Etonnement

18 Mai 2016
1789 times

« Le commencement de toutes les sciences, c’est l’étonnement de ce que les choses sont ce qu’elles sont », écrivait Aristote dans La Métaphysique. L’un des pères de la Philosophie y faisait écho au fait que l’étonnement est le point de départ de la marche de toute une vie. En effet, à travers l’étonnement, on observe pour comprendre et, si possible, ordonner par la suite la connaissance. Donc, s’étonner pour comprendre, puis progresser avec le savoir. Si, à travers l’étonnement, Aristote s’est frotté au monde, ce dernier s’en est retrouvé changé à jamais. La France, au contact des étrangers, se retrouve changée à jamais… enfin, sur certains points. Les préjugés ont la vie dure, semble-t-il. En 2010, une étude faite par l’économiste Xavier Chojnicki estimait à 68,4 milliards d’euros les prestations versées aux immigrés et à 72,026 milliards leurs cotisations dans les poches de l’Etat français. Ce qui fait un différentiel positif de plus de 3 milliards d’euros pour l’Etat français. L’année 2005 est bien symbolique de l’apport des étrangers en France. « La contribution nette globale de l'immigration au budget de l'Etat serait ainsi positive et de l'ordre de 12 milliards d'euros pour l'année 2005 ; un immigré aurait effectué en moyenne un paiement net de l'ordre de 2250 euros contre un peu plus de 1500 euros pour un autochtone ». En clair, les étrangers font mieux marcher l’économie française que les Français. Les étudiants étrangers, le cheval de Troie de l’immigration, selon ses détracteurs, ne sont pas en reste. Chaque année, ils coûtent 3 milliards d’euros et en rapportent 4,65 milliards d’euros à l’État français. C’est la conclusion d’une étude menée par l’institut Bva pour Campus France, publiée fin 2014.

Alors l’étonnement de voir que, dans un rapport rendu public le 9 mai 2016, Jacques Toubon, le défenseur des droits, une institution de l’Etat français « complètement indépendante »,  s’insurgeait contre une « logique de suspicion » envers les étrangers. Le rapport met à nu « l’ensemble des obstacles qui entravent l’accès des étrangers aux droits fondamentaux » comme la scolarisation ou la santé. Ces obstacles sont des discriminations, des inégalités, des préjugés et de la méfiance dans un contexte de la crise des réfugiés et de la montée des idées d’extrême droite en Europe.

En France, les étrangers sont confrontés aux « restrictions d’accès à l’emploi », notamment pour les métiers en tension qui font l’objet d’une autorisation.

Peut-on encore s’étonner que, dans une logique de politique restrictive migratoire, les contrôles d’identité prennent les formes d’un ciblage des étrangers ? S’étonner n’est pas toujours permis.

• Par Moussa DIOP

Rate this item
(0 votes)


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.