et contrôlent des opérations. Maintenant l’heure est à la consolidation des acquis, car la date du 28 mai qui vient d’être institutionnalisée journée du dialogue restera gravée dans annales politiques du Sénégal.

Par El Hadji Abdoulaye THIAM

Le coup d’envoi du dialogue national tant annoncé a été donné, samedi, dernier par le chef de l’Etat, son initiateur, au Palais de la République. A l’occasion, il en a défini les contours et ses propositions ont été renforcées par un nombre important d’excellentes contributions des participants sur toutes les questions qui concernent le devenir du pays. Ce qui présage, à n’en pas douter, d’un dialogue fécond, voire prometteur sur la gouvernance politique, sociale et économique du Sénégal. Peut-il en être autrement quand une rencontre regroupe les forces vives du pays (partis politiques, chefs religieux et coutumiers, syndicats, société civile, Ong, organisations féminines…) Des forces qui se sont librement exprimées dans le respect de l’Institution (chef de l’Etat), la sérénité, sans jamais verser dans le larbinisme, le trop laudatif. Cette journée n’étant qu’un début, on peut aisément comprendre que tout le monde n’ait pu avoir droit à la parole. Toutefois, comme l’a indiqué le chef de l’Etat, dans les commissions, ateliers et autres structures, ils (acteurs), auront l’occasion de donner leurs positions respectives.  Mais, que les acteurs évitent de faire des amalgames, car comme l’a dit Cheikh Tidiane Gadio, « le dialogue national n’est pas une conférence nationale », ajoutant que le pays fonctionne bien avec des « institutions fortes ». Dialoguer, c’est aussi « avoir de la patience », dixit Ousmane Tanor Dieng. Toute précipitation peut être fatale, même si l’on sait que le délai est cours avec les élections législatives annoncées l’année prochaine. Autant dire qu’il faut de « l’organisation et de la méthode » pour citer le Président Sall.

Quoiqu’il en soit, les Sénégalais étaient fiers de voir que ce pays n’a pas perdu sa principale valeur : le dialogue. N’a-t-on pas l’habitude de dire que le Sénégal est un pays de dialogue ? L’on comprend la joie du Pr Fatou Sow Sarr de l’Ifan qui n’a pas hésité à assimiler la rencontre à celle de Kurunkan Fuga de l’Empire Manding du Mali (Assises de Kangaba : actuel Mali) qui a donné naissance à une Charte dénommée « La Charte de Kurunkan Fuga » ou « Charte du Mandé », l’un des premiers textes connus sur l’organisation de la Cité (XIIIè siècle : 1236) qui a institué la « parenté à plaisanterie » ou « cousinage à plaisanterie » (sanankuya) et le pacte de sang (tanamogoya), des dispositions permettant d’exorciser le contentieux et préserver la paix, instaurer la tolérance et la compréhension entre les Mandingues. Faut-il rappeler que ces dispositions ont survécu à l’Empire manding ? Et Fatou Sow Sarr de penser que le chef de l’Etat, en convoquant cette rencontre, marche sur les pas de Sunjata Keita, tant il est vrai que la démarche est à saluer.

Déjà, les quelques mesures annoncées par le chef de l’Etat (mise en place d’un comité de suivi, ouverture au dialogue sur toutes les questions, institutionnalisation du dialogue…) laissent croire que cette rencontre ne sera pas une de plus. Dans tous les cas, c’est dans la concertation (qui ne signifie point l’inexistence de l’opposition) entre les forces vives du pays que jaillira un consensus fort pour que le Sénégal puisse «relever les défis, regarder l’Avenir et laisser aux générations le pays dont nous rêvons », comme l’a rappelé le Président Sall.

