Cheikh Bailley Mbaye, secrétaire général de Senbad : Au service de ses concitoyens

09 Fév 2017
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Senbad ! A ne surtout pas confondre avec les deux syllabes qui dénommaient le célèbre contingent du Sénégal au pays du Cèdre (Senbatt) dans le cadre de la Finul (Mission des Nations Unies au Liban). Ici, le bataillon en question a la fleur au lieu du fusil à l’épaule et le développement de l'Afrique en ligne de mire. L’Association des Sénégalais de la Banque africaine de développement (Senbad) est le réceptacle ou le lien de la soixantaine de compatriotes qui évoluent aujourd’hui du côté de la Lagune Ebrié, en terre ivoirienne. A Abidjan plus précisément, les Sénégalais de la BAD s’activent et donnent corps et âme à une vie associative, prolongement des activités professionnelles. « Il existait déjà une association de Sénégalais avant le départ pour Tunis de la banque (Ndlr : délocalisée en Tunisie en février 2003 du fait de la crise ivoirienne et retour au siège à Abidjan en 2014). C’est une fois à Tunis qu’elle sera néanmoins plus formalisée. Le besoin d’être ensemble a été plus ressenti une fois en Tunisie puisque probablement cette société ne nous intégrait pas », explique Cheikh Balley Mbaye, le secrétaire général de Senbad. Il fait remonter l’« initiative de l’association au doyen Maguette Wade (Ndlr : actuel Maire de Ngaye Mékhé et ancien directeur de la Communication de la Bad) », mais aussi à nombre de leurs aînés aujourd’hui retraités. Une fois l’association formalisée, l’« engouement » et l’« adhésion » ont été tels, surtout « chez les dames », que d’autres ressortissants de pays étrangers ont voulu se « joindre à nous ». Ces « étrangers » provenaient surtout de pays voisins du Sénégal (Gambie, Mali, Mauritanie, Guinée) et pouvaient même justifier une « certaine sénégalité ». Le critère de reconnaissance au groupe sénégalais restait pertinent pour les membres du Senbad. « Peut devenir, en effet, membre associé toute personne travaillant à la Bad ainsi que son conjoint ayant des affinités avec le Sénégal qui en exprime le désir au bureau… », selon les statuts. Le secrétaire général de citer également le cas de ce « jeune Algérien, marié à une Sénégalaise, devenu membre de l’Association ». « Il faut, pour adhérer, être sénégalais ou marié à une Sénégalaise ou un Sénégalais travaillant à la Bad», disent les statuts de l’association. Il faut néanmoins considérer les nombreux Ivoiriens d’origine sénégalaise travaillant à la Bad, qui ne sont pas comptabilisés dans la soixantaine de Sénégalais, mais avec lesquels l’association entretient des liens particuliers. Le statut de travailleur à la Banque africaine englobe aussi bien les membres du staff que les stagiaires et consultants. L’association vise à créer, au-delà des liens de solidarité, une « grande famille sénégalaise sans discrimination de sexe, de race, d’ethnie, d’origine ou de religion ».

Mais aussi d’« initier et développer des projets et actions d’intérêt commun » en vue de « participer à l’épanouissement des membres et de leurs familles en organisant, entre autres, des conférences, séminaires, débats, des activités récréatives et des séances de formation ». La particularité de ces Sénégalais de la Bad est qu’ils évoluent, pour la plupart, dans les sphères de décision. Aussi reflètent-ils le dynamisme du « système éducatif sénégalais ».

« Que ce soient dans les Complexes des Opérations, les départements sectoriels, au Complexe des Finances en passant par les Services généraux ou le Complexe de l’Economiste en Chef, nous retrouvons les Sénégalais dans les grands centres de décision. Ils sont des économistes, ingénieurs, médecins, juristes… Il y a aussi un peu de personnels subalternes constitués surtout de Sénégalais qui avaient migré en Côte d’Ivoire et qui n’ont pas fait l’objet d’un recrutement international », explique Cheikh Balley Mbaye qui lui-même a quitté les Nations Unies à New-York pour intégrer la Bad.

Des professionnels sénégalais à tous les niveaux : un vice-président en charge de l’Energie, Amadou Hott, un directeur de la communication, notre confrère Ismaïla Dieng, la trésorière de la banque, le chef de la division de la recherche (évaluant tous les projets du secteur privé), entre autres. Autant de positions enviables obtenues avant ou avec l’arrivée du nouveau président, le nigérian Akinwimi Adesina. Portée à « participer à l’effort national et/ou international pour assister des groupes vulnérables au Sénégal et ailleurs », l’association œuvre aussi dans le social. Aussi a-t-elle organisé une grande collecte durant le dernier mois de ramadan pour venir en aide à des fidèles d’une mosquée d’Abobo qui est l’un des quartiers les plus pauvres d’Abidjan.

Tout comme un don avait été offert à un orphelinat de Dakar pendant que la Bad était délocalisée. Ou encore des bâches à une mosquée de Tunis. La mosquée sénégalaise de Treichville avait aussi sollicité l’Association pour disposer d’un chandelier pour la décoration du lieu de culte nouvellement rénové.

« Nous partageons entre nous nos événements heureux comme malheureux et nous nous soutenons. Nous pouvons faire appel à des contributions volontaires de nos membres pour un soutien ponctuel », explique M. Mbaye. Les membres de Senbad sont aussi confrontés aux défis auxquels font face tous les émigrés, tels qu’« acquérir des terrains au Sénégal », ou encore venir à bout de certains problèmes ponctuels comme la confection d’un passeport. « Nous réfléchissons en permanence sur ce que nous pouvons faire pour le Sénégal », souligne le secrétaire général. Les Senbad se félicitent des « bonnes relations » tissées avec l’ambassadeur actuel du Sénégal en Côte d’Ivoire. L’association a « tenté une rencontre avec l’Association professionnelle des Sénégalais d’Abidjan », avec laquelle les échanges sont encore timides. Toutefois, le mini-colloque que Senbad a organisé à l’occasion de la dernière Fête de l’indépendance a vu la participation et la communication de nombreux Sénégalais non membres de Senbad.

Par Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

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