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Ismael Bah soigne au nom des Africains

02 Avr 2018
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Ismael Bah est médecin. Ce Sénégalais exerce, avec passion, son métier en Sierra Leone, dans des conditions précaires.

« Faites-vite, les patients m’attendent ! », nous presse Ismael Bah. Effectivement, ils sont nombreux ce jour à patienter dans la salle d’attente de la clinique, où la chaleur reste écrasante, malgré la climatisation. Et pas question, pour Ismael, de délaisser ses patients trop longtemps. « Quand j’ai dû quitter le pays durant l’épidémie d’Ebola, ça a été un crève-cœur ! », regrette-t-il.

Ismael Bah exerce dans la clinique islamique Alisod, dans le centre de Freetown, depuis 2005 date de son ouverture. Entouré d’infirmières et d’un pharmacien, il est l’unique médecin généraliste. Les consultations sont gratuites et les médicaments à un prix accessible. En moyenne, il peut voir jusqu’à 11 patients par jour.

A l’entrée, une petite fontaine avec un seau disposé en dessous permet de se laver les mains, en entrant et en sortant. « Les moyens, aussi bien humains que matériels, manquent », explique le natif de la Casamance. Rien d’anormal dans un pays classé dans les dernières places mondiales du domaine médical. « S’il y a des pathologies compliquées, on les envoie dans les hôpitaux », précise-t-il, en touchant son stéthoscope, posé sur le bureau. « Parfois, on les envoie même au Sénégal, quand aucun médecin ne peut les soigner en Sierra Leone », poursuit-il.

Un pont médical entre le Sénégal et la Sierra Leone ?
Il a quitté le Sénégal en 1990 pour exercer ailleurs. Pas immédiatement en Sierra Leone. « J’ai travaillé pendant 17 ans en Guinée », raconte-t-il. Puis il est venu s’intaller en Sierra Leone après la guerre. Rester au Sénégal, où il a collaboré avec la Croix-Rouge ? Inenvisageable ! « Moi je suis Africain, je suis passe-partout ! », s’exclame le médecin de 42 ans.
Désormais, il est pourtant bien établi en Sierra Leone.

Le médecin sénégalais est revenu dans ce pays aussitôt après l’épidémie d’Ebola.


« J’ai décidé de revenir car je me suis habitué au pays et les gens se sont habitués à moi », sourit-il. « J’aime mon métier et j’aime la Sierra Leone », affirme-t-il. Pour autant, il n’oublie pas son Sénégal natal. Toute sa famille vit là-bas et son pays lui manque. « J’y vais de temps à autre, car je suis très pris par mon travail  », explique-t-il.

Et pourquoi ne pas envisager un pont entre ses deux pays ? « J’aimerais oui, qu’il y ait plus de collaborations médicales entre le Sénégal et la Sierra Leone », rêve-t-il, à haute voix. « En tant qu’africains, nous devons nous entraider ! », plaide-t-il. Africain un jour, africain toujours, est sa devise.

Correspondance particulière de Maïla MENDY

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