Par Daouda MANE

L’image était saisissante, un président Macky Sall riant avec Omar Sarr, le coordonnateur du Pds. Elle reflétait un puissant symbole, celui d’une démocratie mature, où quand il s’agit de l’intérêt national, les acteurs politiques s’assoient et se parlent, quelles que soient leurs divergences. En effet, le lancement du dialogue national, samedi, par le président de la République, en présence de l’essentiel des forces politiques, sociales, économiques et religieuses du pays, a montré un visage du Sénégal que nous cache souvent l’âpreté de la lutte politique, au quotidien, telle que rapportée par la presse. Cet exercice national, salué par les Sénégalais, prouve l’ouverture d’esprit du pouvoir et l’existence, dans notre pays, d’une opposition responsable qui est d’ailleurs une marque de fabrique du Sénégal. En politique, on peut être des adversaires mais jamais des ennemis, si tant est que seul l’intérêt national intéresse les protagonistes. Le discours du président, à l’ouverture de la rencontre, a fini de convaincre les plus sceptiques de ses opposants, car les questions sur lesquelles il appelle à dialoguer, comme les 15 points du référendum à insérer dans la constitution, le fichier électoral, l’école, la santé, la sécurité… touchent éminemment au devenir de notre démocratie et de notre nation. D’ailleurs, certains n’ont pas manqué de le souligner dans leurs interventions.

Dans un contexte de crise des systèmes éducatif et sanitaire mais aussi de découvertes de pétrole et de gaz avec, en toile de fond le Pse, un plan de développement stratégique, d’ici à 2035, notre pays a besoin de réunir l’ensemble de ses forces vives pour réfléchir sur une meilleure gouvernance démocratique et désamorcer les bombes sociales dont les mèches sont dangereusement allumées.

Nous attendons donc de ce dialogue national qui va se poursuivre, les jours et les semaines à venir, qu’il puisse, dans un climat de confiance et de franchise, poser tous les problèmes à effet dirimant sur notre démocratie et notre développement, afin de faire franchir à notre pays un bond qualitatif. 

Il est permis d’avoir, à ce sujet, un préjugé favorable en voyant le nombre élevé d’acteurs venus répondre à l’appel du président Sall et qui ont eu la patience de rester pendant huit longues heures pour écouter les discours des 56 intervenants. En effet, l’espoir que nourrit le peuple de voir le dialogue national aboutir à des consensus forts qui engagent tout le monde, ne doit pas être trahi.

Le dialogue, comme on a l’habitude de le dire, est consubstantiel à la démocratie et permet d’éviter l’effet cocotte-minute gros de toutes les explosions. Que le pays du président Senghor qui avait fait du dialogue son viatique se livre à un tel exercice, quoi de plus normal !

Les solutions consensuelles qui seront trouvées permettront ainsi au chef de l’Etat, fort de sa légitimité électorale, d’exercer une gouvernance largement partagée dont les lignes directrices sont le fruit d’une concertation nationale.

Toutefois, il y a un point qui n’a été soulevé par aucun des orateurs, mais il n’est pas trop tard pour l’aborder, il s’agit de l’indiscipline et de l’incivisme en cours dans notre pays, dont l’éradication constitue un préalable pour vivre en démocratie et réussir notre développement.

Nous espérons qu’il sortira du dialogue national, des solutions qui permettent de sanctionner sévèrement les contrevenants, sans la levée rituelle de boucliers des organisations des droits humains.

Par Ibrahima MBODJ

Un président de la République dispose de plusieurs outils pour gouverner. Pour savoir ce qui se passe dans le pays, les services de l’Etat, les médias et les échanges avec ses compatriotes lui permettent de disposer d’un baromètre fiable pour jauger l’opinion, ses questionnements, le sens de ses demandes et les réponses que le gouvernement y apporte.

Au-delà de ces outils classiques de maîtrise de l’information, il y a les échanges avec les acteurs majeurs de la marche de la Nation, qu’ils soient leaders politiques ou syndicaux, membres du patronat ou de la société civile, chefs religieux ou coutumiers. Moments de partage et de réflexion, les rencontres que le président Macky Sall entame à partir d’aujourd’hui avec des interlocuteurs représentatifs de la société sénégalaise consacrent sa volonté d’ouverture, de donner une image apaisée du Sénégal et de ses élites, et surtout, d’écoute.

