Chams Diagne : « Faire revenir les talents dans les entreprises en Afrique »

14 Jui 2016
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Ancien de Viadeo, Chams Diagne a fondé Talent2Africa, la première plateforme de recrutement par cooptation en Afrique dont le lancement officiel a eu lieu au Forum Expat du 31 mai au 1er juin à Paris. Chams Diagne veut aider les dirigeants et RH africains à réussir dans leurs projets de recrutement au sein de la diaspora. Entretien…

Expliquez-nous le concept de Talent2Africa ?
Talent2Africa a été créé à partir d’un constat : les entreprises africaines ont du mal à trouver des talents au niveau local. Les meilleurs sont courtisés par les entreprises à l’étranger. Il y a un gap dans la formation. Ce qui fait qu’il n’y a pas de personnes bien formées et très expérimentées capables de prendre des postes « middle » ou Top Management. Les entreprises africaines ont déjà cette démarche de participer à des Salons sur l’emploi à Paris, Londres ou dans les villes en Occident pour aller à la rencontre de la diaspora. Ce constat nous permet également de remarquer que les candidats ne savent pas trop comment s’y prendre, en dehors des salons, pour avoir une visibilité sur le marché de l’emploi. Il y a une méconnaissance du marché mais aussi pas mal d’incertitude. L’idée est de faciliter la mise en relation des uns et des autres à travers la plateforme Talent2Africa qui est en ligne. Nous sommes tiers de confiance, c’est-à-dire des intermédiaires. En clair, nous parlons aux entreprises africaines pour qu’elles nous transmettent les opportunités que nous allons publier sous forme d’offres d’emploi. D’un autre côté, nous allons identifier des gens de la diaspora que nous incitons à s’inscrire et à adhérer au réseau. Chaque membre à pour mission d’aider Talent2Africa à identifier des talents directement ou indirectement, en nous faisant une mise en relation ou des recommandations.

Après un travail de présélection, nous contactons les candidats proposés en s’assurant qu’ils correspondent bien au profil recherché. Et ensuite, nous les présentons au client. Ce dernier a la décision finale pour son choix sur la sélection proposée. Si le profil correspond à ce qu’attend l’entreprise, nous nous chargeons de récompenser le membre de Talent2Africa qui nous a recommandé le candidat. C’est une récompense numéraire. C’est une prime qui va entre 500 et 1.000 euros (environ entre 325.000 et 650.000 FCfa) par recrutement selon le profil du candidat.

Quels sont les secteurs visés…
Nous cherchons les profils dans les secteurs des Hi Tech, de la communication et des médias, des Télécoms, de la banque, des assurances et de la finance, du conseil et des services. Nous ne négligeons pas le secteur de l’énergie qui est très porteur en Afrique. Nous avons des profils qui correspondent à ce que recherchent les entreprises. L’idée est de faire un « matching » entre les besoins en Afrique et les talents qui ont une expertise qui les intéressent.

Quels sont les obstacles dans le ciblage des candidats et des entreprises ?
Nous ne pouvons évidemment pas nous permettre de cibler toute l’Afrique, un continent très grand. Notre priorité première est l’Afrique francophone, donc l’Afrique de l’ouest et centrale. On y ajoute le Maghreb. Ce sont nos marchés prioritaires.
Nous allons contacter les entreprises dans ces parties et leur expliquer l’intérêt du concept. Notre deuxième enjeu se situe au niveau des candidats : nous avons un travail pédagogique à faire pour faire comprendre à nos membres que nous ne sommes pas un site de recrutement classique. C’est un réseau de cooptation avant tout. Ce sont les personnes que nous acceptons sur la plateforme qui doivent jouer un rôle d’ambassadeur afin de nous présenter les personnes correspondantes aux offres publiées. Il faut prendre le temps d’expliquer ce concept.
Le troisième enjeu est d’ordre général qui touche les deux premiers : c’est d’avoir une étiquette africaine. Nous avons une démarche panafricaine et non exclusivement sénégalaise. Au sein de la diaspora, il y a une véritable ouverture sur le continent. « Ce n’est pas que je suis Sénégalais, que je ne vais pas aller travailler en Côte d’ivoire ou au Ghana », se disent de plus en plus de membres de la diaspora.

Ne craignez-vous pas que Talent2Africa ne soit vu comme une plateforme élitiste ?

Nous ne cherchons pas à être élitistes parce que ce serait discriminant, mais nous voulons simplement être objectif et permettre à nos clients de toucher leurs cibles. Si nos clients sont élitistes, ce n’est pas notre cas. Nous essayons de tirer l’Afrique vers le haut. Notre valeur ajoutée est de ne pas chercher tous types de profil.

Comment allez-vous procéder pour toucher la diaspora ?
Nous avons l’intention de rencontrer physiquement la diaspora grâce à des démarches dites « terrain », à travers des événements qui nous permettent d’avoir accès à ceux qui composent la diaspora.

C’est le cas du Forum Expat, par exemple. Nous allons aussi organiser nos propres rencontres.

Nous avons des membres en Belgique, en Suisse, en Angleterre, aux Etats-Unis, au Canada. L’idée est de permettre à la diaspora de s’approprier l’outil et qu’elle puisse adhérer et jouer un rôle d’ambassadeur et ainsi faire adhérer d’autres personnes de la diaspora. Les diasporas africaines ont cette particularité d’échanger entre elles, de se fréquenter et ainsi se coopter entre elles. C’est de l’entraide pour que chacun puisse trouver son bonheur en Afrique. Ensuite, nous avons une démarche digitale ciblée à travers l’identification de nos membres potentiels avec une communication personnalisée pour leur permettre de rejoindre le réseau. Pour les entreprises, nous nous adressons directement à elles. Nous faisons un travail de fourmis en ciblant les très grands groupes qui ont les moyens de rechercher ces talents. Nous n’oublions pas les entreprises locales comme les Pme en croissance à trouver les bons profits.

Et quid de des Etats et des administrations africaines ?
Nous projetons d’aller voir les autorités des différents pays pour leur proposer de nous donner de la visibilité sur les opportunités qu’offrent les différents pays. La plupart des Etats africains sont en train de se restructurer et de s’organiser avec de grands travaux. Pour réaliser ces grands projets, il faut des talents. Les gens de la diaspora sont importants à ce niveau.

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