«  La démocratie est, en profondeur, l’organisation de la diversité », pour reprendre Edgar Morin. Cette diversité se manifeste sous nos cieux par une floraison de partis politiques et de syndicats, d’associations de toutes sortes, sans oublier les mouvements culturels qui ont de plus en plus voix au chapitre. Elle se manifeste aussi par le trop plein d’informations dans un univers médiatique débridé, par la largeur de la palette des revendications des corps sociaux, par l’usage que font certains de nos compatriotes du respect des libertés fondamentales garanties par la Constitution.

Cette diversité des êtres comme des demandes économiques et sociales, loin d’être des pesanteurs, sont au contraire le terreau qui nourrit le projet collectif global. Un projet qui se nomme tout simplement « Sénégal Horizon 2035 », l’échelle que se fixe le Plan Sénégal émergent (Pse).

Une démarche normale donc. Normale, mais que la conjoncture politique actuelle et les agendas personnels de quelques figures de l’establishment tendent à rendre exceptionnelle, ad hominem et finalement, promise à l’échec. Mais, comme devant les urnes, seul le peuple souverain décide. Or, ce même peuple semble décalé, du moins ses opinions les plus fortes, avec l’idéologie du nihilisme et du vide institutionnel qui suintent ça-et-là de certains discours.

Le dialogue est une marque de fabrique du régime issu de la deuxième alternance post indépendance. Que d’Assises et de Concertations nationales, que de Conseils présidentiels et de Commissions nationales depuis mars 2012 ! Sur l’Education nationale, sur l’administration ou la réforme des institutions, sur l’enseignement supérieur, une ferme volonté s’est exprimée, allant dans le sens de trouver les consensus les plus pertinents à même de forger une résilience aux conflits inhérents à tout processus démocratique.  

CONSENSUS
Le « Oui » en faveur d’une nouvelle Constitution, validé lors du référendum du 20 mars dernier, ouvre de nouvelles perspectives dans le sens du renforcement de la démocratie sénégalaise. Ce n’est pas un acte banal que les électeurs sénégalais ont posé en répondant favorablement au projet constitutionnel du président Macky Sall. Ils ont dit « Oui » à la limitation des mandats présidentiels, aux candidatures indépendantes aux élections, à la promotion de la gouvernance locale et à la reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens (droit à un environnement sain sur leurs patrimoines fonciers et sur leurs ressources naturelles).

Ils ont dit « Oui » pour le renforcement de la citoyenneté par la consécration de devoir du citoyen, pour les droits de l’opposition et ceux de son chef, pour la représentation des Sénégalais de l’extérieur par des députés, pour l’élargissement des pouvoirs de l’Assemblée nationale en contrôle de l’action gouvernementale et évaluation des politiques publiques, pour l’augmentation des compétences du nombre de membres du Conseil constitutionnel dont deux élus par le Parlement, et pour la constitutionnalisation des principes de la décentralisation et de la déconcentration. Bref, ils ont dit « Oui » à  « l’intangibilité des dispositions relatives à la forme républicaine, à la laïcité, au caractère indivisible, démocratique et décentralisé de l’Etat ».

Naturellement, la majorité présidentielle et plusieurs organisations apolitiques se félicitent de l’initiative, mais d’autres ont décliné l’invite présidentielle, pour marquer encore plus leur différence et maintenir le débat politique sur des positionnements électoralistes. Est-ce la bonne méthode ? Y a-t-il quelque intérêt à s’absenter au moment où l’on échange sur le devenir du Sénégal, de surcroît sous la houlette du premier d’entre eux ? 2019 est encore loin.

Par Samboudian KAMARA

L’idéal de paix qui a été à la base de la nation sénégalaise doit être sauvegardé à tout prix. De même, la stabilité politique et sociale du pays est à consolider à tous les niveaux, afin qu’on puisse léguer aux générations futures un Sénégal prospère où il fait bon vivre. C’est pourquoi, l’initiative prise par le chef de l’Etat de convier les différentes composantes du jeu politique ; ainsi que les partenaires sociaux et la société civile à un dialogue national ne doit pas surprendre.

Au contraire, cet acte posé par le président de la République, Macky Sall, doit, une fois de plus, nous conforter dans notre conviction que le Sénégal reste un pays de dialogue, de partage et de solidarité quelques puissent être nos différences sociales, confessionnelles ou encore nos divergences ou rivalités politiques. D’ailleurs, sur le plan confessionnel, le Sénégal reste un pays où toute personne peut vivre ses convictions religieuses, ses croyances, sans être inquiété. Les imams et les prêtres effectuent mutuellement des visites de courtoisie à l’occasion de leurs fêtes respectives.

De même, il est même banal de voir à la veille de Pâques, le chrétien offrir du « ngalax » à son ami musulman. Cette tolérance a fait que le dialogue islamo-chrétien est devenu une réalité.

Sur le plan politique, ce dialogue n’a jamais fait défaut, même si, dans le passé, des mésententes ont souvent existé entre un régime qui veut entièrement exercer son pouvoir et une opposition qui veut jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir.

Les conflits politiques sont inhérents aux processus démocratiques, allant même parfois jusqu’à gêner la bonne marche des institutions. Ce fut le cas d’ailleurs lors du conflit de 1962 qui a opposé le président de la République, Léopold Sédar Senghor et son président du Conseil, Mamadou Dia.

Mais toujours est-il que la classe politique sénégalaise a su faire preuve de grandeur, en privilégiant l’intérêt de la nation sénégalaise au détriment de ses desiderata. C’est encore cet esprit qui a fait que le président Abdou Diouf, dès son arrivée au pouvoir, va instaurer la démocratie intégrale, en donnant la possibilité, à chaque sénégalais, de s’associer avec d’autres, pour créer un parti politique.

Ce sera un grand tournant dans l’histoire politique du Sénégal qui aura connu le parti unique et une limitation des formations politiques à quatre courants de pensée. Aujourd’hui encore, en appelant l’opposition, la société civile et les syndicats à un dialogue, le chef de l’Etat Macky Sall s’inscrit dans cette longue tradition bien sénégalaise qui trouve toujours des occasions pour aplanir les divergences. Et le 28 mai prochain et les jours suivants seront sans nul doute des moments de retrouvailles.  

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Les pays africains célèbrent, aujourd’hui, le 53e anniversaire de la naissance de l’Organisation de l’Unité africaine à Addis-Abeba ; une concrétisation de la volonté des Pères de l’indépendance pour recoller les morceaux de la désastreuse politique du « diviser pour régner » des colons.

Les principaux objectifs que les pères fondateurs ont fixé pour l’organisation lors de sa création  sont entre autres, une poursuite de la lutte pour l’indépendance de tous les pays encore colonisés notamment les pays lusophones et contre la discrimination raciale en Rhodésie et en Afrique du Sud.

Ses premières résolutions ont porté sur  la lutte contre l’Apartheid et celle des mouvements de libération. Le second aspect de ses missions était un renforcement de l’unité et la solidarité entre les Etats africains, une coordination de la coopération pour le développement, la préservation, la souveraineté et l’intégrité territoriale de ses Etats membres pour favoriser une consolidation des Etats naissants.

L’objectif de libération de tous les pays colonisés à été réalisé en 1990 avec l'accession à l'indépendance de la  Namibie. Son combat contre l'Apartheid a été couronné de succès avec la libération de Nelson Mandela et son élection à la  présidence sud africaine. L’Afrique du Sud devenant, trente ans après la création de l’Oua, le 53e membre lors du sommet de Tunis, en juin 1994. L’Oua avait aussi, dans ses objectifs lors de sa création, un règlement pacifique des conflits interafricains. La Commission de médiation, de conciliation et d’arbitrage mise en place, à cet effet, disposant de moyens limités, conséquence de la faiblesse des moyens des états, a eu le plus souvent recours à des Conseils de Sages ou comités ad-hoc pour tenter de trouver des solutions pacifiques aux différends.

Pour une protection des populations, une Charte africaine des droits de l’homme et des peuples a été adoptée au sommet de Nairobi en 1981, avant d’aboutir à la création de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples en 1986. Avec l’effondrement du bloc communiste en 1989 et  la fin de la Guerre froide Est-Ouest, l'Afrique a cherché à redéfinir sa politique d’approche des conflits internes africains à la lumière de la nouvelle donne internationale. Dans ce cadre, le Sommet du Caire de juin 1993 entérine la création d’un mécanisme de prévention, de gestion et de résolution des conflits africains dont l’organe principal est composé des chefs d’Etats des pays membres du bureau en exercice de la conférence. La libération totales des pays africains et la fin d’un transfert en Afrique de la guerre froide Est Ouest se sont traduites par un amoindrissement des conflits, permettant à l’organisation continentale de se focaliser sur les problèmes de développement et de coopération économique. Le Plan d'actions de Lagos de 1977 adopté au sommet d’avril 1980 visait principalement le développement économique et l’intégration totale des économies africaines par la mise en place des regroupements régionaux. En juin 1991, ce plan est remplacé par le Traité d'Abuja instituant la Communauté économique africaine prévoyant notamment, dans un délai de 30 ans, la création d’un marché commun africain, d’un parlement, d’une banque centrale et d’un fonds monétaire africains.

Selon plusieurs observateurs avertis, « malgré ses capacités d’actions limitées et ses faibles moyens financiers, l’intense travail diplomatique accompli par l’Oua a permis de conférer une réalité tangible à l'Afrique unie ». Elle a fourni à ses Etats membres un forum pour adopter et coordonner des positions sur des questions communes dans les instances internationales et défendre les intérêts du continent mais surtout pris des initiatives qui ont ouvert la voie à la naissance de l’Union africaine.

En juillet 1999, lors d’un sommet extraordinaire de Syrte, l’Oua a décidé de mettre sur pied l’Union africaine, une organisation nouvelle, mieux en phase avec ses objectifs d’unité et d’intégration. Lancée officiellement au Sommet de Durban en 2002, l’Ua sera le fer de lance pour accélérer et approfondir le processus d’intégration économique et politique du continent. Son acte constitutif prévoit des organes et institutions inspirés notamment du modèle de l’Union européenne. La vision de l'Union africaine qui, selon ses initiateurs, est de « bâtir une Afrique intégrée, prospère et en paix, dirigée par ses citoyens et constituant une force dynamique sur la scène mondiale». Il s’agit d’aller, au plus vite et le plus loin possible, dans l’unité du continent. Un processus qui implique la définition de politiques communes dans des domaines prioritaires comme la défense, la paix et la sécurité. Dans ce sillage, une intégration des économies, une libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, la quête de la sécurité alimentaire, et la lutte contre la pauvreté, entre autres. Elle s’y attèle lentement pour les uns mais surement pour les autres.

Alassane DIAWARA

Le « Oui » est sorti victorieux du  référendum du 20 mars 2016, avec 62,70% de suffrages favorables au projet, et un taux de participation de 32,26 %. Dans la foulée, le président de la République a annoncé début mai le lancement d’un dialogue politique avec l’opposition après avoir pris le décret 2016-10 du O5 avril portant promulgation des réformes constitutionnelles Les termes de référence, les modalités des échanges et leur contenu ne sont pas encore connus, mais le débat est lancé.

Le paysage politique est actuellement marqué, d’une part par la politique d’ouverture lancée par l’Apr, le parti présidentiel, qui note de  nombreuses adhésions ; d’autre part par la mauvaise passe que traverse le Pds, principal formation de l’opposition. Mais la coalition « Benno Bokk Yaakaar » au pouvoir n’est pas pour autant épargnée, elle aussi, par les divergences. L’opposition recrute parmi les « déçus » de la coalition originelle de l’entre-deux tours de 2012, et qui s’arc-boutent aux conclusions des Assises nationales pour justifier leur rupture. Le dernier référendum a également laissé des traces dans beaucoup de partis. L’opposition est divisée entre « ultras » -ceux qui posent des revendications liées à des décisions de justice ou administratives, préalables pour eux à tout échange avec le pouvoir-, et « modérés », qui entendent l’appel présidentiel. Un appel pour une démocratie apaisée et tournée vers l’avenir. Il ne saurait s’agir d’un quelconque « arrangement », ni d’un drapeau blanc agité pour cause de météo défavorable, selon le camp présidentiel.

Cet appel au dialogue du président Sall a donc trouvé une oreille favorable en face. Cela a permis de constater que le Pds suit à la lettre les consignes de son fondateur qui le dirige depuis Paris. Pourtant, au tout début de l’annonce présidentielle, les réactions étaient plutôt hostiles dans son camp. Me El Hadj Amadou Sall dénonçait ainsi « des appels de circonstance », ajoutant que le Pds avait été « les premiers à fustiger le déficit de dialogue, mais nous n’allons pas répondre à des appels de circonstance », dans les colonnes du quotidien « L’As », début mai. De son côté, Babacar Gaye, porte-parole des libéraux, disait n’accorder « aucun crédit » à la proposition, car, expliquait-il, l’affaire Karim Wade, la « spoliation » du Pds de son groupe parlementaire et de son poste de député, la destituer de Mme Aïda Mbodj de son poste de présidente du Conseil départemental de Bambey, étaient des entraves au dialogue. Pour sa part, Rewmi, le parti de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, s’était fait plus radical, son patron allant jusqu’à proposer la création d’un « conseil suprême de la République », vu « l’état du pays ». Ajoutant une couche, l’ex-numéro deux du Pds avant sa séparation avec Me Wade, avait dénoncé « des initiatives pour faire simplement de la manipulation ou de la diversion ».

Mais contre toute attente, alors que la communauté musulmane célébrait le Magal du Kazou Rajab et celui de Serigne Bara Mbacké, c’est Me Madické Niang, proche parmi les proches de l’ancien président de la République, qui allait remettre les choses en place et livrer un discours conciliant émanant de Versailles : « Me Wade m'a chargé de dire qu'il ne sera jamais un obstacle au dialogue », précisant « qu'il s'agira, le cas échéant, d'un dialogue ouvert à toute l'opposition ». Le chemin était balisé. L’initiative présidentielle vient à son heure et pourrait, à terme, redistribuer les cartes en vue des législatives de 2017 et émettre des propositions concrètes sur des questions comme le statut du chef de l’opposition.

Samboudian KAMARA

Les négociations entamées dimanche à Dakar entre les délégations sénégalaise et gambienne conduites par leurs ministres des Affaires étrangères respectifs, malgré un marathon de plus de 14h et quelques points d’accord sur les 11 qui ont été abordés, n’ont pas réussi à dénouer la crise sur la Transgambienne. Les deux parties se sont donné un nouveau rendez-vous au mois de juillet pour trouver une solution sur les points en discussion (notamment la construction du pont sur le fleuve Gambie,  la pêche maritime et fluviale et  la gestion des frontières terrestres). Si la partie sénégalaise a promis de tout faire pour amener « ses transporteurs » à mettre fin au boycott de la Transgambienne après l’abandon par Banjul de la hausse des tarifs pour la traversée du fleuve, pour l’essentiel, les lignes n’ont pas beaucoup bougé malgré une certaine satisfaction toute diplomatique affichée par les officiels. Cette énième crise qui survient entre les deux pays a poussé Mankeur Ndiaye, le placide ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur à demander que chaque partie mette sur la table tous les points qui lui semblent importants pour que toutes les difficultés puissent être aplanies et que les relations entre le Sénégal et la Gambie soient définitivement stabilisées dans un climat de confiance mutuelle.

En effet, depuis l’arrivée du président Jammeh au pouvoir en 1994, les points de friction se sont multipliés entre Dakar et Banjul. Le Sénégal, malgré toute sa bonne volonté et son esprit de dialogue qui fondent sa diplomatie, n’a pas réussi à asseoir une coopération à l’abri des saillies du cauteleux leader gambien. Ce dernier donnant toujours l’impression de vouloir défier son puissant voisin, s’il ne développe tout simplement pas le complexe du petit face au grand.  Pourtant, M. Jammeh devrait mesurer la chance qu’il a d’avoir un voisin comme le Sénégal, car il n’est pas sûr qu’un autre pays aurait fait preuve d’autant de calme, de retenue et de bon voisinage à son égard. Mais il ne doit pas ignorer que cette sérénité dont fait montre Dakar, n’est point une preuve de faiblesse, mais une hauteur de vue et une responsabilité afin d’éviter les déchirements fratricides qui ne font que retarder nos pays.  Cependant, à trop tirer sur la corde, à la fin, elle se casse. Les attaques périodiques prêtées au président gambien contre ses homologues sénégalais depuis Abdou Diouf  en dehors d’être inélégantes et inamicales, ne doivent pas être un moyen de gérer ses affaires domestiques, une sorte de soupape de sécurité qu’il actionne chaque fois que la situation interne devient difficile.

De la malheureuse mesure de hausse des tarifs de la traversée du fleuve Gambie, il doit également tirer la leçon qu’en politique étrangère, l’unilatéralisme ne peut prospérer et il conduit bien souvent à des impasses. C’est pourquoi il devait, au préalable, prendre langue avec Dakar pour discuter même si le fleuve se trouve sur son territoire. On peut dire la même chose de l’exécution, par Banjul, de la Sénégalaise Tabara Samb en août 2012.

M. Jammeh pourrait aussi davantage affiner son jugement sur le Sénégal, s’il partait du fait que c’est un pays démocratique et en tant que tel, son gouvernement n’est mêlé ni de près ni de loin aux manifestations organisées à Dakar pour dénoncer son régime ou ce qu’écrit la presse nationale sur lui. Et c’est pourquoi le Sénégal ne peut pas fermer ses frontières à tous les Gambiens fuyant leur pays et croire qu’il s’agit d’opposants subversifs instrumentalisés par Dakar est une analyse légère et un manque d’esprit autocritique de Banjul. Les peuples sénégalais et gambien sont inextricablement mêlés et tout dirigeant qui ne travaillerait pas dans le sens de renforcer ces liens sera sévèrement jugé par la postérité. Mais de ces relations, on doit bannir les palinodies, le soupçon facile, le double jeu et ce jusque dans le règlement du conflit en Casamance.

Et quelle que soit l’issue des négociations sur la Transgambienne, pour des raisons de souveraineté, il est impératif, pour le Sénégal, de construire une route de contournement, permettant de relier le Nord et le Sud de son territoire.

Par Ibrahima MBODJ

La compétition mondiale est implacable. Les faibles sont écrasés et les forts entendent le rester. Les Etats font face à des recompositions géopolitiques insoupçonnées. Et le Sénégal dans ce concert des Nations ? Les modèles qui s’annoncent dans un futur proche ne laissent nulle place à l’immobilisme, au pilotage à vue dans la gouvernance ; il nous faut donc bouger, innover, maximiser les potentiels, encourager l’initiative privée, attirer les investissements innovants, et gérer avec parcimonie nos faibles ressources.  La stabilité politique constitue les préalables à  l’exploitation heureuse du legs de ce pays, jeune, présent sur la scène diplomatique plus que ne l’autorisent ses poids démographique, économique et territorial. Voici, en résumé, le cadre dans lequel s’expriment « les politiques » dans le Sénégal de 2016, un Sénégal centré autour d’un leadership qui incarne celui de l’Emergence. Les succès futurs cohabitent mal avec une ambiance au couteau, où les oppositions sont d’abord personnelles avant d’être programmatiques.

La proposition présidentielle de booster le dialogue entre lui et son opposition a rompu le ronronnement tranquille des partis politiques. On s’était assoupi, les uns affichant leurs lauriers issus du référendum, les autres cherchant à s’extirper des cactus où les ont installés les électeurs, une tendance lourde depuis la victoire du président de la République en 2012. Sur fond de fait-divers politico-judiciaires, il a donc appelé au « dialogue politique », sonnant la fin de la mise en veille. Comme lors de la campagne pour le référendum, des amalgames naissent, sont entretenues, et finissent, comme leurs précédents, à polluer l’esprit de l’entreprise.

Dans une démocratie comme la nôtre, le président de la République est « le maître du jeu », ainsi que l’avait dit le président Abdou Diouf, un jour alors qu’il était aux affaires. Le chef de l’Etat ne se trouve pas en situation de demandeur. Il propose et a la haute main sur le calendrier. L’essentiel est que son initiative vise à fédérer, autour de l’essentiel, alors que l’accessoire est la question de savoir qui en tirera profit.

La majorité est forte, réunie autour de lui, soutenant le gouvernement à l’Assemblée nationale et déroulant un programme validé par quatre scrutins (présidentielle, législatives, locales et référendum). Aucune crise ne fragilise les institutions, pas une seule exception à la norme républicaine, les frontières sont délimitées entre pouvoir et opposition : « no stress », pour parler tendance.

Mais qu’attendent les Sénégalais, eux, les détenteurs des suffrages et de la souveraineté ? En appelant au dialogue, le président de la République, après le vocabulaire de la « décrispation » et du « dégel » propose une entrée dans la modernité, au sens où les communautés doivent savoir aller au-delà des acquis. La « banalisation » des alternances et la bonne compréhension des règles du jeu font que le débat doit être rehaussé. Les échanges doivent être à la hauteur du standing. D’autant que les chantiers sont nombreux, les demandes sociales fortes et les réformes difficiles.

Naturellement, et heureusement-, un éventuel unanimisme de la classe politique tiendrait du virtuel. Mais les organisations sont-elles en état de poser des « conditions » pour lancer des concertations durables ? La formation tête de file de l’opposition, le Pds, se dégarnit de jour en jour, mais ces départs n’ont pas freiné l’avis favorable au dialogue émis, depuis Versailles, par le président Wade et des voix autorisées de son entourage.

Les Sénégalais attendent de leur classe politique (ces organisations qui concourent aux suffrages et aux affaires) qu’elle développe des forces de proposition à même de les mobiliser, à même de profiter des opportunités d’un monde. Pour éduquer une jeunesse qui ne demande qu’à ce qu’on lui balise la voie, accroître la qualité des services publics, accélérer l’ascenseur social en soutenant le mérite et la performance.

Le manichéisme du « Pour » et « Contre » a son moment. C’est celui des élections. En appelant au dialogue, le président de la République invite la classe politique à un sursaut. Electoraliste à souhait, cette dernière ne trouve pas les moyens de débattre des questions de fond, qui ne sont pas seulement économiques. Ce ne sera pas facile. Au moment où l’Etat lance le programme des infrastructures de deuxième génération à Diamniadio, d’autres proposent l’instauration d’un conseil suprême de la République. C’est bien dit.  L’autoroute à péage s’accommode mal de calèches !

Par Samboudian KAMARA


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